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Introduction À Léthique FMPC

Ce document présente une introduction à l'éthique, en particulier dans le contexte médical, en abordant les principes éthiques fondamentaux tels que l'autonomie, la bienfaisance, la non-malfaisance et la justice. Il souligne l'importance de la réflexion éthique dans la prise de décisions médicales, en distinguant l'éthique de la déontologie et du droit. Enfin, il évoque les approches rationnelles et non rationnelles dans la décision éthique ainsi que les sources récentes de réflexion en bioéthique.

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Introduction À Léthique FMPC

Ce document présente une introduction à l'éthique, en particulier dans le contexte médical, en abordant les principes éthiques fondamentaux tels que l'autonomie, la bienfaisance, la non-malfaisance et la justice. Il souligne l'importance de la réflexion éthique dans la prise de décisions médicales, en distinguant l'éthique de la déontologie et du droit. Enfin, il évoque les approches rationnelles et non rationnelles dans la décision éthique ainsi que les sources récentes de réflexion en bioéthique.

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Introduction à l’éthique

Pr. Hicham BENYAICH


Module : Médecine Légale, Santé au Travail,
Ethique et Déontologie
Elément de Module : Ethique et déontologie
Chapitre : Introduction à l’éthique

2ème Semestre
Année universitaire : 2019-2020
Objectifs éducationnels

• Comprendre que des questions éthiques se


posent dans tous les domaines de la médecine,
des soins de santé et des sciences de la vie
• Savoir qu’il existe des méthodes permettant
de justifier les décisions éthiques de manière
rationnelle
• Connaître les grands principes éthiques
• Identifier les sources récentes de la réflexion
en éthique et en bioéthique
Qu’est-ce que l’éthique ?

- Ethique : réflexion et analyse attentive et systématique des


décisions et comportements moraux, passés, présents ou futurs
- L’éthique ne crée ni le sens moral ni le comportement moral,
mais elle explore la nature de l’expérience morale, dans son
universalité et dans sa diversité.
Éthique et moralité : même origine éthymologique Ethique :
« ethos », mœurs / Morale : « mora », mœurs impliquant
l’étude du caractère ou de l’attitude d’une personne, d’un
groupe ou d’une culture donné, et des moyens de les
promouvoir ou de les perfectionner.
- L’éthique a le souci de fournir des critères rationnels qui
permettent de décider ou d’agir d’une certaine manière plutôt
que d’une autre.
Qu’est-ce que l’éthique ?

« Le domaine (…) de la morale, (est celui) de


l’opposition du bien et du mal, du devoir et de
l'interdit. Il lui manque une dimension peut-être
essentielle : l'amour.
J'appelle morale ce qu'on fait par devoir, et éthique
ce qu'on fait par amour ».
André Comte-Sponville
Le questionnement éthique
- Est il acceptable d’opérer un patient âgé alors que son espérance
de vie est faible et le coût de l’intervention élevé ?
- Doit on intuber un patient âgé et multi taré atteint de la covid-19
qui a fait savoir son refus de toute ventilation artificielle si elle
devient nécessaire ?
- Faut-il réanimer le candidat au suicide dont on sait que le geste
désespéré a entraîné des séquelles graves et irréversibles ?
Division des consciences, division surtout intérieure au
moment de la décision
La déontologie, le droit, l’evidence-based medicine sont de
peu de secours
Ne pas décider, repousser l’échéance n’est pas éthique, car
l’éthique est une réflexion qui est au service de l’action. «c'est par
l'accomplissement des actions justes qu'on devient juste » Aristote
Intérêt de l’éthique médicale

• La médecine scientifique a ses limites, notamment au


regard de l’humanité de l’individu, de la culture, de la
religion, de la liberté, des droits et des responsabilités
• Les sciences sociales jouent avec l’éthique un rôle
primordiale dans la reconnaissance, la prise en
compte et la prise de décision dans les situations non
scientifiques que peut rencontrer un médecin.
• La réflexion éthique permet de faire face à des
situations problématiques dont la décision n’est pas
en rapport avec les connaissance médicales
LIEN ENTRE ÉTHIQUE MÉDICALE,
PROFESSIONNALISME MÉDICAL ET LE DROIT

Ethique ≠ Déontologie
• Déontologie : ensemble de règles et de devoirs qui régissent
une profession et qui constituent une condition de survie d’une
pratique ou d’une profession / réflexion morale normative sur
ses propres pratiques collectives
• Déontologie médicale : caractère obligatoire des valeurs
professionnelles (arrêté résidentiel en 1953), sanctionné en cas
de manquements (sanctions ordinales).
• La profession médicale reste le centre de l’activité
déontologique
• Mais, la réflexion éthique peut inspirer la déontologie.
LIEN ENTRE ÉTHIQUE MÉDICALE,
PROFESSIONNALISME MÉDICAL ET LE DROIT

l Ethique ≠ Droit
- Les accords internationaux sur les droits humains peuvent constituer
le fondement d’une éthique médicale qui soit acceptable par delà les
frontières nationales et culturelles.
- Les médecins sont souvent confrontés à des problèmes résultant des
violations des droits humains, comme la migration forcée et la torture.
- Existence de lois spécifiques sur des questions éthiques relatives aux
soins des patients et à la recherche (don d’organes, recherche
biomédicale…)
Mais
- Ethique : normes plus élevées de comportement que ne le fait une
législation.
- Variabilité considérable des lois d’un pays à l’autre, alors que
l’éthique traverse les frontières nationales
- La réflexion éthique peut/doit impulser les évolutions législatives
DE LA BIOETHIQUE

• Bioéthique : Discipline qui a pour objet les questions d’éthique


soulevées par les progrès de la médecine et de la biologie
• “(…) règles dont une société se dote afin de garder « le sens de
l’humain » (…) face aux dilemmes nés des avancées de la
science” (N. Lenoir, B. Mathieu)
• Ensemble de recherches, de discours et de pratiques,
généralement pluridisciplinaires et pluralistes, ayant pour objet
de clarifier et, si possible, de résoudre des questions à portée
éthique suscitées par la R&D biomédicale et biotechnologique
au sein de sociétés multiculturalistes et évolutives (G. Hottois)
• Exemples : FIV, clonage, utilisation des cellules-souches
embryonnaires, acharnement thérapeutique, médecine
prédictive, recherche biomédicale, transplantation d’organes
Approches rationnelles et approches non
rationnelles dans la décision éthique
Approches non rationnelles : prépondérantes
- Par obéissance : La moralité consiste à suivre les règles ou instructions de ceux
qui ont le pouvoir, que l’on soit d’accord ou non avec eux.
- Par imitation : On subordonne le jugement du vrai et du faux à celui d’une autre
personne, en l’occurrence, un modèle à émuler.
- Par sensibilité ou désir : approche subjective de la prise de décision. Ce qui est
juste est ce que l’on sent être juste ou ce qui répond à un désir. La mesure de la
moralité se trouve dans chaque personne
- Par intuition : perception immédiate de la bonne façon d’agir dans une situation
donnée. Elle dicte les décisions morales par une simple idée-éclair, sans
systématisation, ni réflexion préalable.
- Par habitude : Elle dispense de répéter le processus de décision systématique
chaque fois qu’une question morale identique à celles précédemment rencontrées
se présente. Mais, il y a de bonnes et de mauvaises habitudes. Et des situations
apparemment semblables peuvent requérir des décisions différentes.
Approches rationnelles et approches non
rationnelles dans la décision éthique
Approches rationnelles :
- Ethique déontologique (Kantienne) :
• Théorie de l’action guidée par des normes valides et des
intentions droites.
• Un principe central : obéir à des normes morales universalisables
• Les droits et obligations sont essentiels, les conséquences sont
secondaires
• Impératif catégorique de Kant : « Agis de façon telle que tu traites
l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans toute autre,
toujours en même temps comme fin, et jamais simplement
comme moyen »
Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs,1785
Approches rationnelles et approches non
rationnelles dans la décision éthique
Approches rationnelles :
- Le conséquentialisme : (Bentham, Mill)
* Prise de décision éthique sur l’analyse des conséquences ou résultats des
différents choix ou actes.
* L’utilitarisme : « l’utilité » comme unité de mesure « le plus grand bien pour le
plus grand nombre»
* Le coût / efficacité et les systèmes de mesure de la qualité de la vie
* Critique : au nom de « la fin justifie les moyens », les droits de la personne
humaine pourraient être sacrifiés pour parvenir à certaines fins.

Le dilemme du tramway
Approches rationnelles et approches non
rationnelles dans la décision éthique
Approches rationnelles :

- Ethique de la vertu :
* S’intéresse moins à la prise de décision qu’au caractère des
décideurs tel qu’il s’exprime dans leur comportement (compassion,
honnêteté, prudence et dévouement).
* On postule que les médecins vertueux sont mieux à même de
prendre les bonnes décisions et de bien les appliquer
* Mais, on n’est jamais à l’abri d’une mauvaise décision
Approches rationnelles et approches non
rationnelles dans la décision éthique
Approches rationnelles :

- Le principalisme ou principlisme :
Il pose les principes éthiques comme fondement des prises de
décision morale (T.L. Beauchamp et J. Childress : Principles of
biomedical ethics)
* L’autonomie
* La bienfaisance
* La non malfaisance
* La justice
LES PRINCIPES ETHIQUES

´Rôle des principes :


- Canalisation du débat éthique surtout avec la multiplicité des
normes de tous ordres (morales, déontologiques et légales…)
- Constance et universalité des principes éthiques même s’ils
sont hiérarchisés différemment (ex. prééminence du principe
d’autonomie dans les sociétés individualistes contrairement
aux sociétés traditionnelles)
- Principe : étymologiquement, ce qui vient en premier, mais
aussi ce qui fait autorité
- Le principe ordonne en deux sens : Il met en ordre et donne
des ordres
LES PRINCIPES ETHIQUES

´ Le principe d’autonomie :
- Valeur obligeant à prendre en considération la capacité du patient à
participer au processus décisionnel le concernant
- Son respect requiert le consentement libre et éclairé du patient
- Consentement libre : sans coercition, ni coup de force rhétorique, ni
incitations psychologiques jouant sur un registre sensible de la
personne
- Les patients compétents ont le droit de refuser un traitement, quand
bien même ce refus provoquerait une incapacité ou la mort.
LES PRINCIPES ETHIQUES

´ Le principe de bienfaisance :

- Valeur obligeant à toujours se soucier d’accomplir un bien en faveur du patient :


bénéfice sur le plan thérapeutique, mais aussi amélioration de la qualité de vie.

- Le bien visé doit aussi être reconnu en tant que tel par le concerné

- Le principe de bienfaisance perd son sens si envisagé séparément du principe


d’autonomie

- Mais ce principe permet aussi de pondérer les excès auxquels peut conduire la
sacralisation du principe d’autonomie :

* Le médecin n’a aucune obligation d’offrir un traitement futile ou non bénéfique à


un patient qui le demande.

* Il ne doit pas s’incliner facilement face au refus irraisonnable d’un traitement utile
LES PRINCIPES ETHIQUES

´ Le principe de non-malfaisance :
- Valeur obligeant à se concentrer sur les risques exposant à un
mal qui ne serait pas la contrepartie du rétablissement de la santé
du patient.
- Il y a primat du principe de non-malfaisance et primauté du
principe de bienfaisance : primum non nocere (d’abord ne pas
nuire), préoccupation thérapeutique immédiate, puis vient
s’appliquer le principe de bienfaisance comme visée dernière de
la démarche médicale.
- Application du principe de non-malfaisance lors de l’annonce
d’une maladie chronique ou d’un pronostic sombre.
LES PRINCIPES ETHIQUES

´Le principe de justice :


Ø Egalité de traitement
Ø Les ressources de soins de santé doivent être distribuées de
façon équitable entre les membres de la communauté
Ø S’applique quand les ressources sont limitées ou coûteuses : il
faut faire un choix concernant qui va recevoir des ressources
Ø Ce principe s’applique essentiellement aux niveaux
gouvernemental et institutionnel
Ø Le praticien peut aussi être confronté à cette question lors des
soins de ses patients.
COMMENT DÉCIDE-T-ON
DE CE QUI EST ÉTHIQUE?
´ Plusieurs approches délibératives : (Gracia 2011)

´ 1- Présentation du cas par la personne responsable de la prise de décision 2- Discussion des


aspects cliniques du dossier médical

´ 3- Identification des problèmes moraux soulevés

´ 4- Choix du problème moral à analyser

´ 5- Détermination des valeurs en conflit

´ 6- Identification des diverses possibilités d’action (actions extrêmes, actions intermédiaires,


action optimale)

´ 7- Contrôle de la consistance de la décision choisie :

´ * La décision est-elle légale ?

´ * La décision peut-elle être défendue publiquement si nécessaire?

´ * La décision aurait-elle été la même si on peut attendre quelques heures ou quelques jours ?

´
Sources récentes de la réflexion en
éthique et en bioéthique
American Medical Association (AMA) : premier code d’éthique pour
1847 la pratique de la profession médicale.

Code de Nuremberg : ancêtre de toutes les législations sur


l'expérimentation biomédicale.
1946-47 Etabli en 1947 par le tribunal américain lors d’un procès de médecins
nazis.
Contient 10 règles devant régir tout essai clinique
Création de l’Association Médicale Mondiale : Organisation
internationale de médecins fondée le 17 septembre 1947, par des
médecins de quelque 27 pays se réunissaient en première assemblée
1947
générale à Paris
Présente des recommandations éthiques : déclarations, prises de
position, etc.

Serment de Genève. Adoptée par la deuxième Assemblée générale de


1948
l’Association Médicale Mondiale à Genève.Amendé le 20 juin 2006.
Sources récentes de la réflexion en
éthique et en bioéthique
Adoption du Code international d’éthique médicale par la 3e
1949 Assemblée Générale de l'AMM à Londres. Amendé en 1969 puis
1983
La Déclaration d’Helsinki est la déclaration politique de l'AMM la
plus célèbre : elle présente des principes éthiques applicables aux
1964 recherches médicales sur des sujets humains
Adoptée pour la première version en 1964 et a été modifiée plusieurs
fois depuis. La dernière fois en 2013
1970 Invention du terme de « bioéthique » par un oncologue américain, Van
Rensselaer Potter

1979 Rapport Belmont publié par le département de la santé Américain :


« Ethical Principles and Guidelines for the Protection of Human
Subjects of Research »
Publication par T.L. Beauchamp et J. Childress de l’ouvrage :
1979 Principles of biomedical ethics
Sources récentes de la réflexion en
éthique et en bioéthique

1983 Création du premier comité national permanent : le Comité


Consultatif National d’Éthique (France)
Publication du manuel d’éthique médicale par l’AMM réalisant une
2005 base pour un programme universel d’enseignement de l’éthique aux
médecins et étudiants de médecine.
Publication de la déclaration universelle de la bioéthique et des droits
2005
de l’homme par l’UNESCO
“Il n’y a pas de chemin.
Le chemin se fait en marchant.”
Antonio MACHADO
Bibliographie:

1- Eric Delassus
Analyse critique du principisme en éthique biomédicale
https://cutt.ly/ptJ9PMw

2- Marianne Bracconi
Réflexions éthiques sur le principe de l’autonomie du
patient
https://cutt.ly/LtLjFtq

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