Thèse Transduction
Thèse Transduction
Ma gratitude va à tous les membres du jury qui ont accepté de consacrer une
partie de leur temps à l'examen de ce manuscrit :
Je ne saurais oublier toutes les personnes du laboratoire qui ont fait preuve de
sympathie, et qui ont su maintenir une bonne ambiance tout au long de ces trois années
de thèse.
Je remercie tous mes amis pour leur soutien moral et leur aide désintéressée, en
particulier Catherine et Jocelyn qui ont eu la patience de le relire.
Introduction
L'évolution de nombreux processus physiques, chimiques ou biologiques peut
être suivie par observation des variations de masse associées. La croissance de films
fins, la condensation, l'évaporation, l'adsorption, la désorption, l'absorption, l'oxydation,
la réduction, la décomposition, l'hydratation, la déshydratation, la solubilité, les tensions
de surface, les pressions, la catalyse sont autant d'applications où l'observation des
variations de masse est intéressante aussi bien pour les chercheurs que pour les
industriels.
1
Introduction
les fréquences harmoniques des résonateurs à quartz tandis que la seconde met en
oeuvre un mode d'oscillation particulier de certaines coupes de quartz.
Dans le troisième chapitre nous décrirons les méthodes que nous avons utilisées
afin d'augmenter la sensibilité des dispositifs piézoélectriques.
2
Chapitre I - Etat de l'art
1. Introduction
Nous allons poser, dans ce chapitre, les fondements concernant l'utilisation des
transducteurs piézoélectriques dans les applications capteurs ou biocapteurs. Après un
court historique sur les "pesées" de précision à l'aide de résonateurs piézoélectriques
(paragraphe 2), nous rappellerons quelques généralités sur le cristal de quartz
(paragraphe 3), pièce maîtresse des dispositifs que nous décrivons au paragraphe 4. Le
paragraphe 5 brossera quelques applications types de ces dispositifs.
2. Présentation
Les microcapteurs qui utilisent les ondes acoustiques ultra-sonores forment une
classe universelle de capteurs.
Tout d'abord limités à la simple détection de masse, ces capteurs se sont montrés
sensibles à de nombreux autres facteurs.
Quel que soit leur mode de fonctionnement (c.f. Chap I - § 3.4) ces
microcapteurs ont une surface fonctionnelle de dimension faible, l'aire de la surface
active est typiquement de l'ordre de 1 cm2, voire moins.
Du fait de leur grande sensibilité aux changements de masse, ils sont très utilisés
pour la détection d'espèces chimiques. Cependant, ils permettent également de
déterminer une grande variété d'autres propriétés des solides et des liquides en contact
avec leur surface, telles que densité, viscosité, conductivité, module de cisaillement...
3
Chapitre I - Etat de l'art
3.1 Introduction
Chaque atome d'oxygène est commun à deux tétraèdres qui sont eux-mêmes
joints par leurs sommets et disposés en hélices hexagonales autour des axes ternaires
hélicoïdaux.
4
Chapitre I - Etat de l'art
O 2-
Si4+
X Y
Figure 2 : Cristal de quartz représenté dans l'espace et muni de ses axes principaux
OX, OY, OZ
5
Chapitre I - Etat de l'art
+ + + + + + + +
+ + + + + + + + +
- - - - - - - - -
- - - - - - - -
6
Chapitre I - Etat de l'art
Dans les années 1920, Cady5 a démontré que l'effet piézoélectrique inverse
pouvait être exploité dans la fabrication de circuits oscillateurs très stables. En effet
l'application d'un champ électrique alternatif dans un cristal de quartz provoque une
déformation également alternative. Le cristal entre en vibration (ou oscillation) générant
ainsi une onde acoustique au sein du matériau piézoélectrique.
A la fin des années 50, Sauerbrey6 démontra qu'il était possible d'utiliser des
matériaux piézoelectriques pour fabriquer une microbalance à quartz fonctionnant dans
un milieu gazeux.
Il a fallu attendre le début des années 807 pour que l'utilisation des matériaux
piézoélectriques dans des dispositifs capteurs soit étendue aux applications en milieu
liquide.
7
Chapitre I - Etat de l'art
N N
8
Chapitre I - Etat de l'art
Dans ce mode, les lames utilisées sont taillées sous la forme d'un
parallélépipède. Les vibrations se font en contraction et en élongation (Figure 5).
9
Chapitre I - Etat de l'art
Les lames sont taillées en losange dans le plan Y-Z du cristal de quartz. Les
vibrations se font de telle manière que les diagonales s'allongent et se compriment
alternativement (Figure 6).
10
Chapitre I - Etat de l'art
Les lames sont taillées sous la forme d'un parallélépipède très plat.
Y
N=1
Surface du quartz
Quartz
Surface du quartz
Y
N=3
Surface du quartz
Quartz
Surface du quartz
11
Chapitre I - Etat de l'art
Les vibrations se font de telle sorte que les grands plans glissent les uns par
rapport aux autres (Figure 8).
12
Chapitre I - Etat de l'art
Les atomes qui constituent un solide vibrent légèrement autour de leur position
d'équilibre. L'agitation thermique provoque donc une vibration supplémentaire des
atomes dont la longueur d'onde est du même ordre de grandeur que celle d'une onde
acoustique. Cette agitation conduit à des vibrations des plans les uns par rapport aux
autres et donc à une dispersion d'énergie.
Φm
Φm
2
fr Fréquence
f1 f2
13
Chapitre I - Etat de l'art
Cet effet peut être atténué en effectuant des coupes selon les axes principaux
OX, OY, OZ. Les principales coupes sont rappelées dans le Tableau I :
GT Figure 10 Longitudinale
MT - Longitudinale
La Figure 10 donne le schéma des principales coupes des quartz par rapport aux
axes principaux du cristal9.
14
Chapitre I - Etat de l'art
(a) Z
Coupe X
Coupe Y
Y
(b)
Z
Coupe Z
-θ +θ AT
X CT
BT
DT ET
FT
Y
(c)
X
51°
X
Coupe GT
45°
15
Chapitre I - Etat de l'art
Les quartz issus de ces différentes coupes sont plus ou moins sensibles à la
température9. La Figure 11 montre que les courbes donnant la variation de leur
fréquences de résonance en fonction de la température ont une forme parabolique pour
la plupart. Seules les coupes AT et GT sont différentes, elles présentent un point
d'inflexion à la température ambiante et sont ainsi plus stables quand elles sont utilisées
aux alentours de cette température.
40
AT
GT
20
Variation de fréquence /ppm
-20
AT GT
-40
-60
DT 5°X
-80
BT CT
-100
-60 -40 -20 0 20 40 60 80 100 120
Température /°C
Comme nous le verrons plus loin, la fréquence de résonance d'un quartz suit une
loi en puissance en fonction de la température10 :
f = fo [1 + a1 ( T − To ) + a 2 ( T − To )2 + a 3 ( T − To )3...] [1]
16
Chapitre I - Etat de l'art
Pour la coupe GT, les vibrations se font, en mode longitudinal, dans les deux
directions longueur et largeur qui se couplent entre elles. Avec un ajustement du rapport
longueur/largeur, a2 peut prendre des valeurs positives ou négatives. Pour une valeur du
rapport longueur/largeur égale à 0,855, le coefficient a2 s'annule.
4.1 Introduction
17
Chapitre I - Etat de l'art
Les dispositifs à TSM sont basés sur la propagation des ondes acoustiques en
mode de cisaillement d'épaisseur dans des quartz de coupe AT. Ils sont communément
appelés microbalance à quartz (QCM : Quartz Crystal Microbalance). Ces dispositifs
sont constitués d'une fine lame de quartz prise en sandwich entre deux électrodes
métalliques très fines (de l'ordre de 0,1 µm d'épaisseur). Ces électrodes établissent un
champ électrique alternatif, au sein du quartz, par l'intermédiaire d'un circuit oscillateur
asservi à sa fréquence de résonance. Cette dernière est sensible aux variations de masse
du quartz et de ses électrodes.
Cristal de quartz
Electrodes
métalliques
18
Chapitre I - Etat de l'art
19
Chapitre I - Etat de l'art
d'électrodes est égale à la périodicité pour une paire d'électrode, p, définie comme étant
la distance entre deux doigts consécutifs d'un des peignes de l'IDT. Par conséquent la
fréquence du dispositif, f = v/p, est simplement fonction de l'écartement des doigts des
peignes pour un matériau piézoélectrique donné.
+
Electrodes
interdigitées
-
Substrat piézoélectrique
20
Chapitre I - Etat de l'art
Transducteur Transducteur
d'entrée couche sensible de sortie
SAW
v(m)
Quartz
Comme la couche sensible est déposée du même côté du cristal que les IDTs,
cette technologie est souvent réservée à la détection en phase gazeuse.
Un dispositif à ondes de plaque est constitué d'un quartz (plus épais que dans les
dispositifs à ondes acoustiques de surface) servant de guide d'onde, et de deux paires
d'électrodes interdigitées (Figure 15), l'un servant de générateur et l'autre de collecteur
de l'onde acoustique.
21
Chapitre I - Etat de l'art
Liquide
Quartz
APM
SSBW
X
Transducteur SAW Transducteur
d'entrée de sortie
Les ondes de plaque se propagent par réflection sur les parois du substrat
piézoélectrique. La superposition de ces ondes donne naissance à une série d'ondes de
plaque ayant chacune une fréquence légèrement différente. Toutes ces fréquences sont
supérieures à celle de l'onde de Rayleigh. La diminution de l'épaisseur du quartz induit
22
Chapitre I - Etat de l'art
De plus, l'électronique inclut un filtre passe bande qui annule l'onde de Rayleigh
et un décaleur de phase qui permet de se régler sur un mode unique. Ces dispositifs ont
des fréquences de fonctionnement de l'ordre de 25 à 200 MHz. Les différents modes ne
sont séparés que de quelques Mégahertz, voire moins.
à fo = 6 MHz
à fo = 200 MHz
à fo = 104 MHz
-10 fo (n = 0) 1 ng.cm-2
APM
-20 fo (n ≥ 1) 0,5 ng.cm-2
23
Chapitre I - Etat de l'art
5. Les applications
5.1 Introduction
Il est à noter que la nature du transducteur piézoélectrique ne sera pas retenue comme
critère de sélection. Enfin, quelques exemples d'applications seront donnés.
Deux exemples sont présentés ici, l'un pour la détection d'oxygène dans le vide et
l'autre, cas beaucoup plus appliqué, pour la détection des vapeurs de solvants.
24
Chapitre I - Etat de l'art
SAW
C C
M M
Voltmètre
vectoriel
Décaleur
Ordinateur Fréquencemètre
La Figure 17 présente les courbes de réponse pour les deux SAW étudiés de
façon séparée.
25
Chapitre I - Etat de l'art
Dépôt Ni Admission O2
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Temps /min
26
Chapitre I - Etat de l'art
200
180 Toluène
160
Variation de fréquence /Hz
140
120
100
80
60 Acétone
40
20 Dichlorométhane
0
0 200 400 600 800 1000 1200
Concentration /ppm
Les dispositifs plus classiques, du type microbalance, peuvent aussi être utilisés
pour des mesures en milieu gazeux. La détection d’odeurs reste un challenge intéressant
car elle ouvre la porte vers la réalisation du nez artificiel. La microbalance apparaît
comme l’instrument le mieux adapté pour ce type d’étude. En effet, sa simplicité
d’emploi et son faible coût permettent de multiplier les capteurs à moindre frais. Karube
et al16 présentent un travail qui fait intervenir un système de multidétection. L’électrode
d’or excitatrice de chaque quartz est recouverte d’une couche mince sensible à base de
27
Chapitre I - Etat de l'art
200
Menthone
Variation de fréquence /Hz
Acétate d'amyl
150
100
Acétone
50
0
0 1 2 3 4 5 6
Concentration /ml.l-1
28
Chapitre I - Etat de l'art
al17 donnent une application pour la mesure du pH. Le dispositif est basé sur un système
classique à onde de volume coupe AT (5 MHz). Un polymère amphotère à base de
methylacrylate est déposé sur l'électrode excitatrice d'un quartz. Des changements de pH
de la solution, autour du point isoélectrique du polymère, entraînent des variations des
constantes viscoélastiques de ce dernier. Celles-ci sont déterminées par mesures de la
fréquence de résonance (microbalance) et du spectre d'impédance (analyseur de réseau).
La Figure 20 présente un enregistrement de la fréquence en fonction des valeurs de pH.
1000
0
Variation de fréquence /Hz
-1000
0,4µm
-2000
-5000
-6000
3 4 5 6 7 8 9
pH
29
Chapitre I - Etat de l'art
ST) et la sensibilisation est obtenue par greffage sur le quartz d'un amino-methoxysilane
(N-(2-aminoethyl 3-aminopropyl)trimethoxysilane). Les groupements amines
permettent de complexer l'ion cuivrique, la complexation étant gouvernée par le pH.
Une courbe de réponse montre une réponse à un ajout de sulfate de cuivre 0,25 mM
(Figure 21). Il est à noter que la complexation des ions Cu2+ est réversible par
modification du pH.
0
-2 Ajout
-4 de Cu2+
∆f/fo /ppm
-6
-8 Ajout
-10 de HCl
-12
-14
Temps /s
30
Chapitre I - Etat de l'art
12000
PE
Variation de fréquence /Hz
10000
8000 Silane
6000
Protéine A
4000
2000
0
0 20 40 60 80 100 120
Nombre de globules rouges×1000
31
Chapitre I - Etat de l'art
système classique anticorps/antigène est utilisé : l'anticorps est une IgG de chèvre et
l'antigène correspondant est l'anticorps produit par l'homme après introduction de ce
premier dans un organisme humain. L'immunoglobuline de chèvre est fixée sur le
matériau par une méthode covalente (sans précision). Une cellule statique, remplie de
tampon phosphate et incorporant le transducteur, autorise l'ajout de l'antigène. La Figure
23 présente la réponse à ce dernier : la stabilisation est obtenue au bout de 15 minutes.
La réversibilité du système est mise en évidence grâce à une solution de glycine placée
dans la cellule qui permet de décrocher l'antigène; la ligne de base initiale est ainsi
retrouvée.
76
Réponse du capteur ×103 /Hz
∆F/F = 0,3%
Regénération
75,5
Détection
75
-1 1 2 2,4
Temps ×103 /s
32
Chapitre I - Etat de l'art
1
Benes E., Gröschl M., Burger W., Schmid M., Sensors and Actuators A 48, 1995, 1.
2
Grate J.W., Martin S.J., White R.M., "Acoustic wave microsensors", 1993, 65, n°21,
940.
3
Curie P., Curie J., C.R. Acad. Sci., 1880, 91, 294
4
Buttry D.A., Ward M.D., Chemical Review, 1992.
5
Cady W.G., vol.I, chap.XIII et vol.II chap.XIX, Dover Publications, Inc, New-York,
1964.
6
Sauerbrey G., Z. Phys., 1959, 155, 206.
7
Kanasawa K.K., Gordon J.G, Anal. Chim. Acta, 1985, 175, 99.
8
Martin S.J., Granstaff V.E., Frye G.C., 1991, 63, 2272.
9
Mason W.P., Physical Acoustic, Volume I - Part A,1964, 336-416.
10
Ballato A., Vig J.R., Proc. of 32nd Ann. Freq. Cont. Symp., 180, 1978.
11
White R.M., Voltmer F.W., Appl. Phys. Lett, 1965, 7, 314
12
Bowers W.D., Chuan R.L., Rev. Sci. Instrum., 1989, 60, 1297.
13
Andle J.C., Vetelino J.F., Lec R., McAllister D.J., Ultrasonics Symposium, 1989,
579.
14
Ricco A.J. et Martin S.J., Thin Solid Films, 1991, 206, 94-101.
15
Amati D., Arn D., Blom N., Ehrat M., Saunois J. et Widmer H.M., Sensors and
Actuators B, 1992, 7, 587-591.
16
Chang S.M., Iwasaki Y., Suzuki M., Tamiya E., Karube I. et Muramatsu H., Analytica
Chimica Acta, 1991, 249, 323-329.
17
Wang J.W., Ward M.D., Ebersole R.C. et Foss R.P., Analytical chemistry, 1993, 65,
2553-2562.
18
Martin S.J., Ricco A.J., Niemczyk T.M. et Frye G.C., Sensors and Actuators, 1989,
20, 253-268.
19
König B. et Grätzel M., Analytica Chimica Acta, 1993, 276 ,329-333.
33
Chapitre II - Approche théorique
1. Introduction
L'utilisation des dispositifs piézoélectriques à ondes acoustiques comme capteurs
de masse a pour origine les travaux de Sauerbrey1. Celui-ci effectuait des mesures
microgravimétriques en phase gazeuse.
Pour un cristal piézoélectrique de coupe AT, la condition de résonance
correspond à une oscillation de cisaillement d'épaisseur dans laquelle l'onde acoustique
se propage à travers le matériau, perpendiculairement aux faces du cristal. Les
déplacements atomiques correspondants à ce mouvement de cisaillement sont par
conséquent parallèles à la surface du cristal (c.f. Chap I - § 3).
Si un matériau est déposé sur une des faces du cristal, ou sur les deux, la
fréquence de résonance de ce cristal décroît.
35
Chapitre II - Approche théorique
d'un film et d'un liquide. Le paragraphe 5 sera consacré à l'étude de la modélisation d'un
résonateur en terme d'impédance.
2. fo2 ∆M f
∆fq = − [1]
µ q ρq A
∆M f
En introduisant la masse ajoutée par unité de surface : ∆m f = , on obtient
A
la relation :
∆fq = − C f . ∆m f
36
Chapitre II - Approche théorique
Par exemple Miller et Bolef3 ont appliqué une analyse continue de l'onde
acoustique sur un résonateur composite formé par le cristal de quartz et le film déposé.
La propagation de cette onde acoustique est schématisée sur la Figure 1.
37
Chapitre II - Approche théorique
Film ρf hf
Quartz ρq
hq
A condition de considérer que les pertes acoustiques dans le quartz, dans le film
fin et à leur interface sont faibles, on peut montrer que la fréquence dépend de la vitesse
de l'onde acoustique et de la densité quartz+film :
−2fq m f
∆f = [2]
ρq v q A
38
Chapitre II - Approche théorique
1
∆τ = mf [3]
Nρq A
Lu et Lewis5 ont montré que pour le dépôt d'un film métallique, le calcul des
impédances acoustiques du quartz et du film est important dans la détermination de la
réponse en fréquence du résonateur. Ils aboutissent à l'équation suivante :
πf Z πf
tan = − f tan [4]
fq Zq ff
39
Chapitre II - Approche théorique
ro 2
2 ρf h f 1 − exp −
fq2 re
= 1+ [5]
f2 r 2
ρq h q 1 − exp −
re
40
Chapitre II - Approche théorique
Dans les années 80, l'avis fut émis que le fonctionnement, en milieu liquide, des
capteurs à ondes de cisaillement d'épaisseur était impossible car on avait annihilation de
la vibration du cristal par un amortissement d'origine visqueuse8. Cette opinion avait été
émise alors qu'une étude récente montrait qu'un capteur à onde de cisaillement
d'épaisseur pouvait être utilisé en chromatographie phase liquide.
Dans ce paragraphe seul l'effet d'un liquide en surface du résonateur est pris en
compte à l'exclusion des effets dus à un dépôt élastique ou viscoélastique.
dL la densité du liquide.
41
Chapitre II - Approche théorique
Deux ans plus tard, Nomura et Okuhara10 ont établi une nouvelle relation
empirique qui relie la variation de fréquence de résonance du cristal à la densité et à la
viscosité du liquide en contact avec le résonateur. Dans le cas particulier des liquides
organiques ils ont écrit l'équation suivante :
et ρL la densité du liquide.
ρ η 1/ 2
L L
∆f = − fq3/ 2 [8]
q ρq
πµ
42
Chapitre II - Approche théorique
Ce modèle fournit également une justification physique sur le fait que la vitesse
de propagation des ondes est un paramètre important dans les dispositifs à onde de
cisaillement d'épaisseur en phase liquide. Selon cette théorie, le cristal n'entraîne pas la
totalité du liquide mais une quantité décroissant exponentiellement avec la distance à la
surface du cristal (Figure 2).
Profondeur de
pénétration
Liquide
Quartz
43
Chapitre II - Approche théorique
1/ 2
2ρ η
ρL × δ = L L [9]
ω
ρL la densité du liquide,
Physiquement, ce modèle prédit que seule une fine couche de liquide subira un
déplacement à la surface du cristal et que la réponse du système sera une fonction de la
masse de cette couche.
. −6 . n. f q1/ 2 ( ρL ηL ) 1/ 2
∆f = −2,2610 [10]
ρL la densité du liquide,
44
Chapitre II - Approche théorique
Pour un quartz vibrant à 6 MHz dont une face est en contact avec de l'eau, la
théorie prédit donc une différence de 5000 Hz environ entre la fréquence du quartz dans
l'air et la fréquence de ce même quartz plongé dans l'eau.
Il apparaît donc que ces deux théories introduisent de nouveaux paramètres dans
la calcul de films fins, en particulier de "films liquides". Il semble que ρL et ηL soient
des paramètres essentiels dans la caractérisation des dispositifs en phase liquide.
45
Chapitre II - Approche théorique
−2 f q2 ∆m L
∆f = [11]
(µ q ρq ) 1/ 2
ρq la densité du quartz,
Heusler et al15 ont développé une théorie qui met en évidence l'influence des
contraintes de surface sur la fréquence de résonance des dispositifs. Les contraintes
internes d'un cristal de quartz immergé dans un liquide proviendrait de la pression
hydrostatique. Ils ont donc évalué la variation de fréquence fq-fqm due à une différence
de pression entre deux faces p-pm :
f q − f qm = A 3 (p − p m ) 2 [12]
Hager et al16,17 ont mis au point un modèle basé sur l'analyse du couplage
hydrodynamique dans l'étude des propriétés des liquides. Dans leurs travaux, ils ont pris
46
Chapitre II - Approche théorique
ρL la densité du liquide,
Comme l'ont montré Shana et al19 une analyse détaillée prenant en compte les
effets piézoélectriques peut également être utilisée dans l'étude de films fins liquides :
47
Chapitre II - Approche théorique
1/ 2
∆f f q ρL η L
= − tanh( k 3 h L ) [15]
fq πρq c66
ρq la densité du quartz,
Après l'étude des effets individuels d'un film déposé et d'un liquide à la surface
d'un résonateur, nous nous penchons sur l'influence combinée de ces deux effets.
Dans le cas de dépôts de masses faibles effectués dans un liquide Newtonien, les
variations de fréquence du quartz dues à la masse déposée s'ajoutent à celles dues au
couplage visqueux avec le liquide. Ceci a été démontré par Martin et al20.
Ce liquide a une épaisseur semi-infinie. Ils ont de plus repris les hypothèses de
Sauerbrey suivantes : épaisseur des électrodes négligeable, masse déposée rigidement
48
Chapitre II - Approche théorique
1/ 2
2fs2 ρ L ηL
∆f ≅ − ρf h f + [16]
N c66ρq 4 πf s
ρL la densité du liquide,
ρq la densité du quartz,
ρf la densité du film,
et hf l'épaisseur du film.
c66
En introduisant = v q , la vitesse de propagation de l'onde acoustique dans
ρq
1/ 2
2
2fs 3/ 2 ρ L ηL
∆f ≅ − ρf h f + fs [17]
v q ρq 66 q
π c ρ
On voit ainsi apparaître deux termes distincts : un premier terme qui correspond
à la variation de fréquence liée au film fin d'après Sauerbrey (équation [1]), et un second
qui correspond à la variation de fréquence liée au contact avec le liquide selon
49
Chapitre II - Approche théorique
Kanazawa (équation [8]). Il est donc aisé de constater que les variations de fréquence
sont bien additives.
5.1 Introduction
50
Chapitre II - Approche théorique
R L C
Branche
dynamique
Branche
statique
Co
Ces deux approches sont décrites dans les paragraphes qui suivent.
51
Chapitre II - Approche théorique
Il devient alors beaucoup plus aisé d'utiliser un circuit électrique équivalent pour
modéliser le comportement électrique de la microbalance à quartz. Il suffit de quelques
éléments discrets pour simuler le comportement électrique d'une microbalance à quartz
au voisinage de la résonance. Idéalement, ce modèle doit explicitement relier les
éléments du circuit au propriétés physiques de la microbalance à quartz et également
aux dépôts massiques et aux propriétés des liquides en contact21 (Figure 4).
52
Chapitre II - Approche théorique
5.2.1 Hypothèses
Liquide
ρ,η
Couche
de surface
h ρf , µf
ρs = ρfhf
Déplacement
Quartz
ρq , c66 , ηq
e26 , ε22
0 X
Air
53
Chapitre II - Approche théorique
contact avec la surface du dépôt massique, une onde de cisaillement amortie est générée
au sein du liquide, comme le montre la Figure 5.
Une microbalance à quartz ayant une seule face en contact avec un liquide (sans
dépôt de masse) doit satisfaire cinq conditions aux limites. L'ajout d'une couche
d'épaisseur finie entre la microbalance et le liquide introduit une interface
supplémentaire avec deux conditions aux limites associées.
54
Chapitre II - Approche théorique
P = ( χ ion + χ e )E + eS [18]
e la constante piézoélectrique,
E le champ électrique,
et χe la polarisation électronique.
D = εE + eS [19]
D i = ε ij E i + e ijkS jk [20]
55
Chapitre II - Approche théorique
δW = Tjk dS jk + E i dD i [22]
et σ l'entropie du système.
ℑ = U − Ei D i [24]
∂ℑ
Tjk = [27]
∂S jk σ,E
i
et
56
Chapitre II - Approche théorique
∂ℑ
D i = − [28]
∂E i σ ,S
jk
∂2 ℑ ∂T ∂D i
= jk = − [29]
∂E i ∂S jk σ ∂E i σ,S ∂S jk σ ,E
∂D i
= e ijk [30]
∂S jk σ ,E
∂Tjk
= − e ijk [31]
∂E i σ ,S
Les coefficients de ces deux effets sont de signes opposés. L'effet piézoélectrique
inverse est donc une conséquence thermodynamique de l'effet direct.
57
Chapitre II - Approche théorique
∂U k ∂U l
Cette équation devient, en remplaçant la déformation Skl par + et le
∂X l ∂X k
∂ϕ
champ électrique Ek par − :
∂X k
∂U l ∂ϕ
Tij = c ijkl + e kij [33]
∂X k ∂X k
∂ 2 U i ∂Tij
ρ = [34]
∂2t ∂X j
s'écrit :
∂2U i ∂2 U l ∂ 2ϕ
ρ = c ijkl + e kij [35]
∂t 2 ∂X j∂X k ∂X j∂X k
∂U k ∂ϕ
D j = e jkl + ε jk E k = e ijk − ε jk [36]
∂X k ∂X k
∂D i
doit satisfaire à l’équation de Poisson = 0 pour un corps électriquement neutre :
∂X j
58
Chapitre II - Approche théorique
∂2U l ∂ 2ϕ
e ikl − ε jk =0 [37]
∂X j∂X k ∂X j∂X k
∂2U i e 2ikl ∂ 2 U l
ρ =
ijkl ε ∂X ∂X
c + [38]
∂t 2 ijk j k
∂ 2 U x ( x, y ) e 2212 ∂ 2 U x ( x, y )
ρ = c1212 + [39]
∂t 2 ε 22 ∂y 2
∂ 2 U x ( x, y ) e 226 ∂ 2 U x ( x, y )
ρ = c 66 + [40]
∂t 2 ε 22 ∂y 2
e2
On pose : c 66 + 26 = c66 , constante élastique complexe du quartz. Alors :
ε 22
59
Chapitre II - Approche théorique
∂ 2 U x ( x, y ) ∂ 2 U x ( x, y)
ρ = c 66 [41]
∂t 2 ∂y 2
∂ 2 U x ( y, t ) ∂ 2 φ( y, t )
e 26 = ε 22 [44]
∂y 2 ∂y 2
60
Chapitre II - Approche théorique
e
φ( y, t ) = 26 U x ( y, t ) + Cy + D e jωt [45]
ε 22
∂v ∂v ∂v ∂v ∂2 v x ∂2 v x
ρ x + v x x + v y x + v z x = −ρg + η + [46]
∂t ∂x ∂y ∂z ∂x 2 ∂y 2
η la viscosité du liquide,
et g la gravité.
∂v x
Puisque : v y = v z = = 0,
∂x
∂v x ∂v
>> x ,
∂y ∂x
61
Chapitre II - Approche théorique
∂v x ( y, t ) ∂ 2 v x ( y, t )
ρ =η [47]
∂t ∂y 2
∂2 v x
ρjωv x = η [48]
∂y 2
On obtient :
ωρ
− ( y − h )(1+ j)
2 η jωt
v x ( y, t ) = Ee e [49]
et h l'épaisseur du quartz.
ωρ
Si on pose γ = (1 + j) qui représente la constante d'amortissement
2η
62
Chapitre II - Approche théorique
E
Ae jβh + Be − jβh + j =0 [51]
ω
∂Tx ∂v x
La continuité de l'équation du mouvement = ρf conduit à la condition
∂y ∂y
suivante concernant le bilan des contraintes que le dépôt massique subit24 :
∂v x ( h )
TL − TQ = ρs [52]
∂t
63
Chapitre II - Approche théorique
∂U x ( y, t ) ∂φ( y, t )
TQ = c 66 + e 26 [53]
∂y y= h
∂y y= h
∂v x ( y, t )
TL = η [54]
∂y y= h
e2
TQ = c66 + 26 jβ( Ae jβh − Be − jβh ) + e26C e jωt [55]
ε 22
e 226
On retrouve c66 = c 66 + le coefficient élastique corrigé de l'effet
ε 22
piézoélectrique du quartz.
64
Chapitre II - Approche théorique
e26
( Ae jβh + Be − jβh ) + Ch + D = − φ o [59]
ε 22
e26
et ( A + B) + D = φo [60]
ε 22
Ces conditions aux limites ([51], [57], [58], [59] et [60]) constituent donc cinq
équations linéaires à cinq inconnues (A à E).
Il est inutile de résoudre tout le système car il a été démontré25 que l’admittance
dépend uniquement de la constante C.
La résolution donne :
2φ o
(sin ψ + Λ cos ψ )
C= h [61]
K2 K2
(1 − cos ψ )(1 − cos ψ + Λ sin ψ ) − (sin ψ + Λ cos ψ )1 − sin ψ
ψ ψ
65
Chapitre II - Approche théorique
ρq
ψ = ψo = ωh [62]
c66
e 226
et K 2 = K o2 = [63]
c66 ε 22
Pour tenir compte des pertes dans le quartz, un module de cisaillement complexe
du quartz est défini :
ωηq
où ξ= et ηq est défini comme la viscosité effective du quartz.
c66
ψ 2o
ψ2 = [65]
1 + jξ
K 2o
K2 = [66]
1 + jξ
66
Chapitre II - Approche théorique
D'après la loi de Gauss, la densité surfacique des charges électriques induites par
l'électrode inférieure (y = 0) est :
∂φ( y, t )
q s = − ε 22 = − ε 22Ce jωt [67]
∂y y = 0
∂q s
I= A = jωq s A [68]
∂t
∂q s
A
I jωε 22 AC
Y = = ∂t =− [69]
V 2φo 2φo
ε 22 A
En remplaçant C par son expression (équation [61]), et en posant C o = , la
h
capacité statique de la microbalance à quartz, on obtient l'admittance d'un quartz chargé
simultanément par une couche massique et un liquide :
67
Chapitre II - Approche théorique
Λ = Λ r − jΛ i [71]
avec
ωρη
ωρs +
Λr = 2 [72]
c66ρq
ωρη
et Λi = [73]
2 c66ρq
et η la viscosité du liquide.
68
Chapitre II - Approche théorique
Le modèle que nous utilisons est basé sur le circuit équivalent de Butterworth-
Van Dyke : une capacité statique Co, prépondérante en dehors de la résonance, apparaît
en parallèle avec une branche dynamique, prépondérante à la résonance.
1
Y = jωC o + [74]
Zm
j 1 + Λ cot ψ
Zm = 1− 2 [75]
ωC o K ψ
2 tan + Λ
ψ 2
ψ 4ψ
tan ≅ [76a]
2 ( Nπ )2 − ψ 2
69
Chapitre II - Approche théorique
−2ψ
cot ψ ≅ [76b]
( Nπ ) 2 − ψ 2
j ( Nπ )2 − ψ 2 − 2ψΛ
Zm ≅ 1 − [77]
ωC o 8K 2
2
ω
ψ 2o (ω ) = [( Nπ ) 2 − 8K 2o ] [78]
ωs
Soit, en reportant ce terme dans l'équation [65], la variation de phase pour une
microbalance à quartz avec pertes :
2
2 ( Nπ )2 − 8 K 2o ω
ψ (ω ) = [79]
1 + jξ ωs
70
Chapitre II - Approche théorique
( Nπ )2 ωξ NπΛ i ( Nπ )2 NπΛ r 1 ( Nπ ) 2
Zm ≅ 2 2 + + jω + + [80]
8K oω s C o 4 K o2ω s C o 8 K o2ω s2 C o 4 K 2oω sωC o jω 8 K o2 C o
Notons que Λr contient deux termes qui permettent d'écrire cette expression de la
manière suivante :
1
Z m = ( R 1 + R 2 ) + jω( L1 + L2 + L3 ) + [81]
jωC1
ε 22 A
Co = [82a]
h
8K 2o C o
C1 = [82b]
( Nπ ) 2
1
L1 = [82c]
ω s2 C1
2
ηq ω
R1 = [82d]
c66 C1 ω s
71
Chapitre II - Approche théorique
1/ 2
ω L 2ρη
L2 = s 1 [82e]
Nπ ω c66ρq
1/ 2
ω L 2ωρη
R 2 = s 1 [82f]
Nπ c66ρq
2ω s L1ρs
L3 = [82g]
Nπ c66ρq
Cette modélisation est très intéressante car elle permet de représenter aisément la
contribution de chacune des perturbations apportées par une couche massique et/ou un
liquide en contact avec la microbalance à quartz.
72
Chapitre II - Approche théorique
R1
Cpa Co QCM
L1 non chargée
C1
L2
Charge
liquide
R2
L3
Charge
massique
73
Chapitre II - Approche théorique
Une autre particularité intéressante de ce modèle de circuit équivalent est que les
éléments qui proviennent d'une charge massique et/ou d'une charge liquide sont
directement liés aux paramètres de la microbalance à quartz non chargée. Par
conséquent, la caractérisation précise de la microbalance non chargée permet de
déterminer sa réponse à une perturbation donnée.
Le premier paramètre que l'on peut extraire du circuit équivalent que nous
venons de décrire est la variation de fréquence de résonance série induite par les
différentes perturbations.
1
fs = [83]
2π LC
74
Chapitre II - Approche théorique
∆fs ∆L 1 L 2 + L3
=− =− [84]
fs 2L 2 L1 + L2 + L3
Si les charges massique et liquide sont faibles, c'est-à-dire L2+L3<< L1, alors la
variation de fréquence de résonance série est donnée par l'équation suivante (à partir des
équations [82] et [84]) :
2fs2 ρη
∆fs ≅ − ρs + [85]
N c66ρq 4πfs
Cette équation montre la nature additive des deux perturbations dans la variation
de fréquence. Elle montre également l'impossibilité de différencier la contribution de
chacune de ces perturbations lorsque seule la variation de fréquence de résonance est
observée.
75
Chapitre II - Approche théorique
1/ 2
1 ηq 1 ρη
≅ + [86]
Ymax c66 C1 NπC1 πfs c66ρq
Nous allons présenter un modèle plus complet qui permet de traiter l'étude de
couches viscoélastiques par une analyse unidimensionnelle21 appliquée au résonateur
composite, cristal piézoélectrique recouvert de deux couches planes non
piézoélectriques. Il n'y a pas de restriction en ce qui concerne l'épaisseur ou le module
de cisaillement complexe de la couche considérée.
La méthode utilisée ici, est basée sur un modèle de Mason décrit par
Rosenbaum26. Le modèle de Mason est une représentation physique, en lignes de
transmission, des équations et des conditions aux limites qui n'utilise d'autre
approximation que celle de l'hypothèse "d'unidimensionnalité". Le modèle de Mason
représente chaque couche non-piézoélectrique par une matrice 2×2 ; ainsi ces couches
additionnelles sont prises en compte en plaçant leur matrice représentative en cascade.
A l'heure actuelle la manipulation de longs produits matriciels est grandement facilitée
par les méthodes de calculs numériques et on ne rencontre pas de problème de
résolution de ces opérations.
Cette représentation possède un autre avantage, elle offre une base théorique à la
représentation de Butterworth-Van Dyke et les conditions de validités de ce circuit
équivalent.
76
Chapitre II - Approche théorique
Vi Vo
∧ ∧
kd kd
jAZ tan jAZ tan
2 2
Fi Fo
− jAZ
∧
sin( k d )
Bien que cette représentation corresponde à une couche d'épaisseur finie, elle
peut également représenter une couche infiniment mince ou une couche d'épaisseur
infinie en prenant des valeurs appropriées. Dans la Figure 7 et dans les suivantes, les
variables acoustiques sont analogues à des variables électriques : la force ou contrainte
(force par unité de surface) correspond à la tension, la vitesse des particules correspond
au courant, et l'impédance mécanique (rapport entre la contrainte et la vitesse des
particules) est analogue à l'impédance électrique (rapport de la tension sur le courant).
77
Chapitre II - Approche théorique
Dans son étude, Martin21 a remplacé ce modèle à 3 ports par un modèle à 2 ports
en connectant, à la place d'un des ports acoustiques, une impédance représentant le côté
du quartz dont l'électrode est laissée à l'air.
78
Chapitre II - Approche théorique
V1 V2
∧ ∧
kd kd
jAZ tan jAZ tan
2 2
− jAZ
∧
sin( k d )
F1 F2
-Co
1:φ
Co
79
Chapitre II - Approche théorique
-jωCoVi/φ Vo
− jAZ ∧
kd
∧ jAZ tan
sin( k d ) 2
-φ2 Co
φVi ∧
kd
jAZ tan Fo
φ2 C o 2
Figure 9 : Modèle de Mason à 2 ports pour un quartz piézoélectrique dont une des faces
est libre en terme de contrainte (adapté de Rosenbaum26).
Une application simple des modèles de Mason à 2 ports est d'écrire, comme
détaillé par Rosenbaum26, une matrice pour exprimer les courant et tension de sortie
comme une fonction linéaire des courant et tension d'entrée et des paramètres
acoustiques de la couche, soit :
Vo A' B' Vi
=
Io C' D' Ii
[87]
où la tension V et le courant I peuvent être, soit des variables électriques, soit des
variables acoustiques.
80
Chapitre II - Approche théorique
Notons que si les variables de sortie sont connues, les variables d'entrée peuvent
être calculées en multipliant chaque membre de l'équation [87] par l'inverse de la
matrice de transformation A' B' C' D'. Comme les matrices dérivées du Rosenbaum
considèrent le port électrique du quartz comme port d'entrée, nous utiliserons la matrice
inverse de celle du Rosenbaum pour calculer l'impédance au niveau du port électrique :
Vi A B Vo
=
Ii C D Io
[88]
∧
B = jZ sin( k d ) [89b]
∧
sin( k d )
C= j [89c]
Z
∧
D = cos( k d ) [89d]
∧
où k est la constante de propagation complexe des ondes,
81
Chapitre II - Approche théorique
d l'épaisseur de la couche,
Z = ρG [90]
et ρ la densité de la couche.
∧ ρ
γ = jk = jω [91]
G
Pour une couche piézoélectrique, les éléments de la matrice reliant les courants
et tensions électriques avec les courants (contrainte) et tensions (vitesse des particules)
acoustiques sont les suivants :
jφ 2
+ A ( a + b )
ωC o
Aq = [92a]
φa
2 jφ 2 a
+ A ( a 2 + 2ab )
ωC o
Bq = [92b]
φa
jωC o A ( a + b )
Cq = [92c]
φa
jωC o A ( a 2 + 2ab )
Dq = [92d]
φa
82
Chapitre II - Approche théorique
où
∧
kq dq
a = jZq tan [93a]
2
− jZq
b= ∧
[93b]
sin( k q d q )
∧
où k q est la constante de propagation complexe pour le quartz,
et dq l'épaisseur du quartz.
ε 22 A
Co = [94]
dq
L'impédance caractéristique du quartz, Zq, est analogue à celle d'une couche non-
piézoélectrique (équation [90]) :
Zq = ρq c66 [95]
et ρq la densité du quartz.
83
Chapitre II - Approche théorique
e
φ = hC o = 26 C o [96]
ε 22
kd kd k1d1 k1d1 k d k d
jAZ tan jAZ tan jAZ 1 tan jAZ 1 tan jAZ2 tan 2 2 jAZ 2 tan 2 2
2 2 2 2 2 2
− jAZ
− jAZ1 − jAZ2
sin( kd )
-C sin(k1 d 1) sin(k 2 d 2 )
o
1: φ
Co
84
Chapitre II - Approche théorique
V A q Bq A 1 B1 A 2 B2 V2
=
I Cq D q C1 D 1 C2 D 2 I2
[97]
V = Aq(A1B2I2+B1D2I2)+Bq(C1B2I2+D1D2I2)
[98]
I = Cq(A1B2I2+B1D2I2)+Dq(C1B2I2+D1D2I2) [99]
A q Vq + Bq I q
Z= [100]
Cq Vq + D q Iq
Z ∧ ∧ ∧ ∧
Vq = A1B2 + B1D2 = jZ1 2 cos( k1 d1 ) sin( k 2 d 2 ) + sin( k1 d1 ) cos( k 2 d 2 ) [101]
Z1
et
85
Chapitre II - Approche théorique
Z ∧ ∧ ∧ ∧
I q = C1B2 + D1D2 = − 2 sin( k1 d1 ) sin( k 2 d 2 ) + cos( k1 d1 ) cos( k 2 d 2 ) [102]
Z1
Notons que, quel que soit le nombre de couches, Vq/Iq est l'impédance, Zs, vue à
la surface du quartz. En effet, Vq/Iq est l'impédance calculée en multipliant uniquement
les matrices de transformation des couches non-piézoélectriques.
C q Vq + D q I q Cq Zs + Dq Y
Y= = = jωC o 1 + m [103]
A q Vq + Bq I q A q Z s + Bq jωC o
A q Z s + Bq
Zm = [104]
D q − jωC o Bq + Z s ( C q − jωC o A q )
86
Chapitre II - Approche théorique
Pour le quartz non chargé, Zs = 0 car la face supérieure du quartz est libre en
terme de contrainte. En utilisant les valeurs de Bq et Dq données par les équations [92b]
et [92d], une forme simplifiée de l'équation est obtenue [104] :
j A( a + 2 b )
Zm = + [105]
ωC o 2φ 2
∧ ∧
kq dq 4 kq dq
tan ≈ [106]
2 ( Nπ) 2 − ( k d ) 2
∧
q q
K 2o
K2 = [107]
1 + jξ
e 226
K 2o = [108]
c66 ε 22
ωηq
ξ= [109]
c66
∧ ρq
k q d q = ωd [110]
c66
Il vient :
( Nπ ) 2 ( Nπ )2 ( Nπ ) 2 ηq
Zm = j −j +
8ωC o K 2o 8ωC o K 2o 8C o K o2 c66
87
Chapitre II - Approche théorique
1
= jωL + +R [111]
jωC
8K 2o C o
C= [112a]
( Nπ) 2
1
L= [112b]
ω 2s C
ηq
R= [112c]
c 66 C
Ce modèle, intitulé par la suite modèle "de type Martin modifié", est celui qui
sera utilisé pour les simulations. Celui-ci est développé dans ce qui suit sous une forme
générale, sans aucune approximation de calcul. L'expression générale de Zs, impédance
mécanique vue à la surface du quartz pour deux couches, est obtenu à partir des
équations [101] et [102] :
∧ ∧ ∧ ∧
Vq jZ2 cos( k1 d 1 ) sin( k 2 d 2 ) + jZ1 sin( k 1 d1 ) cos( k 2 d 2 )
Zs = = [113]
Iq ∧ ∧ ∧ ∧
− ( Z2 / Z1 ) sin( k 1 d1 ) sin( k 2 d 2 ) + cos( k 1 d 1 ) cos( k 2 d 2 )
88
Chapitre II - Approche théorique
∧ ρ1 ∧ ρ
Z1 = ρ1G 1 , k 1 = ω , Z 2 = ρ 2 G 2 et k 2 = ω 2
G1 G2
G1 = G'1+jG"1 et G2 = G'2+jG"2
Dans le cas d'un matériau purement élastique il vient G1 = G'1, pour un film
visqueux G1 = jG"1 et enfin pour un liquide newtonien, G2 = jG"2 = jωη2 d'après29.
∧ ∧
jZ 2 tan( k 2 d 2 ) + jZ1 tan( k 1 d 1 )
Zs = [114]
∧ ∧
− ( Z 2 / Z1 ) × tan( k 1 d 1 ) × tan( k 2 d 2 ) + 1
89
Chapitre II - Approche théorique
∧ ∧
Z 2 th( jk 2 d 2 ) + Z1 th( jk 1 d 1 )
Zs = [115]
∧ ∧
( Z 2 / Z1 ) × th( jk 1 d 1 ) × th( jk 2 d 2 ) + 1
Si d2 est l'épaisseur de liquide, comme celle-ci est très grande par rapport aux
autres grandeurs, il vient alors :
∧
Z2 + Z1th( jk1 d1 )
Zs = [116]
∧
(Z2 / Z1 ) × th( jk1 d1 ) + 1
90
Chapitre II - Approche théorique
6. Modélisation de l'APM
6.1 Description
Le dispositif utilisé est constitué d'une plaque de quartz sur laquelle sont déposés
deux transducteurs interdigités (IDT). Ces deux transducteurs sont utilisés pour
l'excitation (E) et la détection (D) des ondes de polarisation transversale horizontale
(T.H.). Les paramètres les concernant sont donc affectés respectivement des indices E et
D. La Figure 11 présente la géométrie de ce dispositif :
x
-y
X
-Y
θc Z
λo
+ - + - z
Lcc
H
Absorbant
acoustique
91
Chapitre II - Approche théorique
LE = NE λo [117]
LD = ND λo [118]
Pour que l'effet de la diffraction soit négligeable, NE est choisi très grand devant
l'unité (NE ≥ 100). Les absorbants acoustiques placés sur les faces latérales ont pour
fonction d'éliminer tout phénomène de réflexion sur ces mêmes faces. L'étude
mathématique est conduite dans l'approximation d'une plaque de longueur infinie.
92
Chapitre II - Approche théorique
Dans une plaque de quartz, quand un IDT est déposé avec les dents du peigne
parallèles à l'axe X, seules des ondes transversales horizontales de volume sont
générées. Ces ondes sont guidées dans la plaque par plusieurs réflexions sur les côtés
haut et bas. Si la plaque est mince, l'interférence entre les ondes incidentes et réfléchies
établit une onde transversale horizontale en mode de plaques (Acoustic Plate Mode
(APM)).
LE LD
θei
H
θer
93
Chapitre II - Approche théorique
2
2C H
Fm = fc m2 + a [119]
λo
94
Chapitre II - Approche théorique
où
1 C 66
fc = [120]
2H ρ
2
C C
et C 2a = 55 − 56 [121]
C 66 C 66
-y
T ij = 0
y = -H/2
z
x
y = H/2
T ij = 0
95
Chapitre II - Approche théorique
a b
m=0 m=1
x
z
c d
m=2 m=3
Figure 14 : Déplacement mécanique pour les quatre premiers modes de plaque T.H. 30.
a : mode d'ordre 0 b : mode d'ordre 1
c : mode d'ordre 2 d : mode d'ordre 3
96
Chapitre II - Approche théorique
1
Sauerbrey G., Z. Phys., 1959, 155, 206.
2
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10
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11
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12
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13
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14
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Chem., 1988, 92, 1218.
16
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17
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18
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19
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1988.
27
Smith R.J., "Circuits Devices, and Systems" 3rd ed. Wiley, New-York, 1976, Chap.8.
97
Chapitre II - Approche théorique
28
Gieck K., "Formulaire technique", 7ième édition, Gieck-Verlag, 1982, Section E.
29
Benes E. ,Göschl M.,Burger W. et Schmid M., Sensors and Actuators, A, 1995, 48, 1.
30
Houmadi Moussa, Thèse de Doctorat, Université de Franche-Comté, 1991.
98
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
1. Introduction
Dans le paragraphe 2 nous décrirons les caractéristiques des quartz que nous
utilisons dans nos études expérimentales.
Dans son utilisation en méthode active, le quartz doit être inséré dans un circuit
électronique permettant de maintenir ses oscillations. Nous décrirons ce circuit dans le
paragraphe 3.
Le métal constituant ces électrodes est choisi selon certains critères : par
exemple l'aluminium sera préféré pour ses qualités acoustiques proches de celles du
quartz, l'or sera choisi si on recherche un matériau chimiquement inerte. Nous avons
retenu l'or comme électrode de nos microbalances à quartz ainsi que pour le dispositif à
onde de plaque. L'or n'est pas déposé directement sur le quartz car il n'a pas un bon
pouvoir d'adhésion. Pour cela, on dépose par évaporation sur le quartz préalablement à
l’or un film fin de chrome (quelques Å d’épaisseur) afin d’améliorer cet accrochage.
L’épaisseur d’or atteint quant à elle 3000 Å environ.
99
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Le matériau piézoélectrique que nous avons retenu dans ce travail est le cristal
de quartz à cause de sa bonne stabilité en température, de son coût peu important et de
sa synthèse bien maîtrisée.
Les quartz que nous utilisons dans nos études expérimentales sont des quartz de
coupe AT (angle de coupe : 36'12") fonctionnant en mode de cisaillement d'épaisseur.
Ils proviennent tous du même fournisseur (COPELEC France). Dans la plupart des
études réalisées jusqu'à présent, ils ont une fréquence de résonance en mode
fondamental de 6MHz environ.
Nous avons utilisé deux qualités de quartz : des quartz qualité douci et des
quartz qualité poli-optique. Les premiers sont polis mécaniquement à l'aide d'une pâte à
base de poudre de diamant, les seconds ont une finesse de polissage beaucoup plus
grande, le polissage terminal s'effectuant grâce à des particules d’alumine.
Dans notre recherche pour améliorer la sensibilité des microbalances, nous avons
également utilisé des quartz dont la fréquence de résonance fondamentale est de 9 MHz.
Nous avons eu à notre disposition deux types de quartz de fréquence fondamentale 9
100
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
MHz : une série de quartz dont la coupe les rend adaptés au travail en harmonique 3 et
une deuxième série théoriquement non-adaptée au travail sur l’harmonique 3. Pour
atteindre des fréquences de résonance en mode fondamental plus importantes, il faut
aminçir les quartz qui deviennent alors très fragiles. L’épaisseur de ces derniers est
d’environ 180 µm.
Deux méthodes ont été utilisées afin de déterminer la rugosité moyenne des deux
types de quartz fournis par la société COPELEC.
La première méthode est une méthode optique basée sur l'utilisation d'un
spectrophotomètre à sphère intégratrice (Hitachi, U-4001). En effet, il est possible de
relier les propriétés réflectrices d'une surface métallique à certains paramètres
statistiques caractérisant son microprofil et en particulier sa dénivellation quadratique
moyenne1. Les mesures ont été effectuées sur deux types de quartz : polissage douci et
polissage de qualité optique. Pour le premier type, la rugosité mesurée est de 280 nm et
pour le second, de 28 nm.
L'autre technique utilisée repose sur l'utilisation d'un microscope à effet tunnel
afin de réaliser une cartographie de la surface. Ce travail a été réalisé par P. Allongue
sur un appareil réalisé au laboratoire. Les résultats confirment ceux obtenus
précédemment.
101
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
16 mm
Dans la plupart des applications ces quartz sont montés sur des supports en fibre
de verre de différentes formes - selon l'expérience et le dispositif expérimental utilisé -
sur lesquels sont gravées les pistes en cuivre de la connectique. Les connexions
électriques entre les électrodes du quartz et les pistes de cuivre sont assurées par une
colle à l'argent. Le quartz est maintenu sur le support soit par une colle silicone soit par
de la colle Araldite si l'expérience nécessite l'utilisation de solutions attaquant le
silicone. Ces colles ont également une fonction d'étanchéité puisque dans nos
expériences, seule une des faces du quartz est en contact avec la solution. La Figure 2
montre un exemple de montage du quartz sur un support de fibre de verre rectangulaire.
102
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
quartz 16 mm 16/10/95
Colle à l'argent
Pistes de cuivre
Ces supports ont plusieurs avantages : les quartz que nous utilisons sont de plus
en plus fins, leur fréquence propre augmentant, leur manipulation demande donc de plus
en plus de soin. Or, une fois monté sur son support, le quartz peut être trés aisément
manipulé et subir ainsi plusieurs expériences successives. Autre avantage et non des
moindres, nous avons montré expérimentalement que les oscillations d'un quartz
maintenu sur un support en fibre de verre ne sont pas autant amorties que celles d'un
quartz maintenu entre deux joints toriques en caoutchouc. En effet nous avons mesuré
l'impédance électroacoustique d'un même quartz dans différentes configurations :
103
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Quartz Electrode
inférieure
Electrode
supérieure
2b) Le couvercle du support est fermé avec une très faible pression.
104
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
85 mm
7 mm
Quartz
Corps en Teflon
32 mm
Connecteur
électrique
Circuit oscilatteur
3a) Le quartz est simplement maintenu sur le support par la laque argent.
3b) Les bords du quartz ainsi que le support sont recouvert de silicone.
Les résultats obtenus sont rassemblés dans le Tableau I. Nous donnons les
valeurs de la résistance série R1 du circuit de Butterworth-Van Dyke, la fréquence de
résonance série, Fs, du quartz ainsi que son facteur de qualité.
105
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Configuration R1 /Ω Fs /Hz Q
106
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
2.1.3.1 Généralités
Les atomes de soufre présentent une grande affinité pour l’or ce qui permet de
réaliser des liaisons "pseudo-covalentes" (chimisorption) entre celui-ci et les atomes de
soufre. Toutefois, il faut noter que la compréhension des réactions mises en jeu reste
encore incomplète. Les thiols à chaîne saturée s’auto-organisent spontanément sur l’or
pour former une monocouche dense et ordonnée. Les chaînes alkyles compactées dans
une conformation "zig-zag" forment une structure inclinée de type cristalline3. Les
systèmes disulfures forment aussi des SAM : Cheng et al4 ont étudié l’adsorption de
l’acide thioctique (acide 1,2-dithiolane-3-pentanoïque) sur de l’or. Une représentation
schématique de ce dernier type de monocouche est présentée Figure 5.
HO O HO O HO O HO O HO O
C C C C C
Acide thioctique
S S S S S S S S S S
Electrode d'or
107
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Avant chaque traitement, les quartz sont soigneusement nettoyés par immersion
pendant quelques secondes dans un mélange acide sulfurique pur/eau oxygénée 30 % (4
/1 en volume), puis par rinçage à l’eau MilliQ (Millipore) et à l’éthanol absolu (qualité
analytique).
Le dispositif est ensuite plongé pendant 24 heures dans une solution d’octadécyl
mercaptan (Aldrich Chemical Co. Ltd) à 0,1 % en masse dans le toluène. Après cette
incubation, l’ensemble est rincé au toluène puis séché sous un flux d’azote de qualité U.
Ces quartz sont beaucoup plus épais que les lames employés pour les
microbalances ou les mesures d'impédance. Les premiers que nous avons utilisé étaient
rectangulaires tandis que ceux de la dernière génération sont ronds pour faciliter leur
interchangeabilité dans le montage récemment développé. Ils sont représentés Figure 6.
108
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Electrode d'or
IDTs
Electrode d'or
109
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Comme nous l'avons vu au chapitre I, une lame de quartz se met à vibrer quand
une différence de potentiel alternative est appliquée entre ses électrodes. L'amplitude de
l'oscillation du quartz est maximum lorsque la fréquence de vibration se situe au
maximum de l'admittance du quartz. Dans une application microbalance à quartz, ce
régime d'oscillation est maintenu par un circuit électronique que l'on appelle oscillateur.
b) Une des électrodes de la lame de quartz doit être reliée à la masse du montage
afin de simplifier la polarisation électrochimique.
Les éléments nécessaires à la réalisation d'un oscillateur stable sont d'une part un
élément actif amplificateur de gain gm et une boucle de réaction qui prélève une partie
110
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
du signal (en courant ou en tension) pour la ramener à l'entrée du circuit. Dans ces
conditions, la fréquence d'oscillation est déterminée uniquement par les éléments de la
boucle de réaction et c'est la non-linéarité du circuit actif qui limite l'amplitude de
l'oscillation.
Z3
c
b
Z2
e
Z1
Figure 7 : Oscillateur basé sur un seul transistor. Z1, Z2 et Z3 sont des impédances
d'éléments électroniques passifs.
111
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Z3
Ve Z1 Vs gmVe Z2 Vo
Vo Z ( Z + Z3 )
A= = −g m 2 1 [1]
Ve Z1 + Z 2 + Z3
Si on pose :
Zs = Z1 + Z 2 + Z 3 [2]
112
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Z 2 ( Z1 + Z3 )
A = −g m [3]
Zs
Z1 V
R= = s [4]
Z1 + Z 3 Vo
Z1Z 2
L = RA = − g m [5]
Zs
A (ω ). R (ω ) = 1 [6]
113
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
L'une des deux conditions est telle que le déphasage entre les deux signaux Ve et
Vs soit nul : d'une manière générale, l'impédance Zi peut être écrite sous la forme
suivante :
jθ Zi
Zi = Zi e [8]
θ Z1 + θ Z2 − θ Zs = π [9]
θ Zs = θ Z1 + θ Z2 − π [10]
Les équations [2] et [10] nous imposent le choix des éléments passifs Z1, Z2 et
Z3 :
θ Z1 + θ Z2 = 0 [11]
ce qui donne :
114
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
θ Zs = − π [12]
θ Z1 + θ Z2 = π [13]
ce qui donne :
θ Zs = 0 [14]
θ Z1 + θ Z2 = − π [15]
θ Z s = −2 π [16]
Comme Z1, Z2 et Z3 sont des impédances complexes, elles peuvent s'écrire sous
la forme :
115
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Z i = R i + jX i [17]
où Ri est la résistance
Nous avons limité notre choix aux oscillateurs ayant un circuit d'entretien à un
transistor unique. Le principal intérêt de ce type d'oscillateur réside dans son étendue en
fréquence importante.
Pour ce type d'oscillateur, le cristal est placé dans l'une des branches du circuit.
Nous obtenons six types d'oscillateurs différents (Figure 9) dont la fréquence est
stabilisée par un quartz6.
116
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Q C2
C1 C3 Q L3
C2 L2
Q Q
L1 L3 C1 C3
L2 C2
Q
Q
L1 L3
C1 C3
117
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Dans les circuits (a) et (b) (Pierce et Miller), le quartz oscille au voisinage de la
fréquence de résonance parallèle, autrement dit il se comporte comme une inductance de
grande valeur, tandis que dans les autres montages, le quartz oscille à sa fréquence de
résonance série, c'est-à-dire que le cristal a un comportement purement résistif.
118
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
+5V
C3
R1 L3
C1
C2
Q
R2
R3
119
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
4. Dispositifs et montages
120
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Fréquencemètre
Oscillateur
Microbalance
à quartz
bécher Barreau
aimanté
Enceinte
Circulation d'eau isolante
à 20°C
Agitateur
électromagnétique
121
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Pompe
Tachy
Potensiostat
Alimentation
Moteur Ref. W.E. C.E.
du moteur
Cellule à jet
Fréquencemètre
Réservoir
Buse
Electrode de travail
colle silicone (dans la zone de
stagnation du jet)
support
fibre de verre
cristal de quartz
1 cm
Oscillateur
122
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Pompe Contre-électrode
Electrode de référence
Microbalance à quartz
Joints toriques
123
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Connecteurs
SMA
Joint rectangulaire
moulé
IDT
(face inférieure)
Vis
124
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
125
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Circulation
Cellule du
dispositif
126
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
θQ + θ Z2 − θ Zs = π
avec Zs = ZQ + Z2 + Z3
En pratique, le circuit oscille sur la fréquence à phase nulle la plus élevée pour
un quartz peu amorti. Pour un quartz amorti, le circuit oscille à une fréquence comprise
entre les deux fréquences à phase nulle8.
127
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
470 pF +5V
+
1 µF 10
7
+ 5v 1 nF
5 6
-5V
4,7 pF 8 - 5v
1
4
3
Rg
1 nF 10
2
L
1 nF C
470 pF
4,7 1 µF +
Ce système présente un fort bruit de fond et une dérive trop grande pour être
exploité dans des expériences de durée importante.
128
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
129
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
régulation constatée de 0,1°C. Nous rappelons également que nous avons choisi des
quartz de coupe AT car leur dépendance à la température est moindre par rapport à
d'autres coupes.
8973340 38
Fréquence
8973320 36
T° oscillateur
Température /°C
8973300 34
Fréquence /Hz
8973280 32
8973260 30
8973240 28
8973220 26
0 10 20 30 40 50 60
Temps /heures
130
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
5.2 Thermorégulation
Il s'est avéré indispensable de thermoréguler l'électronique de l'oscillateur. Nous
avons envisagé plusieurs méthodes que nous allons passer en revue.
Température
oscillateur
température U C°
Puissance
de consigne
131
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
8974020 46
T° boîtier Quartz
44
8973980
42
Fréquence /Hz
8973940
Température /°C
Fréquence
40
8973900
38
T° boîtier d'alimentation
8973860
36
8973820 34
9 10 11 12 13
Temps /heures
132
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Perturbations
Capteur de
température
On relève ainsi différentes courbes selon les échelons appliqués. Chaque échelon
représente un point de repos différent (tension de consigne différente). On constate alors
que le comportement du système reste quasi-identique quelque soit l'échelon appliqué.
133
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Température Echelon
0,25
Tmax 60
0,2
Température /°C
50
Echelon
0,15
40
0,1
30
0,05
Tmin
20 0
0T 5 10 T2 15 20 25 30 35
u
Temps /min
On remarque d'abord que notre système ne comporte pas de retard pur (τ = 0).
Quelle que soit l'allure d'une courbe, elle peut s'exprimer sous la forme :
Ke− τp
(1 + Tp )n
134
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Tu
e) On en déduit le paramètre Ta = T2 - Tu ≡ 780 secondes et le rapport = 0,08 .
Ta
1 1 0 0
135
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Tu Tu' + τ '
Ta' = Ta ⇒ =
Ta Ta
soit
T T'
τ ' = Ta × u − u = 780 × ( 0,10 − 0,08) = 15,6 s
Ta Ta
Ce retard pur fictif, qui n'a aucune réalité physique, vient s'ajouter au retard pur τ
qui est nul dans notre cas.
35 × e −15,6 p
H( p ) =
1 + 780p
136
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
8.10-4 6.10-3
40
20
Module /dB
18dB
-20
10-6 10-5 10-4 10-3 10-2
Fréquence /Hz
8.10-4 6.10-3
0
-30
Phase /deg
-60
-75°
-90 -87°
10-6 10-5 10-4 10-3 10-2 10-1
Fréquence /Hz
137
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
π
⇒ ωc = . −3 rad. s −1( fc = 8,3710
= 5,2610 . −4 Hz )
tm
• Un dépassement D% < 5%
⇒ ∆ϕ > 70°
Il nous faut donc un correcteur par retard de phase qui s'écrit mathématiquement
sous la forme :
1
C( p ) = K × 1 +
Ti p
1 ωc
Par convention, on fixe Ti tel que = . −4 rad. s −1
= 5,2610
Ti 10
D'où Ti = 1900 s
138
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
−18
On a donc K = 10 20 = 0,13 (car 20log(K) = -18dB)
1
C( p ) = 0,13 × 1 +
1900p
Cette étude théorique nous permet donc le calcul des composants analogiques du
correcteur PID. Mais malheureusement les valeurs trouvées ne peuvent être implantées
pratiquement car la constante de temps en est trop importante. Malgré tout, cette
modélisation par la méthode de Strejc nous ouvre d'autres voies. En effet, nous
connaissons maintenant avec précision le comportement de notre asservissement,
notamment en ce qui concerne le gain autour de la valeur de consigne. Ceci nous permet
de nous diriger vers une autre solution qui consiste à utiliser un système que l'on
nommera le TPS (Tout - Proportionnel - Stabilité).
139
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
Tension de
chauffe /V
14V
1 2 3
1,2V
140
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
141
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
8973490
8973480
8973470
Fréquence /Hz
8973460
8973430
0:00:00 0:15:00 0:30:00 0:45:00 1:00:00
Temps /heure
9MHz thermorégulé
8997403
8997401
Fréquence /Hz
8997399
8997397
142
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
26899560
26899540
Fréquence /Hz
26899520
26899500
Soit une dérive de
26899480
140 Hz en 1 heure
26899460
26899440
0:00:00 0:12:00 0:24:00 0:36:00 0:48:00 1:00:00
Temps /heure
27 MHz thermorégulé
26991502
26991500
26991498
Fréquence /Hz
26991496
26991494
26991492 Soit une dérive de
10 Hz en 1 heure
26991490
26991488
0:00:00 0:12:00 0:24:00 0:36:00 0:48:00 1:00:00
Temps /heure
143
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
144
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
6. Validation de l'APM
6.1 Stabilité du dispositif
Dans notre première approche du dispositif à ondes de plaque, nous avons suivi
la fréquence du système placé dans l'air tout en prélevant la température ambiante
proche du dispositif. Les résultats de cette expérience sont donnés sur la Figure 28.
-100
27,5
-200
-300 27,0
-400 ∆F 26,5
-500
26,0
0 2 4 6 8 10 12 14
Temps /h
145
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
103743900
103743800
Fréquence /Hz
103743700
103743600
146
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
27,0
1000 ∆F
800 26,5
600
200 25,5
0
25,0
-200
Température
-400 ambiante 24,5
-600
24,0
0 2 4 6 8 10 12 14 16
Temps /h
147
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
98,3855M
98,3850M
Fréquence /Hz
98,3845M
98,3840M
98,3835M
24,0 24,5 25,0 25,5 26,0 26,5 27,0
Température /°C
148
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
500 24
Température du boîtier de l'oscillateur
400 23
300 22
200
21
∆Fréquence /Hz
Températures /°C
100 Température de l'eau dans la cellule du dispositif
20
0
19
-100
Variation de la fréquence du dispositif 18
-200
-300 17
-400 16
-500 15
0 5 10 15 20 25
Temps /min
Il ressort des résultats obtenus que l'eau bidistillée dans la cellule du dispositif
est maintenue à une température de 19,94 ± 0,02°C. Nous observons une corrélation
importante entre la température du boîtier de l'oscillateur et la fréquence du dispositif.
Cette relation est mise en évidence sur la Figure 33.
149
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
103739800
103739700
103739600
Fréquence /Hz
103739500
103739400
103739300
103739200
150
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
60
40
20
-20
0 5 10 15 20 25 30
Temps /min
Nous avons observé que cette fluctuation de la fréquence est décorrélée des
variations de la température de l'eau dans la cellule. La stabilité de ce dispositif peut
donc être évaluée à partir de ces données. Elle s'établit statistiquement à F ± 16 Hz.
151
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
A l'état initial le quartz est en contact avec une quantité connue d'eau bidistillée
en circulation. Cette eau est maintenue aux alentours de 20°C à l'aide du cryothermostat
Ministat HUBER.
152
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
1,16
1,12
(ρη)1/2 /g1/2 .cm-3/2 .cP1/2
1,10
1,08
1,06
1,04
1,02
1,00
0 2 4 6 8 10
Pourcentage de glycérol /%
Ce graphe nous permet de déterminer la viscosité des quatre solutions qui nous
intéressent :
0 0 1,00000
10 2,72 1,03450
20 5 1,06700
30 6,92 1,09660
40 8,6 1,12408
153
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
-50
+10 ml de glycérol 30%
2,72% glyc.
-100 (F = 103734638 Hz)
∆Fréquence /Hz
5% glyc.
-200
+10 ml de glycérol 30%
-300
8,6% glyc.
(F = 103734400 Hz)
-350
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Temps /min
De ce graphe, nous relevons les fréquences des différents paliers observés qui
sont tracées en fonction de (ρη)1/2 caractéristique de chaque mélange étudié (Figure 37).
154
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
103734800
103734700
Fréquence /Hz
103734600
103734500
103734400
∆F
1/ 2
= −2645 Hz. g −1/ 2 . cm 3/ 2 . cP1/ 2
∆(ρη)
155
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
8000
15
6000 ∆Fréquence 10
4000 5
0
2000
-5
0
-10
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
Temps /min
156
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
103,740M
103,738M
103,736M
Fréquence /Hz
103,734M
103,732M
103,730M
103,728M
5 10 15 20 25 30 35
Température solution /°C
1
Communication personnelle, Hugot Le-goff A., Paris, 1996.
157
Chapitre III - Augmentation de la sensibilité
2
Destarac M., Rapport bibliographique DEA de Chimie et Physico-chimie des
Polymères, Université P. et M. Curie, 1994.
3
Porter M. D., Bright T. B., Allara D. L. et Chidsey E. D., J. Am. Chem. Soc.,
1987,109,3559.
4
Cheng Q. et Brajter-Toth A., Anal. Chem., 1992, 64, 1998.
5
Bizet K., DEA de Biotechnologie, Université Paris V, 1994.
6
Drisol M.M., IEEE Transactions on Instrumentation and Measurements, 1973, Vol.
IM.22, n°2, 130.
7
Bourkane S., Thèse de doctorat d'Université, 1989.
8
Parzen B., "Design of crystal and other harmonic oscillators", Wiley - Intersciences
Pub., New York.
158
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
1.1 Introduction
Cette partie est consacrée à la mise au point des mesures d’admittance électrique
sur un résonateur à quartz à 6 MHz dans l’air ou plongé dans un liquide. L’étude se
divise en trois parties : la première, est focalisée sur l’instrumentation (méthodologie de
mesure), la seconde, sur la détermination des paramètres du circuit équivalent et enfin,
la dernière, sur la méthodologie de simulation à partir d’un modèle théorique.
La mesure standard des paramètres électriques d'un cristal est décrite dans la
publication IEC 4441 mais reste une caractérisation partielle car seules sont mesurées la
fréquence de résonance série, fs, et la résistance dynamique du cristal, R. De plus, cette
méthodologie de mesure concerne essentiellement des tests de résonateur dans l’air.
Nous avons donc été conduis à développer une technique de mesure plus complète à
l’aide d’un analyseur de fonction de transfert.
159
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
1
Y = jωC o + [1]
1
R + jωL +
jωC
1
jωC
jωL
R
Quartz
1
jωCo
Y = G + jB [2]
R
Re(Y) = G = 2 [3]
2 1
R + Lω −
Cω
et B la susceptance,
160
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
1
Lω −
Cω
Im(Y) = B = ωC o − 2 [4]
2 1
R + Lω −
Cω
2 2
1 1
G − + ( B − ω sCo ) 2 = [5]
2R 2R
Dans le plan de Nyquist, où l'axe des abscisses correspond à l'axe des réels et
l'axe des ordonnées correspond à l'axe des imaginaires, l’équation [5] est celle d'un
cercle tangent à l’axe des imaginaires, de rayon 1/2R et de centre de coordonnées (1/2R,
ωsCo) (Figure 2)2.
161
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Partie imaginaire
ωs Co
Partie réelle
1/2R
Une autre représentation également très usitée est celle de Bode. Ici le module et
la phase de l'admittance du résonateur sont tracées en fonction de la fréquence de
perturbation délivrée par un générateur (Figure 3).
Il faut noter qu’une autre représentation peut aussi être employée : elle consiste à
tracer G et B (équation [2]) en fonction de la fréquence de perturbation. Ainsi, la
fréquence série peut être visualisée directement sur ce type de graphe : elle correspond à
la fréquence pour laquelle G est maximale.
162
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
0.04
0.02
Module ( ω )
7 7 7 7 7 7
3.762 10 3.764 10 3.766 10 3.768 10 3.77 10 3.772 10
ω
100
Phase ( ω ) 0
100 7 7 7 7 7 7
3.762 10 3.764 10 3.766 10 3.768 10 3.77 10 3.772 10
ω
163
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Partie imaginaire de Y
fs
0
fφ2 fφ1
Partie réelle de Y
1 1
fs = [6]
2π LC
f φ1 = f s (1 + ∆ ) [7]
164
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
C
fφ 2 = f s (1 + − ∆) [8]
2 × Co
R 2Co
avec ∆= [9]
2L
I
Y= [10]
V
165
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Rst Quartz
G
V2 V1
166
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
L'utilisation de cette résistance dans la mesure du courant ajoute, entre autre, une
capacité parasite de plusieurs dizaines de pF, en parallèle sur l'ensemble du circuit
équivalent. Ce qui a pour effet de noyer la capacité statique du quartz, Co, dont la valeur
théorique est seulement de quelques pF.
Nous avons alors opté pour l'utilisation d’un analyseur de fonction de transfert
Solartron 1260. Cet appareil est muni, tout comme l’analyseur de fonction de transfert
Solartron 1255, d'un générateur de tension et de deux entrées en tension, mais il est
également doté d'un générateur de courant et d'une entrée en courant; cela permet une
mesure directe de celui-ci.
A l'aide de cet appareil nous avons pu aisément comparer les deux méthodes de
mesure, directe ou par l'intermédiaire d'un résistance de mesure Rst et les effets des
différentes méthodes de polarisation, en tension ou en courant.
167
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Quantités
Schéma électrique Dénomination
mesurées
(a) V2
Rst
V2 = Rst .I
I V1
Quartz V1 Pol E - Mes E
E
Y = V2 /Rst .V1
(b)
V
V
Quartz
I Pol E - Mes I
E I
Y = V/I
(c)
V
V
Quartz
I Pol I - Mes I
I
I
Y = V/I
168
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Nous rappelons tout d'abord les circuits équivalents des générateurs de courant et
de tension, ceux des dispositifs de mesure de tension et de courant ainsi que leurs
composants parasites (impédances de sortie pour les générateurs et impédances d'entrée
pour les amplificateurs), donnés par le constructeur (Figure 7).
50 Ω
200 kΩ
100 kΩ 10 nF 100 kΩ 10 nF
50 Ω
1 MΩ 35 pF
-
1Ω +
1 MΩ 35 pF
169
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
(a)
Hi V1
50 Ω Lo
V2
(b)
50 Ω
V1
170
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
102 102
101 101
105 106 107
Fréquence /Hz
(c) Gen = 1 V
10 10
Module de V2/I /Ω
1 1
105 106 107
Fréquence /Hz
171
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Les Figure 9(b) et Figure 9(c) donnent V2/I qui représente l'impédance d'entrée
du convertisseur courant/tension pour des courants d'excitation de 0,1 mA et 20 mA. Ils
sont obtenus à l'aide des dispositifs décrits Figure 8(b). Nous constatons que pour des
tensions d'excitation de 10 mV et 1 V, les impédances d'entrée sont respectivement de
l'ordre de 50 Ω et 1 Ω, pour une fréquence basse de 100 kHz. L'impédance de sortie du
générateur de tension est de 50 Ω. Comme escompté, l'impédance de sortie augmente de
façon importante avec la fréquence.
En premier lieu, nous avons déterminé les valeurs des composants parasites du
boîtier de connexion seul. Nous lui avons alors adjoint le connecteur BNC qui nous
permet d'interchanger aisément les quartz sur leurs supports (c.f. Chap II - § 2.1.2.).
Nous avons ensuite ajouté le support du quartz en fibre de verre, en le laissant à l'air
libre. Puis, pour finir nous avons plongé ce support dans un bécher contenant de l'eau.
172
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Rp / kΩ Cp / pF Rp / Cp / pF Rp / Cp / pF
kΩ kΩ
C.C.
264 4,7 19,5 88 (-165) 5
sortie de boîtier
C.C.
+connecteur BNC
C.C.
85 9,15 20,3 93 (-55) 10
sortie de support fibre
C.C.
C.C.
sortie de support 72 10
Tableau I : Valeurs des composants parasites Rp-Cp, selon les trois méthodes de
mesure et pour plusieurs éléments du circuit de mesure.
Dans le but de mieux comprendre les valeurs des composants parasites trouvées
expérimentalement, nous avons réalisé des mesures à l'aide des trois montages
expérimentaux décrits sur la Figure 10.
173
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
50Ω
I R1 Rst R1 R2 V1
C1 C1 C2
E
V
R1
Re
E C1 R1 I
C1
(c) PolI-MesI
V
R1
Re
C1 R1 I
I
C1
174
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Pol E - Mes I
50M 4,56p
4,54p
40M
4,52p
4,50p
R /Ω
30M
C /F
4,48p
20M 4,46p
4,44p
10M
4,42p
0 4,40p
0 2M 4M 6M 8M 10M 0 2M 4M 6M 8M 10M
Fréquence /Hz Fréquence /Hz
Pol E - Mes E
500k 89,0p
400k
88,5p
300k
R /Ω
C /F
88,0p
200k
87,5p
100k
0 87,0p
0 2M 4M 6M 8M 10M 0 2M 4M 6M 8M 10M
Fréquence /Hz Fréquence /Hz
Pol I - Mes I
6M 5,00p
4M 4,95p
2M 4,90p
C /F
0 4,85p
R /Ω
-2M 4,80p
-4M 4,75p
-6M 4,70p
0 2M 4M 6M 8M 10M 0 2M 4M 6M 8M 10M
Fréquence /Hz Fréquence /Hz
Par exemple, pour le circuit ouvert en sortie de boîte, dans la configuration Pol E
- Meas E, ces composants sont de l'ordre de 435 kΩ // 88 pF à basse fréquence
175
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
2. Méthodologie d'ajustement
176
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
secondes pour chaque fréquence. Afin d’obtenir la meilleure répartition des points sur le
diagramme de Nyquist (c’est-à-dire obtenir le plus de points possible sur toute la
circonférence du cercle), il faut choisir un pas de fréquence adapté. Dans, l’air ce pas de
fréquence est de l’ordre de 10 Hz, alors qu’en milieu liquide il peut atteindre 350 Hz
(cas d’un quartz très amorti). Le fichier résultat se présente sous forme d’une matrice :
la première colonne est constituée des fréquences de perturbation (générateur incorporé
dans l’analyseur), la seconde, de la partie réelle de l’admittance mesurée pour chaque
fréquence et la troisième, de la partie imaginaire correspondante.
Pour extraire les valeurs des éléments du circuit équivalent de notre modèle,
nous avons développé, en Fortran, un programme d'ajustement basé sur la méthode du
simplex. Ce programme minimise la somme des déviations relatives entre les mesures
expérimentales de l'admittance et les valeurs calculées.
R
G= 2 + Go [11]
1 ω 2 − ω 2s
R2 + 2
C ωω 2s
177
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
1 ω2 − ωs2
−
C ωω2s
B= 2 + ωC p [12]
2 1 ω2 − ωs2
R + 2
C ωω2s
nb de po int s
Yt ( i ) 2 − Ye ( i )2
Ki = ∑i =1
Yt ( i )2
[13]
Comme nous le verrons plus loin, pour les très forts amortissements, le
diagramme de Nyquist est très éloigné de l'origine du plan complexe (Figure 12).
178
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Im
Yo
Im(Yo )
Yt (i)
Ye(i)
ωs Co
Re(Yo ) Re
nb de po int s
(Yt (i) − Yo ) 2 − (Ye (i) − Yo ) 2
Ki = ∑i =1 (Yt (i) − Yo ) 2
[11]
1
L= [12]
ω 2s C
179
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
ω sL
Q= [13]
R
Les fréquences phase nulle, fφ1 et fφ2, sont calculées grâce au logiciel mathcad,
qui servira pour nos simulations, par recherche automatique des valeurs de fréquences
qui annulent la partie imaginaire expérimentale de l'admittance électroacoustique.
Les éléments présents dans ce circuit équivalent (Figure 13) ont la même
signification que ceux du circuit de la figure 1. Néanmoins, la capacité parallèle Cp
comprend la capacité statique du quartz Co, ainsi qu’une capacité parasite, Cpa, due au
montage. De plus la résistance 1/G0, comprend les éléments parasites qui peuvent être
assimilés à une résistance.
180
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
R L C
Quartz
Cp
Rp
181
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
0,002
0,001
0,000
-0,001
5984000 5988000 5992000 5996000
Fréquence /Hz
182
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
3. Etudes préliminaires
Plutôt que d'effectuer une correction en température sur les mesures, nous avons
fait le choix expérimental de maintenir la température des solutions, dans lesquelles sont
plongés les quartz, constantes. Nous utilisons pour cela un Crythermostat HUBER qui
maintient la température des solutions avec une stabilité de l'ordre de ± 0,02°C.
183
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Les quartz utilisés, doucis ou poli-optiques, sont montés sur des circuits
imprimés. De la colle Araldite est utilisée pour maintenir les quartz et isoler les contacts
électriques de la solution dans laquelle ils sont immergés.
Avant chaque expérience les quartz sont nettoyés aux ultrasons dans le
chloroforme.
Nous avons tenté de mener des expériences en laissant les quartz à l'air mais
nous ne sommes pas parvenu à en maintenir la tempéraure sur une durée suffisamment
importante.
Nous avons alors fait le choix expérimental d'observer la stabilité des mesures
dans des solutions représentatives : une huile silicone (polydiméthylsiloxane
d'étalonnage de viscosimètre) de viscosité 5cP, une solution Ferri/Ferro (PBS +
K3[Fe(Cn)6] 5.10-4 + K4[Fe(Cn)6] 5.10-4) et une solution de Chlorure de Potassium (KCl
0,1M).
Les premiers résultats sont donnés pour des quartz plongés dans le
polydiméthylsiloxane. A titre d'exemple, nous donnons l'évolution des paramètres
obtenue pour un quartz douci plongé durant 12 heures :
184
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
R/Ω
1210,0
1205,0
1200,0
Data: D1.SIL_R
1195,0 Model: Average
Chi^2 = 1,00926
A 1201,92583 0,29001
1190,0
0 2 4 6 8 10 12
Temps /h
L/H
41,95m
Data: D1.SIL_L
Model: Average
Chi^2 = 4,9432E-10
A 0,04183 6,4182E-6
41,90m
41,85m
41,80m
41,75m
0 2 4 6 8 10 12
Temps /h
185
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Cp / F
11,33p
Data: D1.SIL_Cp
Model: Average
11,32p Chi^2 = 3,397E-29
A 1,1293E-11 1,6825E-15
11,31p
11,30p
11,29p
11,28p
11,27p
0 2 4 6 8 10 12
Temps /h
Fs / Hz
6006550
Linear Regression for D1.SIL_Fs:
Y=A+B*X
6006540 ---------------------------------
Param Value sd
---------------------------------
A 6006518,81 0,83236
B -1,07448 0,12818
6006530 ---------------------------------
R = -0,93604
SD = 1,53284, N = 12
6006520
6006510
6006500
0 2 4 6 8 10 12
Temps /h
186
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Les mesures réalisées avec d'autres quartz doucis ainsi que des quartz poli-
optiques sont très similaires. Nous avons consolidé les résultats obtenus pour le
polydiméthylsiloxane dans le Tableau III.
Quartz R L Cp fs
Nous avons réalisé les mêmes expériences pour des solutions conductrices. Les
courbes obtenues avec la solution Ferri/Ferro et la solution de Chlorure de Potassium
sont très similaires. Nous donnons ci-dessous les résulats obtenus pour la solution
Ferri/Ferro. Un quartz douci est plongé dans la solution durant 16 heures.
187
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
R/Ω
460
Data: D1.FER2_R
Model: Average
Chi^2 = 0,93094
A 448,87332 0,24121
455
450
445
440
0 2 4 6 8 10 12 14 16
Temps /h
L/ H
27,75 m
27,70 m
27,65 m
Linear Regression for D1.FER2_L:
Y=A+B* X
---------------------------------
Param Value sd
27,60 m ---------------------------------
A 0,02765 3,2627E-6
B 3,6727E-6 3,7062E-7
---------------------------------
27,55 m R = 0,93553
SD = 6,834E-6, N = 16
27,50 m
0 2 4 6 8 10 12 14 16
Temps /h
188
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Cp / F
17,05p
Data: D1.FER2_Co
Model: Average
Chi^2 = 3,7161E-29
A 1,6944E-11 1,524E-15
17,00p
16,95p
16,90p
16,85p
0 2 4 6 8 10 12 14 16
Temps /h
fs / Hz
6006020
6006000
Linear Regression for D1.FER2_Fs:
Y=A+B*X
---------------------------------
Param Value sd
6005980 ---------------------------------
A 6005986,696 1,45272
B 2,54756 0,165
---------------------------------
R = 0,97189
6005960 SD = 3,0205, N = 16
0 2 4 6 8 10 12 14 16
Temps /h
189
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Les mesures réalisées avec d'autres quartz doucis ainsi que des quartz poli-
optique sont très similaires. Nous avons consolidé les résultats obtenus pour le
Ferri/Ferro dans le Tableau IV.
Quartz R L Cp fs
Quartz R L Cp fs
190
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
D’après la référence citée précédemment les paramètres du quartz placé dans l'air
peuvent être calculés selon les formules suivantes (c.f. chapitre II - § 5.2.5) :
2 2 2
C 8. K 2o . ε 22 h. ( N. π ) ηq . h. ( N. π) ω
= , L×A = 2 2 et R × A = .
2
A ( N. π) . h ω s . ε 22 .8. K o 8. K 2o . ε 22 . C 66 ω s
et A la surface de l'électrode.
Les constantes utilisées dans ces équations sont exprimées dans le système
international et données par la référence6 : C66 = 2,947.1010 N.m-2, Ko2 = 7,74.10-3, h =
260.10-6 m, ε22 = 39,82.10-12 F.m-1, ηq = 3,46.10-4 Pa.s (1 Pa = 1 kg.m-1.s-1), ρq =
2,651.103 kg.m-3 et N = 1
191
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Nous avons réalisé des mesures avec des quartz dont les électrodes d'or avaient
des diamètres différents : 51mm, 58mm, 65mm, 78mm, 90mm. Une série de mesures a
été réalisée en laissant les quartz à l'air.
Remarque : pour pouvoir faire des comparaisons sur les paramètres des
différents quartz, il a fallu d’abord normaliser ces paramètres (dans notre cas, nous
avons normalisé à 6 MHz l’ensemble des résultats par l'intermédiaire d'un facteur de
. 6
610
normalisation des fréquences a = ):
fs
• Il n’y a pas de facteur multiplicatif pour R (air) car R est fonction de ω/ωs
192
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
4. Méthodologie de simulation
Vq = 3300 m.s-1
193
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
−
C 66 = 2,947.1010 N.m-2
ρq = 2651 kg.m-3
ρ1 = 19300 kg.m-3
Z1 2
G '1 = [14]
ρ1
194
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
permet ainsi d'écrire directement la relation citée précédemment. En effet, si G''1 est
nulle alors G1 est égal à G'1.
Celle-ci est représentée par la surface (A) définie par les électrodes excitatrices
en or et disposées en vis-à-vis sur le matériau piézoélectrique. Ici, la valeur retenue est
de 0,2 cm2.
Son obtention est nécessaire afin de calculer la capacité statique du quartz (Co)
qui sera utilisée pour la détermination de la constante piézoélectrique (e26).
Vq
dq = [15]
2 × fs
Ceci peut aussi s'exprimer d'une autre manière en indiquant que, pour le mode
fondamental, la demi longueur d'onde est égale à l'épaisseur du cristal. Celle-ci
dépendant de chaque quartz et il est nécessaire de l'estimer à chaque fois.
195
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
ε 22 × A
C0 = [16]
dq
Celle-ci dépend de la coupe du cristal et est notée e26 pour une coupe AT en
mode de cisaillement d'épaisseur. Il est possible de trouver des valeurs dans la littérature
de e26 mais pour un même type de résonateur, des valeurs différentes sont données ou
déterminées :
- par un calcul relativement simple et basé sur l'écart qui existe entre la fréquence
de résonance et celle de passage à phase nulle, la valeur de e26 peut être calculée
196
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
pour chaque résonateur dans l’air : 0,0612 C.m-2 pour un quartz monté par
Copélec et 0,0568 C.m-2 pour le même mais monté sur nos supports.
C
K0 = π × [17]
8 × C0
Enfin, une relation permet de calculer la valeur de e26 pour chaque résonateur
dans l'air :
−
e 26 = K 0 × ε 22 × C 66 [18]
Des valeurs sont données dans différents articles : Martin et al.8 donnent une
valeur de 3,50.10-4 kg.m-1.s-1 et Topart et al.5 3,47.10-4 kg.m-1.s-1.
Ces données n'ont pas été utilisées car la simulation dans l'air permet d'estimer
cette viscosité (ηq) : en effet, en augmentant cette valeur il est possible d'amener la
partie réelle de l'admittance calculée aux valeurs mesurées expérimentalement. ηq sera
considérée comme une constante pour un résonateur donné.
197
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Cette valeur, notée d1, dépend de chaque résonateur. Elle est estimée par
simulation des mesures dans l'air.
Un seul paramètre est estimé par comparaison des simulations dans l'air avec
celles réalisées dans un liquide : un coefficient de non planéité (diam). Comme il a été dit
précédemment, l'épaisseur du métal (d1) est déterminée par la simulation dans l'air et à
priori fixe lorsque le système est plongé dans l'eau ou un autre liquide (l'or est un métal
noble ce qui doit garantir sa faible réactivité). Lorsque le système piézoélectrique est
plongé dans l'eau distillée et déionisée, le modèle de Martin8 ne fait intervenir que les
changements de viscosité/densité de l'eau et la simulation dans ces conditions n'est pas
tout à fait concluante. Pour aboutir à quelque chose de convenable, il faut corriger
l'épaisseur de l'or (d1) de quelques dizaines d'Angströms, cette valeur dépendant de la
qualité de polissage du quartz. Physiquement, il paraît difficile d'expliquer ce
phénomène car l'adsorption de matière organique, dont la présence est tout de même peu
probable dans l'eau déionisée, ne permet pas d'obtenir de telles variations de masse du
métal. La seule explication consiste à supposer que l'eau se comporte comme un
matériau rigide lorsqu'elle est piégée dans les cavités de la surface.
ρ × A × d iam
∆m2 = 2 [19]
2
198
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
Il est à noter que la rugosité et le diamètre ne sont pas des grandeurs physiques
directement comparables. Dans nos simulations, cette masse équivalente est
transformée, pour des raisons de commodité au niveau des calculs, en gain en poids dû à
l'électrode d'or.
Dans un premier temps, la simulation dans l'air et celle dans l'eau permettent
d'estimer la valeur de diam par la relation suivante :
2 × (d 1,liquide − d 1,air ) × ρ1
d iam = [20]
ρ 2 ,liquide
d iam × ρ 2
d1 = + d 1,air [21]
2 × ρ1
199
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
1
L th = [22]
C × (2 × π × f sth )
fφ2th. Celles-ci sont calculées directement à l'aide de Mathcad. Une vérification visuelle
est réalisée en représentant la courbe Imaginaire(Ytot(f)) en fonction de f et en contrôlant
200
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
le passage par zéro, autour des valeurs numériques de fφ1th et fφ2th obtenues
précédemment à partir de la partie imaginaire de Ytot(f).
201
Chapitre IV - Mise au point de la méthodologie de mesure et de simulation d'admittance
1
"Basic methods for measurement of resonance frequency and equivalent series
resistance of quartz crystal units by zero phase technique in a pi-network", Publications
IEC, 1980, 444, Part. 1 à 4.
2
Kanazawa K. K., Reese K. F., IBM Research Report, 1986, RJ 5104 (53148).
3
Crystal Oscillator Circuit, Matthys R. J., John Wiley&Sons éditeurs, New-York, 1983.
4
Yang M. et Thompson M., Anal. Chem., 1993, 65, 1158-1168.
5
Noël M.A.M. et Topart P.A., Anal Chem., 1994, 66, 484
6
Martin S. J., Granstaff V. E. et C. G. Gregory, 1991, 63, 2272.
7
Hand-Book de Chimie et de Physique, 1982, 63ème édition, CRC Press.
8
Granstaff V. E. et Martin S. J., J. Appl. Phys., 1994, 75, 1319.
9
Valentin M. et C. Filiâtre, J. Phys. France III, 1994, 4, 1305.
10
Zarembovitch P., Cours DEA Physique Acoustique, Université Paris VI, 1995.
11
Ondes élastiques dans les solides, Dieulesaint E. et D. Royer, Masson éditeurs, Paris,
1974.
12
Schumacher R., Angew. Chem. Int. Ed. Engl., 1990, 29, 32
202
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
1. Introduction
Ce travail se divise en trois parties principales : une étude concernant l'effet d'un
changement du produit viscosité×densité sur la réponse du résonateur, puis celle de
l'influence d'un dépôt élastique et enfin celle des modifications viscoélastiques d'un film
déposé.
203
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
d'autre part, la non planéité de la surface est introduite dans notre modèle (correction sur
d1, Chap IV, § 4.3). Une simulation directe de l'admittance avec le modèle théorique
"brut" de Martin ne permet pas d'obtenir des résultats satisfaisants. Il faut insister sur le
fait que pour chaque mesure d'admittance une simulation sera effectuée sur toute la
gamme de fréquence de perturbation alors que dans la plupart des articles, seul un
paramètre motionnel du circuit équivalent ou une des fréquences caractéristiques est
examiné1,8.
D'un point de vue expérimental, une large gamme de viscosité a été retenue pour
notre étude ainsi que des solutions d'origines variées : mélange eau/glycérol et huiles
siloxannes. En outre, deux qualités de polissage du quartz ont été choisies (c.f. Chap III,
§ 2.1.1), douci et poli optique. Le traitement chimique, utilisé dans cette étude doit
permettre de jouer sur le caractère hydrophile ou hydrophobe de la surface (c.f. Chap III,
§ 2.1.3).
204
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Cette première partie est focalisée sur les faibles valeurs du produit
viscosité×densité (inférieures à 25), à partir de solutions constituées d'un mélange
eau/glycérol. Celles-ci ont déjà été utilisées pour ce type d'étude13. Les valeurs de
densité et de viscosité sont calculées d'après les données du Hand Book de Chimie15 et
présentées dans le Tableau I ci-dessous; le pourcentage de glycérol indiqué est donné en
masse. La viscosité, η2, et la densité, ρ2, seront utilisées directement dans les
simulations du modèle théorique de Martin modifié: pour le coefficient complexe de
cisaillement du liquide, G2, le terme élastique (G'2) est négligé pour ces solutions et
G2=jωη2 (cas d'un liquide Newtonien). Les valeurs de densité et de viscosité permettront
de calculer Zs (Chap II, §5.3.3) et l'impédance motionnelle théorique, Zm. Celle-ci sera
comparée à celle mesurée expérimentalement à l'aide du Solartron 1260.
-3 -1 -1 0,5
Conditions de Densité/kg.m Viscosité/kg.m .s (Densitéxviscosité)
mesure -2 -0,5
(ρ2) (η2) /kg.m .s
(à 20 °C)
-3
Eau 998,6 1,002.10 1,0003
-3
10 % de glycérol 1021,5 1,021.10 1,1480
-3
30 % de glycérol 1071,7 2,457.10 1,6230
-3
64 % de glycérol 1164,3 13,657.10 3,9876
-3
72 % de glycérol 1186,6 27,624.10 5,7253
Dans une première partie, le choix du circuit équivalent (modèle A), pour
réaliser les ajustements, sera justifié. Puis, la validité du modèle théorique, dérivé de
celui de Martin sera démontrée. Enfin, les effets de rugosité et ceux dus à la
modification chimique de la surface seront étudiés.
205
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Les parties réelles mesurées et calculées, d’après les résultats obtenus après
ajustement, sont confondues comme le montre la Figure 1. Cette constatation est valable
aussi bien pour des mesures dans l’air que pour celles réalisées dans les milieux de
concentrations intermédiaires du mélange eau/glycérol (10%, 30% et 64% de glycérol).
Il faut aussi noter que ces conclusions sont valables pour la partie imaginaire de
l'admittance électroacoustique des dispositifs résonants.
0,4
0,3
0,2
0,1
0,0
5960000 5980000 6000000
Fréquence de perturbation/Hz
206
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Notre circuit équivalent de type A (RLC série classique avec C constante) est
donc parfaitement adapté, dans ces conditions de mesure, au calcul des paramètres, dits
expérimentaux, du circuit équivalent du résonateur à quartz.
quartz donné, fs mesurée dans l'air, c'est-à-dire pour (ρ2×η2)0,5 nulle, est ramenée à zéro
207
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
afin de pouvoir comparer les différents résultats concernant chaque quartz lorsque la
concentration en glycérol augmente. Il s'agit en somme d'une sorte de remise à zéro des
fréquences initiales : à chaque fréquence série dans un milieu donné est retranchée la
valeur obtenue dans l'air.
∆ fréquence série/Hz
0
-2000
-4000
-6000
fs expérimentale du quartz n °1
-8000
fs expérimentale du quartz n °2
-10000
0 1 2 3 4 5 6
0,5 -2 -0,5
(ρ2×η2) /kg.m .s
Pour les fréquences à phase nulle, l'approche est la même que précédemment : à
chaque valeur expérimentale de celle-ci est retranchée la fréquence phase nulle mesurée
208
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
dans l'air pour le quartz donné; ∆f φ1 = f φ1,liquide − f φ1,air . Les variations de la première
fréquence phase nulle, ∆fφ1, restent inchangées d’un quartz à l’autre d'après la Figure 3.
La relation [1] ci-dessous donne l'expression théorique de ∆fφ1 en fonction des différents
paramètres expérimentaux mesurés pour chaque quartz et dans un milieu donné (relation
[8] du Chap IV, § 1.2.1). Il faut noter que dans cette formule c'est Co qui intervient
initialement; malheureusement la mesure expérimentale ne donne que Cp. Le calcul
théorique de ∆fφ1 est réalisé en connaissant C, Cp, R, L et fs, valeurs déterminées
expérimentalement pour chaque résonateur, après ajustement.
R2 × Cp
∆f φ1 = f φ1,liquide − f φ1,air = f s,liquide × (1 + ) − f [1]
2 × L φ1,air
Comme ∆fφ1 est indépendant du résonateur d'après la Figure 3, cela signifie que
R 2 × Cp
le terme f s,liquide × l'est aussi car fs,liquide-fφ1,air, égal à ∆fs (fφ1,air = fs,air), est
2 × L
constant comme l'a montré la Figure 2.
Par contre, les valeurs de ∆fφ2 (Figure 3) sont plus dispersées d'un transducteur à
l'autre : 25 % d’écart au maximum avec la concentration la plus forte de glycérol (
72 %). Ce phénomène est certainement lié aux capacités parallèles expérimentales, Cp,
différentes pour les quartz n°1 et n°2 comme le montrera la Figure 5.
2
2 × C R × Cp
∆f φ 2 = f φ 2 ,liquide − f φ 2 ,air = f s,liquide × (1 + − ) − f [2]
Cp 2 × L φ 2 ,air
209
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
calculer un écart théorique entre ∆fφ2, quartz n°1 et ∆fφ2, quartz n°2 de 1428 Hz pour une
concentration de 30 % de glycérol dans l'eau. Expérimentalement, une valeur de 1440
Hz est obtenue d'après la Figure 3.
L’évolution des fréquences pour lesquelles la phase de l’admittance est nulle, fφ1
et fφ2, montre une décroissance si le produit ρ2×η2 augmente (Figure 3). Toutefois, la
deuxième fréquence, la plus éloignée de la fréquence série, varie beaucoup plus
rapidement que la première. La première fréquence phase nulle, fφ1, décroît et montre
que son évolution est indépendante du quartz choisi : une sensibilité de
-445 Hz/ kg.m-2.s-0,5 est déterminée expérimentalement alors que la seconde fréquence
décroît beaucoup plus rapidement avec une valeur de -2000 Hz/ kg.m-2.s-0,5.
-16000
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
210
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
∆ résistance/Ω
3000
R expérimentale du quartz n°1
2500 R expérimentale du quartz n°2
2000
1500
1000
500
0
0 1 2 3 4 5 6
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
La capacité parallèle, Cp, est celle qui est déterminée grâce à la méthode
d’ajustement. Elle est placée en parallèle par rapport aux éléments motionnels (R, L, C).
Celle-ci comprend la capacité statique du résonateur à quartz, Co, et la capacité parasite
globale, Cpa.
211
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
∆ capacité parallèle/pF
10
9 Cp expérimentale du quartz n°1
8 Cp expérimentale du quartz n°2
7
6
5
4
3
2
1
0
0 1 2 3 4 5 6
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
La capacité parallèle, Cp, évolue d’une manière identique selon le quartz utilisé
(Figure 5). Un écart de quelques picofarads est observé et reste pratiquement constant au
cours de l’expérience. Ce résultat montre que le montage des résonateurs peut engendrer
des capacités parasites différentes dues au support et/ou au système de collage et/ou de
protection.
212
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
∆ résistance parallèle/
Ω
0
Rp expérimentale du quartz n°1
-40000 Rp expérimentale du quartz n°2
-80000
-120000
-160000
-200000
0 1 2 3 4 5 6
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
La résistance parallèle, Rp, est placée de la même manière que la capacité Cp par
rapport aux éléments motionnels. La valeur de Rp chute lorsque le système
piézoélectrique est plongé dans l’eau (Figure 6) : la conductivité résiduelle de l’eau
déionisée intervient certainement dans cette évolution. Lorsque le pourcentage de
glycérol augmente, la résistivité du mélange eau/glycérol s’accroît légèrement et par
conséquent Rp aussi. Tout comme Cp, la résistance parallèle dépend du montage du
quartz.
213
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
L'épaisseur de métal (d1, pour l’or) sera corrigée artificiellement à cause des
effets de piégeage de l'eau dus à la non planéité de la surface : les valeurs de d1 utilisées
dans les simulations sont celles qui sont calculées par les formules citées chapitre IV,
§ 4.3.
calculées
214
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
215
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
0,4
0,3
0,2
0,1
0,0
5960000 5980000 6000000
Fréquence de perturbation/Hz
Cette méthode de simulation est par la suite utilisée pour chaque mélange
eau/glycérol. Il est à noter que la valeur théorique de l'inductance motionnelle n'est pas
donnée ici car elle se calcule facilement en fonction de fs et C (c.f. Chap IV, § 4.5).
216
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
La première fréquence phase nulle, notée fφ1, est confondue avec fs pour la
mesure dans l’air. Toutefois, l’écart entre ces deux grandeurs croît lorsque le produit
densité×viscosité augmente : ce résultat est cohérent avec celui obtenu dans le
paragraphe 2.1.2 de ce chapitre où les sensibilités de fs et de fφ1 en fonction de (ρ2×η2)0,5
sont totalement différentes.
217
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Fréquence/Hz
6000000
fs expérimentale
fsth théo. : modèle Martin
5995000 f φ1 expérimentale
f φ2 expérimentale
5990000
5985000
5980000
0 1 2 3 4 5 6
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
5992000
5988000
5984000
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
218
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Les différentes fréquences caractéristiques des passages à phase nulle, fφ1 et fφ2,
sont présentées Figure 9. fφ2 est plus influencée que fφ1 par les variations du produit
densité×viscosité : la sensibilité est multipliée par un facteur quatre environ. Le modèle
théorique de Martin modifié permet de calculer les fréquences phase nulle théoriques
comme le montre la Figure 9 et d'une manière tout à fait satisfaisante : l'écart relatif
entre fφ1 et fφ1th est au maximum de 1 ppm et entre fφ2 et fφ2th de 20 ppm.
Résistance/Ω
3000
R expérimentale
2500
Rth théo. : modèle Martin
2000
1500
1000
500
0
0 1 2 3 4 5 6
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
219
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Deux types de quartz sont utilisés dans cette partie : l’un de qualité doucie (B11)
et l’autre de qualité poli optique (P4). Dans un premier temps, l’influence de ce
paramètre sera étudiée sur les valeurs des éléments du circuit équivalent, puis sur ceux
qui sont calculés à partir du modèle théorique.
220
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
∆ fréquence/Hz
0
-2000
-4000
-6000
-12000
0 1 2 3 4 5 6
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
221
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
∆ fréquence/Hz
0
-2000
-4000
-6000
fs expér. et quartz douci
-8000 fs théo. et quartz douci
fs expér. et quartz poli
-10000
fs théo. et quartz poli
-12000
0 1 2 3 4 5 6
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
Les conclusions pour les variations de fφ2 sont identiques à celles obtenues
précédemment. Une bonne corrélation est observée entre les valeurs expérimentales et
théoriques (Figure 14). La seule différence concerne l’écart selon le type de quartz : la
différence de sensibilité est moindre que pour fφ1.
222
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
-1500
-2000
-2500
-3000
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
-6000
-8000
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
223
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
∆ résistance/Ω
4000
3500 R exp. et quartz douci
R théo. et quartz douci
3000
R exp. et quartz poli
2500 R théo. et quartz poli
2000
1500
1000
500
0
0 1 2 3 4 5 6
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
Cette étude a été menée sur des transducteurs de qualité poli optique. Trois types
de surface sont utilisées : or nu (T1), or traité avec l’acide thioctique (T2) et le thiol de
224
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
type mercaptan (T3). L’objectif est d’étudier l’influence de ces traitements sur la
réponse du résonateur et sur la qualité du modèle employé.
Cette étude débute par l’influence du traitement chimique sur les variations de la
fréquence série. La Figure 16 montre cette évolution : le dispositif traité avec l’acide
thioctique donne la réponse la plus linéaire avec un coefficient de corrélation de 0,9971
contre 0,991 pour celui traité avec le mercaptan et 0,982 pour l’or nu. De même, la
fonctionnalistion de type T2 permet d’obtenir la plus faible variation de fs : -1080
Hz/kg.m-2.s-0,5 contre -1119 Hz/ kg.m-2.s-0,5pour T1 et -1090 Hz/ kg.m-2.s-0,5 pour T3.
∆ fréquence série/Hz
0
-2000
-4000
-6000
quartz nu
-8000 quartz trait. a. thioctique
quartz trait. mercaptan
-10000
0 1 2 3 4 5 6
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
225
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
-2000
-4000
-6000
f φ1 poli f φ2 thioctique
-8000 f φ2 poli f φ1 mercaptan
f φ1 thioctique f φ2 mercaptan
-10000
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
Pour les fréquences phase nulle les conclusions sont identiques à celles obtenues
pour fs : meilleure linéarité pour le quartz de type T1 et plus faible sensibilité aux
variations de (ρ2×η2)0,5. Ces résultats sont présentés Figure 17.
226
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
∆ résistance/Ω
3000
quartz nu
2500 quartz trait. a. thioctique
quartz trait. mercaptan
2000
1500
1000
500
0
0 1 2 3 4 5 6
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
∆ capacité parallèle/pF
10
quartz nu
8 quartz trait. a. thioctique
quartz trait. mercaptan
6
0
0 1 2 3 4 5 6
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
227
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Dans cette partie, les corrections dites de non idéalité de surface ne sont pas
faites d’après la théorie (développée à la fin du chapitre IV) : pour chaque mesure (dans
un milieu donné correspondant à une concentration définie de glycérol), l’épaisseur de
l'électrode d'or, d1, est estimée afin de contre balancer ces effets. La Figure 20 présente
les variations de la fréquence série, fs, comparée à celles obtenues théoriquement selon
le type de traitement : il n’y a pas d'influence significative, selon la nature de celui-ci,
sur les résultats théoriques par comparaison avec ceux issus de l'expérience.
∆ fréquence série/Hz
0
-2000
-4000 exp. et nu
théo. et nu
exp. et trait. a. thio.
-6000 théo. et trait. a. thio.
exp. et trait.merca.
théo .et trait. merca.
-8000
0 1 2 3 4 5 6
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
228
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
-1500
-2000
-2500
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0
0,5 -2 -0,5
(ρ2×η2) /kg.m .s
Figure 21 : Comparaison des variations des fréquences phase nulle 1 retranchées des
valeurs dans l'air, ∆fφ1, selon la nature du traitement de surface du transducteur.
En ce qui concerne fφ1, la valeur théorique calculée n’est pas toujours confondue
avec celle trouvée expérimentalement (Figure 21) : pour les quartz de type T1 et de type
T3, fφ1 expérimentale et fφ1th théorique sont pratiquement toujours écartées de plusieurs
dizaines de Hertz. Pour le système de type T2, les valeurs mesurées et estimées sont
pratiquement toujours égales : un écart maximum de 7 Hz est observé. Des conclusions
identiques sont trouvées pour fφ2.
229
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
∆ résistance/ Ω
3000
exp. et nu
2500 théo. et nu
exp. et trait. a. thio.
2000 théo. et trait. a. thio.
exp. et trait.merca.
1500 théo .et trait. merca.
1000
500
0
0 1 2 3 4 5 6
0,5 -2 -0,5
(ρ2×η2) /kg.m .s
Les meilleurs résultats sont obtenus avec les résonateurs de type poli optique et
fonctionnalisés avec l’acide thioctique : ce résultat est cohérent avec notre modèle qui
est basé sur celui de Martin, sans tenir compte d'approximations et sur l’idée de
piégeage de l’eau à la surface du quartz.
Toutefois, il existe des écarts non négligeables entre les valeurs théoriques et
expérimentales pour les plus fortes valeurs de viscosité et de densité : jusqu'à une
230
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Différentes huiles siloxannes étalon (Brookfield) ont été testées. Elles sont toutes
calibrées et la valeur de viscosité est donnée par le fabricant à 25 °C : une table est
fournie par Brookfield afin de calculer les valeurs à 20 °C. La densité est aussi fournie
par la même société et le Tableau VI indique les valeurs numériques correspondantes.
231
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
-3
n°5 920 5,4.10 2,229 770
-3
n°10 940 10,0.10 3,065 1250
-3
n°50 960 51.10 6,997 3780
-3
n°100 968 101.10 9,887 5970
-3
n°500 972 540.10 22,910 17250
232
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
36 × η 2 2 × M 2
G' 2 = 1,08 × (2 × π × f ) 2 × [3]
π 4 × ρ2 × R × T
η2 la viscosité,
M2 la masse molaire,
ρ2 la densité,
et T la température.
Lorsque le poids molaire, M2, augmente, une autre théorie doit être utilisée16 :
ρ 2 × R × T × η2
G' 2 = ×α× 2×π×f [5]
M2
ρ 2 × R × T × η2
et G'' 2 = ×α× 2×π×f [6]
M2
η2 la viscosité,
M2 la masse molaire,
ρ2 la densité,
T la température
233
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Dans une première partie, le choix du modèle de circuit équivalent (modèle A),
pour réaliser les ajustements, sera justifié pour ce type de solution. Puis, la validité du
modèle théorique développé sera démontrée. Enfin, les effets de rugosité et dus à la
modification chimique de la surface seront étudiés.
Il s’agit de montrer que notre circuit de type A (RLC série classique) est
parfaitement adapté, dans ces conditions de mesure, au calcul des paramètres, dits
expérimentaux, du circuit équivalent du résonateur à quartz. La Figure 25 montre la
partie réelle, mesurée expérimentalement à l’aide du 1260, de l’admittance
électroacoustique et celle obtenue après ajustement. La mesure a été effectuée pour une
huile à 1060 cP. Le quartz utilisé (th2p) est de qualité poli optique et est fonctionnalisé à
l’aide d’une monocouche auto-assemblée d’acide thioctique (c.f. Chap III, § 2.1.3). Le
Tableau VII présente les valeurs numériques du circuit équivalent déterminées.
234
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
0,3
0,2
0,1
0,0
5950000 5975000 6000000
Fréquence de perturbation/Hz
Cette validation est réalisée sur le même transducteur que précédemment (th2p).
Dans un premier temps, les diagrammes d'admittance électroacoustique expérimentaux
et simulés, à partir du modèle théorique de Martin modifié seront présentés pour un
milieu de type huile siloxanne. Enfin, les paramètres motionnels expérimentaux et
calculés à partir de ce modèle seront comparés.
235
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Les données expérimentales obtenues pour des mesures d'admittance dans l'air
permettent de calculer les constantes physiques nécessaire à la réalisation de nos
simulations à partir du modèle théorique (c.f. Chap IV, § 4.). Le Tableau VIII donne les
valeurs numériques des différentes constantes calculées à partir de la mesure
expérimentale de l'admittance électroacoustique dans l’air pour le résonateur utilisé
(Chap IV, § 4.2.1, 4.2.2 et 4.2.3).
obtenues
236
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
237
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
0,3
0,2
0,1
0,0
5950000 5975000 6000000
Fréquence de perturbation/Hz
Cette méthode de simulation est par la suite utilisée pour toutes les huiles.
238
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Fréquence/Hz
5990000
fs expérimentale
fsth théo. : modèle Martin
5985000 f φ1 expérimentale
f φ2 expérimentale
5980000
5975000
0 5 10 15 20 25 30 35
0,5
(ρ2×η2) /kg.m .s -2 -0,5
Figure 25 : Evolution des fréquences séries expérimentale et théorique ainsi que des
fréquences phase nulle expérimentales en fonction du produit viscosité×densité.
239
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Résistance/Ω
5000
4500
4000
3500
3000
2500
2000
1500
1000 R expérimentale
Rth théo. : modèle Martin
500
0
0 5 10 15 20 25 30 35
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
Deux types de quartz sont utilisés dans cette partie : l’un de qualité douci (th2a)
et l’autre de qualité optique (th2p). Dans un premier temps, l’influence de la rugosité sur
les fréquences caractéristiques sera étudiée, puis sur celles qui sont calculées à partir du
modèle théorique.
240
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Figure 27. fs, pour le quartz de qualité doucie, varie plus rapidement aux changements
de ρ2×η2 que dans le cas d’un dispositif poli optiquement : dans la zone de linéarité, la
sensibilité pour le premier type est de -1281 Hz/ kg.m-2.s-0,5 et de -933 Hz/ kg.m-2.s-0,5
pour le second. Le calcul de fsth est effectué grâce au modèle théorique de Martin
modifié pour les deux qualités de polissage, en tenant compte des valeurs de diam et sur
toute la gamme de viscosité : fs et fsth sont pratiquement confondue, pour les quartz
doucis, fsth-fs est égal à 3 Hz à 1060 cP et ceux de qualité optiques, fsth-fs est égal à 5 Hz
dans le même milieu. Notre modèle permet de calculer d'une manière satisfaisante les
admittances théoriques pour des résonateurs dont la surface n'est pas parfaitement plane;
le coefficient de "non-planéité" (diam) est de 3 nm pour la qualité polie et de 126 nm
pour celle de type douci. Cette différence permet d'expliquer l'écart des réponses de fs
aux variations du produit densité×viscosité selon la qualités de polissage du résonateur.
∆ fréquence/Hz
0
-2000
-4000
-6000
fs expér. et quartz douci
-8000 fs théo. et quartz douci
fs expér. et quartz poli
-10000
fs théo. et quartz poli
-12000
0 5 10 15 20 25 30 35
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
241
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Comme le présente la Figure 28, il n'y a pas de différence significative entre les
différentes valeurs de la résistance motionnelle, R, selon le type de polissage. Dans le
domaine de linéarité, la sensibilité de R vis-à-vis de ρ2×η2 est indépendante de celui-ci :
une valeur de +450 Ω/kg.m-2.s-0,5 est déterminée dans les deux cas. La résistance
motionnelle théorique, Rth, est calculée grâce au modèle théorique de Martin modifié :
pour la plus forte viscosité, la différence entre la résistance motionnelle expérimentale et
théorique est de 141 Ω pour le douci et de 189 Ω pour le poli.
∆ résistance/Ω
4000
3500
3000
2500
2000
1500 R exp. et quartz douci
R théo. et quartz douci
1000 R exp. et quartz poli
500 R théo. et quartz poli
0
0 5 10 15 20 25 30 35
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s -0,5
Cette étude a été réalisée sur trois types de quartz (qualité poli optique) : or nu
noté, or traité avec l'acide thioctique et avec le mercaptan. La procédure de
fonctionnalisation est celle décrite dans le Chap III, § 2.1.3.
242
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
∆ fréquence série/Hz
0
exp. et nu
-1000 théo. et nu
exp. et trait. a. thio.
-2000 théo. et trait. a. thio.
exp. et trait. merca.
théo. et trait. merca.
-3000
-4000
-5000
0 5 10 15 20 25 30 35
0,5
(ρ2×η2) /kg.m-2 .s-0,5
243
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
∆ résistance/Ω
4000
3500
3000
2500 exp. et nu
2000 théo. et nu
exp. et trait. a. thio.
1500
théo. et trait. a. thio.
1000 exp. et trait. merca.
500 théo. et trait. merca.
0
0 5 10 15 20 25 30 35
0,5 -2 -0,5
(ρ2×η2) /kg.m .s
244
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
245
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
1,2
0,8
0,4
0,0
5960000 5964000 5968000
Fréquence de perturbation/Hz
Il s'agit de la même approche que précédemment : d'une part, cette partie débute
par la comparaison des diagrammes expérimentaux et simulés, grâce au modèle
théorique de Martin modifié, de l'admittance et d'autre part, les paramètres motionnels
246
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
calculées
247
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
1,2
0,8
0,4
0,0
5960000 5964000 5968000
Fréquence de perturbation/Hz
248
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
ajustement (modèle A)
Cette méthode de simulation est par la suite utilisée après chaque dépôt de
cuivre. Cela permettra de calculer pour chaque épaisseur de métal la fréquence série
théorique et la résistance motionnelle théorique.
249
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Fréquence série/Hz
6000000
fs expérimentale 1260
fs théorique : modèle martin
5800000
5600000
5400000
5200000
5000000
0 1 2 3 4
Masse de métal/mg
Sans tenir compte de G''1, Rth reste constante. La différence entre R et Rth reste en
valeur relative du même ordre de grandeur que les écarts relatifs des fréquences séries
expérimentales et théoriques.
250
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Résistance/Ω
12000
Résistance expérimentale
10000 Résistance théorique
8000
6000
4000
2000
0
0 1 2 3 4
Masse de métal/mg
251
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Une étude rapide a été menée sur l'influence d'un dépôt de type viscoélastique
sur la réponse d'un résonateur à quartz. Quelques travaux20,21 sur ce sujet ont été réalisé :
l'utilisation d'un coefficient de cisaillement complexe, G1, caractéristique du matériau y
a été suggérée.
Py → Py+ + e-
252
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Une valeur de densité, ρ1, de 490 kg/m3 a été obtenue23. Comme précédemment, d1 sera
estimée par Faraday.
Fréquence série/Hz
5940000
5920000
5900000
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4
Masse de polymère/mg
253
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
Résistance/Ω
12000
10000
8000
6000
4000
R expérimentale
2000 R théorique
0
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4
Masse de polymère/mg
254
Chapitre V - Etude de l’interface transducteur/solution par la mesure d'admittance électroacoustique
1
Kipling A. L. et Thompson M., Anal. Chem., 1990, 62, 1514.
2
Martin S. J., Granstaff V. E. et Frye G. C., Anal. Chem., 1991, 63, 2272.
3
Kanazawa K. K. et Gordon J. G., Anal. Chim. Acta, 1985, 175, 99.
4
Josse F. et Shana Z., J. Acoust. Soc. Am., 1988, 84, 978.
5
Hayward G, Anal. Chim. Acta, 1992, 264, 23.
6
Yao S. Z. et T. A. Zhou, Anal. Chim. Acta, 1988, 212, 61.
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Martin S. J., Granstaff V. E. et Frye G. C., J. Appl. Phys., 1994, 75, 1319.
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Hayward G., Anal. Chim. Acta, 1992, 264, 23.
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10
Kanazawa K. K., IBM Research Report, 1985.
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12
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Martin S. J., Frye G. C., Ricco A. J., et Senturia S. D., Anal. Chem., 1993, 65, 2910.
14
Thompson M., Kipling A. L., Duncan W. C., Rajakovic L., Cavic-Vlasak A., Analyst,
1991, 116, 883.
15
Hand-Book de Chimie et de Physique, 1982, 63ème édition, CRC Press.
16
Ferry J. D., Viscoelastic properties of polymers, J. Wiley and Sons, NY, 1980.
17
Barlow A. J., Harrison G. et Lamb J., Proc. R. Soc., 1964, A282, 228.
18
Gabrielli C., Keddam M. et Torresi R., J. Electrochem. Soc., 1991, 138, 2657.
19
Ward D. M. et Delawski E. J., Anal. Chem., 1991, 63, 886.
20
Topart A. P. et Noël M. A. M., Anal. Chem., 1994, 66, 2926.
21
Martin S. J. et Frye G. C., Ultrasonics Symposium, 1991, 393.
22
B. R. Scharifker, E. Garcia-Pastoriza et W. Marino, J. Electroanal. Chem.,
300(1991)85-90.
23
C. Chavy, Maîtrise de Physique et Applications, Paris VI, 1995.
255
Conclusion
257
Conclusion
En outre, ce qui conviendrait le mieux pour des applications dans le domaine des
capteurs c'est un oscillateur calé sur la fréquence série, fs, du résonateur : dans ce cas, les
variations de celle-ci vis-à-vis des différentes grandeurs physiques ou physicochimiques
d'une couche mince ou d'un liquide seraient parfaitement maîtrisée comme cela a été
montré précédemment.
258