Gestion Et Traitement Des Déchets Solides Polycopié de Cours Et TD - Génie Des Procédés de L'environnement
Gestion Et Traitement Des Déchets Solides Polycopié de Cours Et TD - Génie Des Procédés de L'environnement
Le monde des déchets, monde complexe et souvent méconnu, est depuis quelques années un
domaine en pleine expansion. Le traitement des déchets et son corollaire, la réglementation,
évoluent de jour en jour au fil de l’amélioration des connaissances.
La création d’un enseignement dans le domaine des déchets solides est quelque chose de
nouveau, il est la conséquence directe de notre mode de vie.
A caractère pédagogique et didactique, ce support de cours, sur les bases du traitement des
déchets solides s’adresse aux étudiants des filières de génie des procédés, génie de
l’environnement, chimie de l’environnement et diverses spécialités liées à l’environnement.
Dans ce support, le thème des déchets est abordé de manière simple avec une vision globale
en partant de la création des déchets jusqu’à leur traitement en filières adaptées, en passant
par les collectes dans différentes installations liées à ces derniers. Avec des techniques
largement illustrées, ce support de cours apporte à l’étudiant toutes les informations
scientifiques et techniques utiles et immédiatement utilisables pour pouvoir maîtriser et
développer les différentes méthodes et techniques de traitement des déchets solides.
Dans un enchainement logique, le lecteur est ainsi amené à mieux comprendre ce qu’est un
déchet, ses sources de production, son environnement, sa classification, ses propriétés, les
procédés de ses traitements et de sa transformation, et son impact sur la santé humaine et
environnemental.
Le contenu de ce support de cours n’est certainement pas parfait et devra être amélioré dans
le futur car des changements permanents se produisent dans ce domaine.
Sommaire
IV
Liste des figures
Figure 3: Schématisation d’un véhicule à benne tasseuse pour le transport des ordures 20
Figure 7 : la lombriculture 38
Figure 11 : Fours à lit fluidisé : (a) dense (LFC), (b) rotatif (LFR), (c) circulant (LFC). 50
V
Chapitre I
D’une manière simple, les déchets peuvent être définis comme des matières
indésirables dont le producteur veut s’en débarrasser. Ces matières peuvent être des sous-
produits d’un procédé de production, des produits sans valeur, comme un journal qui a été lu,
ou un colis qui a été ouvert et vidé de son contenu.
Pendant longtemps, les habitants jetaient leurs déchets sur la voie publique, dans les fossés,
dans les ruisseaux, les cours d’eaux…[1]
I.1. Définitions :
Parmi les nombreuses définitions existantes, nous sont mentionnées ci dessous celles
qui nous paraissent les plus pertinentes :
2
I.1.2. Définition économique :
Un déchet est toute substance ou objet dont la valeur économique est nulle ou négative
pour son détenteur, à un moment et dans un lieu donné [1].
Ce sont tous déchets issus des ménages et des collectivités locales, des déchets
similaires provenant des activités industrielles, commerciales, artisanales et autres qui, par
leurs natures et leurs compositions, sont assimilables aux déchets ménagers, les déchets
produits par les collectivités locales (correspondant aux déchets de voirie), les déchets issus
des marchés, la production des boues (épuration notamment) ainsi que les déchets verts.
• Déblais et gravats produits par les ménages réceptionnés dans des déchetteries ou des
dépôts réservés aux seuls déchets inertes.
• Déchets ménagers spéciaux (DMS), ne pouvant être éliminés sans risques avec les
déchets ménagers en raison du danger qu’ils puissent représenter. Ces derniers sont
réceptionnés dans des déchetteries équipées à cet effet.
Ce sont les déchets qui ne sont pas assimilés aux déchets ménagers et qui ne
nécessitent pas un mode spécifique de traitement en raison de leur nature et de leur
composition. L’origine de ces déchets est l’activité industrielle, agricole, les soins, les
services et toutes autres activités. Ce sont, en général, tous les déchets qui ne peuvent être
collectés, transportés et traités dans les mêmes conditions que les déchets ménagers et
3
assimilés. Il existe un cas particulier de déchets industriel qui sont susceptibles de nuire à la
santé publique et à l’environnement via leurs constituants ou par leurs matières nocives, ce
sont les déchets spéciaux dangereux. Ces déchets sont classés, selon leurs caractères plus ou
moins polluants en trois grandes catégories :
Ces déchets peuvent contenir des éléments polluants et sont spécifiquement issus de
l’activité industrielle (boues de peintures ou d’hydroxyde métallique, cendres d’incinération,
huiles usagées, solvants, batteries, emballages souillés, aérosols, produits cosmétiques et
pharmaceutiques, déchets phytosanitaires, etc.). Certains déchets sont aussi dits spéciaux
lorsque leur production importante sur un même site entraîne des effets préjudiciables pour le
milieu naturel (mâchefers des centrales thermiques, phosphogypse, ainsi que certains déchets
provenant des laboratoires universitaires et hospitaliers, etc.).
4
Déchets d’activité de soins à risque infectieux (D.A.S.R.I.) :
Il s’agit des déchets qui, du fait qu’ils contiennent des micro-organismes viables ou leurs
toxines et qu’en raison de leur nature, de leur quantité ou de leur métabolisme, ils peuvent
causer une maladie chez l’homme ou chez d’autres organismes vivants. On peut citer : les
déchets anatomiques, les déchets des centres de transfusions sanguines, matériels à usage
unique provenant des blocs opératoires, les unités de dialyse, etc.
Ce sont des déchets qui même s’ils ne présentent pas un risque infectieux, sont considérés
comme dangereux : les piquants, les coupants, les produits à usage thérapeutique utilisés ou
arrivés à péremption.
Ils proviennent des activités non médicales. Ce sont les déchets solides constitués
essentiellement d’ordures ménagères, des restes alimentaires, des emballages, des bouteilles,
des journaux, des déchets de l’administration, de balayage, de cuisine, etc.…
Ce sont des déchets solides issus des activités de radiothérapie, de traitement de cancer, de
diagnostic et par la structure de recherche hospitalo-universitaire. Ils comportent le risque
potentiel d’irradiation.
Ce sont des déchets qui émettent des rayonnements radioactifs de différentes activités. Ils
sont classés selon leurs activités radioactives et leur durée de vie (période) [1] :
5
Durée de vie très courte (inférieur à 100 jours)
Courte durée de vie (période inférieure ou égale à 30 ans)
Longue durée de vie (supérieure à 30 ans)
Tous déchets issus de ménages qui en raison de leur caractère volumineux, ne peuvent
être collectés dans les mêmes conditions que les déchets ménagers et assimilés.
La nomenclature des déchets est une classification qui comprend les déchets spéciaux
y compris les déchets spéciaux dangereux, les déchets ménagers assimilés et les déchets
inertes. Cette nomenclature sert à désigner les déchets afin que les différents partenaires
concernés par leur l’élimination,
parlent un langage commun [1].
6
Tableau 1 Catégories (ou chapitres) de déchets selon leur nomenclature [2]
Exemple :
07 : Déchet de procédé chimie organique
07. 01 : Déchets provenant de la fabrication, formulation, distribution et utilisation
(FFDU) de produits organiques de base.
07. 01. 01* : Eaux de lavage et liqueurs mères aqueuses.
7
Comment trouve-t-on le code d’un déchet ?
Les deux premiers chiffres représentent la catégorie qui retrace le secteur d’activité ou
le procédé dont le déchet est issu,
Les deux seconds chiffres représentent la section qui retrace l’origine ou la nature du
déchet appartenant à la catégorie,
Les deux troisièmes chiffres représentent la rubrique qui retrace la désignation du
déchet.
PROGDEM : Programme National pour la Gestion Intégrée des Déchets Municipaux pour les
40 grandes villes Algériennes.
(MATE) font état d'un recensement préliminaire de 192 unités produisant plus de 2 millions
de tonnes d'emballage plastique dont seules 4000 tonnes sont récupérées (soit 0,002 % ou 2
pour 1000) [5].
8
Objectifs du système « Eco-Jem »
Avant la promulgation de ces divers règlements, la gestion des déchets était régie par
le seul texte existant alors, le décret n° 84-378 du 15 décembre 1984 fixant les conditions de
nettoiement, d’enlèvement et du traitement des déchets solides urbains. Ce décret définissait
la notion de déchets solides urbains, les modalités et la fréquence de la collecte et
d’évacuation des déchets selon la taille des communes par rapport à leur population [6].
D’autres textes de loi, en plus de ceux existant, viennent renforcer la volonté des
pouvoirs publics de protéger l’environnement :
9
-199 du 19/07/2004 fixant les modalités de création, d’organisation,
de fonctionnement et de financement du système public de traitement et de valorisation des
déchets d’emballages « ECO-JEM » ;
En mai 1998, l’Algérie adhère, avec réserve, à la convention de Bâle qui vise à réduire
le volume des déchets dangereux ainsi que le contrôle de leurs mouvements transfrontaliers.
Le 29 avril 1998, l’Algérie a signé le protocole de Kyoto, approuvé le 21 mai 2002 puis ratifié
le 28 avril 2004 et entré en vigueur le 16 février 2005. Ce protocole incite à la réduction des
émissions de gaz à effet de serre. En matière de déchets, ces gaz peuvent être émis par le
brûlage à l’air libre des déchets au niveau des décharges.
Les quantités de déchets ménagers générées dans une ville dépendent essentiellement [6] :
10
Des modes de conditionnement des denrées et des marchandises.
Par contre pour définir la taille des récipients, l’estimation des volumes est nécessaire.
Où
11
Tableau 2 : Quelques exemples de production de déchets par pays et par habitant [6].
Production
Zones de production
(kg/hab/j)
Mauritanie 0.35
Maroc 0.75
Algérie 0.8
France 1.51
Belgique 1.27
Canada 2-2.5
Inde 0.41
Malaisie 0.8
Donc, l’évolution de la production est essentiellement liée aux deux facteurs suivants:
L’évolution démographique
L’évaluation quantitative par habitant.
I.8.1. La composition
12
méthanisation, la récupération de métaux ou d’autres matériaux recyclables : papiers, cartons,
verres, plastiques, et d’évaluer aussi la capacité des installations.
13
I.8.2. Caractérisations physico-chimique des déchets ménagers
Les virus pathogènes (coxackie, rotavirus, échovirus, poliovirus, hépatite, HIV) sont
susceptibles d’exister dans les couches jetables ou les déchets issus d’activité de soins. En
outre, les champignons sont naturellement présents dans l’environnement et prolifèrent dans
les déchets, en particulier les déchets organiques, au détriment des autres espèces.
14
Tableau 4 : Les principaux microorganismes susceptibles d’être présents dans les déchets
ménagers [6].
15
Chapitre II
Gestion des déchets ménagers solides
Introduction
Depuis le début des années 1990, la protection de l'environnement est devenue une
préoccupation collective. La question des déchets est quotidienne et touche chaque individu
tant sur le plan professionnel que familial. En tant que consommateur, jeteur, usager du
ramassage des ordures ménagères ou trieur de déchets recyclables, citoyen ou contribuable,
chacun peut et doit être acteur d’une meilleure gestion des déchets. Des gestes simples
permettent d'agir concrètement pour améliorer le cadre de vie et préserver le bien-être de
chacun : chaque citoyen peut jeter moins et mieux.
La gestion des déchets est une des branches de la rudologie. La rudologie est l’analyse
globale (technique, économique, légale, politique, sociale) des rejets et pollutions de l'activité
économique et de la vie quotidienne pour maîtriser et mettre en place des équipements et des
techniques de traitement visant à limiter la dégradation du milieu, à améliorer l'aménagement
de l'espace et la gestion économique et sociale. Elle peut également concerner la recherche
pour la mise au point de nouveaux procédés pour une meilleure gestion des déchets
regroupant les opérations de la collecte, du transport, du tri et du traitement (la réduction à la
source, le recyclage, le réemploi ou la réutilisation, la valorisation (matière ou énergétique) et
leur élimination [11,4].
La gestion des déchets concerne tous les types de déchets, solides, liquides ou gazeux,
chacun possédant sa filière spécifique. La façon de gérer les déchets diffère d’un pays à
l’autre (sa nature, sa politique, son degré de technologie…) et d’une ville à une autre (rurale,
urbaine ou extra-urbaine).
16
La loi 01-19 du 27 Ramadhan 1422 correspondant au 12 décembre 2001, relative à la
gestion des déchets désigne la commune comme planificatrice de la gestion des déchets
municipaux. Le service de la collecte se compose de deux étapes essentielles : la pré-collecte
et la collecte elle-même [2].
La collecte porte à porte : Le ramassage des déchets ménagers se fait par le passage
du camion à proximité des habitations,
La collecte en apport volontaire : Dans ce cas, le générateur assure lui-même le
transfert des déchets vers un point de regroupement défini par le service chargé de
l’opération de collecte,
La collecte sélective : Elle concerne certains déchets séparés par les producteurs en
vue de leur valorisation ou traitement.
La figure ci-dessous illustre les deux types de collecte des déchets ménagers et assimilés ou
ordures ménagères.
17
II.2.3. Moyens de collecte
Les poubelles étant placées dans des endroits très divers, leurs nombres et contenances
doivent être déterminés pour être adaptées à la quantité de déchets produite. Les paramètres
qui permettent de les quantifier dépendent de [12] :
V= .t
Où,
n=
- Les caissons métalliques : La pré-collecte par caisson est plus utilisée au niveau
d’agglomération centre local (ACL) et au niveau des agglomérations secondaires
18
(AS). Il s’agit de caissons métalliques d’une capacité de 2 à 2,7 T installés au niveau
des cités, quartiers et en face des établissements qui constituent de grands générateurs
de déchets. La fréquence d’enlèvement de ces caissons varie entre deux à trois fois par
semaine.
- Les niches en dur : Elles sont conçues sous forme d’un construit délimité par un
muret d’enceinte en maçonnerie entourant une base en matériau dur. Le muret
présente une ouverture permettant le dépôt des déchets par les usagers et leur
enlèvement par les éboueurs. Ces niches sont implantées généralement dans les
villages sans aucune étude préalable, aucune protection contre l’attrait d’animaux
divers et sans aucune mesure de traitement de lixiviats.
- Poubelles individuelles : Ce sont des poubelles individuelles en matière plastique,
mode de pré-collecte beaucoup plus utilisé par les habitants des centres villes et par
les commerçants. En effet, les déchets sont mis dans ces poubelles, qui une fois vidées
par le service de la collecte sont reprises par les riverains.
- Sacs en plastique perdus : Ce type de pré-collecte est plus répandu dans les centres-
villes et les cités d’habitat individuel. Avant le passage des camions de collecte, les
commerçants et les habitants des quartiers déposent leurs déchets dans des sacs ou
dans des boites en carton devant leurs habitations ou sur les trottoirs des rues, sous
forme de tas que le camion de l’APC collecte et achemine vers la décharge de la
commune.
- Les bacs roulants : Ce mode de pré-collecte est appliqué notamment dans les villes
pilotes qui s’inscrivent dans le cadre du PROGDEM. Des bacs de 120 à 1100 litres
sont mis au niveau des quartiers pour un groupe de ménages afin de remplacer
l’ancien système des caissons métalliques. Ces bacs sont nécessaires pour la collecte
par camion à benne tasseuse.
19
habitants, soit un déficit de 64 %. Malgré les efforts de l’état, la collecte reste loin des normes
internationales qui donnent un véhicule pour 4 000 habitants.
Au titre de la loi de 2001 qui désigne les communes comme planificateur de la gestion
des déchets municipaux, elles doivent établir un schéma communal de gestion des déchets
ménagers et assimilés comportant deux inventaires : l’un relatif aux quantités et à la
composition des déchets produits sur leurs territoires, l’autre aux emplacements des sites et
installations de traitement existants. En plus, il doit répondre aux besoins des communes en
matière de choix des systèmes de collecte, de transport et de tri des déchets, en tenant compte
de leurs moyens [6].
Figure 3 : Schématisation d’un véhicule à benne tasseuse pour le transport des ordures [6]
La récupération et le recyclage de certains composants tels que le verre, les métaux,
le papier, les matières plastiques, etc.) ;
Une zone de réception des déchets et de chargement sur les chaînes de tri;
20
[Link] procédés de séparation
Un nouveau procédé est appliqué dans la gestion des déchets. Il est basé sur le principe
connu sous l’appellation des 3RV-E avec, par ordre de priorité [1] :
21
par combustion, on peut le faire brûler pour récupérer cette énergie : c’est
l’incinération des ordures.
e- L’Elimination : la décharge est considérée comme un moyen d’élimination des déchets
ménagers dans le but de s’en débarrasser définitivement.
Les déchets ultimes ne pouvant plus être valorisés, doivent être stockés,
éventuellement stabilisés dans du béton, et mis en décharge contrôlée spécialisée.
22
Chapitre III
Mise en décharge des déchets
ménagers et assimilés
Introduction
La mise en décharge est le plus ancien mode de gestion des déchets. Il était encore
d’actualité il y a quelques années et devrait disparaître à l’exception de quelques sites réservés
aux déchets ultimes.
III.1. La décharge
C’est un lieu dans lequel sont regroupés traditionnellement les déchets ou les ordures
ménagères. Ce type de décharge est sans doute le mode d’élimination terrestre le plus
couramment appliqué dans les pays en développement. Il n’est précédé d’aucune étude
préalable d’impact ou d’analyse environnementale. Les déchets sont mélangés sans tri, d’où
les noms de « décharge incontrôlée » ou « décharge à ciel ouvert » ou « décharge sauvage ».
Généralement, les décharges sont situées en dehors des villes [14]. Il existe trois types de
décharge :
La décharge brute (sauvage) : C’est une décharge réalisée sans aucune précaution, les
usagers viennent y déposer leurs déchets à la sauvette. Elle présente de très graves
inconvénients, notamment :
Les décharges contrôlées : Elles sont apparues entre les deux guerres mondiales. Leur
objectif était de favoriser la décomposition de la matière organique en ne tassant pas les
23
déchets et en y favorisant la circulation de d’air. La présence éventuelle de polluants n’était
pas vraiment prise en considération et la réglementation n’était pas très contraignante.
Les décharges compactées : Ces dernières sont apparues pour pallier à cet inconvénient; les
déchets étaient compressés au maximum et le matériau de couverture était devenu inutile.
Mais ce système a vite trouvé sa limite. D’une part, la flore bactérienne est devenue anaérobie
et a produit du méthane (gaz à effet de serre) et d’autre part, les eaux de pluie et l’eau
contenue dans les déchets eux-mêmes, ne pouvant plus s’évaporer sont accumulées au fond
des dépôts sous forme de lixiviats, devenant des polluants potentiels pour les nappes
phréatiques, et ce d’autant plus qu’elles se sont souvent chargées au passage de métaux
lourds.
Chiffa de Blida.
Hcheme de Mostaganem.
Safsaf de Tlemcen.
Les décharges sont désormais appelées centres de stockage des déchets ménagers et
assimilés ou centres d’enfouissement technique et divisées en trois classes [6] :
24
Cette classification des centres d’enfouissement repose sur la valeur du coefficient de
perméabilité (Ks) du sol choisi pour accueillir cette décharge. Ce coefficient définit la vitesse
de percolation des eaux dans un sous-sol et est exprimé en m/s ou cm/s.
25
Tableau n° 05: Les trois catégories de CET [1].
- Fond imperméable.
- Conception des alvéoles
pour écoulement vers un
point bas.
- Implantation d’un ouvrage
Déchets dangereux
évitant l’entrée des eaux
contenant des -9
Ks ˂10 m/s sur 5 m superficielles
Classe I substances toxiques,
Site imperméable - Couverture en pente,
cancérigènes et
favorisant le ruissellement.
écotoxiques
- Un dernier niveau de
sécurité pour prévenir toute
infiltration d’eau et garantir
le confinement pour long
temps
26
III.2.1. Aménagement et fonctionnement d’un CET
En pratique, les casiers ont fréquemment des surfaces maximales allant de 5000 m²
pour un petit CET à 1,5 ha pour un grand CET. Les casiers sont entourés de digues étanches
et l'ensemble des casiers est entouré d'une digue périphérique pouvant avoir des pentes
internes de 2/1 et des pentes externes de 3/1.
Les déchets sont entreposés dans un lieu confiné, sans échange avec les milieux
environnant (eaux souterraines, sol et atmosphère).
Avant le stockage des déchets, des dispositifs de sécurité sont aménagés sous forme de
"barrières passives et actives :
- Barrière passive (étanchéité naturelle) : Elle est constituée par la couche géologique
naturelle d’une perméabilité (Ks) inférieure à 10-9 sur au moins 1 m et inferieure à 10-6 sur au
moins 5 m en plus d’une couche d’argile ou des matelas de bentonite.
- Barrière active (étanchéité artificielle) : elle est constituée du bas vers le haut d'une géo-
membrane ou tout dispositif équivalent, qui constitue la meilleure prévention des transferts
adjectifs, surmontée d’une couche de captage et d’un réseau de drainage pour les lixiviats.
Seules les géo-membranes en PEHD (Polyéthylène à Haute Densité) sont chimiquement
résistantes aux lixiviats, si elles sont bien installées. Le retour d’expériences après leur
utilisation en fond de décharge serait de 20 ans. A cet effet, le PEHD a réussi à s’imposer
comme un matériau d’étanchéité des décharges ; de grandes bandes de plusieurs mètres de
large sont déroulées sur le fond de la décharge puis soudées thermiquement entre elles [1,
4,15].
27
III.2.2. Déchargement et mise en alvéole des déchets
A leur arrivée, les déchets sont pesés, contrôlés (dépistage de trace de radioactivité) et
répertoriés. Ils sont ensuite étendus en couche minces dans des alvéoles étanches où ils sont
compactés et recouverts périodiquement avec de la terre ou un autre matériau inerte. Cette
pratique permet de diminuer les envols des déchets légers, de diminuer les vides, de
minimiser le dégagement des odeurs, d’augmenter la durée de vie du centre et de diminuer les
infiltration des eaux pluviales [1, 4,15].
On désigne par lixiviats, eaux usées appelées encore percolats, lessivats ou jus de
décharge, les eaux qui ont percolé à travers les déchets en se chargeant physiquement et
surtout chimiquement de substances minérales et organiques. Les lixiviats sont produits par le
contact entre les déchets et l’eau : essentiellement l’eau de pluie et l’eau contenue dans les
déchets.
Les lixiviats peuvent atteindre la nappe phréatique et ainsi se propager dans d’autres
milieux pouvant donc engendrer des pollutions et des dysfonctionnements dans les
écosystèmes voisins (notamment en intégrant la chaîne alimentaire par leur accumulation dans
les végétaux).
Les jus de décharge sont souvent assimilés à des rejets industriels complexes
contenant à la fois des polluants toxiques : organiques et minérales. Si leur présence risque
28
d’entraîner la contamination de sources d’eau potable ou une pollution de surface, ils doivent
nécessairement subir un traitement avant leur rejet dans le milieu naturel [16].
Les procédés de traitement appliqués aux percolats de décharge sont nombreux, à savoir :
C’est le procédé le plus utilisé pour l’élimination de la pollution organique. Toutes les
techniques de traitement des eaux usées sont applicables aux lixiviats : lagunage, boues
activées, lits bactériens, etc.
b. Oxydation chimique
Le principe consiste à faire réagir un oxydant sur une espèce indésirable réductrice, ce
qui est le cas de la majorité des espèces contenues dans les lixiviats. Ces oxydations
permettent d’éliminer la pollution difficilement biodégradable et d’augmenter le caractère
biodégradable, d’où une utilisation sur les vieux lixiviats. Les principaux oxydants sont
l’ozone, le peroxyde d’hydrogène, le chlore, l’hypochlorite de calcium et le permanganate de
potassium. Ces traitements sont encore peu répandus (il faut d’abord un traitement
biologique) [13].
c. Adsorption
L’adsorption est un transfert de matière de la phase fluide (d’adsorbat) vers les sites actifs
qui se situent à la surface de l’adsorbant.
Le charbon actif est le matériau le plus utilisé pour le traitement physico-chimique des
lixiviats. Néanmoins, en raison de son coût relativement élevé et de la forte charge organique
du jus de décharge, il est conseillé de l’utiliser conjointement à d’autres procédés [17].
d. Coagulation-floculation
29
Les réactifs les plus employés, pour la coagulation-floculation des lixiviats, sont le sulfate
d’alumine ou alun, le sulfate ferreux, le chlorure ferrique et le chlorosulfate ferrique [17].
30
Tableau 6 : Composition moyenne du biogaz de décharge (% volumique) [17].
CH4 30 - 50 55
CO2 22 50
N2 3 26
CO 0 3
H2 0 3
O2 1 8
H2O 4 % environ
31
Chapitre IV
Bioconversion des déchets ménagers organiques :
compostage et méthanisation
Introduction
IV.1. Compostage
Restes de repas, papiers, cartons, déchets végétaux, textiles naturels (coton, etc.),
Déchets verts des espaces publics, feuilles issues du balayage des rues, plantes
aquatiques non chargées en métaux lourds, déchets organiques des marchés, … etc.
Résidus organiques des entreprises agro-alimentaires (ex : déchets de fruits, drêches
de brasseries…), déchets organiques des restaurants, papiers, cartons… etc.
33
Résidus de cultures (ex : coques de soja, paille …), déjections animales (ex : fumier,
fientes, bouses…), rumen (contenu des panses d’animaux) … etc.
Teneur en eau : La teneur en eau des déchets mis à composter conditionne l’activité des
micro-organismes. L’humidité optimale pour le compostage est généralement de 50 à 60%.
Apport d’air : L’apport d’air est indispensable pour maintenir un milieu aérobie nécessaire à
une décomposition rapide et inodore. Une carence en oxygène conduira à la mise en place de
conditions anaérobies avec la production de biogaz et d’odeurs désagréables. Le niveau
minimum souhaité d’oxygène se situe entre 5 et 10% dans le compost en décomposition. Les
systèmes d’aération possibles sont les retournements manuels ou mécaniques et l’aération
passive ou forcée.
34
Rapport carbone/azote - Le rapport C/N idéal pour le compostage se situe entre 20 et 30. Si
les éléments du compost sont bio-disponibles (ce n’est pas le cas de certains composants du
bois par exemple), les micro-organismes utilisent le carbone pour leur production d’énergie et
l’azote pour leur production d’acides aminés et de protéines. La consommation microbienne
de l’azote et du carbone entraîne une diminution du rapport C/N lors de la décomposition des
déchets.
Lorsque les conditions du compostage sont réunies (humidité, pH, température, rapport
C/N et oxygène) le processus peut commencer. La température est le paramètre le plus
perceptible et facilement contrôlable. Son évolution témoigne de l’activité des décomposeurs
comme l’indique la figure 05. Le processus est réalisé en quatre phases [1,20] :
Phase mésophile,
Phase thermophile,
Phase refroidissement,
Phase de maturation.
Au début du processus, les microorganismes sont les seuls actifs entraînant dans leur
travail de décomposition une grande consommation d’oxygène et une forte augmentation de
la température. C’est le stade de décomposition qui comprend les trois premières phases :
mésophile, thermophile et de refroidissement.
35
Figure 05 : processus de compostage
Il existe plusieurs techniques de compostage qui sont classées en deux grandes familles
[20] :
Système ouvert, le compost est visible. Les déchets sont en contact avec l’air ambiant.
C’est le cas du compostage en tas, andains, silos, couloirs et fosses.
Système fermé, le compost n’est pas visible. Le compostage aérobie peut se faire en
système fermé. Tunnels et canaux,
36
Exemples de techniques de compostage :
Compostage en tas
Compostage en fosse
Compostage en silo
Compostage en andain (couloir)
Compostage en réacteur clos (digesteur)
Compostage en bio-stabiliseur
bio-dégesteur
Compostage en silo
IV.2. Lombriculture
37
Californie produisent un compost riche avec une bonne odeur d'humus. On obtient
du compost après deux ou trois mois [6].
Figure 07 : Lombriculture
IV.3. Méthanisation
La méthanisation a été découverte par Volta en 1776. Le terme méthane est proposé en
1865 et confirmé en 1892 lors d’un congrès international de nomenclature chimique [21].
• Elimination de la pollution,
• Production de biogaz,
38
IV.3.2. Déchets méthanisables [1,21]
a. Les microorganismes
La méthanisation est peu oxydative, donc peu exothermique. Pour favoriser l’activité
microbienne, il est nécessaire de chauffer et de thermostater les digesteurs, le plus souvent en
utilisant une part du méthane produit. On peut alors choisir un optimum autour de 30-35°C
(zone mésophile) ou vers 45-55°C (zone thermophile) qui permet d’accroitre la vitesse de
réaction d’un facteur de 2 à 4, mais qui implique en contrepartie une plus grande dépense
énergétique.
c. pH
L’oxygène est toxique pour les bactéries anaérobies strictes qui sont les bactéries
acétogènes et méthanogènes. Il faut donc bloquer les entrées d’air, en travaillant par exemple
39
en conditions noyées. La méthanisation est donc un procédé particulièrement adapté aux
déchets fortement humides. La teneur en eau optimale se situe aux alentours de 90%.
Dans un milieu extrêmement humide, l’agitation a pour objectif d’éviter d’une part le
flottement de certains débris (végétaux, morceaux de plastique, etc.) et d’autre part la
décantation des parties les plus denses (inertes, morceaux de verre,… etc.). Cette agitation,
qui n’a pas besoin d’être permanente, peut se faire mécaniquement, soit par pompage
périodique, soit par circulation de biogaz comprimé.
Sans tenir compte des opérations de préparation du déchet avant digestion, les opérations
avec digestion anaérobie comportent deux phases principales :
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Chapitre V
L’incinération est une technique de traitement des déchets ou d’une fraction de ceux-ci
par combustion de la phase organique dans des fours spéciaux adaptés aux caractéristiques
des déchets (hétérogénéité et pouvoirs calorifiques variables).
L’incinération est couramment utilisée pour l’élimination des ordures ménagères. Les
usines d’incinération modernes sont conçues pour récupérer l’énergie; en effet, la chaleur
générée par l’incinération fait l’objet d’une valorisation énergétique (production d’électricité
et de chaleur) dans la plupart des unités.
V.1. Incinération
I.1.1. Principe
Les déchets sont introduits en vrac à l'aide d'un grappin ou en fûts, à l'intérieur du four.
Afin de réguler l'alimentation, ils peuvent être broyés grossièrement et injectés de façon
continue.
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La réglementation impose des niveaux minima de température et de temps de séjour,
de teneur en O2 et un seuil maximum de CO2 pour les gaz issus de la combustion [24].
La combustion est en général réalisée par un étagement de la combustion sur deux zones
(foyer et postcombustion) en respectant une règle dite 3T (Température, Temps de séjour et
Turbulence) :
Lors de la combustion, il faut tenir compte de certains paramètres tels que le taux
d’humidité et le pouvoir calorifique [1, 22, 24].
Teneur en eau
Les ordures, quelle que soit leur provenance, ont une teneur en eau élevée qui influe
fortement sur la combustion. Supérieur à 50%, le taux d’humidité fait perdre au déchet
l’intérêt de la combustion car la chaleur fournie sera surtout employée à vaporiser l’eau.
Les matières combustibles sont des éléments à base de carbone et d’hydrogène (papier,
bois, végétaux, plastiques) et à fort pouvoir calorifique (30 à 100% à celui du pétrole).
61
Indispensables à la combustion, elles associent en un tout, divers éléments simples : tels
que le carbone, l’hydrogène, l’oxygène, le chlore et l’azote qui s’échappent sous forme de
gaz, pour la plupart combinés à l’oxygène en fin de processus. Le teneur des ordures
ménagères en matières combustibles varie, en général, entre 15 et 50% par unité de masse.
Pouvoir calorifique
Pour l’incinération, une des caractéristique des déchets est le « pouvoir calorifique
inferieur » ou PCI, qui dépend de la composition des déchets et qui évolue dans le temps en
fonction des saisons et de l’espace, en milieu urbain ou rural. Le PCI est défini par la teneur
en eau et la part des parties combustibles.
Une usine d’incinération des ordures ménagères (UIOM) comporte généralement les
éléments suivants, comme représenté sur la figure 8 [25] :
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Figure 08 : Schéma descriptif d’une usine d’incinération des ordures ménagères (UIOM)[25]
Les procédés semi-humides, semi-secs et secs sont représentés par cette configuration.
Le procédé humide ne comporte pas de filtre à manches, le réacteur est remplacé par une tour
de lavage des fumées et les effluents liquides issus de ce lavage sont traités afin d'obtenir un
gâteau de filtration. Les signes "±" correspondent aux variantes (selon le procédé de
neutralisation des gaz acides, la technologie et le taux de dépollution désiré).
Une phase de séchage avec évaporation de l’eau, durant laquelle se dégagent les matières
volatiles;
63
V.1.5. Types de fours d’incinération des ordures ménagères
Concernant la phase de combustion elle même, plusieurs types de fours ont été
développés et sont présentés ci-dessous. La majorité des installations sont équipées de « fours
à grille », mais d’autres technologies comme les ≪ fours tournants et/ou oscillants » ou les «
fours à lit fluidisé » sont aussi employés [25].
En entrée, une zone de séchage des déchets par rayonnement de la voûte;
Suivie d’une zone de pyrolyse des déchets avec inflammation des matières volatiles en
phase gazeuse;
Et enfin, une zone de refroidissement des mâchefers, avant leur évacuation en sortie de
foyer, où ils subissent une extinction dans une garde à eau (extracteur à mâchefers),
permettant également d’éviter toute pénétration d’air parasite.
Les gaz produits par la combustion des déchets sont mélangés à de l’air secondaire au
niveau de la postcombustion, pour permettre la combustion complète des matières volatiles et
imbrûlées formées au niveau de la grille.
64
V.1.5.2. Fours tournants et/ou oscillants
En four tournant (Figure 10), les fumées sont extraites au niveau de l’introduction des
déchets, en face avant, les fumées progressant dans ce cas à contre-courant de la charge.
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Figure 10 : Four tournant [25]
La combustion en lit fluidisé est une technique éprouvée sur le charbon ou sur certains
déchets homogènes (boues de station d'épuration). Son application au traitement thermique
des déchets ménagers est relativement récente et repose sur le principe d’incinérer les ordures
dans un lit de matériaux solides inertes constitués généralement de 95% de sable et de 5% de
déchets, mis en suspension par une injection d’air à sa base.
Les fours à lit fluidisé sont de trois types (Figure 9) : dense, circulant et rotatif, qui se
différencient principalement sur le moyen d’assurer la meilleure combustion afin de réduire
les imbrûlés [24, 25].
Dans le four à lit fluidisé dense (Figure 11-a), les particules minérales et l'air sont
injectés à la base du four. La vitesse de l'air ascendant est alors de l'ordre de 1 à 3 m/s. La
densité moyenne du lit est importante, d’ou le nom donne à cette technologie. Le mélange
avec les déchets (granulométrie de 150 mm), est concentré en partie inférieure. Les déchets
sont portés à 700 °C et la combustion est très bonne. Il s'agit de la technologie la plus simple
techniquement, adaptée à des installations de petites capacités (2 à 10 t/h), et à une large
gamme de déchets (après broyage), avec une plage de PCI comprise entre 1500 et 6000
kcal/kg [24, 25]
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Four à lit fluidisé rotatif (LFR)
La Figure 11-b représente un lit fluidisé rotatif qui est une variante du lit fluidisé
dense.
Ces deux modifications permettent d'avoir un meilleur brassage et, par conséquent,
une meilleure combustion. La température de combustion est d'ailleurs un peu plus faible que
dans le four classique, de l'ordre de 650 à 700 °C. La plupart des déchets : ordures ménagères,
déchets industriels banals, boues de STEP, [Link]. peuvent être traités par ce
procédé [24, 25].
Le four à lit fluidisé circulant (Figure 11-c) présente deux caractéristiques. D'une part,
l'injection d'air à la base du four se fait à une vitesse supérieure, de façon à ce que les
particules soient en suspension sur l'ensemble de la hauteur du four. D'autre part, les
particules de sable (auxquelles est ajoutée une injection de carbonate de calcium afin de traiter
en même temps le SO2 et le HCl) qui sont évacuées avec les gaz de combustion en partie
haute du four, sont récupérées dans un cyclone, puis réinjectées dans le foyer de combustion
jusqu'à ce que tous les déchets soient brûlés.
Cette technologie nécessite un déferraillage et un broyage fin (50 à 100 mm), ainsi
qu'une extraction du verre (pour limiter l'érosion) et une température élevée (850°C). Elle est
adaptée aux installations d'assez forte capacité (10 à 15 t/h). Le rendement est cependant élevé
avec une bonne production d'électricité et il y a peu de mâchefers (10%) et d'imbrûlés (3%)
[23, 25].
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Figure 11 : Fours à lit fluidisé : (a) dense (LFC), (b) rotatif (LFR), (c) circulant (LFC) [25]
En plus des rejets gazeux, l’incinération des déchets ménagers produits des résidus
solides qui sont principalement les mâchefers d’incinération d’ordures ménagères (MIOM) et
les résidus d’épuration des fumées d’incinération des ordures ménagères (REFIOM)[11,26].
Ce sont les principaux résidus (scories) retirés des foyers après incinération des
ordures ménagères et composés de matériaux plus au moins incombustibles et facilement
identifiables comme le verre, les ferrailles et tous les composés non volatils contenus dans les
ordures ménagères. Ils ont l’aspect d’un solide noirâtre, de granulométrie variée et sont
composés à 90% d’oxydes de silice, d’aluminium (en majorité), de sodium, de potassium et
de magnésium.
68
V.1.6.2. Résidus d’épuration de fumées d’incinération d’ordures ménagères (REFIOM)
Les REFIOM sont constitués de 90% en moyenne de composés minéraux sans danger
(Silice et calcaire), le reste de métaux lourds, de dioxines et de furanes. Les cendres volantes
renferment 100 fois plus de dioxines que l’air rejeté à la sortie de la chambre de combustion.
Considérés comme déchets ultimes, ils sont évacués et stockés dans des CET de classe 1 après
un traitement de stabilisation et de solidification qui permet de réduire leur fraction lessivable
(lixiviable) due surtout aux métaux lourds [26].
V.2. Pyrolyse
Le schéma général de mise en œuvre d’un processus de pyrolyse de déchets est illustré
dans la Figure 12 [22].
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Figure 12 : Schéma de principe d’un four de pyrolyse [22]
(1) déchet ; (2) crible ; (3) calcaire ; (4) pyrolyseur ; (5) extraction de coke ; (6) cylindre ;
(7) crackage ; (8) échangeur de chaleur ; (9) air ; (10) production gaz ; (11) coke.
La pyrolyse s’effectue selon trois phases : un séchage pour l’élimination de l’eau, suivi
d’une distillation des matières volatiles et enfin une transformation en carbone fixe. Elle
engendre moins de gaz que l’incinération, les dioxines et furanes sont totalement éliminés et
le chlore est neutralisé.
Le produit majoritaire d’une pyrolyse est soit un coke (pyrolyse lente), soit un gaz
combustible (pyrolyse rapide). Dans le premier cas, le coke produit peut être valorisé :
Soit par combustion sur place (pyrolyse intégrée), les dispositifs de traitement des fumées et
de récupération calorifique par chaudière aval étant similaires aux dispositifs utilisés en
incinération conventionnelle;
Soit brulé sur place (pyrolyse intégrée), la récupération d’énergie étant réalisée par
chaudière;
Soit craqué puis envoyé, après épuration, en moteur à gaz, lui-même couplé à un
alternateur.
70
[Link] de fours utilisés en pyrolyse [25]
Les technologies partent des conceptions de fours traditionnels en les adaptant aux
particularités de la pyrolyse. Les quantités de gaz à traiter étant plus faibles, les traitements de
fumées sont moins onéreux que dans le cas d’unités d’incinération traitant une quantité de
déchets identique. La conception ne change pas, mais le montant de l’investissement s’en
trouve réduit. Les types de fours utilisés en pyrolyse sont :
Les fours verticaux à lit tombant : Technologie voisine de la conception des hauts
fourneaux. Les déchets calibrés, introduits en continu à la partie supérieure du four, se
trouvent préchauffés par les gaz produits par la pyrolyse en position inférieure et qui
s’échappent vers le haut.
Les fours tournants : Concept qui se rapproche des fours de cimenterie. Le four a la
forme d’un cylindre incliné tournant sur lui-même. L’intérieur du four est lisse ou comporte
des tubes échangeurs de chaleur permettant de chauffer la masse de déchets.
Les fours à lit fluidisé : La combustion de déchets en lit fluidisé a conduit à ce type de
four pour pyrolyse ; là aussi du sable en suspension favorise les transferts thermiques vers les
déchets. Il suffit de faire circuler les gaz de pyrolyse pour obtenir des vitesses de fluidisation
suffisantes bien que l’apport d’oxygène soit réduit.
Les fours à traitement par lots : Les déchets sont disposés en vrac dans des boîtes ou des
wagonnets mobiles qui avancent dans le four fixe et sortent après pyrolyse.
L’Incinération
La pyrolyse
72
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