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Gestion Et Traitement Des Déchets Solides Polycopié de Cours Et TD - Génie Des Procédés de L'environnement

Ce document est un polycopié de cours sur la gestion et le traitement des déchets solides, destiné aux étudiants en génie des procédés et en environnement. Il couvre les définitions, classifications, types de déchets, ainsi que les méthodes de collecte, tri, et traitement, tout en soulignant l'importance de la gestion des déchets pour la santé humaine et l'environnement. Le contenu est basé sur l'expérience d'enseignement et vise à fournir aux étudiants des connaissances pratiques et techniques dans ce domaine en évolution.

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Gestion Et Traitement Des Déchets Solides Polycopié de Cours Et TD - Génie Des Procédés de L'environnement

Ce document est un polycopié de cours sur la gestion et le traitement des déchets solides, destiné aux étudiants en génie des procédés et en environnement. Il couvre les définitions, classifications, types de déchets, ainsi que les méthodes de collecte, tri, et traitement, tout en soulignant l'importance de la gestion des déchets pour la santé humaine et l'environnement. Le contenu est basé sur l'expérience d'enseignement et vise à fournir aux étudiants des connaissances pratiques et techniques dans ce domaine en évolution.

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche


Scientifique
Université Abdelhamid Ibn Badis - Mostaganem
Département de Génie des Procédés

« Gestion et traitement des déchets solides »


- Polycopié de Cours et TD -
Génie des procédés de l’environnement

Conçu et réalisé par :

Dr. ABDELLI Isalm Safia


Avant-propos

Le monde des déchets, monde complexe et souvent méconnu, est depuis quelques années un
domaine en pleine expansion. Le traitement des déchets et son corollaire, la réglementation,
évoluent de jour en jour au fil de l’amélioration des connaissances.

La création d’un enseignement dans le domaine des déchets solides est quelque chose de
nouveau, il est la conséquence directe de notre mode de vie.

A caractère pédagogique et didactique, ce support de cours, sur les bases du traitement des
déchets solides s’adresse aux étudiants des filières de génie des procédés, génie de
l’environnement, chimie de l’environnement et diverses spécialités liées à l’environnement.

Ce cours est le résultat de l’expérience de plusieurs années d’enseignement dans cette


discipline « Déchets solides » dans le nouveau système LMD (Master I).

Dans ce support, le thème des déchets est abordé de manière simple avec une vision globale
en partant de la création des déchets jusqu’à leur traitement en filières adaptées, en passant
par les collectes dans différentes installations liées à ces derniers. Avec des techniques
largement illustrées, ce support de cours apporte à l’étudiant toutes les informations
scientifiques et techniques utiles et immédiatement utilisables pour pouvoir maîtriser et
développer les différentes méthodes et techniques de traitement des déchets solides.

Dans un enchainement logique, le lecteur est ainsi amené à mieux comprendre ce qu’est un
déchet, ses sources de production, son environnement, sa classification, ses propriétés, les
procédés de ses traitements et de sa transformation, et son impact sur la santé humaine et
environnemental.

Le contenu de ce support de cours n’est certainement pas parfait et devra être amélioré dans
le futur car des changements permanents se produisent dans ce domaine.
Sommaire

Chapitre I. Définitions et notions de base sur les déchets solides 01


Introduction 02
I.1. Définitions 02
I.1.1. Définition réglementaire Algérienne 02
I.1.2. Définition économique 03
I.2. Classification des déchets solides 03
I.3. Types de déchets solides 03
I.3.1. Les déchets ménagers et assimilés 03
I.3.2. Les déchets industriels 03
I.3.3. Les déchets d’activité de soin 04
I.3.4. Les déchets radioactifs 05
I.3.5. Les déchets encombrants 05
I.4. Nomenclature des déchets 06
I.5. Actions gouvernementales en matière de gestion intégrée des déchets 08
I.5.1. Adaptation du programme PROGDEM 08
I.5.2. Création de l’Agence Nationale des Déchets (AND) 08
I.5.3. Système national de reprise et de valorisation des déchets d'emballages 08
I.6. Cadre juridique Algérien 09
I.7. Production et évolution des déchets ménagers 10
I.7.1. Quantités générées et leurs variabilités 10
I.7.2. Mesure de la production des déchets ménagers (le ratio journalier) 11
I.7.3. Quelques exemples de production (kg/hab./jr) 11
I.8. Caractérisation des déchets ménagers 12
I.8.1. Composition des déchets 12
I.8.2. Caractérisations physico-chimiques des déchets ménagers 13
I.8.3. Caractérisations microbiologiques des déchets ménagers 13
Chapitre II. Gestion des déchets ménagers solides 16
Introduction 17
II.1. Qu’est-ce que la gestion des déchets 17
II.2. Collecte des déchets ménagers solides 17
II.2.1. Modes de collecte 18
II.2.2. Moyens de pré-collecte 19
II.2.3. Moyens de collecte 20
II.3. Tri (ou séparation) des déchets ménagers et assimilés 20
II.3.1. Centres de tri 21
II.3.2. Principaux procédés de séparation 21
II.4. Principe 3RV-E 22
Chapitre III. Mise en décharge des déchets ménagers et assimilés 23
Introduction 23
III.1. La mise en décharge 23
III.2. Centres d’enfouissements techniques (CET) 24
III.2.1. Aménagement et fonctionnement d’un CET 26
III.2.2. Déchargement et mise en alvéole des déchets 27
III.3. Les effluents de décharge : lixiviats et biogaz 28
27
III.3.1. Les lixiviats de décharges
28
III.3.2. Le biogaz de décharges 29
Chapitre IV. Bioconversion des déchets ménagers organiques : Compostage et
méthanisation
Introduction 33
IV.1. Compostage 33
IV.1.1. Paramètres du compostage 34
IV.1.2. Processus du compostage 35
IV.1.3. Maturation du compost 36
IV.1.4. Techniques de compostage 36
IV.2. Lombriculture 37
IV.3. Méthanisation 38
IV.3.1. Avantages de la méthanisation 38
IV.3.2. Déchets méthanisables 39
IV.3.3. Paramètres de méthanisation 39
IV.3.4. Processus de méthanisation 40
Chapitre V : Traitement thermique des déchets ménagers et assimilés :
Incinération et Pyrolyse
Introduction 42
V.1. Incinération 42
V.1.1. Principe 42
V.1.2. Paramètres de l’incinération 43
V.1.3. Structure d’une installation d’incinération des ordures ménagères 44
V.1.4. Les différentes phases du processus d’incinération 45
V.1.5. Types de fours d’incinération des ordures ménagères 46
V.1.5.1. Fours à grilles mobiles 46
V.1.5.2. Fours tournants et/ou oscillants 47
V.1.5.3. Fours à lit fluidisé 48
V.1.6. Résidus solides de l’incinération des ordures ménagères 50
V.1.6.1. Mâchefers (MIOM) 50
V.1.6.2. Résidus d’épuration des fumées d’incinération des ordures ménagères 50
V.2. Pyrolyse 51
V.2.1. Valorisation des produits de pyrolyse 52
[Link] de fours utilisés en pyrolyse 52
V.2.3. Principales différences entre incinération et pyrolyse 53
Références bibliographiques 55
Séries de Travaux dirigés (TD) 57
Solutions des exercices des Travaux dirigés 66
Liste des tableaux

Tableau 1 : Catégories (ou chapitres) de déchets selon la nomenclature 07

Tableau 2 : Quelques exemples de production de déchets par pays et par habitant 11

Tableau 3 : Composition physique moyenne des déchets ménagers et assimilés de 13


quelques villes Algériennes (% masse humide)

Tableau 4 : Principaux microorganismes susceptibles de se retrouver dans les 14


déchets ménagers

Tableau 5: Les trois catégories de CET. 26

Tableau 6 : Composition moyenne du biogaz de décharge (% volumique). 31

IV
Liste des figures

Figure 1: Structure pyramidale de la nomenclature des déchets 06

Figure 2: Types de collecte des déchets ménagers et assimilés. 17

Figure 3: Schématisation d’un véhicule à benne tasseuse pour le transport des ordures 20

Figure 4: Fonctionnement du CET 28

Figure 5: Processus de compostage. 36

Figure 6 : Exemple de technique de compostage 37

Figure 7 : la lombriculture 38

Figure 8: Schéma descriptif d’une usine d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) 45

Figure 9 : Four à grilles mobiles. 47

Figure 10 : Four tournant 48

Figure 11 : Fours à lit fluidisé : (a) dense (LFC), (b) rotatif (LFR), (c) circulant (LFC). 50

Figure 12 : Schéma de principe d’un four de pyrolyse. 52

V
Chapitre I

Définitions et notions de base sur les


déchets solides
Introduction

Le changement des modes de production et de consommation ainsi que la croissance


régulière de la population entraînent une production de plus en plus importante de déchets de
nature très variée. Produisant des impacts néfastes sur l’environnement et la santé humaine,
donc, leur gestion et leur élimination deviennent primordiales.

D’une manière simple, les déchets peuvent être définis comme des matières
indésirables dont le producteur veut s’en débarrasser. Ces matières peuvent être des sous-
produits d’un procédé de production, des produits sans valeur, comme un journal qui a été lu,
ou un colis qui a été ouvert et vidé de son contenu.

La « rudologie » est l’étude systématique des déchets, de leur dégradation et de leur


retraitement, terme créé en 1985 par Jean Gouhier, géographe à l’université du Maine.

Pendant longtemps, les habitants jetaient leurs déchets sur la voie publique, dans les fossés,
dans les ruisseaux, les cours d’eaux…[1]

Ce n’est qu’au au XIXe siècle que la révolution arriva avec le préfet de


la Sein8Paris), Eugène Poubelle, qui promulgua le premier arrêté le 24 novembre
1883, obligeant les propriétaires parisiens de mettre à la disposition de chacun de leurs
locataires un récipient destiné aux ordures ménagères. Par glissement sémantique, ces
récipients ont vite pris le nom de « poubelles » [1].

I.1. Définitions :

La notion de déchets peut être définie de différentes manières selon le domaine et


l’intérêt d’étude et parfois l’origine et l’état du déchet.

Parmi les nombreuses définitions existantes, nous sont mentionnées ci dessous celles
qui nous paraissent les plus pertinentes :

I.1.1. Définition réglementaire Algérienne :

La loi n° 01-19 du 12/12/2001 relative à la gestion, au contrôle et à l'élimination des


déchets, dans son troisième, article définit les déchets comme « tout résidu d'un processus de
production, de transformation ou d'utilisation, et plus généralement toute substance, ou
produit et tout bien meuble dont le propriétaire ou le détenteur se défait, projette de se défaire,
ou dont il a l'obligation de se défaire ou de l'éliminer ».

2
I.1.2. Définition économique :

Un déchet est toute substance ou objet dont la valeur économique est nulle ou négative
pour son détenteur, à un moment et dans un lieu donné [1].

I.2. Classification des déchets solide

Les déchets sont classés soit [3]:

 Selon leur origine : comme déchets ménagers solides ou industriels solides


 Selon leur nature : comme déchets inerte, dangereux, non dangereux et ultimes.

I.3. Types de déchets solides [4]

I.3.1. Les déchets ménagers et assimilés

Ce sont tous déchets issus des ménages et des collectivités locales, des déchets
similaires provenant des activités industrielles, commerciales, artisanales et autres qui, par
leurs natures et leurs compositions, sont assimilables aux déchets ménagers, les déchets
produits par les collectivités locales (correspondant aux déchets de voirie), les déchets issus
des marchés, la production des boues (épuration notamment) ainsi que les déchets verts.

Les déchets ménagers produits par les ménages se composent :

• D’ordures ménagères collectées dans le cadre des tournées de ramassage organisées


par les municipalités.

• Des déchets volumineux ou "encombrants" collectés de porte à porte ou réceptionnés


dans une installation mise à la disposition des ménages.

• Déblais et gravats produits par les ménages réceptionnés dans des déchetteries ou des
dépôts réservés aux seuls déchets inertes.

• Déchets ménagers spéciaux (DMS), ne pouvant être éliminés sans risques avec les
déchets ménagers en raison du danger qu’ils puissent représenter. Ces derniers sont
réceptionnés dans des déchetteries équipées à cet effet.

I.3.2. Les déchets industriels

Ce sont les déchets qui ne sont pas assimilés aux déchets ménagers et qui ne
nécessitent pas un mode spécifique de traitement en raison de leur nature et de leur
composition. L’origine de ces déchets est l’activité industrielle, agricole, les soins, les
services et toutes autres activités. Ce sont, en général, tous les déchets qui ne peuvent être
collectés, transportés et traités dans les mêmes conditions que les déchets ménagers et
3
assimilés. Il existe un cas particulier de déchets industriel qui sont susceptibles de nuire à la
santé publique et à l’environnement via leurs constituants ou par leurs matières nocives, ce
sont les déchets spéciaux dangereux. Ces déchets sont classés, selon leurs caractères plus ou
moins polluants en trois grandes catégories :

a- Les déchets industriels inertes :


Ce sont les résidus des activités extractives, des déblais et produits de démolition (terre,
gravats, sables etc. …). Ils sont constitués d’éléments minéraux stables ou inertes au sens de
leur « éco-compatibilité » avec l’environnement. Cela signifie qu’en cas de stockage, ils ne
subiront aucune modification physique, chimique ou biologique importante. Ils ne présentent
donc pas de risque de pollution de l’eau et des sols. Ils peuvent être utilisés pour le
remblaiement et les travaux routiers.
b- Les déchets industriels banals (DIB) :
Ce sont des déchets issus des industries ou des commerces et ont les mêmes
caractéristiques que les ordures ménagères. Ils regroupent principalement les plastiques, les
papiers cartons, les textiles, le bois non traité, les métaux, les verres et les matières
organiques. Ils sont souvent produits en mélange. Ils peuvent être éliminés avec les ordures
ménagères ou dans des installations spécifiques, les communes n’étant pas tenus de traiter les
DIB.
c- Les déchets industriels spéciaux (DIS) :

Ces déchets peuvent contenir des éléments polluants et sont spécifiquement issus de
l’activité industrielle (boues de peintures ou d’hydroxyde métallique, cendres d’incinération,
huiles usagées, solvants, batteries, emballages souillés, aérosols, produits cosmétiques et
pharmaceutiques, déchets phytosanitaires, etc.). Certains déchets sont aussi dits spéciaux
lorsque leur production importante sur un même site entraîne des effets préjudiciables pour le
milieu naturel (mâchefers des centrales thermiques, phosphogypse, ainsi que certains déchets
provenant des laboratoires universitaires et hospitaliers, etc.).

I.3.3. Les déchets d’activité de soins

Ils proviennent des activités de diagnostic, de suivi et de traitement préventif, curatif


ou palliatif des secteurs de la médecine humaine et vétérinaire ainsi que des activités de
recherche, d’enseignements associées et de production industrielle [1].

Il existe cinq catégories:

4
 Déchets d’activité de soins à risque infectieux (D.A.S.R.I.) :

Il s’agit des déchets qui, du fait qu’ils contiennent des micro-organismes viables ou leurs
toxines et qu’en raison de leur nature, de leur quantité ou de leur métabolisme, ils peuvent
causer une maladie chez l’homme ou chez d’autres organismes vivants. On peut citer : les
déchets anatomiques, les déchets des centres de transfusions sanguines, matériels à usage
unique provenant des blocs opératoires, les unités de dialyse, etc.

 Déchets d’activité de soins sans risque infectieux :

Ce sont des déchets qui même s’ils ne présentent pas un risque infectieux, sont considérés
comme dangereux : les piquants, les coupants, les produits à usage thérapeutique utilisés ou
arrivés à péremption.

 Déchets assimilés aux DAS :

Ce sont des déchets issus des activités d’enseignement, de recherche et de production


industrielle dans le domaine de la médecine humaine et vétérinaire.

 Déchets assimilés aux ordures ménagères (non contaminés) :

Ils proviennent des activités non médicales. Ce sont les déchets solides constitués
essentiellement d’ordures ménagères, des restes alimentaires, des emballages, des bouteilles,
des journaux, des déchets de l’administration, de balayage, de cuisine, etc.…

 Déchets radioactifs issus des activités de soins :

Ce sont des déchets solides issus des activités de radiothérapie, de traitement de cancer, de
diagnostic et par la structure de recherche hospitalo-universitaire. Ils comportent le risque
potentiel d’irradiation.

I.3.4. Les déchets radioactifs

Ce sont des déchets qui émettent des rayonnements radioactifs de différentes activités. Ils
sont classés selon leurs activités radioactives et leur durée de vie (période) [1] :

 Déchets de très faible activité,


 Déchets de faible activité,
 Déchets de moyenne activité,
 Déchets de haute activité.

Et par rapport à leur période de radioactivité :

5
 Durée de vie très courte (inférieur à 100 jours)
 Courte durée de vie (période inférieure ou égale à 30 ans)
 Longue durée de vie (supérieure à 30 ans)

I.3.5. Déchets encombrants

Tous déchets issus de ménages qui en raison de leur caractère volumineux, ne peuvent
être collectés dans les mêmes conditions que les déchets ménagers et assimilés.

I.4. Nomenclature des déchets

La nomenclature des déchets est une classification qui comprend les déchets spéciaux
y compris les déchets spéciaux dangereux, les déchets ménagers assimilés et les déchets
inertes. Cette nomenclature sert à désigner les déchets afin que les différents partenaires
concernés par leur l’élimination,
parlent un langage commun [1].

L’article 3 du décret exécutif n° 06-


104 fixe la nomenclature des déchets,
y compris les déchets spéciaux
dangereux. La nomenclature des
déchets est structurée en forme de
pyramide à 3 étages comme le montre
la Figure1.

Figure 1 : Structure pyramidale de la


nomenclature des déchets

6
Tableau 1 Catégories (ou chapitres) de déchets selon leur nomenclature [2]

Exemple :
 07 : Déchet de procédé chimie organique
 07. 01 : Déchets provenant de la fabrication, formulation, distribution et utilisation
(FFDU) de produits organiques de base.
 07. 01. 01* : Eaux de lavage et liqueurs mères aqueuses.

7
Comment trouve-t-on le code d’un déchet ?

L’attribution d’un numéro de code structuré se fait comme suit :

 Les deux premiers chiffres représentent la catégorie qui retrace le secteur d’activité ou
le procédé dont le déchet est issu,
 Les deux seconds chiffres représentent la section qui retrace l’origine ou la nature du
déchet appartenant à la catégorie,
 Les deux troisièmes chiffres représentent la rubrique qui retrace la désignation du
déchet.

I.5. Actions gouvernementales en matière de gestion intégrée des déchets [4]

I.5.1. Adaptation du programme PROGDEM

PROGDEM : Programme National pour la Gestion Intégrée des Déchets Municipaux pour les
40 grandes villes Algériennes.

Principaux objectifs du PROGDEM

 Élimination saine et écologiquement rationnelle des déchets,


 Valorisation des déchets recyclables,
 Mettre en place du système de reprise des déchets d’emballages « Eco-Jem »,
 Création d'emplois verts,
 Réduction de la production des déchets à la source.

I.5.2. Création de l’Agence Nationale des Déchets (AND) [5]

Statut de l’agence : Etablissement à caractère industriel et commercial (EPIC).

Domaines d'intervention de l'agence

 Traiter les données et les informations sur les déchets,


 Constituer et actualiser la banque nationale des données sur les déchets,
 Vulgariser les techniques de gestion et de valorisation des déchets.

I.5.3. Système national de reprise et de valorisation des déchets d'emballages (Eco-Jem)

Les résultats de l'enquête réalisée par les services du Ministère de l'Environnement

(MATE) font état d'un recensement préliminaire de 192 unités produisant plus de 2 millions
de tonnes d'emballage plastique dont seules 4000 tonnes sont récupérées (soit 0,002 % ou 2
pour 1000) [5].

8
Objectifs du système « Eco-Jem »

 Promotion des activités de traitement, recyclage et de valorisation des déchets,


 Réduction du volume des déchets générés (soustraction à la source des déchets
d'emballages),
 Économie des matières premières (réutilisation des sous-produits).

I.6. Cadre juridique Algérien

La règlementation algérienne en matière de déchets est très sévère. Un ensemble


d’instructions et de directives ont été promulguées pour organiser le service public des
déchets, notamment la loi 01-19 du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôle et à
l’élimination des déchets.

Avant la promulgation de ces divers règlements, la gestion des déchets était régie par
le seul texte existant alors, le décret n° 84-378 du 15 décembre 1984 fixant les conditions de
nettoiement, d’enlèvement et du traitement des déchets solides urbains. Ce décret définissait
la notion de déchets solides urbains, les modalités et la fréquence de la collecte et
d’évacuation des déchets selon la taille des communes par rapport à leur population [6].

D’autres textes de loi, en plus de ceux existant, viennent renforcer la volonté des
pouvoirs publics de protéger l’environnement :

-10 du 19/07/2003, relative à la protection de l'environnement dans le cadre du


développement durable.

–378 du 15/12/1984, fixant les conditions de nettoiement, d’enlèvement et du


traitement des déchets solides;

–177 du 28 mai 1991, fixant les procédures d’élimination et


d’approbation du plan directeur d’aménagement et d’urbanisme et le contenu des documents y
afférent;

cret exécutif N° 96–60 du 27/01/1996, portant création de l’inspection de


l’environnement de Wilaya ;

–175 du 20/05/2002, portant création de l’Agence Nationale des


déchets ;

-372 du 11/11/2002 relatif aux déchets d’emballages ;

9
-199 du 19/07/2004 fixant les modalités de création, d’organisation,
de fonctionnement et de financement du système public de traitement et de valorisation des
déchets d’emballages « ECO-JEM » ;

N°04-210 du 28/07/2004 définissant les modalités de détermination des


caractéristiques techniques des emballages destinés à contenir directement des produits
alimentaires ou des objets destinés à être manipulés par les enfants ;

-410 du 14/12/2004 fixant les règles générales d'aménagement et


d'exploitation des installations de traitement des déchets et les conditions d'admission de ces
déchets au niveau de ces installations ;

-205 du 30/06/2007 fixant les modalités et procédures d’élaboration,


de publication et de révision du schéma communal de gestion des déchets ménagers et
assimilés

plastiques destinés à contenir directement des produits alimentaires ;

En mai 1998, l’Algérie adhère, avec réserve, à la convention de Bâle qui vise à réduire
le volume des déchets dangereux ainsi que le contrôle de leurs mouvements transfrontaliers.
Le 29 avril 1998, l’Algérie a signé le protocole de Kyoto, approuvé le 21 mai 2002 puis ratifié
le 28 avril 2004 et entré en vigueur le 16 février 2005. Ce protocole incite à la réduction des
émissions de gaz à effet de serre. En matière de déchets, ces gaz peuvent être émis par le
brûlage à l’air libre des déchets au niveau des décharges.

I.7. Production et évolution des déchets ménagers

I.7.1. Quantités générées et leur variabilité

Les quantités de déchets ménagers générées dans une ville dépendent essentiellement [6] :

 De l’habitat (milieu rural ou urbain avec un taux généralement plus faible en


milieu rural)
 Du niveau de vie, des habitudes et des mœurs de la population (la production tend
à s’accroître avec le niveau de vie ; ex. Zones résidentielles par rapport aux autres
zones.),
 Des conditions climatiques ainsi que des variations annuelles et saisonnières,
 des mouvements plus ou moins importants de la population au cours de l’année :
Foires, pèlerinage, vacances annuelles, tourisme, transhumance, etc.,

10
 Des modes de conditionnement des denrées et des marchandises.

[Link] de production des déchets ménagers (le ratio journalier)

Les quantités de déchets ménagers produites peuvent s’exprimer en poids ou en


volume. Cependant, en raison de leur compressibilité, seul le poids constitue une donnée
fiable et mesurable sur un pont-bascule. On mesure alors les quantités de déchets ménagers en
kg/habitant/jour ou par année [1].

Par contre pour définir la taille des récipients, l’estimation des volumes est nécessaire.

R : ratio journalier (kg/habitant/jour).

P : poids de déchets collectés en une journée (kg/j).

H : nombre d’habitants de la commune ou de l’agglomération traitée.

Remarque : En pratique, et en particulier dans les pays en voie de développement, on devra


toujours faire la distinction entre les quantités de déchets ménagers générées et les quantités
de ces ordures collectées, ces dernières étant souvent inférieures aux premières [7].

[Link] exemples de production (kg/hab/j)

Ces exemples figurent dans le Tableau ci-dessous.

11
Tableau 2 : Quelques exemples de production de déchets par pays et par habitant [6].

Production
Zones de production
(kg/hab/j)

Mauritanie 0.35

Maroc 0.75

Algérie 0.8

France 1.51

Belgique 1.27

Union Européen (UE) 1.38

Canada 2-2.5

Etats unis >2.5

Inde 0.41

Malaisie 0.8

Honk Kong 0.8

Donc, l’évolution de la production est essentiellement liée aux deux facteurs suivants:

 L’évolution démographique
 L’évaluation quantitative par habitant.

I.8. Caractérisation des déchets ménagers

I.8.1. La composition

Les déchets ménagers constituent un mélange hétérogène de matériaux ayant des


propriétés physiques et chimiques très différentes. La composition des déchets varie d’un pays
à l’autre, d’une région à l’autre et même d’un quartier à l’autre.

La connaissance de la composition des déchets est essentielle dans le but de


déterminer les possibilités de valorisation comme le compostage, l’incinération, la

12
méthanisation, la récupération de métaux ou d’autres matériaux recyclables : papiers, cartons,
verres, plastiques, et d’évaluer aussi la capacité des installations.

Il est aussi important de connaître la composition des déchets ménagers pour


permettre, entre autre, un meilleur choix de matériel de collecte et une évaluation des
gisements en matériaux récupérables, dans l’hypothèse d’une collecte sélective. Dans ce cas,
le choix du nombre de catégories suivant lesquelles les déchets seront triés dépend des
objectifs de l’étude et des moyens disponibles pour la réaliser.

La méthode de caractérisation la plus répandue est le Mode de Caractérisation des


Ordure Ménagères (MODECOM©) [8], qui détaille 12 catégories de constituants :
fermentescibles, papiers, cartons, textiles, textiles sanitaires, plastiques, verres, métaux,
inertes, complexes, fines inférieures à 20 mm et autres.

Tableau 3 : Composition physique moyenne des déchets ménagers et assimilés de quelques


villes Algériennes (% masse humide) [6]

Villes M.O Plastique Papier/carton Verre Métaux Textile Divers

Alger 54,0 16,4 13,4 1,7 1,7 11,6 0,9

Oran 52,3 24,9 7,2 1,2 1,7 9,9 2,8

Annaba 45,7 10,0 5,2 0,8 2,1 15,0 20,7

Mostaganem 67,0 14 12,0 1,8 1,1 2,4 0,45

Constantine 70,0 13,0 11,0 2,0 3,0 / 1,0

Batna 56,8 10,9 17,7 1,8 1,8 10,3 1,2

Chlef 62,9 2,7 3,2 1,7 0,6 5,2 23,5

Tiaret 73,6 6,6 11,5 0,1 0,7 3,3 4,5

Djelfa 83,5 2,4 7,9 1,2 1,7 1,4 1,9

13
I.8.2. Caractérisations physico-chimique des déchets ménagers

La caractérisation physico-chimique effectuée sur des échantillons de déchets permet


de déterminer les paramètres les plus significatifs tels que le taux d’humidité, la matière
sèche, le taux de cendres, les matières volatiles, le rapport C/N, le pH, la conductivité, l’azote
total et les métaux lourds dans le but d’aider à la prise de décision concernant le choix de la
filière de valorisation. Cette dernière est fonction des besoins de la région pour une orientation
vers le choix d’une valorisation matière et/ou énergétique (compostage, méthanisation,
incinération). La connaissance des métaux lourds permet une indication sur les risques dans le
compostage [9,10].

I.8.3. Caractérisations microbiologique des déchets ménagers

Les déchets sont riches en microorganismes, offrant un milieu favorable à leur


prolifération (support organique riche, température, condition d’aérobiose ou d’anaérobiose
particulière). Les microorganismes retrouvés varient quantitativement et qualitativement en
fonction du type de déchets (ordures ménagères, déchets d’activités de soins, déchets
verts,…), du pH, de la température, du mode de stockage initial, puis du traitement de ces
déchets. Deux types de microorganismes sont cependant caractéristiques : bactéries Gram
négatives et les champignons de types Aspergillus et Penicillium.

Les virus pathogènes (coxackie, rotavirus, échovirus, poliovirus, hépatite, HIV) sont
susceptibles d’exister dans les couches jetables ou les déchets issus d’activité de soins. En
outre, les champignons sont naturellement présents dans l’environnement et prolifèrent dans
les déchets, en particulier les déchets organiques, au détriment des autres espèces.

Au niveau des levures, on retrouve surtout des Candida albicans [6].

14
Tableau 4 : Les principaux microorganismes susceptibles d’être présents dans les déchets
ménagers [6].

Microorganismes Pathologie Durée de vie


Bactéries entériques (G -) Salmonellose
Salmonella sp Dysenterie bacillaire
Shigella sp Gastro-entérite <70 jours mais
Yersinia sp Gastro-entérite généralement <20 jours
Campylobacter jejuni Gastro-entérite
Escherichia Coli
Virus Entériques Hépatite infectieuse
Virus de l’Hépatite A et E Gastro-entérite <100 jours mais
Rotavirus Gastro-entérite généralement <20 jours
Entérovirus Poliomyélite dans le sol
Coxsackievirus Infect respiratoire, Gastro-
Astrovirus entérite,
Virus des Hépatites B et C Hépatite infectieuse Dans le sang ou les liquides
Virus l’immunodéficience Hépatite infectieuse humains 8jours
humaine acquise (HIV) SIDA
Protozoaires Gastro-entérite
Cryptosporidium sp Diarrhée <20 jours mais
Giardia intestinalis Dysenterie généralement <10 jours
Entaomoeba hislytica Diarrhée et Dysenterie
Balantidium coli Toxoplasmose
Toxoplasma gondii Troubles gastro-intestinaux
Helminthes Diarrhée, douleurs
Ascaris lumbricoi des abdominales
Trichuris trichura Diarrhée, douleurs Plusieurs mois
Toxocara sp abdominales
Taenia sp Nervosité, Insomnie,
Troubles digestifs,
Anorexie

15
Chapitre II
Gestion des déchets ménagers solides
Introduction

Depuis le début des années 1990, la protection de l'environnement est devenue une
préoccupation collective. La question des déchets est quotidienne et touche chaque individu
tant sur le plan professionnel que familial. En tant que consommateur, jeteur, usager du
ramassage des ordures ménagères ou trieur de déchets recyclables, citoyen ou contribuable,
chacun peut et doit être acteur d’une meilleure gestion des déchets. Des gestes simples
permettent d'agir concrètement pour améliorer le cadre de vie et préserver le bien-être de
chacun : chaque citoyen peut jeter moins et mieux.

II.1. Qu’est-ce que la gestion des déchets?

La gestion des déchets est une des branches de la rudologie. La rudologie est l’analyse
globale (technique, économique, légale, politique, sociale) des rejets et pollutions de l'activité
économique et de la vie quotidienne pour maîtriser et mettre en place des équipements et des
techniques de traitement visant à limiter la dégradation du milieu, à améliorer l'aménagement
de l'espace et la gestion économique et sociale. Elle peut également concerner la recherche
pour la mise au point de nouveaux procédés pour une meilleure gestion des déchets
regroupant les opérations de la collecte, du transport, du tri et du traitement (la réduction à la
source, le recyclage, le réemploi ou la réutilisation, la valorisation (matière ou énergétique) et
leur élimination [11,4].

La gestion des déchets concerne tous les types de déchets, solides, liquides ou gazeux,
chacun possédant sa filière spécifique. La façon de gérer les déchets diffère d’un pays à
l’autre (sa nature, sa politique, son degré de technologie…) et d’une ville à une autre (rurale,
urbaine ou extra-urbaine).

L’article 3 de la loi 10-19 du 27 Ramadhan 1422 correspondant au 12 décembre 2001


relative à la gestion, au contrôle et l’élimination des déchets, définit la gestion des déchets
comme toute opération relative à la collecte, au tri, au transport, au stockage, à la valorisation
et à leur élimination, y compris le contrôle de ces opérations [2].

II.2. Collecte des déchets ménagers solides

L’opération de la collecte est au cœur du processus de la gestion des déchets. C’est


l’ensemble des opérations consistant à enlever les déchets de chez les producteurs ou des
points de regroupement et de les acheminer vers leurs filières de traitement ou d’élimination.
Le but de la collecte est de libérer au plus vite le citoyen de ces déchets.

16
La loi 01-19 du 27 Ramadhan 1422 correspondant au 12 décembre 2001, relative à la
gestion des déchets désigne la commune comme planificatrice de la gestion des déchets
municipaux. Le service de la collecte se compose de deux étapes essentielles : la pré-collecte
et la collecte elle-même [2].

II.2.1. Mode de collecte

Il existe trois méthodes d’enlèvement des déchets ménagers [11] :

 La collecte porte à porte : Le ramassage des déchets ménagers se fait par le passage
du camion à proximité des habitations,
 La collecte en apport volontaire : Dans ce cas, le générateur assure lui-même le
transfert des déchets vers un point de regroupement défini par le service chargé de
l’opération de collecte,
 La collecte sélective : Elle concerne certains déchets séparés par les producteurs en
vue de leur valorisation ou traitement.

La figure ci-dessous illustre les deux types de collecte des déchets ménagers et assimilés ou
ordures ménagères.

Figure 2 : Types de collecte des déchets ménagers et assimilés.

17
II.2.3. Moyens de collecte

II.2.3.1. Moyens de pré-collecte

Le concept de pré-collecte sous-entend toutes les opérations qui précèdent la collecte


effective des déchets. Elle vise le recueil, le rassemblement et le stockage des déchets par les
habitants d’un foyer, d’un immeuble, d’une cité ou par le personnel d’un organisme ou d’une
entreprise, puis leur dépôt dans des lieux dédiés aux déchets [1].

Les poubelles étant placées dans des endroits très divers, leurs nombres et contenances
doivent être déterminés pour être adaptées à la quantité de déchets produite. Les paramètres
qui permettent de les quantifier dépendent de [12] :

 La quantité des déchets produite par habitant et par jour,


 La masse volumique des déchets,
 L’intervalle de temps entre deux collectes.

Le volume V du récipient nécessaire pour la production d’ordure d’un immeuble, par


exemple, est donné par la formule suivante :

V= .t

Où,

Nh : Nombre de personnes habitant l’immeuble,

Q : Quantité de déchets produite par habitant et par jour (kg/hab/j),

: Poids volumique des ordures contenues dans la poubelle (kg/L),

t : Intervalle de temps entre deux collectes (j).

Pour déterminer le nombre de récipients, il suffit de connaitre la capacité de la poubelle


(ou récipient). Soit V’ le volume de la poubelle choisie, le nombre n de poubelles nécessaire,
se détermine comme suit :

n=

En Algérie, ces réceptacles sont de formes diverses selon le type d’habitation et


l’accessibilité des équipements [4] :

- Les caissons métalliques : La pré-collecte par caisson est plus utilisée au niveau
d’agglomération centre local (ACL) et au niveau des agglomérations secondaires

18
(AS). Il s’agit de caissons métalliques d’une capacité de 2 à 2,7 T installés au niveau
des cités, quartiers et en face des établissements qui constituent de grands générateurs
de déchets. La fréquence d’enlèvement de ces caissons varie entre deux à trois fois par
semaine.
- Les niches en dur : Elles sont conçues sous forme d’un construit délimité par un
muret d’enceinte en maçonnerie entourant une base en matériau dur. Le muret
présente une ouverture permettant le dépôt des déchets par les usagers et leur
enlèvement par les éboueurs. Ces niches sont implantées généralement dans les
villages sans aucune étude préalable, aucune protection contre l’attrait d’animaux
divers et sans aucune mesure de traitement de lixiviats.
- Poubelles individuelles : Ce sont des poubelles individuelles en matière plastique,
mode de pré-collecte beaucoup plus utilisé par les habitants des centres villes et par
les commerçants. En effet, les déchets sont mis dans ces poubelles, qui une fois vidées
par le service de la collecte sont reprises par les riverains.
- Sacs en plastique perdus : Ce type de pré-collecte est plus répandu dans les centres-
villes et les cités d’habitat individuel. Avant le passage des camions de collecte, les
commerçants et les habitants des quartiers déposent leurs déchets dans des sacs ou
dans des boites en carton devant leurs habitations ou sur les trottoirs des rues, sous
forme de tas que le camion de l’APC collecte et achemine vers la décharge de la
commune.
- Les bacs roulants : Ce mode de pré-collecte est appliqué notamment dans les villes
pilotes qui s’inscrivent dans le cadre du PROGDEM. Des bacs de 120 à 1100 litres
sont mis au niveau des quartiers pour un groupe de ménages afin de remplacer
l’ancien système des caissons métalliques. Ces bacs sont nécessaires pour la collecte
par camion à benne tasseuse.

II.2.3.2. Moyens de collecte

En 2014, le service de la gestion des déchets au niveau national comptait plus de 12


093 agents, 1008 camions, 828 tracteurs, 109 bennes tasseuse, 194 remorques et 135 dumpers.

Le nombre d’agents chargés de la collecte est en régression depuis les années 80 où il


y avait un agent pour 500 habitants contre 1 500 en 2005.

A Mostaganem, actuellement, un agent couvre 1 225 habitants. Le parc automobile de


la collecte des déchets de la ville est estimé à un camion à benne tasseuse pour environ 11021

19
habitants, soit un déficit de 64 %. Malgré les efforts de l’état, la collecte reste loin des normes
internationales qui donnent un véhicule pour 4 000 habitants.

Au titre de la loi de 2001 qui désigne les communes comme planificateur de la gestion
des déchets municipaux, elles doivent établir un schéma communal de gestion des déchets
ménagers et assimilés comportant deux inventaires : l’un relatif aux quantités et à la
composition des déchets produits sur leurs territoires, l’autre aux emplacements des sites et
installations de traitement existants. En plus, il doit répondre aux besoins des communes en
matière de choix des systèmes de collecte, de transport et de tri des déchets, en tenant compte
de leurs moyens [6].

Figure 3 : Schématisation d’un véhicule à benne tasseuse pour le transport des ordures [6]

II.3. Tri (ou séparation) des déchets ménagers et assimilés

Le tri des déchets est intéressant à divers titres [12]:

La récupération et le recyclage de certains composants tels que le verre, les métaux,
le papier, les matières plastiques, etc.) ;

L’élimination des matières gênantes pour les procédés de traitement ultérieurs.

II.3.1. Centres de tri

Un centre de tri est composé de quatre parties [12] :

Une zone de réception des déchets et de chargement sur les chaînes de tri;

Une zone de tri mécanisé;

Une zone de tri manuel;

Une zone de conditionnement des produits à valoriser.

20
[Link] procédés de séparation

Les procédés de triage mettent à profit les différences de propriétés, généralement


physiques, caractérisant les composants des déchets : taille, densité, susceptibilité magnétique,
conductivité électrique, etc. Dans la quasi-totalité des cas, les déchets bruts sont d’abord
broyés grossièrement avant de subir les diverses étapes du triage en catégories [13].

On distingue deux types de procédés de séparation :

- Procédés de séparation par voie sèche (Cribles, éjecteurs balistiques, séparateurs


pneumatiques, cyclones, séparateurs électrostatiques et séparateurs optiques).
- Procédés de séparation par voie humide (Pulpeurs, séparateurs par liqueur dense et
séparateurs par flottation).

II.4. Principe 3RV-E

Un nouveau procédé est appliqué dans la gestion des déchets. Il est basé sur le principe
connu sous l’appellation des 3RV-E avec, par ordre de priorité [1] :

a- La Réduction à la source : réduction de la quantité de déchets ou son élimination à


l'endroit même où ils sont générés. Du point de vue du fabricant, elle consiste, par
exemple, à utiliser le moins de matières possibles pour produire et emballer les produits.
b- Le Réemploi ou réutilisation : elle consiste à utiliser un déchet pour un usage différent
de son premier emploi ou à faire, à partir d’un déchet, un autre produit que celui qui lui
a donné naissance, il subit une transformation chimique, biologique, thermique ou
mécanique.
c- Le Recyclage : le recyclage est un procédé de traitement des déchets industriels et des
déchets ménagers qui permet de les réintroduire dans le cycle de production d'un
produit, des matériaux qui les composent.
d- La Valorisation : c’est un mode d'exploitation des déchets qui vise à les transformer afin
de les réintroduire dans le circuit économique. On distingue deux types de valorisation:
la valorisation matière et la valorisation énergétique.
 La valorisation matière : dans certains cas, les produits ne peuvent être
recyclés ni sous leur forme initiale, ni sous forme de matière première. On peut les
réutiliser après compostage ou fermentation pour en faire des engrais.
 La valorisation énergétique : lorsqu’il n’est pas possible de recycler un déchet
selon les modes décris précédemment, et si celui-ci est apte à produire de l’énergie

21
par combustion, on peut le faire brûler pour récupérer cette énergie : c’est
l’incinération des ordures.
e- L’Elimination : la décharge est considérée comme un moyen d’élimination des déchets
ménagers dans le but de s’en débarrasser définitivement.

Les déchets ultimes ne pouvant plus être valorisés, doivent être stockés,
éventuellement stabilisés dans du béton, et mis en décharge contrôlée spécialisée.

22
Chapitre III
Mise en décharge des déchets
ménagers et assimilés
Introduction

La mise en décharge est le plus ancien mode de gestion des déchets. Il était encore
d’actualité il y a quelques années et devrait disparaître à l’exception de quelques sites réservés
aux déchets ultimes.

Avant l’ère industrielle, les déchets correspondant à une économie de subsistance,


étaient de nature organique dans leur grande majorité, et leur volume, déjà limité au départ,
diminuait donc rapidement de façon naturelle. On ne sait presque rien, en dehors des odeurs
(qui étaient sans doute identiques à celles d’aujourd’hui), sur les éventuelles nuisances
engendrées. Les décharges étaient de simples trous, dans lesquels étaient entassés les déchets,
la nature faisant le reste.

III.1. La décharge

C’est un lieu dans lequel sont regroupés traditionnellement les déchets ou les ordures
ménagères. Ce type de décharge est sans doute le mode d’élimination terrestre le plus
couramment appliqué dans les pays en développement. Il n’est précédé d’aucune étude
préalable d’impact ou d’analyse environnementale. Les déchets sont mélangés sans tri, d’où
les noms de « décharge incontrôlée » ou « décharge à ciel ouvert » ou « décharge sauvage ».

Généralement, les décharges sont situées en dehors des villes [14]. Il existe trois types de
décharge :

La décharge brute (sauvage) : C’est une décharge réalisée sans aucune précaution, les
usagers viennent y déposer leurs déchets à la sauvette. Elle présente de très graves
inconvénients, notamment :

- L’étalement de la souillure par l’envol des papiers et des poussières ;


- Le dégagement d’odeurs désagréables et parfois de gaz toxiques ;
- La pollution éventuelle des eaux de surface et souterraine ;
- La présence de déchets alimentaires attirant les mouches et les rongeurs qui sont
agents de propagation de maladies contagieuses. Ces décharges constituent une grave
menace pour la santé publique ;
- L’incendie, qui peut prendre dans la décharge, a pour conséquence le dégagement et la
propagation de fumées désagréables et très incommodantes pour le voisinage.

Les décharges contrôlées : Elles sont apparues entre les deux guerres mondiales. Leur
objectif était de favoriser la décomposition de la matière organique en ne tassant pas les

23
déchets et en y favorisant la circulation de d’air. La présence éventuelle de polluants n’était
pas vraiment prise en considération et la réglementation n’était pas très contraignante.

Les décharges compactées : Ces dernières sont apparues pour pallier à cet inconvénient; les
déchets étaient compressés au maximum et le matériau de couverture était devenu inutile.
Mais ce système a vite trouvé sa limite. D’une part, la flore bactérienne est devenue anaérobie
et a produit du méthane (gaz à effet de serre) et d’autre part, les eaux de pluie et l’eau
contenue dans les déchets eux-mêmes, ne pouvant plus s’évaporer sont accumulées au fond
des dépôts sous forme de lixiviats, devenant des polluants potentiels pour les nappes
phréatiques, et ce d’autant plus qu’elles se sont souvent chargées au passage de métaux
lourds.

Exemples de quelques décharges Algériennes

L'évolution qu'a connue l'Algérie, notamment en matière d'industrialisation, de mode


de vie et de consommation, s'est répercutée sur l'apparition de plusieurs décharges parmi
lesquelles, on cite celles de [4]:

Oued Smar d’Alger.

Chiffa de Blida.

Hcheme de Mostaganem.

El Kerma d’Oran.

Safsaf de Tlemcen.

III.2. Centres d’enfouissements techniques

Les décharges sont désormais appelées centres de stockage des déchets ménagers et
assimilés ou centres d’enfouissement technique et divisées en trois classes [6] :

• Classe 1 : réservée aux déchets industriels spéciaux ou toxiques ;

• Classe 2 : réservée aux déchets ménagers et assimilés ;

• Classe 3 : réservée aux déchets inertes.

Un centre d’enfouissement technique (CET) ou centre de stockage des déchets (CSD)


est un ensemble de « casiers » divisés en alvéoles, indépendants sur le plan hydraulique et
entourés de digues étanches. Les lixiviats sont récupérés, traités par lagunage et envoyés en
stations d’épuration. Leur réglementation est très stricte.

24
Cette classification des centres d’enfouissement repose sur la valeur du coefficient de
perméabilité (Ks) du sol choisi pour accueillir cette décharge. Ce coefficient définit la vitesse
de percolation des eaux dans un sous-sol et est exprimé en m/s ou cm/s.

25
Tableau n° 05: Les trois catégories de CET [1].

Catégorie Déchets Perméabilité K du sol Caractérisation du sol

- Fond imperméable.
- Conception des alvéoles
pour écoulement vers un
point bas.
- Implantation d’un ouvrage
Déchets dangereux
évitant l’entrée des eaux
contenant des -9
Ks ˂10 m/s sur 5 m superficielles
Classe I substances toxiques,
Site imperméable - Couverture en pente,
cancérigènes et
favorisant le ruissellement.
écotoxiques
- Un dernier niveau de
sécurité pour prévenir toute
infiltration d’eau et garantir
le confinement pour long
temps

Classe II - Capacité du site à s’assurer


une épuration des lixiviat.
Ordures ménagères
- Infiltration modérée,
et assimilées, 10-9 ˂Ks ˂10-6 m/s sur 1 m
écoulement vers un point
déchets industriels Site semi-imperméable
bas
banals
- Protection des eaux
souterraines.

Classe III Migration trop rapide des


Ks ˂10-6 m/s sur 1 m lixiviats constituant un risque
Déchets inertes
élevé de la pollution des
nappes phréatiques.

26
III.2.1. Aménagement et fonctionnement d’un CET

Un centre d’enfouissement de classe II est essentiellement réservé aux déchets


ménagers et assimilés (Figure 04). Dans ce cas, le coefficient de perméabilité Ks est compris
entre les deux valeurs suivantes : 10-9 < Ks < 10-6 m/s, sur une épaisseur supérieure à 5 m. Des
sols en grès ou les milieux sablo-argileux conviennent à ce type de site.

Ce centre de stockage comprend une surface de stockage de plusieurs dizaines


d’hectares. Il est composé de casiers indépendants sur le plan hydraulique et constitués
d'alvéoles, dans lesquelles sont entreposés les déchets. Leur hauteur doit être déterminée de
façon à ne pas dépasser la limite de stabilité des digues.

En pratique, les casiers ont fréquemment des surfaces maximales allant de 5000 m²
pour un petit CET à 1,5 ha pour un grand CET. Les casiers sont entourés de digues étanches
et l'ensemble des casiers est entouré d'une digue périphérique pouvant avoir des pentes
internes de 2/1 et des pentes externes de 3/1.

Les déchets sont entreposés dans un lieu confiné, sans échange avec les milieux
environnant (eaux souterraines, sol et atmosphère).

Avant le stockage des déchets, des dispositifs de sécurité sont aménagés sous forme de
"barrières passives et actives :

- Barrière passive (étanchéité naturelle) : Elle est constituée par la couche géologique
naturelle d’une perméabilité (Ks) inférieure à 10-9 sur au moins 1 m et inferieure à 10-6 sur au
moins 5 m en plus d’une couche d’argile ou des matelas de bentonite.

- Barrière active (étanchéité artificielle) : elle est constituée du bas vers le haut d'une géo-
membrane ou tout dispositif équivalent, qui constitue la meilleure prévention des transferts
adjectifs, surmontée d’une couche de captage et d’un réseau de drainage pour les lixiviats.
Seules les géo-membranes en PEHD (Polyéthylène à Haute Densité) sont chimiquement
résistantes aux lixiviats, si elles sont bien installées. Le retour d’expériences après leur
utilisation en fond de décharge serait de 20 ans. A cet effet, le PEHD a réussi à s’imposer
comme un matériau d’étanchéité des décharges ; de grandes bandes de plusieurs mètres de
large sont déroulées sur le fond de la décharge puis soudées thermiquement entre elles [1,
4,15].

27
III.2.2. Déchargement et mise en alvéole des déchets

A leur arrivée, les déchets sont pesés, contrôlés (dépistage de trace de radioactivité) et
répertoriés. Ils sont ensuite étendus en couche minces dans des alvéoles étanches où ils sont
compactés et recouverts périodiquement avec de la terre ou un autre matériau inerte. Cette
pratique permet de diminuer les envols des déchets légers, de diminuer les vides, de
minimiser le dégagement des odeurs, d’augmenter la durée de vie du centre et de diminuer les
infiltration des eaux pluviales [1, 4,15].

Figure 4 : Fonctionnement du CET [16]

III.3. Les effluents de décharge : lixiviats et biogaz

III.3.1. Les lixiviats de décharges

On désigne par lixiviats, eaux usées appelées encore percolats, lessivats ou jus de
décharge, les eaux qui ont percolé à travers les déchets en se chargeant physiquement et
surtout chimiquement de substances minérales et organiques. Les lixiviats sont produits par le
contact entre les déchets et l’eau : essentiellement l’eau de pluie et l’eau contenue dans les
déchets.

Les lixiviats peuvent atteindre la nappe phréatique et ainsi se propager dans d’autres
milieux pouvant donc engendrer des pollutions et des dysfonctionnements dans les
écosystèmes voisins (notamment en intégrant la chaîne alimentaire par leur accumulation dans
les végétaux).

Les jus de décharge sont souvent assimilés à des rejets industriels complexes
contenant à la fois des polluants toxiques : organiques et minérales. Si leur présence risque

28
d’entraîner la contamination de sources d’eau potable ou une pollution de surface, ils doivent
nécessairement subir un traitement avant leur rejet dans le milieu naturel [16].

Les procédés de traitement appliqués aux percolats de décharge sont nombreux, à savoir :

a. Traitement biologique aérobie ou anaérobie

C’est le procédé le plus utilisé pour l’élimination de la pollution organique. Toutes les
techniques de traitement des eaux usées sont applicables aux lixiviats : lagunage, boues
activées, lits bactériens, etc.

b. Oxydation chimique

Le principe consiste à faire réagir un oxydant sur une espèce indésirable réductrice, ce
qui est le cas de la majorité des espèces contenues dans les lixiviats. Ces oxydations
permettent d’éliminer la pollution difficilement biodégradable et d’augmenter le caractère
biodégradable, d’où une utilisation sur les vieux lixiviats. Les principaux oxydants sont
l’ozone, le peroxyde d’hydrogène, le chlore, l’hypochlorite de calcium et le permanganate de
potassium. Ces traitements sont encore peu répandus (il faut d’abord un traitement
biologique) [13].

Réactions de réduction de quelque oxydants :

O3(g) + 2 H+ + 2e- → O2(g) + 2 H2O

H2O2 + 2 H+ + 2e- → 2 H2O

c. Adsorption

L’adsorption est un transfert de matière de la phase fluide (d’adsorbat) vers les sites actifs
qui se situent à la surface de l’adsorbant.

Le charbon actif est le matériau le plus utilisé pour le traitement physico-chimique des
lixiviats. Néanmoins, en raison de son coût relativement élevé et de la forte charge organique
du jus de décharge, il est conseillé de l’utiliser conjointement à d’autres procédés [17].

d. Coagulation-floculation

Les procédés de coagulation et de floculation


facilitent l’élimination des MES et des colloïdes en les rassemblant sous
forme de floc dont la séparation est ensuite effectuée par des systèmes de
décantation, flottation et/ou filtration.

29
Les réactifs les plus employés, pour la coagulation-floculation des lixiviats, sont le sulfate
d’alumine ou alun, le sulfate ferreux, le chlorure ferrique et le chlorosulfate ferrique [17].

2 FeCl3 + 3 Ca(HCO3) ↔ 2 Fe(OH)3 + 3 CaCl2+ 6 CO2

e. Procédés à membrane : osmose inverse

C’est un procédé connu et d’une utilité certaine dans beaucoup de secteurs de


l’industrie et dans le traitement des effluents les plus pollués. Les résidus organiques et les
solides dissous y sont concentrés (concentrât) et le procédé engendre un flux d’eau traitée ne
contenant plus que de minimes concentrations de contaminants tout en respectant les normes
d’une eau pouvant être rejetée dans un milieu aquatique naturel [17].

III.3.2. Le biogaz de décharges

Le biogaz est un gaz combustible renouvelable issu de la fermentation de la biomasse,


constitué principalement de méthane et de gaz carbonique. Il permet de produire de
l'électricité, de la chaleur ou du carburant et il contribue à l’effet de serre s’il est dégagé vers
l’atmosphère.

Le biogaz est produit par la décomposition anaérobie des déchets organiques. On ne le


trouve donc que dans des centres de stockage de classe II ou dans d'anciennes décharges
recevant des déchets mélangés. La production s'effectue comme dans un bio-digesteur avec
quatre phases : hydrolyse, acidogenèse, acétogenèse et méthanogenèse. Ces réactions
biochimiques s'opèrent à une température inférieure à celle des bio-digesteurs. Le tableau 6
donne la composition moyenne du biogaz de décharge constitué essentiellement de méthane
(CH4) et de dioxyde de carbone (CO2), considérés comme gaz majoritaires résultant de la
digestion anaérobique des déchets.

30
Tableau 6 : Composition moyenne du biogaz de décharge (% volumique) [17].

Gaz Minimum Maximum

CH4 30 - 50 55

CO2 22 50

N2 3 26

H2S 4 mg/m3 20 mg/m3

CO 0 3

H2 0 3

O2 1 8

NH3 0 0,35-10,6 Vol.

H2O 4 % environ

31
Chapitre IV
Bioconversion des déchets ménagers organiques :
compostage et méthanisation
Introduction

La décomposition des matières organiques se produit sous l’action de bactéries.


Contrairement à la thermolyse ou à l’incinération, qui sont des procédés physiques, il s’agit
ici d’un phénomène biologique complexe faisant intervenir plusieurs types de bactéries qui
cohabitent ou qui se succèdent au sein des matières en transformation.

Deux grandes familles de bactéries se partagent le travail :

• les bactéries anaérobies, qui ne se développent qu’en l’absence d’oxygène et produisent du


méthane (ce sont les bulles de gaz qui remontent du fond des eaux stagnantes);

• les bactéries aérobies, qui ne se développent qu’en présence d’oxygène et décomposent la


matière organique en produisant des éléments simples tels que l’acide carbonique, les nitrates,
les phosphates, etc., et autres constituants de l’humus.

Cette distinction est fondamentale pour comprendre les modes de valorisation de la


fraction fermentescible :

• Favoriser la fermentation anaérobie, permettra de produire préférentiellement du biogaz : ce


procédé est appelé la méthanisation;

• Favoriser la fermentation aérobie, aboutira à la production d’une matière riche en composés


organiques : ce procédé est appelé le compostage

IV.1. Compostage

Le compostage est l’un des procédés de dégradation de la matière organique appliqué


facilement aux déchets biodégradables, encore appelés déchets fermentescibles. Ce procédé
met en jeu divers microorganismes dans un processus aérobie, c'est-à-dire un processus qui se
déroule en présence d'oxygène de l'air, indispensable à la respiration des microorganismes
décomposeurs [18].

Les déchets compostables sont :

 Restes de repas, papiers, cartons, déchets végétaux, textiles naturels (coton, etc.),
 Déchets verts des espaces publics, feuilles issues du balayage des rues, plantes
aquatiques non chargées en métaux lourds, déchets organiques des marchés, … etc.
 Résidus organiques des entreprises agro-alimentaires (ex : déchets de fruits, drêches
de brasseries…), déchets organiques des restaurants, papiers, cartons… etc.

33
 Résidus de cultures (ex : coques de soja, paille …), déjections animales (ex : fumier,
fientes, bouses…), rumen (contenu des panses d’animaux) … etc.

IV.1.1. Paramètres du compostage [19]

Température: L’activité optimale des micro-organismes qui décomposent les déchets


correspond à une plage de température bien définie.

 Les espèces psychrophiles se développent à une température optimale de10 à 15 °C,


 Les espèces mésophiles: leurs développement et multiplication s’effectue entre 20 et
40 °C,
 Les espèces thermophiles: Elles aiment la chaleur et se développent entre 50 et 70°C,
 Les hyperthermophyles y vivent au delà de 80 °C.

Potentiel d’hydrogène (pH) : Il existe trois types d’espèces dépendantes du pH : les


neutrophiles, les acidophiles et les alcanophiles (basophiles).

Teneur en eau : La teneur en eau des déchets mis à composter conditionne l’activité des
micro-organismes. L’humidité optimale pour le compostage est généralement de 50 à 60%.

Si la teneur en eau baisse en dessous de 30%, la décomposition de la matière organique est


inhibée, si elle dépasse 70%, l’eau commence à remplir les espaces lacunaires des déchets et
empêche les échanges d’oxygène, provoquant des conditions défavorables au compostage. Il
est en général nécessaire de contrôler l’humidité et d’arroser régulièrement en cours de
décomposition.

Apport d’air : L’apport d’air est indispensable pour maintenir un milieu aérobie nécessaire à
une décomposition rapide et inodore. Une carence en oxygène conduira à la mise en place de
conditions anaérobies avec la production de biogaz et d’odeurs désagréables. Le niveau
minimum souhaité d’oxygène se situe entre 5 et 10% dans le compost en décomposition. Les
systèmes d’aération possibles sont les retournements manuels ou mécaniques et l’aération
passive ou forcée.

Granulométrie : La dimension moyenne des déchets «la granulométrie» détermine la vitesse


de décomposition. Si la surface de contact entre les déchets et les micro-organismes est
moyenne (3 à 4 cm), la fermentation sera meilleure. Une granulométrie trop fine diminue en
revanche la circulation de l’air, provoquant une insuffisance d’oxygène. Une granulométrie
trop élevée contribue à des apports en oxygène trop importants ayant pour conséquence
l’assèchement du compost et la réduction de la montée en température.

34
Rapport carbone/azote - Le rapport C/N idéal pour le compostage se situe entre 20 et 30. Si
les éléments du compost sont bio-disponibles (ce n’est pas le cas de certains composants du
bois par exemple), les micro-organismes utilisent le carbone pour leur production d’énergie et
l’azote pour leur production d’acides aminés et de protéines. La consommation microbienne
de l’azote et du carbone entraîne une diminution du rapport C/N lors de la décomposition des
déchets.

IV.1.2. Processus du compostage

Lorsque les conditions du compostage sont réunies (humidité, pH, température, rapport
C/N et oxygène) le processus peut commencer. La température est le paramètre le plus
perceptible et facilement contrôlable. Son évolution témoigne de l’activité des décomposeurs
comme l’indique la figure 05. Le processus est réalisé en quatre phases [1,20] :

 Phase mésophile,
 Phase thermophile,
 Phase refroidissement,
 Phase de maturation.

Au début du processus, les microorganismes sont les seuls actifs entraînant dans leur
travail de décomposition une grande consommation d’oxygène et une forte augmentation de
la température. C’est le stade de décomposition qui comprend les trois premières phases :
mésophile, thermophile et de refroidissement.

35
Figure 05 : processus de compostage

IV.1.3. Maturation du compost

Le compost peut être considéré comme mature lorsque :

 Sa température est stabilisée en dessous de 30 °C,


 La matière organique se stabilise,
 Il ne se dégrade pas en anaérobie lors du stockage,
 Il ne représente pas de toxicité vis-à-vis des plantes,
 Il présente bonne odeur caractéristique du terreau,
 Il ne contient pas de métaux lourds

IV.1.4. Techniques de compostage

Il existe plusieurs techniques de compostage qui sont classées en deux grandes familles
[20] :

 Système ouvert, le compost est visible. Les déchets sont en contact avec l’air ambiant.
C’est le cas du compostage en tas, andains, silos, couloirs et fosses.
 Système fermé, le compost n’est pas visible. Le compostage aérobie peut se faire en
système fermé. Tunnels et canaux,

36
Exemples de techniques de compostage :

 Compostage en tas
 Compostage en fosse
 Compostage en silo
 Compostage en andain (couloir)
 Compostage en réacteur clos (digesteur)
 Compostage en bio-stabiliseur

Compostage en andain Compostage en tas

bio-dégesteur
Compostage en silo

Figure 06 : Exemples de techniques de compostage

IV.2. Lombriculture

La lombriculture ou le lombri-compostage consiste à produire du compost à l'aide de


vers. On utilise les vers rouges de Californie, une espèce qui consomment une quantité
phénoménale de matière végétale en décomposition. Ils rejettent ensuite les déchets en petites
crottes ou tortillons en enrichissant le sol. Ils peuvent absorber et rejeter chaque jour
l'équivalent de leur poids. En plus, les vers creusent des tunnels et aèrent la terre en favorisant
l'enracinement des plantes et le développement des micro-organismes. Les vers rouges de

37
Californie produisent un compost riche avec une bonne odeur d'humus. On obtient
du compost après deux ou trois mois [6].

Figure 07 : Lombriculture

IV.3. Méthanisation

La méthanisation, également appelée digestion anaérobie, est un processus de


dégradation anaérobique au cours duquel la matière organique complexe est transformée en
un biogaz par une flore microbienne complexe et spécifiques.

La méthanisation produit du biogaz qui est composé de méthane et de dioxyde de carbone, et


du digestat qui est un résidu solide, subit à son tour, une dégradation aérobie pour produire du
compost.

La méthanisation a été découverte par Volta en 1776. Le terme méthane est proposé en
1865 et confirmé en 1892 lors d’un congrès international de nomenclature chimique [21].

IV.3.1. Avantages de la méthanisation [21]

• Consommation minimum d’énergie,

• Elimination de la pollution,

• Réduction de la charge organique et des boues,

• Réduction de l’effet de serre,

• Production de biogaz,

• Réduction des biogaz et

• Réduction des risques pathogènes.

38
IV.3.2. Déchets méthanisables [1,21]

Les Déchets méthanisables les plus répandus sont :

 Les déchets verts,


 Les déchets des industries agro-alimentaires,
 Les déchets de marché,
 Les déchets putrescibles,
 Les ordures ménagères,
 Les boues des stations d’épuration des eaux usées urbains ou industrielles et
 Les déchets d’élevage.

IV.3.3. Paramètres de méthanisation [1,15,21]

a. Les microorganismes

Ils sont responsables de la méthanisation, ils vivent et se développent dans un milieu


anaérobiose. Ils sont appelés méthanogénèses et appartiennent à trois groupes:

 Bactéries hydrolytiques et fermentatives,


 Bactéries acétogènes,
 Bactéries méthanogènes.
b. La température

La méthanisation est peu oxydative, donc peu exothermique. Pour favoriser l’activité
microbienne, il est nécessaire de chauffer et de thermostater les digesteurs, le plus souvent en
utilisant une part du méthane produit. On peut alors choisir un optimum autour de 30-35°C
(zone mésophile) ou vers 45-55°C (zone thermophile) qui permet d’accroitre la vitesse de
réaction d’un facteur de 2 à 4, mais qui implique en contrepartie une plus grande dépense
énergétique.

c. pH

Le pH optimal se situe autour de la neutralité. Au delà d’un pH = 6, les bactéries acétogènes


sont fortement inhibées. Pour conserver une marge de sécurité, on travaille généralement à un
pH = 7,5 – 8.

d. La teneur en O2 et la teneur en eau

L’oxygène est toxique pour les bactéries anaérobies strictes qui sont les bactéries
acétogènes et méthanogènes. Il faut donc bloquer les entrées d’air, en travaillant par exemple

39
en conditions noyées. La méthanisation est donc un procédé particulièrement adapté aux
déchets fortement humides. La teneur en eau optimale se situe aux alentours de 90%.

e. Les conditions d’agitation

Dans un milieu extrêmement humide, l’agitation a pour objectif d’éviter d’une part le
flottement de certains débris (végétaux, morceaux de plastique, etc.) et d’autre part la
décantation des parties les plus denses (inertes, morceaux de verre,… etc.). Cette agitation,
qui n’a pas besoin d’être permanente, peut se faire mécaniquement, soit par pompage
périodique, soit par circulation de biogaz comprimé.

IV.3.4. Processus de méthanisation

La méthanisation se déroule en trois étapes [4] :

Etape 1 : Il s’agit de l’hydrolyse et de l’acidogenèse :

 L’hydrolyse : Formation de monomères ou oligomères, assimilables par les


microorganismes.
 L’acidogenèse : Transformation des produits de l’hydrolyse en composés simples tels
que l’hydrogène, le gaz carbonique et aussi des acétates, de l’éthanol, de
l’ammoniaque et des acides gras volatils (AGV) comportant de 2 à 5 atomes de
carbones.

Etape 2 : L’acétogenèse est la transformation des alcools et AGV en acide acétique,


hydrogène et dioxyde de carbone.

Etape 3 : La méthanogénèse est une étape strictement anaérobique conduisant à la formation


de CH4 et de CO2 à partir des produits issus des trois étapes précédentes. Les bactéries
méthanogènes sont les archaebactéries, caractérisées par leur autotrophie et la nécessité d’une
anaérobiose stricte.

Sans tenir compte des opérations de préparation du déchet avant digestion, les opérations
avec digestion anaérobie comportent deux phases principales :

- Phase N°1 - « digestion anaérobie », production de biogaz à partir de la matière


organique fraiche.
- Phase N°2 - « maturation aérobie », biodégradation aérobie de la matière organique
non biodégradée en condition anaérobie et recombinaison de la matière organique
résiduelle.

40
Chapitre V

Traitement thermique des déchets ménagers


et assimilés : Incinération et Pyrolyse
Introduction

L’incinération est une technique de traitement des déchets ou d’une fraction de ceux-ci
par combustion de la phase organique dans des fours spéciaux adaptés aux caractéristiques
des déchets (hétérogénéité et pouvoirs calorifiques variables).

L’incinération est couramment utilisée pour l’élimination des ordures ménagères. Les
usines d’incinération modernes sont conçues pour récupérer l’énergie; en effet, la chaleur
générée par l’incinération fait l’objet d’une valorisation énergétique (production d’électricité
et de chaleur) dans la plupart des unités.

V.1. Incinération

L’incinération est un mode de traitement et d’élimination des ordures ménagères très


répandu dans les pays industrialisés qui permet la réduction d’environ 90 % du volume et 75
% de la masse des déchets et la destruction complète des bactéries. Elle consiste à brûler les
ordures dans un four spécialement adapté à une température d’environ 850 °C en libérant de
la chaleur, de la vapeur, des effluents gazeux (fumées), des mâchefers (30 %) et des cendres
volantes (3 - 4 %) [22].

En Algérie, l’incinération est appliquée uniquement pour les déchets hospitaliers au


sein de certains hôpitaux. Pour les déchets ménagers, ce mode de traitement n’est pas adopté
même si cette solution semble plus écologique que l’enfouissement [23].

Elle présente au moins trois inconvénients liés aux :

 Taux d’humidité très élevé (largement supérieur à 70%) du à la prédominance de


déchets organiques dans les déchets ménagers,
 Coût de traitement plus élevé suite aux frais d’équipement et d’exploitation,
 Faible pouvoir calorifique inférieur (P.C.I) des déchets ménagers qui est d’environ
1000 kal/kg et ne permet pas une auto-combustion en raison de la teneur en humidité
trop élevée des déchets.

I.1.1. Principe

Les déchets sont introduits en vrac à l'aide d'un grappin ou en fûts, à l'intérieur du four.
Afin de réguler l'alimentation, ils peuvent être broyés grossièrement et injectés de façon
continue.

60
La réglementation impose des niveaux minima de température et de temps de séjour,
de teneur en O2 et un seuil maximum de CO2 pour les gaz issus de la combustion [24].

La combustion est en général réalisée par un étagement de la combustion sur deux zones
(foyer et postcombustion) en respectant une règle dite 3T (Température, Temps de séjour et
Turbulence) :

- La température : Elle doit être suffisante pour assurer l’oxydation complète du


déchet (foyer) et des effluents gazeux générés (postcombustion). Une température de
850°C est généralement maintenue au foyer, tandis que des températures de 1000 à
1100°C sont nécessaires en postcombustion.
- Le temps de séjour : Les temps de séjours des solides dans le foyer peuvent aller de
plusieurs minutes à une heure. Pour les composés organiques simples, ce temps doit
être au minimum égal à deux secondes, après la dernière introduction d’air.
- La turbulence : La turbulence interne au foyer permet d’assurer l’homogénéité du
mélange du combustible et du gaz comburant (air), afin d’éviter les appauvrissements
locaux en oxygène ou bien l’existence de zones froides diminuant les vitesses de
combustion.

V.1.2. Paramètres de l’incinération

Lors de la combustion, il faut tenir compte de certains paramètres tels que le taux
d’humidité et le pouvoir calorifique [1, 22, 24].

 Teneur en eau

Les ordures, quelle que soit leur provenance, ont une teneur en eau élevée qui influe
fortement sur la combustion. Supérieur à 50%, le taux d’humidité fait perdre au déchet
l’intérêt de la combustion car la chaleur fournie sera surtout employée à vaporiser l’eau.

 Teneur en cendres (ou inertes)

La teneur en cendres (composées des matériaux minéraux et des métaux) influence le


pouvoir calorifique inférieur. Plus elle est élevée, plus la disponibilité énergétique est faible.

 Teneur en matières combustibles

Les matières combustibles sont des éléments à base de carbone et d’hydrogène (papier,
bois, végétaux, plastiques) et à fort pouvoir calorifique (30 à 100% à celui du pétrole).

61
Indispensables à la combustion, elles associent en un tout, divers éléments simples : tels
que le carbone, l’hydrogène, l’oxygène, le chlore et l’azote qui s’échappent sous forme de
gaz, pour la plupart combinés à l’oxygène en fin de processus. Le teneur des ordures
ménagères en matières combustibles varie, en général, entre 15 et 50% par unité de masse.

 Pouvoir calorifique

La connaissance du pouvoir calorifique supérieur ou inférieur est déterminante pour le


calcul des caractéristiques d’un four et la valorisation par incinération.

Pour l’incinération, une des caractéristique des déchets est le « pouvoir calorifique
inferieur » ou PCI, qui dépend de la composition des déchets et qui évolue dans le temps en
fonction des saisons et de l’espace, en milieu urbain ou rural. Le PCI est défini par la teneur
en eau et la part des parties combustibles.

L’exploitation d’énergie thermique des déchets ménagers a lieu à travers la production de


vapeur, qui est utilisée pour la génération d’énergie électrique et de la chaleur.

Avec un pouvoir calorifique de 8.000 kJ/kg d’ordures ménagères, environ 50% du


pouvoir thermique sont utilisés pour le processus d’incinération et les autres 50% pourront
être employés extérieurement.

V.1.3. Structure d’une installation d’incinération des ordures ménagères

Une usine d’incinération des ordures ménagères (UIOM) comporte généralement les
éléments suivants, comme représenté sur la figure 8 [25] :

 Une fosse de stockage des ordures;


 Un grappin qui mélange les déchets et alimente les trémies situées au-dessus du four;
 Le four de combustion pourvu éventuellement d’une chambre de postcombustion;
 Une chaudière qui génère la vapeur en refroidissant les gaz de combustion;
 Un système d’extraction des mâchefers et des cendres volantes (résidus de
combustion)
 Un dispositif de traitement et d'évacuation des fumées tels que le dépoussiérage
(centrifugation et/ou électro-filtre et/ou filtre à manche), lavage-neutralisation (voie
sèche ou semi-sèche, humide ou semi-humide, voie par condensation);
 Une cheminée d’évacuation des fumées.

62
Figure 08 : Schéma descriptif d’une usine d’incinération des ordures ménagères (UIOM)[25]

Les procédés semi-humides, semi-secs et secs sont représentés par cette configuration.
Le procédé humide ne comporte pas de filtre à manches, le réacteur est remplacé par une tour
de lavage des fumées et les effluents liquides issus de ce lavage sont traités afin d'obtenir un
gâteau de filtration. Les signes "±" correspondent aux variantes (selon le procédé de
neutralisation des gaz acides, la technologie et le taux de dépollution désiré).

V.1.4. Les différentes phases du processus d’incinération

En général, l’incinération des déchets se déroule en trois phases distinctes, à savoir :

Une phase de séchage avec évaporation de l’eau, durant laquelle se dégagent les matières
volatiles;

Une phase de vaporisation des matières organiques à partir de 200°C;

Une phase de gazéification et de combustion du résidu carboné : Les matières volatiles


émises brûlent à partir de 500°C, cette combustion est considérée complète à 1000°C, pour
autant que le contact air/combustible soit satisfaisant et que le temps de séjour à ces hautes
températures soit suffisant.

Les matières combustibles, constituées essentiellement des éléments C, H, Cl, S et N


subissent une dégradation thermique conduisant à la génération de CO 2, H2O et en quantité
moindre de HCl, SOx, NOx qui se retrouvent dans les effluents gazeux. Les fumées produites
sont donc riches en poussières et en gaz polluants [24].

63
V.1.5. Types de fours d’incinération des ordures ménagères

Concernant la phase de combustion elle même, plusieurs types de fours ont été
développés et sont présentés ci-dessous. La majorité des installations sont équipées de « fours
à grille », mais d’autres technologies comme les ≪ fours tournants et/ou oscillants » ou les «
fours à lit fluidisé » sont aussi employés [25].

V.1.5.1. Fours à grilles mobiles

L’incinération a connu sa première et grande révolution technologique dans les années


trente avec l’utilisation des fours à grilles mobiles inventés en 1925 par l’ingénieur Allemand
Joseph MARTIN. C’est le procédé d’incinération le plus utilisé pour les déchets urbains.

Le schéma de principe est représenté sur la Figure 9. Dans ce type de four, la


combustion des déchets a lieu sur un support mobile, en général une grille, constituée soit de
barreaux (mouvements de translation du déchet), soit de rouleaux (mouvements de rotation).
Les fumées produites sont extraites, en partie haute, vers une enceinte verticale revêtue de
matériaux réfractaires, couplée ou non à une chaudière de récupération (postcombustion).

Les éléments de la grille (barreaux et rouleaux) forment un ensemble de pièces


mobiles animées de mouvements alternatifs, permettant l’avancement des déchets, ainsi que
leur brassage. Cette grille est soit inclinée, soit horizontale. L’air primaire de combustion, en
excès, est reparti sous la grille via des caissons de distribution. Ce mode d’aération permet
non seulement le refroidissement de la grille, mais aussi une aération des déchets en cours de
combustion. La combustion est organisée le long de la grille de façon à réaliser :

En entrée, une zone de séchage des déchets par rayonnement de la voûte;

Suivie d’une zone de pyrolyse des déchets avec inflammation des matières volatiles en
phase gazeuse;

Puis d’une zone de combustion du carbone fixe résiduel;

Et enfin, une zone de refroidissement des mâchefers, avant leur évacuation en sortie de
foyer, où ils subissent une extinction dans une garde à eau (extracteur à mâchefers),
permettant également d’éviter toute pénétration d’air parasite.

Les gaz produits par la combustion des déchets sont mélangés à de l’air secondaire au
niveau de la postcombustion, pour permettre la combustion complète des matières volatiles et
imbrûlées formées au niveau de la grille.

64
V.1.5.2. Fours tournants et/ou oscillants

Ce type de four consiste essentiellement en une enceinte cylindrique réfractrice,


légèrement inclinée sur l’horizontale (1 à 4°), mise en mouvement de rotation lente (moins de
2 tr/min), ou d’oscillation, pour permettre la mise en mouvement et le brassage des déchets.

Ce type de four est, en général, équipé d’une double enveloppe, assurant le


préchauffage de l’air de combustion, celui-ci étant injecté sous les déchets.

En four tournant (Figure 10), les fumées sont extraites au niveau de l’introduction des
déchets, en face avant, les fumées progressant dans ce cas à contre-courant de la charge.

En four oscillant, les fumées sont extraites au milieu du four, au niveau de


l’enveloppe cylindrique, les fumées progressant alors à courant parallèle puis à contre-courant
de la charge.

Figure 09 : Four à grilles mobiles [25]

65
Figure 10 : Four tournant [25]

V.1.5.3. Fours à lit fluidisé

La combustion en lit fluidisé est une technique éprouvée sur le charbon ou sur certains
déchets homogènes (boues de station d'épuration). Son application au traitement thermique
des déchets ménagers est relativement récente et repose sur le principe d’incinérer les ordures
dans un lit de matériaux solides inertes constitués généralement de 95% de sable et de 5% de
déchets, mis en suspension par une injection d’air à sa base.

Les fours à lit fluidisé sont de trois types (Figure 9) : dense, circulant et rotatif, qui se
différencient principalement sur le moyen d’assurer la meilleure combustion afin de réduire
les imbrûlés [24, 25].

Four à lit fluidisé dense (LFD)

Dans le four à lit fluidisé dense (Figure 11-a), les particules minérales et l'air sont
injectés à la base du four. La vitesse de l'air ascendant est alors de l'ordre de 1 à 3 m/s. La
densité moyenne du lit est importante, d’ou le nom donne à cette technologie. Le mélange
avec les déchets (granulométrie de 150 mm), est concentré en partie inférieure. Les déchets
sont portés à 700 °C et la combustion est très bonne. Il s'agit de la technologie la plus simple
techniquement, adaptée à des installations de petites capacités (2 à 10 t/h), et à une large
gamme de déchets (après broyage), avec une plage de PCI comprise entre 1500 et 6000
kcal/kg [24, 25]

66
Four à lit fluidisé rotatif (LFR)

La Figure 11-b représente un lit fluidisé rotatif qui est une variante du lit fluidisé
dense.

A la différence du procédé classique où l'air suit un mouvement ascendant, le lit fluidisé


rotatif opère avec des injections d'air latérales réparties sur la hauteur du four. L'écart de
densité du lit entre la zone centrale et les zones extérieures crée des mouvements rotatifs. En
plus, la géométrie du four présente une sorte de goulot d'étranglement en son milieu qui
accélère la circulation du lit.

Ces deux modifications permettent d'avoir un meilleur brassage et, par conséquent,
une meilleure combustion. La température de combustion est d'ailleurs un peu plus faible que
dans le four classique, de l'ordre de 650 à 700 °C. La plupart des déchets : ordures ménagères,
déchets industriels banals, boues de STEP, [Link]. peuvent être traités par ce
procédé [24, 25].

Four à lit fluidisé circulant (LFC)

Le four à lit fluidisé circulant (Figure 11-c) présente deux caractéristiques. D'une part,
l'injection d'air à la base du four se fait à une vitesse supérieure, de façon à ce que les
particules soient en suspension sur l'ensemble de la hauteur du four. D'autre part, les
particules de sable (auxquelles est ajoutée une injection de carbonate de calcium afin de traiter
en même temps le SO2 et le HCl) qui sont évacuées avec les gaz de combustion en partie
haute du four, sont récupérées dans un cyclone, puis réinjectées dans le foyer de combustion
jusqu'à ce que tous les déchets soient brûlés.

Cette technologie nécessite un déferraillage et un broyage fin (50 à 100 mm), ainsi
qu'une extraction du verre (pour limiter l'érosion) et une température élevée (850°C). Elle est
adaptée aux installations d'assez forte capacité (10 à 15 t/h). Le rendement est cependant élevé
avec une bonne production d'électricité et il y a peu de mâchefers (10%) et d'imbrûlés (3%)
[23, 25].

67
Figure 11 : Fours à lit fluidisé : (a) dense (LFC), (b) rotatif (LFR), (c) circulant (LFC) [25]

V.1.6. Résidus solides de l’incinération des ordures ménagères

En plus des rejets gazeux, l’incinération des déchets ménagers produits des résidus
solides qui sont principalement les mâchefers d’incinération d’ordures ménagères (MIOM) et
les résidus d’épuration des fumées d’incinération des ordures ménagères (REFIOM)[11,26].

V.1.6.1. Mâchefers (MIOM)

Ce sont les principaux résidus (scories) retirés des foyers après incinération des
ordures ménagères et composés de matériaux plus au moins incombustibles et facilement
identifiables comme le verre, les ferrailles et tous les composés non volatils contenus dans les
ordures ménagères. Ils ont l’aspect d’un solide noirâtre, de granulométrie variée et sont
composés à 90% d’oxydes de silice, d’aluminium (en majorité), de sodium, de potassium et
de magnésium.

Les mâchefers sont classés en trois catégories : mâchefers de classe V (directement


valorisés), mâchefers de classe M (valorisés après maturation de 1 à 4 mois) et mâchefers de
classe S (stockés dans des CET de classe 2) [1, 11, 26].

68
V.1.6.2. Résidus d’épuration de fumées d’incinération d’ordures ménagères (REFIOM)

Ce sont des cendres volantes (poussières, fines particules, gâteau de filtration…etc.),


véhiculés par les gaz de combustion et captés par l’électro-filtre (1er dépoussiéreur) et des
résidus de neutralisation et d’élimination des métaux lourds et des dioxines/furanes captés
dans une large majorité par le 2ème dépoussiéreur (filtre à manches).

Les REFIOM sont constitués de 90% en moyenne de composés minéraux sans danger
(Silice et calcaire), le reste de métaux lourds, de dioxines et de furanes. Les cendres volantes
renferment 100 fois plus de dioxines que l’air rejeté à la sortie de la chambre de combustion.
Considérés comme déchets ultimes, ils sont évacués et stockés dans des CET de classe 1 après
un traitement de stabilisation et de solidification qui permet de réduire leur fraction lessivable
(lixiviable) due surtout aux métaux lourds [26].

V.2. Pyrolyse

La pyrolyse des déchets, également désignée par thermolyse ou distillation sèche,


consiste à un traitement thermique endothermique (ΔH > 0), à température modérée, au cours
duquel la fraction organique du déchet est décomposée, en l’absence d’air ou en atmosphère
réductrice (O2 < 2%), pour fournir une phase gazeuse et une phase solide.

Cette distillation thermique de la charge peut s’appliquer aux déchets ménagers et


donne comme sous-produits :

Des poussières composées principalement de noir de carbone;

D’un gaz combustible (CO, H2, CH4, H2O…etc.);

D’un résidu huileux composé principalement de produits organiques partiellement des


oxydes (esters, acides, alcools,… etc.);

D’un résidu carbone solide (coke de pyrolyse).

Le schéma général de mise en œuvre d’un processus de pyrolyse de déchets est illustré
dans la Figure 12 [22].

69
Figure 12 : Schéma de principe d’un four de pyrolyse [22]

(1) déchet ; (2) crible ; (3) calcaire ; (4) pyrolyseur ; (5) extraction de coke ; (6) cylindre ;

(7) crackage ; (8) échangeur de chaleur ; (9) air ; (10) production gaz ; (11) coke.

La pyrolyse s’effectue selon trois phases : un séchage pour l’élimination de l’eau, suivi
d’une distillation des matières volatiles et enfin une transformation en carbone fixe. Elle
engendre moins de gaz que l’incinération, les dioxines et furanes sont totalement éliminés et
le chlore est neutralisé.

V.2.1. Valorisation des produits de pyrolyse

Le produit majoritaire d’une pyrolyse est soit un coke (pyrolyse lente), soit un gaz
combustible (pyrolyse rapide). Dans le premier cas, le coke produit peut être valorisé :

Soit par combustion sur place (pyrolyse intégrée), les dispositifs de traitement des fumées et
de récupération calorifique par chaudière aval étant similaires aux dispositifs utilisés en
incinération conventionnelle;

Soit après transport, en valorisation par combustion différée (Co-incinération en cimenteries


par exemple ou, après épuration, utilisés en tant que combustibles secondaires).

Dans le second cas, le gaz de pyrolyse produit peut être :

Soit brulé sur place (pyrolyse intégrée), la récupération d’énergie étant réalisée par
chaudière;

Soit craqué puis envoyé, après épuration, en moteur à gaz, lui-même couplé à un
alternateur.

70
[Link] de fours utilisés en pyrolyse [25]

Les technologies partent des conceptions de fours traditionnels en les adaptant aux
particularités de la pyrolyse. Les quantités de gaz à traiter étant plus faibles, les traitements de
fumées sont moins onéreux que dans le cas d’unités d’incinération traitant une quantité de
déchets identique. La conception ne change pas, mais le montant de l’investissement s’en
trouve réduit. Les types de fours utilisés en pyrolyse sont :

Les fours verticaux à lit tombant : Technologie voisine de la conception des hauts
fourneaux. Les déchets calibrés, introduits en continu à la partie supérieure du four, se
trouvent préchauffés par les gaz produits par la pyrolyse en position inférieure et qui
s’échappent vers le haut.

Les fours tournants : Concept qui se rapproche des fours de cimenterie. Le four a la
forme d’un cylindre incliné tournant sur lui-même. L’intérieur du four est lisse ou comporte
des tubes échangeurs de chaleur permettant de chauffer la masse de déchets.

Les fours à lit fluidisé : La combustion de déchets en lit fluidisé a conduit à ce type de
four pour pyrolyse ; là aussi du sable en suspension favorise les transferts thermiques vers les
déchets. Il suffit de faire circuler les gaz de pyrolyse pour obtenir des vitesses de fluidisation
suffisantes bien que l’apport d’oxygène soit réduit.

Les fours à traitement par lots : Les déchets sont disposés en vrac dans des boîtes ou des
wagonnets mobiles qui avancent dans le four fixe et sortent après pyrolyse.

V.2.3. Principales différences entre incinération et pyrolyse

L’Incinération

- L’incinération réside dans la combustion du déchet à haute température (> 850°C).


- Elle est adaptée aux traitements de grosses capacités (100 à 150000 tonnes/an).
- Elle dégage des quantités de gaz et de fumées importantes qui nécessitent un
traitement efficace.
- Elle exige de gros investissements.

La pyrolyse

- La thermolyse (pyrolyse) décompose le déchet en le chauffant dans un four


hermétique sans oxygène à moyenne température (entre 450 et 750°C).
- Elle est adaptée aux gisements moyens (moins de 50000 tonnes/an).
- Elle produit moins de fumées et pratiquement pas de dioxines et furanes.
71
- Les installations de pyrolyse sont généralement de taille moyenne.

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