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Nature Et Faune

La revue Nature et Faune est une publication internationale trimestrielle dédiée à l'échange d'informations sur la gestion de la faune et la conservation des ressources naturelles en Afrique. Le numéro de janvier-juin 1999 se concentre sur les aires protégées et leur rôle dans le développement durable, tout en abordant les défis posés par les conflits armés sur les espaces naturels. Les articles incluent des analyses de la biodiversité et des cas spécifiques de gestion des aires protégées dans plusieurs pays africains.

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Nature Et Faune

La revue Nature et Faune est une publication internationale trimestrielle dédiée à l'échange d'informations sur la gestion de la faune et la conservation des ressources naturelles en Afrique. Le numéro de janvier-juin 1999 se concentre sur les aires protégées et leur rôle dans le développement durable, tout en abordant les défis posés par les conflits armés sur les espaces naturels. Les articles incluent des analyses de la biodiversité et des cas spécifiques de gestion des aires protégées dans plusieurs pays africains.

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Nature et Faune

Wildlife and Nature


i^<*^ A*.
Revue International journal
Internationale pour la on nature Vol. 15no.1
'Conservation de la conservation Janvier -Juin 1999
{nature en Afrique in Africa UNEP / PNUE January -June 1999

FAO Regional Office for Africa Bureau Regional de la F.A.O. pour I'Afrique
-
Accra (Ghana)
La revue Nature et Faune est une publication Internationale
a permettre un echange d'informations
trimestrielle destinee
Nature et Faune et de connaissances scientifiques concernant la gestion de
la faune, Tamenagement des aires protegees et la conserva-
Volume 15. n° 1 Janvier -Juin 1999.
tion des ressources naturelles sur le continent africain.
January -June 1999.
"Nature et Faune" is a quarterly international publication de-
dicated to the exchange of information and scientific data on
wildlife and protected areas management and conservation
of natural resources on the African continent.

Editeur - Editor P.D. Kone


:

Ass. Editeur - Ass. Editor J. Thompson


:

Conseillers - Advisers E.H. Sene, P. Vantome, P. Howard,


:

D. Williamson, G. Chyzuka.

Nature Faune depend de vos contributions benevoles et


et
volontaires sousla forme d'articles ou d'annonces dans le
domaine de la conservation de la nature et de la faune sau-
vage dans la Region. Pour la publication d'articles ou tout
renseignement complementaire, ecrire a I'adresse suivante:

"Nature et Faune" is dependent upon your free and voluntary


contributions in the form of articles and announcements in
the field of wildlife and nature conservation in the Region.
For publication of articles or any further information, please
contact:

Revue NATURE ET FAUNE


F.A.O. Regional Office for Africa
P.O. BOX 1628
^>%f,^ ACCRA (Ghana)

21) 668427/233999; E-mail: fao-raf (Sfield.fao.org


-
Fax: (233

Printed by The Advent Press, Accra, Ghana


Contents

Editorial 1

Une Analyse Du Reseau Des Aires Protegees Du Gabon


Analysis of the Protected Area Network in Gabon
Par//)y David Brugiere 4

Aires Protegees Au Niger: Eco-systemes, Gestion Et Fonctions Peripheriques


Protected Areas In Niger: Ecosystems, Management and Peripheral Functions
Par/iby Michel Benoit 22

Le Partage Des Benefices De L' amenagement Des Aires Protegees: Le Cas du Pare
National De Tarangire En Tanzanie
Benefit Sharing in Protected Area Management: the Case of Tarangire National Park in
Tanzania
Tir6 de /Extracted from World Bank "Findings, No 88 juin 1997 30

Diversite Biologique et Conservation: Cas De L' avifaune Forestiere Nicheuse De La


Kabylie Des Babors (Aigerie)
Biological Diversity And Conservation: the Case Of The Forest Nest-building Avifauna
Of The Kabylie Des Babors In Algeria
Par/by M. Bellatreche 37

Ethologle et Ecologie Des Troupeaux D'elephants {Loxodonta Africana) De La Zone


Cynegetique De Djona Au Benin
Ecology and Ethology of Elephant Herds (Loxodonta Africana) of the Djona Hunting
Zone in Benin
Par/ibyAristideC.TEHOU &BriceSINSIN 49

Les Gorilles et Les Guerilleros De La Foret Bwindi En Uganda: Le Film Des Evenements
Gorillas and Guerrilas of Bwindi Forest in Uganda: the Moment of Fact
Par/fc>y Simon Peter Wamoto Nabendeh 72
Editorial
Parmi dominantes de la FAO au cours de ce dernier semestre de 1999, est inscrit
les activites
sur les aires protegees et le developpement rural durable. Cette grande rencontre
I'Atelier International

sera I'occasion pour les participants de tous les horizons geographiques et d'une vaste gamme de profils
professionnels, de confronter leurs experiences et leurs visions sur les Aires Protegees et sur leur place
et leur role dans le developpement rural durable. C'est done tout naturellennent, que Nature et Faune
consacre ce numero aux Aires protegees dans quelques pays d'Afrique centrale, orientale et meridionale.

Bien avant la creation de


premiere foret classee, du premier pare national, d'autres formes de protection
la

de certains ecosystemes, de certaines especes, ont existe, et subsistent encore en Afrique. Ces formes
de protection, presque toujours a connotation cultuelle, avaient permis de preserver des espaces naturels
centre toute forme d'exploitation non-spirituelle, de bannir I'utilisation de certaines especes animates dans
des zones specifiques, de iier les prelevements de certains produits a des conditions qui permettaient de
garantir leur renouvellement.

On done, jamais aire ne fut mieux protegee que celles des forets sacrees ou seuls les inities avaient
le voit

le droitde penetrer. De meme, le systeme des totems familiaux ou tribaux qui rendait certaines especes,
surtout animales, sacrees aux yeux des communautes concernees, (par exemple, dans certains pays
d'Afrique de I'Ouest, les Sene ne devaient absolument pas toucher aux Lievres les Ba, devaient defendre
;

les Varans les Keita, proteger les lions, etc.), permettait implicitement la protection au moins partielle
;

de ces especes dans les zones ou dominaient les families, tribus ou clans concernes. Selon les regions
eco-geographiques et les Societes en presence, des systemes similaires etaieht toujours en place, qui
garantissaient un equilibre harmonieux entre les ecosystemes naturels, et les implantations humaines.

IIest done tres interessant, alors que ce numero de Nature et Faune est en majorite consacre aux aires
protegees, telles que nous les voyons aujourd'hui, que nous puissions comparer et confronter ces formes
de conservation, evidemment dans leurs contextes respectifs, de maniere a pouvoir peut-etre etablir des
" "
ponts qui aideront les Communautes africaines a mieux accepter et integrer les aires protegees, telles"
qu'elles se congoivent de nos jours.

Cette conception de la protection elle-meme, est souvent tres restrictive, et parfois utilisee de fa^on
innocente ou reflechie pour distribuer des satisfecit ou pointer du doigt. Pourtant, est tout a fait possible
il

d'avoir de production bien conservees et bien portantes, et des domaines de chasse ou la


des forets
faune demeure riche, parce que ces zones auront ete bien amenagees et soumises a des regies strictes
de gestion. nous a ete rapporte par exemple que dans certaines zones d'interet cynegetiques (ZIC) au
II

Senegal, ou les prelevements de la faune sont rigoureusement controles, certaines especes jugees a un
moment donne en regression, sont en train de se regenerer significativement. De nombreux autres
exemples de ce genre feront certainement I'objet d'interessants debats lors de la reunion de Harare, au
mois d'octobre.

L'enjeu est egalement de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'hiatus entre la conservation proprement dite et
le developpement. Faire face a cet enjeu c'est identifier, illustrer et entretenir les voies par lesquelles la

conservation sert le developpement (par exemple, les ressources genetiques bien protegees peuvent etre

a base d'autres ressources pour la production agricole et alimentaire) c'est egalement trouver des
la ;

solutions novatrices dans lesquelles des equipements et infrastructures bien census peuvent apporter des

appuis qui souvent font defaut au developpement des communautes des zones riveraines des unites de
conservation. C'est enfin integrer dans les comportements economiques, des reflexes et actions
favorables a la conservations des valeurs biologiques dans les ecosystemes meme les plus profondement
modifies.

Mais le probleme qui preoccupe a la fois les scientifiques, les ecologistes et les operateurs
veritable

touristiques, c'est I'impact desastreux des conflits armes, de nos jours particulierement repandus en
Afrique, sur les espaces naturels en general, et les aires protegees en particulier. Ce phenomene avait
ete evoque lors de la 11ieme session de la Commission des Forets et de la Faune sauvage pour I'Afrique,
et nous avions surtout evoque la destruction massive des habitats sauvages. Mais depuis, nous savons
egalement que l'enjeu du tourisme ecologique peut egalement servir de pretexte aux belligerants qui
n'hesitent alors pas a s'attaquer aux personnes visitant les Pares naturels, dans le but d'internationaliser
leur combat ou de diserediter davantage le regime en place.

-1-
Le massacre des touristes de lareserve de gorilles de Bwindi en Ouganda en est une triste illustration que
Nature et Faune, par la plume de Simon Peter Wamoto Nabendeh, vous relate dans les pages qui suivent.
Comme nous le faisons depuis plus d'un an, nous reiterons notre invitation aux lecteurs, pour qu'ils nous
leurs commentaires et contribution
envoient, en plus des articles qui deviennent de plus en plus nombreux,
sur les articles que nous afin de rendre notre revue plus interactive et plus vivante.
publions,

-2-
Editorial
The workshop on protected areas and sustainable rural development is one of the major
international
activities scheduled by FAO for the year 1999. The important meeting will be an opportunity for
participants from all geographical areas and with broad professional profiles, to compare their experiences
and their visions on protected areas and their place and role in sustainable rural development. It is
therefore natural that Nature et Faune should devote this issue to Protected areas in certain countries in
Central, East and Southern Africa.

Well before the creation of the first classified forest, the first national park, other forms of protection of
certain ecosystems, certain species existed and still exist in Africa. These forms of protection which almost
all had cultural connotations, enabled the conservation of natural areas against any form of non-spiritual
exploitation, banning the use of certain animal species in specific areas, linking the harvesting of certain
products to conditions that guaranteed their renewal.
It is therefore evident that no area was better protected than the sacred forests where
only the initiated had
the right to enter. Likewise, the system of family or tribal totems which made certain species, mainly
animal, sacred in the eyes of the communities concerned, (par example, in certain West African countries,
those called Sene could not touch the rabbit; those named Ba had to defend the monitor lizard; the Keitas
protected the lions, etc.), implicitly enabled the partial protection of these species in the in areas where
the families, tribes or clans concerned dominated. According to the eco-geographic regions and the
societies present, similar systems were always set in place, which guaranteed a harmonious balance
between the natural ecosystem and human implantations.
It is therefore very interesting, while this issue of Nature et Faune is mainly devoted to protected areas,
as we see today, that we can compare and confront these forms of conservation, in their respective
contexts, in a to probably set up "bridges" which will help African communities to better accept and
way as
integrate protected areas, such as thev^are conceived at present.

This concept of protection itself is often restrictive and sometimes used


an innocent or well-reflected,
in

manner to distribute merit points or point fingers. Yet, it is very possible to have production forest that are
well protected and healthy, and hunting areas where wildlife is abundant because these areas have been
well managed and subjected to strict management regulations. It has been reported to us that for example
in certain cynegetic interest zones in Senegal, where harvesting of wildlife is strictly controlled, certain

species that were thought to be reducing some time ago, are regenerating significantly. So many other
examples of this kind will certainly be the topic for interesting discussions at the Harare meeting in October.
The challenge is is no hiatus between conservation and development. To take
also to ensure that there
up this
challenge is end maintain the channels through which conservation can serve
to identify, illustrate

development (for example well protected genetic resources can be used as base of other resources for
agriculture and food production. It is also to find innovative solutions in which equipment and well
conceived infrastructure could serve as support which is often lacking in development of communities
surrounding the conservation units. Lastly, it is also integrating into economic behaviour reflexes and
actions that favour the conservation of biological values in the ecosystems, including even those that have
been seriously modified.
The real problem that preoccupies scientists, ecologists as well as tour operators, is the disastrous impact
of armed conflicts, which are quite widespread in Africa presently, on natural areas in general and
protected areas in particular. This phenomenon was examined during the 11'^ session of the African
Forestry and Wildlife Commission; bringing up especially the massive destruction of wildlife habitat. But
since then, we have come to know that the issue of ecological tourism can also serve as an excuse for
rebels who do not hesitate to attack visitors to the the national parks, with the aim of internationalising their
cause or discrediting the ruling authority.

The massacre of tourists in the Bwindi gorilla sanctuary in Uganda is a sad illustration that Nature et
Faune, through Simon Peter Wamoto Nabendeh, recounts in subsequent pages.
We continue with our invitation launched about a year ago to readers that in addition to articles which we
are receiving in theirnumbers, they should send their comments and contributions to the articles that we
publish to make our magazine more interactive and lively.
Une Analyse Du Reseau Des Aires Protegees Du Gabon
David BRUGIERE'

L'une des fonctions majeures des aires protegees est la conservation de la diversite biologique (McNeely
& Miller, 1984). Quelle que soit I'echelle geographique consideree, cet objectif ne peut etre atteint que si,
d'une part, le reseau des aires protegees est representatif
de la diversite des ecosystemes presents et
si,d'autre part, les aires protegees assurent efficacement leur role de protection en conservant I'integrite
des espaces concernes. Dans cet article, nous nous proposons d'analyser dans une perspective
"
la situation actuelle des aires protegees du Gabon.
"
representativite-efficacite

En ce concerne la diversite de la faune, nous ferons essentiellement reference aux primates


qui et

artiodactyles, deux groupes pour lesquels les donnees sont relativement completes au Gabon.

Presentation du pays

Le Gabon est un pays d'Afrique centrale situe a I'interieur du golfe de Guinee. Son littoral s'etend sur
petit
environ 950 km
pays est limite a Test et au sud par le Congo et au nord par la Guinee Equatoriale et
et le
le Cameroun. La population humaine, d'environ un million d'habitants, est localisee a pres de 75% dans

les centres urbains (Richard & Leonard, 1993). Avec une densite moyenne de 4 habitants/ km2, c'est I'un
des pays les moins peuples du continent. C'est aussi, en raison de ressources petro-minieres
considerables, I'un des plus riches.
"
Du point de vue de la biodiversite, le pays se situe a I'interieur du centre regional d'endemisme
guineo-
congolais ", le plus diversifie de toute I'Afrique (Stuart & Adams, 1990). Plus de 8000 especes de plantes
ont ete identifiees dont environ 20 %
seraient endemiques. La faune forestiere est egalement tres
diversifiee et le abrite plusieurs especes, telles que les gorilles Gorilla gorilla, chimpanzes Pan
pays
troglodytes et elephants Loxodonta africana dont les populations sont considerees etant comme
d'importance Internationale (Tutin & Fernandez, 1984 Barnes ; etal., 1995).

Quatre grands types de milieux naturels peuvent etre definis (Figure 1):

(1) les forets de terre ferme qui couvrent environ 76 %


du pays, le taux le plus elevee de
toute I'Afrique (MacKinnon & MacKinnon, 1986). Du fait de son importante etendue, ce
milieu a ete subdivise en trois grands sous-types en fonction de sa position geographique
et de I'abondance des principales essences forestieres (Caballe, 1978) :

(i) les forets de la zone littorale dominees par I'ozouga Saccoglotis gabonensis,
.

I'okoume Aucoumea klaineana, et I'ozigo Dacryodes buettneri ;

(ii) les forets de la zone centrale plus elevees en altitude, s'etendent des monts de
,

Cristal au nord jusqu'au massif du Chaillu au sud. L'ozouga est moins abondant
et laisse place aux andoungs Monopetalanthus spp.;

(iii) a Test, les forets de la zone orientale d'ou est absent I'okoume.

(2) les forets inondables principalement situees dans la partie inferieure du cours de I'Ogooue
et egalement au nord-est du pays, a la frontiere du Congo ;

(3) les mangroves localisees essentiellement dans les estuaires du nord du littoral;

(4) les savanes que Ton trouve le long du littoral, au centre du pays et surtout dans les

regions du sud-est (plateaux Bateke) et sud-ouest (vallees de la Nyanga et Ngounie).

Bologie Evolutive, Universite de Rennes, Station Biologique 35 380 Paimpont,


'

Laboratoire de Primatologie -

France
A chacun de ces types de milieux correspond une communaute vegetale et animale particuliere. Ainsi, par
exemple, pour le groupe des primates, certaines especes, telle que le cercocebe a collier blanc
Cercocebus torquatus ne se rencontrent que dans la zone littorale tandis que la zone centrale
s'individualise par la presence de la seule espece endemique du Gabon, le cercopitheque a queue de
soleii Cercopithecus solatus. Les forets de I'est abritent quant a elles plusieurs especes, telles que le
colobe guereza Colobus guereza, absentes du reste du pays (Blom et al., 1992). est done important pour
II

la conservation de la biodiversite que chaque type de milieu soit represente dans le reseau national des

aires protegees.

Historique et situation actuelle du reseau des aires protegees

C'est en 1946, sous le gouvernement colonial frangais, que la premiere aire protegee du Gabon fut creee

avec mise en place d'une vaste zone de conservation dans la region centrale de la Lope-Okanda
la

(MEFPTE, 1996 - voir figure n° 3). Dix ans plus tard, en 1956, le reseau est developpe avec rinstauration
d'un complexe de trois reserves de faune dans la region des savanes littorales de Wonga-Wongue, la
creation du second pare national dans la zone littorale du Petit Loango et le developpement d'un complexe
de trois reserves de faune et trois domaines de chasse dans la region sud-ouest de la Nyanga-Mont
Fouari.

Apres I'independance, une serie de decrets dates de novembre 1962 modifie et complete ce reseau :

"
chaque aire protegee se voit attribuer le statut d'" aire d'exploitation rationnelle de faune (AERF) qui
englobe une (ou plusieurs) reserve de faune et un (ou plusieurs) domaine de chasse. Parallelement,
I'AERF de la Moukalaba est creee. En 1971, la reserve integrale de M 'Passa est etablie sur un site
international de recherche scientifique et une annee plus tard I'AERF de Wonga-Wongue devient reserve

presidentielle. Enfin, a partir des annees 1980, le complexe d'AERF de la Nyanga-Mont Fouari sera
considere par les autorites gabonaises comme n'ayant plus de validite et I'ensemble de la zone fait
desormais I'objet d'un developpement de I'elevage bovin (UICN, 1990). En 1996, le reseau est done
constitue de trois AERF, d'une reserve integrale et d'une reserve presidentielle (Tableau 1 et Figure 2).
"
Le principal texte juridique relatif aux aires protegees est la loi du 25 juillet 1982 intitulee Loi d'orientation
en matiere des Eaux et forets ". Elle definit les differentes categories d'aires protegees et leurs objectifs.

Elle precise egalement que gestion des AERF releve de la Direction de la Faune et de la Chasse
la

(Ministere des Eaux et Forets) qui doit etablir pour chacune d'entre elles un plan d'amenagement. La
reserve integrale depend du ministere charge de la recherche scientifique tandis que la reserve
presidentielle est sous I'autorite directe de la presidence de la Republique.

II est importantde preciser que les domaines de chasse constituent des aires protegees a part entiere
dans mesure ou les dispositions de protection des milieux valables pour les reserves de faune y sont
la

integralement applicables. La chasse accompagnee d'un guide professionnel y est cependant autorisee
mais fait I'objet d'une reglementation tres restrictive. En realite, depuis la suspension de la grande chasse
en 1981, les activites cynegetiques sont desormais tres reduites. Malgre cela, I'UICN ne reconnait pas les
domaines de chasse comme aires protegees et ne les a pas inscrits sur sa liste mondiale des aires
protegees (I UCN, 1994).

La reserve de la Lope :
Historique et situation actuelle (Figure 3)

La reserve de la Lope est en 1946 la premiere aire protegee du Gabon a etre creee. Cette zone fut alors
subdivisee en un complexe constitue d'une reserve de chasse d'un pare national et d'une reserve integrale,
un zonage assez novateur pour I'epoque d'autant que le concept de reserve integrale voyait pour la
premiere sa realisation en Afrique centrale. Apres I'independance, en 1962, la zone devient I'aire
fois

d'exploitation rationnellede faune de I'Offoue et le pare national et la reserve integrale seront transformes
en une seule reserve de faune de 350 000 ha. Cet ensemble sera communement appele " Reserve de la
Lope ". Enfin, depuis 1996, I'ensemble du site est subdivise en un noyau central et une zone peripherique.
La reserve de la Lope couverte au nord et a Test par une mosaique foret-savane, et ailleurs par une foret
de terre ferme. Ces milieux abritent une faune variee et abondante. Ainsi, les populations d'elephants,
gorilles, chimpanzes estimees respeetivement a 5500, 900 et 2250 individus (White, in Said etal., 1996 ;
White, 1995)sont considerees comme etant d'importance nationale. On trouve egalement d'autres especes
menacees telles
que colobe noir Colobus satanas, le cercopitheque a queue de soleil ou la mysterieuse
le

fauvette du Dja Bradypterus grandis, redecouverte ici apres plus de 50 ans de non-observation en Afrlque
(Christy, 1994). En raison de cette richesse, cette aire protegee est la seule du Gabon a etre consideree
d'importance Internationale pour la conservation de la biodiversite (McKinnon & McKinnon, 1986). C'est
I'une des raisons qui a amene I'Union europeenne a la selectionner en 1992 comme site gabonais de son
projet regional ECOFAC
"
Conservation et utilisation rationnelle des ecosystemes forestiers d'Afrique
centrale ". Au dela des mesures classiques de renforcement de surveillance, le projet s'est attache a
vaioriser les activites d'eco-developpement en mettant ici I'accent sur le tourisme, une activite qui
desormais fonctionne bien.

Un la protection des forets primaires qui ne couvrent plus qu'environ 45


autre volet prevoyait %
des forets
de reserve (White, 1995 actualise). Un plan de zonage fut propose puis accepte par I'Etat gabonais
la : il

comprenait un vaste noyau central couvrant I'essentiel des forets primaires ou I'exploitation forestiere etait
une zone peripherique ou elle etait autorisee mais ou I'interdiction generate de chasse restait
interdite et
maintenue. Mais, lorsque le nouveau arrete de la reserve est publie en mai 1996, le noyau central est
substantiellement reduit et deux nouvelles concessions sont delimitees en foret primaire. Devant les vives
protestations de I'Union de nombreuses ONG, le gouvernement est finalement revenu sur
europeenne et
sa decision en novembre1996. Apres exploitation du lot 32 situe en zone peripherique, ne restera
il

qu'environ 30% de forets primaires dans la reserve. Cela ne signifie pas pour autant que la valeur
faunistique du site aura diminuee. En effet, une etude realisee dans la partie nord de la reserve a montre
que I'exploitation selective avait peu d'impact sur les densites de grands et moyens mammif^res, ^
I'exception toutefois d'une espece sensible le chimpanze (White, 1992). C'est meme probablement la
:

presence au nord de forets secondaires qui expliquerait I'existence de fortes densites animates, phenomene
confirme recemment par les faibles densites trouvees dans les forets primaires du sud (lot 32 avant
exploitation
-
Lahm 1996 Brugiere, 1997). Neanmoins les forets primaires ayant pratiquement disparu
, ; ,

de cette partie du pays, leur protection reste prioritaire.

Analyse de la representativite

L'examen des figures 1 et 2 fait ressortir les elements suivants :

(a) les mangroves et les forets inondables sont quasiment absentes du reseau national des aires
protegees. Ces zones humides presentent des communautes animates et vegetales particulieres
et constituent des habitats des pour de nombreuses especes. Ainsi, par exemple, les mangroves
et les zones de vasieres qui leur sont associees accueillent des populations d'oiseaux migrateurs
suffisamment importantes pour considerer les sites gabonais comme etant d'importance
Internationale (Schepers, 1993). a done ete propose recemment qu'ils soient classes en zone
II

Ramsar. Les forets inondables quant a elles presentent une diversite biologique remarquable du
faitde la confrontation du milieu aquatique et forestier. Au niveau de la grande faune, n'y a pasil

d'endemisme pur mais ce sont dans ces habitats que les especes des zones humides presentent
des densites tres elevees. Ainsi le fleuve Ogooue dans la partie inferieure de son cours abritent
d'importantes populations d'hippopotames Hippopotamus amphibius et de lamantins Trichechus
senegalensis tandis que les zones de marais adjacentes constituent des sites d'importance
nationale pour la nidification de plusieurs especes d'oiseaux d'eau. Au nord-est du pays, ces
forets inondables, d'un type different, abritent probablement de fortes densites d'especes peu
communes telles que le cercocebe agile Cercocebus galeritus. Enfin, rappelons que ces zones
humides jouent un role essentiel dans la production des ressources halieutiques.

(b) les savanes littorales et centrales sont bien representees dans les aires protegees. Par centre,
les savanes du sud-est demeurent sans protection et plusieurs especes qui leur sont endemiques
restent exclues du reseau des aires protegees. Ainsi la creation d'un pare national dans les
,

savanes des plateaux Bateke a ete consideree comme une priorite Internationale car cette zone
abritait une petite population de lion Panthera leo (Pfeffer, 1972 lUCN, 1987). Mais cette
;
population semble avoir desormais disparu et seuls quelques individus erratiques sont observes
irregulierement en provenance du Congo. Neanmoins cette zone abrite encore quelques especes
particulieres tellesque le
cephalophe de Grimm Sylvicapra grimmia et une trentaine d'especes
d'oiseaux lui est infeodee (P. Christy, pers. comm.). La creation d'une aire protegee reste done
une priorite. Les savanes du sud-ouest sont, depuis le declassement du complexe d'AERF de la
Nyanga-Mont Fouari, desormais uniquement representees en petite partie dans I'AERF de la
Moukalaba. Ce complexe assurait la protection de deux especes d'antilopes tres rares au Gabon,
le cobe defassa Kobus eliipsiprymnus et le cobe des roseaux Redunca arundinum qui semblent

toutes deux avoir desormais disparu de cette zone. Le cobe defassa trouve encore protection a
la Moukalaba mais la presence du cobe des roseaux au Gabon est desormais incertaine (Blom

etal., 1990).

(c) les forets de terre ferme du littoral sont bien couvertes par le reseau des aires protegees tandis

que celles de la zone centrale sont presentes dans I'AERF de I'Offoue (dite reserve de la Lope).
Dans cette zone, le reseau devrait etre developpe de fa^on a incorporer les forets des monts de
Cristal et des monts du Chaillu qui presentent un taux d'endemisme vegetal tres eleve (lUCN,

1990). Parallelement, le singe soleil, n'est protege dans la reserve de la Lope que de fa?on
marginale (Brugiere & Gautier, soumis). Le reseau de cette zone doit done etre ameliore.

(d) Les forets de la zone orientale restent quasiment depourvues de protection. Elles sont
representees dans la reserve integrale de M'Passa mais sa superficie est bien trop faible pour
assurer la protection de la diversite de cette zone. Cette situation est d'autant plus regrettable que
la partie nord de cette zone (region de Minkebe) presente une richesse specifique remarquable

en raison de I'existence d'une mosaique de milieux forestiers varies. Deux especes d'artiodactyles
et trois primates sont inconnus ailleurs au Gabon. Par ailleurs, les densites des especes telles que
les gorilles et chimpanzes y sont les plus elevees du pays (Steel, 1992). En outre, cette zone,
d'acces, n'a jamais fait I'abjet d'exploitation forestiere et elle est consideree comme faisant
difficile

partie du dernier grand bloc forestier intact d'Afrique centrale. Sa protection a deja ete proposee
par de nombreux auteurs (Pfeffer, 1972, MacKinnon & MacKinnon, 1986, lUCN, 1987) et reste
consideree comme une priorite Internationale. Un dossier elabore par le WWF-Gabon et
proposant plusieurs options de protection a ete presente en 1992 aux autorites gabonaises (Steel,
1992) mais a ce jour aucune procedure de classement n'a encore debute. y a pourtant urgence
II :

recemment, de grandes concessions forestieres ont ete attribuees dans cette zone et si pour
I'instant la difficulte d'acces et la faible densite d'essences commercials rendent I'exploitation peu
rentable, cette situation pourrait changer tres rapidement.

II
apparait done qu'en I'etat actuel le reseau des aires protegees du Gabon ne couvre pas toute la diversite
des especes et milieux presents. Les grandes zones humides (mangroves et forets inondables) sont
absentes du reseau tandis que tous les types de savanes et forets ne sont pas representes. En
consequence, plusieurs especes animales se trouvent exclus du reseau (Tableau 2). C'est surtout la partie
orientale du pays et les milieux qui lui sont associes qui demeurent absents alors qu'il s'agit la de la zone

qui presente la richesse specifique la plus importante du pays.

Integrite des aires protegees

Actuellement, deux types de perturbations affectent I'integrite des aires protegees :

*
commerciale des ressources naturelles (essentiellement bois
I'exploitation et petrole)
rendue possible par une legislation inappliquee;

le braconnage commercial favorise par la faiblesse des moyens de surveillance.

du 22 juillet 1982 stipule que ... sont interdits dans les AERF ...toutes formes
"
L'article 46 de la loi

d'exploitation susceptibles de modifier I'environnement et ses ressources ". Pourtant, cette disposition n'a
pas ete respectee. Ainsi, des concessions forestieres ont ete attribuees a I'interieur de toutes les aires
protegees du pays et I'exploitation a affecte ces sites en proportion variable selon leur localisation. Les
AERF de la Moukalaba et de I'Offoue (voir figure n° 1 ), par exemple, ont subi une exploitation sur plus de
50% de leur superficie tandis que la resen/e de faune du Petit Loango n'a ete touchee que dans sa partie
nord (DGEF, 1991). Au Gabon, I'exploitation forestiere est selective et ne concerne que quelques

-7-
essences, tout particulierement I'okoume et I'ozigo qui constituent 75% des exportations (DGE, 1995). Ce
type d'exploitation introduit deux types de perturbation d'une part, elle entraine une modification directe
:

du milieu naturel et d'autre part la creation de pistes necessaires a ('evacuation du bois constitue des axes
de penetration qui rendent accessibles des zones prealablement protegees par leur isolement. Au Gabon,
en raison d'un taux moyen de prelevement faible (en moyenne 2 arbres par ha -Tutin, 1992) et en
I'absence de pression demographique, I'exploitation forestiere n'a pas eu les effets devastateurs que Ton
a pu connaitre dans d'autres regions d'Afrique. Ironiquement, elle a meme, dans certaines zones, favorise
le developpement des populations de certains grands mammiferes (elephants, gorilles) qui apprecient

particulierement les forets secondaires (White, 1994). Toutefois, I'impact de cette I'exploitation sur la
biodiversite dans son ensemble ainsi que sur le long terme reste mal connu et cette activite parait

incompatible avec les objectifs de conservation des aires protegees. Precisons qu'a ce jour environ 60%
de la foret gabonaise a deja ete exploitee (UICN, 1990 actualise) et seule la partie orientale du pays n'a
pas ete encore touchee.

L'exploitation petroliere est quant a ne concerne que I'AERF de Sette-Cama et la


elle plus localisee et

reserve de Wonga-Wongue (partie sud). La ressource petroliere est vitale pour le Gabon car elle fournit
au travers des recettes d'exportation plus ,
de 50% du budget de I'Etat (annee 1995-DGE, 1996). Environ
60% de la production annuelle est fournie par trois champs petroliers situes dans les domaines de chasse
d'Iguela et de Sette-Cama (DGE, 1996). Les infrastructures necessaires a cette exploitation (pistes, pipe-
line, etc.) sont estimees couvrir 10 000 ha, soit environ 1,5 % du site (Gallner, 1995). Par ailleurs, la

principale societe d'exploitation a pris un certain nombre de mesures visant a reduire I'impact direct et
indirect de ses activites sur le milieu naturel. A I'heure actuelle, cette exploitation semble done trop
localisee pour constituer une menace reelle meme si, comme dans
cas de I'exploitation forestiere, elle
le

parait incompatible avec les objectifs des aires protegees. Toutefois, y a lieu d'etre inquiet pour I'avenir
il

car, dans la perspective de I'epuisement des trois champs petroliers actuels, des prospections ont ete
menees et de nouveaux gisements ont ete trouves dans I'ensemble de I'AERF de Sette Cama. Leur mise
en exploitation entrainera inevitablement une perturbation generalisee. En particulier, le developpement
du reseau routier pourrait rendre tres difficile le controle du braconnage, un probleme deja sensible dans
la partie nord et sud de cette aire. Au Gabon, le braconnage est essentiellement centre sur la

commercialisation de viande de gibier et concerne peu les produits derives (peaux, ivoire, etc.). A ce titre,
le braconnage a I'elephant pour I'ivoire est beaucoup moins developpe que dans les pays voisins (Barnes

et al., 1993). A I'inverse, la commercialisation de viande de brousse peut prendre des proportions
considerables qui restent conditionnees par la proximite de centres urbains ou la demande est importante
et continue. A Libreville par exemple, on estime qu'un minimum de 500 tonnes de viande de gibier sont
commercialisees chaque annee (Steel, 1994). Au Gabon, I'elevage est tres peu developpe et environ 95%
des proteines animales proviennent de la viande de brousse (Pfeffer, 1996). Les deux aires protegees les
plus touchees sont I'AERF de la Moukalaba et la reserve integrate de M'Passa ou le braconnage est
responsable de la diminution drastique des densites des especes presentes. La Reserve de Wonga-
Wongue, Lambarene devrait etre tres affectee par ce probleme mais
situee entre Libreville, Port-Gentil et
son inaccessibilite et sa surveillance adequate ont reduit le braconnage a un niveau tres faible. Dans les

autres aires lesmoyens humains et materiels disponibles pour la surveillance sont tres faibles. Ainsi les
AERF de Sette-Cama et de I'Gffoue ne disposent chacune que d'une dizaine d'agents de surveillance peu
equipes. Au Gabon, comme dans beaucoup de pays africains, la protection centre le braconnage oriente
vers la commercialisation de viande est davantage le resultat de I'isolement et I'eloignement des centres
urbains que celui d'une politique active de protection.

La modification des milieux naturels au travers de I'exploitation industrielle des ressources ainsi que le
braconnage affectent done I'ensemble du reseau dans une proportion variable selon les sites. Aucune aire
protegee n'est cependant indemne de perturbation. Ces problemes sont exacerbes par le fait que,
contrairement aux exigences juridiques en vigueur, aucune aire protegee ne dispose actuellement d'un
plan d'amenagement identifiant les modalites de gestion et les pnorites d'actions. Dans ces conditions,
on peut s'interroger sur I'avenir des aires protegees du Gabon.
Perspectives
Pour ameliorer la situation actuelle, tant au niveau de la representativite du reseau que sa gestion,
diverses propositions ont ete faites et des realisations sont en cours.

En 1990, un rapport de I'UICN (1990), formalisant les resultats d'une mission conjointe lUCNAA/WF menee
quatie ans plus tot, a propose la creation d'une dizaine d'aires protegees dans I'ensemble du pays (Figure
2). Le statut de pare national a ete propose pour plusieurs sites. est important de remarquer qu'a ce jour
II

le Gabon est I'un des rares pays d'Afrique a n'avoir aucune aire classee en pare national - bien que ee

statut existe dans sa legislation. C'est aussi le seul pays a avoir apres I'independanee, deelasse tous ses

pares nationaux, alors qu'ailleurs les aires protegees etablies sous le regime eolonial voyaient
generalement leur statut maintenu ou renforee. En 1996, seule la reserve des monts Doudou est au stade
final de elassement. Deux autres sites, Minkebe et Mingouli, ont fait I'objet d'evaluations et de propositions

detainees (Steel, 1992 UICN, 1994) mais les procedures de elassement n'ont pas encore debute.
;

Dans le domaine de la gestion, la situation est en cours d'amelioration grace a la mise en place de deux

importants projets internationaux de conservation le projet ECOFAC de I'Union Europeenne centre sur
:

la reserve de la Lope (voir encadre) et le projet Forets et Environnement qui concentre une partie de ses

aetivites sur les AERF de Sette Cama et de la Moukalaba (complexe de Gamba) ou agit en collaboration
il

avee lescooperations frangaise et allemande et le WWF-Gabon. Ce projet, finance essentiellement par


la Banque Mondiale et I'Etat gabonais a pour objectif global une amelioration du secteur forestier gabonais

au travers d'un renforeement institutionnel et d'un appui a la formation, a la recherche et la conservation


forestiere. Sur le terrain, les brigades de surveillance du complexe de Gamba ont regu un appui materiel

important et, plus globalement, le projet a reussi a stopper I'exploitation forestiere dans toute la zone ainsi
qu'a soutenir avee sucees le elassement des monts Doudou. Ce site liera les deux AERF existantes et
ereera de fait une zone de conservation d'environ un million d'heetares, une des plus vastes d'Afrique
centrale. Aetuellement le projet vise avee ses partenaires a etablir un schema direeteur d'amenagement
du complexe.

Conclusion
L'examen de la situation a montre que le reseau gabonais des aires protegees n'est aetuellement ni

representatif de la diversite des milieux naturels de ee pays ni gere de fagon adequate. Toutefois, grace

a la mise en place de deux projets internationaux de conservation, des progres sont realises dans ces
deux domaines. Cette situation pose le probleme de la periode de r"apres-projet". Cependant, ces deux
projets accordant une importance partieuliere a la formation professionnelle, on peut esperer qu'a leur
terme, les autorites gabonaises sauront perenniser les realisations entreprises.

Plus globalement, le Gabon presente une sa riehesse economique, son importante


situation partieuliere :

diversite biologique et I'absenee de pression demographique constituent des atouts considerables pour
la realisation d'un developpement durable. L'existence d'un reseau d'aires protegees bien gere et

representatif ne peut que favoriser la mise en place d'aetivites d'eco-developpement. Avee des populations
" "
importantes d'espeees animales eles pour le tourisme de vision (elephants, gorilles, buffles) et des
paysages forestiers remarquables, le Gabon pourrait devenir une destination importante du tourisme de
decouverte des forets tropicales, un secteur peu developpe en Afrique mais qui presente certainement un
fort potentiel.

Remerciements
L'auteur remercie M. Patrice Christy pour les documents fournis et la relecture qu'il a bien voulu assurer
de ce texte. Remerciements egalement a M. Jean-Pierre Gautier et M. Mare Colyn pour leurs
commentaires sur le manuserit.

-9-
Tableau 1 Liste des Aires protegees du Gabon ( 1
9Q6)
Protected areas in (iahon (1996)

*" (1)
Denomination officielle Zones incorporees Surface(ha; Vegetation
Official name Incorporated areas Area Vegetation
AERF Sette-Cama
Libreville

Mangrove
Mangrove

Mosaique foret-savane
^ Forest-savanna mosaic

Foret inondable

Swamp forest

Foret de terre ferme

Dry land forest


Foret de la zone littorale

±~ Coastal zone forest

Foret de la zone centrals Ref Caballe, 1978


=~
:

Central zone forest


UICN, 1990
Foret de lazone onentale
— Oriental zone forest

Figure 1 :
Principaux types de vegetation du Gabon
Main vegetation types in Gabon 200 km

Aires protegees existantes :

=
1 Mpassa
2 = Off oue- Lope
3 = Wonga-Wongue
4 = Sette-Cama
5 = Moukalaba

Aires protegees proposees:


6 = Minkebe
7 = Mingouli
8 = Mont de Cristal
9 = Foret des Abeilles-lboundji
10 = Plateaux Bateke
11 = Mont du Chaillu

12 = Lac Onangue
13 = Ozoun
14 = Mts Doudou (en cours de classement)
15 = Mangroves
16 = Djoua
Ref: UICN, 1990
Schepers, 1993

Figure 2 : Aires protegees existantes et proposees au Gabon


Existing and proposed protected areas in Gabon

11-
Figure 3 :
Historique et situation actuelle de I'aire d'exploitation rationnelle de faune de I'Offoue

dite "Reserve de la Lope"


"aire d'exploitation rationnelle de faune de l'Offou6" also called
History and present state of the
"Reserve de la Lop6"

1946 1962

1 = Reserve de chasse 1 = Donnaine de chasse


de Lope-Okanda de Lope-Okanda
2 = Pare national 2 = Reserve de Faune
de rOkanda de l'Offou6
3 = Reserve Integrate
de rOffoue

Ogoou6

1996

25Knn

MosaTque foret-savane
Forest-savanna mosaic
Foret primaire

Unlogged forest

\] Foret deja exploitee


Logged forest
\ \ \
prevue fin 1997
Exploitation
Logging scheduled end 1997
'
Concession forestiere
33
Logging concession

12-
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-14-
Analysis of the Protected Area Network in Gabon
David Brugiere^

One of the main functions of protected areas is the conservation of biological diversity (McNeely & Miller
1984). Whatever the geographic area under consideration, can only be achieved if the
this objective

protected area network is representative of the diversity of existing ecosystems on the one hand, and on
the other, the role of protected areas is effectively ensured by conserving the integrity of areas concerned.
In this article we propose to analyze the current state of protected areas in Gabon from a
"representative/effectiveness" point of view.

With regard to wildlife diversity we will mainly make reference to primates and artiodactyla, the two groups
in Gabon on which data is relatively complete.

Country Description
Gabon is a country in central Africa located in the Gulf of Guinea. Its coastal line stretches for about 950
km. The country is bordered on the East and South by the Congo and on the North by Equatorial Guinea
and Cameroon. 75% of its human population of approximately one million inhabitants, are found in the
urban centres. (Richard & Leonard 1993). With an average density of 4 inhabitants per sq. km., is one it

of the least populated countries of the continent. It is also one of the nchest in terms of mineral resources
especially petroleum.

From the biodiversity perspective, the country is situated inside the regional Guinean-Congolese"
endemism centre, the most diversified in.the whole of Africa (Stuart & Adams 1990).More than 8000 plant
species have been identified, 20% of which are endemic. Forest fauna is also very diversified and the
country shelters several species such as gorillas {Gorilla gorilla), chimpanzees {Pan troglodytes) and
elephants {Loxodonta africana) the populations of which are considered to be of international importance
(Tutin & Fernandez, 1984, Barnes et al, 1995).

Four main types of natural environment can be defined (Figure 1):

(1) Dry land forests cover about 70% of the country, the highest rate in Africa (MacKinnon
& MacKinnon, 1986). hugeDue to environment has been subdivided into
its size, this
three large sub-types according to its geographic position and the abundance of the main
forest varieties (Caballe 1978).

(i) the coastal zone forests dominated by ,


ozouga {Saccoglotis gabonensis), gaboon
{Ancoumea klameana), and ozigo (Dacryodes buermeri).

(ii)
the central zone forests with very high altitude, stretches from the Crystal
,

mountains in the North to the Chaillu mass in the south. The ozouga is less
abundant, giving place to the andoungs Monopetalanthus spp.

(iii) On the East are the oriental zone forests where the gaboon is not present.

(2) Swamp forests located mainly in the lower course of the Ogooue and also in the North-
East of the country on the Congo border.

(3) The Mangroves located mainly in the estuaries of the coastal North.

(4) The savannas are found along the coastal line in the central part of the country especially
in the South-East regions (Bareke plateau) and the South-West (the Nyanga and Ngounie
valleys).

Biologie Evolutive, Universite de Rennes, Staton Biologique 35 380 Paimpont,


-
VLaboratoire de Primatologie
France

-15-
Each of these types of environment has its peculiar plant and animal community. Thus, for the primates
group, certain species such as the white-collared mangabey Cercocebus torquatus is only found in the
coastal zone whilst the central zone is marked by the presence of the only endemic species in Gabon, the
sun-tail monkey Cercopithecus solatus. The oriental forests provide shelter to several species, such as
the guereza Colobus guereza, which is not present in the rest of the country (Blom et al, 1992). It is
therefore important for biodiversity conservation that each type of environment is represented in the
national protected area network.

History and present state of the protected area network

It the French colonial government, that the first protected area in Gabon was created in 1946,
was under
with the establishment of a huge conservation area in the central region of Lope-Okanda (MEFPTE, 1996
- cf. figure No. 3). Ten years later, in 1956, the network was developed
with the setting up of a complex
of three wildlife reserves in the Wonga-Wongue coastal savanna, the creation of a second national park
in the coastal zone of Petit Loango and the development of a complex of three wildlife reserves and three
hunting areas in the South-West region of Nyanga-Mont Fouari.

After independence, a series of decrees dating from November 1962 changed and completed this network.
Each protected area gained the status of a "rational fauna exploitation area (AERF)" which includes one
(or several) fauna reserve(s) and one or several hunting area(s). At the same time, the Moukalaba AERF
was created. In 1971 the M'Passa integral reserve was established on an international scientific research
,

site and a year later, the Wonga-Wongue AERF became a presidential reserve. Finally, in the 1980's the

Gabonese authorities declared the AERF complex of Nyanga-Mout Fouari as no longer valid and the whole
area from then on, was developed
for cattle farming (lUCN 1990). In 1996, the network consisted of three
AERFs, one integral reserve and one presidential reserve (Table 1 and Figure 2).

The main law concerning protected areas the law of 25 July 1982 entitled "Guideline law on Water and
is

forests." It defines the different categories of protected areas and their objectives. It also states that the
management of AERF is the responsibility of the Wildlife and Game Directorate of the Ministry of Water
& Forests, which supposed to establish a management plan for each of the protected areas. The
is

integral reserve the responsibility of the Ministry for Scientific Research, whilst the presidential reserve
is

is under the direct authority of the office of the President of the Republic.

It
important to mention that hunting areas are fully protected areas in the sense that protection laws
is

governing wildlife reserves are integrally applicable to them. Hunting under the supervision of a
professional guide is however authorized but is subject to very strict rules. In reality, since the suspension
of the professional hunting in 1981, hunting activities have been drastically reduced. In spite of this, the
lUCN does not recognize hunting zones such as the protected areas and has not registered them on the
world list of protected areas (lUCN 1994).

The Lope Reserve: History and present state (Figure 3)

The Lope Reserve was the first protected area in Gabon to be created in 1946. This area was then
subdivided into a complex consisting of a game reserve, a national park and an integral reserve: a rather
new zoning for that era, since the integral reserve concept was established for the first time in Central
Africa. After 1962, the area became the "aire d'exploitation rationnelle de faune de
independence in

rOffoue" and the national park and integral reserve were turned into one wildlife reserve of 350,000 ha. The
whole area would be generally called the Lope Reserve. Finally in 1966, the whole site was subdivided into
one central nucleus and a periphery zone.
The Lope reserve is covered in the North and the East by forest-savanna mosaic, and also by dry land
forest. These sites shelter an abundant and varied fauna. Thus the populations of elephants, gorillas and

chimpanzees, estimated at 5,500, 900 and 2,250 individuals respectively (White, in Said & others 1996,
White 1995), are considered as being of national importance. Other endangered species are also found
there, such as the black colobus {Colobus satanas), the sun-tail monkey or the mysterious Dja warbler
Bradypterus grandis, rediscovered here after more than 50 years of non-observation in Africa (Christy,
1994). Due to this richness, this protected area is the only one in Gabon to be considered as being of

-16-
international importance for biodiversity conservation (McKinnon & McKinnon 1986). This is one of the
reasons that led the European Union to select it in 1992 as the Gabonese site for its regional project
ECOFAC "Conservation and rational use of forestry ecosystems of Central Africa". Besides standard
measures of strengthening of surveillance, the project set a goal at adding value to economic and
development activities by placing emphasis on tourism, an activity which has since performed well.

Another aimed at the protection of unlogged forests which covered only about 45% of the forests
activity
of the reserve (White 1995 updated). A zoning plan was proposed and later accepted by the Gabonese
government. It consisted of a
large central nucleus covering the main unlogged forests where logging
activities were banned and a peripheral zone where is permitted but the general ban on
it
hunting is still in
force. But when the new decree on the reserve was published in May 1996, the central nucleus was

substantially reduced and two new concessions were demarcated in unlogged forest. Faced with strong
protests from the European Union and several NGOs, the government finally rescinded its decision in
November 1996. After the logging of lot 32 located in the periphery zone, only 30% of unlogged forest
remained in the reserve. This only went to prove that the number of fauna in the site had reduced. As a
matter of fact, a study undertaken in the northern part of the reserve showed that selective exploitation had
had little impact on the densities of small and medium mammals, with the exception, however of a
susceptible specie: the chimpanzee (White 1992). Its presence in the North of the secondary forests
probably explains the existence of high densities of animals, a phenomenon confirmed recently by the low
-
density found in the unlogged forests of the South (lot 32 before exploitation Lahn, 1996, Brugiere 1997).
However, with unlogged forests having practically disappeared from this part of the country, their protection
is still a priority.

Analysis of representativeness

A study of figures 1 &2 brings out the following points:

(a) the mangroves and swamp forests are almost absent from the national protected area network.
These humid zones contain peculiar plant and anim.al communities and constitute a major habitat
for numerous species. Thus, for example, the mangroves and the muddy areas assosciated with
them contain quite a significant population of migratory birds, enough to consider the sites of
Gabon as being of international importance (Schepers 1993). It has therefore been recently
proposed that they be classified within the Ramsar zone. The swamp forests on their part, present
a remarkable biological diversity because of the convergence of the aquatic environment and the
forest. With regard to the main fauna there is no pure endemism but the species of the humid
areas are in very high densities in these habitat. Thus the lower course of the Ogooue river
shelters significant populations of hippopotamus Hippopotamus amphibus and sea cows
Trichechus senegalensis, whilst the adjacent swamps are important national nest-building sites
of several species of water birds. In the North-East of the country, these different types of swamp
forests, probably host high densities of rare species such as the crested mangabey Cercocebus
galeritus. Finally we should remember that these humid zones play a vital role in the production
of fishery resources.

(b) The coastal and central savannas are well represented in the protected areas. In contrast, the
South East savannas and several endemic species remain excluded from the protected area
network. Therefore the creation of a national park in the savannas of the Bateke plateau was
considered an international priority because this zone sheltered a small population of lions
Panthera leo (Pfeffer 1972, lUCN 1987). But seems this population has since disappeared and
it

only some erratic individuals have been irregularly sighted from the Congo. However this area also
shelters certain specific species such as the grey duiker {Sylvicapra grimmia) and some thirty
species of birds arecommitted to (P. Christy comm. pers) The creation of a protected area is
it.

therefore a priority. Since the declassification of the AERF complex of the Nyanga-Mont Fouari,
the South East savannas are only represented to a small extent in the Moukalaba AERF. The
latter ensures the protection of two very rare species of antelopes in Gabon, the defassa
waterbuck Kobus ellipsiprymmus and reedbuck Redunca arundinum, both of which seem to have
disappeared from this area. The waterbuck is still protected at Moukalaba but the presence of the

-17-
reedbuck in Gabon has since been in doubt (Blom & others 1990).

(c) The coastal dry land forests are well covered by the protected area network whilst those of the
central zone are present in the Offoue AERF (known as the Lope Reserve). In this zone, the
network should be developed in such a manner as to incorporate the forests of the Crystal and
Chaillu mountains, which have a very high rate of plant endemism (lUN 1990). At the same time,
the sun-tail monkey is only marginally protected in the Lope reserve (Brugiere & Gailier), The
network of this area must therefore be improved.

(d) The oriental zone forests remain almost devoid of protection. They are represented in the M'passa

integral reserve whose area is too small to ensure protection of its biodiversity. This situation is

even more regrettable since the northern part of this zone (the Minkebe region) has a remarkable
peculiar richness due to the presence of a vaned forest mosaic environment. Two species of
artiodactylas and three primates are moreover unknown in Gabon. Besides, the densities of
existing species like the gorillas and chimpanzees, are the highest in the country. (Steel 1992).
In addition, this difficult access zone has never experienced logging activities and is considered

as part of the last huge block of intact forest in Central Africa. Several authors (Pfeffer 1972,
Mackinnon & Mackinnon 1986, lUCN 1987), have made proposals for its protection, which is still
considered as an international priority. A paper written by the WWF-Gabon proposing several
protection options was submitted to the authorities of Gabon in 1992 (Steel, 1992) but to date no
classification process has began. It is now a matter of urgency since logging concessions have

recently been granted in this zone and if currently the difficult access and low density of
commercial species make logging activities less profitable the situation could change very rapidly.

It
appears therefore that in the current situation, the protected area network of Gabon does not cover the
diversity of the present environment and species. The large humid zones (the mangroves and swamp
forests) are excluded from the network, whilst the savanna types and forests are not represented.
Consequently several animal species are excluded from the network (Table 2). Therefore the oriental part
of the country and the environment associated with remain excluded although they are the zones with
it

the most important peculiar richness in the country.

Integrity of protected areas

Currently two types of disturbances affect the integrity of protected areas:


*
Commercial exploitation of natural resources (essentially wood and petroleum) made
possible by the non-enforcement of legislation
*
Commercial poaching encouraged by inadequate means of supervision
Article 46 of the Law of 22 July 1982 stipulates that "all forms of forestry development in the AERF likely
to change the environment and resources are prohibited". However, this clause has not been
its

respected. Therefore logging concessions have been granted within all the protected areas in the country
and logging activities have affected these sites in various proportions depending on their location. The
Moukalaba and Offoue AERF for example, (of. figure no.1) have undergone exploitation of over 50% of
their surface area, whilst the Petit
Loango reserve has only undergone logging in the North (DGE
wildlife

1991). In Gabon, logging operation is selective and only covers certain varieties especially the okoume
and ozigo which constitute 75% of exports (DGE 1995). This type of logging introduced two types of
disturbances. On one hand, it brought about a direct change in the natural environment, and on the other
hand, the creation of tracks with access routes needed for the evacuation of timber making accessible
areas that had previously been protected by their isolation. In Gabon, due to the average low felling rate
(an average of 2 trees per ha. - Tutin 1992) and the absence of population pressure, forest exploitation
has not had the devastating effects known to other regions of Africa. Ironically, in certain areas it has even
led to thedevelopment of certain large mammal populations (elephants and gorillas) that particuarly value
secondary forests (White 1994). However, the long term impact of this logging activity on biodiversity as
a whole, remain unknown though this activity seems incompatible with the conservation objectives of
protected areas. We must emphasize that to date, about 60% of the Gabonese forest has already been
logged (lUCN 1990 updated) and only the eastern part of the country has not yet been touched.
Petroleum operation is more localized and is confined only to the Sette-Cama AERF and the the Wonga-
Wongue reserve (Southern part). Petroleum resource is vital to Gabon because it contributes more than
50% - DGE
of the State budget through its export revenue. (1995 1996). About 60% of annual production
is from three petroleum fields in the hunting areas of Iguela and Sette-Cama (DGE 1996). The
infrastructureneeded for this operation, (tracks, pipe-line, etc) is estimated to cover 10,000 ha. that is,
approximately 1.5% of the site (Gallner, 1995). Besides, the main exploitation company has taken a certain
number of measures aimed at reducing the direct and indirect impact of its activities on the natural
environment. Currently this operation seems too localized to pose a real threat even as in the case of if,

forest operations, appears incompatible with the objectives of protected areas. Nevertheless, there is
it

cause for concern for the future because in view of the exhaustion of the three current petroleum fields,
prospecting activities have been conducted and new deposits have been located throughout the whole
Sette Cama AERF. Their operation will The development of the
inevitably lead to general disturbance.
road network in particular, could make an already sensitive problem
the control of poaching very difficult,

in the North and South of this area. In Gabon, poaching is mainly centered on the trade in game meat and

involves very little of by-products (skin, ivory etc.). To this end, elephant poaching for ivory is much less
developed than in neighbouring countries (Barnes & others 1993). On the contrary, trade in bush meat
could become widespread and is still determined by the proximity of urban centres where demand is high
and continuous. At Libreville for example, is estimated that a minimum of 500 tonnes of game meat are
it

sold each year (Steel 1994). Livestock farming in Gabon is not very developed and about 95% of animal
protein is obtained from bush meat (Pfeffer 1996). The two most affected protected areas are the AERF
of Mouka'aba and the M'Passa integral reserve where poaching is responsible for the drastic reduction
in densities of existing species. The Wonga-Wongue reserve, located between Libreville, Port Gentil and

Lambarene should have been very much affected by this problem, but its inaccessibility and
adequate/effective supervision have reduced poaching to a very minimum level. In the other areas, human
and matenal surveillance resources are very inadequate. Thus the AERF of Sette-Cama and Offoue each
have onTy about ten surveillance officers who are ill-equipped. In Gabon, as in many African countries,
protection against poaching for commercial purposes, is due more to the isolation of reserves and city
centres located far away, than to an active protection policy.

Modification of the natural environment through industrial use of resources as well as poaching therefore
affect the whole of the network in varying proportions depending on the sites. No protected area is
however immune to disruption. These problems are worsened by the fact that contrary to judicial laws in

force, no protected area currently has a management plan identifying management modalities and priority
activities. Under these circumstances, one wonders about the future of protected areas in Gabon.

Perspectives
In order to improve the current situation on the level of the representativeness of the network as well as
its management, various proposals have been made and are in the process of implementation.
In 1990, a report of the lUCN (1990), publishing the results of a joint lUCNA/WVF mission undertaken four
years earlier, recommended the creation of some ten protected areas throughout the country (Figure 2).
The national park law was proposed for several sites. is important to note that to date, Gabon is one of
It

the few African countries that has no area classified as a national park, although this statute exists in its
legislation. It is also the only country which declassified all its national parks after independence, whilst the
protected areas established under colonial rule generally had their statutes maintained or strengthened.
In 1996, only the mount Doudou reserve was at the final stage of classification. Detailed evaluation and

proposals had been made on two other sites, Minkebe and Mingouli (Steel 1992, lUCN 1994) but the
classification process has not yet begun.
With regard to management, the situation is being improved due to the establishment of two important
international conservation projects, the ECOFAC project of the European Union involving the Lope
Reserve (see picture) and the Forests and Environment Project, with part of its activities concentrated on
the AERF of Sette Cama and Moukalaba (Gamba complex) where it operates in collaboration with French
and German co-operation and the WWF-Gabon. This project funded mainly by the World Bank and the
government of Gabon, has an overall objective to improve the forestry sector of Gabon through institutional
capacity building and providing training support, research and forestry conservation. In the field,

-19-
surveillance squads of the Gamba complex have received very significant material support and, more
generally, the project has succeeded in putting an end to forest exploitation throughout the area, as well
as conducting a successful classification of the Doudou mountains. This site will link the existing two
AERFs and create a conservation area of about one million hectares, one of the largest in Central
will

Africa. Currently, the projects and its partners aim at establishing a master management plan for the
complex.

Conclusion
A study of the situation has shown that the Gabonese protected area network is currently neither
representative of the diversity of the natural environment of the country nor adequately managed.
However, due to the establishment of two international conservation projects, some progress has been
achieved in these two domains. This situation poses the problem of the "post-project" period. However,
by paying particular attention to professional training through this project, it is hoped that on its completion,
the Gabonese authorities will be able to sustain the accomplishments.

On a more general note, Gabon presents a


peculiar situation: its economic richness, its important
biological diversity and the absence
of population pressure constitute considerable advantages for the
achievement of sustainable development. The existence of a well managed and representative network
of protected areas can only promote the establishment of economic and development activities. With high

populations of "key" animal species for sight-seeing tourism (elephants, gorillas, buffalos etc.) and
remarkable forestry landscapes, Gabon could become an important tourist destination for the discovery
of tropical forests, a least developed sector in Africa, but which certainly has great potential.

Acknowledgements
The writer thanks Mr. Patrice Christy for the documents provided and for kindly reading over this paper.
He also thanks Mr. Jean-Pierre Gautier and Mr. Marc Colyn for their comments on the manuscript.

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-20-
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-2T
Aires Protegees Au Niger:
ECO-SYSTEMES, Gestion Et Fonctions Peripheriques

Michel Benoit^

Definitions
" " " "
Le terme aire protegee est pris ici dans un sens large. designe tout espace naturel circonscrit,
II

" "
maintenu comme sanctuaire ou gere en vue de I'exploitatlon (par ponction controlee ou tourisme de
" "
vision) des ressources vivantes sauvages dans le respect d'une diversite biologique minimale (especes
et milieux), des stocks de ressources vivantes et de I'integrite des paysages. designe aussi bien des
II

" "
ranchs de gibier que des sanctuaires en protection absolue, ou toutes formes de mise en defens
"
utilitaires, de bois sacres ", de zones d'interet cynegetique, de reserves de faune ou de forets
domaniales. La definition ne prejuge pas du mode et de la finalite de la maintenance.
" "
La implique aussi bien des activites de rehabilitation (nettoyage, eradication d'especes
gestion
exotiques, repeuplement), de protection (efficace ou non...) ou d'exploitation (par cueillette -legale ou non-,
chasse ou braconnage, tourisme de vision, capture et transfert). Elie permet des mises a disposition de
benefices variees au profit des populations de la region, de I'etat ou de filieres commerciales privees. Elle
:

peut avoir des objectifs commerciaux, culturels, religieux, ludiques, esthetiques ou scientifiques. Enfin, elle
peut etre le fait d'une initiative communaDtaire, etatique ou privee.

r
••0

"4» >
I k

\t ,

Les obiectifs de la recherche


" "
Aujourd'hui, I'espace sauvage n'existe plus en Afrique des savanes que la ou est maintenu ou recree il

comme tel. La densification des peuplements (hommes et betail) et la saturation de I'espace agricole et
des parcours pastoraux I'a reduit aux zones oil est circonscrit sous des statuts varies. Sauf exceptions
il

'
IRD, BP; 11416, Niamey, Niger, , Tel: (227) 75 31 15, Email: bcnoitrtf)ird.nc

-22-
" "
(beaucoup de forets classees ont ete ruinees...), est devenu (pour les economies de ponction des
il

regions de savanes) plus abondant que les autres espaces de production (terroirs, jacheres, parcours
pastoraux).

Les aires protegees ouest-africaines sont des espaces reliques sauvegardes (en deux grandes phases :

1926 et 1954) dans une conjoncture de destruction massive, rapide et inconnue jusqu'alors (sauf
demonstration historique contraire). Elles ont acquis en quelques annees, une vocation ecologique,
economique et culturelle nouvelle, aussi bien en tant que biotope, patrimoine ou espace de production.
"
Malgre des discours de principe souvent hostiles, les populations voisines (mais pas forcement locales ")
ont per^u et integre ce phenomene et adapte leurs comportements en consequence, en restant fideles
" "
a I'economie de ponction (qu'il s'agissent de chasseurs-cueilleurs-essarteurs ou de pasteurs).

De nombreuses aires sensees etre protegees par I'etat ont ete pillees par reaction libertaire. Certaines ont
"
ete alors declassees ", pendant que d'autres etaient rehabilitees. Ces cas relevent aussi du theme
propose.
" "
La question des aires protegees marines ou en mangrove n'est pas envisage ici faute de propositions.
IIne s'agit pas d'un a priori.
" "
Les de I'UR proposee sont proches de ceux du projet Aires protegees du
objectifs scientifiques
programme Savanes de rUR4 du departement Ressources, Environnement et Developpement de I'lRD
(1997). Ms ont evolues, compte tenu de I'experience et des apports des chercheurs souhaitant traiter le
theme.

Cest la de I'aire protegee et les fonctions qu'elle induit dans^a region qui legitime
specificite territoriale
" "
Cependant, les ensembles sanctuaire/peripherie(s) et
le projet scientifique.
"
anctuaire/peripherie(s)/region peuvent etre apprehendes de fagons variees :

- Comme ensemble de
biotopes L'aire protegee est une banque genetique. Elle est cernee par
.

un ecotone voulu par I'homme (materialise par une cloture ou non) cette lisiere est le lieu de :

processus biologiques et humains originaux. Comme conservatoire du paysage, elle constitue un


patrimoine et une reference historique et esthetique.
" "
- Comme territoire . Devenu sauvage circonscrit exerce localement
tres minoritaire, I'espace
une concurrence vis-a-vis des autres types d'espaces de production agricole, pastoral ou urbain, :

soit directement, soit par I'intermediaire de


"
zones tampon " de statuts varies. A I'echelle
regionale, subit cette concurrence.
il
peut egalement exercer des fonctions a grande distance
II

(mise en defens de protection des reserves en eau ou des sols sur les hauts bassins versants).
- Comme entite juridique fonciere, coutumiere
,
ou religieuse. L'aire protegee (et, eventuellement,
" "
ses peripheries) a un statut (de droit prive, etatique ou coutumier) ou un sens (lieux sacres,
hantes, tabous).
- Comme espace de production L'aire protegee contient des ressources animates et vegetates
.

" "
qui sont en fait des " produits pour les economies de ponction ". Elle a done souvent une
double fonction economique: pour le gestionnaire de l'aire, elle est un espace de production au
meme titre que I'espace agricole ou pastoral mais elle peut etre en meme temps un espace de
ponction (reel ou potentiel) pour les populations voisines.
Deux approches socio-economiques sont alors possibles suivant les situations:
" "
- une analyse du systeme marchand (public, communautaire ou prive): tourisme de vision,
chasse commerciale, production de matieres premieres (geniteurs, ivoire, peaux, trophees, etc..)
et filieres induites (gardiennage, maintenance, transport, artisanat, commerce).
" "
une analyse de ponction communautaire locale: la mise en defens maintient ou produit de
- la

la richesse car elle constitue (ou re-constitue) des stocks de ressources potentielles utiles
(legalement ou non) aux genres de vie fondes sur la ponction (cas de tous les genres de vie
ouest-africains). L'aire protegee interfere ainsi sur les modes de production de sa region.

Dans les deux cas (qui ne s'excluent pas) ,


les modes d'exploitation de l'aire sont des faits nouveaux en
Afrique de I'Ouest (cf. plus bas).
- Comme outil pedagogique. L'aire protegee est un lieu d 'edification, d'education ou de recreation

-23-
du public citadin.

-
Comme "
pantheon ". L'aire protegee est souvent devenue un espace de reference pour les
cultes animistes. Des aires protegees longtemps contestees face au pouvoir (etatique et exogene)
par des societes pantheistes (re)deviennent des lieux de spiritualite, source de renouveau culturel
et sont revendiquees comme telles.

Aucune proposition n'a considere les aires protegees en tant que reseau. y aurait pourtant la un sujet II

de recherche et de reflexion original pour I'ecologie mais aussi pour les responsables d'un amenagement
du territoire qui se preoccuperaient de rehabilitation des ressources detruites.

Deontoloqie
Cette proposition d'UR est formulee a la suite de la detection d'un sujet d'etude devenu d'abord specifique
" "
par defaut (en Afrique de I'Ouest) puis fondamental en tant qu'espace d'appui indispensable a toute
politique d'amenagement du territoire soucieuse de reconstituer les ressources vivantes avant de mettre
"
en oeuvre d'une exploitation non miniere ".

" "
II
y a, bien sur, une conscience dans proposee un souci egalement partage entre le devenir
la science :

des ressources des populations humaines qui en vivent. Ainsi, des diagnostics d'expertise pourront
et celui
etre formules. Cependant, on veillera a ce que se soit toujours en aval de resultats issus du terrain.

Les chercheurs interesses par le theme sont conscients de la complexite des choses et de la necessaire
modestie de leur role d'observateurs. Leur credibilite lors de la phase de valorisation n'en sera que plus
grande.

Chantiers
" "
L' est un objet qui sollicite des competences variees. Tous les etats biologiques et toutes
aire protegee
de l'aire protegee ne seront pas etudies par tous partout. Chaque programme en identifiera
les fonctions

quelques uns en relation avec ses competences et ses aptitudes interdisciplinaires.


" "
des chantiers est en cours. Certains sont deja en cours d'execution, d'autres sont ou
^identification
seront proposes aux autorites competentes, d'autres encore seront determines en fonction de la demande.

L'etat de I'art (quelques remarques).


Tel que formule ci-dessus, le theme est peu traite en France par la recherche tropicaliste. repond II

"
cependant a un certain nombre de preoccupations qui se manifestent dans le Programme National
"
Biodiversite (cf. version du 01/09/98).

Le du programme Savanes de l'UR4 de I'ORSTOM. Ne lors de la reforme precedente


projet actuel est issu
de pas
I'IRD, eu le temps d'aboutir mais est toujours actif, malgre deux defections (retraite et arret
il n'a
maladie). La presente proposition est une nouvelle formulation de ses objectifs qui tient compte des
premieres experiences. Elle peut desormais emerger a la suite d'une demande forte, concernant
notamment la gestion des peripheries (voir, par exemple, le colloque de Mahajanga a Madagascar en
1994).

L'etat de la recherche appelle deux remarques:


-
des biologistes et/ou des gestionnaires specialistes des aires protegees ont " decouvert " les
populations humaines riveraines et veulent desormais les associer a la gestion de l'aire. Certains
veulent meme la
"
rendre ". L'enthousiasme parfois "
rousseauiste
"
qu'ils manifestent dans les
"
media est reconnu par les bailleurs de fonds.
politiquement correct
"
n'est malheureusement II

pas toujours tempere par une connaissance serieuse des faits sociaux car peu de chercheurs des
sciences humaines de terrain ont rallie le theme jusqu'a present.
- des economistes se preoccupent des filieres issues de I'exploitation des ressources vivantes
sans trop poser la question de I'avenir (reconstitution et respect) des stocks (terrestres en tout
cas).

-24-
fau'. se garder de certaines naivetes. Toutes les aires
II
protegees ouest-africaines sont implantees dans
des espaces economiques animes par des ideologies et des genres de vie restes (qu'on le regrette ou
" "
non) des modes de ponction ". lis sont desormais miniers ", vu I'etat de la demographie (doublement
des effectifs tous les 35 ans en Afrique de I'Ouest !) et de la ruine des stocks. L'expression " durable "
" " " "
utilisee par certains apres une demi-siecle de developpement negateur de la vie sauvage (done des
ressources effectivement utilisees par les Civilisations ouest-africaines) ne fait qu'ajouter au malentendu
issu d'un a priori productiviste impose a des economies qui ne I'ont pas accepte.

Les chercheurs des sciences sociales qui abordent le theme ne le font pas sans reticences ni " tabous "
avec les conditions sanitaires localement repulsives et le manque d'eau de surface (saisonnier ou
" "
permanent), la ponction esclavagiste et guerriere sur les effectifs humains etait le facteur essentiel de
la remanence de I'espace sauvage, done de la rehabilitation des ressources vivantes dans I'afrique de

I'ouest ancienne. ce fait fondamental (et intervenant par defaut et hors de I'ethos) et historiquement
constant, est elude, ce qui interdit une bonne comprehension des processus anciens de regeneration des
" "
ressources vivantes et conduit a imaginer des methodes traditionnelles de gestion respectueuses et
assumees qui ne I'etaient pas forcement ou qui I'etaient au corps defendant des communautes
concernees. le dialogue souhaite entre gestionnaires des aires protegees et populations riveraines se
heurte ainsi a de graves malentendus car les ideologies locales ne "produisent" pas (sauf exceptions
locales et peu compatibles avec la "reproduction sociale") de strategies conservationnistes.
" " "
Inversement, le role de pantheiste dans la perception de la nature (y compris les aires
la spiritualite

protegees ") est peu etudie du point de vue de la conservation. Les fonctions economiques reelles (done
souvent illegales) des aires protegees egalement.

Ceci n'est pas signale dans un but critique mais pour favoriser une meilleure recherche.

Conclusion : axes de recherche possibles

Compte tenu de ce constat et des propositions faites par les chercheurs interesses, les axes de recherche
possibles suivants ont ete identifies :

- la etude des eco-systemes proteges biodiversite (inventaires, effectifs et stocks


biodiversite : :

(denombrements, biomasse). dynamique des peuplements, ethologie, etc... effet du mode de


conservation (gestion). dynamique comparee des paysages dans le sanctuaire et au dehors sur
espace agraire ou pastoral.
-
genres de vie locaux et I'identification.des ressources par les populations humaines
les
riveraines avant la creation de I'aire et aujourd'hui, dans le sanctuaire et en peripherie (dans
.

" "
I'espace humanise), les fondements locaux de I'economie de ponction agriculture d'essartage,:

" "
cueillette et chasse, pastoralisme. la contradiction apparente entre un discours hostile a la
" "
conservation et la recuperation ideologique et economique de I'aire par les populations
riveraines.

-
Les processus de territorialisation. Statut de I'aire. Statut et usages du sol en peripherie.
Occupation de I'espace anteneure et posterieure a la creation de I'aire; dans et hors de I'aire.
Strategies foncieres et dynamiques des parcours pastoraux. Territoires de cueillette et de chasse.
Concurrences territoriales vis a vis des autres espaces de production, pression pastorale et
agricole, effets de lisiere, protection voulue ou induite des sols ou de I'eau, flux economiques,
maintenance des sites sacres des religions pantheistes.
-I' exploitation gestionnaire et/ou par les populations (legalement ou non). la part
de I'aire par le

des ressources issues de I'aire dans I'economie familiale des riverains. I'aire protegee dans
I'economie regionale.
" " " "
-la representation de
par les populations riveraines.
I'aire aire protegee et la coutume
I' :

" "
perception de la conservation telle que pratiquee par le gestionnaire de I'aire (I'etat, les
"
prives ", la population elle-meme, etc.). consen/ation et spiritualite la conservation locale (sites
:

" "
tabous, hantes, parcours ou terres reservees, etc..) recuperation par la spiritualite locale des
;

effets de la conservation imposee (lieux sacres inclus dans I'aire protegee).

-25-
Protected Areas In Niger:
Eco-SYSTEMS, Management AND Peripheral Functions

Michel Benoif*

Definitions

The term "protected area" is used here in a broad sense. It designates any "natural" restricted area,
maintained as a "sanctuary" or managed with a view to exploitation (by controlled use or visual tourism)
of the living "wild" resources with respect for a minimal biologial diversity (species and eco-systems), of
the living resource stocks and of the integrity of the landscape. It refers to game ranches as well as
absolute protective "sanctuaries", or all forms of utilitarian protection, of "sacred woods", of zones of
cynegetic interest, of animal reserves or national forests. The definition does not prejudge the means and
the ends of the maintenance.

"Management" implies rehabilitation activities (cleaning, eradication of exotic species, resettelement) as


well as protection (efficient or not) and exploitation (by gathering - legal or otherwise -, hunting or poaching,
visual tourism, capture and transfer). It makes possible a variety of benefits: for the people of the area, for
the state or for private commercial networks. It can have commercial, cultural, religious, recreation,
aesthetic or scientific objectives. Finally, it can be the result of a community, state or private initiative.

Research Objectives

Today, the wilderness no longer exists in the African savannas except where it is maintained or re-created
as stjch. Desertification caused by settlement (men or cattle) and the saturation of agricultural land and
pasturage has reduced it to areas where it is restricted under various statuses. Exceptions aside (many
classified forests have been ruined...), it has become (for the "tapping" economies of the savanna regions)
more abundant than other productive lands (village territories, fallows, pastoral herding areas).

The West African protected areas are valued lands which were safeguarded (in two major phases: 1926
and 1954) during a period of massive, rapid and hitherto unknown destruction (except if there are historical
examples to the contrary). They acquired in the space of a few years a new ecological, economic and
cultural purpose as well as becoming a biotope, a heritage or productive land. In spite of often
automatically hosti'e arguments, neighbouring peoples (but not necessarily "local") perceived and
integrated this phenomenon and adapted their behaviour as a consequence, remaining faithful to the
"tapping" economy (whether it concerns hunters-gatherers-essarteurs or herders).

Many areas supposed to be protected by the state were pillaged as a result of a libertarian reaction. Some
were then "declassified", while others were rehabilitated. These cases are also part of the theme proposed.
The question of marine or mangrove "protected areas" is not dealt with here for lack of proposals. It is not
as a result of an a priori.

The scientific objectives of the RU proposed are close to those of the "Protected Areas Project" of the
Savanna Programme of the RU4 of the Department of Resources, Environment and Development of RUD
(1997). They have evolved according to the experience and the contributions of researchers wishing to
deal with this theme.

It the terhtorial specificity of the protected area and the useful functions that it performs in its region that
is

legitimizes this scientific project. However, the entire "sanctuary/periphery(ies)" and

IRD, B.P. 11416, Niamey, Niger; Tel: (227) 75 31 15. Email: [email protected]

-26-
"sanctuary/periphery(ies) region" can be understood in different ways;
- as a set of biotopes The protected area is a genetic bank. It is defined by an ecotone required
.

by man (materialized by an enclosure or not); this limit is the site of original biological and human
processes. As a conservatory of the landscape, it constitutes a heritage and a historical and
aesthetic reference.

Having become a minority, restricted "wilderness" areas are


- as a territory .

locally in competition
with other types of productive land: agricultural, pastoral or urban, either directly, or indirectly,
through intermediary "buffer zones" of varied statuses. At the regional scale, wilderness areas
are threatened by this competition. Wilderness areas can also provide a useful functions at great
distance (conservation and protection of water or soil reserves in the high water basin slopes).
- as a judicial land, customary or traditional entity. The protected area (and eventually its
peripheries) has a status (in private, state or custormary law) or a "sense" (sacred places,
haunted, taboos).
-as productive land The protected area contains animal and vegetal resources which are in fact
.

"products" for "tapping" economies. It thus has a double economic function: for the manager of
the area, it is productive land in the same way as agricultural or pastoral land but it can at the
same time be a tapping area (real or potential) for neighbouring populations.

Two socio-economic approaches are thus possible according to the situation:


- an analysis of the "commercial" system (public, community or private): visual tourism,
commercial hunting, production of raw materials (genitors, ivory, skins, trophies, etc..) and related
systems (guarding, maintenance, transport, artisanal activities, commerce).
- local community "tapping": conservation and protection maintains or produces
an analysis of the
wealth because constitutes (or r^-constitutes) the stocks of resources potentially useful (legally
it

or otherwise) to ways of life founded on tapping (the case of all the West African ways of life). The
protected area interferes in this way with modes of production of the region.

In both cases (which are not mutually exclusive), the modes of exploitation of the area are new facts in

West Africa (see below).

-
as a pedagogical tool. The protected area is a place of edification, of education or of public
recreation.

-
as a "pantheon". The protected area has often become a reference for animist cults. Protected
areas long contested by pantheistic societies against the powers that be (governmental and
external) become (again) places of spintuality, springs of cultural revival and are reclaimed as
such.

No proposal has considered protected areas as networks. This could however, be a subject for research
and original reflection for ecology but also for those responsible for land development schemes who would
be concerned with the rehabilitation of destroyed resources.

Ethics

This proposal for a RU was formulated following the detection of a subject of study that became first of all
specific "by default" (in West Africa) and afterwards fundamental as support space indispensable for all
land development policies concerned with the reconstitution of living resources before implementing a non
"mining" exploitation.

There is of course a conscience in the proposed "science"': a concern equally divided between the future
of resources and that of the human populations that live on them. In this way, expert diagnoses can be
formulated. However it must be seen to that it is always in support of field results.

Researchers interested in this theme are conscious of the complexity of things and of the necessity for
modesty in their role as observers. Their credibility during the development phase will only be enhanced

-27-
Worksites
The "protected area" is an object that requires a variety of skills. Not all the biological states and all the
functions of the protected area will be studied by everyone everywhere. Each programme will identify those
researchers required in relation to their interdisciplinary skills and aptitudes.
Collective reflection is however desirable considering that the field areas will be relatively homogeneous
and in close proximity.

The identification of "worksites"is in process. The principal sites retained for the moment are in West
" "
Africa. Some are already active, others are in the process of being identified and proposed to
worsites
the locals authorities, others will be identified in accordance with the request.

The State of the Art

(a few remarks)
As formulated above, the theme is little treated in France by tropicalist research. However, it
responds to
a certain number of preoccupations which come up in the "National Biodiversity Program" (cf. version of
01/09/98)

The current project came out of the Savanna Program of the RU4 of ORSTOM. Born during the preceding
reform of IRD, there has not been time for it to come about but it is still active, in spite of two departures
(retirement and sick leave). The present proposal is a new formulation of its objectives which takes into
account the preliminary expenences. It can from now on daw from a strong demand concerning in
particular the management of peripheries (see, for example, the colloquium of Mahajanga in Madagascar
in 1994).

The state of research calls for two comments:


-
biologists and/ormanagers specializing in protected areas have "discovered" riverain human
populations and from now on want to associate them in the management of the area. Some even
want to "cede" it to them. The sometimes "Rousseauist" enthusiasm that they demonstrate in the
media is recognized as being "politically correct" by the funders. It is unfortunately not always
tempered by a serious understanding of social facts as few researchers in the social sciences in
the field have rallied to this theme up to now.

economists are concerned with commercial systems resulting from the exploitation of living
-

resources without paying much attention to the future (reconstitution and respect) of stocks
(terrestrial? in any case).

One must be wary of certain naiveties. All the protected areas in West Africa are implanted in economic
areas animated by ideologies and ways of life that remain (whether we regret it or not) "tapping" ways of
life. They are from now on "miners" in view of the state of demography (doubling of the population every

35 ears in West Africa!) and the ruin of stocks. The expression "sustainable" used by some after half a
century of negative "development" of "wildlife" (resources used by West African civilizations) has only
added to the misunderstanding resulting from a productivist a priori imposed on economies that have not
accepted it.

Researchers in the social sciences who deal with the theme do not do so without reticence nor "taboos".
With repulsive local health conditions and the lack of surface water (seasonal or permanent), the slavery
and warrior "raiding" on the human populations was the essential factor ressible for the regeneration of
the wilderness, thus of the rehabilitation of the living resources in ancient West Africa. This fundamental
and historically constant fact (and occurring by default and beyond the ethos), has been evaded, thus
preventing a good understanding of the ancient processes of regeneration of living resources and leading
to imagining respectful and responsible methods of management that were not necessarily "traditional"
or which were imposed by necessity on the communities concerned. The dialogue desired between
managers of protected areas and riverain populations in this way comes up against serious

misunderstandings as local ideologies do not "produce" (apart from local exceptions that are not
compatible with "social reproduction") conservationist strategies.

Inversely, the role of pantheistic spirituality in the perception of "nature" (including the "protected areas")

-28-
is little studied from the point of view of conservation -
the real economic functions (often illegal) of
protected areas also.

The aim here is not to be critical but to promote better research.

Conclusion: possible research subjects?

Taking into consideration this observation and proposals made by interested researchers, the possible
research subjects have been identified;
-
Biodiversity; Study of protected eco-systems; biodiversity (inventories, populations and stocks
(denombrements, biomass). Dynamics of settlements, ethology, etc... Effect of the mode of
conservation (management). Comparative dynamics of landscapes within and without the
sanctuary on agrarian or pastoral space.
The local ways of life and the identification of resources by the human riverain populations:
-

before the creation of the area and today, in the sanctuary and in the periphery (in humanised
space). The local foundations of the "tapping" economy; itinerant agriculture, hunting, gathering
and pastoralism. The apparent contradiction between arguments hostile to consen/ation and the
ideological and economic "recuperation" of the area by the riverain populations.
-The processes of territorialization. Status of the area. Status and uses of the soil in the periphery.
Occupation of the area before and after the creation of the area; within and without the area. Land
strategies and the dynamics of pastoral areas. Hunting and gathering territories. Territorial
competition with regards to other productive land, pastoral and agricultural pressure, effects of
borders, intentional or induced protection of the soils or of the water, economic flows, maintenance
of the sacred sites of pantheistic religions.

- The exploitation of the area b/the manager and/or by the populations (legally or otherwise). The
share of resources from the area in the family economies of the riverain peoples. The protected

areas in the regional economy.

-The "representation" of the area for the riverain peoples. The "protected area" and Custom:
perception of "conservation" as it is practised by the manager of the area (the State, the "private
sector", the local population itself, etc.). Conservation and spirituality; local conservation (taboo
or haunted sites, reserved lands or pastures, etc.); "recuperation" by local spirituality of the
effects of imposed conservation (sacred places included in the protected area).

-29-
Le Partage Des Benefices De L'amenagement Des Aires Protegees:
Le Cas du PARC National De Tarangire En Tanzanie^

La conservation est souvent consideree comme un choix entre le developpement de benefices a court
terme et la protection pour des benefices a long terme. Avec les mecanismes appropries, cependant, il

est possible de realiser les deux objectifs a la fois. Dans les pays en developpement, la protection des
pares se pratique pour des raisons sociales ou environnementales. Le renforcement des possibilites de
generation de revenus des aires protegees grace au tourisme et la restitution directe de ces benefices a
I'ensemble de groupes d'interet approprie peut aboutir a une approche equilibree vis a vis de la
conservation environnementale a long terme et le developpement economique a court terme.

Actuellement, environ 14% du territoire Tanzanien est declare aires protegees. Bien que les pares
nationaux, les reserves fauniques et d'autres aires protegees aient produit beaucoup de revenus pour le
gouvernement, pas grand-chose de ces revenus a ete retenu pour promouvoir les efforts de conservation
dans ces zones ou pour compenser les communautes locales. Les moyens de financement du Pare
National Tarangire (TNP) tout comme ceux de la Regie des Pares Nationaux de la Tanzanie (TANAPA)
sent limites et les recettes provenant des droits d'entree sent supplees par des bailleurs etrangers, aussi
bien par I'intermediaire du TANAPA que directement au TNP. Au sein du TNP, les recettes actuelles ont
constamment excede les depenses depuis I'exerciee 1991. Le TNP opere avec une marge de profit qui
varie d'environ 23% a 140% par an. Les revenus excedentaires sent contribues aux fonds du TANAPA.

)r-' iH^ f^.v> ^^

Concertation Des Groupes D'interet (TNP)


A Tarangire, un examen detailledes groupes d'interet a permis d'identifier plusieurs groupes ayant des
interets investis dans la mission de conservation du pare s'agit notamment des visiteurs, de la direction
: il

"
The de World Bank "l-indinus. No 88 iiiin 1997

-30-
du pare, TANAPA, les doyens du village et les membres de la communaute ainsi que les operateurs
d'agences de tourisme.

Sondages Pes Visiteurs

Les resultats empiriques d'une analyse de contingence utilisee pour determiner la valeur du Pare National
de Tarangire sous deux niveaux de conservation et de protection des ressources ont montre que les
niveaux actuels des recettes provenant des droits d'entree au pare sont plus bas que les frais que les
visiteurs auraient pu facilement payer.
La structure actuelle des droits d'entree est de 20$ USA pour les visiteurs etrangers non-residents, 10$
USA pour les
etrangers residents et 1$ USA pour les nationaux residents. Les visiteurs non-residents sont
prets a payer 36$ USA et les residents non-nationaux, 16$ USA, soit presque le double des frais actuels.
Avec un total de plus de 380 000 visiteurs a tous les pares nationaux de la Tanzanie- ces chiffres
representent une valeur economique de 4,397.000$ provenant des visiteurs non-residents et 1,954,000$
pour les visiteurs etrangers residents. s'agit la d'une estimation relativement modeste etant donne que
II

seul quelques-uns des repondeurs non-residents etaient au eourant du montant des droits d'entree
preleves paree que les frais etaient inclus dans I'ensemble des prix du voyage. Compte tenu du budget
des depenses operationnelles du TANAPA qui s'elevaient a 2,633,000$ USA pour I'exereiee 1992/1993,
ces pertes de revenus etaient importantes. Ce chiffre indique que les pares tanzaniens subventionnent
les frais des visiteurs etrangers et expatriantes relativement riches.

Outre I'augmentation direete des droits d'entree, y a beaueoup d'autres moyens d'augmenter les revenus
il

des aires protegees. Le fait de fixer des droits d'entree differents pour differents pares en fonction de la
qualite des experiences de la nature, du niveau de conservation requis, ou du niveau de protection realise,
est une option adoptee dans les pares nationaux de Gombe et de Mahale ou les droits d'entree sont
nettement plus eleves. La fixation de prix et la prestation de services differents pour differentes categories
d'eeo-touristes pourrait aussi augmenter les revenus. Ainsi, des services minimum bon marche pourraient
etre offerts aux visiteurs sur budget et des services differents aux visiteurs de plus haute categorie.

Assistance Communautaire

Selon des sondages menes au niveau des villages, le fait de vivre a proximite d'un pare presente d'une
part, des avantages comme Tacces potentiel aux moyens de transport, au bois de chauffe et a I'eau, et
d'autre part, des ineonvenients comme la reduction de la taille des champs, le manque d'aeees aux
paturages et au bois de chauffe. Les villages comptaient egalement sur I'assistanee du pare pour ameliorer
les ressources d'eau, controler les animaux sauvages et appuyer les projets de sante. Deux approehes
ont ete adoptees dans le cadre de I'assistanee communautaire pour partager les benefices avec les
communautes locales, I'une etant sous forme de services de conservation de la communaute, et I'autre
sous forme d'agences de tourisme.

Le Service de Conservation de la Communaute (SCC) est un programme faisant partie integrante du

TANAPA qui vise a faire profiter les populations locales grace a de projets de developpement. TANAPA
utilise cette approche pour aborder les questions de ressources dans les zones situees en dehors des

limites des pares et sur lesquelles n'a aucune autorite. Le responsable du SCC dans un pare comme
il

Tarangire servira de liaison entre la direction du pare et les communautes locales. Avec la collaboration
entre I'administration generale du pare et le bureau du SCC, les questions relatives a la communaute
pourraient commencer a etre abordees dans le cadre de I'administration du pare.

L'approche par I'agence de tourisme pour le partage des benefices, qui met surtout en jeu les autorites
dirigeantes du village est par centre moins flexible. Le probleme important etait que les villageois (non-
dirigeants) n'ont pas le sentiment qu'ils profitent directement du programme de partage des benefices.
Contrairement au SCC, les operateurs d'agences de tourisme n'ont pas la possibilite de superviser les
projets loeaux et se contentent d'allouer aux conseils du village, des droits de 6$ USA par visiteur.

-31
Les Lecons Apprises
Grace a un examen des conclusions d'etudes concernant d'autres aires protegees en Afrique du Sud et
a leur propre recherche a Tarangire, I'equipe de sondage a pu tirer les iegons suivantes :

Assistance Technique
Le developpement et la mise en oeuvre des projets complexes de developpennent destines a la
conservation exigent une association de savoir-faire technique et de sensivite sociologique. Dans les
villages environnants de Tarangire, y avait un manque de confiance vis a vis des membres du Conseil
il

du village qui regoivent les fonds des operateurs de tourisme. Ceci a eventuellement mener a un manque
de volonte de la part des beneficiaires de respecter les termes de leurs accords avec les operateurs. Dans
le cadre des projets du SCC, les villageaois etaient eux-memes directement impliques et developpent un

vrai sens d'appartenance aux efforts de conservation parce qu'ils sentent qu'ils profitent directement des

operations du pare. A cet effet, le renforcement des capacites dans les communautes locales s'avere
indispensable pour les efforts de conservation durable.

Proiets et Argent

Le fait d'aborder la conservation par le biais des projets piutot qu'a travers des programmes d'argent reduit
le risque de mauvaise gestion des fonds un plus grand segment des besoins de la
et peut permettre a
communante d'etre satisfait des benefices. faudra cependant veiller a ce que les projets soient pertinents
II

et fassent I'impact necessaire. Par ailleurs I'appui necessaire doit etre accorde au projet jusqu'a ce qu'il
arrive a terme pour s'assurer que les benefices sont utilises de fagon appropriee.

TAILLE DES PROJETS

Entrepris a petite echelle,meme les projets de conservation pour le developpement les plus performants
ne sauront repondre aux besoins globaux des grands pares ou ecosystemes, par consequent, les projets
qui ne couvrent qu'une petite proportion des aires protegees ne sauraient assurer I'integrite de la zone,
ilest peu probable que les projets qui couvrent I'ensemble d'une aire protegee dotee de ressources
limitees, produisent des resultats encourageants. (Hannah, African Parks, African People).

Mise En Oeuvre
Bien que I'approche participative soit preconisee, certains experts estiment qu'il est necessaire d'adopter
certainesmesures centre le braconnage et d'autres modes d'utilisation illicite des ressources des pares.
Actuellement, tres peu de programmes partieipatifs ont enregistre elairement une faible incidence de
braconnage, de ramassage de bois de chauffe, etc. comme resultats des programmes. Si les projets
partieipatifs echouent, ce serait du au fait que, malgre I'adoption de strategies de partage des benefices,
les beneficiaires pensent qu'il leur est personnellement beaueoup plus avantageux de poursuivre les
activites d'exploitation illicites.

Les Liens Reciproques


Eventuellement la conservation ne reussit que lorsque le succes du programme de developpement depend
du succes de la conservation tel est le eas du programme de CAMPFIRE au Zimbabwe ou I'utilisation
;

de la faune sauvage donne lieu au developpement, mais depend a son tour de la gestion efficace et de
I'amelioration des conditions de ces ressources fauniques.

Creation De Liens Entre Les Differents Acteurs


Le renforcement des liens formels et informels parmi tous les acteurs permet a chaque groupe d'interet
de mieux aborder ses propres problemes. La coordination au sujet des benenefices, des besoins de

-32-
developpement et des preoccupations communes peuvent aboutir a I'integration des objectifs et reduire
la possibilite de concurrence entre les programmes.

Recommandations
Dans beaucoup de cas, I'existence des aires protegees se justifie uniquement deja sur une base
economique (les recettes provenant des droits d'entree depassent le budget d'operation que le
gouvernement affecte a I'entretien des pares). Cependant, les mecanismes de generation et d'allocation
maximum des revenus demeurent sous-exploites et certains obstacles peuvent diminuer I'efficacite de
maintes de gestion et de partage des benefices. Ci-apres, une liste integree de mesures a
initiatives

prendre pour de revaluation des projets de conservation et de developpement :


Analyser les objectifs, les methodes et les problemes actuels des aires protegees et des
zones peripheriques ;

• Verifier, grace a une analyse de contingence, si les structures actuelles de collecte des
droits d'usage permettent de profiter au maximum des potentialites economiques des
pares ;

• Reviser les politiques administratives et financieres aux niveaux local et national ;

• Definir les modalites d'integration et de financement des problemes des differents acteurs
dans la gestion des pares ;
et

• Comprendre le mecanisme selon lequel les revenus peuvent et eontinuent d'assurer la


subsistence finaneiere et ecologique des aires protegees.

-33-
Benefit Sharing in Protected Area Management:
The Case of Tarangire National Park, Tanzania^

Conservation if often viewed as a trade off


between the development of short-term benefits and protection
for long-term benefits. However, with the appropriate mechanisms, it is possible to achieve both aims.
The justification to protect parks in developing countries can be based on an economic rationale rather
than a primarily social or environmental one. Enhancing the revenue earning potential of protected areas
from tourism, and directly returning those benefits to the appropriate set of stakeholders can result in a
balanced approach to long-term environmental conservation and short-term economic development.

Currently, approximately 14% of Tanzanian territory is designated as protected areas. Though national
parks, game preserves, and other protected areas have generated revenue for the government, not much
of this revenue has been retained to enhance the conservation efforts in these areas or to compensate the

local communities. Funding for the Tarangire National Parks Authority (TANAPA), the national park
authority, is limited and gate revenues are supplemented by external donors, both through TANAPA and
directly to TNP. Within TNP, actual revenues have consistently been greater than expenditures since the
1991 financial year. TNP operates at a profit which has increased variably by approximately 23% to 140%
per year. Surplus revenues are contributed to TANAPA.

Stakeholder Consultations: Tarangire National Park

InTarangire, a detailed examination of stakeholders identified several groups with vested interests in the
conservation mission of the park: visitors, park management, TANAPA, village leaders and community
members, and tour operators.

Visitor Survey
The empirical results of a Contingent Valuation (CV) analysis used to estimate the value of the Tarangire
National Park under two different levels of conservation and natural resource protection revealed that
current levels of revenue collection from park users' fees are lower than the amount that visitors can afford
to pay.

The current fee structure is $20 for non-national foreign visitors, $10 for resident expatriates, and $1 for

resident nationals. Non-residents are willing to pay $36.63, and non-national residents, $16 nearly double
the current amounts. Aggregated over 380,000 visitors to all national parks in Tanzania, this represents
potential economic rent of $4,397,000 from non-residents and $1,954,000 from non-national residents.
This is a relatively conservative estimate given the fact that few of the non-resident respondents were
actually aware of the fees charged because of their inclusion in their travel package. Relative to TANAPA'
recurrent expenditure budget of $2,633,000 in 1992/93, this revenue loss was substantial. The figures
Tanzanian parks are subsidizing the costs of relatively wealthy foreign and expatriate visitors.
indicate that

In addition to direct increases in entrance fees, there are several other alternatives to increasing the
economic rent provided by protected areas. Differentiated pricing at different parks, based on the quality
of nature experiences, level of conservation required, and/or level of protection achieved, is one option

practiced at Gombe and Mahale national parks where the entrance fees are substantially higher.

Differentiated pricing and service packages which cater to different levels of eco-tourist could also increase
revenue. Thus, a low-cost, minimum-service package could be offered to budget travelers and the higher
end market could be offered a different package.

''

Extracted from "World Bank Findings"; No 88, June 1997

-34-
Community Outreach
Village surveys revealed that the advantages to living near the park were the potential access to
transportation, firewood and water. The disadvantages to living near the park were the potential access
to transportation, firewood and water. The disadvantages were limitations on field size, loss of access to

grazing and firewood. The villagers also wanted the park's help in improving water resources, providing
wild animal control, and support in health projects. Two approaches have been used for community
outreach to share benefits with local communities one through the Community Conservation Service and
the other through tour operators.

The Community Conservation Service (CCS) is a programme within TANAPA that aims to benefit local

people through development projects. This approach is used by TANAPA to address resources issues
in areas beyond park boundaries over which it has no jurisdiction. Ultimately, the CCS warden in a park

like Tarangire will serve as a liaison between park management and local communities. In coordinating

general park management with the CCS office, community issues can begin to be addressed in park
administration.

By approach to benefit sharing, more closely associated with the village leaders,
contrast, the tour operator
is less flexible. The major problem has been that the villagers (non-leaders) do not feel that they are
benefiting directly from the benefit sharing programme. Unlike CCS, the tour operators do not have the
capacity to supervise local projects and limit their involvement to allocating to the village councils a
collected fee of $6 per visitor.

Lessons Learned

Through a review of the findings of studies on other protected areas in Sub-Saharan Africa, and their own
research at Tarangire, the study team distilled the following lessons.

Technical Assistance

A combination of technical know-how and socioliogical sensitivy is vital to developing and implementing
complex conservation oriented development projects. In villages around Tarangire, there was a distrust
of the village council members who received the funds from the tour operators. This eventually led to an

unwillingness on the part of beneficiaries to abide by the covenants of their agreements with the tour
operators. In the CSS-sponsored projects, the villagers themselves were consulted directly and developed
a greater sense of ownership of the conservation efforts because they felt they were directly benefiting
from park's operations.

In this sense, capacity development in local communities is essential for sustainable conservation efforts.

Project vs. Cash

Project approaches rather than cash schemes reduce the potential for mismagement of funds and may
reaching a broader segment of community needs. However, careful planning of projects
facilitate benefits

is necessary to ensure their appropriateness and impact. Also project support should continue through

completion to ensure that benefits are appropriately used.

Scale

Ifconducted on a small scale, even highly successful conservation development projects will fail to achieve
larger part or eco-system encompassing needs. Thus, "projects which only address a portion of protected
areas cannot ensure the integrity of the area. Projects which address an entire protected area with limited
resources are highly unlikely to have any significant effect" (hannah, African Parks, African People).

-35-
Enforcement

Although participatory approaches are emphasized, most experts agree that some level of enforcement
needs to be supported against poaching and other illegal uses of part resources. Currently, very few
participatory programmes have clearly documented a lower incidence of poaching, less fuel wood
extraction, etc. as a result of the programmes. If participatory projects fail, it may be because, despite the
benefit-sharing stategies being used, beneficiaries continue to see greater personal advantage in

continuing illegal extractive activities.

Linkages

Ultimately, conservation succeeds only when the development programme's success depends on the
success of conservation. Such is the case of the CAMPFIRE programme in Zimbabwe where utilization
of wildlife provides the development benefit, but depends in turn on proper management, and
improvement, in the state of those wildlife resources.

Establish Ties among Stakeholders


Improving formal and informal ties among all stakeholders improves the ability of each group to address
its respective concerns. Coordination concerning benefits, development needs, and community concerns

can integrate objectives and lessen the opportunity for competing agendas.

Recommendations
In cases, protected areas already justify their existence based solely on economic terms (the
many
revenues from user fees exceed the government's operating costs to maintain them). However,
mechanisms for optimal revenue generation and allocation are still underutilized and a number of pitfalls
can reduce the effectiveness of many management and benefit-sharing actions. The following is an
integrated checklist of steps to be taken in assessing conservation development projects.

Analyse the existing goals, practices and problems of protected areas and neighbouring
areas;
• Determine, through contingent valuation, if the full potential economic rent is being
collected by current user fee structures;

• Review administrative and financial policies at the local and national levels;

• Outline guidelines for incorporating and financing stake-holder concerns into park
management; and
• Understand how revenues can and do continue to support the financial and ecological
sustainability of protected areas.

-36-
CAS DE
DiVERSITE BlOLOGIQUE ET CONSERVATION:
L'AVIFAUNE Forestiere Nicheuse De La Kabylie Des Babors (Algerie)

^
M. Bellatreche

INTRODUCTION
Grace a ses caracteristiques geographiques, climatiques et botaniques, la Kabylie des Babors represente
un veritable Tlot ecologique encore vierge. En effet, a I'exception du djebel Babor qui est connu depuis
longtemps pour sa riche flore qui compte plusieurs elements endemiques (QUEZEL, 1957), dont le plus
celebre est le Sapin de Numidie Abies numidica, et egalement pour avoir permis la decouverte d'une

nouvelle espece d'oiseau endemique (la Sittelle kabyle Sitta ledanti), en 1975 (VIELLIARD, 1976), la
Kabylie des Babors n'a pas encore fait I'objet de veritables prospections faunistiques, et encore moins de
prospections ornithologiques.
Ce sont la les principales raisons qui nous ont amene a nous interesser a cette region tres particuliere et
a sa diversite biologique, en etudiant son avifaune.

Dans cet article, nous donnons un apergu de la diversite biologique de la region, a partir de son avifaune
forestiere nicheuse recense dans differents milieux entre 1990 et 1998. Notre analyse porte sur la
systematique, le statut phenologique, I'endemisme et I'origine biogeographique des especes rencontrees.

presentation de la kabylie des babors


Situation qeoqraphique

Situee dans le Nord de I'Algerie, a 200 Km a I'Est d'Alger, la region naturelle de la Kabylie des Babors (ou
Petite Kabylie), est limitee comme suit :

- au Nord par la mer Mediterranee qui forme le golfe de Beja'i'a,

^
Institue National Agronomique, Departement de Foresterie et Protection de la Nature Hassan-Badi, El-

Harrach, 16.200 Alger (Algerie)

37-
-
a rOuest par la vallee de la Soummam qui constitue sa frontiere naturelle avec la region de
Grande Kabylie (ou Kabylie du Djurdjura),
- a I'Est par la vallee de loued Kebir qui la separe de la region de Skikda-Collo,
- au Sud par les Hauts Plateaux setifiens et constantinois.

Le relief de la region qui est tres accidente, avec des pentes qui depassent souvent les 25%, presente une
orientation generale Sud-Ouest a Nord-Est.

Situation biogeographique

Selon les subdivisions admises (QUEZEL, 1956-1957; QUEZEL et SANTA; 1962 BARRY etal., 1974), ;

la Kabylie des Babors est une region qui se situe a I'interieur des limites du secteur Numidien du Domaine

Maghrebin mediterraneen. A I'interieur du secteur Numidien, qui occupe la partie orientale de I'Algerie, on
distingue trois sous-secteurs ou districts ecologiques qui sont: le district de la Grande Kabylie, le district
de la Kabylie des Babors et le district Numidien (qui s'etend de Skikda a la frontiere tunisienne).

Le district de la Kabylie des Babors: c'est le district qui correspond a la zone etudiee, avec une longueur

d'environ 220 km et une largeur qui varie de 19 a 43 km, sa superficie est d'environ 7500 km^.

Geologie
La structure geologique de la region est relativement tres homogene. La moitie des terrains est constituee
par des gres numidiens, I'autre moitie etant representee par des terrains anciens, eruptifs, secondaires
et nummulitiques. Tous ces terrains, a vocation eminemment forestiere (BOUDY, 1955), expliquent
I'etroitement correlation qu'ils ont avec la repartition des boisements.

Facteurs climatiques

Les temperatures indiquent une grande homogeneite due a I'influence de la mer. La temperature moyenne
annuelle qui oscille entre 18,2° C et 20,1° C, chute a 7° au niveau de la station de Babor, a 2000 m
d'altitude. La periode de secheresse estivale varie, selon les stations, d'un mois et demi a quatre mois.

Les precipitations augmentent avec I'altitude, passant de 916 mm a 972 mm pour les stations cotieres,
atteignent plus de 1200 mm au niveau des stations de moyenne altitude, pour se situer a plus de 2200 mm
au sommet du Babor. Une partie importante de I'eau, tombe sous forme de neige.

La zone prospectee
La zone prospectee, qui couvre une superficie d'environ 1800 km^ (soit 24% de toute la region etudiee),
est constituee parle massif de Guerrouch, le massif de Tamentout et la foret de Djimla, le djebel Babor

et ses environs, les forets de Settara, d'EI-Milia, de Dar-EI-Oued, du djebel Addendoun, la Corniche

jijelienne et les differentes zones du Pare National de Gouraya.

METHODOLOGIE
En plus des observations directes lors des prospections, nous avons realise plus de 250 releves
ornithologiques par la methode des Indices Ponctuels d'Abondance ou methode des P. A. (BLONDEL et I.

al., 1970), et la methode des releves itinerants du type E.F.P. (echantillonnages frequentiels progressifs)

(BLONDEL, 1969-1978).
Les releves ornithologiques ont ete realises a I'interieur de plusieurs milieux forestiers parmi lesquels nous
citons:des chenaies caducifoliees (a Chene zeen, a Chene afares), des suberaies, des maquis arbores
a Chene liege, des garrigues a Chene kermes ainsi que differents peuplements forestiers (purs ou en
melange) du djebel Babor.

-38-
RESULTATS
Les milieux prospectes ont permis de recenser 107 especes nicheuses (sur plus de 140 especes
nicheuses pour toute la Kabylie des Babors, tous milieux confondus). Quarante et un especes recensees
sont des especes protegees en Algerie, dont 25 especes conformement au decret n° 83 - 509 du 20 aout
1983 relatif aux especes animales non domestiques protegees en Algerie, et 16 autres especes
conformement a I'arrete du 17 Janvier 1995 completant la liste des especes animales non domestiques
protegees.

Diversite systematique

Les 107 especes nicheuses recensees appartiennent a 10 ordre et se rapportent a 32 families recouvrant
au total 71 genres, importance numerique des differentes families montre que celle des Accipitrides
(Rapaces diurnes) vient en tete du classement avec 13 especes, suivie immediatement^par les deux
families des Turdides et des Sylviidae qui totalisent chacune 12 especes; puis vient la famille des

Fringillides avec 7 especes. Les 28 autres families ne sont representees que par 1 a 4 especes chacune.

Statut phenologique et endemisme


Parmi especes nicheuses, nous distinguons des especes sedentaires ou residentes, c'est-a-dire
les

presentes tout au long du cycle annuel, et des especes estivantes ou visiteuses d'ete qui quittent la region
une fois les jeunes eleves.

L'analyse du statut phenologique des especes donne 69 especes sedentaires (soit 64,5% du total), et 38
visiteuses d'ete (soit 35,5% du total). L'endemisme, est important dans la Kabylie des Babors.

A de l'analyse des formes rentontrees qui sont systematiquement differentes des formes
partir
europeennes, nous trouvons pas moins de 55 formes endemiques, soit 51 ,4% des especes de la region.
Get endemisme est important tant au niveau specifique que sub-specifique.

Au niveau specifique on trouve 5 especes endemiques (soit 4,7% du total regional), toutes d'origine
mediterraneenne, qui sont:
- la Perdrix gambra Alectoris barbara, endemique d'Afrique du Nord,
- le Faucon de barbarie Faico pelegrinoides, endemique d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient,
- Pic-vert de Levaillant Picus levaillanti, endemique du Maghreb ,

- la Rubiette de Moussier Phoenicurus moussieri, endemique du Maghreb,


- et la Sittelle kabyle Sitta ledanti, endemique d'Algerie, et speciale a la Kabylie des Babors.
Ces 5 especes suffisent largement a asseoir I'interet biogeographique de la region d'etude. En effet,
seules deux autres especes endemiques d'Afrique du Nord sont absentes dans la region etudiee: le SirIi
de Dupont Chersophilus duponti et la Fauvette du desert Sylvia deserticola. Ces deux dernieres especes
evoluent d'ailleurs dans des milieux steppiques ou sahariens (aux bioclimats semi-aride et aride).
Autrement dit, toutes les especes forestieres endemiques du Maghreb et/ou d'Afrique du Nord se

retrouvent et nichent dans la Kabylie des Babors.


Au niveau sub-specifique, ce sont 50 especes (46,7% du total de la region, qui sont representees par des
sous-especes dont la distribution geographique interesse le Nord et I'Algerie, le Maghreb, I'Afrique du Nord
ou encore toute la region mediterraneenne.

Origine biogeographique
Les especes recensees se distribuent dans 13 types fauniques, selon la classification DE VOOUS (1960),
qui en compte 25. En regroupant comme BLONDEL (1978) ces types fauniques dans 5 principals
categorie fauniques nous obtenons la distribution suivante :

-
Categorie Mediterraneen: regroupe la faune mediterraneenne au sens large originaire des
regions chaudes et semi-arides de plaine et de moyenne montagne de f'Europe mediterraneenne

-39-
et de I'Asie du Sud-Ouest. Cette
categorie regroupe les 6 types fauniques
suivants:Mediterraneen,Turkestano-Mediterraneen,Paleoxerique,Paleoxeromontagnard, Indo-
Africain et Ethiopien;

-
Categorie Holarctique et/ou Ancien Monde, qui une faune tres largement distribuee dans
I'ensemble de la region holarctique et/ou de TAncien Monde. Les trois types fauniques qui la
composent sont: Holarctique, Vieux Monde Cosmopolite;
-
Categorie Palearctique et Paleo-Montagnard: elle concerne la faune boreale et/ou montagnarde
« froide» caracterisee
par les types fauniques. Palearctique et Paleomontagnard;
-
Categorie Europeen: faune d'Europe temperee (type faunique Europeen);

Categorie Europeo-Turkestanien: faune des regions temperees d'Europe


- et d'Asie du Sud-
Ouest (type faunique Europeo-Turkestanien).
Les proportions obtenues pour toute la region (Tableau 1) sont comparees a celles du djebel Babor ainsi

qu'a celles du Nord de I'Algerie actualisees a partir des donnees de LEDANT et al. (1 981 ).

Tableau 1 :
Proportions des differentes categories fauniques de la Kabylie des Babors et d'autres regions

Categorie Faunique
53,3% du total de I'avifaune nicheuse nord-algerienne.

L'endemisme, qui conceme 51,4% des especes de la region, est nettement superieur a la moyenne de
Maghreb qui est de 36% (BLONDEL, 1979). Ce qui permet de considerer la region d'etude, comme
tout le
un centre d'endemisme parmi les plus importants d'Afrique du Nord.

Au niveau endemisme est une expression de la baisse du flux genique, avec les
sub-specifique, cet
populations europeennes, depuis la rupture de tout contact entre les plaques europeennes et africaines
qui a conduit a I'apparition de caracteres genetiques particuliers au sein des populations nord-africaines
mais aussi europeennes.

L'avifaune etudiee se caracterise par une origine biogeographique tres diversifiee, refletant ce que
BLONDEL (1978) appelle un veritable « telescopage » d'especes d'horizons tres differents qu'a connu la
region mediterraneenne durant les periodes glaciaires (BLONDEL in ROCAMORA, 1987; HARRISON,
1982).

II semblerait que la Kabylie des Babors continue de jouer le role de refuge pour la faune boreale, comme
semble I'attester I'observation recente:

- de la nidification de la Bergeronnette des ruisseaux Motacilla cinerea (BELLATRECHE, 1994


a-b), espece d'origine boreale (type faunique Palearctique),
- de plusieurs individus de Bruant jaune Emberiza citrinella dans le Pare National de Gouraya
(BELLATRECHE, 1994 a-b), une autre espece d'origine boreale (type faunique holarctique), qui
a deja niche dans le Djurdjura au siecle dernier (LETOURNEUX, 1871).

La conservation des especes recensees ne devrait normalement pas poser de probleme majeur, car elles
evoluent au djebel Babor (site relativement isole dont le classement comme aire protege est deja
programmee), ainsi que dans les Pares Nationaux de Taza (Jijel) et de Gouraya (Bejaia).

CONCLUSION
L'inventaire des Oiseaux nicheurs des milieux de la Kabylie des Babors, le premier du genre,
forestiers
a permis de confirmer la grande de cette region naturelle, diversite qui represente le
diversite biologique

garant de sa stabilite ecologique »selon I'expression


« de RAMADE (1984).

Cette diversite biologique est egalement source de nombreux enseignements parmi lesquels nous citons:

1. Le grand nombre d'especes nicheuses, a majorite sedentaires, dans une region relativement
restreinte qui reflete la grande disponibilite de niches ecologiques et I'abondance
en ressources
alimentaires tant pour les especes residentes que pour les visiteuses d'ete.

2. La presence de 20 especes de Rapaces (17 diurnes et 3 nocturnes) et de 4 especes de pics ne


peut qu'attester de I'importance et de la bonne 'sante ecologique » de la region et de la bonne
conservation de son patrimoine faunistique.

3. Le fort taux d'endemisme, tant au niveau specifique que sub-specifique, qui fait de la Kabylie des
Babors une region particulierement privilegiee pour I'etude de I'ecologie et de la biogeographie
des avifaunes algerienne et maghrebine, abritant I'unique espece d'oiseau endemique d'Algerie
et 3 autres especes endemiques d'Afrique du Nord dont 2 speciales au Maghreb.

4. La presence de la Sittelle kabyle, espece endemique a la region, qui doit etre interpretee comme
la meilleure preuve de I'existence d'un haut degre d'endemisme sur le plan ornithologique dans

la region etudiee.

5. presence de 41 especes nicheuses protegees, represente un autre argument en faveur


Enfin, la
du renforcement de mesures de conservation de la region etudiee.
Avec la ratification par I'Algerie de la convention mondiale sur la biodiversite (decret n° 95-163 du 6 juin

1995), nous esperons bientot voir renforcees justement les mesures pour le maintien et la conservation
de la diversite biologique de cette magnifique region naturelle qu'est la Kabylie des Babors.

-41-
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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-42-
Biological Diversity And Conservation: The Case Of The Forest
Nest-building Avifauna Of The Kabylie Des Babors In Algeria

°
M. Bellatreche

introduction
Due to geographic, climatic and botanical features, the Kabylie des Babors truly represents an
its

ecological virgin island. As a matter of fact, with the exception of the Babor mountain that has been known
for a long time for its rich flora including several endemic species (QUEZEL, 1975), the most famous being
the Numidian fir tree Abies numidica, and also for the discovery in 1975, of a new specie otendemic bird
(the mountain nuthatch, Sitta ledanti) (VIELLIARD, 1976), the Kabylie
des Babors has not yet been
subjected to real fauna surveys, and even less of ornithological surveys.
This is the main reason why our interest in this very peculiar region and in its biological diversity, has led

us to the study of its avifauna.

In this article, give an insight into the biological diversity of the region, based on its forest nest-
we will

building avifuana surveyed in different environments between


1990 and 1998. Our study will cover the
systematics, the phenological status, endemism and bio-geographical origin of species encountered.

presentation of the kabylie des babors


Geographic location
Located in the North of Algeria, 200 km to the East of Algiers, the natural region of the Kabylie des Babors
(or Lesser Kabylia) is bordered:
- on the North by the Mediteranean sea which forms the Gulf of Bejaia,
- on the West by the Soummam valley which is its natural border with the region of the Great

Kabylia (or the Djurdjura Kabylia),


- on the East by the Kebir wadi valley which separates it from the Skikda-Collo region,

- on the South by the setiferous High Plateaus and Constantine

Relief of the region is very uneven with peaks often above 25%, the general orientation is South-West to

North-East.

Bio-geographical situation

According used (QUEZEL, 1956-1957; QUEZEL and SANTA; 1862, BARRY and
to the subdivisions

others, 1974), the Kabylie des Babors is a region located within the borders of the Numidian sector of the

meditarranean North African territory domain. Within the Numidian sector in the eastern part of Algeria,
three ecological sub-sectors or districts can be distinguished, namely, the Great Kabylia district, the
Kabylie des Babors district and the Numidian district (which stretches from Skikda to the Tunisian border).

The Kabylie des Babors district: This district, which is the area studied, is about 220 km long with a varying
width of between 19 to 43 km. The area is about 7,500 sq. km.

Agronomic^ue, Departement de Foresterie et Protection de Nature Hassan-Badi,


^
Institue National la

El-Harrach, 16.200 Algiers (Algeria)

-43-
Geology
The geological structure of the region is relatively very homogenous. Half of the terrain is made up of
numidian sandstone, the other half is formed by old, eruptive, secondary and numulitic terrain. All these
lands, which are eminently the forest type (BOUDY, 1955), explains the close correlation with the
afforestation distribution.

Climatic factors

Temperatures are an indication of the great homogeniety caused by the influence of the sea. Annual
average temperature varies between 18.2-C and 20.1-C, falling to 7-C at the Babor station at an altitude
of 2000m. The dry summer season varies from one and a half to four months, depending on the stations.

Precipitation increases with altitude, increasing from 916 mm


to 972 mmfor the coastal stations, to more
than 1200 mm at the summit of the Babor. A significant amount of rain falls in the form of snow.

The surveyed zone


The surveyed zone, which covers an area of about 1800 sq. km (being 24% of the total area studied), is
made up of the Guerrouch massive, the Tamemtout massive and the Djimla forest, the Babor mountain
and its surroundings, the forests of Settara, El-Milia, Dar-EI-Oued, the Addendoun mountain, the jijellen
Cornice and the different zones of the Gouraya National Park.

METHODOLOGY
In addition to direct observations during the surveys, we undertook more than 250 ornithological surveys

using the Abundance Punctual Indices or the A.P.I method (BLONDEL et al., 1970), and the P.F.S type
of itinerant sampling method, (progressive frequential sampling)(BLONDEL, 1969-1978).
The ornithological surveys were undertaken in several forest areas among which, we can cite the following:
the deciduous oak groves (at zeen oak, afares oak), the suberae, the wooded maquis with cork oak, the
kermes oak garrigues as well as different pure or mixed forest populations of the Babor mountain.

RESULTS
The surveyed areas allowed 107 nest-building species to be sampled (out of more than 140 species in the
environments whole of the Kabylie des Babors). Forty one sampled species are protected species
for the
in Algeria, of which 25 species are covered by decree N- 83 - 509 of 20'^ August 1983 concerning

protected non domestic animal species in Algeria, and 16 other species by the decree of 17 January 1995,
completing the list of protected non domestic animal species.

Systematic diversity
The 107 nest-building species surveyed belong to 10 orders and refers to 32 families covering a total of
71 types. The numerical significance/importance of the different families shows that the accipitres
{Rapaces diurnes) comes first in the classification with13 species, followed immediately by the two families
of the Turdides and the Sylviideae each with 12 species; followed by the Fringillides family with 7 species.
The other 28 families areeach represented by 1 to 4 species.

Phenoloqical status and endemism

Among the nest-building species, we distinguish sedentary or resident species, that is, those present
throughout the annual cycle, and summer or visiting species, which leave the region once the young are
raised.

-44-
The analysis of the phenological status of species shows 69 sedentary species (that is 64.5% of the
total),
and 38 summer visitors (that is 35.5% of the total), Endemism is high in the Kabylie des Babors.

From the analysis of the forms encountered, which are systematically different from the European forms,
we found not less than 55 endemic forms, that is 51/4% of the species in the region. This endemism is
important on the specific as well as the sub-specific level.

At the species level, 5 endemic species are found (that is 4.7% of the regional total), all of mediterranean
origin, which are:

- the Barbary partridge Alectoris barbara, endemic in North Africa,


- the Barbary falcon Faico pelegrinoides, endemic in North Africa and
- the Middle-East, Levaillant's Green woodpecker Picus levaillantl, endemic in the Maghreb
Moussier's redstart Phoenicurus moussieri, endemic in the Maghreb, and the mountain Nuthatch
Sitta ledanti, endemic in Algeria and peculiar to the Kabylie des Babors.

These species are sufficient basis for the bio-geographical interest of the study region. As a matter
five
of fact, only two other endemic species in the North of Africa are absent from the surveyed region:
Dupont's lark Chersophilus duponti and the desert warbler Sylvia deserticola. These last two species also
live in steppe-like or Saharian environments (in the semi-arid and arid bioclimates). In other words, all the
endemic forest species of the Maghreb and/or North Africa are present and have nests in the Kabylie des
Babors.

At the sub-specie level, 50 species (46.7% of the total of the region) are represented by the sub-species
with a geographical distribution including the North of Algeria, the Maghreb, North Africa or yet still, the
whole Mediterranean region.

Bioqeographical origin

The surveyed species are shared among 13 fauna types, according to the VOOUS classification (1960),
which mentions 25. By regrouping these fauna types according to BLONDEL (1978) into 5 main fauna
categories, we obtain the following distribution:

- The Mediterranean
category: regroups the Mediterranean fauna in a broad sense, originating
from hot and semi-arid regions, from the plains and mid-mountain of Mediterranean Europe and
South-West Asia. This category regroups the following six fauna types: Mediterranean,
Turkestano-Meditarranean, Paleoxeric, paleo-mountaineous, Indo-African and Ethiopian;
- Holarctic and/or Ancient World Category, a very widely distributed fauna in the whole of the
holarctic and/or Ancient World region. The three fauna types comprising this region are: Holarctic,
Ancient World and Cosmopolitan;
- Palearctic and Paleo-Mountaineous Category: this concerns the northern and/or "cold"
mountaineous fauna characterised by the Paleartic and Paleo-mountaineous faunal type;
-
European Category: fauna of temperate Europe (European faunal type);
-
European and Turkestanian category: fauna of the temperate regions of Europe and South-West
Asia (Euro-Turkestanian faunal type).

The proportions obtained for the whole region (table 1) are compared to those of the Babor mountain as
well as those of the North of Algeria updated from data from LEDANT et al. (1 981 ).

In the three situations, the decreasing order of importance of proportions of different fauna categories is

observed as Mediterranean category, palearctic-paleomountaineous category, holarctic and/or


follows:
ancient world category, European category and European-Turkestanian category.

-45-
Table 1 :
Proportions of different wildlife categories of the Kabylie des Babors and other regions

Wildlife Categories
area), as well as in the Taza (Jijel) and Gouraya (Bejaia) National Parks.

CONCLUSIONS
The inventory of nest-building birds in the forest environments of the Kabylie des Babors, the first of its

kind, has confirmed the great biological diversity of this natural region, a diversity which guarantees its

"ecological stability" according to RAMADE (1984).

This biological diversity is also the source of numerous information among which are:

1 . The large number of nest-building species, most of them sedentary, in a relatively restricted region
which reflects the huge availability of ecological nests and the abundance of food resources for
the resident species as well as the summer visitors.
2. The presence of 20 species of birds of prey (17 day and 3 nocturnal) and of four species of
woodpeckers, only goes to prove the importance of and good "ecological health" of the region and
the good conservation of its fauna heritage.

3. The high rate of endemism, on the specie and sub-specie levels, making the Kabylie des Babors,
a region particularly favourable for the study of ecology and bio-geography of the Algerian and
Moghrabin avifauna, sheltering the only endemic bird specie of Algeria and 3 other endemic
species of North Africa of which two are peculiar to Maghreb.
4. The presence of the mountain nutthatch, a specie endemic to the region, is be interpreted as the
best proof of a high rate of endemism on the ornithological level in the region studied.
5. Finally, thepresence of 41 protected nest-building species, is another argument in favour of
strengthening conservation methods in the surveyed region.
With the ratification ofthe world convention on biodiversity by Algeria, (Decree No. 95-163 of 6 June 1995),
we hope to see soon, the strengthening of measures for the maintenance and conservation of the
biological diversity of such a magnificent natural region as the Kabylie des Babors.

REFERENCES
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-48-
Ethologie et Ecologie
Des Troupeaux D'elephants (Loxodonta Africana)
De La Zone Cynegetique De Djona Au Benin

Aristide C.TEHOU^ & Brice SINSIN 10

resume
La presente etude a ete conduite dans la Zone Cynegetique de Djona au Benin. Get article presente les
premiers resultats d'une serie d'etudes sur les elephants de cette zone qui est protegee par I'Etat. Apres
douze mois de suivi ethologique et ecologique, nous avons observe et identifie plusieurs groupes de
fannilles, allant des solitaires a des groupes de onze individus, soit un effectif total de 94 elephants tous
sexes et categories d'ages confondus avec une densite estimee a 0,07 individu/km^. Dans cet ensemble
on note 34% d'adultes, 32% de sub-adultes, 20% de jeunes et 14% d'elephanteaux. Du point de vue de
leur repartition spatiale, ils sont dependants des points d'eau et frequentent les exploitations agricoles ou
ils recherchent les noix de
karite( Wfe/Zar/a paradoxa) et les fruits de nere(Par/c/a biglobosa) epargnes par
les paysans des defrichements.
lors la hauteur au garrot des elephants de la Zone Cynegetique de
Djona
varie de 0,40 m a 2 75 m. Les plus longues defenses mesurent entre 50 et 75 cm-. Le regime aiimentaire
analyse par comptage des semences rejetees dans les crottes a revele une diversite elevee des especes
fruitieres consommees(H -3,66) mais une regularite faible(R=0,26) demontrant le choix preferentiel de
certaines especes. Les elephants de la Djona sont encore mefiants et font des charges dissuasives en
presence des intrus, mais se laissent approcher jusqu'a 10 m. Ils passent la plupart de leur temps a
rechercher leur nourriture et a se reposer aux heures chaudes de la journee. La cohabitation des
populations locales avec la faune sauvage se situe dans des limites sans grave incident, ce qui justifie
la participation de ces populations a la valorisation eco-touristique du site a elephants de la Zone

Cynegetique de Djona.

^
If. des Eaux et Forets, Chercheur au Laboratoire d'Ecologie Appliquee /FSA/UNB 01 B.P:526 Cotonou Bdnin

'"
Ir. Dr. Maitre assistant au DAGE/FSA/UNB, Laboratoire d'Ecologie Appliquee 01 B.P: 526 Cotonou Benin

-49-
INTRODUCTION
Les aires protegees representent dans la majorite des cas les derniers refuges des grands mammiferes
terrestres en Afrique. Tout particulierement en Afrique francophone, peu d'attention scientifique a ete
consacree a la faune sauvage (Mankoto,1996), alors que les populations des ongules fluctuent
periodiquement pour diverses raisons. L'inquietude concernant la survie de I'elephant d'Afrique(/.oxoc/o/?fa
africana) suite a sa decimation pendant les annees 1970 et 1980 en raison du braconnage pour I'ivoire,
a eu pour resultat de renforcer I'interet pour la conservation de cette espese (Kangwana, 1996).

A I'instar d'autres especes fauniques, dynamique des populations d'elephants est affectee par divers
la

facteurs ecologiques et anthropiques en particulier. L'habitat, les formes de migration, le regime


alimentaire, la taille et la composition des groupes peuvent varier et exercer une influence sur la

dynamique de la population d'elephants.

La connaissance de I'ethologie des elephants peut donner reponse a beaucoup de questions se referant
a leur ecologie en general et de ce fait a leur conservation a long terme (Whyte,1996). Les elephants
s'adaptent extremement bien et occupent divers habitats, allant du desert a la savane et aux forets
galeries(Lausen & Beckoff, 1978).

Le terme "ethologie" a ete cree pour designer la science deductive des lois rendant compte de I'effet
des
differentes conditions d'existence sur la formation des caracteres (Despret,1991). En France, le mot
recouvre, des les premiers travaux de Leroy(1870) et de Fabre (1985-1991), I'etude des moeurs des
animaux. Dans une recente interview Melchior(1991) considerait I'ethologie "comme I'un des moyens
d'acces a la connaissance les plus riches et les plus prometteurs, parce que I'ethologie n'est pas une
theorie, mais un outil".

L'absence de donnees scientifiques sur I'etat de la faune au Benin en general et sur les elephants de la
Zone Cynegetique de Djona en particulier, justifie I'importance d'un suivi ecologique. C'est dans ce cadre
qu'un suivi regulier de la diversite biologique des aires protegees du Benin a ete programme depuis 1989.
Tel est le cas en particulier du suivi eco-ethologique de la population des elephants de la Zone
Cynegetique de Djona. phase du programme est de caracteriser l'habitat, de determiner
L'objectif de cette
la structure, d'analyser comportement et de determiner le regime alimentaire de cette population
le

d'elephants qui frequentent en permanence le village d'Alfakoara en bordure de la Zone Cynegetique de


Djona.

-
MILIEU D'ETUDE
Situation geoqraphique

La zone d'etude est situee au nord de la Republique du Benin dans le departement du Borgou. Elle s'etend
° °
entre 1 1 20° et 1 1 50° de latitude nord et entre 2 50 et 3 20 de longitude est (Fig. 1 ).

Climat

La zone d'etude de la region soudanienne a climat contraste. La temperature moyenne annuelle


fait partie
est de 28°C, la
periode fraiche se situe entre decembre et Janvier ou les minima peuvent atteindre 15°C.
Le pouvoir evaporant de I'air est eleve pendant la saison seche avec une humidite relative moyenne
inferieure a 50%. L'insolation est de 2600 heures en moyenne. Deux types de vents dominants se
succedent dans la zone au cours de I'annee: I'alize maritime humide et I'alize continental sec et froid ou
I'harmattan.

Les moyennes pluviometriques annuelles varient de 1000 a 900 mm


du sud au nord de la region. Deux
saisons se succedent dans la zone: une saison de pluie et une saison seche. La saison seche ou Ton
observe les feux de brousse annuels s'etend d'octobre-novembre a mars-avrll et la saison pluvieuse de
mars-avril a octobre avec le maximum des precipitations en aout-septembre(Fig.2).

-50-
Vegetation
La zone d'etude est couverte par un ensemble de formations eco-floristiques variant des forets claires ^
Isoberliniadoka aux differents types de savanes avec par endroit des galeries forestieres et des plages
de jacheres arbustives. Les essences les plus rencontrees sont: Pterocarpus erinaceus, Afzelia africana,
Parkia biglobosa, Vitellaria paradoxa, Adansonia digitata, Lannea acida, Lannea microcarpa, Burkea
africana, Prosopis africana, Anogeissus leiocarpus, Daniellia oliveri, Tamarindus indica, Entada africana,
Cassia sieberiana. Acacia sieberiana, Sclerocarya birrea, Detarium microcarpum, Piliostigma thonningii,
Piliostigma reticulatum. les deux especes epargnees lors des defrichements agricoles sont Parkia
biglobosa et Vitellaria paradoxa. La strate herbacee est dominee par les graminees: Andropogon gayanus,
Loudetia togoensis, Pennisetum pedicellatum, Pennisetum polystachion, Loxodera ledermannii et d'autres
suffrutex et geophytes dont Cochlospermum tinctorium et Kaempferia aethiopica.

Geomorphoiogie et Reseau hydrographique


La geomorphoiogie de la zone d'etude est
celui qui couvre le centre et le nord du Benin habituellement
denommee le plateau (Viennot, 1978). C'est le domaine des roches grenues consolidees datant
cristallin

generalement du precambrien. On y reconnait les facies suivants: granites post-tectoniques, gres, gneiss,
migmatites, quartzites et micaschistes. Ces formations ont ete metamorphisees et plissees. '1Le paysage
estdomine par une peneplaine faite de successions de croupes surbaissees caracteristiques des plaines
soudaniennes. Parfois cette peneplaine est dominee par les inselbergs, reliefs modestes aux versants
concaves.

Le reseau hydrographique est constitue de quelques grandes rivieres temporaires et d'un tissu tres reticule
de petites rivieres qui leur sont raccordees en maints endroits.
La zone d'etude appartient au bassin versant du fleuve Niger qui coule plus au nord. La Sota et TAJibori
sont les principaux affluents du Niger qui drainent la zone. Les sommets des interfluves majeurs portent
des sols profonds qui sont remplaces en aval par des sols peu profonds et beaucoup moins evolues. Du
sud au nord, la proportion relative des sols peu profonds augmente au detriment des sols profonds.

MATERIEL ET METHODE
Des observations directes et indirectes nous ont permis d'etudier le comportement des animaux dans leur
milieu naturel au niveau de la region, aussi bien dans les aires protegees que dans les zones libres
limitrophes.

Ces observations ont ete effectuees a pieds, a moto, a partir d'un mirador, de jour comme de nuit. Une
boussole de precision, une paire de jumelles, un metre ruban et un appareil photo ont ete utilises afin de
mieux observer le comportement et I'organisation sociale des pachydermes de cette region.
Les limites de I'aire d'occupation des elephants ont ete relevees au GPS et transcrites sur fond de carte.

Nous avons suivi plusieurs groupes de families d'elephants que nous avons pu distinguer grace aux
marques visibles sur leur corps(oreilles dechirees, defenses cassees, queue coupee, etc). Les analyses
du regime alimentaire lors du paturage des crottes nous ont permis de recencer les especes
et les fouilles
fruitieres les plus consommees complementaires. Nous avons
et d'avoir d'autres informations utiles et
recolte 100 crottes prelevees sur toute I'etendue de I'aire frequentee par les elephants et precede ^
I'inventaire des graines par espece. La diversite alimentaire a ete estimee a I'aide de I'indice de diversite
H' de Shannon et la regularite R de Pielou (Frontier et Pichod-Viale, 1993).

H'= -_P, X log2P, ,


avec P JO , 1]

p= = frequence de I'espece i dans I'echantillon

-51-
N|= nombre de graines de I'espece denombr6es dans
i les 100 crottes 6chantillons
N = nombre total de graines toutes especes confondues
=
log2 logarithme a base 2

H'

R =
R_[0, 1]

log2N

Les hauteurs au garrot ont ete prises par estimation, a I'aide d'un marquage a la peinture a huile de
couleur rouge de quelques arbres dans I'aire de frequentation des elephants. La longueur des defenses
a ete estimee a plusieurs reprises au cours des observations directes.

RESULTATS
Parametres de structure et densite
La structuration de la population des elephants a ete faite par rapport aux hauteurs au garrot des individus.
Ainsi nous avons distingue et classe les individus par categorie d'ages et les intervalles de hauteur au
garrot (tableau 1).

Tableau 1 :
Categories de classe d'ages et intervalles de hauteurs au garrot des elephants de Djona

Categories d'age Hauteur au garrot(m) Nombre d'individus

Adultes 1,75,2,75 32
Sub-adultes 1,30,1,75 30
Jeunes 0,75,1,30 19
Petits 0,40 , 0,75 13

Structure des groupes

II existe actuellement dans la region d'etude plusieurs groupes de families, allant des solitaires a des
groupes de onze individus (Tableau 2). Sur un total de 94 elephants recenses en 1995, la figure 3 donne
la repartition par categorie d'ages. Tous sexes confondus,34% des elephants sont adultes, 32% des sub-
adultes, 20% des jeunes et 14% des
elephanteaux. Les elephants de la region d'etude vivent dans un
systeme social dynamique. Les males et les femelles vivent de fa?on separee surtout quand les femelles
sont suitees.

Les hauteurs au garrot se situent entre 0,40 m et 2,75 m. Dans I'ensemble, les elephants de la region ne
sont pas de gros porteurs de defenses (les plus longues defenses mesurent entre 50 et 75 cm).

-52-
Tableau 2: Groupes de families d'elephants et leur structure dans la Zone Cynegetique de Djona en 1995

Composition
racines. Au niveau de la herbacee les elephants broutent aussi les gramines comme Andropogon
strate

gayanus, Loudetia togoensis, Pennisetum pedicellatum, Pennisetum polystachion et d'autres geophytes


comme Kaempferia aethiopica.
Dans les exploitations agricoles, le regime alimentaire est surtout constitue de noix de karite lorsque cette

espece est en fructification entre les mois de mai et de juillet. D'autres especes consommees dans
les

champs sont: Sclerocarya birrea, Parkia biglobosa, Mangifera indica, Zea mays, Dioscorea alata, Cajanus
cajan, Sorghum bicolor, Vigna unguiculata,
Arachis hypogea et Gossypium hirsutum.
- 3,66
L'etude de la diversite alimentaire a permis d'obtenir la valeur H pour I'indice de diversite de
Shannon et la valeur R= 0,26 pour la regularite de Pielou. Au vu de ces resultats nous pouvons deduire
zone d'etude est diversifie et qu'ils preferent certaines
que le regime alimentaire des elephants de la

especes a d'autres vu la faible valeur de R.

54-
Tableau 3: Graines des especes vegetales recuperees dans 100 echantillons de crottes des elephants
de Djona
a s'habituer a la compagnie humaine mais en gardant une certaine mefiance entre 4 et 10 metres
d'intervalle.

Actogramme
L'actogramme journalier des elephants de la Djona est presente a la figure 6. Les elephants boivent et se
lavent plusieurs fois dans la journee, notamment dans la matinee, dans la soiree et dans la nuit.

lis mangent au long de leur parcours et se reposent surtout quand fait tres chaud, entre dix heures
tout il

lis se regroupent en grand nombre pour passer de la Zone


et dix sept heures. Cynegetique de Djona aux
terrois villageois surtout pendant la saison des pluies. Le reste du temps est consacre aux activites

d'agrement (se saupoudrer de poussiere, se gratter, se vautrer dans la boue, s'amuser). Ces activites se
font de jour comme de nuit.

En dehors de I'eau dont la rarete entraine le plus souvent un grand regroupement, c'estla repartition
spatiale de la nourriture qui determine leur mouvement quotidien. Le karite, un arbre conserve dans la

region d'etude a des fins socio-economiques, constitue un aliment recherche qui attire les elephants dans
les champs a cause de son fruit. Nous sommes ici en face d'un probleme de concurrence avec I'homme

pour I'alimentation. nous a ete donne d'observer dans les zones de cultures en debut de saison
II

pluivieuse des regroupements de 45 a 72 elephants. Mais les degats causes par les elephants dans ces
champs sur les cultures annuelles sont generalement mineurs.

-56-
FIGURE 3 - in french only

FIGURE 6 - in french only

19

Adultes Sub-adultes Jeunes Petits

Categories d'ages

Figure 3: Repartition par categorie d'ages de la population des elephants de


Djona en 1995

14%

B alimentation
7h^11h

Habreuvement + bain

11h^13h
nrepos +activites

d'agr6ment
13ha20h
Hjabreuvement
+ bain
18%
20h ^ 24h

Hactivit6s d'agr6ment
24h S 3h

I
alimentation
3hS5h

Figure 6: Actogramnne journal ier des elephants


de la Zone Cynegetique de Djona

-57-
DISCUSSION
Les elephants contribuent dans une large mesure a assurer la dispersion spatiale et la regeneration
natureiledes arbres fruitiers exploites par zoochorie, quand leur densite est inferieure a la capacity de
charge du milieu. De nombreuses especes vegetales consommees par les elephants dependent pour leur
survie de ce type de diffusion de leurs graines. Leur mode de vie apparemment destructeur cree une
fait vivre bien d'autres especes animales. Lorsque leur nombre n'est
vegetation variee qui pas excessif,
ilsapportent une contribution essentielle au rajeunissement des peuplements et au maintien d'une
dynamique reguliere des formations vegetales naturelles.
En effet, leurs excrements contiennent des graines non digerees de certains arbres. Apres leur transit
dans le tube digestif, ces graines enrobees dans les crottes, germent plus facilement la ou les elephants
ont defeque, donnant naissance a un nouvel arbre. La nourriture de I'elephant comprend differentes
herbes, des ecorces d'arbres, des fruits et feuillages. Dans les habitats en savane, les graminees et autres
herbacees representent jusqu'a 70% du regime alimentaire des elephants en temps de pluies alors que
le broutage des bourgeons et autres aliments lignifies augmentent pendant la saison seche. En foret

tropicale, le regime alimentaire d'un elephant comprend jusqu'a 230 especes, dont plus de 90% est
constitue de feuilles, de branches, ecorces et fruits (Whyte et al., 1993; Alexandre, 1977).

On estime que la quantite moyenne de nourriture ingurgitee fait 4% (Laws et al., 1970) a 7% (Ruggiero,
1992) du poids de I'elephant, mais les femelles en lactation consomment proportionnellement de plus
grandes quantites (Laws etal., 1970). Les elephants ne digerent que 40% des quantites consommees.
lispeuvent fortement influencer la structure de la vegetation et peut-etre meme des communautes
animales (Laws, 1970; Gumming, 1982; Western 1989). En cas de grandes densites, les elephants
deciment les terrains boises qui deviennent des prairies plus clairsemees (Laws etal., 1970; Laws etal.,
1975; Gumming, 1982; Western, 1989).

Dans beaucoup de regions, I'expansion humaine et le braconnage ont force les elephants a modifier leurs
modes de migration traditionnels et a se concentrer dans les regions protegees (Wartern, 1989; Tchamba
et Mahamat, 1992; Poole etal., 1992). Les differents resultats des etudes ecologiques faites sur I'elephant

d'Afrique confirment les resultats obtenus au cours de la presente etude. Dans le complexe Pare National
W et Zone Gynegetique de la Djona du Benin, la densite maximale estimee tombe a 0,02 au Km^ et
devient beaucoup plus faible dans les forets classees(Oude et Heymans,1990). En cas de fortes densites
et particulierement la ou ils ont ete comprimes dans les regions protegees, les elephants peuvent reduire
la diversite biologjque(Western, 1989) et etre la cause d'une reduction economique de bois dans les
forets(Laws, 1970; Afolayan, 1975). Dans certains cas,la reduction de la vegetation boisee a eu un effet

benefique en degarnissant quelque peu des terrains boises infestes par la mouche tse-tse et en
trgnsformant la prairie en paturage pour I'elevage (Western, 1989). Dans d'autres cas, les incendies ou
I'exploitation forestiere peuvent etre a I'origine d'un changement et les elephants jouent alors un role
d'entretien(Dublin etal., 1990; Dublin, 1991).

Des etudes ont egalement fait etat de I'importance ecologique des elephants en tant qu'agents de
dispersion des semences (Alexandre, 1977), augmentant ainsi la diversite des habitats en foret (Kortland,
1984) et des communautes de mammiferes (Western, 1989). En tant qu'espece de I'elephant joue un role
determinant en conservant des maillons dans la chaine alimentaire, et leur extermination dans certains
habitats pourrait causer une cascade de changements ou d'extinctions dans les ecosystemes (Western,

1989). apparait que les elephants assurent la diversification des ecosystemes de la savane et de la foret
II

quand ils sont libres dans leurs mouvements (Western, 1989).


Quant a structure, plusieurs auteurs se basant sur I'organisation
la de la cellule familiale soulignent que
les elephants d'Afrique vivent dans un systeme fluide et dynamique ou males et femelles vivent dans des
spheres separees (Douglas-Hamilton, 1972; Moss, 1977,1981; Moss et Poole, 1983; Hall-Martin, 1987;
Poole, 1994). Les femelles d'une meme famille et leurs descendants immatures vivent dans des unites
familiales matriarcales tres serrees(Buss, 1976), tandis que les males poursuivent une existence

independante plus solitaire avec peu de liens sociaux(Martin, 1978; Moss et Poole, 1983). Face a la
pression anthropique au niveau du Pare National du Wau Benin on observe tout un autre comportement
familial et on assiste tres souvent a un grand regroupement familial au niveau de la Zone
Gynegetique de

-58-
Djona.

Aucun des sexes n'est territorial, bien que les deux demeurent dans des regions
specifiques pendant
certaines periodes de I'annee (Moss et Poole, 1983; Hall-Martin, 1987). Les groupes allies(Moss, 1981;
Moss et Poole, 1983) ou groupes apparentes (Douglas-Hamilton, 1972) se composent de plusieurs
families etroitement liees et constituant parfois jusqu'a cinq families (Moss, 1988). La plupart des
groupes
alliessemblent se former quand les unites familiales deviennent trop grandes et se detachent par groupe
(Moss, 1988). Les membres des families ou des groupes allies suivent une ceremonie de salutation
speciale (Moss, 1977,1981,1988; Poole etal., 1988), ont une large frequence d'association, agissent d'une
maniere coordonnee, deploient un comportement d'affiliation entre eux et sont en general apparentes
(Moss, 1981; Poole et Moss, 1983). Nous avons fait les memes observations sur les elephants dans la
Zone Cynegetique de Djona.
Au dessus des groupes affilies s'etablit le clan (Moss, 1981), que Ton peut definir comme famille et
groupes affilies utilisant en saison seche la meme demeure de base (Moss, 1981; Moss ^ Poole, 1983).

Divers auteurs avaient estime I'effectif des elephants de la Zone Cynegetique de Djona entre 100 et 150
dans les annees 1991
1992 (Dauzan, 1991, Kidjo, 1992). D'apres ces estimations certains d'entre eux
et
auraient emigre, soit vers le Pare National de la Pendjari plus a I'ouest, soit vers le Pare National du Wau
Niger plus au nord ou auraient ete abattus par les braconniers. Tout cela demontre la necessite d'asseoir
un programme de suivi scientifique de ces populations de pachydermes.

CONCLUSION
Cette etude fait le point sur I'ecologie et les moeurs des elephants de la zone
cynegetique de Djona, et
permet d'avoir les donnees scientifiques sur cette espece au Benin. Les recherches ecologiques ont deja
mis d'importantes donnees en evidence, mais doivent encore etre poursuivies et approfondies, surtout que
la protection de I'espece pour une meilleure valorisation connait actuellement un
developpement important
en Afrique et au Benin en particulier.

Nous ne devons pas perdre de vue que la tranquility, la disponibilite en eau et en aliment diversifie
constituent un atout pour la presence des pachydermes dans cette region qui est devenue un lieu
touristique ou le visiteur est sur de fagon certaine de rencontrer les elephants. Mais a terme les problemes
qui sont le surpaturage par les troupeaux de bovins, la transhumance transfrontaliere des grands
troupeaux de zebus, le braconnage et la divagation du betail dans la zone d'etude pourraient etre a la base

de la migration des elephants et risquent de mettre en peril la survie de I'espece dans cette region.

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-61-
Ecology and Ethology of Elephant Herds {Loxodonta Africana)
OF THE Djona Hunting Zone in Benin

Aristide 0. TEHOU^' & Brice SINSIN^'

SUMMARY
The current study was conducted in the Djona Hunting Zone in Benin. This article presents the initial
results of a series of studies on elephants in this zone, which is protected by the State. After twelve
months of ecological and ethological monitoring, we observed and identified several groups of families,
ranging from solitary individuals to groups of eleven animals, making a total number of 94 elephants of all
sexes and categories of ages, with an estimated density of 0.07 individuals per sq. km. In this total we
noticed 34% adults, 32% sub-adults, 20% young and 14% elephant calves. With regard to their spatial
distribution, they are dependant on watering places and they visit agricultural holdings in search of shea
butter {Vitellaria paradoxa) and the nere fruits {Parkia biglobosa) left by farmers during land clearing. The

height to the garrot of elephants in the Djona Hunting Zone varies from 0.40m to 2.75m. The longest
trumps measure between 50 and 75 cm. The diet, which was analysed by counting seeds rejected in
=
droppings showed a high density of fruit trees consumed (H' 3.66) but a low regularity (R=0.26) showing
the preferential choice of certain species. The Djona elephants are still distrustful and make threatening
gestures in the presence of intruders, but allow themselves to be approached up to 10m. They spend most
of their time searching for food and they rest during the hot hours of the day. Cohabitation of local

populations and wild fauna within boundaries, without any serious incident, justifies the inclusion of local
populations in eco-tourism development of elephant sites in the Djona Hunting Zone.

INTRODUCTION
Protected areas in most cases, are the last refuge places for large terrestrial mammals in Africa. Little

has been paid to wild fauna (Mankoto 1996), especially in French-speaking West Africa,
scientific attention
whilst populations of ungulates fluctuate periodically for various reasons. Concern about the survival of
the African elephant {Loxodonta africana) following its destruction during 1970 and 1980 due to ivory
poaching, has led to an increased interest in the conservation of this species (Kangwana, 1996).
Like other fauna species, the elephant populations dynamic is affected by diverse ecological and especially

anthropic factors. The habitat, forms of migration, feeding system, size and composition of groups of
elephants can vary and impact the elephant population dynamic.

Knowledge of the ethology of elephants can provide answers to the many questions concerning their

ecology general, and then to their conservation in the long term. (Whyte, 1996). The elephants adapt
in

extremely well to the different habitats they occupy, ranging from the desert to the savannah and to forest
galleries (Lausen & Beckoff, 1978).
The word "ethology" has been coined to mean the deductive science of laws taking into account the effect
of different conditions of existenceon character formation (Despret, 1991). In France, based upon the first

"
Water and Forests, Researcher at the Laboratory for Applied Ecology /FSA/UNB 01 B.P.:526 Cotonou Benin

'^
Chief Assistant at DAGE/FSA/UNB, Laboratory for Applied Ecology 01 B.P: 526 Cotonou Benin

-62-
works of Leroy (1870) and Fabre (1985-1991), the word embodies the study of animal behaviour. In a
recent interview, Melchior (1991) considered ethology "as one of the means to gain access to the richest
and most promising knowledge, because ethology is not a theory, but a tool".
The absence of scientific data on elephants in the Djona Hunting Zone in particular, explains the

importance of ethological monitoring. It is within this context that regular monitoring of the biological
diversity of protected areas in Benin has been planned since 1989. This is especially the case of the eco-
ethological monitoring of elephant populations in the Djona Hunting Zone. The aim of this programme
phase is to characterise the habitat, and determine the diet of this elephant population that always visit the
Alfakoara village bordering the Djona hunting Zone.

THE STUDY AREA


Geographic location
The study area is situated in the North of the Republic of Benin in the Borgou district. It lies between
latitude 11 20^ and 11 50^N and between longitude 2 50^E and 3 202E (Fig.1).

Climate

The study area is part of the Sudanian region with contrasting climate. Annual average temperature is

28-C, with the dry season falling between December and January where minimum temperatures can reach
15-C. The evaporating power of the air is high during the dry season with an average relative humidity of
less than 50%. Insolation is 2600 hours on the average. There are two types of main winds in the area

coming one after the other during the year: the humid trade maritime winds and the dry and cold or
harmattan continental trade winds.

Average annual rainfall varies from 1000mm to 900mm from the South to the North of the region. There
are two seasons following each other inihe zone: the rainy season and the dry season. The dry season
duhng which annual bush fires are witnessed, lasts from October-November to March-April and the rainy
season is from March-April to October with maximum rainfall in August-September (Fig. 2).

Vegetation

The study area is covered by a mass of eco-floristic formations varying from clear forests of Isoberlinia
doka types of savannah with forest galleries and beaches of bush fallow here and there. The
to different

species mostly found are: Pterocarpus erinaceus, Afzelia afrlcana, Parkia biglobosa, vitellaria paradoxa,
Adansonia digitata, Lannea Lannea microcarpa, Burkea africana, Prosopis africana, Anogeissus
acida,
Tamarindus indica, Entada africana, Cassia sieberiana, Acacia sieberiana,
leiocarpus, Daniellia oliveri,
Sclerocarya birrea, Detarium microcarpum, Piliostigma thonningii, and Piliostigma reticulatum. The two
species spared during land clearing for farming are Parkia biglobosa and Vitellaria paradoxa. The
herbaceous layer is dominated by the following grass: Andropogon gayanus, Loudetia togoensis,
Pennisetum pedicellatum, Pennisetum polystachion, Loxodera ledermannii and other suffrutescent and
geophytes including Cochlospermum tinctorium and Kaempferia aethiopica.
Geomorphology and hydroiogical network
The geomorphology of the study area, covers the Center and North of Benin usually known as the

crystalline plateau (Viennot 1978). It is the territory of firm grainy rocks generally dating from the
precambrian era. The following facies are found there: post-tectonic granite, sandstone, gneiss,
migmatites, quartz rocks and mica schist. These formations are metamorphosed and folded. The
landscape is dominated by a peneplain comprising of a sequence of flattened crests characteristic of
Sudanian plains. Sometimes this peneplain is dominated by inselbergs and modest relief of concave
slopes.

The hydroiogical network comprises some large temporary streams and a very reticulated tissue of small
streams blending into them in several places.

The study area ispart of the river Niger basin which flows more to the North. The Sota and Alibori are the
main affluents of the Niger which flow through the area. The top of the major interfluves have deep soils

-63-
which are replaced downstream by shallow and immature soils. From the South to the North, the relative

proportion of immature soils increases to the detriment of deep soils.

EQUIPMENT AND METHOD


Direct and indirect observations allowed us to study the behaviour of animals in their natural environment
at the level of the region, in the protected as well as the unrestricted fringe areas.

These observations were made on foot, by motor, from an observation post, during the day as well as in
the night. A precision compass, a pair of binoculars, a tape measure and a camera were used for better
observation of the behaviour and social organization of the thick-skinned animals of this region. The
borders of the area occupied by the elephants were plotted with GPS and written at the bottom of the map.

We followed several groups of elephant families which we were able to distinguish due to visible marks
on their body (torn ears, broken trunks, short tails, etc). A study of the diet during grazing and the digging
of dung allowed us to record the most consumed fruit tree species and to gather other useful and

complementary information. We collected 100 droppings taken from the whole stretch of land used by the
elephants and undertook an inventory of seeds by specie. The diversity of food was estimated by using
the Shannon diversity index H' and Pielou regularity R (Frontier and Pichod-Viale 1993).

H' = -_PiXlog2Pi, withPie[0. 1]

Ni
= = the sample
P^ frequency of specie y in

= number of seeds of the 100 sample droppings


Ni specie y counted in

N= total number of seeds of all the species put together

= base 2 logarithim
Logs
H'

R= Re[0,1]

LogsN

The heights to the garrot were done by estimation, using a red oil paint marking on some trees in the area

frequented by the elephants. The length of the trumps were estimated several times during direct
observations.

RESULTS
Structure and density parameters

The structuring of elephant populations was done in comparison with the height to the garrot of individual
animals. Thus we distinguished and classified individuals into categories by ages and differences in the
height to the garrot (table 1).

-64.
Table 1 :
Age categories and interval of height to the neck of elephants in the Djona

Age categories Heigh to the neck (m) Number of individuals


Adults 1,75,2,75 32
Sub-adults 1,30, 1,75 30
Juveniles 0,75, 1,30 19
Young 0,40 , 0,75 13

Structure of groups

There are currently the study area, several groups of families, ranging from the solitary to
in
groups of
eleven individuals (Table 2).Out of a total of 94 elephants surveyed in 1995, figure 3 gives the distribution
by category. Both sexes together, 34% of the elephants are adults, 32% sub-adults, 20% young and 14%
are elephant calves. The elephants of the study area live in a dynamic social system. Males and females
live apart especially when the females are with the calves.

Heights to the garrot are between 0.40m and 2.75m. On the whole, elephants in the region do not have
large trumps (the longest trump measure between 50 and 75 cm).

Tableu 2 Elephant family groups and their structure in the hunting zone of Djona,. 1995

Composition
With regard to the unrestricted area (local villages) the elephants are seen very early in the morning and
in the evenings between 4pm. and 2 am. The villages visited by the animals are: Monkole, Gbekpanin,

Adouechaou, Lolo, Abekouta, Foue, Saa, Lougou, Zonzi, Sinwan, Chikiti, Lagadje, Fiafounfoun, Bangoun,
Tadi, Thya, Koi, Toui, Gbassisso, Alfakoara, Goungoun and Sekale (fig. 5). It must be noted that this
movement geographic space of the thick-skinned animals is well oriented accorded to the seasons. The
in

largest groups are found around the Alfakoara watering site during the dry season at the beginning of
January, till the advent of the first rains of the humid season, that is, from the beginning of May to June .

Movement towards the villages is especially due to food preference based on the phenology of certain
species of fruit trees. As a matter of fact, after the first rains, work begins in the region and the trees left
in the farms bear fruit much quicker than those in the protected areas destroyed/mutilated by late bush
fires which are very fierce. A typical case is the shea nut Vitellaria paradoxa which attracts the whole
elephant population, when it bears fruits, towards the farms on the outskirts of the villages at the beginning
of each rainy season.

Diet

Species consumed at the level of the arborescent layer are presented in table 3. One finds legume pods

{Cassia sieberiana, Acacia sieberiana), berries {Strychnos spinosa), drupes (Balanites aegyptiaca,
Vitellaria paradoxa), winged seeds (Combretum spp.). The different parts of these species that are

consumed are: the branches, leaves, fruits, barks and roots. At the level of the herbaceous layer the

elephants also graze on grass such as: Andropogon gayanus, Loudetia togoensis, Pennisetum
pedicellatum, Pennisetum polystachion and other geophytes like Kaempferia aethiopica. In agricultural
holdings, the diet comprises especially shea nut when this specie is podding between the months of May
and July. Other species consumed in the farms are: Sclerocarya birrea, Parkia biglobosa, Mangifera indica,
Zea mays, Dioscorea alata, Cajanus cajan, Sorghum bicolor, Vigna unguiculata, Arachis tiypogea and
Gossypium hirsutum.
The study on food =
diversity gave the value H' 3.66 for the Shannon Diversity Index and R=0.26 for Pielou
regularity. Looking at these results we can deduce that the diet of the animals in the study area is
diversified and they prefer certain species to others, in view of the low R value.

-66-
Table 3: Seeds of vegetable species recovered in 100 samples of excrement of elephants in Djona
Temperament
Elephants react with rage when they are approached by man. The behaviours observed are either a
recklessflight, or a furious charge, or flapping of ears, or hammering the ground with their feet and stirring

up dust, or trumpeting. The safe distance to keep in order not to frighten the elephant is estimated at 20
meters. But we were able to make observations at a distance of 4 meters without disturbing them too
much. In fact they became used to human company but they were still distrustful so we kept a distance
ofbetween 4 and 10 meters.

Activity chart

The daily activity chart of the Djona elephants is shown in figure 6. The elephants drink and wash
themselves several times a day, especially in the morning, evening and at night.

They eat all along the way and rest only when it is very hot, between 10 a.m and 5p.m. They gather in
large numbers to cross the Djona Hunting Zone into local villages especially during the rainy season. The
rest of the time is used for amusement activities (covering themselves with dust, scratching themselves,
rolling in the mud, playing etc.) These activities are carried out during the day as well as at night.

Apart from water which usually drives them to regroup in large numbers due to its scarcity, their daily
movement is determined by the spatial distribution of food. The shea tree, which is protected in the study
area socio-economic reasons, constitutes a favourite food which attracts the elephants to the farms
for
We face the problem here of competition with man for food. We observed groups of
because of its fruit.
45 to 72 elephants in the farming areas at the beginning of the rainy season. But the
damage caused to
the annual crops by the elephants in farms is generally minimal.

DISCUSSION
Elephants contribute a large extent to spatial dispersion and to the natural regeneration of fruit tree
to

exploited by "zoochorie", if their density is less than the load capacity of the environment. Many plant
species consumed by the elephants depend on this type of dispersion of their seeds for their survival. Their
apparently destructive mode of life creates varied vegetation which ensures the survival of many other
animal species. Although they are not too many in number, they contribution significantly to the
rejuvenation of populations and the maintenance of a regular change in natural plant formations. As a
matter of fact, their excrement contains undigested seeds of certain trees. After passing through in the
digestive tract, these seeds covered in faeces, germinate easily where the elephant defecates, producing
a new tree. Elephant food comprises different plants, tree barks, fruits and leaf canopies. In savannah
habitats, the grass and other herbaceous weeds make up 70% of the diet of elephants during the rainy
season whilst the grazing of buds and other wooded foods increase during the dry season. In the tropical
forest, the diet of an elephant is made of up to 230 species, of which more than 90% comprise of leaves,
branches, barks and (Whyte et al., 1993; Alexandre 1977). It is estimated that the average quantity
fruits

of food gurgitated is 4%
(Laws et al., 1970) to 7% (Ruggiero 1992) of the weight of the elephant but
lactating females consume proportionally greater quantities (Law et al., 1970) Elephants digest only 40%
of quantities consumed.

They can greatly influence the vegetation structure and maybe even the animal communities (Laws, 1970;
Gumming, 1982; Western 1989).
In many regions, human expansion and poaching have forced the elephants to modify their mode of
traditional migration and (Western 1989; Tchamba and Mahamat, 1992; Poole
to stay in protected regions
et al., 1992). Different results of ecological studies conducted on the African elephant confirms results
obtained during this present study. In the W
National Park complex and the Djona Hunting Zone in Benin,
the maximum density estimated was 0.02 to a sq.km and it reduces even further in the classified forests
(Oud6 and Heymans 1990). In cases of high densities and particularly where they are squeezed into the

protected areas, the elephants can reduce biological diversity (Western 1989) and cause an economic
reduction of timber in the forests (Laws, 1970; Afolayan, 1975). In some cases, the reduction in wooded
vegetation has had a beneficial effect by slightly stripping wooded lands infested with tsetse fly and
transforming the prairie into grazing land for livestock (Western 1989). In other cases, fire or forest

-68-
exploitation can be responsible for a change and then the elephants play a maintenance role (Dublin et
have also shown the importance of elephants as agents of seed dispersion
al.,1990; Dublin 1991). Studies
(Alexandre 1977), thus increasing the diversity of forest habitats (Kortland 1984) and of mammal
communities (Western, 1989). As a key specie the elephant plays a determining role by conserving the
links in the food chain, and their extermination in certain habitats can cause a chain of changes or
extinction in the ecosystem (Western 1989). It seems that the elephants ensure diversification of the

ecosystems of the savannah and forest when they are free in their movements (Western 1989).
With regard to structure, many authors relying on the organization of the family unit stressed that the
African elephants live in a fluid and dynamic system where males and females live in separate spheres
(Douglas-Hamilton, 1987, 1972; Moss, 1977, 1981; Moss and Poole, 1983; Hall-Martin, 1987; Poole,
1994). Females of the same family and their young offspring live in a very close matriachal family unit
(Buss, 1976), whilst the males pursue a more independent solitary existence with little soci^ links (Martin,
1978; Moss and Poole, 1983). Faced with anthropic pressure at the level of National Park in BeninW
another family behaviour was observed and very often there are large family regroupings in the Djona
Hunting Zone.
None of the sexes is territorial, although the two remain in specific regions during certain periods of the
year (Moss and Poole, 1983; Hall-Martin, 1987). Allied (Moss, 1981; Moss and Poole, 1983) or related
groups (Douglas-Hamilton, 1972) are made up of many closely related families comprising sometimes up
to five families (Moss, 1988). Most of the related groups seem to be formed when family units become too

big and they break away in groups (Moss, 1988). Family members or related groups perform a special
greeting ceremony (Moss, 1977, 1981, 1988; Poole etal., 1988), have a high frequency of association,
act a coordinated manner, adopt an
in affiliation behaviour among themselves and are generally related
(Moss, 1981; Poole and Moss, 1983) We made the same observations about elephants in the Djona
HuntingZone.
On top of the affiliated groups, the clan is established (Moss, 1981), which can be defined as family and
affiliated groups using the same basic location in the dry season (Moss, 1981; Moss and Poole, 1983).

Different authors have estimated the number of elephants in the Djona Hunting Zone between 100 and 150
inthe 1991 and 1992 (Dauzan, 1991, Kidjo 1992). According to these estimates, some would emigrate,
either further West towards the Pendjari National Park, or further North towards the National Park in W
Niger or would have been slaughtered by poachers. All this shows the necessity to draw up a programme
for the scientific monitoring of these pachyderm populations.

CONCLUSION
This study focuses on ecology and behaviour of elephants in the Djona Hunting Zone, and allowed
scientific data to be obtained on this specie in Benin. Ecological studies have already brought out important

data, but must still be continued and intensified, especially now that protection of the specie is being
significantly developed in Africa and in Benin in particular.

We must not lose sight of the fact that tranquility, availability of water and diversified food constitute an
advantage for the presence of pachydermes in this region, which has become a tourist attraction where
the visitor is sure to encounter elephants. But in the end, problems such as over-grazing by cattle herds,
cross-border transhumance of large zebu herds, poaching and wandering of cattle in the study area could
be a reason for elephant migration and risk putting the survival of the specie in this region in peril.

-69-
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-71-
Les Gorilles et Les Guerilleros De La Foret Bwindi En Ouganda:
Le Film Des Evenements

13
Simon Peter Wamoto Nabendeh
NDLR ~ Cet article, don t le contenu et la forme n 'engage que
son auteur, demontre le lien etroit entre les aires protegees, la
faune sauvage et le developpement touristique en Afrique
Orientale etAustrale.

Le tourisme est defini comme un envoi pacifique dans le temps, des personnes bien portantes qui
eprouvent le desir de voyager a I'lnterieur ou au-dela des frontieres nationales surtout en vue d'explorer
pour le plaisir des endroits autres que leur foyer et de satisfaire aux agrements de la vie, ainsi qu'au d6sir
et a la disponibilite de profiter de I'argent. Pour les touristes du pare national de I'innpenetrable foret de

Bwindi, tout semblait annoncer une periode de calme dans le royaume des gorilles, nnais I'heure du
desastre a sonne ^ I'aube de ce premier jour de mars 1999 quand les guerilleros d'Interahamwe ont
perpetre leur attaque, plagant I'Ouganda au centre d'une effroyable publicite Internationale dans les
medias sur la securite a I'lnterieur de ses pares, par la guerre du tourisme et ses realites, sonnant aussi
le glas de la lune de miel qu'a eonnue eette Industrie touristique.

Cela m'a rappele I'auteur du livre biblique de I'Eeelesiaste 3:1-8 qui disait "qu'il y a un temps pour tout, un

temps pour toute ehose sous les cieux; un temps pour naitre et un temps pour mourir, un temps pour
planter et un temps pour arraeher ee qui a ete plante; un temps pour tuer et un temps pour guerir; un
temps pour abattre et un temps pour batir; un temps pour pleurer et un temps pour rire; un temps pour se
lamenter et un temps pour danser; un temps pour lancer des pierres et un temps pour les ramasser un ;

temps pour embrasser et un temps pour s'eloigner des effusions; un temps pour chereher et un temps
mpour perdre; un
temps pour garder et un temps pour jeter; un temps pour deehirer et un temps pour
coudre; un temps pour se taire et un temps pour parler; un temps pour aimer et un temps pour hair; un
temps pour la guerre et un temps pour la paix".
La paix dans le monde, dans la nation, dans les foyers, dans nos coeurs. Nous recherchons tous la paix
pilier tourisme. En ce jour particulier,
sur lequel reposera le la paix nous a echappe dans le pays et a ete

remplacee par des atrocites inattendues.


Huit personnes, des touristes internationaux ainsi qu'un ougandais, defenseur des droits des animaux, un
chef des gardes du pare, en roccurrence feu Wagaba, ont ete assassinees et plus de 35 autres sont
toujours portees disparues, probablement enlevees par leurs assaillants, les redoutables extremistes
d'Interahamwe, des ravisseurs sans consideration pour le genre humain. A 9 heures, le telephone de
I'auberge "White Horse Inn" a commence a sonner et les messages telecopies ont aussi commence a
apparaltre. A I'hotel, ce n'etait plus que panique, culpabilite et chaos, et le personnel de I'hotel se
transformait plus ou moias en medecins de fortune. Des appels provenant des parents et d'amis ne
cessaient de tomber pour s'enquerir de survivants potentiels. Ces interlocuteurs sont tous orientes vers
I'Agence de commercialisation de Kampala ou le personnel a ete submerge par le nombre inouT d'appels
telephoniques. Le Directeur de I'Agence devait d'ailleurs plus tard confesser "qu'il a plusieurs fois
demande a joindre I'hotel pour les dernieres informations, mais sans succes a cause de I'encombrement
de la ligne. J'ai pense au fond de moi que I'hotel pouvait avoir pris feu."
Le sort de la jeune touriste anglaise Julie Ward, assassinee y a deux ans dans I'un des pares nationaux
il

de faune sauvage au Kenya ou a eu a travailler a porte le directeur commercial a mediter les desastres
il

qui pouvaient arriver lorsque meme les grands dirigeants manquent de vision prospectives.

'^
Directeur de Commercialisation, White Horse Inn, P.O. Box 1 1, Kabale, Uganda

-72-
La nuit venue a 19 heures, le « White Horse Inn » a regu le prennier groupe de rescapes tant attendus y

compris une diplomate etrangere, la vice ambassadrice de France en Ouganda, Madanne Anne Peltier,
ses filles, un autre collegue de I'ambassade et le courageux chauffeur qui a ose les evacuer de Bwindi.
La curiosite des autres habitants de I'hotel a la reception presentait I'image d'un centre d'accueil ou d'une
salle d'urgences d'accidentes. Tout le monde voulait voir ces rescapes chanceux mais fourbus.
Malheureusement ou heureusement les rescapes etaient trop epouvantes pour parler a qui que ce soit
y compris aux journalistes. En cas de changement inevitable, I'hotel doit deviner cela, I'accepter et
chercher des moyens pour nous rendre cela positif. La direction de «White Horse Inn » est bien consciente
du fait que le tourisme qui marche est toujours dans une grande mesure le resultat d'une vision a long
terme en faisant abstraction des contingences du moment. On savait que la situation n'allait pas nous etre
favorable. La tragedie allait entraTner des changements de I'environnement du tourisme regional deja
competitif. II est tres utile a present que les dirigeants nationaux se levent et disent "evitons la pretention,
le dementi et aliens de I'avant. Utilisons certaines de nos ressources et occupons-nous serieusement de
ga". Cette vision a long terme n'exige pas I'intelligence de la part de notre gouvernement. ff n'a besoin que
du devouement des voisins. L'Ouganda a besoin bien sur des objectifs a court terme. Cependant, des
objectifs et des strategies a long terme sont essentiels pour un succes a long terme. L'appel du president
Museveni de poursuivre et de tuer les auteurs des massacres de Bwindi n'est pas une solution au
probleme mais plutot de nouvelles complications au probleme.
Les pays qui ont un point de vue a long terme ne perdent pas de temps sur des considerations a court
terme. Le marche du tourisme prend toujours beaucoup plus d'annees que nous le pensons, pour se
developper mais nous devons continuer a investir sur une base a long terme. Dans plusieurs pays, cette
strategic a fait ses preuves. Malheureusement en Ouganda cela se passe suivant ce qu'on peut appeler
"la formule du sapeur-pompier". Nous attendons que les choses aillent mal avant d'agir. est facile de II

perdre de vue I'objectif de I'avenir parce que nous ne payons pas le prix important des erreurs a long
terme pendant longtemps.

Nous avons toujours souhaite que I'Ouganda puisse mettre en oeuvre une publicite decisive et des
mesures de promotion agressives surtout a ce niveau d'exigence. Le gouvernement doit commencer a
privilegier la consultation et faire preuve de volontarisme. arrive souvent que ce soit nous, employes de
II

prevoyons les grands chamboulements, et tirons sur la sonnette d'alarme.


I'industrie touristique, qui II

arriveque ces mises en garde soient suivies d'une periode creuse ou rien ne sembler changer, ce qui
amene les sceptiques a nous qualifier d'alarmistes, avec des remarques telles que "ces hoteliers,
voyagistes et grossistes de voyage avaient predit qu'on serait a present dans un terrible petrin, mais les
choses continuent toujours a bien evoluer".

Les alarmistes peuvent se tromper sur la periode a laquelle le changement intervient mais peut etre n'ont-
pas tort de s'alarmer. Des lors convient de les comprendre et de les ecouter.
ils il

Les dirigeants de du tourisme doivent dorenavant se poser constamment la question de savoir


I'industrie
si de securite dans les pares et les autres institutions touristiques constituent des mesures
les precautions

qui evolueront a la longue ? Cette relation de clients, est-elle une relation a long terme ? La strategie de
distribution touristique, est-elle une strategie a long terme ? Les statistiques demontrent que, bien qu'il y
ait eu une augmentation du nombre d'arrivees de touristes et de revenus touristiques depuis I'avenement

du gouvernement du Mouvement National de Resistance surtout entre 1989 a 1993, le pourcentage de


hausse marginale a baisse progressivement durant la meme periode atteignant ainsi 3,4% en 1993. Bien
qu'on puisse encore se poser des questions sur la cause reelle de cette tendance a la baisse malgre I'aide
etrangere au developpement du secteur touristique, les massacres a Bwindi risquent de definitivement
sceller le sort de I'industrie touristique en Ouganda. Vu la complexite du tourisme ou les consommateurs
recherchent toujours dans un produit d'exportation une image de la realite souvent absente au point de
vente mais qui fait I'objet d'une tendance de croissance soutenue dans le monde entier et qui pourra
sauver des pays en developpement, en particulier I'Ouganda de la baisse des recettes de devises
etrangeres issues des produits d'exportation agricoles traditionnels.
Le tourisme est le premier employeur du monde et figure parmi les principaux secteurs qui contribuent au
developpement economique, social et politique du monde. II constitue aussi I'une des plus efficaces
sources de nouvelles richesses pour la plupart des nations.

En Ouganda, le tourisme etait une Industrie tres prospere dans les annees 60. II
occupait la troisleme

-73-
place apres le coton parmi les produits nationaux qui rapportent de devises etrangeres avec les
cafe et le

principaux que sont


attraits la faune sauvage et la beaute naturelle. En 1971, y avait 85.000 visiteurs
il

etrangers dont le nombre a flechi virtuellement a zero en 1980, a cause de I'insecurite dans le pays. Le
tourisme est toujours associe ^ la stabilite. Depuis 1987, I'Ouganda a suivi un programme de
redressement economique et adopte un certain nombre de politiques sectorielles dans plusieurs differents
secteurs de I'economie.

Dans les annees 1980 avec I'assistance des organisations Internationales telles que le PNUD, la CEE et
la FAO, une rehabilitation partielle de I'industrie touristique a ete entreprise.

Les chiffres records des arrivees dans le passe demontrent que I'avenement de la guerre economique du

regime precedent ainsi que ses positions centre les pays occidentaux a oblige les touristes a fuir le pays
tandis que ceux qui ont ose faire le contraire ont fait I'objet de haine et ont ete traites comme des espions.
Le resultat etait que le nombre de touristes internationaux a atteint son plus faible niveau de 2.850 en
1973, representant une baisse de 96,2% par rapport a I'annee precedente. Ce chiffre des arrivees de
touristes est reste tres bas jusqu'en 1981 oCi a commence a remonter encore pour atteindre les 9 niveaux
il

superieurs de 70.300 touristes en 1992, une hausse moyenne de 13,8% par an pour la periode de 1988
a 1991.

La periode d'apres le massacre de Bwindi devrait etre la periode pratique et le tournant pour I'Office
ougandais du Tourisme (OOT), I'organe gouvernemental responsable de la promotion du tourisme en
Ouganda. Recemment, semblait que I'Ouganda avait simplement disparu des brochures de villegiature
il

a enseigne que lorsque la visite d'un groupe de touristes d'un peu plus de 20 personnes d'un pays
telle

scandinave a fait I'objet d'un reportage a la une des journaux locaux, cela a paru ridicule aux yeux d'un
professionnel comme moi.

L'image de I'Ouganda a sombre si bas que le marche des acheteurs et I'industrie touristique a du reduire
les tarifs en vue d'attirer les etrangers. C'est du a
negative globale a caractere explosif de la
la publicite

foret de Bwindi. Nous ne sommes plus en position de marchander. La plupart des societes de voyages
sont menacees par leurs faibles recettes. D'autres sont juste en train de vivoter.

L'Office Ougandais du Tourisme (OOT) devra maintenant etre autorise a contacter des professionnels en
levee de fonds pour relancer l'image desesperee actuelle du pays a I'etranger.

Pour voyagistes et les agents de voyage ont besoin d'une exoneration fiscale
I'instant, les hoteliers, les

pour sortir de leur endettement et s'appreter a relever les defis de I'avenir.

74-
Gorillas and Guerrilas of Bwindi Forest in Uganda
THE Moment of Fact

Simon Peter Wamoto Nabendeh^"^

Editor's Note - This article, which represents the personal views


and reflections of its author, shows the close link between
protected areas, wildlife and tourism development in East and
Southern Africa.

Tourism defined as the peaceful flight of people with time, with health and with an interest in travel within
is

or beyond national boarders especially in terms of exploring places other than home for pleasure and
willingness and readiness to spend for the same. To the tourists in Bwindi impenetrable forest national
park, all was meant to be time for peace in the gorilla kingdom, but the black hour turned in one that first
day of March 1999 in the wee hours when the Interahamwe guerrillas struck, rendering Uganda to an
appalling international media publicity about the security inside Uganda's parks and made the tourism war
and its reality dawning to the end of the industry's honeymoon.

This reminded me of the writer of the biblical book of Ecclesiastes 3:1-8 which says « to everything there
isa season, a time for every purpose under heaven a time to be born, and a time to die; a time to plant
:

and a time to pluck what is planted; a time to kill and a time to heal; a time to break down, and a time to
build up; a time to weep, and a time to laugh; a time to mourn and a time to dance; a time to cast away
stones and a time to gather stones, a timelo embrace, and a time to refrain from embracing; a time to gain
and a time to lose,; a time to keep and a time to throw away; a time to tear and a time to sew; a time to
keep silence and a time to speak; a time to love and a time to hate; a time of war and a time of peace."
Peace the world, peace in the nation, peace in homes, peace in our hearts, we are all longing for peace
in

on which pillar stands tourism. On this particular day, peace alluded us in the country, replaced by
unexpected atrocities.

Eight people had been reported murdered all of them international tourists and a Ugandan animal rights
caretaker a park chief warden, the late Wagaba, and over 35 people still missing believably abducted
i.e.

by their attackers, the dreaded Interahamwe extremists, captors with no love of human blood. At 9.00 a.m.
at White Horse Inn, the telephone switchboard buzzed and buzzed, fascimile messages also poured in.
The situation at the hotel became nothing but fear, guilt and chaos as the hotel's personnel became more
or less doctors on call. Inquiries about potential survivors by their loved ones continued ceaselessly.
Callers were re-directed to our marketing office in Kampala where staff was overwhelmed by an abnormal
number of phone calls. The Marketing Manager later on confessed that "having tried to get through to the
hotel for updated details but failed due to line jam, concluded in my heart that the hotel could have caught
I

fire".

JulieWard, a youthful British tourist's fate of murder in one of Kenya's national wildlife parks a couple of
years ago served as a reminder to the Marketing Manager who once worked there, of how wrong things
can go when even great leaders fail to look far enough across the road.

Came evening at 7.00 p.m. the White Horse Inn received the long awaited initial group of survivors who
included a senior foreign diplomat, France's Deputy Ambassador to Uganda, Anne Peltier, her Mme
daughters and an embassy colleague and the daring driver who brought them from Bwindi. Curiosity of
other guests at the hotel's Front Office made it look like a reception centre or a casualty ward. Everyone
wanted to have a glimpse of^he lucky but tired escapees. Unfortunately of fortunately the survivors were

Marketing Manager, White Horse Inn, P.O. BOX 1 1, Kabale, Uganda

-75-
too frightened to talk to anyone including journalists. When change is inevitable the hotel must spot it,

embrace it and find ways to make


work for us. The management at White Horse Inn is well aware that
it

successful tourism has always largely been the result of the ability to focus on long-term goals and ignore
short-term distractions, we knew that the situation was not going to be in our favour. The tragedy was
going to make environment changes in the already competitive regional tourism, it is very helpful now if
the national leaders get up and say "let's avoid pretence and denial, let's get ahead of this. Let's take some
of our resources and really get our arms around this". This long-term view doesn't require brilliance on the

part of our government, it does require only dedication of neighbours. Uganda should have short-term
goals, of course, but long-term goals and strategies are essential to long-term success. President
Museveni's call to pursue and to kill the authors of Bwindi massacres is not a solution to the problem but
complication of the problem for now.

Countries that take a long-term view don't waste effort driving up short-term considerations. The tourism
market takes years longer to develop than we always expect but we have to keep investing for the long
term. In many countries this strategy has proven very valuable. Unfortunately in Uganda, this happens in
what one can say "do the repair" formula. We wait to act after things have gone wrong. It is easy to lose
focus on the future because we don't pay the heavy price of long-term mistakes for the long time.

We have always prayed that Uganda embarks on clear cut publicity and aggressive promotions especially
The government must stop being risk aversive and reactionary, it must start being
at this point of need.
and actionary. What often happens is when we, the employees in the industry foresee a big
consultative
change coming, we sound an alarm. Normally warnings may be followed by a lag period in which nothing
may seem to change, prompting skeptics to challenge us as alarmists. Remarks like "those hoteliers, tour
operators and travel wholesalers said we would be in trouble by now, but things are working pretty well".
The alarmists may have been wrong about when the change would come, but perhaps were not wrong
tobe alarmed, so they should be accommodated and listened to.

Leaders the tourism industry must from now constantly ask themselves: are the security precautions
in

in the parks and other tourist institutions something that will work in the long run? Is that client relationship

long term? Is the tourist distribution strategy long term? Records show that although there has been an
increase innumber of tourist arrivals and tourist revenue earnings since the National Resistance
the
Movement government came to power especially between 1989 to 1993, the marginal percentage increase
has been decreasing steadily over the same period reaching 3.4% in 1993. While one was still wondering
what had been the real cause for the change in the down trend, despite foreign assistance to the
development of the tourism sector, the massacres in Bwindi may be the last nail in the coffin of the industry
in Uganda. Given the complexity of tourism, where consumers are always seeking for visions of reality in

an export item normally absent at the point of sale but which is experiencing a continuous growth trend
worldwide which could save developing countries, especially Uganda from declining foreign exchange
earnings from traditional agricultural export products.
Tourism is the world's leading employer, and among the leading contributors to the world's economic,
social and political development. It is also one of the most efficient sources of new wealth for most nations.

In Uganda, tourism was a very prosperous industry in the 1960s. It ranked third after coffee and cotton
among the country's foreign exchange earners with the main attractions being wildlife and the natural
beauty. In 1971 there were 85,000 foreign arrivals, declining to virtually zero by 1980 due to insecurity in
the country. Tourism has always been married to stability. Since 1987, Uganda has followed an economic
recovery programme and adopted a number of sectorial policies in many different sectors of the economy.
In the 1980s, with the assistance of international organizations such as UNDP, EEC and FAO, partial
rehabilitation of the tourism industrywas undertaken.
Arrival records in that at the advent of Amin's infamous economic war and his high stance
the past show
against Western countries, forced tourists to shun the country while those who dared were hated and
treated like spies. The result was that the number of international tourists hit the lowest record of 2,850 in
1973, a drop of 96.2% over the previous year. This number of tourist arrivals remained very low until 1981
when started picking again reaching a peak
it of 70,300 tourists in 1992, an average increase of 13.8%
- 1992
per annum for the 1988 period.

The aftermath of the Bwindi massacre should be the practical period and turning point for Uganda Tourist

-76-
Board (UTB), a government body charged with the task of promoting tourism in Uganda. Recently it has
seemed like Uganda has simply disappeared from holiday brochures to the extent that when a group of

numbering just over twenty from a Scandinavian country prompted front page coverage
tourists in the local
newspapers, something which is ridiculous indeed in the eyes of professionals like myself.

Uganda's image has sunk so low leading to a buyer's market and the industry has cut tariffs to lure
foreigners. This was due to the explosive global negative publicity of Bwindi forest. We are no longer in
the bargaining position. Most of the private tour companies are being threatened with receivership. Others
are just breaking even.

Uganda Tourist Board should now be allowed to contact professional fundraisers to help solicit funds to
redeem the now desperate country's image abroad.
For the time being hoteliers, tour operators and travel agents need a tax recess to also redeem themselves
from indebtedness and prepare to face the challenges ahead.

-77-
Le contenu des articles de cette revue exprime les opinions de leurs auteurs
etne reflate pas n6cessairement celles de la FAO, du PNUE ou de la r6dac-
tion. n'exprime done pas une prise de position officielle, ni de I'Organisa-
II

tion des Nations Unies pour I'Alimentation et 'Agriculture, ni du Programme


I

des Nations Unies pour I'Environnement. En particulier les appellations em-


ployees dans cette publication et la presentation des donn^es qui y figurent
n'impliquent de la part de ces Organisations aucune prise de position quant
au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs autorit§s, ni
quant aux traces de leurs fronti^res ou limites.

The opinions expressed by contributing authors are not necessarily those of


FAO, UNEP or the editorial board. Thus, they do not express the official posi-
tion of the Food and Agriculture Organization of the United Nations, nor that
of the United Nations Environment Programme. The designations employed
and the presentation of material in this publication do not imply the position
of these organisations concerning the legal status of any country, territory, ci-
ty or area or ofits authorities, or concerning the delimitation of its frontiers or

boundaries.

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