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Chapitre 4

Le chapitre 4 traite de la prévision de la demande, en soulignant l'importance d'anticiper les commandes futures pour optimiser la production. Il présente les objectifs et contraintes des prévisions, les méthodes qualitatives et quantitatives, ainsi que les erreurs et incertitudes associées. Enfin, il recommande l'utilisation de logiciels spécialisés et la participation des commerciaux pour améliorer la précision des prévisions.

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Chapitre 4

Le chapitre 4 traite de la prévision de la demande, en soulignant l'importance d'anticiper les commandes futures pour optimiser la production. Il présente les objectifs et contraintes des prévisions, les méthodes qualitatives et quantitatives, ainsi que les erreurs et incertitudes associées. Enfin, il recommande l'utilisation de logiciels spécialisés et la participation des commerciaux pour améliorer la précision des prévisions.

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Chapitre 4 : Prévision de la demande

1. OBJECTIFS ET CONTRAINTES DE LA PRÉVISION DE LA DEMANDE


Il est idéal pour une entreprise de produire exactement ce que ses clients achètent.
Cela nécessite d'anticiper les commandes futures, et donc d'utiliser un système de
prévisions fiables selon des horizons à long, moyen ou court terme.

1.1. Objectif de la prévision de la demande

 Prévisions à long terme : stratégies de diversification et investissements.


 Prévisions à moyen terme : définir et maîtriser les capacités de production et
d’approvisionnement.
 Prévisions à court terme : gestion des stocks et ajustements des activités planifiées. Plus
les prévisions sont à court terme, plus elles sont fiables, mais les prévisions à long terme
sont plus incertaines.

1.2. Les éléments du choix


Le choix de la méthode dépend de l’objectif des prévisions (stratégique ou
opérationnel) et de plusieurs facteurs, tels que les données historiques disponibles, la
précision souhaitée, le coût et le temps. Les prévisions agrégées sont plus sûres.

1.3. Les sources de données


Les sources incluent des données historiques et des méthodes prédictives, telles que
les études de marché et les avis d’experts. Les données historiques sont privilégiées,
mais d’autres sources peuvent être utilisées comme complément.

1.4. Typologie de la demande


La demande peut être :

 Constante : oscille autour d’une moyenne constante.


 À tendance : oscille autour d’une valeur croissante ou décroissante.
 Saisonnière : variations périodiques importantes.
 Saisonnière et à tendance : pics autour d'une droite non horizontale.
 Erratique : valeurs aléatoires dans le temps.

2. LES MÉTHODES DE PRÉVISION

2.1. Généralités sur les méthodes de prévision


Deux types de méthodes : qualitatives (non mathématiques) et quantitatives (basées
sur des modèles mathématiques).

2.2. Les méthodes qualitatives


Utilisées pour la prévision à moyen ou long terme, elles reposent sur des données
d’études de marché. La méthode de Delphes permet d’interroger des experts pour
parvenir à un consensus. En l'absence de données historiques, on peut s'appuyer sur
des produits analogues ou sur l’intuition du manager.

2.3. Les méthodes quantitatives

 Représentation graphique : visualisation des données historiques pour détecter des


tendances.
 Méthode de régression linéaire : prolongation de séries passées avec la méthode des
moindres carrés pour prédire la demande future.
 Méthode de décomposition : recherche de tendance, variations saisonnières et
éléments résiduels. La demande pour une période peut s’exprimer sous forme additive
ou multiplicative. Les saisons doivent être définies pour estimer les variations
saisonnières.

Moyenne mobile pondérée

Lors d’une prévision, on peut affecter des poids différents aux données pour
privilégier les plus récentes. Par exemple :

Preˊv janv 2011=(2×Demande oct 2010+3×Demande nov 2010+4×Demande deˊc 201


0)2+3+4\text{Prév janv 2011} = \frac{(2 \times \text{Demande oct 2010} + 3 \times
\text{Demande nov 2010} + 4 \times \text{Demande déc 2010})}{2 + 3 +
4}Preˊv janv 2011=2+3+4(2×Demande oct 2010+3×Demande nov 2010+4×Demande
deˊc 2010)​

Cette formule attribue une importance double (4/24/24/2) à la donnée Dn−1D_{n-


1}Dn−1​ par rapport à Dn−3D_{n-3}Dn−3​ et une fois et demie (3/23/23/2) à
Dn−2D_{n-2}Dn−2​ .

Autre utilisation de la moyenne mobile

La moyenne mobile peut également être utilisée pour lisser les données. Par exemple,
remplacer D5D_5D5​ par D5′D'_5D5′​ :

D5′=D4+D5+D63D'_5 = \frac{D_4 + D_5 + D_6}{3}D5′​ =3D4​ +D5​ +D6​ ​

Le nombre de périodes impliquées détermine l’importance du lissage.

2.3.4 Méthode des moyennes échelonnées

Cette méthode consiste à faire la moyenne des ventes d’un même mois sur plusieurs
années différentes.
2.3.5 Méthodes de lissage exponentiel

Lissage exponentiel simple

Cette méthode est largement utilisée pour la prévision de la demande. La prévision


pour la période nnn est ajustée en fonction de l'écart Dn−1−Pn−1D_{n-1} - P_{n-
1}Dn−1​ −Pn−1​ entre la demande réelle et la prévision de la période précédente :

Pn=Pn−1+α(Dn−1−Pn−1)P_n = P_{n-1} + \alpha (D_{n-1} - P_{n-


1})Pn​ =Pn−1​ +α(Dn−1​ −Pn−1​ )

où α\alphaα est un coefficient entre 0 et 1. Si α=0\alpha = 0α=0, la prévision reste


identique à celle de n−1n-1n−1. Si α=1\alpha = 1α=1, la prévision pour nnn devient
égale à la demande réelle de n−1n-1n−1.

On peut démontrer que cette méthode implique les demandes réelles passées :

Pn=αDn−1+α(1−α)Dn−2+(1−α)2Pn−2P_n = \alpha D_{n-1} + \alpha(1 - \alpha)


D_{n-2} + (1 - \alpha)^2 P_{n-2}Pn​ =αDn−1​ +α(1−α)Dn−2​ +(1−α)2Pn−2​

Le lissage exponentiel constitue ainsi une moyenne mobile pondérée avec une
décroissance exponentielle des coefficients affectés aux données. La relation entre
α\alphaα et une moyenne mobile à NNN périodes est approximativement donnée par :

α=2N+1\alpha = \frac{2}{N + 1}α=N+12​

Lissage exponentiel triple

Le lissage exponentiel peut aussi inclure les coefficients saisonniers en introduisant


un coefficient γ\gammaγ. Le modèle devient alors un lissage exponentiel triple avec
trois coefficients α\alphaα, β\betaβ, et γ\gammaγ. Ce modèle est simple à mettre en
œuvre, peu coûteux, et nécessite des données historiques suffisamment étoffées.

2.3.6 Autres modèles mathématiques

D'autres modèles plus complexes, comme les régressions simples ou multiples, sont
utilisés pour établir des corrélations entre la demande de produits et celle d'autres
secteurs économiques. Ces modèles débordent de l'esprit de cet ouvrage.

3. Erreur et incertitude sur les prévisions


Une prévision est incertaine par nature. L’erreur moyenne eee et l’écart moyen absolu
MADMADMAD sont utilisés pour évaluer la qualité des prévisions.

L'erreur moyenne eee :

e=∑i=1N(Demande reˊellei−Preˊvi)Ne = \frac{\sum_{i=1}^{N} (\text{Demande


réelle}_i - \text{Prév}_i)}{N}e=N∑i=1N​ (Demande reˊellei​ −Preˊvi​ )​

L’écart moyen absolu MADMADMAD est défini comme :

MAD=∑i=1N∣Demande reˊellei−Preˊvi∣NMAD = \frac{\sum_{i=1}^{N} |


\text{Demande réelle}_i - \text{Prév}_i
|}{N}MAD=N∑i=1N​ ∣Demande reˊellei​ −Preˊvi​ ∣​

Un autre indicateur est le signal d’alerte AiA_iAi​ :

Ai=eiMADA_i = \frac{e_i}{MAD}Ai​ =MADei​ ​

Si AiA_iAi​ dépasse 4, on suspectera un changement dans la demande. Le tableau


4.18 illustre ces calculs avec des données réelles.

4. Bonnes pratiques

4.1 Logiciels de prévisions de ventes

Des logiciels spécialisés permettent de gérer les historiques de ventes et d’effectuer


des prévisions avec différentes méthodes. Certains logiciels recommandent
automatiquement la meilleure méthode.

4.2 Participation des commerciaux

Les commerciaux, experts des ventes et du marché, doivent participer à l’élaboration


des prévisions. Cependant, il faut parfois ajuster leurs prévisions en fonction d'un
coefficient réducteur basé sur l'historique.

5. Conclusion

Les méthodes de prévision classiques sont rapides et peu coûteuses, mais moins
fiables à long terme. Les modèles plus complexes sont plus précis, mais aussi plus
coûteux. Chaque entreprise doit choisir la méthode adaptée à ses besoins, vérifier sa
validité avec des indicateurs d'erreurs, et utiliser des logiciels spécialisés tout en
combinant expérience et bon sens.

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