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Les Instruments de Paiement Et de Créditàconver

Le document traite des instruments de paiement et de crédit, en se concentrant sur la lettre de change, ses définitions, ses conditions de validité, et les relations entre les parties impliquées. Il aborde également les exigences formelles et substantielles nécessaires à la création d'une lettre de change, ainsi que les effets de son acceptation. Enfin, il souligne les recours possibles en cas de refus d'acceptation et les implications pour les signataires.

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Les Instruments de Paiement Et de Créditàconver

Le document traite des instruments de paiement et de crédit, en se concentrant sur la lettre de change, ses définitions, ses conditions de validité, et les relations entre les parties impliquées. Il aborde également les exigences formelles et substantielles nécessaires à la création d'une lettre de change, ainsi que les effets de son acceptation. Enfin, il souligne les recours possibles en cas de refus d'acceptation et les implications pour les signataires.

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Les instruments de paiement et de crédit

– La bibliographie :

- Mohammed Drissi Alami Machichi, Droit commercial instrumental au


Maroc,

ImprimElite, Rabat, 2011

- Jean Stoufflet, Instrument de paiement et de crédit, Loxis Nexis, 2012

- Marie-Laurie Coquelet, Entreprises en difficultés, instruments de paiement


et de crédit,

Dalloz, 2017.
Axes du cours :
I – Moyens de crédit :
A – La lettre de change :
B – Titres voisins de la lettre de change :
1 – Le billet à ordre
2 – le Warrant
II – Moyens de paiement :
1 – Le chèque de droit commun
2 – Moyens particuliers de paiement :
a – Chèques bancaires particuliers
b – Nouveaux moyens de paiement
- Introduction :

- Les instruments de paiement et de crédit sont régies par le livre III (arts
159-334), C.C.
- Les instruments de paiement et de crédit sont règlementés par le droit
cambiaire.
- Le droit cambiaire est engendré par la pratique des commerçants.
- La lettre de change (précisément la signature de la lettre de change) est un
acte de commerce par la forme, quelle que soit la nature de la créance ou
de l’opération à l’occasion de laquelle elle a lieu et quelle que soit l’activité
professionnelle et la qualité du signataire.
- L’effet de commerce (Instrument de paiement et de crédit) est un titre écrit,

négociable et abstrait. Il représente une créance de somme d’argent stipulée à

court terme.
- Les instruments de paiement sont l’ensemble des instruments mis à la

disposition des agents économiques (particuliers, entreprises, Etat), pour

régler leurs dépenses par des transferts d’argent.

- Les instruments de crédit sont des mécanismes permettant d’accorder un

délai de paiement.

- La lettre est un moyen de change.


A – La définition de la lettre de change :

La lettre de change est un acte aux termes duquel une personne, appelée le

tireur, donne mandat à une autre personne, dénommé le tiré, de payer, à une

date plus ou moins précise, une somme d’argent à une troisième personne dite

le porteur ou le bénéficiaire ou encore le preneur, ou à l’ordre de cette

troisième personne.
A partir de cette définition on a les relations suivantes :

- Relation entre le tireur et le tiré : le tireur est créancier tiré.

- Relation entre le tireur et le bénéficiaire : le tireur est débiteur du bénéficiaire.

- Relation entre le tiré et le bénéficiaire : L’acceptation transforme le tiré en débiteur

principal après le tireur.


Le tireur et le tiré d’une part, le tireur et bénéficiaire d’autres part, se lient par des

transactions commerciales déterminées (rapport commercial préalable à La création du titre).

- A l’occasion des dites opérations, le tireur a crée la lettre de change.

- Le tireur émet ou tire la lettre de change sur son débiteur, le tiré, au profit d’un tiers

(porteur) qui est son créancier.

- Le tireur remet la lettre de change au bénéficiaire (le tireur cède sa créance sur le tiré au

porteur en lui transmettant (endossant) la lettre). Ce dernier a trois options :


- Il remet la lettre de change à son banquier (il endossera la lettre au profit de

sa banque) (l’escompte)

- Le bénéficiaire peut conserver la lettre de change jusqu’à son échéance, pour

la présenter lui-même au tiré, et se faire payer.

- Il peut la transmettre à son tour à un nouveau porteur (son propre créancier)

(l’endossement).
Emission (création) de la lettre de change

La validité de la lettre de change en tant que telle suppose la réunion de conditions de forme

et de fond, définies par l’article 159 et suivants du code de commerce de 1996.

– Conditions de forme :

- Exigence de l’écrit

- Mentions obligatoires de la lettre de change

- Mentions facultatives
a - Exigence de l’écrit :

La lettre de change doit être obligatoirement constatée par écrit. Véritable condition de

validité et non de simple preuve. Le titre formant lettre de change doit légalement et

impérativement contenir les mentions légales.

b - Mentions obligatoires de la lettre de change :

 Dénomination :

La lettre de change doit contenir d’abord la dénomination « lettre de change » dans le corps

même de son texte et ladite dénomination doit être formulée dans la langue utilisée pour la

rédaction du titre.
 Désignation des parties principales :

 Tireur : celui qui émet la lettre de change. Celle –ci contient nécessairement le nom et la

signature du tireur dès sa création . Celui-ci est le principal garant du paiement du titre.

 Tiré : celui qui doit payer. Il doit apposer son nom et sa signature soit à la date de

l’émission soit à l’occasion de son acceptation du titre. C’est à lui que le porteur devra

présenter la lettre de change pour son règlement. En pratique, on indique ainsi son

adresse et le numéro de son compte bancaire.

 Bénéficiaire : le nom de celui auquel ou à l’ordre duquel le paiement doit être fait.
 Mandat pur et simple de payer une somme d’argent :

Le mandat de payer une somme d’argent exprimée en chiffres et en lettres.

 Dates d’émission et d’échéance :

• Date d’émission : nous permet de vérifier la capacité du tireur et aussi de connaitre le point

de départ du délai de présentation du titre pour son règlement (délai de paiement).

• Date d’échéance : elle est réglementée par les articles 181 et suivants du code de

commerce. L’échéance peut être à vue, à un certain délai de vue, à un certain délai de date,

à jour fixe .
 Lieux d’émission et de paiement :

• Lieu d’émission : la détermination s’explique pour éviter le problème des conflits de lois.

• Lieu de paiement : s’impose pour éviter l’hésitation entre les domiciles du tiré et du tireur.
- Sanctions des énonciations de l’écrit : le défaut ou l’irrégularité ou l’inobservation des

énonciations susmentionnées permet l’application de trois types de sanctions suivant

l’importance des mentions concernées.

 Défaut de signature du tireur et l’oubli d’indiquer la somme à payer, engendre la nullité

totale et de l’ordre public de l’acte juridique.

 Omission de la dénomination de « lettre de change » ou sa rédaction dans une langue

autre que celle de l’ensemble du texte, ou encore le mandat conditionné de payer,

engendre la nullité relative de l’acte juridique.


 D’autres irrégularités demeurent susceptibles de rattrapage en observant les solutions

substitutives légales (solutions de rechange) (les mentions générales de l’article 60 du cc) :

- À défaut d’indication de l’échéance, la lettre de change est considérée comme payable à

vue.

- À défaut d’indication du lieu de paiement, le lieu désigné à coté du nom du tiré est réputé

le lieu de paiement et, en même temps, le lieu du domicile du tiré. À défaut de cette

dernière indiction, le lieu de paiement est celui où le tiré exerce son activité ou celui ou il

est domicilié.
- Si l’oubli porte sur le lieu de création de lettre de change, la loi la considère comme

souscrite dans le lieu désigné à coté du nom du tireur. Si le lieu n’est pas indiqué à coté du

nom du tireur, la lettre de change est considéré comme souscrite dans le lieu du domicile

du tireur.

- L’irrégularité peut également porter sur la date de création de la lettre de change. A défaut

d’indication, cette date est considérée être celle de la remise du titre au bénéficiaire.
c - Les mentions facultatives :

- Les mentions facultatives dépendent de la liberté d’appréciation des circonstances de la

signature de la traite par les parties engagées.

- Leur omission ou leur violation n’implique point de sanction de nullité.

- Les inobservations de ces clauses exposent leurs auteurs beaucoup plus aux conséquences

de la responsabilité civile.

 La clause « endossable » ou bien « à ordre ». Dans le cas de « non endossable », on a pas la

circulation de la lettre de change par endossement, mais par la voie civile, la cession régie

par art 195 du DOC. (la domiciliation bancaire du tiré (sa banque) –un lieu de paiement )
Conditions de fond :

Comme pour l’établissement de tout acte juridique engageant la responsabilité de son

auteur, la création de la lettre de change nécessite le respect des conditions classiques de

capacité, de consentement, d’objet et de cause.

 La capacité : la signature de la lettre de change est acte de commerce, donc tous les

signataires doivent :

- Avoir la majorité de dix huit ans grégoriens révolus (le tireur, le tiré, les endosseurs et

l’aval)

- Jouir pleinement de leurs facultés mentales.


- Ne souffrir aucune limitation ou interdiction judiciaire touchant leur liberté d’exercer les

activités commerciales.
 Le consentement :

- Le consentement se manifeste par la simple signature des personnes concernées et

l’indication de leur identité sur le titre.

- Pour le tiré on parle de l’acceptation et non du consentement : le tiré accepte d’être

engagé par la LC au moment de son émission ou plus tard, à celui de son paiement.

- L’acceptation crée toujours une garantie de paiement supplémentaire à celle du tireur et

transforme le tiré en débiteur principal après le tireur.


 La cause :

- La cause au sens de motif impulsif et déterminant de l’engagement ne fait pas partie des

mentions du titre (LC est un acte de commerce abstrait).

- Le motif des signataires, situé dans le contrat de base, demeure ainsi exclu des

énonciations du titre.

 L’objet :

- L’indication explicite du montant à payer (La créance de tireur sur le tiré).


En bref, la traite n’est valable comme telle si elle contient les mentions obligatoires suivantes :
- La dénomination « lettre de change » insérée dans le texte.
- Le mandat pure et simple de payer une somme d’argent : « payez ».
- L’indication de la date et du lieu où la lettre est créée.
- La signature du tireur.
- Le montant à payer.
- L’échéance.
- Le nom du tiré.
- Le lieu de paiement.
- Le nom du bénéficiaire.
L’acceptation
A – Définition :

L’acceptation est l’acte par lequel le tiré (débiteur du tireur), consent et s’engage à payer le

montant de la lettre de change à celui qui en sera régulièrement porteur à l’échéance.

Elle s’exprime par le mot « accepté » ou tout autre mot équivalent suivi de la signature du

tiré. Mais la simple signature du tiré (au recto du titre pour éviter toute confusion avec

d’autres signatures, portées au verso du titre ou même sur une allonge ou écrit distinct) vaut

acceptation.
- L’acceptation met le tiré dans la condition de débiteur principal, à la place du tireur.

- L’acception l’oblige de payer personnellement le montant à l’échéance dans les conditions

de rigueur impliquées par le droit cambiaire.


B – La condition de présentation à l’acceptation :

Elle demeure en principe facultative mais devient obligatoire soit en application de la loi soit

en exécution d’une clause imposée par le tireur ou l’endosseur.

L’acceptation est normalement pure et simple dans ce sens qu’elle ne doit être accompagnée

ni des conditions suspensives ou résolutoires, des réserves portant sur la date d’échéance,

sur le montant, sur l’obligation cambiaire du tiré.


C – Date de présentation à l’acceptation :

La lettre peut être, jusqu’à l’échéance, présentée à l’acceptation du tiré, au lieu de son

domicile, par le porteur.

Dans la pratique, l’acceptation de la lettre de change n’est pas toujours simultanée à

l’émission du titre. Très souvent, elle fait suite à une présentation ultérieure de la lettre au

tiré (le moment de paiement du titre).


D – Formes de l’acceptation :

1 – L’acceptation émane normalement du tiré.

2 – L’acceptation par intervention celle qui provient soit d’un signataire de la traite soit d’un

tiers (en cas de refus du tiré) :

a – L’acceptation par intervention en vertu d’une procuration conventionnelle ou d’une

attribution légale : souvent, le tireur, un endosseur et l’aval, désignent par précaution, un tiers,

en pratique une banque, pour accepter la traite en cas de résistance du tiré.

b – L’acceptation spontanée par intervention : l’intervention spontanée des tiers, en dehors de

toute procuration ou obligation légale.


- Le tiers intervenant agit librement dans l’intérêt de l’avaliste, du tireur ou d’un endosseur

ou du porteur.

- L’accepteur par intervention devient alors obligé accessoire (non principal comme le tiré),

ou de deuxième degré, envers le porteur et les endosseurs postérieurs à celui pour le

compte duquel il est intervenu, de la même manière que celui-ci. (art. 216)
F – Refus de l’acceptation :

Le tiré demeure libre d’accepter ou de refuser la lettre de change. Le refus d’acceptation

produit :

- Un recours ordinaire par le porteur contre le tiré. Dans ce cas, celui-ci peut alors opposer

au porteur même les exceptions personnelles qu’il peut avoir contre le tireur (on n’a pas la

purge des exceptions).

- Un recours cambiaire par le porteur contre les signataires de la traite (tireur, endosseurs et

aval), il peut les poursuivre même avant l’échéance, à la condition d’établir un protêt faute

d’acceptation, sauf si la lettre contient une clause de retour sans frais ou sans protêt.
E – Effets de l’acceptation :

1 – provision et valeur fournie :

- La provision consiste dans le paiement d’une somme d’argent notamment à titre de prêt,

dans la fourniture d’un produit ou la prestation d’un service, par le tireur au tiré,

engendrant La créance du premier sur le second, et la dette du second à l’égard du

premier.

- A la date du paiement, de l’échéance, la créance doit être certaine, liquide, exigible et

disponible. Un montant au moins égal à celui de la traite. (La provision s’impose à

l’échéance. La provision du chèque doit exister à la date de l’émission).


- La valeur fournie constitue la dette du tireur au profit du porteur. La créance de celui-ci sur
le tireur.
- Propriété de la provision signifie que la remise du titre au porteur confère à ce dernier la
propriété de la provision, laquelle peut être à nouveau transmise par endossement à un
nouveau bénéficiaire, et ainsi de suite, jusqu’à présentation de l’effet pour escompte ou
encaissement.
2 - Inopposabilité des exceptions :

Les personnes actionnées en vertu de la lettre de change ne peuvent opposer au porteur les

exceptions fondées sur leurs rapports personnels avec le tireur ou avec les porteurs

antérieurs (art. 171).

Ex : L’exception de compensation à l’égard du tireur ou d’un porteur antérieur. Poursuivi en

paiement de 5000 dh, un endosseur ne peut opposer au porteur qu’il est lui-même créancier

du tireur pour cette somme.


Ce principe connait certaines limitations. En d’autres termes, on a des exceptions

opposables au porteur :

- Un signataire quel qu’il soit peut opposer au porteur les exceptions, motifs de non

paiement qu’il a personnellement contre lui. Par exemple, le porteur réclame 5000 dh au

signataire endosseur, lequel est créancier ou porteur pour la même somme. Il peut lui

opposer cette exception. Il y dans ce cas compensation de créances.

- Un signataire poursuivi peut opposer les exceptions cambiaires c’est-à-dire résultant de la

lettre elle-même. Par exemple, défaut d’une mention obligatoire (vice du consentement,

l’incapacité).
3 – Les effets de complaisance et de cavalerie :
a – Les effets de complaisances :
- Un tireur (un commerçant) a besoin urgent de liquidités tire une lettre de change sur son
amie commerçant (tiré).
- Le tiré accepte « par complaisance » bien qu’il n’ait aucune dette à l’égard du tireur. Le tiré
est insolvable, ne doit rien au tireur ou au porteur.
- Le tireur fait escompter L.C par son banquier et bénéficie d’un crédit à court terme.
- Le porteur perd toute chance d’encaisser son montant auprès du tiré.
b – Les effets de cavalerie :
- A l’échéance, le tireur verse au tiré les fonds nécessaires ou le tiré paie la traite en
consentant un crédit au tireur. Dans ce cas la traite est licite, c’est ce qu’on peut appeler les
bons effets de complaisance.
- A l’échéance, le tireur ne verse pas au tiré les fonds nécessaires ou le tiré ne paie pas la
traite en consentant un crédit au tireur. Dans ce cas :
 Le tireur tire une autre lettre
 Le même tiré ou un autre commerçant accepte la lettre.
 Le tireur escompte la lettre pour obtenir les fonds à fournir au premier tiré et ainsi de
suite. C’es ce qu’on peut appeler les effets de cavalerie.
- Les tirages en l’air, c’est le fait de tirer des lettres de changes sur des personnes
imaginaires, c’est une pratique susceptible de sanctions pénales.
- Les tirages croisées ou réciproques, c’est les commerçants tirent les uns sur les autres.
Les garanties de paiement de la lettre de change

Les mesures de garantie pour une efficacité nécessaire au paiement du titre :


A - Le transfert de la propriété de la provision :
- La propriété de la provision est transmise de droit aux porteurs successifs de la lettre de
change.
- Une fois la lettre émise, le tiré (qui en a connaissance par acceptation) ne peut plus
valablement payer le tireur (son créancier).
- Le décès ou l’incapacité du tireur après l’émission sont sans influence sur le droit du
porteur sur la propriété de la provision.
B – La solidarité des signataires :

Tous les signataires de la lettre de change sont tenus solidairement envers le porteur ; s’il n’est

pas payé au terme convenu, il peut demander le paiement de la lettre de change à l’un

quelconque des signataires, c’est-à-dire à son endosseur, aux endosseurs antérieurs et au

tireur.
C – L’indépendance des signatures :

Il arrive que la lettre de change contienne des signatures valables à coté de signatures

invalidées par le droit (pour la raison de la démence de la minorité, des signatures de

personnes imaginaires). Dans ce cas, l’inefficacité juridique de la traite ne concerne que les

personnes intéressées par les anomalies mentionnées. Les obligations des autres signataires

demeurent valables et les engagent pleinement dans les termes de la lettre de change.
D - L’aval

- Le donneur d’aval (avaliseur ou avaliste) est la caution solidaire du signataire en faveur duquel

il s’est engagé (l’avalisé) . Il garantit personnellement le paiement de tout ou partie de la lettre

de change.

- Il peut être un tiers ou même un des signataires de la traite.

- Il doit préciser pour quel signataire il s’engage, à défaut il est réputé donné au tireur.

- L’aval est donné sur la lettre avec la mention « bon pour aval » et la signature ; il peut être

donné aussi sur une allonge ou par un acte séparé.


- s’il a payé pour l’avalisé défaillant, il a un droit de recours non seulement contre lui, mais
contre tout autre signataire de la lettre en vertu du principe cambiaire de la solidarité.
L’ENDOSSEMENT
A – La définition :

- L’endossement signifie la circulation (la négociation ou la cession) du titre entre différentes

personnes ou entreprises depuis son émission jusqu’à son paiement effectif.

- Celui qui remet le titre est l’endosseur, celui qui le reçoit l’endossataire (un nouveau

porteur).

- Plus qu’il y a d’endosseurs, plus qu’il y a de débiteurs à la disposition du porteur (augmente

les chances d’encaissement de son montant par le porteur).

- L’endossement peut être fait même au profit du tiré, du tireur ou de tout autre obligé (la

L.C circule, peut tomber, dans un certain temps entre les mains du tiré ou du tireur).
B – Les conditions de l’endossement :

- L’endossement doit avoir lieu par écrit (L’écrit signifie la signature et la nom de

l’endosseur).

- L’endossement doit être pur et simple (non conditionné).

- L’endossement partiel est nul car il diminue la portée de la garantie de paiement.

- Il est utile de mentionner l’expression « pour l’endossement ».

- Il importe de préciser la nature ou la forme de l’endossement ( translatif, de garantie ou par

procuration).
- La formule de l’endossement se réalise en inscrivant au dos de la lettre de change : payer à

l’ordre de (…), suivi de la date et de la signature de l’endosseur.

- La formule du « non ordre », impose le paiement au cessionnaire désigné lui-même et

restreindre les procédés de circulation au formalisme de la cession civile de créance (art.

195 DOC).

- L’endossement doit être daté. Il peut avoir lieu pendant la durée qui sépare la date de

l’émission et celle de l’échéance voir après celle-ci mais avant l’établissement du protêt.
- L’endossement doit être inscrit sur la lettre de change elle-même ou sur une feuille qui y

est attachés (allonge), et non sur un papier séparé.

- L’endossement peut être fait :

 A une personne déterminée (E. nominatif).

 En blanc (la signature de l’endosseur sans la désignation du bénéficiaire).

 Ou bien au porteur (il vaut comme endossement en blanc).


C – Formes de l’endossement :

L’endossement peut être fait de trois manières différentes : à titre de propriété, de

procuration ou de garantie.

1 – L’endossement translatif ou à titre de propriété :

- Il a pour but de le transfert de propriété de la traite et la provision qu’elle comporte.

- Ce type d’endossement traduit l’engagement de l’endosseur de garantir à l’endossataire

l’existence de la créance et plus particulièrement de la provision et le paiement à l’échéance.


2 – L’endossement par procuration ou pour encaissement :

- L’endosseur remet son titre à un tiers (sa banque en général), avec mandat pour recevoir

pour son compte le paiement le jour de l’échéance.

- Une procuration donnée par l’endosseur à l’endossataire d’encaisser la somme indiquée

par la traite, pour le compte personnel dudit endosseur.

- Le porteur est mandataire de l’endosseur il ne devient pas propriétaire de l’effet.

- Ce type d’endossement est effectué aux banques qui prêtent leurs services à leurs clients.

- Les formules : valeur en recouvrement, valeur à l’encaissement, valeur par procuration,

suivie de la signature de l’endosseur.


3 – L’endossement pignoratif ou de garantie ou à titre de gage :

- Il consiste pour un porteur, qui a besoin de liquidités, sans perdre la propriété de la lettre

de change à la mettre en gage.

- Il s’agit par exemple, d’une lettre de change de grande valeur, remise à une banque pour

garantir l’ouverture d’un crédit.

- L’endossataire n’est qu’un simple créancier gagiste dont la créance est garantie par la lettre

de change.

- Ce mode d’endossement se fait par la formule valeur en gage, ou valeur en garantie.


Paiement de la lettre de change
A - La date d’échéance : l’échéance est la date de paiement de la lettre de change : (Arts 181 et
suivants du C.C).

- L’échéance peut être à vue : elle est payable à tout moment sur présentation, dans un délai

d’un an à partir la date d’émission.

- à un certain délai de vue : elle est payable sur présentation après un délai préfixé (dans 5

jours, 2 semaines, 2 mois, etc)..

- à un certain délai de date : elle est payable après un délai préfixé (20 jours). Ce délai court de

la date de l’émission.

- à jour fixe : elle est payable à la date indiquée .


B – Le paiement avant l’échéance :

- La fixation précise de la date d’échéance est une mention obligatoire..

- La loi écarte le paiement tardif car il entraîne des conséquences graves pour les différents

signataires (le porteur, le tiré et les autres coobligés).

- Le paiement par anticipation est possible dans trois cas :

 Le cas de refus d’acceptation

 Le redressement, la liquidation judiciaire ou la cessation de paiements du tiré

 Le redressement ou la liquidation judiciaire du tireur, comportant une clause de non

présentation à l’acceptation.
 L’accord du tiré ( art. 186) : le tiré paie de manière anticipée, mais à ses risques et périls.
C- Lieu de paiement :

- Si la lettre de change observe le silence sur le lieu de paiement, le lieu indiqué à côté du nom

du tiré est présumé lieu de paiement.

- En l’absence de cette hypothèse, le lieu du domicile du tiré, ou celui où il exerce ses activités

professionnelles, constitue le lieu du paiement.

- Le tireur indique le domicile d’un tiers (la domiciliation bancaire du tiré (sa banque).

- Si aucune des solutions indiquées ne s’applique, le défaut du lieu de paiement expose la

lettre de change à la nullité comme effet de commerce.


D – Le paiement partiel :

- En règle générale, le paiement couvre la totalité du montant figurant sur la lettre de change.

Dans ce cas, le tiré exige le porteur de lui remettre la lettre de change acquittée.

- Le paiement partiel (une proportion du montant qui figure sur la traite), est possible, et la

loi empêche le porteur de le refuser :

 Si le porteur a refusé un paiement partiel, le tiré peut déposer la somme partielle au

secrétariat – greffe du tribunal de commerce compétent.

 S’il est effectué, le porteur doit remettre au tiré une quittance dans la limite de la

proportion payée.
Pour le surplus, le porteur doit dresser un protêt pour l’encaisser sur la base du droit
cambiaire. A défaut du protêt, il va l’encaisser en tant qu’un créancier ordinaire.
E – L’opposition au paiement de la lettre de change :

En principe, deux cas qui nous permet d’opposer au paiement de la lettre de change (art. 189) :

- Le vol ou la perte du titre.

- Le redressement ou la liquidation judiciaire du porteur.


Exercice du recours cambiaire

En cas d’échec de la procédure de paiement :

- Le porteur peut soit retourner la traite si elle contient une clause de retour sans frais.

- Soit dresser un protêt et donner avis du défaut de paiement ou d’acceptation à ses

endosseurs successifs et faire.


Le porteur peut faire ses recours :

 A l’échéance, s’il présente la traite au paiement à cette datte sans recevoir ledit paiement.

 ou avant l’échéance dans les situations suivantes :

 Un refus total ou partiel d’acceptation de la part du tiré.

 Redressement ou liquidation judiciaire ou cessation du paiement du tiré, que ce dernier

soit accepteur ou non, même si la cessation de ses paiements n’est pas constatée par un

jugement.

 Redressement et liquidation judiciaire du tireur, dont la présentation à l’acceptation est

écartée.
 La saisie des biens du tiré.

Le porteur peut exercer ses recours contre le tiré, les endosseurs, le tireur et les autres

obligés, aval et payeur par intervention.

I - La validité du recours suppose l’accomplissement préalable de certaines formalités (les

conditions de recevabilité du recours).

- Le protêt faute d’acceptation ou du paiement.

- Avis du défaut d’acceptation ou de paiement (l’obligation d’informer les signataires du

défaut de paiement).
A – le protêt :

1 – définition :

Le protêt est un acte écrit authentique qui constate le refus d’acceptation ou de paiement.. Il

atteste également que le porteur a bien exécuté son obligation de présentation de la lettre

au tiré.

Il est dressé par un agent du secrétariat –greffe du tribunal de commerce dans la

circonscription duquel se trouve le domicile du redevable du paiement. A défaut dudit

tribunal, le greffier du tribunal de première instance acquiert qualité pour procéder.


2 – lieu du protêt :

Le protêt doit être dressé au domicile commercial du tiré, ou tout garant saisi en paiement, ou

à son domicile élu ou à son dernier domicile connu.


3 – La date du protêt :

Dans ce cadre, on distingue entre le protêt faute d’acceptation et le protêt faute de paiement.

a – le protêt faute d’acceptation :

- L’échéance de la lettre de change est à un certain délai de date ou à jour fixe : le délai du

protêt est entre la date d’émission et celle d’échéance.

- L’échéance de la lettre de change est à un certain délai de vue : le délai du protêt est un an

(à dater de la présentation).

- L’échéance de la lettre de change est à vue. Dans ce cas, nous n’avons pas besoin de la

présentation à l’acceptation (et partant du protêt du défaut de l’acceptation).


Le protêt faute d’acceptation entraîne deux conséquences :

- Il ouvre la voie à l’exercice du recours.

- Il dispense de la présentation au paiement et du protêt faute de paiement.

b – le protêt faute de paiement :

- La lettre de change payable à jour fixe ou un certain délai de date ou certain délai de vue, le

protêt faute de paiement doit être fait dans les cinq jours ouvrables qui suivent le jour où la

le titre est payable.

- La lettre de change payable à vue, le protêt doit être fait le jour de la présentation ou plus

tard, le dernier jour de l’année d’émission.


4 – contenu du protêt :

L’acte de protêt contient la transcription littérale de la lettre de change :

- L’acceptation, des endossements et des recommandations qui y sont indiquées.

- La sommation de payer le montant de la lettre de change.

- La présence ou l’absence de celui qui doit payer.

- Les motifs de refus de payer le montant.

- Les motifs du refus de signer le protêt.


5 – Les conséquences du protêt :

- Il constate le défaut d’acceptation ou de paiement.

- Il atteste aussi que le porteur a bien exécuté son obligation de présentation de la lettre au

tiré.
5 – les cas qui dispensent le porteur du protêt :

- Redressement ou liquidation judiciaire du tiré.

- Redressement et liquidation judiciaire du tireur, dont la présentation à l’acceptation est

écartée.

- La force majeure.

- Le titre contient la clause retour sans frais


B - Avis du défaut d’acceptation ou de paiement (l’obligation d’informer les signataires du

défaut de paiement.

- Le porteur doit donner avis du défaut d’acceptation ou de paiement à son endosseur dans

les six jours ouvrables qui suivent le jour du protêt.

- Chaque endosseur doit, dans les trois jours ouvrables, qui suivent le jour où il a reçu l’avis,

faire connaître à son endosseur l’avis qu’il a reçu, en remontant jusqu’au tireur.

- Les signataires ont droit à être informés pour :

 Pour protéger leurs droits et leur réputation commerciale.

 La possibilité de payer le titre sans subir la poursuite.


Obstacles juridiques a l’exercice des recours

A – Clause de retour sans frais ou sans protêt :

Le tireur, un endosseur ou un avaliseur peut, par cette clause dispenser le porteur de faire

dresser, pour exercer ses recours, un protêt faute d’acceptation ou faute de paiement.

B – Déchéance :

Le porteur déchu du droit au recours cambiaire après expiration des délais fixés pour la

présentation de la lettre de change à la fois pour acceptation et paiement ; pour la confection

du protêt faute d’acceptation ou faute de paiement.


C – prescription des recours :

La prescription constitue un mode d’extinction des droits. Les règles de la prescription

obéissent aux dispositions de l’article 228 du code de commerce.

Ce sont des délais très brefs fixés par le législateur.

- L’action cambiaire du porteur contre le tiré accepteur se prescrit par 3 ans à compter de la

date d’échéance (la même chose pour l’aval donné pour le tiré).

- Les actions du porteur contre les endosseurs et contre le tireur se prescrivent par un an à

partir la date du protêt dressé en temps utile ou de celle de l’échéance, en cas de clause de

retour sans frais (la même chose pour l’aval donné aux intéressé indiqués).
- Les actions des endosseurs entre eux et contre le tireur se prescrivent par six mois à dater

du jours où l’endosseur a remboursé la lettre (le même alignement de l’aval joue).

D - La force majeure :

La force majeure est une cause de suspension du droit au recours, de prolongation du délai de

son exercice (par exemples, les faits naturels comme la sécheresse, l’invasion ennemie).
Billet à ordre

A – Définition :

Le billet à ordre est un titre par lequel une personne, le souscripteur s’engage à payer une

somme d’argent à une date déterminée, à un bénéficiaire ou à son ordre.

Le billet à ordre est effet de commerce imparfait, est un diminutif de la lettre de change, sur

les plans de sa structure et de sa nature.


B – Nature du billet à ordre :

Article 9 du CC : « Indépendamment des dispositions des articles 6 et 7 ci-dessus, sont réputés

actes de commerce :

- La lettre de change

- Le billet à ordre signé même par un non-commerçant, lorsqu’il résulte d’une transaction

commerciale ».

- La nature commerciale ou civile du B.O dépend de celle de l’opération qui en occasionne la

signature ou l’émission. De là, le droit applicable est déterminée en fonction de sa nature.

- La théorie de la commercialité par la forme a été détruite.


C – Ressemblances avec la lettre de change :

1 – Le billet à ordre comme la lettre de change est un instrument de paiement. C’est aussi un

instrument de crédit qui permet la mobilisation des créances.

2 – Certaines conditions de forme : (nécessaires pour la validité du titre).

a – La date d’émission ou de souscription.

b – La date d’échéance: le paiement peut être à vue, à un certain délai de vue ou de date, à

une date fixe.

c – Le lieu de souscription ou d’émission.

d – Le lieu de paiement.
- Le nom de celui auquel ou à l’ordre duquel le paiement doit être fait (le bénéficiaire).

- Le nom et la signature de celui qui émet le titre (le souscripteur).

3 – Certaines conditions de fond :

a - Le consentement : le consentement du tiré souscripteur et du bénéficiaire devient définitif

dès la signature du premier et la réception du tire par le second.

b – la cause : l’engagement abstrait à un paiement d’argent illustre la négligence de la cause

(comme la traite).
4 – De même, sont applicables au billet à ordre les règles en matière de lettre de change

relatives à l’endossement, à la garantie solidaire des endosseurs, à l’inopposabilité des

exceptions, à l’aval, au paiement, notamment les obligations du porteur de faire dresser

protêt en cas de non paiement, aux recours ainsi qu’aux prescriptions (les articles 232 à 238

CC).
D – Les différences avec la lettre de change :

1 – Certaines conditions de forme :

a – La clause à ordre ou la dénomination du titre inséré dans le texte : le billet à ordre doit

contenir au choix : soit la dénomination « billet à ordre », soit tout simplement « la clause à

ordre » insérée dans le texte du titre « je paierai à l’ordre de M.X ».

b – La promesse pure simple de payer : le B.O comporte expressément la promesse pure et

simple de payer une somme déterminée (je paierai..), alors que la traite mentionne l’ordre de

payer adressé à un tiers.


2 - Certaines conditions de fond :

a – La capacité : la capacité de faire des actes de commerce n’est requise que lorsque l’acte est

commercial par la forme.

b – La provision (l’objet) : le problème de la provision ne se pose pas car la créance se trouve

sur la tête du souscripteur. La somme indiquée répond à la notion de la valeur fournie.

3 – L’acceptation : il n’y a pas d’acceptation puisque la signature équivaut à l’acceptation. C’est

pourquoi l’article 237 précise « le souscripteur d’un billet à ordre s’engage de la même manière

que l’accepteur d’une lettre de change ».


4 – l’aval, lorsqu’il existe et n’indique pas pour le compte de qu’il est donné est réputé avoir

été fait pour le compte du souscripteur.

5 – le visa du souscripteur : ce visa remplit les fonctions de l’acceptation prévue dans la lettre

de change. Le B.O doit être présenté au visa du souscripteur avant la réclamation du

paiement.
Le chèque

A – Définition :

Le chèque est effet par lequel le tireur dispose de ses fonds déposés chez le tiré (la banque),

en effectuant des retraits à vue, soit à l’ordre de lui-même soit à l’ordre du bénéficiaire.

Il consiste dans un écrit qui donne mandat ou ordre de paiement, au profit ou pour le compte

du souscripteur ou tireur ou d’un tiers porteur, à une banque ou tiré dépositaire de fonds

appartenant au tireur (239 à 333 CC).


- Le chèque est un instrument de paiement et non de crédit (n’implique pas l’octroi d’un délai

de paiement).

- Le chèque n’est commercial par la forme. Il est commercial ou civil suivant la nature de

l’opération en exécution de laquelle il a été émis.

B – Création et forme du chèque :

La création signifie l’établissement physique du titre (sa rédaction sur papier). L’émission

résulte de la remise du chèque à un tiers ou à une banque.


1 – Conditions de forme :

a - Les mentions obligatoires :

– Le nom et la signature du tireur :

Le tireur, propriétaire des fonds déposés auprès d’une banque aux termes d’un compte ouvert

chez elle, est généralement débiteur du bénéficiaire du chèque tiré et remis en paiement. Il

s’agit aussi souvent pour procéder à un simple retrait de fonds par lui-même et pour lui-même.

– Le nom du tiré :

Le tiré doit obligatoirement être une banque. On a des formules comportent obligatoirement

le nom de la banque et dispensent en fait le tireur de le mentionner.


- Dénomination « chèque » :

Elle doit être insérée dans le texte même du titre et exprimée dans la langue employée pour la

rédaction du titre. La formule employée généralement : « payez contre ce chèque ».

- Ordre de payer une somme d’argent :

Il veut dire que le tireur donne ordre au tiré de payer à sa place le porteur. C’est un ordre

ferme de payer (l’interdiction de conditionner le paiement ou de le suspendre à un délai).

D’ailleurs, la somme doit être déterminée en chiffres et en lettres.


- La date de création du chèque :

La précision de la date de souscription ou d’émission s’impose pour les raisons suivantes :

- Vérifier la capacité du tireur.

- Calculer les délais de présentation au paiement, du protêt et de la prescription.

- Interdire au tireur de poste dater le chèque dans le but de camoufler une émission du

chèque sans provision ou une provision insuffisante ou indisponible.

- Interdire au bénéficiaire d’antidater le chèque en vue d’éviter des difficultés qui lui sont

personnelles ou dans le but nuire au tireur.

Le défaut de mention de date- la nullité, l’indication d’une fausse date- l’amende.


- Lieux d’émission et de paiement :

- Lieu d’émission est important pour déterminer la compétence judiciaire et la loi applicable.

- Lieu de paiement est, en pratique, l’agence bancaire où le tireur tient son compte bancaire.

A défaut, le lieu de paiement est celui de l’établissement principal.


a – Les mentions facultatives :

– Le nom du bénéficiaire :

La reproduction du nom du bénéficiaire du chèque ne constitue pas une mention obligatoire

pour la validité du contenu de ce dernier. Le chèque peut être payable :

- À une personne dénommée.

- Au porteur.

- En blanc.

- Au nom du tireur lui-même en y portant la mention « à l’ordre de moi-même » (chèque de

retrait).
L’indication du nom du bénéficiaire ne devient obligatoire que dans les hypothèses suivantes :

- Le chèque barré.

- Le chèque non endossable.

- Le chèque de plus de dix mille dirhams entre commerçants.

- Le chèque de plus de vingt mille dirhams en matière fiscale.

Le chèque au porteur , ou en blanc, peut circuler par tradition manuelle ou par

l’endossement. Un chèque nominatif ne peut circuler que par endossement.


- La clause non endossable ou non à ordre.

Le principe le chèque est toujours à ordre et pas besoin de mentionner expressément la

clause à ordre (peu importe s’il est nominatif, au porteur ou bien en blanc).

L’exception, la clause non ordre exige une formulation expresse pour attirer l’attention de la

banque et les porteurs.

La clause non endossable est utile pour le chèque nominatif. Elle n’a pas d’intérêt dans le

chèque en blanc ou au porteur, au motif qu’il peut faire l’objet de transmission par simple

tradition ou remise de main à main.


- Le barrement :

Il consiste à tracer sur le recto du chèque deux barres parallèles. Il existe deux sortes de

barrement ; Le barrement général ne comporte aucune mention entre les deux lignes et le

barrement spécial qui porte le nom de la banque entre les deux barres.

- Le chèque barré ne sera payé qu’à un banquier (la banque) ou à un client du banquier.

- L’utilité de deux barres est d’éviter le risque ou la perte du chèque.

- le chèque barré est plus souvent nominatif et non endossable.


- La certification :

- La certification résulte du cachet de la banque et de la signature de son préposé au recto

du chèque (pour le paiement de sommes importantes).

- Par la certification la banque atteste :

 L’existence et la disponibilité de la provision.

 Le blocage de la provision, sous sa responsabilité, au profit du porteur pendant un délai de

vingt jours ( soixante jours si le chèque est émis à l’étranger).

Le chèque certifié est toujours barré et non endossable en pratique.

À l’opposé de la certification , le visa atteste juste l’existence, la disponibilité de la provision.


2 - Les conditions de fond :

- Les conditions de capacité et consentement obéissent aux règles de droit commun.

- Le chèque est un titre abstrait, pas nécessaire de motionner sa cause ou bien son motif.

La provision (l’objet) :

La provision est la somme d’argent déposée par le tireur dans une banque et affectée au

paiement des chèques.

La provision n’existe que si elle consiste en une somme d’argent liquide et exigible, disponible

et exempte de tout obstacle à son paiement effectif.


- Avant la réforme du code, la provision devait exister avant ou simultanément à l’émission

du chèque. Aujourd’hui les dispositions légales introduisent la constitution de la provision

au moment de sa présentation au paiement.

- L’émission du chèque transfère la propriété de la provision au bénéficiaire du paiement

nécessairement créancier du tireur. Cette propriété passera ensuite à tout nouveau porteur

du chèque, que ce soit par tradition ou par endossement.

- La loi prévoit des sanctions pénales en cas d’absence, d’insuffisance et d’indisponibilité de

la provision. L’absence de mention du montant correspondant à la provision reste régie par

la sanction civile (la nullité).


C – Circulation ou transmission du chèque :

La circulation du chèque se réalise :

- Par sa tradition ou sa remise manuelle.

- Ou par son endossement, dans un laps de temps même très court, un intervalle de temps

entre la date de création du chèque et la date où il est présenté au paiement, la circulation

ne pose pas un de difficulté légale (ce laps de temps ne le transforme pas en moyen de

crédit).
- L’endossement consiste dans la signature du porteur au dos du chèque et l’indication de son

nom.

L’indication du nom de l’endosseur présente une utilité certaine pour la vérification de sa

capacité et pour son identification.

L’indication du nom de bénéficiaire demeure facultative car l’endossement peut être fait à une

personne dénommée ou au porteur ou même en blanc.

- Quand le chèque dénommée avec ou sans clause expresse « à ordre » est transmissible par

voie d’endossement. Et quand il porte la clause « non à ordre », il n’est transmissible que dans

la forme et avec les effets d’une cession ordinaire ou civile.


- En pratique, tous les chèques barrés sont non endossable ou non à ordre.

- A la différence du paiement partiel, l’endossement partiel perd toute raison d’être. La

même nullité frappe l’endossement conditionné par un délai de présentation au paiement.


- Les formes de l’endossement :

 Endossement translatif :

L’endossement translatif est le transfert de la propriété du chèque au porteur. Il transmet tous

les droits résultant du chèque et notamment la propriété de la provision, la faculté de procéder

à un autre endossement, le droit au paiement et au recours.

 Endossement pour procuration :

Un mandat ou une procuration en vue de l’encaissement de montant du chèque pour le

compte et au profit de l’endosseur (un mander d’encaisser donner par l’endosseur à

l’endossataire).
- Le chèque ne peut pas être endossé à titre de gage car la notion de gage comporte une

idée de crédit incompatible avec la nature du chèque. Dans ce cas il sera un chèque de

garantie expressément incriminé par le code dans son article 316.

- Dans tous les cas, l’endossement doit être effectué avant le protêt ou avant l’expiration

du délai de présentation au paiement.

- La finalité première du chèque demeure l’encaissement de son montant. En pratique, le

court délai de présentation au paiement réduit la fréquence de l’endossement même

translatif ou de procuration.
D - Paiement du chèque :

Le porteur présente le chèque à la banque dépositaire des fonds pour encaisser son montant.

1 – Présentation au paiement :

- A la différence de la lettre de change, la présentation du chèque ne s’impose pas pour son

acceptation par le tiré, mais pour son encaissement.

- La présentation peut être faite immédiatement au tiré, la banque. Elle peut avoir lieu

d’une manière médiate en passant par une chambre de compensation (quand le porteur

du chèque le remet à la banque où il dispose d’un compte ouvert en son nom, et que le

chèque est sur une autre banque) .


- Le porteur dispose un délai pendant lequel il doit présenter le chèque au paiement :

 Le chèque émis et payable au Maroc, doit être présenté au paiement dans le délai de vingt

jours à partir de son jour d’émission.

 Le chèque émis hors du Maroc et payable au Maroc doit être présenté dans un délai de

soixante jours de son émission.

Ces délais ne transforment nullement le chèque en moyen de crédit. Ils restent susceptibles de

réduction ou d’inobservation, et leur expiration n’empêche guère le paiement tardif ( la banque

doit payer même si le chèque lui est présenté avant ou après l’expiration du délai légal de

présentation au paiement).
2 – Le protêt :

A défaut de paiement, le porteur doit faire dresser protêt pour pouvoir exercer son recours

cambiaire.

Le protêt est un acte authentique fait par un secrétaire de greffe du tribunal compétent,

constatant le défaut de paiement ses causes ou motifs.

Le protêt doit être fait avant l’expiration du délai de présentation, et si celle-ci a lieu le

dernier jour du délai, il peut être établit le premier jour ouvrable suivant.
3 – Les avis :

Dans ce cadre, il impose au porteur, au greffier et aux endosseurs une obligation d’informer

les coobligés, sous forme d’avis portant sur défaut de paiement et le protêt.

- Dans les huit jours ouvrables qui suivent le jour du protêt et, en cas de clause retour sans

frais, le jour de la présentation, le porteur doit aviser le défaut de paiement à son

endosseur et au tireur.

- Dans les quatre jours de protêt, le greffier doit aviser le tireur, par lettre recommandée,

des motifs du refus de payer.


- Chaque endosseur doit, dans les quatre jours ouvrables qui suivent le jour où il a reçu l’avis,

faire connaitre à son endosseur l’avis qu’il a reçu, et ainsi de suite, en remontant jusqu'au

tireur.
4 - La notification :

L’article 301 cc prévoit en plus l’envoi d’une notification au tireur et lui donne valeur de

commandement de payer. C’est-à-dire le tireur est invité à payer sous peine de faire l’objet

d’une saisie conservatoire.


5 – Les délais de prescriptions :

Il s’agit de la prescription des recours cambiaires. Trois délais de prescription en fonction des

parties :

- Pour les actions du porteur contre les endosseurs, le tireur et les autres obligés la

prescription est de 6 mois à partir de l’expiration du délai de présentation.

- Pour les actions du porteur contre le tiré la prescription est un an à partir de l’expiration du

délai de présentation.

- Pour les actions des divers obligés les uns contre les autres la prescription est de 6 mois à

partir du jour où l’obligé a remboursé ou du jour où il a lui-même été actionné en justice.


6 – Les recours cambiaires :

- Lorsque le porteur aura accompli ses obligations de vigilance, il peut alors exercer ses

recours cambiaires contre toutes personnes obligées en vertu du chèque.

- Le porteur peut agir contre les signataires individuellement ou collectivement et sans

avoir respecter l’ordre dans lequel ils se sont obligés.


A l’effet de plus clarté, la comparaison rapide du chèque avec la lettre de change et le billet à

ordre, la commercialité par la forme n’est pas absolue, le tiré ne peut être qu’un

établissement de crédit, le but se limite au paiement et au retrait immédiat de fonds.

L’utilisation du chèque devient obligatoire entre commerçants pour certains montants, sa

présentation ne concerne que le paiement non l’acceptation, la provision n’a pas le sens de

contrepartie d’une obligation dans la lettre de change et le billet à ordre.

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