Le sultan Yacoub El Mansour de la dynastie des Almohades projetait de construire la plus grande
mosquée du monde musulman, après celle de Samara en Irak.
On ignore beaucoup de choses de cette œuvre gigantesque à commencer par son nom dont on ne
connaît pas l'origine : nom du lieu, nom d'une tribu ou nom du maître d’œuvre. Pour certains
historiens du XVIIIe siècle, notamment espagnols, l'architecte serait un dénommé Jabir ibn Aflah,
latinisé au XVIe siècle sous le nom de Guever, sévillan mort vers l'an 1197 qui aurait conçu à
l'identique la Giralda de Séville, la Koutoubia de Marrakech et le minaret de la mosquée Hassan de
Rabat. Cette hypothèse n'a jamais été confirmée. Pour la grande majorité des historiens2,
l'architecte Ahmad Ben Baso (es), concepteur de la mosquée Koutoubia et de la Giralda de Séville,
sous le même modèle, est aussi l'architecte de la tour Hassan. Une tierce hypothèse plus logique
retient la coopération de plusieurs architectes dont les plus éminents sont Ahmad Ben Baso et Jabir
Ibn Aflah. La seule certitude historique est la date de début des travaux, 1196, et le nom du
commanditaire.
Les travaux furent abandonnés après la mort du sultan Yacoub El Mansour, en 1199. Le minaret
devait culminer à plus de 60 m, mais n'atteignit que 44,3 m. La mosquée Hassâne ou Hassan fut donc
improprement appelée tour Hassan.
La colonnade de l'édifice fut endommagée lors du tremblement de terre de Lisbonne de 1755, qui
détruisit entièrement le dôme de la tour3.