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BIOETHIQUE2

La bioéthique est l'étude de la moralité des interventions humaines dans le domaine de la vie, englobant des questions sur la dignité humaine et les choix éthiques liés aux avancées biomédicales. Elle se distingue par son caractère interdisciplinaire et son évolution historique, notamment en réponse aux abus observés durant la Seconde Guerre mondiale. La bioéthique doit naviguer entre des enjeux techniques et des questions fondamentales sur la valeur de la vie et la responsabilité humaine, tout en cherchant à établir des critères moraux dans un contexte sociétal pluraliste.

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BIOETHIQUE2

La bioéthique est l'étude de la moralité des interventions humaines dans le domaine de la vie, englobant des questions sur la dignité humaine et les choix éthiques liés aux avancées biomédicales. Elle se distingue par son caractère interdisciplinaire et son évolution historique, notamment en réponse aux abus observés durant la Seconde Guerre mondiale. La bioéthique doit naviguer entre des enjeux techniques et des questions fondamentales sur la valeur de la vie et la responsabilité humaine, tout en cherchant à établir des critères moraux dans un contexte sociétal pluraliste.

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1

0. Introduction

0.1. Essai de définition

Etymologiquement, le mot bioéthique vient de deux termes grecs:


bios qui signifie vie et êthikos c’est-à-dire mœurs Ceux deux
termes expriment ainsi une alliance entredes faits concernant la
biologie et des valeurs concernant des choix moraux. II s’agit, en
bref, d’une étude de la moralité des interventions humaines dans
le domaine de la vie humaine.

Comme écrit J.M. Thereoz: « Les développements récents de la


science médicale, particulièrement dans le domaine de la
génétique, mais aussi, dans celui des soins, sont tels qu’ils
obligent à s’interroger pus qu’avant sur ce qu’est l’homme.
Les techniques médicales et biologiques sont en train de faire
passer l’homme d’un temps de passivité et d’acceptation de la
réalité humaine à un temps de possibilité d’intervention et de
choix qui mobilise la volonté. Confronté à la réalité de choisir,
l’homme est renvoyé à sa responsabilité. Peut-il accepter de
prendre en charge la responsabilité de son patrimoine génétique et
celui de l’humanité, décidant de celui qu’il va laisser vivre ou
faire périr “ D’où la nécessité de la bioéthique dont le but est de
créer des lieux de réflexions, se préoccupant de toutes les
2

conditions qu’exige une gestion de la vie humaine, dans le cadre


des progrès rapides et complexes d’ordre biomédical.

La bioéthique est donc la science qui veut améliorer la qualité de


la vie, la bioéthique étudie ainsi le comportement humain, soit
dans le domaine de la recherche biologique, soit dans la pratique
médicale, quand cette conduite humaine est vue à la lumière des
valeurs et des principes moraux. La bioéthique pose une question
fondamentale ; jusqu’où peuvent aller nos actions sur l’être
humain? La réponse à cette question est liée è celle concernant
l’homme (qu’est-ce qu’il est?) quel est le sens de la vie, aussi sur
le sens de la mort, de l’amour, de la parenté, du désir, etc.
Cependant, il y a lieu de souligner un certain amalgame qui se
glisse dans la compréhension du terme bioéthique.

Aujourd’hui, en effet, tout ce qui touche à la vie est dit bioéthique,


de sorte qu’on ne distingue plus celle-ci des autres disciplines
comme l’éthique médicale, la morale sexuelle, la déontologie
médicale, la morale matrimoniale, etc. Cette confusion tient au
fait que la bioéthique couvre un vaste champ d’application; aussi
son caractère interdisciplinaire la rend quelque peu équivoque.

0.2. Deux niveaux compréhension du terme bioéthique

En réalité il convient de distinguer deux niveaux de


compréhension du terme bioéthique: le sens large et le sens strict.
3

Prise au sens large, la bioéthique, c’est l’éthique de la vie. Dans


cette perspective, elle englobe la traditionnelle éthique médicale
réglant les rapports entre médecins et patients, la déontologie
médicale, comprise comme Code de conduite, de devoirs au sein
du corps médical, la morale sexuelle et matrimoniale, le sexe étant
à l’origine et le mariage, le lieu de la vie.

Au sens strict, la bioéthique est l’étude de la moralité des


interventions de l’homme, tout spécialement des interventions
techniques ou médicales, dans le domaine de la vie humaine.
Il convient de souligner la particularité de cette définition. La
bioéthique est née de la biotechnologie. Ce sont des interventions
techniques de l’homme sur la vie qui ont donné au terme «
Bioéthique» sa spécificité. C’est pourquoi on ne peut parler
strictement des questions bioéthiques que là où la science et la
technique sont développées, là où l’homme est confronté aux
choix éthiques face à une panoplie des possibilités qui lui sont
offertes par la techno-science biomédicale.

0.3. Historique de la bioéthique

Apparemment, la bioéthique est encore une discipline jeune.


Pourtant, si l’on veut retrouver ses origines, il faut remonter assez
loin dans l’histoire. En effet, si 1970 marques la structuration de
cette discipline avec l’avènement du biologiste américain
4

Rensselaer Potter (20) qui en forge la dénomination la réalité


demeure non moins de longue date. Déjà, la Grèce antique
connaissait une ébauche de la bioéthique sous le nom de l’éthique
médicale. Des hommes, comme Hippocrate (460-377 av. J.C.) ont
inscrit leur nom dans l’histoire en contribuant à cette éthique, non
seulement par le fameux serment qui porte son nom, mais à
travers tout un ensemble d’études rassemblées dans ce que nous
appelons aujourd’hui la collection hippocratique.

Plus proche de nous dans le temps, un débat mémorable su


l’éthique de l’expérimentation animale a eu lieu à la chambre de
lords à Londres en 1876 au cours du quel le compte de Carnarvon
avait exposé le dilemme du législateur en des termes qui donnent
à penser: il ya le risque d’aller trop loin d’autre part celui de ne
pas aller assez loin. D’un côté le puissant sentiment d’humanité et
de l’autre, les revendications de la science moderne.
Il reste toutefois établi que c’est autour de la seconde guerre
mondiale qu’il faut chercher les racines profondes de la bioéthique
dans son acception actuelle.
Tout commence par les pratiques expérimentales des médecins
nazis dans les camps de concentration. Ces pratiques suscitent
beaucoup d’inquiétudes et de discussions. On s’interroge sur la
dignité de l’être humain, la valeur de la vie, la notion du
consentement du malade, etc.
5

Les documents comme le Code de Nuremberg (1947), la


Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), le Traité
d’Helsinki (1964), la Déclaration de Tokyo (1975) viendront en
quelque sorte répondre à toutes ces questions. Dans tous ces
documents seront affirmées aussi bien la dignité de l’homme que
la notion de consentement du malade dans le cadre médical. A ces
voix des instances internationales se joindront celles de
théologiens, spécialement des aumôniers d’universités et
d’hôpitaux, qui, sans en être conscients, formeront la première
classe de bioéthiciens, en créant des lieux de dialogue avec des
médecins. Vers les années 1960, des performances spectaculaires
s’opèrent dans le domaine de la biomédecine suscitant ainsi le
développement de la réflexion éthique sur la nature même de
l’identité humaine et les conditions admissibles d’interventions
médicales et d’expérimentations. Parmi ces performances, on
pourra citer la transplantation du cœur par Ch. Bernard en 1967;
l’injection sous-cutanée de cellules cancéreuses vivantes sur les
vieillards et les malades affaiblis, à leur insu, en 1964 aux Etats-
Unis; l’étude sur l’hépatite virale faite en 1970 dans ce même pays
en infectant systématiquement des retardés mentaux.

Vu les dangers auxquels étaient exposées leurs populations,


certains gouvernements ne tarderont pas à réagir. C’est ainsi qu’en
1972, le gouvernement américain réagira ar un mandat confié au
6

National Institute of Health pour étudier les principes applicables


aux recherches et aux expérimentations sur les êtres humains.

Vers 1985, le souci bioéthique s’étend au-delà des limites des


pays industrialisés. Ainsi A Kinshasa en 1987, à l’occasion de la
semaine théologique consacrée à l’Ethique chrétienne et Sociétés
africaines, les questions bioéthiques seront à l’ordre du jour. A
Yaoundé au Cameroun, les journées internationales sur la
bioéthique se tiennent du 24 au 26octobre 1994.

En 1995, un symposium aura lieu à Antananarivo avec pour


thème La Bioéthique au Madagascar. Une année plus tard, à
Kinshasa, un groupe d’étudiants s’organise sous l’appellation du
Centre Bioéthique de Kinshasa (Kinshasa, 23-30 mars 1996). On
traitera comme question de savoir si l’on peut à juste titre, parler
des problèmes bioéthiques dans les pays Afrique où il n’existe pas
encore une technologie biomédicale de pointe.

0.4. Au-delà des questions techniques, problèmes de


fondement

La discussion en bioéthique évitera de confondre ou de mélanger


les problèmes techniques et les questions de fond. On ne le
répétera jamais assez, les problèmes qui font l’objet des débats en
bioéthique sont conséquents aux inventions et interventions
techniques récentes dans le domaine de la technologie
7

biomédicale ; mais au-delà de la technique, l’enjeu majeur est


celui de fondement. li n’est pas question de rejeter les techniques
et les pratiques modernes seulement parce qu’elles sont
artificielles ou non naturelles ; il est plutôt question de les évaluer
en référence à la dignité de la personne humaine.

Au-delà des questions techniques, il ya donc les problèmes de


fondement auquel la bioéthique s’attaque. En d’autres termes, les
enjeux moraux de nouveaux pouvoirs de l’homme sur la vie sont
tels que l’on croit nécessaire de s’attaquer d’abord à ce genre de
problèmes pour parer au plus pressé. Le danger est dès lors de
laisser en veilleuse les problèmes de fond dont les questions
techniques et morales ne sont que des conséquences. Aussi se
comprend tout intérêt de la dimension philosophique des
questions. Comme le dit A. Léonard : il faut, certes, se réjouir du
regain d’intérêt pour les questions morales. Mais le problème
crucial entre tous est celui de savoir en fonction de quels critères
l’homme d’aujourd’hui va se prononcer sur tous ces enjeux.

En l’absence des points de repères assurés, le grand risque est que


la décision morale soit simplement le fruit d’une moyenne établie
à partir de l’addition composite d’opinions divergentes.

Un Comité d’éthique qui, après discussion ouverte aux membres,


échafaude un compromis entre avis contradictoires, est sûrement
8

un comité au sens plein du terme, mais il y a peu de chance qu’il


soit vraiment un comité d’éthique. Le bien moral ne se décide pas
de la même manière qu’une stratégie politique. C’est donc ici que
les moralistes, qu’ils soient philosophes ou théologiens, ont le
devoir de chercher à éclairer les consciences en proposant des
critères d’appréciation morale et en les soumettant, non pas à un
vote majoritaire, mais à une discussion rationnelle.

o Exemple historique

En 1995 le Sénat français était invité à débattre une question


bioéthique en rapport avec la destruction des embryons humains.
II est ressorti des discussions que les sénateurs étaient opposés à
cette destruction et ils ont proposé plutôt qu’il fallait promouvoir
le don des embryons, leur souci était de les protéger. C’est ici où
l’on assiste à une énorme contradiction ou dilemme. Comment
s’opposer à la destruction des embryons là où la loi autorise
l’interruption volontaire de grossesse (avortement), interruption
autorisée par la loi veil de 1975 sur laquelle on ne peut plus
revenir. Le schéma se présente comme suit :
En 1975; le sénat vote une loi (loi veil) autorisant l’avortement
volontaire.
En 1995: le sénat est invité à débattre une question bioéthique en
rapport avec la destruction des embryons humains. Le sénat
9

s’oppose à la destruction d’embryons humains et cherche au


contraire à les protéger et encourager don de ces embryons.

o Source de la difficulté

En 1975, tout comme en 1995, on cherche à prendre une mesure


juridique sans avoir abordé au préalable le problème de fond
concernant le statut d’embryons humains, le statut d’embryon
humain évoque à son tour le problème du sens de la vie et de la
dignité de la personne humaine.la difficulté du sénat français était
de justifier. Toutes fois ces interdictions se refusent de donner un
statut à l’être lui-même (embryons humain) que l’on veut
protéger. En sommes poser les problèmes pratiques avant les
questions de fond c’est mettre la charrue devant le bœuf.
10

0.5. Universalité de la bioéthique

Une question reste celle de savoir sur quelle base fonder la morale
dans une société devenue aujourd’hui pluraliste. C’est la difficulté
qu’on rencontre aujourd’hui dans le débat bioéthique qui, à cause
de sa vocation universaliste, ne permet pas souvent une réflexion
plus approfondie. En effet, par souci d’universalisation, le débat
bioéthique tend à supprimer toute référence. L’universalité est un
mot clé de la bioéthique, en ce sens que son champ d’extension
est le monde entier et ses réponses se veulent vraies pour tous.
Pour ce faire, elle est obligée de ne jamais aborder les questions
de fond, notre société n’ayant plus de référence commune. Ainsi
pour s’étendre à chacun, la bioéthique se doit de gommer les
différences pour progresser par consensus. Le préalable de la
bioéthique est de ne jamais faire appel aux références culturelles,
religieuses ou autres, c’est-à-dire à ne jamais réfléchir sur ce qui
la fonde.

Il s’avère nécessaire de résoudre cette difficulté sous peine de


faire de la bioéthique une éthique qui ne colle pas aux réalités
humaines, H appartient à chaque société de faire ses choix, de
définir ses valeurs, ses repères à partir desquelles on peut élaborer
une éthique qui se veut bioéthique. Car chaque société, chaque
peuple a sa conception de l’homme et de la vie, sa façon de se
situer par rapport à la mort, à la transcendance, sa considération
11

du corps humain, de la maladie, de la santé etc. Ce sont là les


éléments à partir desquels, on peut poser des problèmes de
fondement. H ne s’agit pas de nier le caractère universel des
valeurs authentiquement humaines ni de les opposer aux valeurs
particulières. Les valeurs de l’humanité sont universelles, mais il
y a en permanence des accentuations particulières. Le caractère
propre d’un groupe ou d’une culture provient principalement du
fait qu’un peuple, un groupe choisit dans l’ensemble des valeurs
universelles, celles qui lui conviennent le mieux. Il insistera plus
ou moins sur l’une ou l’autre de celles qui donnent le sens à la vie
et caractérisent sa personnalité et son agir.

Ainsi prise dans une perspective religieuse, comme celle de la foi


chrétienne, l’on peut poser la question du fondement en référence
à l’Ecriture et à la tradition. Ce qui n’exclut pas l’autonomie de la
raison, sur laquelle une société laïque peut
aussi valablement fonder la morale et être en mesure de dialoguer
avec le monde religieux.
12

Conclusion
Telle est la carte d’identité de la bioéthique. Elle est une science
née en plein milieu de la deuxième moitié du vingtième siècle
marquée par le développement de la science et de la technologie,
spécialement dans le domaine bio-médical. Aussi est-elle, dans le
concert des éthiques touchant à la vie, spécifiée par le phénomène
technologique. Comme science, elle a son objet et sa méthode
mais discipline éthique, sa méthode reste celle en vigueur en
philosophie. Placée cependant au carrefour des savoirs traitant de
l’homme, la bioéthique recourt, au besoin, aux méthodes des
autres sciences.
13

PREMIER CHAPITRE

PROBLEMES ETHIQUE EN RAPPORT AVEC LE DEBUT


DE LA VIE

Nous pouvons distinguer trois niveaux où les problèmes de la vie,


au sens éthique, se posent essentiellement. Le premier niveau est
celui des questions liées au début de la vie, le dernier étant celui
des problèmes liés à la fin. Entre les deux il y a le déroulement de
la vie et les problèmes connexes y afférents.

1.1. Statut de l’embryon humain

En rapport avec le début de la vie, la question qu’on se pose - est


la suivante:
Quand la vie commence-t-elle dans l’être humain?

La question est incontournable aujourd’hui. Certains parlent de


l’embryon comme personne potentielle ou personne en puissance.
On dira que l’embryon est une personne potentielle c’est dire qu’il
est une personne possible autrement dit qu’il peut ou ne pas
devenir une personne. Alors la question se pose: s’il ne devient
pas une personne que sera-t-il? On peut répondre par exemple
qu’il pourra devenir un monstre humain, celui qui serait une
exception qui confirme la règle selon laquelle « il est déjà homme,
celui qui le sera » autrement dit « l’embryon humain devient
14

toujours ce qu’il est déjà c’est-à-dire une personne humaine ; mais


il arrive parfois des accidents dans son parcours, tel que le cas des
monstres humains. En conclusion, l’être humain doit être respecté
comme une personne dès le premier instant de son existence.
Ce principe du respect dû à l’être humain dès son commencement
étant posé, nous allons passer en revue quelques unes des
pratiques qui font lobjet du débat bioéthique en rapport avec les
questions du début de la vie. Nous allons débattre notamment des
problèmes éthiques en rapport avec:

 La contraception;

 L’insémination artificielle;

 La fécondation in vitro;

 Le diagnostic prénatal.

1.2. Contraception

1.2.1. Définition

C’est toute action ou tout moyen technique pour rendre les


rapports sexuels inféconds.
15

1.2.2. Quelques méthodes de contraception

 Méthodes d’auto-observation: elles permettent de repérer les


jours féconds et les jours inféconds du cycle de la femme.
On peut citer ici: la méthode de la glaire cervicale, la
méthode ogino-knauss fondée sur une observation longue du
cycle menstruel ; il s’agit de l’observation de la température;

 Méthode mécaniques: qui consistent à utiliser des


instruments comme le condom ou capote, stérilet appelé
aussi dispositif intra-utérin (D.I.U), diaphragme;

 Spermicides locaux: une forme de crème, ovule, mousses,


gelées qui assurent la mort rapide ou l’immobilisation
irréversible des spermatozoïdes;

 Contraception hormonale: qui modifie le déroulement du


cycle. C’est dans cette catégorie qu’il faut classer les
différentes pilules contraceptives.

 Stérilisation permanente: on peut citer ici la ligature (de la


trompe) et de la castration.

 Le coït interrompu (méthode traditionnelle)

1.2.3. Evaluation des méthodes contraceptives sur le plan


moral
16

Pour évaluer les méthodes contraceptives sur le plan moral on fait


la distinction entre les méthodes dites naturelles, c’est-à- dire celle
de l’auto-observation et les méthodes dites artificielles, c’est à
dire toutes celles qui recourent aux agents extérieurs de nature
mécanique ou chimique. Par ailleurs la morale d’inspiration
religieuse considère aussi comme illicite certaines méthodes
traditionnelles comme le coït interrompu.

Il nous parait intéressant de faire une autre distinction qu’on


oublie souvent:

Celle entre la contraception abortive (après la fécondation de


l’œuf) et la contraception non abortive (avant). C’est-à-dire entre
les méthodes qui empêchent la conception et celles qui
interviennent après la fécondation pour détruire le fruit de la
conception. C’est cette dernière qu’il faut dénoncer avant tout en
soulignant la contradiction qui réside dans l’expression même car
il s’agit ici de l’avortement et non de la contraception.

1.3. Insémination artificielle

1.3.1. Définition

L’insémination artificielle est la technique biomédicale qui


consiste à l’introduction instrumentale du sperme, préalablement
recueilli par la masturbation, dans les voies génitales de la femme.
17

Elle est dite homologue quand on insémine la femme avec le


sperme de son marie, elle est hétérologue lorsque le sperme vient
d’un donneur autre que le conjoint.

Quant à la cause qui exige cette intervention, il s’agit des spermes


du mari pauvres en spermatozoïdes (oligospermie) ou avec des
spermatozoïdes peu mobiles (oligozoospermie). Parfois présentant
les deux anomalies à la fois asthénozoospermie, voire associe à
une anomalie de forme oligoasthénotératoaspermie. Il existe
aujourd’hui dans beaucoup des grandes villes des centres d’études
et de conservation des spermes. On trouve en France une banque
où l’on peut obtenir des paillettes de sperme congelées classées
selon le group sanguin, la couleur des cheveux et des yeux et
éventuellement le type de race. Avec les banques de sperme, il ya
ainsi la possibilité de procéder aux inséminations post-motem.

1.3.2. Sur le plan éthique

Beaucoup n’approuvent pas l’insémination hétérologue étant


donné l’immixtion d’un tiers dans la vie du couple et tout ce que
cela peut entrainer comme conséquences psychologique sur la vie
de l’enfant. En rapport avec l’insémination homologue, le
magister de l’église catholique s’y oppose pour deux raisons :

- L’immoralité de moyen utilisé pour obtenir le sperme;


18

- La séparation opérée entre les rapports charnels des époux et


l’acte procréateur.

Beaucoup de moralités par contre, pensent que cette pratique est à


considérer seulement comme une opération médicale susceptible
d’aider le couple à réaliser sa vocation d’époux et de parents. La
masturbation étant ici nécessaire pour l’obtention du sperme sans
avoir comme fin la recherche d’un plaisir égoïste.

Quand à l’I.A.D (insémination artificielle avec donneur), il y a en


outre l’immixtion d’un tiers dans le couple, tous les problèmes
autour de l’anonymat du donneur de sperme, c’est-à-dire toute la
question du secret qui entoure l’origine de l’enfant. Dans certains
pays, c’est la loi même qui impose la nécessité pour tout enfant de
connaitre ses origines biologiques.
Certains auteurs considèrent les enfants issus d’I.A.D de la j
même manière que les enfants adoptés. C’est le point de vue de
Bonnet, spécialiste des problèmes d’adoption et de maltraitance
des enfants. Cet auteur souligne l’importance pour l’enfant de
connaitre ses origines, quelques soient les raisons qui ont poussé à
l’adoption ou la technique par laquelle il est venu à la vie. Au
clair, l’auteur insiste sur le fait que l’enfant adopté doit savoir qui
sont ses parents et pourquoi on là cédé à l’adoption. Il en est de
même pour l’enfant issu de l’I.A.D, s’il ne doit pas savoir qui est
l’homme qui a cédé à ses parents affectifs son sperme. Il doit au
19

moins savoir qu’il est venu au monde par la magie de cette


technique.

Sans nous engager dans le complexe débat que suscite la question


de l’I.A.D, soulignons seulement l’erreur qui consiste à évaluer
cette pratique de la même manière que l’adoption. Si
pour les enfants adoptés, la révélation du secret peut aller de pair
avec un accompagnement psychologique en vue d’une bonne
compréhension des conjonctures qui ont présidé son adoption,
pour l’enfant issu de l’I.A.D, l’histoire de son origine reste
difficile à gérer: qui est cet homme dont je suis le fruit du sperme?
Personne ne pourra lui répondre car en raison des législations dans
beaucoup de pays, cet homme n’existe pas. Personne ne le
connait, ni le père affectif, ni la mère et parfois même le médecin
parce que très souvent le dossier du donneur est détruit. Dans le
débat sur l’I.A.D, il se pose toute la question du don de sperme.
Le Dr. Nette considère le don au même titre que le don du sang.
En vérité, nous sommes ici en présence de deux réalités dont la
signification et la raison ne sont pas du même ordre. Le don du
sang-peut-sauver quelqu’un dont la vie est menacée dans son
intégrité physique; la transfusion sanguine a ainsi un caractère
thérapeutique que le don du sperme n’a pas car, en réalité la
stérilité n’est pas une maladie dans le sers où, ici, la vie n’est
nullement menacée. En outre, le sang n’a pas la faculté de
20

procréer, ni de transmettre le caractère héréditaire comme le


sperme. Le don du sperme engage l’homme car, c’est l’image de
soi, c’est tout le patrimoine de l’individu qui est ici, mis en jeux.

1.4.Insémination artificielle post-mortem

Il s’agit de l’insémination de la femme avec le sperme de son


mari déjà décédé. Il convient de ne pas apprécier ceci au même
titre que l’I.A.C (insémination artificielle avec conjoint) car le
soucie de communion interpersonnelle entre les époux peut
l’emporter sur tout autre jugement moral négatif alors que dans
l’insémination post-mortem il ya absence du mari et la
communion interpersonnelle est absente. Cette pratique pose un
problème réel du droit de l’enfant né de l’insémination
postmortem. Comment cet enfant assumera-t-il plus tard le fait de
savoir qu’il a été conçu par un mort? Par ailleurs, l’enfant risque
d’être l’objet de trop d’attentes de la part de la mère et d’être pris,
au moins partiellement, comme un substitut du mari défunt.
L’enfant sera conçu orphelin d’avance. La parole de Ta mère sera-
t-elle assez forte pour l’aider à bien se situer dans l’existence? On
peut répondre que beaucoup des enfants naissent orphelins et que
c’est un fait tout à fait compréhensible. Mais serait-il là une raison
pour créer volontairement de telles situations et surtout de les
imposer délibérément aux autres.
21

Par rapport au défunt donneur du sperme, toujours sur le plan


juridique, on doit souligner que le sperme est le support
biologique de l’exercice de droit de l’individu, celui de mettre en
œuvre ses potentialités de production et que ce droit est lié à la
personne, et en ce sens, s’éteint avec elle, selon le principe de
l’indisponibilité du corps. On doit donc considérer le sperme
comme un bien inséparable de la personne, et dans ce sens,
moralement du moins, il ne constitue pas un bien faisant partie de
l’héritage.

1.5.Fecundation in vitro (Fivete)

D’une manière plus précise, on dit: «fécondation in vitro avec le


transfert d’embryon en sigle: la FIVETE. C’est la technique qui
consiste à réaliser dans le laboratoire ce qui se passe
naturellement. C’est-à-dire la fécondation et les premières étapes
du développement.
La fivete est indiquée avant tout pour les obstructions tubairesnon
curables chirurgicalement, et aussi dans les grossesses extra-
utérines répétées, l’endométriose, les infertilités inexpliquées de
longue date, enfin certaines indication masculines.

Pratiquement, l’opération consiste à provoque une hyper


stimulation ovarienne dans le but d’obtenir plusieurs follicule
matures permettant de recueillir un nombre suffisamment élevé
22

d’ovocytes pour espérer augmente les chances de fécondation. Le


sperme recueilli est préparéà son tour. Chaque avocyte est
inséminée par 50 000 à 100 000 spermatozoïdes, la culture se fait
dans une étuve à 37°c pendant 48 heures au terme desquelles des
embryons de 2 à 8 cellules sont obtenues et placés dans l’utérus.

Tous les embryons obtenus in vitro ne sont pas transférés. On en


transfère en général 3 tout au plus pour éviter les grossesses
multiples. Il reste donc ceux qu’on appelle les embryons
surnuméraires. Ceux-ci sont congelés et conservés à 196°c dans
l’azote liquide. En cas d’échec de l’opération, on peut recourir à
ceux-ci pour d’autres tentatives ou en cas de réussites, on y
recourir pour d’autres naissances.

La congélation des embryons s’explique aussi par le fait que


prélèvement des ovules se faisait avant sous anesthésie générale.
II était donc hors de question, médicalement parlant, de soumettre
la femme à chaque cycle à ce type d’anesthésie. C’est pourquoi,
en prévision des cas où la fécondation ou l’implantation ne
réussirait pas du première coup, on prélevait plusieurs ovule à la
fois et on les fécondait tous puisque les ovules non féconde se
congèlent mal tandis que les zygotes supportent cette opération.

Actuellement il existe des techniques qui permettent de procéder


au prélèvement d’ovules sans recourir à l’anesthésie générale. Ces
23

technique peuvent donc être répétés à chaque cycle de la femme


sans même qu’il soit nécessaire d’hospitalise la patiente. En
principe cette technique permet de ne pas recourir à la congélation
des embryons. Mais on y recourt quant même pour garantir la
chaine de réussite et aussi pour beaucoup d’autres raisons
techniques.

1.5.1. Types de fivete

- Fivete homologue: sperme du mari et Ovocyte de l’épouse;

- Fivete hétérologue avec don de l’ovocyte: sperme du mari et


ovocyte d’un tierce personne (mère donneuse)

- Fivete hétérologue avec prêt de l’utérus: sperme du mari et


ovocyte de l’épouse dont l’utérus fait défaut et on recourt à
l’utérus d’une mère porteuse;

- Fivete hétérologue avec don de l’ovocyte et prêt d’utérus:


c’est la situation dans laquelle, pour une raison ou une autre,
une femme étrangère au couple a donné son ovocyte et prête
son utérus. On ici en présence d’une mère à la fois donneuse
et porteuse;

- Fivete hétérologue avec don de sperme: c’est quand il arrive


que la fivete soit indique dans de cas de stérilité masculine,
en particulier en cas d’oligospermie extrême. Dans ce cas, la
24

fivete est double d’une insémination artificielle avec le


sperme d’un donneur extérieur au couple.

1.5.2. Sur le plan éthique

Il est honnête d’apprécier d’une manière positive l’apport de la


fivete dans l’assistante médicale à la procréation. Elle a permis à
des nombreux couples stériles d’avoir des enfants. Il y a quelques
années, des simples malformations physiques empêchaient
beaucoup d’hommes et des femmes de vivre le bonheur d’être
père ou mère.

A cote de cet aspect positif, la technique de fivete pose un certain


nombre des questions éthiques. Il en est ainsi quand elle tend à
dissocier absolument la conception et la gestation de l’embryon
dans le sein maternel. Le fait de porter un enfant ne peut se
réduire à un simple processus biologique ; il s’agit plutôt d’un
acte fondamental qui structure et fonde les liens entre la mère et
l’enfant. La femme ne donne pas seulement l’ovule, ce don
symétrique de celui du sperme: elle porte l’enfant pendant 9 mois
durant lesquelles celui-ci partage ce qui fait la vie de la mère; son
vécu corporel, mais également ses rythmes, ses émotions, son
vécu culturel.
Une deuxième série de question peut tourner autour du statut des
embryons dits: surnuméraires. On doit s’arrête d’abord sur
25

l’expression surnuméraire. Comment considérer ces êtres


conservés au froid? Sommes-nous là en présence des personnes
humaines ou des simples matériaux biologiques?

Même là où on s’accorderait à définir l’embryon comme personne


humaine potentielle comment considérer l’humanité de l’homme
qui est dans ces êtres enfermés dans des chambres froides?
Echappons-nous à la question de droit et dignité des personnes en
repoussant au futur le moment que l’embryon pourra être
considéré comme un être humain? Un intervalle temporel est
ouvert, intervalle au cours du quel les cellules congelées flottent
dans un étrange état de vie suspendue. On peut en effet, grâce aux
techniques de la fiv et de la fivete, séparer indéfiniment le
moment du prélèvement et à la conservation peut être oubliée ou
détournée de multiples manières. En tout état de cause, le terme
embryons surnuméraires lui-même fait réfléchir. Comment respect
la dignité-de-celui-qui en ses débuts n’a été qu’un surnuméraire
c’est--à-dire, en surnombre ou quelqu’un de trop, mis en réserve,
en attente d’être transféré ou implanté pour devenir personne
humaine au cas où etc. enfin, le sort de ses embryons dits
surnuméraires est mal connu car on n’aura jamais tout la lumière
sur ce qui se passe dans le laboratoires. Mais là où on a eu les
courages de discuter de la question, trois solutions ont été
proposées: certains souhaitent qu’on les détruise. La question se
26

pose alors de savoir de quel droit on peut le faire et qui doit


donner l’ordre d’exécuter et selon quel critère? D’autres préfèrent
qu’on les utilise pour la recherche.

Mais le risque reste de traiter ceux-ci comme de moyens à des fins


de manipulation. D’autres encore propose qu’on les cède comme
don à d’autres couples en mal d’enfants.
Par rapport à cette dernière solution, échappons-nous vraiment à
la question éthique que pose cette donation? Une triple question
est à formuler à ce niveau. Peut-on à juste titre comparer le don
d’embryons et d’organes cédés, au terme de sa survie. Son organe
(son œil ou son cœur) à quelqu’un d’autre qui en a besoin pour
vivre, ou à la science pour besoin de recherche, est-ce comparable
avec le fait de céder le fruit de sa procréation à d’autre couple? Il
se pose ensuite des questions sur implication à la fois morales et
psychologiques de ce qui est considéré ici comme fruit des
entrailles à un autre couple sans sesouà1er de ce qu’il adviendra
dans sa vie ?À-ton mesure le poids psychologique dont on charge
l’enfant tout au long de sa vie malgré l’astuce du secret sur
laquelle s’appuie toute la manœuvre? Il se pose enfin toute la
question de sens de mot? Peut-on justement parler de « don » là
où l’on sait que l’embryon a été cédé à un autre couple parce qu’il
été sur « surnuméraire » ou «en surnombre » ? Ce qui est appelé
don ici ne constitue-t-il pas à vrai dire, pour le couple et l’équipe
27

médicale qui ont réussir leurs expérience de la première à la


deuxième implantation « un bon débarras» qui en même temps
tranquillise leur conscience. Le grand principe qui doit nous
guider ici est celui selon lequel une personne (même à l’état
potentiel) ne peut jamais être utilisée comme moyen.

Il y a aussi des questions pratiques autour de l’équilibre


psychologique de l’enfant et de la fragilité de contrat entre les
partenaires (mère porteuse et mère donneuse). Souvent la mère de
substitution développe une affection à telle enseigne que certaines
refusent parfois de rendre l’enfant ou dans le cas contraire, c’est le
couple receveur qui renonce à l’objet du contrat rendant ainsi la
situation difficile à résoudre.

Les techniques de la fiv peuvent rendre possible d’autre formes de


manipulation biologique ou génétiques des embryons humains
telles que les tentatives ou les projets de fécondation entre
gamètes humains et animaux. Et de gestation d’embryons dans
des utérus d’animaux l’hypothèse ou le projet de fabrication
d’utérus artificiel pour l’embryon humain, les tentatives ou les
hypothèses faites pour obtenir un être humain sans aucune
connexion avec la sexualité. Par fission gémellaire, etc. de même
elles pourront faciliter les tentatives d’interventions sur e
patrimoine chromosomique ou génétique non pas toujours pour
des raisons thérapeutiques, mais en vue de la production d’êtres
28

humains sélectionnés selon le sexe ou d’autres qualités


préétablies.

1.6. Diagnostic prénatal

1.6.1. Définition

Le diagnostic prénatal est la technique biomédicale qui consister à


repérer une anomalie soupçonnée à cause de certains antécédents.
Il ne s’agit donc pas d’un examen général de l’état de l’enfant.

1.6.2. Sortes de diagnostiques prénataux

Les diagnostiques prénataux les plus connus sont au nombre de 3:


- L’échographie: elle permet de repérer certaines anomalie
anatomiques, voir fonctionnelles;
- Les dosages des protéines fœtales: ils permettent de repérer une
anomalie du tube neural (la colonne vertébrale) et donne la
probabilité réelle que le tube neural soit ouvert et que l’embryon
ou le fœtus soit atteint d’une grave anomalie du tube neural
- L’amniocentèse: qui consiste à l’analyse d’une petite quantité du
liquide amniotique et permet d’établir le caryotype c’est-à-dire la
carte chromosomique de l’embryon ou du fœtus. En principe il
doit y avoir deux séries de 23. Si le chromosome de rang 21, par
exemple. Forme un triplet au lieu d’un doublet, on conclura à une
trisomie 21, cette même analyse permet aussi de détecter une série
29

des maladies métaboliques (environ 150 actuellement) qui sans


cet examen ne se manifeste que plus tard. De nos jours, dans les
pays avancés, les femmes enceintes demandent de plus en plus
une amniocentèse alors qu’il n’y a aucune raison valable de faire
ce type d’examen. Elles ont peur d’avoir un enfant mongolien ou
atteint d’une grave maladie de ce genre.

A ces trois types. Il convient d’ajouter une nouvelle méthode de


diagnostic appelée

- Le diagnostic préimplantatoire (D.P.I) : dont la spécialité


consiste dans la recherche de la normalité des embryons obtenus
par la fécondation in vitro afin de réimplanter ceux considérés
comme normaux. En d’autres termes, après l’analyse, si
l’embryon ne comporte pas d’anomalie, il est transféré dans
l’utérus de la mère.

Le diagnostic prénatal est l’une de ces techniques médicales d’une


utilité incontestable notamment en néonatalogie et en
thérapeutique fœtale puisqu’on peut soigner certains fœtus avant
même qu’ils naissent.

Aujourd’hui encore, sans cette technique, cent grossesses dans les


pays dits développés, se solderaient par la mort de 2 à 5 femmes
pendant la gestation ou l’accouchement et la mort d’une quinzaine
30

d’enfants in utero ou à la naissance. Il en est de même dans le


pays de tiers monde.

Le diagnostic anténatal sauve plus d’enfants qu’il n’en condamne,


selon une proportion, semble-t-il, de 10 contre 1. On peut donc
dire que la pratique du diagnostic anténatal est une pratique
nataliste. Car lorsqu’un couple pense que l’enfant attendu risque
d’être anormal et ne recourt à aucun moyen de diagnostic, il sera
d’avantage tenté de provoque un avortement. Par contre lorsqu’il
sait ce qu’il en est en réalité, il s’en suivre éventuellement aussi
un avortement mais uniquement dans le cas ou l’enfant est
effectivement atteint d’anomalie redouté. Autrement dit,
diagnostic anténatal, la présomption d’une malformation ou d’une
anomalie grave a pour effet que le couple va tenter de pratiquer un
avortement qui s’il est effectivement pratiqué, s’avérera à
posteriori 9 fois sur 10 inutile.

Au début, cette technique avait une visée essentiellement


thérapeutique. Aujourd’hui elle pose un certain nombre de
problème dont le premier est celui lié a ses conséquences directes
qui sont souvent des avortements. C’est toute la question
fondamentale du sens de la vie

- Qu’est-ce qu’une vie humaine viable, normale ou parfaite?

- Qu’est-ce qu’une vie non-viable, anomale ou imparfaite?


31

- Comment déterminer si la malformation est ou n’est pas


incompatible avec la vie humaine quand on sait que très
souvent même les embryologistes les plus douées hésitent à
trancher sur la viabilité ou la non viabilité d’un embryon ou
d’un fœtus?

Mais, en même temps qu’on pose ces questions, on ne peut faire


comme si on ne connaissait pas de cas extrêmes d’handicaps et
des naissances, à la limite incompatibles avec la vie humaine.
Devant de telles circonstances, d’autres questions se posent: faut-
il seulement « laisser vivre » pour la simple raison que la vie ou
l’enfant doit être accepté comme un don? Plus que le simple
diagnostic prénatal, il y a le diagnostic préimplantatoire qui pose
de problèmes complexes. En effet le D.P.I peut être proposé aux
couples qui n’ont aucun problème de stérilité. La question
majeure qui se pose est alors celle de savoir si l’on va l’opter pour
la détection d’une anomalie précise ou l’on s’oriente
systématiquement vers ce que cela comporte comme
conséquence : sélection, tri des embryons pour ne réimplanter ce
qui sont, non pas que normaux, mais seulement les meilleurs. On
revient des lors à la question du départ: qu’est-ce qu’un meilleur
embryon? On peut aussi pose des sous questions: qui va choisir?
De quel droit et selon quel critère? Ne sommes-nous pas là en
32

présence d’un instrument dont le rôle n’est que d’améliorer la race


ou de choisir le sexe des enfants qu’on veut avoir.
33

DEUXIEME CHAPITRE

AVORTEMENT

2.1. Définition de l’Avortement

L’avortement est une interruption de la grossesse, il peut être


volontaire ou spontané.

2.2. Types d’avortement

On distingue plusieurs types d’avortement. L’avortement est dit


thérapeutique quant il a pour but de sauver la vie de la mère
menacée par la grossesse. Il est dit eugénique quant il est indiqué
pour cause la malformation grave ou de maladie incurable de
l’embryon. C’est la solution qui est généralement prise quant le
diagnostic relève que la formation est absolument incompatible
avec la vie humaine.

Il ya aussi ce qu’on appelle avortement de convenance c’est-à-


dire l’avortement provoqué pour des raisons d’ordre thérapeutique
ou génétique. Ce sont souvent des avortements motivé par des
raisons d’ordre social, économique ou personnel telles que la
limitation des naissances, le chômage, le viol, l’adolescence,
l’inceste, etc.
34

2.3. Considération éthiques sur l’avortement

Toutes les méthodes qui aboutissent à la décision d’avortement


posent le réel problème éthique de “intervention de l’homme dans
la vie humaine en vue d’arrêter le processus.

Devant le danger de la mentalité ou de la politique eugénique qui


implique une discrimination par tri et sélection de meilleurs
embryons, la question n’est pas seulement celle de savoir « qui va
choisir ») mais « de quel droit va-t-on choisir ». C’est une
question fondamentale sur les sens même de la vie humaine et de
sa signification comme don, car seul, le créateur est le maître de la
vie dès son commencement jusqu’à son terme; personne, en
aucune circonstance, ne peut revendiquer pour soi le droit de
détruire directement un être innocent ou de décider qui doit vivre
ou qui doit mourir.

C’est à la lumière de ce principe qu’on peut dire que, du point de


vue moral, on n’évoquera que difficilement, la sinon jamais, avec
raisons, l’argument du moindre mal pour justifier un avortement.
Toute vie humaine a sa valeur en soi. Parce qu’elle est voulue
pour elle-même, c’est-à-dire qu’elle est singulière et
irremplaçable.

Elle n’a pas des prises comme dirait E.kant : elle ne peut être
échangée contre une chose ou une valeur équivalente.
35

Sur le plan moral, tout avortement parait clairement en


contradiction avec les principes fondateurs de l’humanité. Au plan
plus élevé de la théologie, l’ITVG apparait avant tout comme un
acte d’idolâtrie au sens où celui qui la pose s’attribue la place de
Dieu qui, seul a le pouvoir de donner et d’ôter la vie. Il y a
d’autres biens, mais la vie est le bien fondamental, condition de
tous les autres, un autre problème qui se pose en rapport avec
l’avortement est celui de savoir comment concilier l’IVG avec
l’un des principes fondateurs de l’humanité qui est la transmission
de la vie est l’une des vertus le plus sacrées qui est l’amour
parental?

2.4. Débat en rapport avec l’avortement thérapeutique

La grande Question il toujours été celle de savoir s’il n’y a pas


une contradiction dans l’acte médical qui veut soigner quelqu’un
en liquidant quelqu’un d’autre, soit-il embryon ou fœtus, On
connait des braves femmes qui acceptent de se sacrifier au profit
de celle de fruit de leurs entrailles.
Cependant qui traitent le problème d’avortement thérapeutique
comme une question de « bon sens »si on laisse la mère mourir.
On risque de perdre ainsi l’enfant car il n’est pas facile d’élever
un enfant né orphelin de mère. Le dommage serait encore plus
grand si la mère avait d’autres enfants à élever. Par contre, si la
36

mère est sauvée, on peut encore espérer qu’elle donne un autre


enfant.

Plus qu’une simple question de bons sens, beaucoup de moralistes


préfèrent-ils l’expression « moindre mal). La question est celle de
savoir dans quelle mesure on peut faire prévaloir la loi « moindre
mal » sans tomber dans la justification facile des actes injustes,
immoraux.
Devant des situations comme celle d’une femme enceinte
menacée de mort et dont la solution passe par l’avortement
thérapeutique, il est évident qu’analogiquement et même
théologiquement parlant. Nous n’avons pas le même choix entre
la vie de la mère et celle de l’enfant. Et pourtant il faut choisir.
Que faut-il faire? Chercherà tout prix à sauver les 2 vies quant on
sait bien que notre marge de manœuvre est clic telle que nous
courons le risque de perdre toutes les 2 vies? Choisir pour l’enfant
quant nous savons que notre chance de l’élever sera amoindrie par
la mort de la mère? Choisir pour la mère en tenant compte des
autres parties en présence (le mari, les autres enfants, toute la
famille), en vue de laisser les perspectives ouvertes pour l’avenir?
Choisir en termes « moindre mal » ou de «meilleur chemin »
chercher ce qu’on a de mieux à faire pour sortir de l’impasse
apparait comme l’acceptation de notre condition l’homme. C’est
la reconnaissance de notre état ‘de pauvre créature.
37

2.5. Avortement comme moyen de libération de la femme

Dans le débat sur l’avortement, certains évoquent le phénomène


comme la libération de la femme. Ici encore, le véritable esprit
critique ne manquera pas de s’interroger sur ce qu’on entend par
libération de la femme, Est-ce en se débarrassant de l’enfant
quelle porte dans son sein que la femme acquiert sa véritable
liberté? Celle-ci ne devrait-elle pas venir plutôt avant la
grossesse? C’est avant le rapport conjugal, nous semble-t-il que la
femme devrait montrer qu’elle est capable de prendre en main son
destin en refusant de porter une grossesse qu’elle ne désire -pas.
C’est cela la vraie-liberté qui est avant tout une responsabilité.
Cette liberté-là, il appartient a la femme seule de se l’arracher, non
pas vis-à-vis du vulnérable enfant qui n’y est pour rien, mais vis-
à-vis de son partenaire qui est l’homme. L’homme législateur
d’abord qui a fait des lois sans souci de son bien-être. L’homme-
conjoint ensuite qui souvent lui impose des grossesses non
désirées et des taches familiales contraignantes et monotones.
L’homme citoyen enfin qui, non seulement a organisé une société
pour lui, mais qui, aujourd’hui encore se permet une sexualité
libérée, en laissant porter tout le poids la femme.

TROISIEME CHAPITRE
38

PROBLEMES BIOETHIQUES EN RAPPORT AVEC LA


FIN DE LA VIE.

Au début de la vie, il se pose la question: Quand commence l’être


humain. En aval il se pose celle de savoir: Quand se termine la
vie. Il se pose ici le problème de la définition de la mort. 3.1.
Définition de la mort

Il existe plusieurs définitions de la mort. On peut définir la mort


médicalement philosophiquement, légalement, etc. il arrive que
dans le débat, pour une raison ou une autre, certaines parties en
présence glissent dans la considération philosophique. Ainsi un
médecin qui veut justifier la demande d’une euthanasie utilisera,
par exemple, l’expression comme «vie végétative» pour dire que
la personne est morte quand bien même que médicalement cela
n’est pas attesté. La question de la fin de la vie reste donc
controversée comme celle du début. Tout dépend parfois de la
conception philosophique ou religieuse dans laquelle on se place.
Aujourd’hui, il semble s’établir chez les médecins de considérer la
mort cérébrale comme la fin absolue de l’homme.

Aujourd’hui comme le dit Jean Bernard ; les médecins sont


d’accords que le cœur peut battre, les poumons peuvent respirer,
l’homme dont le cœur bat si son électroencéphalogramme, c’est-à-
dire, le résultat graphique de l’enregistrement de l’activité
39

électrique de son cerveau, reste plat à plusieurs heures


d’intervalle.

Nous abandons ci-dessous trois problèmes éthiques liés à la


question de la fin de la vie: l’euthanasie, l’acharnement
thérapeutique et l’accompagnement des malades ou les soins
palliatifs.
3.2. Euthanasie

3.2.1. Définition

Elle est l’action qui consiste à donner délibérément la mort à


quelqu’un sur sa demande insistante, dans le but d’alléger sa
souffrance. Il ne faut pas confondre l’euthanasie du suicide. Le
suicide est l’acte par lequel la personne se donne elle-même la
mort délibérément. Toutefois comme dans la plupart de cas
l’euthanasie est demandée par le malade, elle est souvent qualifiée
de suicide assisté.

Plusieurs expressions sont utilisées pour parler de l’euthanasie


meurtre par pitié, tuer par amour, la mort dans la dignité, la mort
douce, etc.
40

3.2.2. Sortes d’euthanasie:

Il faut distinguer l’euthanasie directe ou active de l’euthanasie


indirecte ou passive. L’euthanasie directe ou active consiste à
procurer directement la mort par l’administration d’un produit
préparé à cette fin. Tandis que l’euthanasie indirecte ou passive
consiste à provoquer la mort par l’arrêt de la médication.

3.2.3. Appréciation éthique de l’euthanasie:

L’appréciation éthique de l’euthanasie doit partir des motifs de


demande de celle-ci. Il y a d’abord la douleur. Celle-ci ruine tout
l’organisme jusqu’à réduire parfois l’homme à sa plus simple
expression. Mais plus que la douleur, il y a la souffrance. Notons
que douleur et souffrance ne sont pas synonymes bien qu’elles
soient intimement liées. La souffrance est quelque chose de plus
ample que la douleur oula maladie. On distingue la souffrance
physique et la souffrance morale. On peut adoucir la douleur avec
des antalgiques mais celles-ci ne soignent pas la souffrance. Il
existe des médications qui peuvent nous faire oublier nos
souffrances, mais elles ne les guérissent jamais, au contraire, elles
risquent même de les dénier. Certes, il faut soulager la douleur:
c’est un devoir, car la douleur avilit, dégrade l’homme. Mais,
lorsqu’on l’a soigne on n’a résolu que la moitié du problème, il
reste encore l’angoisse. Il y a une forme d’angoisse qui se lie à la
41

douleur: l’angoisse de sentir revenir une douleur atroce dont on a


pu être soulagé pendant un temps.

Pour certains malades, comme ceux atteints du sida, par exemple,


il y a aussi la honte. Qu’y a-t-il de plus humain que d’épargner la
honte à quelqu’un.

A tout ceci, il convient d’ajouter tout le poids social de la maladie


là où le système de sécurité sociale n’existe pas. Douleur,
souffrance, angoisse, honte, impasse socioéconomique... tels sont,
entre autre, les phénomènes qui peuvent inciter le malade à
souhaiter la mort plutôt qu’une vie qui semble ne plus valoir la
peine d’être vécue. Elles sont les raisons qui poussent certains à
militer pour le droit de mourir dans la dignité. Il ne faut pas
confondre respect de la vie et prolongation de la vie. C’est aussi
agir contre la dignité humaine que de reculer, par des moyens
artificiels et couteux, une mort que l’on sait proche. Une agonie
atroce.
3.3. Acharnement thérapeutique

L’acharnement thérapeutique est aux yeux de beaucoup comme


une déviation de l’esprit médical.

A côté de l’euthanasie qui arrache à l’autre sa vie (même avec son


consentement), il y a l’acharnement thérapeutique qui lui voie sa
42

mort. Le respect véritable de la vie passe par l’accompagnement


des malades ou des personnes âgées.

3.4. Accompagnement de malade

Accompagner un malade hospitalisé pour une longue durée c’est


répondre à son souhait d’être aidé dans une étape difficile de sa
vietout en respectant son histoire, sa culture.

Ses besoins sont ceux de tout être humain : retrouver un équilibre


physiologique, être aimé, se réaliser dans toute sa dimension
spirituelle. Accompagner un malade c’est être disponible, c’est
vivre avec lui, à son rythme, c’est lui montrer qu’on a du temps à
lui donner, c’est être tout simplement être présent. Cette relation
qui naît exige une grande disponibilité car c’est le malade qui
choisit le moment où il fera ses confidences. Il faut savoir
attendre, entrer dans le temps et la durée de l’autre, renoncé à
précipiter les événements. C’est généralement le soir, ou parfois la
nuit, que le malade est angoissé et qu’il s besoin de parler.
Accompagner, c’est aussi écouter. L’écoute est indispensable pour
connaître les vrais besoins du malade, ses aspirations, ses craintes,
il ne faut pas se hâter de parler mais d’abord écouter.
Il est important pour un malade hospitalisé de pouvoir livrer ses
soucis à quelqu’un qui est là uniquement pour l’écouter et
partager sa détresse morale et sa souffrance. Ayant souvent peur
43

d’inquiéter sa famille et de déranger l’équipe soignante, il


s’adresse volontiers à une personne extérieure, sachant qu’il ne
pas jugé ou classé.

Ecouter est un art, il n’est pas donné à tout le monde. L’écoute


demande de la présence, de la modestie, de la disponibilité et de la
capacité de faire abstraction de ses propres problèmes dans la
situation avec le malade.

Enfin, l’écoute exige de la discrétion. Nous entrons dans la vie de


quelqu’un ; tout ce qu’il nous dit ou nous confie reste un secret
entre nous et lui.

Ecoute c’est aussi parler. On doit parfois encourager le malade à


parler, à dialoguer avec lui ; l’aider à exprimer ses désirs dans un
langage toujours simple, mais non moins fondamental. Parole
d’amitié, voire de tendresse, toujours de paix.

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