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Toby

Dans cet extrait des 'Vrilles de la vigne', Colette met en scène un dialogue entre ses animaux, Toby-Chien et Kiki-la-doucette, qui commentent la vie de leur maîtresse, reflétant ses passions et ses souffrances. L'auteur humanise ses animaux, leur donnant une voix qui critique et satirise le comportement humain, tout en explorant des thèmes de liberté et d'amour. Ce passage illustre la quête du bonheur et la condition de la femme au début du XXe siècle, tout en conservant une légèreté humoristique.

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Dans cet extrait des 'Vrilles de la vigne', Colette met en scène un dialogue entre ses animaux, Toby-Chien et Kiki-la-doucette, qui commentent la vie de leur maîtresse, reflétant ses passions et ses souffrances. L'auteur humanise ses animaux, leur donnant une voix qui critique et satirise le comportement humain, tout en explorant des thèmes de liberté et d'amour. Ce passage illustre la quête du bonheur et la condition de la femme au début du XXe siècle, tout en conservant une légèreté humoristique.

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Toby-chien parle, Colette, extrait des Vrilles de la vigne, 1 G3

Observations préalables
Colette invente un dialogue entre ses animaux (une chatte et un chien)
A travers le dialogue, elle met en scène ce qu’elle pense que ses animaux pensent d’elle-même parce
que ses animaux transcrivent ses propres discours tout en restant des animaux.
Les animaux sont les porte-paroles de Colette, elle leur donne des âmes.
Colette fait de l’anti La Fontaine dans la mesure où elle ne personnifie pas les animaux, elle les
humanise. Les animaux restent des animaux mais avec leur propre intelligence.
Le texte est une saynète de théâtre.

Situation de l’extrait
Après avoir consacré un texte court à Nonoche, la chatte tachetée aux yeux verts, « d’un vert qui met
l’eau sous la langue », Colette met en scène, dans une véritable saynète théâtrale, Toby-Chien et Kiki-
la-doucette, le beau chat des Chartreux. Ces deux-là vont commenter les dires de leur maîtresse,
mettant en valeur ce qui fait le sens de sa vie : sa liberté, ses souffrances, ses passions. Colette ne
réinvente pas les Fables de Jean de La Fontaine. Ici, ce sont les animaux qui voudraient que l’humain
s’identifiât à eux. Ils sont le reflet de l’humain et à la fois le regard distant qui permet la satire du
comportement de ce dernier. C’est satirique à souhait, très drôle. Et instructif.

Explication linéaire
Je haletais autant qu’Elle, ému de sa violence. Elle entendit ma respiration et se jeta à quatre
pattes, sa tête sous le tapis de la table, contre la mienne…
- personnification de l’animal, Toby-Chien = « je », quand Colette = Elle → elle se met en
scène elle-même et devient personnage, intérêt de la mise à distance qui va permettre la
satire + effet humoristique de la mise en scène
- vocab de la passion « haleter », « émouvoir », « violence » = état psychologique de crise cf
chapeau en italique au début d’un texte = expli en déb de chap, p 174 = « cataclysme »
- vbs d’action = face à face théâtral entre l’hô et la bête : qui est le + humain des deux ?
- importance des points de suspension = laisser imaginer la scène au lecteur
« Oui, inutile ! Je maintiens le mot. Ce n’est pas un sale petit bull bringé qui me fera changer
d’avis, encore !
- début du discours rapporté, discours direct = le chien fait parler sa maîtresse, sens
mystérieux de l’adj « inutile » = ellipse + présent d’énonciation, le temps présent utilisé au
moment où les paroles ont été dites = actualisation
- virgules et points d’exclamation = rythme du débit des paroles = état psychologique =
colère
- vocab péjoratif, insulte → humour : elle parle au chien en se moquant de lui et c’est lui qui
rapporte les paroles. Peut-être l’identifie-t-elle à son mari…. Elle se parle à elle-même =
soliloque
Inutile s’Il n’aime pas assez ou s’Il méconnaît l’amour véritable ! Quoi ?… ma vie aussi est
inutile ?
- le « Il » = le mari de Colette, Willy, celui qui fait souffrir, on comprend enfin qu’il est
l’auteur de
ces paroles : « inutile » → pour quelles raisons sa vie à elle serait-elle inutile ? = souffrance
→ on devine les scènes de ménage, il n’est pas d’accord avec ce qu’elle fait de sa vie et
visiblement il ne l’aime plus cf « amour véritable », dissonance du point de vue de la
définition de l’amour
- ponctuation forte, point d’exclamation, interjection « quoi », point d’exclamation =
question rhétorique → le couple n’est pas d’accord
=> querelle de couple sur la définition de l’amour => elle va donner sa propre définition

Non, Toby-Chien. Moi, j’aime ! J’aime tant tout ce que j’aime ! Si tu savais comme j’embellis
tout ce que j’aime, et quel plaisir je me donne en aimant ! Si tu pouvais comprendre de
quelle force et de quelle défaillance m’emplit ce que j’aime !…
- reprise du verbe « aimer » sous plusieurs formes conjuguées = figure de style du polyptote
Définition : le polyptote consiste à employer un mot d’une même nature sous différentes
formes grammaticales, par exemple un même verbe à différents temps de conjugaison,
comme ici
- affirmation du moi cf place en tête de phrase du pronom personnel « moi » = une
affirmation de la personnalité
→ Colette se définit par sa sensualité et sa passion pour l’amour. Mieux, elle prétend faire de
l’art avec l’amour cf « Si tu savais comme j’embellis tout ce que j’aime »
- sub de cond « si tu savais », « si tu pouvais comprendre » = renforcent sa capacité à vouloir
être heureuse, à rechercher le bonheur = Colette se définit par sa capacité à aimer
- vocab du pouvoir et son antonyme « force » vs « défaillance » (antithèse) = vocab de la
passion amoureuse
C’est cela que je nomme le frôlement du bonheur.
- présentatif « c’est » = définition du bonheur, une déf personnelle cf « que je nomme »
- sous forme métaphorique « le frôlement du » -> douceur, fragilité, côté éphémère du
bonheur, imperceptibilité
Le frôlement du bonheur… caresse impalpable qui creuse le long de mon dos un sillon
velouté, comme le bout d’une aile creuse l’onde…
- ap la déf, l’illustration par l’exemple (explicitation) avec une suite de phrases nominales
métaphoriques → le texte devient argumentatif (elle donne sa thèse – la définition du
bonheur- et l’illustre ensuite par des exemples)
→ la scène de ménage a eu la vertu de faire réfléchir la protagoniste qu’est Colette, mise en
scène elle-même sous le regard du chien et de l’avoir fait réfléchir à sa propre définition du
bonheur
- tout est poétique cf alliance du concret « caresse » et de l’abstrait « impalpable » → «
caresse impalpable » = oxymore
- tout est poétique dans son choix de métaphores et comparaison = sensualité cf caresse qui
part du haut du dos jusqu’en bas (érotisme à peine voilé) cf « sillon » = nvelle métaphore,
rapport au labour, à la terre + « onde » = eau → ode aux éléments premiers = célébration du
monde
Frisson mystérieux prêt à se fondre en larmes, angoisse légère que je cherche et qui m’atteint
devant un cher paysage argenté de brouillard, devant un ciel où fleurit l’aube, sous le bois où
l’automne souffle une haleine mûre et musquée…
- 2ème ex : personnification d’un frisson + valeur de l’adj mystérieux », le sel de l’existence
c’est aussi en pas tout savoir ou tout comprendre
- vocab du sensible « frisson », « angoisse » = ambivalence du sentiment amoureux : après
l’euphorie, la douleur
- recours aux saisons et à la nature dans les métaphores qui prennent vie cf « paysage
argenté » (quand le givre transforme les branches en argent), « un ciel où fleurit l’aube » (le
ciel devient jardin) + dernière personnification du souffle de l’automne, le vent transformé
en haleine d’un automne humanisé + « musqué » = parfum
Tristesse voluptueuse des fins de jour, bondissement sans cause d’un cœur plus mobile que
celui du chevreuil, tu es le frôlement même du bonheur, toi qui gis au sein des heures les plus
pleines… et jusqu’au fond du regard de ma sûre amie…
- dernière personnification sensuelle de la fin du jour cf « Tristesse voluptueuse des fins de
jour », la volupté, c’est le plaisir
- comparaison de l’agitation due au sentiment avec le gibier aux abois cf « bondissement
sans cause d’un cœur plus mobile que celui du chevreuil »
- « tu es le frôlement même du bonheur » = désignation de l’amante par sa déf du bonheur,
« tu es », fragilité du bonheur « frôlement » (déf = Léger et rapide contact d'un objet qui se
déplace le long d'un autre) → la caractéristique du frôlement est d’être imperceptible
- « les heures les plus pleines » = métaphore hyperbolique pour désigner les moments de
partage et leur profondeur cf « au fond du regard ». On ne s’ennuie plus quand on est
heureux. Ce qui compte pour elle, c’est l’amour. Uniquement. « Tu oserais dire ma vie
"inutile" ?… Tu n’auras pas de pâtée, ce soir ! »
- Colette a identifié le chien au mari : le « tu » est un mixe des deux et elle se venge sur le
chien ! - la menace passe par le futur et crée l’humour ! Parce qu’on sait très bien que le
chien ne comprend pas !
→ même au cœur du drame ou de la fin de l’amour avec le « Tu », le mari, Colette sait rester
drôle ! Elle joue avec son chien ; elle joue avec la vie, et la vie, qui n’est pas toujours
marrante, paraît plus légère !
Je voyais la brume de ses cheveux danser autour de sa tête qu’Elle hochait furieusement. Elle
était comme moi à quatre pattes, aplatie, comme un chien qui va s’élancer, et j’espérais un
peu qu’elle aboierait…
- retour au récit du chien cf « voyais » = imparfait
- métaphore « la brume de ses cheveux » = beauté de la protagoniste // « furieusement » =
autodérision
- « comme moi » = identification, identification entre l’humain et l’animal→ humour : ce qui
est drôle, c’est que le chien voudrait que sa maîtresse soit comme lui : l’identification part de
l’animal !
Cf « j’espérais un peu qu’elle aboierait » ! Rien de surprenant quand on connaît l’amour
inconditionnel des chiens pour leur maître.
- posture de la protagoniste ridicule et drôle « à quatre pattes ». Colette a le sens de
l’autodérision.
Ccl
Dans cet extrait qui réduit les hommes - le couple - aux « Elle » et « Il », ce sont les animaux qui
jugent les hommes et leur vanité, mais qui montrent en même temps ce qui compte vraiment
pour eux : le bonheur. Ou plus exactement la recherche du bonheur, seule motivation qui fait
que l’on ait envie de se battre, au risque de s’opposer à l’autre, celui qu’on quitte, voire à la
société tout entière. Cet extrait est révélateur de la condition de la femme au début du XXe
siècle, qui plus est quand elle s’affirme artiste de cabaret !
A partir de ce travail proposé par Mme Marie-France Gaillard, professeure de lettres au
Lycée Follereau de Belfort, et de l’explication de ce passage faite en cours, élaborez
votre fiche complète de révision pour une prestation orale de l’explication linéaire.
Introduction à rédiger à partir de la présentation de Colette et de la genèse des
Vrilles de la vigne sur le site des amis de Colette, de la situation du passage
proposée ci-dessus, formulez le fil conducteur et présentez les mouvements que
vous trouvez pertinents pour structurer votre explication.
Entraînez-vous à oraliser le développement et appropriez-le-vous.
Conclusion à rédiger en vous inspirant de celle proposée mais en l’adaptant à votre
propre lecture linéaire.
Entraînez-vous à la lecture à haute voix de ce passage pour en mettre en évidence
le sens.

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