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Ratsiaharovalaolive ESPA MAST 18

Ce mémoire présente la production de biogaz par méthanisation de la bouse de bovin dans le cadre d'un diplôme de Master en Génie Industriel à l'Université d'Antananarivo. Il aborde les principes de la méthanisation, les facteurs influençant la production de biogaz, ainsi que la conception et la réalisation d'une unité de méthanisation. Le travail a été soutenu par un jury composé de plusieurs professeurs et a été présenté par Monsieur RATSIAHAROVALA Olive.

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Ratsiaharovalaolive ESPA MAST 18

Ce mémoire présente la production de biogaz par méthanisation de la bouse de bovin dans le cadre d'un diplôme de Master en Génie Industriel à l'Université d'Antananarivo. Il aborde les principes de la méthanisation, les facteurs influençant la production de biogaz, ainsi que la conception et la réalisation d'une unité de méthanisation. Le travail a été soutenu par un jury composé de plusieurs professeurs et a été présenté par Monsieur RATSIAHAROVALA Olive.

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UNIVERSITE D’ANTANANARIVO

ECOLE SUPERIEURE POLYTECHNIQUE D’ANTANANARIVO

PARCOURS : GENIE INDUSTRIEL


MENTION : GENIE MECANIQUE ET INDUSTRIEL

MEMOIRE DE FIN D’ETUDE EN VUE DE L’OBTENTION

DU DIPLOME DE MASTER EN GENIE INDUSTRIEL

GRADE : INGENIEUR

Production de biogaz par


METHANISATION de LA bouse de
bovin

Présenté par : Monsieur RATSIAHAROVALA Olive

Rapporteur : Professeur RANDRIAMORASATA Josoa

Date de soutenance : Mardi 12 juin 2018 Promotion 2016


UNIVERSITE D’ANTANANARIVO
ECOLE SUPERIEURE POLYTECHNIQUE D’ANTANANARIVO

PARCOURS : GENIE INDUSTRIEL


MENTION : GENIE MECANIQUE ET INDUSTRIEL

MEMOIRE DE FIN D’ETUDE EN VUE DE L’OBTENTION

DU DIPLOME DE MASTER EN GENIE INDUSTRIEL

GRADE : INGENIEUR

Production de biogaz par


METHANISATION de LA bouse de
bovin

Présenté par : Monsieur RATSIAHAROVALA Olive

Rapporteur : Professeur RANDRIAMORASATA Josoa

Président du jury : Professeur RAKOTOVAO José Denis

Membres du jury :

 Monsieur RANDRIANATOANDRO Grégoire Harilahy


 Monsieur RAMAHAROBANDRO Germain
 Monsieur RAKOTONDRAINIBE Faniry
REMERCIEMENTS
Tout d’abord, nous remercions DIEU pour sa grâce et son aide. Il nous a donné la force et le
courage nécessaire pour achever ce présent mémoire.

Nous voulons aussi exprimer nos sincères gratitudes à :

 Monsieur ANDRIANAHARISON Yvon, Directeur de l’Ecole Supérieure


Polytechnique d’Antananarivo qui a assuré notre formation au sein de l’école;

 Madame RAKOTOMANANA Dina Arisoa, Chef de la Mention Génie Mécanique et


Industriel, qui n’a pas ménagé ses efforts et son temps pour nous donner des conseils
judicieux ;

 Monsieur RANDRIAMORASATA Josoa, professeur titulaire à l’ESPA, qui nous a


dirigés et encadrés tout au long de la réalisation de ce travail ;

 Monsieur RAKOTOVAO José Denis, professeur titulaire à l’ESPA, qui nous a fait
l’honneur de bien vouloir présider cette soutenance malgré ses obligations ;

 Aux membres du jury qui ont pris de leur temps pour juger ce mémoire :
 Monsieur RANDRIANATOANDRO Grégoire Harilahy, Enseignant
chercheur ;
 Monsieur RAMAHAROBANDRO Germain, Enseignant chercheur ;
 Monsieur RAKOTONDRAINIBE Faniry, Enseignant chercheur.

Nous adressons aussi nos plus vives reconnaissances à tous les enseignants de l’Ecole
Supérieure Polytechnique d’Antananarivo pour toutes les connaissances qu’ils nous ont
transmises durant ces cinq années d’études.

A toute la famille, nous témoignons notre profonde gratitude pour leur soutien moral et
financier.
Enfin, à nos collègues, à nos amis et à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la
réalisation du présent travail, qu’ils trouvent ici l’expression de notre sincère reconnaissance.

i
Liste des abréviations

AGLC Acides gras à longue chaîne

AGV Acides gras volatils

C Circonférence

CH4 Méthane

C/N Rapport Carbone/Azote

CO Monoxyde de carbone

CO2 Dioxyde de carbone

CH2NH2COOH Glycine (acide aminé)

CH3CH2OH Ethanol

CH3COOH Acide acétique

C3H7COOH Acide butyrique

CH3COO- Acétate

[(CH2O)n] Glucide

C6H12O6 Glucose

EPM Enquête Périodique auprès des Ménages

Fe2O3 Oxyde de fer

Fe2S3 Sulfate ferreux

G Biogaz produit par jour

GES Gaz à effet de serre

GNV Gaz Naturel pour Véhicules

h Hauteur

H2 Dihydrogène

ii
HCO3- Ions bicarbonates

H2O Eau

HPO3- Ions phosphates

H2S Hydrogène sulfuré

INSTAT Institut National de la Statistique

IP Indice de Profitabilité

K+ Potassium

MF Matière fraiche

MO Matière organique

MS Matière sèche

MV Matière volatile

N2 Diazote

Na+ Sodium

NH3 Ammoniac

NH4+ Ions ammoniums

OH- Ion hydronium

OLR Charge organique applicable

PCI Pouvoir calorifique inferieur

pH Potentiel hydrogène

Ppm Partie par million

PVC Polyvinylchloride (polychlorure de vinyle)

R Rayon

STEP Station d’épuration

iii
T Température

TIR Taux Interne de Rentabilité

USD United State Dollar

VAN Valeur Actuelle Nette

Vd Volume du digesteur

Liste des unités

Bars Bar

°C Degré Celsius

J Jour

J Joule

kg Kilogramme

L Litre

m3 Mètre cube

mbar Millibar

mm Millimètre

mm3 Millimètre cube

Pa Pascal

W Watt

% Pourcent

iv
Liste des figures

Figure 1 : Potentiel méthanogène de différents intrants (Source : Méthasim, 2010) ................. 7


Figure 2 : Modèle chinois (Fulford D. 1998) ............................................................................. 9
Figure 3 : Modèle indien (Lima Amarente J. A., 2010) ........................................................... 10
Figure 4 : Installation de biométhanisation .............................................................................. 11
Figure 5 : Schéma d’un procédé classique d’une unité de production du biogaz .................... 13
Figure 6 : Méthanisation en voie sèche .................................................................................... 14
Figure 7 : Méthanisation en voie humide ................................................................................. 15
Figure 8: Variations de la production du biogaz pour diverses températures en fonction du temps
de digestion (Al Seadi et al, 2008) ........................................................................................... 18
Figure 9 : Schéma d‘un digesteur à recirculation de digestat (Moletta, 2009) ........................ 20
Figure 10 : Schéma de principe de l‘agitation par introduction de biogaz (Moletta, 2009) .... 20
Figure 11 : Schéma d‘un agitateur mécanique par pales (Moletta, 2009) ................................ 21
Figure 12 : Etapes de la digestion anaérobie (Wikipédia 2011 ; Vedrenne F. 2007) ............... 25
Figure 13 : Produits issus des différentes étapes (Lima Amarente J. A., 2010)....................... 26
Figure 14 : Brûleur à biogaz fabriqué localement .................................................................... 29
Figure 15 : Lampe à biogaz ...................................................................................................... 29
Figure 16 : La cogénération ..................................................................................................... 31
Figure 17 : Epuration de biométhane ....................................................................................... 31
Figure 18 : Déshydratation du biogaz ...................................................................................... 34
Figure 19 : Schéma simplifié de l’extérieur du digesteur ........................................................ 45
Figure 20 : Mise en place du digesteur .................................................................................... 46
Figure 21 : Photos du digesteur ................................................................................................ 47
Figure 22 : Production de biogaz en fonction du temps de rétention ....................................... 48
Figure 23 : Photos du gazomètre .............................................................................................. 51
Figure 24 : Soupape de sécurité ............................................................................................... 52
Figure 25 : Manomètre en U .................................................................................................... 53
Figure 26 : Mélange de substrat ............................................................................................... 54
Figure 27 : Production de biogaz dans le gazomètre................................................................ 55
Figure 28 : Essai de combustion .............................................................................................. 56
Figure 29 : Photo de brûleur à gaz ........................................................................................... 57

v
Liste des tableaux

Tableau 1 : Classification des substrats...................................................................................... 6


Tableau 2 : Composition chimique moyenne du biométhane .................................................. 13
Tableau 3 : Production de biogaz selon le substrat (Fischer, 2007) ......................................... 16
Tableau 4 : Rapport C/N par portion (kg) de diverses matières premières .............................. 23
Tableau 5 : Teneur en eau du biogaz ........................................................................................ 33
Tableau 6 : Tableau des matériels nécessaires pour le digesteur ............................................. 42
Tableau 7 : Matériels nécessaires pour le gazomètre ............................................................... 49
Tableau 8 : Dépense annuelle par combustible ........................................................................ 60

vi
Table des matières

REMERCIEMENTS ................................................................................................................... i
Liste des abréviations ................................................................................................................. ii
Liste des unités .......................................................................................................................... iv
Liste des figures ......................................................................................................................... v
Liste des tableaux ...................................................................................................................... vi
Table des matières .................................................................................................................... vii
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
Partie I : GENERALITES .......................................................................................................... 3
Chapitre I : Quelques notions ................................................................................................. 4
1. Biomasse : ....................................................................................................................... 4
2. Substrat : .......................................................................................................................... 5
3. Digesteur : ....................................................................................................................... 7
4. Le gazomètre : ................................................................................................................. 8
4.1. Gazomètre à dôme fixe : .......................................................................................... 9
4.2. Gazomètre à dôme flottant : ................................................................................... 10
Chapitre II : La méthanisation .............................................................................................. 11
1. Quelques définitions :.................................................................................................... 12
2. Fonctionnement de la méthanisation : ........................................................................... 12
3. Types de méthanisation : ............................................................................................... 14
3.1. Méthanisation en voie sèche : ................................................................................ 14
3.2. Méthanisation en voie humide : ............................................................................. 15
4. Production de biogaz : ................................................................................................... 16
5. Facteurs importants dans la méthanisation : ................................................................. 17
5.1. La température : ..................................................................................................... 17
5.2. Le temps de rétention : ........................................................................................... 18
5.3. Le pH : ................................................................................................................... 19
5.4. L’agitation : ............................................................................................................ 19
5.5. L’humidité : ........................................................................................................... 21
5.6. Le rapport carbone/azote (C/N) ............................................................................. 21
5.7. Inhibiteurs de la méthanisation : ............................................................................ 24
6. Etapes de la méthanisation : .......................................................................................... 25

vii
6.1. Phase d’hydrolyse : ................................................................................................ 26
6.2. Phase d’acidogénèse : ............................................................................................ 26
6.3. Phase d’acétogénèse :............................................................................................. 27
6.4. Phase de méthanogénèse : ...................................................................................... 27
7. Utilisations du biogaz : .................................................................................................. 28
7.1. Par combustion : .................................................................................................... 28
a) Pour les ménages : ................................................................................................. 28
b) Pour les secteurs élevages et agricoles :................................................................. 30
7.2. Cogénération : ........................................................................................................ 30
7.3. Injection dans le réseau de distribution :................................................................ 31
8. Procédé d’épuration du biogaz : .................................................................................... 32
8.1. Désulfuration du biogaz : ....................................................................................... 32
8.2. Elimination du dioxyde de carbone CO2 : ............................................................. 33
8.3. Déshydratation du biogaz : .................................................................................... 33
9. Valorisation du digestat :............................................................................................... 34
9.1. Valeur fertilisante du digestat : .............................................................................. 34
9.2. Traitement du digestat : ......................................................................................... 34
9.3. Mode d’épandage du digestat : .............................................................................. 35
9.4. Valeurs structurantes pour le sol : .......................................................................... 35
PARTIE II : REALISATION ET RESULTATS ..................................................................... 36
Chapitre I : Réalisation ......................................................................................................... 37
1. Le substrat : ................................................................................................................... 37
1.1. Choix du substrat : ................................................................................................. 37
1.2. Stockage du substrat : ............................................................................................ 37
1.3. Mode de chargement : ............................................................................................ 38
2. Implantation de l’unité: ................................................................................................. 38
2.1. Accès à l’eau : ....................................................................................................... 38
2.2. Exposition du digesteur : ....................................................................................... 39
2.3. Sécurité et nuisance : ............................................................................................. 39
2.4. Distance par rapport à la consommation :.............................................................. 39
3. Préparation de la zone : ................................................................................................. 39
4. Conception du digesteur : .............................................................................................. 40
4.1. Le fonctionnement : ............................................................................................... 40

viii
4.2. Le matériau : .......................................................................................................... 40
4.3. La forme : ............................................................................................................... 41
4.4. Volume total Vd du digesteur : .............................................................................. 41
4.5. Méthode de fabrication : ........................................................................................ 42
a) Matériels nécessaires : ........................................................................................... 42
b) Processus de fabrication :....................................................................................... 42
4.6. Mise en place du digesteur :................................................................................... 46
4.7. Les accessoires : ..................................................................................................... 47
5. Le gazomètre et les conduites de gaz : .......................................................................... 48
5.1. Le gazomètre : ........................................................................................................ 48
a. Choix du gazomètre : ............................................................................................. 49
b. Matériaux nécessaires : .......................................................................................... 49
5.2. Les conduites de gaz : ............................................................................................ 51
a. Soupape de sécurité : ............................................................................................. 51
b. Manomètre : ........................................................................................................... 52
Chapitre II : Résultats ........................................................................................................... 54
1. Chargement initial du digesteur : .................................................................................. 54
2. Attente du démarrage : .................................................................................................. 54
3. Essai de combustion : .................................................................................................... 55
Chapitre III : Evaluation du besoin d’un ménage ................................................................. 58
1. Temps de fonctionnement : ........................................................................................... 58
2. Consommation en bois énergie du ménage : ................................................................. 59
3. Besoin en biogaz équivalent:......................................................................................... 60
4. Evaluation de la rentabilité:........................................................................................... 61
4.1. Evaluation du coût de l’installation : ..................................................................... 61
4.2. Evaluation de la rentabilité du projet pour la zone rurale : .................................... 61
4.3. Evaluation de la rentabilité du projet pour la zone urbaine : ................................. 63
5. Discussion des résultats :............................................................................................... 65
5.1. Pour la production en milieu rural : ....................................................................... 65
5.2. Pour la production en milieu urbain :..................................................................... 66
Partie III : IMPACT ENVIRONNEMENTAL ........................................................................ 67
1. Impacts positifs : ........................................................................................................... 68
1.1. Plan énergétique : ................................................................................................... 68

ix
1.2. Plan social : ............................................................................................................ 68
1.3. Plan environnemental : .......................................................................................... 69
1.4. Plan économique : .................................................................................................. 69
1.5. Plan agronomique : ................................................................................................ 70
2. Les impacts négatifs : .................................................................................................... 70
3. Atténuation des impacts : .............................................................................................. 71
CONCLUSION ........................................................................................................................ 73
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................... 75
ANNEXES ............................................................................................................................... 78

x
INTRODUCTION

1
Le besoin en énergies nouvelles à notre époque devient une nécessité absolue. En effet,
l’énergie fossile n’est plus satisfaisante du fait qu’elle ne peut pas se renouveler avant plusieurs
milliers d’années mais surtout qu’elle génère de graves nuisances et pollutions, entre autres les
émissions de gaz à effet de serre ayant pour conséquence le réchauffement climatique. Les
recherches ont amené à découvrir plusieurs types d’énergies nouvelles comme les énergies
renouvelables, parmi lesquelles l’énergie verte, qui est basée sur la valorisation des matières
organiques en énergie biomasse.
Notre travail s’intéresse surtout à la valorisation de cette énergie verte à Madagascar.
En effet, par le fait que Madagascar est encore un pays où l’agriculture et l’élevage sont la base
de la vie quotidienne de la population, il possède une large richesse en animaux d’élevages et
en produits de cultures. Cela signifie aussi un grand volume de déchets, que ce soit des déchets
des animaux ou ceux issus de l’agriculture. Ce travail se propose alors de valoriser les matières
organiques pour en extraire une nouvelle source d’énergie par la méthode de méthanisation afin
de minimiser non seulement la quantité de déchets, de réduire l’effet d’émanation de méthane
dans l’atmosphère, mais aussi d’atténuer les problématiques qui leur sont liés (odeurs,
maladies…). Face à la déforestation galopante à Madagascar, l’utilisation du biogaz revêt un
intérêt certain ne serait-ce que pour l’usage domestique, et elle constitue une alternative majeure
pour les nouveaux enjeux environnementaux et énergétiques.
Pour notre étude, nous allons donc concevoir et réaliser un prototype de méthaniseur en
respectant les contraintes et recommandations retrouvés dans la littérature. Cela nous permettra
de faire les analyses financières sur la pertinence du montage d’un tel appareil en milieu urbain
et rural. Des comparaisons de coût entre les différentes sources d’énergie seront alors possibles.
Passer en revue les différents impacts d’une telle réalisation sur l’économie en général, mais
surtout sur l’environnement ne seront pas oubliés.

2
Partie I : GENERALITES

3
Chapitre I : Quelques notions

1. Biomasse :
La biomasse peut être définie comme étant l’ensemble des matières organiques
biodégradables d’origine animale ou végétale, utilisée à des fins énergétiques. Les applications
de la biomasse sont multiples et souvent anciennes.
Hormis les usages domestiques et pour la fumure des champs, la biomasse a de tout
temps été utilisée comme combustible et comme matériau. Les applications de la biomasse
comme matières premières de la chimie et comme carburants, importantes au 19ème et au début
du 20ème siècle, redeviennent attractives avec la hausse du prix du pétrole.

 La biomasse comme biomatériau traditionnel ou innovant : citons le bois et ses


dérivés (papiers, cartons…), mais aussi le chanvre et autres plantes textiles, utilisés de plus en
plus comme isolant y compris dans du béton composite. L'amidon de céréales ou de pomme de
terre peut être utilisé pour la production de plastiques biodégradables et de nombreux autres
polymères.

 La biomasse comme matière première de la chimie : elle est utilisée pour produire
des tensioactifs, solvants, encres, peintures, résines, liants, lubrifiants, produits antigel… sans
oublier les nombreux principes actifs et huiles essentielles utilisés en pharmacie et en
cosmétique.

 La biomasse pour les biocarburants : les huiles de colza, de tournesol, de soja ou de


palme sont les matières premières de base pour fabriquer du biodiesel. L'utilisation des huiles
végétales pures comme carburant est possible mais rencontre encore des limites techniques. Le
bioéthanol est aujourd'hui produit à partir de la fermentation de blé, maïs, betterave ou canne à
sucre.

 La biomasse comme biocombustible pour produire de la chaleur et de l'électricité :


• Le bois, sous la forme traditionnelle de bûches mais aussi de plaquettes forestières (sous-
produits d'exploitation forestière broyés), d'écorces, de bois de récupération. Densifié,

4
notamment pour les usagers, le bois peut être présenté parfois sous forme de granulés ou de
briquettes.
• La paille, mais aussi des résidus de culture et des productions dédiées, peuvent être utilisés
comme combustibles.
• Le biogaz issu de la fermentation de déchets divers mis en décharge ou traités dans des
méthaniseurs (déchets verts, effluents d'usines agroalimentaires, déjections animales…) peut
également être brûlé à l'échelle industrielle.

2. Substrat :
Le substrat est la biomasse propre aux méthanisations. Ce type de biomasse peut
provenir de plusieurs origines autant dans les déchets que dans les cultures.

 Les déchets sont classés sous deux formes :


Formes solides : ils englobent les déchets industriels agro-alimentaires, papetières,
transformation du bois, agricoles, déchets verts ou ménagers.

Formes liquides : ils englobent les boues de stations d'épuration des eaux urbaines, les
déjections humaines et animales.

 Les cultures sont diverses telles que les plantes oléagineuses, les graminées
comme le maïs et la canne à sucre (plantes riches en carbone), le bois ...
Les détails sont représentés sous le tableau ci-dessous qui montre chaque type de
substrat qu’il soit d’origine animale ou végétale :

5
Tableau 1 : Classification des substrats

Canne à sucre, herbes, pailles séchées, rejets


Végétaux des cultures de thé, déchets céréaliers (riz,
maïs…)

Lisier de bétail (vache, cheval, bœuf, porc,


mouton, chèvre…), lisier de volailles,
Déchets d’origine animale
déchets d’abattoir (caillot de sang, rejet de
viandes), déchets de pêche, fourrure et laine

Matières fécales, urines, ordures organiques


Déchets d’origine humaine
domestiques, déchets de papiers

Huiles végétales, bagasse, déchets des


industries de tabac, déchets des usines agro-
Effluents industriels alimentaires, rejets des industries textiles
(coton), boues des usines sucrières et des
stations d’épuration

Sous-produits forestiers Feuilles mortes, branches, écorces

Déchets aquatiques Algues marines, jacinthes, herbes marines

Ces biomasses renferment des matières organiques dont les composants essentiels sont
les glucides, les protéines, les lipides. Elles sont toutes transformables en biométhane ;
cependant, leurs potentiels de production en gaz sont différents (pouvoir méthanogène). Les
matières à fort pouvoir méthanogène sont riches en graisses, en protéines et en hydrates de
carbone.

6
Le pouvoir méthanogène des substrats est montré par le graphique suivant à partir de la
production de méthane en mètre cube (m3) par tonne de matière brute :

Figure 1 : Potentiel méthanogène de différents intrants (Source : Méthasim, 2010)

3. Digesteur :

Le digesteur, aussi appelé réacteur à biogaz ou méthaniseur est l’installation où la


fermentation va se produire. C’est une enceinte confinée sans aération pour le développement
de la flore microbienne. Les matières organiques y subissent une décomposition bactérienne
avec émission de gaz. Le gaz se forme et remonte à la surface ; les boues digérées accumulées
au fond, appelées digestat, peuvent être vidangées et utilisées comme engrais. C’est pourquoi
le digesteur nécessite une attention particulière depuis sa conception et pendant son
exploitation.

7
La confection des digesteurs peut être obtenue soit par des réservoirs préfabriqués, soit des
dômes en brique ou en béton. On peut choisir le digesteur selon trois (3) types différents :

 Les digesteurs continus ;


 Les digesteurs discontinus ;
 Les digesteurs semi-continus conventionnels.

Les digesteurs continus : l’alimentation et la vidange du digesteur se font en permanence


avec une quantité entrante équivalente à celle sortante. Ils sont bien adaptés au traitement des
déchets liquides. Ce sont les plus fréquents car ce sont aussi les moins exigeants en
maintenance.

Les digesteurs discontinus, dits « batch » : les digesteurs sont remplis puis vidés
séquentiellement lorsque la production de biogaz chute ou devient nulle. La production de
biogaz n’est donc pas régulière. Ces systèmes, rustiques et d’une grande simplicité technique,
sont avantageux pour traiter les déchets solides comme les fumiers, les résidus agricoles ou les
ordures ménagères.

Les digesteurs semi-continus : le digesteur est progressivement rempli par des charges
successives convenablement réparties dans le temps. La vidange est réalisée lorsque le volume
utile du digesteur est atteint et que la production de biogaz n’est plus suffisante.

4. Le gazomètre :
Le terme « gazomètre » fut créé par William Murdoch, l'inventeur de l'éclairage au gaz,
dans les années 1800. Contrairement indiqué par son suffixe, ce n’est pas un appareil pour
mesurer un gaz mais un réservoir servant à stocker et à distribuer : que ce soit le gaz d’une ville,
le gaz naturel ou le biogaz à température ambiante et à une pression proche de la pression
atmosphérique. Le volume du gazomètre varie selon la quantité de gaz qu’il contient. Jusqu’à
ce jour, il y a eu plusieurs types de gazomètres utilisés à travers le monde mais les plus utilisés
dans la méthanisation sont le gazomètre à dôme flottant et le gazomètre à dôme fixe.

8
3.1. Gazomètre à dôme fixe :
Le gazomètre à dôme fixe est généralement utilisé dans les méthaniers à fosses. Les toitures
du digesteur sont en forme sphérique pour faciliter la direction du biogaz vers la sortie. Le
digesteur étant de type continu, la consommation journalière de biogaz doit équivaloir au
volume produit chaque jour. Ce qui évite une surpression à l‘intérieur du gazomètre.

Figure 2 : Modèle chinois (Fulford D. 1998)

9
3.2. Gazomètre à dôme flottant :
Le gazomètre à dôme flottant comme son nom l’indique, possède un volume variable selon
le volume du gaz à l’intérieur. Le toit se déplace longitudinalement avec la production de gaz.
Généralement, il est formé de deux parties : l’une, la base est de forme cylindrique à double
paroi ; et l’autre partie de même forme cylindrique mais est encastrée entre les parois de la base.
L’étanchéité est assurée par de l’eau dans les parois. Ce système est très indiqué pour les petites
unités de méthanisation.

Figure 3 : Modèle indien (Lima Amarente J. A., 2010)

10
Chapitre II : La méthanisation

La méthanisation est la fermentation microbienne anaérobie des matières organiques à


une certaine température pour obtenir un biogaz riche en méthane. Les bactéries dégradent
facilement les résidus riches en cellulose ou amidon, plus difficilement les résidus ligneux
(riches en bois).
Depuis des années, la méthanisation a connu un très important essor. Malgré le fait qu’il
n’y a eu que des valeurs expérimentales, cela n’a pas empêché son évolution afin d’augmenter
son rendement. Une unité de production et de valorisation du biogaz comprendra
essentiellement un hydrolyseur, un ou plusieurs digesteurs où se déroulent les réactions, un
gazomètre et un système de conversion du biogaz en d’autres formes d’énergie utile. Dans ce
chapitre, nous allons étudier chaque étape de la méthanisation.

Figure 4 : Installation de biométhanisation

11
1. Quelques définitions :
 Matière Fraîche (MF) : cela correspond au substrat brut (aussi appelée MB pour «
matière brute »).
 Matière Sèche (MS) : c’est la quantité de matière sèche dans le substrat (hors poids de
l’eau qu’il contient donc).
 Matière Organique (MO) : aussi appelée MV (Matière Volatile). Comme son nom
l’indique, c’est la quantité de matière organique (= carbonée) contenue dans la matière
du substrat. On s’intéresse au rapport MO/MS.
 Temps de Rétention Hydraulique (TRH) : c’est le temps de séjour moyen de la matière
dans le digesteur. Il représente le temps que met un certain pourcentage de la matière à se
dégrader. Il peut donc être très différent en fonction du substrat choisi.
 Charge Organique applicable (OLR) : en kg de MO par mètre cube et par jour (kg
MO/m3/j), dans un digesteur. La valeur (qui varie de 1,5 à 8 kg/m3/j) dépend du type de
digesteur et notamment de l’agitation. En général on prend environ 3 kg MO/m3/j pour
un réacteur continu à agitation intensive.

2. Fonctionnement de la méthanisation :
Pour former le biogaz, les intrants doivent d’abord passer par plusieurs étapes et certains
facteurs doivent être respectés pour obtenir un rendement optimal. Le fonctionnement de la
méthanisation est très similaire au système digestif de l’homme. En effet, la nourriture, qui est
broyée ensuite digérée dans l’estomac, est liquéfiée puis stockée pour obtenir à la fin du gaz et
des résidus. De même, les intrants doivent être broyés et brassés, pour avoir un mélange
homogène avant de les envoyer dans le digesteur et faciliter la réaction biologique.
Le gaz, qui se dégage lors de la réaction de méthanisation, n’est pas du méthane pur mais
un mélange de différents gaz dans des proportions variables selon le substrat :

12
Tableau 2 : Composition chimique moyenne du biométhane
Gaz Concentration en %

Méthane (CH4) 50-90

Dioxyde de carbone (CO2) 10-40

Dihydrogène (H2) 1-3

Diazote (N2) 0.5-2

Hydrogène sulfuré (H2S) 0.1-0.5

Monoxyde de carbone (CO) 0.0-0.1

Figure 5 : Schéma d’un procédé classique d’une unité de production du biogaz

13
3. Types de méthanisation :
Le type de méthanisation dépend du substrat utilisé qu’il soit de type solide ou liquide. Ces
substrats sont classés à partir du taux de Matière Sèche (MS) contenu dans la matière brute.

3.1. Méthanisation en voie sèche :


La méthanisation en voie sèche concerne surtout les intrants qui ont un taux de matière sèche
élevé (entre 15% et 40%). Elle est destinée à traiter les déchets solides ; idéale pour une petite
exploitation individuelle, des installations moins sophistiquées suffisent.
Le seul inconvénient est que la production de biogaz n’est pas stable du fait du chargement et
du déchargement dans le digesteur. Il faut donc utiliser plusieurs digesteurs en alternant le cycle
de méthanisation. Ces digesteurs sont souvent utilisés pour le traitement des déchets
municipaux.

Figure 6 : Méthanisation en voie sèche

14
3.2. Méthanisation en voie humide :
Cette voie concerne les substrats ayant un taux de matière sèche faible (inférieur à 15%). Elle
utilise les effluents liquides comme les lisiers et les boues d’épurations. L’avantage des
effluents liquides est qu’en plus de leur méthanisation en voie humide, ils peuvent être utilisés
comme dilution des déchets solides parce qu’ils sont plus riches en flore microbienne. Elle est
plus répandue que le mode en voie sèche au niveau industriel et agricole. L‘inconvénient de
cette technique est sa forte demande en eau, par contre on remarque une production importante
de digestat.

Figure 7 : Méthanisation en voie humide

15
4. Production de biogaz :
La quantité de biogaz produit dépend de la matière organique utilisée comme le montre le
tableau ci-dessous :

Tableau 3 : Production de biogaz selon le substrat (Fischer, 2007)

Catégories de matière Matière sèche Production


organique
(%) (m3/t de matière fraîche)

Lisier de porcs 6 16-23

Lisier de bovins 8 13-32

Fumier de volailles 24 61-112

Déchets domestiques 20 126

Foin (ensilage) 30 145

Maïs (ensilage) 30 197

Gras 25 238

Ces résultats sont le fruit des méthodes empiriques où l’estimation du biogaz produit est obtenue
sur la base des expériences de laboratoire.
Des études ont montré qu’en mélangeant certains substrats dans ces catégories, on peut obtenir
un meilleur rendement qu’utiliser un même type de substrat dans un méthaniseur. En effet,
d’après ce tableau, le maïs et les matières grasses sont les substrats qui produisent le plus de
méthane (197 et 238 m3/t de matière fraiche). Mais ce sont les déjections animales qui possèdent
les flores microbiennes indispensables à la méthanisation. Un mélange entre ces deux ou

16
plusieurs substrats peut accroître énormément le rendement méthanique (M. E. Afilal, N.
Belkhadir, H. Daoudi, O. Elasri). On parle alors de «co-substrats» et donc de «co-digestion».

5. Facteurs importants dans la méthanisation :


Plusieurs facteurs doivent être pris en compte dans la méthanisation parce que la digestion
anaérobique est très sensible à la moindre variation. Afin de stabiliser la production de biogaz,
il faut tenir compte de :

5.1. La température :
La régulation de la température est très importante. Les bactéries anaérobiques ont besoin d’une
température optimale pour leur développement. L’activité des bactéries méthanogènes est
optimale à trois températures différentes :

 Digestion psychrophile : température entre 15°C à 25°C


 Digestion mésophile : température de 25°C à 45°C
 Digestion thermophile : température de 45°C à 55°C

Si le climat est défavorable (en période d’hiver par exemple), le maintien de la température par
un chauffage est nécessaire. L’apport de chaleur est important pour stimuler l’activité des
bactéries donc à accélérer le processus de fermentation et la production de biogaz.
Le chauffage peut être réalisé selon plusieurs systèmes :

 Par un échangeur de chaleur externe ou interne ;


 Par circulation d'eau chaude dans une jaquette périphérique ;
 Par une paroi chauffante ou un serpentin immergé dans le fermenteur.

En plus, les digesteurs ont besoin d’une isolation thermique. Cette dernière permet de maintenir
une température relativement stable parce qu'un brusque changement supérieur à 3° C peut
bloquer la production de biométhane.
Les matériaux d'isolation peuvent être d'origine synthétique (polyuréthane expansé, polystyrène
expansé3...) ou d'origine naturelle (laine de verre, laine de roche, terre, argile granulaire
expansée...).

17
5.2. Le temps de rétention :
Le temps de rétention dans le digesteur dépend de la température, du taux de matière sèche, de
la nature et de la composition du substrat à laquelle il est soumis.
Comme dit précédemment, la formation des micro-organismes est proportionnelle à la
température. Elle est plus rapide avec la montée de la température, donc plus la température est
élevée, plus le temps de rétention dans le digesteur diminue. D’autre part aussi, plus le substrat
est riche en eau et en particules fines, plus la digestion est rapide.
La production de biogaz est fonction de la température et du temps de rétention comme le
montre le graphique ci-dessous :

Figure 8: Variations de la production du biogaz pour diverses températures en fonction du


temps de digestion (Al Seadi et al, 2008)

D’après ce graphique, le temps moyen de séjour pour la digestion psychrophile est de 8


semaines.
Pour la digestion mésophile, le temps moyen de séjour est de 3 semaines.
Pour la digestion thermophile, le temps de séjour moyen est réduit de 10 à 15 jours.

18
5.3. Le pH :
Les bactéries méthanogènes sont sensibles à la concentration du milieu où elles se trouvent.
Elles exigent un pH neutre ou légèrement alcalin. Généralement, on considère que les variations
doivent être maintenues dans une fourchette située entre 6,4 et 7,8 pour que les fermentations
soient stables (Al Seadi et al 2008).
Si le pH du milieu est acide par accumulation d’acides gras volatils, la fermentation est stoppée.
La régulation du pH est assurée principalement par les bicarbonates HCO3- (Morelli et al, 1990;
Turovskiy et al. 2006) et dans une faible mesure par les ions phosphates (HPO3-) (Florencio et
al. 1996).
A un pH voisin de la neutralité, la formation des ions HCO3- est principalement due à
l‘interaction entre les ions NH4+ provenant de la dégradation des protéines et le CO2 dissous,
suivant les réactions :
Protéines → NH3 + H2O → NH4+ + OH-
CO2 + OH- → HCO3-

Ces ions permettent de neutraliser les acides organiques libérés.


Sinon si le pH est basique, ceci entraine une production des éléments sulfato-réducteurs,
inhibiteurs (H2S, H2,…).

5.4. L’agitation :
Une agitation continue est nécessaire pour éviter la formation de croute à la surface du substrat
et une décantation des particules denses pendant la fermentation. De plus, elle permet de
faciliter l’échappement du biogaz et facilite la dégradation de la matière organique.
Les méthodes d’agitation sont de plusieurs types :

19
 Agitation par recirculation de digestat en tête de réacteur :
Le digestat est repris en sortie et mélangé avant d‘être réintroduit en tête du digesteur. Cette
technique est appliquée en fermentation sèche (Moletta, 2009).

Figure 9 : Schéma d‘un digesteur à recirculation de digestat (Moletta, 2009)

 Agitation pneumatique par recirculation de biogaz :


Le biogaz est apporté par des buses qui sont réparties au bas du réacteur de méthanisation. Il
est introduit séquentiellement toutes les 20 minutes zone par zone (Moletta, 2009).

Figure 10 : Schéma de principe de l‘agitation par introduction de biogaz (Moletta, 2009)

20
 Agitation mécanique par pales :
Des pales sur un axe vertical, longitudinal ou transversal tournent et assurent le mélange. Cette
agitation peut être complétée par un agitateur interne fixé sur la paroi du digesteur (Moletta,
2009).

Figure 11 : Schéma d‘un agitateur mécanique par pales (Moletta, 2009)

5.5. L’humidité :
La présence d’eau est indispensable dans la méthanisation parce qu’elle a une grande influence
sur l‘action des bactéries, principalement dans le cas où sa teneur est basse. L’humidité
minimale est de 60 à 70 % avec un maximum environnant 80 %. Dans tous les cas, l’humidité
des déchets doit être suffisante pour que l’hydrolyse, première étape de la méthanisation, puisse
se dérouler normalement. Si au contraire l’humidité est insuffisante, l’acidification se fait trop
vite au détriment de la méthanisation, de ce fait le substrat organique doit être très dilué : 85 à
90 % d’eau avec 10 à 15 % de matière sèche. (Tou I. et al 2001).

5.6. Le rapport carbone/azote (C/N)


La proportion entre le carbone et l‘azote présents dans la matière organique est importante pour
le bon fonctionnement des réacteurs. Des études indiquent que la bonne proportion se situe
entre 20/1 et 30/1 (20/1; c'est-à-dire 20 parties de carbone par partie d'azote), 25/1 étant le ratio
idéal (Ostrem, 2004).

21
Une augmentation de l‘apport en azote peut mener à une production accrue d‘ammoniac, ce qui
peut nuire aux microorganismes et inactiver la méthanisation (Rapport et al. 2008).
De même, si le rapport C/N est élevé, la valeur de pH augmentera, ce qui aura un impact toxique
sur les microorganismes et par conséquent une faible production de biogaz (Van Der Wal et al
1979).

22
Tableau 4 : Rapport C/N par portion (kg) de diverses matières premières
Matières premières Rapport C/N
Urine 0.8
Purin 2-3
Sang séché 3
Lisier de porc 5-7
Matières fécales 6 - 10
Matières végétales vertes 7
Poudre d'os 8
Lisier de bovins 8 - 13
Humus, terre noire 10
Vieux compost de fumier 10
Fumier frais de poule 10
Résidus de curage des fossés 10 - 15
Boues d'épuration domestique 11
Déchets de cuisine 12 - 20
Gazon 12 - 25
Déchets de légumes 13
Déchets de brasserie 15
Fanes de légumineuses 15
Luzerne 16-20
Marc de café 20
Fumier de bovins 20
Herbe 20
Déchets de jardin 20-60
Fanes de pommes de terre 25
Fumier de cheval 25
Aiguilles de pin 30
Tourbe noire 30
Ordures domestiques 30-40
Tourbe brune ou blonde 30-50
Feuillages 30-60
Résidus de culture de champignons 40
Paille de légumineuses 40-50
Feuilles mortes 45
Paille d'avoine 50-60
Paille de seigle 65
Paille de millet 70
Paille de blé 70-150
Écorce 100-130
Bois de taille 100-150
Sciure fraîche 100-500
Sciure en voie de décomposition 200

23
5.7. Inhibiteurs de la méthanisation :
Outre les facteurs physico-chimiques, comme le pH et la température, plusieurs substances
peuvent avoir un effet nocif sur la digestion anaérobie.

 Ammoniac (NH3) :
L’ammoniac en concentrations au-delà de quelques grammes par litre peut inhiber la phase
méthanogène de la digestion anaérobie. Ces concentrations de NH3 peuvent être causées par un
apport élevé de matières riches en protéines, comme les restes d’élevage et les déchets
agroalimentaires (Amarante J. 2010 ; Amahrouch A. 2010).

 Sulfure d’hydrogène (H2S) :


Des substrats riches en protéines soufrées et en sulfates peuvent mener à une augmentation de
la production de H2S. Il est également toxique pour les microorganismes méthanogènes, en plus
d’être corrosif pour les matériaux (Amarante J. 2010 ; Amahrouch A. 2010).

 Substances toxiques :
Les hydrocarbures aliphatiques chlorés et les acides gras à longue chaîne (AGLC) sont les
substances organiques les plus toxiques pour la digestion anaérobie ; les antibiotiques et les
antiseptiques entravent également le développement des bactéries méthanogènes.

 A propos des éléments inorganiques :


Les plus toxiques sont les cations comme le sodium (Na+), le potassium (K+) et les métaux
lourds comme le cuivre, le nickel, le zinc et le plomb, en plus du NH3 et du H2S (Amarante J.
2010 ; Amahrouch A. 2010).

24
6. Etapes de la méthanisation :
Comme il s’agit d’un procédé de fermentation en absence d’oxygène, il doit être réalisé à
l’intérieur du digesteur qui contient les différents microorganismes nécessaires au déroulement
de la réaction biochimique. Généralement, Le processus microbiologique de la production de
biométhane peut se résumer en quatre (4) phases:

 La phase d’hydrolyse
 La phase d’acidogénèse
 La phase acétogénèse
 La phase de méthanogénèse

Figure 12 : Etapes de la digestion anaérobie (Wikipédia 2011 ; Vedrenne F. 2007)

25
Figure 13 : Produits issus des différentes étapes (Lima Amarente J. A., 2010)

6.1. Phase d’hydrolyse :


Cette première phase consiste à dégrader les molécules organiques complexes en monomères.
Les composés tels que les polysaccharides (comme la cellulose), les glucides, les lipides et les
protéines sont hydrolysés par des bactéries hydrolytiques (Bacteroides ruminicola,
Bifidobacterium etc.), en molécules simples : sucres simples, acides aminés, en glycérol et
acides gras. L’hydrolyse de la cellulose et des lipides est parfois lente et peut limiter le taux
global de dégradation par le procédé de méthanisation.

6.2. Phase d’acidogénèse :


Cette phase, appelée aussi phase fermentative, se traduit souvent par une acidification du milieu.
La fermentation des molécules simples issues de la phase précédente génère des alcools tels
que le méthanol, l'éthanol, le propanol, le butanol et des acides organiques à courte chaîne (2 à
6 carbones) : les acides gras volatils (AGV) comme l'acide acétique (CH3COOH), l'acide
propionique, l'acide butyrique, avec libération d’ammonium (NH4+); de dioxyde de carbone
(CO2) et d'hydrogène (H2) résultant de la conversion des lipides et des protéines. Elle est
généralement rapide en raison du fort taux de croissance des bactéries mises en jeu.

26
6.3. Phase d’acétogénèse :
Cette étape permet la transformation des divers composés issus de la phase précédente en
précurseurs directs du méthane : l’acétate (CH3COO-) d’une part, le dioxyde de carbone (CO2)
et le dihydrogène (H2), d’autre part. Cette phase est réalisée par les bactéries acétogènes comme
Pelobacter, carbinolicus, Synthrophobacter wolinii, Synthrophomonas wolfei, Clostridium
thermoaceticum, Clostridium jormicoaceticum, Methanobacillus omelianskii, Desulfovibrio
etc. Cependant, l’accumulation d’hydrogène bloque leurs développements, il doit être éliminé
au fur et à mesure par les bactéries méthanogènes consommant l'hydrogène, soit par les
bactéries sulfato-réductrices (réduction des sulfates en sulfures). Elle permet une croissance
rapide des bactéries spécifiques et n’est pas limitative pour le taux de dégradation.

6.4. Phase de méthanogénèse :


Cette phase est anaérobie stricte et requiert une faible agitation de l’effluent. Les bactéries qui
procèdent à cette phase sont sensibles à la température de fonctionnement et au pH. La
méthanogénèse conduit à la formation de méthane par deux voies distinctes :

 La voie de l’hydrogène combiné au dioxyde de carbone :


L’hydrogène est utilisé par les bactéries méthanogènes hydrogénophiles (Methanobrevibacter
et Methanobacterium etc.) pour réduire le dioxyde de carbone en méthane selon la réaction
chimique :
CO2 + 4 H2 → CH4 + 2 H2O

 La voie acétoclastique où l’acide est transformé en méthane :


L’acétate est transformé par les bactéries méthanogènes acétoclastes (Methanosarcina,
Methanococcus, Methanosaeta etc.) en méthane selon la réaction chimique :
2 CH3COOH + 2 CO2 + 4 H2 → 3 CH4 + 3 CO2 + 2 H2O

D’autres réactions chimiques individuelles surviennent aussi outre celles citées plus
hautes (Ross E., McKinney) :

 L’acide butyrique est décomposé en méthane :


2 C3H7COOH + H2O → 5 CH4 + 3 CO2
 L'oxydation de l'éthanol par le CO2 pour produire du méthane et de l'acide acétique :

2 CH3CH2OH + CO2 → CH4 + 2 CH3COOH

27
 La décomposition des glucides [(CH20) n] en méthane et en gaz carbonique :

C6H12O6 → 3 CH4 + 3 CO2 + H2O


Glucose
 La décomposition des protéines en acides aminés (exemple de la glycine) qui à leur tour
produisent le méthane, le gaz carbonique et l'ammoniac en quantités variables :

4 CH2NH2COOH + 2 H20 → 3 CH4 + CO2 + 4 CO2 + 4 NH3


Glycine gazeux fixé

7. Utilisations du biogaz :
Le biogaz, produit de la méthanisation est utilisé pour satisfaire les besoins énergétiques sous
toutes les formes utiles de façon individuelle ou combinée. Le choix de son usage se fera en
fonction du contexte local, de la quantité et de la qualité du biogaz produit et des possibilités
techniques et économiques du moment. Actuellement, le biogaz est valorisé le plus souvent
pour :

 La combustion
 La cogénération
 En tant que biocarburant
 Injection dans le réseau de gaz naturel

7.1. Par combustion :


On brûle le biogaz pour utiliser la chaleur ainsi produite. Cette voie se divise aussi en plusieurs
secteurs :
a) Pour les ménages :
Pour les petites unités de méthanisation, le gaz produit est directement utilisé pour couvrir les
besoins en énergie de la famille, principalement pour la cuisson et l’éclairage.

28
Pour la cuisson, l’utilisation d’un brûleur à gaz est nécessaire. Le principe étant identique à
celui des cuisinières à gaz basiques, le brûleur est raccordé directement au gazomètre, une vanne
servira à régler le débit. Les brûleurs destinés à fonctionner avec le butane sont adaptables au
biogaz.

Figure 14 : Brûleur à biogaz fabriqué localement

Pour le cas de l’éclairage, les lampes à butanes habituellement employées en milieu rural sont
aussi adaptables après quelques modifications au niveau de leur gicleur et des entrées d’air.

Les lampes chinoises à pétrole (« Red Heart ») et à piston peuvent donner de résultats de
meilleures qualités et sont plus robustes.

Figure 15 : Lampe à biogaz

29
b) Pour les secteurs élevages et agricoles :
Là également le gaz est brûlé dans une chaudière pour en récupérer la chaleur. Une partie de
l’eau chaude ainsi produite (environ 30 %, sous forme d’eau chaude à 85-90°C) est
généralement réservée au chauffage du digesteur pendant les saisons froides, le reste est utilisé
pour chauffer les bâtiments en supplément du système de chauffage central de l’habitation, ou
pour sécher des produits agricoles (fourrages, foins, …), du bois, ou des matériaux, réfrigérer
des aliments, etc.
Le biogaz peut ainsi remplacer le gaz propane ou le gaz naturel utilisés dans un grand nombre
de bâtiments d’élevage et d’habitation ou de lotissement.

7.2. Cogénération :
Les installations de méthanisation sont, la plupart du temps, utilisées pour la cogénération. Elle
consiste à produire simultanément de l’électricité et de la chaleur à partir de la combustion du
gaz. Le biogaz utilisé doit au préalable subir une opération de déshumidification et de
désulfuration.
Le module de cogénération est constitué d’un moteur au biogaz ou d’une turbine à vapeur reliée
à une chaudière au biogaz entraînant un générateur de courant électrique, l’alternateur. La
chaleur est prélevée sur le système de refroidissement du bloc-moteur et des fumées. La
circulation d’un fluide caloporteur permet de valoriser cette chaleur. Une série d’échangeurs
permet une récupération maximale de l’énergie thermique.
Comme précédemment, une partie de la chaleur est destinée au chauffage du digesteur et le
reste aux besoins de l’exploitant.
La qualité du gaz doit être améliorée pour obtenir les meilleurs rendements possibles. Le
rendement électrique est généralement de l’ordre de 35%, mais la récupération de l’énergie
thermique permet d’atteindre un rendement global de 80%.

30
Figure 16 : La cogénération

7.3. Injection dans le réseau de distribution :


Cette valorisation nécessite l’épuration du biogaz. Elle doit répondre aux normes appliquées
sur le gaz naturel. Une fois purifié à un degré similaire à celui du gaz naturel, c’est-à-dire
minimum pur à 96% en méthane, sans vapeur d’eau ni dioxyde de carbone, le biogaz peut être
injecté dans le réseau de distribution de gaz naturel ou utilisé comme carburant pour les
véhicules fonctionnant au gaz naturel (GNV).
Cependant, le biogaz nécessite une compression supplémentaire à 200 bars avant son utilisation
comme carburant automobile. De ce fait, cela nécessite des coûts d’investissement très élevés
et une installation importante.

Figure 17 : Epuration de biométhane

31
8. Procédé d’épuration du biogaz :
Pour éviter l’usure des équipements utilisés, il est important de suivre un procédé d’épuration
du biogaz.
Le biogaz est une composition de méthane, de dioxyde de carbone, des traces de sulfure
d’hydrogène et d’eau. Le sulfure d’hydrogène et l’eau sont souvent la cause des usures des
équipements, qui par réaction, forment l’acide sulfurique dont le degré de corrosivité est
supérieur à celui du sulfure d’hydrogène.
La qualité de biogaz dépend donc de la teneur en méthane et en sulfure d’hydrogène.
Quelques procédés peuvent épurer le biogaz mais le coût d’investissement peut être élevé.

8.1. Désulfuration du biogaz :


Le sulfure d’hydrogène est un gaz toxique, caractérisé par une odeur nauséabonde et par une
action corrosive sur les pièces en fer ou en cuivre. Son élimination s’avère donc utile. Les
fabricants de moteur à biogaz recommandent un biogaz sec et un taux de H2S inférieur à 0.15%.
Il existe plusieurs méthodes de désulfuration du biogaz. Cependant, la fixation du sulfure
d’hydrogène par l’oxyde de fer (rouille) est le moyen le plus utilisé et le moins coûteux pour
réduire la quantité d’H2S dans le biogaz. Cette technique consiste à faire passer le biogaz à
travers une colonne remplie de copeaux d’acier ou de fer oxydés.

L’élimination du H2S se fait selon la réaction de fixation suivante :


3 H2S + Fe2O3 → 3 H2O + Fe2S3

La réaction de régénération de l’oxyde de fer s’exprime en:


2 Fe2S3 + 3 O2 → 2 Fe2O3 + 3 S2

Durant la phase de régénération, cette limaille de fer est exposée à l'air afin de décomposer le
sulfure de fer (Fe2S3) formé en oxyde de fer (Fe203) et en sulfure élémentaire (S2). Cette
technique est simple à mettre en place mais présente des problèmes de sécurité et de saturation
du produit ferreux.

32
8.2. Elimination du dioxyde de carbone CO2 :
Le dioxyde de carbone est un gaz inerte, sa présence augmente seulement le volume de stockage
du biogaz et son élimination est très couteuse, donc pour une utilisation réduite ou pour des
petits volumes de biogaz, elle n’est pas nécessaire.
Le dioxyde de carbone est éliminé soit par barbotage du biogaz dans un volume important d’eau
avec un renouvellement fréquent de celle-ci, soit par passage du biogaz sur la chaux dont la
régénération n’est pas facile et dont la consommation théorique est coûteuse, de l’ordre de
2.5kg de chaux vive par m3 de CO2.

8.3. Déshydratation du biogaz :


Le pourcentage volumique de vapeur d’eau dans le biogaz est proportionnel à la température
du biogaz selon le tableau ci-dessous :

Tableau 5 : Teneur en eau du biogaz

Température de biogaz Teneur en eau du biogaz % volumique d’eau dans

(°C) (g/m3) le biogaz (%)

20 20 2.5

30 33 4.1

40 53 6.6

Le pourcentage du méthane détermine le pouvoir calorifique inférieur (PCI) du biogaz, et une


haute teneur en eau peut réduire ce pouvoir. Il existe des moyens très simples et très utilisés
pour déshumidifier le biogaz comme :

 Installer des pièges à eau dans les points déclives du réseau de gaz : dans les conduites
de gaz, mettre un raccord en T et une bouteille pour récupérer l’eau condensée.

 Installer des filtres à pierres avant les points d’utilisations du biogaz. Cependant, ce
procédé n’est efficace que si le filtre est plus froid que le biogaz.

33
Figure 18 : Déshydratation du biogaz

9. Valorisation du digestat :
Le digestat est la matière extraite à la sortie du digesteur après la fermentation et l’extraction
du biogaz. Il ne dégage pas d’odeur et se présente sous forme de compost ou d’effluent liquide.
La méthanisation engendre très peu de réduction de volume pour les substrats pauvres en
matière sèche (les effluents liquides, les lisiers par exemple). Les substrats avec une forte teneur
en matière sèche seront beaucoup plus dégradés. Au final, en méthanisation agricole,
généralement une perte de 5 à 15% de volume est observée.

9.1. Valeur fertilisante du digestat :


Le digestat contient essentiellement la même quantité de fertilisants (azote, phosphore,
potassium, etc.) que le lisier brut et présente un volume presque équivalent. La forme minérale
de l’azote et du phosphore a toutefois été améliorée par la digestion. L’azote se retrouve sous
forme d'ion Ammonium NH4+ dans le digestat. L'ammonium est une forme d'azote plus
facilement assimilable par les plantes lors de leur épandage mais il est très volatil et facilement
lessivable.

9.2. Traitement du digestat :


Le digestat lui-même peut être tout de suite utilisé comme engrais ou d’abord soumis à un
traitement aérobie pour séparer la phase liquide de la phase solide. Les parties solides et liquides
du digestat peuvent être séparées à l'aide d'un équipement de filtration, d’un système de presse...
Le digestat liquide peut être partiellement ou totalement recyclé pour préparer un nouveau

34
mélange de matières organiques fraiches. Le digestat solide sera ensuite utilisé comme
fertilisant agricole dont les qualités deviennent plus grandes par rapport à des déchets
organiques non méthanisés.

9.3. Mode d’épandage du digestat :


Pour éviter l’émanation et l’évaporation rapide de l’ammonium, des règles élémentaires
doivent être appliquées pour que l’azote, conservé et transformé lors du processus de la
biométhanisation, puisse être efficacement assimilé par les cultures agricoles. Il s'agit
notamment:
 De couvrir la fosse de stockage du digestat ;
 Durant l'épandage sur les terres agricoles, d’enfouir rapidement le digestat dans
le sol.

9.4. Valeurs structurantes pour le sol :


Après la méthanisation, le taux de matières organiques du lisier est grandement diminué. La
réduction attendue de la charge organique est de 80 % et plus. Par contre, la matière organique
nécessaire pour la restructuration du sol, celle qui formera l'humus, est conservée lors de la
biométhanisation. Le traitement réduit également de façon significative le nombre d’agents
pathogènes.

35
PARTIE II : REALISATION
ET RESULTATS

36
Chapitre I : Réalisation

La conception de l’unité de méthanisation est modulée par le contexte de la situation actuelle


de la population. Madagascar est un pays où l’agriculture et l’élevage tiennent encore une place
importante dans son économie. De ce fait, la richesse en matières organiques biodégradables
peut être largement transformée en biogaz pouvant compléter ou même satisfaire la totalité du
besoin en énergie usuelle.

1. Le substrat :
1.1. Choix du substrat :
Le choix du substrat porte surtout sur la disponibilité et la quantité de la biomasse au lieu
d’implantation de l’unité.

 La disponibilité : la biomasse peut être disponible de façon saisonnière comme les


déchets agricoles d’une campagne de récolte ou de manière continue durant toute l’année.

 La quantité : cette quantité est définie par le besoin journalier du digesteur, c’est-à-dire
la charge journalière de ce dernier. Cependant, c’est la disponibilité de la biomasse qui
déterminera le volume utile du digesteur, et ainsi la charge journalière de celui-ci.

Avec ces paramètres, le substrat utilisé dans notre unité de méthanisation sera la bouse
bovine.
Malgré son potentiel méthanogène faible, la bouse contient toutes les bactéries favorables à la
méthanisation. Cela facilite son utilisation en tant que substrat. L’apport de déchets organiques
ménagers dans la méthanisation se fera ultérieurement.
Les fumiers bovins sont généralement utilisés comme engrais dans les cultures. Comme son
usage n’est pas permanent dans l’année, il y a donc un laps de temps où personne n’en a pas
besoin. Ainsi, pour éviter une accumulation importante de fumiers, une grande partie pourra
être valorisée dans la méthanisation.

1.2. Stockage du substrat :


Dans cette étude, la bouse a été récupérée auprès d’un éleveur particulier. La collecte est
facile lorsque les bœufs sont concentrés dans une zone réduite (étable) pendant la nuit. Par
contre, elle est un peu plus ardue lorsque durant la journée, le bétail est soit en divagation, soit

37
aux champs ; les zones seront alors trop étendues voire trop éloignées pour que l’on puisse
procéder à une collecte.
Une partie est entassée et stockée dans un même endroit pour faciliter son utilisation ultérieure
à la ferme.
Quant à la partie destinée à la méthanisation, le fumier collecté est amené vers le site pour
faciliter son traitement. Le substrat est stocké dans un endroit frais à l’abri du soleil et du vent,
couvert pour éviter qu’il ne dessèche trop rapidement et pour éviter également les mauvaises
odeurs.

Il pourra ainsi être stocké pendant plusieurs jours au moins dans l’attente du chargement dans
le digesteur.

1.3. Mode de chargement :


Les déjections bovines sont constituées de substance semi-solide dont la teneur en matière sèche
est de 13% de fumier (13% MS/MF) et la teneur en matière organique est de 67% de matière
sèche (67% MO/MS).
Le mode de chargement du substrat dans le digesteur dépend de plusieurs facteurs selon le type
de méthanisation. Dans notre étude, le substrat méthanisé sera de type humide. Le mélange de
la bouse et de l’eau se fait suivant le ratio 1 : 1 (1 litre de bouse fraiche est mélangée et diluée
dans 1 litre d’eau).
La production de biogaz de la bouse de vache est estimée à 250 Litres de CH4 par kg de MO.

2. Implantation de l’unité:

Le lieu de l’implantation est important, il est indispensable d’observer certains critères lors de
son choix. Il doit être judicieux pour l’accès à l’eau, la préservation contre le froid et la nuisance,
la sécurité et la proximité pour l’utilisation du biogaz.

2.1. Accès à l’eau :


La disponibilité de l’eau dans une méthanisation est primordiale pour un bon fonctionnement
du digesteur surtout si la méthanisation est de type liquide. Un accès facile en eau et en quantité
suffisante tout au long de l’année sera un avantage certain.

38
2.2. Exposition du digesteur :

La vitesse de production de biogaz étant proportionnelle à la température, il faut choisir un


emplacement où le digesteur sera le plus exposé au rayonnement solaire. Cela favorisera
l’activité microbienne, donc la production de biogaz.

Dans ce même contexte, le digesteur doit être protégé du refroidissement créé par le vent et les
zones trop humides qui peuvent inhiber la méthanisation. Le digesteur sera donc à un endroit
où il sera à l’abri du vent, dans un renforcement d’une maison et de muraille.

2.3. Sécurité et nuisance :


La sécurité est importante avant toute opération. Ce point est d’autant plus compliqué
puisqu’il s’agit de gaz. Des règles de sécurité ont déjà fait l’objet d’étude dans les pays
européens. Le propre des accidents c’est qu’il y a toujours de cas imprévus donc il est important
de faire très attention.
La société environnante aussi doit être prise en compte. L’éloignement vis-à-vis des
activités humaines est important pour éviter les nuisances dues aux éventuels dégagements
d’odeurs nauséabondes du substrat. Il faut maintenir une distance raisonnable avec les zones
fréquentées par des humains (habitations, lieux publics, zones de passage…).
Même si le risque d’explosion est minime en conditions normales, l’activité humaine à
proximité génère des risques (cigarettes, appareils électriques, activité économique…).

2.4. Distance par rapport à la consommation :


Le lieu d’implantation ne doit également pas se situer trop loin du consommateur de gaz.
La distance maximale dépend du design de la ligne de gaz : il faut privilégier une ligne avec le
moins d’obstacles possibles sinon les pertes de charge seront importantes et donc le débit du
gaz en sortie sera faible. L’utilisation du gaz sera donc juste à quelques mètres de l’unité de
méthanisation.

3. Préparation de la zone :

La première chose à faire est de dégager l’espace nécessaire. Il faut enlever la partie humide du
sol. La couche d’humus sera enlevée jusqu’à atteindre la partie dure du sol.

39
Une fois le sol dégagé, il faudra le niveler pour avoir un terrain horizontal pour éviter que
le fond du digesteur ne se déforme.

Une fois le sol nivelé grossièrement, une couche de brique est réalisée pour former une
base liée avec du mortier. Elle servira principalement de protection pour éviter que le digesteur
ne soit en contact direct avec l’humidité du sol, ce qui pourrait causer une oxydation.

La zone aménagée n’est seulement pas que pour le digesteur. Les différents accessoires
devront aussi y être aménagés : le gazomètre qui sera juste au côté du digesteur, les canalisations
du gaz, un espace pour traiter le substrat avant l’alimentation du digesteur.

4. Conception du digesteur :

Le digesteur est réalisé en se basant sur les études déjà menées et en respectant les contraintes
liées à la nature du substrat. Les conditions d’exploitation du digesteur aideront à sa conception
telles que :

4.1. Le fonctionnement :
Le choix du type de substrat étant déjà fixé (bouse de bovin), la méthanisation choisie est de
type humide c’est-à-dire l’humidité allant au moins à 60%.
Le meilleur choix pour un substrat liquide est un digesteur de type continu où le renouvellement
de la charge se fait en permanence.

Le principe du digesteur continu est simple, un réservoir est déjà installé à la sortie du digesteur,
et chaque jour, un volume de substrat est versé dans le digesteur ; et par effet de gravité, un
même volume de digestat va se déverser à sa sortie.
Le régime de fonctionnement du digesteur est soit psychrophile, soit mésophile en raison de la
température moyenne dans la région qui est de l’ordre de 25 °C.

4.2. Le matériau :
Ce digesteur est encore un prototype, des améliorations pourront être apportées plus tard selon
la disponibilité. Donc, le choix du matériau dépendra de la disponibilité, du coût et de la
malléabilité du matériau. Pour cela, il sera construit à partir de feuilles de tôle noire d’une
épaisseur 15/10mm (soit 1.5mm).

40
Cette tôle est facile à souder et à former, de plus son coût est plus abordable que celui des
feuilles d’acier inoxydable d’où ce choix.

4.3. La forme :
La forme du digesteur est cylindrique du genre silo, à gazomètre séparé, qui comprendra une
chambre de fermentation. Cette forme cylindrique est adoptée parce que l’assemblage sera plus
facile, mais surtout, l’étanchéité d’une forme parallélépipédique est beaucoup trop difficile à
obtenir à cause des arêtes.

4.4. Volume total Vd du digesteur :


Le volume total du digesteur Vd est donné par le volume formé par une feuille de tôle enroulée
de dimension 1000mm x 2000mm. En prenant la largeur de la tôle comme hauteur du digesteur
h, le volume du cylindre est :

Vd = R2 x π x h (1)

Le rayon du cylindre est calculé à partir de la circonférence C, avec :

C=2xRxπ (2)

D’où le rayon :
𝐶
R= (3)

En introduisant (3) dans (1), le volume Vd devient :


𝐶2 × ℎ
Vd = (4)

A.N :
(2000)2 × 1000
Vd = = 318309886.18 mm3

Le volume total du digesteur Vd est alors égal à 318.31 Litres.

41
4.5. Méthode de fabrication :
a) Matériels nécessaires :
Les matériels nécessaires à la réalisation du digesteur sont donnés par le tableau ci-dessous :

Tableau 6 : Tableau des matériels nécessaires pour le digesteur

Matériel Caractéristique Quantité Utilisation

Feuilles de tôle dimension de 1000 x 2000mm Matériaux de base du


2
noire avec épaisseur de 15/10mm digesteur

Electrodes Utilisées dans toutes les


Diamètre ϕ3.2mm Une boîte
enrobées soudures

Tube PVC Diamètre ϕ100mm 2m


Pour l’entrée et la sortie du
Coude PVC Angle 90° diamètre ϕ100mm 2
substrat
Coude PVC Angle 45° diamètre ϕ100mm 1

collier
Diamètre 25mm 1 Serrage à la sortie de gaz
d’étanchéité

Raccord Servant de sortie de gaz du


Diamètre 20mm 1
galvanisé fileté digesteur vers le gazomètre

Colle PVC 1 Pour les joints des tubes PVC

Assurant l’étanchéité de tout


Silicone 1
le système

b) Processus de fabrication :
Le processus de fabrication du digesteur comporte plusieurs étapes selon l’ordre suivant :
 Le cylindre principal
 Les chambres de fermentation
 L’entrée et la sortie du substrat
 La sortie de gaz
 Test d’étanchéité

42
 Le cylindre principal :
 Formage de la tôle :
Une feuille entière de tôle noire est enroulée sur un laminoir pour former le cylindre
principal donnant le volume calculé plus tôt.
Après enroulement de la tôle, une petite rectification est nécessaire au niveau des
extrémités de sa largeur. Cette zone est frappée à l’aide d’un marteau en caoutchouc pour
rapprocher les deux extrémités de la tôle et obtenir le plus possible une courbure proche d’un
cercle. Cette étape est importante pour faciliter le soudage de la tôle.

 Soudage :
Le soudage de la tôle se fait avec un poste de soudure électrique. C’est un poste à courant
alternatif qui transforme le courant du réseau existant en un courant alternatif de plus faible
tension par un transformateur avec régulateur pour le réglage de l’intensité.
Une borne du circuit secondaire est alors reliée à l’électrode par l’intermédiaire d’une pince à
poignée (pince porte-électrode) et l’autre borne à la tôle qui est la masse.
Après réglage de l’intensité en fonction du diamètre de l’électrode, le soudage peut
commencer.

 Les faces de dessus et du dessous :


En ayant la circonférence du cylindre, les dimensions des deux faces peuvent être facilement
obtenues avec :
𝐶
R= (6)

A.N :
2000
R= = 318.31mm

Deux disques de rayon R = 318.31mm sont tracés sur la tôle puis découpés par une meule. Ils
serviront de base sur chaque face du cylindre en les soudant.

43
 Les chambres de fermentation :
Les chambres sont formées par deux plaques de tôle qui sont soudées à l’intérieur du cylindre
(cf. Annexe 1). Ces chambres servent de séparation entre l’entrée du substrat et la sortie du
digestat. Elles facilitent la circulation du substrat pendant son séjour dans le digesteur.

 L’entrée et la sortie du substrat :


Pour connecter les tubes PVC avec le cylindre principal, un tube en tôle de diamètre 100mm
est fabriqué puis raccordé au cylindre par soudure étanche. Ce tube pourra être ainsi connecté
avec un coude en PVC selon les photos ci-dessous :

Entrée du substrat Sortie du substrat

44
 La sortie de gaz :
Un raccord fileté de diamètre 20mm est soudé sur la face du dessus du digesteur pour assurer
la sortie du biogaz.
Un tuyau y est ensuite raccordé pour diriger le gaz vers le gazomètre.

 Test d’étanchéité :
L’étanchéité joue un rôle très important pour le bon fonctionnement de la méthanisation. Tester
ainsi toute l’installation est nécessaire. Ce test doit être appliqué à l’intérieur de la cuve de
digestion. Pour cela, une quantité d’eau est versée dans le digesteur. L’eau est passée à chaque
jointure soudée pour repérer les fuites.
Les zones défectueuses seront réparées et le test d’étanchéité à l’eau est à recommencer.
En résumant tous les procédés ci-dessus, voici le schéma simplifié du digesteur :

Figure 19 : Schéma simplifié de l’extérieur du digesteur


1- Entrée du substrat par le tube PVC
2- Sortie de gaz par le raccord en fer galvanisé
3- Sortie du digestat par le tube en PVC
4 et 5- Coudes pour diriger la sortie du digestat
6- coude 90° pour raccorder le tube PVC au cylindre

45
4.6. Mise en place du digesteur :
Après la réussite du test d’étanchéité, le digesteur est enfin prêt à être mis en place. La zone
d’installation étant déjà préparée, le digesteur est positionné sur la couche de briques.

Figure 20 : Mise en place du digesteur

1 – Sortie du biogaz vers le gazomètre


2 – Entrée du substrat
3 – Sortie du digestat

En raison du changement climatique environnant, caractérisé par la baisse de température


pendant la nuit et l’hiver ou la hausse pendant l’été, le digesteur doit être isolé thermiquement.

46
Puisque le matériau utilisé est l’acier doux, sa conductivité thermique est assez élevé de l’ordre
de 80.2 W.m-1.K-1.
La méthanisation est une réaction peu exothermique. Comme cette unité n’a pas de source de
chaleur pour chauffer le digesteur, il faut donc réduire au maximum l’échange thermique entre
le digesteur et le milieu extérieur. Isoler le digesteur devrait réduire de façon notable la variation
de température à l’intérieur du digesteur.
Un manchon de briques est alors monté tout autour et au-dessus du digesteur, le recouvrant
entièrement pour éviter cette variation.

4.7. Les accessoires :


Le digesteur étant prêt, les divers accessoires peuvent être maintenant installés. Les tubes PVC
sont raccordés entre eux et aux tubes de tôle par de la colle PVC.
Le tuyau d’échappement de gaz est fixé par un collier sur le raccord en fer galvanisé.
L’étanchéité est assurée par du téflon et de la silicone.

Figure 21 : Photos du digesteur

47
1 – Ligne d’alimentation du substrat
2 – Canalisation de la sortie du biogaz
3 – Tuyau de sortie du digestat
4 – Manchon de briques recouvrant le digesteur

5. Le gazomètre et les conduites de gaz :


5.1. Le gazomètre :
L’abaque ci-dessous, tiré de la littérature, indique la production journalière de biogaz par
kilogramme de bouse de vache pour un temps de rétention hydraulique donnée et selon la
température du digesteur :

Figure 22 : Production de biogaz en fonction du temps de rétention

48
Sur cet abaque, pour un temps de rétention de 60 jours et une température de 26 à 28°C, la
production de biogaz est estimée à 34 litres par kilogramme de bouse.
Dans cette étude expérimentale, la quantité de charge utilisée est de 2.5kg de bouse par jour.
Donc, la production journalière de biogaz devra être :
G = 2.5 x 34 = 85 Litres par jour

a. Choix du gazomètre :
A partir du calcul de la production de biogaz qui précède, le volume du gazomètre est connu.
La conception adoptée est celle du gazomètre à volume variable.
Il est constitué de deux réservoirs qui vont former un gazomètre à dôme flottant. Le choix du
volume du gazomètre est dicté par la disponibilité et par le prix sur le marché des réservoirs.
Le volume du gazomètre trouvé ci-dessus est estimé pour une température entre 26 à 28°C. Or,
la température ambiante de la région varie autour de 25°C, donc les réservoirs choisis pour le
gazomètre seront : un réservoir plastique de 60L qui servira de dôme flottant et un réservoir en
métal de 100L qui servira pour contenir l’eau d’étanchéité.

b. Matériaux nécessaires :
Les matériaux nécessaires pour les conduites de gaz sont montrés sur le tableau suivant :

Tableau 7 : Matériels nécessaires pour le gazomètre

Matériaux Caractéristiques Quantité Utilisation

Réservoir plastique Capacité de 60L 1 Dôme flottant

Réservoir en métal Capacité de 100L 1 Réservoir d’étanchéité

Vanne principale et vanne


Vannes d’arrêt Diamètre 20mm 2
secondaire (usage)

Entrée du biogaz à
Raccord fileté Diamètre 20mm 1
l’intérieur du gazomètre

Coude filetée Diamètre 20mm 1 Sortie du biogaz

Raccords taraudés Diamètre 20mm 2 raccordements

Joint d’étanchéité En caoutchouc Pour étanchéité

49
Tuyau plastique Diamètre 20mm Conduite de gaz

Pour étanchéité des


Colliers 2
raccords

Colle PVC 1

Silicone 1

Poulies 2 Contre poids

Corde Longueur 6m

Après montage, le gazomètre doit aussi passer au test d’étanchéité. Le test se fait en remplissant
le gazomètre d’eau, la vanne d’arrêt étant fermée, de l’air est insufflé à l’intérieur du gazomètre.
Chaque jointure est mouillée avec de l’eau savonneuse pour repérer les fuites. La formation
continue de nouvelles bulles au même endroit signifie qu’il y a une fuite.
Il peut y avoir des bulles sans qu’il n’y ait de fuite pour autant : c’est de l’eau
savonneuse. L’indicateur est bien la formation de bulles en un point.
Les deux poulies sont montées sur un support au-dessus du gazomètre. Elles serviront à alléger
le poids du gazomètre pour éviter une surpression.

50
Figure 23 : Photos du gazomètre
1 – Arrivée du biogaz dans le gazomètre
2 – Réservoir servant de dôme flottant
3 – Réservoir contenant l’eau d’étanchéité
4 – Vanne principale et sortie du biogaz vers l’utilisation
5 – Contre poids pour éviter la surpression dans le gazomètre

5.2. Les conduites de gaz :


a. Soupape de sécurité :
Une soupape de sécurité est installée dans la conduite de gaz. Elle est constituée d’une bouteille
d’eau de 1.5 Litres qui se trouve au niveau le plus bas de l’installation. La soupape sert à éviter
une surpression à l’intérieur des conduites.
Généralement, le gaz produit est humide c’est-à-dire comportant de molécules d’eau. Ces
molécules d’eau doivent être éliminées parce qu’elles diminuent le PCI du biogaz.

51
Pour ce faire, la conduite de gaz près de la soupape est enterrée en faisant une pente de 1% à
peu près. Avec la différence de température les molécules d’eau vont condenser pour former
des gouttelettes d’eau qui seront évacuées dans la bouteille grâce au raccord en T.

Figure 24 : Soupape de sécurité


1 – Raccord en T
2 – Bouteille d’eau récupérant l’eau condensée du biogaz
3 et 4 – Conduite de gaz

b. Manomètre :
Un manomètre sert à indiquer la pression du gaz dans l’installation. Pour gérer la quantité de
biogaz disponible, l’usager devra se baser sur la pression disponible à l’intérieur du digesteur.
Il existe des manomètres à aiguille peu chers mais pas forcément fiables dans la durée. Le
système le plus simple est le manomètre de tuyau en forme de U qui est partiellement rempli
d’eau. La pression du gaz est indiquée par la différence de hauteur entre les deux niveaux d’eau.

52
Une échelle indique la pression en mm de colonne d’eau. En sachant qu’une hauteur de 1013
cm de colonne d’eau correspond à une pression de 101 325 Pa et 105 Pa correspond à 1 bar, la
pression du gaz est facilement obtenue.

Figure 25 : Manomètre en U

53
Chapitre II : Résultats

1. Chargement initial du digesteur :


S’agissant de mécanismes biologiques, le résultat au démarrage du cycle peut être très
variable en termes de temps et de production de gaz. Il faut mettre suffisamment de matières
pour lancer la réaction sans alimenter le digesteur, mais sans pour autant le surcharger.
Dans le cas de notre étude, la charge admise dans le digesteur au démarrage est de 30kg de
matière fraîche de déjections bovines mélangée à un même volume d’eau.

Figure 26 : Mélange de substrat

Le substrat est délayé à la main et avec une pelle. Pour obtenir un mélange homogène, il
faut appliquer une agitation continue. Après avoir enlevé tout corps inutile du mélange qui
risquerait de boucher le digesteur, le substrat est versé progressivement dans la ligne
d’alimentation du digesteur avec un seau.

2. Attente du démarrage :
L’attente d’un résultat est très variable en fonction des conditions de la méthanisation. Cela
peut aller de 4 jours à 3 semaines. Inutile d’alimenter le digesteur tant qu’il n’y a pas de biogaz
produit.

54
Pendant les deux premières semaines, le climat a été plutôt favorable malgré la saison
pluvieuse (absence de pluie et ensoleillement pendant la journée).
Le manomètre est surveillé pour voir s’il y a une évolution de la pression, c’est-à-dire si le
digesteur est actif ou non.
Au bout d’une semaine et demie, on constate un début de production de gaz. A la fin de la
deuxième semaine, le gazomètre est rempli de gaz comparé à la figure 23.

Figure 27 : Production de biogaz dans le gazomètre

A partir de cet instant, une production continue de biogaz est constatée. Le volume de gaz
obtenu varie entre 45 à 55 litres par jour. La variation de production s’explique par la présence
de pluie dans la région pendant les jours qui suivent. Le gazomètre n’étant pas sous contrainte
d’un contrepoids, le manomètre indique une hauteur de 20mm de colonne d’eau. En sachant
que 1013 cm de colonne d’eau correspond à 101325Pa :
La pression dans le gazomètre est de 200.049 Pa, soit 2 x 10-3 bars ou 2mbar.

3. Essai de combustion :
Pour des raisons de sécurité, il faut éviter d’allumer directement la flamme au niveau du
gazomètre sauf si la vanne gaz est sûre. Un système anti-retour de flamme doit être installé sur

55
la conduite de gaz. Il permet d’éviter le retour de la flamme dans le gazomètre ou dans la cuve
de fermentation. Constitué de limaille de fer, il est positionné sur la conduite en aval de la vanne
secondaire. Le biogaz peut alors être testé directement sur la conduite.

Figure 28 : Essai de combustion

La flamme obtenue est d’une couleur bien bleue. Si la flamme possède une couleur
jaune, cela peut être dû au gaz qui n’est pas encore assez riche en méthane et/ou chargé d’autres
composés (ce qui est normal au démarrage).

56
Le biogaz est ensuite testé à une cuisinière à gaz. La conduite de gaz est connectée à un
des brûleurs à gaz classiques. Les brûleurs à gaz sont adaptés au gaz sous pression. Il faut donc
le rectifier pour qu’ils fonctionnent avec le peu de pression du biogaz dans le gazomètre.

Figure 29 : Photo de brûleur à gaz

57
Chapitre III : Evaluation du besoin d’un ménage

Le besoin en énergie pour la cuisson des ménages ne cesse de s’accroître. Cela implique depuis
quelques années une hausse de la déforestation due aux déboisements. Les combustibles
ligneux constituent la principale source d’énergie à Madagascar. La consommation des
ménages en énergie est souvent sous forme de bois énergies (bois de feu et charbon de bois) et
ils les utilisent surtout pour la cuisson. Dans ce chapitre, une étude de rentabilité est faite pour
comparer la consommation d’un ménage en bois de chauffe ou en charbon par rapport à
l’utilisation du biogaz selon leur milieu (rural et urbain). Le temps de cuisson et les besoins en
combustibles sont difficiles à évaluer du fait qu’ils dépendent du nombre de cuissons par jour,
du type de denrée, de la taille du ménage, des habitudes alimentaires.

1. Temps de fonctionnement :
L’évaluation se fera pour un ménage moyen composé de 5 membres (Annexe 2).
Conformément à l’habitude malgache, un ménage prend trois fois par jour un repas chaud. Le
temps de fonctionnement du foyer est évalué comme suit à chaque partie de la journée :

 Le matin :
La cuisson se divise en deux parties, la première est celui du petit déjeuner et la seconde de
l’eau chaude pour la douche. Le temps de cuisson se présente en moyenne :
Petit déjeuner : 1heure
Eau chaude : 45 minutes

 Le midi :
Le foyer est occupé principalement pour le repas du midi. Le temps moyen pris pour faire cuire
de la viande est de 2 heures et la cuisson du riz à 45 minutes.

 Le soir :
Le soir, outre la durée de la cuisson du repas s’ajoute l’eau chaude pour la douche :
Repas : 1h 45 minutes
Eau chaude : 45minutes

58
2. Consommation en bois énergie du ménage :
La plupart des populations rurales qui disposent de ressources ligneuses à proximité des
lieux d'habitation, ont principalement recours au bois de chauffe. Les ménages urbains font
généralement appel aux charbons de bois en raison des économies de transport, des facilités de
stockage et de manipulation qui lui sont liées.

Une analyse suivant le milieu dévoile le contraste entre urbain et rural quant à l’utilisation
du type de combustible. En milieu rural, 86,9 % des ménages ont encore recours aux bois
ramassés, contre 45,0 % en milieu urbain. En revanche, seules 8,7 % des ménages utilisent le
charbon de bois en milieu rural, contre 47,1 % en milieu urbain (EPM, INSTAT 2010).

Plusieurs enquêtes situent la consommation mensuelle de charbon de bois à 15 kg en


moyenne par personne (Jallais, 1996). Pour un ménage de 5 membres, cette consommation
correspond à 60-70 kg de charbon par mois (soit 2 sacs standard par mois). Le prix du charbon
s’élève à 22 000 Ariary le sac, donc un prix de 44 000 Ariary par mois.

La consommation du bois de chauffe par ménage des populations rurales est estimée en
moyenne à 513 kg de bois de feu par personne et par année (Document d’Etude de la Politique
et Stratégie de l’Energie à Madagascar, 2015). Elle correspond à une valeur moyenne de 210kg
par mois pour un ménage de 5 personnes. En milieu rural, 86.9% des ménages utilisent surtout
le bois ramassé et seulement 4.1% le bois acheté (EDM, INSTAT 2010).

La vente et l’achat des bois de cuisson ne sont pas courants. En effet, les ménages collectent
eux-mêmes le bois dont ils ont besoin. La dépense sur le bois ramassé s’élève donc au temps
mis pour la collecte. Néanmoins pour le bois acheté, le prix s’élève à 112Ariary/kg (INSTAT,
Bois Energies Prix Moyen 2008-2011).

59
La dépense en bois énergie est récapitulée dans le tableau suivant :
Tableau 8 : Dépense annuelle par combustible

Consommation Consommation du Dépense annuelle du


Coût du combustible
par personne ménage par mois ménage
60 à 70 kg (soit 2
Charbon de bois 15 kg/mois 22 000 Ar/sac 528 000 Ar/an
sacs standard)

Bois de chauffe 513 kg/an 210 kg 112 Ar/kg 282 240 Ar/an

3. Besoin en biogaz équivalent:


Le besoin en biogaz du ménage est estimé par rapport au temps de fonctionnement des
foyers à biogaz par jour et la consommation de chaque foyer. En supposant qu’il utilise un
brûleur à double foyer, et que chaque foyer consomme environ 200 L/h de biogaz (cf. Annexe
6), la demande journalière en biogaz sera alors :
200 x (1 + 0.75 + 2 + 0.75 + 1.75 + 0.75) = 1 400 L/jour

Pour couvrir la consommation d’énergie du ménage en cuisson, il aura besoin de 1 400 Litres
de biogaz par jour.

La quantité de substrat équivalente est déterminée d’après l’abaque de production de biogaz


(figure 22). Pour un temps de rétention de 60 jours et une température de 25°C, 1 kg de bouse
de bovin produit environ 34 L de biogaz. Une production de 1 400 L correspond alors à une
charge de 41.17 kg de bouse par jour.

Avec un ratio de mélange de bouse et d’eau de 1 : 1, le volume du digesteur est obtenu grâce
au débit volumique journalier Q en supposant, pour simplifier les calculs, que 1 Kg de bouse
correspond à 1 litre (ρs = 1000Kg/m3) :
Le débit volumique vaut : Q = 41 Litres (bouses) + 41 Litres (eau) = 82 Litres/jour.

Le volume du digesteur sera alors : V = Q * TRH = 82 * 60 = 4920 Litres soit 4.9 m3 soit à
peu près 5 m3.

60
En sachant qu’en moyenne, une vache produit 10 kg de déjection par jour (cf. Annexe 9), il
faudra au moins 4 têtes de vache pour pouvoir produire assez de biogaz pour couvrir les besoins
quotidiens en énergie pour la cuisson.

4. Evaluation de la rentabilité:
Il s’agit d’étudier la rentabilité des capitaux investis par l’utilisation du biogaz. Les paramètres
à chercher sont : la Valeur Actuelle Nette (VAN), l’Indice de Profitabilité (IP), le Pay Back (d)
et le Taux Interne de Rentabilité (TIR).
 La Valeur Actuelle Nette : Elle mesure la création de valeur au projet. Un projet peut
être adopté si la VAN est positive.
 L’Indice de Profitabilité : il donne une indication de création de valeur relative. La
décision est qu’un projet peut être adopté si l’IP est supérieur ou égal à 1.
 Le Pay Back : il correspond au temps de retour d’investissement.
 Le Taux Interne de Rentabilité : c’est le taux d’actualisation qui annule la VAN. Si le
TIR est supérieur ou égal au taux d’actualisation, le projet est adopté.

Sur la base des informations disponibles, l'analyse financière permet de savoir si le ménage peut
recouvrir les fonds investis à partir des épargnes générées par le projet. Elles concernent les
économies réalisées sur l'achat de combustible (bois énergie) pour la cuisine.

4.1. Evaluation du coût de l’installation :


Le coût d’investissement pour une unité de méthanisation familiale varie entre 2 500 000 Ariary
et 5 000 000 Ariary selon le type de digesteur (Capitalisation des expériences biogaz et foyers
améliorés à Madagascar, 2017).

4.2. Evaluation de la rentabilité du projet pour la zone rurale :


Les dépenses annuelles dues à la consommation en bois de chauffe s’élèvent à 282 240 Ariary.
Elles représentent des économies réalisées par un ménage qui n’utilisent que le biogaz donc les
épargnes annuelles à partir de l’année (2). Pour l’année (1), ces économies s’élèvent à 235 200
Ariary parce que le digesteur ne produit effectivement le biogaz qu’après 60 jours qui est le
temps de rétention hydraulique.

61
Les hypothèses permettant d’évaluer les flux de trésoreries et de calculer les critères de
rentabilité sont les suivantes:

- Coût d’investissement initial : 2 500 000 Ariary


- taux d’actualisation : 10%.
- Durée de vie : 10 ans.
- Dépenses formations et conseils : 12% du coût d’investissement
- Dépense pour achat appareil de cuisson : 50 000 Ariary.
- Epargnes année 1: 235 200 Ariary.
- Epargnes année 2 à 10 : 282 240 Ariary.

Echéancier des cash-flows en Ariary :


Dépense
Coût Dépense
Année Epargnes appareil de Cash-flow
d’investissement formation
cuisson
0 2 500 000 300 000 50 000 -2 850 000
1 235 200 235 200
2 282 240 282 240
3 282 240 282 240
4 282 240 282 240
5 282 240 282 240
6 282 240 282 240
7 282 240 282 240
8 282 240 282 240
9 282 240 282 240
10 282 240 282 240

62
Valeur actuelle nette :

Taux Valeurs
Année Cash-flow d’actualisation actualisées des Valeurs actualisées
n CF i = 10 % revenus de l’investissement
(1+i)-n CF*(1+i)-n
0 -2 850 000 1 -2 850 000 -2 850 000
1 235 200 0,909090909 213 818,1818 -2 636 181,818
2 282 240 0,826446281 233 256,1983 -2 402 925,62
3 282 240 0,751314801 212 051,0894 -2 190 874,53
4 282 240 0,683013455 192 773,7176 -1 998 100,813
5 282 240 0,620921323 175 248,8342 -1 822 851,979
6 282 240 0,56447393 159 317,122 -1 663 534,857
7 282 240 0,513158118 144 833,7473 -1 518 701,109
8 282 240 0,46650738 131 667,043 -1 387 034,066
9 282 240 0,424097618 119 697,3118 -1 267 336,754
10 282 240 0,385543289 108 815,738 -1 158 521,016

VAN (10%) Pay back IP


-1 158 521,016 d>n 0,593501398

4.3. Evaluation de la rentabilité du projet pour la zone urbaine :


Les dépenses annuelles en charbon de bois pour le ménage s’élève à 528 000 Ariary en utilisant
les mêmes démonstrations que précédemment, l’établissement des flux de trésorerie et les
critères d’évaluation se feront à partir de variables suivantes :
- Coût d’investissement initial : 2 500 000 Ariary
- taux d’actualisation : 10%.
- Durée de vie : 10 ans.
- Dépenses formations et conseils : 12% du cout d’investissement
- Dépense pour achat appareil de cuisson : 50 000 Ariary.
- Epargnes année 1: 440 000 Ariary.
- Epargnes année 2 à 10 : 528 000 Ariary.

63
Echéancier des cash-flows en Ariary :
Dépense
coût dépense
année Epargnes appareil de Cash-flow
d'investissement formation
cuisson
0 2 500 000 300 000 50 000 -2 850 000
1 440 000 440 000
2 528 000 528 000
3 528 000 528 000
4 528 000 528 000
5 528 000 528 000
6 528 000 528 000
7 528 000 528 000
8 528 000 528 000
9 528 000 528 000
10 528 000 528 000

Valeur actuelle nette :


Taux
Valeurs actualisées
Année Cash-flow d'actualisation Valeurs actualisées
des revenues
n CF i=10% de l'investissement
CF*(1+i)-n
(1+i)-n
0 -2 850 000 1 -2 850 000 -2 850 000
1 440 000 0,909090909 400 000 -2 450 000
2 528 000 0,826446281 436 363,6364 -2 013 636,364
3 528 000 0,751314801 396 694,2149 -1 616 942,149
4 528 000 0,683013455 360 631,1044 -1 256 311,044
5 528 000 0,620921323 327 846,4586 -928 464,5858
6 528 000 0,56447393 298 042,2351 -630 422,3507
7 528 000 0,513158118 270 947,4864 -359 474,8643
8 528 000 0,46650738 246 315,8968 -113 158,9675
9 528 000 0,424097618 223 923,5425 110 764,575
10 528 000 0,385543289 203 566,8568 314 331,4318

64
VAN IP Pay back TIR
314 331,4318 1,11029173 d = 9 ans 12.7%

5. Discussion des résultats :


5.1. Pour la production en milieu rural :

Les résultats de l’analyse financière présentent des conclusions mitigées. En effet, les critères
de la rentabilité calculés ci-dessus montrent que ce projet n’est pas rentable pour une
exploitation en zone rurale car la VAN = -1 158 521,016 est négative ; IP = 0,593501398 est
inférieur à 1 et d > n = 10 ans.

A la vue de ces résultats, pour une durée d’utilisation de 10ans, construire une installation de
méthanisation n’est pas conseillée à un paysan en engageant ses fonds propres dans un tel
investissement. Sur le plan économique, il est vrai que le bois de chauffe possède un faible prix,
cependant le système de gestion d’exploitation du bois tend à dire le contraire.

L’exploitation abusive de la forêt a engendré des pertes sur la couverture forestière du pays. Vu
la dégradation de l’environnement et la déforestation, le lieu de collecte est devenu éloigné des
villages. Les ménages doivent actuellement se déplacer sur une distance moyenne de 3,3
kilomètres de leur maison pour chercher des bois dans les forêts naturelles ou les végétations
avoisinantes. Certains doivent parcourir jusqu’à 9 kilomètres (Les impacts de la déforestation
sur les ménages ruraux à Madagascar, 2011). Cette perte de temps n’est alors pas évaluée en
valeur monétaire.

Il est aussi constaté dans les combustibles consommés un fort taux d’illégalité qui avoisine les
90%. En plus des trafics d’espèces et des abattages, la demande en bois augmente
progressivement. Entre 2009-2014, le coût de la déforestation (perte de volume de bois) est
évalué à 6 millions USD (Madagascar comptes bois, juin 2016). Cette déforestation est une
menace directe sur la survie des espèces et le quotidien des communautés riveraines de ces
zones défrichées.

La qualité du digestat à la sortie dépasse celle des engrais ordinaires. La facilité d’assimilation
des composants minéraux par les plantes et l’abondance du fertilisant n’ont pas été pris en
compte du fait qu’elles sont difficilement évaluables en valeur monétaire.

65
5.2. Pour la production en milieu urbain :
Pour le milieu urbain, ce projet est bien rentable car VAN = 314 331.4318 positive ; IP = 1,110
supérieur à 1 ; TIR = 12.7% supérieur à i et d = 9 ans < n ; il y a retour d’investissement 9 ans
après le lancement de ce projet.

A partir de ces indications, ce projet peut être profitable pour les ménages. Ses avantages ne se
limitent pas uniquement sur le plan financier. Dans un domaine plus large, l’adoption de
l’utilisation du biogaz prend part à la préservation de la forêt. Elle diminue la surexploitation
du bois et atténue les effets néfastes du charbon sur l’environnement.

Notre étude est basée sur la valorisation des déjections bovines, alors que la méthanisation peut
concerner toute valorisation des autres matières organiques fermentescibles. Toutes activités
d’élevage et de culture peuvent être source de matières premières pour la méthanisation allant
de l’élevage de volaille jusqu’à l’élevage porcin et des résidus de cultures ou des déchets
organiques ménagers.

La production de biogaz à chaque type de substrat est donnée par le schéma du potentiel
méthanogène (cf. figure 1). Ce point de vue est important puisqu’il suffit de disposer d’un
potentiel de matières organiques pour pouvoir en profiter.

Une sensibilisation devrait voir le jour pour encourager les citoyens urbains à investir dans ces
projets de méthanisation pour valoriser leurs déchets fermentescibles.
Le digestat produit possède toutes les qualités des engrais organiques avant fermentation. En
outre, grâce à la réduction, il est plus facilement assimilable pour l’agriculture. Son utilisation
est plus facile puisqu’il sera sans odeur.

66
Partie III : IMPACT
ENVIRONNEMENTAL

67
L’étude de l’impact environnemental est toujours nécessaire pour un quelconque projet.
Cette étude est importante du fait qu’il faut connaître les effets du projet sur le plan social,
culturel, et surtout environnemental.
Le but est de prévoir toutes les incidences dans la réalisation du projet pour préserver le
milieu environnemental : d’une part les impacts positifs sont exploités et d’autre part les impacts
négatifs doivent être évités ou tout au moins atténués.

1. Impacts positifs :
L'installation d'une unité de biométhanisation possède des avantages énergétiques,
environnementaux, agronomiques, et économiques.

1.1. Plan énergétique :


Sur le plan énergétique, les avantages résident dans la valorisation de la bouse de vache
étudiée plus haut. Le biométhane apporte une solution au problème de l'énergie. En effet, c’est
un gaz combustible qui peut bien remplacer le charbon de bois conventionnel.
De plus, le biométhane peut être employé comme carburant dans des moteurs pour faire
fonctionner des engins agricoles et mécaniser l'agriculture (pompe d'irrigation, etc.), ou encore
alimenter les moteurs thermiques des générateurs d'électricité.

1.2. Plan social :


Pour un site de méthanisation d’une assez grande envergure, l’installation, l’exploitation et
la maintenance des équipements auront besoin d’une main d’œuvre importante. Ceci permettra
une création éventuelle d’emplois sur le site de production.
A partir du biométhane, pour les zones les plus éloignées, on peut disposer de l’éclairage
au gaz ou produire de l’électricité en complément de l’énergie solaire.
La biométhanisation est une source d’énergie gratuite, facile à utiliser et qui ne nécessite
pas beaucoup de maintenance pour un site familial.
La fermentation limite fortement les odeurs émises par le digestat lors de leur épandage sur
une terre agricole. A la fin du processus de la biométhanisation, les déchets organiques n’ont
plus d'odeur gênante. Cet intérêt est surtout déterminant pour des exploitations agricoles
proches des lieux d'habitation.

68
1.3. Plan environnemental :
C’est sur le plan environnemental que la méthanisation est le plus avantageux. Le
développement de la méthanisation est également un facteur d'amélioration de l'hygiène et de
la santé :
La biométhanisation détruit une part importante des agents pathogènes : environ 99 % des
germes pathogènes, tels que les vers et les autres parasites, sont éliminés par digestion
mésophile et 99,99% par digestion thermophile.
La méthanisation limite les risques de pollution organique; les modifications biochimiques
effectuées lors du processus de méthanisation transforment le produit fermenté en un substrat
moins polluant.
En ce qui concerne l'émission des gaz à effet de serre, le méthane contenu dans le substrat
en fait partie. La baisse des émissions de gaz est liée au captage du méthane par stockage dans
le gazomètre. Son utilisation dans des systèmes mécaniques évite qu'il soit naturellement émis
dans l'atmosphère par les déchets organiques. La production d’une énergie renouvelable réduit
le recours aux énergies fossiles émettrices de Gaz à Effet de Serre (GES).
L’utilisation du biogaz par les ménages réduit le besoin de combustibles en bois énergie.
Par ailleurs, la diminution de la demande en bois contribue à préserver et renouveler la
couverture forestière en limitant le nombre d’abattage pour le bois de chauffe ou la
carbonisation en charbon et par conséquent, protéger la couche d’ozone.
A long terme, la valorisation énergétique des déchets organiques permet de résoudre en
même temps le problème de l'évacuation des ordures.

1.4. Plan économique :


Les matières agricoles se trouvent à proximité de la zone d’exploitation, cela réduit les frais
de transport entre la zone de collecte des matières organiques et le site de méthanisation. Les
déchets organiques utilisés sont ainsi quasi-gratuits et disponibles en quantité suffisante donc
la disponibilité en matière première n’est pas un souci.
Le digestat est composé de macroéléments primaires facilement assimilables par les plantes,
ce qui permet de réduire l’achat et les frais d’engrais minéraux. Le développement du
biométhane permet de réduire les charges financières d'un exploitant agricole.
La valorisation de déchets locaux d’industries ou de collectivités peut créer une économie
circulaire. Des redevances peuvent même être perçues pour le traitement des déchets extérieurs.

69
L'utilisation du biométhane comme gaz combustible évite les dépenses liées à l'achat
régulier du « gaz combustible standard butane» voire une autonomie en gaz combustible. Et
dans le même ordre d’idée, il permet aussi de faire de substantielles économies de charbon.

1.5. Plan agronomique :


La transformation des effluents d’élevage est la meilleure solution pour leur valorisation
agronomique. Le développement du biométhane est un moyen efficace pour stimuler la
production agricole, non seulement parce qu'il permet de restituer à l'agriculture les résidus des
récoltes mais également parce qu'il augmente la qualité de l'engrais organique.
Les matières organiques (les déchets animaux et humains, les résidus de récolte et les
résidus végétaux, les feuilles mortes etc.) se décomposent après fermentation dans les
digesteurs. L'azote contenu dans ces matières se retrouve en concentration relative souvent très
élevée et se transforme en une forme ammoniaquée plus facilement assimilable par les plantes,
tandis que les éléments minéraux nutritifs persistent. A titre indicatif, l'ammoniac contenu dans
un engrais organique fermenté pendant 30 jours en anaérobiose s'accroit de 19,3 % et le contenu
utile de phosphate s'accroit lui de 31,8 %.

2. Les impacts négatifs :


Avant la charge du substrat dans le digesteur, il doit subir un traitement. Pour les substrats
animaux (déjections et produits d’abattage), ce traitement peut poser un problème au niveau
social. En effet, le broyage et le mélange du substrat peuvent libérer et répandre des odeurs
pestilentielles. Ces nuisances ne peuvent qu’entraîner des désagréments dans le voisinage.
L’exploitation d’une méthanisation se termine par la formation de digestat. Ce dernier est
utilisé comme engrais. Cependant, à cause des périodes inactives de l’agriculture, il peut y avoir
une accumulation de digestat. La production quotidienne de ce dernier oblige à un stockage
pendant une durée en exigeant des conditions pour éviter la volatilisation de la nouvelle forme
ammoniaquée de l’azote. Des précautions supplémentaires doivent être prises pour son stockage
à cause de la dégradation de la nouvelle forme ammoniaquée de l’azote.
La présence du sulfure d’hydrogène en grande quantité peut causer de sérieux dommages
pour la santé des utilisateurs. Une exposition prolongée à une certaine concentration au sulfure
d’hydrogène peut provoquer des irritations, des pertes de connaissances voire la mort chez
l’homme (Annexe 12).

70
Les inconvénients de la méthanisation sont liés à la conception des ouvrages et au processus
de production du biogaz :
Le stockage du biogaz nécessite un volume encombrant. Sa compression est coûteuse et
consomme de l’énergie, donc elle ne peut se réaliser qu’au niveau des grandes installations.
Le digesteur doit être maintenu à une température constante, pour que le processus de
méthanisation ne soit pas affecté et le temps de digestion ralenti ;
Les investissements sont assez lourds bien qu’il y ait des subventions possibles ;
L’agrément de la population : ce point est surtout sensible pour les grosses installations.
L’entretien des installations doit être régulier et demande du temps. La réaction biologique
est à contrôler pour plusieurs raisons : éviter les problèmes et optimiser la production. Le gaz
est un élément inflammable, il faut donc s’assurer des bonnes conditions de production
(température et pH), tout en respectant les procédures de sécurité.
Le pH est un élément très important car les bactéries sont sensibles à ses variations. Les
éventuels changements du taux d’acidité indiquent quels intrants sont à rajouter ou quelles
actions doivent être effectuées pour rééquilibrer le milieu.
La réaction biologique de mise en route d’une unité de méthanisation est longue et coûteuse
(chauffage du digesteur, chargement).
Les risques d’incendies et d’explosions ne sont pas négligeables puisqu’il s’agit de gaz. La
maintenance et l’exploitation nécessite une formation préalable des utilisateurs.

3. Atténuation des impacts :


Il s’agit de trouver des solutions pour minimiser les impacts négatifs.
La première étape pour éviter tout accident commence par l’étude minutieuse du projet. La
connaissance des lois et règlementations sur la production de biogaz doit être de première ordre.
Les concepteurs et les réalisateurs doivent travailler de concert pour identifier les risques sur la
santé et la sécurité et pour prendre les mesures qui s’imposent afin de les réduire.

Voici des exemples de règlementations qui régissent la sécurité d’un site de méthanisation :
 Réalisé par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (France), le
document Règles de sécurité des installations de méthanisation agricole a pour objectif de
fixer les exigences minimales de sécurité à adopter lors de la conception, de la construction et
de l’exploitation d’une installation de méthanisation agricole. Il est destiné aux différents
acteurs qui interviennent lors des différentes phases de réalisation d’une installation.

71
 Europe : Méthanisation de déchets issus de l’élevage, de l’agriculture et de
l’agroalimentaire (Institut National de Recherche et de Sécurité)
 États-Unis : Safety Practices for On-Farm Anaerobic Digestion Systems
 Allemagne : Safety Rules for Biogas Systems (German Agricultural Occupational
Health and Safety Agency)
 Québec : Lignes directrices pour l’encadrement des activités de biométhanisation
(Gouvernement du Québec).

Les installations doivent respecter les dispositions du code du travail : prévoir à l’intérieur :
 des locaux des systèmes de détection : par exemple, des détecteurs automatiques
d’incendie avec un asservissement à une alarme (sonore et lumineuse) extérieure ; renvoi
d’appel ; coupure d’alimentation et mise en marche de la ventilation forcée ; mise en route de
l’éclairage de secours,
 des systèmes d’extinction spécifiques aux risques : par exemple, des extincteurs pour le
local de cogénération et des extincteurs CO2 pour les armoires et locaux électriques avec des
contenances, des localisations et un nombre adaptés au risque et aux dimensions de
l’installation.
Le stockage des produits combustibles à l’intérieur des locaux doit être évité. Les locaux
techniques doivent être correctement ventilés pour éviter l’intoxication des opérateurs au
sulfure d’hydrogène.

72
CONCLUSION

73
La construction de méthaniseur artisanal et l’obtention de biométhane est très possible à
Madagascar. Les avantages fournis par ce biogaz sont multiples et variés, allant du
développement humain à la préservation de l’environnement. C’est ainsi qu’il peut se substituer
au bois de chauffe ou au charbon, pourvoir de l’électricité ou du moins l’éclairage dans les
zones reculées. La quantité d’arbres ainsi épargnée n’est pas négligeable ; ces arbres qui vont
eux-mêmes contribuer à la purification de l’atmosphère et maintenir un écosystème pérenne.
A un degré de plus, une unité plus grande de méthaniseurs est une source d’emplois et de mains
d’œuvres.

La seule ombre au tableau est son coût très élevé. Son exploitation requiert un
investissement lourd de la part des ménages. D’après l’étude de rentabilité faite, l’installation
d’une unité de méthanisation semble être financièrement déficitaire pour le milieu rural parce
qu’il n’y a pas retour d’investissement pendant la durée de son exploitation. Par contre, pour le
milieu urbain, nous avons pu constater une valeur actuelle nette positive et un retour
d’investissement pendant la 9ème année d’exploitation. Ces données indiquent qu’un projet de
méthanisation est non seulement rentable pour le milieu urbain, mais aussi il peut réduire
considérablement la consommation des ménages en charbon de bois en valorisant ses propres
déchets organiques.

Les impacts d’une telle installation sont plutôt positifs au niveau économie ou au niveau
environnemental : mise à disposition d’une énergie propre multi-usage, amélioration du
système hygiène-santé (moins d’ordures), préservation de l’écosystème naturel. Les points
négatifs ne sont pas nombreux : accumulation des digestat, odeur incommodante de la
préparation du substrat, inhalation de sulfure d’hydrogène. Ces points sont bénins et ne
nécessitent pas de solutions drastiques, par l’observation des règles qui régissent l’exploitation
de la méthanisation.

74
BIBLIOGRAPHIE
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75
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76
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MANA, Sitraka RAJAONARIVEL0 et Pierre MILLEVILLE.

Promotion des techniques d’assainissement écologique rural à des fins de valorisation des eaux
usées- Cas du projet pilote du DOUAR DAYET IFRAH, UNIVERSITE MOHAMMED V-
AGDAL FACULTE DES SCIENCES Rabat, Youssef ABARGHAZ, 2013.

Webographies :

 http://fr.Wikipedia.org
 www.ademe.fr
 www.universalis.fr/encyclopedie/combustibles/

77
ANNEXES

78
Annexe 1 : Schéma des chambres de fermentation du digesteur

79
Annexe 2 : Taille moyenne des ménages

80
Annexe 3 : Répartition des ménages selon les combustibles utilisés

Annexe 4 : Consommation de biomasse selon le milieu

81
Annexe 5 : Plage de températures à chaque type de digesteur

Annexe 6 : Estimation de la consommation de biogaz pour chaque appareil

82
Annexe 7 : Quelques propriétés du biogaz

Annexe 8 :

83
Annexe 9 : Quantité de déjection par jour de quelques types

84
Annexe 10 : Propriétés physiques du méthane

85
Annexe 11 : Effets des composants du biométhane sur l’homme

86
Annexe 12 : Effets du sulfure d’hydrogène sur l’homme selon sa concentration

ppm : La partie par million est la fraction valant 10-6, c’est-à-dire un millionième. Elle est
utilisée pour exprimer une fraction massique (1ppm = 1mg/kg).

87
Annexe 13 : Les concentrations inoffensives limites des principaux composants du
biométhane

88
Nom de l’auteur : RATSIAHAROVALA
Prénom : Olive
Adresse : BM 232 bis D Ampitatafika Antananarivo 102
E-mail : [email protected]

Titre du mémoire : « Production de biogaz par méthanisation


de bouse de bovin »
Nombre de pages : 88
Nombre de figures : 29
Nombre de tableaux : 8

Résumé :

Cette étude a été faite pour illustrer et vérifier les données expérimentales déjà connues dans
les ouvrages précédents. Des analyses tirées de la littérature ont permis d’appréhender
davantage le processus de méthanisation issue de la digestion anaérobique de la bouse de vache.
Malgré un petit décalage des résultats obtenu, la réalisation a confirmé les données qui serviront
de support pour des projets à venir. Même si l’investissement pour l’installation est important,
la valorisation des déchets organiques permet d’atténuer la dépense en bois énergies.
Mots clés : Biométhanisation ; biogaz ; digesteur ; gazomètre ; substrat.

Abstract :

This study was done to illustrate and verify the experimental data already known in previous
works. Analyzes from the literature have provided further insight into the anaerobic digestion
process of anaerobic digestion of cow dung. Despite a small difference in the results obtained,
the realization confirmed the data that will serve as support for future projects. Even with a
significant investment of the facility, the impact of the recovery of organic waste can mitigate
the spending on charcoal used generally.

Keywords : Biogas Plant ; Biogas ; Anaerobic Digestion ; gasometer ; substrate.

Parcours : GENIE INDUSTRIEL


Directeur de mémoire : Professeur RANDRIAMORASATA Josoa

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