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Module 5 - 8

Le document traite des études épidémiologiques des maladies infectieuses et non transmissibles, en mettant l'accent sur la distribution, les déterminants et les stratégies de prévention. Il aborde également l'importance des méthodes de collecte de données, des statistiques descriptives et inférentielles, ainsi que des logiciels statistiques pour l'analyse des données en santé publique. Enfin, il souligne la nécessité de comprendre les mesures d'association pour évaluer les relations entre les facteurs de risque et les résultats de santé.

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Module 5 - 8

Le document traite des études épidémiologiques des maladies infectieuses et non transmissibles, en mettant l'accent sur la distribution, les déterminants et les stratégies de prévention. Il aborde également l'importance des méthodes de collecte de données, des statistiques descriptives et inférentielles, ainsi que des logiciels statistiques pour l'analyse des données en santé publique. Enfin, il souligne la nécessité de comprendre les mesures d'association pour évaluer les relations entre les facteurs de risque et les résultats de santé.

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Cours_épidémiologie_Tronc_commun_Santé1(RIM, KINE, TLB, ODON, SI)_E4S_IUS

Module 5 : Études Épidémiologiques des Maladies Aiguës et Chroniques

1. Épidémiologie des maladies infectieuses : VIH/SIDA, tuberculose, paludisme.

L'étude épidémiologique des maladies infectieuses telles que le VIH/SIDA, la tuberculose et le


paludisme revêt une importance capitale en santé publique.

Elle s'attache à décrire la distribution et les déterminants de ces affections au sein des
populations, en analysant des facteurs tels que les modes de transmission (sexuel, par voie
sanguine pour le VIH ; aérien pour la tuberculose ; vectoriel pour le paludisme), les groupes de
population les plus à risque (âge, sexe, statut socio-économique, comportements), la répartition
géographique, et les tendances temporelles (évolution de l'incidence et de la prévalence).

Comprendre l'épidémiologie de ces maladies permet de mettre en place des stratégies de


surveillance efficaces, d'identifier les populations cibles pour les interventions de prévention
primaire (vaccination, éducation, prophylaxie) et secondaire (dépistage précoce, traitement
rapide), et d'évaluer l'impact des programmes de lutte mis en œuvre.

L'analyse des chaînes de transmission, des réservoirs d'agents pathogènes et des facteurs
environnementaux contribue également à l'élaboration de mesures de contrôle adaptées pour
limiter la propagation de ces infections et réduire leur morbidité et mortalité.

2. Épidémiologie des maladies non transmissibles : cancers, maladies cardiovasculaires,


diabète.

L'épidémiologie des maladies non transmissibles (MNT) comme les cancers, les maladies
cardiovasculaires et le diabète se concentre sur l'étude de leur survenue, de leur distribution et
de leurs déterminants au sein des populations.

Contrairement aux maladies infectieuses, les MNT ne sont pas causées par des agents
pathogènes transmissibles, mais résultent d'une interaction complexe entre des facteurs
génétiques, environnementaux et comportementaux.

Les études épidémiologiques s'efforcent d'identifier les facteurs de risque associés à ces
maladies (tabagisme, mauvaise alimentation, inactivité physique, exposition à des agents
carcinogènes, prédisposition génétique), de mesurer leur impact sur la santé publique en termes
de morbidité, de mortalité et de qualité de vie, et d'analyser les variations de leur incidence et

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de leur prévalence selon les caractéristiques des populations (âge, sexe, origine ethnique, niveau
socio-économique, localisation géographique).

Ces connaissances sont essentielles pour développer et mettre en œuvre des stratégies de
prévention primaire (promotion de modes de vie sains), secondaire (dépistage et traitement
précoces) et tertiaire (gestion des complications) visant à réduire le fardeau de ces affections
majeures.

3. Facteurs de risque et stratégies de prévention des maladies aiguës et chroniques.

L'identification des facteurs de risque est une étape cruciale en épidémiologie, car elle permet
de cibler les interventions de prévention.

Pour les maladies aiguës, les facteurs de risque peuvent inclure l'exposition à des agents
infectieux spécifiques, des comportements à risque (relations sexuelles non protégées,
mauvaise hygiène), des facteurs environnementaux (qualité de l'eau, assainissement), et des
facteurs liés à l'hôte (statut immunitaire).

Les stratégies de prévention correspondantes peuvent aller de la vaccination et de l'amélioration


de l'hygiène à la modification des comportements à risque et à l'amélioration des conditions
environnementales.

Concernant les maladies chroniques, les facteurs de risque sont souvent liés à des habitudes de
vie (tabagisme, alcoolisme, sédentarité, régime alimentaire déséquilibré), à des facteurs
biologiques (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, obésité), et à des facteurs socio-
économiques et environnementaux.

Les stratégies de prévention pour ces maladies se concentrent sur la promotion de modes de vie
sains, le dépistage précoce des facteurs de risque et des stades précoces de la maladie, et la mise
en place de politiques publiques favorisant un environnement sain. Une approche intégrée,
considérant les déterminants de la santé à différents niveaux (individuel, communautaire,
politique), est essentielle pour une prévention efficace des maladies aiguës et chroniques.

4. Analyse des tendances épidémiologiques.

L'analyse des tendances épidémiologiques consiste à examiner l'évolution de la fréquence des


maladies (incidence, prévalence, mortalité) au fil du temps et en fonction de différentes
variables (géographiques, démographiques, socio-économiques). Cette analyse permet

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d'identifier des changements significatifs dans la survenue des maladies, de détecter des
épidémies ou des augmentations inhabituelles de cas, d'évaluer l'impact des interventions de
santé publique, et de formuler des prédictions sur l'évolution future des problèmes de santé.

L'utilisation de données de surveillance épidémiologique, de registres de maladies, et d'études


longitudinales est fondamentale pour cette analyse. Les méthodes statistiques et les outils de
visualisation permettent de mettre en évidence des patterns, des corrélations et des tendances
qui peuvent éclairer les décisions en matière de politique de santé, d'allocation des ressources
et de priorisation des actions de prévention et de contrôle. L'interprétation rigoureuse de ces
tendances, en tenant compte des potentiels biais et des facteurs confondants, est essentielle pour
une prise de décision éclairée.

5. Études de prévalence et d'incidence des maladies.

Les études de prévalence et d'incidence sont deux approches fondamentales en épidémiologie


descriptive.

La prévalence mesure la proportion d'individus dans une population donnée qui sont atteints
d'une maladie spécifique à un moment précis (prévalence ponctuelle) ou pendant une période
donnée (prévalence période). Elle fournit une image de la charge de la maladie au sein de la
population et est utile pour la planification des services de santé et l'allocation des ressources.
La formule de base pour la prévalence est : (Nombre de cas existants au moment T) / (Taille de
la population au moment T).

L'incidence, quant à elle, mesure le nombre de nouveaux cas d'une maladie qui surviennent
dans une population à risque pendant une période spécifique. Elle permet d'évaluer le risque de
développer la maladie et est cruciale pour identifier les facteurs de risque et évaluer l'efficacité
des interventions de prévention. La formule de base pour l'incidence est : (Nombre de nouveaux
cas pendant la période) / (Nombre de personnes à risque pendant la période). Comprendre la
distinction entre ces deux mesures et savoir comment les calculer et les interpréter est essentiel
pour évaluer l'ampleur et la dynamique des problèmes de santé au sein des populations étudiées.

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Module 6 : Méthodologie et Statistiques en Matière de Recherche

1. Principes de la recherche scientifique en santé publique.

La recherche scientifique en santé publique repose sur un ensemble de principes fondamentaux


visant à produire des connaissances rigoureuses et applicables pour améliorer la santé des
populations. Elle se distingue par son orientation vers la prévention, la promotion de la santé et
la compréhension des déterminants sociaux, environnementaux et comportementaux de la santé.

Les principes clés incluent la formulation claire de questions de recherche pertinentes et


spécifiques, basées sur une revue de la littérature existante. La recherche doit être menée avec
rigueur méthodologique, en choisissant des plans d'étude appropriés (observationnels,
expérimentaux, qualitatifs, mixtes) et en assurant la validité et la fiabilité des données collectées.

L'éthique de la recherche est primordiale, impliquant le respect de l'autonomie des participants,


la confidentialité des données, le consentement éclairé et l'évaluation des risques et bénéfices.
Enfin, la recherche en santé publique vise à traduire les résultats en recommandations et
interventions concrètes pour influencer les politiques de santé et les pratiques de santé publique,
contribuant ainsi à la prise de décision fondée sur des preuves.

2. Méthodes de collecte de données : questionnaires, entretiens, observations.

La collecte de données constitue une étape cruciale de toute recherche en santé publique. Le
questionnaire est un instrument standardisé comprenant une série de questions conçues pour
recueillir des informations auprès d'un échantillon de population. Il peut être auto-administré
(papier ou en ligne) ou administré par un enquêteur.

Les questionnaires permettent de collecter des données quantitatives sur les connaissances, les
attitudes, les pratiques, les comportements et les caractéristiques socio-démographiques.
L'entretien est une interaction verbale entre un chercheur et un participant visant à obtenir des
informations détaillées sur un sujet spécifique. Les entretiens peuvent être structurés (questions
prédéfinies), semi-structurés (thèmes prédéfinis avec une certaine flexibilité) ou non structurés
(ouverts et exploratoires). Ils sont particulièrement utiles pour explorer des expériences, des
perceptions et des significations en profondeur, générant des données qualitatives riches.
L'observation est une méthode de collecte de données qui consiste à examiner et à enregistrer
systématiquement des comportements, des événements ou des phénomènes dans leur contexte
naturel. L'observation peut être participante (le chercheur s'intègre au groupe observé) ou non

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participante (le chercheur observe de l'extérieur). Elle permet de recueillir des données directes
sur les pratiques et les interactions, souvent complémentaires aux données issues des
questionnaires et des entretiens. Le choix de la méthode de collecte dépend des objectifs de la
recherche, des ressources disponibles et de la nature des informations recherchées.

3. Statistiques descriptives et inférentielles appliquées à la santé.

Les statistiques jouent un rôle essentiel dans l'analyse et l'interprétation des données en santé
publique.

Les statistiques descriptives permettent de résumer et de décrire les caractéristiques


principales d'un ensemble de données. Elles comprennent les mesures de tendance centrale
(moyenne, médiane, mode) qui indiquent la valeur typique des données, les mesures de
dispersion (étendue, variance, écart-type) qui décrivent la variabilité des données, et les
représentations graphiques (histogrammes, diagrammes circulaires, boîtes à moustaches) qui
facilitent la visualisation des distributions. Par exemple, les statistiques descriptives peuvent
être utilisées pour calculer la prévalence d'une maladie dans une population ou l'âge moyen des
patients atteints d'une pathologie spécifique.

Les statistiques inférentielles visent à tirer des conclusions générales sur une population à
partir des données observées sur un échantillon. Elles reposent sur la théorie des probabilités et
permettent de tester des hypothèses et d'estimer des paramètres populationnels. Les tests
d'hypothèses (tests t, chi-carré, ANOVA) permettent de déterminer si les différences observées
entre des groupes sont statistiquement significatives ou dues au hasard. Les intervalles de
confiance fournissent une estimation de la plage de valeurs plausibles pour un paramètre
populationnel. En santé publique, les statistiques inférentielles sont cruciales pour évaluer
l'efficacité d'interventions, identifier des facteurs de risque et établir des associations entre des
variables.

4. Logiciels statistiques : SPSS, R.

Les logiciels statistiques sont des outils indispensables pour la gestion, l'analyse et la
visualisation des données en recherche en santé publique.

SPSS (Statistical Package for the Social Sciences) est un logiciel commercial largement
utilisé, reconnu pour son interface conviviale basée sur des menus et des boîtes de dialogue. Il
offre une vaste gamme de procédures statistiques, allant des analyses descriptives aux modèles

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de régression complexes, en passant par les tests non paramétriques et l'analyse de survie. SPSS
facilite la manipulation des données, la création de graphiques et la génération de rapports
d'analyse.

R est un langage de programmation et un environnement logiciel open source, très puissant et


flexible pour l'analyse statistique et la visualisation de données. Bien qu'il nécessite une courbe
d'apprentissage plus abrupte que SPSS, R offre une liberté et une extensibilité inégalées grâce
à sa vaste communauté de développeurs et ses nombreux packages (bibliothèques de fonctions)
spécialisés dans des domaines spécifiques de la statistique et de la bio-informatique. R est
particulièrement adapté aux analyses statistiques avancées, à la modélisation complexe et à la
création de graphiques personnalisés de haute qualité. La maîtrise d'au moins un de ces logiciels
est essentielle pour tout chercheur en sciences de la santé afin de pouvoir traiter et interpréter
efficacement les données de recherche.

5. Calcul des mesures de l'association.

En épidémiologie et en recherche clinique, le calcul des mesures de l'association est


fondamental pour quantifier la force et la direction de la relation entre une exposition (facteur
de risque, intervention) et un résultat (maladie, guérison).

Pour les études de cohortes et les essais cliniques, le risque relatif (RR) est une mesure clé
qui compare l'incidence d'un événement dans le groupe exposé à l'incidence dans le groupe non
exposé. Un RR supérieur à 1 indique une association positive (risque accru), un RR inférieur à
1 indique une association négative (effet protecteur), et un RR égal à 1 suggère l'absence
d'association.

Pour les études cas-témoins, où l'exposition est évaluée rétrospectivement, l'odds ratio (OR)
est utilisé. L'OR estime le rapport des chances d'exposition chez les cas par rapport aux chances
d'exposition chez les témoins. Bien que l'OR soit une bonne approximation du RR pour les
maladies rares, son interprétation directe en termes de risque doit être faite avec prudence.

D'autres mesures d'association, telles que la différence de risques (DR) et le nombre de


sujets à traiter (NST), sont importantes pour évaluer l'impact d'une intervention en santé
publique ou en pratique clinique. La compréhension et le calcul précis de ces mesures sont
essentiels pour interpréter les résultats des études épidémiologiques et pour informer les
décisions en matière de santé publique et de soins aux patients.

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Module 7 : Analyse des Données

1. Méthodes d'analyse des données épidémiologiques.

L'analyse des données épidémiologiques constitue le socle de la compréhension et de la maîtrise


des phénomènes de santé au sein des populations. Elle englobe un éventail de méthodes
statistiques adaptées à la nature spécifique des données recueillies.

Les statistiques descriptives permettent de synthétiser et de visualiser les caractéristiques d'une


population ou d'un échantillon, incluant les mesures de fréquence (prévalence, incidence), les
mesures de tendance centrale (moyenne, médiane, mode) et les mesures de dispersion (écart-
type, variance, étendue).

Les statistiques inférentielles, quant à elles, visent à tirer des conclusions généralisables à une
population plus large à partir d'un échantillon. Ceci inclut les tests d'hypothèses (tests t, chi-
carré, ANOVA) pour évaluer l'association entre des variables ou la différence entre des groupes,
ainsi que les méthodes de modélisation (régression linéaire, logistique, de Cox) pour explorer
les relations causales potentielles et prédire les risques de maladie.

Le choix de la méthode appropriée dépend étroitement du type de données (catégorielles,


continues), de la question de recherche et du plan d'étude (transversal, cas-témoins, cohorte,
expérimental).

2. Interprétation des résultats et formulation de recommandations.

L'analyse statistique n'est qu'une étape préliminaire. L'interprétation des résultats obtenus est
cruciale et requiert une compréhension approfondie du contexte épidémiologique, des limites
des données et des méthodes utilisées. Il s'agit de traduire les chiffres et les significations
statistiques en conclusions concrètes et pertinentes pour la santé publique. L'interprétation doit
considérer la significativité statistique (valeur p), mais également la significativité clinique ou
pratique des résultats (ampleur de l'effet, impact sur la santé). Sur la base de cette interprétation
rigoureuse, les étudiants doivent être capables de formuler des recommandations claires,
spécifiques, mesurables, atteignables, pertinentes et temporellement définies (SMART). Ces
recommandations peuvent cibler des interventions de prévention, des stratégies de prise en
charge, des politiques de santé publique ou des pistes pour de futures recherches.

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3. Présentation des données : tableaux, graphiques, rapports.

La communication efficace des résultats d'une analyse de données épidémiologiques est une
compétence essentielle pour influencer les décisions et faire progresser la santé publique. Les
tableaux permettent de présenter de manière organisée et détaillée des données numériques,
facilitant la comparaison et l'identification de tendances.

Les graphiques, tels que les histogrammes, les diagrammes circulaires, les courbes épidémiques
ou les nuages de points, offrent une visualisation synthétique des données, rendant les
informations plus accessibles et percutantes. Le choix du type de graphique doit être judicieux
et adapté au message que l'on souhaite transmettre.

Enfin, la rédaction d'un rapport de recherche structuré et clair est indispensable pour
documenter l'ensemble du processus d'analyse, depuis la question de recherche jusqu'aux
conclusions et recommandations. Ce rapport doit inclure une introduction, une description des
méthodes, une présentation des résultats (textes, tableaux, figures), une discussion
interprétative et une conclusion.

4. Analyse critique de la littérature scientifique.

En tant futurs professionnels de la santé, il est impératif de développer une capacité d'analyse
critique rigoureuse de la littérature scientifique. Ceci implique d'évaluer la validité interne
(absence de biais et de facteurs de confusion), la validité externe (généralisabilité des résultats),
la pertinence et l'importance des études publiées.

L'analyse critique porte sur la méthodologie employée (plan d'étude, sélection des participants,
collecte des données, méthodes statistiques), la qualité de la présentation des résultats et la
solidité des conclusions tirées par les auteurs. Il est crucial de pouvoir identifier les forces et les
faiblesses d'une étude, de distinguer les preuves solides des résultats préliminaires ou
potentiellement biaisés, et d'intégrer les connaissances issues de différentes sources pour former
un jugement éclairé.

5. Rédaction d'un rapport de recherche.

La rédaction d'un rapport de recherche constitue l'aboutissement logique du processus d'analyse


des données. Ce document doit présenter de manière structurée et cohérente l'ensemble de la

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démarche scientifique, depuis la formulation de la question de recherche jusqu'à la diffusion


des résultats.

Un rapport de recherche typique comprendra une introduction qui contextualise le problème


étudié et énonce les objectifs de la recherche, une section décrivant en détail les méthodes
utilisées (population étudiée, collecte des données, variables mesurées, méthodes statistiques),
une présentation claire et concise des résultats (souvent à l'aide de tableaux et de figures), une
discussion approfondie qui interprète les résultats à la lumière des connaissances existantes et
met en évidence les implications, les limites et les perspectives futures, et enfin une conclusion
qui synthétise les principaux apports de la recherche et formule des recommandations. La clarté,
la précision, la rigueur scientifique et le respect des normes de citation sont essentiels pour la
qualité et la crédibilité du rapport.

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Module 8 : Introduction à l'Entomologie Médicale et à la Malacologie

1. Identification et classification des insectes d'intérêt médical : brachycères,


nématocères...

L'identification et la classification des insectes d'intérêt médical constituent un fondement


essentiel de l'entomologie médicale. Cette discipline s'appuie sur la taxonomie pour organiser
la diversité du règne des insectes en une structure hiérarchique, allant du règne à l'espèce. Pour
les professionnels de la santé, la capacité à distinguer les différents ordres, familles, genres et
espèces d'insectes vecteurs est cruciale.

Parmi les groupes majeurs, on retrouve les diptères, un ordre caractérisé par la présence d'une
seule paire d'ailes fonctionnelles. Au sein des diptères, les sous-ordres des brachycères
(mouches à corps trapu et antennes courtes, comme les mouches domestiques, les taons et les
mouches tsé-tsé) et des nématocères (moustiques et phlébotomes, caractérisés par des antennes
longues et segmentées) revêtent une importance particulière en santé publique en raison de leur
rôle dans la transmission de nombreux agents pathogènes.

La maîtrise des clés d'identification morphologique, l'utilisation de la microscopie et, de plus


en plus, les techniques de biologie moléculaire sont indispensables pour une identification
précise, condition sine qua non pour comprendre l'épidémiologie des maladies vectorielles et
mettre en place des stratégies de contrôle efficaces.

2. Rôle des insectes et des arachnides dans la transmission des maladies.

Les insectes et les arachnides jouent un rôle significatif dans la transmission d'une vaste gamme
d'agents pathogènes responsables de maladies humaines et animales. Cette transmission peut se
faire selon différents modes.

La transmission mécanique se produit lorsque l'agent pathogène est transporté passivement par
les pièces buccales ou les pattes de l'arthropode, sans multiplication ni développement au sein
de celui-ci (par exemple, la transmission de bactéries par les mouches domestiques).

La transmission biologique, quant à elle, implique une phase de développement ou de


multiplication de l'agent pathogène à l'intérieur du vecteur avant sa transmission à l'hôte
vertébré (par exemple, le cycle du parasite du paludisme chez le moustique Anopheles).

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Parmi les vecteurs importants, on retrouve les moustiques (vecteurs du paludisme, de la dengue,
du Zika, du chikungunya, de la fièvre jaune, etc.), les phlébotomes (vecteurs de la leishmaniose),
les mouches tsé-tsé (vecteurs de la trypanosomiase africaine), les poux (vecteurs du typhus
exanthématique et de la fièvre récurrente), les tiques (vecteurs de la maladie de Lyme, de la
fièvre boutonneuse, etc.) et les acariens (vecteurs de la gale et de certaines rickettsioses).

Comprendre le cycle de transmission spécifique à chaque maladie vectorielle, incluant


l'interaction entre l'agent pathogène, le vecteur et l'hôte, est fondamental pour la prévention et
le contrôle de ces affections.

3. Malacologie : étude des mollusques vecteurs de maladies.

La malacologie, branche de la zoologie, se consacre à l'étude des mollusques. En santé publique,


un intérêt particulier est porté à certains mollusques aquatiques qui agissent comme hôtes
intermédiaires pour des parasites helminthes importants, notamment les schistosomes,
responsables de la schistosomiase (bilharziose).

Le cycle de vie de ces parasites est complexe et implique une phase larvaire qui se développe
et se multiplie au sein d'escargots d'eau douce spécifiques (par exemple, les genres
Biomphalaria, Bulinus et Oncomelania selon l'espèce de schistosome).

La présence de ces mollusques dans les plans d'eau douce fréquentés par l'homme est un facteur
de risque majeur pour la transmission de la schistosomiase, une maladie chronique débilitante
affectant des millions de personnes dans le monde, en particulier dans les régions tropicales et
subtropicales.

La malacologie médicale s'attache à identifier les espèces d'escargots vecteurs, à comprendre


leur écologie, leur distribution géographique et leur rôle dans le maintien du cycle parasitaire.
Ces connaissances sont essentielles pour la mise en œuvre de stratégies de contrôle de la
schistosomiase, ciblant notamment la réduction des populations d'escargots dans les zones à
risque.

4. Stratégies de lutte contre les vecteurs de maladies.

La lutte contre les vecteurs de maladies est une composante cruciale de la prévention et du
contrôle des affections vectorielles. Les stratégies de lutte sont variées et peuvent être classées

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en différentes approches. La lutte antivectorielle chimique repose sur l'utilisation d'insecticides


pour tuer les vecteurs adultes (pulvérisation intradomiciliaire, épandage spatial) ou leurs larves
(larvicides dans les gîtes larvaires).

La lutte antivectorielle environnementale vise à modifier ou à éliminer les habitats favorables


à la reproduction des vecteurs, comme le drainage des eaux stagnantes pour éliminer les gîtes
larvaires de moustiques. La lutte antivectorielle biologique utilise des ennemis naturels des
vecteurs, tels que des poissons larvivores ou des bactéries pathogènes pour les larves de
moustiques.

Des approches innovantes comme la technique de l'insecte stérile (TIS) ou l'utilisation de


moustiques génétiquement modifiés sont également en développement. Une stratégie de lutte
intégrée, combinant différentes méthodes de manière rationnelle et durable, en tenant compte
du contexte épidémiologique, écologique et socio-économique local, est souvent la plus
efficace pour réduire la transmission des maladies vectorielles.

5. Impact des insectes et des mollusques sur la santé publique.

L'impact des insectes et des mollusques sur la santé publique est considérable à l'échelle
mondiale. Ils sont responsables de la transmission de maladies qui entraînent une morbidité et
une mortalité importantes, en particulier dans les régions tropicales et subtropicales où les
conditions environnementales favorisent la prolifération des vecteurs et la persistance des
cycles de transmission.

Des maladies comme le paludisme, la dengue, la schistosomiase et les leishmanioses affectent


des millions de personnes chaque année, entraînant des souffrances individuelles, des handicaps,
une diminution de la productivité économique et une surcharge des systèmes de santé. De plus,
l'émergence et la réémergence de maladies vectorielles, souvent liées aux changements
climatiques, à la déforestation, à l'urbanisation non planifiée et aux mouvements de populations,
représentent une menace constante pour la santé publique mondiale.

La compréhension du rôle des insectes et des mollusques dans la transmission des maladies est
donc essentielle pour développer des interventions de santé publique efficaces, allant de la
surveillance épidémiologique à la mise en œuvre de programmes de prévention et de contrôle
intégrés, visant à réduire le fardeau de ces affections sur les populations.

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