Sally Clark est-elle une victime des mathématiques ?
Sujet : Les probabilités dans un affaire judiciaire - Affaire de Sally Clark
INTRODUCTION
Aujourd'hui je vais vous emmener à une enquête judiciaire bouleversante : l'affaire Sally Clark. Cette
affaire met en lumière l'impact des mathématiques, plus précisément des Probabilités, dans le
domaine judiciaire.
Ici, nous nous intéresserons au cas Sally Clark victime des mathématiques. Pour cela, nous
retraceront ensemble l’enquête jusqu'à la vérité.
Commençons par les faits : En 1996, un couple anglais Sally et Steve Clark vivai
vivaient une vie tranquille avec leur petit bébé, Christopher, jusqu'à qu'une terrible tragédie a
lieu: ils ont eu le malheur de perdre leur fils à cause d'une mort subite du nourrisson.
Autrement dit, c'est le décès brutal et inattendu d'un nourrisson de moins d'un an, qui a
souvent lieu pendant le sommeil. Mais l'horreur ne s'arrête pas là : 13 mois plus tard, leur
second fils Harry décède lui aussi de la même façon.
À tout cela, 3 ans après la tragédie, Sally Clark est accusé culpable du meurtre de ses 2 fils.
Steve Clark, son mari, est jugé innocent et c'est sur Sally que repose tout le poids de la
justice. Elle est jugée coupable malgré l'absence de toutes preuves matérielles et sa
condamnation repose sur un témoignage fondé sur des statistiques.
Étude de l'argument de la condamnation
a. L'argument de condamnation
Alors, pour commencer il faut étudier l'accusation.
Pour déterminer si Sally Clark était innocente ou coupable, l'accusation s'est appuyée sur le
témoignage du pédiatre britannique Roy Meadow. Lors du procès, Roy Meadow arrive avec
une étude statistique: il en déduit que la probabilité que deux enfants meurent de la mort
subite du nourrisson est de 1 sur 73 millions
Ce chiffre découle d'une commission nommée le CESDI. Selon eux, dans une famille
comme les Clarck, c'est-à-dire, britanniques, avec des revenus stables, non fumeur, dont la
mère a plus de 26 ans, la probabilité d'un décès par mort subite de nourrisson est d'environ
1/8543. C'est cette valeur que Meadow a multipliée par elle-même pour obtenir un chiffre
presque astronomique.
En tant que membre de jury, une probabilité de 1 sur 73 millions nous semble frappante et
semble dire qu'il est presque impossible qu'il y ait 2 décès successifs par une mort subite du
nourrisson.
Toutefois, en tant qu'enquêteurs, il faut vérifier que cette valeur soit fiable.
b.
Analyse de l'argument:
Premièrement, allons plus en détail sur les chiffres.
Une première observation révèle une erreur fondamentale sur le raisonnement de Meadow:
il a supposé que les deux décès étaient des événements indépendants. Selon lui, la mort
du deuxième enfant ne dépendait pas de la mort du premier. Autrement dit, il a considéré
que la mort des 2 enfants était comme un jeu de pile ou face. Si vous lancez une monnaie,
la probabilité de tomber sur pile est indépendante de la probabilité de tomber sur face. (si
nécessaire par le temps, expliquer plus).
Cependant, pour le cas de Sally, cela est faux. Il existe des facteurs majeurs pouvant faire
augmenter les risques de mort subite du nourrisson dans une famille : comme les conditions
familiales ou les conditions génétiques. Aussi, des études statistiques du CESDI montrent
que les frères et sœurs des enfants qui meurent de mort subite du nourrisson sont 5,7 fois
plus susceptibles de mourir de la même façon. Sans compter que les 2 enfants étaient des
garçons, un facteur qui augmente le risque de décès.
En ignorant ces facteurs et l'interdépendance des 2 évènements, Meadow a sous-estimé la
probabilité d'un deuxième décès.
Il. Démonstration de l'innocence de Sally Clark
Démonstration du calcul qu'il aurait dû faire
Alors, qu'est ce que le pédiatre aurait dû faire? Passons maintenant à un calcul plus précis.
Au lieu d'utiliser une probabilité de 1/8543, il aurait dû prendre la probabilité réelle d'un
décès par mort subite de nourrisson, qui est d'environ 1/1 300, une estimation plus juste, qui
comprenne toutes les catégories des personnes. Et, en tenant compte du fait que le
deuxième décès est plus probable après le premier, nous devons utiliser le facteur de risque
augmenté, que c'est de 5,7.
Alors, comme vous pouvez voir dans l'annexe, si on calcule la probabilité d'une mort subite
de nourrisson sachant qu'il y a eu une première mort et après on calcule la probabilité que
les les 2 enfants soient morts par MSN dans une même famille, on obtient environ 1/300000.
et non de 1 sur 73 millions comme accusait Meadow. La probabilité est ainsi moins faible et
plus faible que prévu et change la perspective de l'affaire.
Faire explication grâce à un arbre - support:
Considérons les événements suivants:
M1: "il y a eu lieu une première mort subite"
M2: "il y a eu une deuxième mort subite"
PN1(M2) = 5,7 x P(M1)
= (1/1300) × 5.7
= 57/13000
P(M1 n M2) = P(M1) x P.1 (M2)
= (1/1300) × (57/13000)
= 57/16900000
= 1/300000
Démonstration innocence:
Mais ce n'est pas tout. Même si la probabilité de 1 sur 73 millions aurait été correcte, elle
n'aurait pas prouvé la culpabilité de Sally Clark.
Une grave erreur a été commise par le jury: une mauvaise interprétation des probabilités. En
réalité, la probabilité de 1/73 millions représentait la possibilité de décès naturels, mais elle a
été interprétée comme la probabilité de l'innocence de Sally. Ce que le jury aurait dû se
demander est : "Quelle est la probabilité que Sally Clark soit coupable, sachant que deux de
ses enfants sont morts ?", et non "Quelle est la probabilité que deux enfants meurent par
mort subite du nourrisson ?. Cela on va le nommer le paradoxe du procureur.
Alors, nous, en tant qu'enquêteurs, devons chercher à savoir quelle est la probabilité de
l'innocente de Sally, sachant que ses deux enfants sont morts.
Pour cela, il faut d'abord calculer la probabilité global qu'il y ait un double décès soit par
MSN ou par fanticide. C'est-à-dire, la somme de P(M1 n M2) + P(T1 n T2)
Présenter schéma P(D) - support
Commençons par évaluer la culpabilité de Sally, c'est-à-dire la probabilité que Sally ait tué
ses deux enfants. En Angleterre, en 1996, sur 650 000 naissances, 30 infanticides ont été
recensés. De plus, si un premier enfant subit un homicide, le second a 1 chance sur 123
d'en subir un aussi.
Alors, comme vous pouvez voir dans l'annexe, si on calcule la probabilité qu'elle est tué ses
2 enfants, on retrouve une valeur d'environ 1/2 665 000
Faire explication grâce à un arbre - support:
Alors, considérons les événements suivants:
T1: "Sally Clark a tué son premier enfant" = 30/650 000
T2: "Sally Clark a tué son deuxième enfant sachant qu'elle à tué le premier" = 1/123.
P(T1 n T2) = P(T1) x PrA(T2)
=30/650000 x 1/123
= 1/2 665 000
Finalement, pour savoir si Sally est innocente, il faut calculer la probabilité que les enfants
soient morts à cause de MSN en sachant qu'ils sont décédés.
Faire calcul dans le support:
P.(M1 n M2) = P(D n (M1 n M2)) / P(D)
= P(M1 n M2) / (P(M1 n M2) + P(T1 n T2))
= (57/16900000) / (57/16900000+1/2665000) = 0.90
Cela signifie qu'il y a 9 chances sur 10 que les deux enfants soient mort de causes
naturelles, et non d'un infanticide. Autrement dit, Sally Clark avait 90% de chances d'être
innocente.
C'est grâce à cette étude de Ray Hill que l'erreur a été corrigée, et Sally Clark a finalement
été libérée en 2eme appel en 2003, mais sa vie ne continuera pas à être la même. Elle
meurt ans plus tard à cause de l'alcool.
Conclusion
En conclusion, notre enquête démontre que Sally Clark a été victime d'une erreur
d'interprétation des mathématiques qui a conduit à une terrible injustice. Bien que les calculs
étaient mathématiquement corrects, l'interprétation de ceux-ci était mauvaise. Cela
démontre comment les probabilités mal comprises peuvent jouer un rôle clé, ruinant la vie
d'une femme et de sa famille. Pour que de telles injustices ne se reproduisent plus, il est
impératif de comprendre les probabilités, les utiliser avec rigueur et les compléter par des
preuves concretes.
Sally Clark n'a été qu'une victime des mathématiques, mais surtout une victime d'un
système qui a échoué à protéger une innocente. Son histoire nous rappelle que derrière
chaque chiffre, il y a des vies humaines, et que chaque erreur peut avoir des conséquences
irréparables. N'oublions jamais que la justice, au-delà des lois et des chiffres, doit toujours
être guidée par l'humanité, et non par une fascination aveugle pour des statistiques mal
interprétées.