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Exposé Droit 2 NEW

Le document traite des conditions de formation et de validité des contrats, en se concentrant sur les éléments essentiels tels que le consentement, la capacité de contracter, l'objet et la cause. Il aborde également les sanctions liées à la nullité des contrats, en distinguant entre nullité absolue et relative, ainsi que les effets de ces nullités. L'étude vise à clarifier les enjeux juridiques entourant la formation des contrats et les conséquences d'un manquement aux exigences légales.

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Le document traite des conditions de formation et de validité des contrats, en se concentrant sur les éléments essentiels tels que le consentement, la capacité de contracter, l'objet et la cause. Il aborde également les sanctions liées à la nullité des contrats, en distinguant entre nullité absolue et relative, ainsi que les effets de ces nullités. L'étude vise à clarifier les enjeux juridiques entourant la formation des contrats et les conséquences d'un manquement aux exigences légales.

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SOMMAIRE

I. Les conditions de formation et de validité du contrat


A. Les conditions de fond
1. Le consentement
a) L’existence du consentement
b) L’intégrité du consentement
2. La capacité de contracter
a) Le mineur non émancipé
b) Le majeur incapable
3. L’objet licite
a) La notion d’objet
b) Les conditions relatives à l’objet
c) La valeur de l’objet : cas de la lésion
4. La cause licite
a) La notion de cause
b) Les conditions relatives à la cause
B. Les conditions de forme
1. Le principe du consensualisme
2. Les exceptions au principe
a) La forme exigée à titre de validité
b) La forme exigée à titre de preuve

II. Les sanctions de conditions de formation et de validité d’un


contrat
A. La notion de nullité
1. La définition de la nullité
2. La distinction nullité et notions voisines
B. Les cas de nullité
1. La nullité absolue
2. La nullité relative
C. Le régime de la nullité
1. La mise en œuvre de la nullité
a) La nullité absolue
b) La nullité relative
2. Les effets de la nullité prononcée
INTRODUCTION

Les contrats constituent une source essentielle des obligations et jouent un rôle fondamental
dans le droit civil. En tant qu'actes juridiques, ils reposent sur la manifestation de volonté des
parties, ce qui les distingue des faits juridiques. Dans cette étude, nous nous concentrerons
sur la formation du contrat, qui nécessite le respect de conditions spécifiques pour être
valide. Ces conditions sont cruciales, car leur non-respect peut entraîner des sanctions qui
affectent la validité du contrat. Nous examinerons donc les éléments nécessaires à la
formation d'un contrat et les conséquences d'un manquement à ces exigences, afin de mieux
comprendre les enjeux juridiques qui en découlent.

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Pour qu’un contrat soit valide, certaines conditions doivent être réunies. Si ces conditions ne
sont pas respectées, des sanctions peuvent s’appliquer.

I. Les conditions de formation et de validité du contrat

Pour qu'un contrat soit valide, il doit respecter plusieurs conditions essentielles, définies par
l'article 1108 du Code civil. Si ces conditions ne sont pas remplies, le contrat peut être annulé
ou soumis à des sanctions.

A. Les conditions de fond


Selon l’article 1108 du Code civil, quatre éléments sont nécessaires à la formation d’un
contrat :
➢ Le consentement des parties (qui doit être libre et sans vices),
➢ La capacité de contracter (les parties doivent être en mesure de s'engager
légalement),
➢ L’objet du contrat (ce sur quoi les parties s’engagent),
➢ La cause du contrat (la raison pour laquelle les parties s’engagent).

1. Le consentement
Le consentement est l’élément central d’un acte juridique, car il repose sur la volonté des
parties. Pour que le contrat soit valide, le consentement doit être exprimé librement et sans
vice.

a) L’existence du consentement
Le consentement de chaque partie doit être exprimé de manière claire. Cela peut se faire de
différentes façons (écrite, verbale, ou gestuelle), mais il doit y avoir une manifestation de la
volonté. Le consentement ne suffit pas seul : il doit y avoir un accord entre les volontés des
parties pour que le contrat soit formé.
Cependant, il peut y avoir des difficultés pour conclure un contrat à distance, par exemple
lors de contrats par correspondance.
En principe, un contrat est formé par l’échange des consentements, selon le principe du
"consensualisme". Cela signifie que le contrat se forme lorsque l’offre d’une partie est
acceptée par l’autre. L’offre suivie de l’acceptation constitue le contrat.

(1) L’échange des consentements


1° L’offre ou pollicitation
L’offre est une proposition faite par une partie qui indique clairement son intention de
contracter et les conditions du contrat.

a-1) La notion de l’offre

a-1-1) La définition de l’offre

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L’offre ou pollicitation peut être définie comme une manifestation de volonté unilatérale par
laquelle une personne fait connaître son intention de contracter et les conditions essentielles
du contrat.
Une offre est une manifestation unilatérale de volonté par laquelle une personne propose de
conclure un contrat selon des conditions précises. Cette proposition peut être exprimée de
manière explicite (écrite, verbale, ou gestuelle) ou implicite. Ce n’est pas toute proposition
qui constitue une offre. Pour qu'une proposition soit considérée comme une véritable offre,
elle doit respecter certaines conditions.

a-1-2) Les caractères de l’offre


Une offre doit être précise et ferme. Ces deux éléments sont essentiels pour qu’une
proposition puisse être qualifiée d’offre.
a-1-2-1) La précision de l’offre
L’offre doit être suffisamment précise. Cela ne signifie pas qu’elle doit détailler tous les
aspects du contrat, mais elle doit indiquer clairement les éléments essentiels, comme le prix
et l'objet dans le cadre d'une vente. Si l’offre est floue, par exemple si le prix est mentionné
"à débattre", il ne s’agit pas d’une véritable offre, mais plutôt d’une invitation à discuter.
a-1-2-2) La fermeté de l’offre
Une offre est ferme si elle exprime l’intention de l’auteur de s’engager définitivement en cas
d’acceptation. Peu importe si l’offre est faite à une personne en particulier ou au public, elle
produit les mêmes effets tant qu’elle est précise et ferme. Toutefois, certaines réserves
(comme "dans la limite des stocks disponibles") n’affectent pas la fermeté de l’offre. En
revanche, des réserves qui dépendent de la volonté de l’auteur de l’offre, comme une
réserve d’agrément (accepter ou non un contractant), peuvent rendre l’offre moins ferme et
la transformer en simple invitation à négocier.
En résumé, pour qu’un contrat soit formé, il faut un consentement libre et éclairé, une offre
précise et ferme, et un échange clair des volontés entre les parties.

a-2) Les effets de l’offre


L'effet principal de l'offre réside dans sa capacité à permettre la formation d'un contrat par
l'acceptation de son destinataire. Les interrogations concernant les effets ou la valeur de
l'offre se résument à la question de sa force obligatoire avant toute acceptation. Deux points
méritent d'être examinés.

a-2-1) La révocation de l'offre


Il est établi qu'une offre, aussi précise et ferme soit-elle, ne suffit pas à elle seule à engager
son auteur. Cela donne lieu à un principe auquel la jurisprudence apporte certaines nuances.
a-2-1-1) Le principe : La libre
révocabilité de l’offre

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L’existence d'une offre ne suffit pas à engager son auteur. En effet, l'offre constitue un acte
juridique unilatéral qui n'a pas de force obligatoire en soi. Par conséquent, l'auteur de l'offre
peut la rétracter à tout moment, tant qu'elle n'a pas été acceptée.
Cependant, cette règle de libre révocabilité ne s'applique pleinement que tant que l'offre n'a
pas été communiquée au destinataire. En effet, permettre une révocation sans restriction
pourrait causer un préjudice au destinataire, notamment si celui-ci a engagé des dépenses en
lien avec l'offre. Ainsi, la jurisprudence a introduit des nuances à cette règle, imposant à
l'auteur de certaines offres une obligation de maintien.
a-2-1-2) L’exception : l’obligation
de maintien de certaines offres
Dès que l’offre est portée à la connaissance de son destinataire, la possibilité pour le
pollicitant de la révoquer est limitée, en fonction de la présence ou non d’un délai.
L’offre assortie d’un délai :
Lorsque l’offre est accompagnée d’un délai, le pollicitant, ou son héritier le cas échéant, est
contraint de respecter ce délai, qu’il soit clairement défini ou implicite. Ainsi, si le pollicitant
retire son offre sans raison valable, il pourrait engager sa responsabilité délictuelle, à
condition que les critères de cette responsabilité soient remplis.
La réparation du préjudice subi par le destinataire (qu’il s’agisse d’une perte de chance ou
d’un autre dommage plus sérieux) se traduira généralement par l’octroi de dommages et
intérêts compensatoires. Toutefois, le juge a également la possibilité d’ordonner une
réparation en nature, en interdisant le retrait injustifié de l’offre. Dans ce cas, si le
destinataire accepte l’offre dans le délai imparti, le contrat sera conclu.
En revanche, une fois le délai écoulé, l’offre devient caduque, et toute acceptation ultérieure
n’aura aucune valeur.
L’offre non assortie d’un délai :
En principe, une offre qui ne précise pas de délai est librement révocable. Toutefois, il
convient d'examiner si cette offre n'implique pas un délai raisonnable d'acceptation, compte
tenu des circonstances. La jurisprudence a établi qu'une offre faite à une personne
déterminée inclut « implicitement un délai raisonnable d’acceptation ». On pourrait en
conclure qu'une offre faite au public, sans mention d'un délai, est également librement
révocable. Cependant, la Cour de cassation a statué que « l’offre faite au public engage le
pollicitant vis-à-vis de l’acceptant, dans les mêmes conditions que l’offre adressée à une
personne déterminée ».
Cette décision établit qu'il n'existe pas de distinction de principe entre les offres faites au
public et celles adressées à des individus spécifiques. Néanmoins, la question de la valeur
juridique d'une offre et de son régime ne se limite pas à sa révocabilité ; elle soulève
également des interrogations sur ce qu’il advient de l'offre en cas de décès ou d'incapacité
de son auteur.

a-2-2) La caducité de l'offre

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En matière de droit, il existe deux positions largement acceptées concernant la caducité de
l'offre. Premièrement, l'offre devient caduque au décès de son auteur si elle n'était pas
accompagnée d'un délai. Dans ce cas, les héritiers de l'offrant sont tenus de respecter le
délai fixé si celui-ci a été spécifié. Deuxièmement, si l'offrant devient incapable, l'offre
devient également caduque, car il n'est plus en mesure de conclure des contrats de manière
autonome.

b) L’acceptation
L'acceptation se définit comme l'accord pur et simple à l'offre. Ainsi, toute réponse, même si
elle est positive, qui cherche à modifier les conditions initiales de l'offre ne constitue pas une
acceptation. Si l'acceptation est formulée sous certaines conditions ou avec des réserves, le
contrat ne sera pas considéré comme conclu. Dans ce cas, il s'agira d'un refus de l'offre,
accompagné d'une contre-proposition à laquelle l'offrant initial pourra choisir d'adhérer ou
non.
L'acceptation se définit comme un « oui » sans réserve ni condition de la part du destinataire
d'une offre, en réponse à une proposition de contrat. Elle a pour effet de finaliser le contrat
envisagé, à condition que son contenu soit identique à celui de l'offre. Il est également
essentiel que l'acceptation soit faite sur une offre toujours en cours, c'est-à-dire actuelle. Elle
doit être claire et sans ambiguïté ; sinon, elle pourrait être interprétée comme une contre-
proposition, ce qui pourrait entraîner une nouvelle phase de négociations.
En principe, la forme de l'acceptation n'est pas déterminante. Elle peut être exprimée de
manière explicite ou implicite. Dans la pratique, l'acceptation est souvent explicite, se
manifestant par écrit, verbalement ou même par un simple geste. L'acceptation implicite,
quant à elle, découle d'un comportement qui laisse supposer une volonté de contracter,
comme le fait de commencer à exécuter le contrat proposé sans avoir répondu à l'offre au
préalable. Il est important de ne pas confondre l'acceptation tacite avec l'acceptation par le
silence.
Concernant l'acceptation par le silence, cette notion ne doit être envisagée que lorsque le
destinataire d'une offre n'a émis aucune réponse, ni explicite ni implicite. La question se pose
alors de savoir si l'absence totale de réaction de la part du destinataire peut être interprétée
comme une approbation du contrat proposé. En d'autres termes, le silence peut-il être
considéré comme une acceptation ?
En principe, en droit, le silence ne constitue pas une manifestation de volonté, contrairement
à l'adage "qui ne dit mot consent". Ainsi, l'acceptation ne peut pas découler du silence.
Cependant, il existe des exceptions où, de manière exceptionnelle, le silence peut être
interprété comme une acceptation. On parle alors de silence circonstancié dans trois
situations spécifiques :
1ère hypothèse : Dans le cadre de relations d'affaires, si l'une des parties propose un
nouveau contrat de la même nature que ceux précédemment établis, le silence de l'autre
partie est considéré comme une acceptation. De plus, lorsque des relations antérieures

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existent entre les parties, les contrats qui arrivent à expiration peuvent être reconduits
tacitement.
2e hypothèse : Le silence peut également être interprété comme une acceptation dans le
cadre de contrats entre des parties appartenant au même secteur professionnel, lorsque les
usages spécifiques à ce milieu confèrent au silence une valeur d'acceptation.
3e hypothèse : Enfin, le silence équivaut à une acceptation lorsque l'offre est faite dans
l'intérêt exclusif du destinataire. Dans ce cas, le destinataire est présumé avoir accepté
l'offre, même en restant silencieux, car il n'a aucune raison de refuser la proposition qui lui
est faite. Par exemple, le silence d'une personne à qui l'on propose une remise de dette peut
être raisonnablement interprété comme une acceptation.

(2) Le contrat entre absents

La conclusion d'un contrat se fait généralement par un accord direct entre les parties. En
revanche, lorsque le contrat est établi à distance, par correspondance, les manifestations de
volonté sont successives et séparées par un délai, ce qui complique la détermination du
moment de conclusion du contrat. Pour résoudre ces enjeux, la doctrine propose deux
théories que nous présenterons avec leurs variantes, suivies par l'examen des solutions
dégagées par le droit positif.

1° Les solutions doctrinales


a-1) La théorie de l’émission
Pour les tenants de la théorie de l’émission, le contrat entre absents se forme au moment et
au lieu où intervient l’acceptation de l’offre. Cette théorie comporte deux variantes.
a-1-1) Le système de la déclaration
Dans le système de la déclaration, un contrat est formé dès que le destinataire de l'offre
exprime son acceptation, généralement en signant une “lettre d’acceptation”. Cependant, un
inconvénient de ce système est que l'acceptant pourrait ne jamais envoyer la lettre,
empêchant ainsi, d'établir la preuve de l'acceptation. C'est pourquoi le système de
l'expédition est préféré, car il permet de surmonter ce problème.
a-1-2) Le système de l’expédition
Dans le système de l’expédition, un contrat est conclu lorsque le destinataire de l’offre envoie
sa lettre d'acceptation (ex : par la poste). Toutefois, ce système permet à l'acceptant de
revenir sur sa décision tant que l'acceptation n'est pas parvenue à l'offrant. Ainsi, la théorie
de l’émission favorise la rapidité des transactions au détriment de leur sécurité
contrairement à la théorie de la réception.

a-2) La théorie de la réception


Au sein de la théorie de la réception, la formation du contrat par correspondance nécessite
qu’il y ai une rencontre effective des volontés, ce qui signifie que chaque partie doit être
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consciente de la volonté de l'autre. Cela empêche la précipitation et assure la sécurité des
transactions. Cette théorie comprend également deux variantes.
a-2-1) Le système de l’information
Dans le système de l’information, le contrat se forme lorsque l’offrant prend connaissance de
l’acceptation. Cependant, ce système présente des inconvénients pratiques, car l’offrant peut
ignorer la lettre d’acceptation s’il souhaite révoquer son offre. Il est alors difficile de prouver
que celui-ci a eu connaissance de l’acceptation.
a-2-2) Le système de la réception
Selon le système de la réception, un contrat se forme lorsque l’offrant reçoit la lettre
d’acceptation, présumant qu'il en a pris connaissance à ce moment-là. Cependant, ce
système présente des inconvénients, notamment la possibilité pour l’offrant de révoquer son
offre par un moyen de communication rapide, ce qui peut être problématique en cas
d’acceptation tacite de la part de l’acceptant. Par exemple, si une commande est exécutée
par l'expédition des biens demandés, cela ne suffit pas à former le contrat, permettant à
l’offrant d'annuler la commande déjà exécutée tant qu'il n'a pas encore reçu les biens.
Aucune des théories sur la formation des contrats par correspondance ne semble garantir
une rencontre parfaite des volontés, et il est difficile d'établir une règle générale applicable à
tous les cas, ce qui constitue une faiblesse du droit positif sur cette question.

2°La position du droit positif

Pendant longtemps, la Cour de cassation a refusé d'opérer un choix entre les deux théories
sur la formation des contrats par correspondance, considérant que le moment où le contrat
devient parfait dépendait des circonstances de chaque affaire. Cependant, dans un arrêt du
21 mars 1932, elle a semblé privilégier la théorie de l’émission. Malgré cela, des décisions
ultérieures ont adopté des positions différentes. Plus récemment, la Chambre commerciale a
confirmé sa préférence pour la théorie de l’émission, sauf accord contraire des parties. Or
cette approche contraste avec la solution désignée à l'article 213, alinéa 1er de l’Acte
uniforme de l’OHADA relatif au droit commercial général qui reprend l’article 18 de la
Convention de Viennes du 11 avril 1980 sur la vente internationale de marchandises, qui
adopte le système de la réception, stipulant que l'acceptation d'une offre prend effet lorsque
l'indication d'acquiescement parvient à l'auteur de l'offre.

b) L’intégrité du consentement
Le consentement est une condition essentielle à la validité du contrat, selon l’article 1108 du
Code civil. Cependant, il doit être intègre, c'est-à-dire donné librement et en toute
connaissance de cause. Cela implique que la volonté de chaque partie soit consciente, libre
et éclairée, ce qui soulève la question des vices du consentement. Selon l’article 1109 : « il
n’y a point de consentement valable, si le consentement n’a été donné que par erreur, ou s’il
a été extorqué par la violence ou surpris par dol ». En d’autres termes : un consentement
n'est pas valable s'il est entaché d'erreur, extorqué par violence, ou obtenu par dol. Ainsi, le
Code civil reconnaît trois vices du consentement : l'erreur, le dol et la violence, et leur
admission est limitée pour garantir la sécurité juridique.

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(1) L'erreur (Code civil, art. 1110)
L'erreur est une fausse représentation de la réalité qui affecte le consentement d’une partie
lors de la conclusion du contrat. La victime de l’erreur dira « Je me suis trompée » et pourra
plaider pour l’annulation du contrat sous certaines conditions.

1° L’objet de l’erreur
L’art. 1110 du Code civil distingue deux catégories d’erreur qui peuvent vicier le
consentement : l’erreur sur la substance de la chose et l’erreur sur la personne du
contractant dans les contrats conclus intuitu personae.

2° Les conditions de l’erreur


Pour être sanctionnée, l’erreur doit remplir certaines conditions et doit être prouvée.
L’annulation du contrat pour erreur suppose quelques conditions : l’erreur doit être un
élément essentiel du contrat, celle-ci doit être déterminante et excusable et la preuve de
cette erreur doit être rapportée.
Tout d’abord, l’erreur doit porter sur un élément essentiel ou important du contrat. C’est-à-
dire que l’élément sur lequel porte l’erreur doit avoir compter dans la décision de signer le
contrat ou non.
Puis, l’erreur doit ensuite être déterminante et elle doit être excusable. Lorsque l’erreur
commise procède d’une légèreté, le contrat est maintenu et on parle d’erreur inexcusable.
Enfin, la preuve de cette erreur doit encore être rapportée. Celui qui demande l’annulation
du contrat pour erreur doit prouver d’une manière ou d’une autre l’existence de l’erreur.
L’erreur constituera ainsi une cause d’annulation du contrat si toutes les conditions
présentées y sont.

3°La sanction de l’erreur vice du consentement


L’erreur entraîne une nullité relative, car elle protège uniquement l’intérêt de la personne qui
s’est trompée, et non l’intérêt général. La victime de l’erreur dispose de dix ans à partir de la
découverte de l’erreur pour demander l’annulation du contrat, sinon son action sera
prescrite (article 1304 du Code civil).
En plus de l’annulation, la victime peut demander des dommages et intérêts si elle prouve
que son cocontractant a commis une faute.

(2) La violence (Code civil, art. 1111 et s.)

1° La définition de la violence
La violence résulte de la contrainte exercée sur une personne pour l'amener à contracter. Elle
peut être physique (utilisation ou menace de force physique) ou morale (menace ou
pressions psychologiques).

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Étant donné la gravité de la situation, la victime pourra demander la nullité du contrat même
si la violence provient d’une personne extérieure au contrat (Code civil, art. 1111).
La victime de la violence dira « J’ai été contraint ». Cette contrainte peut également avoir des
origines non humaines. On parle d’état de nécessité qui est la situation dans laquelle une
personne est contrainte de conclure un contrat en raison de circonstances externes graves.
La personne agit ainsi sous la contrainte et cela peut ainsi conduire à des contrats
désavantageux ou injustes.
La jurisprudence hésite : l’article 1109 du Code civil semble limiter la violence à celle exercée
par une personne, mais une contrainte extérieure peut tout autant affecter la liberté du
consentement.

2° Les caractères de la violence


La violence doit avoir un caractère déterminant et illégitime.
Tout d’abord, la violence doit avoir été déterminante dans le consentement de la victime
pour entraîner la nullité. C’est ce que le Code civil, à l’art. 1112, appelle « la crainte d’un mal
considérable et présent ». L’appréciation varie.
La violence est une cause d'annulation du contrat, qu'elle que soit sa provenance (Code civil,
art. 1111) ; qu'elle soit exercée sur la personne même ou sur ses proches (Code civil, art.
1113).
En outre, la violence constitue un vice du consentement, si elle est considérée illégitime.
Dans certains cas, la violence peut être légitime. La crainte de déplaire aux personnes que
l’on respecte est légitime ainsi que la menace d'exercer une voie de droit bien entendu
uniquement s’il n’y a pas d’abus de droit.

3° La preuve et les sanctions de la violence


La victime se doit de prouver l’existence de la violence afin qu’il y ait sanction.
La violence est susceptible de deux sanctions que sont la nullité du contrat (art. 1115 du
code civil) et la condamnation à des dommages et intérêts

(3) Le dol (Code civil, art. 1116)


Définition. Le dol est une tromperie volontaire de l’une des parties dans le but d’induire
l’autre en erreur et de le pousser à contracter (Code civil, art. 1116). On dit que le dol est une
erreur provoquée. La victime du dol dira « On m’a trompé ».

1°Les éléments constitutifs du dol


Aux termes de l’art. 1116 du Code civil, le dol implique chez son auteur un élément
Intentionnel et un élément matériel.

o L’élément intentionnel : Il s’agit de la volonté délibérée de tromper l’autre


partie. L’auteur du dol sait que ses actes ou ses paroles induisent en erreur et
vicient le consentement. Sans cette intention, il n’y a pas dol.

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o L’élément matériel : Il s’agit des manœuvres, c’est-à-dire des actes ou des
mises en scène destinés à renforcer un mensonge. Toutefois, la jurisprudence
admet que, dans certains cas, un simple mensonge grave, même sans mise en
scène, peut suffire à constituer un dol.
Dans le commerce, la loi tolère parfois des exagérations (publicité ou survalorisation d’un
produit) et considère que les contractants doivent être vigilants. Le droit ne protège pas les
personnes naïves ou imprudentes.
Cependant, un silence peut aussi constituer un dol. On parle de réticence dolosive lorsqu’une
partie omet volontairement de révéler une information importante que l’autre aurait dû
connaître.
• Pendant longtemps, la jurisprudence n’assimilait pas ce silence au dol.
• Désormais, elle le sanctionne lorsqu’il existe une obligation d’information, soit en raison de
la nature du contrat, soit des circonstances.
Ainsi, un silence coupable peut être aussi grave qu’un mensonge volontaire.

2° La sanction du dol
Pour qu’un contrat soit annulé pour dol, deux conditions doivent être remplies : la
détermination du consentement et la provenance du cocontractant.
D’abord, le dol doit avoir déterminé le consentement, c’est-à-dire que, sans cette tromperie,
la personne n’aurait pas signé le contrat. On parle alors de dol principal, par opposition au
dol incident qui porte sur un élément secondaire et ne permet pas d’annuler le contrat, mais
peut donner lieu à des dommages et intérêts. Ensuite, le dol doit provenir du cocontractant.
Si la tromperie vient d’un tiers, le contrat reste valide, et la victime peut seulement
demander des dommages et intérêts contre ce tiers. Par ailleurs, le dol ne se présume pas, il
doit être prouvé par la victime. En termes de sanctions, la nullité du contrat est la sanction
principale et elle est relative. En complément, des dommages et intérêts peuvent être
accordés. Toutefois, en cas de dol incident ou d’un dol causé par un tiers, seule l’attribution
de dommages et intérêts est possible.

2. La capacité de contracter
Chaque partie à un contrat doit être capable, c’est-à-dire avoir l’aptitude nécessaire pour être
titulaire de droits (capacité de jouissance) et pour exercer ces droits (capacité d’exercice).
Cependant, la capacité est la situation normale. Il s’agit donc simplement de vérifier que la
personne concernée n’est pas déclarée incapable par la loi (art. 1123 du Code civil).
La capacité est la règle, tandis que l’incapacité est l’exception. On distingue deux types
d’incapacités : les incapacités de jouissance et les incapacités d’exercice.

11
L’incapacité de jouissance est l’inaptitude à acquérir ou à détenir un droit. Elle correspond à
une privation de certains droits, souvent dans des cas spécifiques. Une incapacité de
jouissance générale signifierait la négation totale de la personnalité juridique.
L’incapacité d’exercice, quant à elle, désigne l’inaptitude à exercer seul les droits dont on est
titulaire. Cette incapacité vise principalement à protéger les personnes vulnérables et leur
patrimoine. Des remèdes peuvent être apportés à cette incapacité :
• L’assistance : une personne de confiance conseille l’incapable.
• L’autorisation : l’incapable obtient le consentement d’une autre personne avant
d’agir.
• La représentation : une autre personne agit au nom et pour le compte de l’incapable.

a) Le mineur non émancipé


Selon l’article 32 de la loi n° 2019-572 du 26 juin 2019 relative à la minorité, un mineur est
incapable d’accomplir seul les actes de la vie civile. Toutefois, il faut distinguer entre les types
d’actes :
• Actes d’administration : actes de gestion courante (ex. : location d’un bien). Un
mineur non émancipé peut les réaliser seul.
• Actes conservatoires : actes pour préserver un bien du patrimoine.
• Actes de disposition : actes qui modifient de façon importante le patrimoine (ex. :
vente d’un bien). Ces actes sont interdits au mineur non émancipé. Même le
représentant légal doit obtenir une autorisation pour les réaliser.

b) Le majeur protégé
L’incapacité d’exercice des majeurs est liée à une altération des facultés mentales ou à un
comportement excessif. Le droit ivoirien distingue :
• Le dément soumis à l’interdiction judiciaire : il a une incapacité générale et doit être
représenté pour tous ses actes. Cependant, le juge peut limiter cette incapacité à
certains actes spécifiques.
• Le prodigue assisté d’un conseil judiciaire : cette personne, qui se livre à des
dépenses inconsidérées, est assistée pour certains actes (ex. : emprunter, vendre un
bien, recevoir un capital mobilier). Selon l’article 513 du Code civil, le prodigue ne
peut effectuer ces actes qu’avec l’assistance d’un conseil judiciaire désigné par le
tribunal.

3. L’objet licite
L’objet d’un contrat ne concerne pas directement le contrat lui-même, mais plutôt l’objet des
obligations qui en découlent. Il s’agit de la prestation que chaque partie s’engage à réaliser.

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a) La notion d’objet
L’obligation née d’un contrat peut relever de trois catégories :

• Obligation de donner : il s’agit de transférer la propriété d’un bien. Contrairement à son


usage courant, cette notion ne désigne pas une donation. Par exemple, dans une vente, le
transfert de propriété se fait dès l’accord des parties (art. 1583 du Code civil), mais le vendeur
doit encore livrer le bien. Cette dernière obligation est une obligation de faire.

• Obligation de faire : il s’agit d’accomplir une prestation particulière, comme exécuter un


travail ou fournir un service.

• Obligation de ne pas faire : elle impose à une personne de s’abstenir de certains actes,
comme ne pas se réinstaller près d’un commerce qu’elle a vendu.

b) Les conditions relatives à l’objet


L’objet d’une obligation doit répondre à plusieurs conditions pour être valide :
• Pour une chose :
o Elle doit être déterminée ou déterminable, y compris si elle est future (art.
1130 du Code civil).
o Elle doit être licite : seules les choses dans le commerce juridique peuvent
être objets d’obligation. Les choses "hors du commerce" ou qui ne peuvent
être monnayées (comme le corps humain ou ses éléments) sont illicites. Toute
convention conférant une valeur patrimoniale à ces éléments est nulle.
• Pour une prestation (faire ou ne pas faire) :
o Elle doit être possible : seule une impossibilité absolue empêche la formation
du contrat, non l'impossibilité tenant seulement à l'inaptitude du débiteur.
o Elle doit être licite : une prestation contraire à l’ordre public ou aux bonnes
mœurs est illicite (art. 6 du Code civil). Par exemple, un contrat de mère
porteuse serait nul.

c) La valeur de l’objet : cas de la lésion


La lésion désigne le déséquilibre entre les prestations convenues par les parties au moment
de la formation du contrat. Par exemple, le contrat est lésionnaire pour le vendeur s'il vend
trop bon marché ; il est lésionnaire pour l'acheteur s'il achète trop cher.
❖ Le principe
En règle générale, un contrat lésionnaire reste valable.
❖ Les exceptions
Dans certains cas, la lésion peut être sanctionnée par une action en rescision (annulation du
contrat) :
• Pour un mineur non émancipé, qui a conclu seul un contrat alors qu’il devait être
représenté.

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• Dans certains contrats, si une loi le prévoit expressément :
o En cas de vente d'immeubles, s'il y a lésion de plus des 7/12 au détriment du
vendeur (art. 2674 du Code civil).
o En cas de partage, si la lésion dépasse le quart de la valeur (art. 889 du Code
civil).
Remarque : la lésion concerne le déséquilibre des prestations au moment de la formation du
contrat. Si cet équilibre est rompu plus tard, en raison de changements économiques
imprévus, on parle d’imprévision et non de lésion.

4. La cause licite
a) La notion de cause
La cause représente la raison immédiate et directe qui pousse une personne à s’engager dans
un contrat (cause objective).
Dans les contrats synallagmatiques, la cause de l’obligation d’une partie est l’obligation de
l’autre :
Dans une vente, le paiement constitue la cause de l’obligation du vendeur, tandis que la
cause de l’acheteur est l’acquisition de la propriété.
Dans les contrats à titre gratuit, la cause de l’engagement est l’intention libérale.
En plus de la cause objective, il existe les motifs ou mobiles, qui sont les raisons personnelles
du contractant (cause subjective). Par exemple, une personne achète une maison pour se
loger ou pour la revendre. Ces motifs ne sont généralement pas pris en compte, sauf en cas
de fraude ou si l’objectif poursuivi est illicite ou immoral.

b) Les conditions relatives à la cause


Une obligation est invalide si :
• Elle est sans cause (absence de raison justifiant l’engagement).
• Elle repose sur une fausse cause.
• Elle a une cause illicite (contrario à l’ordre public ou aux bonnes mœurs).
Selon l’article 1131 du Code civil, une telle obligation est nulle. Bien que la cause ne doive
pas forcément être exprimée (art. 1132 du Code civil), il est toujours possible de prouver
qu’elle est absente, fausse ou illicite.

B. Les conditions de formes

1. Le Principe du Consensualisme
En général, pour qu'un contrat soit valide, seules les conditions de fond doivent être
satisfaites. C'est le principe du consensualisme, selon lequel le simple accord des volontés
crée des obligations sans nécessiter de formalités spécifiques. Cependant, il existe de

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nombreuses exceptions où des formalités telles que la rédaction d'un écrit ou la signature
devant un officier public sont imposées.

2. Les Exceptions au Principe


a) La Forme Exigée à Titre de Validité
Dans certains cas, l'échange de consentements ne suffit pas à former un contrat. Dans les
contrats dits non consensuels ou formels, le respect des règles de forme est crucial pour la
validité du contrat.

(1) Les Contrats Solennels


Les contrats solennels sont des contrats pour lesquels la validité dépend du respect de
certaines formes solennelles, faute de quoi ils sont nuls. La solennité vise à attirer l'attention
des parties sur l'importance de leur engagement. Il existe deux types de contrats solennels :
• Contrats nécessitant un acte authentique : Un acte authentique est un acte rédigé
par un officier public, comme un notaire. Cette exigence permet à l'autorité publique
de contrôler la régularité de l'acte. Bien que cette formalité soit coûteuse, elle
garantit une grande sécurité juridique. Par exemple, en droit ivoirien :
o Donations entre vifs : Doivent être passées devant notaire (art. 26 de la loi du
7 octobre 1964).
o Contrats immobiliers : Doivent être authentiques (décret du 16 octobre 1964
et loi de finance du 10 mars 1970).
o Hypothèques : Exigent un acte authentique en droit OHADA (art. 124 de l'Acte
uniforme sur l'organisation des sûretés).
• Contrats nécessitant un simple écrit : Même si la loi exige seulement un écrit pour la
validité du contrat, il s'agit toujours de contrats solennels. Par exemple :
o Vente des fonds de commerce : Nécessite un écrit (art. 12 de la loi du 19 juin
1975).
o Contrats d'engagement maritime : Doivent être écrits (art. 63 du Code de la
marine marchande).

(2) Le Contrat Réel


Le contrat réel nécessite, pour être valide, la remise d'une chose en plus de l'accord des
parties. La date de formation du contrat est celle de l'exécution de cette formalité, et non
celle de l'échange des consentements. Exemples de contrats réels :
• Contrat de prêt
• Contrat de dépôt
• Contrat de gage

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b) La Forme Exigée à Titre de Preuve
La loi peut exiger des contractants qu'ils préconstituent la preuve de leur contrat. Cette
exigence atténue le principe du consensualisme sans le remettre en question, en distinguant
la règle de preuve de la règle de forme.

(1) Le Principe : La Preuve Écrite


L'article 1341 al. 1er du Code civil stipule qu'un acte juridique portant sur une somme
excédant 500 FCFA doit être prouvé par écrit. La preuve écrite peut provenir de deux types
d'actes :
• Actes Authentiques : Actes rédigés par un officier public comme un notaire. Ces actes
ont une force probante élevée et une force exécutoire.
• Actes Sous Seing Privé : Actes rédigés librement par les parties, nécessitant leur
signature pour les identifier et constater leur engagement. La rédaction de ces actes
est soumise à quelques formalités spécifiques :
o Contrats Synallagmatiques : L'article 1325 du Code civil exige la formalité du
double, c'est-à-dire autant d'exemplaires que de parties.
o Contrats Unilatéraux : L'article 1326 du Code civil exige la mention manuscrite
"Bon pour" ou "Lu et approuvé" pour attirer l'attention du débiteur sur son
engagement.
L'acte sous seing privé n'a pas force exécutoire et sa force probante est limitée : il peut être
contesté et nécessite une procédure de vérification de l'écriture.

(2) Les Dérogations au Principe


En Matière Commerciale : Selon l'article 5 de l'Acte uniforme OHADA, les actes de
commerce peuvent être prouvés par tous moyens (écrit, témoignage, présomption).
En Matière Civile :
• Commencement de Preuve par Écrit (Article 1347 du Code civil) : Un écrit émanant
de la partie adverse peut constituer un commencement de preuve, s'il est complété
par des témoignages ou des présomptions.
• Impossibilité de Préconstituer un Écrit (Article 1348 du Code civil) : La preuve est
libre en cas d'impossibilité matérielle ou morale de rédiger un écrit, ou en cas de
perte de l'écrit.

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II. LES SANCTIONS DES CONDITIONS DE FORMATION ET DE VALIDITE DU
CONTRAT

La nullité est la sanction appliquée lorsqu'une condition essentielle à la formation et à la


validité d'un contrat fait défaut, comme l'incapacité, l'absence ou le vice du consentement,
ou encore un objet ou une cause illicite ou immorale. Un acte frappé de nullité est privé de
tout effet juridique. Ainsi, la nullité vise à invalider les actes ne respectant pas les conditions
de validité requises.

A. La notion de nullité
1. La définition de la nullité
La nullité sanctionne une irrégularité dans la formation d’un contrat. Lorsqu’un juge la
prononce, l’acte est annulé rétroactivement, comme s’il n’avait jamais existé.

2. Distinction nullité et notions voisines


Outre la nullité qui sanctionne les actes irréguliers dès leur formation, d'autres sanctions
peuvent frapper des actes initialement valables :
• Inopposabilité : l'acte reste valable, mais certaines personnes peuvent l'ignorer,
comme en cas de défaut de publicité.
• Résolution : annule rétroactivement un acte valide en cas d'inexécution des
obligations par une partie.
• Résiliation : met fin à un acte pour l'avenir sans effet rétroactif, par exemple pour un
bail.
• Révocation : supprime l'efficacité d'un acte valide, par exemple une donation
révoquée pour ingratitude.
• Caducité : rend un acte invalide après sa formation, faute d’un élément essentiel,
comme un contrat de mariage non suivi du mariage

B. Les cas de nullité


Selon la nature de l'irrégularité commise, la nullité est absolue ou relative.

1. La nullité absolue
La nullité absolue intervient lorsqu’une irrégularité prive le contrat d’un élément essentiel ou
porte atteinte à l’intérêt général. Cependant, les avis divergent sur les cas précis concernés.
L’illicéité de l’objet ou de la cause, ainsi que l’absence d’objet, sont généralement admises. En
revanche, le défaut de consentement et l’absence de cause sont discutés, car ces vices
touchent des intérêts spécifiques à une partie, pour lesquels la nullité relative pourrait suffire
à assurer leur protection.

2. La nullité relative
La nullité relative sanctionne les violations de règles établies pour protéger une partie ou
une catégorie de personnes, comme en cas de vice du consentement ou d'incapacité. Elle ne

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peut être invoquée que par la personne protégée par la loi, comme celle dont le
consentement a été vicié ou l'ex-incapable.

C. Le régime de la nullité
1. La mise en œuvre de la nullité
a) La nullité absolue
La nullité absolue peut être invoquée par tout intéressé, partie ou tiers, comme les
créanciers. L’acte nul ne peut être confirmé et doit être refait dans les règles. Avant la
réforme du 17 juin 2008, l’action en nullité absolue en droit français se prescrivait par 30 ans,
mais elle est désormais soumise au délai de droit commun de 5 ans, sauf exceptions comme
l’action en nullité du mariage, qui reste ouverte pendant 30 ans.

b) La nullité relative
La nullité relative peut être invoquée uniquement par la partie protégée par la loi, comme
celle dont le consentement a été vicié. Elle peut être confirmée une fois la cause du vice
disparue, de manière expresse ou tacite. L’action en nullité relative est soumise à une
prescription de 10 ans en droit ivoirien (prescription décennale), ce délai débutant à la
disparition de la cause de nullité. Cependant, des délais spécifiques plus courts peuvent
s'appliquer, comme 5 ans en cas de minorité ou 2 ans pour la rescision pour lésion dans une
vente immobilière. En droit français, ce délai est de 5 ans.
Remarque : La nullité, qu'elle soit absolue ou relative, peut être invoquée de deux façons :
par voie d'action (demande en annulation devant le juge) ou par voie d'exception (lorsqu'une
partie refuse d'exécuter son obligation en soulevant l'exception de nullité). Cette dernière est
perpétuelle, car elle n'est pas soumise à la prescription.

2. Les effets de la nullité prononcée


La nullité, qu'elle soit absolue ou relative, annule rétroactivement l'acte, le rendant
inexistant. Cela implique des restitutions réciproques, l'opposabilité de la nullité aux tiers et
l'absence de responsabilité contractuelle des parties, sauf en cas de faute où une
responsabilité délictuelle peut être engagée.

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CONCLUSION

En somme, la formation et la validité des contrats en droit civil reposent sur des conditions
essentielles, telles que le respect du consentement, la capacité juridique des parties, et la
licéité de l'objet et de la cause. Les vices du consentement, comme la violence et le dol,
peuvent entraîner la nullité du contrat, tout comme l'incapacité des parties à s'engager
valablement. Les exigences formelles, telles que la preuve écrite et les contrats solennels,
viennent renforcer la sécurité juridique des transactions. Enfin, la nullité, qu'elle soit absolue
ou relative, protège les parties contre les actes irréguliers et assure l'ordre public, tout en
permettant des réparations adaptées, telles que la restitution et des dommages et intérêts.

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Table des matières

I. Les conditions de formation et de validité du contrat................................................................... 3


A. Les conditions de fond ................................................................................................................ 3
1. Le consentement ..................................................................................................................... 3
2. La capacité de contracter ...................................................................................................... 11
3. L’objet licite ............................................................................................................................ 12
4. La cause licite......................................................................................................................... 14
B. Les conditions de formes .......................................................................................................... 14
1. Le Principe du Consensualisme ............................................................................................. 14
2. Les Exceptions au Principe..................................................................................................... 15
II. LES SANCTIONS DES CONDITIONS DE FORMATION ET DE VALIDITE DU CONTRAT..................... 17
A. La notion de nullité ................................................................................................................... 17
1. La définition de la nullité ....................................................................................................... 17
2. Distinction nullité et notions voisines ................................................................................... 17
B. Les cas de nullité ....................................................................................................................... 17
1. La nullité absolue ................................................................................................................... 17
2. La nullité relative ................................................................................................................... 17
C. Le régime de la nullité .............................................................................................................. 18
1. La mise en œuvre de la nullité............................................................................................... 18
2. Les effets de la nullité prononcée.......................................................................................... 18

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