Exposé Droit 2 NEW
Exposé Droit 2 NEW
Les contrats constituent une source essentielle des obligations et jouent un rôle fondamental
dans le droit civil. En tant qu'actes juridiques, ils reposent sur la manifestation de volonté des
parties, ce qui les distingue des faits juridiques. Dans cette étude, nous nous concentrerons
sur la formation du contrat, qui nécessite le respect de conditions spécifiques pour être
valide. Ces conditions sont cruciales, car leur non-respect peut entraîner des sanctions qui
affectent la validité du contrat. Nous examinerons donc les éléments nécessaires à la
formation d'un contrat et les conséquences d'un manquement à ces exigences, afin de mieux
comprendre les enjeux juridiques qui en découlent.
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Pour qu’un contrat soit valide, certaines conditions doivent être réunies. Si ces conditions ne
sont pas respectées, des sanctions peuvent s’appliquer.
Pour qu'un contrat soit valide, il doit respecter plusieurs conditions essentielles, définies par
l'article 1108 du Code civil. Si ces conditions ne sont pas remplies, le contrat peut être annulé
ou soumis à des sanctions.
1. Le consentement
Le consentement est l’élément central d’un acte juridique, car il repose sur la volonté des
parties. Pour que le contrat soit valide, le consentement doit être exprimé librement et sans
vice.
a) L’existence du consentement
Le consentement de chaque partie doit être exprimé de manière claire. Cela peut se faire de
différentes façons (écrite, verbale, ou gestuelle), mais il doit y avoir une manifestation de la
volonté. Le consentement ne suffit pas seul : il doit y avoir un accord entre les volontés des
parties pour que le contrat soit formé.
Cependant, il peut y avoir des difficultés pour conclure un contrat à distance, par exemple
lors de contrats par correspondance.
En principe, un contrat est formé par l’échange des consentements, selon le principe du
"consensualisme". Cela signifie que le contrat se forme lorsque l’offre d’une partie est
acceptée par l’autre. L’offre suivie de l’acceptation constitue le contrat.
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L’offre ou pollicitation peut être définie comme une manifestation de volonté unilatérale par
laquelle une personne fait connaître son intention de contracter et les conditions essentielles
du contrat.
Une offre est une manifestation unilatérale de volonté par laquelle une personne propose de
conclure un contrat selon des conditions précises. Cette proposition peut être exprimée de
manière explicite (écrite, verbale, ou gestuelle) ou implicite. Ce n’est pas toute proposition
qui constitue une offre. Pour qu'une proposition soit considérée comme une véritable offre,
elle doit respecter certaines conditions.
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L’existence d'une offre ne suffit pas à engager son auteur. En effet, l'offre constitue un acte
juridique unilatéral qui n'a pas de force obligatoire en soi. Par conséquent, l'auteur de l'offre
peut la rétracter à tout moment, tant qu'elle n'a pas été acceptée.
Cependant, cette règle de libre révocabilité ne s'applique pleinement que tant que l'offre n'a
pas été communiquée au destinataire. En effet, permettre une révocation sans restriction
pourrait causer un préjudice au destinataire, notamment si celui-ci a engagé des dépenses en
lien avec l'offre. Ainsi, la jurisprudence a introduit des nuances à cette règle, imposant à
l'auteur de certaines offres une obligation de maintien.
a-2-1-2) L’exception : l’obligation
de maintien de certaines offres
Dès que l’offre est portée à la connaissance de son destinataire, la possibilité pour le
pollicitant de la révoquer est limitée, en fonction de la présence ou non d’un délai.
L’offre assortie d’un délai :
Lorsque l’offre est accompagnée d’un délai, le pollicitant, ou son héritier le cas échéant, est
contraint de respecter ce délai, qu’il soit clairement défini ou implicite. Ainsi, si le pollicitant
retire son offre sans raison valable, il pourrait engager sa responsabilité délictuelle, à
condition que les critères de cette responsabilité soient remplis.
La réparation du préjudice subi par le destinataire (qu’il s’agisse d’une perte de chance ou
d’un autre dommage plus sérieux) se traduira généralement par l’octroi de dommages et
intérêts compensatoires. Toutefois, le juge a également la possibilité d’ordonner une
réparation en nature, en interdisant le retrait injustifié de l’offre. Dans ce cas, si le
destinataire accepte l’offre dans le délai imparti, le contrat sera conclu.
En revanche, une fois le délai écoulé, l’offre devient caduque, et toute acceptation ultérieure
n’aura aucune valeur.
L’offre non assortie d’un délai :
En principe, une offre qui ne précise pas de délai est librement révocable. Toutefois, il
convient d'examiner si cette offre n'implique pas un délai raisonnable d'acceptation, compte
tenu des circonstances. La jurisprudence a établi qu'une offre faite à une personne
déterminée inclut « implicitement un délai raisonnable d’acceptation ». On pourrait en
conclure qu'une offre faite au public, sans mention d'un délai, est également librement
révocable. Cependant, la Cour de cassation a statué que « l’offre faite au public engage le
pollicitant vis-à-vis de l’acceptant, dans les mêmes conditions que l’offre adressée à une
personne déterminée ».
Cette décision établit qu'il n'existe pas de distinction de principe entre les offres faites au
public et celles adressées à des individus spécifiques. Néanmoins, la question de la valeur
juridique d'une offre et de son régime ne se limite pas à sa révocabilité ; elle soulève
également des interrogations sur ce qu’il advient de l'offre en cas de décès ou d'incapacité
de son auteur.
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En matière de droit, il existe deux positions largement acceptées concernant la caducité de
l'offre. Premièrement, l'offre devient caduque au décès de son auteur si elle n'était pas
accompagnée d'un délai. Dans ce cas, les héritiers de l'offrant sont tenus de respecter le
délai fixé si celui-ci a été spécifié. Deuxièmement, si l'offrant devient incapable, l'offre
devient également caduque, car il n'est plus en mesure de conclure des contrats de manière
autonome.
b) L’acceptation
L'acceptation se définit comme l'accord pur et simple à l'offre. Ainsi, toute réponse, même si
elle est positive, qui cherche à modifier les conditions initiales de l'offre ne constitue pas une
acceptation. Si l'acceptation est formulée sous certaines conditions ou avec des réserves, le
contrat ne sera pas considéré comme conclu. Dans ce cas, il s'agira d'un refus de l'offre,
accompagné d'une contre-proposition à laquelle l'offrant initial pourra choisir d'adhérer ou
non.
L'acceptation se définit comme un « oui » sans réserve ni condition de la part du destinataire
d'une offre, en réponse à une proposition de contrat. Elle a pour effet de finaliser le contrat
envisagé, à condition que son contenu soit identique à celui de l'offre. Il est également
essentiel que l'acceptation soit faite sur une offre toujours en cours, c'est-à-dire actuelle. Elle
doit être claire et sans ambiguïté ; sinon, elle pourrait être interprétée comme une contre-
proposition, ce qui pourrait entraîner une nouvelle phase de négociations.
En principe, la forme de l'acceptation n'est pas déterminante. Elle peut être exprimée de
manière explicite ou implicite. Dans la pratique, l'acceptation est souvent explicite, se
manifestant par écrit, verbalement ou même par un simple geste. L'acceptation implicite,
quant à elle, découle d'un comportement qui laisse supposer une volonté de contracter,
comme le fait de commencer à exécuter le contrat proposé sans avoir répondu à l'offre au
préalable. Il est important de ne pas confondre l'acceptation tacite avec l'acceptation par le
silence.
Concernant l'acceptation par le silence, cette notion ne doit être envisagée que lorsque le
destinataire d'une offre n'a émis aucune réponse, ni explicite ni implicite. La question se pose
alors de savoir si l'absence totale de réaction de la part du destinataire peut être interprétée
comme une approbation du contrat proposé. En d'autres termes, le silence peut-il être
considéré comme une acceptation ?
En principe, en droit, le silence ne constitue pas une manifestation de volonté, contrairement
à l'adage "qui ne dit mot consent". Ainsi, l'acceptation ne peut pas découler du silence.
Cependant, il existe des exceptions où, de manière exceptionnelle, le silence peut être
interprété comme une acceptation. On parle alors de silence circonstancié dans trois
situations spécifiques :
1ère hypothèse : Dans le cadre de relations d'affaires, si l'une des parties propose un
nouveau contrat de la même nature que ceux précédemment établis, le silence de l'autre
partie est considéré comme une acceptation. De plus, lorsque des relations antérieures
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existent entre les parties, les contrats qui arrivent à expiration peuvent être reconduits
tacitement.
2e hypothèse : Le silence peut également être interprété comme une acceptation dans le
cadre de contrats entre des parties appartenant au même secteur professionnel, lorsque les
usages spécifiques à ce milieu confèrent au silence une valeur d'acceptation.
3e hypothèse : Enfin, le silence équivaut à une acceptation lorsque l'offre est faite dans
l'intérêt exclusif du destinataire. Dans ce cas, le destinataire est présumé avoir accepté
l'offre, même en restant silencieux, car il n'a aucune raison de refuser la proposition qui lui
est faite. Par exemple, le silence d'une personne à qui l'on propose une remise de dette peut
être raisonnablement interprété comme une acceptation.
La conclusion d'un contrat se fait généralement par un accord direct entre les parties. En
revanche, lorsque le contrat est établi à distance, par correspondance, les manifestations de
volonté sont successives et séparées par un délai, ce qui complique la détermination du
moment de conclusion du contrat. Pour résoudre ces enjeux, la doctrine propose deux
théories que nous présenterons avec leurs variantes, suivies par l'examen des solutions
dégagées par le droit positif.
Pendant longtemps, la Cour de cassation a refusé d'opérer un choix entre les deux théories
sur la formation des contrats par correspondance, considérant que le moment où le contrat
devient parfait dépendait des circonstances de chaque affaire. Cependant, dans un arrêt du
21 mars 1932, elle a semblé privilégier la théorie de l’émission. Malgré cela, des décisions
ultérieures ont adopté des positions différentes. Plus récemment, la Chambre commerciale a
confirmé sa préférence pour la théorie de l’émission, sauf accord contraire des parties. Or
cette approche contraste avec la solution désignée à l'article 213, alinéa 1er de l’Acte
uniforme de l’OHADA relatif au droit commercial général qui reprend l’article 18 de la
Convention de Viennes du 11 avril 1980 sur la vente internationale de marchandises, qui
adopte le système de la réception, stipulant que l'acceptation d'une offre prend effet lorsque
l'indication d'acquiescement parvient à l'auteur de l'offre.
b) L’intégrité du consentement
Le consentement est une condition essentielle à la validité du contrat, selon l’article 1108 du
Code civil. Cependant, il doit être intègre, c'est-à-dire donné librement et en toute
connaissance de cause. Cela implique que la volonté de chaque partie soit consciente, libre
et éclairée, ce qui soulève la question des vices du consentement. Selon l’article 1109 : « il
n’y a point de consentement valable, si le consentement n’a été donné que par erreur, ou s’il
a été extorqué par la violence ou surpris par dol ». En d’autres termes : un consentement
n'est pas valable s'il est entaché d'erreur, extorqué par violence, ou obtenu par dol. Ainsi, le
Code civil reconnaît trois vices du consentement : l'erreur, le dol et la violence, et leur
admission est limitée pour garantir la sécurité juridique.
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(1) L'erreur (Code civil, art. 1110)
L'erreur est une fausse représentation de la réalité qui affecte le consentement d’une partie
lors de la conclusion du contrat. La victime de l’erreur dira « Je me suis trompée » et pourra
plaider pour l’annulation du contrat sous certaines conditions.
1° L’objet de l’erreur
L’art. 1110 du Code civil distingue deux catégories d’erreur qui peuvent vicier le
consentement : l’erreur sur la substance de la chose et l’erreur sur la personne du
contractant dans les contrats conclus intuitu personae.
1° La définition de la violence
La violence résulte de la contrainte exercée sur une personne pour l'amener à contracter. Elle
peut être physique (utilisation ou menace de force physique) ou morale (menace ou
pressions psychologiques).
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Étant donné la gravité de la situation, la victime pourra demander la nullité du contrat même
si la violence provient d’une personne extérieure au contrat (Code civil, art. 1111).
La victime de la violence dira « J’ai été contraint ». Cette contrainte peut également avoir des
origines non humaines. On parle d’état de nécessité qui est la situation dans laquelle une
personne est contrainte de conclure un contrat en raison de circonstances externes graves.
La personne agit ainsi sous la contrainte et cela peut ainsi conduire à des contrats
désavantageux ou injustes.
La jurisprudence hésite : l’article 1109 du Code civil semble limiter la violence à celle exercée
par une personne, mais une contrainte extérieure peut tout autant affecter la liberté du
consentement.
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o L’élément matériel : Il s’agit des manœuvres, c’est-à-dire des actes ou des
mises en scène destinés à renforcer un mensonge. Toutefois, la jurisprudence
admet que, dans certains cas, un simple mensonge grave, même sans mise en
scène, peut suffire à constituer un dol.
Dans le commerce, la loi tolère parfois des exagérations (publicité ou survalorisation d’un
produit) et considère que les contractants doivent être vigilants. Le droit ne protège pas les
personnes naïves ou imprudentes.
Cependant, un silence peut aussi constituer un dol. On parle de réticence dolosive lorsqu’une
partie omet volontairement de révéler une information importante que l’autre aurait dû
connaître.
• Pendant longtemps, la jurisprudence n’assimilait pas ce silence au dol.
• Désormais, elle le sanctionne lorsqu’il existe une obligation d’information, soit en raison de
la nature du contrat, soit des circonstances.
Ainsi, un silence coupable peut être aussi grave qu’un mensonge volontaire.
2° La sanction du dol
Pour qu’un contrat soit annulé pour dol, deux conditions doivent être remplies : la
détermination du consentement et la provenance du cocontractant.
D’abord, le dol doit avoir déterminé le consentement, c’est-à-dire que, sans cette tromperie,
la personne n’aurait pas signé le contrat. On parle alors de dol principal, par opposition au
dol incident qui porte sur un élément secondaire et ne permet pas d’annuler le contrat, mais
peut donner lieu à des dommages et intérêts. Ensuite, le dol doit provenir du cocontractant.
Si la tromperie vient d’un tiers, le contrat reste valide, et la victime peut seulement
demander des dommages et intérêts contre ce tiers. Par ailleurs, le dol ne se présume pas, il
doit être prouvé par la victime. En termes de sanctions, la nullité du contrat est la sanction
principale et elle est relative. En complément, des dommages et intérêts peuvent être
accordés. Toutefois, en cas de dol incident ou d’un dol causé par un tiers, seule l’attribution
de dommages et intérêts est possible.
2. La capacité de contracter
Chaque partie à un contrat doit être capable, c’est-à-dire avoir l’aptitude nécessaire pour être
titulaire de droits (capacité de jouissance) et pour exercer ces droits (capacité d’exercice).
Cependant, la capacité est la situation normale. Il s’agit donc simplement de vérifier que la
personne concernée n’est pas déclarée incapable par la loi (art. 1123 du Code civil).
La capacité est la règle, tandis que l’incapacité est l’exception. On distingue deux types
d’incapacités : les incapacités de jouissance et les incapacités d’exercice.
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L’incapacité de jouissance est l’inaptitude à acquérir ou à détenir un droit. Elle correspond à
une privation de certains droits, souvent dans des cas spécifiques. Une incapacité de
jouissance générale signifierait la négation totale de la personnalité juridique.
L’incapacité d’exercice, quant à elle, désigne l’inaptitude à exercer seul les droits dont on est
titulaire. Cette incapacité vise principalement à protéger les personnes vulnérables et leur
patrimoine. Des remèdes peuvent être apportés à cette incapacité :
• L’assistance : une personne de confiance conseille l’incapable.
• L’autorisation : l’incapable obtient le consentement d’une autre personne avant
d’agir.
• La représentation : une autre personne agit au nom et pour le compte de l’incapable.
b) Le majeur protégé
L’incapacité d’exercice des majeurs est liée à une altération des facultés mentales ou à un
comportement excessif. Le droit ivoirien distingue :
• Le dément soumis à l’interdiction judiciaire : il a une incapacité générale et doit être
représenté pour tous ses actes. Cependant, le juge peut limiter cette incapacité à
certains actes spécifiques.
• Le prodigue assisté d’un conseil judiciaire : cette personne, qui se livre à des
dépenses inconsidérées, est assistée pour certains actes (ex. : emprunter, vendre un
bien, recevoir un capital mobilier). Selon l’article 513 du Code civil, le prodigue ne
peut effectuer ces actes qu’avec l’assistance d’un conseil judiciaire désigné par le
tribunal.
3. L’objet licite
L’objet d’un contrat ne concerne pas directement le contrat lui-même, mais plutôt l’objet des
obligations qui en découlent. Il s’agit de la prestation que chaque partie s’engage à réaliser.
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a) La notion d’objet
L’obligation née d’un contrat peut relever de trois catégories :
• Obligation de ne pas faire : elle impose à une personne de s’abstenir de certains actes,
comme ne pas se réinstaller près d’un commerce qu’elle a vendu.
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• Dans certains contrats, si une loi le prévoit expressément :
o En cas de vente d'immeubles, s'il y a lésion de plus des 7/12 au détriment du
vendeur (art. 2674 du Code civil).
o En cas de partage, si la lésion dépasse le quart de la valeur (art. 889 du Code
civil).
Remarque : la lésion concerne le déséquilibre des prestations au moment de la formation du
contrat. Si cet équilibre est rompu plus tard, en raison de changements économiques
imprévus, on parle d’imprévision et non de lésion.
4. La cause licite
a) La notion de cause
La cause représente la raison immédiate et directe qui pousse une personne à s’engager dans
un contrat (cause objective).
Dans les contrats synallagmatiques, la cause de l’obligation d’une partie est l’obligation de
l’autre :
Dans une vente, le paiement constitue la cause de l’obligation du vendeur, tandis que la
cause de l’acheteur est l’acquisition de la propriété.
Dans les contrats à titre gratuit, la cause de l’engagement est l’intention libérale.
En plus de la cause objective, il existe les motifs ou mobiles, qui sont les raisons personnelles
du contractant (cause subjective). Par exemple, une personne achète une maison pour se
loger ou pour la revendre. Ces motifs ne sont généralement pas pris en compte, sauf en cas
de fraude ou si l’objectif poursuivi est illicite ou immoral.
1. Le Principe du Consensualisme
En général, pour qu'un contrat soit valide, seules les conditions de fond doivent être
satisfaites. C'est le principe du consensualisme, selon lequel le simple accord des volontés
crée des obligations sans nécessiter de formalités spécifiques. Cependant, il existe de
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nombreuses exceptions où des formalités telles que la rédaction d'un écrit ou la signature
devant un officier public sont imposées.
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b) La Forme Exigée à Titre de Preuve
La loi peut exiger des contractants qu'ils préconstituent la preuve de leur contrat. Cette
exigence atténue le principe du consensualisme sans le remettre en question, en distinguant
la règle de preuve de la règle de forme.
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II. LES SANCTIONS DES CONDITIONS DE FORMATION ET DE VALIDITE DU
CONTRAT
A. La notion de nullité
1. La définition de la nullité
La nullité sanctionne une irrégularité dans la formation d’un contrat. Lorsqu’un juge la
prononce, l’acte est annulé rétroactivement, comme s’il n’avait jamais existé.
1. La nullité absolue
La nullité absolue intervient lorsqu’une irrégularité prive le contrat d’un élément essentiel ou
porte atteinte à l’intérêt général. Cependant, les avis divergent sur les cas précis concernés.
L’illicéité de l’objet ou de la cause, ainsi que l’absence d’objet, sont généralement admises. En
revanche, le défaut de consentement et l’absence de cause sont discutés, car ces vices
touchent des intérêts spécifiques à une partie, pour lesquels la nullité relative pourrait suffire
à assurer leur protection.
2. La nullité relative
La nullité relative sanctionne les violations de règles établies pour protéger une partie ou
une catégorie de personnes, comme en cas de vice du consentement ou d'incapacité. Elle ne
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peut être invoquée que par la personne protégée par la loi, comme celle dont le
consentement a été vicié ou l'ex-incapable.
C. Le régime de la nullité
1. La mise en œuvre de la nullité
a) La nullité absolue
La nullité absolue peut être invoquée par tout intéressé, partie ou tiers, comme les
créanciers. L’acte nul ne peut être confirmé et doit être refait dans les règles. Avant la
réforme du 17 juin 2008, l’action en nullité absolue en droit français se prescrivait par 30 ans,
mais elle est désormais soumise au délai de droit commun de 5 ans, sauf exceptions comme
l’action en nullité du mariage, qui reste ouverte pendant 30 ans.
b) La nullité relative
La nullité relative peut être invoquée uniquement par la partie protégée par la loi, comme
celle dont le consentement a été vicié. Elle peut être confirmée une fois la cause du vice
disparue, de manière expresse ou tacite. L’action en nullité relative est soumise à une
prescription de 10 ans en droit ivoirien (prescription décennale), ce délai débutant à la
disparition de la cause de nullité. Cependant, des délais spécifiques plus courts peuvent
s'appliquer, comme 5 ans en cas de minorité ou 2 ans pour la rescision pour lésion dans une
vente immobilière. En droit français, ce délai est de 5 ans.
Remarque : La nullité, qu'elle soit absolue ou relative, peut être invoquée de deux façons :
par voie d'action (demande en annulation devant le juge) ou par voie d'exception (lorsqu'une
partie refuse d'exécuter son obligation en soulevant l'exception de nullité). Cette dernière est
perpétuelle, car elle n'est pas soumise à la prescription.
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CONCLUSION
En somme, la formation et la validité des contrats en droit civil reposent sur des conditions
essentielles, telles que le respect du consentement, la capacité juridique des parties, et la
licéité de l'objet et de la cause. Les vices du consentement, comme la violence et le dol,
peuvent entraîner la nullité du contrat, tout comme l'incapacité des parties à s'engager
valablement. Les exigences formelles, telles que la preuve écrite et les contrats solennels,
viennent renforcer la sécurité juridique des transactions. Enfin, la nullité, qu'elle soit absolue
ou relative, protège les parties contre les actes irréguliers et assure l'ordre public, tout en
permettant des réparations adaptées, telles que la restitution et des dommages et intérêts.
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Table des matières
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