0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
21 vues12 pages

CH 12

Transféré par

glenscanland1
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
21 vues12 pages

CH 12

Transféré par

glenscanland1
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre 12

E SPACES VECTORIELS
(1) G ÉNÉRALITÉS

Mohamed TARQI

Table des matières


1 Structures d’espaces vectoriels et d’algèbres 1
1.1 Structure d’espace vectoriel sur un corps commutatif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.1 Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.2 Règles de calcul dans un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Espace vectoriel produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Structure d’algèbre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2 Sous-espaces vectoriels d’un espace vectoriel 5


2.1 sous-espaces vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Sous-espaces supplémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2.1 Somme de deux sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2.2 Sous-espaces supplémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

3 Applications linéaires 8
3.1 Définition. Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2 Premières propriétés des applications linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.3 Projections et symétries vectorielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

• • • • • • • • ••

1 Structures d’espaces vectoriels et d’algèbres


1.1 Structure d’espace vectoriel sur un corps commutatif
1.1.1 Définitions et propriétés
Définition 1.1 Étant donné un ensemble E et un ensemble Ω. On appelle loi de composition externe entre élé-
ments de E et éléments de Ω, toute application f de Ω × E dans E :

(α, x) 7−→ f (α, x)

f (α, x) est le composé de α et de x. On le note α.x

Soit E un ensemble non vide muni


1) d’une loi interne notée +.
2) d’une loi externe notée ·
Nous notons (E, +, ·) l’ensemble muni de ces deux lois.

1
E SPACES VECTORIELS
C HAPITRE 12 (1) G ÉNÉRALITÉS

Définition 1.2 On dit que (E, +, ·) est un espace vectoriel sur un corps commutatif K ou K-espace vectoriel si et
seulement si les propriétés suivantes sont vérifiées :
1. (E, +) est un groupe commutatif.
2. ∀x ∈ E, 1 · x = x
3. ∀x ∈ E, ∀α, β ∈ K on a : α(β · x) = (αβ) · x
4. L’opération externe est distributive par rapport à l’addition dans K et par rapport à l’opération interne de E.
Les éléments de E sont appelés des vecteurs, on note parfois le vecteur x par ~x, 0E et 0K représentent pro-
visoirement les éléments zéros de E et K, les axiomes de la structure d’espace vectoriel sur K s’écrivent
donc :
1. ∀x, y, z ∈ E on a : (x + y) + z = x + (y + z)
2. ∀x, y ∈ E on a : x + y = y + x
3. Il existe 0E ∈ E tel que ∀x ∈ E on a : x + 0E = 0E + x = x.
4. ∀x ∈ E, ∃x0 ∈ E : x + x0 = x0 + x = 0E (x0 = −x)
5. ∀x ∈ E, 1K · x = x
6. ∀x ∈ E, ∀α, β ∈ K on a : α(β · x) = (αβ) · x
7. ∀x ∈ E, ∀α, β ∈ K on a : (α + β) · x = α · x + β · x
8. ∀x, y ∈ E, ∀α ∈ K on a : α · (x + y) = α · x + α · y

Exemples :

− →

1. Soit E l’ensemble des vecteurs du plan et K = R. E muni des opérations →

x +→

y et α−

x (α ∈ R)
est un espace vectoriel.
2. (K, +, .) est un espace vectoriel sur lui-même .
3. K[X] et Kn [X] (n ∈ N∗ ) sont des K-espaces vectoriels.

Exemple fondamental : Soit A une partie non vide de R. Notons E = F (A, R) l’ensemble des applica-
tions de A à valeurs dans R.
Soient f et g des éléments de E. Rappelons que la somme f + g est par définition l’application qui à tout
élément x de A associé le nombre réel f (x) + g(x). Nous savons que, muni de l’addition, E vérifie :
· ∀f, g, h ∈ E on a : (f + g) + h = f + (g + h)
· ∀f, g ∈ E on a : f + g = g + f
· ∀f ∈ E on a : f + 0E = 0E + f (0E la fonction nulle)
· ∀f ∈ E on a : f + (−f ) = (−f ) + f = 0E
D’autre part, on peut définir une application de R × E dans E de la manière suivante : pour tout nombre
réel α et pour tout élément de E, on note αf l’application qui à tout élément x de A associé le nombre
réel αf (x). Il s’agit d’une loi de composition externe. On a les propriétés suivantes :
· ∀f ∈ E on a : 1.f = f
· ∀f, ∈ E , ∀α, β ∈ R on a : α(β.f ) = (αβ).f
· ∀f ∈ E, ∀α, β ∈ R on a : (α + β).f = α.f. + β.f
· ∀f, g ∈ E, ∀α ∈ R on a : α.(f + g) = α.f + α.g
L’ensemble E, muni de l’addition et de la multiplication externe est un espace vectoriel, cette espace
prend le nom d’espace vectoriel des fonctions numériques.

Cas particulier : Lorsque A est l’ensemble N des entiers naturels, les applications de N dans R ne sont
autres que les suites de nombres réels. L’ensemble E prend alors le nom d’espace vectoriel des suites de
nombres réels.

Cours de Mathématiques MPSI 2 / 12 Rédigé par: [Link]


E SPACES VECTORIELS
C HAPITRE 12 (1) G ÉNÉRALITÉS

Exercice : Soit E l’ensemble définie par :

E = {f : R −→ R, / f (x) = (ax + b)e3x , (a, b) ∈ R2 }

Montrer que (E, +, ·) est un espace vectoriel sur R.

1.1.2 Règles de calcul dans un espace vectoriel


Proposition 1.1 Soit E un K-espace vectoriel.
1. ∀x ∈ E, 0K .x = 0E et ∀α ∈ K, α.0E = 0E
2. ∀x ∈ E, ∀α ∈ K, α.x = 0 ⇐⇒ α = 0K ou x = 0E
3. ∀x ∈ E, ∀α ∈ K, (−α).x = α.(−x) = −(α.x)

Démonstration :
1. ∀x ∈ E, on a :
0K .x + αx = (0K + α)x = αx
donc
0K .x = α.x − α.x = 0E
de même
α.0E + α.x = α.(0E + x) = α.x
d’où
α.0E = 0E
2. Soit x ∈ E et α ∈ K tel que α.x = 0E
Si α 6= 0,
α−1 (α.x) = α−1 α.x = α−1 .0E = 0E
or
α−1 α.x = x
d’où
x = 0E
3. Si α ∈ K et x ∈ E on a :

α.x + (−α.x) = [α + (−α)].x = 0K .x = 0E

de même
α.x + α.(−x) = α.[x + (−x)] = α.0E = 0E
donc :
(−α).x = α.(−x) = −(α.x).
u
t

Remarque : D’après ce résultat il n’y aurait aucun inconvénient à désigner 0E , l’élément zéro de E, et
le zéro de K par même symbole 0.

Proposition 1.2 ∀(α, β) ∈ K2 et ∀(x, y) ∈ E 2 on a :


1. (α − β).x = α.x − β.x
2. α.(x − y) = α.x − α.y

Cours de Mathématiques MPSI 3 / 12 Rédigé par: [Link]


E SPACES VECTORIELS
C HAPITRE 12 (1) G ÉNÉRALITÉS

1.2 Espace vectoriel produit


Soit deux espaces vectoriels E et F sur le même corps commutatif, considérons le groupe produit des
groupes (E, +) et (F, +), l’addition sur E × F est définie par :

(x, y) + (x0 , y 0 ) = (x + x0 , y + y 0 )

On vérifiera que la multiplication externe définie par l’égalité :

α(x, y) = (αx, αy)

munit le groupe produit E × F d’une structure d’espace vectoriel sur K.

Définition 1.3 L’espace vectoriel ainsi définie s’appelle espace vectoriel produit E × F .

Généralisation : Étant donné n espaces vectoriels E1 , E2 , ..., En sur le même corps commutatif K, les
égalités suivantes :

(x1 , x2 , ..., xn ) + (y1 , y2 , ..., yn ) = (x1 + y1 , x2 + y2 , ..., xn + yn )

α(x1 , x2 , ..., xn ) = (αx1 , αx2 , ..., αxn )


définissent l’espace vectoriel E1 × E2 ×, ..., ×En .

Exemple : Si K est corps commutatif, alors on peut définir l’espace vectoriel Kn , l’addition et la multi-
plication externe sont définis par :
∀x = (x1 , x2 , ..., xn ), y = (y1 , y2 , ..., yn ) ∈ Kn et α ∈ K,

x + y = (x1 , x2 , ..., xn ) + (y1 , y2 , ..., yn ) = (x1 + y1 , x2 + y2 , ..., xn + yn )

αx = α(x1 , x2 , ..., xn ) = (αx1 , αx2 , ..., αxn )

1.3 Structure d’algèbre


Définition 1.4 On appelle algèbre ou K-algèbre tout ensemble A muni d’une loi interne notée (+), d’une loi
externe notée (.) et d’une troisième loi interne notée (∗) telles que :
1. (A, +.) est un K-espace vectoriel.
2. (∗) est distributive par rapport à l’addition ;
3. ∀α ∈ K, ∀(x, y) ∈ A2 , α(x ∗ y) = (αx) ∗ y = x ∗ (αy).

Une K-algèbre est dite :


• associative si, et seulement si, (∗) est associative ;
• commutative si, et seulement si, (∗) est commutative ;
• unitaire ( ou unifère ) si, et seulement si, A admet un élément neutre pour (∗).

Exemples :
1. Tout corps commutatif K est une K-algèbre associative, commutative, unitaire, en prenant pour
troisième loi loi de multiplication.
2. Soit l’espace vectoriel (RA , +, .) des applications numériques, on définit une troisième loi par :
∀x ∈ A, ∀f, g ∈ RA , (f g)(x) = f (x)g(x)
RA est une R-algèbre associative, commutative, unitaire, le neutre pour la troisième loi étant l’ap-
plication constante égale à 1.

Cours de Mathématiques MPSI 4 / 12 Rédigé par: [Link]


E SPACES VECTORIELS
C HAPITRE 12 (1) G ÉNÉRALITÉS

2 Sous-espaces vectoriels d’un espace vectoriel


2.1 sous-espaces vectoriel
Définition 2.1 Soit E un K-espace vectoriel et F ⊂ E, F 6= ∅. On dit que F est un sous-espace vectoriel de E si
et seulement si F est stable par l’addition et la multiplication externe et a une structure d’espace vectoriel sur K.

Théorème 2.1 Soit E un K-espace vectoriel. Une partie F, non vide, de E est un sous-espace
vectoriel de E si et seulement si ∀x, y ∈ F, ∀α, β ∈ K α.x + β.y ∈ F .

Exemples :
1. Pour tout espace vectoriel E, {0E } et E sont des sous-espaces vectoriels de E. Tout sous-espace
vectoriel différent de E et {0E } est appelé sous-espace vectoriel propre de E.
2. Soit F = {f ∈ F (I, R) : f (0) = 0}. F est un sous-espace vectoriel de F (I, R), en effet :

∀α, β ∈ R ∀f, g ∈ F (αf + βg)(0) = α.f (0) + β.g(0) = 0

3. L’ensemble des suites qui convergent vers 0 est un sous-espace vectoriel de l’espace vectoriel des
suites numériques.
4. ∀n ∈ N∗ , Kn [X] est un sous-espace vectoriel de K[X].

Exemples : Dans E = F (R, R) espaces vectoriels sur R, les ensembles suivants sont des sous-espaces
vectoriels de E.
1. Ensemble des fonctions paires.
2. Ensemble des fonctions impaires.
3. Ensemble des fonctions continues.
4. Ensemble des fonctions k fois dérivables.

Remarque :
1. Un sous-espace vectoriel de E n’est jamais vide : il contient toujours 0.
2. Pour montrer qu’un ensemble F est un espace vectoriel, il suffit de montrer qu’il est un sous-espace
d’un espace vectoriel bien connu, par exemple pour montrer que l’ensemble

S = {(un )n≥0 ∈ CN /un+2 = aun+1 + bun }

est un espace vectoriel il suffit de montrer qu’il est un sous-espace vectoriel de CN .

Théorème 2.2 Si E1 , E2 , ..., Em sont des sous-espaces vectoriels d’un K-espace vectoriel E alors
Tn
Ei est sous-espace vectoriel de E.
i=1

i=n
Démonstration : Soit (x, y) ∈ F × F = Ei et (λ, µ) ∈ K2
T
i=1
alors ∀i = 1, 2, ..., n (x, y) ∈ Ei2 , et puisque Ei est un sous-espace vectoriel, alors λx + µy ∈ Ei d’où
i=n
Ei . u
T
λx + µy ∈ t
i=1

Définition 2.2 Soit m (m ∈ N∗ ) éléments x1 , x2 , ..., xm d’un espace vectoriel et m nombres α1 , α2 , ..., αm .
L’élément α1 x1 + α2 x2 + ... + αm xm de E est appelé combinaison linéaire des éléments x1 , x2 , ..., xm de E ;
α1 , α2 , ..., αm sont les coef f icients respectifs de x1 , x2 , ..., xm dans cette combinaison linéaire.

Cours de Mathématiques MPSI 5 / 12 Rédigé par: [Link]


E SPACES VECTORIELS
C HAPITRE 12 (1) G ÉNÉRALITÉS

Théorème et définition 2.1 Étant donné des éléments x1 , x2 , ..., xm d’un K-espace vectoriel. L’en-
semble de toutes les combinaisons linéaires de x1 , x2 , ..., xm est un sous-espace vectoriel de E
appelé sous-espace vectoriel engendré par la partie {x1 , x2 , ..., xm } ou par la famille {x1 , x2 , ..., xm },
on le note V ect({x1 , x2 , ..., xm }).

Démonstration : Soit x, y ∈ V ect({x1 , x2 , ..., xm }) et α, β ∈ K, alors il existe des scalaires λ1 , λ2 , ..., λm ,


µ1 , µ2 , ..., µm tels que :
m m
λi xi et y =
P P
x= µ i xi
i=1 i=1
donc
m
u
P
αx + βy = (αλi + βµi )xi ∈ V ect({x1 , x2 , ..., xm }). t
i=1

Exemples :
1. Soit E un K-espace vectoriel et x un vecteur de E, non nul.
V ect(x) = {λx / λ ∈ K}.
C’est la droite vectoriele engendrée par x.
2. Dans l’espace vectoriel R3
Soit a = (1, −2, 3), b = (0, 3, −1)
V ect{a, b} = {λa + µb / (λ, µ) ∈ R2 } = {(λ, −2λ + 3µ, 3λ − µ) / (λ, µ) ∈ R2 }
3. Dans l’espace vectoriel F (I, R), le sous-espace vectoriel engendré par x −→ e−2x et x −→ e3x est
l’ensemble {x −→ ae−2x + be3x : (a, b) ∈ R2 }
4. On a :
C = {x + iy / (x, y) ∈ R2 }
= V ect({1, i})
donc C est considéré comme un espace vectoriel engendré par 1 et i.
5. Kn [X] = V ect({1, X, X 2 , ..., X n })
6. Kn = V ect({e1 , e2 , ..., en }) avec e1 = (1, 0, ..., 0), e2 = (0, 1, ..., 0), ..., en = (0, 0, ..., 1)

Définition 2.3 Soit E un K-espace vectoriel. Une famille {a1 , a2 , ..., am } de E est appelée f amille gnratice de
E si et seulement si le sous-espace vectoriel engendré par {a1 , a2 , ..., am } est l’espace vectoriel lui-même.

Remarque : On a vu que l’ensemble F des combinaisons linéaires de a1 , a2 , ..., am est un sous-espace


vectoriel de E ; et on a F ⊂ E. Donc pour démontrer que F = E, il suffit de démontrer que E ⊂ F c’est
à dire que tout élément de E est une combinaison linéaire de a1 , a2 , ..., am .

Exemple : Kn = V ect({e1 , e2 , ..., en }) avec e1 = (1, 0, ..., 0), e2 = (0, 1, ..., 0), ..., en = (0, 0, ..., 1), donc
{e1 , e2 , ..., en } est une famille génératrice de Kn

2.2 Sous-espaces supplémentaires


2.2.1 Somme de deux sous-espaces vectoriels
Définition 2.4 Soient F et G deux sous-espaces vectoriels d’un K-espace vectoriel E. On appelle la somme de F
et G, l’ensemble F + G = {x + y / x ∈ F et y ∈ G}

Théorème 2.3 La somme de deux sous-espaces vectoriels F et G est un sous-espace vectoriel.

Cours de Mathématiques MPSI 6 / 12 Rédigé par: [Link]


E SPACES VECTORIELS
C HAPITRE 12 (1) G ÉNÉRALITÉS

Démonstration : Soient F et G deux sous-espaces de E. ∀(α, β) ∈ K2 , ∀(x, y) ∈ F × G on a :

αx + βy = x0 + y 0 avec (x0 , y 0 ) ∈ F × G

donc αx + βy ∈ F + G et un par conséquent F + G est un sous-espace vectoriel de E. u


t

2.2.2 Sous-espaces supplémentaires


Définition 2.5 Soient F et G deux sous-espaces vectoriels d’un K-espace vectoriel E. F + G est dite somme
directe si F ∩ G = {0E }.

Théorème 2.4 Deux sous-espaces vectoriels F et G sont en somme directe si et seulement si


tout x ∈ F + G s’écrit d’une manière unique sous la forme x = f + g avec f ∈ F et g ∈ G.

Démonstration : Supposons que x = f + g = f 0 + g0 avec f, f 0 ∈ F et g, g 0 ∈ G, donc 0 = (f − f 0 ) +


(g − g 0 ) donc
f 0 − f = g 0 − g ∈ F ∩ G = {0E } =⇒ f = f 0 et g = g 0 ,
d’où l’unicité de l’écriture
x = f + g.
Réciproquement, soit x ∈ F ∩ G
alors
x=0+x=x+0
et par unicité x = 0, donc
F ∩ G = {0E }
u
t

Corollaire 2.1 F et G sont en somme directe si et seulement si ∀f ∈ F, ∀g ∈ G

(f + g = 0E =⇒ f = g = 0E )

Définition 2.6 Soient F et G deux sous-espaces vectoriels d’un k-espace vectoriel E. F et G sont dits supplimen-
taires si ils sont en somme directe et F + G = E. On note F ⊕ G = E

Remarque :

F +G=E
F ⊕ G = E ⇐⇒
F ∩ G = {0E }

Exercice : Soit E = F (I, R), avec I un intervalle symétrique par rapport à 0, l’espace vectoriel des
fonction numériques. Montrer que E est somme directe des sous-espaces vectoriels des fonctions pairs
et des fonctions impaires.

Cours de Mathématiques MPSI 7 / 12 Rédigé par: [Link]


E SPACES VECTORIELS
C HAPITRE 12 (1) G ÉNÉRALITÉS

3 Applications linéaires
3.1 Définition. Exemples
Définition 3.1 Étant donnés deux espaces vectoriels E et F sur K. On appelle application linéaire de E dans F
toute application f de E dans F vérifiant :
(1) ∀x ∈ E, ∀y ∈ E f (x + y) = f (x) + f (y)
(2) ∀x ∈ E, ∀λ ∈ K f (λx) = λf (x)
Si E = F on dit que f est un endomorphisme de l’espace vectoriel E. Si l’application linéaire f : E −→ F est
bijective, c’est un isomorphisme de E sur F , si de plus E = F , on dit que f est un automorphisme de E.

Notations : L’ensemble des applications linéaires de E dans F sera noté par L (E, F ), l’ensemble est
des endomorphismes de E est noté L (E) au lieu de L (E, E), enfin on note G L (E) l’ensemble des
automorphismes de E

Remarque : f : E −→ F est une application linéaire si, et seulement si, ∀x ∈ E, ∀y ∈ E ∀λ, µ ∈ K


f (λx + µy) = λf (x) + µf (y).

Exemples :
1. On considére R comme espace vectoriel sur lui même, soit f l’application,a ∈ R :

f: R −
7 → R
x −7 → ax
f est une application linéaire, d’une manière générale, soit E un K-espace vectoriel et λ ∈ K,
l’application :
hλ : E 7−→ E
x 7−→ λx
est linéaire, appelée homothétie de rapport λ.
2. Si E = E1 × E2 les applications pr1 et pr2 définies par :
pr1 (x1 , x2 ) = x1 et pr2 (x1 , x2 ) = x2
sont des applications linéaires de E1 × E2 respectivement dans E1 et dans E2 .
3. Soit E = R2 , F = R3 , soit f l’application définie de E dans F par :

∀x, y ∈ R2 , f (x, y) = (2x − y, −x + 3y, 2x − 3y)

f est une application linéaire, en effet : ∀α, β ∈ R, ∀(x, y) ∈ R2 , ∀(x0 , y 0 ) ∈ R2

f (α(x, y) + β(x0 , y 0 )) = f (αx + βx0 , αy + βy 0 )


= (2(αx + βx0 ) − αy + βy 0 , −αx − βx0 + 3(αy + βy 0 ),
2(αx + βx0 ) − 3(αy + βy 0 ))
= α(2x − y, −x + 3y, 2x − 3y) + β(2x0 − y 0 , −x0 + 3y 0 , 2x0 − 3y 0 )
= αf (x, y) + βf (x0 , y 0 )

4. L’application Γ de k[X] dans k[X] définie par Γ(P ) = P 0 est linéaire.

Définition 3.2 On appelle forme linéaire sur un K-espace vectoriel E toute application linéaire de E dans K
considéré comme espace vectoriel.

Cours de Mathématiques MPSI 8 / 12 Rédigé par: [Link]


E SPACES VECTORIELS
C HAPITRE 12 (1) G ÉNÉRALITÉS

Exemple : L’application Φ de l’espace vectoriel des fonctions intégrales au sens de Riemann sur le
Rb
segment [a, b] dans R définie par Φ(f ) = f (t)dt est une forme linéaire.
a

3.2 Premières propriétés des applications linéaires


Théorème 3.1 Pour toute application linéaire f de E dans F .
1. f (0E ) = 0F et pour tout x de E on a f (−x) = −f (x).
2. Si A est sous-espace vectoriel de E, f (A) est un sous-espace vectoriel de F .
3. Si B est sous-espace vectoriel de F , f −1 (B) est un sous-espace vectoriel de E.

Démonstration :
1. ∀x ∈ E,
f (x) = f (0E + x)
= f (0E ) + f (x)
on en déduit que f (0E ) = 0F .
2. ∀x ∈ E,

f (0E ) = f (x − x)
= f (x) + f (−x)
= 0F
donc f (−x) est l’opposé de f (x) dans F , c’est à dire f (−x) = −f (x).
3. Soit A un sous-espace vectoriel de E, x0 et y 0 des éléments de f (A), il existe alors x et y de A tels
que x0 = f (x) et y 0 = f (y), d’où pour tout α ∈ K :
f (x − y) = f (x) − f (y) = x0 − y 0 et f (αx) = αf (x) = αx0
donc x0 − y 0 et αx0 appartiennent à f (A) qui est donc un sous-espace vectoriel de F .
4. Soit B un sous-espace vectoriel de F , x et y deux éléments de f −1 (B), f (x) et f (y) appartiennent à
B, d’où pour tout α ∈ K.
f (x) − f (y) = f (x − y) et αf (x) = f (αx)
appartiennent à B, donc x − y et αx appartiennent à f −1 (B) qui est donc un sous-espace vectoriel
de E.
u
t

Définition 3.3 On appelle noyau d’une application linéaire f de E dans F l’ensemble {x ∈ E /f (x) = 0} et
image de f l’ensemble {f (x) / x ∈ E}. Et on note :
ker f = {x ∈ E f (x) = 0F } Imf = {f (x)/x ∈ E}

Exercice : Soit f l’application linéaire de R2 dans R3 , définie par :


f (x, y) = (2x − y, x + y, 3x − 4y)
Déterminer ker f et Imf.
Proposition 3.1 Soit f une application linéaire de E dans F . ker f est un sous-espace vectoriel de
E et Imf est un sous-espace vectoriel de F.

Cours de Mathématiques MPSI 9 / 12 Rédigé par: [Link]


E SPACES VECTORIELS
C HAPITRE 12 (1) G ÉNÉRALITÉS

Démonstration : · ∀α, β ∈ K, ∀x, y ∈ ker f , on a : f (αx + βy) = αf (x) + βf (y) = 0F


· Soit y, y 0 ∈ Imf et α, β ∈ K, alors ∃x, x0 ∈ E tels que : f (x) = y et f (x0 ) = y 0
αy + βy 0 = αf (x) + βf (x0 ) = f (αx + βx0 )
donc αy + βy 0 ∈ Imf . u
t

Théorème 3.2 Pour toute application linéaire f de E dans F les proptiétés suivantes sont équiva-
lentes :
1. L’application f est injective.
2. ker f = {0E }.

Démonstration : (1) =⇒ (2) Soit x ∈ ker f, f (x) = 0F = f (0E ) et puisque f est injective, alors x = 0E .
(2) =⇒ (1) Soit x et y de E tels que f (x) = f (y)
alors
f (x − y) = 0F ⇐⇒ x − y ∈ ker f
donc si ker f = {0E }, x − y = 0E et par suite x = y. u
t

Proposition 3.2 Soient E et F deux espaces vectoriels sur un corps commutatif K. Si f et g de


L (E, F ) et α, β des scalaires, alors αf + βg appartient à L (E, F ). Autrement dit L (E, F ) est un
espace vectoriel.

Soient trois k-espaces vectoriels E, F, G. Considérons l’application h = g ◦ f composée des applications


linéaires g et f , avec f ∈ L (E, F ) et g ∈ L (F, G)
f g
E −→ F −→ G
h=g◦f
−→

∀α, β ∈ k, ∀(x, y) ∈ E 2 on a :
h(αx + βy) = g[f (αx + βy)]
= g[αf (x) + βf (y)]
= αg[f (x)] + βg[f (y)]
= αg ◦ f (x) + βg ◦ f (y)
= αh(x) + βh(y)
Théorème 3.3 L’application composée de deux applications linéaires est une application linéaire.

Corollaire 3.1 (L (E), +, ., ◦) est une K-algèbre associative et unitaire.

Démonstration : En effet,
• (L (E), +, .) est un espace vectoriel.
• (◦) est distributive par rapport à l’addition.
• ∀α ∈ K, ∀f, g ∈ L (E)
α(g ◦ f ) = (αg) ◦ f = g ◦ (αf )
• ∀f, g, h ∈ L (E),
f ◦ (g ◦ h) = (f ◦ g) ◦ h

• ∀f ∈ L (E),
f ◦ idE = idE ◦ f = f
u
t

Cours de Mathématiques MPSI 10 / 12 Rédigé par: [Link]


E SPACES VECTORIELS
C HAPITRE 12 (1) G ÉNÉRALITÉS

w u=v+w

Définition 3.4 Soient F et G deux sous-espaces


vectoriels supplémentaires de E : E = F ⊕ G, Pour
tout vecteur u de E il existe un unique v ∈ F et un
unique w ∈ G tels que u = v + w.
o

v F
1. L’application p : u −→ v est la projection sur
F , parallèlement à G.
s(u) = v − w
2. L’application s : u −→ v − w est la symétrie −w
par rapport à F , parallèlement à G.
F IGURE 1 – La symétrie par rapport à F , paral-
lèlement à G.

Remarque : Dans l’algèbre (L (E), +, ., ◦), si f ◦ g = g ◦ f , on la formule de binôme


n
X
n
(f + g) = {nk f n−k ◦ g k
k=0

en particulier ∀f ∈ L (E)
n
X
n
(IdE + f ) = {nk f k
k=0

Proposition 3.3 Soit f un isomorphisme de E dans F , alors la bijection réciproque f −1 est un


isomorphisme de F dans E.

Corollaire 3.2 Soit E un espace vectoriel, alors (G L (E), ◦) est un groupe, en général ce groupe
n’est pas commutatif.

Remarque : (G L (E), ◦) n’est autre que le groupe des éléments inversibles de l’anneau (L (E), +, ◦).

3.3 Projections et symétries vectorielles

Proposition 3.4
1. p est un endomorphisme de E, et il vérifie p ◦ p = p
2. s est un automorphisme de E et s ◦ s = id. Ainsi s est involutif.

Démonstration : Pour tout vecteur u de E il existe un unique v ∈ F et un unique w ∈ G tels que


u=v+w
donc

p ◦ p(v + w) = p(v) = p(v + w)

et

s ◦ s(v + w) = s(v − w) = v − (−w) = v + w = u = id(u).

s est bijective car elle est injective et surjective puisque s2 = id. u


t

Cours de Mathématiques MPSI 11 / 12 Rédigé par: [Link]


E SPACES VECTORIELS
C HAPITRE 12 (1) G ÉNÉRALITÉS

Remarque : On a la relation suivante entre p et s : s = 2p − idE .

Définition 3.5 Soit E un K-espace vectoriel. On appelle projecteur de E tout endomorphisme p de E vérifiant
p ◦ p = p.

• • • • • • • • ••

Cours de Mathématiques MPSI 12 / 12 Rédigé par: [Link]

Vous aimerez peut-être aussi