0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
68 vues175 pages

Algebre 1

Le document présente un cours d'algèbre 1 à l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, abordant des sujets tels que les nombres complexes, les polynômes, les fractions rationnelles et les espaces vectoriels. Il inclut des définitions, propriétés et théorèmes relatifs aux nombres complexes, ainsi que des exemples et exercices sur les équations du second degré. Les concepts clés incluent la forme algébrique des nombres complexes, leurs racines carrées et leur représentation graphique.

Transféré par

abdelouahedrizqy
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
68 vues175 pages

Algebre 1

Le document présente un cours d'algèbre 1 à l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, abordant des sujets tels que les nombres complexes, les polynômes, les fractions rationnelles et les espaces vectoriels. Il inclut des définitions, propriétés et théorèmes relatifs aux nombres complexes, ainsi que des exemples et exercices sur les équations du second degré. Les concepts clés incluent la forme algébrique des nombres complexes, leurs racines carrées et leur représentation graphique.

Transféré par

abdelouahedrizqy
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UNIVERSITÉ SIDI MOHAMED BEN ABDELLAH

FACULTÉ DES SCIENCES Dhar El Mehraz

Cours d’algèbre 1

El Khalfaoui Rachida et Mouanis Hakima

Département de Mathématiques

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 1 / 40


PLAN DU COURS

1
NOMBRES COMPLEXES
2
POLYNÔMES
3
FRACTIONS RATIONNELLES
4
ESPACES VECTORIELS

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 2 / 40


Chapitre 1

1 Définitions et propriétés
2 Racines carrées d’un nombre complexe
3 Équations du second degré dansCI
4 Nombres complexes de module 1
5 Argument d’un nombre complexe
6 Racines nième de l’unité
7 Racines nième d’un nombre complexe

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 3 / 40


Définitions et propriétés

L’ensembleCI des nombres complexes

Définition
On note parCI = {a + ib/ a, b ∈ IR } et i 6∈ IR muni de deux opérations + et .
telles que
(a + ib) + (c + id) = (a + c) + i(b + d)
(a + ib).(c + id) = (ac − db) + i(ad + cb)
En particulier, i 2 = i.i = −1

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 4 / 40


Définitions et propriétés

Partie réelle et partie imaginaire

Définition
Soit z = a + ib un nombre complexe avec a et b deux nombres réels.

L’écriture a + ib est appelé la forme algébrique de z.


a est appelé la partie réelle de z qu’on note par Re(z).
b est appelé la partie imaginaire de z qu’on note par Im(z)

Un nombre complexe est dit réel si, et seulement si, sa partie imaginaire est
nulle.
Un nombre complexe est dit imaginaire pur si, et seulement si, sa partie réelle
est nulle.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 5 / 40


Définitions et propriétés

Proposition
Soient u = a + ib ∈CI et v = c + id ∈CI deux nombres complexes avec a, b, c
et d des nombres réels.

u = v ⇔ a + ib = c + id ⇔ a = c et b = d

C’est à dire
u = v ⇔ Re(u) = Re(v ) et Im(u) = Im(v )

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 6 / 40


Représentation graphique

Définition

− → −
On menu le plan d’un repère orthonormé (O, u , v ). Soient a et b deux
nombres réels.
1 A tout point M de coordonnées (a, b) on peut associer le nombre
complexe z = a + ib. On dit que z est l’affixe du point M.
Inversement, à tout nombre complexe z = a + ib on peut associer le point
M de coordonnées (a, b). M s’appelle l’image ponctuelle du nombre
complexe z.


2 A tout vecteur W de coordonnées (a, b) on peut associer le nombre


complexe z = a + ib. On dit que z est l’affixe de W .
Inversement à tout nombre complexe z = a + ib on peut associer le

→ −

vecteur W de coordonnées (a, b). On dit que W est l’image vectorielle de
z.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 7 / 40


Représentation graphique

Propriétés
Soient M et N deux points du plant tels que M à pour affixe zM et N à pour
affixe zN . Alors,
zM +zN
1 Le milieu I du segment [MN] à pour affixe 2 .
−−→
2 Le vecteur MN à pour affixe zN − zM .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 8 / 40


Représentation graphique

Définition
Soit z = a + ib un nombre complexe avec a et b deux nombres réels.
On appelle conjugué de z le nombre z = a − ib

Exemple : Si z = −3 + 2i alors z̄ = −3 − 2i

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 9 / 40


Représentation graphique

Propriétés
0
Soient z = a + ib ∈CI et z = c + id ∈CI deux nombres complexes avec a, b, c
et d des nombres réels. Alors,
1 z=z
2 zz = a2 + b2 , donc zz ≥ 0
3 z + z0 = z + z0
4 zz 0 = zz 0
5 ( zz0 ) = z
z0

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 10 / 40


Représentation graphique

Exemple
Soit z = −3 − 2i alors
z̄ = −3 + 2i
z z̄ = 9 + 4 = 13
et z1 = −3−2i
1
= −3+2i
13 = z̄
z z̄
1 z
donc z = z z̄ .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 11 / 40


Représentation graphique

Le module d’un nombre complexe

Définition
Soit z = a + ib avec a et b deux nombre réels. On appelle module de z le
nombre réel positif noté par |z| et défini par
√ p
|z| = zz = a2 + b2

Propriétés
0
Soit z, z ∈CI
1 |z| = |z|
1 z
2 z −1 = z = |z|2
0 0
3 |zz | = |z||z |
|z|
4 | zz0 | = |z 0 |

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 12 / 40


Les racines carrées d’un nombre complexe

Les racines carrées d’un nombre complexe

Définition
Soient z, u ∈C.
I On dit que u est racine carrée de z si, et seulement si,

u2 = z

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 13 / 40


Les racines carrées d’un nombre complexe

Les racines carrées d’un nombre complexe

Théorème
Tout nombre complexe non nul z = a + ib, avec a et b deux nombres réels,
possède deux racines carrées non nulles et opposées qui sont :
1 Si b ≥ 0, p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
u= +i
2 2
et p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
−u = − −i
2 2
2 Si b ≤ 0, p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
u= −i
2 2
et p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
−u = − +i
2 2

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 14 / 40


Les racines carrées d’un nombre complexe

Preuve

soient u = x + iy et z = a + ib tel que z = u 2 . Alors,


 2
u =z
u2 = z ⇔ 2
 |u| = |z| √
 x + y 2 = a2 + b 2
2

⇔ x2 − y2 = a
 2xy = b √

 x 2 + y 2 = a2 + b2 = |z|
⇔ x2 − y2 = a
 le 2signe de xy = le signe de b

 2x = |z| + a
⇔ 2y 2 = |z| − a
le signe de xy = le signe de b

|z|+a
 2
 x = 2
⇔ 2 |z|−a
 y = 2
le signe de xy = le signe de b

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 15 / 40


Les racines carrées d’un nombre complexe

Preuve (suite)

Ainsi,
Si b ≥ 0, p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
u= +i
2 2
et p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
−u = − −i
2 2
Si b ≤ 0, p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
u= −i
2 2
et p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
−u = − +i
2 2

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 16 / 40


Les racines carrées d’un nombre complexe

Les racines carrées d’un nombre complexe

Exemple
Soit z = 5 + 12i.
√ √
1 |z| = 52 + 122 = 169 = 13
2 Puisque 12 ≥ 0 alors les racines carrée de z sont :

u = 3 + 2i et − u = −3 − 2i

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 17 / 40


Les racines carrées d’un nombre complexe

Exemple (deuxième méthode)


.
√ √
1 On a z = 5 + 12i, donc |z| = 52 + 122 = 169 = 13
2
2 Soit u = x + iy tel que u = 5 + 12i alors
 2 
 x + y 2 = 13  2x 2 = 18
2
u = 5 + 12i ⇔ x2 − y2 = 5 ⇔ 2y 2 = 8
 xy ≥ 0  xy ≥ 0
 
 x = 3 ou bien x = −3  x = 3 et y = 2
⇔ y = 2 ou bien y = −2 ⇔ ou bien
xy ≥ 0 x = −3 et y = −2
 

alors les racines carrée de z sont :

u = 3 + 2i et − u = −3 − 2i

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 18 / 40


Équation du second degré dansCI

Équation du second degré dansCI


Théorème
Soient a, b et c trois nombres complexes tels que a est non nul. Soit δ une
racine carrée de ∆ = b2 − 4ac.
Alors l’équation du second degré aZ 2 + bZ + c=0 admet deux solutions :

−b + δ −b − δ
z1 = et z2 =
2a 2a
∆ est appelé le discriminant de l’équation aZ 2 + bZ + c = 0.

Remarque
1 z1 + z2 = − ba
c
2 z1 z2 = a
b
3 Si ∆ = 0, z1 = z2 = − 2a
4 Si a, b, c ∈ IR et si ∆ ≥ 0 alors z1 , z2 ∈ IR
5 Si a, b, c ∈ IR et si ∆ ≤ 0 alors z1 et z2 sont conjugués( c’est à dire
z2 = z1 )
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 19 / 40
Équation du second degré dansCI

Équation du second degré dansCI

Exercice
Calculer les solutions des équations :
1 (1 − i)z 2 + (1 + 2i)z − 2i = 0
2 3z 2 − 5z + 2 = 0
3 2z 2 − 2z + 1 = 0
4 z2 + z + 1 = 0

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 20 / 40


Équation du second degré dansCI

Réponse :

1 On a ∆ = (1 + 2i)2 + 8i(1 − i) = 5 + 12i. D’après l’exercice précédent,


3 + 2i est une racine carrée de 5 + 12i.Donc les solutions de cette
équation sont
z1 = 3+2i−1−2i
2(1−i)
1
= 1−i = 1+i
2
−3−2i−1−2i (−4−4i)(1+i) −8i
et z2 = 2(1−i) = 2 = 2 = −4i.
4
2 On a ∆ = 1 donc z1 = 6 et z2 = 1
3 On a ∆ = −4 = (2i)2 .
Donc les solutions de cette équation z1 = 2+2i
4 et z2 = z̄1 =
2−2i
4 .
√ 2
4 On a ∆ = −3 = ( 3i)
Donc les solutions de cette équation sont
√ √
1+i 3 1−i 3
z1 = j = et z2 = j̄ =
2 2

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 21 / 40


Équation du second degré dansCI

Équations du second degré dansCI

Corollaire
Soient z1 , z2 ∈C.
I
Notons s = z1 + z2 et p = z1 z2
Alors, z1 et z2 sont les solutions de l’équation z 2 − sz + p = 0

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 22 / 40


Équation du second degré dansCI

Équations du second degré dansCI

Corollaire
Soient az 2 + 2b z + c = 0 une équation de 2ème degré et ∆ = b 2 − ac
0 0 0

appelé le discriminant réduit de cette équation.


0 0
Si δ est une racine carrée de ∆ alors les solutions de l’équation sont
0 0 0 0
−b + δ −b − δ
z1 = et z2 =
a a

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 23 / 40


Les nombres complexes de module 1

Les nombres complexes de module 1

Proposition
Soit z ∈C.
I
|z| = 1 ⇔ ∃α ∈ IR tel que z = cos α + i sin α
Dans ce cas z est noté z = eiα .

Exemples
1 ∀k ∈ ZZ; e2ikπ = cos 2k π + i sin 2k π = 1 + 0i
2 eiπ = cos(π) + i sin(π) = −1

3 e 2 = cos( π2 ) + i sin( π2 ) = i
√ √
iπ 2 2
4 e 4 = cos( π4 ) + i sin( π4 ) = 2 +i 2

iπ 1 3
5 e 3 = cos( π3 ) + i sin( π3 ) = 2 +i 2

iπ 3 i
6 e 6 = cos( π6 ) + i sin( π6 ) = 2 + 2

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 24 / 40


Les nombres complexes de module 1

Les nombres complexes de module 1

Propriétés
0
Soient z = eiα et z = eiβ avec α, β ∈ IR :
0
1 z = z ⇔ ∃k ∈ ZZ tel que α = β + 2k π
2 eiα eiβ = ei(α+β)
eiα
3
eiβ
= ei(α−β)

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 25 / 40


Les nombres complexes de module 1

Formule de Moivre

Théorème (Formule de Moivre)


Soit α un nombre réel et n ∈ IN . Alors,

(eiα )n = einα

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 26 / 40


Les nombres complexes de module 1

Formules d’Euler

Propriétés
Soit α ∈ IR , on a
eiα +e−iα
1 cos(α) = 2
eiα −e−iα
2 sin(α) = 2i

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 27 / 40


Argument d’un nombre complexe

Argument d’un nombre complexe

Théorème
Soit z un nombre complexe non nul.
Il existe α ∈ IR tel que z = |z|eiα .
α est appelé argument de z et on le note arg(z)
|z|eiα est appelé la forme trigonométrique (où bien la forme
exponentielle) de z.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 28 / 40


Argument d’un nombre complexe

Argument d’un nombre complexe

Remarque
Si α est un argument de z alors, pour tout k ∈ IN , α + 2kπ est aussi argument
de z. On note arg(z) = α(mod2π)

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 29 / 40


Argument d’un nombre complexe

Argument d’un nombre complexe

Propriétés
Soit z ∈CI ?
1 arg(z) = 0(mod2π) ⇔ z ∈ IR ?+
2 arg(z) = π(mod2π) ⇔ z ∈ IR ?−

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 30 / 40


Argument d’un nombre complexe

Argument d’un nombre complexe

Propriétés
0
Soient z et z deux nombres complexes non nuls et λ un nombre réel non nul.
0 0 0
1 z = z ⇔ |z| = |z | et arg(z) = arg(z )(mod2π)
0 0
2 arg(zz ) = arg(z) + arg(z )(mod2π)
3 arg( z1 ) = arg(z)(mod2π) = −arg(z)(mod2π)

arg(z)(mod2π) siλ > 0
4 arg(λz) =
Π + arg(z)(mod2π) siλ < 0

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 31 / 40


Racines nième de l’unité

racines nième de l’unité

Définition
Soient n un entier naturel non nul et z un nombre complexe. On dit que z est
racine nième de l’unité si, et seulement si, z n = 1

Proposition
Soit n ∈ IN ? . L’ensemble des racines nième de l’unité est :
2ik π 2iπ 2i(n−1)π
S = {e n / k = 0, ..., n − 1} = {1, e n , ..., e n }

dont les éléments sont distincts deux à deux.

Posons ω = e n , alors las racines nième de l’unité sont les n nombres


2iπ

complexes 1, ω, ω 2 , ..., ω n−1 .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 32 / 40


Racines nième de l’unité

Racines nième de l’unité

Corollaire
Si z est une racine nième de l’unité avec z 6= 1 alors

1 + z + z 2 + ... + z n−1 = 0

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 33 / 40


Racines nième de l’unité

Racines nième de l’unité


Exemples

1
1 Les racines carrées de l’unité sont 2iπ
e 2 = eiπ = −1

 1
 √
2iπ
2 Les racines cubiques de l’unité sont e 3 = −1 2 + i √2
3
=j et on a
 e 4iπ

3 =
−1
− i 3
= j = j 2
2 2

1 + j + j2 = 0



 1
i

3 Les racines 4ième de l’unité sont et on a
 i 2 = −1

 3
i = −i

1 + i + i2 + i3 = 0

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 34 / 40


Racines nième d’un nombre complexe

racines nième d’un nombre complexe

Définition
Soit z un nombre complexe et n un entier naturel non nul. On appelle racine
nième de z tout nombre complexe u vérifiant z = u n .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 35 / 40


Racines nième d’un nombre complexe

racines nième d’un nombre complexe

Théorème
Soit z = reiθ un nombre complexe non nul. L’équation u n = z possède, dans
I exactement n racines nième de la forme
C,
√ θ 2k π
uk = n r ei( n + n )
√ iθ 2ik π
= n re n e n

avec k = 0, ..., n − 1

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 36 / 40


Racines nième d’un nombre complexe

Racines nième d’un nombre complexe

corollaire
Soient z = reiθ ∈CI ∗ et n ∈ IN ? . Alors les racines nième de z sont

u0 , u0 ω, u0 ω 2 , ..., u0 ω n−1

avec √ θ
u0 = n
r ei n
et
i2π
ω=e n

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 37 / 40


Racines nième d’un nombre complexe

Racines nième d’un nombre complexe

Exemple
Calculer les racines nième du nombre complexe z = −4 dans les cas n = 2,
n = 3 et n = 4

Réponse :
On a z = −4 = 4eiπ donc √
n iπ
u0 = 4e n
√ iπ i2π
Cas n = 2 : u0 = 4e 2 = 2i et ω = e 2 = eiπ = −1 .
2

Donc les racines carrés de −4 sont :

2i, −2i

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 38 / 40


Racines nième d’un nombre complexe

Racines nième d’un nombre complexe

Exemple (suite)
√ iπ √ √
i2π
Cas n = 3 : On a u0 = 4e 3 = 4( 12 + i 23 ) et ω = e 3 = j
3 3

Alors les racines cubiques sont :


√ 3 iπ √
3 iπ i2π √3 iπ i4π
4e 3 , 4e 3 e 3 , 4e 3 e 3

c’est à dire
√ √ √

3 1 3 √ 3 1 3 2√ 3 1 3
4( + i ), j 4( + i ), j 4( + i )
2 2 2 2 2 2

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 39 / 40


Racines nième d’un nombre complexe

Racines nième d’un nombre complexe

Exemple (suite)
√ iπ √ √ √
i2π iπ
Cas n = 4 : On a u0 = 4e 4 = 2( 22 + i 22 ) = 1 + i et ω = e 4 = e 2 = i
4

Alors las racines 4ième de −4 sont :

(1 + i), (1 + i)i, (1 + i)(−1), (1 + i)(−i)

c’est à dire
1 + i, −1 + i, −1 − i, 1 − i

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 40 / 40


UNIVERSITÉ SIDI MOHAMED BEN ABDELLAH
FACULTÉ DES SCIENCES Dhar El Mehraz

Cours d’algèbre 1

El Khalfaoui Rachida et Mouanis Hakima

Département de Mathématiques

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 1 / 62


Chapitre 2

LES POLYNÔMES

Dans tout ce chapitre K désigne R ou C

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 2 / 62


Notions générales sur les polynômes

Définitions et propriétés

Définition
Soit P une application de C dans C.
On dit que P est une fonction polynômiale (à coefficients dans C) ou P est un
I s’il existe des nombres a0 , a1 , ..., an ∈CI tels
polynôme (à coefficients dansC)
que
Xn
P= ak X k = a0 + a1 X + .... + an X n
k=0

avec X est l’application identité.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 3 / 62


Notions générales sur les polynômes

Définitions et propriétés

Définitions
n
X
Soit P = ak X k = a0 + a1 X + .... + an X n un polynôme.
k=0
1 a0 , a1 , ..., an sont appelés les coefficients de P.
2 ∀k = 0, ...n, ak est appelé le coefficient de P de degré k.
3 Si a0 , a1 , ..., an ∈ R on dit que P est un polynôme à coefficients réels.
4 Dans le cas général on dit que P est un polynôme à coefficients
complexes.
5 a0 est appelé le coefficient constant du polynôme P.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 4 / 62


Notions générales sur les polynômes

Définitions et propriétés

Propriétés
L’ensemble des polynômes à coefficients dans K est noté K [X ].
1 K ⊂ K [X ].
2 R[X ] ⊂ C[X ].

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 5 / 62


Notions générales sur les polynômes

Définitions et propriétés

Proposition
Soient P = a0 + a1 X + a2 X 2 + ... + an X n un polynôme à coefficients
a0 , a1 , ..., an dans C.
Alors pour tout z ∈ C,
n
X
P(z) = ak z k = a0 + a1 z + a2 z 2 + ... + an z n
k =0

est la valeur de P en z.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 6 / 62


Notions générales sur les polynômes

Définitions et propriétés

Définitions
n
X
Soit P = ak X k = a0 + a1 X + .... + an X n un polynôme à coefficients dans
k=0
K . Alors,
n
X
1 P̄ = ak X k = a0 + a1 X + ... + an X n ∈ K [X ].
k=0
n
X
2 ∀α ∈ K , αP = αak X k = αa0 + αa1 X + .... + αan X n ∈ K [X ].
k =0

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 7 / 62


Notions générales sur les polynômes

Définitions et propriétés

Définitions
n
X m
X
Soient P = ak X k ∈ K [X ] et Q = bk X k ∈ K [X ]. Alors,
k =0 k=0
1 P = Q ⇔ n = m et ai = bi pour tout i.
s
X
2 P +Q = (ak + bk )X k ∈ K [X ] avec s = max{n, m}.
k=0

Propriété
n
X
Soit P = ak X k ∈ K [X ].
k=0
1 P = 0 ⇔ ai = 0 ∀i ∈ {0, .., n}.
2 P ∈ IR [X ] ⇔ P = P̄ ⇔ ai = āi ∀i ∈ {0, .., n}.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 8 / 62


Notions générales sur les polynômes

Définitions et propriétés
Définition
n
X m
X
Soient P = ak X k ∈ K [X ] et Q = bk X k ∈ K [X ]. Alors,
k =0 k=0
n+m
X
PQ = ck X k ∈ K [X ] tel que ∀k ∈ {0, 1, ..., n + m}
k=0

X k
X k
X
ck = ai bj = ai bk−i = ak−i bi
i+j=k i=0 i=0

c’est à dire
c0 = a0 b0


 P1


 c1 = i=0 ai b1−i = a0 b1 + a1 b0
2
 P
c2 = i=0 ai b2−i = a0 b2 + a1 b1 + a2 b0


 ...



 ...
 Pn+m
cn+m = i=0 ai bn+m−i = an bm
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 9 / 62
Le degré d’un polynôme

Le degré d’un polynôme

Définition
n
X
Soit P = ai X i 6= 0.
i=0
Le plus grand indice i tel que ai 6= 0, s’appelle le degré de P et noté d 0 (P) ou
d 0 P.
Si d 0 P = n,
1 an est appelé le coefficient du plus haut degré de P ou le coefficient
dominant de P.
2 Si an = 1 on dit que P est unitaire.
3 Par convention, d 0 0 = −∞.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 10 / 62


Le degré d’un polynôme

Le degré d’un polynôme

Proposition
Soit P et Q deux polynômes non nuls de K [X ].
1 d 0 (PQ) = d 0 P + d 0 Q.
2 d 0 (λP) = d 0 P, ∀λ ∈ K ? .
3 Si α est le coefficient dominant de P et β est le coefficient dominant de Q
alors αβ est le coefficient dominant de PQ.
En particulier, si P et Q sont unitaires alors PQ est unitaire.
4 d 0 (P + Q) ≤ max(d 0 P, d 0 Q).
Si d 0 P 6= d 0 Q alors d 0 (P + Q) = max(d 0 P, d 0 Q)

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 11 / 62


Le degré d’un polynôme

Le degré d’un polynôme

Exemples
1 Soient P = 1 + X 2 + X 3 et Q = 2 − X 4 .
On a P + Q = 3 + X 2 + X 3 − X 4 et

deg(P + Q) = 4 = max(degQ, degP) = degQ

.
2 Soient P = 1 + X 2 et Q = −X 2 .
On a P + Q = 1 et

deg(P + Q) = 0 < max(degQ, degP).

3 Soit P = X + 2X 5 et Q = X 5 .
On a P + Q = X + 3X 5 et

deg(P + Q) = 5 = max(degQ, degP).

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 12 / 62


Le degré d’un polynôme Les dérivées successives d’un polynôme

Les dérivées d’un polynôme


Proposition
0
La dérivée P d’un polynôme à coefficients dans K est un polynôme à
coefficients dans K :
Si
Xn
P= ak X k = a0 + a1 X + ... + an X n ∈ K [X ]
k =0

alors
n
0 X
P = kak X k−1 = a1 + 2a2 X + ... + nan X n−1 ∈ K [X ].
k=1

Corollaire
Toutes les dérivées successives d’un polynôme de K [X ] sont des polynômes
de K [X ] :

∀P ∈ K [X ] ∀k ∈ IN ; P (k) ∈ K [X ].

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 13 / 62


Le degré d’un polynôme Les dérivées successives d’un polynôme

Les dérivées d’un polynôme

Exemples
1 Soit P = 1 + 2X − iX 3 + X 4 . Alors,
0
• P = 2 − 3iX 2 + 4X 3
00
• P = −6iX + 12X 2
• P (3) = −6i + 24X
• P (4) = 24
• P (5) = 0
• ∀k ≥ 5, P (k ) = 0.
0
2 ∀a ∈ K , a = 0
3 Soit P = X . Alors,
0
• X =1
• ∀k ≥ 2, X (k ) = 0.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 14 / 62


Le degré d’un polynôme Les dérivées successives d’un polynôme

Les dérivées d’un polynôme

Propriété
n
X
Soit P = ai X i . ∀k ∈ IN on a :
i=0

n n−k

 P (k) = X i!ai X i−k = X (j + k)!aj+k X j

si k ≤ n
(i − k )! j! .
 (k) i=k
 j=0
P =0 si k > n

En particulier : P (n) = n!an .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 15 / 62


La formule de Mac-laurin et ses conséquences

La formule de Mac-laurin et ces conséquences

Théorèmé(Formule de Mac-laurin)
n
X
Soit P = ak X k ∈ K [X ].
k=0
P (k ) (0)
Alors ∀k ∈ {0, ..., n}, ak = k! et on a la formule suivante :
n
X P (k) (0)
P = Xk
k! .
k =0
00
0 P (0) 2 P (n) (0) n
= P(0) + P (0)X + 2! X + ... + n! X

appelée la formule de Mac-laurin appliquée à P

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 16 / 62


La formule de Taylor et ses conséquences

La formule de Taylor et ses conséquences

Théorème (Formule de Taylor)


n
X
Soit P = ak X k = a0 + a1 X + a2 X 2 + ... + an X n ∈ K [X ].
k=0
∀α ∈ K On a la formule suivante :
n
X P (k) (α)
P = (X − α)k
k!
k=0
00
0 P (α) P (n) (α)
= P(α) + P (α)(X − α) + 2! (X − α)2 + ... + n! (X − α)n

appelée la formule de Taylor appliquée au polynôme P et au nombre α.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 17 / 62


La formule de Taylor et ses conséquences

La formule de Taylor et ses conséquences

Propriété
n
X
Soit P = ai (X − α)i ∈ K [X ] alors,
i=0

P (k ) (α)
∀k ∈ {0, ..., n}, ak = .
k!

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 18 / 62


Divisions et divisibilité La division Euclidienne

La division Euclidienne

Théorème et définition
Soient A et B deux polynômes à coefficients dans K . Si B est non nul alors il
existe un unique couple (Q, R) de polynômes tel que

A = QB + R et degR < degB.

Q est appelé le quotient de la division euclidienne de A par B.


R est le reste de la division euclidienne de A par B.
La recherche de Q et R est appelée la division euclidienne de A par B ou la
division de A par B.

Cas particulier
Si α ∈ K et B = X − α alors R = A(α).

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 19 / 62


Divisions et divisibilité La division Euclidienne

La division Euclidienne

Exemple
Divison A = 6X 7 − 3X 6 + 4X 5 − 2X 4 + 6X 3 + X 2 par 3X 3 + 2X :
A = 6X 7 − 3X 6 + 4X 5 − 2X 4 + 6X 3 + X 2 B = 3X 3 + 2X
−6X 7 − 4X 5 Q = 2X 4 − X 3 + 2
6 4 3 2
−3X − 2X + 6X + X
3X 6 + 2X 4
6X 3 + X 2
−6X 3 − 4X
R = X 2 − 4X

6X 7 − 3X 6 + 4X 5 − 2X 4 + 6X 3 + X 2 = (2X 4 − X 3 + 2)(3X 3 + 2X ) + (X 2 − 4X ) .
| {z } | {z }
quotient reste

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 20 / 62


Le procédé de Hörner

Le procédé de Hörner

Théorème
n
X
Soient A = ak X k = a0 + a1 X + ... + an X n ∈ K [X ] avec an 6= 0 et α ∈ K .
k=0
Q le quotient de A par X − α et R le reste de A par X − α.
Supposons que n ≥ 2. Alors, il existe b0 , b1 , ..., bn−1 ∈ K tels que
n−1
X
Q= bk X k = b0 + b1 X + ... + bn−1 X n−1 ,
k=0

avec b0 , b1 , ..., bn−1 et R vérifiant


bk−1 = ak + αbk ∀k = 1, ..., n et R = a0 + αb0 = A(α). Donc


 bn−1 = an
bn−2 = an−1 + αbn−1


 .... .....
b0 = a1 + αb1

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 21 / 62


Le procédé de Hörner

Le procédé de Hörner

Méthode de calcul
Pratiquement pour calculer les nombres b0 , ..., bn−1 et R on peut utiliser le
tableau suivant appelé le procédé de Hörner.

an an−1 ... a1 a0
α αbn−1 ... αb1 αb0
bn−1 = an bn−2 = an−1 + αbn−1 ... b0 = a1 + αb1 A(α) = a0 + αb0

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 22 / 62


Le procédé de Hörner

le procédé de Hörner

Exercice
Soit A = 2X 5 + −7X 4 + 5X 2 + 13X + 6
Calculer le quotient et le reste de la division euclidienne de A par X − 3 en
utilisant le procédé de Hörner.

Réponse
a5 = 2 a4 = −7 a3 = 0 a2 = 5 a1 = 13 a0 = 6
3 6 −3 −9 −12 3
b4 = 2 b3 = −1 b2 = −3 b1 = −4 b0 = 1 R=9

Donc
A = (2X 4 + −X 3 − 3X 2 − 4X + 1)(X − 3) + 9
.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 23 / 62


Divisibilité

Divisibilité

Définition
Soient A et B deux polynômes de K [X ]. On dit que


 B divise A
ou



B est un diviseur de A
ou




A est un multiple de B

et on note B|A s’il existe un polynôme Q ∈ K [X ] tel que A = BQ. C’est à dire

B|A ⇐⇒ ∃Q ∈ K [X ] tel que A = BQ.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 24 / 62


Divisibilité

Divisibilité

Propriété
Soient A, B ∈ K [X ]? et R le reste de la division euclidienne de A par B alors
• B|A ⇐⇒ R = 0
• ∀α ∈ K , (X − α)|A ⇐⇒ A(α) = 0.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 25 / 62


Les polynômes associés

Les polynômes associés

Définition
Soient A, B ∈ K [X ]. On dit que A est associé à B ou que A et B sont associés
et on note A ∼ B si A divise B et B divise A :

A|B
A ∼ B ⇐⇒
B|A

Propriétés
Soient A, B, C ∈ K [X ].
1 A ∼ B ⇐⇒ ∃α ∈ K ? , B = αA.
2 A ∼ B =⇒ d 0 A = d 0 B.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 26 / 62


Le pgcd de deux polynômes

Le pgcd de deux polynômes non nuls

Définition
Soient A, B, D ∈ K [X ]? . On dit que D est le pgcd de A et B si on a les deux
propriétés suivantes :
1 D est unitaire.
2 D est un diviseur commun de A et B. C’est à dire

D|A
D|B

3 Tous les diviseurs communs de A et B sont des diviseurs de D. C’est à


dire 
∆|A
∀∆ ∈ K [X ] : =⇒ ∆|D
∆|B

On note A ∧ B = D.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 27 / 62


Le pgcd de deux polynômes

Le pgcd de deux polynômes non nuls

Définition
Soient A, B ∈ K [X ]? .
Si A ∧ B = 1 on dit que A est premier avec B ou A et B sont premiers entre
eux.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 28 / 62


Algorithme d’Euclide

Algorithme d’Euclide

Théorème
Pratiquement pour déterminer le pgcd de A et B on effectue les divisions
suivantes :

A = R0 B = R1 R1 R2 Rn−2 Rn−1 Rn−1 Rn


.......
R2 Q0 R3 Q 1 Rn Qn−2 0 Qn−1
Soit an le coefficient dominant du dernier reste non nul Rn . Alors

1
Rn = A ∧ B.
an

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 29 / 62


Algorithme d’Euclide

Algorithme d’Euclide

Exercice
Soient A = 8X 5 + 4X 4 + 10X 3 − 5X 2 + X − 1 et
B = 4X 4 + 4X 3 + 5X 2 − 2X − 1. Calculer le pgcd de A et B.
Réponse
On pose R0 = A et R1 = B. alors



 R0 = R1 Q 0 + R2 avec Q0 = 2X − 1 et R2 = 4X 3 + 4X 2 + X − 2
R1 = R2 Q 1 + R3 avec Q1 =X et R3 = 4X 2 − 1

R = R3 Q 2 + R4 avec Q2 =X +1 et R4 = 2X − 1
 2


R3 = R4 Q 3 + R5 avec Q3 = 2X − 1 et R5 =0
1 1
2 R4 =X− 2 est le pgcd de A et B.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 30 / 62


Algorithme d’Euclide

Algorithme d’Euclide

Théorème
Soient A, B ∈ K [X ]? et D le pgcd de A et B. Si d 0 A ≥ 1 et d 0 B ≥ 1 alors il
existent deux polynômes, de K [X ], U et V tels que

UA + VB = D.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 31 / 62


Algorithme d’Euclide

Algorithme d’Euclide
Exercice
Soient A = 8X 5 + 4X 4 + 10X 3 − 5X 2 + X − 1 et
B = 4X 4 + 4X 3 + 5X 2 − 2X − 1.
D’après l’exercice précédent, en utilisant l’algorithme d’Euclide, on a montré
que D = X − 12 est le pgcd de A et B.
En utilisant le même algorithme, on a

 2D = R2 − R3 Q2
R3 = R1 − R2 Q 1
R2 = R0 − R1 Q 0

Donc 

 2D = R2 − (R1 − R2 Q1 )Q2
= R2 (1 + Q1 Q2 ) − R1 Q2


 = (R0 − R1 Q0 )(1 + Q1 Q2 ) − R1 Q2
= R0 (1 + Q1 Q2 ) − R1 (Q0 (1 + Q1 Q2 ) + Q2 )

on trouve alors que


U = 21 (X 2 + X + 1) et V = − 12 (2X 3 + X 2 + 2X ) vérifient l’équation
AUFili+èresBV = D.
SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 32 / 62
L’identité de Bézout et ses applications

L’identité de Bezout et ses application

Théorème(Bezout)
Soient A, B ∈ K [X ]? .
A et B sont premiers entre eux si et seulement s’il existe deux polynômes U
et V à coefficients dans K tels que

UA + VB = 1.

Corollaire
Soient a, b ∈ K . Alors

a 6= b ⇐⇒ (X − a) ∧ (X − b) = 1.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 33 / 62


L’identité de Bézout et ses applications

L’identité de Bezout et ses application

Corollaire
Soient A, B, D ∈ K [X ]? .
D est un pgcd de A et B si et seulement s’il existe A0 , B0 ∈ K [X ] tels que

 A = A0 D
B = B0 D
A0 ∧ B0 = 1

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 34 / 62


L’identité de Gauss et ses applications

identité de Gauss et ses applications

Théorème(L’identité de Gauss)
Soient A, B ∈ K [X ]? .

A ∧ B = 1 ⇐⇒ [∀C ∈ K [X ], A|BC ⇒ A|C].

Corollaire
Soient A, B, C ∈ K [X ]? .

A∧C =1
=⇒ AB ∧ C = 1.
B∧C =1

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 35 / 62


L’identité de Gauss et ses applications

L’identité de Gauss

Corollaire
1 Si A, B ∈ K [X ]? alors A ∧ B = 1 =⇒ [∀n, m ∈ IN , An ∧ B m = 1].
2 Si a, b ∈ K avec a 6= b alors ∀n, m ∈ IN , (X − a)n ∧ (X − b)m = 1.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 36 / 62


L’identité de Gauss et ses applications

L’identité de Gauss

Corollaire
Soient A, P, Q ∈ K [X ]? .

 P|A
Q|A =⇒ PQ|A.
P ∧Q =1

En générale :

Corollaire
?
 A, P1 , P2 , ..., Pn ∈ K [X ] .
Soient
Pk |A ∀k ∈ {1, ..., n}
Si alors P1 P2 ....Pn |A.
Pk ∧ Pl = 1 ∀k , l ∈ {1, ..., n} avec k 6= l

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 37 / 62


L’identité de Gauss et ses applications

L’identité de Gauss

Corollaire
Soit A ∈ K [X ]? .
Si a1 , a2 , ..., an sont des racines distinctes de A alors le produit
(X − a1 )(X − a2 )...(X − an ) est un diviseur de A.
Si A 6= 0 et n est le nombre des racines de A alors n ≤ d 0 A

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 38 / 62


L’identité de Gauss et ses applications Le ppcm de deux polynômes

Le ppcm de deux polynômes

Définition
Soient A, B, M ∈ K [X ]? .
On dit que M est le ppcm de A et B s’il vérifie les propriétés suivantes :
1 M est unitaire.
2 M est un multiple de A et B : c’est à dire A|M et B|M.
3 Tous les multiples de A et B sont des multiples de M : c’est à dire

A|N
∀N ∈ K [X ] : =⇒ M|N
B|N

et on note A ∨ B = M.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 39 / 62


L’identité de Gauss et ses applications Le ppcm de deux polynômes

Le ppcm de deux polynômes

Proposition
Soient A, B ∈ K [X ]? .
Si a est le coefficient dominant de A et b le coefficient dominant de B alors

AB = ab(A ∧ B)(A ∨ B).

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 40 / 62


L’identité de Gauss et ses applications Le ppcm de deux polynômes

Le ppcm de deux polynômes


Exemple
Soient A = 8X 5 + 4X 4 + 10X 3 − 5X 2 + X − 1 et B = 4X 4 + 4X 3 + 5X 2 − 2X − 1
On a déjà montrer que X − 21 est le pgcd de A et B.
En divisant A par D on trouve :

A = 2A0 D avec A0 = 4X 4 + 4X 3 + 7X 2 + X + 1

de même, on divise B par D :

B = 2B0 D avec B0 = 2X 3 + 3X 2 + 4X + 1.
Donc, d’après le Théorème

1
M = A(2X 3 + 3X 2 + 4X + 1) = (4X 4 + 4X 3 + 7X 2 + X + 1)B
16
est le ppcm de A et B

et (4X 4 + 4X 3 + 7X 2 + X + 1) ∧ (2X 3 + 3X 2 + 4X + 1) = 1.
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 41 / 62
Les polynômes irréductibles

Les polynômes irréductibles

Définition
Soient P ∈ K [X ].
On dit que P est irréductible dans K [X ] (ou P est irréductible) si
1 d 0 P ≥ 1.
2 Les seules diviseurs de P dans K [X ] sont les constantes non nulles de K
et les associés de P dans K [X ],
c’est à dire :
d 0P ≥ 1

P est irréductible dans K[X] ⇔ .
∀Q ∈ K [X ] : Q|P ⇒ [Q ∈ K ? ou Q ∼ P]

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 42 / 62


Les polynômes irréductibles

Les polynômes irréductibles

Propriétés
1 ∀P ∈ K [X ] : d 0 P = 1 =⇒ P irréductible dans K [X ].
2 Tous les associés d’un polynôme irréductible sont irréductibles dans
K [X ].
C’est à dire ∀P, Q ∈ K [X ] :

P irréductibles dans K [X ]
=⇒ Q irréductible dans K[X]
Q∼P
3 Soit A ∈ K [X ] et P un polynôme irréductible de K [X ].
1
• P|A ⇐⇒ P ∧ A = αP 6= 1 (avec α le coefficient dominant
de P).
• P - A ⇐⇒ P ∧ A = 1.
4 Si P est irréductible alors P̄ est irréductible.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 43 / 62


Les polynômes irréductibles

Les polynômes irréductibles

Proposition
Soit P un polynôme irréductible dans K [X ].
1 ∀A, B ∈ K [X ], P|AB ⇒ P|A ou P|B.
2 ∀A1 , A2 , ..., An ∈ K [X ] : P|(A1 A2 ...An ) ⇒ [∃k ∈ {1, 2, ..., n} tq P|Ak ].
3 ∀A ∈ K [X ], ∀n ∈ IN ? : P|An ⇒ P|A.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 44 / 62


Les polynômes irréductibles

Polynômes irréductibles

Propriétés
Soient A ∈ K [X ] et P1 , P2 , ...Pn des polynômes irréductibles dans K [X ].
1 Si P1 |A, P2 |A, ..., Pn |A avec P1 , P2 , ..., Pn sont unitaires distincts deux à
deux alors
P1 P2 ...Pn |A.
2 Si P 1 k1 |A, P 2 k2 |A, ..., P n kn |A et P1 , P2 , ..., Pn sont unitaires distincts deux à
deux alors
P 1 k1 P 2 k2 ...P n kn |A.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 45 / 62


Les polynômes irréductibles

Les polynômes irréductibles dans C[X ]

Théorème d’Alembert
Un polynôme P est irréductible dans C[X ] si et seulement si d 0 P = 1.
C’est à dire : P est irréductible ⇐⇒ P = aX + b avec a, b ∈ C.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 46 / 62


Les polynômes irréductibles

Les polynômes irréductibles dans R[X ]

Théorème
Les polynômes irréductibles dans R[X ] sont :
1 Les polynômes de degré 1.
2 Les polynômes de degré 2 à discriminant strictement négatif :

P = aX 2 + bX + C avec a 6= 0 et b2 − 4ac < 0.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 47 / 62


L’ordre de mulitpicité

L’ordre de multiplicité

Théorème et définition
Soit A ∈ K [X ]? et P ∈ K [X ] − K (c’est à dire d 0 P ≥ 1).
Il existe n ∈ IN unique appelé ordre de multiplicité de P dans A ou ordre de P
dans A tel que :  n
P |A
.
P n+1 - A

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 48 / 62


L’ordre de mulitpicité

L’ordre de multiplicité

Proposition
Soient A ∈ K [X ]? et P ∈ K [X ] − K .
A = P n A0

P est d’ordre de multiplicité n ⇐⇒ ∃A0 ∈ K [X ] tq .
P - A0
Dans ce cas A0 est le quotient de la division euclidienne de A par P n .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 49 / 62


L’ordre de mulitpicité

Ordre de multiplicité

Corollaire
Soient A ∈ K [X ]? , a ∈ K et n ∈ IN .
(X − a) est d’ordre n (ou a est une racine de A d’ordre n) s’il existe A0 ∈ K [X ]
tel que
A = (X − a)n A0

.
a n’est pas une racine de A0
Si l’ordre de a égal à 1 on dit que a est une racine simple de A.

Si l’ordre de a est supérieur à 1 on dit que a est une racine multiple de A.

Exercice
Soit A = 2X 8 + 5X 7 + 7X 6 + 9X 5 + 7X 4 + 3X 3 + X 2 − X − 1.
Utiliser le procédé de Hôrner pour déterminer l’ordre de multiplicité de −1.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 50 / 62


L’ordre de mulitpicité

Ordre de multiplicité

Réponse
2 5 7 9 7 3 1 −1 −1
−1 −2 −3 −4 -5 −2 −1 0 1
2 3 4 5 2 1 0 −1 R=0
−1 −2 −1 −3 −2 0 −1 1
2 1 3 2 0 1 −1 R=0
−1 −2 1 −4 2 −2 1
2 −1 4 −2 2 −1 R=0
−1 −2 3 −7 9 −11
2 −3 7 −9 11 R = −12
Ainsi


 −1 est une racine de A d’ordre 3
A = (X + 1)3 (2X 5 − X 4 + 4X 3 − 2X 2 + 2X − 1)

.

 A1 = 2X 5 − X 4 + 4X 3 − 2X 2 + 2X − 1 le quotient de la division de
3
A par (X + 1)

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 51 / 62


L’ordre de mulitpicité

Ordre de multiplicité

Corollaire
Soient A ∈ K [X ]? , n ∈ IN et a, b ∈ K avec a 6= b.
Si n est l’ordre de multiplicité de a dans A et A0 est le quotient de la division
de A par (X − a)n alors
l’ordre de multiplicité de b dans A égal à l’ordre de multiplicité de b dans A0 .

Exercice
Soit A = 2X 8 + 5X 7 + 7X 6 + 9X 5 + 7X 4 + 3X 3 + X 2 − X − 1.
1
Utiliser le procédé de Hôrner pour montrer que l’ordre de multiplicité de 2 égal
à 1 et l’ordre de multiplicité de i égal à 2.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 52 / 62


L’ordre de mulitpicité

Ordre de multiplicité

Proposition
Soient A ∈ K [X ]? , a ∈ K et n ∈ IN ? .
a est une racine de A d’ordre de multiplicité n si et seulement si
 0 00
A(a) = A (a) = A (a) = ... = A(n−1) (a) = 0
.
A(n) (a) 6= 0

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 53 / 62


L’ordre de mulitpicité

Ordre de multiplicité

Exemple
Soit A = 2X 8 + 5X 7 + 7X 6 + 9X 5 + 7X 4 + 3X 3 + X 2 − X − 1. Calculer l’ordre
de multiplicité de 1, 12 et i.
1 A(−1) = A( 21 ) = A(i) = 0.
Donc −1, 12 , i sont des racines de A.
0
2 A = 16X 7 + 35X 6 + 42X 5 + 45X 4 + 28X 3 + 9X 2 + 2X − 1.
0 0 0
Donc A (−1) = A (i) = 0 et A ( 12 ) 6= 0.
D’où 21 est une racine simple de A.
00
3 A = 112X 6 + 210X 5 + 210X 4 + 180X 3 + 84X 2 + 18X + 2
00 0
donc A (−1) = 0 et A (i) 6= 0.
D’où i est une racine multiple de A.
4 A(3) = 672X 5 + 1050X 4 + 840X 3 + 540X 3 + 168X 2 + 18
donc A(3) (−1) 6= 0.
D’où −1 est une racine de A d’ordre 3.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 54 / 62


L’ordre de mulitpicité La factorisation et ses applications

La factorisation et ses applications

Définition
Soient A ∈ K [X ], P1 , P2 , ..., Pn des polynômes irréductibles unitaires dans
K [X ] distincts deux à deux, α1 , α2 , ..., αn ∈ IN ? et a ∈ K ?

Si
A = aP1α1 P2α2 ...Pnαn
on dit que aP1α1 P2α2 ...Pnαn est une décomposition de A en facteurs irréductibles
unitaires dans K [X ]
ou aP1α1 P2α2 ...Pnαn est une factorisation de A en facteurs irréductibles unitaires
dans K [X ].

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 55 / 62


L’ordre de mulitpicité La factorisation et ses applications

La factorisation et ses applications

Théorème
Tout polynôme non constant A (c’est à dire d 0 A ≥ 1) à coefficients dans K
admet une décomposition en facteurs irréductibles unitaires aP1α1 P2α2 ...Pnαn et
une seule.
• a est le coefficient dominant de A.
• P1 , P2 , ..., Pn sont les diviseurs irréductibles unitaires de A dans
K [X ] distincts deux à deux.
• α1 , α2 , ..., αn sont les ordres de multiplicité de P1 , P2 , ..., Pn dans
A.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 56 / 62


L’ordre de mulitpicité La factorisation et ses applications

La factorisation et ses applications

Corollaire
Soit A un polynôme de C[X ].
La décomposition en facteurs irréductibles unitaires de A dans C[X ] est égale

a(X − a1 )α1 (X − a2 )α2 ...(X − an )αn
avec
• a est le coefficient dominant de A.
• a1 , a2 , ..., an sont les racines distinctes de A dans C.
• α1 , α2 , ..., αn sont les ordres de multiplicité des racines
a1 , a2 , ..., an dans A.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 57 / 62


L’ordre de mulitpicité La factorisation et ses applications

La factorisation et ses applications


Exemple
Soit A = 2X 8 + 5X 7 + 7X 6 + 9X 5 + 7X 4 + 3X 3 + X 2 − X − 1. Décomposer A
en facteurs irréductibles unitaires.
En utilisant le procédé de Horner, on a déjà montré que
1 −1 est une racine de A d’ordre 3 et que

A = (X + 1)3 A1 avec A1 = 2X 5 − X 4 + 4X 3 − 2X 2 + 2X − 1.

1
2
2est une racine simple de A et que
A = (X + 1)3 (X − 12 )(2X 4 + 4X 2 + 2) =
2(X + 1)3 (X − 12 )(X 4 + 2X 2 + 1) = 2(X + 1)3 (X − 12 )(X 2 + 1)2 .
3 i est une racines de A d’ordre 2 avec
1
A = 2(X + 1)3 (X − )(X − i)2 (X + i)2 .
2
Alors
1
A = 2(X + 1)3 (X − )(X − i)2 (X + i)2
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) 21
Module: Algèbre 58 / 62
L’ordre de mulitpicité La factorisation et ses applications

La factorisation et ses applications

Théorème
Soient A, B ∈ K [X ], P1 , P2 , ..., Pn des polynômes irréductibles unitaires dans
K [X ] non associés deux à deux, α1 , α2 , ..., αn , β1 , β2 , ..., βn ∈ IN et a, b ∈ K ? .
Si A = aP1α1 P2α2 ...Pnαn et B = bP1β1 P2β2 ...Pnβn alors on a les trois propriétés
suivantes :
1 A|B ⇔ [∀k = 1, 2, ..., n αk ≤ βk ]
Min(α1 ,β1 ) Min(α2 ,β2 ) Min(αn ,βn )
2 P1 P2 ...Pn est le pgcd de A et B.
Max(α1 ,β1 ) Max(α2 ,β2 ) Max(αn ,βn )
3 P1 P2 ...Pn est le ppcm de A et B.
C’est à dire
Min(α1 ,β1 ) Min(α2 ,β2 ) Min(αn ,βn )
∗ A ∧ B = P1 P2 ...Pn .
Max(α1 ,β1 ) Max(α2 ,β2 ) Max(αn ,βn )
∗ A∨B = P1 P2 ...Pn .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 59 / 62


L’ordre de mulitpicité La factorisation et ses applications

La factorisation et ses applications

Exemple
Soit
A = 3(X + 5)4 (X − 3)(2X − 4)2 (2X 2 + 1)3


B = 5(X + 5)2 (2X − 4)3 (X 2 + 1)5 (2X 2 + 1)


alors
A = 3(X + 5)4 (X − 3)(2X − 4)2 (X 2 + 1)0 (2X 2 + 1)3

.
B = 5(X + 5)2 (X − 3)0 (2X − 4)3 (X 2 + 1)5 (2X 2 + 1)
Donc (X + 5)2 (X − 3)0 (2X − 4)2 (X 2 + 1)0 (2X 2 + 1) est un pgcd de A et B
et (X + 5)4 (X − 3)(2X − 4)3 (X 2 + 1)5 (2X 2 + 1)3 est un ppcm de A et B.
Ainsi
1
A ∧ B = (X + 5)2 (X − 2)2 (X 2 + )
2
1
A ∨ B = (X + 5)4 (X − 3)(X − 2)3 (X 2 + 1)5 (X 2 + )3 .
2

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 60 / 62


La division suivant les puissances croissantes

La division suivant les puissances croissantes

Théorème et définition
Soient A, B ∈ K [X ] avec B(0) 6= 0. Alors
pour tout entier n ∈ IN il existe d’une façon unique deux polynômes
Q, R ∈ K [X ] tels que :
A = BQ + X n+1 R


d 0Q ≤ n
Q est appelé le quotient de la division de A par B à l’ordre n.
X n+1 R le reste de la division de A par B à l’ordre n.
La recherche de Q et R est appelé la division de A par B à l’ordre n

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 61 / 62


La division suivant les puissances croissantes

La division suivant les puissances croissantes

Exercice
Soient A = 7X − 18, B = 3X 2 − X + 2 et n = 3. Calculer le quotient et le reste
de la division de A par B à l’ordre 3.
A = −18 + 7X B = 2 − X + 3X 2
2
18 − 9X + 27X Q = −9 − X + 13X 2 + 8X 3
2
−2X + 27X
2X − X 2 + 3X 3
26X 2 + 3X 3
−26X 2 + 13X 3 − 39X 4
16X 3 − 39X 4
−16X 3 + 8X 4 − 24X 5
−31X 4 − 24X 5
= −X 4 (24X + 31)

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 62 / 62


UNIVERSITÉ SIDI MOHAMED BEN ABDELLAH
FACULTÉ DES SCIENCES Dhar El Mehraz

Cours d’algèbre 1

El Khalfaoui Rachida et Mouanis Hakima

Département de Mathématiques

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 1 / 34


Chapitre 3

LES FRACTIONS RATIONNELLES

Dans tout ce chapitre K désigne R ou C

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 2 / 34


Les formes d’une fraction rationnelle

Les formes d’une fraction rationnelle

Définitions
X On appelle forme d’une fraction rationnelle tout quotient BA , avec A ∈ K [X ]
et B ∈ K [X ]? ;
A est appelé le numérateur
B est appelé le dénominateur.
X La forme BA est dite irréductible si A ∧ B = 1.
X On note K (X ) l’ensemble des fractions rationnelles à coefficients dans K .

A
K (X ) = { tq (A, B) ∈ K [X ] × K [X ]? }.
B

Propriété
A M
= ⇐⇒ AN = MB.
B N

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 3 / 34


Les formes d’une fraction rationnelle

Les formes d’une fraction rationnelle


Exemple
2X 2 −2
Soit F = 2X 3 −X −1
. Trouver une forme irréductible de F .
On a
2X 2 − 2 = 2(X − 1)(X + 1)
et
1
2X 3 − X − 1 = 2(X − 1)(X 2 + X + ).
2
Donc
X +1
F = .
X2 + X + 12
1
Puisque −1 n’est pas une racine de X 2 + X + 2 alors (X + 1) - (X 2 + X + 21 ).
Comme (X + 1) irréductible alors

1
(X + 1) ∧ (X 2 + X + ) = 1.
2
X +1
Ainsi, X 2 +X + 12
est une forme irréductible de F .
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 4 / 34
Opération sur K (X )

Opération sur K (X )

Définitions
0 0
Soient A, A dans K [X ] et B, B dans K [X ]? et P ∈ K [X ] :
0 0 0
A A AB +BA
1
B + B0
= BB 0
.
0 0
A A AA
B . B0 = BB 0 .
2

3 P BA = PA
B .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 5 / 34


les pôles des fractions rationnelles

les pôles des fractions rationnelles

Définition
A
Soient F une fraction rationnelle non nulle à coefficients dans K et B une
forme irréductible de F .
1 Les racines de B dans K sont appelées aussi les pôles de F dans K .
2 On dit que a est un pôle de F d’ordre n si a est une racine de B d’ordre
de multiplicité n.
En particulier :
• On dit que a est un pôle simple de F si a est une racine simple
de B.
• On dit que a est un pôle multiple de F si a est une racine
multiple de B.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 6 / 34


les pôles des fractions rationnelles

les pôles des fractions rationnelles

Exemple
(X −1)(X +1)(X −2)
Soit F = (X −1)4 (X +1)(X +2)(X 2 +1)2
. Trouver les pôles de F dans R et dans C.
On a
(X − 1)(X + 1)(X − 2) X −2
F = =
(X − 1)4 (X + 1)(X + 2)(X 2 + 1)2 (X − 1)3 (X + 2)(X 2 + 1)2

puisque (X − 2) ∧ (X − 1)3 (X + 2)(X 2 + 1)2 = 1 alors

X −2
est une forme irréductible de F dans R(X )
(X − 1)3 (X + 2)(X 2 + 1)2

Alors
? 1 est un pôle de F dans R d’ordre 3.
? −2 est un pôle de F dans R d’ordre 1.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 7 / 34


les pôles des fractions rationnelles

les pôles des fractions rationnelles

Exemple (suite)

X −2
est une forme irréductible de F dans C(X )
(X − 1)3 (X + 2)(X + i)2 (X − i)2

d’où
? 1 est un pôle de F dans C d’ordre 3.
? −2 est un pôle de F dans C d’ordre 1.
? i et −i sont des pôles de F dans C d’ordre 2.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 8 / 34


Le degré d’une fraction rationnelle

Le degré d’une fraction rationnelle

Définition
Soient F = BA une fraction rationnelle à coefficients dans K .
d 0 A − d 0 B est appelé le degré de F et on note d 0 F = d 0 A − d 0 B.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 9 / 34


Le degré d’une fraction rationnelle

Le degré d’une fraction rationnelle

Propriétés
Soient F et G deux fractions rationnelles à coefficients dans K .
1 d 0 F ∈ ZZ ∪ {−∞}.
2 d 0 F = −∞ ⇔ F = 0.
3 d 0 (F + G) ≤ Max(d 0 F , d 0 G).
Si d 0 F 6= d 0 G alors d 0 (F + G) = Max(d 0 F , d 0 G).
4 d 0 FG = d 0 F + d 0 G.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 10 / 34


Partie entière et partie principale d’une fraction rationnelle

Partie entière et partie principale d’une fraction


rationnelle

Théorème et Définition
Pour toute fraction rationnelle F ∈ K [X ] il existe d’une façon unique un
polynôme E ∈ K [X ] et une fraction rationnelle G ∈ K (X ) tels que

F = E + G et d 0 G < 0.

E est appelé la partie entière de F .


G est appelé la partie principale de F .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 11 / 34


Partie entière et partie principale d’une fraction rationnelle

Partie entière et partie principale d’une fraction


rationnelle

Exemple
5 4 3 2
−4X −5x −2
Soit F = 6X +5X
2X 3 +3X 2 −5
.
On effectue la division euclidienne de A = 6X 5 + 5X 4 − 4X 3 − 5X 2 − 2 par
B = 2X 3 + 3X 2 − 5.
On trouve
A = (3x 2 − 2X + 1)B + 7X 2 − 10X + 3.
Donc 2 2
F = (3x −2X +1)B+7X
B
−10X +3
2 2
= (3x −2X
B
+1)B
+ 7X −10X
B
+3 ..
2
2 7X −10X +3
= 3x − 2X + 1 + 2X 3 +3X 2 −5

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 12 / 34


la décomposition d’une fraction rationnelle en éléments simples

La décomposition d’une fraction rationnelle en


éléments simples

Théorème
A
Soit F = k k ∈ K (X ) tel que
P1 1 P22 ...Pnkn

1 A ∈ K [X ].
2 P1 , P2 , ..., Pn des polynômes irréductibles de K [X ] non associés deux à
deux.
3 k1 , k2 , ..., kn ∈ IN ? .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 13 / 34


la décomposition d’une fraction rationnelle en éléments simples

la décomposition d’une fraction rationnelle en


éléments simples

Théorème (suite)
Il existe d’une façon unique des polynômes :
E, A1,1 , A1,2 , ..., A1,k1 , A2,1 , A2,2 , ..., A2,k2 , ....., An,1 , An,2 , ..., An,kn à coefficients
dans K tels que :
1
A1,1 A1,2 A1,3 A
F =E + P1 + P12
+ P13
+ ... + 1,kk11
P1
A2,1 A2,2 A2,3 A2,k2
+ P2 + P22
+ P23
... + k
P2 2
A3,1 A3,2 A3,3 A3,k3
+ P3 + P32
+ P33
... + k3
P3
+..........................
A A An,3 An,kn
+ Pn,1 + Pn,2 2 + P 3 ... + .
n n n Pnkn

2 ∀i ∈ 1, ..., n, ∀j ∈ 1, ..., ki : d 0 Ai,j < d 0 Pi .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 14 / 34


la décomposition d’une fraction rationnelle en éléments simples

la décomposition d’une fraction rationnelle en


éléments simples
Théorème (suite)
F E est la partie entière de F
A1,1 A1,2 A1,3 A1,k1 A2,1 A2,2 A2,3 A2,k2
F E, P1 , P12 , P13 , ..., P k1 , P2 , P22 , P23 , ..., P k2 ,
1 2
A3,1 A3,2 A3,3 A3,k3 An,1 An,2 An,3 An,kn
P3 , 2
P3
, 3
P3
, ..., k , ... Pn , 2
Pn
, 3
Pn
, ..., k sont appelés les
P 3 3
Pn n
éléments simples de F dans K (X ).
Ai,1 Ai,2 Ai,3 Ai,ki
F La fraction rationnelle Pi + Pi2
+ Pi3
... + k est appelé la
Pi i
partie principale de F associée à Pi
F En particulier :
X Si Pi = X − a alors la partie principale de F associée à Pi est
α1 α2 α3 αki
(X −a) + (X −a)2 + (X −a)3 ... + (X −a)ki appelée aussi la partie
principale de F associée à a.
X Si Pi = aX 2 + bX + c alors la partie principale de F associée
1X 2X 3X
α +β X
à Pi est α1 +β
Pi + α2 +β
P2
+ α3 +β
P3
... + ki ki ki .
i i Pi
Cette opération est appelée la décomposition de F en éléments simples dans
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 15 / 34
Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (a) :En utilisant la division suivant les puissances croissantes

Méthode (a) : En utilisant la division suivant les


puissances croissantes

Méthode (a) : En utilisant la division suivant les puissances croissantes


Soient F ∈ K (X ) et a un pôle de F d’ordre n.
alors il existe A, B ∈ K [X ] tels que
A

F = (X −a) nB
.
B(a) 6= 0

On fait un changement de variables en posant X − a = Y . Alors X = Y + a.


Donc
A(Y + a)
F = n
Y B(Y + a)
alors [B(Y + a)](0) = B(a) 6= 0. On peut effectuer la division suivant les
puissances croissantes du polynôme A(Y + a) par B(Y + a) à l’ordre n − 1.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 16 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (a) :En utilisant la division suivant les puissances croissantes

En utilisant la division suivant les puissances


croissantes
Exemple 1 (méthode (a))
7X 2 −22X +27
Soit F = (X −1)3 (X −3)2
. Posons X − 1 = Y alors X = Y + 1. Alors :

7(Y +1)2 −22(Y +1)+27


F = Y 3 (Y +1−3)2
7Y 2 −8Y +12
.
= Y (Y −2)2
3

On effectue la division suivant les puissances croissantes du polynôme


7Y 2 − 8Y + 12 par (Y − 2)2 = Y 2 − 4Y + 4 à l’ordre 2. Alors

7Y 2 − 8Y + 12 = (2Y 2 + Y + 3)(Y − 2)2 − Y 3 (2Y − 7).

(2Y 2 +Y +3)(Y −2)2 −Y 3 (2Y −7)


Donc : F = Y 3 (Y −2)2
(2Y 2 +Y +3)(Y −2)2 −7
= Y 3 (Y −2)2
− (Y2Y−2)2
2 1 3 2Y −7
= Y + Y2
+ Y3
− (Y −2)2
2 1 3 −7
= X −1 + (X −1) 2 + (X −1)3
− (Y2Y−2)2.
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 17 / 34
Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (a) :En utilisant la division suivant les puissances croissantes

En utilisant la division suivant les puissances


croissantes

Exemple 1 (méthode (a)( suite))


Posons alors Z = Y − 2. alors Y = Z + 2 et Z = X − 1 − 2 = X − 3.
2 1 3 2(Z +2)−7
Donc F = X −1 + (X −1)2
+ (X −1)3
− Z2
2 1 3 2 3
= X −1 + (X −1)2
+ (X −1)3
− Z + Z2
2 1 3 2 3
= X −1 + (X −1)2
+ (X −1)3
− X −3 + (X −3)2 .
2 1 3 2 3
D’où F = X −1 + (X −1) 2 + (X −1)3
− X −3 + (X −3)2
est la décomposition de F en
éléments simples.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 18 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (a) :En utilisant la division suivant les puissances croissantes

En utilisant la division suivant les puissances


croissantes
Exemple(2)(méthode (a))
X +7
Soit F = (X −1)2 (X 2 −2X +5)2

Posons X − 1 = Y . Alors X = Y + 1 et X 2 − 2X + 5 = Y 2 + 4. Donc


Y +1+7 Y +8
F = 2 2 2
= 2 2 .
Y (Y + 4) Y (Y + 4)2

On effectue la division suivant les puissances croissantes de Y + 8 par


(Y 2 + 4)2 = Y 4 + 8Y 2 + 16 à l’ordre 1. Alors

1 1 2 3
Y +8= (Y + 8)(Y 2 + 4)2 − Y (Y + 8Y 2 + 8Y + 64).
16 16
1 2 2 1 2 3 2
16 (Y +8)(Y +4) − 16 Y (Y +8Y +8Y +64)
Donc F = Y 2 (Y 2 +4)2
3 2
Y +8
= 16Y 2
− Y +8Y +8Y +64
16(Y 2 +4)2
1 1 Y 3 +8Y 2 +8Y +64
= 16Y + 2Y 2 − 16(Y 2 +4)2
.
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 19 / 34
Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (a) :En utilisant la division suivant les puissances croissantes

En utilisant la division suivant les puissances


croissantes

Exemple (2) (méthode (a) (Suite))


On effectue la division euclidienne du polynôme Y 3 + 8Y 2 + 8Y + 64 par
Y 2 + 4. Alors :

Y 3 + 8Y 2 + 8Y + 64 = (Y 2 + 4)(Y + 8) + 4Y + 32.

1 (Y +8)(Y 2 +4)+4Y +32


1
Donc F = 16Y + 2Y 2

16(Y 2 +4)2
1 1Y +8 4Y +32
= 16Y + 2Y 22
16(Y +4)
− − 16(Y 2 +4)2
1 1 X +7 X +7
= 16(X −1) + 2(X −1)2 − 16(X 2 −2X +5) − 4(X 2 −2X +5)2 .
1 1 X +7 X +7
Ainsi : F = 16(X −1) + 2(X −1)2 − 16(X 2 −2X +5) − 4(X 2 −2X +5)2 est la décomposition
de F en éléments simples dans R(X ).

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 20 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (b)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Méthode (b)
Soit F ∈ K (X ). Pour décomposer F en éléments simples on peut donner la
forme de cette décomposition et puis on peut remplacer les X de cette
décomposition par des valeurs convenables.
Si K = R on peut utiliser limx→+∞ (xF (x)).

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 21 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (b)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Exemple (méthode (b))


2
7X −22X +27
Soit F = (X −1)3 (X −3)2
.
Puisque d F = d (7X 2 − 22X + 27) − d 0 [(X − 1)3 (X − 3)2 ] = 2 − 5 = −3 < 0
0 0

alors la partie entière de F est nulle.


Donc la décomposition de F en éléments simples est de la forme :

a1 a2 a3 b1 b2
F = + + + +
X − 1 (X − 1)2 (X − 1)3 X − 3 (X − 3)2
avec
2
−22X +27
1 a3 = [(X − 1)3 F ](1) = [ 7X (X −3)2
](1) = 3.
2 b2 = [(X − 3)2 F ](3) = 3.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 22 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (b)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples
Exemple (méthode (b)(suite))
x(7x 2 −22x+27)
1 limx→+∞ (xF (x)) = limx→+∞ (x−1)3 (x−3)2
= 0.
a1 x a2 x a3 x b1 x b2 x
2 limx→+∞ (xF (x)) = limx→+∞ ( x−1 + (x−1)2
+ (x−1)3
+ x−3 + (x−3)2
).

Donc a1 + b1 = 0 et par suite a1 = −b1 (1)


d’autre part, on a F (0) = −3 alors :

a1 a2 a3 b1 b2
[ + + + + ](0) = −3.
X − 1 (X − 1)2 (X − 1)3 X − 3 (X − 3)2

b1 b2
⇔ −a1 + a2 − a3 − + = −3
3 9

⇔ −2a1 + 3a2 = −1 (2)

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 23 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (b)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Exemple (méthode (b)(suite))


de même on a
a1 a2 a3 b1 b2
F (2) = 11 = [ + 2
+ 3
+ + ](2)
X − 1 (X − 1) (X − 1) X − 3 (X − 3)2

Donc
2a1 + a2 = 5 (3).

a1 = 2
Alors (2) et (3) implique que .
a2 = 1
Alors a1 = 2, a2 = 1, a3 = 3, b1 = −a1 = −2 et b2 = 3.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 24 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (c)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Méthode (c)
Soient F ∈ K (X ) et a un pôle de F avec
a1 a2 an
X −a + (X −a)2 + .... + (X −a)n est la partie principale de F associée à a.
• Si F est paire alors −a est un pôle de F et la partie principale de F (X )
associée au pôle −a est égale à
a1 a2 an
− + − .... + (−1)n .
X + a (X + a)2 (X + a)n

• Si F est impaire alors −a est un pôle de F et la partie principale de F (X )


associée au pôle −a est égale à
a1 a2 an
− 2
+ .... + (−1)n+1 .
X + a (X + a) (X + a)n

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 25 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (c)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Exemple (méthode (c))


2
Soit F = (XX2 −1)
+3
3.

Puisque d 0 F = −3 < 0 alors la partie entière de F est nulle.


F (−X ) = F donc F paire.
X 2 +3
D’autre part F = (X −1) 3 (X +1)3 .

Puisque F est paire alors la décomposition de F en éléments simples est de


la forme
a1 a2 a3 a1 a2 a3
F = + + − + − .
X − 1 (X − 1)2 (X − 1)3 X + 1 (X + 1)2 (X + 1)3

Alors :
? a3 = [(X − 1)3 F ](1) = 21 .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 26 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (c)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Exemple (méthode (c) (suite))


? F (0) = −3 donc
a1 a2 a3 a1 a2 a3
[ + + − + − ](0) = −3
X − 1 (X − 1)2 (X − 1)3 X + 1 (X + 1)2 (X + 1)3

⇔ −a1 + a2 − a3 − a1 + a2 − a3 = −3
⇔ −2a1 + 2a2 − 2a3 = −3
⇔ a2 = a1 − 1.
7
? F (2) = 27 donc

a1 a2 a3 a1 a2 a3 7
[ + 2
+ 3
− + 2
− 3
](2) = .
X − 1 (X − 1) (X − 1) X + 1 (X + 1) (X + 1) 27

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 27 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (c)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Exemple (méthode (c) (suite))


a1 a2 a3 7
⇔ a1 + a2 + a3 − + − =
3 9 27 27
⇔ 18a1 + 30a2 + 26a3 = 7
1
⇔ 18a1 + 30(a1 − 1) + 26 =7
2
1
a1 = .
2
Ainsi a1 = 21 , a2 = − 12 et a3 = 21
et F = 2(X1−1) − 2(X −1)
1 1 1
2 + 2(X −1)3 − 2(X +1) −
1
2(X +1)2
− 1
2(X +1)3
est la
décomposition de F en éléments simples.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 28 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (d)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Méthode (d)
Soient F ∈ R(X ) , P un polynôme de degré 2 et b1 +a P
1X
+ b2 +a
P2
2X
+ ... + bn +an X
Pn ,
où a1 , b1 , ..., an , bn ∈ R, est la partie principale de F associée à P.

• Si F est paire alors


b1 −a1 X + b2 −a2 X bn −an X
P(−X ) + P(−X )2 + ... + P(−X )n est la partie principale de F associée à P(−X ).

• Si F est impaire alors


a1 X −b1 a2 X −b2 an X −bn
P(−X ) + P(−X )2 + ... + P(−X )n est la partie principale de F associée à P(−X ).

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 29 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (d)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Exemple (méthode (d))


2
Soit F = (X 2 −2X7X +15
+5)(X 2 +2X +5)
.
0
• d F = −2 < 0 donc la partie entiere de F est nulle.
• F (−X ) = F donc F est paire.
• X 2 − 2X + 5 et X 2 + 2X + 5 sont irréductibles dans R[X ]. Ainsi, puisque F
est paire, la décomposition de F en élément simples est de la forme :

b + aX b − aX
F = + 2 .
X2 − 2X + 5 X + 2X + 5

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 30 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (d)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Exemple (méthode (d))


1 + 2i est une racine de X 2 − 2X + 5 dans C. Alors

7X 2 + 15
a(1 + 2i) + b = [(X 2 − 2X + 5)F ](1 + 2i) = [ ](1 + 2i)
X 2 + 2X + 5
−21 + 28i + 15
⇔ a + b + 2ai =
4(1 + 2i)
5
⇔ a + b + 2ai = + 2i
2
3
⇔ a = 1 et b = .
2
3 3
2 +X 2 −X
Donc F = X 2 −2X +5
+ X 2 +2X +5
.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 31 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (e)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Méthode (e)
Soient F ∈ R(X ) et a un pôle de F avec Xa−a 1 a2
+ (X −a) an
2 + .... + (X −a)n est la

partie principale de F associée à a. Alors


ā est un pôle de F et la partie principale de F associée au pôle ā est égale à :

a¯1 a¯2 a¯n


+ + .... + .
X − ā (X − ā)2 (X − ā)n

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 32 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (e)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Exemple (Méthode (e))


2X −1
Soit F = (X −2)2 (X 2 −2X +2)(X 2 −2X +5)
.
0
Puisque d F < 0 alors la partie entier de F est nulle.
Pour le polynôme X 2 − 2X + 2 :
0
∆ = i 2 . Donc les racines du polynôme X 2 − 2X + 2 sont 1 + i et 1 − i.
Alors X 2 − 2X + 2 = (X − 1 − i)(X − 1 + i).
Pour le polynôme X 2 − 2X + 5 :
0
∆ = −4 = (2i)2 . Donc les racines de X 2 − 2X + 5 sont 1 + 2i et 1 − 2i.
Alors X 2 − 2X + 5 = (X − 1 − 2i)(X − 1 + 2i).
2X −1
Ainsi F = (X −2)2 (X −1−i)(X −1+i)(X −1−2i)(X −1+2i)
.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 33 / 34


Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (e)

Les méthodes de décomposition d’une fraction


rationnelle en éléments simples

Exemple (Méthode (e))(suite)


Puisque F ∈ R[X ] alors la décomposition de F en éléments simples dans
C(X ) est de la forme :

a1 a2 b b̄ c c̄
+ + + + + .
X − 2 (X − 2)2 X −1−i X −1+i X − 1 − 2i X − 1 + 2i
2X −1 3
• a2 = [(X − 2)2 F ](2) = [ (X 2 −2X +2)(X 2 −2X +5) ](2) = 10 .
3
11
• Posons G = F − 10
(X −2)2
. Alors a1 = [(X − 2)G](2) = 300
2X −1 1+2i
• b = [(X − 1 − i)F ](1 + i) = [ (X −2)2 (X −1+i)(X −1−2i)(X −1+2i)
](1 + i) = 12
2X −1
• c = [(X − 1 − 2i)F ](1 + 2i) = [ (X −2)2 (X −1−i)(X −1+i)(X −1+2i)
](1 + 2i) = 8−19i
300 .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 34 / 34


UNIVERSITÉ SIDI MOHAMED BEN ABDELLAH
FACULTÉ DES SCIENCES Dhar El Mehraz

Cours d’algèbre 1

El Khalfaoui Rachida et Mouanis Hakima

Département de Mathématiques

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 1 / 39


Chapitre 4

L’espace vectoriel IR n

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 2 / 39


Généralités In
la structure d’espace vectoriel R

la structure d’espace vectoriel IR n

Définition
Soit n un entier naturel. IR n est le produit cartésien de n copies de R. C’est à
dire
IR n = {(a1 , a2 , ..., an ) tq a1 , a2 , ..., an ∈ IR }.

1 Pour n = 1, IR 1 = IR .
2 Pour n = 2, IR 2 = {(x, y), tq x, y ∈ IR }.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 3 / 39


Généralités In
la structure d’espace vectoriel R

la structure d’espace vectoriel IR n

Définition
Pour n ∈ IN ? on définit dans IR n les deux opérations :
1 ∀a = (a1 , a2 , ..., an ) ∈ IR n et b = (b1 , b2 , ..., bn ) ∈ IR n :

a + b = (a1 , a2 , ..., an ) + (b1 , b2 , ..., bn ) = (a1 + b1 , a2 + b2 , ..., an + bn ).

a + b est appelé la somme de a et b.


2 ∀α ∈ IR et a = (a1 , a2 , ..., an ) ∈ IR n :

αa = (αa1 , αa2 , ..., αan ).

αa est appelé le produit de α par a.


Cette opération est appelée la multiplication externe dans IR n sur IR .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 4 / 39


Généralités In
la structure d’espace vectoriel R

La structure de l’espace vectoriel IR n

Définition
Soit n ∈ IN ? .
• On dit que IR n muni de l’addition et la multiplication externe sur IR est un
espace vectoriel et on note IR n est un e.v .
• Les éléments de IR sont appelés les scalaires.
• Les éléments de IR n sont appelés les vecteurs de IR n
• Le vecteur (0, 0, ..., 0) est appelé le vecteur nul et noté 0n .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 5 / 39


Généralités In
la structure d’espace vectoriel R

La structure de l’espace vectoriel IR n

Définition
Soit n ∈ IN ? et a, a1 , a2 , ..., ap ∈ IR n . On dit que a est combinaison linéaire de
a1 , a2 ,...,ap s’il existe λ1 , λ2 ,..., λp ∈ IR tels que
p
X
a= λi ai = λ1 a1 + λ2 a2 + ... + λp ap .
i=1

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 6 / 39


In
Sous espace vectoriel de R Généralités

Sous espace vectoriel de IR n

Définition
Une partie E de IR n est dite sous espace vectoriel de IR n , et on note E est un
s.e.v ., si elle vérifie les trois propriétés suivantes :
1 E est non vide : E 6= ∅.
2 E est stable par addition : ∀a, b ∈ E, a + b ∈ E.
3 E est stable par multiplication par un scalaire : ∀a ∈ E, ∀λ ∈ R, λa ∈ E.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 7 / 39


In
Sous espace vectoriel de R Généralités

Sous espace vectoriel de IR n

Exemples
1 IR n est un sous espace vectoriel de IR n .
2 0n = (0, ..., 0) est sous espace vectoriel de IR n .

Propriété
Si E est un sous espace vectoriel de IR n alors 0n ∈ E.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 8 / 39


In
Sous espace vectoriel de R Généralités

Sous espace vectoriel de IR n

Proposition
Soit E une partie de IR n .
E est un s.e.v . de IR n si et seulement si les deux propriétés suivantes sont
vérifiées :
1 0n ∈ E.
2 ∀α ∈ IR , ∀u, v ∈ E : αu + v ∈ E.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 9 / 39


In
Sous espace vectoriel de R Exemples et propriétés des sous espaces vectoriels

Exemples et propriétés des sous espaces vectoriels

Exemples
1 E = {(x, y , z) ∈ IR 3 tq : 2x − y + 3z = 1} n’est pas un sous espace
vectoriel de IR 3 .
2 E = {(x, y ) ∈ IR 2 tq xy = 0} n’est pas un sous espace vectoriel de IR 2 .
3 E = {(x, y , z) ∈ IR 3 tq : 2x − y + 3z = 0} est un sous espace vectoriel
de IR 3 .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 10 / 39


In
Sous espace vectoriel de R Exemples et propriétés des sous espaces vectoriels

Exemples et propriétés des sous espaces vectoriels

Propriétés
Si E et F sont deux sous espaces vectoriels de IR n alors E ∩ F est un sous
espace vectoriel de IR n .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 11 / 39


In
Sous espace vectoriel de R la somme directe des sous espaces vectoriels

La somme directe des sous espaces vectoriels

Définition
Soient n ∈ IN ? , E et F sont deux sous espaces vectoriels de IR n .
On appelle somme de E et F ou E plus F l’ensemble noté E + F défini par

E + F = {a + b tq a ∈ E et b ∈ F }.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 12 / 39


In
Sous espace vectoriel de R la somme directe des sous espaces vectoriels

la somme directe des sous espaces vectoriels

Définition
Soient E et F deux s.e.v . de IR n .
On dit que la somme de E et F est directe si
∀a ∈ E + F il existe d’une façon unique aE ∈ E et aF ∈ F tels que a = aE + aF .
Dans ce cas :
1 E + F est noté E ⊕ F .
2 E ⊕ F est appelé somme directe de E et F .
3 ∀a
 ∈E ⊕F
aE , est appelé la projection de a sur E parallèlement à F .
aF , est appelé la projection de a sur F parallèlement à E.
4 Si G est un s.e.v . de IR n et E ⊕ F = G on dit que E et F sont
supplémentaires dans G ou E est un supplémentaire de F dans G.
5 Si E et F sont supplémentaire dans IR n on dit aussi que E et F sont
supplémentaires.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 13 / 39


In
Sous espace vectoriel de R la somme directe des sous espaces vectoriels

La somme directe des sous espaces vectoriels

Proposition
Soit n ∈ IN ? .
La somme de deux sous espaces vectoriels E et F est directe dans IR n si et
seulement si E ∩ F = {0n }.
En particulier :

E + F = IR n

E ⊕ F = IR n ⇐⇒
E ∩ F = {0n }.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 14 / 39


Les systèmes de vecteurs et le sous espace engendré par un système de
Les systèmes de vecteurs vecteurs

Les systèmes de vecteurs et le sous espace engendré


par un système de vecteurs

Notations
Soit S = (a1 , a2 , ..., ap ) un système de vecteurs de IR n .
1 On note par vect(S) = vect(a1 , a2 , ..., ap ) l’ensemble des combinaisons
linéaires des vecteurs a1 , a2 , ..., ap :

vect(S) = {α1 a1 + α2 a2 + ... + αp ap / α1 , α2 , ..., αp ∈ IR }.

2 vect(∅) = {0n }.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 15 / 39


Les systèmes de vecteurs et le sous espace engendré par un système de
Les systèmes de vecteurs vecteurs

Les systèmes de vecteurs et le sous espace engendré


par un système de vecteurs

Proposition
vect(S) = vect(a1 , a2 , ..., ap ) est un sous espace vectoriel de IR n contenant
a1 , a2 , ..., ap .
C’est le plus petit sous espace vectoriel de IR n contenant les vecteurs
a1 , a2 , ..., ap .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 16 / 39


Les systèmes de vecteurs Les systèmes libres et les systèmes liés.

Les systèmes libres et les systèmes liés.

Définition
Soient n ∈ IN ? et S = (a1 , a2 , ..., ap ) un système de vecteurs de IR n .
1 On dit que le système S est lié ou que a1 , a2 , ..., ap sont linéairement
dépendants
s’il existe des scalaires α1 , α2 , ..., αp ∈ IR non tous nuls tels que :
p
X
αi ai = α1 a1 + α2 a2 + ... + αp ap = 0n .
i=1

2 Dans le cas contraire on dit que le système S est libre ou que


a1 , a2 , ..., ap sont linéairement indépendants. C’est à dire si on a :
p
X
∀α1 , α2 , ..., αp ∈ IR : αi ai = 0n =⇒ α1 = α2 = ... = αp = 0
i=1

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 17 / 39


Les systèmes de vecteurs Les systèmes libres et les systèmes liés.

Les systèmes libres et les systèmes liés.

Exemple 1
Soient a1 = (−2, 1), a2 = (1, 1), a3 = (3, −1) et S = (a1 , a2 , a3 ) un système de
vecteurs de IR 2 .
∀α, β, γ ∈ IR :
αa1 + βa2 + γa3 = (0, 0)
⇐⇒ α(−2, 1) + β(1, 1) + γ(3, −1) = (0, 0)
⇐⇒ (−2α + β + 3γ, α + β − γ) = (0, 0)
  
−2α + β + 3γ = 0 γ =α+β α = −4β
⇐⇒ ⇐⇒ ⇐⇒
α+β−γ =0 α + 4β = 0 γ = −4β
admet plusieurs solutions donc le système S est lié.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 18 / 39


Les systèmes de vecteurs Les systèmes libres et les systèmes liés.

Les systèmes libres et les systèmes liés.

Exemple 2
Soient a1 = (−2, 1, 3), a2 = (1, 1, −1) et S = (a1 , a2 )

∀α, β ∈ IR : αa1 + βa2 = (0, 0, 0)


⇐⇒ α(−2, 1, 3) + β(1, 1, −1) = (0, 0, 0)

 −2α + β = 0 
β = 2α
α+β =0 ⇐⇒ ⇐⇒ α = β = 0
3α = 0
3α − β = 0

Donc le système S est libre.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 19 / 39


Les systèmes de vecteurs Les systèmes libres et les systèmes liés.

Les systèmes libres et les systèmes liés.

Propriétés
1 (0n ) est système lié.
2 Tout système de vecteurs de IR n qui contient 0n est lié.
3 ∀a ∈ IR n − {0n } : le système (a) est libre.
4 ∀a, b ∈ IR n avec a 6= 0n
(a, b) est lié si et seulement s’il existe α ∈ R tel que b = αa.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 20 / 39


Les systèmes de vecteurs Les systèmes libres et les systèmes liés.

Les systèmes libres et les systèmes liés.

Proposition
Soit S = (a1 , a2 , ..., ap ) un système de vecteurs de IR n .
S est lié ⇔ ∃k ∈ {1, ..., p} tq ak est une combinaison linéaire des autres
vecteurs. c’est à dire :
S est lié ⇔ ∃k ∈ {1, ..., p} tq ak ∈ vect(a1 , ..., ak−1 , ak+1 , ..., ap ).

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 21 / 39


Les systèmes de vecteurs Les systèmes libres et les systèmes liés.

Les systèmes libres et les systèmes liés.

Exemple
Soient u = (1, 2, 3), v = (5, 1, −1), w = (3, −3, −7) et S = (u, v , w). On a

v = w + 2u.

Donc
v ∈ vect(u, w).
D’où S est un système lié.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 22 / 39


Les systèmes de vecteurs Les systèmes générateurs

Les systèmes générateurs

Définition
Soient n ∈ IN ? , E un sous espace vectoriel et S = (a1 , a2 , ..., ap ) un système
de vecteurs de IR n .
On dit que S est un système générateur de E si on a :

E = vect(S) = vect(a1 , a2 , .., ap ).

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 23 / 39


Les systèmes de vecteurs Les systèmes générateurs

Les systèmes générateurs

Exercice
Soit E = {(x, y, z) ∈ IR 3 / 2x − y + 3z = 0} un s.e.v . de IR 3 . Trouver un
système générateur de E.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 24 / 39


Les systèmes de vecteurs Les bases

Les bases

Définition
Soient E un sous espace vectoriel de IR n et B un système de vecteurs de E.
On dit que B est une base de E si B est à la fois libre et génératrice de E.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 25 / 39


Les systèmes de vecteurs Les bases

Les bases

Proposition
Soit E un sous espace vectoriel de IR n et B = (a1 , a2 , ..., an ) un système de
vecteurs de E.

B est une base de E


∀a ∈ E : ∃!α1 , α2 , ..., αp ∈ IR tq a = α1 a1 + α2 a2 + ... + αp ap .
Dans ce cas α1 , α2 , ..., αp sont appelés les composantes du vecteur a dans la
base B.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 26 / 39


Les systèmes de vecteurs Les bases

Les bases

Exemple
Soient E = IR 2 et B = (a1 , a2 ) un système de IR 2 avec a1 = (2, 1), a2 = (1, 1).
(a1 , a2 ) est une base de R 2 . En effet :
∀a = (x, y) ∈ IR 2 , ∀α, β ∈ IR :

a = αa1 + βa2 ⇔ (x, y) = (2α + β, α + β)


 
2α + β = x α=x −y
⇔ ⇔
α+β =y β = 2y − X
Donc B est une base de IR 2
et les composantes d’un vecteur a = (x, y ) dans B sont x − y et 2y − x.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 27 / 39


Les systèmes de vecteurs Les bases

Les bases

Propriétés
Soient n ∈ IN ? et E un sous espace vectoriel de IR n .
1 Soient E = IR 2 , e1 = (1, 0) et e2 = (0, 1).
Alors B = (e1 , e2 ) est un système libre et générateur de IR 2 donc B est
une base de IR 2 appelée la base canonique de IR 2 .
2 En général :
Soient E = IR n , e1 = (1, 0, ...0), e2 = (0, 1, 0, ..., 0),...et en = (0, ..., 0, 1).
Alors B = (e1 , e2 , ..., en ) est un système libre et générateur de IR n . Donc
B est une base de IR n appelée la base canonique de IR n .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 28 / 39


Les systèmes de vecteurs Les bases

Les bases

Exercice
Soit E = {(x, y, z) ∈ IR 3 / 2x − y + 3z = 0} un s.e.v . de IR 3 . Trouver une
base de E.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 29 / 39


Les systèmes de vecteurs Les bases

Les bases

Propriétés
Soient F1 et F2 deux s.e.v. de IR n . Si B1 est une base de F1 et B2 est une base
de F2 alors : 
B1 ∩ B2 = ∅
la somme de F1 et F2 est directe. ⇔
B1 ∪ B2 est libre.
Dans ce cas B1 ∪ B2 est une base de F1 ⊕ F2 .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 30 / 39


Les systèmes de vecteurs La dimension d’un sous espace vectoriel

La dimension d’un sous espace vectoriel

Notation
Soit A un ensemble fini. Le nombre des éléments de A est appelé le cardinal
de A et noté |A|.

Théorème et définition
Si n ∈ IN ? et E un sous espace vectoriel de IR n alors E admet des bases et
tous ces bases ont le même nombre de vecteurs appelé la dimension de E et
noté dimE et on a dimE ≤ n.
Ainsi, si B est une base de E alors

dimE = |B| ≤ n.

Propriété
∀n ∈ IN ? , dimIR n = n.

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 31 / 39


Les systèmes de vecteurs La dimension d’un sous espace vectoriel

La dimension d’un sous espace vectoriel

Propriétés
Soient E et F deux sous espaces vectoriels de IR n . Alors :
1 Si S est une partie génératrice de E alors |S| ≥ dimE.
2 Si S est une partie libre de E alors |S| ≤ dimE.
3 Si E ⊂ F et dimE = dimF alors E = F .
4 Si dimE = n alors E = IR n .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 32 / 39


Les systèmes de vecteurs La dimension d’un sous espace vectoriel

La dimension d’un sous espace vectoriel

Théorème
Soient F un sous espace vectoriel de IR n de dimension p et B un système de
F de cardinal p. Alors, les propriétés suivantes sont équivalentes :
1 B est un système libre.
2 B est un système générateur de F .
3 B est une base de F .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 33 / 39


Les systèmes de vecteurs La dimension d’un sous espace vectoriel

La dimension d’un sous espace vectoriel

proposition
Soient E et F deux sous espaces vectoriels de IR n .
Alors dim(E + F ) = dimE + dimF − dim(E ∩ F ) ≤ dimE + dimF .
Si en plus la somme de E et F est directe alors dim(E ⊕ F ) = dimE + dimF .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 34 / 39


Les systèmes de vecteurs La dimension d’un sous espace vectoriel

Les bases

Théorème de la base incomplète


Soient E un sous espace vectoriel de IR n . Si S et T sont deux parties finies de
E qui vérifient les 3 propriétés suivantes :
1 S est une partie libre de E,
2 T est une partie génératrice de E,
3 S ⊂ T,
alors il existe une base B de E telle que S ⊂ B ⊂ T .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 35 / 39


Les systèmes de vecteurs La dimension d’un sous espace vectoriel

Les bases

Corollaire
Soit E un s.e.v. de IR n . Si S et T sont deux parties finies de E qui vérifient les
deux propriétés suivantes :
1 S est une partie libre de E,
2 T est une partie génératrice de E,
alors il existe une base B de E telle que S ⊂ B ⊂ S ∪ T .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 36 / 39


Les systèmes de vecteurs La dimension d’un sous espace vectoriel

Les bases

Exemple
Si n = 5, soient E = IR 5 , a1 = (1, 0, 0, 1, 1), a2 = (1, 1, 1, 1, 1), S = (a1 , a2 )
e1 = (1, 0, 0, 0, 0), e2 = (0, 1, 0, 0, 0), ...,e3 = (0, 0, 1, 0, 0) , e4 = (0, 0, 0, 1, 0),
e5 = (0, 0, 0, 0, 1) et T = (e1 , e2 , e3 , e4 , e5 ).
1 S est une partie libre de IR 5 .
2 T est une partie génératrice de IR 5 .
Alors il existe une base B de IR 5 telle que S ⊂ B ⊂ S ∪ T .
On a S = (a1 , a2 ) est un système libre de IR 5 .
1 On vérifie que le système (a1 , a2 , e1 ) est libre.
2 On vérifie que (a1 , a2 , e1 , e2 ) est libre.
3 On vérifie que (a1 , a2 , e1 , e2 , e3 ) est lié.
4 On vérifie que (a1 , a2 , e1 , e2 , e4 ) est libre.
Ainsi le système B = (a1 , a2 , e1 , e2 , e4 ) est libre et card(B) = 5 = dimIR 5 ce
qui montre que B est une base de IR 5 .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 37 / 39


Les systèmes de vecteurs La dimension d’un sous espace vectoriel

Les bases

Proposition
Soient E un sous espace vectoriel de IR n . Alors E admet au moins un
supplémentaire dans IR n .
C’est à dire pour tout s.e.v. E il existe au moins un s.e.v . F tel que

F ⊕ E = IR n .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 38 / 39


Les systèmes de vecteurs La dimension d’un sous espace vectoriel

Les bases

Exemple
Soit F = {(x, 3x, 0), tq x ∈ IR }. Trouvons un supplémentaire de F dans IR 3
On a F = vect(a) = IRa avec a = (1, 3, 0) donc (a) est une base de F .
♣ Soient B0 = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de IR 3 et T = (a, e1 , e2 , e3 )
trouver une base B de IR 3 tel que {a} ⊆ B ⊆ T .
1 On vérifie que (a, e1 ) est libre.
2 On vérifie que (a, e1 , e2 ) est lié.
3 On vérifie que (a, e1 , e3 ) est libre.
Ainsi, puisque card(B) = dimIR 3 = 3 alors B = (a, e1 , e3 ) est une base de IR 3 .
Ce qui implique que
G = vect(e1 , e3 ) = {αe1 + βe3 /α, β ∈ R} = {(α, 0, β) /α, β ∈ R}
est un supplémentaire de F dans IR 3 .

Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 39 / 39

Vous aimerez peut-être aussi