Algebre 1
Algebre 1
Cours d’algèbre 1
Département de Mathématiques
1
NOMBRES COMPLEXES
2
POLYNÔMES
3
FRACTIONS RATIONNELLES
4
ESPACES VECTORIELS
1 Définitions et propriétés
2 Racines carrées d’un nombre complexe
3 Équations du second degré dansCI
4 Nombres complexes de module 1
5 Argument d’un nombre complexe
6 Racines nième de l’unité
7 Racines nième d’un nombre complexe
Définition
On note parCI = {a + ib/ a, b ∈ IR } et i 6∈ IR muni de deux opérations + et .
telles que
(a + ib) + (c + id) = (a + c) + i(b + d)
(a + ib).(c + id) = (ac − db) + i(ad + cb)
En particulier, i 2 = i.i = −1
Définition
Soit z = a + ib un nombre complexe avec a et b deux nombres réels.
Un nombre complexe est dit réel si, et seulement si, sa partie imaginaire est
nulle.
Un nombre complexe est dit imaginaire pur si, et seulement si, sa partie réelle
est nulle.
Proposition
Soient u = a + ib ∈CI et v = c + id ∈CI deux nombres complexes avec a, b, c
et d des nombres réels.
u = v ⇔ a + ib = c + id ⇔ a = c et b = d
C’est à dire
u = v ⇔ Re(u) = Re(v ) et Im(u) = Im(v )
Définition
→
− → −
On menu le plan d’un repère orthonormé (O, u , v ). Soient a et b deux
nombres réels.
1 A tout point M de coordonnées (a, b) on peut associer le nombre
complexe z = a + ib. On dit que z est l’affixe du point M.
Inversement, à tout nombre complexe z = a + ib on peut associer le point
M de coordonnées (a, b). M s’appelle l’image ponctuelle du nombre
complexe z.
−
→
2 A tout vecteur W de coordonnées (a, b) on peut associer le nombre
−
→
complexe z = a + ib. On dit que z est l’affixe de W .
Inversement à tout nombre complexe z = a + ib on peut associer le
−
→ −
→
vecteur W de coordonnées (a, b). On dit que W est l’image vectorielle de
z.
Propriétés
Soient M et N deux points du plant tels que M à pour affixe zM et N à pour
affixe zN . Alors,
zM +zN
1 Le milieu I du segment [MN] à pour affixe 2 .
−−→
2 Le vecteur MN à pour affixe zN − zM .
Définition
Soit z = a + ib un nombre complexe avec a et b deux nombres réels.
On appelle conjugué de z le nombre z = a − ib
Exemple : Si z = −3 + 2i alors z̄ = −3 − 2i
Propriétés
0
Soient z = a + ib ∈CI et z = c + id ∈CI deux nombres complexes avec a, b, c
et d des nombres réels. Alors,
1 z=z
2 zz = a2 + b2 , donc zz ≥ 0
3 z + z0 = z + z0
4 zz 0 = zz 0
5 ( zz0 ) = z
z0
Exemple
Soit z = −3 − 2i alors
z̄ = −3 + 2i
z z̄ = 9 + 4 = 13
et z1 = −3−2i
1
= −3+2i
13 = z̄
z z̄
1 z
donc z = z z̄ .
Définition
Soit z = a + ib avec a et b deux nombre réels. On appelle module de z le
nombre réel positif noté par |z| et défini par
√ p
|z| = zz = a2 + b2
Propriétés
0
Soit z, z ∈CI
1 |z| = |z|
1 z
2 z −1 = z = |z|2
0 0
3 |zz | = |z||z |
|z|
4 | zz0 | = |z 0 |
Définition
Soient z, u ∈C.
I On dit que u est racine carrée de z si, et seulement si,
u2 = z
Théorème
Tout nombre complexe non nul z = a + ib, avec a et b deux nombres réels,
possède deux racines carrées non nulles et opposées qui sont :
1 Si b ≥ 0, p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
u= +i
2 2
et p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
−u = − −i
2 2
2 Si b ≤ 0, p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
u= −i
2 2
et p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
−u = − +i
2 2
Preuve
⇔ x2 − y2 = a
2xy = b √
x 2 + y 2 = a2 + b2 = |z|
⇔ x2 − y2 = a
le 2signe de xy = le signe de b
2x = |z| + a
⇔ 2y 2 = |z| − a
le signe de xy = le signe de b
|z|+a
2
x = 2
⇔ 2 |z|−a
y = 2
le signe de xy = le signe de b
Preuve (suite)
Ainsi,
Si b ≥ 0, p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
u= +i
2 2
et p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
−u = − −i
2 2
Si b ≤ 0, p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
u= −i
2 2
et p p
2(|z| + a) 2(|z| − a)
−u = − +i
2 2
Exemple
Soit z = 5 + 12i.
√ √
1 |z| = 52 + 122 = 169 = 13
2 Puisque 12 ≥ 0 alors les racines carrée de z sont :
u = 3 + 2i et − u = −3 − 2i
u = 3 + 2i et − u = −3 − 2i
−b + δ −b − δ
z1 = et z2 =
2a 2a
∆ est appelé le discriminant de l’équation aZ 2 + bZ + c = 0.
Remarque
1 z1 + z2 = − ba
c
2 z1 z2 = a
b
3 Si ∆ = 0, z1 = z2 = − 2a
4 Si a, b, c ∈ IR et si ∆ ≥ 0 alors z1 , z2 ∈ IR
5 Si a, b, c ∈ IR et si ∆ ≤ 0 alors z1 et z2 sont conjugués( c’est à dire
z2 = z1 )
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 19 / 40
Équation du second degré dansCI
Exercice
Calculer les solutions des équations :
1 (1 − i)z 2 + (1 + 2i)z − 2i = 0
2 3z 2 − 5z + 2 = 0
3 2z 2 − 2z + 1 = 0
4 z2 + z + 1 = 0
Réponse :
Corollaire
Soient z1 , z2 ∈C.
I
Notons s = z1 + z2 et p = z1 z2
Alors, z1 et z2 sont les solutions de l’équation z 2 − sz + p = 0
Corollaire
Soient az 2 + 2b z + c = 0 une équation de 2ème degré et ∆ = b 2 − ac
0 0 0
Proposition
Soit z ∈C.
I
|z| = 1 ⇔ ∃α ∈ IR tel que z = cos α + i sin α
Dans ce cas z est noté z = eiα .
Exemples
1 ∀k ∈ ZZ; e2ikπ = cos 2k π + i sin 2k π = 1 + 0i
2 eiπ = cos(π) + i sin(π) = −1
iπ
3 e 2 = cos( π2 ) + i sin( π2 ) = i
√ √
iπ 2 2
4 e 4 = cos( π4 ) + i sin( π4 ) = 2 +i 2
√
iπ 1 3
5 e 3 = cos( π3 ) + i sin( π3 ) = 2 +i 2
√
iπ 3 i
6 e 6 = cos( π6 ) + i sin( π6 ) = 2 + 2
Propriétés
0
Soient z = eiα et z = eiβ avec α, β ∈ IR :
0
1 z = z ⇔ ∃k ∈ ZZ tel que α = β + 2k π
2 eiα eiβ = ei(α+β)
eiα
3
eiβ
= ei(α−β)
Formule de Moivre
(eiα )n = einα
Formules d’Euler
Propriétés
Soit α ∈ IR , on a
eiα +e−iα
1 cos(α) = 2
eiα −e−iα
2 sin(α) = 2i
Théorème
Soit z un nombre complexe non nul.
Il existe α ∈ IR tel que z = |z|eiα .
α est appelé argument de z et on le note arg(z)
|z|eiα est appelé la forme trigonométrique (où bien la forme
exponentielle) de z.
Remarque
Si α est un argument de z alors, pour tout k ∈ IN , α + 2kπ est aussi argument
de z. On note arg(z) = α(mod2π)
Propriétés
Soit z ∈CI ?
1 arg(z) = 0(mod2π) ⇔ z ∈ IR ?+
2 arg(z) = π(mod2π) ⇔ z ∈ IR ?−
Propriétés
0
Soient z et z deux nombres complexes non nuls et λ un nombre réel non nul.
0 0 0
1 z = z ⇔ |z| = |z | et arg(z) = arg(z )(mod2π)
0 0
2 arg(zz ) = arg(z) + arg(z )(mod2π)
3 arg( z1 ) = arg(z)(mod2π) = −arg(z)(mod2π)
arg(z)(mod2π) siλ > 0
4 arg(λz) =
Π + arg(z)(mod2π) siλ < 0
Définition
Soient n un entier naturel non nul et z un nombre complexe. On dit que z est
racine nième de l’unité si, et seulement si, z n = 1
Proposition
Soit n ∈ IN ? . L’ensemble des racines nième de l’unité est :
2ik π 2iπ 2i(n−1)π
S = {e n / k = 0, ..., n − 1} = {1, e n , ..., e n }
Corollaire
Si z est une racine nième de l’unité avec z 6= 1 alors
1 + z + z 2 + ... + z n−1 = 0
1 + j + j2 = 0
1
i
3 Les racines 4ième de l’unité sont et on a
i 2 = −1
3
i = −i
1 + i + i2 + i3 = 0
Définition
Soit z un nombre complexe et n un entier naturel non nul. On appelle racine
nième de z tout nombre complexe u vérifiant z = u n .
Théorème
Soit z = reiθ un nombre complexe non nul. L’équation u n = z possède, dans
I exactement n racines nième de la forme
C,
√ θ 2k π
uk = n r ei( n + n )
√ iθ 2ik π
= n re n e n
avec k = 0, ..., n − 1
corollaire
Soient z = reiθ ∈CI ∗ et n ∈ IN ? . Alors les racines nième de z sont
u0 , u0 ω, u0 ω 2 , ..., u0 ω n−1
avec √ θ
u0 = n
r ei n
et
i2π
ω=e n
Exemple
Calculer les racines nième du nombre complexe z = −4 dans les cas n = 2,
n = 3 et n = 4
Réponse :
On a z = −4 = 4eiπ donc √
n iπ
u0 = 4e n
√ iπ i2π
Cas n = 2 : u0 = 4e 2 = 2i et ω = e 2 = eiπ = −1 .
2
2i, −2i
Exemple (suite)
√ iπ √ √
i2π
Cas n = 3 : On a u0 = 4e 3 = 4( 12 + i 23 ) et ω = e 3 = j
3 3
c’est à dire
√ √ √
√
3 1 3 √ 3 1 3 2√ 3 1 3
4( + i ), j 4( + i ), j 4( + i )
2 2 2 2 2 2
Exemple (suite)
√ iπ √ √ √
i2π iπ
Cas n = 4 : On a u0 = 4e 4 = 2( 22 + i 22 ) = 1 + i et ω = e 4 = e 2 = i
4
c’est à dire
1 + i, −1 + i, −1 − i, 1 − i
Cours d’algèbre 1
Département de Mathématiques
LES POLYNÔMES
Définitions et propriétés
Définition
Soit P une application de C dans C.
On dit que P est une fonction polynômiale (à coefficients dans C) ou P est un
I s’il existe des nombres a0 , a1 , ..., an ∈CI tels
polynôme (à coefficients dansC)
que
Xn
P= ak X k = a0 + a1 X + .... + an X n
k=0
Définitions et propriétés
Définitions
n
X
Soit P = ak X k = a0 + a1 X + .... + an X n un polynôme.
k=0
1 a0 , a1 , ..., an sont appelés les coefficients de P.
2 ∀k = 0, ...n, ak est appelé le coefficient de P de degré k.
3 Si a0 , a1 , ..., an ∈ R on dit que P est un polynôme à coefficients réels.
4 Dans le cas général on dit que P est un polynôme à coefficients
complexes.
5 a0 est appelé le coefficient constant du polynôme P.
Définitions et propriétés
Propriétés
L’ensemble des polynômes à coefficients dans K est noté K [X ].
1 K ⊂ K [X ].
2 R[X ] ⊂ C[X ].
Définitions et propriétés
Proposition
Soient P = a0 + a1 X + a2 X 2 + ... + an X n un polynôme à coefficients
a0 , a1 , ..., an dans C.
Alors pour tout z ∈ C,
n
X
P(z) = ak z k = a0 + a1 z + a2 z 2 + ... + an z n
k =0
est la valeur de P en z.
Définitions et propriétés
Définitions
n
X
Soit P = ak X k = a0 + a1 X + .... + an X n un polynôme à coefficients dans
k=0
K . Alors,
n
X
1 P̄ = ak X k = a0 + a1 X + ... + an X n ∈ K [X ].
k=0
n
X
2 ∀α ∈ K , αP = αak X k = αa0 + αa1 X + .... + αan X n ∈ K [X ].
k =0
Définitions et propriétés
Définitions
n
X m
X
Soient P = ak X k ∈ K [X ] et Q = bk X k ∈ K [X ]. Alors,
k =0 k=0
1 P = Q ⇔ n = m et ai = bi pour tout i.
s
X
2 P +Q = (ak + bk )X k ∈ K [X ] avec s = max{n, m}.
k=0
Propriété
n
X
Soit P = ak X k ∈ K [X ].
k=0
1 P = 0 ⇔ ai = 0 ∀i ∈ {0, .., n}.
2 P ∈ IR [X ] ⇔ P = P̄ ⇔ ai = āi ∀i ∈ {0, .., n}.
Définitions et propriétés
Définition
n
X m
X
Soient P = ak X k ∈ K [X ] et Q = bk X k ∈ K [X ]. Alors,
k =0 k=0
n+m
X
PQ = ck X k ∈ K [X ] tel que ∀k ∈ {0, 1, ..., n + m}
k=0
X k
X k
X
ck = ai bj = ai bk−i = ak−i bi
i+j=k i=0 i=0
c’est à dire
c0 = a0 b0
P1
c1 = i=0 ai b1−i = a0 b1 + a1 b0
2
P
c2 = i=0 ai b2−i = a0 b2 + a1 b1 + a2 b0
...
...
Pn+m
cn+m = i=0 ai bn+m−i = an bm
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 9 / 62
Le degré d’un polynôme
Définition
n
X
Soit P = ai X i 6= 0.
i=0
Le plus grand indice i tel que ai 6= 0, s’appelle le degré de P et noté d 0 (P) ou
d 0 P.
Si d 0 P = n,
1 an est appelé le coefficient du plus haut degré de P ou le coefficient
dominant de P.
2 Si an = 1 on dit que P est unitaire.
3 Par convention, d 0 0 = −∞.
Proposition
Soit P et Q deux polynômes non nuls de K [X ].
1 d 0 (PQ) = d 0 P + d 0 Q.
2 d 0 (λP) = d 0 P, ∀λ ∈ K ? .
3 Si α est le coefficient dominant de P et β est le coefficient dominant de Q
alors αβ est le coefficient dominant de PQ.
En particulier, si P et Q sont unitaires alors PQ est unitaire.
4 d 0 (P + Q) ≤ max(d 0 P, d 0 Q).
Si d 0 P 6= d 0 Q alors d 0 (P + Q) = max(d 0 P, d 0 Q)
Exemples
1 Soient P = 1 + X 2 + X 3 et Q = 2 − X 4 .
On a P + Q = 3 + X 2 + X 3 − X 4 et
.
2 Soient P = 1 + X 2 et Q = −X 2 .
On a P + Q = 1 et
3 Soit P = X + 2X 5 et Q = X 5 .
On a P + Q = X + 3X 5 et
alors
n
0 X
P = kak X k−1 = a1 + 2a2 X + ... + nan X n−1 ∈ K [X ].
k=1
Corollaire
Toutes les dérivées successives d’un polynôme de K [X ] sont des polynômes
de K [X ] :
∀P ∈ K [X ] ∀k ∈ IN ; P (k) ∈ K [X ].
Exemples
1 Soit P = 1 + 2X − iX 3 + X 4 . Alors,
0
• P = 2 − 3iX 2 + 4X 3
00
• P = −6iX + 12X 2
• P (3) = −6i + 24X
• P (4) = 24
• P (5) = 0
• ∀k ≥ 5, P (k ) = 0.
0
2 ∀a ∈ K , a = 0
3 Soit P = X . Alors,
0
• X =1
• ∀k ≥ 2, X (k ) = 0.
Propriété
n
X
Soit P = ai X i . ∀k ∈ IN on a :
i=0
n n−k
P (k) = X i!ai X i−k = X (j + k)!aj+k X j
si k ≤ n
(i − k )! j! .
(k) i=k
j=0
P =0 si k > n
Théorèmé(Formule de Mac-laurin)
n
X
Soit P = ak X k ∈ K [X ].
k=0
P (k ) (0)
Alors ∀k ∈ {0, ..., n}, ak = k! et on a la formule suivante :
n
X P (k) (0)
P = Xk
k! .
k =0
00
0 P (0) 2 P (n) (0) n
= P(0) + P (0)X + 2! X + ... + n! X
Propriété
n
X
Soit P = ai (X − α)i ∈ K [X ] alors,
i=0
P (k ) (α)
∀k ∈ {0, ..., n}, ak = .
k!
La division Euclidienne
Théorème et définition
Soient A et B deux polynômes à coefficients dans K . Si B est non nul alors il
existe un unique couple (Q, R) de polynômes tel que
Cas particulier
Si α ∈ K et B = X − α alors R = A(α).
La division Euclidienne
Exemple
Divison A = 6X 7 − 3X 6 + 4X 5 − 2X 4 + 6X 3 + X 2 par 3X 3 + 2X :
A = 6X 7 − 3X 6 + 4X 5 − 2X 4 + 6X 3 + X 2 B = 3X 3 + 2X
−6X 7 − 4X 5 Q = 2X 4 − X 3 + 2
6 4 3 2
−3X − 2X + 6X + X
3X 6 + 2X 4
6X 3 + X 2
−6X 3 − 4X
R = X 2 − 4X
6X 7 − 3X 6 + 4X 5 − 2X 4 + 6X 3 + X 2 = (2X 4 − X 3 + 2)(3X 3 + 2X ) + (X 2 − 4X ) .
| {z } | {z }
quotient reste
Le procédé de Hörner
Théorème
n
X
Soient A = ak X k = a0 + a1 X + ... + an X n ∈ K [X ] avec an 6= 0 et α ∈ K .
k=0
Q le quotient de A par X − α et R le reste de A par X − α.
Supposons que n ≥ 2. Alors, il existe b0 , b1 , ..., bn−1 ∈ K tels que
n−1
X
Q= bk X k = b0 + b1 X + ... + bn−1 X n−1 ,
k=0
Le procédé de Hörner
Méthode de calcul
Pratiquement pour calculer les nombres b0 , ..., bn−1 et R on peut utiliser le
tableau suivant appelé le procédé de Hörner.
an an−1 ... a1 a0
α αbn−1 ... αb1 αb0
bn−1 = an bn−2 = an−1 + αbn−1 ... b0 = a1 + αb1 A(α) = a0 + αb0
le procédé de Hörner
Exercice
Soit A = 2X 5 + −7X 4 + 5X 2 + 13X + 6
Calculer le quotient et le reste de la division euclidienne de A par X − 3 en
utilisant le procédé de Hörner.
Réponse
a5 = 2 a4 = −7 a3 = 0 a2 = 5 a1 = 13 a0 = 6
3 6 −3 −9 −12 3
b4 = 2 b3 = −1 b2 = −3 b1 = −4 b0 = 1 R=9
Donc
A = (2X 4 + −X 3 − 3X 2 − 4X + 1)(X − 3) + 9
.
Divisibilité
Définition
Soient A et B deux polynômes de K [X ]. On dit que
B divise A
ou
B est un diviseur de A
ou
A est un multiple de B
et on note B|A s’il existe un polynôme Q ∈ K [X ] tel que A = BQ. C’est à dire
Divisibilité
Propriété
Soient A, B ∈ K [X ]? et R le reste de la division euclidienne de A par B alors
• B|A ⇐⇒ R = 0
• ∀α ∈ K , (X − α)|A ⇐⇒ A(α) = 0.
Définition
Soient A, B ∈ K [X ]. On dit que A est associé à B ou que A et B sont associés
et on note A ∼ B si A divise B et B divise A :
A|B
A ∼ B ⇐⇒
B|A
Propriétés
Soient A, B, C ∈ K [X ].
1 A ∼ B ⇐⇒ ∃α ∈ K ? , B = αA.
2 A ∼ B =⇒ d 0 A = d 0 B.
Définition
Soient A, B, D ∈ K [X ]? . On dit que D est le pgcd de A et B si on a les deux
propriétés suivantes :
1 D est unitaire.
2 D est un diviseur commun de A et B. C’est à dire
D|A
D|B
On note A ∧ B = D.
Définition
Soient A, B ∈ K [X ]? .
Si A ∧ B = 1 on dit que A est premier avec B ou A et B sont premiers entre
eux.
Algorithme d’Euclide
Théorème
Pratiquement pour déterminer le pgcd de A et B on effectue les divisions
suivantes :
1
Rn = A ∧ B.
an
Algorithme d’Euclide
Exercice
Soient A = 8X 5 + 4X 4 + 10X 3 − 5X 2 + X − 1 et
B = 4X 4 + 4X 3 + 5X 2 − 2X − 1. Calculer le pgcd de A et B.
Réponse
On pose R0 = A et R1 = B. alors
R0 = R1 Q 0 + R2 avec Q0 = 2X − 1 et R2 = 4X 3 + 4X 2 + X − 2
R1 = R2 Q 1 + R3 avec Q1 =X et R3 = 4X 2 − 1
R = R3 Q 2 + R4 avec Q2 =X +1 et R4 = 2X − 1
2
R3 = R4 Q 3 + R5 avec Q3 = 2X − 1 et R5 =0
1 1
2 R4 =X− 2 est le pgcd de A et B.
Algorithme d’Euclide
Théorème
Soient A, B ∈ K [X ]? et D le pgcd de A et B. Si d 0 A ≥ 1 et d 0 B ≥ 1 alors il
existent deux polynômes, de K [X ], U et V tels que
UA + VB = D.
Algorithme d’Euclide
Exercice
Soient A = 8X 5 + 4X 4 + 10X 3 − 5X 2 + X − 1 et
B = 4X 4 + 4X 3 + 5X 2 − 2X − 1.
D’après l’exercice précédent, en utilisant l’algorithme d’Euclide, on a montré
que D = X − 12 est le pgcd de A et B.
En utilisant le même algorithme, on a
2D = R2 − R3 Q2
R3 = R1 − R2 Q 1
R2 = R0 − R1 Q 0
Donc
2D = R2 − (R1 − R2 Q1 )Q2
= R2 (1 + Q1 Q2 ) − R1 Q2
= (R0 − R1 Q0 )(1 + Q1 Q2 ) − R1 Q2
= R0 (1 + Q1 Q2 ) − R1 (Q0 (1 + Q1 Q2 ) + Q2 )
Théorème(Bezout)
Soient A, B ∈ K [X ]? .
A et B sont premiers entre eux si et seulement s’il existe deux polynômes U
et V à coefficients dans K tels que
UA + VB = 1.
Corollaire
Soient a, b ∈ K . Alors
a 6= b ⇐⇒ (X − a) ∧ (X − b) = 1.
Corollaire
Soient A, B, D ∈ K [X ]? .
D est un pgcd de A et B si et seulement s’il existe A0 , B0 ∈ K [X ] tels que
A = A0 D
B = B0 D
A0 ∧ B0 = 1
Théorème(L’identité de Gauss)
Soient A, B ∈ K [X ]? .
Corollaire
Soient A, B, C ∈ K [X ]? .
A∧C =1
=⇒ AB ∧ C = 1.
B∧C =1
L’identité de Gauss
Corollaire
1 Si A, B ∈ K [X ]? alors A ∧ B = 1 =⇒ [∀n, m ∈ IN , An ∧ B m = 1].
2 Si a, b ∈ K avec a 6= b alors ∀n, m ∈ IN , (X − a)n ∧ (X − b)m = 1.
L’identité de Gauss
Corollaire
Soient A, P, Q ∈ K [X ]? .
P|A
Q|A =⇒ PQ|A.
P ∧Q =1
En générale :
Corollaire
?
A, P1 , P2 , ..., Pn ∈ K [X ] .
Soient
Pk |A ∀k ∈ {1, ..., n}
Si alors P1 P2 ....Pn |A.
Pk ∧ Pl = 1 ∀k , l ∈ {1, ..., n} avec k 6= l
L’identité de Gauss
Corollaire
Soit A ∈ K [X ]? .
Si a1 , a2 , ..., an sont des racines distinctes de A alors le produit
(X − a1 )(X − a2 )...(X − an ) est un diviseur de A.
Si A 6= 0 et n est le nombre des racines de A alors n ≤ d 0 A
Définition
Soient A, B, M ∈ K [X ]? .
On dit que M est le ppcm de A et B s’il vérifie les propriétés suivantes :
1 M est unitaire.
2 M est un multiple de A et B : c’est à dire A|M et B|M.
3 Tous les multiples de A et B sont des multiples de M : c’est à dire
A|N
∀N ∈ K [X ] : =⇒ M|N
B|N
et on note A ∨ B = M.
Proposition
Soient A, B ∈ K [X ]? .
Si a est le coefficient dominant de A et b le coefficient dominant de B alors
A = 2A0 D avec A0 = 4X 4 + 4X 3 + 7X 2 + X + 1
B = 2B0 D avec B0 = 2X 3 + 3X 2 + 4X + 1.
Donc, d’après le Théorème
1
M = A(2X 3 + 3X 2 + 4X + 1) = (4X 4 + 4X 3 + 7X 2 + X + 1)B
16
est le ppcm de A et B
et (4X 4 + 4X 3 + 7X 2 + X + 1) ∧ (2X 3 + 3X 2 + 4X + 1) = 1.
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 41 / 62
Les polynômes irréductibles
Définition
Soient P ∈ K [X ].
On dit que P est irréductible dans K [X ] (ou P est irréductible) si
1 d 0 P ≥ 1.
2 Les seules diviseurs de P dans K [X ] sont les constantes non nulles de K
et les associés de P dans K [X ],
c’est à dire :
d 0P ≥ 1
P est irréductible dans K[X] ⇔ .
∀Q ∈ K [X ] : Q|P ⇒ [Q ∈ K ? ou Q ∼ P]
Propriétés
1 ∀P ∈ K [X ] : d 0 P = 1 =⇒ P irréductible dans K [X ].
2 Tous les associés d’un polynôme irréductible sont irréductibles dans
K [X ].
C’est à dire ∀P, Q ∈ K [X ] :
P irréductibles dans K [X ]
=⇒ Q irréductible dans K[X]
Q∼P
3 Soit A ∈ K [X ] et P un polynôme irréductible de K [X ].
1
• P|A ⇐⇒ P ∧ A = αP 6= 1 (avec α le coefficient dominant
de P).
• P - A ⇐⇒ P ∧ A = 1.
4 Si P est irréductible alors P̄ est irréductible.
Proposition
Soit P un polynôme irréductible dans K [X ].
1 ∀A, B ∈ K [X ], P|AB ⇒ P|A ou P|B.
2 ∀A1 , A2 , ..., An ∈ K [X ] : P|(A1 A2 ...An ) ⇒ [∃k ∈ {1, 2, ..., n} tq P|Ak ].
3 ∀A ∈ K [X ], ∀n ∈ IN ? : P|An ⇒ P|A.
Polynômes irréductibles
Propriétés
Soient A ∈ K [X ] et P1 , P2 , ...Pn des polynômes irréductibles dans K [X ].
1 Si P1 |A, P2 |A, ..., Pn |A avec P1 , P2 , ..., Pn sont unitaires distincts deux à
deux alors
P1 P2 ...Pn |A.
2 Si P 1 k1 |A, P 2 k2 |A, ..., P n kn |A et P1 , P2 , ..., Pn sont unitaires distincts deux à
deux alors
P 1 k1 P 2 k2 ...P n kn |A.
Théorème d’Alembert
Un polynôme P est irréductible dans C[X ] si et seulement si d 0 P = 1.
C’est à dire : P est irréductible ⇐⇒ P = aX + b avec a, b ∈ C.
Théorème
Les polynômes irréductibles dans R[X ] sont :
1 Les polynômes de degré 1.
2 Les polynômes de degré 2 à discriminant strictement négatif :
L’ordre de multiplicité
Théorème et définition
Soit A ∈ K [X ]? et P ∈ K [X ] − K (c’est à dire d 0 P ≥ 1).
Il existe n ∈ IN unique appelé ordre de multiplicité de P dans A ou ordre de P
dans A tel que : n
P |A
.
P n+1 - A
L’ordre de multiplicité
Proposition
Soient A ∈ K [X ]? et P ∈ K [X ] − K .
A = P n A0
P est d’ordre de multiplicité n ⇐⇒ ∃A0 ∈ K [X ] tq .
P - A0
Dans ce cas A0 est le quotient de la division euclidienne de A par P n .
Ordre de multiplicité
Corollaire
Soient A ∈ K [X ]? , a ∈ K et n ∈ IN .
(X − a) est d’ordre n (ou a est une racine de A d’ordre n) s’il existe A0 ∈ K [X ]
tel que
A = (X − a)n A0
.
a n’est pas une racine de A0
Si l’ordre de a égal à 1 on dit que a est une racine simple de A.
Exercice
Soit A = 2X 8 + 5X 7 + 7X 6 + 9X 5 + 7X 4 + 3X 3 + X 2 − X − 1.
Utiliser le procédé de Hôrner pour déterminer l’ordre de multiplicité de −1.
Ordre de multiplicité
Réponse
2 5 7 9 7 3 1 −1 −1
−1 −2 −3 −4 -5 −2 −1 0 1
2 3 4 5 2 1 0 −1 R=0
−1 −2 −1 −3 −2 0 −1 1
2 1 3 2 0 1 −1 R=0
−1 −2 1 −4 2 −2 1
2 −1 4 −2 2 −1 R=0
−1 −2 3 −7 9 −11
2 −3 7 −9 11 R = −12
Ainsi
−1 est une racine de A d’ordre 3
A = (X + 1)3 (2X 5 − X 4 + 4X 3 − 2X 2 + 2X − 1)
.
A1 = 2X 5 − X 4 + 4X 3 − 2X 2 + 2X − 1 le quotient de la division de
3
A par (X + 1)
Ordre de multiplicité
Corollaire
Soient A ∈ K [X ]? , n ∈ IN et a, b ∈ K avec a 6= b.
Si n est l’ordre de multiplicité de a dans A et A0 est le quotient de la division
de A par (X − a)n alors
l’ordre de multiplicité de b dans A égal à l’ordre de multiplicité de b dans A0 .
Exercice
Soit A = 2X 8 + 5X 7 + 7X 6 + 9X 5 + 7X 4 + 3X 3 + X 2 − X − 1.
1
Utiliser le procédé de Hôrner pour montrer que l’ordre de multiplicité de 2 égal
à 1 et l’ordre de multiplicité de i égal à 2.
Ordre de multiplicité
Proposition
Soient A ∈ K [X ]? , a ∈ K et n ∈ IN ? .
a est une racine de A d’ordre de multiplicité n si et seulement si
0 00
A(a) = A (a) = A (a) = ... = A(n−1) (a) = 0
.
A(n) (a) 6= 0
Ordre de multiplicité
Exemple
Soit A = 2X 8 + 5X 7 + 7X 6 + 9X 5 + 7X 4 + 3X 3 + X 2 − X − 1. Calculer l’ordre
de multiplicité de 1, 12 et i.
1 A(−1) = A( 21 ) = A(i) = 0.
Donc −1, 12 , i sont des racines de A.
0
2 A = 16X 7 + 35X 6 + 42X 5 + 45X 4 + 28X 3 + 9X 2 + 2X − 1.
0 0 0
Donc A (−1) = A (i) = 0 et A ( 12 ) 6= 0.
D’où 21 est une racine simple de A.
00
3 A = 112X 6 + 210X 5 + 210X 4 + 180X 3 + 84X 2 + 18X + 2
00 0
donc A (−1) = 0 et A (i) 6= 0.
D’où i est une racine multiple de A.
4 A(3) = 672X 5 + 1050X 4 + 840X 3 + 540X 3 + 168X 2 + 18
donc A(3) (−1) 6= 0.
D’où −1 est une racine de A d’ordre 3.
Définition
Soient A ∈ K [X ], P1 , P2 , ..., Pn des polynômes irréductibles unitaires dans
K [X ] distincts deux à deux, α1 , α2 , ..., αn ∈ IN ? et a ∈ K ?
Si
A = aP1α1 P2α2 ...Pnαn
on dit que aP1α1 P2α2 ...Pnαn est une décomposition de A en facteurs irréductibles
unitaires dans K [X ]
ou aP1α1 P2α2 ...Pnαn est une factorisation de A en facteurs irréductibles unitaires
dans K [X ].
Théorème
Tout polynôme non constant A (c’est à dire d 0 A ≥ 1) à coefficients dans K
admet une décomposition en facteurs irréductibles unitaires aP1α1 P2α2 ...Pnαn et
une seule.
• a est le coefficient dominant de A.
• P1 , P2 , ..., Pn sont les diviseurs irréductibles unitaires de A dans
K [X ] distincts deux à deux.
• α1 , α2 , ..., αn sont les ordres de multiplicité de P1 , P2 , ..., Pn dans
A.
Corollaire
Soit A un polynôme de C[X ].
La décomposition en facteurs irréductibles unitaires de A dans C[X ] est égale
à
a(X − a1 )α1 (X − a2 )α2 ...(X − an )αn
avec
• a est le coefficient dominant de A.
• a1 , a2 , ..., an sont les racines distinctes de A dans C.
• α1 , α2 , ..., αn sont les ordres de multiplicité des racines
a1 , a2 , ..., an dans A.
A = (X + 1)3 A1 avec A1 = 2X 5 − X 4 + 4X 3 − 2X 2 + 2X − 1.
1
2
2est une racine simple de A et que
A = (X + 1)3 (X − 12 )(2X 4 + 4X 2 + 2) =
2(X + 1)3 (X − 12 )(X 4 + 2X 2 + 1) = 2(X + 1)3 (X − 12 )(X 2 + 1)2 .
3 i est une racines de A d’ordre 2 avec
1
A = 2(X + 1)3 (X − )(X − i)2 (X + i)2 .
2
Alors
1
A = 2(X + 1)3 (X − )(X − i)2 (X + i)2
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) 21
Module: Algèbre 58 / 62
L’ordre de mulitpicité La factorisation et ses applications
Théorème
Soient A, B ∈ K [X ], P1 , P2 , ..., Pn des polynômes irréductibles unitaires dans
K [X ] non associés deux à deux, α1 , α2 , ..., αn , β1 , β2 , ..., βn ∈ IN et a, b ∈ K ? .
Si A = aP1α1 P2α2 ...Pnαn et B = bP1β1 P2β2 ...Pnβn alors on a les trois propriétés
suivantes :
1 A|B ⇔ [∀k = 1, 2, ..., n αk ≤ βk ]
Min(α1 ,β1 ) Min(α2 ,β2 ) Min(αn ,βn )
2 P1 P2 ...Pn est le pgcd de A et B.
Max(α1 ,β1 ) Max(α2 ,β2 ) Max(αn ,βn )
3 P1 P2 ...Pn est le ppcm de A et B.
C’est à dire
Min(α1 ,β1 ) Min(α2 ,β2 ) Min(αn ,βn )
∗ A ∧ B = P1 P2 ...Pn .
Max(α1 ,β1 ) Max(α2 ,β2 ) Max(αn ,βn )
∗ A∨B = P1 P2 ...Pn .
Exemple
Soit
A = 3(X + 5)4 (X − 3)(2X − 4)2 (2X 2 + 1)3
Théorème et définition
Soient A, B ∈ K [X ] avec B(0) 6= 0. Alors
pour tout entier n ∈ IN il existe d’une façon unique deux polynômes
Q, R ∈ K [X ] tels que :
A = BQ + X n+1 R
d 0Q ≤ n
Q est appelé le quotient de la division de A par B à l’ordre n.
X n+1 R le reste de la division de A par B à l’ordre n.
La recherche de Q et R est appelé la division de A par B à l’ordre n
Exercice
Soient A = 7X − 18, B = 3X 2 − X + 2 et n = 3. Calculer le quotient et le reste
de la division de A par B à l’ordre 3.
A = −18 + 7X B = 2 − X + 3X 2
2
18 − 9X + 27X Q = −9 − X + 13X 2 + 8X 3
2
−2X + 27X
2X − X 2 + 3X 3
26X 2 + 3X 3
−26X 2 + 13X 3 − 39X 4
16X 3 − 39X 4
−16X 3 + 8X 4 − 24X 5
−31X 4 − 24X 5
= −X 4 (24X + 31)
Cours d’algèbre 1
Département de Mathématiques
Définitions
X On appelle forme d’une fraction rationnelle tout quotient BA , avec A ∈ K [X ]
et B ∈ K [X ]? ;
A est appelé le numérateur
B est appelé le dénominateur.
X La forme BA est dite irréductible si A ∧ B = 1.
X On note K (X ) l’ensemble des fractions rationnelles à coefficients dans K .
A
K (X ) = { tq (A, B) ∈ K [X ] × K [X ]? }.
B
Propriété
A M
= ⇐⇒ AN = MB.
B N
1
(X + 1) ∧ (X 2 + X + ) = 1.
2
X +1
Ainsi, X 2 +X + 12
est une forme irréductible de F .
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 4 / 34
Opération sur K (X )
Opération sur K (X )
Définitions
0 0
Soient A, A dans K [X ] et B, B dans K [X ]? et P ∈ K [X ] :
0 0 0
A A AB +BA
1
B + B0
= BB 0
.
0 0
A A AA
B . B0 = BB 0 .
2
3 P BA = PA
B .
Définition
A
Soient F une fraction rationnelle non nulle à coefficients dans K et B une
forme irréductible de F .
1 Les racines de B dans K sont appelées aussi les pôles de F dans K .
2 On dit que a est un pôle de F d’ordre n si a est une racine de B d’ordre
de multiplicité n.
En particulier :
• On dit que a est un pôle simple de F si a est une racine simple
de B.
• On dit que a est un pôle multiple de F si a est une racine
multiple de B.
Exemple
(X −1)(X +1)(X −2)
Soit F = (X −1)4 (X +1)(X +2)(X 2 +1)2
. Trouver les pôles de F dans R et dans C.
On a
(X − 1)(X + 1)(X − 2) X −2
F = =
(X − 1)4 (X + 1)(X + 2)(X 2 + 1)2 (X − 1)3 (X + 2)(X 2 + 1)2
X −2
est une forme irréductible de F dans R(X )
(X − 1)3 (X + 2)(X 2 + 1)2
Alors
? 1 est un pôle de F dans R d’ordre 3.
? −2 est un pôle de F dans R d’ordre 1.
Exemple (suite)
X −2
est une forme irréductible de F dans C(X )
(X − 1)3 (X + 2)(X + i)2 (X − i)2
d’où
? 1 est un pôle de F dans C d’ordre 3.
? −2 est un pôle de F dans C d’ordre 1.
? i et −i sont des pôles de F dans C d’ordre 2.
Définition
Soient F = BA une fraction rationnelle à coefficients dans K .
d 0 A − d 0 B est appelé le degré de F et on note d 0 F = d 0 A − d 0 B.
Propriétés
Soient F et G deux fractions rationnelles à coefficients dans K .
1 d 0 F ∈ ZZ ∪ {−∞}.
2 d 0 F = −∞ ⇔ F = 0.
3 d 0 (F + G) ≤ Max(d 0 F , d 0 G).
Si d 0 F 6= d 0 G alors d 0 (F + G) = Max(d 0 F , d 0 G).
4 d 0 FG = d 0 F + d 0 G.
Théorème et Définition
Pour toute fraction rationnelle F ∈ K [X ] il existe d’une façon unique un
polynôme E ∈ K [X ] et une fraction rationnelle G ∈ K (X ) tels que
F = E + G et d 0 G < 0.
Exemple
5 4 3 2
−4X −5x −2
Soit F = 6X +5X
2X 3 +3X 2 −5
.
On effectue la division euclidienne de A = 6X 5 + 5X 4 − 4X 3 − 5X 2 − 2 par
B = 2X 3 + 3X 2 − 5.
On trouve
A = (3x 2 − 2X + 1)B + 7X 2 − 10X + 3.
Donc 2 2
F = (3x −2X +1)B+7X
B
−10X +3
2 2
= (3x −2X
B
+1)B
+ 7X −10X
B
+3 ..
2
2 7X −10X +3
= 3x − 2X + 1 + 2X 3 +3X 2 −5
Théorème
A
Soit F = k k ∈ K (X ) tel que
P1 1 P22 ...Pnkn
1 A ∈ K [X ].
2 P1 , P2 , ..., Pn des polynômes irréductibles de K [X ] non associés deux à
deux.
3 k1 , k2 , ..., kn ∈ IN ? .
Théorème (suite)
Il existe d’une façon unique des polynômes :
E, A1,1 , A1,2 , ..., A1,k1 , A2,1 , A2,2 , ..., A2,k2 , ....., An,1 , An,2 , ..., An,kn à coefficients
dans K tels que :
1
A1,1 A1,2 A1,3 A
F =E + P1 + P12
+ P13
+ ... + 1,kk11
P1
A2,1 A2,2 A2,3 A2,k2
+ P2 + P22
+ P23
... + k
P2 2
A3,1 A3,2 A3,3 A3,k3
+ P3 + P32
+ P33
... + k3
P3
+..........................
A A An,3 An,kn
+ Pn,1 + Pn,2 2 + P 3 ... + .
n n n Pnkn
1 1 2 3
Y +8= (Y + 8)(Y 2 + 4)2 − Y (Y + 8Y 2 + 8Y + 64).
16 16
1 2 2 1 2 3 2
16 (Y +8)(Y +4) − 16 Y (Y +8Y +8Y +64)
Donc F = Y 2 (Y 2 +4)2
3 2
Y +8
= 16Y 2
− Y +8Y +8Y +64
16(Y 2 +4)2
1 1 Y 3 +8Y 2 +8Y +64
= 16Y + 2Y 2 − 16(Y 2 +4)2
.
Filières SMP-SMC (Semèstre 1) Module: Algèbre 1 19 / 34
Les méthodes de décomposition d’une fraction rationnelle en éléments
simples Méthode (a) :En utilisant la division suivant les puissances croissantes
Y 3 + 8Y 2 + 8Y + 64 = (Y 2 + 4)(Y + 8) + 4Y + 32.
Méthode (b)
Soit F ∈ K (X ). Pour décomposer F en éléments simples on peut donner la
forme de cette décomposition et puis on peut remplacer les X de cette
décomposition par des valeurs convenables.
Si K = R on peut utiliser limx→+∞ (xF (x)).
a1 a2 a3 b1 b2
F = + + + +
X − 1 (X − 1)2 (X − 1)3 X − 3 (X − 3)2
avec
2
−22X +27
1 a3 = [(X − 1)3 F ](1) = [ 7X (X −3)2
](1) = 3.
2 b2 = [(X − 3)2 F ](3) = 3.
a1 a2 a3 b1 b2
[ + + + + ](0) = −3.
X − 1 (X − 1)2 (X − 1)3 X − 3 (X − 3)2
b1 b2
⇔ −a1 + a2 − a3 − + = −3
3 9
Donc
2a1 + a2 = 5 (3).
a1 = 2
Alors (2) et (3) implique que .
a2 = 1
Alors a1 = 2, a2 = 1, a3 = 3, b1 = −a1 = −2 et b2 = 3.
Méthode (c)
Soient F ∈ K (X ) et a un pôle de F avec
a1 a2 an
X −a + (X −a)2 + .... + (X −a)n est la partie principale de F associée à a.
• Si F est paire alors −a est un pôle de F et la partie principale de F (X )
associée au pôle −a est égale à
a1 a2 an
− + − .... + (−1)n .
X + a (X + a)2 (X + a)n
Alors :
? a3 = [(X − 1)3 F ](1) = 21 .
⇔ −a1 + a2 − a3 − a1 + a2 − a3 = −3
⇔ −2a1 + 2a2 − 2a3 = −3
⇔ a2 = a1 − 1.
7
? F (2) = 27 donc
a1 a2 a3 a1 a2 a3 7
[ + 2
+ 3
− + 2
− 3
](2) = .
X − 1 (X − 1) (X − 1) X + 1 (X + 1) (X + 1) 27
Méthode (d)
Soient F ∈ R(X ) , P un polynôme de degré 2 et b1 +a P
1X
+ b2 +a
P2
2X
+ ... + bn +an X
Pn ,
où a1 , b1 , ..., an , bn ∈ R, est la partie principale de F associée à P.
b + aX b − aX
F = + 2 .
X2 − 2X + 5 X + 2X + 5
7X 2 + 15
a(1 + 2i) + b = [(X 2 − 2X + 5)F ](1 + 2i) = [ ](1 + 2i)
X 2 + 2X + 5
−21 + 28i + 15
⇔ a + b + 2ai =
4(1 + 2i)
5
⇔ a + b + 2ai = + 2i
2
3
⇔ a = 1 et b = .
2
3 3
2 +X 2 −X
Donc F = X 2 −2X +5
+ X 2 +2X +5
.
Méthode (e)
Soient F ∈ R(X ) et a un pôle de F avec Xa−a 1 a2
+ (X −a) an
2 + .... + (X −a)n est la
a1 a2 b b̄ c c̄
+ + + + + .
X − 2 (X − 2)2 X −1−i X −1+i X − 1 − 2i X − 1 + 2i
2X −1 3
• a2 = [(X − 2)2 F ](2) = [ (X 2 −2X +2)(X 2 −2X +5) ](2) = 10 .
3
11
• Posons G = F − 10
(X −2)2
. Alors a1 = [(X − 2)G](2) = 300
2X −1 1+2i
• b = [(X − 1 − i)F ](1 + i) = [ (X −2)2 (X −1+i)(X −1−2i)(X −1+2i)
](1 + i) = 12
2X −1
• c = [(X − 1 − 2i)F ](1 + 2i) = [ (X −2)2 (X −1−i)(X −1+i)(X −1+2i)
](1 + 2i) = 8−19i
300 .
Cours d’algèbre 1
Département de Mathématiques
L’espace vectoriel IR n
Définition
Soit n un entier naturel. IR n est le produit cartésien de n copies de R. C’est à
dire
IR n = {(a1 , a2 , ..., an ) tq a1 , a2 , ..., an ∈ IR }.
1 Pour n = 1, IR 1 = IR .
2 Pour n = 2, IR 2 = {(x, y), tq x, y ∈ IR }.
Définition
Pour n ∈ IN ? on définit dans IR n les deux opérations :
1 ∀a = (a1 , a2 , ..., an ) ∈ IR n et b = (b1 , b2 , ..., bn ) ∈ IR n :
Définition
Soit n ∈ IN ? .
• On dit que IR n muni de l’addition et la multiplication externe sur IR est un
espace vectoriel et on note IR n est un e.v .
• Les éléments de IR sont appelés les scalaires.
• Les éléments de IR n sont appelés les vecteurs de IR n
• Le vecteur (0, 0, ..., 0) est appelé le vecteur nul et noté 0n .
Définition
Soit n ∈ IN ? et a, a1 , a2 , ..., ap ∈ IR n . On dit que a est combinaison linéaire de
a1 , a2 ,...,ap s’il existe λ1 , λ2 ,..., λp ∈ IR tels que
p
X
a= λi ai = λ1 a1 + λ2 a2 + ... + λp ap .
i=1
Définition
Une partie E de IR n est dite sous espace vectoriel de IR n , et on note E est un
s.e.v ., si elle vérifie les trois propriétés suivantes :
1 E est non vide : E 6= ∅.
2 E est stable par addition : ∀a, b ∈ E, a + b ∈ E.
3 E est stable par multiplication par un scalaire : ∀a ∈ E, ∀λ ∈ R, λa ∈ E.
Exemples
1 IR n est un sous espace vectoriel de IR n .
2 0n = (0, ..., 0) est sous espace vectoriel de IR n .
Propriété
Si E est un sous espace vectoriel de IR n alors 0n ∈ E.
Proposition
Soit E une partie de IR n .
E est un s.e.v . de IR n si et seulement si les deux propriétés suivantes sont
vérifiées :
1 0n ∈ E.
2 ∀α ∈ IR , ∀u, v ∈ E : αu + v ∈ E.
Exemples
1 E = {(x, y , z) ∈ IR 3 tq : 2x − y + 3z = 1} n’est pas un sous espace
vectoriel de IR 3 .
2 E = {(x, y ) ∈ IR 2 tq xy = 0} n’est pas un sous espace vectoriel de IR 2 .
3 E = {(x, y , z) ∈ IR 3 tq : 2x − y + 3z = 0} est un sous espace vectoriel
de IR 3 .
Propriétés
Si E et F sont deux sous espaces vectoriels de IR n alors E ∩ F est un sous
espace vectoriel de IR n .
Définition
Soient n ∈ IN ? , E et F sont deux sous espaces vectoriels de IR n .
On appelle somme de E et F ou E plus F l’ensemble noté E + F défini par
E + F = {a + b tq a ∈ E et b ∈ F }.
Définition
Soient E et F deux s.e.v . de IR n .
On dit que la somme de E et F est directe si
∀a ∈ E + F il existe d’une façon unique aE ∈ E et aF ∈ F tels que a = aE + aF .
Dans ce cas :
1 E + F est noté E ⊕ F .
2 E ⊕ F est appelé somme directe de E et F .
3 ∀a
∈E ⊕F
aE , est appelé la projection de a sur E parallèlement à F .
aF , est appelé la projection de a sur F parallèlement à E.
4 Si G est un s.e.v . de IR n et E ⊕ F = G on dit que E et F sont
supplémentaires dans G ou E est un supplémentaire de F dans G.
5 Si E et F sont supplémentaire dans IR n on dit aussi que E et F sont
supplémentaires.
Proposition
Soit n ∈ IN ? .
La somme de deux sous espaces vectoriels E et F est directe dans IR n si et
seulement si E ∩ F = {0n }.
En particulier :
E + F = IR n
E ⊕ F = IR n ⇐⇒
E ∩ F = {0n }.
Notations
Soit S = (a1 , a2 , ..., ap ) un système de vecteurs de IR n .
1 On note par vect(S) = vect(a1 , a2 , ..., ap ) l’ensemble des combinaisons
linéaires des vecteurs a1 , a2 , ..., ap :
2 vect(∅) = {0n }.
Proposition
vect(S) = vect(a1 , a2 , ..., ap ) est un sous espace vectoriel de IR n contenant
a1 , a2 , ..., ap .
C’est le plus petit sous espace vectoriel de IR n contenant les vecteurs
a1 , a2 , ..., ap .
Définition
Soient n ∈ IN ? et S = (a1 , a2 , ..., ap ) un système de vecteurs de IR n .
1 On dit que le système S est lié ou que a1 , a2 , ..., ap sont linéairement
dépendants
s’il existe des scalaires α1 , α2 , ..., αp ∈ IR non tous nuls tels que :
p
X
αi ai = α1 a1 + α2 a2 + ... + αp ap = 0n .
i=1
Exemple 1
Soient a1 = (−2, 1), a2 = (1, 1), a3 = (3, −1) et S = (a1 , a2 , a3 ) un système de
vecteurs de IR 2 .
∀α, β, γ ∈ IR :
αa1 + βa2 + γa3 = (0, 0)
⇐⇒ α(−2, 1) + β(1, 1) + γ(3, −1) = (0, 0)
⇐⇒ (−2α + β + 3γ, α + β − γ) = (0, 0)
−2α + β + 3γ = 0 γ =α+β α = −4β
⇐⇒ ⇐⇒ ⇐⇒
α+β−γ =0 α + 4β = 0 γ = −4β
admet plusieurs solutions donc le système S est lié.
Exemple 2
Soient a1 = (−2, 1, 3), a2 = (1, 1, −1) et S = (a1 , a2 )
Propriétés
1 (0n ) est système lié.
2 Tout système de vecteurs de IR n qui contient 0n est lié.
3 ∀a ∈ IR n − {0n } : le système (a) est libre.
4 ∀a, b ∈ IR n avec a 6= 0n
(a, b) est lié si et seulement s’il existe α ∈ R tel que b = αa.
Proposition
Soit S = (a1 , a2 , ..., ap ) un système de vecteurs de IR n .
S est lié ⇔ ∃k ∈ {1, ..., p} tq ak est une combinaison linéaire des autres
vecteurs. c’est à dire :
S est lié ⇔ ∃k ∈ {1, ..., p} tq ak ∈ vect(a1 , ..., ak−1 , ak+1 , ..., ap ).
Exemple
Soient u = (1, 2, 3), v = (5, 1, −1), w = (3, −3, −7) et S = (u, v , w). On a
v = w + 2u.
Donc
v ∈ vect(u, w).
D’où S est un système lié.
Définition
Soient n ∈ IN ? , E un sous espace vectoriel et S = (a1 , a2 , ..., ap ) un système
de vecteurs de IR n .
On dit que S est un système générateur de E si on a :
Exercice
Soit E = {(x, y, z) ∈ IR 3 / 2x − y + 3z = 0} un s.e.v . de IR 3 . Trouver un
système générateur de E.
Les bases
Définition
Soient E un sous espace vectoriel de IR n et B un système de vecteurs de E.
On dit que B est une base de E si B est à la fois libre et génératrice de E.
Les bases
Proposition
Soit E un sous espace vectoriel de IR n et B = (a1 , a2 , ..., an ) un système de
vecteurs de E.
⇔
∀a ∈ E : ∃!α1 , α2 , ..., αp ∈ IR tq a = α1 a1 + α2 a2 + ... + αp ap .
Dans ce cas α1 , α2 , ..., αp sont appelés les composantes du vecteur a dans la
base B.
Les bases
Exemple
Soient E = IR 2 et B = (a1 , a2 ) un système de IR 2 avec a1 = (2, 1), a2 = (1, 1).
(a1 , a2 ) est une base de R 2 . En effet :
∀a = (x, y) ∈ IR 2 , ∀α, β ∈ IR :
Les bases
Propriétés
Soient n ∈ IN ? et E un sous espace vectoriel de IR n .
1 Soient E = IR 2 , e1 = (1, 0) et e2 = (0, 1).
Alors B = (e1 , e2 ) est un système libre et générateur de IR 2 donc B est
une base de IR 2 appelée la base canonique de IR 2 .
2 En général :
Soient E = IR n , e1 = (1, 0, ...0), e2 = (0, 1, 0, ..., 0),...et en = (0, ..., 0, 1).
Alors B = (e1 , e2 , ..., en ) est un système libre et générateur de IR n . Donc
B est une base de IR n appelée la base canonique de IR n .
Les bases
Exercice
Soit E = {(x, y, z) ∈ IR 3 / 2x − y + 3z = 0} un s.e.v . de IR 3 . Trouver une
base de E.
Les bases
Propriétés
Soient F1 et F2 deux s.e.v. de IR n . Si B1 est une base de F1 et B2 est une base
de F2 alors :
B1 ∩ B2 = ∅
la somme de F1 et F2 est directe. ⇔
B1 ∪ B2 est libre.
Dans ce cas B1 ∪ B2 est une base de F1 ⊕ F2 .
Notation
Soit A un ensemble fini. Le nombre des éléments de A est appelé le cardinal
de A et noté |A|.
Théorème et définition
Si n ∈ IN ? et E un sous espace vectoriel de IR n alors E admet des bases et
tous ces bases ont le même nombre de vecteurs appelé la dimension de E et
noté dimE et on a dimE ≤ n.
Ainsi, si B est une base de E alors
dimE = |B| ≤ n.
Propriété
∀n ∈ IN ? , dimIR n = n.
Propriétés
Soient E et F deux sous espaces vectoriels de IR n . Alors :
1 Si S est une partie génératrice de E alors |S| ≥ dimE.
2 Si S est une partie libre de E alors |S| ≤ dimE.
3 Si E ⊂ F et dimE = dimF alors E = F .
4 Si dimE = n alors E = IR n .
Théorème
Soient F un sous espace vectoriel de IR n de dimension p et B un système de
F de cardinal p. Alors, les propriétés suivantes sont équivalentes :
1 B est un système libre.
2 B est un système générateur de F .
3 B est une base de F .
proposition
Soient E et F deux sous espaces vectoriels de IR n .
Alors dim(E + F ) = dimE + dimF − dim(E ∩ F ) ≤ dimE + dimF .
Si en plus la somme de E et F est directe alors dim(E ⊕ F ) = dimE + dimF .
Les bases
Les bases
Corollaire
Soit E un s.e.v. de IR n . Si S et T sont deux parties finies de E qui vérifient les
deux propriétés suivantes :
1 S est une partie libre de E,
2 T est une partie génératrice de E,
alors il existe une base B de E telle que S ⊂ B ⊂ S ∪ T .
Les bases
Exemple
Si n = 5, soient E = IR 5 , a1 = (1, 0, 0, 1, 1), a2 = (1, 1, 1, 1, 1), S = (a1 , a2 )
e1 = (1, 0, 0, 0, 0), e2 = (0, 1, 0, 0, 0), ...,e3 = (0, 0, 1, 0, 0) , e4 = (0, 0, 0, 1, 0),
e5 = (0, 0, 0, 0, 1) et T = (e1 , e2 , e3 , e4 , e5 ).
1 S est une partie libre de IR 5 .
2 T est une partie génératrice de IR 5 .
Alors il existe une base B de IR 5 telle que S ⊂ B ⊂ S ∪ T .
On a S = (a1 , a2 ) est un système libre de IR 5 .
1 On vérifie que le système (a1 , a2 , e1 ) est libre.
2 On vérifie que (a1 , a2 , e1 , e2 ) est libre.
3 On vérifie que (a1 , a2 , e1 , e2 , e3 ) est lié.
4 On vérifie que (a1 , a2 , e1 , e2 , e4 ) est libre.
Ainsi le système B = (a1 , a2 , e1 , e2 , e4 ) est libre et card(B) = 5 = dimIR 5 ce
qui montre que B est une base de IR 5 .
Les bases
Proposition
Soient E un sous espace vectoriel de IR n . Alors E admet au moins un
supplémentaire dans IR n .
C’est à dire pour tout s.e.v. E il existe au moins un s.e.v . F tel que
F ⊕ E = IR n .
Les bases
Exemple
Soit F = {(x, 3x, 0), tq x ∈ IR }. Trouvons un supplémentaire de F dans IR 3
On a F = vect(a) = IRa avec a = (1, 3, 0) donc (a) est une base de F .
♣ Soient B0 = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de IR 3 et T = (a, e1 , e2 , e3 )
trouver une base B de IR 3 tel que {a} ⊆ B ⊆ T .
1 On vérifie que (a, e1 ) est libre.
2 On vérifie que (a, e1 , e2 ) est lié.
3 On vérifie que (a, e1 , e3 ) est libre.
Ainsi, puisque card(B) = dimIR 3 = 3 alors B = (a, e1 , e3 ) est une base de IR 3 .
Ce qui implique que
G = vect(e1 , e3 ) = {αe1 + βe3 /α, β ∈ R} = {(α, 0, β) /α, β ∈ R}
est un supplémentaire de F dans IR 3 .