Fe8e1010 FR
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Les données statistiques concernant Israël sont fournies par et sous la responsabilité des autorités israéliennes
compétentes ou des tiers. L’utilisation de ces données par l’OCDE est sans préjudice du statut des hauteurs du Golan,
de Jérusalem-Est et des colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie aux termes du droit international.
Note de tous les États de l’Union européenne membres de l’OCDE et de l’Union européenne
La République de Chypre est reconnue par tous les membres des Nations Unies sauf la Türkiye. Les informations
figurant dans ce document concernent la zone sous le contrôle effectif du gouvernement de la République de Chypre.
Crédits photo : Conception de la couverture par Fabio Parmeggiani à partir d'images de © Metamorworks/[Link] et © Omelchenko/
[Link].
© OCDE 2024
Avant-propos
Les Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE sont une publication phare qui analyse
l’évolution du développement des technologies, des politiques et de la situation du numérique
dans les pays membres et les économies partenaires de l’OCDE. L’édition 2024 s’appuie, entre
autres, sur les indicateurs issus de la Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique, de
la Base de données de l’OCDE sur l’accès aux TIC et leur utilisation, de la Base de données de l’OCDE
sur les statistiques du haut débit, et de l’Observatoire OCDE des politiques relatives à l’IA. Elle fait
également fond sur les réponses au questionnaire élaboré dans l’optique de sa préparation, ainsi
que sur les questionnaires de l’OCDE sur les services et les infrastructures de connectivité, qui
apportent des éclairages sur les priorités et les politiques des pays membres et des économies
partenaires de l’OCDE dans le domaine du numérique.
Cette édition comprend deux volumes. Le Volume 2 examine les priorités, les politiques et les
mécanismes de gouvernance du numérique. On y étudie les fondements de la transformation
numérique, avec une analyse des évolutions en termes d’accès et de connectivité, et des
compétences nécessaires pour prospérer à l’ère numérique. Il traite en outre des moyens de
repousser la frontière technologique en mettant à profit le potentiel inexploité des femmes, et
de recourir aux technologies numériques pour atteindre les objectifs de neutralité carbone et
protéger la planète. Enfin, ce volume aborde la confiance dans les environnements numériques ;
on y analyse les tendances en matière de cybersécurité et présente de nouveaux éléments sur la
consommation médiatique, sur les comportements à l’égard de la protection de la vie privée et
du contrôle des données à caractère personnel, et sur l’intégrité de l’information.
L’édition 2024 des Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE est le fruit du travail collectif
du personnel de la Division de la connectivité, de l’économie et de la société numériques ainsi
que de la Division de l’intelligence artificielle et technologies numériques de la Direction de la
science, de la technologie et de l’innovation (STI) de l’OCDE. Le Secrétariat a préparé le Volume 2
sous les auspices du Comité de la politique du numérique (CPN) de l’OCDE, présidé par Yoichi
Iida (Japon). La publication a bénéficié des précieux commentaires des délégués auprès du CPN
et de ses Groupes de travail. Le CPN a procédé à la déclassification du contenu du Volume 2
le 4 avril 2024 et le 6 septembre 2024.
Molly Lesher (Économiste principale et Cheffe de division par interim) a piloté la définition
des orientations et l’élaboration de la présente publication, avec l’appui d’Elif Koksal-Oudot
(Économiste), sous la direction d’Audrey Plonk (Directrice adjointe).
Les auteurs de ce volume sont Louis Holt, Molly Lesher et Elif Koksal-Oudot (Chapitre 1 :
« Priorités, politiques et gouvernance du numérique ») ; Alexia González Fanfalone et Frédéric
Bourassa (Chapitre 2 : « Évolutions en termes d’accès et de connectivité ») ; Elif Koksal-Oudot
(Coup de projecteur : « Les compétences à l’ère numérique ») ; Celine Caira, Johannes Kirnberger
et Alexia González Fanfalone (Chapitre 3 : « Les technologies numériques et l’environnement ») ;
Hanna Pawelec et Molly Lesher (Coup de projecteur : « Le potentiel des femmes au service
de l’innovation numérique ») ; Bénédicte Schmitt et Laurent Bernat (Chapitre 4 : « Grandes
tendances de la sécurité numérique ») ; Molly Lesher et Hanna Pawelec (Coup de projecteur :
« La consommation médiatique et la protection de la vie privée ») ; et Frédéric Bourassa et Pierre
Montagnier (Annexe statistique).
Moussiegt, Valentina Patrini, Ricardo Chiapin Pechansky et Lucia Russo (Coup de projecteur sur
les femmes au service de l’innovation numérique) ; Jeremy West (Chapitre 7) ; Giorgia Bergamo,
Achim Edelmann, Kinga Makovi, Craig Matasick et Christian Müller (Coup de projecteur sur la
consommation médiatique et la protection de la vie privée) ; et Giorgia Bergamo, Alexia González
Fanfalone et Elif Koksal-Oudot (Annexe statistique).
Angela Gosmann et Mark Foss ont apporté un appui éditorial. Andreia Furtado et Sebastian
Ordelheide ont piloté la stratégie de communication. Julian Jaramillo, Paola Avellaneda et Diego
Pinilla (Bestiario) ont créé les visualisations de données et les infographies. Fabio Parmeggiani a
fourni un appui à la conception. Marion Barberis, Sarah Ferguson, Shellie Phillips et Alice Weber
ont assuré le secrétariat.
ANNEXE STATISTIQUE
Indicateurs relatifs à l’accès aux TIC et à leur utilisation......................................................................... 186
Indicateurs relatifs aux marchés des communications : paniers de tarifs
des services de communication, et investissements et recettes annuels du secteur
des télécommunications...................................................................................................................................................... 204
Références......................................................................................................................................................................................... 227
Guide de lecture
Acronymes
2G Technologie cellulaire de deuxième génération
3G Technologie cellulaire de troisième génération
3GPP 3rd Generation Partnership Project (projet de partenariat de troisième génération)
4G Technologie cellulaire sans fil de quatrième génération
5G Technologie cellulaire sans fil de cinquième génération
ACMA Australian Communications and Media Authority (Australie)
ADEME Agence de la transition écologique (France)
AIE Agence internationale de l’énergie
ANSSI Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (France)
ARCEP Autorité de Régulation des Communications Électroniques, des Postes
et de la distribution de la Presse (France)
CCEE Code des communications électroniques européen
CITI Classification internationale type, par industrie, de toutes les branches
d’activité économique
CITP Classification internationale type des professions
CODES Coalition pour la durabilité environnementale numérique
DEEE Déchets d’équipements électriques et électroniques
DOCSIS Data Over Cable Service Interface Specification (norme)
ENISA Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité
FCC Federal Communications Commission (États-Unis)
FMI Fonds monétaire international
FTTB Fibre jusqu’au bâtiment
FTTC Fibre jusqu’au trottoir
FTTH Fibre jusqu’au domicile
FTTN Fibre jusqu’au nœud
FTTP Fibre jusqu’aux locaux
Gbps Gigabit par seconde
GES Gaz à effet de serre
GML Grand modèle de langue
Go Gigaoctet
IA Intelligence artificielle
IdO Internet des objets
IEEE Institute of Electrical and Electronics Engineers (Institut des ingénieurs électriciens
et électroniciens)
ISO Organisation internationale de normalisation
Kbps Kilobit par seconde
LEO Low Earth orbit (satellite en orbite basse)
Mbit/s Mégabit par seconde
MHz Mégahertz
MOCN Multi-Operator Core Network (cœur de réseau multi-opérateur)
MORAN Multi-Operator Radio Access Network (réseau d’accès radio multi-opérateur)
NACE N
omenclature statistique des activités économiques dans la Communauté
européenne
NIST National Institute of Standards and Technology (États-Unis)
Groupements de pays
Zone euro A llemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Croatie, Espagne, Estonie, Finlande,
France, Grèce, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas,
Portugal, République slovaque et Slovénie.
UE Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne,
Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie,
Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque,
République tchèque, Roumanie, Slovénie et Suède.
G7 Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni.
G20 Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada,
République populaire de Chine, Corée, États-Unis, Fédération de Russie, France,
Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Türkiye, Union africaine
et Union européenne.
OCDE A
llemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Chili, Colombie, Corée, Costa
Rica, Danemark, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie,
Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Mexique,
Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque,
République tchèque, Royaume-Uni, Slovénie, Suède, Suisse et Türkiye.
Abréviations
La plupart des graphiques de la présente publication utilisent les codes ISO pour les noms de
pays ou d’économies.
Résumé
La phase la plus récente de la transformation numérique se caractérise par des progrès
technologiques rapides qui créent des possibilités et des risques pour l’économie et la société.
Le Volume 1 des Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE 2024 a apporté des éclairages sur
les technologies phares qui sous-tendent la transformation numérique et sur leurs incidences.
Le Volume 2 examine les nouvelles orientations des priorités, des politiques et de la gouvernance
du numérique dans les différents pays. On y analyse également l’évolution des conditions qui
favorisent la transformation numérique, l’innovation et la confiance à l’ère numérique. Une
annexe statistique complète ce volume.
Principales conclusions
Plusieurs ministères ou
organismes 0%
2016 2019 2023
Intelligence artificielle
5G
Technologies Chaîne de Internet Technologies immersives
immersives blocs des objets Chaîne de blocs
Internet des objets
Infonuagique
Informatique quantique
Infonuagique
Informatique
quantique
6G
6G
Principales conclusions
Malgré les nombreux changements induits par les technologies numériques, les priorités des pouvoirs publics
dans ce domaine restent relativement stables
En 2023, l’administration numérique, la connectivité et les compétences constituaient les trois grandes priorités
numériques dans 38 pays de l’OCDE et économies partenaires. Les priorités ont relativement peu évolué depuis 2016.
Pour coordonner les politiques du numérique, les pays privilégient les stratégies numériques nationales, qui
sont fréquemment révisées
Plus de 90 % des pays de l’OCDE et des économies partenaires pour lesquels on disposait de données en 2023 ont
indiqué avoir adopté ou entrepris d’élaborer une stratégie numérique nationale.
Les stratégies numériques nationales sont de plus en plus souvent élaborées et coordonnées aux plus hauts
niveaux de l’État, mais les processus de dotation budgétaire varient
La part des pays de l’OCDE et des économies partenaires qui attribuent la responsabilité principale de l’élaboration
des stratégies numériques nationales à un niveau supra-ministériel (cabinet du Premier Ministre, présidence ou
chancellerie) a plus que triplé, passant de 12 % en 2016 à 42 % en 2023. Dans 38 % de ces pays, il en va de même
de la coordination des stratégies.
Dans les pays de l’OCDE et les économies partenaires, la part des stratégies numériques nationales élaborées par
des ministères dédiés a progressé d’un peu moins d’un quart (24 %) en 2016 à près de la moitié (47 %) en 2023.
On observe une répartition à peu près égale entre les pays qui affectent un budget dédié à leur stratégie numérique
nationale et ceux qui ne le font pas, avec des écarts marqués en termes de part des dépenses dans le produit
intérieur brut (PIB).
Le paysage des politiques nationales en matière de numérique varie selon les pays, mais des points communs
se dessinent
Les pays qui n’ont pas adopté de stratégie numérique nationale globale tendent à disposer de plusieurs stratégies
spécifiques et d’autres mesures qui composent le paysage national de la politique du numérique.
Parmi les quelque 1 200 initiatives recensées dans les pays de l’OCDE et les économies partenaires en 2023, environ
un tiers vise à favoriser l’utilisation efficace des technologies numériques, promouvoir la prospérité sociale et
stimuler l’innovation. L’intelligence artificielle (IA) et la 5G sont les technologies les plus fréquemment citées.
Les « données » sont une composante transversale du paysage des politiques du numérique. Si les politiques mises
en place dans les sept dimensions du Cadre d’action intégré sur la transformation numérique traitent des données,
elles sont surtout mentionnées dans les politiques visant à promouvoir l’innovation et renforcer la confiance.
La transformation numérique est engagée dans les économies, les administrations et les sociétés du monde entier.
Bien qu’elle ait débuté il y a près d’un demi-siècle, son rythme s’est accéléré. L’informatique est désormais partout et
les technologies en rapide mutation, comme l’IA, les technologies immersives et l’informatique quantique, évoluent
et gagnent du terrain.
Ces technologies génèrent des volumes considérables de données de toutes sortes, qui deviennent des actifs stratégiques
importants. Dans le même temps, la mise au point et le déploiement des réseaux de nouvelle génération modifient
les modes et les lieux d’accès à l’internet et à l’écosystème des technologies numériques au sens large ainsi que leur
utilisation par les individus et les entreprises.
Les technologies numériques et les données influent sur tous les secteurs de l’économie et les aspects de la vie. Il devient
dès lors plus important, mais aussi plus ardu, d’élaborer des cadres d’action souples et de les coordonner. Ce faisant,
les pays peuvent tirer pleinement parti des possibilités qu’offrent les technologies numériques tout en réduisant les
risques qui y sont associés.
La libre circulation, à l’échelle internationale, des données sur l’internet ajoute aux difficultés. La coopération multilatérale
transfrontières est donc essentielle dans le cadre des infrastructures critiques mondiales et sur les grands enjeux
stratégiques tels que la protection de la vie privée et la sécurité. Grâce à la cartographie des politiques du numérique et
des mécanismes de gouvernance connexes mis en place dans les différents pays, les décideurs disposent d’informations
utiles pour s’adapter à l’évolution de l’écosystème des technologies numériques et aux incidences sur l’économie et
la société.
Le Cadre d’action intégré de l’OCDE sur la transformation numérique (ci-après dénommé le « Cadre d’action » ou le
« Cadre ») (OCDE, 2020[1]) propose une approche interministérielle souple de l’élaboration des politiques du numérique
(Annexe 1.A). Le présent chapitre s’appuie sur le Cadre pour établir une cartographie à haut niveau du paysage des
politiques du numérique dans les pays. Pour ce faire, il examine l’évolution des priorités des pouvoirs publics dans
ce domaine ; analyse les stratégies numériques nationales dans les pays qui en ont adopté et les mécanismes de
gouvernance mis en place pour les concevoir, les mettre en œuvre et en assurer le suivi ; et étudie plus largement le
paysage des politiques du numérique dans les différents pays.
La première partie a servi à collecter des données auprès de 42 pays1 sur les priorités de l’action publique dans le domaine
du numérique et auprès de 38 pays2 sur les stratégies numériques nationales et les mécanismes de gouvernance. La
deuxième partie a permis de rassembler des données sur 1 195 initiatives différentes prises dans 46 pays3, ainsi que
sur les principaux objectifs, les budgets et les dispositifs de gouvernance qui leur sont associés. La troisième partie a
permis de recueillir, auprès de 38 pays4, des informations sur les initiatives publiques mises en place dans des domaines
d’intérêt particuliers.
Dans ce chapitre, les références aux « pays » s’entendent des pays de l’OCDE et des économies partenaires qui ont
répondu aux questionnaires diffusés aux fins de la préparation des éditions 20175, 20206 et 20241,2,3,4 des Perspectives
de l’économie numérique.
Le recensement des initiatives mises en place par les pouvoirs publics, ainsi que la catégorisation et la quantification
des informations, sont des activités particulièrement utiles. De fait, les décideurs peuvent s’appuyer par exemple sur les
comparaisons entre les pays pour concevoir et mettre en œuvre leurs politiques du numérique. De plus, l’établissement
d’un lien empirique entre les politiques et les résultats observés exige de disposer de données comparables sur l’action
des pouvoirs publics ; les enquêtes sur les politiques sont l’un des seuls moyens de collecter ce type d’informations.
Pour autant, les données issues des questionnaires sur les politiques contiennent généralement des biais. Elles
renseignent par exemple sur l’existence d’initiatives (quantité) plutôt que sur leur efficacité (qualité). En outre, les
enquêtes supposent la contribution de décideurs qui peuvent avoir des avis différents sur l’arsenal de mesures optimal.
Compte tenu des ambiguïtés qui entourent la définition d’une « politique du numérique », il est peu probable que les
enquêtes permettent de recenser l’ensemble des initiatives mises en place dans chacun des pays qui y ont participé.
L’administration numérique, la connectivité et les compétences sont les priorités phares des pays pour
les cinq prochaines années
L’administration numérique, la connectivité et les compétences restent en 2023 les principales priorités des pouvoirs
publics dans le domaine du numérique, sans grand changement depuis le début des exercices de collecte de données,
en 2016 (Tableau 1.1)1,5,6. Elles sont aussi citées fréquemment dans les stratégies numériques nationales, un constat
déjà formulé en 2019. Pour la première fois en 2023, l’accélération de la transformation numérique des entreprises figure
parmi les cinq priorités les plus élevées. La promotion de la croissance économique et la hausse de la compétitivité
internationale apparaissent également comme des thèmes distincts mais similaires. La stimulation de l’innovation,
notamment celle liée à des technologies particulières comme l’IA ne fait plus partie des cinq priorités les plus fréquemment
citées, alors qu’elle arrivait en troisième position en 2019. La cybersécurité reste quant à elle à la cinquième place.
Tableau 1.1. Les priorités des pouvoirs publics dans le domaine du numérique ont relativement
peu évolué au fil du temps
Notes : Les classements sont établis d’après les priorités déclarées par 38 pays pour l’année 2016, 38 pays pour l’année 2019 et 42 pays pour 2023. La
« transformation des entreprises » désigne l’adoption des technologies numériques par les entreprises.
Source : Calculs des auteurs, d’après les réponses aux questionnaires diffusés dans l’optique de l’élaboration des éditions 2017, 2020 et 2024 des
Perspectives de l’économie numérique.
Au-delà de celles mentionnées par les pays pour les cinq prochaines années, les priorités d’action transparaissent
également lorsque l’on examine les politiques déjà mises en place. Grâce à une méthode d’exploration de texte, les
40 paires de co-occurrences les plus fréquentes ont été extraites de l’ensemble des initiatives mentionnées dans les
réponses au questionnaire destiné à l’édition 2024 des Perspectives de l’économie numérique (Graphique 1.1)3.
Graphique 1.1. L’innovation et l’IA figurent en bonne place dans les initiatives prises par les pouvoirs
publics, bien qu’elles n’apparaissent plus en tête des priorités
Paires de co-occurrences (groupes de deux mots) les plus fréquentes extraites des descriptions des initiatives prises par les pouvoirs publics,
toutes dimensions confondues, 2023
Notes : Les données se fondent sur les réponses à l’enquête de 46 pays. Chaque terme a été compté une seule fois par initiative rapportée.
Source : Calculs des auteurs, d’après les réponses au questionnaire diffusé dans l’optique de l’élaboration de l’édition 2024 des Perspectives de
l’économie numérique.
12 [Link]
Cette méthode fait apparaître des différences manifestes entre les grandes priorités déclarées par les pays pour les
cinq prochaines années et les termes les plus fréquemment mentionnés dans les descriptions des politiques signalées.
L’expression « favoriser l’innovation » (y compris dans l’IA) était citée moins souvent parmi les grandes priorités des pays
en 2023. En revanche, « intelligence artificielle » est la deuxième co-occurrence rencontrée dans les politiques signalées.
Par ailleurs, les expressions liées à l’innovation, telles que « recherche développement » et « recherche innovation » sont
très fréquentes. Ce qui laisse à penser que les politiques liées à l’innovation en général, et à l’IA en particulier, restent
importantes, bien qu’elles figurent moins souvent parmi les grandes priorités déclarées par les pays.
Les finalités et la teneur des stratégies numériques nationales peuvent varier sensiblement. Certaines sont plus
ambitieuses, d’autres plus ciblées et pragmatiques. Certaines comportent de nombreuses mesures, issues notamment
de stratégies coordonnées. D’autres comptent moins de mesures mais se caractérisent par un niveau de coordination
élevé avec les stratégies et politiques connexes.
Dans ce chapitre, on entend par « stratégie numérique nationale » la stratégie numérique la plus complète mise en
place au niveau national, traitant exclusivement ou essentiellement des questions de fond relatives au numérique dans
les différents domaines d’action qui sont concernés par la transformation numérique ou qui l’influencent (Gierten et
Lesher, 2022[2]). Par conséquent, une stratégie numérique nationale telle que définie ici contient et/ou coordonne les
principales mesures qui composent le paysage de la politique du numérique d’un pays.
L’évaluation de l’exhaustivité d’une stratégie numérique nationale apporte aux pouvoirs publics des éclairages utiles
à leur action. Les données tendent à montrer que les pays procèdent à des révisions fréquentes de leurs stratégies.
Il peut être judicieux, pour guider la réflexion sur les politiques à prévoir au titre d’une nouvelle stratégie, de déterminer
dans quelle mesure la stratégie couvre les dimensions du Cadre. En y associant des indicateurs de performance,
tels que ceux des tableaux de bord de la Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique (OCDE, 2024 [3]), les
décideurs peuvent établir un lien entre les résultats au titre des sept dimensions du Cadre et l’exhaustivité de leur
stratégie.
Depuis 2021, 22 pays de l’OCDE et économies partenaires ont mis au point une stratégie numérique nationale conforme
à cette définition ou actualisé la stratégie en place. Ce qui laisse à penser que les stratégies numériques nationales
sont devenues une méthode de choix pour coordonner les politiques du numérique. Pour autant, les objectifs d’une
telle stratégie et ses interactions avec le paysage plus large de l’action des pouvoirs publics varient sensiblement d’un
pays à l’autre.
Sur les 27 stratégies numériques nationales évaluées en 2021, un peu moins d’une sur cinq (19 %) est toujours en vigueur
aujourd’hui. Cela montre qu’elles sont mises à jour fréquemment de manière à suivre les progrès technologiques et les
priorités de l’action publique. De fait, si les grandes stratégies des pouvoirs publics tendent à être définies à un horizon
de trois à cinq ans, les stratégies numériques nationales semblent être en constante mutation, ce qui leur permet de
rester en phase avec le contexte global de l’action publique, qui évolue rapidement.
Les auteurs se sont appuyés sur la méthodologie de mesure d’exhaustivité définie par l’OCDE (Gierten et Lesher, 2022[2])
pour évaluer les nouvelles stratégies numériques nationales7. Le Graphique 1.2 donne une indication actualisée des
valeurs d’exhaustivité des stratégies numériques nationales de 27 pays8, pour chacune des sept dimensions du Cadre.
Plus la couleur tend vers le bleu foncé, plus la stratégie du pays est complète. L’évaluation de l’exhaustivité montre
dans quelle mesure la stratégie numérique d’un pays permet de coordonner les politiques nécessaires pour mettre la
transformation numérique au service de la croissance et du bien-être. Elle ne renseigne ni sur la qualité ni sur l’étendue
du paysage global de l’action publique dans le domaine du numérique.
Graphique 1.2. L’exhaustivité des stratégies numériques nationales varie, la dimension Accès affichant
les niveaux de couverture les plus élevés
Exhaustivité des stratégies numériques nationales pour chaque dimension du Cadre, 2023
Ouverture des
Accès Utilisation Innovation Emplois Société Confiance marchés
AUT
BRA
CAN
CHE
COL
CZE
DEU
DNK
ESP
EST
FIN
GBR
GRC
HRV
HUN
IRL
ITA
JOR
JPN
LVA
MEX
NLD
NOR
NZL
PRT
SVK
SVN
Notes : Les réponses de l’Autriche, de la Grèce, de l’Italie, de la Norvège et du Portugal n’ont pas changé depuis 2021 car les stratégies numériques de
ces pays sont les mêmes que celles qui étaient alors en vigueur. La réponse de la Nouvelle‑Zélande tient compte de politiques mises au point par
une précédente administration. La Norvège a entrepris, en juin 2024, une révision de sa stratégie numérique nationale.
Source : OCDE (2024)[5], « National digital strategy comprehensiveness » (indicateur), Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique, d’après la
base de données de l’OCDE sur les stratégies numériques nationales, [Link]
12 [Link]
Les résultats montrent que la dimension « Accès » continue d’afficher les niveaux de couverture les plus élevés ; c’est
également la dimension où l’on retrouve le plus souvent une couverture complète. Ces résultats témoignent du degré de
maturité des politiques en faveur de la connectivité, qui figurent souvent dans les stratégies en matière de haut débit.
De nombreux pays ont adopté de telles stratégies dès le début de la révolution des technologies de l’information et des
communications. Elles ont ensuite été actualisées, à mesure que les réseaux sont passés des premiers services d’accès
à l’internet et de téléphonie mobile 2G aux services de fibre jusqu’au sous-répartiteur et de téléphonie mobile 3G et 4G,
puis aux services de fibre jusqu’au domicile et de téléphonie 5G mis en œuvre aujourd’hui.
Parmi les dimensions qui affichent la couverture la plus complète arrivent ensuite les dimensions Innovation, Société
et Utilisation. Si ces résultats sont similaires à ceux observés en 2021, les écarts de couverture entre les dimensions
Accès, Utilisation et les autres se sont réduits. Cette tendance pourrait s’expliquer en partie par le fait que les initiatives
passées en faveur de la transformation numérique ont contribué à améliorer l’accès aux technologies numériques et
leur utilisation, de sorte que les pouvoirs publics ont porté leur attention sur d’autres domaines. La dimension Confiance
occupe une place à peu près centrale entre les dimensions affichant les degrés d’exhaustivité les plus élevés et celles
enregistrant les moins bons résultats.
Les dimensions Emplois et Ouverture des marchés restent les moins couvertes dans les stratégies numériques nationales
étudiées. Pour autant, dans les pays qui ont entrepris de réviser leur stratégie depuis 2021, la dimension Ouverture
des marchés a, avec celle de la Confiance, progressé presque partout. C’est également dans ces deux dimensions que
l’on observe les écarts les plus marqués en termes de degré de couverture. Ce qui laisse à penser que des mesures
sont en train d’être prises dans ces domaines, et, par conséquent, que les possibilités de collaboration et de partage de
connaissances mutuellement bénéfiques y sont les plus grandes. Cette collaboration pourrait se développer à mesure
que l’on met au point des solutions à des problématiques liées aux marchés du travail – et que l’on apporte des réponses
communes dans les domaines de la fiscalité, des échanges et de la concurrence.
L’examen de l’exhaustivité des stratégies numériques nationales au niveau des domaines montre que les trois grandes
priorités des pays pour les cinq prochaines années (voir plus haut) tendent à transparaître clairement dans les résultats
de l’évaluation (Tableau 1.2). Dans les 27 stratégies numériques nationales analysées, le domaine Administration
numérique figure systématiquement dans au moins une des dimensions pertinentes du Cadre. Dans 26 stratégies, le
domaine Compétences apparaît dans au moins une dimension pertinente, tandis que 23 stratégies intègrent le domaine
Connectivité (ou infrastructures et services de communication). La sécurité, qui faisait partie des cinq priorités phares
pour les cinq années à venir, était présente dans au moins une dimension du Cadre dans l’ensemble des 27 stratégies
étudiées.
Les domaines Concurrence, et Prélèvements et prestations, sont parmi les moins couverts. Deux interprétations sont
possibles. D’une part, les mesures dans ces domaines mériteraient une attention accrue des pouvoirs publics. D’autre
part, un lien plus étroit pourrait être établi entre les mesures pertinentes au regard de la transformation numérique
prises dans ces deux domaines et les stratégies numériques nationales.
Pour ce qui concerne la dimension Emplois, un tiers des pays seulement avaient pris des mesures répondant aux critères
dans le domaine de la protection sociale. En revanche, près de 85 % des pays disposaient d’une mesure relevant du
domaine Politiques sociales dans la dimension Société. Il y a donc lieu de penser que malgré les efforts incontestables
déployés pour lutter contre les fractures numériques observées dans la vie quotidienne, il pourrait être utile de mettre
davantage l’accent sur les politiques sociales propres à aider les travailleurs à passer d’un emploi à un autre – surtout
si ces politiques sont coordonnées dans le cadre des stratégies numériques nationales.
Les stratégies numériques nationales sont de plus en plus souvent élaborées et coordonnées aux plus
hauts niveaux de l’État
Toute approche de l’élaboration des politiques nationales en matière de numérique doit aller de pair avec une véritable
gouvernance, qui a pour objectifs d’éviter les incohérences, de dégager des synergies et de renforcer l’efficacité. Leur
réalisation repose avant tout sur la coordination de l’ensemble des entités et des acteurs qui interviennent dans
l’élaboration et la mise en œuvre de la politique nationale en matière de numérique. L’attribution d’un budget suffisant,
le suivi de l’avancement et l’évaluation des stratégies et/ou des politiques sont d’égale importance.
Tableau 1.2. Les priorités des politiques nationales en matière de numérique transparaissent clairement
dans les stratégies numériques nationales
Points de l’exhaustivité des stratégies numériques nationales par domaine, 27 pays, 2023
Notes : Ce tableau présente les points par domaine politique pour 27 pays (voir le Graphique 1.2 pour la liste des pays). Le décompte peut varier
de 0 à 27. Il reflète le nombre de stratégies numériques nationales, pour lesquelles des points sont disponibles, qui incluent chacun des domaines
politiques du Cadre.
Source : Calculs des auteurs.
Depuis quelques années, l’élaboration et la coordination des stratégies numériques nationales tendent à être prises en
charge à des niveaux d’administration plus élevés (cabinet du Premier Ministre, présidence ou chancellerie) ou par des
ministères chargés spécifiquement du numérique (Graphique 1.3)2,5,6. Les données dont on dispose laissent entrevoir
une forte progression (de 12 % en 2016 à 42 % en 2023) de la part des pays qui confient la responsabilité principale de
l’élaboration de leur stratégie numérique nationale à un organe supraministériel (cabinet du Premier Ministre, présidence
ou chancellerie). Dans 38 % de ces pays, il en va de même de la coordination des stratégies. On observe une hausse
comparable de la part des stratégies numériques nationales élaborées par des ministères dédiés au numérique : au
cours de la même période, elle est passée d’un peu moins d’un quart (24 %) à près de la moitié (47 %).
Graphique 1.3. Les stratégies numériques nationales sont essentiellement pilotées par des ministères
chargés du numérique et aux plus hauts niveaux de l’État
Organe principal responsable de l’élaboration de la stratégie numérique nationale dans les pays, 2016-23
% Ministère ou organisme qui n’est pas chargé exclusivement des questions numériques Plusieurs ministères ou organismes
50
40
30
20
10
0
2016 2019 2023
Note : Les données tirées des réponses aux enquêtes concernent : 38 pays (2016) ; 38 pays (2019) ; et 38 pays (2024).
Source : Calculs des auteurs, d’après les réponses aux questionnaires diffusés dans l’optique de l’élaboration des éditions 2017, 2019 et 2024 des
Perspectives de l’économie numérique.
12 [Link]
On observe dans le même temps une baisse sensible de la part des répondants indiquant que les stratégies numériques
nationales sont avant tout élaborées par un ministère ou un organisme qui n’est pas chargé exclusivement des questions
numériques (Tableau 1.3). En 2016, 44 % des stratégies numériques nationales étaient élaborées par des organisations
non dédiées au numérique, contre seulement 8 % dans la dernière enquête. De même, un peu moins d’un cinquième
(18 %) des stratégies avaient été élaborées par plusieurs ministères ou organismes en 2016 ; en 2023, seuls les Pays-Bas
avaient privilégié cette approche.
Cabinet du Premier Ministre, Ministère ou organe chargé exclusivement Ministère ou organe non dédié aux Plusieurs ministères
présidence ou chancellerie des questions numériques questions numériques ou organes
Pilotage de Autriche, Belgique, Corée, Costa Allemagne, Brésil, Bulgarie, Canada, Espagne, Lettonie, Mexique, Nouvelle‑Zélande Pays-Bas
l’élaboration de Rica, Croatie, Danemark, Grèce, Estonie, Finlande, Japon, Lituanie, Luxembourg,
la stratégie Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Norvège, Pérou, République slovaque,
Jordanie, Portugal, République Royaume-Uni, Singapour, Slovénie, Thaïlande,
tchèque, Roumanie, Suisse Türkiye
Coordination Autriche, Brésil, Irlande, Islande, Allemagne, Belgique, Bulgarie, Canada, Lettonie, Pays‑Bas, Nouvelle‑Zélande Pérou
Jordanie, Mexique, Roumanie, Corée, Costa Rica, Croatie, Espagne, Estonie,
Suisse Finlande, Grèce, Hongrie, Italie, Japon, Lituanie,
Luxembourg, Norvège, Portugal, République
slovaque, République tchèque, Royaume‑Uni,
Singapour, Slovénie, Thaïlande, Türkiye
Source : Calculs des auteurs, d’après les réponses au questionnaire diffusé dans l’optique de l’élaboration de l’édition 2024 des Perspectives de
l’économie numérique.
L’attribution de la responsabilité de la coordination des stratégies numériques nationales a suivi une évolution similaire,
quoique moins marquée. Dans les deux tiers des pays, elle relève d’un ministère ou d’un organisme chargé spécifiquement
du numérique. La part des pays qui ont choisi cette solution a plus que doublé depuis que l’on a commencé à collecter
des données, en 2016. La proportion de pays dans lesquels la coordination de la stratégie relève d’un ministère ou d’un
organisme qui n’est pas chargé exclusivement des questions numériques a sensiblement baissé, passant de 39 % à
moins d’un pays sur dix (8 %). Dans plus d’un pays sur cinq (21 %), la stratégie numérique nationale est coordonnée à un
niveau supraministériel, cette catégorie arrivant pour la première fois, en 2023, au deuxième rang des solutions choisies.
L’attribution de la responsabilité du pilotage et de la coordination des stratégies numériques nationales à des niveaux
d’administration de plus en plus élevés et spécialisés, ainsi qu’à des ministères dotés d’une mission dédiée au numérique
témoigne de l’importance croissante qui leur est accordée dans le paysage global de l’action publique. Tandis que divers
acteurs publics et privés contribuent à l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies numériques nationales, les
connaissances spécialisées et la surveillance à haut niveau semblent occuper une place croissante au fil de l’évolution
des stratégies.
Bien que les mécanismes de gouvernance des stratégies numériques nationales semblent suivre des évolutions similaires
dans les différents pays, les données montrent que les dispositifs budgétaires sont plus disparates. On observe une
répartition à peu près égale entre les pays qui n’affectent pas de budget à leur stratégie numérique nationale (47 %) et
ceux qui y consacrent un budget dédié (45 %) ou lui ont réaffecté un budget existant (8 %).
Pour ce qui est du type de budget affecté aux stratégies numériques nationales, les approches varient. On dénombre un
peu plus de budgets pluriannuels que de budgets annuels (11 et 9 respectivement). La Corée, l’Estonie et la Thaïlande
ont indiqué que le budget alloué à leur stratégie numérique nationale mêlait des éléments annuels et pluriannuels. Par
ailleurs, on observe une répartition presque égale, en 2023, entre les pays qui ont affecté un budget centralisé à leur
stratégie numérique nationale (48 %) et ceux qui y ont consacré un budget décentralisé (52 %).
Comme le montre le Graphique 1.4, la taille du budget alloué aux stratégies numériques nationales varie en outre
sensiblement selon les pays. Les montants s’échelonnent entre 1.2 million USD (au Portugal) et plus de 20 milliards USD
(en Espagne) après intégration des fonds de relance de l’UE. Si l’on s’intéresse aux budgets en pourcentage du PIB,
l’Estonie arrive en tête, le budget qu’elle consacre à sa stratégie numérique nationale représentant 3.3 % du PIB. À l’autre
extrémité du spectre, la moitié des pays dont la stratégie numérique nationale est assortie d’un budget y consacrent
une part inférieure ou égale à 0.1 % du PIB.
Graphique 1.4. Les budgets consacrés aux stratégies numériques nationales varient sensiblement
Budget alloué à la stratégie numérique nationale (millions USD), en pourcentage du PIB, 2023
MEX
0.000
1 10 100 1 000 10 000 100 000
Millions USD (log)
Notes : Les données se fondent sur les réponses à l’enquête de 18 pays et peuvent couvrir différents éléments ; les comparaisons directes entre
les pays doivent donc être faites avec la plus grande prudence. Les taux de change en USD sont ceux publiés par le Fonds monétaire international
(FMI), sauf pour le Mexique, pays pour lequel les données fournies étaient libellées en USD. Les données relatives au produit intérieur brut (PIB) sont
fondées sur la série du SCN 2022, sauf pour la Jordanie, le Pérou et la Thaïlande, pays pour lesquels les données du FMI ont été utilisées, et pour le
Mexique, qui a fourni les données en pourcentage du PIB.
Source : Calculs des auteurs, d’après les réponses au questionnaire diffusé dans l’optique de l’élaboration de l’édition 2024 des Perspectives de
l’économie numérique.
12 [Link]
Par conséquent, les décisions budgétaires liées aux stratégies numériques nationales dépendent dans une large mesure
du contexte. La grande diversité des approches et des montants dénote probablement une hétérogénéité d’organisation
des budgets nationaux et de calcul des budgets alloués aux stratégies numériques nationales. Certains pays décident
d’affecter à leur stratégie un budget suffisant pour couvrir l’ensemble des mesures à mettre en œuvre et coordonner.
D’autres prévoient un budget centralisé plus réduit, auquel s’ajoutent des budgets décentralisés alloués à chacune des
mesures.
La mise en place d’un suivi et d’une évaluation efficaces est essentielle pour veiller à ce que les stratégies numériques
nationales atteignent les objectifs et servent les ambitions visées. Tous les pays qui ont répondu au questionnaire
diffusé dans l’optique de l’édition 2024 des Perspectives de l’économie numérique ont indiqué effectuer un suivi de leur
stratégie numérique nationale à l’exception du Canada, qui assure le suivi et l’évaluation des différentes initiatives
menées dans le cadre de sa charte du numérique, plutôt que de la charte dans son ensemble (Graphique 1.5)1. Seuls
deux pays ne procèdent pas à une évaluation de leur stratégie numérique nationale (le Luxembourg et les Pays‑Bas).
Ces observations sont conformes à celles de 2019 (OCDE, 2020[4]) et de 2021 (Gierten et Lesher, 2022[2]).
Par ailleurs, près de neuf pays sur dix (89 %) ont recours à des objectifs quantitatifs pour le suivi de leur stratégie
numérique nationale, contre deux tiers en 2021. Il y a donc lieu de penser que le niveau de suivi augmente avec les
versions successives des stratégies numériques nationales. Un peu plus des trois quarts des pays (78 %) évaluent
également l’impact potentiel de leur stratégie numérique nationale sur les objectifs globaux, tels que l’accélération de
la croissance économique.
Graphique 1.5. Presque tous les pays réalisent un suivi et une évaluation de leur stratégie numérique
nationale
Suivi et évaluation des stratégies numériques nationales, 2023
Oui Non
3%
11 %
97 % 89 %
C. La stratégie numérique nationale sera-t-elle être évaluée ? D. L’impact potentiel de la stratégie numérique nationale sur les
objectifs globaux sera-t-il être évalué ?
8%
22 %
92 % 78 %
Notes : Les données se fondent sur les réponses à l’enquête de 38 pays. Le Royaume-Uni n’a pas répondu à la question B. L’Estonie et la Roumanie
n’ont pas répondu à la question D.
Source : Calculs des auteurs, d’après les réponses au questionnaire diffusé dans l’optique de l’élaboration de l’édition 2024 des Perspectives de
l’économie numérique.
12 [Link]
Le Graphique 1.6 donne un aperçu des initiatives signalées par 46 pays3. Le paysage de l’action publique dans le domaine
du numérique semble être dominé par des politiques destinées à favoriser une utilisation efficace des technologies,
promouvoir la prospérité sociale et stimuler l’innovation. Ces politiques représentent environ 30 % de l’ensemble
des initiatives mises en place dans les pays. Ces éléments viennent confirmer l’hypothèse selon laquelle, bien que
la stimulation de l’innovation ne figure plus parmi les cinq grandes priorités citées par les répondants pour les cinq
prochaines années, les pays continuent d’y accorder une grande attention.
Graphique 1.6. Les initiatives des pouvoirs publics destinées à favoriser une utilisation efficace
des technologies, promouvoir la prospérité sociale et stimuler l’innovation dominent le paysage
des politiques du numérique
Répartition des initiatives prises dans le domaine des politiques du numérique entre les dimensions du Cadre d’action, 2023
%
35
30
25
20
15
10
0
Utilisation Société Innovation Confiance Emplois Accès Ouverture des
marchés
Notes : Les données se fondent sur les réponses à l’enquête de 46 pays. Les données sont exprimées en pourcentage du nombre total de politiques
dans chaque dimension. Certaines initiatives sont comptabilisées dans plusieurs dimensions selon leur champ d’application ; la somme des barres
est donc supérieure à 100 %.
Source : Calculs des auteurs, d’après les réponses au questionnaire diffusé dans l’optique de l’élaboration de l’édition 2024 des Perspectives de
l’économie numérique.
12 [Link]
Les dimensions Utilisation et Société sont largement couvertes dans les stratégies numériques nationales (voir le
Graphique 1.2) et dans un nombre relativement élevé d’autres grandes politiques du numérique. En revanche, si la
dimension Accès affiche également une couverture élevée dans les stratégies numériques nationales, elle est moins
représentée dans les grandes politiques du numérique (Graphique 5.6). Ce constat s’explique par le fait que les politiques
visant à favoriser l’accès au numérique correspondent souvent à des projets de transformation pluriannuels de grande
ampleur adossés à des budgets conséquents, plutôt qu’à des grappes d’initiatives de moindre envergure.
La dimension Ouverture des marchés tend quant à elle à être la moins couverte à la fois dans les stratégies numériques
nationales et dans les initiatives individuelles. Pourtant, elle englobe des domaines dans lesquels les technologies
numériques exercent une forte influence, à l’instar de la fiscalité, de la concurrence, du commerce et des marchés
financiers. Dans certains d’entre eux, des politiques pourraient encore être en cours d’élaboration.
Si l’observation des évolutions à l’échelle internationale apporte des éclairages utiles, il importe également d’étudier
les pays en détail. Le Graphique 1.7 présente les politiques du numérique dans les 45 pays qui ont fourni des données
sur une masse critique d’initiatives (à savoir les pays qui ont signalé une initiative minimum dans au moins trois des
sept dimensions du Cadre).
Graphique 1.7. Au-delà des stratégies numériques nationales, le paysage des politiques
du numérique varie selon les pays
Répartition des initiatives prises dans le domaine des politiques du numérique, par dimension du Cadre, 2023
Graphique 1.7. Au-delà des stratégies numériques nationales, le paysage des politiques
du numérique varie selon les pays (suite)
Répartition des initiatives prises dans le domaine des politiques du numérique, par dimension du Cadre, 2023
Graphique 1.7. Au-delà des stratégies numériques nationales, le paysage des politiques
du numérique varie selon les pays (suite)
Répartition des initiatives prises dans le domaine des politiques du numérique, par dimension du Cadre, 2023
Accès Accès 1
20 7 8
6
Ouverture des 15 Ouverture des 5 6
Utilisation Utilisation 7 2
marchés 10 marchés 4
4
3
5 2 2
1
0 0 0
Confiance Innovation Confiance Innovation 6 3
Graphique 1.7. Au-delà des stratégies numériques nationales, le paysage des politiques
du numérique varie selon les pays (suite)
Répartition des initiatives prises dans le domaine des politiques du numérique, par dimension du Cadre, 2023
Notes : Certaines initiatives sont comptabilisées dans plusieurs dimensions, compte tenu de leur champ d’application. Par conséquent, la somme
du nombre d’initiatives par dimension du Cadre n’équivaut pas nécessairement au nombre total d’initiatives signalées par le pays concerné.
Source : Calculs des auteurs, d’après les réponses au questionnaire diffusé dans l’optique de l’élaboration de l’édition 2024 des Perspectives de
l’économie numérique.
12 [Link]
Comme le montre ce graphique, tant le nombre de politiques signalées par les pays que leur couverture des différents
aspects du Cadre varient sensiblement d’un pays à l’autre. Certains pays, comme la Grèce et les Pays-Bas, comptent
de nombreuses initiatives concentrées dans quelques dimensions. À l’inverse, au Japon et en Pologne, les initiatives
sont moins nombreuses mais couvrent plus largement le Cadre. Cette analyse tient uniquement compte du nombre de
mesures signalées dans chaque dimension du Cadre. Elle ne renseigne donc pas sur la qualité du paysage des politiques
du numérique mises en place dans chacun des pays.
Les politiques relatives aux données sont une composante transversale du paysage des politiques
du numérique
Les données sont le carburant de la transformation numérique. Dans le Cadre d’action, les données et la gouvernance des
données sont considérées comme des problématiques transversales puisqu’on les retrouve dans toutes les dimensions.
Le Graphique 1.83 présente les occurrences du terme data (« données ») dans les descriptions des initiatives signalées
en 2023. Les données ont été normalisées de manière à refléter le nombre d’initiatives comptabilisées dans chaque
dimension du Cadre.
Même pour les dimensions dans lesquelles on dénombre le moins d’occurrences du terme « données » (à savoir les
dimensions Accès et Emplois), celui-ci est cité une fois toutes les cinq politiques environ. Les dimensions Innovation
et Confiance sont celles dans lesquelles le terme « données » apparaît le plus fréquemment, avec plus d’une mention
par initiative. Si l’on observe des disparités entre les dimensions, le mot « données » est beaucoup plus transversal
qu’un terme plus spécifique. L’expression AI/artificial intelligence (« IA/intelligence artificielle »), par exemple, est citée
quatre fois toutes les cinq politiques dans la dimension Innovation. En revanche, il apparaît seulement une fois toutes
les 25 politiques dans la dimension Accès et jamais dans la dimension Ouverture des marchés.
Graphique 1.8. Le terme data (« données ») apparaît dans toutes les dimensions de l’action publique
Résultats de recherches sémantiques du terme data (« données ») dans les descriptions des initiatives, normalisés par rapport au nombre total d’initiatives
dans chaque dimension, 2023
%
140
120
100
80
60
40
20
0
Innovation Confiance Société Ouverture des marchés Utilisation Emplois Accès
L’IA est la technologie émergente à laquelle les pouvoirs publics consacrent le plus grand
nombre d’initiatives
Les politiques liées à la transformation numérique sont généralement neutres du point de vue des technologies et
axées sur de grands objectifs comme l’adoption du numérique par les entreprises ou l’amélioration des compétences.
Pour autant, certaines technologies poussent les pouvoirs publics à prendre des mesures particulières. Tel est le cas
notamment des technologies nouvelles et émergentes dont les incidences sur la société peuvent ne pas être totalement
quantifiées ou comprises.
Aux fins de cette étude, les données sur les initiatives prises dans le domaine du numérique sont analysées en utilisant
un dictionnaire prévu à cet effet afin de déterminer quelles technologies émergentes, parmi les plus importantes,
apparaissent le plus fréquemment. Les résultats montrent que l’IA est mentionnée plus de deux fois plus souvent que
la 5G, qui arrive en deuxième position (Graphique 1.9)3. La 5G est quant à elle mentionnée plus fréquemment que toutes
les autres technologies combinées (à l’exception de l’IA). Si les pouvoirs publics s’intéressent depuis peu à certaines des
technologies étudiées, à l’instar de la 6G, d’autres font l’objet de débats depuis plusieurs années. De nombreux pays
ont mis au point des stratégies spécifiques dans le domaine de l’IA ; en revanche, la plupart des autres technologies
figurant dans le dictionnaire sont mentionnées dans des stratégies plus générales en faveur de l’innovation.
Graphique 1.9. Parmi les technologies émergentes, l’IA et la 5G dominent le paysage de l’action publique
Technologies émergentes et termes connexes cités dans les initiatives des pouvoirs publics, 2023
5G
Intelligence artificielle
Internet des
Objets
Technologies Chaîne de
immersives blocs
Informatique
Infonuagique
quantique 6G
Notes : Les données se fondent sur les réponses à l’enquête de 46 pays. Le graphique présente les occurrences de termes choisis, issus du
dictionnaire personnalisé. Le bloc « Intelligence artificielle » comprend les occurrences de l’acronyme AI (« IA »). Le bloc « Internet des objets » inclut
les occurrences de la forme abrégée IoT (« IdO »). Le bloc « Technologies immersives » comprend les occurrences de metaverse (« métavers ») et de
virtual reality (« réalité virtuelle »).
Source : Calculs des auteurs, d’après les réponses au questionnaire diffusé dans l’optique de l’élaboration de l’édition 2024 des Perspectives de
l’économie numérique.
12 [Link]
D’autres grandes évolutions ont de vastes répercussions sur les aspects liés au numérique dans divers domaines
d’action, qui influeront à leur tour sur l’élaboration des politiques du numérique. La pandémie de COVID-19 en est un
exemple : ce choc ponctuel extrême a eu des incidences sur le télétravail (marchés du travail), le commerce électronique
(échanges) et la télémédecine (santé). La transition écologique est au contraire une transformation progressive plus
lente, dont les coûts et les avantages sont plus difficiles à quantifier mais tout aussi importants à gérer. Par exemple,
les activités numériques telles que celles liées aux cryptomonnaies (finance) et aux centres de données (infrastructures
de connectivité) soulèvent des questions d’ordre climatique, qui auront à leur tour des incidences sur la politique du
numérique. La situation géopolitique – notamment la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine – aura elle
aussi des conséquences sur l’élaboration des politiques du numérique. L’attention croissante portée à la propagation
de contenus erronés et trompeurs en ligne et l’utilisation de satellites pour la connectivité dans les situations de crise
en sont des illustrations.
L’examen approfondi des incidences de ces grandes évolutions et de celles qui ne manqueront pas de suivre exige de la
souplesse et de l’adaptabilité de la part de tous les acteurs du paysage des politiques du numérique. À mesure que les
technologies numériques gagnent en puissance et que leur utilisation se généralise, les pouvoirs publics font face à des
enjeux de plus en plus élevés. Ils doivent faire en sorte que le cadre d’action soit suffisamment flexible et coordonné
pour permettre tout à la fois de tirer parti des avantages qu’offrent les technologies numériques et de limiter les risques
qu’elles font naître. Ils doivent disposer d’une base factuelle solide pour prendre des décisions éclairées. Les travaux
de mesure s’inscrivant dans une perspective de moyen à long terme et couvrant un large éventail de domaines, il est
essentiel de déterminer les activités et les partenariats à mettre en place et d’en hiérarchiser les priorités.
La transformation numérique a des incidences sur presque tous les aspects de l’économie et de la société, et la mise au
point de politiques du numérique efficaces exige un effort à l’échelle de l’ensemble de l’administration. Si les effets des
technologies numériques et des données varient selon le contexte et la culture des pays, il est partout difficile de mener
à bien la transition numérique et de veiller à ce qu’elle préserve et favorise le bien-être et la croissance. C’est pourquoi
l’OCDE a mis au point le Cadre d’action intégré (OCDE, 2020[1]), qui vise à aider les pays à bâtir un avenir numérique plus
inclusif et prospère à la faveur de politiques du numérique fondées sur des données probantes, efficaces et fructueuses.
Le Cadre s’articule autour de sept dimensions interdépendantes (Accès, Utilisation, Innovation, Emplois, Société,
Confiance et Ouverture des marchés), dont chacune couvre plusieurs domaines d’action (Graphique 1.A.1). La croissance
et le bien-être sont au cœur du Cadre, et des domaines transversaux (investissement, administration numérique,
compétences, petites et moyennes entreprises, prélèvements et prestations, développement régional, protection de la
vie privée et sécurité) recoupent plusieurs dimensions. Enfin, certains domaines, tels que les données et la gouvernance
des données ou encore l’égalité entre les genres, sont communs à toutes les dimensions du Cadre.
Graphique 1.A.1. Cadre d’action intégré sur la transformation numérique et domaines qui le composent
• Investissement
• Infrastructures et services de communication
• Concurrence • Gouvernement
• Développement régional numérique
• Investissement
• Dynamisme des
• Commerce entreprises
Accès
• Investissement • PMEs
és es
•
ch d
ar re
Concurrence
ili
• • Sécurité
m rtu
sa
n
Ou
• Concurrence
Conf
•
vatio
• • Gouvernement numérique
Inno
Compte tenu du caractère évolutif des technologies, le Cadre reste relativement souple afin d’accompagner les mutations
du paysage des technologies numériques. Par ailleurs, il fournit des orientations sur la gouvernance des politiques du
numérique de manière à en assurer la cohérence et la coordination à l’échelle des différents domaines et secteurs qui
façonnent la transformation numérique, ainsi que sur les moyens de favoriser la participation de l’ensemble des parties
prenantes à l’élaboration et la mise en œuvre des politiques du numérique.
Tableau 1.B.1. Sources utilisées pour évaluer l’exhaustivité des stratégies numériques nationales
Stratégies numériques nationales et stratégies et politiques connexes ayant servi à l’élaboration de l’indicateur d’exhaustivité
des stratégies numériques nationales, 2024
Notes : Les politiques néo-zélandaises évaluées ont été élaborées par une précédente administration. La Norvège a entrepris, en juin 2024, une
révision de sa stratégie numérique nationale.
Références
Gierten, D. et M. Lesher (2022), « Assessing national digital strategies and their governance », Documents de travail de l’OCDE [2]
sur l’économie numérique, n° 324, Éditions OCDE, Paris, [Link]
OCDE (2024), Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique, [Link] (consulté le 27 février 2024). [3]
OCDE (2024), « National digital strategy comprehensiveness » (indicateur), Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation [5]
numérique, d’après la base de données de l’OCDE sur les stratégies numériques nationales, [Link] (consulté
le 18 novembre 2024).
OCDE (2020), « Going Digital integrated policy framework », Documents de travail de l’OCDE sur l’économie numérique, n° 292, [1]
Éditions OCDE, Paris, [Link]
OCDE (2020), OECD Digital Economy Outlook 2020, Éditions OCDE, Paris, [Link] [4]
Notes
1. Les pays de l’OCDE qui ont répondu à la première partie du questionnaire sur les priorités de l’action publique
dans le domaine du numérique sont les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Chili, Colombie, Corée,
Costa Rica, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie,
Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République
tchèque, Royaume‑Uni, Slovénie, Suède, Suisse et Türkiye. Les économies partenaires qui y ont répondu sont les
suivantes : Brésil, Bulgarie, Croatie, Jordanie, Pérou, Roumanie, Singapour et Thaïlande.
2. Les pays de l’OCDE qui ont répondu à la première partie du questionnaire sur les stratégies numériques nationales
et leur gouvernance sont les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Corée, Costa Rica, Danemark,
Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Mexique,
Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume‑Uni, Slovénie,
Suisse et Türkiye. Les économies partenaires qui y ont répondu sont les suivantes : Brésil, Bulgarie, Croatie,
Jordanie, Pérou, Roumanie, Singapour et Thaïlande.
3. Les pays de l’OCDE qui ont répondu à la deuxième partie du questionnaire sur le paysage des politiques du
numérique sont les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Chili, Colombie, Corée, Costa Rica, Danemark,
Espagne, Estonie, États‑Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie,
Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République
tchèque, Royaume‑Uni, Slovénie, Suède, Suisse et Türkiye. Les économies partenaires qui y ont répondu sont les
suivantes : Argentine, Brésil, Bulgarie, Croatie, Jordanie, Pérou, Roumanie, Singapour et Thaïlande.
4. Les pays de l’OCDE qui ont répondu à la troisième partie du questionnaire sont les suivants : Allemagne, Autriche,
Belgique, Canada, Chili, Colombie, Corée, Costa Rica, Danemark, Espagne, Finlande, Hongrie, Irlande, Islande,
Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Mexique, Norvège, Pays‑Bas, Portugal, République slovaque,
République tchèque, Royaume‑Uni, Slovénie, Suède, Suisse et Türkiye. Les économies partenaires qui y ont répondu
sont les suivantes : Bulgarie, Croatie, Jordanie, Pérou, Roumanie, Singapour et Thaïlande.
5. Les pays de l’OCDE qui ont répondu au questionnaire diffusé dans l’optique de la préparation de l’édition 2017
des Perspectives de l’économie numérique sont les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Chili, Corée,
Danemark, Espagne, Estonie, États‑Unis, Finlande, France, Hongrie, Irlande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie,
Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République
tchèque, Royaume‑Uni, Slovénie, Suisse et Türkiye. Les économies partenaires qui y ont répondu sont les suivantes :
Brésil, République populaire de Chine, Costa Rica, Fédération de Russie, Lituanie et Singapour.
6. Les pays de l’OCDE qui ont répondu au questionnaire diffusé dans l’optique de la préparation de l’édition 2020
des Perspectives de l’économie numérique sur les stratégies numériques nationales et les politiques connexes sont les
suivants : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Chili, Colombie, Corée, Danemark, Espagne, Estonie,
États‑Unis, Finlande, Grèce, Hongrie, Islande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Mexique, Norvège,
Pays‑Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Royaume‑Uni, Slovénie, Suède, Suisse et Türkiye. Les économies
partenaires qui y ont répondu sont les suivantes : Brésil, Costa Rica, Fédération de Russie, Singapour et Thaïlande.
7. Une stratégie numérique nationale est considérée comme exhaustive si elle-même ou une stratégie ou politique
coordonnée comporte au moins une mesure dans chacun des 38 domaines d’action du Cadre. On entend par
« stratégie ou politique coordonnée » un document qui a été introduit, examiné ou mentionné dans une section
de la stratégie numérique nationale qui traite de questions relevant du ou des domaine(s) d’action au titre duquel/
desquels la ou les mesure(s) du document coordonné peuvent être envisagées. Une valeur d’exhaustivité est
donnée pour chaque dimension du Cadre ; elle reflète la proportion de domaines qui, au sein de la dimension,
comprennent au moins une mesure éligible. Chaque mesure ne peut être prise en compte qu’une seule fois dans
le processus d’évaluation. Une liste complète des documents pris en considération dans le cadre de l’évaluation
est proposée à l’annexe 1.B.
8. Le Graphique 2 couvre 22 pays disposant d’une stratégie numérique nationale conforme à la définition précitée,
qui s’ajoutent aux cinq pays dont les stratégies évaluées précédemment restent valables.
USD en PPA
0 50 100 150 200 250 26 %
Corée
Lituanie
Lettonie
Mexique
Hongrie
France
Türkiye
République slovaque
Estonie
14 % 15 %
Pologne
Autriche
Espagne
Portugal
Belgique
2023
Slovénie
19 %
Australie
Italie
Allemagne
Suisse
Royaume-Uni
OCDE
République tchèque 52 %
Grèce
Chili
Colombie
Pays-Bas
Luxembourg
Japon
Irlande
Suède
États-Unis
Costa Rica
Danemark
Canada
Islande
Norvège
Principales conclusions
Notre avenir numérique est subordonné à l’existence d’une connectivité ubiquitaire, abordable et de haute qualité.
Cependant, malgré les progrès remarquables du déploiement des réseaux fixes et mobiles, des disparités importantes
subsistent entre les zones urbaines et rurales en ce qui concerne l’utilisation, la qualité et la couverture des connexions
à haut débit. Or, il est de plus en plus urgent d’assurer l’accès à des réseaux et services résilients de haute qualité pour
garantir un avenir numérique inclusif.
Ce chapitre comprend trois sections. La première propose un point sur les progrès de la connectivité. La deuxième est
axée sur les disparités d’accès à la connectivité et sur les principaux défis stratégiques à relever pour développer une
connectivité de haute qualité pour tous. Enfin, la troisième présente les principales tendances qui façonnent les réseaux
de demain et les questions stratégiques que les évolutions constantes de l’écosystème de la connectivité amènent à
se poser.
La demande de connectivité à haut débit fiable et de haute qualité augmente dans les pays de l’OCDE. Depuis quelques
années, la clientèle du haut débit, en quête d’une meilleure connectivité, opte pour des offres très haut débit fixe (débit
annoncé supérieur à 1 gigabit par seconde [Gbps]), ce qui témoigne de l’essor des activités à distance. Entre 2019 et 2023,
la part des offres très haut débit dans le total des abonnements au haut débit fixe ont augmentés de 250 % dans les
pays de l’OCDE pour atteindre 14 % des abonnements au haut débit fixe en décembre 2023, contre 4 % à la fin de 2019.
En décembre 2023, des débits supérieurs à 100 mégabits par seconde (Mbps) étaient annoncés pour les deux tiers (66 %)
de tous les abonnements au haut débit fixe (Graphique 2.1). Suivant une tendance similaire, le volume d’utilisation des
données mobiles par abonnement dans les pays de l’OCDE a presque triplé en cinq ans, passant de 4.7 à 10.4 gigaoctets
(Go) par carte SIM et par mois entre 2018 et 2023. Dans les pays où cette tendance est la plus forte, cette moyenne est
trois à quatre fois plus élevée, atteignant par exemple 48 Go par mois en Lettonie, 45 en Finlande et 35 en Autriche
(OCDE, 2024[2]). L’adoption accrue de la 5G dans les pays de l’OCDE renforcera cette tendance.
Graphique 2.1. Le très haut débit fixe a fortement progressé dans l’OCDE entre 2019 et 2023
Offres haut débit fixe par niveau de débit en pourcentage du total des abonnements au haut débit fixe dans la zone OCDE
4%
9%
14 % 15 %
23 %
33 %
37 % 19 %
43 %
25 %
52 %
26 %
Note : Chiffres indiqués pour les pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données.
Source : OCDE, d’après le questionnaire sur les données élaboré par le GTSIC pour les Perspectives de l’économie numérique 2024.
12 [Link]
Comme on s’achemine vers une « économie à distance », avec des processus commerciaux qui migrent en ligne,
des modes de travail et d’apprentissage toujours plus flexibles et la croissance des applications à forte intensité
de données, les réseaux devraient être toujours plus sollicités (OCDE, 2022[1]). Répondre à cette demande nécessite
des investissements visant à étendre et à moderniser les réseaux haut débit. Au cours de la dernière décennie, les
investissements dans le secteur des communications dans les pays de l’OCDE ont augmenté de 39 %, ce qui correspond
à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 43.3 %. Et en cinq ans (2018-23), ils ont progressé de 18 % (TCAC de
3.4 %), atteignant 290 milliards USD en parité de pouvoir d’achat (PPA) fin 2023 (Graphique 2.2).
Dans plusieurs pays de l’OCDE – Allemagne, Belgique, Danemark, Islande, Pays-Bas et Portugal – la croissance des
investissements a été supérieure à 50 % (TCAC 9 %) sur la période 2017-23 (Graphique 2.2). Dans la zone OCDE, en 2021-23,
la moyenne mobile sur trois ans des investissements par habitant dans le secteur des communications s’est élevée à
207 USD en PPA (OCDE, 2024[2]).
Graphique 2.2. Les investissements dans le secteur des communications ont augmenté dans la plupart
des pays de l’OCDE au cours de la période 2018-23
Taux de croissance annuel composé (TCAC) des investissements dans le secteur des communications dans les pays de l’OCDE, 2018-23
%
15
10
-5
-10
I
U
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US
SV
FR
M
Notes : Les données de 2022 ont été utilisées comme estimations pour les données manquantes de 2023. Pour la Colombie, les données sur les
investissements ne sont pas disponibles. Le Japon n’est pas inclus dans le graphique car un changement dans la méthodologie de collecte des
données a eu lieu en 2021.
Source : OCDE (2024[2]), Statistiques du haut-débit (base de données), [Link]
12 [Link]
Dans les pays de l’OCDE, au cours de la période 2018-23, le chiffre d’affaires des fournisseurs de services de communication
a légèrement augmenté, à un TCAC de 1.3 %. Parallèlement, la part des investissements dans les recettes du secteur
des communications est passée de 16.5 % à 19 % pour la période 2018-23. Au cours des cinq dernières années, ce ratio
a augmenté dans la plupart des pays de l’OCDE (soit 26 des 36 pays pour lesquels des données sont disponibles). Les
investissements des fournisseurs de services de communication ont été principalement motivés par l’expansion et la
modernisation des réseaux haut débit, tels que la fibre et la 5G, ainsi que la mise hors service des réseaux historiques
(les réseaux DSL cuivre et les réseaux mobiles 2G/3G, par exemple). Pour de plus amples informations sur les recettes
et les investissements dans le secteur des communications par pays et par année, consulter l’annexe statistique.
Ces dernières années, l’écosystème de la connectivité s’est également diversifié avec le financement des réseaux de
communication par des acteurs autres que les opérateurs de communication « traditionnels » (sociétés de capital-
investissement, opérateurs de fibre en gros, gestionnaires d’infrastructures de télécommunications). Par exemple, les
les entreprises de tours de transmission investissent dans des parties de l’infrastructure haut débit, conséquence
directe des désinvestissements des opérateurs de communication traditionnels. En outre, bien qu’il ne s’agisse pas de
leur cœur de métier, les entreprises technologiques cotées en bourse développent souvent leur propre infrastructure de
communication et leurs propres fournisseurs d’actifs financiers. Ces fournisseurs, notamment des sociétés de capital-
investissement, des fonds spéculatifs ou des fonds de pension, apportent de plus en plus de capitaux à investir dans
le secteur, y compris dans les réseaux d’accès de gros à la fibre. Cela modifie à la fois la structure de l’écosystème de
la connectivité et les structures de propriété traditionnelles des réseaux haut débit, comme étudié dans les travaux
récents de l’OCDE (OCDE, 2024[3]).
Au niveau de l’infrastructure de gros, il faut davantage déployer la fibre dans les réseaux pour améliorer les performances
du haut débit pour toutes les technologies d’accès. À mesure que la densification des réseaux progresse, les réseaux
mobiles deviennent rapidement l’extension des réseaux fixes. Ce processus rapproche les cellules mobiles des utilisateurs,
ce qui accroît la performance, mais nécessite un accès à la connectivité de collecte pour rediriger le trafic mobile via
les réseaux fixes (OCDE, 2019[4]). Il s’agit notamment de délester le trafic mobile intérieur sur les réseaux locaux sans fil
(WLAN, tels que Wi-Fi), et de rediriger le trafic d’accès mobile des réseaux d’accès radiolectrique (RAN) vers les coeurs
de réseau fixe des opérateurs (réseaux dorsaux et de collecte), principalement basés sur la fibre.
Le déploiement et l’adoption du haut débit ont connu une forte croissance au cours de la dernière décennie (2013-23)
dans les pays de l’OCDE. Le nombre total d’abonnements au haut débit fixe et mobile a augmenté respectivement de
42 % et de 100 % au cours de cette période. En outre, ces dernières années, les abonnements au haut débit fixe ont
continué de progresser dans la plupart des pays de l’OCDE, atteignant 496.5 millions en décembre 2023 et une moyenne
de 36 abonnements pour 100 habitants. Ce chiffre est à comparer aux 433.4 millions d’abonnements enregistrés fin 2019,
peu avant le début de la pandémie de COVID-19. La différence représente une hausse de 63 millions, soit 15 %, en
quatre ans. La fibre représentait 42 % de l’ensemble des abonnements fixes fin 2023, contre 28 % en décembre 2019
(Graphique 2.3). Malgré des taux de pénétration élevés, le nombre d’abonnements au haut débit mobile a continué à
progresser entre 2019 et 2023, enregistrant une hausse de 19 %.
La fibre est la technologie de haut débit fixe à plus forte croissance au cours de la dernière décennie (Graphique 2.3).
Sur la période 2013-23, et à partir de 2014, le DSL, basé sur les réseaux cuivre historiques, a reculé. Il est remplacé par
la fibre, qui est désormais la technologie d’accès dominante pour les connexions à haut débit fixe dans les pays de
l’OCDE (Graphique 2.3).
Graphique 2.3. La fibre est devenue la technologie dominante d’accès au haut débit fixe
dans les pays de l’OCDE
Évolution du nombre total d’abonnements au haut débit fixe par technologie d’accès dans l’OCDE, 2010-23
Millions d’abonnements %
250 100
90
200 80
70
150 60
50
100 40
30
50 20
10
0 0
10
11
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22
10
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23
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23
21
21
20
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20
20
20
20
20
20
20
20
20
20
20
20
Notes : Les données relatives aux abonnements à la fibre incluent la fibre jusqu’au domicile (FTTH), également connue sous le nom de fibre
jusqu’aux locaux (FTTP) et de fibre jusqu’au bâtiment (FTTB) ; elles excluent la fibre jusqu’au trottoir (FTTC) et la fibre jusqu’au nœud (FTTN). Pour le
graphique sur la Part en pourcentage d’abonnements au haut débit fixe, « Autre » comprend l’accès fixe sans fil, le satellite et d’autres technologies.
Source : OCDE (2024[2]), Statistiques du haut-débit (base de données), [Link]/sti/broadband/[Link].
12 [Link]
Le nombre d’abonnements à la fibre a augmenté de plus de 40 % en un an (2022-23) en Belgique, Grèce, Israël, Mexique
et Royaume-Uni. Fin 2023, la part de la fibre dans le total des abonnements au haut débit fixe a dépassé 80 % en Corée,
Espagne, Islande et Lithuanie. De plus, elle était supérieure à 50 % dans quatorze autres pays de l’OCDE (Chili, Danemark,
Estonie, Finlande, France, Japon, Lettonie, Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Portugal, Slovénie et Suède)
(OCDE, 2024[2]). L’action des pouvoirs publics – politiques, incitations et financements publics à l’appui du déploiement
de la fibre – a favorisé cette croissance (voir la section sur les Principales tendances façonnant l’avenir de la connectivité
et enjeux stratégiques connexes).
Le niveau d’adoption du câble est resté relativement stable sur la période 2013-23, en légère hausse de 8 à 10.6 abonnements
pour 100 habitants en 2023. Son taux de pénétration est élevé dans certains pays de l’OCDE (aux États-Unis, en Belgique,
au Canada et aux Pays-Bas, avec respectivement 24, 23, 20 et 19 abonnements pour 100 habitants) (OCDE, 2024[2]).
Dans la zone OCDE, en décembre 2023, le câble représentait 30 % du total des abonnements au haut débit fixe1, contre
seulement 5 % et 0.5 % respectivement pour l’accès fixe sans fil et le haut débit par satellite (Graphique 2.3).
Les indicateurs de performance du haut débit, essentiels pour évaluer l’état de la connectivité, dépendent souvent du
type de technologie d’accès omniprésente sur le marché. Malgré l’augmentation du trafic de données, les réseaux gèrent
efficacement la demande. Dans la zone OCDE, les débits montants et descendants du haut débit fixe ont progressé
au cours de la période 2019-23. Selon des données d’Ookla, les débits descendants médians dans les pays de l’OCDE
ont, en moyenne, augmenté de 169 % en quatre ans (quatrième trimestre 2019 – quatrième trimestre 2023), tandis
que les débits ascendants médians ont plus que doublé (soit une augmentation de 207 %). Parallèlement, la latence
médiane a diminué de 20 % au cours de la même période (Graphique 2.4). L’augmentation des débits montants peut
avoir des effets notables pour les personnes qui télétravaillent ou qui utilisent des applications de vidéoconférence
nécessitant un certain débit montant. La réduction de la latence (le temps de réponse du réseau) est importante pour
les applications critiques.
Graphique 2.4. Dans les pays de l’OCDE, les débits montants et descendants augmentent régulièrement,
tandis que la latence a diminué au cours de la période 2019-23
Évolution de la latence et des débits médians du haut débit fixe dans les pays de l’OCDE, du premier trimestre 2019 au quatrième trimestre 2023
18
140
16
120
14
100
12
80 10
8
60
6
40
4
20
2
0 0
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4
2019 2019 2019 2019 2020 2020 2020 2020 2021 2021 2021 2021 2022 2022 2022 2022 2023 2023 2023 2023
Notes : Mbps = Mégabite par seconde. ms = millisecondes. Calculs de l’OCDE basés sur l’ensemble de données Speedtest par Ookla Fixed Network
Performance Maps, du premier trimestre 2019 au quatrième trimestre 2023. La moyenne de l’OCDE se rapporte aux tests de latence et de débit
descendant médian, pondérés par le nombre de tests dans 36 pays de l’OCDE (données non disponibles pour le Costa Rica et Israël). Les mesures
se fondent sur les tests réalisés par les utilisateurs des différents pays via la plateforme Speedtest. Pour un tableau plus complet des indicateurs
de performance du haut débit, voir OCDE (2022[1]).
Source : Speedtest® par Ookla®.
12 [Link]
Le nombre total d’abonnements au haut débit mobile a plus que doublé au cours de la dernière décennie dans les pays de
l’OCDE. Entre 2013 et 2023, il est passé de 928 millions à 1.86 milliard, avec un taux de pénétration de 134 abonnements
pour 100 habitants (OCDE, 2024[2]). La récente introduction de la 5G est l’un des facteurs à l’origine de cette hausse.
Le déploiement de la 5G se poursuit à un rythme soutenu. En juin 2024, la 5G était disponible sous une forme ou une
autre dans 37 des 38 pays de l’OCDE2. Selon GSMA Intelligence, le nombre de connexions 5G3 pour 100 habitants était
en moyenne de 38.6 en 2023, contre 25 l’année précédente pour les 35 pays de l’OCDE pour lesquels des données étaient
disponibles (Graphique 2.5). Les cinq pays de l’OCDE en tête du classement sont les États-Unis avec 68.4 connexions 5G
pour 100 habitants, suivis de la Corée (63), de la Finlande (58), de l’Australie (57) et du Japon (56)(Graphique 2.5). En
outre, selon cette même source de données, la part des connexions 5G dans l’ensemble des connexions mobiles dans
les pays de l’OCDE était de 31 % en 2023 (GSMA Intelligence, 2024[5]).
Graphique 2.5. En l’espace d’un an, les connexions 5G ont augmenté de manière significative
Connexions 5G pour 100 habitants, OCDE, UE27 et République populaire de Chine
2023 2022
Pour 100 habitants
70
60
50
40
30
20
10
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N
N
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Notes : Définition des connexions 5G par GSMA Intelligence (traduction libre) : « cartes SIM uniques 5G (ou numéros de téléphone, lorsque les cartes
SIM ne sont pas utilisées) enregistrées sur le réseau mobile à la fin de la période. Une connexion n’est pas équivalente à un abonné en ce sens qu’un
même abonné peut avoir plusieurs connexions ». Voir [Link]
Source : GSMA (2024[5]), ©GSMA Intelligence 2024, Statistiques de l’OCDE sur les comptes nationaux (base de données), [Link]
(consulté le 26 juin 2024).
12 [Link]
Le nombre de stations de base 5G est un indicateur du niveau de déploiement des services commerciaux dans les
pays et peut influer sur la disponibilité et la qualité de ces services. En constante augmentation, il a atteint 979 000
en 2023 dans l’ensemble des 27 pays de l’OCDE pour lesquels des données étaient disponibles. La Corée arrive en tête
en termes de densité, avec 593 stations de base pour 100 000 habitants, suivie de la Lithuanie (328) et de la Finlande
(251)(Graphique 2.6).
À ce jour, la plupart des réseaux 5G commerciaux sont fondés sur la 5G non autonome, appelée aussi 5G NSA (non-
standalone), qui exploite un cœur de réseau 4G avec des normes 5G NSA spécifiques au niveau de l’interface radio.
Cependant, le déploiement de réseaux 5G autonomes (5G SA, pour standalone) s’accélère (OCDE, 2022 [1]). La 5G autonome,
au contraire de la 5G NSA qui dépend des réseaux de base 4G actuels, nécessite le déploiement d’un tout nouveau
réseau de bout en bout4 (OCDE, 2022[1]). Elle présente divers avantages tels que des débits plus rapides, une latence
plus faible, la prise en charge d’un nombre considérable d’appareils et des systèmes programmables permettant la
création plus rapide et plus agile de services et de tranches de réseau. Au total, 124 des 588 opérateurs de 58 pays du
monde investissent actuellement dans la 5G autonome pour les réseaux publics : en avril 2024, au moins 49 opérateurs
de 29 pays avaient déjà lancé des réseaux 5G SA commerciaux (GSA, 2024[6]).
Dans les pays de l’OCDE, des réseaux privés sont également apparus dans différents secteurs, comme les applications
industrielles, les soins de santé et la défense nationale. Il s’agit généralement de réseaux de communication non publics
locaux. Ces réseaux privés, généralement dédiés à leur propriétaire, assurent une connectivité unifiée et des services
optimisés dans une zone spécifique (par exemple, une usine). Ils peuvent être exploités par leurs entités propriétaires
ou par des opérateurs de réseau mobile. En juin 2024, 78 pays disposaient d’au moins un réseau mobile privé et plus
de 66 opérateurs de réseaux étaient parties prenantes de tels déploiements, selon un rapport du GSA (GSA, 2024[10]).
L’un des principaux obstacles au développement des réseaux privés est l’accès à des fréquences appropriées à un
prix abordable. Les réseaux privés locaux peuvent accéder aux ressources du spectre soit par le biais de licences
locales directes attribuées à des fournisseurs de services autres que de communication (c’est-à-dire des entreprises
industrielles, des entités publiques), soit par l’intermédiaire d’opérateurs mobiles offrant de telles capacités (OCDE,
2022[10]). En Corée, le spectre dédié aux réseaux 5G privés est partagé dans des zones spécifiques (terrain, bâtiment) pour
que ces zones puissent bénéficier de services adaptées à la demande – de l’industrie manufacturière à la logistique et
la santé en passant par l’éducation et la construction navale. Pour que des services 5G privés personnalisés puissent
être proposés dans diverses zones, la Corée a fourni à 50 succursales de 29 entreprises un spectre 5G privé à compter
du 13 décembre 2023. Au Portugal, ANACOM a approuvé les modifications apportées pour l’accès au spectre dans la
bande des 400 MHz à l’intention des fournisseurs intéressés par l’offre de services mobiles privés à des tiers.
Graphique 2.6. Le déploiement des stations de base 5G s’accélère, mais reste inégal d’un pays
de l’OCDE à l’autre
Stations de base 5G, OCDE, UE27 et République populaire de Chine, 2022
Stations de base 5G pour 100 000 habitants Stations de base 5G (axe de droite)
Pour 100 000 inhabitants Stations de base 5G
306 624 3 500 000 170 396 460 000 979 006 175 000
400 100 000
593
90 000
350
80 000
300
70 000
250
60 000
200 50 000
40 000
150
30 000
100
20 000
50
10 000
0 0
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27
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Notes : Le total de l’OCDE correspond aux 27 pays de l’OCDE pour lesquels des données étaient disponibles. Les données pour le Japon sont pour
mars 2023 et les données pour la Corée sont pour août 2023.
Source : OCDE, d’après le questionnaire sur les données élaboré par le GTSIC pour les Perspectives de l’économie numérique 2024. Corée : Les données
relatives aux stations de base proviennent du ministère des Sciences et des TIC, MSIT (2024[7]) K-Network 2030 Strategy. Japon: Les données
proviennent du MIC (2024[85]) Survey on Actual Radio Spectrum Usage. Les données pour l’Autriche, les États-Unis, la Hongrie, le Luxembourg, la
République populaire de Chine et la République slovaque proviennent de la Commission européenne (2023[8]).
12 [Link]
La connectivité sans fil en intérieur, qui connaît un développement croissant, vient en complément d’autres solutions de
connectivité. Les réseaux locaux sans fil (WLAN) constituent un cas d’utilisation particulièrement important, dans lequel
des fréquences non soumises à licence d’exploitation servent à assurer la connectivité, en intérieur principalement, de
réseaux résidentiels et de réseaux locaux d’entreprise. Ils servent également à délester les réseaux mobiles du transport
de données (OCDE, 2022[10]). Plusieurs évolutions sont à noter concernant la norme Wi-Fi5, qui est un type de WLAN. Le
Wi-Fi 6 et le Wi-Fi 6E, par exemple, visent à améliorer les performances, en particulier pour les grands déploiements en
extérieur, à augmenter le débit en zone dense et à réduire la consommation énergétique des appareils (Intel, 2024[11]).
Le Wi-Fi 7 devait être disponible à la mi-20246 (Koziol, 2023[12]).
Autres technologies d’accès au haut débit : accès fixe sans fil et accès haut débit par satellite
L’ambition de connecter l’ensemble de la population, et donc les personnes vivant dans des zones reculées, a conduit
les opérateurs et les acteurs locaux à trouver des solutions de connectivité innovantes. L’accès fixe sans fil et l’accès
haut débit par satellite existent depuis un certain temps, mais ce sont des évolutions technologiques récentes qui
laissent entrevoir la possibilité que ces deux modes d’accès aident à combler les disparités géographiques en matière
de connectivité.
Au cours des dernières années, l’accès fixe sans fil a progressé régulièrement dans les pays de l’OCDE. Malgré un
faible niveau d’adoption (1.7 abonnements pour 100 habitants en décembre 2023), le nombre d’abonnements a atteint
23 millions en 2023 (OCDE, 2024[2]) (Graphique 2.7). En décembre 2023, le taux de pénétration était supérieur à la moyenne
de l’OCDE dans certains pays, tels que la République tchèque (15 abonnements pour 100 habitants), la République
slovaque (7.7), la Nouvelle-Zélande (7) et l’Estonie (6.7) (OCDE, 2024[2]).
L’accès haut débit par satellite, quant à lui, demeure peu plébiscité, avec une moyenne d’environ 0.2 abonnement
pour 100 habitants sur la période 2013-23 dans les pays de l’OCDE (Graphique 2.7). En décembre 2023, son taux de
pénétration le plus élevé se trouvait en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis et en Australie avec respectivement 0.9, 0.6 et
0.3 abonnement pour 100 habitants (OCDE, 2024[2]). De plus amples détails sur les progrès de la technologie de l’accès
par satellite, notamment sur les évolutions récentes concernant les constellations de satellites en orbite terrestre
basse (LEO), figurent dans le coup de projecteur « Réseaux de nouvelle génération et écosystème de la connectivité »
du Volume 1 de ces Perspectives de l’économie numérique (OCDE, 2024[13]).
Graphique 2.7. Les abonnements à l’accès fixe sans fil et à l’accès par satellite continuent de progresser
dans les pays de l’OCDE et pourraient contribuer à réduire les disparités géographiques en matière
de connectivité
Abonnements à l’accès fixe sans fil et à l’accès par satellite pour 100 habitants, OCDE
1.6
1.4
1.2
0.8
0.6
0.4
0.2
0
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Notes : La moyenne de l’OCDE correspond aux pays couverts. Veuillez noter que la définition de l’accès fixe sans fil a été révisée en 2023.
Source : OCDE (2024[2]), Statistiques du haut débit (base de données), Statistiques de l’OCDE sur les télécommunications et l’internet (base de données),
[Link]/sti/broadband/[Link]. Le StatLink contient plus de données.
12 [Link]
Les opérateurs développent les solutions d’accès fixe sans fil dans plusieurs pays de l’OCDE (Australie, États-Unis, Italie,
Nouvelle-Zélande et Suisse). Par exemple, en Australie, Nokia fournira des services d’accès fixe sans fil en utilisant les
ondes millimétriques pour le réseau national haut débit (NBN) (Majithia, 2022[14]). Aux États-Unis, T-Mobile et Verizon
ont été les premiers à proposer des offres d’accès fixe sans fil. T-Mobile prévoit de desservir 7 à 8 millions de clients
d’ici 2025, et le service Home Internet de Verizon escompte 4 à 5 millions d’abonnés d’ici la fin 2025 (Alleven, 2022[15] ;
Fletcher, 2022[16]). En Inde, Reliance Industries a annoncé en 2022 son service « AirFiber », une offre d’accès fixe sans
fil s’appuyant sur le réseau 5G de Reliance Jio avec un appareil faisant office de hotspot Wi-Fi à la maison ou dans une
entreprise (Hardesty, 2022[18]). La société a lancé ce service dans huit villes indiennes en septembre 2023 et prévoit
d’atteindre 100 millions d’abonnés à l’accès fixe sans fil (Wood, 2023[19]).
L’accès fixe sans fil peut présenter l’avantage d’être une solution complémentaire de connectivité sur le dernier kilomètre
permettant à des zones résidentielles reculées d’obtenir le haut débit. Dans le même temps, l’un de ses inconvénients
est la limitation de la bande passante en fonction de la disponibilité du spectre. Les avantages spécifiques de cette
solution dépendent souvent de la technologie utilisée (4G-LTE, 5G, WiMax) et de la manière dont les opérateurs gèrent
le trafic généré par les connexions à l’accès fixe sans fil.
Les technologies telles que l’accès fixe sans fil et l’accès haut débit par satellite, bien qu’elles soient proposées comme
des moyens possibles de fournir des services de communication dans les zones rurales et reculées, peuvent présenter
des inconvénients. L’accès haut débit par satellite peut ainsi être assorti de restrictions en termes de bande passante
(avec des plafonds de données, par exemple) ou d’un débit annoncé inférieur, ou présenter une qualité moindre ou
un prix plus élevé (OCDE, 2022[20]). Reconnaissant le rôle potentiel des satellites dans la réduction des disparités de
connectivité, ainsi que les coûts associés, certains pays ont choisi d’intégrer des subventions pour les services par
satellite dans les zones rurales (OCDE, 2018[21] ; OCDE, 2017[22]).
Il existe des disparités en matière de connectivité aux niveaux international et infranational. Par exemple, le taux de
pénétration du haut débit fixe dans les pays de l’OCDE (35.8 abonnés pour 100 habitants) était plus de deux fois supérieur
à la moyenne mondiale (hors pays de l’OCDE) (15 pour 100) en décembre 2023 (Graphique 2.8).
Graphique 2.8. Le taux de pénétration du haut débit fixe augmente partout dans le monde, mais des
disparités en matière de connectivité persistent entre les pays
Évolution du nombre d’abonnements au haut débit fixe pour 100 habitants, OCDE et monde
35
30
25
20
15
10
0
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
À bien des égards, des progrès significatifs ont été accomplis en vue de connecter davantage de personnes et de
commencer à réduire les disparités en matière de connectivité. Toutefois, des inégalités territoriales importantes et
persistantes subsistent pour ce qui est de l’accès à un haut débit abordable et de qualité. Par conséquent, il est important
d’évaluer l’accessibilité financière des services de communication ainsi que les disparités géographiques en matière
d’accès à la connectivité, car il s’agit d’indicateurs pouvant aider les responsables publics à orienter leur action au
service de la connectivité pour tous.
L’évaluation des prix des services de communication est un moyen de mesurer leur accessibilité financière et un facteur
important pour comprendre la dynamique de la concurrence. Plusieurs facteurs déterminent ces prix. Les cadres d’action
et de réglementation ont une incidence directe sur les incitations à l’investissement, les barrières à l’entrée et les
coûts de déploiement des réseaux (y compris les droits d’octroi de licences pour le spectre). Le niveau de concurrence
sur les marchés des communications influe également sur les prix. Les paniers de tarifs de l’OCDE fournissent des
informations détaillées sur l’évolution des prix des offres fixes, mobiles et groupées de services de communication. La
nouvelle méthodologie de l’OCDE pour le calcul des tarifs des offres groupées de services de communication comprend
différentes combinaisons de haut débit fixe, de téléphonie vocale fixe, de téléphonie vocale et données mobiles (haut
débit mobile), de télévision ainsi que de profils d’utilisation8.
Au cours de la dernière décennie, les tarifs du haut débit fixe et mobile ont baissé dans les pays de l’OCDE. Entre 2013
et 2023, dans la zone OCDE, les tarifs moyens de quatre paniers différents de services de haut débit mobile (paniers de
téléphonie vocale et données mobiles) ont fortement diminué. Le tarif du panier correspondant au profil d’utilisation
faible (100 appels et forfait de données de 500 mégaoctets [Mo]) a baissé de 54 %, passant de 32 USD en PPA à 14.6 USD
en PPA. Pour le profil d’utilisation moyenne, le pourcentage est du même ordre (-63 %). Le tarif du panier correspondant
au profil d’utilisation élevée (900 appels et 2 gigaoctets [Go] de données) a connu la plus forte baisse – de 71 USD en
PPA à 20 USD en PPA, soit une diminution de 72 % par rapport au tarif moyen initial dans les pays de l’OCDE. Enfin, le
profil d’utilisation très élevée (900 appels et 10 Go de données), pour lequel la série chronologique est plus courte, a vu
son tarif reculer de 50 % entre 2018 et 2023. Cette baisse des tarifs du haut débit mobile a sans aucun doute contribué à
atténuer l’une des causes des inégalités d’accès aux services de communication dans les pays de l’OCDE (Graphique 2.9).
Graphique 2.9. Au cours de la dernière décennie, les tarifs du haut débit fixe et mobile ont baissé
dans les pays de l’OCDE
Évolution des paniers de tarifs applicables au haut débit fixe ainsi qu’à la téléphonie vocale et aux données mobiles en USD en PPA
90
70
80
60
70
50
60
50 40
40
30
30
20
20
10
10
0 0
Juin Juin Sept. Juin Juin Juin Juin Juin Juin Juin Sept. Mai Mai Août Mai Mai Mai Mai Mai Mai Août Août
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Notes : PPA = parité de pouvoir d’achat ; Go = gigaoctets ; Mo = mégaoctets. La méthodologie du panier consiste à sélectionner, pour chaque pays de
l’OCDE, les offres les moins chères du marché répondant à tous les critères pour un profil d’utilisation donné (utilisation faible, moyenne, élevée
ou très élevée).
Source : Calculs de l’OCDE d’après (Teligen/TechInsights, 2024[24]), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology.
12 [Link]
S’agissant du haut débit fixe dans la zone OCDE, la tendance à la baisse est plus prononcée pour les profils d’utilisation
élevée (900 Go de données et débits supérieurs à 1 Gbps), avec un recul de 22.5 % entre 2015 et 2023, tandis que le tarif
du panier correspondant à une utilisation faible (20 Go de données) a diminué de 17 % entre 2013 et 2023. Au cours de
la période 2013-23 également, le tarif du panier correspondant à une utilisation moyenne (120 Go) est resté relativement
stable (-7.4 %) (Graphique 2.9).
Les offres groupées de services de communication sont de plus en plus répandues dans les pays de l’OCDE. En 2023, elles
représentaient 69 % du total des offres de haut débit fixe dans les pays de l’OCDE (OCDE, 2024[2]). Plus d’un quart (26 %)
d’entre elles étaient des offres triple service (haut débit fixe, téléphonie vocale fixe et télévision), tandis que 15 % étaient
des offres quadruple service (haut débit fixe, téléphonie vocale fixe, télévision et haut débit mobile) (OCDE, 2024[2]). En
presque trois ans (juillet 2020-janvier 2023), les tarifs des forfaits triple service ont, en moyenne, diminué d’environ
19.5 % pour le profil d’utilisation moyenne dans la zone OCDE. Les tarifs des offres groupées triple et quadruple service
sont restés dans l’ensemble relativement stables (Graphique 2.10).
Il existe des disparités entre les pays en ce qui concerne les tarifs des offres groupées haut débit. Par exemple, dans
le cas de l’offre triple service avec profil d’utilisation faible, le tarif en USD en PPA varie d’un facteur huit entre le pays
où l’offre est la moins chère et celui où elle est la plus chère. En janvier 2023, la moyenne de l’OCDE était de 64 USD en
PPA pour l’offre triple service avec profil d’utilisation faible et de 100 USD en PPA pour l’offre triple service avec profil
d’utilisation moyenne-élevée (Graphique 2.11).
Dans les pays où les tarifs sont élevés, les offres groupées de services de communication peuvent être inaccessibles
financièrement à certaines parties de la population (UIT, 2023[25]). Dans les pays où les disparités de revenus sont
importantes, un ménage moyen peut être en mesure de s’offrir des services de communication à tarif élevé, mais d’autres
ménages peuvent les trouver hors de portée. Le cas échéant, les groupes concernés sont exposés à un risque accru
de marginalisation s’ils ne peuvent disposer des outils numériques nécessaires pour accéder aux services essentiels
(éducation, emploi, santé, transports, par exemple) et gérer une activité professionnelle (OCDE, 2022[20]). (Pour plus de
détails sur les différents paniers de tarifs, voir l’annexe statistique contenant tous les tableaux des tarifs des services
de communication.)
Graphique 2.10. Les tarifs des offres groupées de services de communication sont restés relativement stables
dans les pays de l’OCDE en 2020-23, à l’exception de l’offre triple service avec profil d’utilisation moyenne
Évolution des tarifs des offres triple et quadruple service, moyenne OCDE, 2020-23, en USD en PPA
A. Offres triple service (haut débit fixe, téléphonie B. Offres quadruple service (haut débit fixe, téléphonie
vocale fixe et télévision) vocale fixe, télévision et haut débit mobile)
Utilisation faible Utilisation moyenne Utilisation faible Utilisation moyenne-élevée
Utilisation élevée Utilisation élevée
140 160
140
120
120
100
100
80
80
60
60
40
40
20 20
0 0
Juil. Jan. Juil. Jan. Juil. Jan. Juil. Juil. Jan. Juil. Jan. Juil. Jan. Juil.
2020 2021 2021 2022 2022 2023 2023 2020 2021 2021 2022 2022 2023 2023
Note : Les tarifs correspondent à la moyenne des trois offres les moins onéreuses répondant à tous les critères relatifs à un profil d’utilisation donné.
Source : Calculs de l’OCDE, d’après (Teligen/TechInsights, 2024[24]), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology.
12 [Link]
Graphique 2.11. Le tarif des offres triple service est très variable d’un pays à un autre de l’OCDE
Paniers de tarifs des offres triple service (haut débit fixe, téléphonie vocale fixe et télévision) dans les pays de l’OCDE, profils d’utilisation faible et moyenne-
élevée, janvier 2023
200
150
100
50
0
I
U
N
N
DE
D
C
S
R
R
R
P
L
L
L
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EX
K
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HU
ES
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JP
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SV
CA
NL
TU
LU
DN
NO
KO
GB
US
SV
FR
OC
M
Notes : Les tarifs correspondent à la moyenne des trois offres les moins onéreuses répondant à tous les critères relatifs à un profil d’utilisation
donné. Offres triple service = haut débit fixe, téléphonie vocale fixe et télévision payante.
Source : Calculs de l’OCDE, d’après (Teligen/TechInsights, 2024[24]), « Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology.
12 [Link]
D’importantes disparités territoriales persistent au sein des pays de l’OCDE et entre eux. Elles concernent aussi bien
la disponibilité des offres haut débit dans les zones rurales que les écarts de performance du haut débit entre les
régions. La part de l’ensemble des ménages déclarant disposer d’un accès à l’internet de base (supérieur à 256 Kbps)9
a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie dans les pays de l’OCDE, passant de 75.7 % en 2013 à
91.5 % en 2023. Toutefois, l’adoption des services internet varie grandement selon que les ménages se trouvent en zone
rurale ou en zone urbaine. En 2023, 89.2 % des ménages de l’OCDE vivant dans des zones rurales déclaraient avoir accès
à l’internet, bien qu’à des débits minimaux, contre 91.5 % des ménages en général (OCDE, 2024[26]).
La couverture du haut débit dans les zones rurales reste un défi majeur pour de nombreux pays de l’OCDE. Ce défi est
souvent lié au fait que le déploiement des infrastructures n’a pas le même coût en zone rurale et dans les centres plus
peuplés (OCDE, 2021[27]). Par exemple, seuls 45 % des ménages ruraux européens vivaient dans des zones couvertes
par un réseau à haut débit (FTTH ou DOCSIS 3.1)10 en 2022, contre 73 % des ménages dans l’ensemble des zones
(Commission européenne, 2024[28]).
Les différences territoriales en matière de connectivité se traduisent également par des expériences d’utilisation qui
varient considérablement en fonction du lieu de résidence et de travail. C’est ce que montrent les différences entre
les débits descendants réels observés en zone métropolitaine et observés ailleurs (zone reculée ou proche d’une ville
de petite ou moyenne taille). Sur la période 2019-23, dans la zone OCDE, les données de connectivité issues des tests
auto-administrés d’Ookla (Speedtest) montrent des écarts persistants dans les débits dont bénéficient les internautes,
selon que leur lieu de vie est une zone métropolitaine (villes) ou une région qui en est éloignée (zone reculée ou proche
d’une ville de petite ou moyenne taille) (Graphique 2.12).
Graphique 2.12. Les écarts entre les débits dont bénéficient les internautes en zone métropolitaine (ville)
et hors zone métropolitaine persistent au fil du temps
Évolution des écarts entre les débits descendants moyens (haut débit fixe) dont bénéficient les internautes (Ookla), selon la classification TL3 (petites régions)*,
moyenne de l’OCDE, T1 2019-T4 2023, écart en pourcentage par rapport à la moyenne de l’OCDE
Zones métropolitaines Régions éloignées d’une zone métropolitaine Régions proches d’une zone métropolitaine
Pourcentage d’écart de la moyenne OCDE
10
5
0
-5
-10
-15
-20
-25
-30
-35
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4
2019 2019 2019 2019 2020 2020 2020 2020 2021 2021 2021 2021 2022 2022 2022 2022 2023 2023 2023 2023
Notes : Calculs de l’OCDE, d’après les données de la plateforme Speedtest d’Ookla, du premier trimestre de 2019 au quatrième trimestre de 2023.
Moyenne des débits descendants moyens constatés, pondérée par le nombre de tests, exprimés sous la forme d’un écart en pourcentage par
rapport à la moyenne calculée pour 34 pays de l’OCDE (données indisponibles pour le Costa Rica, l’Islande et Israël, et zones métropolitaines
uniquement pour le Luxembourg). Les mesures se fondent sur les tests réalisés par les utilisateurs des différents pays via la plateforme Speedtest.
Pour un tableau plus complet des indicateurs de performance du haut débit, voir OCDE (2022[1]). *L’OCDE décompose les petites régions (TL3) en
trois grandes classifications : les « régions métropolitaines », les « régions proches d’une zone métropolitaine » et les « régions éloignées d’une zone
métropolitaine ». Cette dernière catégorie comprend elle-même deux sous-catégories : les « régions proches d’une ville de petite/moyenne taille »
et les « régions reculées » (voir [Link]
Source : Speedtest® by Ookla® Global, Fixed and Mobile Network Performance Maps.
12 [Link]
Dans les pays de l’OCDE, au quatrième trimestre 2023, les débits descendants moyens sur les réseaux fixes étaient
en moyenne inférieurs de 19.6 points de pourcentage à la moyenne nationale dans les régions éloignées des zones
métropolitaines, et en moyenne supérieurs de 6 points de pourcentage à la moyenne nationale dans les zones
métropolitaines (urbaines) (Graphique 2.13). En outre, au quatrième trimestre 2023 et dans les pays de l’OCDE pour
lesquels des données étaient disponibles, les habitants des villes ont bénéficié, pour le haut débit fixe, de débits
descendants médians supérieurs de 50 % à ceux disponibles dans les régions éloignées des zones métropolitaines
(Graphique 2.14). Si les différences entre les régions diminuent dans certains pays, les disparités persistent entre les
régions urbaines et les régions reculées.
Graphique 2.13. Dans les pays de l’OCDE, les débits descendants moyens sur les réseaux fixes
dans les régions éloignées des zones métropolitaines étaient inférieurs de près de 20 points de pourcentage
à la moyenne nationale
Écarts entre les débits descendants moyens (haut débit fixe) dont bénéficient les internautes dans les pays de l’OCDE, selon la classification TL3 (petites régions),
quatrième trimestre 2023
Zones métropolitaines Régions proches d’une zone métropolitaine Régions éloignées d’une zone métropolitaine
Pourcentage d’écart de la moyenne nationale
30
20
10
-10
-20
-30
-40
-50
U
U
N
N
N
N
D
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S
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CA
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NO
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GB
KO
US
SV
FR
OC
M
Notes : Calculs de l’OCDE, d’après les données de la plateforme Speedtest d’Ookla pour le quatrième trimestre de 2023. Moyenne des débits
descendants moyens constatés, pondérée par le nombre de tests, exprimés sous la forme d’un écart en pourcentage par rapport à la moyenne
nationale dans 34 pays de l’OCDE (données indisponibles pour le Costa Rica, l’Islande et Israël, et zones métropolitaines uniquement pour le
Luxembourg). Voir d’autres notes au Graphique 6.12.
Source : Speedtest® by Ookla® Global, Fixed and Mobile Network Performance Maps.
12 [Link]
Les débits descendants/montants ne sont qu’un indicateur parmi d’autres de la qualité du haut débit. La latence des
réseaux (soit le temps que met une information pour effectuer le trajet entre deux points d’un réseau, par exemple le
délai entre l’envoi d’une commande et la réception de la réponse), la fiabilité des réseaux et la qualité de l’expérience
d’utilisation renseignent également sur les performances des réseaux (OCDE, 2022[1]). L’amélioration des temps de
réponse (c’est-à-dire la réduction de la latence) favorise de nombreuses applications dans différents secteurs (véhicules
entièrement automatisés, chirurgie à distance, par exemple). On observe en outre, entre les zones rurales et les zones
urbaines, des différences de qualité sur la base de critères autres que le débit, qui peuvent nuire à la qualité globale de
l’expérience des utilisateurs ruraux. D’après des calculs de l’OCDE basés sur les données d’Ookla (Ookla, 2024[29]), les
habitants des villes des pays de l’OCDE bénéficient d’un temps de latence médian 23 % plus bas en moyenne que celui
des régions éloignées des zones métropolitaines au quatrième trimestre 2023.
Réduire les disparités en matière de connectivité, une priorité pour les pays
Les pays sont de plus en plus nombreux à considérer que le droit à la connectivité est aussi important que le droit à
l’électricité ou à l’eau potable. Par exemple, plus de la moitié des pays de l’OCDE (c’est-à-dire 19 des 36 pays pour lesquels
des données étaient disponibles) considèrent l’accès à l’internet comme un droit fondamental des citoyens. En outre, la
plupart (30 des 36 pays de l’OCDE) ont modifié leur cadre juridique de manière à inclure le haut débit dans leur cadre
de service universel. La reconnaissance par les pouvoirs publics de la connectivité en tant que droit fondamental est
un pas vers la réduction des fractures numériques.
Graphique 2.14. Dans les pays de l’OCDE, les débits descendants médians constatés pour le haut débit
fixe dans les villes étaient supérieurs de 50 % à ceux des régions éloignées des zones métropolitaines au
quatrième trimestre 2023
Débits descendants médians (haut débit fixe) dans les pays de l’OCDE par classification TL3 (petites régions)
Zones métropolitaines Régions proches d’une zone métropolitaine Régions éloignées d’une zone métropolitaine
Mbps
300
250
200
150
100
50
U
N
N
N
N
D
DE
C
E
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R
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P
L
L
L
L
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HU
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JP
LV
LT
CA
SV
NL
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KO
GB
TU
US
SV
FR
OC
M
Notes : Mbps = Mégabits par seconde. Calculs de l’OCDE, d’après les données de la plateforme Speedtest d’Ookla pour le quatrième trimestre
de 2023. Les chiffres se rapportent aux débits descendants médians constatés, pondérés par le nombre de tests dans 35 pays de l’OCDE (données
non disponibles pour le Costa Rica, l’Islande et Israël).
Source : Speedtest® by Ookla® Global, Fixed and Mobile Network Performance Maps.
12 [Link]
Compte tenu des disparités géographiques en matière de couverture et de qualité du haut débit aux niveaux international
et infranational, il est nécessaire d’agir pour garantir une connectivité ubiquitaire, abordable et de haute qualité.
L’accessibilité financière et la haute qualité des services haut débit découlent généralement de la concurrence sur les
marchés des communications et d’investissements dans les réseaux.
Des politiques générales qui favorisent la concurrence, encouragent les investissements et facilitent le déploiement des
infrastructures sont des outils essentiels pour stimuler l’expansion de réseaux de communication de haute qualité, y
compris dans les zones rurales et isolées qui sont souvent mal desservies ou totalement dépourvues de services. Pour
développer la connectivité, il est essentiel de combiner les forces du marché et d’autres approches (OCDE, 2021[30]). À ce
titre, le cadre réglementaire, juridique et institutionnel joue un rôle fondamental pour réduire les disparités en matière
de connectivité. C’est notamment le cas dans le secteur des communications, qui se caractérise par des coûts fixes élevés
et des barrières à l’entrée (voir la section sur les cadres des politiques et des réglementations des communications).
Objectifs en matière de connectivité et programmes publics visant à développer un haut débit de qualité
La plupart des pays de l’OCDE (36 sur 38) se sont fixé des objectifs en matière de connectivité dans le cadre d’une stratégie
numérique ou d’un plan national pour le haut débit. Ces textes définissent des objectifs spécifiques de couverture et
de qualité à atteindre dans un certain délai. Toutefois, les pays sont de plus en plus nombreux à viser des débits plus
élevés (de l’ordre du « gigabit »).
La majorité des pays de l’OCDE (31 sur 38) ont alloué des fonds publics à la poursuite du déploiement d’une connectivité
de haute qualité (5G et fibre) dans le but de réduire les inégalités. Ces fonds publics (ou aides d’État) ont été prévus
dans le cadre de plans de relance économique ou de stratégies nationales en faveur du numérique ou du haut débit,
ou sont des fonds spécifiques destinés à développer le haut débit dans les zones rurales.
Étant donné la diversité des pays en termes de territoires, de cadres réglementaires, de dynamique de marché et de
contexte historique, le montant des fonds publics nécessaires pour compléter les investissements du secteur privé
varie. Certains pays ont investi plus d’1 milliard USD de fonds publics pour développer le haut débit depuis 2018
(Allemagne, Australie, Autriche, Canada, Espagne, États-Unis, Irlande, Italie, Nouvelle-Zélande, Pologne, République
tchèque et Royaume-Uni) :
● Au Canada, le Fonds pour la large bande universelle (3.225 milliards CAD ; 2.5 milliards USD)11 – qui fait partie de la
stratégie canadienne pour la connectivité – soutient des projets à haut débit dans tout le pays (Gouvernement du
Canada, 2022[31]).
● En Nouvelle-Zélande, un programme financé par les pouvoirs publics (1.785 milliard NZD ; 1.115 milliard USD)12 vise à
fournir la fibre à plus de 410 villes et institutions clés d’ici 2023 (Ministère des Entreprises, de l’Innovation et de l’Emploi,
2022[32]).
● Aux États-Unis, la loi de 2021 sur l’investissement dans les infrastructures et l’emploi prévoit d’allouer 65 milliards USD
pour combler les fractures numériques en développant l’infrastructure haut débit et en finançant des programmes
d’équité et d’inclusion numériques (The White House, 2021[33]).
● Le Royaume-Uni a alloué 5 milliards GBP (6.25 milliards USD)13 pour subventionner le déploiement du très haut débit
dans les zones laissées de côté par les investissements privés (20 % du pays) (DIST, 2023[34]).
Plusieurs programmes de financement public mettent l’accent sur la fibre (en Australie, en Autriche, au Chili, en Colombie,
en Nouvelle-Zélande, au Portugal et en Türkiye). Par exemple, le Chili a inclus le projet national pour la fibre optique
(Fibra Óptica Nacional - FON) dans le programme de subvention des infrastructures du Fonds de développement des
télécommunications en 2021. La Colombie a financé le projet national pour la fibre optique afin d’étendre l’infrastructure
des réseaux de fibre. En décembre 2023, le Portugal a lancé un appel d’offres international relatif à des réseaux de fibre
afin de couvrir l’ensemble de son territoire continental d’ici 2026/27 (Gouvernement du Portugal, 2023[35]). La Türkiye a
alloué des fonds publics pour soutenir l’expansion de l’infrastructure haut débit à haute capacité, y compris les réseaux
de fibre et les réseaux haut débit mobile, en particulier dans les régions mal desservies.
On voit apparaître des exemples de formes innovantes de financement public en vue de développer le haut débit dans
les régions très reculées. Au Brésil, le programme Norte Conectado, partiellement financé par le produit de la vente aux
enchères du spectre 5G en 2021 (1.3 milliard BRL ; 250 millions USD)14, prévoit le déploiement de 12 000 km de fibre sous-
fluviale pour connecter au haut débit 59 municipalités (10 millions de personnes) dans la région de l’Amazonie. Dans
le cadre de ces investissements, il est prévu la constitution d’un consortium ouvert d’opérateurs chargé de veiller à la
durabilité environnementale du projet. De fait, ce projet permet de préserver quelque 68 millions d’arbres par rapport au
déploiement d’un réseau de communication à l’intérieur des terres avec des gaines et des poteaux. En novembre 2023,
environ trois des huit segments étaient déployés, au service d’une connectivité de haute qualité à travers la région
amazonienne du Brésil (Ministère des Communications, 2023[36]). OCDE (2024[3]) contient en annexe des informations
plus détaillées sur les différentes méthodes de financement par des fonds publics dans les pays de l’OCDE.
La plupart des pays de l’OCDE (97 %) collectent des indicateurs infranationaux sur les abonnements au haut débit
ainsi que sur sa couverture et/ou sa qualité. La grande majorité (31 sur 38) dispose de cartes nationales du haut débit
commanditées par les pouvoirs publics pour accroître la transparence sur la disponibilité du haut débit (« Ma connexion
internet » pour la France, le microsite du Mexique, la plateforme géographique du Portugal, « bredbandskartan » pour
la Suède). En outre, près de la moitié des pays de l’OCDE (18 sur 38) utilisent des approches telles que la « contribution
participative » et les données ouvertes pour mesurer la qualité et la couverture du haut débit. Le Royaume-Uni, par
exemple, publie le Ofcom Connected Nations Report (Ofcom, 2022[37]). Certains pays, comme le Canada, les États-Unis et
le Mexique, publient également des données sur la couverture de populations ou de zones géographiques particulières,
telles que les populations et terres autochtones (FCC, 2021[38] ; CRTC, 2024[39] ; IFT, 2024[40]).
Améliorer la précision des données sur le haut débit à un niveau granulaire est indispensable pour assurer la transparence
vis-à-vis de l’utilisateur final et renforcer l’efficacité de l’action publique dans le domaine. Les cartes du haut débit, par
exemple, peuvent orienter l’allocation de fonds destinés à réduire les inégalités en matière de connectivité dans les zones
non desservies ou mal desservies. C’est pourquoi les pays de l’OCDE s’efforcent constamment d’améliorer ces cartes. Aux
États-Unis, par exemple, la Federal Communications Commission (FCC) a publié un projet de nouvelle carte nationale
haut débit en 2022, en invitant le public à lui communiquer les inexactitudes relevées afin d’améliorer la précision de la
carte (FCC, 2022[41]). En outre, la publication des informations étayant les cartes sous la forme de données ouvertes peut
permettre à des tiers de contribuer à une analyse plus approfondie. Des pays comme le Canada, les États-Unis et la France
fournissent des données pour leurs cartes dans un format ouvert (ISDE, 2022[42] ; Arcep, 2022[43] ; FCC, 2024[44]).
Les pays soutiennent également la mise à disposition d’outils destinés à faciliter les comparaisons en termes de
disponibilité et de tarifs du haut débit, l’accessibilité financière étant une préoccupation majeure. La disponibilité de ces
informations donne aux consommateurs des moyens d’agir, fournit des indications utiles sur le niveau de concurrence
sur le marché et vient en complément d’autres indicateurs utilisés pour évaluer l’efficacité et les performances globales
du secteur.
Graphique 2.15. Presque tous les pays de l’OCDE produisent des indicateurs infranationaux
sur la disponibilité et la qualité du haut débit et une grande majorité d’entre eux produisent
des cartes du haut débit
Approches granulaires de la mesure du haut débit dans les pays de l’OCDE
Oui Non
18 %
97 % 82 %
Note : L’échantillon est composé de 38 pays de l’OCDE (37/38 ont des indicateurs infranationaux sur le haut débit et 31/38 ont des cartes du haut
débit).
Source : OCDE, d’après le questionnaire sur les réglementations élaboré par le GTSIC pour les Perspectives de l’économie numérique 2024.
12 [Link]
Outre les réseaux municipaux, les réseaux communautaires sont souvent le fruit d’approches ascendantes mises en
œuvre dans les zones rurales et isolées en faisant fond sur des connaissances et des initiatives locales, qui peuvent
jouer un rôle complémentaire de l’action des fournisseurs de services nationaux en réduisant les disparités en matière
de connectivité (Redes, 2020[46]). Les conditions-cadre institutionnelles peuvent contribuer à encourager les initiatives
ascendantes visant à étendre la connectivité dans les zones rurales et/ou reculées. En 2013, par exemple, la réforme
des télécommunications au Mexique a mis des licences d’exploitation du spectre à la disposition de la société civile,
en particulier des réseaux communautaires et indigènes à but non lucratif. Ces changements ont contribué à l’essor
des réseaux communautaires dans les zones rurales (OCDE, 2017[47]). Le Mexique a accordé des licences d’utilisation
locale du spectre pour faciliter l’accès des fournisseurs d’accès à l’internet sans fil (WISP), principalement dans les
zones rurales (OCDE, 2022[10]). Il a fait état de plus de 660 licences WISP en 2022 (IFT, 2022[48]). Au Brésil, le régulateur
des communications (Anatel) a explicitement reconnu que les réseaux communautaires étaient une option en matière
d’accès à l’internet (Anatel, 2020[49]).
Parmi les mesures qui contribuent à réduire les obstacles à l’entrée des opérateurs locaux, on peut citer : l’accès au
spectre au niveau local (voir section 3), l’allègement des exigences en matière d’octroi de licences pour les petits
fournisseurs de services, l’amélioration de l’accès à la connectivité de collecte et la mise à jour des dispositions relatives
au service universel afin que les opérateurs alternatifs puissent avoir accès à ces fonds (Redes, 2020[46]).
Des programmes sur mesure pour réduire les disparités en matière de connectivité
Certains pays de l’OCDE ont mis en place des politiques aussi bien générales que ciblées pour combler les inégalités en
matière de connectivité. Les politiques générales peuvent viser à accroître la concurrence et les investissements sur les
marchés du haut débit de sorte à influer directement sur l’accès aux services de communication et leur accessibilité
financière. Dans le même temps, les pays peuvent également prévoir des approches adaptées afin de réduire les
disparités en matière de connectivité dans les régions rurales et reculées. Il s’agit notamment de programmes destinés
aux populations à faible revenu (initiatives axées sur la demande) afin de promouvoir l’adoption des services haut débit.
Par exemple, les fournisseurs d’accès à l’internet résidentiel au Portugal doivent proposer des tarifs sociaux lorsque
l’infrastructure le permet (ANACOM, 2022[50]). Pour leur part, les États-Unis ont lancé le programme pour une connectivité
abordable (« Affordable Connectivity Program »), examiné plus en détail dans le document (2023[51]) de l’OCDE.
Les modèles d’agrégation de la demande sur le marché peuvent contribuer à donner davantage de certitudes aux
investisseurs et opérateurs. En Allemagne, par exemple, l’agrégation de la demande15 permet d’étendre la connectivité
dans les zones rurales et reculées ; entre 30 et 40 % des ménages doivent s’engager avant que les réseaux FTTH ne
soient déployés (Deutsche Glasfaser, 2020[52] ; FiberConnect Council MENA, 2022[53]).
En complément, certains pays mettent également en œuvre des solutions d’accès public au haut débit (sous la forme
de points d’accès Wi-Fi publics). Par exemple, en Colombie, le projet Acceso Universal para Zonas Rurales - Centros Digitales
vise à fournir des solutions de connectivité Wi-Fi publique dans 14 750 « centres numériques » répartis dans tous
les départements colombiens jusqu’en 2031 (OCDE, 2022[54]). Au Mexique, le programme public CFE (Comisión Federal
de Electricidad) Telecomunicaciones e Internet Para Todos fournit 91 000 points d’accès Wi-Fi gratuits dans tout le pays
(Gouvernement du Mexique, 2024[55]). Toutefois, ces points d’accès ne remplacent pas les abonnements au haut débit
des ménages et des entreprises. Pour plus de détails sur les approches personnalisées visant à réduire les disparités
de connectivité (OCDE, 2021[27]).
En effet, les réseaux haut débit répondent à la demande croissante de la transformation numérique. Face à la nécessité
d’une conception plus souple des réseaux et de services de communication plus rentables et de meilleure qualité, le
secteur des communications s’oriente vers la désagrégation des éléments de réseau, la virtualisation, l’intégration
de services infonuagiques aux réseaux, davantage de réseaux privés et une plus grande utilisation des systèmes d’IA
dans les réseaux, entre autres mesures (OCDE, 2022[1]). Les opérateurs utilisent l’IA et l’apprentissage automatique
pour améliorer et optimiser la gestion des réseaux, effectuer de la maintenance prédictive et réduire la consommation
d’énergie des réseaux haut débit. En outre, à mesure que la virtualisation progresse, les réseaux intègrent également
des solutions issues de l’infonuagique et de l’informatique en périphérie. Ainsi, les partenariats entre les fournisseurs
de services de communication et les principaux fournisseurs de services infonuagiques (Microsoft Azure, Amazon Web
Services et Google Cloud) se sont multipliés ces dernières années (OCDE, 2022[1]).
Dans ce contexte où les tendances technologiques façonnent les réseaux, le paysage de la connectivité évolue également.
Ce paysage fait une place de plus en plus importante tant aux acteurs existants qu’à des acteurs émergents. Les
gestionnaires d’infrastructures de télécommunications, les fournisseurs de services infonuagiques, les sociétés de
satellites et les prestataires de services en accès direct (over-the-top, OTT), par exemple, redéfinissent leur participation
aux modèles économiques.
Il faut un large éventail de solutions de connectivité, souvent complémentaires, pour répondre à la demande que
connaîtront les futurs réseaux haut débit et assurer aux utilisateurs une connectivité sans solution de continuité (OCDE,
2022[1]). Les développements concernent les solutions haut débit par satellite (constellations de satellites en orbite
terrestre basse), les avancées vers les technologies de « l’après 5G », de nouvelles améliorations des WLAN (comme le
Wi-Fi), et la prochaine étape de la convergence des réseaux avec le développement de réseaux sans fil hybrides terrestres
et non terrestres. Toutes ces évolutions laissent entrevoir un avenir où la co-intégration des solutions de connectivité
prendra de l’importance. Dans le même temps, elles rendront plus complexe le paysage de l’action stratégique et
réglementaire dans le domaine des communications. (Voir Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE (Volume 1), Coup
de projecteur : « Réseaux de nouvelle génération et écosystème de la connectivité » (OCDE, 2024[56])).
À mesure que les réseaux et l’écosystème de la connectivité évoluent, la réglementation et l’action publique doivent
également s’adapter. D’une part, l’environnement réglementaire doit continuer à favoriser l’innovation et les
investissements afin d’assurer des conditions optimales pour le déploiement des réseaux. D’autre part, l’action publique
doit garantir que la concurrence et les services répondent aux besoins des utilisateurs et que les prix restent abordables.
Les principaux défis ou priorités d’action en matière de communications que les régulateurs des communications des
pays de l’OCDE ont recensés en 2023 pour les trois à cinq années à venir peuvent être regroupés en quatre grandes
catégories : i) la modification du cadre réglementaire et la transition vers des réseaux parés pour l’avenir (par exemple,
favoriser le déploiement de la fibre, l’IA pour les réseaux, la 5G, la recherche concernant la 6G) ; ii) les politiques visant
à réduire les disparités en matière de connectivité (comme exploré dans la section précédente) ; iii) l’évolution de
l’écosystème de la connectivité et les changements apportés à la structure du marché ; et iv) le fait de garantir une
infrastructure haut débit sûre, résiliente et durable sur le plan environnemental (Graphique 2.16).
Graphique 2.16. Vue d’ensemble des principaux défis stratégiques et réglementaires dans le domaine
des communications au cours des trois à cinq prochaines années
Note : Le graphique a été créé à des fins d’illustration. Il ne vise pas à résumer les priorités le plus souvent mentionnées et ne comprend pas la
totalité des priorités réglementaires dans le domaine de la connectivité indiquées par les pays de l’OCDE.
Source : OCDE, d’après le questionnaire sur les réglementations élaboré par le GTSIC pour les Perspectives de l’économie numérique 2024.
Cette section propose un tour d’horizon général de la façon dont les pays de l’OCDE ont entrepris d’adapter leurs cadres
réglementaires pour répondre aux besoins de la transformation numérique, et des principales mesures visant à faire
en sorte que les réseaux soient parés pour l’avenir. L’impact de la transformation numérique sur l’environnement,
y compris les réseaux, est examiné au chapitre 3. L’OCDE prépare par ailleurs des rapports sur la résilience et sur la
durabilité environnementale des réseaux de communication.
Les cadres des politiques et des réglementations des communications évoluent pour faire face aux défis
posés par la transformation numérique
Les responsables publics et les régulateurs de la zone OCDE adaptent activement les cadres réglementaires en vue de
stimuler la concurrence, l’innovation et les investissements sur les marchés des communications. En 2023, 37 pays
de l’OCDE ont déclaré avoir mené à bien depuis 2021 des réformes importantes de l’action publique concernant la
fourniture de services de communication. Ces changements comprennent des réformes de la législation sectorielle,
des stratégies numériques nationales, des plans de développement ou des plans en faveur du haut débit, de nouvelles
réglementations, des modifications des dispositions relatives au service universel, la restructuration interne du régulateur
des communications et une nouvelle législation sur des questions plus larges relatives aux politiques du numérique
(sur la sécurité numérique, les préjudices en ligne), qui a élargi le mandat du régulateur.
Plusieurs pays de l’OCDE ont mis à jour et/ou modifié leur législation sectorielle ces dernières années (par exemple, le
Canada en 2022, le Chili en 2021, la Colombie en 2021, la Corée en 2023, le Costa Rica en 2022, l’Islande en 2022, Israël
en 2022, le Japon en 2023, la Nouvelle-Zélande en 2018 et la Suisse en 2021).
Pour les pays de l’OCDE également membres de l’UE, les changements apportés au cadre réglementaire comprennent
principalement la transposition du Code des communications électroniques européen (EECC) de 2018 (Directive [UE]
2018/1972), la transposition de directives européennes telles que la directive sur la réduction des coûts du haut débit
(2014/61/UE) et l’alignement sur les objectifs de la Société du gigabit fixés par la Commission européenne. Ainsi, des
réformes de la législation sectorielle ont été observées dans de nombreux pays européens (Allemagne, Autriche, Belgique,
Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas,
Pologne, Portugal, République slovaque, Slovénie, République tchèque et Suède).
Certains pays de l’OCDE également membres de l’UE devraient apporter de nouvelles modifications à leur législation
sectorielle. Ces changements découlent de la mise en œuvre du règlement sur les services numériques, du règlement
sur les marchés numériques, du règlement sur la gouvernance des données, de la directive concernant des mesures
destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’ensemble de l’Union (directive SRI 2) et de la
législation européenne sur l’intelligence artificielle. Par exemple, certains pays européens ont mentionné une possible
modification de leur réglementation sur les questions de convergence et de traitement réglementaire du contenu
audiovisuel fourni sur l’internet avec la mise en œuvre du règlement sur les services numériques et du règlement sur
les marchés numériques. Les pays européens effectuent un suivi de l’évolution de la législation et des recommandations
de l’UE. Le règlement sur les infrastructures gigabit est entré en vigueur en mai 2024, abrogeant la directive sur la
réduction des coûts du haut débit de 2014 (Commission européenne, 2024[57]). Entre-temps, la recommandation sur la
promotion réglementaire de la connectivité gigabit, proposée en février 2023, a été publiée en février 2024 (Commission
européenne, 2024[58]).
Depuis 2021, les pays de l’OCDE ont adapté leurs réglementations dans différents domaines de l’action publique. Par
exemple, 28 pays de l’OCDE ont déclaré avoir modifié leur réglementation de l’accès de gros, 14 pays leur réglementation
de l’interconnexion des réseaux et 23 pays ont mentionné des changements dans le traitement réglementaire des
fournisseurs de services en accès direct ou dans les offres groupées de services de communication16.
Les régulateurs des communications dans les pays de l’OCDE, au Brésil et à Singapour ont de plus en plus souvent des
responsabilités, au moins partielles, en rapport avec des questions plus larges relatives aux politiques du numérique, que
ce soit dans le cadre de leur propre mandat, de la coopération réglementaire ou d’une approche mobilisant l’ensemble
de l’administration (Graphique 2.17). Entre 2021 (OCDE, 2022[59]) et 2023, les responsabilités partielles ou totales des
régulateurs des communications ont notamment augmenté dans les domaines suivants : services en accès direct,
appareils destinés aux utilisateurs finaux, internet des objets et intelligence artificielle, durabilité environnementale et
infonuagique (Tableau 2.1). En outre, près de la moitié des pays de l’OCDE (47 %) ont déclaré disposer d’un régulateur
chargé à la fois des secteurs de la radiodiffusion et des communications en 2023.
Plusieurs exemples mettent en évidence le rôle des régulateurs des communications en rapport avec des questions plus
larges relatives aux politiques du numérique En janvier 2023, en Australie, les pouvoirs publics ont annoncé l’introduction
d’une législation visant à doter le régulateur des communications de nouveaux pouvoirs. L’Australian Communications
and Media Authority (ACMA) demandera désormais aux plateformes numériques de rendre des comptes en matière
de lutte contre le contenu faux et trompeur en ligne et de renforcer leurs efforts dans le domaine (Gouvernement de
l’Australie, 2023[60]). Au Royaume-Uni, la loi sur la sécurité en ligne impose aux sites et aux applications tels que les
médias sociaux, les moteurs de recherche et les plateformes de messagerie des règles visant à protéger les utilisateurs
contre les préjudices en ligne. L’Ofcom, l’autorité britannique de régulation des communications, s’est vu confier de
nouvelles responsabilités : il s’agira pour elle de définir des orientations et d’établir des codes de pratique sur la manière
dont les entreprises peuvent se conformer à cette législation (Royaume-Uni, 2023[61]).
Alors que de nouveaux acteurs s’imposent sur les marchés des communications, certains pays sont engagés dans un
processus de restructuration de leur autorité de régulation nationale. Aux États‑Unis, eu égard au nombre croissant
de demandes de nouveaux systèmes de satellites, faisant intervenir de nouveaux modèles commerciaux, acteurs et
technologies, la FCC s’est dotée d’un bureau des affaires internes (Office of International Affairs) et d’un Bureau de
l’espace (Space Bureau) pour soutenir ce secteur en plein essor (FCC, 2023[62]). Au Royaume-Uni, l’Ofcom a publié
une stratégie en matière de spectre spatial et un nouveau cadre d’octroi de licences pour les satellites en orbite non
géostationnaire (Ofcom, 2022[63]). Voir Perspectives de l’économie numérique (Volume 1), Coup de projecteur : « Réseaux de
nouvelle génération et écosystème de la connectivité » (OCDE, 2024[56]).
Graphique 2.17. Les régulateurs des communications ont de plus en plus souvent un mandat
sur des questions plus larges de politique numérique
Mandat des régulateurs des communications, par sujets, dans les pays de l’OCDE, Brésil et Singapour, 2023
IdO et IA
Infonuagique
Sécurité numérique
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
%
Notes : L’échantillon est composé de 40 pays (38 pays de l’OCDE, le Brésil et Singapour). Quatre pays de l’OCDE n’ont pas répondu à cette question et
sont notés S.O. (soit 10 %). Les pays ont répondu à la question suivante (question 8) : « Le mandat de votre régulateur national, chargé des services
de communication/télécommunication/diffusion, couvre-t-il les domaines suivants ? : sécurité numérique, protection de la vie privée, services en
accès direct, questions liées à l’infonuagique, questions liées aux appareils destinés aux utilisateurs finaux, questions dans le domaine de l’internet
des objets et de l’intelligence artificielle, questions liées aux aspects numériques des transports, questions liées à la santé, questions liées à la
durabilité des réseaux ou des technologies numériques en général ? »
Source : OCDE, d’après le questionnaire sur les réglementations élaboré par le GTSIC pour les Perspectives de l’économie numérique 2024. Le StatLink
contient plus de données.
12 [Link]
Tableau 2.1. Évolution du rôle des régulateurs des communications, 2021 et 2023
Mandat et/ou responsabilités partielles en rapport avec des questions relatives aux politiques du numérique 2021 2023
Services en accès direct (OTT) 60 % 72.5 %
Appareils destinés aux utilisateurs finaux 63 % 70 %
IdO et IA 60 % 65 %
Sécurité numérique 65 % 57.5 %
Protection de la vie privée 55 % 57.5 %
Durabilité environnementale des réseaux ou des TIC au sens large 48 % 52.5 %
Infonuagique 22.5 % 30 %
Aspects numériques des transports 25 % 25 %
Aspects numériques de la santé 18 % 20 %
Les régulateurs des communications s’engagent également de plus en plus dans une coopération interinstitutionnelle
afin d’atteindre les objectifs de la politique du numérique qui nécessitent une approche mobilisant l’ensemble de
l’administration, tels que la durabilité environnementale des technologies numériques. Par exemple, le gouvernement
français a chargé le régulateur national (ARCEP) et l’Agence de la transition écologique (ADEME) de quantifier les
empreintes environnementales actuelle et future des technologies numériques. En janvier 2022, les deux agences ont
publié les deux premiers volumes de l’étude qui évalue l’impact actuel des TIC sur l’environnement (Arcep, 2022[64]).
En mars 2023, elles ont remis le troisième volume qui présente une évaluation prospective (2030-50) (Arcep, 2023[65])
(Voir chapitre 3).
La transition vers des réseaux parés pour l’avenir et la fermeture des réseaux historiques
L’émergence rapide de nouvelles générations de réseaux haut débit rend indispensable l’extension de l’infrastructure
de collecte basée sur la fibre à de plus vastes portions des réseaux fixes pour accompagner la montée en débit et en
capacité de toutes les technologies de réseau. En réponse, les pays de l’OCDE réfléchissent à la manière d’étendre et
d’améliorer l’accès au haut débit par le biais de politiques qui réduisent les coûts de déploiement. En outre, afin de
promouvoir le déploiement des réseaux haut débit du futur, ils s’attachent à rationaliser les droits de passage, assurer
une gestion efficace du spectre et promouvoir l’accès à la connectivité dorsale et de collecte.
La fermeture des réseaux historiques tels que le cuivre stimule le déploiement de réseaux de grande capacité, à l’heure
où les opérateurs investissent dans la transition vers de nouvelles technologies d’accès. Dans les pays de l’OCDE, de
nombreux régulateurs des communications sont confrontés au défi commun de devoir adapter le cadre réglementaire
de sorte à encourager le déploiement de technologies d’accès parées pour l’avenir, telles que la fibre. Les stratégies de
démantèlement des réseaux cuivre varient d’un pays à l’autre. Les régulateurs doivent veiller à ce que le calendrier
de l’arrêt du cuivre soit correctement coordonné avec la transition vers la fibre et d’autres technologies d’accès à
l’épreuve du temps. En effet, les derniers clients concernés par la fermeture des réseaux cuivre doivent être prévenus
suffisamment à l’avance pour pouvoir migrer vers des technologies plus récentes, et les clients historiques doivent
également bénéficier de niveaux de service satisfaisants sur le réseau cuivre jusqu’à sa suppression.
En Slovénie, l’opérateur historique est autorisé à déconnecter certaines parties du réseau cuivre si un réseau parallèle
en fibre est déployé ou si un autre réseau à accès ouvert est disponible. En Nouvelle-Zélande, l’infrastructure du réseau
cuivre est retirée dans certaines zones et remplacée progressivement par la fibre à la condition que les opérateurs
(principalement Chorus, l’opérateur historique) garantissent à la clientèle des niveaux de service comparables ou
supérieurs. Le Copper Withdrawal Code (code relatif au retrait du cuivre) fixe les exigences applicables (Commission
du commerce néozélandaise, 2023[66] ; Chorus, 2024[67]. En Norvège, peu après la publication d’une décision d’analyse
du marché du haut débit par l’autorité norvégienne des communications (Nkom), l’opérateur historique (Telenor) a
unilatéralement décidé en 2019 de lancer un plan de fermeture de son réseau cuivre d’ici 2022. Cependant, en 2020,
Nkom a estimé que Telenor devait maintenir ses produits d’accès de gros fournis sur son réseau cuivre jusqu’en
septembre 2025, à moins qu’il ne présente un plan de migration acceptable par les demandeurs d’accès de gros (Nkom,
2020[68]). Dans certains pays de l’OCDE, le réseau téléphonique public commuté en cuivre de l’opérateur historique a
été entièrement fermé et la transition vers la fibre est terminée (République tchèque, par exemple).
Mesures correctives relatives à l’accès de gros visant à inciter à la modernisation des réseaux
Les pays de l’OCDE ont adopté plusieurs approches pour soutenir le développement du haut débit et stimuler la
concurrence. On peut citer comme exemples la promotion de la concurrence sur l’infrastructure, mais aussi le partage
des infrastructures de gros, avec un accès de gros réglementé17 ou non réglementé pour favoriser la concurrence sur le
marché de détail (c’est-à-dire sur le « dernier kilomètre », correspondant au réseau d’accès). Une concurrence insuffisante
au niveau des infrastructures pourra, dans certains cas, nécessiter des mesures réglementaires ou une supervision
au long cours, ce qui explique pourquoi, dans les pays de l’OCDE, les opérateurs historiques intégrés ont été, et pour
beaucoup sont encore, l’objet de telles mesures.
Dans le but de favoriser le déploiement de la fibre, les régulateurs cherchent à la fois à préserver la concurrence et à
encourager les investissements dans les réseaux. Certains pays de l’OCDE encouragent la concurrence basée sur les
infrastructures, notamment par l’accès à l’infrastructure physique, afin de stimuler le déploiement de la fibre. Pour cela,
certains prennent des mesures asymétriques concernant l’accès de gros. D’autres ont choisi d’appliquer aux produits de
gros du secteur de la fibre une réglementation symétrique fondée sur une segmentation géographique (OCDE, 2022[1]).
L’Espagne s’est imposée comme un chef de file de la connectivité en Europe et dans l’OCDE : la part de la fibre dans le
total des connexions fixes à haut débit y est passée de 35 % à 86 % entre 2016 et 2023 (OCDE, 2024[2]). Cette augmentation
est le résultat d’une double action des pouvoirs publics, avec une réglementation de l’accès de gros qui a stimulé
la concurrence, et la mise à disposition de fonds publics ciblés. En 2016, après s’être abstenue pendant sept ans de
réglementer le déploiement de la fibre, l’Espagne a réglementé l’accès de gros à la fibre en procédant à une segmentation
du territoire entre zones concurrentielles et zones non concurrentielles (Godlovitch et al., 2019 [69]). Puis, en 2021, le
régulateur espagnol des communications a assoupli les obligations imposées en considérant davantage de zones
géographiques du pays comme des « marchés concurrentiels ». De plus, grâce à des financements du Fonds européen de
développement régional, l’Espagne a mis en place des programmes importants pour subventionner les investissements
dans la connectivité en zone rurale. En 2021, le nouveau programme d’évolution des réseaux haut débit a été étendu à
tout le pays (Gouvernement de l’Espagne, 2021[70]).
Partage d’infrastructures
Face au besoin croissant de réseaux de haute qualité, les opérateurs multiplient les accords de partage d’infrastructures
afin d’atténuer les coûts de déploiement associés à la prochaine évolution des réseaux haut débit. Ces accords portent
sur les infrastructures passives (pylônes, tours, sites) ou les infrastructures mobiles actives (partage du RAN, itinérance,
éléments logiciels).
La plupart des pays de l’OCDE encouragent ces pratiques, à condition que les avantages l’emportent sur les inconvénients,
c’est-à-dire que cela ne nuise pas à la concurrence (OCDE, 2022[1]). Presque tous les pays de l’OCDE promeuvent le partage
d’infrastructures passives. Le partage d’infrastructures actives devient de plus en plus courant et la plupart des pays
de l’OCDE l’autorisent18.
La nature des accords d’infrastructures évolue. Ils portent désormais parfois sur une forme plus poussée de mutualisation
des réseaux et du spectre (dans la couche active des réseaux et pas uniquement dans l’infrastructure passive). Cette
approche soulève de nouveaux défis en matière de concurrence et de réglementation.
Dans de nombreux pays, les opérateurs élaborent eux-mêmes des accords de partage des infrastructures actives et n’ont
pas besoin d’approbation réglementaire ; ils doivent toutefois en informer l’autorité compétente. Dans certains cas,
les accords de ce type sont soumis à approbation réglementaire. Trente-deux pays de l’OCDE autorisent en principe les
accords de partage du RAN (antennes, émetteurs-récepteurs, puissance, stations de base, réseaux de collecte, ce qu’on
appelle également « Multi-Operator Radio Access Network ») avec, parfois, la nécessité d’une approbation réglementaire.
Dans 27 pays de l’OCDE, le partage des ressources du RAN et du spectre est autorisé (« Multi-Operator Core Network »),
mais le marché secondaire ou le partage des ressources du spectre peut nécessiter une autorisation réglementaire. Enfin,
24 pays de l’OCDE autorisent le partage du cœur de réseau (c’est-à-dire le partage de ses fonctionnalités et serveurs).
Au Japon, le ministère des Affaires intérieures et des Communications a révisé ses lignes directrices sur le partage des
infrastructures en août 2022. Ce document clarifie l’application des réglementations pertinentes et établit des règles
entre les opérateurs mobiles et les opérateurs partageant des infrastructures (MIC, 2022 [71]). Aux Pays-Bas, l’autorité
des consommateurs et des marchés a annoncé en avril 2021 des lignes directrices visant à répondre aux questions sur
le partage des infrastructures passives/actives des réseaux mobiles (ACM, 2021[72]).
En ce qui concerne le déploiement du haut débit, plusieurs pays de l’OCDE disposent d’un « atlas des infrastructures »
à l’intention des fournisseurs de services de communication. Il fonctionne comme un guichet unique et permet de
localiser les infrastructures de gros, notamment dorsales et de collecte (OCDE, 2022[1]). Une telle approche renforce
la transparence des initiatives de partage d’infrastructures et de déploiement commun qui permettent de réduire les
coûts de déploiement :
● La Finlande dispose d’un portail fondé sur un système d’information géographique (SIG), avec des informations
sur les projets de construction en vue de la coordination des travaux de génie civil. Cet outil permet également aux
propriétaires de réseaux de contacter les autorités compétentes pour accéder à l’infrastructure physique dans certaines
zones géographiques.
● Au Mexique, le régulateur des communications (Instituto Federal de Telecomunicaciones - IFT) dispose depuis 2020
d’un portail public dédié aux travaux de génie civil prévus. Les opérateurs intéressés peuvent publier leurs plans de
déploiement à des fins de coordination.
● Au Portugal, le portail SIIA (Sistema de Informação de Infraestruturas Aptas) permet aux opérateurs d’accéder à des
informations sur les infrastructures adaptées à l’hébergement de leurs réseaux et de coordonner les travaux de génie civil.
Grâce à ce portail, ceux qui doivent installer des réseaux de communication peuvent savoir qui possède l’infrastructure
susceptible de les accueillir. Cela renforce la transparence des initiatives de partage d’infrastructures et de déploiement
conjoint qui réduisent les coûts de déploiement.
● En Slovénie, le régulateur des communications (AKOS) a pris des mesures pour faciliter les investissements dans les
réseaux haut débit en fournissant des cartes de l’infrastructure de gros sous-jacente. Les opérateurs peuvent ainsi
planifier leurs déploiements (par l’intermédiaire du portail public « Geoportal AKOS » et du « portail des investissements
dans les infrastructures »).
● En Suède, PTS collabore avec l’autorité du cadastre (Lantmäteriet) et le conseil du patrimoine national pour que le
guichet unique dispose en permanence d’une carte actualisée (Commission européenne, 2022[73]).
● En Espagne, la nouvelle loi générale sur les télécommunications prévoit la création d’un guichet unique par le ministère
des Affaires économiques et de la Transformation numérique.
Au Royaume-Uni, les opérateurs de réseau mobile, les pouvoirs publics et le régulateur (Ofcom) se sont entendus sur un
programme intitulé Shared Rural Network (SRN) en mars 2020. Dans le cadre de ce programme, EE, O2, Three et Vodafone
ont construit et partagé 222 pylônes afin d’améliorer la couverture du haut débit mobile dans les zones rurales. Ce SRN
est une forme avancée de partage du réseau et du spectre qui vise à assurer la couverture géographique et desservir
la population. Les opérateurs ont accepté d’investir pour réduire les inégalités en matière de connectivité dans les
zones qui ne sont couvertes que par un seul opérateur (les « zones grises »). Parallèlement, le financement public
vient compléter ces investissements dans les zones où aucun opérateur n’offre de couverture, c’est-à-dire les « zones
blanches » (Shared Rural Network, 2020[75]).
La rationalisation des droits de passage peut contribuer à réduire le coût de déploiement du réseau. En 2021, l’Autriche
a adopté une nouvelle loi sur les télécommunications, qui accorde des droits de passage pour les infrastructures haut
débit sur les propriétés privées et publiques. Dans le cadre de la stratégie autrichienne en matière de haut débit à
l’horizon 2030, le ministère a créé la Plattform für Infrastrukturausbau Austria 2030 (PIA 2030). Cette plateforme permet
aux parties prenantes responsables de discuter des moyens d’accélérer et de rationaliser le déploiement (Commission
européenne, 2022[73]).
En juillet 2022, l’Allemagne a présenté sa Stratégie Gigabit, qui prévoit la couverture par la fibre d’au moins la moitié
des ménages et une couverture mobile complète d’ici la fin de 2025. Pour atteindre ces objectifs, la stratégie vise
à simplifier les processus d’approbation du déploiement des infrastructures de communication d’ici la fin de 2022
(Bundesministerium für Digitales und Verkehr, 2022[78]).
Les attributions de fréquences destinées à des services mobiles se sont multipliées dans 30 pays de l’OCDE et au Brésil
depuis 2021. Entre 2021 et 2023, dans ces pays, on a dénombré 55 attributions de bandes de fréquences à des services
de communications mobiles après mise aux enchères. Un grand nombre de ces mises aux enchères concernaient des
licences dans plusieurs bandes (« enchères multibandes »). La gamme de fréquences la plus courante était le spectre de
la bande moyenne (entre 1 et 6 GHz) (Graphique 2.18). Huit pays (l’Australie, le Brésil, la Corée, le Danemark, l’Espagne,
l’Estonie, la Hongrie et la Slovénie) ont octroyé des licences d’utilisation du spectre des ondes millimétriques (mm) par
le biais d’enchères. D’autres pays, comme l’Allemagne, le Chili, le Danemark et l’Islande, ont recouru, pour ce spectre,
à des procédures d’attribution différentes (par exemple, sélection comparative, sélection administrative ou autre).
L’octroi de licences d’utilisation du spectre joue un rôle essentiel dans la lutte contre les disparités en matière de
connectivité, en imposant des exigences de développement dans les licences ou en autorisant l’accès au spectre
inutilisé pour étendre la connectivité dans les zones mal desservies (OCDE, 2022[10]). Le fait de prévoir des obligations
de couverture dans les procédures d’attribution de fréquences, telles que les mises aux enchères, et les marchés des
communications concurrentiels se sont révélés des outils efficaces pour étendre la couverture mobile haut débit dans
les zones rurales et reculées (OCDE, 2022[10]).
Graphique 2.18. Les attributions de spectre pour les services mobiles se sont multipliées dans la plupart
des pays de l’OCDE et au Brésil depuis 2021
Part des attributions de spectre selon les gammes de fréquences mises aux enchères en 2021-23 dans les pays de l’OCDE et au Brésil
Bande de fréquences basse (<1 GHz) Bande de fréquences moyenne (>1 GHz, <6 GHz) Bande de fréquences haute (>6 GHz)
15 %
33 %
53 %
Note : Au total, 55 attributions de fréquences ont été mises aux enchères, souvent dans un cadre multibande.
Source : OCDE, sur la base du questionnaire sur les réglementations élaboré par le GTSIC pour les Perspectives de l’économie numérique 2024.
12 [Link]
L’octroi de licences d’utilisation du spectre peut également servir d’outil pour promouvoir les réseaux haut débit
communautaires locaux sans fil. Dans plusieurs pays de l’OCDE, les cadres d’attribution des licences d’utilisation du
spectre peuvent couvrir les réseaux locaux afin de répondre aux besoins de connectivité rurale, notamment par le biais
de licences à faible coût en vue d’étendre la couverture dans les zones rurales et reculées (Australie, États-Unis, Finlande,
Japon, Mexique, Nouvelle-Zélande, Suède et Royaume-Uni) (OCDE, 2022[10]). Au Mexique, des licences d’utilisation du
spectre à des fins sociales peuvent être utilisées pour fournir des services de communication à but non lucratif, et
des licences commerciales (c’est-à-dire à but lucratif) ont été accordées à des WISP locaux (OCDE, 2022[10]). Aux États-
Unis, la FCC a mis en place une « fenêtre de priorité tribale » afin de permettre aux tribus des zones rurales d’accéder
directement au spectre 2.5 GHz non attribué pour développer le haut débit sur leurs terres (FCC, 2021[79]). Pour de plus
amples informations, voir OCDE (2022[10]).
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Notes
1. La norme Data Over Cable Service Interface Specification (DOCSIS) permet d’acheminer le haut débit via une
infrastructure de câble hybride fibre-coaxial (HFC) existante. Elle a évolué jusqu’à sa version actuelle DOCSIS 3.1. Si
DOCSIS 3.1 peut constituer une solution viable de remplacement de la FTTH pour les débits descendants, elle ne
permet pas d’atteindre des débits ascendants symétriques. L’évolutivité des réseaux câblés dépend de l’évolution
de la norme DOCSIS. Il est prévu que DOCSIS 4.0 permette d’atteindre des débits symétriques de 10 Gbps.
2. Dans la plupart des pays, les déploiements ont concerné les services mobiles, à l’exception de la Colombie où
un fournisseur (DirectTV) fournit des services d’accès sans fil fixe 5G dans la capitale.
3. Les définitions de la base de données GSMA Intelligence sont les suivantes (traductions libres) : « connexions 5G :
cartes SIM uniques 5G (ou numéros de téléphone, lorsque les cartes SIM ne sont pas utilisées) enregistrées sur le
réseau mobile à la fin de la période. Une connexion n’est pas équivalente à un abonné en ce sens qu’un même
abonné peut avoir plusieurs connexions. Total des connexions mobiles : total des cartes SIM uniques (ou des
numéros de téléphone, lorsque les cartes SIM ne sont pas utilisées), à l’exclusion des connexions IdO cellulaires
sous licence, enregistrées sur le réseau mobile à la fin de la période ».
4. À savoir, la 5G autonome repose à la fois sur un cœur de réseau 5G (5GC) utilisant le standard 3GPP (3rd Generation
Partnership Project) et sur la nouvelle technologie d’accès radio (5G-NR, pour Nouvelle Radio) (OCDE, 2022[1]).
5. Protocoles de réseaux sans fil basés sur la norme de réseau IEEE 802.11.
6. Le développement du WLAN a aussi pour objectif d’améliorer les cas d’utilisation de l’IdO. Par exemple, la norme
Wi-Fi HaLow™ permet la connectivité à faible puissance et à longue portée nécessaire pour les applications,
notamment les réseaux de capteurs et les appareils portables (De Nil, 2023[81] ; Wi-Fi Alliance, 2024[84]).
7. Les disparités en matière de connectivité sont définies comme des inégalités d’accès à des services haut débit de
haute qualité à des prix abordables et d’utilisation de ces services dans les zones à faible densité de population
et dans les groupes défavorisés par rapport à l’ensemble de la population (OCDE, 2021[27]).
8. L’OCDE collecte les tarifs des services de communication depuis 30 ans et a développé une méthodologie unique pour
comparer les prix de services de communication ayant différentes caractéristiques selon les pays. Les paniers de tarifs
sont révisés au fil des ans en fonction de l’évolution de la technologie et des offres de services et. En 2020, l’OCDE
a adopté une nouvelle méthodologie de calcul des paniers pour les offres groupées de services de communication.
La version révisée des paniers de tarifs des services de haut débit mobile (appelés « téléphonie vocale et données
mobiles ») et des services de haut débit fixes a été adoptée en 2017 (OCDE, 2017[82]). En raison de la convergence
accrue et de la prévalence des offres groupées dans la plupart des pays de l’OCDE, une nouvelle méthodologie
de calcul des paniers de tarifs a été approuvée en 2020, qui permet de comparer les tarifs des offres groupées de
services de communication (forfaits double, triple et quadruple service) (OCDE, 2020[83]). Les caractéristiques des
différentes offres de services de communication sont évaluées et comparées, parmi lesquelles le nombre d’appels,
le débit descendant, le forfait de données et le nombre de chaînes de télévision et de chaînes premium dans le cas
des offres groupées. La méthodologie consiste à sélectionner, pour chaque pays de l’OCDE, les offres les moins chères
du marché répondant à tous les critères pour un profil d’utilisation donné (utilisation faible, moyenne ou élevée).
9. « L’accès à l’internet est défini comme le pourcentage de ménages qui ont déclaré avoir accès à l’internet. Dans la
quasi-totalité des cas, cet accès se fait par le biais d’un ordinateur personnel, que ce soit par l’intermédiaire d’un
accès commuté, de l’ADSL ou du haut débit par câble. Cet indicateur est mesuré en pourcentage de l’ensemble
des ménages. »
10. Pourcentage de ménages couverts par un réseau fixe à très haute capacité (VHCN) selon la définition de la
Commission européenne. Les technologies prises en compte sont FTTH et FTTB pour 2017-18 et FTTH, FTTB et
DOCSIS 3.1 par câble à partir de 2019.
11. Taux de change de 1.302 CAD pour 1 USD en 2022 selon [Link].
12. Taux de change de 1.6 NZD pour 1 USD en 2022 selon [Link].
13. Taux de change de 0.8 GBP pour 1 USD en 2022 selon [Link].
14. Taux de change de 5.2 BRL pour 1 USD en 2022 selon [Link].
15. Les modèles d’agrégation de la demande facilitent l’action des investisseurs : les clients doivent s’abonner à
l’avance et la coordination et le regroupement de la demande permettent d’augmenter la rentabilité potentielle,
les économies d’échelle et/ou la certitude de l’analyse de rentabilité relative à l’expansion du réseau.
16. Note : L’échantillon couvre 37 des 38 pays de l’OCDE. Source : OCDE, d’après les réponses au questionnaire sur
la réglementation élaboré par le GTSIC en 2023.
17. « La réglementation de l’accès de gros » est définie comme l’offre obligatoire par les opérateurs de réseaux d’éléments
de gros spécifiques de leur réseau à d’autres opérateurs, à des conditions approuvées par un régulateur ou fixées
par un tribunal. Elle oblige l’opérateur historique à permettre à ses concurrents de louer ou d’accorder l’accès à
certains éléments constitutifs d’un réseau de communication (segments ou couches du réseau). Ce concept est
distinct de celui de « partage de réseau », qui se réfère à un accord entre opérateurs pour l’utilisation commune
d’éléments de réseau et peut être soumis à des mesures réglementaires (OCDE, 2022[59]).
18. D’un point de vue technique, les infrastructures actives peuvent être classées en trois catégories : i) dans le
cas d’un réseau d’accès radio multi-opérateur (Multi-Operator Radio Access Network, MORAN), les opérateurs
partagent le RAN, mais utilisent leurs propres fréquences et cœur de réseau ; ii) dans le cas d’un cœur de réseau
multi-opérateur (Multi-Operator Core Network, MOCN), les opérateurs partagent le RAN et les fréquences, mais
pas leur cœur de réseau ; et iii) dans le cas d’un partage du cœur de réseau, les opérateurs partagent le RAN, les
fréquences et leur cœur de réseau (GSMA, 2019[80]).
0% 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 %
Compétences en TIC Mexique
Compétences de base Islande
• Utilisation de logiciels de Canada
4% Costa Rica
Hongrie
3% Pologne
Allemagne
2% Bulgarie
Croatie
1%
Türkiye
Chili
0%
Égypte
2012 2018 2022 Roumanie
L’utilisation efficace des technologies numériques et des données mobilise un large éventail de compétences que les
individus doivent acquérir, entretenir et perfectionner tout au long de leur vie. Quel que soit leur âge, ils doivent être
armés pour exploiter au mieux les technologies numériques. Les jeunes doivent être capables de les utiliser efficacement
pour se former et se préparer à entrer dans le monde du travail. Les personnes d’âge moyen doivent en permanence se
perfectionner et se recycler à mesure qu’évolue la demande de compétences. Enfin, les plus âgés doivent apprendre à
vivre dans une économie et une société résolument tournées vers le numérique, sous peine de se retrouver dépassés.
L’acquisition des compétences nécessaires à l’ère numérique s’effectue par divers canaux, à des endroits et des
moments différents. Les technologies numériques jouent un rôle croissant dans l’éducation et la formation. Le recours
à l’intelligence artificielle (IA) générative pourrait révolutionner l’enseignement et l’apprentissage en modifiant la façon
dont les élèves et étudiants abordent les sujets, posent des questions et développent leur compréhension. L’amélioration
de la connectivité facilite la mise en place de classes « inversées » où les élèves se familiarisent avec le contenu des cours
à la maison de manière à consacrer le temps de classe à la mise en pratique. Par ailleurs, les enseignants s’appuient
sur différentes applications mobiles pour échanger avec les parents. À l’heure où, partout dans le monde, le numérique
occupe une place de plus en plus importante dans l’apprentissage – un phénomène qui s’est amplifié avec la pandémie
de COVID-19 –, l’énorme potentiel d’innovation que recelaient les systèmes éducatifs est apparu au grand jour dans
de nombreux pays (OCDE, 2022[1]).
La pandémie a accéléré le rythme de la transformation numérique, entrainant le transfert d’un nombre croissant
d’activités et de services du monde physique vers l’environnement en ligne. Dans la sphère professionnelle, le télétravail
est devenu monnaie courante dans de multiples entreprises. Bien que la base des travailleurs des plateformes numériques
(OCDE, 2019[2]) soit relativement restreinte, ils représentent une part grandissante de la population active dans de
nombreux pays de l’OCDE (Urzì Brancati, Pesole et Fernández-Macías, 2020[3] ; Kim, 2021[4] ; Anderson et al., 2021[5]).
Les tendances telles que la mondialisation et les progrès de l’IA modifient également la demande sur le marché du
travail et les compétences dont les travailleurs ont besoin pour prospérer (Bakhshi et al., 2017[6]). Les individus dépendent
plus que jamais de leur capacité (jusqu’à présent) unique à faire preuve de créativité et d’initiative et à « apprendre à
apprendre » tout au long de leur vie (OCDE, 2019[7] ; Samek, Squicciarini et Cammeraat, 2021[8]). Dans le même temps,
avec l’allongement de la durée de vie et des carrières, ils sont confrontés à des changements d’emploi plus fréquents
et au risque d’obsolescence des compétences (OCDE, 2019[9]).
Les pouvoirs publics jouent un rôle important en favorisant l’acquisition de compétences à tous les âges, en facilitant
les transitions justes sur le marché du travail et en adoptant des mesures qui incitent les entreprises à investir dans
leurs travailleurs. S’appuyant sur la Stratégie de l’OCDE sur les compétences (OCDE, 2019[10]) et la Stratégie de l’OCDE
pour l’emploi (OCDE, 2019[11]), ce Coup de projecteur présente les tendances à l’œuvre et les défis à relever afin de se
préparer à faire face à la demande de compétences de demain. Il met en évidence l’éventail de compétences dont les
individus ont besoin pour vivre et travailler dans une économie et une société résolument tournées vers le numérique. Il
examine ensuite l’évolution de la demande de compétences du point de vue des entreprises. Enfin, il étudie la manière
dont les individus, les entreprises et les pouvoirs publics peuvent répondre au mieux aux besoins en compétences
induits par la transformation numérique, en mettant l’accent sur la nécessité de suivre de près l’évolution des capacités
dans le domaine de l’IA. Au fil de la progression (probablement très rapide) du champ de l’IA dans les années à venir,
il importera de comprendre les possibilités et les limites de la technologie afin d’étayer la mise en place de politiques
adaptées (OCDE, 2023[12]).
Les individus doivent disposer d’un large éventail de compétences pour prospérer
dans une économie et une société numériques
Face à l’évolution rapide du paysage numérique, les individus doivent, pour prospérer, posséder un large éventail de
compétences. Elles sont de plusieurs types : premièrement, des compétences fondamentales, qui leur permettent de
prendre part à l’économie et la société numériques ; deuxièmement, des compétences en TIC de base – compétences
élémentaires en informatique, en communication et en recherche d’informations, et maîtrise de l’utilisation de
logiciels de bureautique – ; troisièmement, des compétences plus pointues (en IA ou en programmation logicielle, par
exemple). En outre, les compétences complémentaires (esprit d’équipe, autonomie, résolution de problèmes, créativité,
communication, collaboration, intelligence émotionnelle) favorisent des pratiques de travail performantes et une forte
aptitude à l’apprentissage continu.
Les compétences fondamentales sont essentielles à une utilisation efficace des technologies numériques
Les compétences fondamentales, notamment en sciences, en calcul et en lecture, sont essentielles pour mener à bien les
activités quotidiennes (OCDE, 2019[14]). Les données issues du premier cycle du Programme de l’OCDE pour l’évaluation
internationale des compétences des adultes (PIAAC) montrent que des niveaux élevés de compétences en littératie et
en calcul, d’une part, et en résolution de problèmes dans les environnements numériques, d’autre part, vont de pair.
À l’inverse, de faibles niveaux de compétences en littératie et, surtout, en calcul, peuvent faire obstacle à l’utilisation
d’applications TIC pour gérer efficacement l’information (OCDE, 2013[15]).
Le Graphique 1.S.1 présente la part des élèves ayant obtenu de très bons résultats1 en sciences, en mathématiques et
en lecture en 2012 et en 2022. Ces élèves sont capables d’extraire et d’exploiter des informations de diverses sources
directes et indirectes pour résoudre des problèmes complexes et d’assimiler des connaissances issues de différents
domaines. Ces compétences exceptionnelles peuvent constituer un avantage considérable dans une économie mondiale
concurrentielle, fondée sur le savoir, puisqu’elles leur permettent de s’adapter à l’échelle, au rythme et à l’étendue
des transformations numériques. Entre 2012 et 2022, la part des élèves obtenant de très bons résultats en sciences,
en mathématiques et en lecture a diminué dans la plupart des pays pour lesquels on dispose de données. Malgré une
baisse d’environ quatre points en 2022, le Japon reste le pays qui affiche le taux le plus élevé de très bons élèves (7.6 %) ;
suivent la Corée, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Graphique 1.S.1. La part des meilleurs élèves continue de diminuer au fil du temps
Élèves obtenant les meilleurs résultats en sciences, en mathématiques et en lecture, 2022
% 2022 2012
12
% Agrandissement
0.6
10
0.5
0.4
8
0.3
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BR
Source : Calculs des auteurs, d’après OCDE (2024[16]) Base de données PISA 2022, [Link] (consultée
le 11 mars 2024). Le StatLink contient plus de données.
12 [Link]
Des données publiées récemment par l’OCDE révèlent par ailleurs que les individus possédant des compétences
fondamentales solides font une utilisation diverse et plus complexe des technologies numériques (OCDE, 2020[17]) et
affichent une attitude plus positive à l’égard de l’apprentissage tout au long de la vie (OCDE, 2021[18]). Les spécialistes
soulignent l’importance de trouver du plaisir dans la lecture dès le plus jeune âge, y voyant un marqueur pour l’âge
adulte (Sanacore, 2002[19]). Les données issues de l’enquête PISA montrent que dans les différents pays, les élèves âgés
de 15 ans qui possèdent de meilleures aptitudes en lecture sont généralement mieux à même de distinguer les faits des
opinions publiés en ligne, une compétence qui s’avère indispensable dans l’environnement numérique (OCDE, 2021[20]).
Tandis que la part des élèves obtenant les meilleurs résultats continue de diminuer au fil du temps, on observe une
progression rapide des performances des systèmes d’IA dans la réalisation de tâches effectuées par les élèves dans
les différents domaines. Tel est le cas des tâches de base liées à la lecture, aux mathématiques et au raisonnement
scientifique enseignées couramment aux élèves de 15 ans (OCDE, 2023[21] ; OCDE, 2023[22]).
Les compétences en TIC renforcent la capacité à faire face au changement et à continuer d’apprendre
Outre les compétences fondamentales, les individus doivent posséder des compétences en TIC de base pour prospérer
dans l’économie et la société numériques. Il s’agit là d’aptitudes élémentaires en informatique, en communication et
en recherche d’informations, et de la maîtrise de l’utilisation de logiciels de bureautique (compétences opérationnelles
et liées à la consultation d’informations, par exemple). Elles permettent d’accéder à des informations, facilitent la
communication, aident à la participation citoyenne et améliorent l’employabilité et le bien-être (Burns et Gottschalk,
2019[23] ; OCDE, 2023[24] ; OCDE, 2020[17]). Pour autant, selon les données issues du premier cycle du PIAAC, dans les
pays de l’OCDE, 25 % des adultes en moyenne ne possèdent pas les compétences numériques les plus élémentaires
et 14 % sont seulement capables d’exécuter des fonctions de base sur un ordinateur ou un autre appareil numérique
(Verhagen, 2021[25]).
En revanche, un niveau plus élevé de compétences en TIC (en programmation logicielle, en IA, etc.) renforce la capacité
à faire face au changement (dans le cadre de l’organisation du travail, par exemple) et à continuer d’apprendre (de
nouveaux langages de programmation). Il permet également aux individus d’exploiter la multitude d’informations
librement accessibles sur le web.
Les compétences en programmation peuvent servir à de nombreux usages et être appliquées dans un large éventail
de domaines. Elles aident à la résolution de problèmes, favorisent la créativité et l’innovation, et offrent de multiples
possibilités de carrière. En outre, dans le monde actuel, tourné vers la technologie, les connaissances élémentaires
en programmation s’avèrent de plus en plus précieuses au quotidien. Elles sont utiles pour résoudre des problèmes
techniques ou modifier les paramètres de protection de la vie privée d’un appareil personnel, créer un site web
personnalisé, analyser ses dépenses personnelles pour prendre des décisions éclairées en termes de dépenses et
d’épargne, etc. Selon les données sur l’utilisation des TIC par les ménages et les particuliers, dans les pays de l’OCDE,
environ 7 % seulement des personnes âgées de 16 à 64 ans indiquaient avoir rédigé du code informatique en 2021.
Les compétences en IA désignent les aptitudes et les connaissances requises pour mettre au point des systèmes d’IA
ou en faire une utilisation avancée. Les compétences clés en IA comprennent la programmation, la compréhension et la
mise en œuvre d’algorithmes d’apprentissage automatique ; l’exploration et le traitement de données ; l’apprentissage
profond ; le traitement automatique du langage naturel ; et la compréhension de concepts liés à la vision par ordinateur,
tels que le traitement d’images et la détection d’objets (OCDE, 2024[26]).
Les compétences complémentaires deviennent aussi indispensables que les compétences cognitives
Associées à un niveau minimum de compétences en TIC, les compétences complémentaires peuvent améliorer
considérablement l’efficacité et la productivité des individus dans les environnements numériques. Les compétences
complémentaires englobent l’esprit d’équipe, l’autonomie, la résolution de problèmes, la créativité, la communication,
la collaboration, l’intelligence émotionnelle et une forte propension à l’apprentissage continu. Ces atouts utiles dans
tous les secteurs et de plus en plus recherchés dans le monde actuel, axé sur la technologie, favorisent des pratiques
de travail performantes à l’ère numérique. Le projet de l’OCDE sur les compétences à l’horizon 2030 a mis en évidence
deux types de compétences complémentaires : les « compétences métacognitives », qui comprennent l’esprit critique,
la créativité, la capacité d’apprendre à apprendre et l’autorégulation, et les « compétences socio-émotionnelles », qui
englobent l’empathie, la perception de ses propres capacités, la responsabilité et la collaboration (OCDE, 2019[7]).
Les évolutions démographiques et sociétales, à l’instar du vieillissement de la population, entrainent une augmentation
de la demande d’un certain nombre de professions liées aux soins de santé. Celles-ci exigent à la fois des connaissances
scientifiques et des compétences socio-émotionnelles telles que la sollicitude, la sociabilité et le respect (OCDE,
2021[27]). Par ailleurs, les compétences socio-émotionnelles comme l’empathie, la conscience de soi, le respect d’autrui
et la capacité à communiquer deviennent indispensables à mesure que progresse la diversité ethnique, culturelle et
linguistique à l’école, au travail et dans les sociétés.
En parallèle, le recours croissant à l’IA et à des machines perfectionnées peut conduire à une dévalorisation du travail
d’autrui. Certains chercheurs sont d’ailleurs convaincus qu’elle est déjà à l’œuvre (Turkle, 2017[28]). Si cette observation se
généralise, il deviendra de plus en plus important d’apprendre à reconnaître la valeur de sa propre humanité et de celle
des autres (Putnam, 2000[29]). Les contributions des individus à la société doivent être valorisées non seulement pour le
bien-être individuel et sociétal, mais aussi pour la santé et la légitimité des institutions (Berkowitz et Miller, 2018[30]).
Enfin, les résultats scolaires dépendent également de compétences socio-émotionnelles telles que la persévérance, la
maîtrise de soi, la responsabilité, la curiosité et la stabilité émotionnelle. Certaines sont indispensables à une participation
fructueuse et aux performances dans le cadre scolaire. En d’autres termes, des compétences socio-émotionnelles
insuffisantes peuvent entraver le développement et l’utilisation des compétences cognitives (OCDE, 2019[7]).
Cette section examine la pénurie de spécialistes des TIC à l’aide d’indicateurs du marché du travail sur les professions, les
offres d’emploi et les salaires. Elle s’appuie sur des statistiques officielles ainsi que sur des données du secteur privé pour
dresser un panorama plus complet, adossé à des indicateurs actualisés. Elle s’intéresse ensuite aux petites et moyennes
entreprises (PME), pour qui les investissements dans les compétences constituent un défi de longue date. Enfin, elle
étudie les incidences potentielles de la transformation numérique sur la demande de compétences en examinant les
données sur l’évolution des capacités dans le domaine de l’IA et l’exposition de différentes tâches à l’automatisation.
V. Spiezia, E. Koksal-Oudot et P. Montagnier dans OCDE (2016[33]) proposent d’utiliser plusieurs variables de substitution
basées sur les professions, les offres d’emploi, la durée de vacance et les salaires pour évaluer les pénuries susceptibles
de toucher des professions données d’après la demande de spécialistes des TIC. Selon les statistiques relatives à la
main-d’œuvre de la Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique, les spécialistes des TIC occupaient, en 2021-22,
8 % de l’ensemble des emplois en Suède et en Israël, environ 4 % des emplois dans la zone UE27 et seulement 1.4 %
des emplois en Türkiye.
Le Tableau 1.S.1 montre les professions les plus demandées sur LinkedIn™ – le métier de « Commercial(e) » figurait en
première position au deuxième trimestre 2024. Plus largement, les professions liées au service à la clientèle et à la vente
dominent cette liste, en particulier dans le commerce de détail (dont relèvent quatre professions sur les dix premières).
Pour les recruteurs, cette tendance souligne l’importance croissante, sur les marchés du travail, des compétences
complémentaires telles que la communication, l’intelligence émotionnelle et la résolution de problèmes. Elle met
également en évidence la nécessité que les responsables de la gestion des talents s’attachent à définir, suivre et évaluer
ces compétences, dans la mesure où les professions axées sur les services continuent de susciter une demande plus forte
(Lewis, 2024[34]). Il est intéressant de noter que les seuls spécialistes des TIC figurant sur cette liste sont les ingénieur(e)
s logiciel. Ils arrivent en troisième position avec un emplacement inchangé par rapport au trimestre précédent.
D’autres sources peuvent être utilisées pour obtenir des informations à jour sur l’évolution de la demande de main-
d’œuvre à l’échelle internationale, en particulier dans les domaines en rapide mutation comme l’IA (OCDE, 2024[35]).
D’après les données de Lightcast™ sur les offres d’emploi publiées en ligne, les annonces liées à l’IA représentent
une part modeste mais croissante de l’ensemble des offres (Borgonovi et al., 2023[36] ; Green et Lamby, 2023[37] ; OCDE,
2024[38]). Les travailleurs possédant des compétences en IA sont particulièrement recherchés du fait de l’influence
croissante de la technologie dans divers secteurs tels que la santé, la finance, la production manufacturière, l’automobile
et le divertissement (Borgonovi et al., 2023[36]) ; ils bénéficient de rémunérations relativement élevées (OCDE, 2023[39]).
Autre indicateur de la pénurie de compétences spécialisées : l’augmentation des salaires réels dans les professions qui
font une utilisation intensive de ces compétences. Si les compétences en TIC sont rares sur le marché du travail, les
entreprises sont contraintes de proposer des salaires réels plus élevés pour attirer les travailleurs qui en sont dotés.
Toutefois, l’évolution des salaires réels ne constitue pas toujours une mesure fiable des pénuries de compétences. D’une
part, il arrive que les pénuries ne donnent pas instantanément lieu à une hausse des rémunérations, du fait des délais
d’ajustement (en cas de négociations salariales collectives, par exemple). D’autre part, les salaires peuvent augmenter
sous l’effet de chocs de productivité tant au niveau sectoriel qu’à l’échelle de l’économie. Par conséquent, la hausse des
salaires réels ne peut être interprétée comme le signe d’une pénurie de compétences que si : i) elle se poursuit dans
le temps ; ii) elle est supérieure à l’augmentation de la productivité du travail ; et iii) elle est plus importante que celle
observée dans les autres secteurs de l’économie (OCDE, 2016[33]).
Notes : Les résultats sont fondés sur les données mondiales LinkedIn sur toutes les offres d’emploi premium publiées entre janvier 2024 et juin 2024
(inclus). L’analyse ne tient pas compte des professions pour lesquelles moins de 1 000 offres d’emploi ont été publiées au cours de l’un ou l’autre
des trimestres ni de celles pour lesquelles la plupart des offres ont été publiées par une seule entreprise. Les professions les plus demandées sont
celles qui ont fait l’objet du nombre le plus élevé d’offres d’emploi au cours du trimestre allant du 1er avril au 30 juin 2024.
Source : Lewis (2024[34]).
Le Graphique 1.S.2 compare les taux de croissance moyens des salaires – par rapport à la productivité moyenne du
travail – dans les services TIC et dans l’ensemble du secteur des entreprises2 sur la période 2013-22. Dans les deux tiers
des 28 pays pour lesquels on dispose de données, les salaires ont progressé plus fortement dans les services TIC que
dans l’ensemble du secteur des entreprises. Dans les autres pays, les écarts sont limités (inférieurs à 1 % par an). Ces
tendances confirment que la demande de spécialistes des TIC croît plus rapidement que l’offre dans les pays européens.
Graphique 1.S.2. Les salaires dans les services TIC ont augmenté plus fortement que dans l’ensemble
du secteur des entreprises
Évolution des salaires par rapport à la productivité du travail, 2013-22, moyennes annuelles
0.8
0.6
0.4
0.2
-0.2
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NO
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UE
Source : Calculs des auteurs, d’après (Eurostat, 2023[40]), Statistiques relatives aux comptes nationaux annuels, [Link]
accounts (consulté le 5 mars 2024).
12 [Link]
Pour les PME, en particulier, les investissements dans les compétences TIC constituent un défi de longue date (OCDE,
2021[41]). En Europe, en 2020, le taux de grandes entreprises employant des spécialistes des TIC (76 %) était plus de cinq
fois supérieur à celui des PME (14 %) (Censorii, 2021[31]). On peut expliquer cet écart en examinant les plus grandes
difficultés auxquelles sont confrontées les petites entreprises, qui peinent à proposer des salaires et des avantages
concurrentiels susceptibles d’attirer des professionnels expérimentés.
De plus, les PME ne disposent souvent pas de la même notoriété ou visibilité sur le marché du travail que les grandes
entreprises. Elles peuvent donc avoir plus de difficultés à attirer des talents dans des domaines aussi concurrentiels que
les compétences en TIC. Dans le cas de besoins en compétences de niche dans des domaines tels que la cybersécurité,
l’IA ou des langages de programmation particuliers, il peut être plus problématique encore de trouver des candidats
possédant la bonne combinaison de compétences et d’expériences.
Par conséquent, il n’est pas rare que les PME externalisent des fonctions TIC auprès d’organisations plus grandes qui
offrent souvent des évolutions de carrière et des programmes de mentorat qui ont fait leurs preuves, ainsi que des
possibilités de développement professionnel. Les PME, en particulier les plus petites, peuvent avoir du mal à offrir
des perspectives de développement de carrière comparables, ce qui peut limiter leur attractivité. Enfin, l’absence de
programmes de formation structurée et le manque de sécurité de l’emploi peuvent expliquer une partie des difficultés
qu’elles rencontrent pour attirer les talents spécialisés dans les TIC.
Plus récemment, des données portant sur 21 pays de l’OCDE sur la période 2012-21 (Georgieff et Milanez, 2021 [43])
ont montré que tous les pays ont enregistré une croissance des emplois au cours des dix dernières années, sans que
des éléments attestent de destructions nettes d’emplois au niveau national. En revanche, au niveau infranational, les
emplois présentant un risque élevé d’automatisation ont enregistré une croissance beaucoup plus faible (6 %) que ceux
qui étaient peu exposés (18 %).
Les travailleurs peu qualifiés, qui tendaient déjà à exercer des professions exposées à un risque élevé d’automatisation
en 2012, sont encore plus nombreux à occuper ces emplois. Pour autant, la croissance atone des emplois dans les
professions particulièrement exposées à l’automatisation ne s’est pas traduite par une baisse du taux d’emploi des
travailleurs peu qualifiés par rapport à celui des autres groupes. La raison principale en est que le nombre de travailleurs
peu qualifiés a diminué parallèlement à la baisse de la demande de ces travailleurs.
À l’avenir, le risque d’automatisation pèsera de plus en plus sur les travailleurs peu instruits. Par ailleurs, la crise du
COVID-19 pourrait avoir contribué à accélérer l’automatisation, sous l’effet de la réduction du recours au travail humain
et des contacts entre les salariés, ou de la relocalisation d’une partie de la production des entreprises (Georgieff et
Milanez, 2021[43]). Ces résultats montrent que les emplois nécessitant des niveaux de compétence peu élevés sont les
plus exposés au risque d’automatisation, ce qui signifie que l’exposition à l’automatisation diminue à mesure que le
niveau de formation augmente.
D’autres études ont analysé les possibles incidences de l’IA en s’intéressant aux compétences plutôt qu’aux tâches.
Par exemple, J. Lassébie et G. Quintini (2022[44]) ont exploité un ensemble de données originales sur le potentiel
d’automatisation de quelque 100 compétences et aptitudes recueillies dans le cadre d’une enquête menée auprès de
spécialistes de l’IA. Les résultats montrent que les compétences liées à la résolution de problèmes complexes, à la
gestion à haut niveau et aux interactions sociales restent difficiles à automatiser compte tenu de l’état des avancées
technologiques. Toutefois, l’étude révèle également que certaines compétences et aptitudes précédemment considérées
comme des freins à l’automatisation y sont davantage exposées du fait des progrès récents de l’IA. La connaissance
des beaux-arts et certaines aptitudes psychomotrices telles que la capacité à travailler dans un espace exigu et dans
des positions inconfortables, ou la dextérité digitale et manuelle en sont des exemples.
En parallèle, les auteurs montrent en outre que les progrès récents de l’IA entrainent une augmentation de la demande
de diverses compétences requises dans les emplois très qualifiés exposés au risque d’automatisation. Tel est le cas de la
compréhension de l’écrit, du raisonnement déductif et inductif, de la fluidité des idées et des capacités de planification,
autant de compétences généralement associées aux professions très qualifiées.
Par conséquent, la plupart des emplois les plus exposés à l’automatisation ne courent pas le risque d’être entièrement
automatisés. De fait, ils intègrent des tâches qui créent un goulet d‘étranglement, et même les emplois qui ne sont pas
menacés de disparaître comprennent un ensemble réduit de tâches automatisables. Par exemple, environ 18 à 27 %
seulement des compétences et des aptitudes associées aux professions les plus exposées sont hautement automatisables,
et ces professions font toujours intervenir 5 % de compétences créant un goulet d‘étranglement. En d’autres termes,
même les professions les plus exposées au risque d’automatisation ne devraient pas être intégralement remplacées par
des solutions automatisées. En revanche, il faudra adapter l’organisation du travail et les travailleurs qui occupent ces
emplois pourraient avoir à améliorer leurs compétences ou se recycler à mesure que les technologies les remplacent
pour la réalisation de diverses tâches (Lassébie et Quintini, 2022[44]).
Par ailleurs, une enquête a été réalisée auprès de salariés et d’employeurs des secteurs de la production manufacturière
et de la finance en Allemagne, en Autriche, au Canada, aux États-Unis, en France, en Irlande et au Royaume‑Uni dans
le but de recueillir leur perception des incidences actuelles et futures de l’IA sur le travail (Lane, Williams et Broecke,
2023[45]). Les résultats montrent qu’à mesure que l’IA gagne du terrain, les individus pourraient avoir besoin d’un éventail
plus large de compétences (sociales) pour travailler avec les technologies connexes. Cette conclusion va dans le sens
de travaux précédents, qui laissent à penser que l’adoption de l’IA exige non seulement des connaissances spécialisées
en IA, mais aussi (ou plutôt) des compétences telles que l’intelligence créative et sociale, le raisonnement et l’esprit
critique (OCDE, 2019[7] ; Samek, Squicciarini et Cammeraat, 2021[8] ; Squicciarini et Nachtigall, 2021[46]).
Enfin, F. Manca (2023[47]) a utilisé d’autres sources de données, à l’instar des offres d’emploi publiées en ligne, pour
étudier les incidences de l’IA sur les marchés du travail. Pour cette étude, six questions ont été posées, notamment sur
l’impact des technologies d’IA sur la demande de compétences associées à des activités répétitives (tâches de bureau et
d’administration générale) et de compétences cognitives qui ne sont pas associées à des activités répétitives (créativité,
résolution de problèmes). L’analyse révèle que les compétences en IA et celles associées à des activités répétitives ne
sont pas complémentaires. À mesure que l’adoption de l’IA progresse, l’augmentation de la demande de compétences
spécialisées devrait aller de pair avec une baisse de la demande de compétences associées à des activités répétitives,
toutes choses égales par ailleurs. À l’inverse, on observe une corrélation positive entre les compétences en IA et les
compétences cognitives de haut niveau.
Les individus doivent avoir conscience de leurs besoins en compétences et se former tout
au long de leur vie
Dans une économie et une société de plus en plus tournées vers le numérique, l’environnement économique évolue
rapidement. Pour s’adapter et prospérer dans cet environnement, les individus doivent d’abord avoir conscience des
risques et des possibilités qui se font jour. La transformation numérique peut leur donner les moyens de saisir de
nouvelles opportunités, de rester en contact avec leurs proches et de mener une vie plus épanouissante. En revanche,
le monde numérique fait également peser des risques en termes de bien-être et de santé mentale, de mésinformation
et de désinformation, et de respect de la vie privée et d’incidents de sécurité. En 2020, 52 % des citoyens européens
indiquaient se sentir relativement ou très bien informés sur la cybercriminalité, contre 46 % en 2017. Pour autant, leur
confiance dans leur capacité à se protéger suffisamment contre ce type de criminalité est passée de 71 % en 2017 à
59 % en 2020 (Commission européenne, 2020[48]).
La conscience vient avec la connaissance. En 2023, les deux tiers des individus de l’Union européenne (67 %) souhaitaient
bénéficier d’un enseignement et d’une formation plus poussés pour développer leurs compétences numériques
(Commission européenne, 2023[49]). À cet égard, l’apprentissage tout au long de la vie semble être un outil de choix
pour relever les défis dans ce domaine. Cela nécessite toutefois un changement de paradigme. L’apprentissage n’est
plus segmenté en fonction des différentes étapes de l’existence, mais évolue au fil du cycle de vie (OCDE, 2021 [18]).
L’apprentissage tout au long de la vie repose non seulement sur l’apprentissage formel dans le cadre officiel des écoles ou
des centres de formation, mais aussi sur l’apprentissage informel et non formel (auprès de collègues ou dans le cadre de
formations en entreprise). En outre, les interactions sociales spontanées offrent des possibilités d’apprentissage fortuit.
Les technologies numériques révolutionnent aujourd’hui les mécanismes d’apprentissage traditionnels. L’OCDE (2022 [1])
montre que les technologies intelligentes contribuent de diverses manières à l’amélioration des systèmes éducatifs et
de l’enseignement. Elles facilitent l’accès à l’éducation et en améliorent la qualité pour les apprenants et la rentabilité
pour les sociétés. Les progrès des grands modèles de langue pourraient ouvrir la voie à un apprentissage de plus en
plus personnalisé dans toutes les disciplines et pour tous les groupes d’âge. À mesure que l’éducation et la formation
prennent le virage du numérique, l’apprentissage peut se faire partout et devient moins onéreux et plus accessible. À
cet égard, le Graphique 1.S.3 montre que le pourcentage d’internautes ayant suivi un cours en ligne a plus que doublé
au cours des dix dernières années3 dans presque tous les pays de l’OCDE.
Graphique 1.S.3. La part des individus ayant participé à des activités de formation en ligne a progressé au
cours des dix dernières années
Individus ayant utilisé l’internet pour suivre un cours en ligne en pourcentage du nombre total d’individus, 2023
% 2023 2013
70
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12 [Link]
Dans l’UE27, 16.4 % des individus ont suivi un cours en ligne en 2022 ; 20.7 % ont utilisé des supports de formation en
ligne autres qu’un cours complet (tutoriels vidéo, webinaires, manuels scolaires au format électronique, applications
ou plateformes de formation ; et 18.1 % ont échangé avec des formateurs ou des apprenants à l’aide d’outils audio ou
vidéo de type Zoom, MS Teams ou Google Classroom.
Cela dit, les résultats de travaux de recherche montrent que les adultes qui prennent part à des activités de formation
présentent un certain nombre de caractéristiques personnelles et professionnelles (âge, genre, niveau d’instruction ou
type de contrat, ancienneté, etc.). Il importe de souligner que le caractère autodirigé de nombreuses offres de formation
en ligne devient un obstacle pour les apprenants qui ne possèdent pas les compétences ni les dispositions nécessaires
pour se former avec succès, en toute indépendance. L’OCDE (2021[18]) montre que le niveau d’instruction est l’une des
variables explicatives les plus fiables de la volonté de poursuivre l’apprentissage. Les diplômés du supérieur sont ainsi,
en moyenne, moins susceptibles de s’en désintéresser que les travailleurs qui ne sont pas allés au-delà du premier
cycle du secondaire.
Les stratégies de confinement et d’atténuation mises en place face à la pandémie de COVID-19 ont également eu des effets
directs et indirects sur la participation aux activités de formation des adultes désireux d’enrichir leurs connaissances.
Dans les pays de l’OCDE, les possibilités d’apprentissage non formel pourraient avoir diminué en moyenne de 18 % et
les opportunités d’apprentissage informel, de 25 % (OCDE, 2021[18]). D’autres facteurs tels que la disponibilité de services
de qualité, les coûts de formation élevés et les contraintes personnelles (manque de temps ou responsabilités familiales,
par exemple) influent en outre sur la décision des individus de suivre une formation.
C’est pourquoi les employeurs doivent investir dans les salariés afin de les aider à acquérir et entretenir les compétences
dont ils ont besoin dans le cadre professionnel (OCDE, 2019[7]), sachant que certaines compétences nécessaires aujourd’hui
deviendront obsolètes demain. Or, de nombreux adultes ne suivent pas de formations en entreprise – ou ne souhaitent
pas le faire. Sans compter que la pandémie a réduit leurs possibilités en la matière, surtout pour les travailleurs peu
qualifiés qui ne disposent pas des compétences nécessaires pour suivre des formations à distance. En 2021, 11.2 %
seulement des entreprises de l’UE ont dispensé des formations professionnelles à leurs spécialistes des TIC ; 19.7 %
ont proposé des formations aux TIC aux autres membres du personnel.
Au-delà des programmes de formation courants destinés aux personnes de tous âges et de tous niveaux de qualification,
les entreprises devraient favoriser l’accès aux plateformes de formation en ligne et subventionner ou financer les
formations utiles. Elles doivent également insuffler une culture de la formation et du développement professionnel
continus en invitant les salariés à prendre en main leur propre formation et en mettant à leur disposition les ressources
susceptibles de les y aider. Les salariés devraient être incités à essayer de nouveaux outils et technologies numériques
dans le cadre professionnel et bénéficier d’un environnement sûr pour l’expérimentation et l’apprentissage par l’échec.
Ces pratiques professionnelles peuvent sembler impliquer des changements radicaux ou financièrement inaccessibles à
certaines entreprises, en particulier les PME qui ont souvent besoin de compétences spécifiques. Les PME se heurtent de
longue date à des difficultés d’accès aux talents et de développement de leurs compétences. Elles ont des liens limités
avec les réseaux qui pourraient leur permettre d’accéder à des travailleurs qualifiés. En outre, elles ne disposent pas
de stratégies formalisées de gestion des ressources humaines pour identifier les pénuries de compétences et fidéliser
les travailleurs formés et qualifiés. Il se peut également qu’elles ne soient pas en mesure d’utiliser les nombreuses
incitations financières disponibles pour couvrir les coûts de formation, soit parce qu’elles n’en ont pas connaissance,
soit parce qu’elles ne remplissent pas les conditions requises (OCDE, 2023[52]).
Pour surmonter ces difficultés, l’OCDE (2023[52]) met en avant l’utilité des « écosystèmes de compétences »4. Les
intervenants peuvent accéder à des groupes de compétences, y compris transversales, sans les internaliser ni supporter
entièrement les coûts associés. Les compétences sont accessibles en puisant dans le vivier de main-d’œuvre spécialisée
ou sous la forme de services intellectuels. Grâce à ces externalités positives, les PME peuvent bénéficier plus facilement
de connaissances spécialisées et répondre durablement aux besoins en compétences « non fondamentales ».
Les PME peuvent aussi envisager de recourir à des stratégies de recrutement créatives, consistant par exemple à proposer
des modalités de travail flexibles. Elles peuvent être l’occasion de mettre en avant les possibilités de croissance et de
développement des compétences et les avantages uniques d’une équipe réduite soudée. Par ailleurs, les PME peuvent
rechercher des candidats faisant montre d’une forte volonté d’apprendre et de s’adapter, ce qui peut témoigner d’une
plus grande ouverture à un éventail plus large de responsabilités.
Des politiques bien pensées aideront les individus et les entreprises à se préparer au mieux aux futurs
besoins en compétences
Compte tenu des difficultés évoquées plus haut, les pouvoirs publics doivent coordonner leur action. D’une part, ils
doivent adopter une approche agile des initiatives nationales de valorisation des compétences en travaillant de concert
avec les entreprises, les organisations à but non lucratif et le secteur de l’éducation. Ils doivent également engager un
dialogue social avec les syndicats afin de suivre et d’améliorer en permanence le fonctionnement des écosystèmes de
compétences. D’autre part, ils doivent faciliter les transitions sur le marché du travail afin de veiller à ce que personne
ne reste sur le bord de la route.
À l’heure actuelle, plusieurs pays de l’OCDE (dont l’Australie, l’Irlande, le Luxembourg et la Suède) et des partenaires
clés (tels que l’Afrique du Sud et l’Inde) ont mis en place au moins une stratégie nationale en matière de compétences.
L’objectif est de concevoir et mettre en œuvre une approche interministérielle et d’accompagner la double transition.
Ces stratégies visent en outre à harmoniser les efforts déployés dans le cadre de diverses politiques, avec une forte
participation des parties prenantes (partenaires sociaux, acteurs de la société civile et du marché du travail, et secteur
de l’éducation et de la formation). L’Union européenne a mis en place sa propre stratégie en matière de compétences,
qui fixe des objectifs à cinq ans à l’intention de l’ensemble des États membres (Commission européenne, 2020[53]).
Au-delà des stratégies, les pouvoirs publics adoptent également des politiques pour affronter plusieurs des défis exposés
dans ce Coup de projecteur. Par exemple, la plupart des stratégies nationales en matière d’IA comportent des éléments
importants liés à l’éducation et au marché du travail (OCDE, 2024[54]). Les politiques mises en place s’articulent autour
des axes suivants :
● Investir dans la qualité et l’équité des systèmes d’enseignement et de formation et dans leur adéquation au marché du
travail en allouant des programmes de financement axés sur les compétences et les technologies les plus demandées,
en soutenant la formation professionnelle, l’apprentissage et les possibilités de formation en cours d’emploi et en
dispensant aux enseignants les formations pertinentes (stratégie Éducation 4.0 du CARNET pour la période 2022-25, en
Croatie, lignes directrices intitulées « Les compétences de demain pour la société de demain », en Lettonie).
● Promouvoir la formation tout au long de la vie en favorisant l’instauration d’une culture de l’apprentissage et du
développement continus chez les travailleurs comme les employeurs, et en encourageant les individus à mettre à profit
les cours, ateliers et autres ressources pédagogiques disponibles en ligne (programme sur les compétences numériques
dans l’éducation, en Croatie, stratégie en faveur de l’orientation tout au long de la vie pour la période 2020-23, en Finlande,
stratégie « Le numérique tout au long de la vie », en Norvège).
● Faciliter l’accès aux ressources pédagogiques en donnant accès à des programmes de formation abordables ou gratuits
et à des bourses d’études, en particulier à l’intention des personnes percevant de faibles revenus, et en soutenant des
initiatives telles que les bibliothèques publiques, les centres communautaires et les plateformes en ligne qui proposent
des ressources éducatives (programme de transformation numérique au travail, au Chili, plateforme numérique
d’acquisition de compétences de base « [Link] », en Allemagne, programme d’alphabétisation numérique,
au Mexique).
● Favoriser la reconnaissance et la certification des nouvelles compétences en adoptant des mécanismes de validation
des formes d’apprentissage non conventionnelles, à l’instar des microcertifications, des badges numériques ou des
évaluations fondées sur les compétences, et en encourageant la mise au point de certifications reconnues par les
entreprises (Politique nationale d’éducation numérique (PNED), au Brésil, plateforme Pix, en France).
● Attirer les talents par le biais de programmes de visas et de bourses d’études afin de favoriser les externalités de
connaissances (stratégie nationale en matière d’IA, au Royaume-Uni).
● Favoriser la mise en place de partenariats public-privé afin de déterminer les besoins actuels et futurs en termes de
compétences et d’encourager les entreprises à participer à des programmes de formation et à proposer des stages ou
des formations en apprentissage (« Compte personnel de formation d’un salarié du secteur privé », en France).
● Mettre en place des incitations fiscales et des subventions, en proposant des remboursements d’impôt ou des aides
aux entreprises qui investissent dans la formation et le perfectionnement des salariés, et en incitant les individus à
poursuivre leurs études ou leur formation.
● Promouvoir l’inclusion numérique et la diversité en veillant à ce que les programmes de valorisation et de recyclage des
compétences soient accessibles à tous les segments de la pyramide des âges et en mettant en œuvre des programmes
ciblés pour favoriser la diversité (« Fondo Repubblica Digitale », en Italie).
● Évaluer et mesurer l’impact des politiques mises en place en assurant un suivi régulier de l’efficacité des programmes en
termes d’emploi, de croissance des salaires et d’adéquation aux besoins des secteurs, et en s’appuyant sur les éclairages
fondés sur des données pour affiner et améliorer ces programmes au fil du temps.
Pour s’assurer que les mesures restent pertinentes dans un contexte de mutations technologiques rapides, il importe
de suivre de près l’évolution des systèmes d’IA. Il sera dès lors essentiel d’anticiper les réorientations de la demande de
compétences induites par les technologies afin de faire en sorte que les systèmes d’éducation et de formation répondent
aux besoins des individus et des entreprises. Des évaluations solides des capacités en termes d’IA contribueront, dans
les années à venir, à étayer l’élaboration de politiques sociales adaptées (OCDE, 2023[22]).
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Notes
1. Les élèves ayant obtenu les meilleurs résultats sont ceux qui ont atteint le niveau de compétence le plus élevé
à l’évaluation PISA, soit le niveau 5 ou 6, à la fois en sciences, en lecture et en mathématiques.
2. Pour des raisons de disponibilité des données, le secteur des entreprises correspond à l’agrégation des classes
d’activités suivantes de la NACE Rév. 2 :
• [B-E] : Industrie (hors construction)
• F : Construction
• [G-I] : Commerce de gros et de détail, transports, hébergement et restauration
• J : Information et communication
• K : Activités financières et d’assurance
• L : Activités immobilières
• [M-N] : Activités spécialisées, scientifiques et techniques ; activités de services administratifs et de soutien
• [R-U] : Arts, spectacles et activités récréatives ; autres activités de services ; activités des ménages et d’organisations
et organismes extraterritoriaux.
3. Les données relatives au Canada et au Japon se rapportent à 2012 et 2022. Pour le Chili, elles concernent 2012 et 2017.
Pour la Colombie et l’Islande, elles correspondent à 2013 et 2021. Pour le Costa Rica, les données se rapportent
à 2018. Pour Israël, elles portent sur 2020 et 2021. Pour l’Égypte, elles correspondent à 2022. Les données relatives
à la Colombie et la Corée se rapportent à 2013 et 2022. Pour le Mexique, les données concernent 2013 et 2022,
et incluent les catégories « a bénéficié d’une formation professionnelle », « a suivi des cours pour compléter les
études », « a consulté des tutoriels sur des sujets d’intérêt » et « autres types de formation ». Pour la Pologne,
les données concernent 2011 et 2023. Pour la Suisse, elles portent sur 2017 et 2023. Pour le Royaume-Uni, elles
correspondent à 2013 et 2020. Pour les États-Unis, elles se rapportent à 2015 et 2021.
4. Un écosystème de compétences peut être défini comme une communauté (entreprises, industrie/secteur, prestataires
d’éducation et de formation, organisations non gouvernementales, acteurs locaux ou régionaux, etc.) au sein de
laquelle des individus et des organisations entrent en relation et interagissent dans le but de répondre à des
besoins en compétences, et de développer, d’utiliser et de transmettre, de façon autonome, des connaissances,
des aptitudes et des compétences.
Suisse
Australie
Islande
En 2022, les centres de données de la planète ont
France
consommé plus d’électricité que la consommation
Danemark
d'électricité totale de certains pays de l’OCDE.
Pays-Bas
Belgique
Consommation d’électricité (axe supérieur)
États-Unis
Consommation d’électricité pour 100 000 habitants Finlande
(axe inférieur) Japon
TWh
Allemagne
0 100 200 300 400 500 600
Suède
États-Unis 4 082 // Luxembourg
Japon 1 034 //
Irlande
Canada
Corée
Canada
Allemagne Nouvelle-Zélande
France Espagne
Mexique Autriche
Türkiye Italie
Royaume-Uni Grèce
Espagne
OCDE
Australie
Corée
Centres de données (mondial) Estimation haute
Portugal
Italie
Pologne Slovénie
Norvège République tchèque
Suède Israël
Pays-Bas République slovaque
Finlande Hongrie
Colombie
Estonie
Chili
Pologne
Belgique
Lituanie
Autriche
Suisse
Türkiye
République tchèque Costa Rica
Portugal Lettonie
Hongrie Mexique
Grèce Chili
Nouvelle-Zélande Colombie
Danemark
Irlande
République slovaque
Slovénie
Lituanie Les technologies numériques
Costa Rica
Estonie
telles que l’IA et l’internet des
Lettonie objets peuvent accélérer la
Luxembourg
Principales conclusions
Le monde est en état d’urgence climatique : les technologies numériques accompagneront-elles ou entraveront-
elles la transition écologique ?
Alors que le temps presse pour lutter efficacement contre les changements climatiques, il est de plus en plus
évident que la « double transition » écologique et numérique doit être mise à profit pour décarboner rapidement
les économies et atteindre les objectifs de développement durable (ODD).
Cependant, les technologies numériques elles-mêmes ont une empreinte environnementale tout au long de leur
cycle de vie : en 2020, les technologies de l’information et des communications (TIC) totalisaient entre 1.5 % et
4 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) (Bieser et al., 2023[1]).
Il est estimé qu’environ 90 % de l’électricité consommée par les centres de données est perdue sous forme de
chaleur, ce qui représente une possibilité largement inexploitée d’appliquer des modèles de l’économie circulaire,
par exemple en déployant des systèmes de chauffage urbain (Luo et al., 2019[2]).
Les technologies numériques proposent une trajectoire viable de décarbonation des différents secteurs
Les technologies numériques sont essentielles pour réduire considérablement les émissions, et parvenir à l’objectif
de zéro émission nette à l’échelle de la planète. En particulier, l’internet des objets (IdO) et les jumeaux numériques
fondés sur l’intelligence artificielle (IA) peuvent aider à améliorer les performances énergétiques, réduire les coûts
et accélérer l’innovation au niveau des réseaux énergétiques et des chaînes d’approvisionnement.
Les infrastructures et les services de communication sont indispensables à une transformation numérique
durable et résiliente. Par exemple, ils sont nécessaires pour le déploiement de technologies telles que les réseaux
électriques intelligents ou l’agriculture de précision fondée sur l’IdO, lesquels soutiennent la décarbonation de
plusieurs secteurs de l’économie. Dans le même temps, ces infrastructures et ces services ont eux-mêmes une
empreinte environnementale à minimiser.
Le secteur mondial des transports est l’un de ceux qui pourra tirer parti des technologies numériques qui
contribuent à réduire son impact environnemental grâce à des gains d’efficacité énergétique, à la maintenance
prédictive et à la mobilité partagée ainsi qu’en permettant des systèmes de transport à faible émission de carbone,
et des services de mobilité multimodale.
Élaborer des politiques en faveur d’un avenir numérique vert et résilient
La transformation numérique et la durabilité environnementale sont de plus en plus souvent considérées
conjointement par les décideurs politiques, notamment dans les stratégies et les plans de relance nationaux,
ainsi que dans des stratégies dédiées aux technologies numériques et à l’environnement.
Le chemin vers un monde numérique vert soulève des interrogations difficiles pour l’action publique. Par exemple,
alors que les technologies numériques augmentent la demande pour la puissance de calcul et les centres de
données, la question se pose de savoir si les réseaux énergétiques locaux sont prêts à soutenir l’accélération de
la transformation numérique verte.
Les pays sont en plein cœur de deux transformations fondamentales du XXIe siècle : la transition vers une économie
carbone neutre et durable du point de vue environnemental ainsi que la prolifération des technologies numériques
dans presque tous les domaines de la vie publique et privée. La transformation numérique en cours dans les sociétés
et les économies promet de favoriser l’innovation ; d’améliorer la productivité et les services ; de mettre en relation
des milliards de personnes dans le monde, incluant les économies émergentes ; et de générer des gains d’efficience
(OCDE, 2019[3]), notamment en termes d’utilisation des ressources et de productivité. De plus en plus, ces transitions
« écologique » et « numérique » sont liées l’une à l’autre par les décideurs politiques et les parties prenantes. Ces
derniers reconnaissent l’importance de s’assurer qu’elles concordent et qu’elles soient mobilisées au service d’un
avenir durable. Adoptée il y a plus de dix ans, la Recommandation de l’OCDE sur les technologies de l’information et
des communications et l’environnement a été la première à examiner la relation entre technologies numériques et
transition écologique (OCDE, 2010[4]). La recommandation fait actuellement l’objet d’un examen de sa pertinence afin
de tenir compte des changements technologiques rapides et de l’aggravation de la crise climatique1.
Éviter les effets les plus graves des changements climatiques et de la dégradation de l’environnement dans les
prochaines décennies est un défi mondial qui appelle une action urgente. Au cœur de la double transition figurent les
technologies numériques telles que l’IA et l’IdO, ainsi que la connectivité sous-jacente qui permet leur fonctionnement.
Ces technologies numériques peuvent considérablement accélérer la transformation durable des réseaux énergétiques,
des réseaux de transport et des infrastructures de communication au niveau mondial. Dans le même temps, les appareils
et les infrastructures numériques ont leur propre empreinte environnementale – de l’extraction de matières premières
jusqu’aux émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à leur consommation d’énergie.
Le présent chapitre s’ouvre sur un examen des efforts déployés par les pays pour mettre en phase les deux transitions
écologique et numérique2. Il explore la manière dont l’adoption des technologies numériques dans des secteurs
clés soutient les objectifs de durabilité environnementale, et comment atténuer l’empreinte environnementale des
technologies numériques. Enfin, il se conclut par des considérations de politiques publiques sur la voie à suivre pour
bâtir un avenir numérique et durable sur le plan environnemental.
Alors que le temps disponible pour lutter efficacement contre les changements climatiques diminue,
les technologies numériques offrent des solutions pour atteindre les cibles de zéro émission nette
La transformation numérique offre une multitude de possibilités économique et sociales aux individus en tant que
citoyens, consommateurs et travailleurs (OCDE, 2022 [5]). Les technologies numériques jouent un rôle de plus en
plus important dans les sociétés humaines modernes – des téléphones intelligents et des technologies portables à
l’automatisation complète de sites manufacturés et de réseaux logistiques. La mondialisation et la transformation
numérique ont été des moteurs essentiels derrière les gains de productivité et l’innovation de ces dernières décennies,
principalement du fait de l’essor de l’internet et de la baisse des coûts du matériel informatique. Avec des appareils
intelligents intégrés à tous les niveaux de l’économie, les technologies numériques définissent les marchés actuels, et
elles continueront sans doute d’être les piliers des marchés de demain.
Cependant, dans ce monde toujours plus numérique, les pays subissent également les effets de la crise climatique
grandissante. L’année 2023 a été la plus chaude jamais enregistrée, avec la couverture de glace de la mer Antarctique
qui a atteint son niveau le plus bas (NOAA, 2024[6]). Des travaux de l’OCDE indiquent qu’au cours de la période 2017-21,
l’exposition de la population au stress thermique a été élevée dans de nombreux pays du monde. L’Amérique latine,
le bassin méditerranéen, l’Australie et les États-Unis ont été particulièrement touchés. Par exemple, au cours de cette
période, le Costa Rica et Israël ont subi plus de 140 jours de stress thermique par an (Maes et al., 2022[7])3. L’Organisation
météorologique mondiale (OMM) (2023[8]) estime à 66 % la probabilité qu’entre 2023 et 2027, la température moyenne
annuelle à la surface du globe soit plus de 1.5 °C au-dessus des niveaux préindustriels pendant au moins un an.
Ces tendances sonnent l’alarme quant à l’entrée dans un monde qui, selon toute vraisemblance, dépassera la limite de
température de 1.5 °C fixée dans l’Accord de Paris. Le nombre croissant de phénomènes météorologiques extrêmes et
les rapports scientifiques toujours plus pessimistes de la communauté d’expertise amènent à conclure que le monde
est en état d’urgence climatique. C’est pourquoi il est indispensable que toutes les parties prenantes se mobilisent en
faveur d’actions rapides et concrètes pour assurer la durabilité environnementale de la planète.
Alors que le temps presse pour lutter efficacement contre les changements climatiques, il est de plus en plus évident,
aux yeux des décideurs politiques, que la transformation numérique doit être mises au service de la décarbonation
rapide de l’économie mondiale et de la réalisation des objectifs de développement durable (ODD). Les pays de l’OCDE ont
appelé à mobiliser les technologies numériques au service de la lutte contre les changements climatiques et à aligner
les politiques du numérique et de l’environnement (OCDE, 2022[9]). La Coalition pour la durabilité environnementale
numérique (CODES), dirigée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement, propose la vision d’une planète
durable à l’ère du numérique. Cela favoriserait un « mouvement mondial en faveur de la durabilité environnementale
à l’ère du numérique » (traduction libre) qui viserait à la fois à mettre en phase et accélérer les deux transitions et
à en limiter les effets négatifs (PNUE, 2022 [10]). Au niveau européen, le Pacte vert de l’Union européenne (UE) suit
une approche intégrée dans l’optique que les deux transitions écologique et numérique se renforcent mutuellement
et qu’elles permettent d’atteindre plus rapidement les objectifs climatiques ambitieux fixés à l’horizon 2050
(Muench et al., 2022[11]).
La diffusion accrue des TIC a des effets positifs et négatifs sur l’environnement
Les TIC forment l’ossature de la transformation numérique, en fournissant notamment la connectivité, les moyens de
stockage, la mémoire ou encore les capacités de traitement des données. Elles rendent possibles les applications de la
quatrième révolution industrielle (industrie 4.0) et un large éventail de produits de consommation intelligents, comme
les véhicules autonomes ou les compteurs intelligents (OCDE, 2018[12]). Leur omniprésence depuis une décennie montre
à quel point il est important de mettre en phase les transitions écologique et numérique. Entre 2011 et 2021, le secteur
des TIC4 a progressé trois fois plus vite que l’économie dans son ensemble dans les pays de l’OCDE (OCDE, 2024[13]).
Entre 2010 et 2023, le nombre d’internautes dans le monde a augmenté de 160 %, passant de 2 milliards à 5.3 milliards
(UIT, 2023[14]). Au cours de la même période, dans la zone OCDE, le taux de pénétration du haut débit fixe est passé
de 24 à 35.8 abonnements pour 100 habitants. Dans le même temps, le taux de pénétration du haut débit mobile a
triplé (de 43.3 à 134 abonnements pour 100 habitants) (OCDE, 2024[15]). L’adoption de l’internet et l’augmentation de la
disponibilité du haut débit (exprimées en nombre d’abonnements) sont quelques-uns des indicateurs qu’il est possible
d’utiliser comme mesure indirecte de la transformation numérique de masse.
Ces tendances, qui témoignent d’une diffusion accrue des TIC dans les économies, soulèvent également des questions.
Les incidences du numérique sur l’environnement ont-elles également augmenté ? Les effets positifs synergiques et
systémiques de la transformation numérique compenseront-ils cette augmentation éventuelle (OCDE, à paraître[16])?
À titre d’exemple des effets positifs synergiques des TIC, il est possible de citer l’utilisation de l’IdO et de l’IA pour réduire
la consommation d’énergie des ménages ; l’agriculture intelligente (de précision) pour améliorer le rendement des
cultures et l’efficacité d’utilisation des ressources ; les réseaux électriques intelligents ; et la réduction de la congestion
grâce au télétravail, aux véhicules connectés et aux villes intelligentes.
Aujourd’hui, plus que jamais, les avancées des technologies numériques permettent de mettre au point des outils
susceptibles d’aider les pays à progresser sur la voie de la durabilité environnementale (OCDE, 2022[5]). Que ce soit au
travers de matériels plus efficients ou de produits intelligents favorisant des comportements de consommation plus
respectueux de l’environnement, les technologies numériques apportent une réponse à la question de savoir à quelle
vitesse les économies mondiales peuvent atteindre leurs objectifs de zéro émission nette. Mais une action publique
holistique visant à tirer parti des avantages de la double transition nécessite de disposer de mesures précises pour
comprendre les effets tant positifs que négatifs des technologies numériques sur l’environnement.
D’une part, les technologies numériques peuvent aider les pays à atteindre leurs objectifs climatiques en produisant des
effets synergiques sources de gains d’efficience importants à l’échelle de toute l’économie. Par exemple, elles peuvent
faciliter la gestion des systèmes énergétiques et permettre les réductions d’émissions nécessaires pour atteindre les
objectifs climatiques. Des technologies comme l’IA et l’IdO peuvent donner la vitesse et l’effet d’échelle nécessaire pour
limiter les émissions et accélérer l’innovation dans des domaines clés. Il est possible de citer par exemple les jumeaux
numériques de la Terre5, les modèles de l’économie circulaire et les habitudes de consommation durable (PNUE, 2022[10]).
D’autre part, les technologies numériques et leurs chaînes d’approvisionnement ont des effets négatifs sur l’environnement
tout au long de leur cycle de vie, notamment au travers de l’extraction de matières premières et de la consommation
d’eau et d’énergie (AIE, 2023[17]). Même si le secteur des TIC produit moins d’émissions de GES que d’autres, il convient
de gérer son empreinte environnementale de manière réfléchie. Pour pouvoir évaluer les possibilités et les risques
futurs de la double transition, il faut d’abord développer une compréhension approfondie de plusieurs des technologies
actuelles, notamment l’IdO, l’IA et leur infrastructure de connectivité sous-jacente, qui recèlent un potentiel considérable
d’accélération de la transition écologique.
La connectivité à haut débit, l’internet des objets et l’intelligence artificielle peuvent donner la vitesse
et l’effet d’échelle nécessaires pour verdir rapidement les économies
Les technologies numériques, ou TIC6, peuvent désigner à la fois différents types de réseaux de communication et les
technologies utilisées sur ces réseaux (OCDE, 2011[18])7. L’écosystème des technologies numériques lui-même combine
entre autres l’infonuagique, l’analytique des données massives, l’IA, la chaîne de blocs et la puissance de calcul
(OCDE, 2019[3]). Selon la Recommandation de l’OCDE sur les technologies de l’information et des communications et
l’environnement (OCDE, 2010[4]), les TIC peuvent avoir : i) des effets directs sur l’environnement (tout au long de leur cycle
de vie, par exemple aux stades de la production, du transport, de l’utilisation et de la fin de vie) ; ii) des effets synergiques
dans d’autres secteurs (par exemple, industrie 4.0, réseaux électriques intelligents, agriculture intelligente, véhicules
électriques) ; et iii) des effets à l’échelle du système avec notamment des modifications des comportements (par exemple,
incitations à faire des choix de consommation plus respectueux de l’environnement, effets rebonds) (Graphique 3.1).
Graphique 3.1. Effets directs, synergiques et systémiques des technologies numériques sur l’environnement
Note : Les exemples, fournis à titre indicatif uniquement, ne sont pas exhaustifs.
Source : OCDE d’après Hilty et Aebischer, (2014)[19] ; OCDE, (2022)[20] , (2017)[21] ; Commission européenne, (2023)[22] ; AIE, (2023)[23].
Plusieurs technologies numériques essentielles devraient jouer un rôle déterminant dans la construction d’un avenir
vert. Les technologies telles que l’IdO, l’IA et leur connectivité sous-jacente devraient progresser dans leurs capacités
et leurs applications sectorielles. Ces technologies auront probablement des effets directs, synergiques et systémiques
sur la durabilité environnementale.
● Connectivité à haut débit. Les réseaux de communication sont un levier essentiel de la transformation numérique.
Le déploiement de plusieurs autres technologies numériques telles que l’IA et l’IdO suppose de disposer au préalable
d’une connectivité à haut débit de qualité, résiliente et abordable. Le secteur des communications est caractérisé par des
évolutions rapides telles que le déploiement de nouvelles infrastructures et architectures de réseaux, la convergence des
réseaux fixes et mobiles, et l’intégration continue de la connectivité dans d’autres branches de l’économie. Les réseaux
de communication peuvent être un moteur essentiel de la durabilité environnementale dans de nombreux domaines,
mais l’impact environnemental de l’infrastructure proprement dite doit être limité autant que possible (OCDE, 2022[20]).
● Internet des objets. L’OCDE définit l’IdO comme « l’ensemble des dispositifs et objets dont l’état peut être modifié
via l’internet, avec ou sans intervention humaine active » (OCDE, 2018[12]). Les objets connectés peuvent nécessiter
l’intervention d’appareils considérés comme faisant partie de « l’internet traditionnel ». Cependant, cette définition exclut
les ordinateurs portables, les tablettes et les téléphones intelligents, déjà pris en compte dans les indicateurs de l’OCDE
relatifs au haut débit. Il existe deux catégories d’IdO. Dans le cas de l’IdO à longue portée, les appareils sont connectés
par le biais de la technologie cellulaire et de réseaux étendus à faible puissance (REFP ou LPWAN en anglais). Dans le cas
de l’IdO à courte portée, les appareils utilisent des fréquences non soumises à licence d’exploitation, sur des distances
généralement inférieures à 100 mètres. L’IdO a plusieurs applications liées à l’environnement, comme les capteurs au
service de la durabilité agricole, les réseaux électriques intelligents et les applications domotiques (OCDE, 2018[12]).
● Intelligence artificielle. L’IA8 sous-tend certaines des solutions technologiques les plus prometteuses pour relever les
défis mondiaux actuels, notamment la lutte contre les changements climatiques. Les applications de l’IA permettent
des gains d’efficience dans tous les secteurs, tant au niveau du matériel informatique que des logiciels. Cependant,
l’intensité énergétique requise pour entraîner et utiliser certains systèmes d’IA, en particulier les plus avancés, suscite
des inquiétudes (OCDE, 2022[20]). Les systèmes d’IA de pointe ont considérablement grossi en termes de taille, de nombre
de paramètres et de volume des ensembles de données d’entraînement (OCDE, 2024[13]), ce qui rend leur entraînement
très énergivore. Des recherches montrent également que la puissance de calcul, notamment de traitement, qu’ils exigent
a augmenté plus vite que la performance du matériel. C’est notamment le cas pour les applications d’apprentissage
profond telles que la traduction automatique, la détection d’objets et la classification d’images (Thompson et al., 2020[24]).
L’essor de l’IA générative depuis la fin de 2022 a également mis l’accent sur l’inférence par IA (par exemple, utilisation
de systèmes d’IA préalablement entraînés), ce qui soulève des questions concernant l’impact environnemental de l’IA
à mesure que sa diffusion s’accélère.
Si les étapes du cycle de vie sont parfois définies de façon différente, la méthodologie générale est largement utilisée
par les équipes de recherche (Hertin et Berkhout, 2001[26]). Il est possible de citer, à titre d’exemple, le document intitulé
Methodologies for the assessment of the environmental impact of the information and communication technology sector de 2018 (UIT-T,
2018[27]) et la Recommandation de l’OCDE sur les technologies de l’information et des communications et l’environnement
(OCDE, 2010[4]). Pour quantifier les impacts environnementaux, il est possible d’avoir recours aux catégories d’impact
définies dans les normes ISO relatives à l’analyse du cycle de vie de la série sur le management environnemental. Il est
possible de retrouver dans ces catégories le réchauffement climatique (par exemple, la concentration de GES provoquant
le réchauffement polaire et la fonte des glaces), la toxicité (par exemple, le fait de provoquer du smog ou des pluies acides)
et l’appauvrissement de la biodiversité (ISO, 2006[28] ; ISO, 2006[29] ; Mickoleit, 2010[30]).
Dans un petit nombre de cas, les technologies numériques peuvent produire un effet positif sur l’environnement (par
exemple, réutilisation de la chaleur fatale produite par les centres de données). Cependant, dans la plupart des cas,
leurs effets directs sur l’environnement sont négatifs tout au long de leur cycle de vie (par exemple, consommation de
ressources naturelles pendant leur utilisation).
Les effets synergiques et systémiques positifs des technologies numériques (par exemple, effets indirects dans le cas
des applications sectorielles permettant de faire des économies d’énergie ou dans le cas des incitations à faire des
choix de consommation plus respectueux de l’environnement) peuvent parfois peser davantage que les effets directs
négatifs imputables au cycle de vie des TIC (fabrication, transport, utilisation et mise au rebut). C’est pourquoi la mesure
des impacts environnementaux dits « nets » est complexe. Il existe néanmoins plusieurs cadres de mesure permettant
d’établir des indicateurs communs et de conduire des évaluations exhaustives des impacts sur l’environnement, parmi
lesquels : le Protocole des gaz à effet de serre (2004[31]) ; les effets de premier, deuxième et troisième ordres (Hertin et
Berkhout, 2001[26] ; EITO, 2002[32]) ; la norme ISO Management environnemental – Analyse du cycle de vie ; (ISO, 2006[28] ;
2006[29]) ; ou encore la Recommandation L.1450 (9/2018) de l’UIT-T (UIT-T, 2018[27]).
La croissance démographique mondiale et l’augmentation des richesses devraient multiplier par près de deux la
consommation de matières premières d’ici 2060 (Livingstone et al., 2022[34]). L’un des déterminants de cette hausse
devrait être la demande accrue de technologies numériques. Les matériels tels que les semi-conducteurs, les terminaux
et les batteries de véhicules électriques exigent d’extraire des quantités plus importantes que jamais de ressources
minérales critiques. Cela laisse présager de futures contraintes de ressources à mesure que la demande progressera
tandis que les quantités de ressources naturelles restent en grande partie fixes (OCDE, 2019[35]).
La fabrication de produits TIC nécessite une grande variété de matériaux tels que le fer, l’acier, les plastiques, le verre
et divers métaux. Les produits TIC représentent moins de 1 % de la consommation annuelle mondiale de la plupart
de ces matériaux (Malmodin, Bergmark et Matinfar, 2018[36] ; Gupta et al., 2020[37]). Cependant, le secteur est l’un des
principaux utilisateurs de certains minéraux critiques et il est attendu que leur demande monte en flèche à l’avenir, à
mesure que les batteries occuperont une place de plus en plus centrale dans les activités économiques.
La demande croît pour les minéraux essentiels à la fabrication des produits TIC, ce qui soulève
des inquiétudes quant à leur raréfaction
La demande de produits TIC contribue à l’épuisement de ressources minérales clés et suscite des préoccupations en
termes de durabilité. La fabrication d’équipements électriques et électroniques dépend de certains intrants tels que le
cobalt, le gallium, l’indium, le palladium et les terres rares, ainsi que le tantale, l’étain, l’or et l’argent (Chancerel et al.,
2015[38]). En 2018, plus de 80 % de l’indium, du gallium et du germanium consommés dans le monde étaient destinés
au seul secteur des TIC. Cela a contribué de façon significative au potentiel épuisement de ces minéraux critiques
et soulevé des questions de durabilité puisqu’il est attendu que la demande de produits TIC continue d’augmenter
(Malmodin, Bergmark et Matinfar, 2018[36]).
La question des minéraux critiques est souvent centrée sur les catégories de matières consommées en grandes quantités,
comme le cuivre et les métaux nécessaires pour les batteries. Cependant, certains minéraux critiques consommés en
plus petites quantités, comme le gallium et le germanium, sont caractérisés par une forte concentration de l’offre.
C’est pourquoi ces minéraux de niche pourraient considérablement perturber les chaînes d’approvisionnement des
technologies numériques, même s’ils ne sont utilisés qu’en faibles volumes (AIE, 2023[39]).
Il demeure difficile de prévoir la demande de minéraux de niche, en partie à cause du manque de transparence le long
des chaînes d’approvisionnement. Le déploiement de technologies liées aux énergies propres telles que les cellules
photovoltaïques – une composante essentielle des panneaux solaires – et les batteries « est à l’origine d’une croissance
sans précédent du marché des minéraux critiques » (traduction libre) (AIE, 2023[39]). Dans tous les scénarios, l’AIE prévoit
que la demande de minéraux critiques aura doublé ou plus que triplé dès 2030 (AIE, 2023[39]).
Il reste néanmoins compliqué de prévoir l’impact de la demande croissante des technologies numériques sur la
disponibilité d’éléments essentiels comme les terres rares, le gallium ou le magnésium. L’utilisation des TIC nécessitent
de nombreux minéraux sous une forme extrêmement pure, les producteurs de ces derniers étant souvent concentrés
géographiquement. Par exemple, la République populaire de Chine produit 90 % du gallium et du germanium disponibles
dans le monde ainsi que 70 % de la plupart des terres rares. Du fait des faibles volumes de production et de l’opacité
des chaînes d’approvisionnement, il est difficile de trouver des données de production pour mieux prévoir et planifier
l’offre et la demande (CNUCED, 2020[40]).
La pression du marché et la concurrence pour les minéraux critiques devraient s’intensifier puisque ces derniers sont des
intrants indispensables aux stratégies de transition écologique et numérique. C’est pour cette raison que des juridictions
comme l’Union européenne cherchent à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement, notamment en accroissant
les approvisionnements secondaires grâce à l’économie circulaire et en trouvant des solutions de substitution aux
matériaux rares, dans la mesure du possible (Commission européenne, 2023[41]).
Investir davantage dans le recyclage, la valorisation et les technologies innovantes pourrait aider
à compenser l’impact de la hausse de la demande de terres rares
Les perspectives du marché des minéraux critiques signalent les potentiels bénéfices des politiques et des programmes
en faveur du recyclage et de la valorisation des terres rares et d’autres minéraux essentiels utilisés dans les technologies
numériques ainsi que l’efficacité et la circularité dans l’utilisation des ressources (Commission européenne, 2023[41]).
Cela est d’autant plus important que la plupart des déchets d’équipements électriques et électroniques ne sont pas
collectés et que seulement environ 1 % des terres rares sont recyclées. Le recyclage d’éléments tels que le néodyme des
aimants utilisés dans les disques durs, les téléphones portables et les systèmes vidéo et audio consomme souvent moins
de la moitié de l’énergie nécessaire à leur extraction (Geng, Sarkis et Bleischwitz, 2023[42]). Des recherches montrent
qu’il serait possible de réaliser des économies substantielles en valorisant les terres rares contenues dans les déchets
d’équipements électriques et électroniques suivant le modèle de l’économie circulaire. Mais les réglementations en
matière de protection des données et de sécurité peuvent parfois limiter ces pratiques. En effet, elles peuvent exiger
que le matériel soit détruit et mis au rebut selon des modalités ne permettant pas le recyclage (Willenbacher et
Wohlgemuth, 2022[43]).
L’innovation a permis de réduire le besoin d’infrastructures pour produire des technologies numériques, mais la
demande pour les TIC continue de peser sur le marché des minéraux critiques. Depuis quelques années, les technologies
numériques se sont considérablement « dématérialisées ». Grâce aux innovations réalisées au niveau du matériel et
des logiciels, ces technologies ont besoin de moins d’infrastructures physiques pour plus d’efficacité (Wäger, Hischier et
Widmer, 2015[44]). Cependant, la croissance de la demande pour les TIC continue d’exercer une pression sur la garantie
d’un approvisionnement régulier en intrants matériels, y compris en minéraux essentiels.
Recourir à des technologies numériques produit des émissions de GES à travers l’énergie consommée, laquelle dépend du
mix énergétique local et de la proportion de sources renouvelables et fossiles. Ces technologies numériques nécessitent
souvent de grandes quantités d’eau, par exemple pour refroidir les centres de données et les autres équipements TIC
(Li et al., 2023[45]).
Même si les TIC sont de plus en plus utilisées dans tous les secteurs, leur proportion dans le total des émissions
mondiales reste stable, largement dû aux gains d’efficience du matériel informatique et aux dynamiques sur les marchés
de l’énergie (AIE, 2021[46] ; 2023[17]). Les estimations varient selon les différences dans l’étendue et la définition du
secteur des TIC. Il est toutefois estimé que le secteur mondial des TIC (y compris les terminaux tels que les téléviseurs)
représentait 1.5 % à 4 % des émissions mondiales de GES en 20209 (Bieser et al., 2023[1]). Si cela tend à valider l’hypothèse
des gains d’efficience au niveau du matériel informatique, la dynamique des marchés de l’énergie peut également
expliquer cette tendance. D’après certaines recherches, environ 70 % de l’ensemble des émissions de GES imputées
aux TIC peuvent être attribuées à l’électricité, contrairement aux émissions incorporées provenant de la production de
matériels au début du cycle de vie (Freitag et al., 2021[47]).
Toutes ces observations donnent à penser que l’investissement dans la production d’électricité d’origine renouvelable
et son utilisation croissante dans le domaine des TIC pourraient faciliter la décarbonation rapide du secteur. Une telle
évolution aurait pour effet de déplacer les préoccupations en matière de durabilité environnementale vers l’amont de
la chaîne d’approvisionnement des TIC (par exemple, les émissions du périmètre 3) (Bieser et al., 2023[1]).
Les centres de données ont une charge de travail plus importante, mais leur consommation
d’énergie reste stable
Malgré l’augmentation considérable de leur charge de travail, les centres de données affichent une consommation
énergétique remarquablement régulière. Solution technologique essentielle à la base de la transformation numérique,
ces centres de données ont consommé quelque 194 térawattheures (TWh) en 2014, soit 1 % de la demande énergétique
mondiale, selon l’AIE (Graphique 3.2). En 2020, ils représentaient toujours le même pourcentage de la demande
énergétique mondiale (AIE, 2021[46]).
Graphique 3.2. La consommation énergétique mondiale des centres de données est restée stable
entre 2010 et 2020
Évolution du trafic internet, de la charge de travail des centres de données et de la consommation énergétique de ces centres à l’échelle mondiale
Trafic Internet Charge de travail des centres de données Consommation énergétique des centres de données
Index 2021 = 1
18
16
14
12
10
0
2010 2015 2016 2017 2018 2019 2020
Note : Mise à jour novembre 2021. L’AIE fournit une fourchette pour la consommation d’électricité des centres de données : 240-340 TWh en 2022.
Source : AIE (2021[46]), Global trends in Internet traffic, data centre workloads and data centre energy use, 2010-2020 d’après des données du Cisco Global
Cloud Index et de TeleGeography.
12 [Link]
Cette régularité est frappante pour deux raisons. Premièrement, la charge de travail des centres de données et le trafic
Internet ont considérablement augmenté. Deuxièmement, les centres de données consomment de grandes quantités
d’électricité, qui peuvent même être supérieures à ce que consomment certains pays de l’OCDE (Graphique 3.3). Les
améliorations de l’efficacité des centres de données et la tendance à privilégier désormais des centres à très grande
échelle pourraient expliquer pourquoi leur consommation énergétique est restée constante.
Il est difficile de prédire la croissance future de la demande mondiale d’électricité des centres de données. L’AIE estime
que les centres de données ont consommé entre 240 et 340 TWh à l’échelle mondiale en 2022, soit beaucoup plus que
les années précédentes. Elle prévoit que leur demande d’électricité au niveau mondial augmentera substantiellement au
cours de la prochaine décennie – au point qu’elle pourrait doubler dans certains scénarios. Cependant, ces projections
demeurent entachées d’incertitudes. Elles dépendent de la « cadence de déploiement, du niveau d’amélioration de
l’efficacité » (traduction libre) et d’autres tendances technologiques (AIE, 2024[48]).
Au niveau national, certaines administrations effectuent le suivi de la consommation d’énergie actuelle et projetée
des centres de données implantés sur leur territoire. Par exemple, au Danemark, la demande énergétique annuelle des
centres de données devrait passer de près de zéro en 2020 à 5 TWh d’ici 2025 et 7.5 TWh d’ici 2030 (Danish Energy Agency,
2020[49]). L’Irlande, en sa qualité de pôle européen des opérateurs de centres de données, a vu la consommation d’énergie
de ses centres de données bondir de 144 % entre 2015 et 2020, et représenter 11 % de la consommation d’électricité
totale du pays en 2021 (Central Statistics Office, 2023[50]). Selon les scénarios de demande médiane, ce chiffre pourrait
atteindre 23 % d’ici 2030 (EirGrid, 2021[51]).
À mesure que la charge de travail des centres de données et le trafic internet augmentent, les réseaux électriques et les
approvisionnements en eau pourraient ne pas suffire pour répondre à la demande accrue d’utilisation des technologies
numériques. Certains pays, comme le Royaume-Uni et le Danemark, envisagent ou ont déjà décidé d’imposer des
moratoires sur la construction de nouveaux centres de données du fait des contraintes au niveau des approvisionnements
en électricité et de la hausse des coûts de l’énergie (Swindhoe, 2022[52] ; Fitri, 2023[53]). Les changements climatiques,
à l’origine de vagues de chaleur et de sécheresses plus fréquentes, peut aussi exercer des pressions supplémentaires
sur les réseaux électriques et les centres de données eux-mêmes, conduisant à des pannes de courant et suscitant des
inquiétudes quant à la gestion de l’eau (Google Cloud, 2022[54]).
Les technologies telles que l’IA, avec des modèles toujours plus grands dont l’entraînement est toujours plus énergivore,
pourraient accroître encore la demande d’infrastructures TIC. À partir de 2010 environ, la prédominance d’une méthode
d’IA appelée apprentissage profond a considérablement accru la taille des systèmes d’apprentissage automatique
et leurs besoins de calcul. Les récentes avancées dans le domaine des systèmes d’IA générative, dont les agents
conversationnels, soulèvent de nouvelles questions concernant l’intensité énergétique de l’entraînement de l’IA et la
durabilité des infrastructures TIC sous-jacentes.
L’AIE anticipe que l’IA fera substantiellement augmenter la demande d’électricité des centres de données dédiés à l’IA,
lesquels pourraient consommer « au moins dix fois plus qu’en 2023 » (traduction libre) d’ici 2026 (AIE, 2024[48]). Le fait
de ne plus recourir aux processeurs à usage général, tels que les unités centrales de traitement, a en partie permis de
satisfaire la demande des modèles de plus grande taille. En effet, les processeurs plus spécialisés peuvent exécuter
plus efficacement les calculs nécessaires à certaines opérations (c’est-à-dire qu’il faut moins d’énergie et moins d’eau
de refroidissement pour davantage de calculs par unité de temps).
Aujourd’hui, les systèmes d’apprentissage automatique sont principalement entraînés sur des processeurs spécialisés
optimisés pour certains types d’opérations, par exemple des unités de traitement graphique. Depuis quelques années,
les gouvernements et les entreprises du secteur privé cherchent de plus en plus à garantir leur approvisionnement en
puces de prochaines générations. Ces puces, qui seraient conçues spécifiquement pour l’IA, promettent d’être encore
plus performantes sur le plan énergétique (OCDE, 2023[58]).
Graphique 3.3. En 2022, les centres de données de la planète ont consommé plus d’électricité
que la consommation d’électricité totale de certains pays de l’OCDE
Consommation d’électricité en TWh dans les pays de l’OCDE comparée à la consommation mondiale des centres de données (axe de gauche) et consommation
d’électricité des centres de données en TWh pour 100 000 habitants dans les pays de l’OCDE (axe de droite), 2022
500 2.5
400 2.0
300 1.5
200 1.0
100 0.5
0 0
I
U
U
N
N
N
D
C
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R
R
R
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P
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KO
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Note : L’AIE fournit une fourchette pour l’estimation de la consommation d’électricité des centres de données à l’échelle mondiale : 240-340 TWh
en 2022 (section rose clair de la colonne). Ce chiffre exclut l’énergie utilisée pour le minage de cryptomonnaie. Aucune donnée sur la consommation
d’électricité n’était disponible pour l’Islande et pour Israël.
Source : Élaboration des auteurs d’après (AIE, 2023[17] ; Enerdata, 2023[55] ; Ember, 2023[56] ; OCDE, 2023[57]).
12 [Link]
Le transport des infrastructures en TIC repose sur un réseau mondial de distribution, de transport
de marchandises, de manutention et de stockage, avec les impacts environnementaux associés
La fabrication et l’assemblage des infrastructures TIC ont des effets notables sur l’environnement. Le processus de mise
en œuvre des technologies numériques dépend de chaînes d’approvisionnement fortement mondialisées et complexes.
Ce réseau mondial de distribution comprend le transport de marchandises depuis les sites manufacturiers jusqu’aux
points d’assemblage et d’utilisation, ainsi que la manutention et le stockage.
Un tel processus a des impacts environnementaux tels que la pollution de l’air, les marées noires, les rejets de déchets
toxiques ou encore la pollution acoustique (Crawford, 2021[59] ; OCDE, 2022[20]). En 2022, les émissions de GES liées à l’énergie
utilisée dans le secteur des transports représentaient environ un quart du total des émissions mondiales (AIE, 2023[60]).
Si les étapes de fabrication et d’utilisation sont à l’origine de la plupart des émissions générées pendant le cycle de
vie, il est difficile de savoir si les émissions liées au transport augmenteront ou diminueront dans le futur. L’analyse du
cycle de vie de différents types de matériel, comme les ordinateurs et l’infrastructure des centres de données, attribue
souvent un faible pourcentage des émissions de GES au transport. Dans de nombreux cas, il est estimé que cette étape
représente moins de 5 % du total des émissions sur l’ensemble du cycle de vie.
Les étapes de fabrication et d’utilisation sont souvent à l’origine de l’essentiel des émissions générées pendant le cycle
de vie (Gupta et al., 2020[37] ; Kaack et al., 2022[61]). D’un côté, comme les entreprises et les particuliers mènent toujours
plus d’activités en ligne et que la tendance au télétravail se maintient, la part des incidences environnementales du
transport de technologies numériques pourrait diminuer. Mais d’un autre côté, l’accélération de la transformation
numérique pourrait stimuler la demande de produits numériques dernier cri, ce qui pourrait tirer à la hausse les besoins
de transport de technologies numériques.
La consommation d’eau est un impact environnemental des technologies numériques souvent négligé
L’impact de l’utilisation de l’eau pour soutenir les technologies numériques n’est pas bien compris en raison du manque
de données. L’exploitation des technologies numériques nécessite de l’eau principalement pour refroidir les systèmes
des centres de données. La production de certains composants comme les semiconducteurs peut aussi exiger de
grandes quantités d’eau. Or, par rapport à la consommation d’énergie et aux émissions de GES, l’impact des technologies
numériques sur les ressources en eau est mal connu. (OCDE, 2022[20]). Par exemple, selon certains travaux de recherche,
33 % à 50 % seulement des opérateurs de centres de données ont compilé et communiqué des indicateurs sur la
consommation d’eau en 2021 (Mytton, 2021[62] ; Uptime Institute, 2021[63]).
Il est indispensable de faire le bilan de l’eau consommée par l’exploitation des technologies numériques pour assurer la
gestion de la ressource et sa durabilité. Les changements climatiques, et le nombre croissant d’épisodes de sécheresses
extrêmes qui en découlent, mettent à l’épreuve les écosystèmes hydriques mondiaux. De fait, plus de deux milliards de
personnes dans le monde subissent déjà des pénuries d’eau (Nations Unies, 2022[64]). Si la disponibilité des ressources
en eau douce renouvelables peut beaucoup varier d’un point à l’autre du globe, la rareté de l’eau est un problème
croissant dans de nombreuses régions du monde. Il en résulte un épuisement des nappes phréatiques et une pression
accrue sur la disponibilité et la qualité de l’eau (Nations Unies, 2022[64]).
S’agissant du secteur des TIC, la consommation d’eau est beaucoup plus difficile à estimer que la consommation
d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre, en raison du manque d’informations rapportées, de normes et de
sensibilisation dans l’industrie. L’une des rares évaluations disponibles estime la consommation d’eau des centres de
données des États-Unis à moins de 1 % de la consommation d’eau totale (Mytton, 2021[62]). Mais les infrastructures
numériques telles que les centres de données sont souvent en concurrence au niveau local avec d’autres gros utilisateurs
d’eau tels que les hôpitaux et les exploitations agricoles. Par exemple, le secteur américain des centres de données
est l’un des dix secteurs qui consomment le plus d’eau, et ses installations sont souvent concentrées dans des zones
géographiques qui dépendent de ressources en eau qui sont rares (Siddik, Shehabi et Marston, 2021[65]).
Les phénomènes météorologiques extrêmes comme les sécheresses menacent également la stabilité du secteur amont
de la production des infrastructures des technologies numériques. Par exemple, des sécheresses survenues au Taipei
chinois ont impacté la production de semiconducteurs : il n’y avait plus assez d’eau de très grande pureté pour nettoyer
les usines et les composants des puces pendant la fabrication (The New York Times, 2021[66]).
Selon certaines études, les applications numériques de pointe telles que l’IA générative ont une empreinte hydrique
considérable. Une estimation relative à l’entraînement du modèle d’IA GPT-3 d’OpenAI situe la consommation d’eau
requise pour cette opération entre 700 000 et 2.1 millions de litres d’eau douce, soit l’équivalent de près d’une piscine
olympique entièrement remplie, selon l’emplacement du centre de données (Li et al., 2023[45]). Selon une autre estimation, le
refroidissement des centres de données nécessite entre 0.2 et 0.8 litre d’eau par kilowattheure utilisé. Au total, pour l’ensemble
des centres de données mondiaux, cela équivaut à environ 120 000 piscines olympiques par an (Andrews et al., 2021[67]).
La fabrication des semiconducteurs et des appareils destinés aux utilisateurs finaux nécessite également de grandes
quantités d’eau. D’après certaines estimations, une grande installation type de fabrication de puces consomme jusqu’à
37 millions de litres d’eau par jour (Johnson, 2022[68]). À mesure que les technologies numériques se répandent à travers
les différents secteurs et diverses utilisations, et que la demande d’infrastructures sous-jacentes augmente, une gestion
prudente des ressources en eau sera nécessaire pour minimiser l’utilisation d’eau potable par le secteur et atténuer le
stress hydrique local.
Il est difficile de mesurer les impacts environnementaux en raison de leur complexité et des changements
technologiques rapides
La croissance attendue de la demande de produits et services numériques oblige les décideurs politiques à comprendre et
mesurer leurs impacts sur les systèmes énergétiques, les réseaux électriques et les objectifs de réduction des émissions
de GES aux niveaux national et local. L’amélioration rapide de la performance énergétique et le recours accru à des
sources d’énergies renouvelables ont largement contribué à limiter la hausse de la demande énergétique mondiale et
les émissions de GES associées aux TIC. Cependant, comme l’affirme l’AIE, « il est essentiel que les gouvernements et
le secteur privé engagent des efforts soutenus dans les domaines de l’efficacité énergétique, de l’approvisionnement
en énergies renouvelables et de la recherche-développement (R-D) pour réduire la demande énergétique et limiter
l’augmentation des émissions au cours de la prochaine décennie » (traduction libre) (AIE, 2022[69]).
Les difficultés méthodologiques rencontrées pour estimer les futures émissions de GES incluent notamment l’absence de
cohérence dans les taxonomies et les limites des systèmes, les défis associés à la disponibilité et la qualité de certaines
données, et la complexité qui accompagne la mesure des effets environnementaux synergiques et systémiques (Bremer
et al., 2023[70]). Ces difficultés se reflètent dans les divergences des estimations passées et dans les prévisions futures
des émissions de GES sur l’ensemble du cycle de vie des technologies numériques. Les estimations publiées pour le
secteur des TIC en 2015 « diffèrent d’un facteur 2 » tandis que « les projections à l’horizon 2025 diffèrent d’un facteur
pouvant aller jusqu’à 25 » (traduction libre) (Bremer et al., 2023[70]).
Si l’utilisation des technologies numériques consomme des ressources naturelles, elle peut aussi parfois contribuer
positivement à la durabilité environnementale (effets directs). Ces cas « positifs » sont devenus plus viables sur le plan
technologique ces dernières années, mais des problèmes de mise à l’échelle et de commercialisation subsistent. Par
exemple, les centres de données produisent de grandes quantités de chaleur excédentaire, généralement considérée
comme de l’énergie « de faible qualité ». En général, cette énergie ne peut pas être directement réaffectée à d’autres
activités car les températures sont trop basses, le plus souvent en dessous de 35 °C, ce qui résulte à rediriger la chaleur
excédentaire vers des tours de refroidissement.
Plusieurs méthodes ont été proposées pour récupérer la chaleur excédentaire issue de l’exploitation des centres de
données, lesquelles incluent associer l’exploitation d’un centre de données à une serre sur site, ou transférer la chaleur
vers un réseau énergétique local (ReUseHeat, 2017[71] ; Karnama, Haghighi et Vinuesa, 2019[72]), une pratique connue
sous le nom de « chauffage urbain » (encadré 3.1). Ces applications semblent prometteuses, mais elles nécessitent une
planification à plus long terme et une coordination avec les projets de développement urbain. Il faut en outre relever les
défis liés au transport efficace de cette chaleur jusqu’à l’utilisateur final et aux modèles commerciaux correspondants.
Encadré 3.1. La perte de chaleur des centres de données est-elle une opportunité
largement inexploitée ?
Réutiliser la chaleur résiduelle des centres de données peut favoriser les économies d’énergie
et soutenir l’économie circulaire
Environ 90 % de l’électricité consommée par les centres de données est transformée en chaleur résiduelle de
faible qualité généralement perdue, car relâchée dans l’atmosphère ou rejetée dans un cours d’eau local (Luo
et al., 2019[2]). C’est donc là une occasion de puiser dans une source d’énergie rarement exploitée et de soutenir
l’économie circulaire et les efforts de décarbonation au niveau local en fournissant de la chaleur aux bâtiments
commerciaux et résidentiels situés à proximité (AIE, 2023[17]). À petite échelle, certains opérateurs de centres de
données ont déjà commencé à acheminer leur chaleur résiduelle vers des réseaux municipaux de chauffage urbain.
En Finlande, l’opérateur de centre de données Elisa approvisionne 1000 logements en chaleur via Helsinki Energy,
tandis qu’aux Pays-Bas, les centres de données QTS chauffent plus de 5000 habitations (Fisher, 2023[73]). Le chauffage
urbain fonctionne bien dans les zones urbaines, mais son utilisation est souvent limitée dans les zones rurales
où la clientèle accessible n’a pas la masse critique requise. Il est néanmoins possible de surmonter ces difficultés.
Par exemple, les eaux usées chauffées que rejette un centre de données ont une température optimale pour la
croissance des homards. L’opérateur norvégien d’un centre de données a donc eu l’idée pionnière de réacheminer sa
chaleur fatale vers une ferme terrestre d’élevage de homards et de truites (Green Mountain, 2021[74]). Dans des pays
tels que l’Allemagne, il a également été proposé des lois visant à imposer aux opérateurs de centres de données
de mettre leur perte de chaleur à la disposition de fournisseurs locaux (McGovan, 2023 [75]). L’AIE recommande
aux responsables de l’action publique de travailler avec les opérateurs de centres de données, les entreprises de
services d’utilité publique et les fournisseurs de chauffage urbain à lever les obstacles au dimensionnement et
à l’adoption de tels dispositifs, que ces obstacles soient contractuels, réglementaires ou techniques (obtenir la
température requise pour le chauffage) (AIE, 2023[17]).
En outre, si l’exploitation accrue de centres de très grande taille est corrélée à une hausse de la demande énergétique
mondiale, ce type de centralisation a également permis d’importants gains d’efficacité énergétique. De nouvelles formes
de refroidissement des centres de données font leur apparition mais leur déploiement à grande échelle nécessite des
mises à niveau importantes de l’infrastructure. Les centre de données qui utilisent un système de refroidissement
liquide pourraient aussi récupérer leur chaleur résiduelle pour chauffer des bâtiments à proximité, dans le cadre de ce
que certaines personnes appellent une « approche organique des centres de données » (Karnama, Haghighi et Vinuesa,
2019[72]). Par ailleurs, à l’énergie directement consommée par les centres de données, vient s’ajouter celle qui sert, en
amont, à les approvisionner en eau traitée et, en aval, à en traiter les eaux usées (Siddik, Shehabi et Marston, 2021[65]).
En effet, les eaux usées des centres de données doivent souvent être traitées après utilisation, ce qui exige également
de l’électricité et génère des émissions ; c’est pourquoi les impacts nets sur la durabilité sont incertains (OCDE, 2022[20]).
Il est nécessaire d’améliorer encore le recyclage et la gestion de la fin de vie des technologies numériques
afin de soutenir la résilience climatique et économique
Le secteur des TIC produits une grande quantité de déchets électroniques, qui devrait encore augmenter avec la hausse de
la demande de produits numériques. Les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) recouvrent l’ensemble
des équipements électriques et électroniques qui ont été mis au rebut sans intention de les réutiliser (OCDE, 2019[76]). Le
Partenariat mondial pour les statistiques relatives aux déchets d’équipements électriques et électroniques, dirigé par les
Nations Unies et l’Union internationale des télécommunications, estime que la quantité totale de DEEE dans le monde a
atteint 57.4 millions de tonnes en 2021, soit près de 30 % de plus qu’en 2014 (Forti et al., 2020[77]). Selon les projections, ce
chiffre devrait monter jusqu’à 82 millions de tonnes d’ici 2030 (Baldé et al., 2024[78]). Cela fait des DEEE « le flux de déchets
domestiques qui connaît la croissance la plus rapide au monde » : il est estimé que son taux de croissance est plus de
trois fois supérieur à celui des autres flux de déchets importants (Kumar, Holuszko et Espinosa, 2017[79]).
Le Partenariat mondial pour les statistiques relatives aux DEEE estime que seulement 22.3 % des DEEE générés dans
le monde ont été officiellement collectés et recyclés en 2022 (Baldé et al., 2024[78]). Cela suscite des préoccupations en
matière d’environnement puisque de grandes quantités de DEEE sont incinérées ou mises en décharge, produisant
des effets sociaux et environnementaux tels que la pollution de l’air, la formation de déchets acides et radioactifs et
la pollution des eaux souterraines (Crawford, 2021[59]). Les DEEE peuvent contenir plus de 100 métaux et matières tels
que le plomb et d’autres éléments toxiques tels que le mercure, le lithium et le nickel. C’est pourquoi ils représentent
environ 70 % de la pollution toxique en surface à l’échelle du globe (Vishwakarma et al., 2022[80]).
Les technologies numériques ne sont pas directement responsables des plus grandes quantités de DEEE au niveau
mondial. La définition des DEEE est large et recouvre généralement six catégories : les équipements d’échange thermique
(par exemple, réfrigérateurs et pompes à chaleur), les écrans et moniteurs, les lampes, les gros équipements (par
exemple, machines à laver), les petits équipements (par exemple, aspirateurs et grille-pain) et les petits équipements
informatiques et de télécommunications (OCDE, 2019[76]). En 2019, les catégories de DEEE les plus volumineuses à l’échelle
mondiale, à savoir celles des petits équipements et des équipements d’échange thermique, ne pouvaient pas directement
être imputées aux technologies numériques. Le volume de la catégorie des petits équipements informatiques et de
télécommunications n’avait que modérément progressé par rapport à 2015. Au cours de la même période, le volume de
la catégorie des écrans avait même diminué de 1 %. En effet, l’arrivée des écrans et moniteurs plats électroluminescents
(avec des diodes électroluminescentes [LEDs]) a fait baisser la masse totale de déchets, même si le nombre total d’écrans
a augmenté (Forti et al., 2020[77]).
Par ailleurs, il existe des différences importantes entre les régions, s’agissant aussi bien de la production que du recyclage
des DEEE. En 2022, l’Europe en a produit 17.6 kg par personne et recyclé 7.53 kg par personne (42.8 %). Pendant ce
temps, le continent américain10 en a produit 14.1 kg par personne mais recyclé seulement 4.2 kg par personne (30 %)
(Baldé et al., 2024[78]).
Augmenter les taux de réutilisation et de recyclage des infrastructures TIC peut aider à répondre à la hausse prévue
de la demande de minéraux critiques. La valeur économique des matières premières contenues dans les DEEE a été
estimée à 57 milliards de dollars en 2019 (Forti et al., 2020[77]) et a atteint 91 milliards de dollars en 2022 (Baldé et al.,
2024[78]). Les quantités élevées de DEEE dans le monde sont dues à l’absence de réparation des produits numériques
vieillissants, à l’arrêt du support des logiciels qu’ils intègrent et aux stratégies d’obsolescence programmée connexes,
couplés à de faibles taux de collecte et de recyclage (Forti et al., 2020[77]). L’exportation d’importants volumes de DEEE
destinés à une mise au rebut informelle dans les économies émergentes risque aussi de créer un « effet de fuite » qui
pourrait avoir de graves conséquences.
Pour ce qui est du recyclage, il reste un écart important dans les pays de l’OCDE entre la quantité de DEEE produits et
la quantité de DEEE formellement collectés et recyclés (Graphique 3.4) (OCDE, 2019[76]). Le Global E-waste Monitor (outil
de suivi des DEEE à l’échelle mondiale) note que « les activités de recyclage ne suivent pas le rythme de croissance
mondiale des DEEE » ; depuis 2010, la croissance de la production de DEEE est « presque cinq fois plus rapide que celle
des opérations formelles de collecte et de recyclage » (traductions libres) (Baldé et al., 2024[78]). Même les pays de l’Union
européenne, après deux décennies de législation relative aux DEEE et « le plus haut taux d’opérations de collecte et
de recyclage formelles et documentées, qui est de 42.5 % » (traduction libre) doivent augmenter leurs taux de collecte
pour atteindre les objectifs de l’UE (Forti et al., 2020[77]).
Cet objectif d’accroître la collecte et le recyclage formels des DEEE se traduit par une attention croissante portée à la
réduction des impacts des technologies numériques sur l’environnement en aval. On assiste à l’élaboration de nouvelles
politiques en faveur de la gestion et du recyclage des DEEE. La Directive de l’UE relative aux DEEE, par exemple, encourage
le réemploi, le recyclage et d’autres formes de valorisation des DEEE. Il s’agit de réduire la quantité de déchets à éliminer
et d’améliorer les performances environnementales des opérateurs économiques qui interviennent dans le traitement
des DEEE (Directive 2012/19/UE, 2012) (UE, 2012[81]).
La mise en œuvre de solutions issues de l’économie circulaire et l’application du principe de « durabilité par défaut »
(c’est-à-dire dès la conception) pourraient aider à réduire sensiblement les effets que les technologies numériques ont
sur l’environnement par l’intermédiaire des DEEE. Des technologies numériques telles que l’IA et l’IdO peuvent être
utilisées pour repenser la conception et la fabrication des produits, et prolonger la durée de vie des produits et de leurs
pièces détachées grâce à la maintenance prédictive. Elles peuvent aussi aider à réemployer efficacement les matériaux
au travers de méthodes plus efficientes de recyclage et de valorisation des produits (One Planet Network, 2023[82]).
Graphique 3.4. Il subsiste un écart important dans les pays de l’OCDE entre les déchets électroniques
produits et ceux formellement collectés et recyclés
DEEE produits et formellement collectés et recyclés (kg par personne), 2022
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20
15
10
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SV
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OC
M
Note : L’indicateur mesure les déchets électroniques produits au cours d’une année donnée par habitant et la quantité de déchets électroniques
collectés et recyclés (tous les déchets électroniques collectés ne sont pas nécessairement recyclés). Les déchets électriques et électroniques,
tels que définis dans le Global E-waste Monitor, recouvrent l’ensemble des équipements électriques et électroniques qui ont été mis au rebut
sans intention de les réutiliser. Ils comprennent les équipements de refroidissement et de congélation, les écrans et moniteurs, les lampes,
les équipements de grande taille (p. ex. : machines à laver et panneaux solaires), les équipements de petite taille (p. ex. : aspirateurs, fours à
micro-ondes et jouets électroniques) et les équipements informatiques et de télécommunications de petite taille (p. ex. : téléphones mobiles,
ordinateurs personnels et imprimantes). Le Global E-Waste Monitor établit une estimation des stocks de produits électroniques de chaque pays et
des quantités mises au rebut chaque année. En l’absence de données directes sur les ventes de produits électroniques, les ajouts aux stocks sont
estimés en soustrayant les exportations des importations. Pour les pays de l’UE et la Norvège, le Global E-Waste Monitor tient également compte
de la production intérieure. Les autorités nationales communiquent les chiffres relatifs au recyclage et à la réutilisation à Eurostat, conformément
à la directive relative aux déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), sur la base d’enquêtes et de données administratives de
collecteurs de déchets et d’installations de traitement.
Source : OCDE (2019[76]), « E-waste generated per capita » (indicateur), Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique le Global E-waste Monitor
et la base de données des comptes nationaux annuels de l’OCDE, (OCDE, 2019[76] ; Forti et al., 2020[77] ; Eurostat, 2023[83]), [Link]
org/indicator/53.
12 [Link]
Les technologies numériques ont le grand potentiel de produire des effets positifs en termes de durabilité dans presque
tous les secteurs de l’économie. Les secteurs que les technologies numériques pourraient rendre plus durables sont
principalement le secteur des bâtiments et des villes, l’industrie lourde (construction navale et production sidérurgique,
notamment), l’agriculture et la foresterie, et la finance verte (Rolnick et al., 2022 [85]). Les Perspectives agricoles de
l’OCDE et de la FAO 2021-2030 soulignent que les augmentations de productivité nécessaires pour nourrir durablement
la population mondiale ne seront pas possibles sans « un coup d’accélérateur [...] dans le domaine [du numérique], la
technologie, la qualité des données et le capital humain » (OCDE-FAO, 2021[86]).
Il est important de noter que les technologies numériques sont de plus en plus utilisées pour établir des prévisions
climatiques et météorologiques et des modélisations environnementales. Dans le cadre de ses initiatives GreenData4All
et Destination Terre (DestinEarth), l’Union européenne finance le développement d’un jumeau numérique de l’intégralité
du système terrestre. Ce jumeau servira à analyser l’impact socioéconomique des changements climatiques et à élaborer
des stratégies d’atténuation aux changements climatiques et d’adaptation à ses effets (Bauer et al., 2021[87]). Même
s’il reste encore à collecter des éléments d’information concrets et à établir des projections macroéconomiques, la
transformation numérique pourrait contribuer à « découpler l’activité économique de l’utilisation des ressources
naturelles et de ses impacts environnementaux ». Cela permettrait en retour la transition vers une économie mondiale
résiliente et circulaire (Barteková et Börkey, 2022[88]).
La transformation des systèmes énergétiques mondiaux, c’est-à-dire le passage d’un système centralisé fondé sur les
combustibles fossiles à un système décentralisé fondé sur les sources renouvelables, exige beaucoup de flexibilité. Un tel
nouveau système nécessite d’intégrer l’offre et la demande d’un nombre croissant de sources d’énergies renouvelables
dans le cadre d’un mix énergétique durable et résilient. Les systèmes énergétiques sont beaucoup plus complexes
quand ils sont flexibles et décentralisés.
Pour ces raisons, les systèmes énergétiques mondiaux devront compter davantage sur les technologies numériques
– en particulier celles qui permettent de gérer de hauts niveaux de complexité et de gros volumes de données – pour
anticiper, gérer et automatiser les flux et les prix de l’énergie. Par exemple, les systèmes intelligents de stockage de
l’énergie rendent possibles les procédures de type « power-to-X » (P2X) qui consistent à convertir l’électricité excédentaire
des installations de production renouvelable en divers autres vecteurs de stockage de l’énergie tels que les carburants
de synthèse ou l’hydrogène (Lange et Santarius, 2020[89]).
Les technologies numériques peuvent également favoriser l’efficacité énergétique et l’innovation le long des chaînes
d’approvisionnement des énergies propres : découverte, développement et déploiement de solutions innovantes et de
technologies propres, extraction et traitement des ressources naturelles, fabrication et installation, exploitation et fin
de vie (AIE, 2023[23]).
Selon l’édition 2023 des Perspectives des technologies de l’énergie (Energy Technology Perspectives) de l’AIE, les flux
mondiaux d’énergie devraient se complexifier à mesure que davantage d’installations utilisant les énergies renouvelables
sont mises en service. L’électricité devrait devenir le principal vecteur énergétique, avec une demande qui devrait plus
que doubler entre 2021 et 2050 (AIE, 2023[23]). De plus, de nombreuses unités de consommation devraient être raccordées
au réseau – des pompes à chaleur aux véhicules électriques.
Les outils tels que l’IA sont optimaux pour analyser de grandes quantités de données et repérer des schémas dans des
ensembles de données complexes comprenant de nombreux poids et paramètres. Ils pourraient jouer un rôle important
dans la gestion et l’optimisation des futurs réseaux électriques qui seront caractérisés par un nombre élevé de sources
d’énergie intermittentes (AIE, 2023[23]). Dans un monde où les sources d’énergie intermittentes sont prédominantes, la
connectivité est essentielle pour coordonner les appels de charge ainsi que le transport et la distribution de l’électricité.
C’est pourquoi une grande partie des avantages environnementaux des technologies numériques et de leur infrastructure
sous-jacente seront liés à leur capacité à soutenir la gestion des réseaux électriques intelligents.
Le déploiement de technologies telles que la fibre, la 5G et les systèmes d’IA peut aussi servir à optimiser la gestion
des réseaux et à réduire la consommation d’énergie. Des applications comme le « mode veille » (rendu possible par
l’apprentissage automatique) peuvent aider à réduire les coûts énergétiques des réseaux mobiles. Parallèlement, il est
possible d’utiliser des capteurs IdO raccordés à la fibre pour optimiser la gestion énergétique des bâtiments, des villes
et d’autres infrastructures critiques. Enfin, passer de la technologie historique de l’accès haut débit à la fibre pourrait
contribuer à la réalisation des objectifs de durabilité environnementale relatifs aux réseaux haut débit fixes.
Le déploiement de compteurs intelligents sur les réseaux de distribution est un autre cas notable d’utilisation des
technologies pour verdir les réseaux électriques. Les compteurs intelligents peuvent améliorer la qualité de service et,
en permettant à la clientèle de gérer sa consommation d’énergie, offrir des moyens innovants de recourir à l’effacement
de la demande. Quelque 1.1 milliard de compteurs intelligents avaient été installés dans le monde à la fin de 2021 – ce
qui équivaut déjà à près de 40 % de l’ensemble des compteurs résidentiels (AIE, 2023[23]). Des dispositifs numériques
de contrôle à distance et de protection avancée peut aussi aider à gérer les flux d’énergie bidirectionnels et à identifier
rapidement les défaillances du réseau. Les centrales virtuelles, par exemple, peuvent intégrer l’offre et la demande
d’énergie en exploitant des capteurs fondés sur l’IA et l’IdO (Nafkha-Tayari et al., 2022[91]).
D’autres solutions numériques incluent une régulation avancée de la tension au niveau du réseau de distribution. La
régulation de tension peut accroître la capacité d’accueil du réseau, donc faciliter l’intégration d’un nombre croissant
de sources décentralisées et intermittentes d’électricité d’origine renouvelable. En 2021, les infrastructures numériques
représentaient 19 % des investissements mondiaux dans les réseaux électriques, et 75 % de ce montant étaient destinés
au réseau de distribution (AIE, 2023[23]). En permettant d’améliorer la qualité de l’offre et de raccorder des sources
d’énergie distribuées, le recours accru aux technologies numériques dans le secteur de l’énergie peut aider à renforcer
la sécurité énergétique. Cependant, les préoccupations en matière de cybersécurité représentent un risque à long terme
pour les infrastructures critiques telles que les centrales (Casanovas et Nghiem, 2023[92]). Étant donné ces enjeux de
sécurité numérique, les fournisseurs d’énergie pourraient préférer une connectivité intégralement fondée sur la fibre
pour les réseaux électriques.
Les jumeaux numériques de systèmes énergétiques entiers sont un outil fondamental rendu possible par l’IA qui met
à profit les technologies numériques pour combiner divers cas d’utilisation des technologies propres en une solution
holistique et fiable à l’intention des fournisseurs d’énergie. Puisque les systèmes électriques doivent devenir quatre fois
plus flexibles d’ici 2050, l’application du numérique à leur gestion joue un rôle clé dans la transition vers la neutralité
carbone (OCDE, 2023[93]).
Les jumeaux numériques, qui sont des représentations numériques de systèmes réels dont ils reproduisent les objets
et les processus physiques, peuvent aider à améliorer les prévisions concernant les réseaux électriques, ainsi que la
planification de leur fonctionnement et leur contrôle. Ils peuvent aussi aider à créer des systèmes électriques avancés
à même de répondre à une demande flexible (Rolnick et al., 2022[85]). Il en existe pour un large éventail d’applications :
par exemple, le jumeau numérique de Singapour est une ville virtuelle numérique à plusieurs temporalités (Singapore
Land Authority, 2024[94]). Les jumeaux numériques encouragent les systèmes électriques numériques en boucle fermée,
lesquels combinent de grandes quantités de données, l’apprentissage automatique, l’IdO et des capteurs intelligents
pour développer un jumeau numérique national ou même transnational (Bai et Wang, 2023[95]).
Pour ce qui est de l’entraînement des systèmes d’IA, les progrès de la science des données peuvent aider à réduire
le nombre de cycles d’entraînement, la taille des ensembles de données et la complexité des modèles. Ce faisant, ils
peuvent apporter des gains d’efficience plus rapidement que la mise à niveau et la modernisation des infrastructures
physiques telles que les centres de données. Par exemple, des scientifiques du Massachusetts Institute of Technology
(MIT) et de la start-up MosaicML entraînent actuellement des réseaux neuronaux jusqu’à sept fois plus vite en configurant
des algorithmes d’IA pour qu’ils apprennent de manière plus efficiente (Leavitt, 2022[96]). Avec les récentes évolutions
des grands modèles de langue (GML), de nouveaux outils d’IA générative sont également apparus, qui peuvent aider
à améliorer la compréhension des données climatiques ainsi que leur accessibilité (encadré 3.2). Le Processus du G7,
dit d’Hiroshima, sur l’intelligence artificielle générative lancé en 2023 a mis en avant le rôle que l’IA générative peut
jouer pour aider à relever les défis sociétaux urgents tels que la résolution de la crise climatique et la réalisation des
ODD (OCDE, 2023[97]).
De plus amples recherches sont nécessaires pour évaluer dans quel domaine de l’action climatique les GML
seraient les plus utiles et pour appréhender pleinement les impacts environnementaux des outils d’IA générative
les plus répandus. Certaines tendances peuvent cependant déjà être identifiées. L’« entraînement » d’un modèle
d’apprentissage automatique (par exemple, déterminer les poids, les paramètres et les données nécessaires à
l’entraînement d’un réseau neuronal, ou plus simplement l’« apprentissage ») consomme plus d’énergie qu’une
seule « inférence » (par exemple, utiliser un agent conversationnel fondé sur l’IA pour générer la réponse à une
question). Mais, à l’échelle du cycle de vie d’un système d’IA, l’étape de l’inférence est habituellement plus
gourmande en énergie et en eau. En effet, les modèles ne sont entraînés que quelques fois, alors que l’inférence
est une opération exécutée de façon répétée à chaque utilisation du système, tout au long de sa durée de vie
(OCDE, 2023[58]).
La diffusion massive des outils d’IA générative dans des produits d’entreprise et de grande consommation a mis
en exergue les impacts environnementaux supplémentaires qui pourraient être dus à « l’inférence » en plus de
« l’entraînement ». De premiers travaux de recherche donnent à penser que si des garde-fous sont intégrés dans
les systèmes d’IA générative pour maîtriser leur consommation d’énergie à l’étape de l’entraînement, ces systèmes
pourraient fournir à la société des avantages nets en termes de durabilité (Larosa et al., 2023[100]).
Cette Recommandation a inspiré les « Principes directeurs du G20 pour le financement et le renforcement de la
connectivité haut-débit de qualité pour un monde numérique », élaborés avec le soutien de l’OCDE (G20, 2021[102]). Ces
Principes du G20 recommandent d’inciter « les opérateurs de réseaux de communication et d’autres secteurs, comme
les transports et l’énergie, à collaborer dans le cadre d’activités de développement et de financement des réseaux en
vue de réduire autant que possible les coûts, les perturbations et les impacts environnementaux » (traduction libre)
(G20, 2021[102]).
Ces dernières années, le secteur des infrastructures et des services de communication a œuvré en faveur de la durabilité
des réseaux de communication au service de la réalisation des objectifs de neutralité carbone (encadré 3.3). Selon l’AIE,
plusieurs gros opérateurs de réseaux ont déployé des technologies innovantes qui leur ont permis d’améliorer les
performances énergétiques de leurs réseaux et ainsi réduire sensiblement leur consommation d’énergie. Par exemple,
malgré la croissance de la demande d’énergie, l’opérateur Sprint a réduit l’intensité énergétique de son réseau de plus
de 80 % entre 2014 et 2019, maintenant ainsi au même niveau la consommation énergétique totale de son réseau (AIE,
2023[17]).
Encadré 3.3. Évoluer vers des technologies de réseau haut débit « à l’épreuve du temps » sans
perdre de vue les considérations de durabilité
En plus de renforcer la viabilité à long terme du système en permettant des vitesses symétriques et l’évolutivité
des réseaux, la transition vers la fibre peut aussi promouvoir la durabilité environnementale. Plusieurs rapports
donnent à penser que les réseaux FTTH (fibre jusqu’au domicile) peuvent être plus économes en énergie que les
connexions en cuivre traditionnelles (OCDE, 2022[90]). Selon l’un de ces rapports, la ligne d’un réseau fixe à fibre
optique consomme en moyenne 0.5 watts (W) (Arcep, 2019[103]). C’est trois fois moins qu’une ligne ADSL (1.8 W)
et quatre fois moins qu’une ligne de réseau téléphonique public commuté traditionnel (2.1 W). Une autre étude
conclut que les gains d’efficacité énergétique obtenus grâce au déploiement de la 5G commenceront à apparaître
en 2023 et seront clairement visibles d’ici 2028 dans les zones les plus densément peuplées. Cependant, ils seront
beaucoup plus modestes dans les zones faiblement peuplées (Arcep, 2022[104])*.
Ces dernières années, le secteur des communications a déployé divers efforts pour promouvoir la durabilité des
réseaux. Par exemple, trois grands opérateurs européens ont inscrit le déploiement de la fibre à leur programme
de durabilité environnementale. Ils ont conditionné le financement par des emprunts verts à la réalisation de
cet objectif. Ainsi, l’opérateur néerlandais de téléphonie fixe et mobile KPN a refinancé sa ligne de crédit en liant
les nouveaux taux d’intérêt à sa performance au regard de sa stratégie en faveur de la durabilité – déploiement
de la fibre et réduction de la consommation d’énergie, notamment (Lenninghan, 2021[105]). KPN prévoit d’investir
3.5 milliards EUR (3.99 milliards USD)** d’ici 2024 dans son projet de déploiement de la fibre à l’échelle nationale
(Telecom Review, 2020[106]). Dans le même ordre d’idée, l’opérateur suédois Telia a consacré deux fonds d’obligations
vertes à des investissements dans la fibre. L’entreprise voit en effet le déploiement de la fibre comme un moyen
d’économiser de l’énergie et un déterminant clé des solutions IdO contribuant à réduire les émissions de carbone
(Lenninghan, 2021[105]). Par exemple, connecter le mobilier urbain à la fibre peut permettre de déployer des capteurs
IdO dans les villes pour optimiser la consommation d’énergie et la gestion du trafic et ainsi faire baisser les
émissions de CO2. Parallèlement, Telefónica a émis sa première obligation « hybride durable » d’un montant de
1 milliard EUR (1.142 milliard USD)** en février 2021. Elle est destinée à financer des projets environnementaux en
Espagne, en Allemagne et au Brésil, qui seront axés sur le remplacement de réseaux en cuivre par des réseaux de
fibres plus fiables et moins énergivores (85 % d’efficacité énergétique en plus) (Telefónica, 2021[107]).
Dans l’un de ses rapports, le WIK a évalué les effets, sur l’environnement, d’un changement du mix technologique
déployé pour le haut débit fixe en Europe. En supposant des sources d’électricité inchangées, la migration, dans
l’Union européenne, de la technologie haut débit fixe vers un réseau 100 % fibre ramènerait les émissions de CO2
de 15.5 à 3.2 millions de tonnes par an (soit une réduction annuelle de 79 %) du fait de la plus grande efficacité
énergétique du réseau FTTH (WIK-Consult, 2020[108]).
Notes : * L’étude compare deux scénarios fondés sur la même croissance du trafic : un réseau uniquement 4G et un réseau combinant la
4G et le déploiement de la 5G. Au début, la 5G entraîne une hausse de la consommation d’énergie – pendant une durée qui dépend des
différents scénarios de déploiement de la 5G. Ensuite, le déploiement de la 5G permet des économies d’énergie pouvant atteindre jusqu’à
dix fois les niveaux de consommation de 2020 d’ici 2028 par rapport à un scénario de densification du seul réseau 4G, ainsi qu’une réduction
correspondante des émissions de GES pouvant aller jusqu’à huit fois les niveaux d’émissions de 2020. Toutefois, dans les zones moins
densément peuplées où le trafic est plus faible, on ne constate presqu’aucun gain jusqu’en 2025 au plus tôt, et jusqu’en 2028 au plus tard.
** Le taux de change appliqué est de EUR 0.876/USD pour l’année 2020 (source [Link]).
Source : OCDE (2022[90]).
Les autorités de régulation des communications des pays de l’OCDE sont nombreuses à soutenir activement
la décarbonation du secteur. Elles le font soit dans le cadre de leur mandat soit dans le cadre d’une coopération
interagences en vue de la réalisation des objectifs de politique numérique nécessitant l’intervention de tous les niveaux
de l’administration (OCDE, 2022[109]). Par exemple, le gouvernement français a chargé le régulateur national (ARCEP)
et l’Agence de la transition écologique (ADEME) de quantifier les empreintes environnementales actuelle et future des
technologies numériques. En 2022, les deux agences ont remis deux rapports dans lesquels elles évaluent l’impact actuel
des TIC sur l’environnement (Arcep, 2022[110]). Leur troisième rapport, paru en 2023, contient une évaluation prospective
(2030-50) (Arcep, 2023[111]). De plus, en 2023, les responsabilités partielles ou totales des autorités de régulation des
communications en ce qui concerne la durabilité environnementale des réseaux ont été considérablement renforcées
par rapport à leur niveau de 2021 (OCDE, 2022[109]). En 2023, 52.5 % des autorités de régulation des communications des
pays de l’OCDE déclaraient avoir des responsabilités dans ce domaine (voir le Chapitre 2).
Les pratiques et les objectifs des réseaux de communication en matière de responsabilité environnementale sont
notamment les suivants :
● Réduction de la consommation d’énergie imputable à l’exploitation des réseaux et recours à des sources d’énergie
renouvelables ;
● Réduction de la pollution, des rayonnements et des autres dangers liés aux réseaux ;
● Adoption de politiques de responsabilité environnementale applicables à la construction des réseaux, notamment
s’agissant de l’utilisation des sols, de la construction des pylônes et des centres de traitement de données ;
● Réduction des impacts environnementaux des équipements et des terminaux électroniques une fois mis au rebut, grâce
à l’adoption de pratiques appropriées de recyclage et d’élimination sûre ; et
● Création de produits plus durables avec aussi peu de matières dangereuses que possible et des durées de vie utile plus
longues, en remplacement de la pratique de l’obsolescence programmée (OCDE, 2022[90]).
De plus, comme examiné dans la section Sous le projecteur « Réseaux de nouvelle génération et écosystème de la
connectivité » du Volume 1 de ces Perspectives de l’économie numérique (OCDE, 2024[13]), les responsables de l’action
publique considèrent la durabilité environnementale comme une valeur clé des technologies 6G et des cas d’utilisation
de la prochaine décennie. Certaines parties prenantes parlent même de « G verte » (green G).
Les effets synergiques des communications et du haut débit, qui sont importants pour l’action climatique et la bonne
gestion de l’environnement, sont tout aussi importants pour réduire au minimum les impacts environnementaux
négatifs des réseaux de communication. Le haut débit est souvent considéré comme le fondement des ODD. Par exemple,
la connectivité permet le déploiement de l’IdO à l’échelle de plusieurs secteurs comme l’énergie, les transports et
l’agriculture. Les services considérables de communication de machine à machine, un sous-ensemble de l’IdO, recouvrent
le grand nombre de capteurs utilisés dans les villes (par exemple, réseaux électriques et grands axes routiers), dans
l’industrie (par exemple, capteurs intégrés aux machines) et dans l’agriculture (par exemple, capteurs mesurant les
niveaux d’humidité pour améliorer l’efficacité d’utilisation de l’eau ou mieux prévoir les rendements des cultures),
entre autres (OCDE, 2018[12]).
L’adoption d’appareils intelligents comme ceux de l’IdO peut générer des effets positifs pour l’environnement à travers
un large éventail d’applications. Ces applications vont des réseaux électriques intelligents à l’automatisation des flottes
et à l’agriculture de précision, en passant par la maintenance prédictive, les forêts connectées, et les systèmes de gestion
du trafic qui réduisent la congestion dans les villes intelligentes. Parmi ces applications, celle des réseaux électriques
intelligents est encouragée dans de nombreux pays. En 2019, l’autorité irlandaise de régulation des communications
(ComReg) a attribué la bande de fréquences 400 mégahertz (MHz) à l’exploitation des réseaux électriques intelligents.
Cette attribution vient en complément des politiques climatiques du gouvernement irlandais, les réseaux électriques
intelligents étant décrits comme « un système de réseau d’utilité publique efficient utilisant généralement la technologie
de l’automatisation numérique pour le suivi, le contrôle et l’analyse le long de la chaîne d’approvisionnement » (traduction
libre) et un catalyseur essentiel de la réduction des émissions de GES (OCDE, 2018[12]). De son côté, l’Allemagne a accordé
à « 450connect », un consortium allemand d’entreprises de services d’utilité publique (électricité et eau) municipales
et régionales et de fournisseurs d’énergie, une licence exclusive d’exploitation de la bande de 450 gigahertz (GHz) avec
laquelle il compte piloter un réseau électrique intelligent (Jones, 2022[112]).
Les politiques et les réglementations relatives aux communications jouent un rôle essentiel pour ce qui est de
l’observation de la Terre, une activité importante pour soutenir l’atténuation aux changements climatiques. Par exemple,
la politique en matière de spectre permet d’exploiter les satellites d’observation de la Terre à l’appui de plusieurs cas
d’utilisation en agriculture, mais aussi pour la préparation aux catastrophes, et pour la surveillance météorologique
et climatique. Les données en provenance de ces satellites devraient jouer un rôle encore plus grand à mesure que
les pays s’attaquent aux impacts des changements climatiques (OCDE, 2022[113]). Par ailleurs, l’Union internationale
des télécommunications examine dans quelle mesure des câbles sous-marins « intelligents » (c’est-à-dire, équipés de
capteurs scientifiques) pourraient fournir des données en temps réel exploitables pour surveiller le climat des océans
et chercher à atténuer les catastrophes (tsunamis par exemple) (UIT-T, 2023[114]).
Les systèmes mondiaux de transport, qui contribuent de manière substantielle aux émissions
de GES, pourraient tirer largement parti des gains d’efficacité énergétique rendus possibles
par les technologies numériques
Alors que la demande de déplacements augmente, le secteur mondial des transports a peu progressé sur la voie de la
réduction des émissions. Ce secteur, à l’exclusion de la fabrication des véhicules à moteur et d’autres équipements de
transport, était à l’origine d’environ un quart des émissions de GES du secteur mondial de l’énergie en 2022 (AIE, 2023 [60]).
Après la pandémie de COVID-19, la demande de transport routier de passagers, de transport de marchandises (par
voie routière, maritime et aérienne) et d’aviation commerciale est repartie à la hausse. Par conséquent, le secteur
n’a pas réduit de façon significative ses émissions. En outre, la demande de transport devrait augmenter d’ici 2050.
D’autres évolutions suscitent aussi des préoccupations, à savoir les émissions de GES non réglementées et souvent non
contrôlables, notamment celles de méthane et d’oxyde nitreux, et la tendance à renoncer aux systèmes de transport
collectif bas carbone tels que les bus publics au profit de solutions de mobilité individuelle (AEE, 2022[115]).
Les technologies numériques peuvent aider à réduire les impacts environnementaux des systèmes mondiaux de
transport. Par exemple, elles peuvent réduire la demande mondiale de déplacements et de transport en permettant,
notamment, les visioconférences et le télétravail. Elles peuvent également contribuer à accroître l’efficacité énergétique
et la longévité des infrastructures grâce à des jumeaux numériques dotés d’IA pour prévoir les besoins en énergie, et
à des capteurs IoT pour la maintenance prédictive (AEE, 2022[115]).
Les initiatives de mobilité partagée, comme les services de transport sur demande ou l’autopartage, peuvent aussi
réduire la demande globale de transport de personnes. S’agissant du transport de marchandises, le routage et le
groupage de marchandises (regroupement intelligent des expéditions, par exemple) peuvent considérablement réduire
les déplacements (Rolnick et al., 2022[85]). Le Forum international des transports décrit la façon dont les systèmes de
transport intelligents peuvent améliorer l’efficacité opérationnelle des mouvements de fret non urbains tels que le
camionnage longue distance, en réduisant les émissions de GES et les coûts grâce à un partage accru des actifs et à
l’utilisation de véhicules à grande capacité. (FIT, 2023[116]).
Les réseaux mondiaux de transport peuvent tirer parti des technologies numériques
Les technologies numériques peuvent aider à réduire davantage l’intensité carbone des transports en améliorant la
performance des véhicules et des batteries à faibles émissions, ce qui permettra de faire baisser la demande mondiale
d’électricité et pour les minéraux critiques. Elles peuvent aussi accélérer la découverte et le déploiement de technologies
propres en donnant une impulsion à la R-D consacrée aux carburants de substitution tels que les carburants de synthèse
ou l’hydrogène. Ces carburants de substitution sont très prometteurs pour la décarbonation des secteurs difficiles à
électrifier, notamment l’aviation, le fret sur longues distances et le transport maritime (Lange et Santarius, 2020[89]).
Le recours à des véhicules connectés et entièrement automatisés pourrait aider à réduire la pollution de l’air, mais il faut
s’attendre à ce que ces véhicules aient des impacts négatifs sur l’environnement. Ces véhicules généralement qualifiés
de « sans conducteur » ou « autonomes » (OCDE/FIT, 2015[117] ; OCDE, 2018[12]) incluent les camions en pelotons (c’est-à-
dire, le fait d’utiliser la connectivité pour interconnecter deux camions ou plus en vue de former un convoi). Ils peuvent
aider à réduire la congestion routière, donc la pollution atmosphérique, grâce à des techniques de gestion du trafic ou
simplement du fait de la réduction de la résistance de l’air (dans le cas des pelotons). Ce point est particulièrement
important en raison de la contribution de la congestion aux émissions de GES. En même temps, les véhicules entièrement
automatisés, qui utilisent des réseaux sans fil avancés, devraient produire d’énormes quantités de données (OCDE,
2018[12]), lesquelles ont leur propre empreinte environnementale.
Malgré des gains d’efficience dans les transports maritime et aérien, des progrès restent à faire
Malgré les gains d’efficience importants réalisés dans le secteur mondial des transports au cours des dernières décennies,
il est possible de faire beaucoup plus en termes d’optimisation dans les transports maritime et aérien. Par exemple, un
consortium de recherche réunissant Google Research, American Airlines et Breakthrough Energy a montré comment
réduire les traînées de condensation des avions d’un facteur pouvant aller jusqu’à 54 % au cours de vols d’essai en
ayant recours à l’IA pour établir des cartes de prévision de ces traînées. Les traînées de condensation sont des nuages
formés quand l’eau gèle autour des aérosols des gaz d’échappement d’un avion, un phénomène à l’origine d’environ
35 % du potentiel de réchauffement climatique de l’aviation.
Au vu de ces tendances, les prédictions fondées sur l’IA pourraient aider à réduire considérablement, et de manière
rentable, les émissions de GES du transport aérien (Elkin et Sanekommu, 2023[118]). Un autre exemple est RASMUS, un
système qui combine l’IA avec des modèles océanographiques pour calculer des itinéraires maritimes qui exploitent les
petits courants et tourbillons océaniques. Ces itinéraires optimisés pourraient permettre aux transporteurs maritimes
d’obtenir des réductions des émissions de GES pouvant aller jusqu’à 10 % (Christian-Albrechts-Universität zu Kiel,
2023[119]).
Un grand nombre de spécialistes s’accordent à penser que le secteur des transports, s’il concentre ses efforts sur la
seule question de l’augmentation de l’efficacité, ne pourra pas atteindre ses objectifs climatiques à cause des effets
rebonds. En effet, si l’adoption des technologies numériques dans les transports a considérablement accru l’efficacité
énergétique, elle n’a le plus souvent pas fait baisser les émissions globales, car les gains d’efficience ont été compensés
par une augmentation de la demande de transport (Creutzig et al., 2015[120] ; Lange et Santarius, 2020[89]).
Des analystes ont exprimé des préoccupations analogues concernant le développement et le déploiement de véhicules
entièrement automatisés. Ces véhicules offrent la perspective de réduire la consommation de carburant et d’accroître
les taux d’occupation. Cependant, ces gains pourraient être neutralisés par une hausse de l’utilisation globale des
véhicules et du trafic routier, à mesure que le transport routier deviendra plus accessible (Barcham, 2014[121] ; Rolnick
et al., 2022[85] ; Silva et al., 2022[122]).
Les spécialistes s’interrogent également sur la quantité d’énergie nécessaire pour satisfaire les besoins d’IdO, de partage
de données et de calcul qu’exige le déploiement précis et sûr de véhicules entièrement automatisés. Selon une étude, les
émissions issues d’un parc mondial de véhicules entièrement automatisés, dans un scénario où le taux d’adoption serait
de 95 %, atteindraient celles que produisent aujourd’hui l’ensemble des centres de données de la planète (Sudhakar,
Sze et Karaman, 2022[123]).
Les responsables de l’action publique pourraient encourager la transition vers des modes de déplacement
plus efficients afin de décarboner les transports
Pour décarboner les systèmes de transport, l’un des moyens les plus importants est ce qui est appelé le « transfert
modal », c’est-à-dire l’ensemble des stratégies visant à inciter la transition d’un mode de transport à forte intensité
carbone vers un autre mode de transport à faible intensité carbone. Le Forum international des transports encourage
les responsables de l’action publique à favoriser le transfert modal et la gestion de la demande là où ces outils sont
les plus efficaces. C’est généralement le cas en milieu urbain et pour les trajets internationaux et interurbains sur de
courtes distances (FIT, 2023[116]). Les technologies numériques peuvent rendre possible ce report modal en fournissant
des solutions de planification d’itinéraire plus efficaces. Par exemple, ils peuvent inciter les passagers à opter pour des
options de transport à faible émission de carbone et permettre des modes de transport à faible émission de carbone
tels que le partage de véhicules. (Rolnick et al., 2022[85]).
Les systèmes de transport de demain pourraient s’appuyer sur des services numériques de mobilité multimodale,
fondés sur des technologies telles que l’IA, l’infonuagique, la réalité mixte et l’analytique prédictive. Ils pourraient aussi
intégrer le transport routier, ferroviaire, fluvial et aérien aux échelles urbaine, interurbaine et rurale. De tels systèmes
aident les passagers à comparer les solutions de déplacement et facilitent l’accès aux réseaux de transport multimodal
à faible émission de carbone. Ce faisant, ils permettent aux responsables de la planification des transports de concevoir
un réseau de transport public à la fois bénéfique sur le plan environnemental, fiable et efficient, et très attractif pour
les passagers (AEE, 2022[115]).
Les technologies numériques favorisent des choix de consommation plus respectueux de l’environnement
dans les économies et les sociétés
Les technologies numériques peuvent être utilisées pour inciter les consommateurs à faire des choix plus écologiques
(Sunstein et Reisch, 2013[124]) – qu’il s’agisse de réduire la consommation d’énergie (OCDE, 2017[125] ; Rivers, 2018[126])
ou d’effectuer des achats en ligne plus en accord avec le principe de durabilité (Banerjee et al., 2022[127] ; Michels et al.,
2022[128]). Une incitation désigne généralement « tout aspect de l’architecture de choix qui influe de façon prévisible sur
le comportement d’une personne sans exclure de possibilité ni modifier significativement les incitations économiques »
(traduction libre) (Thaler et Sunstein, 2009[129]). Il peut s’agir d’accéder à des données ou de recevoir des notifications
relatives à la consommation, énergétique ou autre, ou de se voir proposer des alternatives plus viables écologiquement
lors de ses achats en ligne.
Dans la mesure où les dépenses des ménages représentent environ 60 % du produit intérieur brut de la zone OCDE,
ces incitations numériques pourraient jouer un rôle non négligeable dans la transition écologique (OCDE, 2024[130]). En
même temps, il peut être difficile de quantifier les effets positifs potentiels de ces incitations. Cela met en lumière, une
fois de plus, la nécessité de collecter des données et d’analyser les avantages nets des technologies numériques pour
l’environnement (République française, 2021[131]).
La tendance au télétravail, soutenue par les technologies numériques, pourrait favoriser la transition écologique. La
pandémie de COVID-19 a vu l’intensification du télétravail grâce à ces technologies. De nombreuses entreprises ont
pu ainsi maintenir leur activité avec du personnel travaillant à domicile grâce à des outils tels que la visioconférence,
les services infonuagiques et les réseaux privés virtuels pour communiquer et collaborer. Selon certains résultats
préliminaires, environ un tiers des effectifs salariés souhaiteraient pouvoir continuer à télétravailler. Le pourcentage
d’entreprises prévoyant de proposer le télétravail est plus élevé qu’avant la pandémie – tout comme la proportion de
personnes qui compte faire usage de cette option (Ker, Montagnier et Spiezia, 2021[132]).
Mais, en parallèle, les technologies numériques peuvent être utilisées de façon analogue pour promouvoir des intérêts
allant à l’encontre des objectifs de durabilité environnementale. Par exemple, par des incitations manipulatrices,
les architectes de choix peuvent influer sur les décisions de consommation pour les orienter vers des solutions
moins durables en utilisant les mêmes méthodes que celles décrites au sujet des choix plus écologiques (Sunstein et
Reisch, 2013[124]).
Le Graphique 3.1 montre que les technologies numériques peuvent avoir des incidences négatives sur l’environnement
au travers d’effets directs tout au long de leur cycle de vie, mais aussi d’effets synergiques et systémiques. Cela recouvre
les conséquences voulues et non voulues de l’application des technologies numériques, par exemple l’accélération des
activités à forte intensité d’émission via l’IA. Cela comprend également les impacts au niveau du système tels que les
effets rebonds dans le cas des véhicules autonomes ou les changements négatifs des modes de consommation dus à
la publicité numérique (Kaack et al., 2022[61]). C’est pourquoi des universitaires ont proposé le concept de « sobriété
numérique » ou de « suffisance numérique », qui appelle à un « New Deal numérique » mettant les technologies
numériques au service d’une profonde transformation vers la durabilité (D4S, 2022[133]).
Les politiques publiques reconnaissent le lien entre les transitions écologique et numérique
Les responsables de l’action publique ont de plus en plus tendance à inscrire à la fois la transformation numérique
et la durabilité environnementale à leur programme en les incluant, par exemple, dans les stratégies et plans de
relance nationaux, les stratégies dédiées aux technologies numériques et à l’environnement, ou les stratégies nationales
autonomes en faveur de la transformation numérique ou de l’environnement. Élever ces priorités à un niveau stratégique,
tout en adoptant une perspective interministérielle qui intègre les politiques du numérique et de l’environnement à
tous les domaines, contribue à l’efficacité de la démarche (OCDE, à paraître[16]).
Certaines déclarations récentes et certains engagements pris il y a peu à l’OCDE et dans d’autres forums soulignent
également l’importance et l’opportunité de tirer parti des technologies numériques au service de la résilience climatique
et économique. Cette section décrit une série de mesures prises par les pays, globalement réparties en trois grandes
tendances : i) rapprocher la vision, les valeurs et les objectifs des deux transitions écologique et numérique ; ii) mesurer,
réduire au minimum et atténuer les impacts environnementaux négatifs des technologies numériques ; et iii) accélérer
l’innovation et l’adoption de solutions technologiques numériques écologiques.
Rapprocher la vision, les valeurs et les objectifs des transitions écologique et numérique
Bien que les transitions écologique et numérique soient toutes deux devenues des priorités d’action, elles ne sont pas
toujours automatiquement alignées. Les technologies numériques sont souvent conçues et déployées avant tout pour
réaliser des gains sociaux et économiques sans nécessairement considérer si la durabilité de ces technologies est prévue
par défaut et si elles favorisent la réalisation des objectifs de durabilité.
Ces dernières années, les responsables de l’action publique ont commencé à rapprocher la vision, les valeurs et les
objectifs des transitions écologique et numérique. Il n’est plus question, désormais, d’envisager des politiques à l’épreuve
du temps dont la seule finalité serait les gains de productivité économique ; les politiques sont devenus inséparables et
synonymes d’une action également destinée à protéger la planète. Pour élaborer de telles politiques, il est fondamental
de commencer par assurer la cohérence des visions, des valeurs et des objectifs correspondants.
De nombreuses organisations intergouvernementales de premier plan ont pris acte de l’importance de cette cohérence
des visions :
● La Recommandation de l’OCDE sur les technologies de l’information et des communications et l’environnement (OCDE,
2010[4]), adoptée il y a plus d’une décennie, était l’un des premiers textes à faire état d’un lien entre les technologies
numériques et la durabilité environnementale. Ses dix principes ont contribué à jeter les bases d’une utilisation des
TIC tournée vers l’amélioration des performances environnementales, l’augmentation de l’efficacité énergétique et la
lutte contre les changements climatiques.
● Le réseau de la CODES conduit par le PNUE appelle à aligner « l’ensemble des pratiques et des débats relatifs aux progrès
du numérique sur les objectifs de développement durable » (traduction libre). Il a lancé plusieurs initiatives dans ce
sens, dont une Commission mondiale sur la durabilité à l’ère du numérique (World Commission on Sustainability in the
Digital Age) pour intégrer la double transition à tous les travaux des Nations Unies et au-delà (PNUE, 2022[10]). La CODES
souligne également qu’il importe de tenir compte à la fois de la connaissance autochtone et de la compréhension
moderne que l’on a de la durabilité et de protéger les droits relatifs aux données et les droits fonciers des populations
autochtones (PNUE, 2022[10]).
● L’Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (IEEE) souligne la nécessité d’aligner le développement et
l’utilisation de la technologie sur des pratiques éthiques et respectueuses de l’environnement dans ses principes pour
une forte durabilité dès la conception (Strong Sustainability by Design) (IEEE SA, 2023[134]).
● Le Règlement de l’UE établissant la facilité pour la reprise et la résilience et sa mise en œuvre dans les États membres
de l’UE offrent un autre exemple d’approche intégrée qui tient compte des priorités en matière de numérique et
d’environnement dans le cadre des plans globaux de relance et de croissance post-COVID (UE, 2021[135]). Des travaux
de recherche de la Commission européenne soulignent également l’importance de la cohérence de la double transition,
l’objectif étant de s’assurer qu’il s’agit non pas d’une transition écologique et d’une transition numérique menées en
parallèle, mais bien de deux transitions réunies en une seule (Muench et al., 2022[11]).
Certains pays ont récemment adopté des plans nationaux axés sur l’articulation entre le numérique et l’environnement.
En 2023, la Corée a établi un plan destiné à promouvoir la neutralité carbone à travers la transformation numérique.
Cette initiative vise à doter le pays de technologies et d’infrastructures numériques écologiques puis à les diffuser en
vue de leur utilisation à tous les niveaux des secteurs public et privé. Plus précisément, elle recouvre le développement
de technologies de réduction des émissions de carbone propres à chaque secteur, le développement et l’application
de technologies de centres de données à faible consommation d’énergie et à haute performance, le développement de
technologies fondamentales pour les réseaux à faible puissance, la mise en place des bases nécessaires à une utilisation
des données neutre en carbone et l’établissement d’un système d’aide à la décision neutre en carbone (Gouvernement
de la République de Corée, 2023[136]).
De même, l’Allemagne, la Finlande et la France ont adopté des plans nationaux généraux en faveur des technologies
numériques et de l’environnement. Il s’agit d’exploiter le potentiel de la transformation numérique au service de la
réalisation des objectifs climatiques, tout en veillant à ce que la transformation numérique soit durable (Ministère
fédéral de l’Environnement, de la Protection de la Nature, de la Sûreté nucléaire, 2020[137] ; Finland Ministry of Transport
and Communications, 2021[138] ; Gouvernement de la France, 2021[139]).
● La loi française n° 1485 de 2021 visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique prend acte de l’impact des
technologies numériques dans le cadre d’une approche intégrée et interministérielle de la durabilité environnementale.
Elle ajoute ou modifie des dispositions juridiques spécifiques dans un large éventail de textes, notamment les codes de
la consommation, de l’environnement, des postes et des communications électroniques, de la propriété intellectuelle
et du commerce (République française, 2021[131]).
● Le programme allemand sur le numérique et l’environnement (Digital Policy Agenda for the Environment) recouvre quatre types
de mesures, dont certaines destinées à réduire l’utilisation des ressources par les technologies numériques et d’autres en
faveur d’une utilisation de l’IA au service de la résolution des défis environnementaux. L’Allemagne a également proposé
que sa loi sur l’efficacité énergétique s’applique aux centres de données. Si cette proposition entre en vigueur, elle exigerait
des évaluations comparatives de l’efficacité et la réutilisation de la chaleur fatale (Bundesregierung, 2023[140]).
Promouvoir des politiques pour mesurer, minimiser et atténuer les impacts environnementaux négatifs
des technologies numériques
Les politiques nationales en faveur d’un avenir durable sur le plan environnemental ont toutes pour objectif premier de
s’assurer que la transformation numérique va dans le sens des efforts déployés pour réduire au minimum les impacts
environnementaux des technologies numériques. Elles contribuent non seulement à aligner la transformation numérique
sur les objectifs climatiques, mais aussi à multiplier les avantages de l’application des technologies numériques dans
tous les secteurs.
Certains pays ont commencé à prendre des mesures pour évaluer, minimiser et atténuer les impacts environnementaux
des technologies numériques. Ces mesures prévoient notamment la surveillance et le suivi des impacts, l’écologisation
des marchés publics relatifs aux infrastructures numériques, et la mise en place d’un passeport numérique des produits
(Muench et al., 2022[11]). Si les gains d’efficacité, la durabilité et le recyclage sont appelés à jouer un rôle essentiel, certaines
équipes de recherche et agences gouvernementales appellent à respecter le principe de « suffisance numérique ». Ce
principe suppose de n’utiliser les technologies numériques que lorsqu’elles sont nécessaires et qu’elles offrent un net
avantage par rapport aux solutions à faible contenu technologique (low-tech) ou sans contenu technologique (no-tech)
(D4S, 2022[133]).
Dans de nombreux cas, les initiatives se concentrent sur la phase de fin de vie et sur la prolongation de la durée de
vie des produits numériques. La loi française n° 1485 de 2021 prend plusieurs dispositions pour réduire l’empreinte
environnementale des technologies numériques : interdiction de l’obsolescence programmée des appareils ; obligation de
communiquer aux consommateurs des informations sur la manière d’optimiser les performances des équipements afin
d’en allonger la durée de vie ; et promotion de campagnes nationales annuelles incitant les consommateurs à rapporter
les équipements électroniques dont ils souhaitent se défaire (République française, 2021[131]). Le programme allemand
sur le numérique et l’environnement préconise d’imposer aux fabricants de matériel des obligations contraignantes de
prolongation de la durée de vie des produits. De plus, il souligne que les deux secteurs public et privé ont la responsabilité
de la réduction des déchets d’équipements électriques et électroniques (Ministère fédéral de l’Environnement, de la
Protection de la Nature, de la Sûreté nucléaire, 2020[137]). De la même façon, la stratégie du Royaume‑Uni relative aux
TIC et aux services numériques (Greening Government: ICT and Digital Services Strategy 2020-2025) est axée sur la fin de vie :
elle vise à « cartographier et prendre en compte les TIC en fin de vie » (traduction libre) pour augmenter la transparence,
dans le cadre des passations de marchés, et œuvrer en faveur d’une économie circulaire (Defra, 2020[141]).
Les responsables de l’action publique ont entrepris d’analyser les effets indirects des nouvelles technologies
sur l’environnement
Les responsables de l’action publique élaborent désormais des politiques qui, en plus d’intégrer des approches fondées
sur le cycle de vie, tiennent compte des effets environnementaux indirects, c’est-à-dire synergiques et systémiques.
Ces effets peuvent être imputables à l’utilisation des nouvelles technologies elles-mêmes ou être amplifiés par les
mesures en faveur de ces technologies. En effet, au travers des effets rebonds, certaines mesures peuvent avoir des
conséquences non souhaitées telles qu’une augmentation de la consommation quand les produits et services deviennent
plus efficients. Les effets rebonds ne sont pas toujours facilement prévisibles ou identifiables en raison de la complexité
des systèmes environnementaux, des chaînes de valeur et des comportements sociaux qu’il faut prendre en compte
pour évaluer les impacts.
Au niveau national, les responsables de l’action publique s’efforcent de gérer la complexité des impacts environnementaux
indirects par l’intermédiaire de stratégies dédiées relatives au numérique au service de l’environnement. Par exemple,
l’Allemagne et la Finlande soulignent combien il est important de comprendre et de mesurer les effets rebonds des
solutions numériques sur le plan environnemental (Ministère fédéral de l’Environnement, de la Protection de la Nature,
de la Sûreté nucléaire, 2020[137] ; Finland Ministry of Transport and Communications, 2021[138]). En France, un observatoire
créé en 2021 a pour mission d’analyser et de quantifier les impacts directs et indirects du numérique, et notamment
l’IA, sur l’environnement (République française, 2021[131]). L’autorité française de régulation des communications,
l’Arcep, mène actuellement des évaluations de l’impact environnemental du secteur des TIC. En 2021, le gouvernement
français a renforcé les pouvoirs de l’Arcep pour lui permettre de recueillir des informations claires sur l’impact
environnemental. Cette disposition couvre non seulement les opérateurs de réseaux, mais aussi les fournisseurs de
services de communication en ligne, les opérateurs de centres de données, les fabricants d’équipements terminaux, les
équipementiers de réseau et les fournisseurs de systèmes d’exploitation (République française, 2021[142]).
Au niveau européen, le règlement proposé sur l’IA exigerait que les systèmes d’IA à haut risque soient conçus avec
des fonctionnalités d’enregistrement permettant « l’enregistrement de la consommation d’énergie, la mesure ou
le calcul de l’utilisation des ressources et l’incidence environnementale ». Ce projet de règlement sur l’IA met en
avant la contribution possible des systèmes d’IA dans les domaines suivants : la surveillance de l’environnement, la
préservation et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes ainsi que l’atténuation des changements climatiques
et l’adaptation à celui-ci (Parlement européen, 2023[143]).
gouvernements sont encouragés à mesurer l’impact des technologies numériques sur l’environnement (grâce à des
indicateurs exhaustifs et comparables) ainsi que l’impact des politiques associées. Dans les deux cas, les technologies
numériques jouent un rôle dans l’amélioration des capacités de suivi et de mesure d’impact. De plus, dans les deux
cas, l’OCDE peut aider les pays à élaborer et appliquer des cadres de mesure coordonnés et comparables.
Il est nécessaire d’étudier davantage les modèles de l’économie circulaire au service de la transformation numérique
en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie afin d’évaluer l’impact environnemental des réseaux et des appareils
(OCDE, 2022[113]). S’agissant des modèles d’acquisition de téléphones portables, de précédents travaux de l’OCDE
soulignent la nécessité de tenir dûment compte du coût sociétal de l’extraction des métaux utilisés dans ces téléphones
et de leur mise au rebut quand ils sont devenus des déchets (OCDE, 2013[144]).
Le rapport de l’OCDE intitulé Case Study on Critical Metals in Mobile Devices fournit des recommandations utiles concernant
la gestion des métaux critiques présents dans les téléphones portables tout au long de leur cycle de vie (OCDE, 2012[145])11.
Pour poursuivre les objectifs identifiés, il est indispensable d’avoir accès à des données fiables et à des méthodologies
harmonisées. Dans de nombreux pays de l’OCDE, les autorités de régulation et/ou les ministères n’ont pas pour mandat
de collecter des données sur l’impact environnemental des TIC.
Le progrès technologique rendu possible par les investissements publics et privés peut amoindrir les coûts des mesures
de réduction des émissions, tel que démontré dans les cas des batteries et des dispositifs solaires, dont les coûts ont
fondu de 90 % en dix ans (Cervantes et al., 2023[146]). Cependant, pour atteindre zéro émission nette à l’horizon 2050, il faut
non seulement réussir à déployer rapidement les technologies actuellement disponibles, mais aussi innover davantage
dans les technologies de rupture encore absentes du marché (Cervantes et al., 2023[146]). Il est donc essentiel de renforcer
l’innovation, ainsi que la diffusion des technologies, autour de la double transition écologique et numérique pour
atteindre la neutralité carbone et les autres objectifs environnementaux. Une grande partie de ces efforts d’innovation
destinés à accroître l’efficience et la productivité des ressources sont liés à l’adoption des technologies numériques, tel
que vu dans les sections précédentes.
Plusieurs pays et territoires investissent dans l’innovation pour faire progresser la recherche
et le développement des technologies numériques
Au moins la moitié des réductions mondiales d’émissions de GES liées à l’énergie réalisées d’ici à 2050 reposent
sur des technologies qui ne sont pas encore totalement disponibles pour une utilisation commerciale, car elles sont
encore en phase de démonstration ou de prototypage. (AIE, 2021[147]). Les moyens nécessaires au déploiement de ces
solutions sont coûteux, difficiles d’accès et parfois indisponibles, autant de facteurs qui entravent l’innovation et la
commercialisation. Pour relever ce défi, les gouvernements ont adopté une approche axée sur les missions pour orienter
les percées technologiques (OCDE, 2023[93] ; OCDE, 2023[148]).
Les gouvernements ont entrepris d’intensifier les investissements directs et de créer des incitations pour que d’autres
parties prenantes fassent de même, dans la perspective de faire progresser la R-D et l’innovation dans les technologies
numériques à l’appui de la transition vers une économie verte et circulaire. Le Danemark prévoit, entre autres, des
financements, des subventions et des déductions fiscales pour stimuler la recherche consacrée aux technologies de
captage et de stockage du CO2 (Ministère des Finances, 2021[149]). La Finlande investit dans les technologies émergentes
de production d’énergies propres, notamment celles qui prévoient d’utiliser l’IA pour réduire la consommation d’énergie
et les émissions (Gouvernement de la Finlande, 2021[150]). Au Mexique, l’Institut national de l’écologie et des changements
climatiques supervise la coordination de la recherche et de projets technologiques et scientifiques en coopération avec
des instituts de recherche (Gouvernement du Mexique, 2022[151]).
Plusieurs pays et territoires s’attachent à renforcer le rôle sous-jacent de l’accessibilité des données pour favoriser
l’innovation numérique. Le « All Data 4 Green Deal » est un consortium de 12 partenaires financé conjointement par
la Suisse, le Royaume-Uni et l’Union européenne qui a pour mission de coconcevoir un espace commun de données
pour le Pacte vert. Cet espace permettra de combiner et d’intégrer de manière interopérable des données provenant de
sources diverses afin de soutenir l’innovation, l’accessibilité et la prise de décision éclairée concernant les changements
climatiques, la pollution et la biodiversité (AD4GD, 2023[152]). Pour sa part, l’Autriche a élaboré un plan de mobilité
qui fait référence au rôle que jouent les données à l’appui d’une meilleure prise de décision et de la mise au point de
solutions innovantes, économes en énergie et durables dans le secteur des transports (BMK, 2021[153]).
Les pays prennent également des mesures en faveur du développement des compétences requises pour exploiter les
technologies numériques au service de la durabilité environnementale, tout en en réduisant les impacts négatifs. En France,
il existe désormais, tant pour les enfants qui démarrent leur scolarité que pour les personnes qui entrent à l’université,
une formation sur la « sobriété numérique » et l’impact de la transformation numérique sur l’environnement. Il s’agit
de l’une des mesures prises pour réduire l’empreinte environnementale des technologies numériques (INSP, 2023[154]).
En Suisse, la stratégie Suisse numérique vise à intégrer les préoccupations environnementales au développement des
compétences numériques (Chancellerie fédérale de Suisse, 2023[155]). De leur côté, la Finlande et l’Allemagne cherchent
à inclure le « codage vert », c’est-à-dire la conception écologiquement responsable de logiciels, dans le cursus de
formation à la programmation informatique (Ministère fédéral de l’Environnement, de la Protection de la Nature, de la
Sûreté nucléaire, 2020[137] ; Finland Ministry of Transport and Communications, 2021[138]).
La Commission européenne considère les technologies numériques comme l’un des piliers du Pacte vert pour
l’Europe qui doit permettre à l’Union européenne d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Elle escompte que
des technologies comme l’IA et l’IdO rendront possible la transition écologique dans les secteurs de l’agriculture, des
bâtiments et de la construction, des systèmes électriques, des industries énergivores, et des transports et de la mobilité
(Muench et al., 2022[11]). Par l’intermédiaire du fonds NextGenerationEU, l’UE a engagé plus de 842 milliards USD
(800 milliards EUR)12 pour bâtir un « avenir plus vert, plus numérique et plus résilient ». Elle prévoit de devenir,
d’ici 2050, la première société neutre sur le plan climatique, tout en étant favorable aux technologies (Commission
européenne, 2023[156]).
Ces dernières années, les États‑Unis ont adopté trois lois à l’appui de la connectivité, des technologies numériques et
des initiatives liées aux changements climatiques. La loi sur la réduction de l’inflation (IRA), ratifiée en août 2022, a
alloué 500 milliards USD de fonds et d’allégements fiscaux à des programmes d’investissement en faveur des énergies
propres et de la résilience climatique dans différents secteurs (Badlam et al., 2022[157] ; The White House, 2022[158]). La loi
de 2021 sur l’investissement dans les infrastructures et l’emploi a alloué 65 milliards USD à l’infrastructure haut débit.
Enfin, la loi sur la création d’incitations efficaces à la fabrication de semi-conducteurs et à la production scientifique
(CHIPS and Science Act) a été votée en 2022. Ensemble, ces trois lois engagent 2 000 milliards USD de fonds publics en
faveur de la connectivité, des technologies numériques et de la lutte contre les changements climatiques (Badlam et al.,
2022[157]). L’IRA incite les entreprises privées, dont celles qui travaillent sur les TIC, à investir dans des pratiques de
production et de développement propres, ainsi qu’à développer les talents dans le domaine des technologies propres
(Badlam et al., 2022[157]).
Les progrès du développement et de l’innovation dans le domaine des technologies numériques amènent à se
poser des questions stratégiques. Comme tout produit ou service, les technologies numériques ont une empreinte
environnementale. La difficulté est donc de trouver le juste équilibre entre la nécessité de réduire autant que possible
cette empreinte et le fait d’encourager les effets environnementaux positifs synergiques des technologies numériques
dans l’ensemble des secteurs économiques. Les questions intéressant les gouvernements qui se font jour à l’intersection
des deux domaines des technologies numériques et de l’environnement sont notamment les suivantes.
Les réseaux énergétiques locaux sont-ils prêts à accompagner la double transition écologique et numérique ? À mesure que
le numérique gagne du terrain dans le monde, les centres de données et les réseaux de transmission de données
deviennent une source importante de demande d’énergie. Cependant, au niveau local et régional, les réseaux électriques
pourraient avoir des capacités trop limitées pour soutenir les niveaux d’adoption des outils numériques auxquels il faut
s’attendre. Certains opérateurs de centres de données doivent déjà jongler avec des approvisionnements nationaux en
électricité sous contrainte et une hausse rapide des coûts de l’énergie sur certains territoires, la situation variant selon
le mix énergétique local et la capacité des réseaux électriques. La demande d’énergie des grands centres de données
a conduit certains pays et territoires à envisager ou à imposer des moratoires et des règles de zonage applicables à la
construction de nouveaux centres de données. L’objectif est de faire en sorte que la quantité d’énergie soit suffisante
pour d’autres usages tels que le logement résidentiel. Pour élaborer les politiques relatives aux réseaux énergétiques
de demain, il est indispensable de mieux comprendre comment l’évolution de la demande de technologies numériques
se répercute sur la demande d’énergie globale (AIE, 2023[17]).
La puissance de calcul devra-t-elle être gérée comme une ressource nationale, les centres de données devenant ainsi des services
d’utilité publique ? Les pays ont pris conscience de l’importance croissante que revêt la puissance de calcul pour une
transformation numérique à grande échelle dans toutes les économies et pour l’entraînement d’innovations plus
récentes comme les modèles d’IA de pointe. La puissance de calcul est de plus en plus considérée comme une ressource
nationale qu’il convient de gérer avec attention au moyen, notamment, de restrictions aux échanges de matériel
informatique. Infrastructure critique fondamentale de la transformation numérique, les centres de données sont appelés
à jouer un rôle déterminant en rendant possible les futurs gains de productivité générés par les technologies numériques.
Cependant, la consommation d’énergie de ces centres pèse sur les réseaux électriques et devient un facteur clé de la
hausse des coûts. Les responsables de l’action publique doivent décider s’il convient de traiter et de réglementer ces
centres de données comme des services d’utilité publique.
Le moment est venu de mettre en phase les politiques au service d’un avenir vert et numérique
Il est indispensable d’aligner les politiques et d’exploiter le potentiel de la double transition écologique et numérique
pour garantir un avenir innovant, inclusif et durable. Alors que le temps presse pour éviter les conséquences les plus
catastrophiques du changement climatique, les dirigeants de tous les groupes de parties prenantes et de tous les pays
doivent partager les bonnes pratiques et travailler ensemble pour soutenir un avenir résilient.
Promouvoir des politiques nationales en faveur de la double transition. Les considérations environnementales ont pris une
importance croissante dans les programmes d’action à l’échelle mondiale. Beaucoup considèrent les changements
climatiques comme le principal défi à relever dans les années à venir. Les pays ont présenté et mis en œuvre des
feuilles de route, des politiques et des lois importantes pour lutter contre les changements climatiques et préserver
la biodiversité tant à l’échelle des Nations Unies et de l’OCDE qu’à l’échelon national. De nombreux plans de relance
économique mettent l’accent sur des réformes structurelles pour réduire les émissions en prenant acte du fait que les
politiques « numérique » et « verte » sont intriquées et peuvent ensemble ouvrir la voie à la croissance durable (OCDE,
2022[90]). Le concept de double transition est un cadre essentiel que les responsables de l’action publique doivent
appréhender à l’heure où les pays mettent tout en œuvre pour atteindre leurs objectifs de durabilité dans les quelques
décennies cruciales à venir (Muench et al., 2022[11]).
Normaliser la mesure des effets des technologies numériques sur l’environnement. La mesure des effets des technologies
numériques sur l’environnement est limitée par une absence de terminologie commune et de normes reconnues et
par le fait que les exigences en matière de déclaration sont variables ou facultatives. Les normes et les politiques
spécifiques sont insuffisamment développées comparativement à d’autres obligations de déclaration dans le champ
environnemental, social et de la gouvernance (OCDE, 2022[20]). Il faut des indicateurs harmonisés à l’échelle de tous
les pays, qui reflètent une compréhension holistique des effets environnementaux des technologies numériques
tout au long de leur cycle de vie et au travers de toutes leurs applications. Par exemple, l’AIE recommande aux
opérateurs de centres de données de collecter et de communiquer des données sur la durabilité qui aillent au-
delà de la consommation d’énergie pour inclure les émissions « incorporées » tout au long du cycle de vie, de
l’extraction de matières premières jusqu’à la mise au rebut en fin de vie (AIE, 2023[17]). Mettre l’accent sur quelques
indicateurs uniquement pourrait avoir des conséquences imprévues et il faudrait également examiner la conformité
de tels indicateurs. Au-delà de la seule question de la mesure, le concept de « durabilité par défaut » (ou « dès la
conception ») appelle à intégrer dès le départ des normes et des pratiques de durabilité à la conception des solutions
technologiques (IEEE SA, 2023[134]). Il s’agit également, pour les équipes informatiques et les ingénieurs, de travailler
à mieux comprendre les différents effets que leurs produits et services produisent concrètement, dans la réalité, en
termes de durabilité (PNUE, 2022[10]).
Faciliter la coopération intergouvernementale pour atteindre les objectifs climatiques. Les instruments juridiques de l’OCDE
reconnaissent de plus en plus les liens entre les technologies numériques et l’environnement. La Recommandation
de l’OCDE de 2010 sur les technologies de l’information et des communications et l’environnement encourage le
développement d’indicateurs permettant d’établir des comparaisons des effets environnementaux des biens, services
et applications TIC. La Recommandation de l’OCDE de 2019 sur l’intelligence artificielle, actualisée en 2024, souligne
que les systèmes d’IA devraient tendre vers des résultats bénéfiques pour les individus et la planète, et mentionne
explicitement la durabilité environnementale comme une préoccupation majeure. Les pays de l’OCDE jugent également
essentiel d’analyser les incidences et la durabilité environnementales des réseaux de communication. C’est ce dont
témoigne la Recommandation de l’OCDE de 2021 sur la connectivité à haut débit qui souligne la nécessité de réduire
au minimum les effets négatifs des réseaux de communication sur l’environnement. L’OCDE a aussi lancé un projet
horizontal intitulé « Zéro émission nette + : Résilience climatique et économique dans un monde en mutation » (OCDE,
2023[93]), ainsi que la phase IV du projet horizontal « Vers le numérique » dont l’un des piliers est la double transition.
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Notes
1. Pour en savoir plus, consulter les travaux actuellement menés par l’OCDE dans le cadre de l’examen de la
pertinence de la Recommandation de l’OCDE sur les technologies de l’information et des communications et
l’environnement (OCDE, à paraître[16]).
2. L’OCDE mène actuellement un projet inter-directions sur la double transition « numérique » et « verte ».
3. Indicateurs fondés sur l’indice universel du climat thermique (UTCI). Cet ensemble de données fournit une
évaluation globale des changements de la température moyenne en fournissant l’anomalie de température,
les jours avec des températures supérieures à la moyenne et les jours avec des températures inférieures à la
moyenne. Les indicateurs d’exposition aux températures extrêmes ont été préparés conjointement par l’OCDE
et l’AIE. Veuillez consulter le document de travail pour une description plus complète des méthodes utilisées.
4. « Le secteur des TIC se compose des activités de fabrication et de tous les services dont les produits permettent
ou facilitent le traitement et la communication de l’information par voie électronique, y compris la transmission
et l’affichage. Il est source de progrès technologique, de croissance de la production et de gains de productivité
Son impact s’observe soit directement, à travers sa contribution à la croissance de la production, de l’emploi
ou de la productivité, soit indirectement, en tant que catalyseur d’un changement technologique qui s’étend à
d’autres secteurs » (OCDE, 2017[161]).
5. Un jumeau numérique est une « représentation numérique d’une entité ou d’un système physique. L’idée est de
créer un objet ou modèle logiciel intégré qui reproduit un objet, un processus, une organisation, une personne ou
toute autre entité physique unique. Les données issues de différents jumeaux numériques peuvent être agrégées
pour obtenir un aperçu synthétique d’un certain nombre d’entités du monde réel, à l’instar d’une centrale
électrique ou d’une ville, et des processus qui s’y rapportent » (traduction libre) (Gartner, 2022[160]).
6. Pour les besoins de ce chapitre, les termes « TIC » et « technologies numériques » sont utilisés de manière
interchangeable.
7. Voir OCDE (2011[18]) pour une catégorisation complète des produits et services TIC. Bien que les TIC fassent l’objet
de mesures et d’études à l’OCDE depuis plusieurs décennies, les termes « technologies numériques » et « TIC »
sont souvent utilisés de manière interchangeable car aucune définition précise de l’un ou de l’autre n’a encore
été universellement adoptée. Cela étant, la définition des TIC retenue par l’OCDE a joué un rôle déterminant
dans l’élaboration des normes actuelles de mesure de l’impact, notamment environnemental, des TIC, comme en
témoignent les efforts déployés par le Secteur de la normalisation des télécommunications de l’Union internationale
des télécommunications (UIT-T, 2018[27]). Pour autant, l’absence de définitions harmonisées peut limiter l’analyse
fondée sur des éléments probants, en particulier lorsqu’il s’agit de comparer des statistiques sur les incidences
environnementales des technologies numériques.
8. Selon la définition d’un système d’IA proposée et actualisée à la fin de 2023 par l’OCDE, un système d’intelligence
artificielle est « un système automatisé qui, pour des objectifs explicites ou implicites, déduit, à partir d’entrées
reçues, comment générer des résultats en sortie tels que des prévisions, des contenus, des recommandations
ou des décisions qui peuvent influer sur des environnements physiques ou virtuels. Différents systèmes d’IA
présentent des degrés variables d’autonomie et d’adaptation après déploiement » (OCDE, 2023[159]).
9. L’inclusion de certaines catégories d’appareils peut faire tendre les estimations vers la limite supérieure de la
fourchette. Par exemple, les appareils destinés aux utilisateurs finaux tels que les téléphones intelligents et les
téléviseurs représentent une part importante de l’empreinte GES des TIC, le chiffre exact pouvant varier selon
les méthodologies et définitions appliquées.
10. Par « continent américain », les auteurs entendent tous les pays d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et
d’Amérique du Sud.
11. Ce rapport met en avant un certain nombre de de mesures que les décisionnaires devraient considérer pour atteindre
deux objectifs principaux : i) augmenter la collecte des appareils mobiles plutôt que la production de déchets,
et ii) mettre au point des systèmes de gestion écologique des déchets (GED) dans les pays en développement où
le secteur informel occupe une place importante (OCDE, 2013[144] ; OCDE, 2012[145]).
12. Le taux de change appliqué est de EUR 0.950/USD pour l’année 2022 (source [Link]).
États-Unis
11-24 % en 2023 50 % en 2110
Portugal
Danemark
Les femmes créent moins de startups liées Australie
au numérique. Canada
Part des startups financées par du capital-risque dans un France
secteur d’activité lié au numérique ayant été créées par des
femmes et des hommes, 2000-20 Belgique
Grèce
Entièrement féminin Mixtes (hommes-femmes)
Luxembourg
Entièrement masculin
Suisse
Australie
Irlande Suède
Mexique Israël
Chili
Canada Italie
États-Unis Royaume-Uni
Royaume-Uni
Israël OCDE
Indonésie Espagne
Portugal
Italie Japon
Inde Irlande
Afrique du Sud
Suède Pays-Bas
OCDE
Allemagne
Espagne
Türkiye Türkiye
Brésil
Finlande
Finlande
France Pologne
Norvège
Nouvelle-Zélande
Allemagne
Pays-Bas Hongrie
Suisse
Mexique
Belgique
Danemark Autriche
Corée
Norvège
Pologne
Autriche République tchèque
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La transformation numérique offre de nouvelles perspectives d’autonomisation des femmes et des filles et peut
contribuer à une plus grande égalité entre les genres. L’internet, les plateformes en ligne, les téléphones portables et
les services financiers numériques offrent aux femmes et aux filles la possibilité de « brûler des étapes » pour accroître
leurs revenus, améliorer leurs perspectives d’emploi et accéder à des connaissances contribuant à réduire les inégalités
entre les genres. En retour, la participation d’un plus grand nombre de femmes et d’autres groupes sous-représentés
au développement des TIC permettra de mettre à profit toute la diversité de points de vue dont on a besoin pour bâtir
un avenir numérique plus inclusif.
Au cours des dix dernières années, les inégalités entre les genres se sont substantiellement réduites s’agissant
de l’accès à l’internet et de son utilisation dans la zone OCDE (OCDE, 2024 [1]). Pour ce qui est de l’utilisation de
l’internet, l’écart est de moins de trois points de pourcentage dans presque tous les pays de l’OCDE. Dans beaucoup
de pays, le pourcentage de femmes utilisant l’internet dépasse désormais celui des hommes (OCDE, 2024[1]) ; l’écart
en faveur des hommes est plus important dans la tranche d’âge comprise entre 55 et 74 ans, mais il s’est beaucoup
résorbé (OCDE, 2024[2]). Enfin, on observe très peu de différences entre les genres dans le cas de certaines activités
en ligne telles que le fait, entre autres, d’interagir avec l’administration, de faire des achats, ou de recourir à des
services bancaires.
S’il y a lieu de se réjouir à bien des égards des progrès déjà accomplis pour combler les fractures numériques entre
les genres, il reste néanmoins un long chemin à parcourir jusqu’à l’égalité. Le risque subsiste également qu’au lieu
de réduire l’écart en défaveur des femmes et des filles, les avancées technologiques ne l’accentuent. La participation
des femmes au développement des TIC reste extrêmement faible (OCDE, 2024[3]). Dans le monde du travail, moins de
femmes que d’hommes ont des compétences en intelligence artificielle (IA) et, en 2023, en moyenne dans la zone OCDE,
environ 90 % des publications scientifiques consacrées à l’IA ont bénéficié de la contribution d’un homme, tandis que
moins de 40 % ont été coécrites par au moins une autrice (OCDE, 2024[4]).
Avoir des compétences en TIC ouvre les portes de l’entrepreneuriat et de l’innovation, mais il y a plus d’inventeurs
que d’inventrices et, souvent, les femmes qui fondent des startups reçoivent moins de financements (OCDE, 2023[5] ;
OCDE, 2018[6]). Il est essentiel que les femmes contribuent à donner corps à la transformation numérique car les
technologies génériques puissantes telles que l’IA auront des répercussions de grande ampleur : elles pourraient par
exemple renforcer les stéréotypes préjudiciables si les femmes ne jouent pas un rôle actif dans le domaine (UNESCO/
OCDE/BID, 2022[7]).
Plus la transformation numérique occupe une place incontournable dans nos vies quotidiennes, plus il est urgent que
les femmes contribuent autant que les hommes à lui donner forme. Les femmes représentent plus de la moitié de la
population mondiale ; il est impossible d’espérer une économie et une société numériques innovantes et inclusives si
une grande partie de la population en est exclue.
Ce Coup de projecteur cartographie les écarts entre les genres et leurs causes possibles tout au long de la vie afin de
mettre en évidence les leviers de l’action publique qui permettraient d’exploiter pleinement le potentiel des femmes
au service de l’innovation numérique. L’objectif est également de cerner plus précisément les disparités observées dans
l’écosystème de l’innovation numérique afin de recenser les domaines dans lesquels les femmes sont distancées ainsi
que les possibilités dont elles disposent pour rattraper leur retard. Enfin, il s’agit d’examiner la façon dont les pouvoirs
publics peuvent agir en faveur d’un avenir numérique plus innovant et plus inclusif.
Les écarts entre les genres dans les disciplines techniques apparaissent très tôt
dans la vie et persistent tout au long de la carrière professionnelle des femmes
Toute personne a besoin d’une certaine panoplie de compétences – de base, en TIC et complémentaires – pour pouvoir
utiliser les technologies numériques de manière efficace dans sa vie quotidienne et dans le contexte professionnel
(OCDE, 2019[8]). C’est pourquoi les écarts de compétences observés entre les genres sont particulièrement inquiétants.
Les stéréotypes sexistes associés aux disciplines techniques apparaissent dès l’âge de six ans (Master, Meltzoff et
Cheryan, 2021[9]) et influent sur les choix éducatifs et les aspirations professionnelles.
L’enquête de 2022 du Programme de l’OCDE pour l’évaluation internationale des acquis des élèves (PISA)1 révèle qu’en
moyenne dans la zone OCDE, moins de 1.5 % des filles de 15 ans souhaitent devenir des professionnelles des TIC quand
près de 10 % des garçons du même âge l’envisagent (OCDE, 2024[10]). Le pourcentage de filles qui veulent travailler
dans le secteur des TIC dépasse 3 % dans seulement deux pays, alors qu’au contraire, la proportion de garçons qui
visent cet objectif dépasse 15 % dans plusieurs pays de l’OCDE. Même parmi les élèves ayant les meilleurs résultats en
mathématiques ou en sciences dans la zone OCDE, les garçons sont souvent plus susceptibles que les filles de vouloir
devenir ingénieur ou scientifique (OCDE, 2024[10]).
Cette différence pourrait être due au fait que les collégiens et les lycéens tendent à évaluer plus favorablement leurs
compétences en mathématiques que les collégiennes et les lycéennes qui obtiennent des résultats similaires aux tests
(Wang et Degol, 2013[11] ; Zander et al., 2020[12]). L’évaluation qu’ils font de leurs compétences est également moins
affectée par des notes inférieures à l’école (Rittmayer et Beier, 2008[13] ; Zander et al., 2020[12]).
L’avantage comparatif des filles en compréhension de l’écrit est parfois cité comme une autre explication possible
(Breda et Napp, 2019[14]). De fait, les données de l’enquête PISA 2022 montrent que les filles de 15 ans obtiennent
des résultats nettement supérieurs à ceux des garçons dans cette catégorie. Dans le même temps, l’écart entre les
genres en mathématiques et en sciences est en moyenne relativement faible, ce qui bat en brèche l’argument selon
lequel les garçons sont biologiquement prédisposés à mieux réussir dans ces deux matières. Les filles qui sont
compétentes en mathématiques ont même plus de chances d’être encore meilleures en compréhension de l’écrit,
d’où, peut-être, le fait qu’elles aient une perception diminuée de leurs compétences numériques et une préférence
pour les sciences humaines.
Les parents ont aussi toujours eu une influence sur les choix éducatifs et les aspirations professionnelles des élèves.
Les réponses à l’enquête PISA 2022 montrent que les parents attendent plus souvent de leurs garçons que de leurs filles
qu’ils poursuivent une carrière en lien avec les mathématiques (OCDE, 2024[10])2. Les membres du corps enseignant
peuvent aussi renforcer les stéréotypes de genre traditionnels concernant les rôles appropriés des hommes et des
femmes au travers de biais conscients ou inconscients, de méthodes d’enseignement, d’activités extrascolaires ou des
manuels scolaires choisis (OCDE, 2023[5]).
Des stéréotypes de genre d’origine culturelle peuvent également amener les filles à croire – au travers de ce qu’on
appelle la perception de leurs propres capacités – qu’elles ne peuvent pas réussir en mathématiques, alors que leurs
performances sont comparables (Zander et al., 2020[12]). Cette croyance se révèle un bon facteur prédictif des résultats
futurs et de la filière d’étude des filles (Sakellariou et Fang, 2021[15]). Ce manque de confiance en soi est renforcé par
des performances relativement plus élevées dans d’autres matières et l’idée que ces compétences sont innées plutôt
qu’acquises. La perception selon laquelle les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques
(STIM) sont intrinsèquement masculins est aussi un stéréotype nuisible qui peut devenir une prophétie autoréalisatrice
(Makarova, Aeschlimann et Herzog, 2019[16]). Si les filles ne choisissent pas les filières de l’ingénierie ou de l’informatique
parce qu’elles les croient « masculines », il y aura moins de femmes y faisant carrière, ce qui aura pour conséquence de
renforcer l’image qui voudrait que ces filières soient masculines.
Plus tard dans leurs études, les filles sont moins susceptibles de suivre un cursus STIM dans l’enseignement supérieur
(OCDE, 2024[17]). En moyenne, dans la zone OCDE, seulement un tiers des personnes ayant obtenu un diplôme de
l’enseignement supérieur en STIM en 2021 étaient des femmes, même si ce chiffre de base masque d’importantes
différences. Dans presque tous les pays de l’OCDE, les diplômées sont plus nombreuses ou aussi nombreuses que les
diplômés dans les filières des sciences naturelles, des mathématiques et des statistiques. De plus, près des deux tiers
des personnes diplômées en sciences du vivant ou dans une discipline connexe sont des femmes (OCDE, 2024[18])3.
À l’autre extrémité du spectre, on observe que 22.7 % seulement des diplômes délivrés en TIC en 2021 sont revenus à
des femmes (OCDE, 2024[17]).
Il existe des disparités importantes entre les pays de l’OCDE. Les femmes représentent un tiers des personnes diplômées
en TIC en Grèce, en Israël et en Suède, mais seulement un huitième de ces effectifs en Belgique, au Chili et en Espagne.
Pour ce qui est des compétences en TIC, dans l’Union européenne en 2023, plus de deux fois plus de jeunes hommes
de 16 à 24 ans que de jeunes femmes de la même tranche d’âge savaient programmer (OCDE, 2024[19])4.
Ces différences de genre évidentes dans l’éducation se propagent sur le marché du travail. Une équipe de recherche des
États-Unis a observé que la plus faible confiance en soi des femmes est un facteur expliquant que leurs salaires soient
plus bas lorsqu’elles entrent dans la vie active (Sterling et al., 2020[20]). Au moment où les femmes quittent le système
éducatif pour trouver un emploi, elles tendent à être confrontées plus souvent que leurs homologues masculins à des
attentes plus élevées, à des stéréotypes dommageables et à une culture du travail toxique (OCDE, 2018[6] ; Paul, Sultana
et Bosu, 2019[21] ; Kenny et Donnelly, 2020[22]). Une étude conduite au Canada et aux États‑Unis a montré que les hommes
pour qui il existe une association implicite forte entre les STIM et la masculinité nouent des relations sociales avec
moins de collègues de sexe féminin. Parallèlement, les femmes ayant moins de relations avec des collègues masculins
font part d’une plus grande inadéquation de leur carrière et d’un désinvestissement plus important (Cyr et al., 2021[23]).
De tels stéréotypes peuvent avoir conduit certaines femmes à abandonner leur carrière dans les STIM.
Dans les pays de l’OCDE, le pourcentage d’hommes ayant un emploi de spécialiste des TIC est trois à sept fois plus élevé
que celui des femmes à des postes analogues, sauf en Türkiye où le ratio est seulement de deux (graphique 2.S.1)5. Des
écarts du même ordre sont visibles dans des économies partenaires de l’OCDE pour lesquels on dispose de données
(Croatie et Malte), même s’ils sont légèrement plus réduits ailleurs (Bulgarie et Roumanie). Les pays où l’on compte la
plus grande proportion de spécialistes des TIC dans l’emploi total, comme Israël, l’Estonie, l’Irlande et la Suède, sont
aussi ceux où le pourcentage de femmes s’étant spécialisées dans les TIC est le plus élevé. Cependant, même dans
ces pays, l’écart entre les genres est persistant et significatif, avec seulement 3 à 4 % des femmes occupant ce type de
poste contre 9 à 12 % des hommes.
Graphique 2.S.1. Beaucoup plus d’hommes que de femmes deviennent des spécialistes des TIC
Proportion de spécialistes des TIC dans l’emploi total, par genre, 2023
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Note : L’ensemble des spécialistes des TIC recouvre les catégories suivantes de la Classification internationale type des professions de 2008
(CITP-08) : 133, 215, 251, 252, 351, 352 et 742.
Source : OCDE (2024[3]), « Part des emplois à forte composante TIC » (indicateur), Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique, https://
[Link]/indicator/40 (consulté le 2 juillet 2024).
12 [Link]
Les femmes représentent globalement entre 11 % (République tchèque) et 24 % (Israël et Estonie) des spécialistes des
TIC dans les pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données. Ce pourcentage est de 17 % dans l’Union européenne
et de 23 % aux États-Unis. La faible représentation des femmes dans les carrières des TIC s’observe même dans les pays
nordiques, pourtant connus pour leur plus grand respect de l’égalité des genres (Corneliussen, 2021[24]). Elle contribue
à creuser les inégalités salariales puisque certaines professions spécialisées des TIC, comme celles qui concernent l’IA,
bénéficient d’un avantage salarial important (OCDE, 2023[25]).
La pandémie de COVID-19 a mis en lumière et accentué le besoin de compétences en TIC dans l’ensemble de l’économie ;
l’augmentation du nombre de postes dans le secteur des TIC pourrait accroître les perspectives d’emploi des femmes.
En 2020, le nombre de femmes spécialistes des TIC dans l’Union européenne a progressé de 12 %, soit près du double
de sa croissance annuelle moyenne au cours de la décennie précédente. Pendant ce temps, la même année, les effectifs
masculins des TIC progressaient à leur rythme annuel moyen de 4 %. Autrement dit, le nombre de femmes spécialistes
des TIC croît plus rapidement que celui des hommes. Cependant, si ces taux moyens se maintiennent, il faudra une vie
humaine entière (près de 90 ans) pour atteindre la parité. Des efforts importants sont en cours pour que davantage de
femmes se tournent vers les TIC : en particulier, en renforçant la transparence et en réduisant les biais des procédures
de recrutement.
Encadré 2.S.1. Influence de la (fausse) idée que l’on se fait des emplois liés aux TIC sur le parcours
professionnel des femmes
La théorie de la congruence des objectifs offre un cadre convaincant pour comprendre les origines de l’absence
relative des femmes dans les carrières des TIC (Diekman et al., 2016[26]). Elle repose sur l’hypothèse que les individus
privilégient des carrières en accord avec leurs « objectifs collectifs » (par exemple, altruisme, aide à la communauté,
collaboration) et avec leurs « objectifs agentifs » (par exemple, épanouissement personnel, reconnaissance, revenu
élevé). Bien que chaque personne accorde de l’importance aux deux, les femmes tendent à donner la priorité aux
premiers, et les hommes aux seconds (Diekman et al., 2016[26]).
On représente souvent les spécialistes des TIC comme des personnes antisociales, introverties et solitaires (Jarreau
et al., 2019[27] ; Dou et al., 2020[28]). Il n’est donc pas surprenant que les carrières dans ce domaine soient perçues
comme ne donnant pas d’occasions de soutenir des projets utiles à la communauté et de collaborer avec les autres.
Les médias renforcent ce stéréotype en représentant souvent des femmes scientifiques sous les traits d’héroïnes
solitaires (Kool, Azevedo et Avraamidou, 2022[29]). Cette inadéquation entre les objectifs personnels et le regard
porté sur les métiers des TIC peut décourager certaines femmes d’étudier les STIM.
Il est néanmoins possible de faire évoluer les perceptions. Des recherches montrent qu’apporter la preuve de la
façon dont les emplois liés aux TIC peuvent servir des objectifs collectifs pourrait être une bonne stratégie pour
orienter davantage de femmes vers les carrières STIM. À titre d’exemple, le Harvey Mudd College propose l’un des
principaux programmes d’ingénierie de premier cycle des cursus universitaires hors doctorat aux États‑Unis. Il a
fait passer son pourcentage de diplômes délivrés en informatique de 12 % à 40 % en cinq ans, en mettant l’accent
sur les applications pratiques dès les premiers stades de l’enseignement. Cela a créé une communauté féminine
et renforcé la confiance des étudiantes (Jivani, 2020[30]). De nombreuses organisations à but non lucratif cherchent
également à orienter les femmes vers ces filières en mettant en lumière des problèmes sociaux qui peuvent être
résolus grâce à des compétences liées aux TIC, par exemple Girls Who Code (« les filles qui codent ») ou Ingénieurs
sans frontières (McCart, 2016[31] ; Girls Who Code, 2024[32]).
À l’avenir, il importe de prendre des mesures pour que le monde professionnel des TIC ne soit plus perçu comme
intrinsèquement masculin, notamment en donnant à voir les « objectifs collectifs » associés. Par exemple, la
communauté des TIC pourrait accorder des subventions de recherche à des équipes attachées à relever des défis
sociétaux, et encourager les programmes de mentorat. Sur le lieu de travail, il pourrait être utile, pour renforcer
l’investissement professionnel des scientifiques et des spécialistes des TIC, de les mettre en relation avec les
bénéficiaires de leurs projets. En retour, l’évolution du regard porté sur les filières STIM pourrait avoir un double
impact positif sur la représentation des femmes et des minorités (Davis et al., 2022[33]). Étant donné les pénuries
de main d’œuvre dans les STIM, redessiner le cadre de ces métiers pourrait bénéficier à l’économie toute entière.
Au-delà du cas des personnels scientifiques et ingénieurs, des données récentes donnent à penser qu’une approche
analogue mettant en avant les aspects sociétaux du travail pourrait aussi amener davantage de femmes à s’engager
dans l’entrepreneuriat (Folberg et al., 2023[34]).
La proportion de femmes dans les sphères de la recherche, de l’invention et de l’entrepreneuriat est plus faible encore
dans l’écosystème de l’innovation numérique (OCDE/Union européenne, 2019[35]). Le taux d’activité entrepreneuriale
émergente varie selon les pays et les régions : il est de 30.2 % pour les Chiliennes (au Chili, la pénurie d’emploi est le
principal déterminant de l’entrepreneuriat féminin) mais de 2.4 % pour les Polonaises (GEM, 2024[36] ; GEM, 2022[37]). Les
femmes qui créent une entreprise sont souvent confrontées à des préjugés sexistes socioculturels lorsqu’elles lèvent
des capitaux (Breschi, Lassébie et Menon, 2018[38] ; FEI et Invest Europe, 2023[39]).
La diversité, synonyme de points de vue variés, profite à l’innovation. Par exemple, des études ont montré que le fait
qu’une équipe soit mixte a des effets positifs sur les performances en matière d’innovation (Dai, Byun et Ding, 2019[40] ;
Wikhamn et Wikhamn, 2020[41]). Cependant, l’accès des femmes à l’entrepreneuriat se heurte à plusieurs obstacles
importants : stéréotypes négatifs, discrimination, difficultés à obtenir des financements, et fragilité des liens avec les
réseaux entrepreneuriaux. Certaines recherches estiment que si les femmes et les minorités participaient davantage
à l’innovation, le produit intérieur brut par habitant des États-Unis pourrait enregistrer une hausse comprise entre
0.6 % et 4.4 % (Cook, Gerson et Kuan, 2022[42]). De plus, résorber l’écart entre les genres s’agissant des dépôts de brevet
pourrait faire augmenter de 2.5 % le produit intérieur brut des États‑Unis (Hunt et al., 2012[43]).
Les différences de filières d’études observées entre les filles et les garçons sont également manifestes dans l’écosystème
de l’entrepreneuriat. Les femmes qui créent une entreprise le font majoritairement dans des secteurs tels que l’éducation
et le commerce de détail. Au contraire, elles sont sous-représentées dans le secteur des TIC qui bénéficie largement
des investissements en capital-risque. Des données d’Eurostat indiquent que, dans l’Union européenne, les femmes
représentent 18 % des travailleurs indépendants dans le secteur des TIC contre 34 % dans l’ensemble de l’économie
(Eurostat, 2024[44]). Ce pourcentage chute à 12 % dans la catégorie des travailleurs indépendants qui emploient du
personnel. En général, les entrepreneuses se distinguent de leurs homologues masculins par le fait qu’elles sont moins
susceptibles d’embaucher ou de miser sur la croissance de leur entreprise (Halabisky, 2018[45]).
Les investissements en capital-risque sont un moteur important de l’innovation numérique. Cependant, au cours des
deux dernières décennies, seulement 6 % en moyenne des startups financées par des fonds de capital-risque dans un
secteur d’activité lié au numérique ont été créées par des femmes uniquement, et 15 % en moyenne par au moins une
femme dans la zone OCDE (graphique 2.S.2)6. L’Australie fait la course en tête avec plus de 11 % d’entreprises fondées
par une équipe uniquement féminine et plus de 23 % par au moins une femme.
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Note : La base de données de l’OCDE sur les startups réunit des données de Crunchbase et de Dealroom, deux fournisseurs commerciaux de
données au niveau des entreprises et de données sur les investissements en capital-risque. Elle contient des informations sur les startups créées
entre 2000 et 2020, les fondateurs et les investisseurs. Elle a été développée suivant la méthodologie décrite dans Greppi (2022[46]).
Source : OCDE (2024[47]), « Share of VC-funded start-ups in digital-related activities with female founders » (indicateur), Boîte à outils de l’OCDE
sur la transformation numérique, d’après la base de données de l’OCDE sur les startups, [Link] (consulté le
26 octobre 2023).
12 [Link]
Depuis quelques années, l’IA est l’un des principaux moteurs de l’innovation numérique. Cette tendance a fait prospérer
les startups liées à l’IA, mais il semble que peu de femmes aient l’occasion d’y contribuer (encadré 2.S.2). À titre
d’exemple, une équipe de recherche a analysé les investissements en capital-risque dans les startups spécialisées en
IA au Royaume‑Uni entre 2012 et 2022 (Wajcman, Young et De Miguel Velazquez, 2023[48]) : 4.9 % de l’ensemble des
transactions de capital-risque recensées ont été effectuées avec des entreprises uniquement dirigées par des femmes et
près d’un quart avec des entreprises ayant au moins une femme à leur tête ; s’agissant de l’ensemble des transactions
avec des startups spécialisées en IA, 2.1 % concernaient des entreprises à la direction uniquement féminine, et 20 %
des entreprises comptant au moins une femme fondatrice.
L’accès au financement est souvent un obstacle important à l’entrepreneuriat féminin. Des recherches menées au
Royaume-Uni montrent que les entreprises du secteur de l’IA fondées par des femmes uniquement lèvent en moyenne
six fois moins de capitaux que leurs homologues fondées par des hommes uniquement. À titre de comparaison, le ratio
est de quatre fois moins si l’on considère les startups de l’ensemble de l’économie. Au total, les équipes dirigeantes
entièrement féminines ont reçu 0.4 % de tous les capitaux investis dans des startups spécialisées en IA tandis que
celles qui étaient entièrement masculines en ont reçu près de 80 %.
Graphique 2.S.3. Les femmes contribuent moins que les hommes aux publications sur l’IA
A. Nombre de publications sur l’IA par sexe au niveau mondial, 2010-22
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Publications en IA
avec au moins un
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avec au moins
un auteur féminin
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Note : L’identification du genre a été réalisée à l’aide de classificateurs de noms. Pour identifier le genre, Elsevier a attribué une valeur de
genre aux seules personnes mentionnées dans la base Scopus pour lesquelles l’algorithme a renvoyé une probabilité de genre > 85 %. Les
publications rédigées à la fois par des hommes et des femmes sont comptées deux fois.
Source : OCDE (2024[4]), « Live data: AI research », Observatoire de l’OCDE sur l’IA, [Link]
ation=number-of-research-publications-in-ai-by-gender-and-country (consulté le 2 juillet 2024).
12 [Link]
Encadré 2.S.2. Les grandes absentes de la recherche et du développement en matière d’IA (suite)
Il est encore plus frappant de constater que, dans le monde entier, 8 % seulement des publications sur l’IA n’ont
que des autrices, tandis que 41 % n’ont que des auteurs. Dans la zone OCDE, les femmes contribuent à environ
la moitié de l’ensemble des publications sur l’IA. L’analyse à l’échelle des pays révèle des disparités. En Lettonie,
59 % des publications sur l’IA sont rédigées par au moins une femme, les pourcentages les plus élevés suivants
étant enregistrés en Italie, en Lituanie et aux États-Unis. Au contraire, au Costa Rica, 14 % des publications sur
l’IA ont au moins une autrice, ce chiffre atteignant seulement 25 % au Luxembourg et en République tchèque
(graphique 2.S.3).
Le secteur du développement en IA est encore moins féminisé que celui de la recherche en IA. Une enquête menée
en 2022 auprès des utilisateurs et utilisatrices de Stack Overflow (une plateforme de partage de connaissances
très appréciée de la communauté du développement et de la programmation informatiques) montre qu’à
peine plus de 4 % des personnes répondantes sont des femmes. Toutefois, des pays comme la Belgique, le
Danemark et la Norvège se distinguent par leur proportion plus élevée, même si modeste, de développeuses en IA
(OCDE, 2024[49]).
Des recherches laissent aussi entrevoir que l’écart entre les genres pour ce qui est du financement en capital-risque est
lié à la quasi-absence de femmes investisseuses (Balachandra, 2020[50]). Comme les personnes qui prennent les décisions
d’investissement en capital-risque ont tendance à orienter la culture et les produits des entreprises destinataires
de ces capitaux, cela signifie qu’une influence relativement plus masculine s’exerce globalement sur les nouvelles
entreprises (Wajcman, Young et De Miguel Velazquez, 2023[48]). De plus, les décisionnaires des sociétés technologiques
sont principalement des hommes : les femmes ne représentaient que 18 % des cadres dirigeants des principales startups
et des entreprises spécialisées dans l’IA dans le monde en 2019 (UNU/UNU-CS/EQUALS, 2019[51]). Au Royaume‑Uni, 2 %
seulement des entreprises et des fonds de capital-risque comptent une majorité de femmes parmi leurs décisionnaires
(Wajcman, Young et De Miguel Velazquez, 2023[48]).
Il a été montré que les brevets augmentent les chances d’attirer des investissements en capital-risque et le montant
des financements (Comino, Manenti et Thumm, 2019[52]). Malheureusement, il y a moins d’inventrices que d’inventeurs
dans le secteur des TIC (graphique 2.S.4)7. En 2021, la proportion de celles-ci était la plus élevée aux États-Unis (18 %)
puis au Canada (15 %). Au contraire, elle était la plus faible (4 %) en République tchèque, au Mexique et en Norvège.
À titre de comparaison, la proportion d’inventrices, tous secteurs confondus, était de 13 % en moyenne dans la zone
OCDE, allant de 7 % en Autriche, en Hongrie et en République slovaque à 23 % au Portugal.
Entre 2011 et 2021, le pourcentage moyen d’inventrices dans le secteur des TIC est passé de 8 % à 9 %8. En moyenne à
l’échelle de l’OCDE, au cours de la période 2018-21, 4 % seulement des familles de brevets liées aux TIC ont été inventées
par des femmes (uniquement) et 20 % par une équipe composée d’au moins une femme. En République tchèque, on
dénombre pas moins de 95 % de brevets inventés uniquement par des hommes ; c’est en Australie que la part des
brevets inventés uniquement par des femmes est la plus élevée (15 %).
Il convient aussi de se demander si la discrimination est un obstacle pour les inventrices. Une étude menée aux
États‑Unis sur les dépôts de brevet a conclu que le taux de réussite est moins élevé pour les inventrices qui portent
un nom genré que pour celles qui portent un nom neutre. Cela suggère l’existence d’un biais à l’encontre des femmes
pendant le processus d’examen des brevets (Schuster et al., 2020[54]). De plus, l’analyse des enregistrements de droits
d’auteur relatifs à des textes lisibles par la machine ou à des programmes informatiques aux États-Unis entre 1978
et 2020 montre que seulement 13 % environ de ces enregistrements listent des autrices, soit l’un des pourcentages
les plus faibles de toutes les catégories analysées (United States Copyright Office, 2021[55]). Enfin, d’autres recherches
donnent à penser que les femmes qui réussissent à obtenir des brevets ont moins de chances que les hommes de tirer
des avantages financiers des droits de propriété intellectuelle (Caviggioli, Colombelli et Ravetti, 2023[56]).
Graphique 2.S.4. Le secteur des TIC compte beaucoup plus d’inventeurs que d’inventrices
Part des familles de brevets IP5 liées aux TIC et part des inventeurs et inventrices, 2018-21
% Femmes uniquement Femmes et hommes Hommes uniquement Femmes inventrices Hommes inventeurs
100
80
60
40
20
U
N
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FI
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ES
IT
HU
JP
CA
NL
DN
LU
IS
TU
GB
NO
US
FR
OC
M
Note : Les données se rapportent à la part des familles de brevets IP5 dans le domaine des technologies liées aux TIC, par date de priorité la plus
ancienne, et à la part des femmes dans l’ensemble des inventeurs et inventrices de familles de brevets IP5 dans le domaine des technologies liées
aux TIC, pondérée par le nombre de familles, par la date de priorité la plus ancienne, et corrigée à l’aide d’une moyenne mobile sur trois ans.
Source : OCDE (2024[53]), STI Microdata Lab : Base de données statistiques sur la propriété intellectuelle, [Link] (consulté le 28 juin 2024).
12 [Link]
Encadré 2.S.3. Des pratiques innovantes pour combler l’écart de compétences en TIC
Digital Pioneers en Autriche
Le programme Digital Pioneers, cofondé par la Chambre du travail de Vienne (Arbeiterkammer Wien) et par la
Fédération de l’industrie autrichienne (Industriellenvereinigung), propose à des femmes âgées de 17 à 27 ans
intéressées par les professions en STIM la possibilité de suivre une « année numérique » (Digital Pioneers, 2024[57]).
Après huit semaines de formation de base, au cours desquelles elles acquièrent les compétences nécessaires pour
entamer avec succès une carrière professionnelle dans les TIC ou un secteur lié, les jeunes femmes travaillent
sur des projets dans une entreprise partenaire pendant au moins huit mois afin de mettre en pratique ce qu’elles
ont appris. Celles qui réussissent le programme Digital Pioneers, qui se conclut par la présentation de leur projet
final, se voient délivrer un diplôme national par l’entreprise partenaire et l’établissement d’enseignement (par
exemple, Digital Campus Vorarlberg, BFI Upper Austria, BFI Tyrol).
Source : OCDE, questionnaire des Perspectives de l’économie numérique 2024, et sources nationales.
Encadré 2.S.4. Pratiques innovantes pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans les TIC
et les secteurs connexes
Source : OCDE, questionnaire des Perspectives de l’économie numérique 2024, et sources nationales.
Les inégalités entre les genres existent dans de nombreux domaines – du marché du travail à la sphère politique, en
passant par la garde des enfants. Quand on s’intéresse spécifiquement au numérique, on constate que l’écart est le
plus marqué dans le secteur de l’innovation numérique. Les conséquences de l’inaction sont évidentes : baisse de la
productivité, ralentissement de la croissance et creusement des inégalités. C’est pourquoi il est urgent de travailler à
réduire l’écart de compétences entre les hommes et les femmes dans le domaine des TIC, à promouvoir l’entrepreneuriat
féminin, et à créer des conditions propices aux inventrices et à leurs inventions. C’est de cette manière que les
responsables de l’action publique pourront s’assurer que le potentiel des femmes est pleinement exploité au service
de l’innovation numérique.
Encadré 2.S.5. Pratiques innovantes destinées à créer des conditions propices aux inventrices
et à leurs inventions
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Notes
Lituanie, le Luxembourg, la République slovaque et la Slovénie. Les pays non pris en compte dans le calcul de la
proportion moyenne de brevets dans la zone OCDE sont le Chili, la Colombie, la Corée, le Costa Rica, l’Estonie,
l’Islande, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la République slovaque et la Slovénie. Pour la proportion des
familles de brevets, les données relatives au Mexique, à la Nouvelle-Zélande et au Portugal se rapportent à 2017-20.
Les données relatives à la Türkiye se rapportent à 2015-18. Les données relatives au Luxembourg se rapportent
à 2014-17.
8. Les pays non pris en compte dans le calcul de la moyenne à l’échelle de l’OCDE sont le Chili, la Colombie, la
Corée, le Costa Rica, l’Estonie, la Grèce, l’Islande, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la République slovaque
et la Slovénie. Les données relatives au Mexique se rapportent à 2014 et 2020. Les données relatives au Portugal
se rapportent à 2010 et 2021. Les données relatives à la Türkiye se rapportent à 2011 et 2020.
Principales conclusions
Les labels et les certifications sont des outils complémentaires permettant d’améliorer la transparence du marché
et la confiance
La certification peut contribuer à accroître la confiance, mais il est peu probable qu’elle ait, à elle seule, une
influence sur les décisions d’achat.
Associer la certification à des labels facilement identifiables pourrait aider à mieux éclairer les décisions d’achat
des utilisateurs. Toutefois, les approches fragmentées et divergentes de la labélisation et de la certification peuvent
être source de confusion et, partant, limiter l’utilité potentielle de ces outils.
Les prestataires de services d’infogérance représentent un risque systémique mondial au sein de la chaîne
d’approvisionnement
Les prestataires de services d’infogérance fournissent, exploitent ou gèrent des services et des fonctions liés aux
technologies de l’information et des communications pour le compte de leurs clients et constituent un maillon
essentiel de la chaîne d’approvisionnement. Cependant, parce qu’ils ont accès aux infrastructures et aux réseaux
de leurs clients, ils sont des cibles privilégiées pour les acteurs malveillants.
Les prestataires de services d’infogérance peuvent devenir le point faible de la chaîne de sécurité, entraînant des
incidents massifs en aval.
Le chiffrement homomorphe et les technologies quantiques pourraient bouleverser la cryptographie
Le chiffrement entièrement homomorphe peut améliorer la sécurité numérique en permettant aux opérations
logicielles de s’exécuter directement sur des données qui restent chiffrées, éliminant ainsi le risque de fuite de
données non chiffrées pendant ou après leur traitement. Cependant, les besoins en puissance de calcul et en
énergie, ainsi que d’autres contraintes, limitent encore son développement.
Les technologies de l’information quantique pourraient facilement mettre à mal certaines méthodes de chiffrement
couramment utilisées. On s’attend donc à ce qu’elles aient un effet perturbateur sur la cryptographie et, par
conséquent, sur la sécurité numérique. Toutefois, des progrès récents stimulent le développement de défenses
reposant sur des algorithmes à même de résister à des attaques menées depuis un ordinateur quantique.
La dépendance croissante des économies et des sociétés à l’égard des technologies numériques et des données
s’accompagne d’une augmentation du risque de sécurité numérique. Face à cette situation, les pouvoirs publics
intensifient leurs efforts pour renforcer la cybersécurité. Il y a plus de vingt ans, ils ont commencé à encourager les
parties prenantes, notamment les entreprises, à adopter de bonnes pratiques de gestion du risque. Ils ont généralement
mis l’accent sur des priorités stratégiques, telles que l’instauration d’un cadre institutionnel approprié définissant des
responsabilités claires en matière d’élaboration des politiques de cybersécurité. Ils ont également axé leur action sur le
soutien opérationnel (par la mise en place, par exemple, d’une capacité nationale de réponse aux incidents). Aujourd’hui,
la plupart des Membres de l’OCDE disposent d’un cadre institutionnel en matière de cybersécurité.
Parmi les priorités des pouvoirs publics figuraient en outre des mesures visant à renforcer la sécurité numérique des
activités critiques, à l’instar des services financiers, énergétiques, de transport et de santé. Ces mesures se situent au
croisement des politiques de sécurité numérique et de protection des infrastructures critiques, et ont ainsi d’importantes
répercussions sur la sécurité nationale. De ce fait, elles posent des difficultés institutionnelles complexes, de sorte que
leur élaboration et leur mise en œuvre peuvent prendre du temps.
Les pouvoirs publics continuent d’améliorer et d’étendre les cadres de gestion de la cybersécurité afin de réduire encore
davantage le risque de sécurité numérique dans un contexte de menaces et de tensions géopolitiques croissantes.
Ce chapitre présente de nouveaux domaines de la sécurité numérique auxquels les pouvoirs publics accordent plus
d’attention que par le passé.
Les décideurs publics recourent de plus en plus souvent à la certification et à la labélisation pour
promouvoir la sécurité numérique des produits et des services
Les produits et services connectés font désormais partie intégrante du quotidien des foyers, des entreprises et des
infrastructures. On les retrouve dans tous les secteurs, y compris les plus critiques comme la santé, les transports et
l’énergie. Ils sous-tendent les activités économiques et sociales, mais peuvent aussi avoir des conséquences inattendues
et néfastes en cas de cyberattaque.
La sécurité des produits et services numériques devrait être assurée tout au long de leur cycle de vie en étant intégrée
aux critères de conception. Certes les prestataires ne respectent pas toujours un « devoir de diligence » en matière de
sécurité numérique, mais les mauvaises pratiques et la méconnaissance des utilisateurs augmentent également les
risques. Ces deux facteurs contribuent dès lors à ce qui pourrait être considéré comme une défaillance du marché : les
mécanismes du marché ne garantissent pas à eux seuls une sécurité suffisante dès la conception ou une sensibilisation
idoine des utilisateurs. Pour y remédier, l’une des approches consiste à accroître la transparence du marché et à réduire
les asymétries d’information (OCDE, 2021[1]).
Les certifications et les labels sont largement utilisés dans des secteurs tels que l’alimentation et l’énergie pour accroître
la transparence du marché. Ces outils réduisent les asymétries d’information et garantissent que les produits et les
services satisfont à un certain niveau de qualité ou de sécurité. S’appuyant sur les succès obtenus dans d’autres secteurs,
les pouvoirs publics conçoivent et mettent en œuvre de plus en plus de labels et de certifications pour les produits et
les services numériques dans le cadre d’initiatives internationales et nationales.
Allemagne
En 2019, l’Allemagne a introduit un label de sécurité informatique non contraignant destiné à aider les consommateurs à
obtenir des informations sur les fonctionnalités de sécurité de différents produits et services informatiques (BSI, 2021[9]).
Trois catégories de produits et de services peuvent en bénéficier : les routeurs, les services de messagerie électronique
et les appareils grand public intelligents connectés à d’autres appareils grand public, tels que des téléviseurs, haut-
parleurs ou jouets intelligents. L’Allemagne envisage de l’étendre à d’autres groupes de produits pertinents, notamment
dans le secteur de la maison intelligente.
Le label est apposé sur les appareils ou sur les emballages des produits et est assorti d’un lien court, ainsi que d’un code
QR qui renvoie à une page d’information des pouvoirs publics. Cette page contient des informations sur les fonctions
de sécurité de l’appareil ou du service et sur les éventuelles failles de sécurité connues.
Le processus d’obtention du label est basé sur une auto-déclaration, sans validation par un tiers. Les fabricants adressent
leur demande à l’organisme public chargé de sa délivrance (BSI). Ils déclarent que leur produit ou service répond à
certaines normes prédéfinies, telles que des directives techniques nationales, des normes internationales de base ou
des normes sectorielles. Il incombe au fabricant de veiller au respect des exigences applicables. Le BSI peut toutefois
effectuer des contrôles aléatoires. Le label, accordé pour deux ans, peut être retiré à tout moment si le fabricant ne
respecte plus sa déclaration.
En Allemagne, un programme distinct certifie les produits et services informatiques utilisés par les infrastructures
critiques et le secteur public. Dans le cadre de cette certification, une évaluation indépendante vérifie la conformité des
produits et des services aux exigences et normes de sécurité. Aucun label ou marquage spécifique n’est délivré pour
démontrer qu’un produit ou un service a été certifié.
Corée
La Corée a créé une certification de sécurité pour l’IdO en 2017 afin de prévenir les incidents et de garantir la sécurité
de divers produits d’IdO. La sécurité de l’IdO étant étroitement liée à celle des citoyens et des entreprises, les lois
pertinentes ont été mises à jour en conséquence afin de renforcer la sécurité des produits numériques (Ministère coréen
de la législation gouvernementale, 2021[11]).
Le ministère coréen des Sciences et des Technologies de l’Information et des Communications coordonne la mise
en œuvre de la certification de l’IdO, et la Korea Internet & Security Agency délivre les certificats. Le Korea Testing
Certificate Institute et la Telecommunications Technology Association évaluent les aspects techniques des appareils
d’IdO, notamment les tablettes murales et les dispositifs médicaux. Une fois obtenue, la certification est valable trois
ans et peut être prolongée de deux ans.
Les critères de certification comprennent 50 éléments dans sept domaines : identification/authentification, protection
des données, mot de passe, sécurité logicielle, mise à jour, sécurité des réseaux et sécurité matérielle (TTA, 2021[12]). Ils
sont conformes aux normes internationales. Il existe trois niveaux de certificats : léger (obligatoire), de base (général)
et standard (complet).
En 2023, le ministère des Sciences et des Technologies de l’Information et des Communications a introduit la procédure du
modèle dérivé dans le cadre de son programme de certification afin de soutenir son secteur de la fabrication de dispositifs
d’IdO. Cette démarche devrait simplifier le processus de certification des produits faisant l’objet de modifications de
conception qui n’affectent pas leurs performances en matière de sécurité (Gouvernement de la République de Corée,
2023[13]). De cette manière, les entreprises sont encouragées à lancer différents produits qui répondent aux besoins
du marché.
États-Unis
En 2022, les États-Unis ont lancé un programme national de labélisation de la cybersécurité, le « US Cyber Trust »
destiné aux appareils d’IdO (Commission fédérale des télécommunications (FCC), 2023[16]). Ce programme, géré par la
Federal Communications Commission, vise à mieux informer les consommateurs sur les produits qu’ils achètent et à
inciter les fabricants à respecter des normes plus strictes en matière de sécurité numérique. Il couvre des produits de
consommation largement utilisés, tels que des réfrigérateurs, micro-ondes, téléviseurs et moniteurs d’activité physique
intelligents. Les services numériques ne relèvent pas de son champ d’application.
Le programme s’appuie sur les engagements volontaires des fabricants qui ont adhéré à un programme de certification
fondé sur les critères de cybersécurité élaborés par le National Institute of Standards and Technology (NIST). Ces critères
comprennent des mots de passe par défaut uniques et forts, la protection des données, les mises à jour logicielles et
les capacités de détection des incidents. Les fabricants qui s’engagent à respecter les exigences de sécurité définies
pourront apposer sur leurs produits un logo écusson spécifique ainsi qu’un code QR qui renverra à un registre national
des appareils intelligents certifiés. Plusieurs grands détaillants du secteur de l’IdO ont participé à l’élaboration de ce
programme qui a débuté en 2024.
Finlande
Le label non contraignant de cybersécurité de la Finlande, créé en 2019, vise à aider les consommateurs à faire des choix
plus sûrs lors de l’achat d’appareils ou de services d’IdO (Traficom, 2019[7]). Il est principalement destiné aux appareils
grand public intelligents qui collectent et transmettent des données, tels que les téléviseurs intelligents, les bracelets
intelligents et les routeurs domestiques.
Le label informe les utilisateurs finaux qu’un produit ou un service donné répond à une liste définie d’exigences en
matière de « sécurité dès la conception ». Il garantit également la mise à jour de certaines fonctions de sécurité pendant
la durée fixée par le label. En outre, il soutient la compétitivité des entreprises qui investissent dès le départ dans les
caractéristiques de sécurité de leurs produits et les aide à anticiper la conformité aux futures exigences de l’UE en
matière de sécurité de l’IdO.
Pour obtenir le label, les fabricants doivent se conformer aux principales exigences de sécurité définies par Traficom, le
centre national finlandais de cybersécurité. Ces exigences reposent sur les normes internationales de cybersécurité de
l’IdO (ETSI, 2020[8]). Les produits et les services doivent être vérifiés par un organisme tiers. Le label, délivré pour une
durée d’un an, peut être renouvelé.
France
En France, le programme « Visas de sécurité » (ANSSI, 2016[6]), qui a été mis en place en 2016 et ne revêt pas de caractère
contraignant, est axé sur les produits de sécurité numérique. Il vise à faire en sorte que les labels informent mieux
les acheteurs de produits et de services de cybersécurité sur le niveau de sécurité fourni. Le label « Visa de sécurité »,
délivré par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), garantit que les produits et services
ont fait l’objet d’une évaluation approfondie.
Le programme est principalement destiné aux entités critiques et aux autorités publiques qui ont besoin d’utiliser des
produits et des services de sécurité numérique, mais pas seulement : il contribue également à conférer un avantage
concurrentiel aux fabricants qui arborent le label « Visa de sécurité ». Les produits de consommation courante, tels
que les appareils connectés dans le cadre de l’internet des objets (IdO), ne relèvent pas de son champ d’application.
Le label français de sécurité prévoit deux processus, la « certification » et la « qualification », avec, pour chacun, une
évaluation indépendante des produits et des services. Le label « qualification » est plus complet, mais également plus
long et plus coûteux.
Le processus de certification ne s’applique qu’aux produits de sécurité numérique tels que les VPN, les pare-feu et
les cartes à puce. Il vérifie seulement les objectifs de sécurité définis par le fabricant du produit. Une certification est
accordée pour une durée d’un à trois an(s).
Le processus de qualification s’applique à certains produits de sécurité numérique, tels que les dispositifs de chiffrement
ou de signature électronique, et à certains services de sécurité, tels que ceux utilisés dans le cadre de la réponse aux
incidents. Il vérifie la robustesse de l’ensemble de leurs caractéristiques de sécurité. Dans ce qui s’apparente à une
recommandation des pouvoirs publics français, il démontre le respect de certaines exigences réglementaires, techniques
et de sécurité. Les infrastructures critiques et les autorités publiques françaises sont tenues de n’utiliser que des produits
et services qualifiés. La qualification est accordée pour une durée maximale de trois ans.
Japon
En mars 2024, le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI) a publié un projet de
politique portant sur son système d’évaluation de la conformité de la sécurité des produits d’IdO et a ouvert un appel
à commentaires publics courant jusqu’au 15 avril 2024 (METI, 2020[10]).
Le programme proposé n’aura pas de caractère contraignant et visera un large éventail de produits d’IdO, y compris
des produits indirectement connectés à l’internet (à l’exclusion des ordinateurs, des smartphones, etc.). Ce programme,
qui comprendra plusieurs niveaux, fixera des exigences de sécurité à respecter pour faire face aux menaces minimales
communes à tous les produits d’IdO ciblés en tant que base de référence unifiée (niveau une étoile). Il prévoira également
des exigences de sécurité correspondant aux caractéristiques de chaque catégorie de produits (niveaux deux, trois et
quatre étoiles). Le METI a pour objectif d’intégrer le programme aux exigences en matière de passation de marchés
publics, notamment celles qui incombent aux organismes publics, aux fournisseurs d’infrastructures critiques et aux
administrations locales.
Dans le cadre de la proposition, des labels seraient accordés pour les niveaux une et deux étoile(s) sur la base d’auto-
déclarations de conformité faites par les vendeurs de produits d’IdO. Les niveaux trois étoiles et plus, qui s’appliquent
aux marchés passés par les organismes publics etc., sont assortis d’exigences de fiabilité strictes. Par conséquent, pour
ces niveaux, les labels seront délivrés sur la base d’une évaluation par un laboratoire d’essai indépendant.
Le METI entend commencer à accepter les auto-déclarations de conformité aux critères de base unifiés pour tous les
produits d’IdO (niveau une étoile) et à délivrer des labels d’ici mars 2025. Les discussions portant sur les critères de
conformité de niveau supérieur à définir par catégorie de produits d’IdO (niveaux deux étoiles et plus) ont débuté en
avril 2024. L’Agence pour la promotion des technologies de l’information gérera le programme proposé.
Türkiye
La Türkiye a élaboré un cadre relatif à la certification des services et des produits nationaux et étrangers. Ce cadre est
conforme aux normes internationales et prend en compte les aspects techniques et fonctionnels des produits, ainsi
que des critères de développement de logiciels sécurisés.
En vertu du règlement turc relatif à l’autorisation des participants dans le cadre de la passation de marchés publics
de services informatiques, les certificats sont obligatoires dans les appels d’offres de services informatiques lancés
par les administrations publiques depuis 2023 (Ministère de l’Industrie et de la Technologie, 2023[14]). Le ministère de
l’Industrie et de la Technologie peut délivrer trois types de certificats d’autorisation à utiliser dans le cadre des appels
d’offres de services informatiques : deux pour les logiciels et un pour les tests d’intrusion. Les certificats concernent
des services et non des produits. Ils sont accordés pour une période d’un an renouvelable. Les entreprises sélectionnées
reçoivent un document de certification sur lequel figure un numéro vérifiable sur un site de l’administration publique.
En outre, le projet de test et de certification des produits de cybersécurité a été lancé en 2019 en vue de promouvoir
l’utilisation généralisée de produits de cybersécurité fiables et matures fabriqués en Türkiye. Il comprend la définition
de critères, la réalisation de tests et la certification de produits fabriqués par différentes entreprises. Des critères pour
11 groupes de produits, principalement liés aux fonctions techniques des produits, ont été établis avec l’aide des parties
prenantes. Ces groupes sont les suivants : Pare-feu, Gestion des informations et des événements de sécurité, Prévention
de la perte de données, Gestion des vulnérabilités, Renseignement sur les cybermenaces, Sécurité des terminaux
(Endpoint Protection Platform (EPP) et Endpoint Detection and Response Solutions (EPDR) en anglais), Gouvernance, Risques et
Conformité, Messagerie sécurisée, Gestion des identités et des accès, Visioconférence et IdO. Les produits qui réussissent
les tests à l’aune des critères établis reçoivent un certificat de conformité. Ce dernier est délivré par une entreprise
privée qui est une filiale de plusieurs établissements publics (TRtest, 2024[15]). L’initiative n’étant pas obligatoire et
le certificat n’ayant pas de validité nationale, la participation des produits recevant un certificat de conformité à des
projets du secteur public est encouragée.
Union européenne
L’Union européenne a lancé en 2019 un cadre de certification de cybersécurité pour les produits, services et processus
liés aux technologies de l’information et des communications (TIC). Ce cadre fournit un ensemble complet de règles,
d’exigences techniques, de normes et de procédures qui définissent un mécanisme d’établissement de programmes
de certification dans l’ensemble des États membres de l’UE. À terme, il vise à harmoniser les exigences de sécurité
applicables aux produits et services numériques, ainsi que la méthodologie d’évaluation connexe. En attendant, chaque
État membre gère son propre processus de certification.
Trois programmes de certification dénommés « schémas de certification » dans l’UE, définis par l’Agence de l’Union
européenne pour la cybersécurité (ENISA), sont en cours d’élaboration (ENISA, 2019[2]). Le premier, connu sous le nom
d’EUCC, couvre les produits de sécurité liés aux TIC tels que les pare-feu, les dispositifs de chiffrement et les dispositifs
de signature électronique. Il s’applique également aux produits TIC dotés d’une sécurité intégrée, tels que les routeurs,
les smartphones et les cartes bancaires. L’EUCC repose sur une norme internationale intitulée « Critères communs »
(Common Criteria, 2023[3]). Le deuxième programme, appelé EUCS, couvre les services infonuagiques. Le troisième,
dénommé EU5G, concerne les réseaux 5G.
Chaque programme énoncera les exigences en matière de sécurité, le type d’évaluation (auto-évaluation ou évaluation par
un tiers), ainsi que le niveau d’assurance visé (élémentaire, substantiel et/ou élevé). L’entrée en vigueur de ces programmes
dans l’Union européenne est conditionnée à l’adoption de règlements d’exécution. Le premier projet de règlement
d’exécution concernant l’EUCC a été publié pour commentaires en octobre 2023 (Commission européenne, 2023[4]).
Les certificats de cybersécurité de l’UE seront accordés aux produits, services et processus TIC certifiés. Aucun label
spécial n’est prévu. Les certificats délivrés dans le cadre du programme seront valables dans tous les États membres de
l’UE pendant une durée limitée. Des prorogations seront possibles après une réévaluation de la sécurité.
Le cadre de certification de cybersécurité de l’UE est non contraignant, mais la législation de l’UE relative aux produits et
services numériques tend de plus en plus à imposer l’utilisation de produits et services certifiés. En vertu de la directive
sur la sécurité des réseaux et des systèmes d’information (SRI)2, par exemple, les entités essentielles et importantes
peuvent être amenées à utiliser des produits, services et processus numériques certifiés conformément au programme
de certification européen (Commission européenne, 2022[5]).
Singapour
En 2020, dans le cadre des efforts déployés en vue d’améliorer la sécurité de l’IdO et de renforcer la cyberhygiène
globale, Singapour a lancé le Cybersecurity Labelling Scheme pour les appareils intelligents grand public (CSA, 2020[17]).
Ce programme non contraignant est géré par la Cyber Security Agency of Singapore (CSA), l’organisme national de
cybersécurité. Il attribue différents niveaux de sécurité numérique afin d’aider les utilisateurs à opérer des choix éclairés
en fonction des caractéristiques de sécurité des appareils intelligents.
Au moment de sa création, le programme couvrait des produits largement utilisés tels que les routeurs Wi-Fi et les
concentrateurs domestiques intelligents. Il a ensuite été étendu à toutes les catégories d’appareils d’IdO grand public
(caméras IP, serrures de porte intelligentes, lampes intelligentes, imprimantes intelligentes, etc.). Les services ne relèvent
pas de son champ d’application.
Le label apposé sur l’emballage du produit indique le niveau d’assurance de sécurité (une à quatre étoile(s)), l’identifiant
individuel et le code QR. Ce dernier renvoie les utilisateurs vers le site internet de la CSA, qui fournit des informations
plus détaillées, notamment sur la période de validité du label. Celle-ci peut aller jusqu’à trois ans et représente la durée
pendant laquelle les développeurs apporteront des mises à jour de sécurité aux appareils.
L’auto-déclaration de la conformité aux exigences et normes de base en matière de sécurité permet d’obtenir une ou
deux étoile(s). Une évaluation par un laboratoire d’essai indépendant est nécessaire pour se voir attribuer trois ou
quatre étoiles.
Singapour a mis en place des accords internationaux visant à favoriser la reconnaissance de produits certifiés et
signé trois accords de reconnaissance mutuelle avec la Finlande, l’Allemagne et la Connectivity Standards Alliance
(CSA, 2022[18]).
Toutefois, le champ d’application et l’objectif de ces programmes varient considérablement d’un pays à l’autre. Alors
que l’Allemagne, les États-Unis, la Finlande, le Japon et Singapour se concentrent sur les appareils grand public, la Corée
met l’accent sur les appareils et les applications mobiles d’IdO. À l’inverse, l’Union européenne, la France et la Türkiye
ont défini des objectifs distincts pour leurs initiatives en matière de labélisation et de certification.
Ces programmes ne revêtent pas un caractère contraignant. Toutefois, certains pays et territoires, tels que l’Union
européenne et la Türkiye, sont en train d’élaborer une législation qui pourrait les faire tendre vers une mise en œuvre
obligatoire.
Il est intéressant de noter que ces programmes sont principalement élaborés au niveau national. L’Allemagne, la Corée,
les États-Unis, la Finlande, la France, Singapour et la Türkiye sont à l’avant-garde en matière d’approche nationale.
L’Union européenne se distingue par son approche régionale de la labélisation et de la certification.
La diversité des labels est frappante : ils vont de simples logos à des systèmes d’évaluation complets. Les informations
supplémentaires intégrées à ces labels, telles que des codes QR renvoyant à des sites internet, des identifiants de produits
ou des dates de validité, contribuent à renforcer la transparence et la sensibilisation des consommateurs.
Les définitions des certifications et des labels peuvent varier selon les secteurs et les pays (OCDE, 2021[1]). Toutefois, la
synthèse présentée ci-dessus montre qu’il s’agit dans les deux cas d’outils intéressants pour les décideurs publics, car ils
contribuent à accroître la transparence et renseignent sur le niveau de sécurité numérique des produits et des services.
Année de Durée
Obligatoire / Type de
Label / certification mise en Champ d’application Type de label du label ou de la
volontaire programme
œuvre certification
Produits et services Logo simple +
Allemagne Label 2019 Volontaire Public Un an
connectés spécifiques code QR
Appareils et applications
Corée Certification 2018 Volontaire Public Logo simple Trois ans
mobiles d’IdO
Produits connectés Logo simple +
États-Unis Label 2024 Volontaire Public Non spécifiée
grand public code QR
Produits et services
Finlande Labels 2019 Volontaire Public Logo simple Un an
connectés grand public
Produits et services de D’un à trois
France Certification 2016 Volontaire Public Logo simple
sécurité an(s)
Produits connectés Logo de la note
Japon Label 2024 Volontaire Public Deux ans
grand public + code QR
Certification 2019 Produits de sécurité Volontaire Privé Aucun Un an
Türkiye
Certification 2023 Services TIC publics Obligatoire Public Aucun Non spécifiée
Volontaire, sauf
Produits, services et
Union européenne Certification 2019 si exigée par la Régional Aucun Non spécifiée
processus TIC
législation de l’UE
Label après un processus Logo de la note
Produits connectés D’un à trois
Singapour de certification pour 2020 Volontaire Public + ID du produit
grand public an(s)
certains produits + code QR
Les certifications et les labels sont deux outils distincts mais complémentaires qui permettent d’améliorer la transparence
du marché et la confiance. Les deux présentent des avantages et des inconvénients. Le Tableau 4.2 résume les différences
entre les certifications et les labels.
Certification Label
Définition Procédure formelle consistant à vérifier la conformité de produits Indication visuelle servant à attester le respect de normes ou de standards
et de services à des standards, des normes ou des directives spécifiques, sans procédure de vérification formelle.
prédéfinies.
Principales cibles Industries, administrations publiques. Consommateurs.
Avantages Différenciation sur le marché : avantage concurrentiel pour les Différenciation sur le marché : avantage concurrentiel pour les fabricants
fabricants et les prestataires de services. et les prestataires de services.
Confiance interentreprise : amélioration de la crédibilité et de la Confiance interentreprise : amélioration de la crédibilité et de la confiance
confiance dans les contextes d’échanges interentreprises. dans les contextes d’échanges interentreprises.
Garanties de sécurité renforcées : implique des évaluations ou Outil adapté aux non-spécialistes : facile à comprendre pour les
des audits rigoureux. consommateurs, aide à prendre des décisions éclairées sans connaissance
technique.
Reconnaissance internationale : les certifications reposent
souvent sur la conformité à des normes internationales, ce qui peut Accessibilité : peut être plus accessible aux PME en termes de coût et de
améliorer l’exploitabilité internationale. processus.
Coût : son obtention et sa conservation ne sont ni trop coûteuses ni trop
chronophages.
Inconvénients Assurance de sécurité limitée : les menaces et les vulnérabilités Assurance de sécurité limitée : peut ne pas fournir une assurance
en matière de sécurité évoluent et la certification peut devenir complète des pratiques de sécurité numérique en raison de mécanismes de
obsolète. En outre, les certifications ne couvrent pas toujours tous validation simplifiés.
les aspects de la sécurité d’un produit.
Confusion : risque de simplifier à l’excès les niveaux de sécurité numérique,
Confusion : la technicité et la diversité des certifications des ce qui peut induire les consommateurs en erreur.
différents pays peuvent créer de la confusion quant à leur
Garanties de sécurité limitées : uniquement sur la base d’auto-évaluations
signification et leur valeur réelles.
avec moins de garanties de sécurité.
Peu adapté aux non-spécialistes : une expertise technique est
Reconnaissance internationale limitée : les labels ne reposent pas
nécessaire pour comprendre les certifications et leurs implications.
nécessairement sur le respect de normes internationales, ce qui peut rendre
Accessibilité : peut être complexe et contraignante, en particulier plus difficile l’obtention d’une reconnaissance internationale.
pour les PME disposant de ressources limitées.
Coût : son obtention et sa conservation peuvent être coûteuses et
chronophages.
Avantages et Responsabilité : peut influencer les considérations de Responsabilité : peut influencer les considérations de responsabilité en cas
inconvénients responsabilité en cas d’incidents de cybersécurité. d’incidents de cybersécurité.
Les programmes de labélisation et de certification des produits et services numériques visent à améliorer la sécurité
numérique. Bien que l’approche de chaque pays puisse être différente, certains axes communs pourraient être envisagés :
● Approche centrée sur l’utilisateur : les labels et les certifications devraient être conçus dans un souci de faciliter la
compréhension et l’accessibilité pour l’utilisateur. Des mécanismes de retour d’information pourraient recueillir l’avis
des utilisateurs sur l’efficacité de la certification et de la labélisation, afin d’affiner et d’améliorer en permanence les
mécanismes et les critères.
● Sensibilisation des consommateurs : des campagnes de sensibilisation pourraient éclairer les consommateurs sur la
pertinence des certifications et des labels et leur signification.
● Inclusion des PME : des processus de certification et de labélisation simplifiés et plus accessibles pourraient faciliter
l’adhésion des PME à la sécurité numérique et améliorer leur compétitivité.
● Coopération des parties prenantes : la collaboration entre les pouvoirs publics, les entreprises, les universités et d’autres
parties prenantes de l’écosystème de la sécurité numérique pourrait être encouragée. Cette collaboration permettrait
aux parties prenantes de partager leurs points de vue, les défis rencontrés et les solutions trouvées en matière de
certification et de labélisation des produits et services numériques.
● Cadres d’action : les décideurs publics pourraient étudier les mécanismes propres à encourager les organisations à
adopter et à respecter les programmes de certification et de labélisation.
● Reconnaissance mutuelle et initiatives internationales : les efforts visant à reconnaître des accords de certification et de
labélisation ou à établir des programmes harmonisés à l’échelle mondiale pourraient permettre d’éviter les redondances
et faciliter les échanges internationaux. La fragmentation augmente les coûts inutiles, bride la compétitivité et réduit
la fiabilité des certificats et les assurances de sécurité elles-mêmes.
Différentes solutions de sécurité pourraient être envisagées lors de la définition des programmes de certification et de
labélisation (inclusion de mots de passe par défaut uniques et forts, protection des données, mises à jour logicielles,
capacités de détection des incidents, logos écussons spécifiques ou codes QR renvoyant à un registre national d’appareils
intelligents certifiés).
Par ailleurs, les progrès techniques auront certainement un impact sur la labélisation et la certification. L’intelligence
artificielle, par exemple, pourrait être intégrée aux processus et servir à l’automatisation des vérifications de conformité.
Elle pourrait également fournir des informations en temps réel sur les fonctions de sécurité, les failles et la fin prochaine
de l’assistance ou du cycle de vie.
L’une des incertitudes entourant la labélisation et la certification est le niveau d’adoption des programmes, la plupart
ayant un caractère non contraignant.
Si les programmes de certification et de labélisation offrent des perspectives intéressantes, les décideurs pourraient
choisir de ne pas y recourir pour renforcer la sécurité numérique des produits et des services, et leur préférer une loi.
En 2019, alors que les pouvoirs publics britanniques envisageaient de créer un label volontaire dans le domaine de la
sécurité de l’IdO, une consultation publique a mis en évidence d’importantes lacunes qu’un label ne pouvait combler.
Ils ont par conséquent opté pour une approche réglementaire par la voie d’une législation adoptée en 2022. Cette loi
exige que les fabricants de produits intelligents, ainsi que les entreprises prenant part aux chaînes d’approvisionnement
connexes, respectent certaines exigences en matière de sécurité. Entrée en vigueur en avril 2024, elle habilite les pouvoirs
publics britanniques à prendre des mesures coercitives en cas de non-respect.
Au fil des ans, des programmes de certification et de labélisation ont été élaborés pour renforcer la sécurité numérique
des produits et des services, ainsi que la transparence, et favoriser une prise de décision éclairée. Le principal défi
consiste désormais à faire face à la multiplication des programmes qui s’appliquent à différents types de produits et
de services.
Les prestataires de services d’infogérance sont une cible privilégiée des acteurs
malveillants au sein de la chaîne d’approvisionnement
Les prestataires de services d’infogérance, qui fournissent, exploitent ou gèrent des services et des fonctions TIC pour
le compte de clients dans le cadre de contrats, sont des acteurs essentiels de la chaîne d’approvisionnement des TIC
(CISA et al., 2022[19]). Ils gèrent et supervisent certains aspects des systèmes informatiques de leurs clients. La portée
de leurs services contractuels peut être large, de la gestion du réseau d’instance à la récupération et à l’assistance, en
passant par les mises à jour logicielles et la sauvegarde de données. Ces prestataires sont présents tout au long de la
chaîne d’approvisionnement de nombreuses organisations, indépendamment de leur taille et de leur secteur d’activité.
Ils permettent à leurs clients de se concentrer sur leurs activités principales, tout en bénéficiant d’une performance et
d’une expertise informatiques accrues. Le marché mondial des services d’infogérance, évalué à près de 279 milliards USD
en 2022, devrait dépasser les 400 milliards USD en 2026 (Statista, 2023[20]). Ces acteurs sont de plus en plus essentiels
à la continuité des infrastructures critiques et des opérations commerciales partout dans le monde.
Les prestataires de services d’infogérance bénéficient d’un accès privilégié aux infrastructures et aux réseaux de leurs
clients. Pour mener à bien leurs activités et répondre aux besoins de leurs clients, ils doivent surveiller les systèmes
et réseaux informatiques de ces derniers en s’appuyant sur des outils « de surveillance et de gestion à distance ». En
général, ils installent un « agent » logiciel à faible empreinte dans le système d’information de leurs clients, ce qui leur
permet de déployer leurs services de surveillance et de gestion à distance. Cet agent récupère alors des informations
sur l’environnement informatique et en rend compte aux prestataires de services d’infogérance concernés. Il leur
donne une vue d’ensemble des réseaux des clients et leur permet d’assurer la maintenance de leurs systèmes grâce
au déploiement de correctifs et de mises à jour, ainsi que d’intervenir sans se rendre sur site.
Parce qu’ils disposent d’un accès direct, fiable et privilégié aux réseaux de leurs clients, les prestataires de services
d’infogérance sont des cibles de choix pour les acteurs malveillants. Une seule attaque réussie contre l’un d’eux permet
à un pirate informatique de tirer parti de cet accès privilégié pour compromettre les systèmes de l’ensemble ou d’une
grande partie de ses clients, y compris de ceux qui exercent des activités critiques et des organismes publics. En cas
de succès, une attaque de ce type, dite « one-to-many », peut être redoutablement efficace. De fait, elle permet aux
pirates d’étendre leur stratégie aux micro, petites et moyennes organisations auxquelles ils ne s’intéresseraient pas
d’ordinaire. Les prestataires de services d’infogérance étant omniprésents dans les chaînes d’approvisionnement de
tous les secteurs à l’échelle internationale, ils représentent un risque systémique mondial.
Rétrospectivement, l’attaque dite SolarWinds perpétrée en 2020 a fait prendre conscience de la vulnérabilité des
prestataires de services d’infogérance. Alors que la société américaine SolarWinds procédait à une mise à jour de
routine des systèmes de ses clients, les pirates ont intégré un logiciel malveillant furtif dans le code appliqué à ces
systèmes. Cette « attaque par la chaîne d’approvisionnement » a compromis FireEye, l’un des prestataires de services
d’infogérance les plus connus dans le domaine de la cybersécurité, qui utilisait également le logiciel de SolarWinds.
Il a fallu des mois pour que les organisations réalisent qu’elles avaient été victimes de l’une des cyberattaques les
plus importantes et les plus sophistiquées jamais perpétrées. Parmi les victimes confirmées aux États-Unis figurent le
National Institute of Health, la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency, la Federal Aviation Administration
et le Department of Justice, ainsi que des entreprises telles qu’Equifax, Cisco Systems, Microsoft, Nvidia et Palo Alto
Networks. Cette attaque unique a permis à des acteurs malveillants de dérober des volumes considérables de données,
allant de secrets militaires à la propriété intellectuelle d’entreprises (Zetter, 2023[21]).
Les attaques par la chaîne d’approvisionnement représentent l’une des plus grandes cybermenaces. Selon l’édition 2022
du rapport « Threat Landscape » de l’ENISA, les acteurs malveillants s’y intéressent de plus en plus près et renforcent
leurs capacités en la matière (Svetozarov Naydenov et al., 2022[22]). En 2021, l’ENISA a révélé que les compromissions
de chaînes d’approvisionnement étaient le deuxième vecteur d’infection initiale le plus répandu. En outre, les
attaques par la chaîne d’approvisionnement ont représenté 17 % des intrusions en 2021, contre moins de 1 % en 2020
(Mandiant, 2022[23]).
Dans la plupart des pays, les clients non réglementés des prestataires de services d’infogérance exercent en dehors
des secteurs critiques. Il s’agit principalement de petites ou moyennes entreprises qui ne disposent pas des ressources,
des compétences ni de l’envergure nécessaires pour assurer le service et gérer le risque connexe par elles-mêmes.
Elles choisissent par conséquent d’externaliser le service auprès d’un prestataire, sans nécessairement en mesurer les
implications.
En outre, ces clients croient souvent, sur la base des obligations légales ou contractuelles, qu’en externalisant le service,
ils se déchargent également de la gestion du risque associé. Les prestataires de services d’infogérance ne partagent
généralement pas ce postulat. Du côté de l’offre, il se pourrait que cette situation n’incite pas suffisamment les
prestataires à investir dans la sécurité et à l’utiliser comme un facteur de différenciation sur le marché (OCDE, 2023[24]).
Les prestataires de services d’infogérance peuvent devenir le point faible de la chaîne de sécurité. Si la plupart d’entre eux
prêtent attention à la sécurité numérique, un défaut d’alignement des incitations peut se traduire par des investissements
limités. Toutefois, pour leurs clients importants ou ceux opérant dans des secteurs critiques, ils sont plus susceptibles
d’intégrer une sécurité renforcée à leur service et de vendre leurs produits plus cher.
En outre, les membres des conseils d’administration qui sont personnellement responsables de la sécurité peuvent
également charger l’équipe dirigeante de mettre en œuvre une sécurité robuste qu’ils peuvent valider de manière
indépendante. Ces entreprises disposant souvent d’un responsable de la sécurité de l’information et de capacités
financières conséquentes, les prestataires de services d’infogérance sont davantage incités à investir dans la sécurité
numérique. Les grandes entreprises peuvent également être mieux placées pour passer à un modèle de sécurité « zéro
confiance », poussant ainsi leurs prestataires à faire de même (Encadré 4.1).
Plus précisément, les prestataires de services de gestion déléguée de la sécurité ont généralement un niveau de sécurité
numérique plus élevé en raison de la nature de leur activité. Ils sont spécialisés dans les solutions de sécurité telles
que la détection et la prévention des intrusions ou la gestion des pare-feu. Cela en fait des cibles difficiles, mais encore
plus intéressantes pour les pirates, comme l’a montré l’attaque SolarWinds qui a compromis FireEye.
Jusqu’aux années 2010, il semblait y avoir une distinction claire entre les prestataires de services d’infogérance qui se
concentraient sur la fourniture de diverses solutions informatiques, telles que la gestion de réseau, les mises à jour
logicielles ou la sauvegarde et la récupération de données, et les prestataires de services de gestion déléguée de la
sécurité. Cette distinction a toutefois commencé à s’estomper ces dernières années. Les clients cherchent davantage à
confier l’ensemble de leurs besoins informatiques à un seul fournisseur, même si les offres des prestataires de services
d’infogérance peuvent varier en termes de considérations de sécurité et de maturité.
L’approche « zéro confiance » fonctionne selon le principe « ne jamais faire confiance, toujours vérifier »,
en présumant que chaque connexion est une menace en puissance
Au lieu de définir un périmètre et de faire confiance à tout ce qui se trouve à l’intérieur, en s’efforçant de bloquer les
menaces venant de l’extérieur, l’approche « zéro confiance » consiste à vérifier systématiquement les autorisations
et à n’accorder aucune confiance implicite. En outre, un système « d’identification et de suivi » (« tipping and cueing »
en anglais) peut aider à détecter la présence d’acteurs malveillants dans un système et à agir en conséquence. Une
première couche de contrôles peut fournir des indications générales sur une anomalie au sein d’une infrastructure.
Une seconde couche de contrôles étudie ensuite l’anomalie de plus près, enquête sur l’intrus de manière proactive
et l’empêche de compromettre les actifs.
L’adoption de cette approche « zéro confiance » et d’un système « d’identification et de suivi » prendra du temps et
nécessitera des investissements importants. Toutefois, la combinaison d’une économie mondiale dépendante du
numérique, de menaces toujours plus sophistiquées et de tensions géopolitiques incite à envisager de nouveaux
modèles de sécurité.
Les prestataires de services d’infogérance ne sont qu’un acteur majeur parmi d’autres au sein d’une chaîne
d’approvisionnement de plus en plus complexe et opaque. Les organisations s’appuient sur un écosystème complexe
de fournisseurs qui compte souvent de tels prestataires. En plus d’offrir leurs propres services, ces derniers travaillent
avec d’autres fournisseurs, notamment de services infonuagiques et de logiciels critiques. Il en résulte un réseau qui
peut être abscons et opaque pour les entreprises clientes et les utilisateurs finaux.
Ces deux types de fournisseurs peuvent opérer pour les prestataires de services d’infogérance, mais ils peuvent aussi
avoir une relation directe avec les utilisateurs finaux. Les prestataires de services infonuagiques gèrent les besoins en
TIC de leurs clients, créant ce faisant un accès direct et privilégié aux données et aux infrastructures des clients. De
même, les fournisseurs de logiciels critiques jouent un rôle capital dans la chaîne d’approvisionnement des organisations
publiques et privées.
Les logiciels critiques désignent des logiciels essentiels au fonctionnement d’une organisation. Ils peuvent contrôler
l’accès aux données, avoir un accès privilégié aux infrastructures et exécuter des fonctions critiques telles que le
contrôle et la protection des réseaux et la sécurité des terminaux (NIST, 2021[25]). Dans le cas de SolarWinds, le système
de gestion et de surveillance des performances informatiques d’Orion disposait d’un accès privilégié aux systèmes des
clients pour produire et diffuser des mises à jour. Enfin, les prestataires de services d’infogérance peuvent eux-mêmes
être des fournisseurs de logiciels et de services infonuagiques, ce qui accroît la complexité de leur surface d’attaque.
Dans la mesure où les risques qui pèsent sur les prestataires de services d’infogérance et sur la chaîne d’approvisionnement
en général ont une dimension mondiale, la solution doit être collective. La complexité de la chaîne d’approvisionnement
ne cessant de croître (N-able, 2022[26]), ses dépendances pourraient être clarifiées afin d’obtenir une vue d’ensemble de
toutes les entités qui la composent. Il pourrait s’agir d’un premier pas vers une meilleure gestion du risque au niveau
de la chaîne d’approvisionnement grâce à l’adoption de mesures de sécurité.
La multiplication des attaques contre les prestataires de services d’infogérance montre que les acteurs malveillants
comprennent les possibilités d’en tirer parti, mais les autorités publiques réagissent à cette menace. Des incidents
tels que l’attaque Cloud Hopper (CISA, 2019[27]) et celle de Kaseya (CISA, 2021[28]) laissent à penser que les prestataires
de services d’infogérance continueront d’être une cible attrayante pour les acteurs malveillants. En réponse, les pays
et territoires considèrent ces prestataires comme un nouveau vecteur de menace. Par exemple, la directive SRI2 de la
Commission européenne impose aux entités essentielles et importantes d’intégrer la gestion du risque de cybersécurité
lorsqu’elles traitent avec ce type de prestataires (Commission européenne, 2022[5]).
En outre, l’Union européenne envisage d’adopter les programmes européens de certification de cybersécurité pour les
« services de gestion déléguée de la sécurité » dans le cadre de la loi sur la cybersécurité (Commission européenne,
2023[29]). En mai 2022, les autorités compétentes en matière de cybersécurité du Canada, des États-Unis, de la
Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni ont publié une note d’information commune sur les moyens de se protéger
contre les cybermenaces qui visent les prestataires de services d’infogérance et leurs clients (CISA et al., 2022[19]).
Cette note formule à leur intention des recommandations à suivre pour réduire le risque d’être victime d’acteurs
malveillants. De telles initiatives, qui viennent en complément des approches individuelles des pouvoirs publics,
sont nécessaires pour faire face à un risque croissant qui ne connaît pas de frontières (CISA et al., 2022[19]). De fait,
la compréhension des pratiques de sécurité des prestataires de services d’infogérance et de la dynamique du marché
autour de ces acteurs peut aider à l’élaboration d’approches visant à renforcer leur sécurité.
Le chiffrement entièrement homomorphe a été qualifié de « Saint Graal de la cryptographie » (Tourky, ElKawkagy et
Keshk, 2016[31]) et de « technologie qui va changer le monde » (Paillier, 2020[32]). Il permet d’effectuer des opérations
arbitraires sur des données chiffrées dans des combinaisons sans limites. Ainsi, les programmes peuvent s’exécuter
directement sur les données chiffrées, ce qui élimine le risque de fuite de données pendant ou après le calcul. Avec
d’autres formes de chiffrement homomorphe, telles que le chiffrement partiellement ou quelque peu homomorphe, le
nombre ou les types d’opérations autorisées sur les données chiffrées sont cependant plus limités.
En principe, le chiffrement entièrement homomorphe peut ouvrir la voie à un large éventail d’applications. Par
exemple, le calcul de données sensibles pourrait avoir lieu dans un environnement infonuagique non fiable. Les acteurs
malveillants qui attaqueraient le système du prestataire de services infonuagiques ne seraient alors pas plus en mesure
que le prestataire lui-même de voir les données chiffrées de manière homomorphe et les résultats du traitement, ce
qui réduirait considérablement le risque de violation de données.
En outre, avec le chiffrement entièrement homomorphe, la localisation de la plateforme infonuagique ne serait plus
un critère pertinent pour choisir un prestataire de services.
● Dans certains cas, le risque que les pouvoirs publics exploitent les prestataires de services infonuagiques et les
transferts de données relevant de leur juridiction à des fins de surveillance serait supprimé (Paillier, 2020[32]) – sous
réserve qu’aucune obligation supplémentaire, comme la conservation des clés de chiffrement, ne soit imposée aux
prestataires de services infonuagiques.
● Des tierces parties pourraient effectuer des analyses sans menacer la confidentialité des données sensibles dans des
domaines clés, tels que les soins de santé (application de l’apprentissage automatique aux données génomiques à des
fins de recherche médicale, par exemple), la finance (analyse des enregistrements de transaction) ou le contrôle de
l’application des lois (détection de la fraude fiscale, prévention de la criminalité, réalisation d’enquêtes, etc.) (Koerner,
2021[33]). Elles pourraient également chercher à savoir si des données spécifiques existent dans un magasin de données
sans exposer le contenu de la requête ou des informations sur le magasin de données (Creeger, 2022[34]).
● Le chiffrement entièrement homomorphe pourrait permettre le partage de données à des fins d’apprentissage
automatique dans des domaines dans lesquels une telle possibilité était autrefois considérée comme impossible ou
hautement indésirable en raison d’un manque de confiance, notamment la finance (Masters et Hunt, 2019[35]).
● Les parties prenantes pourraient utiliser le chiffrement entièrement homomorphe pour analyser des données
confidentielles provenant de plusieurs organisations sans que ces dernières n’aient à partager les données ni les résultats
des calculs entre elles ou avec d’autres acteurs. Cela a été mis en œuvre sur la plateforme SCRAM mise au point au
Massachusetts Institute of Technology.
Le chiffrement entièrement homomorphe peut également être appréhendé comme une technologie puissante de
renforcement de la protection de la vie privée (OCDE, 2023[36]). À ce titre, il pourrait garantir un niveau de protection
considérable de la vie privée dans les applications quotidiennes. Avec cette technique, par exemple, les utilisateurs
n’auraient pas à partager de données à caractère personnel avec les prestataires de services de navigation GPS,
d’identification biométrique, d’assistance vocale ou autres pour bénéficier de leurs services (Zama, 2024[37]).
Les adeptes du chiffrement homomorphe envisagent même une nouvelle génération de protocole HTTP (le protocole du
web) basé sur le chiffrement entièrement homomorphe. Dans ce scénario, tout, y compris le traitement des données,
serait chiffré par défaut (Zama, 2024[37]). Le chiffrement entièrement homomorphe permet les calculs même si l’on sait
que l’environnement a été compromis par une cyberattaque (Jordan, 2021[38]). Par conséquent, il pourrait également
être considéré comme un élément constitutif d’un environnement « zéro confiance ».
À ce stade, cependant, le « Saint Graal » reste plus un rêve qu’une réalité. En effet, le chiffrement homomorphe et le chiffrement
entièrement homomorphe présentent plusieurs limites importantes. Si le premier a fait des progrès considérables au cours
des 40 dernières années, il continue d’évoluer. Le second n’a pas non plus encore atteint sa pleine maturité. Depuis que le
concept a été proposé en 1978, quatre générations de chiffrement entièrement homomorphe de plus en plus élaboré ont vu
le jour. Chacune présente des avantages et des inconvénients en termes d’efficacité et de sécurité (van den Nieuwenhoff,
2021[39]). Aujourd’hui, le chiffrement entièrement homomorphe présente des limites importantes :
● Par rapport au traitement des mêmes données sans chiffrement, il est très gourmand en calculs, plus lent, moins
efficace et plus énergivore. Un calcul qui s’exécuterait en une milliseconde sur un ordinateur portable standard prendrait
des semaines sur un serveur conventionnel recourant au chiffrement entièrement homomorphe (DARPA, 2021[40]).
Actuellement, un traitement basé sur cette technologie peut être de 1 000 à 1 million de fois plus lent qu’un traitement
équivalent de données en clair (Mattsson, 2021[41]). Ce problème pourrait être résolu lorsque des puces d’accélération
spécifiques seront disponibles (DARPA, 2021[40] ; Intel, 2021[42]).
● Il est également limité dans les environnements multi-utilisateurs tels que le traitement externalisé. Le chiffrement
homomorphe multi-utilisateurs a été développé, mais il utilise plusieurs clés, ce qui augmente la taille des données
chiffrées en fonction du nombre d’utilisateurs et, par ricochet, accroît les coûts de calcul et de communication
proportionnels au nombre d’utilisateurs (Park, 2021[43]). Cette limitation réduit le potentiel de certains scénarios, comme
l’analyse de données financières par les pouvoirs publics pour détecter la fraude fiscale.
● Il peut poser des problèmes d’exactitude, car il génère du bruit susceptible de s’accumuler au fil du temps et de fausser
les résultats (Yang et al., 2023[44]). La mise en œuvre du chiffrement entièrement homomorphe ou d’autres calculs de
chiffrement homomorphe dans un environnement infonuagique ne garantit pas l’exactitude des résultats (Fernàndez-
València, 2022[45]).
● Il est potentiellement vulnérable à de nombreux types d’attaques (Yang et al., 2023[44]).
● Il n’est toujours pas facile à utiliser, notamment par les débutants, et il est difficile à comprendre pour les programmeurs
qui ne seraient pas également cryptographes (van den Nieuwenhoff, 27 mai 2021[39]). Certaines parties prenantes, telles
qu’Intel, s’efforcent d’améliorer la facilité d’utilisation du chiffrement homomorphe afin d’accélérer son adoption
(Intel, 2024[46]).
● La normalisation du chiffrement homomorphe n’en est qu’à ses débuts. En 2019, l’Organisation internationale de
normalisation et la Commission électrotechnique internationale (ISO/CEI) ont publié une norme portant sur certains
mécanismes de chiffrement homomorphe et incluant un « modèle général » dédié. Le National Institute of Standards
and Technology (NIST), aux États-Unis, la Commission d’étude 17 de l’UIT-T sur la sécurité, ainsi qu’un consortium ouvert
réunissant des représentants de l’industrie, des pouvoirs publics et du monde universitaire, HomomorphicEncryption.
org, travaillent à la normalisation du chiffrement homomorphe (Albrecht et al., 2018[47] ; ISO/CEI, 2019[48] ; UIT, 2023[49] ;
UIT, 2022[50] ; NIST, 2023[51]).
L’informatique quantique est un nouveau paradigme informatique qui devrait permettre d’exécuter des calculs complexes
à grande échelle. Elle vise à exploiter les propriétés de la nature à l’échelle atomique pour accomplir des tâches
impossibles à réaliser avec les technologies existantes. Proposée initialement en 1982, elle est devenue un domaine de
recherche interdisciplinaire reconnu entre la physique, l’informatique et l’ingénierie, impliquant des universités, des
centres de recherche et des entreprises du monde entier (BSI, 2021[53]).
Dans les ordinateurs quantiques, l’information est codée non pas en bits mais en qubits. Dans les ordinateurs
traditionnels, un chiffre binaire (bit) intangible reflète l’état d’un transistor tangible (c’est-à-dire physique) semblable
à un minuscule interrupteur marche-arrêt, reflétant une information binaire (soit 0, soit 1) pour chaque transistor. À
l’inverse, un qubit représente une propriété appelée « spin », qui est le moment angulaire intrinsèque d’un électron,
comparable à une minuscule aiguille de boussole qui pointe vers le haut ou vers le bas.
Les ordinateurs quantiques manipulent cette aiguille pour coder l’information dans les électrons. Ce faisant, ils exploitent
la possibilité pour les systèmes quantiques d’exister simultanément dans deux états ou plus (superposition) pour coder
l’information sous forme de 0, 1 ou d’une combinaison de 0 et 1 en même temps (Nellis, 2022[54]). Ils tirent également
parti de la possibilité de relier intrinsèquement les qubits (intrication). Ainsi, lorsqu’un qubit est sollicité, par exemple
par une mesure, il peut révéler des informations sur les autres qubits liés, quelle que soit la distance. Cela permet aux
ordinateurs quantiques d’effectuer des calculs parallèles sur des qubits intriqués (GAO, 2021[55]).
En théorie, la puissance des ordinateurs quantiques pourrait dépasser de plusieurs ordres de grandeur celle des
ordinateurs traditionnels, ce qui permettrait de résoudre certains problèmes beaucoup plus rapidement. Les ordinateurs
quantiques pourraient même résoudre des problèmes que les ordinateurs traditionnels ne peuvent pas traiter dans un
délai raisonnable. C’est ce que l’on appelle la « suprématie quantique » ou « l’avantage quantique » (Preskill, 2012[57]).
Par exemple, il faudrait environ 18 quadrillions de bits (c’est-à-dire 254 bits) de mémoire traditionnelle pour modéliser
un ordinateur quantique avec seulement 54 quadrillions de bits. En 2019, seul un superordinateur traditionnel, l’IBM
Summit, disposait d’une telle capacité. La modélisation d’un ordinateur quantique à 72 qubits nécessiterait 272 bits,
soit l’équivalent de 262 000 superordinateurs de type Summit. La modélisation d’un ordinateur quantique à 100 qubits
nécessiterait plus de bits qu’il n’y a d’atomes sur la planète, et celle d’un ordinateur à 280 qubits exigerait plus de bits
qu’il n’y a d’atomes dans l’univers connu (Sedik, Malaika et Gorban, 2021[58]).
En outre, les algorithmes quantiques tirant parti des propriétés quantiques diffèrent des algorithmes conçus pour
s’exécuter sur des ordinateurs traditionnels et peuvent réduire considérablement le temps nécessaire à la réalisation de
tâches spécifiques. Par exemple, les algorithmes quantiques les plus connus (Grover et Shor) produisent une accélération
polynomiale et une accélération exponentielle. Dans le cas d’une accélération polynomiale, un ordinateur quantique
résout un problème en un temps T (disons 1 000 étapes) là où un ordinateur traditionnel a besoin du temps T2 (c’est-à-
dire 1 million d’étapes) pour résoudre le même problème. Dans le cas d’une accélération exponentielle, un ordinateur
quantique prend le temps T (disons 100), tandis qu’un ordinateur traditionnel a besoin du temps 2T (c’est-à-dire 2100),
soit un nombre à 31 chiffres (Sedik, Malaika et Gorban, 2021[58]).
Ces chiffres sont toutefois purement théoriques, car la construction d’un ordinateur quantique doté d’un nombre suffisant
de qubits de calcul pour effectuer des tâches utiles est extrêmement complexe. Malgré les annonces enthousiastes
et les prévisions optimistes de certaines parties prenantes, peu d’experts indépendants énoncent un calendrier pour
la maturité de l’informatique quantique. Cela s’explique en partie par les défis considérables que représentent la
conception et l’ingénierie. Par exemple, les chercheurs et les ingénieurs doivent isoler complètement un ordinateur
quantique du monde qui l’entoure afin de protéger l’état fragile des qubits, tout en permettant des interactions avec
les qubits pour les contrôler (IQC Canada, 2024[59] ; BSI, 2021[53]).
La perte d’information due au bruit ambiant, ou décohérence quantique, augmente avec le nombre de qubits, ce qui
nécessite de maintenir les ordinateurs quantiques actuels à des températures proches du zéro absolu (-273.15 °C,
-459.67 °F). Des techniques de correction des erreurs quantiques peuvent traiter la décohérence, mais elles nécessitent
des qubits supplémentaires.
La correction des erreurs dans les ordinateurs quantiques est une difficulté qui pourrait ne jamais
être surmontée
Les annonces publiques de progrès majeurs dans le domaine de l’ingénierie informatique quantique qui font seulement
état d’un nombre de qubits hors contexte doivent être accueillies avec prudence. Bien qu’il s’agisse d’un domaine de
recherche actif, personne ne peut prédire combien de temps il faudra aux chercheurs pour maîtriser la correction des
erreurs (Cho, 2020[60]). En outre, les algorithmes quantiques sont beaucoup plus difficiles à concevoir que les algorithmes
traditionnels. Selon certains experts, en 2019, seules quelques dizaines d’algorithmes quantiques avaient été mis au
point (Vardi, 2019[61]).
Selon un rapport de consensus de 2019 des National Academies of Sciences, Engineering and Medicine des États-Unis,
« il est impossible de prévoir le calendrier de développement d’un grand ordinateur quantique à correction d’erreur
opérationnel, et bien que des progrès significatifs continuent d’être réalisés, il n’y a aucune garantie que ces difficultés
puissent être surmontées » (traduction libre). Dans ce rapport, les experts soulignent que « le processus visant à combler
ce fossé pourrait mettre au jour des défis imprévus, nécessiter des techniques qui n’ont pas encore été inventées ou
évoluer en raison de nouveaux résultats de la recherche scientifique fondamentale qui modifient notre compréhension
du monde quantique » (Grumbling et Horowitz, 2019[62]). En fait, certains chercheurs ont même exprimé leur scepticisme
quant à la possibilité de construire un jour un ordinateur quantique mature capable de réaliser des tâches utiles (Kalai,
2011[63] ; Dyakonov, 2018[64]).
Selon l’office fédéral allemand chargé de la sécurité de l’information (BSI), le point où les ordinateurs quantiques
ne peuvent plus être simulés par les superordinateurs actuels a été atteint en 2019. Les limites de conception ont
empêché des effets sur la robustesse de la cryptographie actuelle. Cependant, les processeurs quantiques sont encore
à plusieurs ordres de grandeur d’être en mesure de réaliser des attaques cryptographiques. Des efforts considérables
seraient nécessaires pour porter les technologies de l’informatique quantique à un niveau pertinent sur le plan de la
cryptographie (BSI, 2021[53]).
Comme l’informatique quantique, la communication quantique utilise également les lois de la physique quantique pour
transmettre des informations par l’intermédiaire de particules quantiques telles que des photons uniques de lumière
à travers la fibre optique ou l’espace libre (Kristjánsson, Gardner et Chiri, 2021[65]). La superposition peut être exploitée
pour permettre aux particules quantiques de se déplacer simultanément le long de plusieurs lignes de communication,
rendant l’information moins sensible aux erreurs lors de la transmission. L’intrication permet le transfert d’informations
quantiques sur de grandes distances, l’émetteur détenant la moitié des photons intriqués et le récepteur l’autre moitié.
L’information quantique est transférée en combinant intrication et communication traditionnelle. L’information est
codée dans les paramètres contrôlables des photons, tels que leur polarisation. Pour contrôler les propriétés des photons
individuels et résoudre les problèmes de bruit, l’émetteur et le récepteur utilisent des dispositifs de génération et de
détection spécialisés qui nécessitent des conditions telles qu’un isolement complet et des températures cryogéniques
(inférieures à -153 °C, -243 °F). Il est important de noter que l’informatique quantique est nécessaire, bien qu’à un niveau
simple, à la communication quantique (Ofcom, 2021[66]).
La course à l’informatique quantique a commencé, stimulée par les avantages considérables qu’elle pourrait apporter.
Les technologies de l’information quantique pourraient permettre des avancées dans des domaines tels que la science
des matériaux, les produits pharmaceutiques, l’énergie et la finance (The White House, 2022[67]). Elles attirent donc
l’attention et les investissements d’acteurs publics et privés. En 2022, les investisseurs privés ont injecté 2.35 milliards USD
dans des start-ups spécialisées dans les technologies quantiques (Bogobowicz et al., 2023[68]). En outre, de nombreux
pays membres de l’OCDE adoptent des stratégies nationales dans ce domaine et y consacrent des budgets de recherche
importants, comme l’illustre le Tableau 4.3.
Tableau 4.3. Investissements du secteur public dans la recherche sur les technologies quantiques,
dans une sélection de pays
Pays / Région Stratégie, instrument d’action Budget Calendrier
Allemagne Financement de la recherche 650 millions EUR 2018-22
Concept d’action pour les technologies quantiques (2023) 2.18 milliards EUR 2023-26
Corée Feuille de route nationale pour le développement des 2.6 milliards USD 2023-35
technologies quantiques (2023)
États-Unis National Quantum Initiative (2018) 449 millions USD 2019
672 millions USD 2020
855 millions USD 2021
918 millions USD 2022
844 millions USD 2023
France Stratégie nationale quantique (2021) 1 milliard EUR 2021-25
Inde Mission quantique nationale (2023) 732.8 millions USD (60 milliards INR) 2023-31
Japon Examen de la stratégie en matière de technologie quantique 170 millions USD (23.7 milliards JPY) 2021
Examen de la stratégie en matière de technologie quantique 570 millions USD (80 milliards JPY) 2022
Notes : Ces montants couvrent les fonds alloués à la recherche dans le domaine des technologies quantiques, qui ne se limitent pas nécessairement
à l’informatique et aux communications quantiques. La République populaire de Chine est largement considérée comme l’un des chefs de fil
mondiaux du financement de la recherche quantique, mais on ne dispose pas d’informations fiables sur le montant des investissements qui y sont
consacrés.
Source : UE (Quantum Flagship, 2024[69]), Allemagne (Clasen, 2023[70]), Canada (Gouvernement du Canada, 2023[71]), Corée (Kim, 2023[72]), États-Unis
(National Science and Technology Council, 2023[73]) France (République française, 2023[74]), Inde (Gouvernement de l’Inde, 2023[75]), Pays-Bas
(Gouvernement des Pays-Bas, 2021[76]), Royaume-Uni (DSIT, 2023[77]).
Le risque que l’informatique quantique mette à mal la cryptographie à l’avenir est un défi majeur pour
le monde d’aujourd’hui
Les méthodes de chiffrement symétrique telles que l’Advanced Encryption Standard ne sont pas affectées de manière
significative par l’informatique quantique si elles sont utilisées avec des clés de taille appropriée. Ce n’est toutefois
pas le cas des algorithmes de chiffrement à clé publique (ETSI, 2015[78] ; NCSC, 2020[79] ; BSI, 2021[80] ; BSI, 2021[53] ;
Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), 2022[81] ; D’anvers et al., 2022[82] ; NCSC, 2023[83]).
L’informatique quantique menace directement la robustesse du chiffrement à clé publique, qui est largement utilisé
pour les signatures numériques et les accords de clé entre les parties. Par exemple, les parties distantes l’utilisent
pour déterminer les clés symétriques qu’elles ont l’intention d’utiliser dans une communication (NCSC, 2020[79] ; GAO,
2021[55] ; Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), 2022[81]).
Les conséquences sont immenses. De fait, la vulnérabilité de ces cryptosystèmes face à une attaque quantique implique
la vulnérabilité de tous les protocoles dont la sécurité dépend de leur chiffrement à clé publique, et de tout produit
ou système qui tire sa sécurité de ces protocoles (ETSI, 2015[78]). Bien que les ordinateurs quantiques actuellement
disponibles ne constituent pas une menace pour la cryptographie à clé publique, un futur grand ordinateur quantique
polyvalent pourrait facilement résoudre les problèmes mathématiques sur lesquels elle repose (NCSC, 2020[79]). Sa
disponibilité mettrait à mal la sécurité de presque tous les systèmes modernes de chiffrement à clé publique. Par
conséquent, toutes les clés symétriques secrètes et les clés asymétriques privées qui sont aujourd’hui protégées à l’aide
des algorithmes à clé publique actuels, ainsi que les informations protégées par ces clés, pourraient être exposées. Toute
information encore considérée comme privée ou sensible serait susceptible d’être divulguée et modifiée sans que cela
ne soit détecté (Barker, Polk et Souppaya, 2021[52]).
Il est impossible de prédire si, et quand, les systèmes modernes de chiffrement à clé publique seront cassés. Si cela se
produit dans un avenir proche, les parties prenantes seront confrontées à un effondrement rapide de leur architecture
cryptographique et n’auront que peu de temps pour réagir. En outre, certains acteurs malveillants pourraient mener
une « attaque rétroactive », à savoir collecter aujourd’hui à la fois des données chiffrées de grande valeur et les données
utilisées pour l’accord de clé en vue de les déchiffrer ultérieurement à l’aide d’un ordinateur quantique. Il est établi
que certains pays ont adopté cette approche qui consiste à « intercepter et stocker maintenant, déchiffrer plus tard »
(D’anvers et al., 2022[82]).
En outre, un acteur malveillant pourrait utiliser à l’avenir un ordinateur quantique pour falsifier des signatures
numériques et usurper l’identité du propriétaire légitime d’une clé privée, ou altérer des informations dont l’authenticité
est protégée par une signature numérique. Cette menace doit être prise en compte dès aujourd’hui pour les clés
publiques racine à grande valeur qui sont conçues pour avoir une longue durée de vie opérationnelle (NCSC, 2020[79] ;
Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), 2022[81] ; BSI, 2021[80]). Qui plus est, un organisme de
sécurité national pourrait exploiter le premier grand ordinateur quantique pleinement opérationnel bien avant qu’une
annonce publique ne soit faite à son sujet, de sorte à obtenir un avantage significatif en termes de renseignement par
rapport aux États-nations concurrents (D’anvers et al., 2022[82]).
En 2015, la National Security Agency des États-Unis a émis un avertissement urgent concernant la menace imminente
que représente le développement des ordinateurs quantiques pour la cryptographie à clé publique actuelle (BSI, 2021[53] ;
ANSSI, 2022[81]). Plusieurs organismes de cybersécurité ont recommandé de s’attaquer dès aujourd’hui à l’effondrement
attendu de l’infrastructure cryptographique du fait de l’avènement à venir de l’informatique quantique, et d’entamer
sans attendre la transition vers une cryptographie à même de résister aux technologies quantiques (Chen et al., 2016[84] ;
NCSC, 2020[79] ; BSI, 2021[80] ; ANSSI, 2022[81]).
Depuis 2006, un grand nombre de chercheurs internationaux travaillent sur le sujet, notamment dans le cadre de projets
de recherche financés sur fonds publics dans l’Union européenne et au Japon (Chen et al., 2016[84]). En 2016, le NIST a
lancé un effort de normalisation de la cryptographie post-quantique. À l’issue d’un processus d’évaluation approfondi,
le NIST a sélectionné en 2022 quatre algorithmes résistants aux technologies quantiques parmi 82 propositions émanant
d’équipes internationales de chercheurs. Au moment de la rédaction du présent chapitre, il poursuit l’évaluation de
quatre autres candidats en vue d’une éventuelle inclusion dans la norme (Alagic et al., 2022[85] ; NIST, 2022[86]). De
nombreux organismes de cybersécurité ont salué le processus du NIST (NCSC, 2020[79] ; BSI, 2021[80] ; ANSSI, 2022[81]),
qui a servi de catalyseur à une forte implication de la communauté internationale des chercheurs en cryptographie,
stimulant la mise en place d’initiatives visant à coordonner les acteurs nationaux de la cryptographie ; le projet français
« Risq » en est un exemple (ANSSI, 2022[81]).
Au cours du processus de normalisation du NIST, les organismes de cybersécurité de plusieurs pays ont émis des
recommandations encourageant les organisations à réfléchir à la cryptographie à résistance quantique. Ceux de
l’Allemagne, de l’Australie, du Canada, des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni encouragent ainsi les grandes
organisations à anticiper les perturbations liées à l’informatique quantique. Ils recommandent d’entamer la transition
vers la cryptographie post-quantique en mode hybride, c’est-à-dire en associant les cryptographies pré-quantique
et post-quantique (NCSC, 2020[79] ; BSI, 2021[80] ; Centre canadien pour la cybersécurité, 2021[87] ; DHS, 2022[88] ; DHS,
2021[89] ; ANSSI, 2022[81] ; DHS, 2022[88] ; ACSC, 2023[90]).
Il est facile de confondre cryptographie quantique et cryptographie à résistance quantique. Les deux sont suffisamment
solides pour résister aux futures avancées algorithmiques et informatiques, y compris à l’émergence des ordinateurs
quantiques. La cryptographie quantique est toutefois fondamentalement différente, car elle nécessite un équipement
spécial pour tirer parti de la physique quantique et ne peut donc pas fonctionner sur des ordinateurs conventionnels.
Elle peut être considérée comme un sous-ensemble de la communication quantique, car elle s’appuie sur les mêmes
principes quantiques et utilise les mêmes modes de fonctionnement.
Bien qu’elle soit parfois présentée comme synonyme de cryptographie quantique, la distribution quantique de clés
en est plutôt une application spécifique. Elle permet à deux parties distantes d’élaborer une clé secrète par le biais
d’un dialogue se déroulant sur des canaux publics. Elle garantit que toute observation de la clé secrète en cours de
transmission sera détectée, une caractéristique que les méthodes cryptographiques traditionnelles (non quantiques)
n’offrent pas (ANSSI, 2020[91] ; NCSC, 2020[92] ; BSI, 2021[53] ; NSA, 2020[93]).
Dans la pratique, les données chiffrées sont envoyées sous forme de bits classiques sur le réseau, tandis que la clé
secrète est transmise (mais pas mesurée ni conservée) sous forme d’états quantiques de la lumière (Ofcom, 2021[66]).
Cette opération s’effectue à l’aide d’un équipement spécial (un détecteur monophotonique, par exemple) par fibre ou
liaison atmosphérique (satellite). L’information étant codée dans des états quantiques, un dispositif d’écoute ne pourrait
pas observer le flux de données sans modifier la valeur de certains qubits et introduire des erreurs ; l’observation serait
alors détectable à la fois par l’émetteur et par le destinataire (ETSI, 2015[78]). Par conséquent, la distribution quantique
de clés garantit la confidentialité et l’intégrité, mais pas la disponibilité (ANSSI, 2020[91]).
En outre, le dispositif d’écoute ne serait pas en mesure de copier les qubits transmis dans un état inconnu, une
conséquence du principe de « non-clonage » de la physique quantique (ETSI, 2015[78] ; BSI, 2021[53]). Comme il n’existe
aucun moyen de sauvegarder l’information en vue d’un déchiffrage ultérieur par des technologies plus puissantes, toute
tentative d’exploitation d’une faille dans une implémentation d’émetteurs ou de récepteurs devrait être effectuée en
temps réel (ETSI, 2015[78]).
Contrairement à l’informatique quantique, la distribution quantique de clés est réalisable avec la technologie actuellement
disponible (BSI, 2021[53]). Plusieurs réseaux reposant sur la fibre et l’espace libre ont été déployés ou sont en cours de
construction dans le monde entier. Un examen des déploiements à grande échelle récents et en cours de réseaux de
distribution quantique de clés a permis de recenser des projets au Canada, en République populaire de Chine, en Corée,
en Espagne, aux États-Unis, en Europe, en Inde, en Italie, au Japon, au Royaume-Uni et dans la Fédération de Russie,
ainsi que des efforts de normalisation du CEN-CENELEC, de l’ETSI, de l’IEEE, de l’UIT-T, du comité ISO/IEC JCT-1, de la
China Communications Standards Association et du British Standards Institute (BSI) du Royaume-Uni. Au total, ces
organisations avaient publié 22 normes en 2022 et travaillaient à l’élaboration de 20 autres (Stanley et al., 2022[94]).
Néanmoins, plusieurs agences gouvernementales de cybersécurité ont exprimé de fortes réserves quant à la capacité
de la distribution quantique de clés et de l’informatique quantique à répondre aux attentes en matière de sécurité
et à concurrencer les algorithmes de cryptographie à résistance quantique. En théorie, la sécurité de la distribution
quantique de clés repose sur les lois de la physique, mais en pratique, elle dépend du degré de perfection technique avec
lequel elle est mise en œuvre. En d’autres termes, elle dépend de la capacité de potentiels adversaires à exploiter les
éventuelles déviations des systèmes de cryptographie quantique de la vie réelle par rapport aux exigences théoriques,
par exemple au niveau des émetteurs ou des récepteurs (Lucamarini, Shields et All, 2018[95]). Les agences de cybersécurité
soulignent qu’atteindre un tel degré de perfection n’est ni aisé ni bon marché, ce qui réduit considérablement le
nombre de cas d’utilisation possibles. Cet aspect essentiel, ainsi que d’autres problématiques, telles que des failles de
sécurité et la nécessité de disposer d’un matériel spécifique, ont poussé ces organismes à renoncer à l’utilisation de la
distribution quantique de clés pour des applications publiques ou militaires sensibles. Ils appellent plutôt à promouvoir
les algorithmes de cryptographie à résistance quantique, moins onéreux et plus faciles à mettre en œuvre (ANSSI,
2020[91] ; NCSC, 2020[92] ; BSI, 2021[53] ; Centre canadien pour la cybersécurité, 2021[87] ; ACSC, 2023[90] ; NSA, 2020[93]).
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of-solarwinds-the-boldest-supply-chain-hack-ever.
0% 20 % 40 % 60 % 80 % Royaume-Uni
Colombie France
Pologne
Canada
Mexique
Finlande
Brésil
États-Unis Mexique
France Irlande
Portugal Espagne
Moyenne
Moyenne
Espagne
Norvège Colombie
Suisse Allemagne
Italie Pays-Bas
Canada
Belgique
Australie
Japon
Irlande
Allemagne Norvège
Finlande Suisse
Belgique
États-Unis
Luxembourg
Luxembourg
Japon
Pays-Bas Brésil
Royaume-Uni Australie
Source : Enquête Truth Quest de l’OCDE, couvrant des individus âgés de 18 ans et plus dans 21 pays en 2024. La moyenne représente une
moyenne simple des pays couverts.
Si les mensonges, les théories du complot, la propagande et les autres contenus faux et trompeurs ne sont pas un
phénomène nouveau, l’internet a modifié l’échelle et la vitesse de création et de diffusion de tels contenus. Certes,
les contenus faux et trompeurs ne sont pas nécessairement illicites, mais leur propagation rapide, au niveau mondial,
s’avère préjudiciable pour la société et la démocratie. Dans la société actuelle, l’information joue un rôle économique,
social et culturel important, et l’utilisation des technologies de l’information et des communications s’est généralisée
et intensifiée. À mesure que les individus tendent de plus en plus à s’informer sur les sites web et les médias sociaux,
les contenus faux et trompeurs publiés en ligne font peser des risques pour leur bien-être et pour la société.
Pour contrer les effets délétères de la diffusion en ligne de contenus faux et trompeurs, il importe de comprendre la
façon dont les individus consomment l’information et les déterminants de la consommation médiatique. L’examen
de la confiance que les individus disent accorder à diverses sources médiatiques peut aider à mieux appréhender
l’écosystème global de l’information, dans lequel les individus sont confrontés à la fois à des informations factuelles et
des contenus faux et trompeurs publiés en ligne. Les pouvoirs publics peuvent alors en tirer des enseignements utiles
à l’élaboration de politiques plus efficaces1.
Les inquiétudes quant à la protection de la vie privée sur l’internet et le sentiment de ne pas exercer de contrôle sur
les données à caractère personnel nuisent à la confiance dans l’écosystème de l’information. La compréhension de
l’étendue des variations de ces deux aspects selon les pays et les groupes démographiques peut renseigner sur les
facteurs qui influent sur la confiance dans les environnements numériques, et, partant, éclairer sur les moyens de bâtir
un écosystème de l’information qui inspire davantage confiance.
De plus, le fait de savoir comment aider les individus à mieux repérer les contenus faux et trompeurs diffusés en ligne
est une étape importante pour en atténuer les effets préjudiciables. S’il ne fait aucun doute que la technologie constitue
une partie de la solution, les individus ont également un rôle important à jouer. On préconise souvent de s’appuyer
sur l’éducation aux médias2 pour les doter des compétences dont ils ont besoin pour détecter les contenus faux et
trompeurs. Toutefois, des données supplémentaires sont nécessaires pour comprendre comment concevoir au mieux
ces initiatives et quels groupes démographiques courent le plus de risques.
Ce Coup de projecteur présente de nouvelles données issues de l’enquête Truth Quest de l’OCDE (encadré 3.S.1) sur
la consommation médiatique et la protection de la vie privée. Il apporte des éclairages sur les sources d’information
utilisées par les individus et leur perception de la fiabilité de diverses sources médiatiques. Il examine ensuite leur
attitude à l’égard de la protection de la vie privée et du contrôle exercé sur les données à caractère personnel, analysant
en outre le comportement des individus face à des contenus véridiques et des contenus faux et trompeurs. Pour finir,
ce Coup de projecteur étudie les moyens de renforcer l’écosystème de l’information en repensant la conception des
programmes d’éducation aux médias.
Dans le cadre de l’enquête, les participants sont exposés à des contenus tantôt véridiques, tantôt faux, sur une
interface qui ressemble à un véritable site de médias sociaux. Les caractéristiques de conception telles que les
avatars et les résultats chiffrés visent à encourager la participation. L’enquête a été mise au point par l’OCDE et
est administrée par un institut de sondage externe afin de garantir la représentativité de l’échantillon retenu dans
chaque pays. Elle a été traduite et localisée dans les principales langues de chaque pays concerné et a été menée
à bien en janvier et février 2024.
La valeur Truth Quest globale mesure la capacité des répondants à repérer avec justesse les contenus faux et
trompeurs diffusés en ligne (graphique 3.S.1)*. Les données clés issues de l’enquête Truth Quest de l’OCDE sont
consultables sur le portail de la Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique (OCDE, 2024[2]).
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U
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OY
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FI
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ES
IT
JP
CA
NL
GB
LU
NO
US
FR
BR
M
M
Notes : MOY = moyenne. *La valeur Truth Quest globale est obtenue en divisant le nombre total de réponses correctes par le nombre
total de titres d’actualité présentés. La valeur de chaque pays correspond à la moyenne des résultats de l’ensemble des répondants.
Il s’agit de la moyenne simple des valeurs des 21 pays couverts par l’enquête Truth Quest de l’OCDE : Allemagne, Australie, Belgique, Brésil,
Canada, Colombie, Espagne, États‑Unis, Finlande, France, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Pays‑Bas, Pologne, Portugal,
Royaume‑Uni et Suisse.
Source : OCDE (2024[3]), « Capacité des adultes à déterminer la véracité des contenus accessibles en ligne » (indicateur), Boîte à outils de l’OCDE
sur la transformation numérique, d’après les données issues de l’enquête Truth Quest de l’OCDE, [Link]
12 [Link]
L’enquête Truth Quest de l’OCDE a été menée auprès d’environ 2 000 personnes dans chacun des 21 pays
couverts par l’enquête. Les répondants sont représentatifs de la population de chaque pays sur la base de
variables démographiques telles que l’âge, le genre, la région sous-nationale, le niveau d’éducation et le niveau
de revenu, en utilisant des quotas spécifiques à chaque pays. Les quotas ont été calculés sur la base des données
fournies par les offices statistiques nationaux et les instituts connexes. Des pondérations post-stratification ont
été calculées pour garantir des échantillons représentatifs au niveau national. Au total, 40 765 personnes ont
répondu à l’enquête sur les cinq continents. Pour plus de détails sur la méthodologie de l’enquête Truth Quest
de l’OCDE, voir OCDE (2024[1]).
Des données récentes montrent que certains facteurs démographiques influent sur la consommation médiatique.
Les sites web ou les applications sont, en moyenne, les sources d’information les plus couramment utilisées, tous
groupes d’âge confondus. L’âge n’en reste pas moins l’un des principaux déterminants du recours aux autres sources
d’information (graphique 3.S.2). L’écart le plus marqué concerne les médias sociaux3 : la différence entre la part des
personnes âgées de 18 à 24 ans qui les utilisent comme source d’information et celle des individus de 65 ans ou plus
est en effet de 25 points. Les personnes âgées de 65 ans ou plus recourent plus souvent que les 18-24 ans à toutes les
autres sources d’information étudiées : télévision publique (20 points), publications papier (19 points), radio publique
(16 points), télévision privée (11 points), radio privée (4 points) et sites web ou applications d’information (1 point).
80
70
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0
Sites ou applications Télévision publique Réseaux sociaux Radio publique Télévision privée Publications Radio privée
d’actualités imprimées
Note : Les répondants ont été invités à indiquer à quelle fréquence (« souvent », « parfois », « rarement » ou « jamais ») ils recourent aux sources
suivantes pour obtenir des informations : télévision publique, télévision privée, radio publique, radio privée, publications papier, sites web ou
applications d’information, et sites ou applications de médias sociaux (Facebook, Twitter/X, Instagram, WhatsApp ou Telegram, par exemple). Les
sites et applications de médias sociaux sont analysés de manière agrégée.3 Le graphique illustre la part des individus qui utilisent « souvent » ou
« parfois » les diverses sources d’information citées. La valeur « Tous les individus » concerne les personnes âgées de 18 ans ou plus.
Source : Calculs des auteurs, d’après les données issues de l’enquête Truth Quest de l’OCDE (OCDE, 2024[1]).
12 [Link]
Les revenus et le niveau d’instruction influent également sur la consommation médiatique. Les individus appartenant
à un ménage à haut revenu (quintile supérieur) sont en effet plus susceptibles que ceux appartenant à un ménage à
faible revenu (quintile inférieur) de recourir à chacune des sources étudiées, à l’exception des médias sociaux (3 points).
De même, les diplômés de l’enseignement supérieur sont plus susceptibles que les personnes peu qualifiées d’utiliser
les diverses sources, à l’exception des médias sociaux, pour obtenir des informations (2 points). Les écarts les plus
marqués entre les personnes à haut revenu et très qualifiées et les personnes à faible revenu et peu qualifiées concernent
l’utilisation des sites web et des applications d’information (11-12 points) et de la radio publique (12 points). Aux
États‑Unis, l’écart de consultation des publications papier entre les personnes affichant les niveaux d’instruction les
plus élevés et celles possédant les niveaux les plus faibles atteint 30 points ; il est également conséquent pour les sites
web et les applications d’information (24 points). Par ailleurs, aux États‑Unis, les diplômés de l’enseignement supérieur
sont plus susceptibles de se tourner vers les médias sociaux pour accéder à l’information (10 points) ; le constat est
inversé en Finlande (10 points), en Norvège (11 points) et en Suisse (13 points).
Les différences de consommation médiatique selon le genre sont moins frappantes. Les hommes tendent à recourir
plus fréquemment que les femmes à toutes les sources d’information à l’exception des médias sociaux, que les femmes
utilisent davantage pour obtenir des informations (8 points de plus en moyenne). Les résultats relatifs à l’utilisation des
médias sociaux dans certains pays sont intéressants. Les femmes y recourent plus fréquemment dans tous les pays à
l’exception des États-Unis, où l’écart est inférieur à un point. En Finlande et en Norvège, les femmes s’informent plus
souvent sur les médias sociaux, avec un écart de 16 points. Pour ce qui est des autres sources médiatiques, l’écart le
plus marqué s’observe en Espagne, où les hommes sont plus susceptibles de se tourner vers la radio privée (21 points)
pour s’informer sur l’actualité. À l’inverse, les femmes espagnoles recourent davantage à la télévision privée (21 points).
L’âge joue également un rôle important dans la confiance que les individus accordent aux sources médiatiques. Les
jeunes de 18 à 24 ans ont généralement davantage confiance que les 65 ans ou plus dans toutes les sources d’information.
La seule exception concerne les sources publiques (télévision et radio), où l’on observe un écart de confiance de 5 points,
les personnes les plus âgées leur accordant une confiance plus grande (graphique 3.S.3). Les médias sociaux sont la
source pour laquelle l’écart est le plus important, les 18-24 ans étant plus susceptibles que les 65 ans ou plus de se fier
aux informations qu’ils y trouvent (20 points). Il s’agit également de la source d’information qui inspire globalement
le moins confiance.
Graphique 3.S.3. Les médias sociaux sont la source médiatique qui inspire le moins confiance
Degré de confiance, par âge, 2024
60
40
20
0
Sites ou applications Télévision publique Publications Radio publique Télévision privée Radio privée Réseaux sociaux
d’actualités imprimées
Note : Les répondants ont été invités à indiquer dans quelle mesure ils font confiance, le cas échéant, aux informations provenant de la télévision
publique, de la télévision privée, de la radio publique, de la radio privée, de publications papier, de sites web ou d’applications d’information, et
de sites ou d’applications de médias sociaux (Facebook, Twitter/X, Instagram, WhatsApp ou Telegram, par exemple). Ils avaient le choix entre les
réponses suivantes : « beaucoup », « relativement », « pas trop » ou « jamais ». Les sites et applications de médias sociaux sont analysés de manière
agrégée.3 Le graphique donne à voir la part des individus ayant « beaucoup » ou « relativement » confiance dans les informations provenant des
diverses sources médiatiques. La valeur « Tous les individus » concerne les personnes âgées de 18 ans ou plus.
Source : Calculs des auteurs, d’après les données issues de l’enquête Truth Quest de l’OCDE (OCDE, 2024[1]).
12 [Link]
Les écarts quant à la confiance que les individus accordent aux différentes sources d’information selon leur niveau
d’instruction et de revenus suivent les mêmes tendances que ceux constatés pour la consommation médiatique. Les
diplômés de l’enseignement supérieur et les personnes appartenant à un ménage à haut revenu (quintile supérieur) font
davantage confiance à toutes les sources d’information, à l’exception des médias sociaux. Il existe peu de différences
selon le genre, même si la situation varie quelque peu en fonction du pays. En Espagne, par exemple, les femmes font
plus confiance que les hommes à toutes les sources d’information : publications papier (11 points), télévision publique
(10 points), radio publique (8 points), médias sociaux (8 points), sites web et applications d’information (7 points),
télévision privée (6 points) et radio privée (1 point).
Si les médias sociaux sont, d’une manière générale, la source médiatique qui inspire le moins confiance (43 %), on
observe des différences notables selon les pays (graphique 3.S.4)4. Dans les pays d’Amérique latine étudiés, les individus
tendent à faire davantage confiance aux médias sociaux que dans d’autres régions5. À l’inverse, les personnes vivant
au Royaume-Uni sont celles qui se fient le moins aux informations publiées sur les médias sociaux, environ un quart
des individus leur faisant « relativement » ou « beaucoup » confiance. Dans tous les pays couverts, les jeunes âgés de 18
à 24 ans affichent un niveau de confiance supérieur à celui des personnes âgées de 65 ans ou plus (graphique 3.S.4).
L’écart le plus notable entre les jeunes et les générations les plus âgées s’observe aux États-Unis, où il atteint 49 points.
D’autres disparités liées aux caractéristiques démographiques méritent d’être soulignées. Les personnes appartenant à
un ménage à revenu élevé et les diplômés de l’enseignement supérieur se fient moins aux informations provenant des
médias sociaux que celles qui vivent au sein d’un ménage à faible revenu ou qui bénéficient d’un niveau d’instruction
faible ou nul. Ce constat vaut pour tous les pays, à quelques exceptions près. Les écarts les plus marqués entre les
diplômés de l’enseignement supérieur et les personnes possédant un niveau d’instruction faible s’observent en Finlande
(17 points), au Japon (17 points), en Norvège (19 points), aux Pays-Bas (16 points) et en Suisse (22 points). Pour ce qui est
des revenus, on constate les écarts les plus importants en Italie (16 points) et aux Pays-Bas (16 points). Si, en moyenne,
les disparités entre les hommes et les femmes sont limitées (3 points), les femmes sont plus susceptibles de se fier,
au moins dans une certaine mesure, aux informations publiées sur les médias sociaux en Norvège (17 points) et en
Finlande (10 points). À l’inverse, les hommes se fient davantage aux informations qu’ils trouvent sur les médias sociaux
aux États-Unis (7 points).
Graphique 3.S.4. Les jeunes sont ceux qui font le plus confiance aux informations diffusées
sur les médias sociaux
Confiance dans les informations diffusées sur les médias sociaux, par âge, 2024
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US
BR
FR
M
M
Note : Les répondants ont été invités à indiquer dans quelle mesure ils font confiance, le cas échéant, aux informations provenant de la télévision
publique, de la télévision privée, de la radio publique, de la radio privée, de publications papier, de sites web ou d’applications d’information, et
de sites ou d’applications de médias sociaux (Facebook, Twitter/X, Instagram, WhatsApp ou Telegram, par exemple). Ils avaient le choix entre les
réponses suivantes : « beaucoup », « relativement », « pas trop » ou « jamais ». Le graphique donne à voir la part des individus ayant « beaucoup »
ou « relativement » confiance dans les informations diffusées sur les médias sociaux. Les sites et applications de médias sociaux sont analysés de
manière agrégée.3 La valeur « Tous les individus » concerne les personnes âgées de 18 ans ou plus.
Source : OCDE (2024[20]), « Part d’adultes qui font confiance aux informations provenant de sites ou d’applications de médias sociaux » (indicateur),
Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique, d’après les données issues de l’enquête Truth Quest de l’OCDE, [Link]
indicator/83.
12 [Link]
Il importe de souligner que les personnes faisant confiance aux informations provenant des médias sociaux sont
moins à même d’en déterminer la véracité (OCDE, 2024[1]). En moyenne, dans les différents pays, les individus qui font
« beaucoup » confiance aux informations diffusées sur les médias sociaux sont moins en mesure d’en déterminer la
véracité (54 %) que ceux qui y font « relativement » confiance (59 %) ou ceux qui n’y font « pas beaucoup » ou « pas du
tout » confiance (62 %)6. Si l’on s’intéresse à des niveaux de confiance plus nuancés, l’écart entre les personnes qui font
« beaucoup » confiance aux médias sociaux et celles qui n’y font « pas du tout » confiance est de 8 points. Au Royaume-
Uni, il s’élève à 14 points. En revanche, dans les pays où l’on observe une confiance élevée dans les médias sociaux, à
l’instar du Brésil ou de la Colombie, il est relativement faible (3 points).
Quelle importance les individus accordent-ils à la protection de leur vie privée dans les environnements numériques ?
Les données montrent que la protection de la vie privée sur les sites web, les applications ou les médias sociaux est une
source de préoccupation pour la plupart des individus (graphique 3.S.5)7. En moyenne, plus de la moitié des personnes
(56 %) évitent d’utiliser certains sites web ou médias sociaux ou certaines applications en raison de craintes pour leur
vie privée. La part des individus qui évitent d’utiliser certains espaces en ligne pour cette raison oscille entre 65 % au
Portugal et 36 % au Japon. En moyenne, 14 % des individus seulement ne se préoccupent pas de la protection de leur
vie privée lorsqu’ils accèdent à des sites web, des applications ou des médias sociaux.
Graphique 3.S.5. La protection de la vie privée en ligne est une source de préoccupation
pour la plupart des individus
Part des adultes qui évitent d’utiliser certains sites web ou médias sociaux ou certaines applications en raison de craintes pour leur vie privée,
par âge et par genre, 2024
% Tous les individus 18-24 ans 25-64 ans 65 ans et plus Femmes Hommes
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60
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NL
US
FR
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GB
NO
M
M
Note : Les répondants ont été invités à indiquer s’ils étaient d’accord avec l’affirmation suivante : « J’évite d’utiliser certains sites web ou médias
sociaux ou certaines applications en raison de craintes pour ma vie privée ». Ils avaient le choix entre les réponses suivantes : « tout à fait
d’accord », « d’accord », « ni d’accord, ni en désaccord », « pas d’accord » et « pas du tout d’accord ». Les sites et applications de médias sociaux sont
analysés de manière agrégée.3 La valeur « Tous les individus » concerne les personnes âgées de 18 ans ou plus.
Source : OCDE (2024[7]), « Part des adultes qui évitent d’utiliser certains sites web ou médias sociaux ou certaines applications en raison de craintes
pour leur vie privée » (indicateur), Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique, d’après les données issues de l’enquête Truth Quest de
l’OCDE, [Link]
12 [Link]
La part des individus qui évitent d’utiliser certains sites web ou médias sociaux ou certaines applications en raison
de craintes pour leur vie privée augmente avec l’âge, le revenu et le niveau d’instruction. L’écart est surtout marqué
entre les jeunes et les générations les plus âgées (16 points). En moyenne, 65 % des personnes âgées de 65 ans ou
plus indiquent éviter certains espaces en ligne parce qu’elles craignent pour le respect de leur vie privée, contre
seulement 49 % chez les jeunes de 18 à 24 ans. En Colombie, l’écart s’élève à 28 points, alors qu’il est seulement de
3 points en Norvège.
Les individus disposant de revenus et d’un niveau d’instruction élevés tendent davantage (5 points) à éviter certains sites
web ou médias sociaux ou certaines applications en raison de craintes pour leur vie privée que ceux qui présentent un
niveau d’instruction et des revenus faibles. En Finlande, l’écart constaté entre, d’une part, les diplômés de l’enseignement
supérieur et les personnes appartenant à un ménage à haut revenu (quintile supérieur) et, d’autre part, les personnes
ayant un niveau d’instruction et de revenu faible est de 19 points. À l’inverse, les diplômés de l’enseignement supérieur
sont moins susceptibles d’éviter certains espaces en ligne parce qu’ils craignent pour le respect de leur vie privée au
Luxembourg (4 points) et en Espagne (5 points). À quelques exceptions près, dont le Japon (5 points), les hommes sont
plus susceptibles (4 points) d’éviter certains sites web ou médias sociaux ou certaines applications en raison de craintes
pour leur vie privée. L’écart entre les hommes et les femmes peut être notable (en Norvège, les hommes affichent un
taux supérieur de 13 points à celui des femmes).
Autre aspect important de la confiance : le contrôle exercé sur les données à caractère personnel. Environ un tiers
des individus estiment n’exercer aucun contrôle sur leurs données à caractère personnel dans l’environnement en
ligne, tandis qu’un tiers pensent le contraire (graphique 3.S.6)8. Le dernier tiers ne penche ni d’un côté ni de l’autre.
On observe des variations selon les pays : près de la moitié des Espagnols (49 %) ne se sentent pas maîtres des
informations à caractère personnel qui les concernent, tandis que les Japonais sont un peu moins d’un sur quatre
(24 %) à le penser.
En moyenne, 31 % des hommes et 35 % des femmes n’ont pas le sentiment de contrôler leurs données à caractère
personnel dans l’environnement en ligne. Dans la plupart des pays, les femmes sont plus susceptibles que les hommes
d’estimer ne pas exercer de contrôle sur leurs données lorsqu’elles utilisent des sites web, des applications ou des
médias sociaux. Le constat est inverse dans deux pays seulement : en Allemagne (0.5 point) et aux États-Unis (2 points).
Graphique 3.S.6. Environ un tiers des individus ont le sentiment de ne pas exercer de contrôle
sur leurs données à caractère personnel dans l’environnement en ligne
Perception du contrôle exercé sur les données à caractère personnel dans l’environnement en ligne, 2024
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M
Note : Les répondants ont été invités à indiquer s’ils étaient d’accord avec l’affirmation suivante : « J’ai le sentiment de pouvoir contrôler les
informations personnelles qui me concernent lorsque j’utilise des sites web, des applications ou des médias sociaux ». Ils avaient le choix entre
les réponses suivantes : « tout à fait d’accord », « d’accord », « ni d’accord, ni en désaccord », « pas d’accord » et « pas du tout d’accord ». Les sites et
applications de médias sociaux sont analysés de manière agrégée.3 On entend par « répondants » tous les individus âgés de 18 ans ou plus.
Source : Calculs des auteurs, d’après les données issues de l’enquête Truth Quest de l’OCDE (OCDE, 2024[1]).
12 [Link]
La part des individus ayant le sentiment d’avoir le contrôle sur leurs informations personnelles lorsqu’elles utilisent des
sites web, des applications, ou des médias sociaux a tendance à se réduire avec l’âge. En moyenne, 35% des jeunes de 18
à 24 ans ont le sentiment de contrôler leurs données personnelles en ligne, tandis que c’est le cas pour seulement 29%
des individus âgés de 65 ans et plus. L’écart entre ces deux tranches d’âge est le plus grand aux États-Unis (32 points),
alors qu’il est le réduit petit en Italie, Norvège et Suisse (0 points).
Les sources d’information peuvent accroître la confiance en offrant un niveau élevé de protection des données et en
donnant aux utilisateurs le contrôle de leurs données. Des recherches plus approfondies sur l’évolution du paysage de
la publicité et de la protection des données pourraient être instructives à cet égard. Par exemple, il pourrait être utile
d’étudier les questions relatives à l’interaction entre les préoccupations en matière de protection de la vie privée et les
pratiques qui obligent les consommateurs à accepter la collecte de données pour acheter des services d’abonnement
en ligne par différents groupes démographiques, y compris dans le contexte de la publicité fondée sur les données.
Ces initiatives encouragent les individus à vérifier les faits et à porter un regard critique sur les informations auxquelles
ils accèdent, deux éléments fondamentaux qui les caractérisent. On pourrait penser a priori que les personnes qui
cherchent des informations complémentaires sur un titre d’actualité seraient mieux à même d’en déterminer la véracité.
Mais à quelle fréquence lisent-elles réellement les informations contextuelles qui l’accompagnent, et cela influence-t-il
leur capacité à repérer les contenus véridiques ou faux et trompeurs ?
Dans le cadre de l’enquête Truth Quest de l’OCDE, les répondants se voyaient proposer un titre d’actualité, avec la
possibilité d’en savoir plus sur le contexte en cliquant sur un lien « read more » (Lire la suite) 9. Dans l’ensemble,
les participants ont choisi d’en savoir plus sur le contexte dans 29 % des cas. C’est en France et au Brésil qu’ils l’ont
fait le moins en moyenne (21 %), tandis que les taux les plus élevés s’observent au Japon et au Royaume-Uni (39 %)
(graphique 3.S.7)10. Par ailleurs, au Japon, la part des individus qui ont choisi d’en savoir plus sur le contexte d’au moins
20 titres d’actualité atteint 31 %, tandis qu’elle n’est que de 8 % au Brésil.
Graphique 3.S.7. Dans près d’un tiers des cas, les individus prennent connaissance du contexte relatif
aux informations publiées en ligne
Pourcentage moyen des cas où les individus ont consulté le contexte (échelle de gauche) et valeur Truth Quest globale (échelle de droite), par genre, 2024
Nombre moyen de clics pour en savoir plus Femmes Hommes Truth Quest score global (axe de droite)
% Score (100 = Score le plus élevé)
50 70
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Note : Les pourcentages sont obtenus en divisant le nombre de fois où les répondants ont cliqué sur le lien permettant de consulter les informations
contextuelles par le nombre total de titres d’actualité qui leur ont été présentés (échelle de gauche). La valeur « Score » est obtenue en divisant le
nombre total de réponses correctes par le nombre total de titres d’actualité présentés (échelle de droite). La valeur de chaque pays correspond par
conséquent à la moyenne des résultats de l’ensemble des répondants, exprimée en pourcentage.
Source : Calculs des auteurs, d’après les données issues de l’enquête Truth Quest de l’OCDE (OCDE, 2024[1]).
12 [Link]
En moyenne, les personnes possédant un niveau d’instruction faible ont consulté les informations contextuelles dans
22 % des cas, contre 28 % pour celles ayant suivi un enseignement secondaire et 33 % pour les diplômés de l’enseignement
supérieur. Dans tous les pays, les femmes ont en moyenne consulté plus souvent les informations contextuelles (33 %)
que les hommes (25 %). La part des individus qui consultent le contexte croît avec le niveau d’instruction dans tous
les pays à l’exception du Japon.
Par ailleurs, dans dix pays, la consultation d’informations contextuelles supplémentaires augmente les chances de
déterminer avec justesse la véracité des contenus publiés en ligne. Contre toute attente, elle diminue les chances
d’établir la véracité des contenus dans deux pays (en Finlande et au Portugal). L’effet de la consultation d’informations
contextuelles supplémentaires varie selon le type de contenu (graphique 3.S.8)11. Dans le cas de contenus satiriques, la
consultation du contexte augmente de 54 % les chances de répondre correctement. Elle accroît également les chances
de parvenir à repérer les contenus véridiques (+12 %). À l’inverse, la consultation d’informations supplémentaires
accompagnant des contenus classifiés comme étant sortis de leur contexte est associée à des taux de réponses correctes
plus faibles (-20 %).
D’autres études ont montré que tous les aspects des mesures traditionnelles d’éducation aux médias n’aident pas
nécessairement à déterminer la véracité des contenus publiés en ligne (Jones-Jang, Mortensen et Liu, 2021[10] ; McGrew,
2024[11]). En revanche, la « lecture latérale » apparaît comme un élément important de l’éducation aux médias dans
le cas des contenus faux et trompeurs publiés en ligne, bien que de plus amples recherches soient nécessaires dans
ce domaine. On entend par lecture latérale la « stratégie consistant à sortir d’un site que l’on n’a pas l’habitude
de fréquenter pour rechercher des informations sur la crédibilité d’une source en s’appuyant sur d’autres sources »
(traduction libre) (McGrew, 2024[11]).
Graphique 3.S.8. L’exposition à des informations contextuelles supplémentaires n’aide pas toujours
à déterminer la véracité des contenus, en particulier pour certains types de contenus
Probabilité de déterminer avec justesse la véracité des contenus, par type, 2024
1.8
1.6
1.4
1.2
1.0
0.8
0.6
0.4
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Note : Comment lire ce graphique : une valeur égale à 1.54 signifie que les chances de donner une réponse correcte augmentent de 54 % lorsque la
personne a consulté les informations contextuelles.
Source : Calculs des auteurs, d’après les données issues de l’enquête Truth Quest de l’OCDE (OCDE, 2024[1]).
12 [Link]
Il s’agit là d’un aspect important d’un point de vue sociétal puisque que les personnes qui se fient aux informations qu’elles
trouvent sur les médias sociaux tendent à être moins à même de déterminer la véracité des informations diffusées en ligne.
Dans les différents pays, en moyenne, les individus qui ont « beaucoup » confiance dans les médias sociaux ont obtenu
un résultat Truth Quest global relativement plus faible. Les pouvoirs publics et les autres acteurs pourraient donc tenir
compte de ce constat lors de la conception des initiatives d’éducation aux médias et se concentrer sur les informations
publiées sur les médias sociaux et les moyens de mieux détecter les contenus véridiques et les contenus faux. Là encore,
la compréhension des disparités démographiques et nationales peut aider à cibler les populations les plus à risque.
À l’heure où les individus tendent de plus en plus à consulter des informations en ligne, que ce soit sur des sites web
d’information ou des plateformes de médias sociaux, l’éducation aux médias peut les aider à développer leur esprit
critique12. Par exemple, les données exposées dans ce Coup de projecteur montrent que dans environ un tiers des
cas en moyenne, les personnes consultent les informations contextuelles qui accompagnent un titre d’actualité. La
compréhension du comportement des individus à cet égard – à savoir le fait qu’ils ne recherchent pas activement des
informations complémentaires – apporte des éclairages sur les défis que les programmes d’éducation aux médias doivent
relever pour les aider à développer leur esprit critique à l’égard des informations qu’ils consomment.
Par ailleurs, l’analyse présentée ici montre que la consultation d’informations contextuelles sur un titre d’actualité
n’augmente pas toujours les chances d’en déterminer avec justesse la véracité. On pourrait en conclure que les programmes
d’éducation aux médias devraient encourager les individus à rechercher des informations supplémentaires sur des sites
tiers, en pratiquant la lecture latérale. On peut également en déduire qu’ils ne souhaitent pas consacrer davantage de temps
à vérifier leur compréhension, ce qui pose d’autres difficultés en termes d’éducation aux médias. Il conviendrait d’étudier
davantage le comportement des individus dans l’environnement en ligne et d’assurer un meilleur suivi de l’efficacité des
programmes d’éducation aux médias (OCDE, 2024[12]) afin d’améliorer l’écosystème de l’information.
Références
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usage », in Technology: Toward Business Sustainability. ICBT 2023. Lecture Notes in Networks and Systems, Vol. 925, Springer,
Cham, [Link]
Barthel, M. et al. (2020), Measuring news consumption in a digital era, 8 décembre, Pew Research Center, Washington, D.C., [4]
[Link] (consulté le
8 juillet 2024).
Basol, M. et al. (2021), Towards psychological herd immunity: Cross-cultural evidence for two prebunking interventions against [15]
COVID-19 misinformation, [Link]
Jones-Jang, S., T. Mortensen et J. Liu (2021), « Does media literacy help identification of fake news? Information literacy helps, [10]
but other literacies don’t », American Behavioral Scientist, vol. 65/1, pp. 271-388, [Link]
Lesher, M., H. Pawelec et A. Desai (2022), « Disentangling untruths online: Creators, spreaders and how to stop them », [14]
OECD Going Digital Toolkit Notes, n° 23, Éditions OCDE, Paris, [Link]
McGrew, S. (2024), « Teaching lateral reading: Interventions to help people read like fact checkers », Current Opinion in [11]
Psychology, vol. 55/101737, [Link]
OCDE (2024), « Ability of adults to identify the veracity of content online » (indicateur), Boîte à outils de l’OCDE sur la [3]
transformation numérique, [Link] (consulté le 28 juin 2024).
OCDE (2024), Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques – Résultats 2024 : Instaurer la [6]
confiance dans un contexte complexe, Éditions OCDE, Paris, [Link]
OCDE (2024), Les faits sans le faux : Lutter contre la désinformation, renforcer l’intégrité de l’information, Éditions OCDE, Paris, [12]
[Link]
OCDE (2024), « OECD Information Integrity Hub », page web, [Link] [16]
[Link].
OCDE (2024), « Online safety » (thème), Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique, [Link] [2]
theme/10 (consulté le 28 juin 2024).
OCDE (2024), « Share of adults who avoid using certain websites, apps, or social media due to privacy concerns » [7]
(indicateur), Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique, [Link] (consulté le
18 novembre 2024).
OCDE (2024), « Share of adults who trust information from social media sites or apps » (indicateur), Boîte à outils de l’OCDE [20]
sur la transformation numérique, [Link] (consulté le 18 novembre 2024).
OCDE (2024), « The OECD Truth Quest Survey: Methodology and findings », Documents de travail de l’OCDE sur l’économie [1]
numérique, n° 369, Éditions OCDE, Paris, [Link]
OCDE (2022), « Misinformation and disinformation: An international effort using behavioural science to tackle the spread [17]
of misinformation », Documents de travail de l’OCDE sur la gouvernance publique, n° 21, Éditions OCDE, Paris, [Link]
org/10.1787/b7709d4f-en.
Patrimoine canadien (2021), Soutien continu aux projets de recherche et d’éducation sur les médias pendant que le Canada poursuit [8]
sa lutte contre la désinformation en ligne, Communiqué de presse, 9 février, Patrimoine canadien, Gatineau (Québec),
[Link]
[Link] (consulté le 1 août 2024).
Polizzi, G. (2020), Information literacy in the digital age: Why critical digital literacy, Facet Publishing, Londres, [Link] [13]
[Link]/102993.
UNESCO (2024), « Littératie numérique », page web, [Link] (consulté le 10 juillet 2024). [18]
UNESCO (2023), « La formation à la maîtrise de l’information », page web, [Link] [19]
(consulté le 10 juillet 2024).
US Department of State (2022), Media Literacy Design Manual, US Department of State, Washington, D.C., [Link] [9]
gov/wp-content/uploads/2022/08/[Link].
Notes
1. Voir par exemple, Lesher, Pawelec et Desai, (2022[14]); OCDE (2024[12]) et OCDE (2024[16]).
2. De nombreux programmes d’éducation aux médias traitent des contenus faux et trompeurs diffusés en ligne. La
culture de l’information est un concept générique qui vaut pour les médias analogiques comme numériques. Elle
désigne la capacité à « chercher, évaluer, utiliser et créer de l’information de manière efficace pour des objectifs
personnels, sociaux, professionnels et éducatifs » (UNESCO, 2023[19]). Elle est étroitement liée au concept de culture
numérique, qui désigne les compétences nécessaires pour utiliser efficacement les technologies numériques, ainsi
que la sensibilisation à la protection de la vie privée et à la cybersécurité et l’esprit critique. Par conséquent,
l’expression « éducation aux médias » est souvent utilisée pour faire référence à l’éventail de compétences
nécessaires pour prospérer à l’ère numérique (Polizzi, 2020[13]).
3. Les plateformes de médias sociaux sont diverses et comprennent un éventail d’activités, notamment les réseaux
sociaux, le microblogging, la messagerie et le partage de vidéos, et les politiques de modération de contenu
varient d’une plateforme à l’autre. Les perceptions de fiabilité peuvent être influencées à la fois par les activités
proposées sur une plateforme particulière et par les politiques de modération de contenu de la plateforme.
4. Le graphique donne à voir une moyenne simple des valeurs des 21 pays couverts par l’enquête Truth Quest de
l’OCDE : Allemagne, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Colombie, Espagne, États‑Unis, Finlande, France, Irlande,
Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Pays‑Bas, Pologne, Portugal, Royaume‑Uni et Suisse.
5. Les quatre pays qui enregistrent les taux les plus élevés de personnes faisant « relativement » ou « beaucoup »
confiance aux informations publiées sur les médias sociaux sont les suivants : Colombie (64 %), Pologne (62 %),
Mexique (61 %) et Brésil (57 %).
6. La valeur Truth Quest reflète la capacité (ou compétence) des individus à déterminer la véracité des contenus
accessibles en ligne. Elle est obtenue en divisant le nombre total de réponses correctes par le nombre total de
titres d’actualité présentés. La valeur de chaque pays correspond à la moyenne des résultats de l’ensemble des
répondants. En moyenne, les répondants ont déterminé avec justesse la véracité des contenus dans 60 % des cas.
Pour de plus amples informations sur la méthodologie utilisée pour mener à bien l’enquête, voir OCDE (2024[1]).
7. Le graphique donne à voir la moyenne simple des valeurs des 21 pays couverts par l’enquête Truth Quest de
l’OCDE : Allemagne, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Colombie, Espagne, États‑Unis, Finlande, France, Irlande,
Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Pays‑Bas, Pologne, Portugal, Royaume‑Uni et Suisse.
8. Le graphique donne à voir la moyenne simple des valeurs des 21 pays couverts par l’enquête Truth Quest de
l’OCDE : Allemagne, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Colombie, Espagne, États‑Unis, Finlande, France, Irlande,
Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Pays‑Bas, Pologne, Portugal, Royaume‑Uni et Suisse.
9. Tous les titres d’actualité et les informations contextuelles supplémentaires étaient tirés de nouvelles réelles
vérifiées par des professionnels (sauf pour les contenus générés par l’IA, qui avaient été produits par GPT-4). Pour
de plus amples informations, voir OCDE (2024[1]).
10. La valeur affichée correspond à une moyenne simple non pondérée des valeurs des 21 pays issues de l’enquête
Truth Quest de l’OCDE : Allemagne, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Colombie, Espagne, États‑Unis, Finlande,
France, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Pays‑Bas, Pologne, Portugal, Royaume‑Uni et Suisse.
11. Les rapports de probabilité sont obtenus en divisant les chances de donner une réponse correcte après avoir
pris connaissance du contexte par les chances de donner une réponse correcte sans cliquer sur le lien. Un
rapport de probabilité supérieur à 1 indique que les chances de déterminer avec succès la véracité des contenus
augmentent lorsque l’on consulte les informations contextuelles, tandis qu’une valeur inférieure à 1 montre que
les chances diminuent. Tous les types de contenus figurant dans la taxonomie de l’OCDE relative aux contenus
faux et trompeurs ont été pris en considération (Lesher, Pawelec et Desai, 2022[14]). Ce graphique donne à voir la
moyenne simple non pondérée des valeurs des 21 pays couverts par l’enquête Truth Quest de l’OCDE.
12. L’éducation aux médias peut prendre de multiples formes, qu’il s’agisse de jeux (Basol et al., 2021[15]) ou d’autres
mécanismes visant à fournir des conseils utiles (OCDE, 2022[17]).
L’annexe statistique de l’édition 2024 des Perspectives de l’économie numérique présente des indicateurs tirés de la Base de
données de l’OCDE sur l’accès aux TIC et leur utilisation, qui complètent l’analyse réalisée dans les différents chapitres de
la publication et apportent des éclairages supplémentaires sur l’adoption et la diffusion des technologies.
Pays Année Dans les 3 derniers mois Dans les 12 derniers mois
Allemagne 2023 92.5 93.4
Autriche 2023 95.3 95.7
Belgique 2023 94.6 95.3
Brésil 2023 86.1 88.1
Bulgarie 2023 80.4 84.0
Canada 2022 96.9 97.9
Chili 2017 83.5 84.6
Colombie 2022 .. 76.5
Corée 2023 97.4 97.6
Costa Rica 2023 91.9 ..
Croatie 2023 83.4 84.4
Danemark 2023 98.8 99.0
Espagne 2023 95.4 96.0
Estonie 2023 93.2 93.7
États-Unis 2021 83.86 ..
Finlande 2023 97.7 97.8
France 2023 92.8 93.8
Grèce 2023 85.0 86.2
Hongrie 2023 91.5 91.8
Irlande 2023 93.3 93.5
Islande 2021 99.4 99.5
Israël 2021 92.5 ..
Italie 2023 86.9 87.7
Japon 2022 .. 93.0
Lettonie 2023 92.3 92.8
Lituanie 2023 88.5 89.0
Luxembourg 2023 99.3 99.4
Mexique 2020 81.2 ..
Norvège 2023 99.7 99.8
Pays-Bas 2023 99.2 99.3
Pologne 2023 86.4 88.1
Portugal 2023 85.8 86.4
République slovaque 2023 87.2 89.1
République tchèque 2023 92.0 92.8
Roumanie 2023 89.2 91.6
Royaume-Uni 2020 97.3 97.8
Slovénie 2023 90.4 90.8
Suède 2023 97.6 98.1
Suisse 2023 99.3 99.3
Türkiye 2023 86.0 86.5
Notes : Pour le Costa Rica, les données se rapportent aux individus âgés de 18 à 74 ans ; pour Israël, aux individus âgés de 20 ans ou plus ; et pour le
Japon, aux individus âgés de 15 à 74 ans. Pour les États‑Unis, la période de référence est de six mois.
Source : OCDE (2024), Base de données de l’OCDE sur l’accès aux TIC et leur utilisation, [Link] (consultée le 28 février 2024).
12 [Link]
Notes : La période de référence est de 3 mois, sauf pour la Colombie et le Japon (12 mois) et les États-Unis (6 mois). Pour le Costa Rica, les données se
rapportent aux individus âgés de 18 à 74 ans ; pour Israël, aux individus âgés de 20 ans ou plus ; et pour le Japon, aux individus âgés de 15 à 74 ans.
Source : OCDE (2024), Base de données de l’OCDE sur l’accès aux TIC et leur utilisation, [Link] (consultée le 28 février 2024).
12 [Link]
Notes : La période de référence est de 3 mois, sauf pour la Colombie et le Japon (12 mois) et les États-Unis (6 mois). Pour le Costa Rica, les données se
rapportent aux individus âgés de 18 à 74 ans ; pour Israël, aux individus âgés de 20 ans ou plus ; et pour le Japon, aux individus âgés de 15 à 74 ans.
Pour l’Irlande, les données relatives aux individus âgés de 16 à 24 ans se rapportent à 2019 au lieu de 2023.
Source : OCDE (2024), Base de données de l’OCDE sur l’accès aux TIC et leur utilisation, [Link] (consultée le 28 février 2024).
12 [Link]
Tableau 4. Utilisation de l’internet au cours des trois derniers mois, par quintile de revenu
(partie A) et quartile de revenu (partie B), année la plus récente
En pourcentage de la population dans chaque groupe
A. By quintile
Pays
Année 1er Q 2ème Q 3ème Q 4ème Q 5ème Q Tous
Tableau 4. Utilisation de l’internet au cours des trois derniers mois, par quintile de revenu
(partie A) et quartile de revenu (partie B), année la plus récente (suite)
B. By quartile
Pays
Année 1er Q 2ème Q 3ème Q 4ème Q Tous
Notes : Les niveaux de revenus augmentent avec les quintiles et quartiles, le premier quintile/quartile correspondant aux revenus les plus faibles.
La période de référence est de 3 mois, sauf pour la Colombie (12 mois) et les États-Unis (6 mois). Pour le Costa Rica, les données se rapportent aux
individus âgés de 18 à 74 ans ; pour Israël, aux individus âgés de 20 ans ou plus. Pour les États-Unis, les données relatives aux quintiles ou quartiles
de revenu sont des estimations car le revenu des familles est une variable catégorielle.
Source : OCDE (2024), Base de données de l’OCDE sur l’accès aux TIC et leur utilisation, [Link] (consultée le 28 février 2024).
12 [Link]
Tableau 5. Diffusion d’une sélection d’activités en ligne au sein de la population des internautes,
année la plus récente
En pourcentage du nombre d’internautes pratiquant chaque activité
Notes : La période de référence est de 3 mois, sauf pour la Colombie et le Japon (12 mois) et les États-Unis (6 mois). Pour le Brésil, la valeur
« Interactions avec les sites web des administrations publiques » se rapporte aux activités « Consultation d’informations mises à disposition sur les
sites des administrations » et « Recours à un service public en vue d’établir des documents, de remplir et d’envoyer des formulaires, ou de régler
des impôts et des redevances en ligne ». Pour le Costa Rica, les données se rapportent aux individus âgés de 18 à 74 ans. Pour Israël, les données
concernent les individus âgés de 20 ans ou plus, et non de 16 à 74 ans. Les données relatives aux interactions avec les sites web des administrations
publiques correspondent aux réponses à une question posée sans indication de limite de temps : « Utilisez-vous les sites d’organismes publics, de
ministères, de l’institut national d’assurance, etc. ? ». Pour le Japon, les données se rapportent aux individus âgés de 15 à 74 ans. Pour le Mexique,
les données relatives aux appels téléphoniques/vidéo concernent les « conversations téléphoniques sur l’internet (VoIP) ». Pour les États‑Unis, les
services bancaires en ligne couvrent également les investissements, le règlement des factures en ligne et d’autres services financiers.
Source : OCDE (2024), Base de données de l’OCDE sur l’accès aux TIC et leur utilisation, [Link] (consultée le 28 février 2024).
12 [Link]
Tableau 6. Adoption des technologies, par taille d’entreprise, année la plus récente
En pourcentage du nombre total d’entreprises dans chaque groupe, infonuagique (partie A), internet des objets (partie B), analytique des données massives
(partie C) et intelligence artificielle (partie D)
Australie 2022 70.4 82.7 83.2 72.4 2021 48.0 63.2 73.9 50.8
Autriche 2023 42.5 62.6 84.9 46.5 2021 25.5 38.6 51.2 28.2
Belgique 2023 47.1 67.7 88.2 51.7 2023 12.1 28.7 36.0 14.3
Brésil 2023 66.1 86.0 87.5 68.7 2021 13.8 19.8 26.3 15.0
Bulgarie 2023 14.7 27.1 52.1 17.5 2021 22.8 36.1 48.1 24.7
Canada 2021 46.0 69.0 81.0 49.0 2020 6.0 11.7 21.3 8.8
Colombie 2020 57.5 77.1 86.5 65.1 2021 20.9 32.6 42.5 23.2
Corée 2022 69.6 68.0 72.9 69.5 2021 28.2 40.8 55.0 31.4
Croatie 2023 42.0 57.0 78.2 45.1 2021 16.8 31.0 49.1 20.0
Danemark 2023 66.6 79.2 93.7 69.5 2021 16.2 21.1 36.3 17.4
Espagne 2023 25.5 48.2 72.9 30.0 2021 39.2 42.3 63.1 40.5
Estonie 2023 54.7 74.0 91.5 58.6 2021 20.1 31.6 42.1 22.0
États-Unis 2018 42.7 56.8 68.1 44.3 2021 33.7 42.7 48.7 35.6
Finlande 2023 75.0 91.5 99.1 78.3 2021 21.6 32.3 35.3 22.8
France 2023 23.2 41.2 67.2 26.8 2021 20.3 31.5 41.3 22.3
Grèce 2023 21.2 35.3 55.7 23.6 2021 30.9 46.5 56.1 34.0
Hongrie 2023 41.2 61.3 85.8 44.9 2020 4.7 11.9 17.8 6.2
Irlande 2023 59.4 79.1 86.1 63.1 2021 30.5 42.3 59.0 32.3
Israël 2020 46.6 67.7 78.8 50.9 2021 15.3 22.3 37.3 17.2
Italie 2023 59.3 74.4 85.7 61.4 2022 52.1 59.1 65.5 53.2
Japon 2021 20.6 34.0 56.6 24.1 2021 25.0 41.0 67.8 28.4
Lettonie 2023 32.0 51.7 79.7 35.8 2021 24.4 41.1 61.0 28.4
Lituanie 2023 32.7 57.4 78.9 38.4 2021 19.6 29.6 47.1 22.2
Luxembourg 2023 33.2 49.8 68.0 37.0 2021 18.4 27.5 40.6 20.7
Norvège 2023 68.7 84.8 90.7 71.3 2022 36.4 47.5 56.7 38.3
Nouvelle-Zélande 2022 54.9 62.5 74.8 56.3 2021 22.0 30.1 49.9 23.6
Pays-Bas 2023 57.9 72.1 84.5 61.2 2021 14.9 31.8 51.2 18.6
Pologne 2023 51.0 73.2 88.4 55.7 2021 19.9 35.0 46.1 23.1
Portugal 2023 33.7 48.9 78.9 37.5 2021 9.4 13.5 23.6 10.5
République slovaque 2023 30.0 46.9 67.5 34.4 2021 23.8 39.4 47.0 27.4
République tchèque 2023 42.9 60.0 78.9 47.2 2021 46.4 60.8 77.9 49.5
Roumanie 2023 16.3 24.2 43.0 18.4 2021 25.7 35.9 43.7 27.5
Royaume-Uni 2021 59.8 57.7 .. 59.4 2021 38.1 49.9 60.9 40.3
Suède 2023 68.3 85.5 91.2 71.6 2021 19.6 27.2 35.9 21.1
Tableau 6. Adoption des technologies, par taille d’entreprise, année la plus récente (suite)
Notes : Pour les pays qui participent au Système statistique européen, les données de 2023 relatives à l’«Analytique des données massives »
correspondent à la catégorie « Analytique des données ». Pour le Canada, les données de la catégorie « Intelligence artificielle » concernent les
entreprises qui ont recours à des logiciels et du matériel utilisant l’intelligence artificielle. Pour le Japon, les données proviennent de l’enquête
nationale sur l’innovation de 2022 et se rapportent à la période triennale 2019-21. Pour la Suisse, les données se rapportent aux entreprises d’au
moins cinq salariés (et non de dix salariés ou plus) ; les données de la catégorie « Infonuagique » correspondent à la part des entreprises utilisant (et
non achetant) des services infonuagiques. Pour le Royaume-Uni, les données relatives à l’adoption de l’infonuagique dans les grandes entreprises
se rapportent à 2020 au lieu de 2021. Pour les États-Unis, la valeur « Infonuagique » reflète la part des entreprises ayant eu recours à des services
infonuagiques en 2018, d’après une question posée dans le contexte de l’utilisation de la technologie dans le cadre des processus ou méthodes de
production (« utilisation » et non « achat » de services infonuagiques) sur la période triennale 2016-18.
Source : OCDE (2024), Base de données de l’OCDE sur l’accès aux TIC et leur utilisation, [Link] (consultée le 28 février 2024).
12 [Link]
A. L’informatique en nuage
Commerce de gros à Commerce de détail à
Activités
Pays Activités de l’exception des véhicules l’exception des véhicules Transport et
Construction d’hébergement
Année fabrication automobiles et des automobiles et des entreposage
(ISIC F) et de restauration
(ISIC C) motocycles motocycles (ISIC G. (ISIC H)
(ISIC I)
(ISIC G: Division 46) Division 47)
Allemagne 2023 42.7 35.1 53.7 42.7 36.4 41.6
Tableau 7. Adoption des technologies, par secteur, année la plus récente (suite)
A. L’informatique en nuage
Tableau 7. Adoption des technologies, par secteur, année la plus récente (suite)
Tableau 7. Adoption des technologies, par secteur, année la plus récente (suite)
Tableau 7. Adoption des technologies, par secteur, année la plus récente (suite)
Tableau 7. Adoption des technologies, par secteur, année la plus récente (suite)
Tableau 7. Adoption des technologies, par secteur, année la plus récente (suite)
D. Intelligence artificielle
Commerce de gros à Commerce de détail à
Activités
Pays Activités de l’exception des véhicules l’exception des véhicules Transport
Construction d’hébergement
Année fabrication automobiles et des automobiles et des et entreposage
(ISIC F) et de restauration
(ISIC C) motocycles motocycles (ISIC G. (ISIC H)
(ISIC I)
(ISIC G: Division 46) Division 47)
Allemagne 2023 9.3 4.5 13.0 9.2 7.0 5.4
Tableau 7. Adoption des technologies, par secteur, année la plus récente (suite)
D. Intelligence artificielle
Activités Activités profession-
Pays Information et Activités de services
financières Activités immobilières nelles, scientifiques
Année communication administratifs et d’appui Tous
et d’assurances (ISIC L) et techniques
(ISIC J) (ISIC N)
(ISIC K) (ISIC M)
Allemagne 2023 33.1 .. 11.4 26.3 11.0 11.6
Tableau 7. Adoption des technologies, par secteur, année la plus récente (suite)
Notes : Sauf indication contraire, les données concernent les entreprises de 10 salariés ou plus.
Pour les pays qui participent au Système statistique européen, les données de 2023 relatives à l’« Analytique des données massives » correspondent
à la catégorie « Analytique des données ».
Pour la Belgique, les données relatives à l’adoption de l’infonuagique dans les secteurs des transports et des services d’hébergement et de
restauration se rapportent respectivement à 2017 et 2018 au lieu de 2023.
Pour la Belgique et le Portugal, les données relatives à l’adoption de l’analytique des données massives dans le secteur de l’immobilier
concernent 2019 au lieu de 2023.
Pour la Bulgarie, la valeur relative à l’adoption de l’infonuagique dans le secteur de l’immobilier se rapporte à 2017 au lieu de 2023.
Pour le Canada, le secteur du commerce de gros couvre l’ensemble du secteur SCIAN 41 (grossistes-marchands de véhicules automobiles
compris), et le secteur du commerce de détail couvre l’intégralité des secteurs SCIAN 44-45 (concessionnaires de véhicules automobiles compris).
Les données relatives à l’adoption de l’intelligence artificielle concernent les entreprises qui ont recours à des logiciels et du matériel utilisant
l’intelligence artificielle.
Pour la Croatie, les données relatives à l’adoption de l’infonuagique dans les secteurs de l’immobilier et des activités de services administratifs
et d’appui se rapportent respectivement à 2017 et 2021 au lieu de 2023. Les données sur l’adoption de l’internet des objets dans les secteurs des
transports, de l’information et des communications, et de l’immobilier se rapportent à 2020 au lieu de 2021.
Pour la Grèce et la République slovaque, les données relatives à l’adoption de l’infonuagique dans le secteur de l’immobilier concernent 2021 au
lieu de 2023.
Pour l’Italie, la Norvège et le Portugal, les données relatives à l’adoption de l’IdO dans le secteur de l’immobilier se rapportent à 2020 au lieu de 2021.
Pour le Japon, les données proviennent de l’enquête nationale sur l’innovation de 2022 et se rapportent à la période triennale 2019-21 et non à 2021.
Pour la Corée, le secteur « Commerce de gros, à l’exception des véhicules automobiles et des motocycles » (CITI, section G, Division 46) inclut le
secteur « Commerce de détail, à l’exception des véhicules automobiles et des motocycles (CITI, section G, Division 47).
Pour la Lettonie, les valeurs relatives à l’adoption de l’IdO dans les secteurs des activités professionnelles, scientifiques et techniques et des
activités de services administratifs et d’appui concernent 2020 au lieu de 2021.
Pour le Portugal, la valeur relative à l’adoption de l’infonuagique dans le secteur du commerce de détail concerne 2018 au lieu de 2023, et les
données pour les secteurs des transports, de l’immobilier et des activités professionnelles, scientifiques et techniques se rapportent à 2017
et non 2023. La valeur relative à l’adoption de l’IdO dans le secteur de l’immobilier se rapporte à 2020 au lieu de 2021. Les données relatives à
l’adoption de l’analytique des données massives dans les secteurs du commerce de gros, du commerce de détail, des transports et des activités
professionnelles, scientifiques et techniques concernent 2019 au lieu de 2023.
Pour la Roumanie, la valeur relative à l’adoption de l’infonuagique dans le secteur du commerce de détail se rapporte à 2021 au lieu de 2023.
Pour la Suisse, les données se rapportent aux entreprises d’au moins cinq salariés (au lieu de dix). Les données relatives à l’adoption de
l’infonuagique reflètent la part des entreprises qui utilisent (et non achètent) des services infonuagiques.
Pour le Royaume‑Uni, les données relatives à l’adoption de l’infonuagique dans les secteurs du commerce de gros, des activités professionnelles,
scientifiques et techniques et des activités de services administratifs et d’appui concernent 2020 au lieu de 2021.
Pour les États-Unis, les données relatives à l’adoption de l’infonuagique reflètent la part des entreprises ayant eu recours à des services
infonuagiques en 2018, d’après une question posée dans le contexte de l’utilisation de la technologie dans le cadre des processus ou méthodes de
production (« utilisation » et non « achat » de services infonuagiques) sur la période triennale 2016-18.
À des fins de comparaison à l’échelle internationale, les valeurs « Tous » (Total entreprises) tiennent compte des résultats portant uniquement sur
les entreprises de dix salariés ou plus. En revanche, les données par secteur ne se limitent pas aux entreprises d’au moins dix salariés et englobent
les résultats liés à toutes les entreprises employant des salariés, quelle que soit leur taille.
Source : OCDE (2024), Base de données de l’OCDE sur l’accès aux TIC et leur utilisation, [Link] (consultée le 28 février 2024).
12 [Link]
L’annexe statistique contient des tableaux élaborés en se fondant sur les trois méthodologies de calcul des paniers de tarifs
(téléphonie vocale et données mobiles, services de haut débit fixe, et offres groupées de services de communications).
Les caractéristiques des différentes offres de services de communications sont évaluées et comparées, notamment le
nombre d’appels, le débit descendant, les volumes de données autorisés, le nombre de chaînes de télévision et les offres
premium (dans le cas des offres groupées). La méthodologie employée pour calculer les paniers de tarifs consiste à
sélectionner, dans chaque pays de l’OCDE, les offres les moins chères du marché répondant à tous les critères associés
à un profil d’utilisation donné (profil d’utilisation faible, moyenne ou élevée).
Pour en savoir plus sur les méthodologies de mesure des tarifs des services de communications mises au point par
l’OCDE, voir OCDE (2020[3]) et OCDE (OCDE, 2017[2]).
Cette deuxième version du projet d’annexe statistique contient en outre des données sur les investissements et les
recettes annuels dans le secteur des télécommunications. Ces tableaux font également partie de la base de données
Statistiques de l’OCDE sur les télécommunications et l’internet ([Link]
Pays Opérateur Offre, option Fixe Option Voix Message Données Grand Total Pré-payé ?
Allemagne O2 My Prepaid Jahrestarife, Data 1024 MB, 12 months 7.6 0.0 0.0 0.0 0.0 7.6 Pré-payé
Australie Optus Optus Flex Annual 60GB, MyData 5120 MB, 9.3 0.0 0.0 0.0 0.0 9.3 Pré-payé
12 months
Autriche Magenta Mobile KLAX S, Data 33280 MB 13.2 0.0 0.0 0.0 0.0 13.2 Pré-payé
Belgique Proximus Mobilus Easy 5G, Data 10240 MB, 1 month 23.3 0.0 0.0 0.0 0.0 23.3
Canada Fido (Rogers) 6 Month Prepaid - Talk & Text & Data 150, 22.4 0.0 0.0 0.0 0.0 22.4 Pré-payé
Data 1024 MB, 6 months
Chili Entel Movil Bolsa Datos + Minutos, $5000 Top up - 30 days, 9.7 0.0 0.0 3.9 0.0 13.5 Pré-payé
Mobile Internet 10240 MB, 1 month
Colombie Movistar Combo Mes TODO EN UNO ULTRA $16000 (6GB) 10.0 0.0 0.0 0.0 0.0 10.0 Pré-payé
promo 4x1, Datos Full 24576 MB, 1 month
Corée SK 7 LTE uSIM 1GB/200Min, DATA 1843.2 MB, SIM only 7.3 0.0 0.0 0.0 0.0 7.3
(SK Telecom)
Costa Rica Liberty Plan libre Prepago, Data 4096 MB, SIM only 15.8 0.0 1.6 0.0 0.0 17.4 Pré-payé
Danemark Telenor Mobil 20GB 5G, frisurf 20480 MB, SIM only, 19.9 0.0 0.0 0.0 0.0 19.9
1 month
Estonie Telia Super Calling Card, Call 200, EMT Internet on the 0.0 6.3 0.6 0.0 0.0 6.9 Pré-payé
Phone 1024 MB, Voicemail option
États-Unis TracFone $15 500MB, Data 500 MB, 1 month 17.5 0.0 0.0 0.0 0.0 17.5 Pré-payé
(Verizon)
Finlande Telia Prepaid, Paketit S, Internet access 1024 MB 10.8 0.0 7.7 0.0 0.0 18.6 Pré-payé
France SFR Red Illimite 5GB, Internet 5120 MB, SIM only 6.6 0.0 0.0 0.0 0.0 6.6
(SFR)
Grèce What's Up PAYG, Calls to all, Mobile Internet Package 512 MB 17.2 0.0 0.0 0.0 0.0 17.2 Pré-payé
(Cosmote)
Hongrie T-Mobile Domino Fix, Domino Most Opcion, Domino 1.0 6.0 14.9 2.6 0.0 24.5 Pré-payé
Renewwable + Maraton 1024 MB
Irlande Three 3 Prepay Hero 5G, Unlimited data, SIM only 15.2 0.0 0.0 0.0 0.0 15.2 Pré-payé
Islande Nova Nova 2GB, Data 2048 MB 11.7 0.0 0.0 0.0 0.0 11.7
Israël Partner Classic 300GB 5G, Mobile surfing 307200 MB, 9.9 0.0 0.0 0.0 0.0 9.9
SIM only, 24 months
Italie Kena (TIM) 4.99 1GB, Internet 1024 MB, SIM only, 1 month 6.8 0.0 0.0 0.0 0.0 6.8 Pré-payé
Japon NTT DoCoMo irumo 0.5GB, 5 minute free call option, 6.1 11.2 1.0 1.2 0.0 19.5
Data Plus 512 MB, 1 month, Voicemail option
Lettonie LMT Sarunas, Internets Telefona 1300 MB, SIM only, 19.9 0.0 0.0 0.0 0.0 19.9 Pré-payé
1 month
Lituanie Tele2 PILDYK Sets - 199 Min + 5GB, Data 5120 MB 9.8 0.0 0.0 0.0 0.0 9.8 Pré-payé
Luxembourg Tango Smart LU SIM Only 5G, Data 5120 MB, SIM only, 10.2 0.0 0.0 0.0 0.0 10.2
12 months
Mexico MoviStar Paquete Prepago® Rollover $150, Internet por 13.9 0.0 0.2 0.0 0.0 14.1 Pré-payé
Tiempo 2224.76190476191 MB, 1 month
Norvège Telia Smart Kontant 14 Days, Data 543.154761904762 MB 21.0 0.0 0.0 0.0 0.0 21.0 Pré-payé
Nouvelle-Zélande One New MyFlex Prepay 200Mins (Data to 5GB), 9.7 0.7 0.3 0.0 0.0 10.7 Pré-payé
Zealand Data 1112.38095238095 MB
Pays-Bas Vodafone PAYG, Bel 200, Internet 500 MB 0.2 12.8 0.0 6.8 0.0 19.7 Pré-payé
Pologne Orange Orange Free - 200 mins + 200 SMS, Internet on the 6.4 2.3 0.0 4.5 0.0 13.2 Pré-payé
phone 1024 MB
Portugal UZO (MEO) fácil - 1GB + 2000 mins/SMS, Mobile Internet 12.8 0.0 0.0 0.0 0.0 12.8
1024 MB, 24 months
République slovaque Slovak Connection - 5G, Mobile Internet 3072 MB, SIM only, 22.3 0.0 0.0 0.0 0.0 22.3
Telekom 24 months
République tchèque T-Mobile POŘÁD ONLINE 4GB Plus, Data 4096 MB, SIM only, 35.4 0.0 0.0 0.0 0.0 35.4
1 month
Royaume-Uni O2 Pay & Go Big Bundle 4G 7GB, Data 7168 MB, 12.8 0.0 0.0 0.0 0.0 12.8 Pré-payé
1 month
Slovénie A1 A1 miniSIMPL, Mobile Internet 7.6 0.0 0.0 0.0 0.0 7.6 Pré-payé
1032.48898678414 MB, SIM only
Spain O2 20GB llamadas ilimitadas, Data 20480 MB, SIM only 14.1 0.0 0.0 0.0 0.0 14.1
(MoviStar)
Suède Comviq Fastpris mini, Mobilsurf 3072 MB 9.7 0.0 0.0 0.0 0.0 9.7 Pré-payé
(Tele 2)
Suisse M-Budget Mini, Data traffic 2048 MB, SIM only, 12 months 11.5 0.0 0.0 0.0 0.0 11.5
(Swisscom)
Türkiye Turkcell Mutlu Mega - Happy 70GB - 12M, Mobile Internet 11.5 0.0 0.0 0.0 0.0 11.5 Pré-payé
Packs 5973.3 MB, 12 months
Moyenne OCDE 12.4 1.0 0.7 0.5 0.0 14.6
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Pays Opérateur Offre, option Fixe Option Voix Message Données Grand Total Pré-payé ?
Allemagne O2 My Prepaid Jahrestarife, Data 1024 MB, 12 months 7.6 0 0 0 0 7.56 Pré-payé
Australie Optus Optus Flex Annual 60GB, MyData 5120 MB, 9.3 0 0 0 0 9.31 Pré-payé
12 months
Autriche Magenta Mobile KLAX S, Data 33280 MB 13.2 0 0 0 0 13.17 Pré-payé
Belgique Proximus Mobilus Easy 5G, Data 10240 MB, 1 month 23.3 0 0 0 0 23.33
Canada Fido (Rogers) 6 Month Prepaid - Talk & Text & Data 150, 22.4 0 0 0 0 22.43 Pré-payé
Data 1024 MB, 6 months
Chili Entel Movil Recarga Facil $8000, 4GB + 150 mins, Mobile 15.5 0 0 0 0 15.48 Pré-payé
Internet 40 960 MB
Colombie Movistar Combo Mes TODO EN UNO ULTRA $16000 (6GB) 10.0 0 0 0 0 9.96 Pré-payé
promo 4x1, Datos Full 24576 MB, 1 month
Corée SK 7 LTE uSIM 2GB/2000Min, DATA 1843.2 MB, SIM only 7.6 0 0 0 0 7.60
(SK Telecom)
Costa Rica Liberty Plan @1, Extra minutos 120, Data 10240 MB, SIM 29.1 8.0 0 0.3 0 37.41
only, 1 month
Danemark Telenor Mobil 20GB 5G, frisurf 20480 MB, SIM only, 19.9 0 0 0 0 19.92
1 month
Estonie Elisa Elisa Standard, Internet mobilis 1024 MB 8.2 0 0.6 0 0 8.78 Pré-payé
États-Unis TracFone $199 365 Days 24GB, Data 2048 MB, 1 month 18.6 0 0 0 0 18.63 Pré-payé
(Verizon)
Finlande Telia Telia Dot - 4G Unlimited 100 Mbit/s, Unlimited data 24.5 0 0 0 0 24.51
France SFR Red Illimite 5GB, Internet 5120 MB, SIM only 6.6 0 0 0 0 6.59
(SFR)
Grèce CU PAYG, CU MeApOla 7.2, Surf & email 2336 MB 17.4 0 0.0 0 0 17.45 Pré-payé
(Vodafone)
Hongrie T-Mobile Mobil L + 4GB, NetPlusz 4096 MB, SIM only, 43.7 0 0 0 0 43.73
12 months
Irlande Three 3 Prepay Hero 5G, Unlimited data, SIM only 15.2 0 0 0 0 15.21 Pré-payé
Islande Nova Nova 2GB, Data 2048 MB 11.7 0 0 0 0 11.69
Israël Partner Classic 300GB 5G, Mobile surfing 307200 MB, 9.9 0 0 0 0 9.90
SIM only, 24 months
Italie Kena (TIM) 4.99 1GB, Internet 1024 MB, SIM only, 1 month 6.8 0 0 0 0 6.79 Pré-payé
Japon NTT DoCoMo irumo 0.5GB, 5 minute free call option, Data Plus 6.1 11.2 3.0 2.4 10.2 32.97
512 MB, 1 month, Voicemail option
Lettonie LMT Sarunas, Internets Telefona 1300 MB, SIM only, 19.9 0 0 0 0 19.89 Pré-payé
1 month
Lituanie Tele2 PILDYK Sets - Unltd Min + 5GB, Data 5120 MB 13.2 0 0 0 0 13.17 Pré-payé
Luxembourg Tango Smart LU SIM Only 5G, Data 5120 MB, SIM only, 10.2 0 0 0 0 10.20
12 months
Mexico MoviStar Paquete Prepago® Rollover $150, Internet por 13.9 0 0.6 0 0 14.51 Pré-payé
Tiempo 2224.76190476191 MB, 1 month
Norvège Telia Smart 3GB - 5G, Data 3072 MB, 12 months 25.1 0 0 0 0 25.13
Nouvelle-Zélande One New MyFlex Prepay Unltd Mins (Data to 5GB), 17.4 0.7 0.77 0 0 18.82 Pré-payé
Zealand Data 1112.38095238095 MB
Pays-Bas Vodafone Start M + 5G, Onbeperkt Bellen Blox, 17.6 3.5 0 0 0 21.06
Internet 2560 MB, 24 months
Pologne Play Play na Kartę odNOWA - S, Data 30720 MB, 13.7 0 0 0 0 13.69 Pré-payé
SIM only
Portugal UZO (MEO) fácil - 1GB + 2000 mins/SMS, Mobile Internet 12.8 0 0 0 0 12.82
1024 MB, 24 months
République slovaque Slovak Relax - 5G, Mobile Internet 8192 MB, 33.5 0 0 0 0 33.46
Telekom SIM only, 24 months
République tchèque T-Mobile POŘÁD ONLINE 4GB Plus, Data 4096 MB, SIM only, 35.4 0 0 0 0 35.45
1 month
Royaume-Uni O2 Pay & Go Big Bundle 4G 7GB, Data 7168 MB, 12.8 0 0 0 0 12.85 Pré-payé
1 month
Slovénie A1 A1 maxiSIMPL, Mobile Internet 10.5 0 0 0 0 10.53 Pré-payé
7612.25096639905 MB, SIM only
Spain O2 20GB llamadas ilimitadas, Data 20480 MB, SIM only 14.1 0 0 0 0 14.12
(MoviStar)
Suède Comviq Fastpris 5GB, Mobilsurf 5120 MB 14.8 0 0 0 0 14.82
(Tele 2)
Suisse M-Budget Mini, Data traffic 2048 MB, SIM only, 12 months 11.5 0 0 0 0 11.51
(Swisscom)
Türkiye Turkcell Mutlu Mega - Happy 70GB - 12M, Mobile Internet 11.5 0 0 0 0 11.47 Pré-payé
Packs 5973.3 MB, 12 months
Moyenne OCDE 16.2 0.6 0.1 0.1 0.3 17.3
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 10. Téléphonie vocale et données mobiles, utilisation élevée, août 2023
900 appels + 2 Go, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Pays Opérateur Offre, option Fixe Option Voix Message Données Grand Total Pré-payé ?
Allemagne T-Mobile MagentaMobil Prepaid Jahrestaif 5G, 10.5 0 0 0 0 10.5 Pré-payé
Data start 3072 MB, 12 months
Australie Optus Optus Flex Annual 60GB, MyData 5120 MB, 9.3 0 0 0 0 9.3 Pré-payé
12 months
Autriche Hi! (Magenta) Einfach, Data 15360 MB, SIM only, 1 month 14.7 0 0 0 0 14.7
Belgique Proximus Mobilus Easy 5G, Data 10240 MB, 1 month 23.3 0 0 0 0 23.3
Canada Fido (Rogers) 6 Month Prepaid - Talk & Text & Data 200, 29.9 0 0 0 0 29.9 Pré-payé
Data 3072 MB, 6 months
Chili Movistar Plan 5G Libre Full, Bolsa de Internet 204800 MB, 26.4 0 0 0 0 26.4
SIM only, 18 months
Colombie Movistar Combo Mes TODO EN UNO ULTRA $16000 (6GB) 10.0 0 0 0 0 10.0 Pré-payé
promo 4x1, Datos Full 24576 MB, 1 month
Corée SK 7 LTE uSIM 2GB/2000Min, DATA 1843.2 MB, SIM only 7.6 0 0 0 0.0 7.6
(SK Telecom)
Costa Rica Kölbo Ultra K3, Extra minutos 100, Data 20480 MB, 54.3 6.2 13.2 0 0 73.7
SIM only, 1 month
Danemark Telenor Mobil 20GB 5G, frisurf 20480 MB, SIM only, 1 month 19.9 0 0 0 0 19.9
Estonie Elisa Elisa Soodsad Konepaketid, Interniti Lisamaht 9.0 0 0 0 0 9.0
2048 MB, SIM only
États-Unis TracFone $199 365 Days 24GB, Data 2048 MB, 1 month 18.6 0 0 0 0 18.6 Pré-payé
(Verizon)
Finlande Telia Telia Dot - 4G Unlimited 100 Mbit/s, Unlimited data 24.5 0 0 0 0 24.5
France SFR Red Illimite 5GB, Internet 5120 MB, SIM only 6.6 0 0 0 0 6.6
(SFR)
Grèce What's Up PAYG, Unlimited Calls, Mobile Internet Package 21.2 0 14.2 0 0 35.4 Pré-payé
(Cosmote) 2560 MB
Hongrie T-Mobile Mobil L + 4GB, NetPlusz 4096 MB, SIM only, 43.7 0 0 0 0 43.7
12 months
Irlande Three 3 Prepay Hero 5G, Unlimited data, SIM only 15.2 0 0 0 0 15.2 Pré-payé
Islande Nova Nova 2GB, Data 2048 MB 11.7 0 0 0 0 11.7
Israël Partner Classic 300GB 5G, Mobile surfing 307200 MB, 9.9 0 0 0 0 9.9
SIM only, 24 months
Italie Kena (TIM) 6.99 130GB, Internet 133120 MB, SIM only, 1 month 9.2 0 0 0 0 9.2 Pré-payé
Japon NTT DoCoMo ahamo Basic, 5 minute free call option, 27.5 3.1 9.8 4.9 0.0 45.3
Data Plus 20480 MB, 1 month, Voicemail option
Lettonie Tele2 Tarifu plāns 3 GB, Data 3072 MB, 1 month 22.2 0 0 0 0 22.2
Lituanie Tele2 PILDYK Sets - Unltd Min + 5GB, Data 5120 MB 13.2 0 0 0 0 13.2 Pré-payé
Luxembourg Tango Smart LU SIM Only 5G, Data 5120 MB, SIM only, 10.2 0 0 0 0 10.2
12 months
Mexico MoviStar Paquete Prepago® Rollover $150, Internet por 13.9 0 1.8 0 0 15.7 Pré-payé
Tiempo 2224.7 MB, 1 month
Norvège Telia Smart 3GB - 5G, Data 3072 MB, 12 months 25.1 0 0 0 0 25.1
Nouvelle-Zélande One New MyFlex Prepay Unltd Mins (Data to 5GB), 5000 SMS, 17.4 6.9 2.3 0 0 26.6 Pré-payé
Zealand Data 2224.7 MB
Pays-Bas Vodafone Start M + 5G, Onbeperkt Bellen Blox, Internet 17.6 3.5 0 0 0 21.1
2560 MB, 24 months
Pologne Play Play na Kartę odNOWA - S, Data 30720 MB, SIM only 13.7 0 0 0 0 13.7 Pré-payé
Portugal UZO (MEO) fácil - 3GB + 2000 mins/SMS, Mobile Internet 16.6 0 0 0 0 16.6
3072 MB, 24 months
République Slovak Relax - 5G, Mobile Internet 8192 MB, SIM only, 33.5 0 0 0 0 33.5
slovaque Telekom 24 months
République tchèque T-Mobile POŘÁD ONLINE 4GB Plus, Data 4096 MB, SIM only, 35.4 0 0 0 0 35.4
1 month
Royaume-Uni O2 Pay & Go Big Bundle 4G 7GB, Data 7168 MB, 1 month 12.8 0 0 0 0 12.8 Pré-payé
Slovénie A1 A1 maxiSIMPL, Mobile Internet 10.5 0 0 0 0 10.5 Pré-payé
6958.17619678592 MB, SIM only
Spain O2 20GB llamadas ilimitadas, Data 20480 MB, SIM only 14.1 0 0 0 0 14.1
(MoviStar)
Suède Comviq Fastpris 5GB, Mobilsurf 5120 MB 14.8 0 0 0 0 14.8
(Tele 2)
Suisse M-Budget Mini, Data traffic 2048 MB, SIM only, 12 months 11.5 0 0 0 0 11.5
(Swisscom)
Türkiye Turkcell Mutlu Mega - Happy 70GB - 12M, Mobile Internet 11.5 0 0 0 0 11.5 Pré-payé
Packs 5973.3 MB, 12 months
Moyenne OCDE 18.3 0.5 1.1 0.1 0.0 20.1
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 11. Téléphonie vocale et données mobiles, utilisation très élevée, août 2023
900 appels + 10 Go, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Pays Opérateur Offre, option Fixe Option Voix Message Données Grand Total Pré-payé ?
Allemagne O2 Prepaid M 5G, Data 13312 MB, 1 month 24.5 0 0 0 0 24.5 Pré-payé
Australie Boost Pre-paid - Anytime Plus $230 (12 Months), 12.6 0 0 0 0 12.6 Pré-payé
(Telstra) MyData 13653 MB, 12 months
Autriche Hi! (Magenta) Einfach, Data 15360 MB, SIM only, 1 month 14.7 0 0 0 0 14.7
Belgique Proximus Mobilus Easy 5G, Data 10240 MB, 1 month 23.3 0 0 0 0 23.3
Canada Virgin (Bell BYOP Data, Talk & Text 10GB, Data 10240 MB, 36.5 0.0 0 0 0 36.5
Mobility) SIM only, 12 month
Chili Movistar Plan 5G Libre Full, Bolsa de Internet 204800 MB, 26.4 0 0 0 0 26.4
SIM only, 18 months
Colombie Movistar Combo Mes TODO EN UNO ULTRA $16000 (6GB) 10.0 0 0 0 0 10.0 Pré-payé
promo 4x1, Datos Full 24576 MB, 1 month
Corée SK 7 LTE uSIM 10GB/2000Min, DATA 1843.2 MB, 14.9 0 0 0 0 14.9
(SK Telecom) SIM only
Costa Rica Kölbo Ultra K3, Extra minutos 100, Data 20480 MB, 54.3 6.2 13.2 0 0 73.7
SIM only, 1 month
Danemark Telenor Mobil 20GB 5G, frisurf 20480 MB, SIM only, 1 month 19.9 0 0 0 0 19.9
Estonie Elisa 11 GB Pilsavalt Ulmet, Interniti Lisamaht 11264 MB 16.4 0 0 0 0 16.4
États-Unis AT&T ATT Prepaid - 16GB 12M, Data 16384 MB, 31.7 0 0 0 0 31.7 Pré-payé
12 months
Finlande Telia Telia Dot - 4G Unlimited 100 Mbit/s, Unlimited data 24.5 0 0 0 0 24.5
France SFR Red Illimite 20GB, Internet 20480 MB, SIM only 12.9 0 0 0 0 12.9
(SFR)
Grèce CU PAYG, CU MeApOla 11.5, Surf & email 11776 MB 18.3 17.2 19.8 0 0 55.3 Pré-payé
(Vodafone)
Hongrie T-Mobile Mobil L + 10GB, NetPlusz 10240 MB, SIM only, 53.4 0 0 0 0 53.4
12 months
Irlande Three 3 Prepay Hero 5G, Unlimited data, SIM only 15.2 0 0 0 0 15.2 Pré-payé
Islande Nova Frelsi 20GB, Data 20480 MB 15.7 0 0 0 0 15.7 Pré-payé
Israël Partner Classic 300GB 5G, Mobile surfing 307200 MB, 9.9 0 0 0 0 9.9
SIM only, 24 months
Italie Kena (TIM) 6.99 130GB, Internet 133120 MB, SIM only, 1 month 9.2 0 0 0 0 9.2 Pré-payé
Japon NTT DoCoMo ahamo Basic, 5 minute free call option, 27.5 3.1 9.8 2.4 0 42.9
Data Plus 20480 MB, 1 month, Voicemail option
Lettonie Tele2 Tarifu plāns 10 GB, Data 10240 MB, 1 month 29.8 0 0 0 0 29.8
Lituanie Tele2 PILDYK Sets - Unltd Min + 10GB, Data 10240 MB 18.3 0 0 0 0 18.3 Pré-payé
Luxembourg Tango Smart LU SIM Only 5G, Data 10240 MB, SIM only, 10.2 5.1 0 0 0 15.3
12 months
Mexico MoviStar Giga Move 10GB 5G, Data 10240 MB, SIM only, 21.9 0.0 1.8 0 0 23.7
1 month
Norvège Telenor Forskudd 10GB, Ekstrasurf 10240 MB 38.5 0 0 0 0 38.5 Pré-payé
Nouvelle-Zélande Skinny $50 Endless Data 5G, Data 16640 MB 34.6 0 0 0 0 34.6 Pré-payé
(Spark)
Pays-Bas KPN SIM Only KPN Unlimited Calls/SMS 12GB + 5G, 25.3 0 0 0 0 25.3
Data 12288 MB, SIM only, 24 months
Pologne Play Play na Kartę odNOWA - S, Data 30720 MB, 13.7 0 0 0 0 13.7 Pré-payé
SIM only
Portugal UZO (MEO) fácil - 15GB + 2000 mins/SMS, Mobile Internet 24.1 0 0 0.0 0 24.1
15360 MB, 24 months
République Orange Flat Medium - 5G, Mobile Internet 10240 MB, 33.9 0 0 0 0 33.9
slovaque SIM only, 12 months
République tchèque T-Mobile POŘÁD ONLINE 10GB Plus, Data 10240 MB, 43.6 0 0 0 0 43.6
SIM only, 1 month
Royaume-Uni O2 Pay & Go Rolling Plan 4G 10GB, Data 10240 MB, 12.8 0 0 0 0 12.8 Pré-payé
1 month
Slovénie A1 A1 miniMIO, Mobile Internet Plus 20480 MB, 21.3 0 0 0 0 21.3
24 months
Spain O2 (MoviStar) 20GB llamadas ilimitadas, Data 20480 MB, SIM only 14.1 0 0 0 0 14.1
Suède Comviq Fastpris 10GB - 5G, Mobilsurf 10240 MB 19.9 0 0 0 0 19.9
(Tele 2)
Suisse Yallo Regular Plus, Mobiles Internet 20480 MB 16.0 0 0 0 0 16.0
(Sunrise)
Türkiye Vodafone 6 Aylık Kolay Paket 60, Mobile Internet Packs 13.6 0 11.4 0 0 25.0 Pré-payé
10240 MB
Moyenne OCDE 22.7 0.8 1.5 0.1 0.0 25.1
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Belgique Proximus Scarlet - Internet Poco 30720 / 2048 1.0 28.1 0 29.1
Chili Telmex - Claro Chile 1 Play 200Mbps 204800 / 10240 0.0 32.5 0 32.5
Colombie Movistar Fibra Optica Paga 200 y recibe 300 Megas 307200 / 307200 0.0 35.2 0 35.2
Corée SK Broadband Cable fibre optic 100M 102400 / 1.1 20.1 0 21.1
Danemark YouSee/TDC Erhverv YouSee Cable 200/20 204800 / 20480 1.1 33.3 0 34.4
Estonie STV Docsis 3 PAKETID 20/2 Mbit/s 25600 / 2048 0.0 27.5 0 27.5
Finlande DNA Welho DNA Net 5G 600M 614400 / 10240 0.1 32.6 0 32.8
Israël 018 Simple net 100MB / Bezeq line 102400 / 10240 0.0 25.6 0 25.6
Italie Telecom Italia - [Link] Wifi Power FWA 102400 / 51200 0.0 33.9 0 33.9
Japon Yahoo! BB/NTT-East SoftBank Hikari Yahoo! BB (optical line) - 1048576 / 1048576 0.8 38.7 0 39.5
Apartment plan
Pologne Play Play internet 150GB 50995.2 / 28672 2.6 21.1 0 23.7
République slovaque Orange Slovensko Fiber Basic 51200 / 20480 0.4 16.5 0 16.9
République tchèque Starnet Internet Optical 100 102400 / 102400 10.8 15.5 0 26.2
Spain Orange Jazztel Jazztel - Fibra 300Mb + Phone 307200 / 307200 0.0 35.7 0 35.7
Türkiye Superonline Fiber 25 Mbps (20GB) 25600 / 5120 1.9 8.3 0 10.3
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Allemagne Vodafone GigaZuhause 100 Kabel + Phone 102400 / 51200 -3.6 46.9 0 43.3
Chili Telmex - Claro Chile 1 Play 200Mbps 204800 / 10240 0.0 32.5 0 32.5
Colombie Movistar Fibra Optica Paga 200 y recibe 300 Megas 307200 / 307200 0.0 35.2 0 35.2
Corée SK Broadband Cable fibre optic 100M 102400 / 1.1 20.1 0 21.1
Danemark YouSee/TDC Erhverv YouSee Cable 200/20 204800 / 20480 1.1 33.3 0 34.4
Estonie STV Docsis 3 PAKETID 100/10 Mbit/s 102400 / 10240 0.0 38.5 0 38.5
Finlande DNA Welho DNA Net 5G 600M 614400 / 10240 0.1 32.6 0 32.8
Grèce Vodafone Vodafone Home double play Fiber 100 Pro 102400 / 10240 2.1 51.9 0 54.0
(price list)
Israël 018 Simple net 100MB / Bezeq line 102400 / 10240 0.0 25.6 0 25.6
Italie Telecom Italia - [Link] Wifi Power FWA 102400 / 51200 0.0 33.9 0 33.9
Japon Yahoo! BB/NTT-East SoftBank Hikari Yahoo! BB (optical line) - 1048576 / 1048576 0.8 38.7 0 39.5
Apartment plan
Portugal Vodafone Fibra 2 Gold 100 102400 / 102400 0.0 45.8 0 45.8
République slovaque UPC Internet 100 + TV 102400 / 6144 0.0 18.2 0 18.2
République tchèque Starnet Internet Optical 100 102400 / 102400 10.8 15.5 0 26.2
Spain Orange Jazztel Jazztel - Fibra 300Mb + Phone 307200 / 307200 0.0 35.7 0 35.7
Türkiye Superonline VDSL Speed Festival Kampanyası 100Mbps 102400 / 2048 0.1 33.5 0 33.6
(Promotion)
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
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Belgique VOO Giga Giga (Net + TV) 1024000 / 51200 0.0 80.9 0 80.9
Chili Movistar Plan Internet Hogar Fibra 2000 Megas 2048000 / 2048000 0.0 86.4 0 86.4
Costa Rica Telecable Fiber Optic 1000Mb 1024000 / 1024000 0.0 212.5 0 212.5
Danemark YouSee/TDC Erhverv YouSee Cable 1000/100 1024000 / 102400 1.1 40.0 0 41.1
Grèce Nova Fiber Ultra 1Gbps 1024000 / 102400 0.0 89.8 0 89.8
Hongrie DIGI Diginet 1000 (FTTH area) 1024000 / 307200 0.1 31.5 0 31.5
Israël 012 Smile 1000Mb Fiber 1024000 / 102400 0.0 34.3 0 34.3
Italie Fastweb Fastweb Home Light FWA 1024000 / 204800 0.0 33.9 0 33.9
Japon Yahoo! BB/NTT-East SoftBank Hikari Yahoo! BB (optical line) - 1048576 / 1048576 0.8 38.7 0 39.5
Apartment plan
Lituanie Init Internet Super Maksi 1024000 / 102400 0.3 28.8 0 29.0
Luxembourg Luxembourg Online LOL Fiber L 1024000 / 256000 0.0 55.3 0 55.3
Mexico Megacable Double Pack - Internet 1000Mbps + Illimitado 1024000 / 25600 0.0 93.6 0 93.6
Plus
Norvège NextGen Tel Fiber 1000 1024000 / 600000 0.0 112.9 0 112.9
République slovaque Antik Telecom 1Gbit/s + Phone 1024000 / 1024000 1.5 25.3 0 26.8
République tchèque T-Mobile Fibre Optic Internet L 1024000 / 512000 0.0 34.0 0 34.0
Royaume-Uni Virgin Media Gig1 Fibre 1157120 / 106496 0.0 71.5 0 71.5
Slovénie Telemach EON Fiber Light (price list) 2052096 / 204800 0.0 66.3 0 66.3
Spain Orange Jazztel Jazztel - Fibra 1Gb + Phone 1048576 / 1048576 0.0 44.3 0 44.3
Türkiye Vodafone Fiber at home 1000 1024000 / 5120 0.0 78.5 0 78.5
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
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Tableau 15. Offre double service : haut débit fixe + télévision, faible utilisation, janvier 2023
25 Mbits/s, TV : 20 chaînes, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données
Chaînes Téléphonie vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location Total
(SD/HD) vocale fixe données payante
(Go)
mobiles
Allemagne Vodafone Internet & Phone Cable 50 Mbps 147 / 89 3.3 56.5 0 0 0 59.8
Deutschland
Australie BigPond/ Internet + TV plans 25 Mbps 25 / 7 1.1 58.9 0 0 0 60.0
Telstra
Autriche A1 Telekom TV Kombi 30 Mbps 66 / 25 0.0 39.9 0 0 0 39.9
Austria
Belgique Scarlet Trio 50 Mbps 41 / 9 0.0 51.1 0 0 0 51.1
Canada Telus Pick TV + Internet bundle 75 Mbps 33 / 5 -1.2 90.9 0 0 0 89.7
Chili Claro Chile 2 Play - Internet Cable + 200 Mbps 37 / 26 0.0 57.8 0 0 0 57.8
TV HD
Colombie Claro Arma tu Play - internet + TV 200 Mbps 159 / 62 0.9 64.2 0 0 0 65.1
Colombia Digital Plus
Corée LG U+ Internet + IPTV 100 Mbps 4 / 211 1.2 16.2 0 0 0 17.4
Costa Rica Telecable Internet + TV Digital Plus 30 Mbps 133 / 58 0.0 78.3 0 0 0 78.3
Danemark YouSee Broadband 200 Mbps 26 / 0 1.5 75.6 0 0 0 77.1
Estonie STV valmisolev lahendus 50/50 50 Mbps 97 / 31 3.0 39.0 0 0 0 42.0
Mbps + 100 Kanali
États-Unis Verizon Fios - Create your own 300 Mbps 77 / 26 0.0 55.0 0 0 0 55.0
Bundle
Finlande Telia Finland Connection to Home + 50 Mbps 18 / 21 0.9 51.2 0 0 0 52.1
Telia TV
France Free Freebox Mini 4K 1024 Mbps 20 / 100 1.8 37.4 0 0 0 39.2
Grèce Wind Greece Wind Fiber +EON Plus 100 Mbps 26 / 61 0.0 65.4 0 0 0 65.4
Hongrie Vodafone Vodafone Home TV HD 250 Mbps 34 / 38 0.0 31.9 0 0 0 31.9
Hungary Basic
Irlande eir Complete Broadband and 100 Mbps 56 / 4 -2.7 71.0 0 0 0 68.3
Phone
Islande Siminn Heimilispakkinn 100 Mbps 22 / 1 0.0 124.4 0 0 0 124.4
Italie Vodafone Italy Internet Unlimited Fiber 100 Mbps 71 / 0 5.0 55.4 0 0 0 60.3
(Online Offer) with TV
Japon NTT East -BB Flet Hikari 100 Mbps 0 / 36 5.5 53.7 0 0 0 59.2
Excite
Lettonie BALTICOM Interaktīvā Televīzija 31Ch + 100 Mbps 12 / 19 0.7 23.5 0 0 0 24.2
Internets
Lituanie Cgates TV-Internetas 200 Mbps 14 / 12 0.2 23.9 0 0 0 24.1
Luxembourg Tango Tango Duo M 300 Mbps 80 / 0 5.3 63.0 0 0 0 68.3
Mexico IZZI Internet + Telefonia + TV 500 Mbps 67 / 42 1.1 30.9 0 0 0 32.0
(cablemas) 100ch
Norvège Telia Norway Bredband 100 Mbps 56 / 0 0.0 57.8 0 0 0 57.8
Pays-Bas T-Mobile NL Build Your Own Bundle 100 Mbps 5 / 59 0.0 54.8 0 0 0 54.8
Pologne Play internet-swiatlowodowy 300 Mbps 48 / 0 0.0 22.1 0 0 0 22.1
Portugal NOS NOS 3 - Fibra 30Mbps - 30 Mbps 96 / 24 0.0 51.1 0 0 0 51.1
120 Canais
République slovaque UPC Slovakia Internet + Internet Smart TV 100 Mbps 16 / 52 0.0 28.9 0 0 0 28.9
République tchèque Starnet Internet + TV 50 Mbps 69 / 24 6.2 15.5 0 0 0 21.7
Royaume-Uni Virgin Media Big Bundle 54 Mbps 97 / 12 0.0 58.5 0 0 0 58.5
UK
Slovénie Telemach EON Light 200 Mbps 62 / 90 0.0 56.3 0 0 0 56.3
Spain Orange - Fibra + Llamadas + TV 300 Mbps 60 / 0 0.0 49.7 0 0 0 49.7
Jazztel
Suède Telenor Kombo 100 Mbps 21 / 11 0.0 57.5 0 0 0 57.5
Bredbandsbo-
laget
Suisse Sunrise Essential Internet + TV 1024 Mbps 320 / 0 -2.3 52.8 0 0 0 50.4
Türkiye Superonline Her Ev İçin TV+ Ve Yüksek 50 Mbps 119 / 37 0.1 41.0 0 0 0 41.1
Hız Kampanyası
Moyenne OCDE 0.9 51.7 0.0 0.0 0.0 52.6
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
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Tableau 16. Offre double service : haut débit fixe + télévision, utilisation élevée, janvier 2023
600 Mbits/s, TV : 80 chaînes avec offre Premium cinéma et sports et enregistreur numérique, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données
Chaînes Téléphonie vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location Total
(SD/HD) vocale fixe données payante
(Go)
mobiles
Allemagne Vodafone Internet & Phone Cable 1000 Mbps 147 / 106 -1.3 85.9 0.0 0 54.1 138.7
Deutschland
Autriche Magenta Internet + TV 1000 Mbps 74 / 92 0.7 114.6 0.0 0 42.8 158.1
Austria
Belgique Voo Net + TV Max 1000 Mbps 96 / 27 0.0 88.1 0.0 0 36.5 124.6
Canada Telus Internet + Optik TV 940 Mbps 102 / 52 -2.4 125.0 0.0 0 25.1 147.7
Chili Movistar Pack Duo Internet + 800 Mbps 43 / 98 0.0 92.8 0.0 0 34.3 127.0
Chile TV HD
Colombie Movistar Trio Fibra 650 Mbps 89 / 56 5.1 139.8 0.0 0 30.3 175.2
Colombia
Estonie Telia Estonia Telia 1 1024 Mbps 165 / 0 13.7 163.4 0.0 0 0.0 177.1
États-Unis Comcast SuperFast 800 Mbps 65 / 74 1.2 187.6 0.0 0 9.9 198.7
Finlande DNA DNA Netti + TV Hubi 600 Mbps 64 / 19 0.4 63.0 0.0 0 43.3 106.7
France SFR France Fibre Power de SFR 2048 Mbps 202 / 0 4.0 47.0 0.0 0 34.3 85.3
Hongrie Vodafone Vodafone Home TV HD 1000 Mbps 58 / 62 0.0 62.7 0.0 0 0.0 62.7
Hungary Extra HBO Pak
Irlande Vodafone Broadband and TV 1000 Mbps 72 / 25 0.0 86.7 0.0 0 44.1 130.8
Ireland
Japon NTT East -BB Flet Hikari 1024 Mbps 0 / 93 5.5 79.3 0.0 0 24.7 109.6
Excite
Lituanie Cgates TV-Internetas 1024 Mbps 45 / 41 0.2 62.9 0.0 0 13.4 76.6
Luxembourg Post TV + Landline + Internet XL 1000 Mbps 72 / 74 1.8 94.5 1.0 0 0.0 97.3
Luxembourg
Mexico Megacable TV Conecta + Ilimitado Plus 1000 Mbps 40 / 58 0.6 86.8 0.0 0 24.1 111.5
+ Internet Ilimitado
Norvège Telenor Fiber Bredband 600 Mbps 90 / 0 5.7 158.3 0.0 0 0.0 164.0
Norway
Pays-Bas KPN Internet and TV 1000 Mbps 48 / 54 0.8 86.5 0.0 0 27.6 115.0
Pologne Play internet z telewizja 600 Mbps 61 / 146 0.0 39.1 0.0 0 0.0 39.1
Portugal MEO M3 Fibra - Pack 1000 Mbps 216 / 110 0.0 119.6 0.0 0 0.0 119.6
Standar+Extra TV
République slovaque UPC Slovakia Internet + Digital 600 Mbps 43 / 86 0.0 47.3 0.0 0 10.4 57.6
Komfort TV
République tchèque O2 Czech Internet 1000 Mbps 34 / 46 0.2 74.0 0.0 0 32.6 106.8
Royaume-Uni BT Broadband & Phone + TV 900 Mbps 103 / 16 1.5 79.7 6.6 0 0.0 87.7
Slovénie Telemach EON Premium 1024 Mbps 102 / 135 0.0 82.9 0.0 0 0.0 82.9
Spain Vodafone Vodafone Hogar Ilimitable 1024 Mbps 113 / 0 Illimité 0.0 142.5 0.0 0 16.1 158.6
España
Suède Tele2 Sweden Premium 600 600 Mbps 45 / 37 1.6 102.5 0.0 0 0.0 104.0
Suisse Sunrise Essential Internet + TV 1024 Mbps 320 / 17 -2.3 52.8 0.0 0 33.5 84.0
Türkiye TTNet Tivibu'lu İnternet 1000 Mbps 131 / 20 0.0 103.5 0.0 0 0.0 103.5
Kampanyasi - Ev Süper
Moyenne OCDE 1.3 95.3 0.3 0 19.2 116.1
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 17. Offre double service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe, faible utilisation, janvier 2023
25 Mbits/s, 20 appels, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données Téléphonie
Chaînes vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location vocale Total
(SD/HD) données payante
(Go) fixe
mobiles
Allemagne Vodafone Internet & Phone Cable 50 Mbps 1.4 40.2 2.1 0 0 43.7
Deutschland
Australie TPG FTTB Superfast 90 Mbps 0.2 46.3 0.0 0 0 46.5
Autriche Magenta Internet + Fixed Voice 50 Mbps 0.7 35.2 6.8 0 0 42.8
Austria
Belgique Scarlet Trio 50 Mbps 41 / 9 0.0 51.1 5.7 0 0 56.7
Canada Shaw Internet + Fixed Voice 75 Mbps -1.2 73.0 18.2 0 0 90.0
Chili VTR VTR WIFI + Fono ilimitados 500 Mbps 0.0 48.4 0.0 0 0 48.4
600 Movil
Colombie Movistar Duo Fibra Internet + 300 Mbps 6.0 45.2 0.0 0 0 51.2
Colombia Telefonia
Corée LG U+ Internet + IPTV + Internet 100 Mbps 4 / 211 1.2 16.2 3.1 0 0 20.4
Phone
Costa Rica Kolbi Fibra Optica + Telefonia Fija 30 Mbps 0.0 68.6 2.0 0 0 70.5
Danemark YouSee Broadband 200 Mbps 1.5 35.8 13.2 0 0 50.5
Estonie STV Koosta endale sobiv pakett 50 Mbps 1.4 31.8 3.0 0 0 36.2
États-Unis Comcast Connect 75 Mbps 1.2 43.6 33.0 0 0 77.9
France Free Freebox Mini 4K 1024 Mbps 20 / 100 1.8 37.4 2.0 0 0 41.1
Grèce Wind Greece Wind Double Play 50 Mbps 0.0 49.0 0.0 0 0 49.0
Hongrie Digi Hungary Digi Full Pack DIGINet 100 Mbps 67 / 41 0.1 38.7 1.5 0 0 40.4
(FTTB)
Irlande Vodafone Broadband and Talk 100 Mbps 0.0 47.4 1.7 0 0 49.1
Ireland
Islande Vodafone Build Your Own 1000 Mbps 0.0 64.9 15.0 0 0 79.9
Iceland
Italie Wind Italy Super Fibra 100 Mbps 3.8 34.3 0.0 0 0 38.1
Japon J Com NET + PHONE 320 Mbps 1.8 53.3 4.7 0 0 59.8
Lettonie BALTICOM Digitālā Televīzija 18 Ch + 100 Mbps 8 / 10 0.7 20.4 7.7 0 0 28.7
Internets + Home Phone
Lituanie Init Internetas + Skaitmenine 100 Mbps 2.5 17.4 0.0 0 0 19.8
Televizija
Luxembourg Post Bamboo Internet + landline 100 Mbps 1.8 55.2 2.7 0 0 59.6
Luxembourg M
Mexico IZZI Internet + Telefonia + TV 500 Mbps 67 / 42 1.1 30.9 0.0 0 0 32.0
(cablemas) 100ch
Norvège Telenor Fiber Bredband 100 Mbps 5.7 76.0 23.1 0 0 104.8
Norway
Nouvelle-Zélande Spark Broadband and Landline 30 Mbps 4.9 35.6 11.0 0 0 51.5
Pays-Bas KPN Internet 100 Mbps 0.8 49.6 14.4 0 0 64.8
Pologne Orange Orange Światłowód + TV 300 Mbps 39 / 96 0.8 46.7 0.0 0 0 47.5
Polska
Portugal Vodafone Net + Voz 30 Mbps 0.0 43.3 7.4 0 0 50.7
Portugal
République slovaque T-Com Chytrý balík - KlasikNET & 30 Mbps 0.0 21.5 16.0 0 0 37.4
Slovakia Pevná linka (FBB + FV)
République tchèque O2 Czech Internet 250 Mbps 0.9 29.8 23.2 0 0 53.9
Royaume-Uni Virgin Media Broadband and Phone 54 Mbps 0.0 48.0 3.9 0 0 51.9
UK
Slovénie Telemach EON Light 200 Mbps 62 / 90 0.0 56.3 3.6 0 0 59.9
Spain Orange Home Fibra 500Mb + Fijo 500 Mbps 0.0 45.4 1.5 0 0 46.8
España
Suède Tele2 Sweden Bredband + Fast telefoni 150 Mbps 1.6 40.8 15.3 0 0 57.7
+ TV
Suisse Sunrise Internet + Phone 200 Mbps 0.0 44.4 11.6 0 0 56.0
Türkiye Superonline VDSL Hiz Festivali 35 Mbps 0.1 31.5 1.3 0 0 32.9
Kampanyasi
Moyenne OCDE 1.1 43.1 7.1 0.0 0.0 51.3
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 18. Offre double service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe, utilisation élevée, janvier 2023
600 Mbits/s, 140 appels, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données Téléphonie
Chaînes vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location vocale Total
(SD/HD) données payante
(Go) fixe
mobiles
Allemagne Vodafone Internet & Phone Cable 1000 Mbps -3.1 69.6 13.0 0 0 79.5
Deutschland
Autriche Magenta Internet + Fixed Voice 1000 Mbps 0.7 98.2 31.5 0 0 130.4
Austria
Belgique Voo Trio Net + TV + Tel Max 1000 Mbps 96 / 21 2.0 103.3 6.1 0 0 111.4
Canada Shaw Internet Fibre Gig + Fixed 1024 Mbps -1.2 96.1 24.3 0 0 119.2
Voice
Chili Movistar Duo Telefonia Fibra 800 Mbps -0.6 62.9 0.0 0 0 62.3
Chile Simetrica
Colombie Movistar Duo Fibra Internet + 650 Mbps 5.1 95.9 0.0 0 0 101.0
Colombia Telefonia
Corée SK Telecom Fixed Internet + fixed voice 1024 Mbps 0.9 28.2 17.9 0 0 46.9
Danemark YouSee Broadband 1000 Mbps 0.0 38.7 13.2 0 0 51.9
Estonie Telia Estonia Telia 1 1024 Mbps 13.7 104.1 28.0 0 0 145.8
États-Unis Comcast SuperFast 800 Mbps 1.2 75.9 33.0 0 0 110.1
France Free Freebox Mini 4K 1024 Mbps 20 / 100 1.8 37.4 3.9 0 0 43.1
Hongrie Digi Hungary Digi Full Pack DIGINet 1000 1000 Mbps 67 / 41 0.1 41.4 12.5 0 0 54.0
(FTTH)
Irlande Vodafone Broadband and Talk 1000 Mbps 0.0 63.8 19.7 0 0 83.5
Ireland
Islande Vodafone Build Your Own 1000 Mbps 0.0 64.9 15.0 0 0 79.9
Iceland
Italie Wind Italy Super Fibra 2 500 0.8 37.0 0.0 0 0 37.8
Mbps
Japon NTT East -BB Flet Hikari 1024 Mbps 6.8 47.9 41.1 0 0 95.8
Excite
Lettonie BALTICOM Interaktīvā Televīzija 31Ch 600 Mbps 12 / 19 0.7 29.8 14.9 0 0 45.4
+ Internets + Home Phone
Lituanie Init Internetas + Skaitmenine 1000 Mbps 2.5 28.4 0.0 0 0 30.9
Televizija
Luxembourg Visual Online Fiber XL sur le réseau 600 Mbps 6.8 52.9 9.7 0 0 69.5
dégroupé
Mexico Megacable ilimitado Plus + Internet 1000 Mbps 0.6 78.5 0.0 0 0 79.1
Ilimitado
Norvège Telenor Fiber Bredband 600 Mbps 5.7 114.6 23.1 0 0 143.4
Norway
Nouvelle-Zélande Vodafone NZ Unlimited Broadband 813 Mbps 0.3 53.8 30.5 0 0 84.6
Pays-Bas KPN Internet 1000 Mbps 0.8 59.6 14.4 0 0 74.9
Pologne Orange Polska Orange Światłowód + TV 600 Mbps 39 / 96 0.8 51.2 0.0 0 0 51.9
Portugal MEO M2 Fibra + Chamadas 1000 Mbps 0.0 66.1 57.8 0 0 123.9
Nacionais
République slovaque UPC Slovakia Internet + Digital Klassik TV 600 Mbps 14 / 46 0.0 39.8 127.1 0 0 166.9
République tchèque O2 Czech Internet 1000 Mbps 0.9 46.4 23.2 0 0 70.5
Royaume-Uni BT Broadband & Phone 900 Mbps 0.4 56.1 10.5 0 0 66.9
Slovénie Telekom NEO A 1024 Mbps 96 / 6 2.0 83.3 13.3 0 0 98.6
Slovenije
Spain Vodafone Fibra + Llamadas 600 Mbps 0.0 47.5 0.0 0 0 47.5
España
Suède Tele2 Sweden Bredband + Fast telefoni 600 Mbps 1.6 54.8 15.3 0 0 71.8
+ TV
Suisse Sunrise Internet + Phone 1024 Mbps 0.0 50.0 12.6 0 0 62.5
Türkiye Superonline Superonline Fiberli Olma 1000 Mbps 0.1 67.4 5.6 0 0 73.1
Zamanı
Moyenne OCDE 1.6 62.0 18.7 0.0 0.0 82.2
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 19. Offre triple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + télévision,
faible utilisation, janvier 2023
25 Mbits/s, 20 appels (OCDE 2017), 20 chaînes, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données Téléphonie
Chaînes vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location vocale Total
(SD/HD) données payante
(Go) fixe
mobiles
Allemagne Vodafone Internet & Phone Cable 50 Mbps 147 / 89 3.3 56.5 2.1 0 0 61.9
Deutschland
Australie BigPond/ Internet + TV plans 25 Mbps 25 / 7 1.1 58.9 0 0 0 60.0
Telstra
Autriche A1 Telekom TV Kombi 30 Mbps 66 / 25 0.0 39.9 8.0 0 0 47.9
Austria
Belgique Scarlet Trio 50 Mbps 41 / 9 0.0 51.1 5.7 0 0 56.7
Canada Rogers Ignite Starter 150MB 150 Mbps 29 / 30 0.0 96.7 12.2 0 0 108.9
Chili Claro Chile 3 Play - Internet Cable + 200 Mbps 37 / 26 0.0 67.2 0.0 0 0 67.2
TV HD
Colombie Movistar Trio Fibra 350 Mbps 89 / 51 5.1 63.2 0.0 0 0 68.3
Colombia
Corée LG U+ Internet + IPTV + Internet 100 Mbps 4 / 211 1.2 16.2 3.1 0 0 20.4
Phone
Costa Rica Liberty Tripleplay 30 Mbps 242 / 67 0.0 83.0 1.4 0 0 84.4
Danemark YouSee Broadband 200 Mbps 26 / 0 1.5 75.6 13.2 0 0 90.3
Estonie STV valmisolev lahendus 50/50 50 Mbps 97 / 31 3.0 39.0 3.5 0 0 45.6
Mbps + 100 Kanali
États-Unis Verizon Fios - Create your own 300 Mbps 77 / 26 0 55.0 27.5 0 0 82.5
Bundle
France Free Freebox Mini 4K 1024 Mbps 20 / 100 1.8 37.4 2.0 0 0 41.1
Grèce Wind Greece Wind Fiber +EON Plus 100 Mbps 26 / 61 0.0 65.4 0.0 0 0 65.4
Hongrie Digi Hungary Digi Full Pack DIGINet 100 Mbps 67 / 41 0.1 38.7 1.5 0 0 40.4
(FTTB)
Irlande Vodafone Broadband & Talk and TV 100 Mbps 72 / 25 0.0 73.6 1.7 0 0 75.3
Ireland
Islande Siminn Heimilispakkinn 100 Mbps 22 / 1 0.0 124.4 0.0 0 0 124.4
Italie Vodafone Internet Unlimited Fiber 100 Mbps 71 / 0 5.0 55.4 0.0 0 0 60.3
Italy (Online Offer) with TV
Japon NTT East -BB Flet Hikari 100 Mbps 0 / 36 6.8 53.7 10.1 0 0 70.6
Excite
Lettonie BALTICOM Interaktīvā Televīzija 31Ch 100 Mbps 12 / 19 0.7 23.5 7.7 0 0 31.8
+ Internets + Home Phone
Lituanie Init Internetas + Skaitmenine 100 Mbps 10 / 13 2.5 23.4 0.0 0 0 25.9
Televizija
Luxembourg Tango Tango Duo M 300 Mbps 80 / 0 5.3 63.0 2.1 0 0 70.4
Mexico IZZI Internet + Telefonia + TV 500 Mbps 67 / 42 1.1 30.9 0.0 0 0 32.0
(cablemas) 100ch
Norvège Telenor Fiber Bredband 100 Mbps 90 / 0 5.7 132.1 23.1 0 0 160.9
Norway
Pays-Bas T-Mobile NL Build Your Own Bundle 100 Mbps 5 / 59 0.0 54.8 13.6 0 0 68.3
Pologne Orange Polska Orange Światłowód + TV 300 Mbps 39 / 96 0.8 46.7 0.0 0 0 47.5
Portugal NOS NOS 3 - Fibra 30Mbps - 30 Mbps 96 / 24 0.0 51.1 5.4 0 0 56.5
120 Canais
République slovaque UPC Slovakia Internet + Internet Smart TV 100 Mbps 16 / 52 0.0 28.9 15.4 0 0 44.4
République tchèque Vodafone Spojte-Sluzby 250 Mbps 22 / 40 Illimité 0.2 24.5 4.6 35.8 0 65.1
Czech
Royaume-Uni Virgin Media Big Bundle 54 Mbps 97 / 12 0.0 58.5 3.9 0 0 62.4
UK
Slovénie Telemach EON Light 200 Mbps 62 / 90 0.0 56.3 3.6 0 0 59.9
Spain Orange - Fibra + Llamadas + TV 300 Mbps 60 / 0 0.0 49.7 4.4 0 0 54.1
Jazztel
Suède Tele2 Sweden Standard 300 300 Mbps 12 / 18 1.6 63.1 15.3 0 0 80.0
Suisse Sunrise Essential Internet + TV 1024 Mbps 320 / 0 -2.3 52.8 11.6 0 0 62.0
Türkiye Superonline Her Ev İçin TV+ Ve Yüksek 50 Mbps 119 / 37 0.1 41.0 1.3 0 0 42.4
Hız Kampanyası
Moyenne OCDE 1.3 55.7 5.8 1.0 0.0 63.9
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 20. Offre triple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + télévision,
utilisation moyenne à élevée, janvier 2023
250 Mbits/s, 60 appels (OCDE 2017), 40 chaînes avec offre Premium cinéma, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données
Chaînes Téléphonie vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location Total
(SD/HD) vocale fixe données payante
(Go)
mobiles
Allemagne Vodafone Internet & Phone Cable 250 Mbps 147 / 93 1.4 69.6 9.7 0.0 35.9 116.6
Deutschland
Australie BigPond/ Internet + TV plans 250 Mbps 50 / 20 0.2 130.8 0.0 0.0 0.0 131.0
Telstra
Autriche A1 Telekom TV Kombi 300 Mbps 66 / 25 -3.5 65.1 23.5 0.0 35.2 120.4
Austria
Belgique Voo Trio Net + TV + Tel Max 1000 Mbps 96 / 27 2.0 103.3 6.1 0.0 29.5 140.9
Canada Rogers Ignite Flex 5 500MB 500 Mbps 29 / 37 0.0 98.1 18.2 0.0 25.1 141.4
Chili VTR VTR Plus 3 500 Mbps 92 / 86 0.0 84.0 0.0 0.0 0.0 84.0
Colombie Movistar Trio Fibra 350 Mbps 89 / 56 5.1 63.2 0.0 0.0 12.7 81.0
Colombia
Corée LG U+ Internet + IPTV + Internet 500 Mbps 4 / 211 1.2 26.0 7.4 0.0 9.5 44.1
Phone
Costa Rica Liberty Tripleplay 325 Mbps 242 / 75 0.0 162.0 3.9 0.0 0.0 165.9
Danemark YouSee Broadband 1000 Mbps 46 / 0 0.0 105.2 13.2 0.0 0.0 118.4
Estonie STV Koosta endale sobiv pakett 250 Mbps 54 / 18 1.4 53.5 9.2 0.0 10.1 74.3
États-Unis Verizon Fios - Create your own 300 Mbps 77 / 37 0.0 55.0 27.5 0.0 16.5 99.0
Bundle
France SFR France Fibre Power de SFR 2048 Mbps 202 / 0 4.0 47.0 0.0 0.0 34.3 85.3
Hongrie Digi Hungary Digi Full Pack DIGINet 500 Mbps 67 / 41 0.1 39.8 4.7 0.0 15.7 60.2
(FTTB)
Irlande Vodafone Broadband & Talk and TV 500 Mbps 72 / 25 0.0 80.2 8.0 0.0 21.6 109.7
Ireland
Islande Vodafone Build Your Own 1000 Mbps 54 / 0 0.0 200.4 15.0 0.0 0.0 215.4
Iceland
Israël Vodafone Internet Unlimited Fiber 2500 Mbps 71 / 0 5.0 55.4 0.0 0.0 19.2 79.5
Italy (Online Offer) with TV
Japon NTT East -BB Flet Hikari 1024 Mbps 0 / 89 6.8 79.3 20.2 0.0 24.7 131.1
Excite
Lettonie Baltcom komplekti - Internets + 300 Mbps 84 / 23 1.8 33.7 9.4 0.0 8.7 53.6
Digitālā Televīzija
Lituanie Init Internetas + Skaitmenine 400 Mbps 29 / 23 2.5 33.4 0.0 0.0 8.3 44.2
Televizija
Luxembourg Post TV + Landline + Internet XL 1000 Mbps 72 / 68 1.8 94.5 1.0 0.0 13.4 110.6
Luxembourg
Mexico IZZI Internet + Telefonia + TV 500 Mbps 67 / 42 1.1 30.9 0.0 0.0 12.3 44.3
(cablemas) 100ch
Norvège Telenor Fiber Bredband 350 Mbps 90 / 0 5.7 144.9 23.1 0.0 0.0 173.7
Norway
Pays-Bas T-Mobile NL Build Your Own Bundle 400 Mbps 5 / 63 0.0 59.4 18.0 0.0 17.8 95.2
Pologne Orange Polska Orange Światłowód + TV 300 Mbps 39 / 104 0.8 46.7 0.0 0.0 21.7 69.2
Portugal MEO M3 Fibra - Pack Standar TV 500 Mbps 181 / 78 0.0 67.6 23.3 0.0 15.7 106.7
République slovaque UPC Slovakia Internet + Digital Klassik TV 400 Mbps 14 / 49 0.0 32.4 49.9 0.0 10.4 92.7
République tchèque Vodafone Spojte-Sluzby 250 Mbps 22 / 43 Illimité 0.2 24.5 13.2 35.8 13.2 86.8
Czech
Royaume-Uni Virgin Media Bigger Bundle 264 Mbps 120 / 69 0.0 81.8 6.6 0.0 0.0 88.4
UK
Slovénie Telemach EON Full 500 Mbps 82 / 103 0.0 66.9 13.0 0.0 10.4 90.3
Spain Movistar Movistar Max 300 Mbps 41 / 9 30 0.0 84.9 0.0 0.0 14.7 99.5
España
Suède Telia Sweden Bredband via Fiber 250 250 Mbps 35 / 19 1.1 61.6 18.4 0.0 19.9 101.1
with TV and Telephony
Suisse Sunrise Essential Internet + TV 1024 Mbps 320 / 0 -2.3 52.8 12.6 0.0 12.6 75.6
Türkiye Superonline Her Ev İçin TV+ Ve Yüksek 500 Mbps 119 / 48 0.1 57.9 2.3 0.0 0.0 60.3
Hız Kampanyası
Moyenne OCDE 1.1 73.3 10.5 1.1 13.8 99.7
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 21. Offre triple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + télévision,
utilisation élevée, janvier 2023
600 Mbits/s, 140 appels (OCDE 2017), 80 chaînes avec offre Premium cinéma et sports et enregistreur numérique, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données Téléphonie
Chaînes vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location vocale Total
(SD/HD) données payante
(Go) fixe
mobiles
Allemagne Vodafone Internet & Phone Cable 1000 Mbps 147 / 106 -1.3 85.9 13.0 0.0 54.1 151.8
Deutschland
Autriche Magenta Internet + Fixed Voice + TV 1000 Mbps 74 / 92 0.7 114.6 31.5 0.0 42.8 189.6
Austria
Belgique Voo Trio Net + TV + Tel Max 1000 Mbps 96 / 27 2.0 103.3 6.1 0.0 36.5 147.8
Canada Telus Internet + Fixed Voice + 940 Mbps 102 / 52 -2.4 127.9 29.9 0.0 25.1 180.4
Optik TV
Chili Movistar Pack Trío Internet + TV + 800 Mbps 43 / 98 -0.6 107.9 0.0 0.0 34.3 141.6
Chile Telefonia
Colombie Movistar Trio Fibra 650 Mbps 89 / 56 5.1 139.8 0.0 0.0 30.3 175.2
Colombia
Estonie Telia Estonia Telia 1 1024 Mbps 165 / 0 13.7 163.4 28.0 0.0 0.0 205.0
États-Unis Comcast SuperFast 800 Mbps 65 / 74 0.0 165.6 33.0 0.0 9.9 208.4
France SFR France Fibre Power de SFR 2048 Mbps 202 / 0 4.0 47.0 0.0 0.0 34.3 85.3
Hongrie Vodafone Vodafone Home TV HD 1000 Mbps 58 / 62 0.0 49.7 30.3 0.0 13.0 93.0
Hungary Family
Irlande Vodafone Broadband & Talk and TV 1000 Mbps 72 / 25 0.0 90.0 19.7 0.0 44.1 153.8
Ireland
Japon NTT East -BB Flet Hikari 1024 Mbps 0 / 93 6.8 79.3 41.1 0.0 24.7 152.0
Excite
Lituanie Cgates TV-Internetas 1024 Mbps 45 / 41 0.2 62.9 10.5 0.0 13.4 87.1
Luxembourg Post TV + Landline + Internet XL 1000 Mbps 72 / 74 1.8 94.5 1.0 0.0 0.0 97.3
Luxembourg
Mexico Megacable TV Conecta + Ilimitado Plus 1000 Mbps 40 / 58 0.6 86.8 0.0 0.0 24.1 111.5
+ Internet Ilimitado
Norvège Telenor Fiber Bredband 600 Mbps 90 / 0 5.7 158.3 23.1 0.0 0.0 187.1
Norway
Pays-Bas KPN Internet and TV 1000 Mbps 48 / 54 0.8 86.5 14.4 0.0 27.6 129.4
Pologne Orange Orange Światłowód + TV 600 Mbps 39 / 110 0.8 51.2 0.0 0.0 21.7 73.7
Polska
Portugal MEO M3 Fibra - Pack 1000 Mbps 216 / 110 0.0 119.6 57.8 0.0 0.0 177.4
Standar+Extra TV
République slovaque UPC Slovakia Internet + Digital Komfort 600 Mbps 43 / 86 0.0 47.3 127.1 0.0 10.4 184.7
TV
République tchèque O2 Czech Internet 1000 Mbps 34 / 46 0.2 74.0 23.2 0.0 32.6 130.0
Royaume-Uni BT Broadband & Phone + TV 900 Mbps 103 / 16 1.5 79.7 10.5 0.0 0.0 91.7
Slovénie Telekom NEO A 1024 Mbps 96 / 9 2.0 83.3 13.3 0.0 10.9 109.4
Slovenije
Spain Vodafone Vodafone Hogar Ilimitable 1024 Mbps 113 / 0 Illimité 0.0 142.5 0.0 0.0 16.1 158.6
España
Suède Tele2 Sweden Premium 600 600 Mbps 45 / 37 1.6 102.5 15.3 0.0 0.0 119.4
Suisse Sunrise Essential Internet + TV 1024 Mbps 320 / 17 -2.3 52.8 12.6 0.0 33.5 96.5
Türkiye TTNet Tivibu'lu İnternet 1000 Mbps 131 / 20 0.0 103.5 3.9 0.0 0.0 107.3
Kampanyasi - Ev Süper
Moyenne OCDE 1.5 97.0 20.2 0.0 20.0 138.7
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 22. Offre triple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + téléphonie vocale
et données mobiles, faible utilisation, janvier 2023
25 Mbits/s, téléphonie vocale fixe : 20 appels (OCDE 2017), téléphonie vocale et données mobiles : 30 appels, 1 Go, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données
Chaînes Téléphonie vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location Total
(SD/HD) vocale fixe données payante
(Go)
mobiles
Allemagne United 1 & 1 DSL 50 Mbps 1 2.9 45.6 2.1 12.8 0 63.4
Internet
(1und1)
Autriche Magenta Internet + Fixed Voice 50 Mbps 16 0.7 35.2 6.8 15.7 0 58.5
Austria
Belgique Telenet One 150 Mbps 40 0.0 84.0 1.5 0.0 0 85.5
Canada Shaw Internet + Fixed Voice + 75 Mbps 10 -1.2 73.0 18.2 18.4 0 108.4
Shaw Mobile
Colombie Movistar Movistar Total Duo - 350 Mbps 60 5.1 68.2 0.0 0.0 0 73.2
Colombia Internet 350Megas + Movil
60 Gigas
Corée LG U+ Internet + IPTV + Internet 100 Mbps 4 / 211 1.5 1.2 24.8 3.1 27.5 0 56.5
Phone + Mobile
États-Unis Comcast Connect 75 Mbps 1 1.2 32.6 33.0 16.5 0 83.4
France Orange France Pack Open ADSL Forfait 50 Mbps 120 / 40 2.1 1.4 48.7 2.4 6.5 0 59.0
2h Internet 100MB
Grèce Vodafone RED + Home 93Mbps 93 Mbps 16 0.0 82.0 0.0 0.5 0 82.4
Greece
Hongrie Digi Hungary Digi Full Pack DIGINet 1000 Mbps 67 / 41 15 0.1 41.4 1.5 6.8 0 49.8
1000 (FTTH)
Irlande eir Complete Broadband and 100 Mbps 120 -2.7 54.6 9.8 16.3 0 78.1
Phone
Islande Vodafone Build Your Own 1000 Mbps 10 0.0 64.9 15.0 13.8 0 93.7
Iceland
Italie Wind Italy Fisso e Mobile 100 Mbps Illimité 0.0 32.9 0.0 13.7 0 46.6
Luxembourg Tango Tango Duo M 300 Mbps 80 / 0 4 5.3 63.0 2.1 5.2 0 75.6
Norvège Telenor Fiber Bredband 100 Mbps 3 5.7 76.0 23.1 25.9 0 130.7
Norway
Nouvelle-Zélande Slingshot Broadband Plan 31.9 Mbps 1.5 0.3 48.6 11.7 13.0 0 73.5
Pays-Bas T-Mobile NL T-Mobile Home + Mobile 100 Mbps 5 / 59 3 0.0 48.8 13.6 13.2 0 75.5
Pologne Orange Polska Love Standard 300 Mbps 32 / 103 50 0.8 59.2 0.0 0.0 0 60.0
Portugal NOS NOS 4 - Fibra 100Mbps - 100 Mbps 121 / 33 2 0.0 81.8 5.4 0.0 0 87.2
150 Canais + Cartão 2GB
(inclui 3 meses Sport TV)
République tchèque Vodafone Spojte-Sluzby 250 Mbps 22 / 40 Illimité 0.2 24.5 4.6 35.8 0 65.1
Czech
Royaume-Uni Virgin Media Volt Fibre Broadband and 108 Mbps 10 0.0 48.0 3.9 15.8 0 67.7
UK Phone
Slovénie T-2 T4 500 Mbps 49 / 0 5 4.7 58.5 3.7 0.0 0 66.9
Spain Orange - Fibra + Movil 300 Mbps 40 0.0 64.4 0.0 0.0 0 64.4
Jazztel
Suède Tele2 Sweden Bredband + Fast telefoni 150 Mbps 10 1.6 40.8 15.3 25.6 0 83.3
+ TV
Suisse Quickline Quickline Start 100 Mbps 206 / 125 5 6.3 45.3 12.6 14.0 0 78.1
Moyenne OCDE 1.3 53.9 7.6 11.9 0.0 74.7
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 23. Offre triple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + téléphonie vocale
et données mobiles, utilisation moyenne à élevée, janvier 2023
250 Mbits/s, téléphonie vocale fixe : 60 appels (OCDE 2017), téléphonie vocale et données mobiles : 100 appels, 10 Go, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données
Chaînes Téléphonie vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location Total
(SD/HD) vocale fixe données payante
(Go)
mobiles
Allemagne Vodafone Internet & Phone Cable & 250 Mbps 21 -0.4 53.3 0.0 39.1 0.0 92.0
Deutschland Giga Kombi
Autriche Magenta Internet + Fixed Voice 250 Mbps 16 0.7 53.1 14.9 15.7 0.0 84.4
Austria
Belgique Telenet One 1024 Mbps 40 0.0 109.4 7.3 0.0 0.0 116.7
Canada Shaw Internet + Fixed Voice + 250 Mbps 10 -1.2 78.8 20.0 18.4 0.0 115.9
Shaw Mobile
Colombie Movistar Movistar Total Duo - 350 Mbps 60 5.1 68.2 0.0 0.0 0.0 73.2
Colombia Internet 350Megas +
Movil 60 Gigas
Corée KT Fixed and mobile 500 Mbps 10 0.8 30.6 9.2 41.2 0.0 81.8
connections
États-Unis Spectrum Fixed broadband + Fixed 300 Mbps 20 0.6 69.6 22.0 33.3 0.0 125.5
Voice
France Free Freebox Pop 10245 80 / 100 Illimité 1.8 47.8 0.0 13.0 0.0 62.6
Mbps
Hongrie Digi Hungary Digi Full Pack DIGINet 1000 Mbps 67 / 41 15 0.1 41.4 4.7 6.8 0.0 52.9
1000 (FTTH)
Irlande eir Complete Broadband and 500 Mbps 120 -2.7 76.5 9.8 16.3 0.0 100.0
Phone
Islande Vodafone Build Your Own 1000 Mbps 10 0.0 64.9 15.0 13.8 0.0 93.7
Iceland
Italie Wind Italy Fisso e Mobile 1000 Mbps Illimité 0.0 32.9 0.0 13.7 0.0 46.6
Luxembourg Tango Tango Duo M 300 Mbps 80 / 0 15 5.3 63.0 4.9 21.2 0.0 94.4
Norvège Telenor Fiber Bredband 350 Mbps 11 5.7 91.4 23.1 41.4 0.0 161.6
Norway
Nouvelle-Zélande Vodafone NZ Unlimited Broadband 813 Mbps 12 0.3 47.3 16.5 38.9 0.0 102.9
Pays-Bas T-Mobile NL T-Mobile Home + Mobile 400 Mbps 5 / 59 12 0.0 53.4 18.0 21.0 0.0 92.5
Pologne Orange Polska Love Standard 300 Mbps 32 / 103 50 0.8 59.2 0.0 0.0 0.0 60.0
Portugal NOS NOS 4 - Fibra 500Mbpps 500 Mbps 136 / 48 10 0.0 96.0 25.2 0.0 0.0 121.2
- 180 Canais + Cartão
(inclui 6 meses Sport TV)
République tchèque Vodafone Spojte-Sluzby 250 Mbps 22 / 40 Illimité 0.2 24.5 13.2 35.8 0.0 73.6
Czech
Royaume-Uni Virgin Media Volt Fibre Broadband and 264 Mbps 10 0.0 55.8 6.6 15.8 0.0 78.2
UK Phone
Slovénie T-2 T4 500 Mbps 49 / 0 5 4.7 58.5 13.5 4.8 0.0 81.5
Spain Orange - Fibra + Movil 300 Mbps 40 0.0 64.4 0.0 0.0 0.0 64.4
Jazztel
Suède Tele2 Sweden Bredband + Fast telefoni 300 Mbps 10 1.6 45.2 15.3 25.6 0.0 87.8
+ TV
Suisse Quickline Quickline Start 500 Mbps 206 / 125 Illimité 6.3 56.4 12.6 22.4 0.0 97.6
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 24. Offre triple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + téléphonie vocale
et données mobiles, utilisation élevée, janvier 2023
600 Mbits/s, téléphonie vocale fixe : 140 appels (OCDE 2017), téléphonie vocale et données mobiles : 300 appels, 20 Go, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données Téléphonie
Chaînes vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location vocale Total
(SD/HD) données payante
(Go) fixe
mobiles
Allemagne Vodafone Internet & Phone Cable & 1000 Mbps 21 -3.1 69.6 0.0 39.1 0.0 105.6
Deutschland Giga Kombi
Autriche Magenta Internet + Fixed Voice 1000 Mbps 32 0.7 98.2 31.5 22.0 0.0 152.5
Austria
Belgique Telenet One 1024 Mbps 40 0.0 109.4 18.1 0.0 0.0 127.5
Canada Shaw Internet Fibre Gig + Fixed 1024 Mbps 10 -1.2 96.1 24.3 18.4 0.0 137.6
Voice + Shaw Mobile
Corée KT Fixed and mobile 1024 Mbps 30 0.8 36.7 9.2 49.0 0.0 95.7
connections
États-Unis Comcast SuperFast 800 Mbps 20 1.2 42.9 33.0 49.5 0.0 126.6
France Free Freebox Pop 10245 80 / 100 Illimité 1.8 47.8 0.0 13.0 0.0 62.6
Mbps
Hongrie Digi Hungary Digi Full Pack DIGINet 1000 Mbps 67 / 41 30 0.1 41.4 12.5 21.8 0.0 75.8
1000 (FTTH)
Irlande eir Complete Broadband and 1000 Mbps 120 -2.7 86.4 9.8 16.3 0.0 109.8
Phone
Islande Vodafone Build Your Own 1000 Mbps 30 0.0 64.9 15.0 19.8 0.0 99.7
Iceland
Italie Wind Italy Fisso e Mobile 1000 Mbps Illimité 0.0 32.9 0.0 13.7 0.0 46.6
Luxembourg Tango Tango Duo L 1000 Mbps 130 / 0 25 5.3 76.6 4.9 31.8 0.0 118.6
Norvège Telenor Fiber Bredband 600 Mbps Illimité 5.7 114.6 23.1 52.9 0.0 196.3
Norway
Nouvelle-Zélande Vodafone NZ Unlimited Broadband 813 Mbps Illimité 0.3 47.3 30.5 51.8 0.0 129.9
Pays-Bas KPN Internet with Mobile 1000 Mbps 20 0.8 59.6 14.4 27.0 0.0 101.9
Pologne Orange Polska Love Standard 600 Mbps 32 / 103 50 0.8 63.2 0.0 0.0 0.0 63.9
Portugal MEO M4 Fibra - Pack 1000 Mbps 216 / 92 20 0.0 107.0 57.8 6.3 0.0 171.1
Standar+Extra TV
République tchèque Vodafone Spojte-Sluzby 1000 Mbps 22 / 40 Illimité 0.2 39.7 13.2 35.8 0.0 88.8
Czech
Royaume-Uni Virgin Media Volt Fibre Broadband and 1130 Mbps 30 0.0 76.2 19.7 19.7 0.0 115.6
UK Phone
Slovénie Telekom NEO C 1024 Mbps 200 / 14 20 2.0 76.6 13.3 18.2 0.0 110.1
Slovenije
Spain Vodafone Vodafone One Illimitada 600 Mbps Illimité 0.0 73.1 0.0 0.0 0.0 73.1
España Básica
Suède Tele2 Sweden Bredband + Fast telefoni 600 Mbps 30 1.6 54.8 15.3 30.8 0.0 102.6
+ TV
Suisse Quickline Quickline Start 10240 206 / Illimité 6.3 62.0 12.6 22.4 0.0 103.2
Mbps 125
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 25. Offre quadruple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + téléphonie vocale
et données mobiles + télévision, faible utilisation, janvier 2023
25 Mbits/s, téléphonie vocale fixe : 20 appels (OCDE 2017), téléphonie vocale et données mobiles : 30 appels, 1 Go, 20 chaînes, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données Téléphonie
Chaînes vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location vocale Total
(SD/HD) données payante
(Go) fixe
mobiles
Allemagne United Internet 1 & 1 DSL 50 Mbps 50 / 37 1 2.9 58.7 2.1 12.8 0.0 76.5
(1und1)
Autriche Magenta Internet + Fixed Voice + 50 Mbps 35 / 30 16 0.7 44.0 6.8 15.7 0.0 67.3
Austria MagentaEINS Mobile + TV
Belgique Voo Quattro Relax 200 Mbps 96 / 21 5 0.0 98.0 1.5 0.0 0.0 99.5
Canada Shaw Internet + TV Total + Fixed 250 Mbps 17 / 103 10 -4.8 129.3 18.2 18.4 0.0 161.1
Voice + Shaw Mobile
Colombie Movistar Movistar Total Trio - 350 Mbps 89 / 51 60 5.1 91.0 0.0 0.0 0.0 96.1
Colombia Internet 350Megas +
Movil 60 Gigas
Corée LG U+ Internet + IPTV + Internet 100 Mbps 4 / 211 1.5 1.2 24.8 3.1 27.5 0.0 56.5
Phone + Mobile
États-Unis Comcast Connect 75 Mbps 65 / 60 1 0.0 122.3 33.0 16.5 0.0 171.8
France Orange France Pack Open ADSL Forfait 50 Mbps 120 / 40 2.1 1.4 48.7 2.4 6.5 0.0 59.0
2h Internet 100MB
Grèce Vodafone RED + Home 50Mbps +TV 50 Mbps 28 / 1 16 0.0 86.3 0.0 0.5 0.0 86.8
Greece Entertainment
Hongrie Digi Hungary Digi Full Pack DIGINet 1000 Mbps 67 / 41 15 0.1 41.4 1.5 6.8 0.0 49.8
1000 (FTTH)
Irlande eir Complete Broadband and 100 Mbps 56 / 4 120 -2.7 71.0 9.8 16.3 0.0 94.4
Phone
Islande Vodafone Build Your Own 1000 Mbps 23 / 0 10 0.0 128.0 15.0 13.8 0.0 156.8
Iceland
Luxembourg Tango Tango Duo M 300 Mbps 80 / 0 4 5.3 63.0 2.1 5.2 0.0 75.6
Norvège Telenor Norway Fiber Bredband 100 Mbps 90 / 0 3 5.7 132.1 23.1 25.9 0.0 186.8
Pays-Bas T-Mobile NL T-Mobile Home + Mobile 100 Mbps 5 / 59 3 0.0 48.8 13.6 13.2 0.0 75.5
Pologne Orange Polska Love Standard 300 Mbps 32 / 103 50 0.8 59.2 0.0 0.0 0.0 60.0
Portugal NOS NOS 4 - Fibra 100Mbps - 100 Mbps 121 / 33 2 0.0 81.8 5.4 0.0 0.0 87.2
150 Canais + Cartão 2GB
(inclui 3 meses Sport TV)
République tchèque Vodafone Spojte-Sluzby 250 Mbps 22 / 40 Illimité 0.2 24.5 4.6 35.8 0.0 65.1
Czech
Royaume-Uni Virgin Media Big Volt Bundle 108 Mbps 97 / 12 10 0.0 56.5 3.9 15.8 0.0 76.2
UK
Slovénie T-2 T4 500 Mbps 49 / 0 5 4.7 58.5 3.7 0.0 0.0 66.9
Spain Orange - Fibra + Movil + TV 300 Mbps 60 / 0 40 0.0 71.7 0.0 0.0 0.0 71.7
Jazztel
Suède Telia Sweden Bredband via Fiber 250 250 Mbps 35 / 19 3 2.0 61.6 18.4 21.6 0.0 103.7
with TV and Telephony
Suisse Quickline Quickline Start 100 Mbps 206 / 5 6.3 45.3 12.6 14.0 0.0 78.1
125
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 26. Offre quadruple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + téléphonie vocale
et données mobiles + télévision, utilisation moyenne à élevée, janvier 2023
250 Mbits/s, téléphonie vocale fixe : 60 appels (OCDE 2017), téléphonie vocale et données mobiles : 100 appels, 10 Go, 40 chaînes avec offre Premium cinéma,
USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données
Chaînes Téléphonie vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location Total
(SD/HD) vocale fixe données payante
(Go)
mobiles
Allemagne Vodafone Internet & Phone Cable & 250 Mbps 147 / 93 21 1.4 69.6 0.0 39.1 35.9 146.0
Deutschland Giga Kombi
Autriche Magenta Internet + Fixed Voice + 250 Mbps 74 / 90 16 0.7 69.4 14.9 15.7 35.7 136.4
Austria MagentaEINS Mobile + TV
Belgique Voo Quattro Max 1000 Mbps 96 / 27 15 0.0 112.6 6.1 6.1 29.5 154.3
Canada Shaw Internet + TV Total + Fixed 250 Mbps 17 / 113 10 -4.8 129.3 20.0 18.4 17.3 180.2
Voice + Shaw Mobile
Colombie Movistar Movistar Total Trio - 350 Mbps 89 / 56 60 5.1 91.0 0.0 0.0 12.7 108.8
Colombia Internet 350Megas +
Movil 60 Gigas
Corée LG U+ Internet + IPTV + Internet 500 Mbps 4 / 211 12 1.2 29.7 7.4 45.9 9.5 93.7
Phone + Mobile
États-Unis Comcast SuperFast 800 Mbps 65 / 64 20 0.0 132.6 33.0 49.5 9.5 224.5
France Free Freebox Pop 10245 80 / 101 Illimité 1.8 47.8 0.0 13.0 45.2 107.9
Mbps
Hongrie Digi Hungary Digi Full Pack DIGINet 1000 Mbps 67 / 41 15 0.1 41.4 4.7 6.8 15.7 68.6
1000 (FTTH)
Irlande Virgin Media 500Mb Broadband + TV 500 Mbps 68 / 22 Illimité 1.4 84.1 14.7 14.7 18.0 132.9
Ireland
Islande Vodafone Build Your Own 1000 Mbps 54 / 0 10 0.0 200.4 15.0 13.8 0.0 229.2
Iceland
Luxembourg Post Pack Advantage Internet 1000 Mbps 72 / 68 Illimité 1.8 94.5 1.0 63.6 13.4 174.3
Luxembourg XL
Norvège Telenor Fiber Bredband 350 Mbps 90 / 0 11 5.7 144.9 23.1 41.4 0.0 215.1
Norway
Pays-Bas T-Mobile NL T-Mobile Home + Mobile 400 Mbps 5 / 63 12 0 53.4 18.0 21.0 17.8 110.3
Pologne Orange Polska Love Standard 300 Mbps 32 / 111 50 0.8 59.2 0 0.0 21.7 81.7
Portugal NOS NOS 4 - Fibra 500Mbpps 500 Mbps 136 / 51 10 0 96.0 25.2 0.0 15.7 136.9
- 180 Canais + Cartão
(inclui 6 meses Sport TV)
République tchèque Vodafone Spojte-Sluzby 250 Mbps 22 / 43 Illimité 0.2 24.5 13.2 35.8 13.2 86.8
Czech
Royaume-Uni Virgin Media Bigger Volt Bundle 362 Mbps 120 / 69 10 0.0 81.8 6.6 15.8 0.0 104.1
UK
Slovénie T-2 T4 500 Mbps 49 / 0 5 4.7 58.5 13.5 4.8 16.0 97.5
Spain Movistar Movistar Max 300 Mbps 41 / 9 30 0 84.9 0.0 0.0 14.7 99.5
España
Suède Telia Sweden Bredband via Fiber 250 250 Mbps 35 / 19 15 2.0 61.6 18.4 36.7 19.9 138.7
with TV and Telephony
Suisse Quickline Quickline Start 500 Mbps 206 / 148 Illimité 6.3 56.4 12.6 22.4 18.4 116.1
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Tableau 27. Offre quadruple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + téléphonie vocale
et données mobiles + télévision, utilisation élevée, janvier 2023
600 Mbits/s, téléphonie vocale fixe : 140 appels (OCDE 2017), téléphonie vocale et données mobiles : 300 appels, 20 Go, 80 chaînes avec offre Premium cinéma et
sports et enregistreur numérique, USD en PPA, TVA incluse, par mois
Téléphonie
Données
Chaînes Téléphonie vocale et Télévision
Pays Opérateur Offre, option Vitesse mobiles Connexion Location Total
(SD/HD) vocale fixe données payante
(Go)
mobiles
Allemagne Vodafone Internet & Phone Cable & 1000 Mbps 147 / 106 21 -1.3 85.9 0.0 39.1 54.1 177.9
Deutschland Giga Kombi
Autriche Magenta Internet + Fixed Voice + 1000 Mbps 74 / 92 32 0.7 114.6 31.5 22.0 42.8 211.6
Austria MagentaEINS Mobile + TV
Belgique Voo Quattro Max 1000 Mbps 96 / 27 30 0.0 112.6 6.1 18.2 36.5 173.3
Canada Shaw Internet Fibre Gig + TV 1024 Mbps 17 / 116 10 -4.8 146.6 24.3 18.4 17.3 201.8
Total + Fixed Voice +
Shaw Mobile
États-Unis Comcast SuperFast 800 Mbps 65 / 74 20 0 132.6 33.0 49.5 9.9 224.9
France SFR France Fibre Power de SFR 2048 Mbps 202 / 0 80 4.0 47.0 0.0 33.9 34.3 119.1
Hongrie Telekom Magenta 1 1000 Mbps 121 / 65 50 0.0 63.4 19.3 58.5 13.0 154.2
Hungary
Irlande Virgin Media 1Gb Broadband + Bigger 1000 Mbps 118 / 32 Illimité 1.4 98.8 30.4 19.6 44.0 194.2
Ireland TV
Luxembourg Post Pack Advantage Internet 1000 Mbps 72 / 74 Illimité 1.8 94.5 1.0 63.6 0.0 160.9
Luxembourg XL
Norvège Telenor Fiber Bredband 600 Mbps 90 / 0 Illimité 5.7 158.3 23.1 52.9 0.0 240.0
Norway
Pays-Bas KPN Internet and TV with 1000 Mbps 48 / 54 20 0.8 78.1 14.4 27.0 27.6 148.0
Mobile
Pologne Orange Polska Love Standard 600 Mbps 32 / 117 50 0.8 63.2 0.0 0.0 21.7 85.7
Portugal MEO M4 Fibra 1000Mbps - 1000 Mbps 216 / 110 Illimité 0.0 158.9 57.8 0.0 0.0 216.7
Pack Standar+Extra TV
- GB ilimitados
République tchèque O2 Czech Spolu 1000 Mbps 34 / 46 20 0.2 100.3 23.2 23.1 32.6 179.5
Royaume-Uni Virgin Media Bigger Volt Bundle 1000 Mbps 120 / 74 30 0 97.6 19.7 19.7 0.0 137.0
UK
Slovénie Telekom NEO C 1024 Mbps 200 / 17 20 2.0 76.6 13.3 18.2 10.9 121.0
Slovenije
Spain Vodafone Vodafone Hogar Ilimitable 1024 Mbps 113 / 0 Illimité 0.0 142.5 0.0 0.0 16.1 158.6
España
Suède Tele2 Sweden Premium 600 600 Mbps 45 / 37 30 1.6 102.5 15.3 30.8 0.0 150.2
Suisse Sunrise Comfort Home - Internet 10240 315 / 182 Illimité 1.3 107.8 12.6 0.0 21.0 142.6
+ Phone + TV + Mobile Mbps
Source : Teligen/TechInsights (2023), Teligen tariff & benchmarking market data using the OECD methodology, [Link].
12 [Link]
Pays 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Allemagne 73 086 73 165 73 418 74 026 73 766 73 590 75 867 76 622 77 027 79 861 60 775 63 029 64 580 65 571
Australie 27 039 27 949 27 267 28 537 28 342 28 517 29 860 30 101 31 614 31 686 31 381 30 813 32 215 ..
Autriche 5 657 5 453 5 496 5 200 4 920 4 921 5 269 5 335 5 275 5 737 5 876 6 202 6 168 6 717
Belgique 9 412 9 329 9 267 8 863 8 799 8 976 9 288 9 259 9 429 9 839 10 003 10 155 10 441 10 522
Canada 34 143 34 446 35 437 36 739 37 346 38 241 40 279 41 588 43 885 44 438 44 524 46 828 49 270 50 769
Colombie .. .. 13 287 13 255 14 017 13 968 13 983 14 192 14 756 16 465 17 572 18 086 7 161 7 197
Corée 62 247 57 140 57 904 58 664 60 163 62 559 64 860 65 678 67 806 69 690 73 884 77 043 80 925 85 544
Costa Rica .. .. .. .. .. 2 010 2 123 2 187 2 255 2 361 2 223 2 215 2 212 2 267
Danemark 5 349 5 283 5 273 5 079 5 465 5 377 5 417 5 516 5 653 6 685 6 832 7 069 7 387 ..
Espagne 54 410 53 349 50 858 48 574 46 371 46 217 51 215 54 123 54 575 57 045 54 141 58 372 59 926 60 756
Estonie 1 366 1 451 1 405 1 245 1 132 1 141 1 106 1 131 1 153 1 174 1 281 1 313 1 265 1 423
États-Unis 517 507 539 611 556 587 558 935 588 172 601 970 611 166 599 077 611 867 619 826 615 635 662 843 666 715 ..
Finlande 4 300 4 206 4 011 3 841 3 780 3 725 3 955 4 045 4 092 4 035 4 121 4 259 4 452 ..
France 47 667 47 372 45 000 43 426 41 770 40 685 41 912 40 911 40 729 43 447 44 964 45 798 47 905 49 040
Grèce 9 854 9 325 9 063 8 663 7 965 7 196 7 466 7 471 7 604 8 096 7 926 8 317 8 594 ..
Hongrie 7 033 7 155 7 091 6 638 6 803 6 836 7 016 6 910 6 998 0 6 223 6 196 6 464 6 758
Irlande 4 549 4 607 3 949 3 895 3 687 3 757 3 892 3 995 4 447 4 433 4 460 4 557 4 783 4 895
Islande 189 193 195 202 209 208 202 198 187 193 187 187 203 209
Israël 6 866 7 408 6 641 6 091 5 664 5 457 5 360 5 121 4 880 4 600 4 396 4 603 5 028 ..
Italie 54 747 53 409 51 488 46 884 43 789 42 982 45 596 46 698 45 900 46 265 45 476 44 917 44 902 45 241
Japon 119 669 123 511 124 246 134 634 132 852 135 635 134 441 133 433 133 479 144 072 151 285 149 211 156 204 ..
Lettonie .. .. .. .. 1 058 1 076 1 106 1 133 1 084 1 085 1 106 1 113 1 128 1 178
Lituanie 5 719 5 322 5 050 4 875 4 761 1 257 1 345 1 394 1 395 1 660 1 702 1 772 1 711 1 764
Luxembourg 534 562 616 633 608 611 646 662 677 683 677 703 722 721
Mexique .. .. .. 49 649 53 118 52 811 54 007 52 291 53 177 54 247 53 110 54 147 58 303 62 284
Norvège 3 720 3 678 3 676 3 721 3 636 3 409 3 409 3 537 3 551 3 639 3 654 4 054 4 448 4 385
Nouvelle-Zélande 3 307 3 376 3 500 3 593 3 590 3 453 3 667 3 755 3 686 3 691 3 706 3 624 3 645 3 797
Pays-Bas 16 482 16 531 14 880 16 442 14 940 14 433 13 527 13 555 12 634 14 227 15 027 15 731 14 156 13 019
Pologne 23 873 24 005 24 073 22 876 22 417 22 403 22 937 22 683 22 382 23 349 23 996 23 719 22 861 22 950
Portugal 12 258 10 527 10 848 10 813 9 950 9 876 10 265 10 177 10 313 10 955 10 505 11 414 12 931 ..
République slovaque 3 962 3 822 3 741 3 615 3 447 3 387 3 369 3 201 3 217 3 356 3 490 3 871 3 457 ..
République tchèque 9 312 8 914 8 749 8 293 8 191 8 817 9 104 9 433 9 461 10 003 10 024 10 413 6 664 6 806
Royaume-Uni 64 051 60 350 64 896 61 823 59 852 60 596 61 482 61 278 53 914 53 634 54 606 52 104 48 918 ..
Slovénie 1 748 1 965 1 987 1 820 1 810 1 807 1 859 1 984 1 907 2 011 2 017 2 085 2 170 2 237
Suède 5 721 58 921 5 982 5 997 5 961 5 883 6 050 6 088 5 720 5 878 5 906 5 925 5 949 5 978
Suisse 11 941 12 382 13 077 13 581 14 460 14 912 15 288 15 212 15 674 15 549 15 484 14 810 15 955 16 119
Türkiye 23 020 27 881 29 513 29 251 30 602 34 121 36 476 37 063 36 215 36 241 36 535 33 837 28 267 32 218
OCDE 1 230 738 1 302 600 1 278 470 1 330 373 1 353 413 1 372 819 1 404 811 1 397 038 1 408 619 1 440 157 1 434 710 1 491 336 1 498 086 1 516 269
Notes : Pour les montants totaux de la zone OCDE, lorsque les données manquaient pour 2022, des estimations fondées sur les données de 2021 ont
été utilisées. On ne dispose pas de données sur les recettes au Chili.
Source : Statistiques de l’OCDE sur les télécommunications et l’internet (base de données), [Link] (consultée le 4 mars 2024).
12 [Link]
Pays 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Allemagne 7 284 7 975 8 101 8 571 9 870 10 256 11 067 11 486 12 297 13 611 15 211 16 429 19 420 18 929
Australie 2 563 2 934 3 408 4 443 4 876 5 472 6 794 7 839 8 913 8 241 7 040 6 092 6 751 ..
Autriche 830 617 688 643 689 827 770 812 878 1 201 1 213 1 061 1 232 1 112
Belgique 1 334 1 528 1 504 1 777 1 854 1 763 2 033 2 150 2 253 2 075 2 037 2 448 3 346 3 593
Canada 6 885 7 466 7 800 7 296 7 576 8 369 9 554 9 968 10 217 9 710 9 471 11 153 11 897 11 397
Chili 2 723 3 356 3 451 2 945 2 887 2 464 2 433 2 520 2 685 2 638 2 450 3 216 3 272 2 690
Corée 6 767 7 815 9 317 7 806 7 752 6 764 6 694 6 365 6 602 11 323 9 979 9 915 10 089 9 615
Costa Rica .. .. .. .. .. 718 587 879 508 646 247 644 435 419
Danemark 972 894 866 837 854 918 934 1 061 1 037 1 315 1 610 1 728 1 829 ..
Espagne 6 118 8 319 5 744 5 677 7 667 7 791 7 553 7 413 7 697 9 592 8 212 10 397 9 900 10 446
Estonie 134 170 228 175 167 168 176 152 165 170 221 200 189 ..
États-Unis 70 223 73 531 81 038 87 240 86 631 84 498 87 659 94 472 94 997 90 914 82 425 88 006 107 255 ..
Finlande .. 667 626 621 659 747 670 707 953 735 950 883 777 ..
France 7 545 8 684 8 803 8 952 8 694 9 668 11 498 13 042 13 804 17 068 19 435 21 590 21 696 20 577
Grèce 1 486 1 327 1 072 1 243 1 511 1 095 1 473 860 955 1 026 849 1 004 1 228 ..
Hongrie 1 126 1 031 1 192 1 027 1 231 1 393 1 312 1 339 1 176 1 240 1 396 1 535 1 569 ..
Irlande 522 538 981 678 690 688 716 834 860 887 828 867 1 288 ..
Islande 32 29 36 40 34 36 49 53 54 77 56 59 75 88
Israël 908 920 784 611 633 716 689 751 779 699 737 909 1 052 ..
Italie 7 987 7 907 8 421 8 037 8 293 9 850 10 063 10 411 12 201 12 477 12 066 12 086 11 354 10 743
Japon 13 308 13 357 13 760 15 827 9 853 11 559 11 360 10 413 12 008 11 362 13 402 33 044 29 739 ..
Lettonie .. .. 157 130 226 196 183 140 159 156 151 165 182 202
Lituanie 713 800 591 680 646 175 222 175 179 172 190 259 248 233
Luxembourg 99 126 146 168 177 149 132 122 95 96 109 133 148 126
Mexique .. .. .. 8 131 6 443 10 356 11 957 9 539 8 750 8 545 8 645 7 703 7 127 5 645
Norvège .. .. 862 936 969 1 010 1 124 1 119 1 155 1 408 1 477 1 680 1 915 1 722
Nouvelle-Zélande 1 030 829 847 1 090 1 174 1 196 1 106 1 103 1 127 1 184 1 131 1 111 1 027 1 106
Pays-Bas 3 450 3 491 3 304 5 284 3 471 2 875 2 963 2 907 2 881 2 909 2 787 3 606 5 178 5 419
Pologne 4 124 3 850 3 612 3 862 3 802 3 653 8 992 3 517 4 528 4 381 4 705 5 174 6 277 5 909
Portugal 1 737 1 451 1 268 1 279 1 061 1 082 1 069 1 116 1 062 1 092 1 270 1 584 1 652 1 629
République slovaque 718 734 410 458 644 641 706 730 671 760 793 786 774 ..
République tchèque 1 108 1 096 1 119 1 106 1 703 1 122 1 332 1 221 1 292 1 131 1 481 1 461 1 390 1 548
Slovénie 239 202 284 256 307 317 372 433 453 433 536 485 517 572
Suède 778 1 074 1 112 1 132 1 245 1 411 1 781 1 978 1 746 1 688 1 593 1 808 1 770 1 588
Suisse 1 467 1 716 2 422 2 220 2 631 2 499 2 675 2 469 2 370 2 474 2 423 2 668 2 862 2 951
Türkiye 4 088 5 774 5 649 5 105 5 155 14 892 5 990 5 909 5 769 6 987 7 907 7 982 6 744 7 519
OCDE 165 629 177 434 186 833 203 514 199 308 214 564 221 916 223 237 232 689 240 116 235 896 272 127 294 396 290 421
Notes : Pour les montants totaux de la zone OCDE, lorsque les données manquaient pour 2022, des estimations fondées sur les données de 2021 ont
été utilisées. On ne dispose pas de données sur les investissements en Colombie.
Source : Statistiques de l’OCDE sur les télécommunications et l’internet (base de données), [Link] (consultée le 4 mars 2024).
12 [Link]
Références
EUROSTAT (2023), Statistics on households and individuals and Statistics on enterprises, Comprehensive Database (base de données), [1]
[Link] (consulté le 12 julliet 2024).
OCDE (2017), Revised Telecommunication Price Baskets, Working Party on Communication Infrastructures and Services Policy, [2]
OCDE, Paris, [Link]
OCDE (2020), « OECD bundled communication price baskets », Documents de travail de l’OCDE sur l’économie numérique, [3]
n° 300, Éditions OCDE, Paris, [Link]
2.15. Presque tous les pays de l’OCDE produisent des indicateurs infranationaux
sur la disponibilité et la qualité du haut débit et une grande majorité d’entre
eux produisent des cartes du haut débit.................................................................................................... 58
2.16. Vue d’ensemble des principaux défis stratégiques et réglementaires dans
le domaine des communications au cours des trois à cinq prochaines années........ 60
2.17. Les régulateurs des communications ont de plus en plus souvent un mandat
sur des questions plus larges de politique numérique................................................................... 62
2.18. Les attributions de spectre pour les services mobiles se sont multipliées
dans la plupart des pays de l’OCDE et au Brésil depuis 2021..................................................... 66
ANNEXE STATISTIQUE
1. Internautes, par période de référence, année la plus récente.......................................................... 187
2. Internautes, par genre, année la plus récente............................................................................................... 188
3. Internautes, par âge, année la plus récente.................................................................................................... 189
4. Utilisation de l’internet au cours des trois derniers mois, par quintile de revenu
(partie A) et quartile de revenu (partie B), année la plus récente.................................................. 190
5. Diffusion d’une sélection d’activités en ligne au sein de la population
des internautes, année la plus récente............................................................................................................... 192
6. Adoption des technologies, par taille d’entreprise, année la plus récente............................ 193
7. Adoption des technologies, par secteur, année la plus récente...................................................... 195
8. Téléphonie vocale et données mobiles, faible utilisation, août 2023.......................................... 205
9. Téléphonie vocale et données mobiles, utilisation moyenne, août 2023................................ 206
10. Téléphonie vocale et données mobiles, utilisation élevée, août 2023..................................... 207
11. Téléphonie vocale et données mobiles, utilisation très élevée, août 2023.......................... 208
12. Haut débit fixe, faible utilisation, septembre 2023................................................................................. 209
13. Haut débit fixe, utilisation moyenne, septembre 2023........................................................................ 210
14. Haut débit fixe, utilisation élevée, septembre 2023................................................................................ 211
15. Offre double service : haut débit fixe + télévision, faible utilisation, janvier 2023........... 212
16. Offre double service : haut débit fixe + télévision, utilisation élevée, janvier 2023......... 213
17. Offre double service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe, faible utilisation,
janvier 2023.............................................................................................................................................................................. 214
18. Offre double service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe, utilisation élevée,
janvier 2023.............................................................................................................................................................................. 215
19. Offre triple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + télévision,
faible utilisation, janvier 2023.................................................................................................................................. 216
20. Offre triple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + télévision,
utilisation moyenne à élevée, janvier 2023................................................................................................... 217
21. Offre triple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + télévision,
utilisation élevée, janvier 2023................................................................................................................................ 218
22. Offre triple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + téléphonie vocale
et données mobiles, faible utilisation, janvier 2023............................................................................... 219
23. Offre triple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + téléphonie vocale
et données mobiles, utilisation moyenne à élevée, janvier 2023................................................ 220
24. Offre triple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + téléphonie vocale
et données mobiles, utilisation élevée, janvier 2023............................................................................. 221
25. Offre quadruple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + téléphonie
vocale et données mobiles + télévision, faible utilisation, janvier 2023............................... 222
26. Offre quadruple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + téléphonie
vocale et données mobiles + télévision, utilisation moyenne à élevée,
janvier 2023......................................................... �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� 223
27. Offre quadruple service : haut débit fixe + téléphonie vocale fixe + téléphonie
vocale et données mobiles + télévision, utilisation élevée, janvier 2023.............................. 224
28. Recettes générées par l’ensemble des services de télécommunications,
Millions d’USD en PPA, 2010-23............................................................................................................................... 225
29. Investissement annuel total dans les services de télécommunications,
Millions d’USD en PPA, 2010-23.......... �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� 226
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