0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
131 vues5 pages

METHOLOGIE

Le chapitre examine le cadre juridique et socio-culturel de la famille en République Démocratique du Congo, en mettant l'accent sur la distinction entre la famille nucléaire et la famille traditionnelle africaine. Il aborde également le droit de la famille, en particulier le mariage et la possession d'état d'époux, soulignant que le mariage est un acte juridique essentiel régulé par la loi congolaise. Enfin, il définit la possession d'état d'époux comme une preuve de mariage en l'absence d'acte d'état civil, tout en précisant ses éléments constitutifs et ses effets.

Transféré par

mukadijonathan64
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
131 vues5 pages

METHOLOGIE

Le chapitre examine le cadre juridique et socio-culturel de la famille en République Démocratique du Congo, en mettant l'accent sur la distinction entre la famille nucléaire et la famille traditionnelle africaine. Il aborde également le droit de la famille, en particulier le mariage et la possession d'état d'époux, soulignant que le mariage est un acte juridique essentiel régulé par la loi congolaise. Enfin, il définit la possession d'état d'époux comme une preuve de mariage en l'absence d'acte d'état civil, tout en précisant ses éléments constitutifs et ses effets.

Transféré par

mukadijonathan64
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre I .

Cadre juridique et socio-culturel de la famille en RDC

Le concept "famille", affirme EDDY MWANZO 1,recècle diverses qualifications et specificité.


Et, la notion de famille africaine, poursuit SOHIER 2, diffère de beaucoup de celle des
Occidentaux à cause de son étendue. Il existe en effet divers types de famille en Afrique : la
famille nucléaire, ou famille restreinte, d’inspiration européenne, et la famille traditionnelle
africaine, qui revêt plusieurs formes généralement ramenées à deux la famille lignage et la
famille-maison. La famille lignage est définie comme l’ensemble des descendants d’un ancêtre
commun tandis que la famille maison est l’ensemble d’individus vivant dans une maison sous
l’autorité du chef de ménage qu’ils considèrent comme leur père. La famille-lignage est appelée
‘‘parentèle’’, lorsqu’on l’envisage au point de vue social, et clan lorsqu’on l’envisage sur le plan
politique.

Dès lors, il devient indispensable de circonscrire l'angle de la présente étude au regard de ce qui
vient d'être dit. Sans plus tarder, il conviendrait de souligner que, sans toutefois faire abstraction
à d'autres dimensions de la famille précitée, la dimension nucléaire ou restreinte sera la plus
exerguée.

Le présent chapitre aborde ainsi successivement le droit de la famille et la possession d'état


d'époux (Section 1) ainsi que la représentation sociale de la famille et coutumes locales (Section
2)

Section 1. Droit de la famille et possession d'état d'époux

Il sera ici question de voir le cadre juridique régissant le mariage (§1) avant de voir la notion de
la possession d'état d'époux (§2)

§1. Le mariage

En doctrine, le mariage est perçu comme étant un acte juridique reçu en forme solennelle par
l’officier d’état civil, en vertu duquel deux personnes établissent entre elles une union dont la loi
civile règle impérativement les conditions, les effets et la dissolution3

1
E. MWANZO idin’AMINYE, L’égalité des époux en droit congolais de la famille, thèse de doctorat, Université
Catholique de Louvain, 2009, pp.18- 20.
2
A. SOHIER, Traité élémentaire de droit civil du Congo belge, Bruxelles, Larcier, 1949, pp. 39-52
3
[Link] et allïi, « Le droit civil » in S. Ginchard et T. Bebard, (Dir.), Lexique des termes juridiques, Paris, Dalloz,
2018.p.1208. v°Mariage.

1
Le mot mariage peut viser une situation juridique, la situation de personnes mariées, que l’on
appelle aussi l’état des gens mariés4. Il peut aussi viser l’acte juridique par lequel les personnes
ont contracté mariage. Le mariage est à la fois un contrat et une institution.5

En droit Congolais, les alinéas 1 et 2 de l'article 40 de la constitution prévoit que tout individu a
le droit de se marier avec la personne de son choix, de sexe opposé, et de fonder une famille. La
famille, cellule de base de la communauté humaine, est organisée de manière à assurer son unité,
sa stabilité et sa protection. Elle est placée sous la protection des pouvoirs publics. 6

Cette protection explique l'importance de la famille qui est un microcosme dont la somme
engendre la population, élément indispensable d'appréhension du macrocosme : I'Etat. Cest au
sein de la famille que se nouent incontestablemnent les premières relations juridiques avec les
autres humains. Pour percevoir le rôle de la famille au point de vue social et moral, il suffit de
considérer que sans lien juridique entre le père, la mère et les enfants, ces derniers risqueraient
d'être abandonnés et lEtat les recueillerait (les pupilles de I'Etat).Une telle société comprenant
une poussière d'individus sans intermédiaire entre ceux-ci et l'Etat serait difficilement viable. 7

L'article 330 du code de la famille, le mariage est l’acte civil, public et solennel par lequel un
homme et une femme, qui ne sont engagés ni l’un ni l’autre dans les liens d’un précédent
mariage enregistré, établissent entre eux une union légale et durable dont les conditions de
formation, les effets et la dissolution sont déterminés par la présente loi.8

§.2. La possession d'état d'époux

La possession d’état d’époux est considérée, à défaut d’acte de l’état civil, comme une preuve du
mariage.9 Il nous est très utile dans le cadre de cette étude d’analyser ce mot possession d’état
d'époux que le code la famille prévoit, mais que ne définit pas.

A. Définition de la possession d’état

L'article 438 du Code de la famille dispose que «A défaut d'acte de l'état civil, le mariage est
prouvé par possession d'état d'époux. Deux personnes ont la possession d'état d'époux

4
A. Dionisi-Peyrusse,Droit civil Tome I, Sl, CNFT,2007.p.51.
5
Eadem.
6
Constitution de la République Démocratique du Congo, telle que modifiée par la Loi n° 11/002 du 20 janvier 2011
portant révision de certains articles de la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février
2006.J.O.R.D.C., 52ème année, numéro spécial, du 5 février 2011.
7
J. Ngwabika Funda, Droit civil : Les personnes, Kinshasa, ABC print, 2017.p.139.
8
loi n°87/10 du 1er Août 1987 portant code de la famille, J.O.Z, n°Special du 1er Août 1987.
9
Idem, article 438.

2
lorsqu'elles se considèrent et se traitent mutuellement comme époux, et qu'elles sont considérées
et traitées comme tels par leur famille et la société ».

Le terme « défaut d'acte d'état civil » est sujet à des interprétations à géométrie variable. aucuns
pensent que le détaut renvoie à un acte qui n'a jamais existé et donc, le mariage n'a jamais été
célébré ou enregistré devant I'officier de I'état civil. Dans Ie cas, la possession d'état d'époux
servirait de preuve dudit mariage. Mais ce point de vue est dangereux et tend à saper la
protection que le législateur accorde au mariage. Recourir à la possession d'état d'époux pour se
croire marié, Cest non seulement consacrer le concubinage mais encore se consoler de quelque
chose que l'on n'a pas. On ne peut pas etre marié sans réunir les conditions exigées par la loi.10

D'autres par contre estiment que l'acte a bel et bien existé mais il est perdu et que désormais, ce
mariage doit être prouvé par la possession d'état d'époux. Nous pensons raisonnablement que la
possession d'état d'époux n'est nullement une union de fait mais une situation de fait créée par
deux personnes par l'avènemnent d'une circonstance ayant rendu possible la perte de l'acte de
mariage et du livret de manage.11 La preuve et la contestation de la possession d'état d'époux par
plus d'un témoin atteste bien que le mariage existe mais que Sa preuve par l'acte de mariage ou le
livret de manage fait défaut. Il convient de ne pas non plus perdre de vue le contexte dans lequel
recourt est fait à la possession d'état d'époux : celui du mariage tel que réglementé par le Code de
la famille. Agir autrement, c'est consacrer en mariage toutes les unions de fait. 12

B. Eléments constitutifs de la possession d’état13

Pour que la possession d’état soit dite dans le chef d’une personne, elle doit réunir quatre
éléments constitutifs, à savoir : le nomen le tractus et le fama, l'existence d'un mariage légal.

1. Le nomen (le nom en français) : C’est le fait de porter le nom qui correspond à l’état que l’on
prétend avoir. La femme mariée a le nom de son mari. 14 L’enfant a le nom donné par ses
parents.15

10
J. Ngwabika Funda, [Link]. p.189.
11
Idem.
12
Ibidem.
13
G. Manana, « La possession d'état d'époux en droit Congolais : Preuve du mariage formel ou informel ? » [En ligne
sur [Link]
formel,[Link]] Consulté dimanche 8 juin 2025.
14
Article 62, loi du 1er Août 1987 précitée.
Idem, Article 59.
15

3
2. Le tractus (le traitement en français) : c’est le fait d’être traité par ses proches comme étant
celui dont l’on prétend avoir l’état. Deux personnes ont la possession d’état lorsqu’elles se
traitent comme tels.16

Une personne a la possession d’état d’enfant lorsqu’elle est traitée par un homme et une femme,
leurs parents et la société comme étant l’enfant de cet homme ou de cette femme. 17

3. Le fama (la réputation en français) : c’est le fait d’être considéré par la famille et la société
comme ayant l’état dont l’on se prévaut. Deux personnes ont la possession d’état d’époux
lorsqu’ils sont considérés par la famille et la société comme tels.18

4. Existence d'un mariage légal

En réalité, la possession d’état d’époux joue un rôle mineur en matière de preuve de mariage car
en aucun cas elle ne dispense les époux de prouver leur mariage au moyen de l’acte. En clair, la
possession d’état d’époux ne joue comme preuve de mariage que si l’acte de mariage établi par
l’officier d’état civil a été soit détruit, soit perdu.19

C. Caractères de la possession d’état

Par caractères de la possession d’état, nous attendons aux qualités qu’elle doit revêtir, car tout
celui qui prétend l’avoir ne remplit pas toujours les conditions. Pour que la possession d’état
constitue un véritable indice de lien conjugal ou de filiation et pour produire les effets du droit,
elle doit être continue, paisible, publique mais également non-équivoque.

1. Le caractère continu de la possession d’état

La possession d’état est dite continue lorsque les actes y relatifs sont accomplis régulièrement et
conformément à l’état que l’on prévoit. Les éléments de fait indiquant le lien marital ou de
filiation doivent être habituel. Néanmoins, la continuité de la possession d’état est relative, elle
présente beaucoup des difficultés, car certains cas ne permettent pas que les époux ou l’enfant et
ses parents restent ensemble pendant un moment, tel est le cas de la mort d’un conjoint ou d’un
parent, l’activité professionnelle, conditions sociales, Etc.

2. Caractère paisible de la possession d’état

La possession d’état est dite paisible lorsqu’elle ne repose pas sur les actes de violence (qu’ils
soient matériels ou moraux) cela exclut toute contrainte physique que psychologique.
16
Article 438 alinéa 2, loi du 1er Août 1987 précitée.
17
Idem 633 al 2.
18
Ibidem, Article 438 alinéa 3.
19
E. MWANZO idin’AMINYE Cours de Droit civil Personnes, Famille et Incapacités, sl, 2016-2017.p.123.

4
3. Le caractère public de la possession d’état

La publicité de la possession d’état découle même de ses éléments constitutifs dont la renommée
qui veut que la personne présumée avoir l’état soit considérée par sa famille et la société comme
ayant cet état. La possession d’état est dite publique lorsque les actes y relatifs sont exercés de
manière ostensible conformément à l’état que l’on prévaut.

4. Le caractère non-équivoque de la possession d’état

La possession d’état est dite non-équivoque lorsqu’elle ne comporte pas d’éléments


contradictoires propres à susciter de doutes dans l’esprit des observateurs.

D. Effets de la possession d’état

La possession d’état a plusieurs effets, notamment : l’effet probatoire, l'effet consolidateur.

1. Effet probatoire

La possession d’état joue un rôle fondamental en matière de mariage qu’en matière de filiation.
C’est d’abord une présomption légale en suite une vérité sociologique qui ressort de l’ensemble
de faits connus constitutifs de la possession d’état qui va permettre d’induire un fait inconnu, la
présomption issue de la possession d’état fait présumer un rapport marital ou de filiation. Son
rôle est très important lorsque le titre est insuffisant, vicié ou disparu. Elle permet d’établir la
réalité de l’état dont on se prévoit sans pouvoir.

2. Effet de consolidation

Elle consolide et conserve l’état d’une personne, elle fait preuve d’un état dont la preuve
palpable serait en péril.

E. Preuve de la possession d’état

Est preuve tout ce qui permet de reconnaitre l’existence d’un droit, d’un état ou d’un fait. La
possession d’état étant un fait juridique basée sur l’observation est prouvée par les
témoignages.20

Article 438 alinéa 3, loi du 1er Août 1987 précitée.


20

Vous aimerez peut-être aussi