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Dissertation Source Francais

Le document examine la contradiction entre l'élitisme scolaire et les idéaux des Lumières, soulignant que l'école doit valoriser la diversité des intelligences et offrir des chances égales à tous les élèves. Il propose des réformes éducatives, comme le tronc commun, qui visent à concilier exigence et inclusion, tout en respectant le potentiel unique de chaque individu. En conclusion, il appelle à repenser l'éducation pour qu'elle soit fidèle aux valeurs des Lumières, en valorisant la diversité et en évitant le tri social.

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Le document examine la contradiction entre l'élitisme scolaire et les idéaux des Lumières, soulignant que l'école doit valoriser la diversité des intelligences et offrir des chances égales à tous les élèves. Il propose des réformes éducatives, comme le tronc commun, qui visent à concilier exigence et inclusion, tout en respectant le potentiel unique de chaque individu. En conclusion, il appelle à repenser l'éducation pour qu'elle soit fidèle aux valeurs des Lumières, en valorisant la diversité et en évitant le tri social.

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Depuis le XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières – tels que Rousseau, Condorcet,

Voltaire ou encore Kant – ont posé les fondements d’une société fondée sur la raison,
l’égalité, la liberté et le progrès collectif par l’éducation. Pour eux, chaque individu possède
un potentiel unique, et l’école doit permettre à chacun de le développer selon son propre
rythme. Pourtant, notre système scolaire reste marqué par une forte logique d’élitisme :
sélection précoce, compétition, hiérarchisation des parcours, standardisation des critères de
réussite. Dès le plus jeune âge, certains élèves sont mis en difficulté car ils ne répondent pas
aux normes attendues.

À ce sujet, la célèbre citation attribuée à Einstein est parlante : « Tout le monde est un génie.
Mais si vous jugez un poisson à sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire
qu’il est stupide. » Cette métaphore illustre les limites d’une école qui n’évalue les élèves que
selon une seule forme d’intelligence. De plus, l’élitisme scolaire peut renforcer les inégalités
sociales plutôt que les corriger, ce qui semble trahir l’héritage des Lumières.

Dès lors, on peut se demander : l’élitisme scolaire est-il compatible avec les idéaux des
Lumières ?
Pour répondre à cette question, nous verrons d’abord en quoi l’élitisme contredit les valeurs
des Lumières (I), avant d’examiner s’il peut malgré tout en conserver certains aspects (II),
pour enfin proposer une synthèse ouverte sur un modèle éducatif plus juste (III).

I. Une contradiction profonde avec les idéaux des Lumières

Les Lumières affirment que chaque être humain possède une capacité à raisonner, à
progresser et à s’instruire. Pourtant, l’élitisme scolaire repose sur une logique de tri et
d’exclusion.

D’abord, il nie la diversité des formes d’intelligence. L’école valorise essentiellement les
performances scolaires classiques (mathématiques, français, sciences), au détriment des
talents artistiques, manuels, sociaux ou émotionnels. Or, Rousseau insistait sur le fait que
chaque enfant doit pouvoir se développer selon son propre rythme et ses aptitudes. L’école
élitiste, au contraire, impose des standards rigides. Cette réalité est particulièrement visible en
Belgique, où la réussite scolaire repose presque exclusivement sur des critères cognitifs, sans
valorisation équivalente des compétences extra-scolaires.

Ensuite, l’élitisme accentue les inégalités sociales. Condorcet voyait l’éducation comme un
droit fondamental et un levier d’émancipation pour tous. Mais dans la réalité, les élèves issus
de milieux défavorisés, moins familiers des codes scolaires, sont souvent orientés
précocement vers des filières techniques ou qualifiantes. Ce tri social précoce empêche une
réelle égalité des chances, et reproduit les privilèges plutôt que de les corriger.
II. Un élitisme nuancé : d’autres modèles plus ouverts

Toutefois, il serait simpliste de rejeter toute forme d’élitisme sans nuance. Certains systèmes
éducatifs montrent que l’on peut conjuguer exigence et diversité des talents.

Prenons l’exemple du système anglo-saxon, et particulièrement celui des États-Unis. Là-bas,


la sélection scolaire est forte : dès la maternelle, les enfants sont évalués, et l’accès aux
meilleures écoles dépend du niveau ou du statut social. Cela peut sembler contraire à l’égalité.
Mais, paradoxalement, ce même système reconnaît et valorise une grande variété de
compétences : les élèves peuvent obtenir des bourses pour leurs résultats scolaires, mais aussi
pour leurs talents sportifs, artistiques ou leur engagement social. Cette diversité de
reconnaissance contraste fortement avec le modèle belge, plus étroit.

Autre exemple significatif : la mise en place du tronc commun dans le cadre du Pacte pour
un Enseignement d’excellence en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce dispositif vise à
retarder la sélection jusqu’à 15 ans, et à offrir une formation commune à tous les élèves. Il
reconnaît que chacun a besoin de temps pour révéler son potentiel. On voit ici un effort
concret pour sortir d’un élitisme rigide et revenir aux principes des Lumières.

III. Vers une école fidèle aux Lumières : l’exigence sans exclusion

Ainsi, l’élitisme scolaire tel qu’il existe aujourd’hui contredit clairement les idéaux des
Lumières. Mais cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à toute exigence. Il faut plutôt
repenser notre modèle éducatif à la lumière de ces idéaux.

Une école véritablement éclairée ne doit pas abolir toute forme de sélection, mais elle doit
veiller à ce que cette sélection soit juste, inclusive, et respectueuse de la diversité des élèves.
L’excellence ne devrait pas être réservée à une élite homogène, mais accessible à tous ceux
qui, selon leurs talents propres, peuvent s’épanouir dans des domaines différents.

Le tronc commun, en cela, est une piste prometteuse. Il permet de conjuguer rigueur,
accompagnement et diversité des parcours. Il donne à chacun le droit d’échouer, d’essayer, de
recommencer, sans être exclu trop tôt. Il incarne une éducation au service de l’émancipation,
et non du tri social.

Enfin, il faut aussi repenser nos outils d’évaluation. Plutôt que de juger les élèves selon des
normes uniques, l’école devrait reconnaître les multiples formes d’intelligence. La citation
d’Einstein prend ici tout son sens : si l’on continue de juger les poissons à leur capacité à
grimper aux arbres, beaucoup croiront qu’ils sont incapables.

En somme, l’idéal serait une école exigeante mais inclusive, ouverte mais rigoureuse,
méritocratique mais humaine.
Conclusion

L’élitisme scolaire, dans sa forme actuelle, entre clairement en contradiction avec les idéaux
des Lumières : il hiérarchise, exclut, et fige les destins. En revanche, des réformes éducatives
comme le tronc commun, ou des systèmes valorisant une pluralité de compétences, montrent
qu’un autre modèle est possible. Fidèle aux Lumières, il s’agirait de construire une école qui
forme des citoyens éclairés, en respectant la richesse de chaque individualité.

Aujourd’hui plus que jamais, il ne s’agit pas de baisser le niveau, mais de changer notre
regard : apprendre à voir l’intelligence là où elle ne prend pas toujours la forme attendue. Car
c’est en valorisant la diversité que l’école pourra vraiment élever chacun – et non une élite –
vers la liberté et la dignité.
Bibliographie

Introduction
« L’abrégé : l’esprit des lumières de Todorov », dans smartschool,cours de
francais [en ligne],
sur [Link], page consulté le 26 mai 2025
« 35 citations inspirantes d’Albert Einstein sur la vie et le succès » dans
[Link] [en ligne],
sur 35 CITATIONS INSPIRANTES D'ALBERT EINSTEIN SUR LA VIE ET LE SUCCES ,
page consulté le 26 mai 2025

Thèse
« L’abrégé : l’esprit des lumières de Todorov », dans smartschool,cours de
francais [en ligne],
sur [Link], page consulté le 26 mai 2025

« La vie de Jean-Jacques Rousseau : Philosophe et auteur des lumières », dans stasphè[Link]


[en ligne], sur La Vie de Jean-Jacques Rousseau : Philosophe et Auteur des Lumières
| Blog SAT Sphere , page consulté le 27 mai 2025

« 10 choses que vous devez savoir sur l’enseignement en Belgique » dans [Link]
[en ligne], sur 10 choses que vous devez savoir sur l’enseignement en Belgique -
Teach for Belgium , page consulté le 28 mai 2025

« Ce que Condorcet a encore à nous dire sur l’éducation » dans [Link]


[en ligne], sur Ce que Condorcet a encore à nous dire sur l’éducation , page
consulté le 28 mai 2025

Antithèse
« Les différences entre le système éducatif français et anglo-saxon » dans [Link] [en ligne],
sur Système éducatif français vs anglo-saxon , page consulté le 30 mai 2025
« Les référentiels du tronc commun » dans [Link] [en ligne], sur
[Link] - Les référentiels du tronc commun , page consulté le 28 mai
2025

« le tronc commun, un nouveau parcours »dans [Link]


[en ligne], sur Le tronc commun, un nouveau parcours , page consulté le 28 mai
2025
Synthèse
« L’abrégé : l’esprit des lumières de Todorov », dans smartschool,cours de
francais [en ligne],
sur [Link], page consulté le 26 mai 2025

« le tronc commun, un nouveau parcours »dans [Link]


[en ligne], sur Le tronc commun, un nouveau parcours , page consulté le 28 mai
2025
« 35 citations inspirantes d’Albert Einstein sur la vie et le succès » dans
[Link] [en ligne],
sur 35 CITATIONS INSPIRANTES D'ALBERT EINSTEIN SUR LA VIE ET LE SUCCES ,
page consulté le 26 mai 2025
Document
35 CITATIONS INSPIRANTES D'ALBERT EINSTEIN SUR LA VIE ET LE SUCCES

Photo du rédacteur: Albert Einstein

Albert Einstein

6 déc. 2020

3 min de lecture

Albert Einstein était un physicien théoricien allemand. Il a développé la théorie générale de la


relativité, l'un des deux piliers de la physique moderne (aux côtés de la mécanique quantique).
Le travail d’Einstein est également connu pour son influence sur la philosophie des sciences.
Einstein est surtout connu dans la culture populaire pour sa formule d'équivalence masse-
énergie E = mc2 (qui a été surnommée «l'équation la plus célèbre du monde»). Il a reçu le prix
Nobel de physique en 1921 pour ses «Services à la physique théorique», en particulier sa
découverte de la loi de l'effet photoélectrique, étape charnière dans l'évolution de la théorie
quantique.

Que ses citations vous ouvrent l'esprit et vous inspirent la volonté d'être le meilleur possible.

« La réalité est simplement une illusion. »

«Toutes les religions, tous les arts et toutes les sciences sont des branches du même arbre.»

«Rares sont ceux qui voient de leurs propres yeux et ressentent avec leur propre cœur.»

«Tout doit être rendu aussi simple que possible.»

«Celui qui ne peut plus s'arrêter pour s'émerveiller et rester ravi de crainte est presque mort;
ses yeux sont fermés. »

«Le don de la fantaisie a signifié plus pour moi que mon talent pour absorber des
connaissances positives.»
« Une personne qui n'a jamais commis d'erreur n'a jamais rien essayé de nouveau. »

« L'imagination est plus importante que la connaissance. Car si la connaissance définit tout ce
que nous savons et comprenons actuellement, l'imagination pointe vers tout ce que nous
pourrions encore découvrir et créer. »

«L'éducation n'est pas l'apprentissage des faits, mais la formation de l'esprit à penser.»

« Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson par sa capacité à grimper à un
arbre, il vivra toute sa vie en croyant qu’il est stupide. »

La Vie de Jean-Jacques Rousseau : Philosophe et Auteur des Lumières

Jean-Jacques Rousseau est l'une des figures les plus influentes du siècle des Lumières, une
période de l'histoire européenne marquée par un mouvement intellectuel qui a mis l'accent sur
la raison, l'individualisme, et la recherche de la vérité. Rousseau, en tant que philosophe,
écrivain et compositeur, a profondément marqué la pensée moderne par ses idées novatrices
sur la nature humaine, l'éducation et la politique. Dans cet article, nous allons explorer en
profondeur la vie de Rousseau, ses contributions majeures à la philosophie des Lumières, et
l'impact durable de ses œuvres sur notre monde contemporain.

Jeunesse et Formation

Jean-Jacques Rousseau est né le 28 juin 1712 à Genève, dans une famille modeste. Son
enfance fut marquée par la perte précoce de sa mère, ce qui l'a laissé aux soins de son père,
Isaac Rousseau. Ce dernier, un horloger de profession, transmit à son fils une passion pour la
lecture, mais les difficultés financières et les querelles familiales poussèrent Jean-Jacques à
quitter Genève à l'âge de 16 ans. Ces premières années de vagabondage à travers la Suisse et
la France ont eu un impact profond sur son développement intellectuel et émotionnel.
Rousseau était largement autodidacte, et il fit la rencontre de plusieurs figures influentes,
telles que Mme de Warens, qui joua un rôle de mentor et de protectrice pour lui. Elle
l'encouragea à poursuivre son éducation, ce qui l'amena à explorer diverses disciplines, dont
la musique, la littérature, et la philosophie. C’est durant cette période que Rousseau
commença à formuler ses premières réflexions sur la nature humaine et la société, qui allaient
plus tard devenir les piliers de sa philosophie.

"L'homme est né libre, et partout il est dans les fers." - Jean-Jacques Rousseau

Cette citation emblématique de Rousseau reflète sa croyance profonde en la liberté naturelle


de l'homme et la manière dont la société, avec ses règles et ses hiérarchies, tend à l'opprimer.
Ce thème sera central dans ses œuvres philosophiques et politiques.

L'Ascension de Rousseau comme Philosophe des Lumières

Rousseau fit ses premiers pas sur la scène intellectuelle en 1749 lorsqu'il remporta le concours
de l'Académie de Dijon avec son essai intitulé Le Discours sur les sciences et les arts. Cet
essai, dans lequel Rousseau soutenait que les progrès des sciences et des arts avaient
corrompu la moralité humaine, provoqua un choc dans le milieu des Lumières, habituellement
tourné vers l'idée de progrès. Ce succès le propulsa au premier plan du mouvement des
Lumières, bien qu'il se trouvât souvent en désaccord avec d'autres philosophes de l'époque,
tels que Voltaire et Diderot.

Le Discours sur les Sciences et les Arts

Dans Le Discours sur les sciences et les arts, Rousseau développe l'idée que les progrès
matériels et intellectuels n'ont pas nécessairement conduit à une amélioration de la condition
humaine. Il argumente que l'avancement de la civilisation a, en fait, éloigné l'homme de son
état naturel, le rendant plus superficiel et moins vertueux. Cette thèse, profondément
pessimiste pour l'époque, allait à l'encontre de la pensée dominante des Lumières, qui voyait
dans la science et la raison des forces de libération et d'amélioration humaine.
Rousseau devient ainsi un critique féroce de la modernité, et ses idées commencèrent à attirer
l'attention des intellectuels européens. Ce discours marqua également le début d'une série
d'œuvres critiques dans lesquelles Rousseau remet en question les fondements mêmes de la
société civile.

Le Discours sur l'Inégalité

En 1755, Rousseau publia son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les
hommes, où il approfondit ses idées sur la corruption morale causée par la société. Dans cette
œuvre, Rousseau soutient que l'inégalité n'est pas une conséquence nécessaire de la nature
humaine, mais plutôt un produit des institutions sociales et politiques. Il introduit la
distinction entre l'inégalité naturelle, qui découle des différences physiques et intellectuelles
entre les individus, et l'inégalité morale ou politique, qui est imposée par la société.

Rousseau critique la propriété privée comme étant la source de nombreuses injustices et


conflits. Il argue que la création des lois et des gouvernements, plutôt que de protéger les
droits naturels des individus, a servi à maintenir et à exacerber ces inégalités. Ces idées
révolutionnaires ont non seulement influencé les débats philosophiques de l'époque, mais ont
aussi eu un impact profond sur les mouvements politiques ultérieurs, notamment la
Révolution française.

Émile, ou De l'éducation : La Vision de Rousseau sur l'Éducation

L'une des contributions les plus importantes de Rousseau à la philosophie des Lumières est
son ouvrage Émile, ou De l'éducation, publié en 1762. Dans ce livre, Rousseau expose ses
théories sur l'éducation et le développement humain, qui restent influentes jusqu'à aujourd'hui.

L'Éducation Naturelle
Rousseau propose une méthode d'éducation qu'il appelle "éducation naturelle", où l'enfant est
encouragé à apprendre par l'expérience directe plutôt que par l'instruction formelle. Selon lui,
l'éducation doit respecter les étapes naturelles du développement de l'enfant, permettant à ce
dernier de découvrir le monde à son propre rythme. Rousseau soutient que l'enfant est
fondamentalement bon et que c'est la société qui le corrompt. Par conséquent, l'éducation doit
chercher à préserver cette bonté innée, en évitant de lui imposer trop tôt les contraintes et les
préjugés de la société adulte.

Exemple concret: Dans Émile, Rousseau décrit comment un enfant pourrait apprendre la
notion de propriété en observant les conséquences naturelles de ses actions, plutôt que par une
leçon morale imposée par un adulte. Par exemple, si un enfant prend quelque chose qui ne lui
appartient pas, il pourrait apprendre l'importance du respect des biens d'autrui en voyant la
réaction négative de l'autre enfant, plutôt qu'en étant simplement puni par une figure
d'autorité.

Critiques et Réactions à Émile

Émile suscita immédiatement des controverses. En particulier, le livre fut condamné par
l'Église catholique pour son rejet des doctrines religieuses traditionnelles et sa promotion
d'une forme de déisme, ce qui conduisit Rousseau à être persécuté et finalement exilé.
Cependant, malgré ces critiques, Émile est aujourd'hui reconnu comme un texte fondateur
dans le domaine de la pédagogie moderne, ayant influencé des penseurs comme Johann
Heinrich Pestalozzi et Maria Montessori.

Le Contrat Social : La Vision Politique de Rousseau

Parallèlement à ses réflexions sur l'éducation, Rousseau développa des idées profondes sur la
politique et la société, cristallisées dans son œuvre Le Contrat Social, également publiée en
1762. Ce texte est l'un des ouvrages politiques les plus influents de l'histoire, où Rousseau
cherche à définir les principes d'une société juste et légitime.

La Souveraineté Populaire et la Volonté Générale


Dans Le Contrat Social, Rousseau introduit le concept de souveraineté populaire, affirmant
que le pouvoir légitime ne peut émaner que du peuple lui-même. Selon lui, la société doit être
gouvernée par la volonté générale, c'est-à-dire la volonté collective de tous les citoyens, qui
vise le bien commun. Ce concept est distinct de la volonté de la majorité ou des intérêts
particuliers; il s'agit d'une volonté qui transcende les divisions individuelles pour représenter
l'intérêt général.

Rousseau argumente que la liberté véritable ne peut être trouvée que dans l'obéissance à une
loi que l'on s'est prescrite soi-même, dans le cadre du contrat social. Cette idée a exercé une
influence considérable sur les révolutions américaine et française, et elle continue d'être un
fondement de la pensée démocratique moderne.

L'Héritage Politique de Rousseau

L'influence de Rousseau sur la pensée politique est immense. Ses idées sur la souveraineté
populaire et la démocratie directe ont inspiré de nombreux mouvements révolutionnaires et
républicains à travers le monde. Bien que ses idées aient parfois été interprétées de manière
radicale, conduisant à des excès, notamment pendant la Terreur révolutionnaire en France,
l'essence de sa pensée reste une critique puissante de l'injustice et de l'oppression.

Les Dernières Années de Rousseau et Son Héritage

Les dernières années de Rousseau furent marquées par la solitude et l'introspection. Poursuivi
pour ses idées, il passa une grande partie de ses dernières années en exil, où il se consacra à
l'écriture de ses Confessions. Cette œuvre autobiographique est une introspection sincère et
parfois douloureuse, où Rousseau réfléchit sur sa vie, ses erreurs, et ses contributions.

Les Confessions : Un Regard Introspectif

Dans ses Confessions, Rousseau ne cherche pas à embellir sa vie, mais à la présenter telle
qu'il l'a vécue, avec ses contradictions et ses luttes intérieures. Ce texte est souvent considéré
comme l'une des premières œuvres autobiographiques modernes, marquant un tournant dans
la manière dont les écrivains explorent et partagent leur propre identité.

Exemple concret: Rousseau décrit avec une grande honnêteté ses relations personnelles, ses
conflits avec d'autres philosophes, et ses sentiments de persécution. Ce faisant, il ouvre la voie
à une littérature plus introspective et psychologique, qui influencera des auteurs ultérieurs
comme Tolstoï ou Proust.

L'Impact de Rousseau sur la Pensée Moderne

L'héritage de Rousseau est vaste et complexe. Ses idées continuent d'influencer la


philosophie, la pédagogie et la politique modernes. Sa vision de l'éducation a inspiré des
réformes éducatives à travers le monde, tandis que ses théories politiques restent au cœur des
débats sur la démocratie, la justice sociale, et les droits de l'homme. Rousseau est souvent cité
comme une source d'inspiration pour les mouvements en faveur de l'égalité et des droits
civiques.

Tableau récapitulatif des œuvres majeures de Rousseau :

Œuvre Année de publication Thème principal

Discours sur les sciences et les arts 1749 Critique du progrès

Discours sur l'inégalité 1755 Critique de la société civile

Émile, ou De l'éducation 1762 Théories de l'éducation

Le Contrat Social 1762 Théories politiques et sociales

Les Confessions Publié posthume en 1782 Autobiographie et


introspection

Conclusion
Jean-Jacques Rousseau a laissé un héritage durable qui continue de résonner dans les
domaines de la philosophie, de l'éducation, et de la politique. Son exploration des inégalités
sociales, son plaidoyer pour une éducation respectueuse de la nature humaine, et sa vision
radicale de la souveraineté populaire ont façonné des générations de penseurs et de
réformateurs.

Pour les étudiants se préparant à des examens comme le SAT, comprendre l'impact de figures
comme Rousseau est essentiel pour développer une pensée critique et une compréhension
approfondie des fondements de la société moderne. SAT Sphere offre des ressources
complètes pour vous aider à explorer ces idées et à les appliquer à votre propre parcours
éducatif. Visitez notre blogVisitez notre blog pour en savoir plus sur ces sujets.

En fin de compte, Rousseau nous rappelle que la quête de la liberté et de la justice est un
processus continu, qui nécessite une réflexion constante sur les structures sociales et
politiques qui façonnent nos vies. Son œuvre reste un guide précieux pour ceux qui cherchent
à comprendre et à améliorer le monde dans lequel nous vivons.

10 choses que vous devez savoir sur l’enseignement en Belgique

Un élève de 15 ans issu d’un milieu socio-économique défavorisé a un écart d’apprentissage


de 3 ans par rapport à son camarade de classe issu d’un milieu favorisé. Plusieurs études
démontrent la corrélation entre le milieu social et les résultats scolaires. Le cadre de vie, les
habitudes alimentaires, le niveau de stress, les opportunités d’apprentissage en dehors de
l’école, le bien-être, … tout cela impacte l’apprentissage d’un élève et donc sa carrière
scolaire. (PISA 2018)

L’étude OVDS/Aped de 2020, basée sur les résultats PISA de 2018, soulève que 22,1% des
élèves de 15 ans dans l’enseignement néerlandophone et 38,3% des élèves de
l’enseignement francophone en Belgique ont déjà doublé une année au moins une
fois. Ici aussi, il y a une forte corrélation entre la probabilité de redoublement et l’origine
socio-économique d’un élève. L’étude PISA démontre que la probabilité qu’un enfant de
nationalité étrangère doive refaire une année est trois fois plus élevée que chez un enfant de
nationalité belge (5,71% contre 1,61%). Un enfant qui double développe moins facilement un
‘growth mindset’ et croit moins en ses capacités et son propre développement. Des études
démontrent également que les enfants issus de milieux socio-économiques faibles et/ou de
l’immigration ont moins confiance en eux et en leurs propres capacités
d’apprentissage. (OVDS)
En 2022, 6,4% des jeunes entre 18 et 24 ans en Belgique n’avaient pas de diplôme
d’enseignement secondaire et ne suivaient aucune autre formation. En contexte urbain ce
chiffre se multiplie par trois: à Bruxelles plus de 20% des jeunes âgés de 18 à 25 quittent
l’enseignement sans diplôme ou qualification. À nouveau, les jeunes issus de milieux socio-
économiques faibles sont les plus touchés. Saviez-vous qu’un jeune sans diplôme ou
qualification a 3 fois plus de chances de vivre dans la précarité ? Ses opportunités sur le
marché du travail s’en retrouvent limitées, ce qui impacte sa situation financière. Ainsi, le
cercle vicieux se répète. (Statbel) (Vlaanderen)s

Parlons argent! 89% de notre budget d’enseignement va dans les salaires du


personnel (70% pour les enseignants, 19% pour le reste du personnel éducatif), alors que la
moyenne de l’OCDE est à 78% avec seules la Grèce et la Colombie dépassant la Belgique
(92% et 93% respectivement). (OESO)

On vous en a déjà touché un mot : le niveau de formation est l’une des variables clés en
matière de pauvreté. Une personne peu formée a accès à un emploi moins bien rémunéré
et plus précaire. Le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale est donc directement fonction
du niveau d’enseignement. Là où l’enseignement devrait jouer un rôle d’ascenseur social, en
ce spécifiquement pour les jeunes issus de milieux défavorisés, la Belgique, mauvais élève en
termes d’égalité des chances dans l’enseignement, a encore un long chemin à faire. (Itinera)

Notre système éducatif est parmi ceux qui comptent la proportion d’élèves issus de
l’immigration la plus élevée, avec les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le
Canada, l’Autriche, la Suisse et le Luxembourg. (PISA 2018)

Rien que notre capitale, Bruxelles, se distingue par son caractère multiculturel et multilingue.
De plus, sa population se rajeunit : l’âge moyen à Bruxelles est de 37,5 ans, et 20% des
citoyens sont mineurs. 4 jeunes Bruxellois sur 5 fréquentent l’enseignement
francophone. (Vlaanderen)

Seuls 20% des enseignants débutants en Belgique (après avoir terminé l’agrégation) se sentent
prêts à commencer à enseigner dans un contexte multiculturel. Et seulement 40% parmi eux
estiment être suffisamment outillés pour mener une gestion de classe efficace. Quant aux
enseignants Teach for Belgium, ce sont 80% d’entre eux qui se sentent prêts à l’issue de
la formation de deux ans à enseigner dans des contextes multiculturels et à appliquer une
gestion de classe favorable aux apprentissages. (TALIS 2018)

Teach for Belgium s’engage depuis 10 ans pour permettre aux jeunes les plus défavorisés de
déployer tout leur potentiel. Les chiffres mentionnés ci-dessus sont alarmants. Nous devons
faire quelque chose. Pour nos jeunes, pour notre société. L’enseignant peut faire la
différence. C’est pourquoi depuis 2013 nous attirons, sélectionnons, formons et
accompagnons des personnes passionnées prêtes à s’engager au quotidien en classe pour
développer le potentiel de chacun de leurs élèves. Car tous les jeunes, quelle que soit leur
origine socio-économique, méritent un enseignement de qualité.

Terminons en donnant la parole aux enseignants. Nous avons demandé à Janne, notre
ancienne collègue et institutrice primaire à Malines, ce qu’elle voudrait que les gens sachent
sur l’enseignement. Voici sa réponse : « malgré tous les messages négatifs dans les médias,
les gens respectent en général énormément les enseignants. La fierté que l’on ressent en tant
qu’enseignant quand nos élèves ont finalement compris quelque chose ou arrivent à faire
quelque chose de nouveau est un sentiment sans égal. Ceci fait de notre métier le plus beau
du monde. »

Et si vous vous contribuiez à un meilleur enseignement pour tous·tes ?


Découvrez les possibilités du programme de Teach for Belgium en recevez deux
ans de formation et d’accompagnement afin de faire la différence en tant
qu’enseignant·e pour les élèves qui en ont le plus besoin.

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A lire aussi...
Ce que Condorcet a encore
à nous dire sur l’éducation
Quand on lit un grand philosophe, même s’il est mort depuis plus
de deux siècles, on a l’étrange sentiment de lire un de nos
contemporains, d’entendre une voix si vive et si forte qu’elle nous
parle encore. C’est le cas lorsqu’on se penche sur les textes
majeurs que Nicolas de Condorcet (1743-1794) nous a laissés sur
l’école et l’enseignement.

Au XVIIIe siècle, alors qu’on accordait peu d’intérêt à la formation


intellectuelle des filles, ce mathématicien des Lumières, homme
politique sous la Révolution française, se positionnait en
précurseur. Dans ses Mémoires sur l’instruction publique (1791), il
défend l’idée que filles et garçons doivent avoir accès à la même
instruction, car la vérité, universelle par nature, est due à toutes
et à tous.

Read more: Comment la Révolution française a réinventé


l’école

De plus, les femmes ne pourront exercer leurs droits sereinement


que si elles sont, elles aussi, conviées à la table du savoir,
explique-t-il dans Sur l’admission des femmes au droit de cité,
1790). Il ne s’agit pas seulement de permettre aux filles d’étudier
les mêmes programmes que les garçons, mais d’ores et déjà, de
créer des classes mixtes :
« Puisque l’instruction doit être généralement la même,
l’enseignement doit être commun, et confié à un même maître
qui puisse être choisi indifféremment dans l’un ou l’autre sexe »
(« Premier Mémoire »).
En avance sur son temps, Condorcet soulève des débats sur
l’école qui animent encore notre époque, de la constitution d’un
socle de savoirs fondamentaux à la question de la compétition
scolaire, en passant par une instance garante des programmes.
Voyage dans une pensée éducative d’une étonnante modernité.

Savoirs communs
La période révolutionnaire a vu s’affronter les tenants de
l’instruction publique, dont la figure emblématique est
précisément Condorcet, et les tenants d’une éducation nationale,
représentée notamment par Rabaut Saint-Etienne et Lepeletier de
Saint-Fargeau. Instruire ou éduquer, ces deux orientations sont
posées comme irréconciliables.

L’instruction vise à transmettre des savoirs et à cultiver la raison ;


l’éducation, elle, a pour tâche de transmettre non seulement
« des vérités de fait et de calcul » mais aussi « des opinions
politiques, morales et religieuses (Premier mémoire).
Condorcet récuse l’orientation éducative car, si l’instruction
affranchit par les vertus intrinsèques du savoir, l’éducation, en
revanche, modèle et domestique. L’éducation est de plus une
prérogative parentale. Et à s’arroger celle-ci, non seulement
l’école se fourvoie dans sa mission, mais elle porte aussi atteinte
aux droits légitimes des parents. À la famille le devoir d’éduquer,
à l’école celui d’instruire et d’éclairer.
Condorcet, Monge et l'Abbé Grégoire entrent au Panthéon (INA, 1989)
Il faut donc « rendre la raison populaire » tout en veillant à ce que
les différences de savoir n’entraînent pas des rapports de
subordination. La tâche de l’école est alors de dispenser
les savoirs élémentaires, véritable socle commun de compétences
avant l’heure.

Car ces savoirs, dérivés des savoirs scientifiques disponibles,


doivent obéir, comme l’a bien montré Catherine Kintzler
(Condorcet. L’instruction publique et la naissance du citoyen), à
deux principes épistémologiques originaux. Un principe de
suffisance : leur maîtrise garantit l’autonomie intellectuelle.
« On enseigne dans les écoles primaires, ce qui est nécessaire à
chaque individu pour se conduire lui-même et jouir de la plénitude
de ses droits » (Rapport sur l’instruction publique, 1792).
Et un principe d’ouverture : ces savoirs s’ouvrent sur d’autres
savoirs, plus élaborés, ce qui permet à l’esprit qui a suffisamment
de vivacité intellectuelle d’atteindre les sommets de la
connaissance.

Read more: Enseigner l’autonomie : les leçons de Rousseau


face à notre monde en réseau

Les savoirs élémentaires ne sont donc pas des savoirs


rudimentaires qui n’auraient qu’une utilité pratique, ils sont aussi
les savoirs premiers de la connaissance. Savoirs organisés de
manière progressive, qui permettent de concilier une exigence
juridique – le libre exercice de ses droits – et une exigence
sociétale – avoir une élite digne de ce nom.

Tel est le tour de force de Condorcet : concilier l’égalité juridique


entre les hommes et l’accès différencié à la science. Les savoirs
élémentaires rendent possible la formation d’une raison commune
tout en préservant la diversité des talents.

Une compétition à éviter


L’école doit alors promouvoir une émulation dont le ressort est le
désir d’être aimé et reconnu pour ses qualités. Émulation qui
tourne le dos à l’envie permanente de vouloir toujours être le
meilleur :

L’habitude de vouloir être le premier est un ridicule ou un malheur


pour celui à qui on la fait contracter, et une véritable calamité
pour ceux que le sort condamne à vivre auprès de lui. (Premier
mémoire) »
L’ancien pensionnaire des jésuites de Reims dénonce la
pédagogie de ses maîtres qui n’ont cessé de cultiver la rivalité et
la compétition. Chez ces derniers, pas d’étude sans classement,
pas d’apprentissage sans récompense. Dispute, exercice public,
remise de prix, création d’académies…
Condorcet nous invite à faire la différence entre les apports de l'émulation et la
compétition stérile. Shutterstock
Condorcet rejoint sur ce point ce que disait Rousseau
dans L’Emile :
« Il est bien étrange, se désolait déjà le philosophe genevois, que,
depuis qu’on se mêle d’élever des enfants, on n’ait imaginé
d’autre instrument pour les conduire que l’émulation, la jalousie,
l’envie, la vanité, l’avidité, la vile crainte, toutes les passions les
plus dangereuses […] et les plus propres à corrompre l’âme. »
(« Emile ou de l’éducation », Livre II).
L’émulation que vante Condorcet, fruit d’une école qui sait
accueillir tout le monde pour que l’on puisse y apprendre
ensemble, ne doit rien à cet orgueil arrogant qui nous pousse à
vouloir être au-dessus des autres. Elle ne vise qu’une seule
chose : gagner l’estime et la confiance de ses pairs. L’école pense
toujours au lendemain et

« la vie humaine n’est point une lutte où des rivaux se disputent


des prix ; c’est un voyage que des frères font en commun, et où
chacun employant ses forces, en est récompensé par les douceurs
d’une bienveillance réciproque, par la jouissance attachée au
sentiment d’avoir mérité la reconnaissance ou l’estime ».
(Condorcet, « Premier mémoire »)

Indépendance de l’école
Si la condition première de toute instruction est de de n’enseigner
que des vérités, alors « les établissements que la puissance
publique y consacre, doivent être aussi indépendants qu’il est
possible de toute autorité politique » (Rapport sur l’instruction
publique). Dans le rapport d’avril 1792, Condorcet propose de
fonder une société nationale des sciences et des arts qui aurait
pour mission de garantir la qualité scientifique des programmes et
de rédiger les manuels scolaires.
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La nomination des enseignants devrait, elle aussi, être
indépendante de la puissance publique. D’où l’on voit que
l’instruction publique n’est pas une instruction d’État. Car si
l’école doit être indépendante de tout groupe social, elle doit aussi
l’être de l’État.

La seule autorité légitime que l’école est en droit d’admettre est


l’autorité scientifique. Car en se soumettant aux instances
savantes, l’école ne se soumet finalement qu’à elle-même, en tant
que lieu des savoirs et de la science. Il faut mettre l’école à l’abri
de toutes les formes de pression (familiale, cléricale,
idéologique…) pour qu’elle puisse déployer son projet qui n’est
autre que l’amour de la vérité et des Lumières.
Si l’école doit transmettre des savoirs émancipateurs, encore faut-
il qu’elle puisse vraiment le faire, c’est-à-dire en toute liberté. Être
un lieu d’instruction, préservé et indépendant car voué à
l’émancipation de tous les hommes, telle est la définition que
pourrait donner Condorcet de l’école.

LES DIFFÉRENCES ENTRE LE


SYSTÈME ÉDUCATIF FRANÇAIS
ET ANGLO-SAXON
Le système éducatif français et anglo-saxon n’ont rien en
commun… ou presque ! Organisation, pédagogie, examens :
découvrez ce qui les distingue et ce que cela change pour les
élèves.
En partant à l'étranger, il faut se préparer à des différences
culturelles qui vont bien au-delà de la langue ! Horaires, ambiance
en classe, relation avec les professeurs… Le système éducatif
reflète la culture du pays, et ces contrastes peuvent surprendre.
Mais pas d’inquiétude : les découvrir fait aussi partie de
l’expérience !

LA STRUCTURE DU SYSTÈME ÉDUCATIF


En France, l’éducation est largement centralisée et régie par un
programme national fixé par le Ministère de l’Éducation nationale.
Les élèves suivent un parcours relativement uniforme, allant de
l’école maternelle au lycée, avec des étapes bien définies. Après
le baccalauréat, ils se dirigent vers l’enseignement supérieur, soit
en université, soit dans des écoles spécialisées.
En revanche, le système anglo-saxon (en particulier au Royaume-
Uni, aux États-Unis et dans d’autres pays du Commonwealth) est
plus flexible. Il existe une plus grande diversité d’établissements,
de la maternelle aux universités. L'enseignement est souvent
décentralisé, les établissements ayant une certaine liberté dans la
conception des programmes. Par exemple, aux États-Unis, le
système éducatif varie d'un État à l'autre, avec des approches
pédagogiques différentes, une multitude de types d'écoles
publiques et privées, et une large offre d’universités qui suivent
des cursus spécifiques.

L’APPROCHE PÉDAGOGIQUE
Le système éducatif français est connu pour son approche
académique rigoureuse, avec une grande place donnée à la
théorie et à la mémorisation. Les élèves sont souvent évalués par
des examens nationaux standardisés, comme le baccalauréat, qui
joue un rôle clé dans leur orientation vers l’enseignement
supérieur. L’accent est mis sur la connaissance des matières et la
capacité à raisonner de manière logique.
A l’inverse, dans le système anglo-saxon, l’approche est plus
centrée sur le développement des compétences et l'autonomie.
Les élèves sont encouragés à participer activement en classe, à
réfléchir de manière critique et à exprimer leurs opinions. Les
devoirs, les projets de groupe et les évaluations continues,
comme les dissertations et les présentations, sont courants. Ce
modèle mise sur la diversité des méthodes d’apprentissage pour
développer les compétences sociales et pratiques des étudiants.

L'ORIENTATION PROFESSIONNELLE ET UNIVERSITAIRE


L’orientation vers l’enseignement supérieur est un autre point de
divergence entre ces deux systèmes. En France, l’orientation se
fait principalement après le baccalauréat, avec des choix assez
limités en fonction des résultats. En revanche, dans le système
anglo-saxon, l’orientation est souvent plus progressive. Aux États-
Unis, par exemple, les étudiants choisissent leurs spécialités
universitaires après avoir terminé une première année où ils
peuvent explorer plusieurs disciplines.
Cela permet aux élèves anglo-saxons de s’orienter de manière
plus souple, tout en développant des compétences transversales
et en prenant le temps de découvrir leurs véritables intérêts

L’ENVIRONNEMENT SCOLAIRE
L’école en France tend à être plus formelle, avec une hiérarchie
stricte entre enseignants et élèves. Les élèves sont généralement
très respectueux des règles et la relation avec les enseignants
reste plutôt distanciée.
Dans les pays anglo-saxons, l’environnement scolaire est plus
décontracté. Les élèves entretiennent souvent des relations plus
proches et informelles avec leurs enseignants, et la participation
en classe est encouragée. De plus, dans de nombreuses écoles,
des activités extra-scolaires jouent un rôle majeur dans la vie des
étudiants, permettant de développer des compétences en dehors
du cadre académique.

L’AMBIANCE EN CLASSE ET LES RÈGLES SCOLAIRES


L’organisation des journées scolaires diffère également entre la
France et les pays anglo-saxons. En France, les journées sont
souvent plus longues, avec des cours pouvant se terminer en fin
d’après-midi, et une pause déjeuner plus conséquente. À l’inverse,
dans les pays anglo-saxons, les élèves finissent généralement
plus tôt, ce qui laisse du temps pour les activités extra-scolaires.
Les règles en classe varient aussi : en France, il est par exemple
interdit de manger ou de boire pendant les cours, tandis que dans
les pays anglo-saxons, les élèves peuvent généralement boire et
grignoter discrètement.

CE QU’IL FAUT RETENIR


Si tu comptes aller étudier à l’étranger, attends-toi à un
changement de rythme et d’ambiance ! Les journées scolaires
seront souvent plus courtes, mais avec plus d’interactions en
classe et d’activités après les cours. L’ambiance sera plus
détendue, avec des échanges plus informels entre élèves et
professeurs. Certaines règles peuvent aussi te surprendre : dans
certains pays anglo-saxons, il est possible de manger en classe ou
d’appeler son enseignant par son prénom. Ce séjour ne sera pas
seulement l’occasion de progresser en langue, mais aussi de
découvrir une toute nouvelle manière d’apprendre et de gagner
en autonomie.

Le tronc commun un nouveau parcours

L’ensemble des référentiels ont été revus en profondeur, notamment pour assurer
une meilleure maitrise des apprentissages de base. L’apprentissage de la deuxième
langue est proposé plus tôt dans le parcours scolaire. Des activités d’orientation plus
nombreuses et plus diversifiées permettent aux élèves de se découvrir et de forger
leurs projets. Le rythme de progression de chaque élève est respecté, avec des
évaluations formatives plus régulières qui permettent à des équipes éducatives
renforcées de distinguer les besoins des élèves : besoins de consolider la matière ou
de se dépasser pour les uns, besoins de remédiation pour d’autres.
Identifier ces besoins différents permet une prise en charge adaptée à chaque élève.
Les enfants en difficulté font l’objet d’un suivi immédiat pour que tout soit mis en
œuvre pour leur réussite et pour contribuer ainsi à diminuer le redoublement.
En fin de 3 secondaire, muni d’un bagage plus solide, l’élève comprend mieux ce
e

qu’il désire pour son avenir et peut ainsi choisir de poursuivre son parcours dans
l’enseignement de transition ou dans l’enseignement qualifiant.
Pour accompagner la réforme du tronc commun, des moyens budgétaires
additionnels sont progressivement déployés qui permettent le renforcement des
équipes éducatives, qui, désormais, peuvent plus facilement organiser du co-
enseignement ou prendre en charge les élèves en difficulté.
Tous les enseignants disposent d'une formation continue renforcée pour les préparer
et les soutenir au mieux.

Faire en sorte que chaque élève trouve sa place dans la société : c’est l’objectif
ultime qui a motivé la mise en place du tronc commun renforcé. Il s’agit de donner
les mêmes outils à tous les élèves, les mêmes chances et opportunités de devenir
des citoyens actifs et épanouis à travers un enseignement émancipateur, connecté
aux enjeux contemporains. L’école ne laisse personne au bord du chemin, respecte
le rythme de progression de chacun et permet de s’orienter de manière positive pour
la suite de la scolarité.

Remédier aux difficultés de maitrise de la langue d’apprentissage dès le début du


tronc commun

La maitrise de la langue d’apprentissage est la clé de voute de tous les


apprentissages. Un dispositif d’accompagnement entièrement nouveau a été prévu
par le Pacte pour soutenir la maitrise de la langue, et donc la réussite scolaire, au
tout début de la scolarité. Mis en place depuis 2019, trois ans avant l’arrivée du tronc
commun en primaire, le dispositif FLA est destiné aux élèves de 3 maternelle, de
e

première et deuxième primaire. Lorsqu’une difficulté majeure de la maitrise du


français est identifiée au début de l’année scolaire, l’élève bénéficie d’un soutien
spécifique tout au long de l’année. Le soutien apporté à l’élève n’incombe pas
spécialement au titulaire de la classe, mais à des enseignants dont c’est la tâche
spécifique. Le dispositif est mis en place grâce à un renforcement de l’encadrement
et il est accessible à toutes les écoles fondamentales, quel que soit leur indice socio-
économique.

Un tronc commun renforcé pour des apprentissages adaptés à la société


d'aujourd'hui et de demain

Avec le Pacte, c’est un parcours d’apprentissage identique qui est proposé de la


1 maternelle à la 3 secondaire : chaque élève aura donc vu les mêmes matières à
re e

la fin de son parcours, quelle que soit l’école qu’il a fréquentée. Les cours renforcent
l’acquisition de compétences utiles pour la société du 21 siècle : les savoirs et
e

compétences de base, comme le français, les maths, les sciences, mais aussi les
langues modernes, l’esprit d’entreprendre, la créativité, les aptitudes manuelles,
techniques, technologiques et numériques, la formation artistique et culturelle,
l’éducation physique et sportive. L’apprentissage des langues est proposé plus tôt
dans le parcours scolaire - la deuxième langue dès la 3 primaire et la troisième
e

langue dès la 2 secondaire. À la rentrée 2024, le tronc commun se déploie en


e

5 primaire. Nouveauté importante pour cette année du tronc commun : les élèves
e

bénéficieront d’une heure de plus d’éducation physique et à la santé chaque


semaine.
Davantage de professeurs pour proposer la remédiation, la consolidation et le
dépassement

Avec le nouveau tronc commun, des professeurs supplémentaires sont engagés


pour proposer des modes d’enseignement qui tiennent compte du rythme de
progression et des besoins de chaque élève. Les élèves font l’objet d’un suivi
immédiat. La remédiation n’est plus externalisée systématiquement mais prise en
charge par les enseignants directement au sein de la classe via un accompagnement
personnalisé. Ils ont la possibilité de co-intervenir avec un deuxième professeur ou
logopède et/ou de diviser une classe en groupes plus restreints. Plus nombreux, tous
les enseignants – depuis la maternelle jusqu’en 3 secondaire – sont aidés par de
e

nouveaux outils : de nouveaux référentiels et programmes, mais aussi le Dossier


d’Accompagnement de l’Élève (DAccE), une application numérique qui facilite la
mise en place du soutien aux élèves dont les difficultés sont les plus importantes.
Cette évolution s’appuie aussi sur une nouvelle conception de l’évaluation des élèves
qui fait la part belle aux évaluations dites formatives qui prennent place tout au long
de l’année. Cette évaluation repose sur une observation attentive au cours de
laquelle l’enseignant identifie les acquis et les progrès des élèves, comme leurs
difficultés. Elle permet des ajustements plus immédiats et les besoins de
remédiation, de consolidation ou de dépassement sont pris en compte dans les
grilles horaires des élèves.

Une approche évolutive des difficultés d'apprentissage pour soutenir la réussite

En FW-B, les résultats des élèves sont contrastés. Les tests PISA montrent que
l’origine socio-économique influence de manière importante les résultats des élèves
et leur parcours, bien plus que dans de nombreux autres systèmes scolaires. Ce
constat posé aux origines du Pacte est toujours d’actualité, et même si certaines
évolutions semblent apparaitre, elles devront se confirmer au cours des prochaines
années. Une des priorités du Pacte pour un Enseignement d’excellence consiste
donc à améliorer les résultats des élèves, et à lutter contre l’échec et le
redoublement.
C’est dans cette perspective qu’une nouvelle approche des difficultés
d’apprentissage se met en place dans le tronc commun. Elle se caractérise par un
soutien qui doit être le plus précoce possible, et qui est ajusté de manière régulière
en fonction de l’évolution de l’élève. Cette nouvelle approche est donc évolutive.
Lorsque les difficultés sont importantes ou qu’elles persistent, la démarche devient
aussi plus collective : l’équipe éducative se réunit pour que les regards et les
expertises se complètent, y compris avec les équipes pluridisciplinaires des centres
PMS. Avec le nouveau tronc commun, les possibilités de soutien aux élèves sont
plus importantes qu’auparavant, puisque les écoles bénéficient de moyens
additionnels qui permettent l’engagement d’enseignants pour organiser des périodes
d’accompagnement personnalisé. Enfin, et c’est un changement important, un
dialogue avec les parents de l’élève doit être établi aux étapes clés. Pour permettre
ces échanges et assurer le suivi de l’élève, une nouvelle application - le Dossier
d’Accompagnement de l’Élève (DAccE) - a été créée. Entièrement sécurisée, elle est
accessible aux parents de l’élève, mais aussi au membre de l’équipe PMS qui assure
le suivi de l’enfant.

Réformer la procédure de redoublement au sein des années du tronc commun

Le redoublement suscite nombre de débats et de controverses. Mais en FW-B, le


taux de redoublement est anormalement élevé, bien plus élevé que dans tous les
autres systèmes scolaires européens. Avec le nouveau tronc commun et l’approche
plus dynamique et plus collective du soutien aux élèves en difficulté, le Pacte revoit
aussi les procédures qui encadrent le redoublement. Alors que celui-ci était interdit à
l’issue de certaines années du parcours, désormais - et progressivement avec
l’arrivée du tronc commun -, les décisions de redoublement peuvent être prises
quelle que soit l’année. C’est avant tout à l’équipe éducative que revient la décision,
mais il est tout aussi essentiel qu’une décision d’une telle importance pour le
parcours de l’élève n’intervienne qu’en dernier recours, lorsque le soutien apporté à
l’élève n’a pas permis de surmonter les difficultés.
Désormais, la procédure de maintien est conditionnée par la mise en place d’un
soutien préalable, ajusté aux besoins de l’élève – c’est l’approche évolutive des
difficultés d’apprentissage. La procédure est aussi entièrement numérisée dans
l’application informatique DAccE, ce qui garantit une transmission sécurisée des
informations, réduit le nombre de dossiers « papier » et facilite l’information et le
dialogue avec les parents. Car, point important, la décision d’un maintien doit être
prise en concertation avec les parents : il s’agit de s’assurer que le fait de maintenir
l’élève dans la même année contribuera à soutenir le jeune dans son développement
personnel.

Le DAccE, un outil qui favorise le regard collectif et le dialogue avec les parents

Conçu sous un format numérique à l’échelle du système éducatif de la FW-B,


l’application DAccE est directement accessible aux membres des équipes
pédagogiques et des équipes des centres PMS. En début d’année scolaire, la
consultation de l’outil permet aux professionnels qui sont en charge de l’élève de
prendre connaissance des informations relatives à son parcours, y compris en cas
de changement d’école. Au cours de l’année scolaire, le DAccE leur permet de
consigner et partager leurs observations et les actions qui sont mises en place. Le
format numérique du DAccE favorise un regard collectif sur les besoins et les
difficultés de l’élève et la façon d’y répondre : le regard du titulaire de classe, mais
aussi d’un intervenant en matière d’accompagnement personnalisé par exemple,
d’autres membres de l’équipe éducative en fonction de l’organisation pédagogique
de la classe, ou encore celui du membre de l’équipe du centre PMS.
Le DAccE permet aussi aux parents d’avoir accès à une information synthétique qui
retrace les actions mises en place au cours de l’année, et les ajustements qui y sont
apportés. Via le DAccE, les parents peuvent aussi transmettre les informations qu’ils
jugent utiles aux enseignants, par exemple un suivi par un ou une logopède. L’apport
du DAccE, c’est donc aussi de faciliter la communication, en axant le dialogue sur
l’information qui est utile au suivi des apprentissages.

Des Consortiums scientifiques pour repérer, élaborer et expérimenter des ressources


didactiques et pédagogiques

Dans le cadre de ce nouveau tronc commun, des ressources sont mises à la


disposition des enseignants pour faciliter l’appréhension des nouveaux référentiels,
la mise en place de la différenciation, la gestion de l’hétérogénéité des élèves et pour
soutenir la réussite des élèves. C’est dans cet objectif que, depuis 2016, des équipes
de chercheurs d’universités, de hautes écoles et d’écoles supérieures des arts
collaborent au sein des huit Consortiums scientifiques qui portent sur les domaines
et disciplines du tronc commun.

Ces Consortiums scientifiques ont pour mission d’établir, sur la plateforme


numérique e-classe, un répertoire d’outils didactiques et de dispositifs pédagogiques
que les enseignants peuvent consulter, sélectionner et se procurer aisément, en
fonction de leurs besoins et de ceux de leurs élèves. Ces ressources repérées ou
élaborées par les Consortiums, sont - pour nombre d’entre elles - expérimentées
dans des classes, et font l’objet d’un processus de sélection pointu, d’une expertise
poussée et d’une validation scientifique. De plus, la mise en place des Consortiums
scientifiques du tronc commun est associée à celle d’un appui scientifique
transversal, porté par une équipe experte des questions méthodologiques.

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