peuvent-ils devenir de nouveaux électeurs.
L'opposition républicaine est empêchée de tenir des réunions
politiques. Leur parade est l'organisation de banquets à partir de 1847, au cours desquels on réclame,
entre autres, l'abaissement du corps législatif. Comme en 1830, trois jours suffisent à renverser la
monarchie. Le 22 février 1848, l’interdiction d'un banquet républicain à Paris débouche sur une
manifestation de protestation. Le 23 février, face à l'émeute républicaine, le roi réagit en renvoyant
Guizot. Une échauffourée, au cours de laquelle des soldats du roi tuent 16 personnes, provoque une vive
réaction des républicains: pendant la nuit, à la lueur des chandelles, les cadavres sont promenés sur une
charrette en guise de protestation.
Le 24 février 1848, Paris se couvre de barricades. Les gardes nationaux, qui n'ont pas le droit de
vote, crient : “Vive la réforme”, et se solidarisent avec des républicains. Découragé, Louis-Philippe, alors
âgée de 74 ans, abdique en faveur de son petit-fils, le comte de Paris. À l'hôtel de ville de Paris, les chefs
républicains constituent un gouvernement provisoire qui proclame la République.
A. Les insurrections de 1848: de nombreux échecs.
Dans l'Empire d'Autriche, une révolution politique libérale se conjugue à la révolte des peuples soumis.
L'agitation libérale commence en mars 1848 à Vienne par des manifestations de bourgeois et
d'étudiants contre la politique de Metternich, qui doit fuir Vienne. L'empereur Ferdinand Ier se résigne à
accorder la liberté de la presse, la création d'une garde nationale et publie une Constitution, mais sans
consultation du peuple. Le mouvement se durcit alors : on exige une assemblée unique élue au suffrage
universel. Une assemblée constituante est alors convoquée par l'empereur. De leur côté, les Tchèques et
les Hongrois réclament leur autonomie.
En novembre 1848, Vienne est reprise par les soldats de l'empereur mais Ferdinand Ier doit
démissionner; son neveu François-Joseph prend le trône à 18 ans. En fait, c'est le nouveau chancelier
Schwarzenberg qui gouverne. Une nouvelle constitution, loin de donner des libertés, supprime tout
privilège et revient à la centralisation. En août 1849, grâce à l'intervention de la Russie, la Hongrie doit
à son tour se soumettre. Les Hongrois n'obtiennent satisfaction qu'en 1867 avec le compromis de la
double couronne : le royaume de Hongrie est séparé du royaume d'Autriche, même si le souverain est le
même. Pour les autres minorités, le problème reste entier.
En Italie, la volonté d'unité se heurte à la domination autrichienne. En Italie, le roi du Piémont Sardaigne,
Charles-Albert, accorde un statu quo constitutionnel (qui deviendra plus tard la Constitution de l'Italie
unitaire). Le pape suit le mouvement sur ses terres en promulguant une Constitution. Contre l'Autriche,
Venise proclame la République et Milan se soulève. Les ducs de Parme et de Modène s’enfuient. Dans
ce contexte, les patriotes italiens poussent Charles-Albert à prendre la direction d'une guerre anti
autrichienne.
Le roi de Piémont-Sardaigne hésite un moment, par crainte de faire le jeu des républicains, puis
accepte en laissant de côté la proposition d'aide française. Si la Lombardie est délivrée, les forces
autrichiennes restent intactes. L'armée piémontaise est finalement écrasée en juillet 1848. Essuyant un
nouvel échec en 1849, Charles-Albert abdique en faveur de son fils,Victor Emmanuel II. tout est à refaire.
En terre allemande, un mouvement populaire contraint les princes allemands et le roi de Prusse Frédéric
Guillaume IV à accepter le principe de l'unité allemande et à accorder des constitutions. Un parlement élu
au suffrage universel masculin est réuni à Francfort. Frédéric Guillaume IV attend le moment où il pourra
revenir sur les concessions qui ont été arrachées. En décembre 1848, il dissout l'Assemblée constituante
de Prusse, même s’il octroie une constitution et un Parlement bicaméral. En 1849, Il repousse son
élection en tant qu'empereur de l'Allemagne libérale par le Parlement de Francfort. l'unité allemande est
au point mort.
Où en est l'Europe au milieu du XIXe siècle ? Une Europe occidentale libérale s'oppose à une Europe
orientale dominée par les régimes autoritaires. Parmi ces derniers, le royaume de Prusse tente de faire
l'unité allemande autour de la Confédération germanique créée en 1815 sur les ruines de l'ancien Saint-
Empire. Toutefois, les liens très larges entre les États de cette confédération mènent à un échec. Seul le
Zollverein, union douanière au nord de cette zone depuis 1834, annonce une lointaine unité allemande,
qui n'aboutit qu'en 1871 mais sans l'Autriche.
La réaction contre les révolutions libérales de 1848 triomphe un peu partout. Après le “Printemps
des Peuples”, c'est” l'automne des Princes”. La deuxième République s'est elle-même montrée
réactionnaire et a contourné le suffrage universel en restreignant le droit de vote pour les ouvriers. En
1851, le prince président, Louis Napoléon Bonaparte renforce cette République pour instaurer un
régime autoritaire.
Le problème des minorités nationales reste entier. L’Empire russe, l'Empire d'Autriche et la Prusse veille
jalousement à maintenir leurs frontières aux dépens des revendications nationales de peuples sans d'État
: Polonais, Tchèques, Slovaques, Roumains, Serbes…
—Carte de l'Europe en 1848. (cf manuel).
Qui suis-je?
1. Représentant français au Congrès de Vienne, je tente de modérer le sort que les vainqueurs de
Napoléon préparent pour la France.
2. Cousin de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, j'accède au trône suite à une révolution, mais une
nouvelle révolution fait de moi le dernier roi qu’a connu la France.
3. Roi de Prusse, je refuse d'être élu empereur d'Allemagne, mais laisse mon pays en bonne place
pour en réaliser l'unité.
4. Historien, chef du gouvernement en 1846, je suis resté célèbre pour ma phrase appelant à
l'enrichissement des Français.
5. Maçon ayant permis l'évasion de Louis Napoléon Bonaparte, je suis resté célèbre pour avoir
fourni son surnom au futur empereur Napoléon III.
6. Chancelier autrichien, négociateur au Congrès de Vienne, je symbolise la politique réactionnaire
de la Sainte-Alliance.
7. Poète anglais, je m'engage aux côtés des Grecs dans leur lutte pour l'indépendance
8. Dernier frère de Louis XVI, je suis chassé du trône de France par la révolution des Trois
Glorieuses.
9. Démocrate italien, je lutte pour l'instauration de la République avant de me rallier au roi du
Piémont pour obtenir l'unité de l'Italie et l'indépendance contre les Autrichiens.
10. Tsar de Russie, je participe à la victoire contre Napoléon et suis l'un des principaux animateurs
de la Sainte Alliance
vrai / faux.
1. La Sainte-Alliance est un pacte catholique entre les pays vainqueurs de Napoléon.
2. Le Zollverein est le nom allemand qui désigne le processus d'unité allemande.
3. Les révolutions de 1848 ont permis l'autonomie de la Hongrie.
4. L’indépendance de la Grèce est obtenue avec le soutien des États européens.
5. La révolution de 1848 aboutit à la mise en place de la Première République qui connaît la
France.
6. La Constitution autrichienne instaure les libertés fondamentales en Autriche.
7. Les Italiens échouent à réaliser leur unité en 1848-1849.
8. L’Angleterre, victorieuse de Napoléon, intègre la Sainte-Alliance en 1815.
9. L’insurrection de 1830 en France aboutit à la mise en place de la Seconde République
10. En 1830, la Belgique devient autonome au sein du Royaume des Pays-Bas.