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Ère Meiji Exposé

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L'ère Meiji : Une révolution occidentale ?

Introduction

5 septembre 1905, Etats-Unis. Les délégués russes et japonais signent le traité de


Portsmouth, qui met fin à la guerre russo-japonaise, débutée un an et demi plus tôt. Au cœur du
conflit, les visées stratégiques de ces deux nations impérialistes sur la Mandchourie et la Corée. La
Russie souhaitait annexer ces territoires pour obtenir un accès à l’océan Pacifique, le Japon,
repousser les ambitions occidentales et s’imposer comme l’acteur majeur de la région. C'est une
grande victoire pour l’Empire du soleil levant, qui entre dans le cercle très fermé des grandes
puissances mondiales. Cette victoire ne doit rien au hasard. Elle est le fruit d’une politique de
modernisation du pays dont l’objectif est d’atteindre le niveau des puissances occidentales. Cette
modernisation s’est accomplie dans la deuxième partie du XIXème siècle, après une crise majeure
qui a abouti à la fin du shogunat Tokugawa. Ce basculement d’une société féodale à un Empire
industrialisé est nommé Restauration de Meiji.

L’ère Meiji (1868-1912) marque une période charnière dans l’histoire du Japon, où celui-ci
réussit une transformation spectaculaire en passant d’un système féodal cloisonné à un État-nation
moderne et puissant. Ce processus, surnommé la « Restauration Meiji », s’inscrit dans un contexte
de pressions extérieures croissantes et de bouleversements internes. Cependant, cette
modernisation ne signifie pas une occidentalisation totale. La volonté était de s’approprier des
outils occidentaux tout en conservant une identité japonaise forte, résumée par la formule : «
Esprit japonais, techniques occidentales ».

La question se pose alors : comment le Japon de l’ère Meiji est-il parvenu à inventer un
État-nation moderne et ouvert, tout en préservant son ancrage traditionnel et oriental ?

Nous verrons dans un premier temps les causes et circonstances qui ont amené aux
changements de régime et à la restauration Meiji, ce qui se traduit par un élan vers la modernité
tout en conservant la tradition.

1ère partie : Les causes de la transformation


Au XVIIe siècle, la période d’unification du Japon est terminée. Le grand vainqueur Togukawa
Ieyasu instaure le shogunat Tokugawa qui va diriger le Japon plus de deux siècles. La capitale est
déplacée à Edo, ce qui donne son nom à cette période de l’Histoire japonaise. L’Empereur, le Tennô,
reste le dirigeant légitime, mais son rôle est symbolique (gardien des traditions + réside à Kyoto).
Le pouvoir se centralise. Les guerriers, qui se situent au sommet de la pyramide féodale, se
transforment peu à peu en gestionnaires dans un appareil plus bureaucratique. On parle d’ailleurs
pour définir cette période, d’une société de guerriers sans guerre (+ naissance bushido, code
moral). La paix d’Edo est marquée par une grande effervescence intellectuelle. La période est
caractérisée par un isolationnisme presque total, dans l’objectif d’assurer la stabilité du pays par
peur d’un désordre venant de l’extérieur : la lutte contre le catholicisme et la fermeture aux
étrangers, c’est le régime du Sakoku 1634 (fermeture du pays). Les navires étrangers (hollandais
=> protestants, sans clergé) sont contenus à Nagasaki. Cette fermeture oblige à une transformation
de la production agricole pour augmenter les surfaces cultivables de 50 %. A une économie de
marché se substitue une économie autarcique. À la fin du XVIIIe siècle, les ressources minières
s’épuisent. La population a triplé en deux siècles, passant de 12 millions à plus de 30 millions
d’habitants. Un clivage se creuse entre ces provinces enrichies et un shogunat affaibli. L’arrivée des
occidentaux, en pleine expansion coloniale, va ébranler ce système fragilisé. En 1853, une escadre
américaine approche d’Uraga. À son bord, le commodore Matthew Perry, qui a pour mission de
forcer les Japonais à ouvrir leurs ports aux Américains. Par crainte, le Japon signe la convention
inégale de Kanagawa, et accepte d’ouvrir trois ports aux navires américains. Le shogunat
Tokugawa est donc vivement critiqué car il ne peut assurer ses missions principales : paix et
équilibre des forces. Le chômage explose, le prix des denrées augmente, la monnaie s’effondre, et
pour couronner le tout, les étrangers apportent le choléra. Un courant se forme autour de
l’Empereur, hostile aux étrangers, qui se réunit sous le slogan « Révérer l’Empereur, expulser les
barbares ». Un climat de guerre civile s’installe. Ces humiliations suscitent une prise de conscience
de l’élite japonaise : pour éviter le sort des pays colonisés, il faut moderniser le pays.

2ème partie : L’ouverture et la restauration

2.1 La fin du shôgunat et le retour de l’empereur

En 1868, le shôgunat Tokugawa est renversé lors de la guerre de Boshin, et l’empereur Meiji est
restauré comme autorité suprême. Ce retour de l’empereur symbolise une rupture avec l’ancien
régime féodal et le début d’une centralisation du pouvoir. Le régime Meiji entreprend alors une série
de réformes ambitieuses inspirées des modèles occidentaux.

2.2 Modernisation et démocratisation (limitée)

Sous l’influence des études menées en Europe et aux États-Unis, le Japon adopte une constitution
(1889) inspirée du modèle prussien. Cette constitution instaure un parlement (la Diète) tout en
maintenant un pouvoir central fort autour de l’empereur. Par ailleurs, le système éducatif est
modernisé pour promouvoir une instruction universelle, avec un accent sur le patriotisme et la
discipline.

3ème partie : Une synthèse entre tradition et modernité

Des réformes radicales sont menées, sous un slogan qui résume parfaitement les ambitions :
« enrichir le pays, renforcer l’armée ». Administrativement, c’est une politique centralisatrice qui
est de mise. Le système de classes est aboli. Le Japon entre dans une ère de modernisation rapide
de ses institutions, transformant le pays en un nouvel État-nation : le shintoïsme devient religion
d’état et la tolérance de mise pour les autres religions ; on voit l’émergence de départements ; le
Yen devient la nouvelle monnaie, le calendrier grégorien est adopté, une armée nationale est créée,
l’enseignement devient obligatoire, le système judiciaire est reformé, Tokyo devient la nouvelle
capitale. C’est surtout l’industrialisation qui se fait à marche forcée : les premières lignes
télégraphiques et de chemins de fer sont construites dans les années 1870 ; la production d’acier
dépasse celle de l’Allemagne en moins de 30 ans. Les zaibatsu, grands conglomérats industriels,
sont piliers de la transformation économique et industrielle du Japon à l'ère Meiji lui permettant de
devenir une puissance industrielle moderne, mais au prix de monopoles économiques. C'est le
début d'une véritable révolution industrielle. C’est un mode de vie occidental qui devient la norme,
et dont l’aspect le plus visible concerne les tenues vestimentaires. Mais tous ces changements sont
brutaux pour rattraper les occidentaux même chez ceux qui ont combattus pour la restauration de
l’Empereur. C’est tout une culture qui est ébranlée, remplacée par la petite bourgeoisie. La volonté
de mener une guerre en Corée, dans une optique impérialiste et dans le but de trouver un sens à
leur vie de guerriers est portée par les anciens fiefs rebelles. Le gouvernement refuse. Des révoltes
éclatent puis sont écrasée par une armée moderne, bien entrainée, bien équipée et forte de
300.000 hommes. La dernière étape de la restauration de Meiji consiste à se doter d’une
Constitution. Finalement, en 1889, la Constitution de l’Empire du Japon est adoptée, s’inspirant
principalement du modèle prussien. Le pouvoir de l’Empereur est très important, mais surtout axé
sur l’aspect militaire. Il est le chef des armées . Le pouvoir est partagé avec un parlement composé
de deux chambres, élues démocratiquement. Des droits et libertés sont accordés aux sujets de
l’Empire. Cette synthèse entre modernité et tradition permet au Japon de se positionner comme
une puissance respectée lors de la victoire sur la Russie en 1905, la première d’une nation
asiatique sur une puissance occidentale.

Attention position empereur, + interdiction poudre à canon . ignore les armes à feu, utilisation du
sabre dans la pol d’isolement sakoku 1635

Conclusion

En établissant un pouvoir central fort et en adoptant certaines pratiques occidentales, le Japon de


l’ère Meiji réalise une véritable révolution. Toutefois, cette modernisation ne constitue pas une
rupture totale avec son passé : en valorisant ses traditions et son identité, le Japon affirme son «
orientalité ». Cette trajectoire unique fait du Japon un modèle pour les nations asiatiques, mais
aussi une menace pour ses voisins, comme en témoignent les politiques expansionnistes
ultérieures. Ainsi, l’ère Meiji préfigure une dynamique ambivalente : une ouverture vers l’Occident
pour mieux lui résister et réinventer une identité nationale forte. Ce modèle reste aujourd’hui une
source d’inspiration et de débat, entre fascination pour le « Cool Japan » et critique d’une
prévarication culturelle.

Eléments de conclusion :

 A sa mort en 1812, l'empereur Meiji a atteint à la fin de son règne son but principal :
amener le Japon à la hauteur des puissances occidentales en établissant un pouvoir central
fort et en acceptant certaines formes d’occidentalisation. Ce sont tous les efforts menés
durant l'ère Meiji, véritable révolution politique, sociale, culturelle, industrielle, et militaire,
qui permirent au pays du soleil levant d'obtenir une victoire éclatante durant la guerre
russo-japonaise (1905). Cette première victoire est paradoxale car elle est aux yeux du
monde celle d'une puissance orientale sur une puissance occidentale, une victoire qui fit
d’ailleurs apparaître dans l'opinion publique le spectre du « péril jaune ». La preuve qu’en
acceptant l’ouverture et certaines innovations importées d’Occident sans pour autant
rompre avec la tradition invoquée sans cesse, le Japon Meiji a pu fonder un Etat-Nation fort,
crédible, et capable d’affirmer son incontestable orientalité. Dans une certaine mesure,
la politique expansionniste du Japon sous l'ère Shōwa est en continuité avec la politique de
l'ère Meiji. Pour le gouvernement japonais en effet, au début du xxe siècle, l'alternative est
d'étendre son influence sur l'Asie ou de passer sous l'influence de l'Occident, autrement dit
coloniser ou être colonisé. Ce faisant, le Japon devient pour ses voisins asiatiques une
menace doublée d’un modèle, la preuve qu’il est possible de résister à l’hégémonie
occidentale mais en même temps le risque d’une nouvelle domination. Un processus qui
culminera durant la Seconde Guerre mondiale avec la « sphère de coprospérité de la grande
Asie orientale », étendard d’une identité asiatique fondée sur l’impérialisme japonais.

 Beaucoup de points communs avec dynamiques touchant occident et ses Etats-Nations, en


effet, et on a finalement avec pouvoir Meiji une sorte de démocratie illibérale à la Napoléon
III, on a institutions prussiennes, on a école et armée comme ciments de la Nation (sur fond
de persécution des minorités qui doivent être assimilées), on a
expansionnisme/colonialisme pour nourrir machine industrielle, on a foi ds progrès et
sciences etc… Mais finalement, Japon ne s’occidentalise que pour résister à Occident et,
mieux, réinventer son identité et réaffirmer son orientalité cf. racisme japonais (insularité) :
on en trouve des expressions ds seconde guerre mondiale et guerre contre les chinois (cf.
livres de Mo Yan sur manière dont japonais traitent les autres « races » : femmes de
réconfort, cobayes , massacres etc…) mais aussi au seconde deuxième siècle avec là aussi
des logiques de réappropriation culturelle : pop culture : cool japan, objet de fascination
internationale avec notamment succès des mangas et tjs même ambiguïté : objet
typiquement japonais avec héros occidentalisés etc… Et même dynamiques de rejet au
Japon même (certains parlent d’uncool japan par dérision pour moquer ces vecteurs de soft
power nippon qui ne sont que prévarication de culture japonaise authentique).

5 septembre 1905. États-Unis. Les délégués russes

et japonais signent le traité de Portsmouth, qui met fin à la guerre russo-japonaise, débuté

un an et demi plus tôt. Au cœur du conflit, les visées stratégiques de ces deux nations

impérialistes sur la Mandchourie et la Corée. La Russie souhaitait annexer ces territoires

pour obtenir un accès à l’océan Pacifique, le Japon, repousser les ambitions

occidentales et s’imposer comme l’acteur majeur de la région. C’est une grande

victoire pour l’Empire du soleil levant, qui entre dans le cercle très fermé

des grandes puissances mondiales. Cette victoire ne doit rien au hasard. Elle

est le fruit d’une politique de modernisation du pays dont l’objectif est d’atteindre

le niveau des puissances occidentales. Cette modernisation s’est accomplie dans la 2ème

partie du XIXème siècle, après une crise majeure qui a abouti à la fin du shogunat Tokugawa.

Ce basculement d’une société féodale à un Empire industrialisé est nommé Restauration

de Meiji. Revenons donc sur cette phrase de transition qui a changé l’Histoire du Japon, et
demandons-nous pourquoi elle fût aussi radicale.

En aout 1864, les guerriers de Choshu tentent un coup d’état pour restaurer l’empereur et en finir
avec le bakufu. Mais ils échouent.

Le shogunat

mène des campagnes victorieuses contre les provinces de Choshu et Mito pour les ramener à

l’obéissance. Comprenant qu’il est impossible de vaincre militairement les occidentaux, les

provinces rebelles changent de stratégie, et décident d’abattre le shogunat

en employant une nouvelle méthode. Étrangement, les conflits entre les occidentaux et

les fiefs de l’ouest vont les rapprocher. Satsuma, Choshu et Tosa passent un accord secret et
forment

l’alliance Satcho. Ils sont entrainés et armés par les britanniques. Leur pensée est définie par un

slogan : « esprit japonais, techniques occidentale ». Le shogunat envoi une nouvelle expédition

contre Choshu, mais qui cette fois-ci échoue. Le mouvement d’opposition en sort grandi. En 1866,

le shogun Iemochi meurt. Togukawa Yoshinobu lui succède. Il entreprend une grande
modernisation

de l’armée shogunale avec l’aide des français. Mais il perd la confiance des grands daimyos qui y

voit plutôt la volonté d’une reconquête intérieure plutôt que d’une lutte contre les étrangers.

En 1867, l’Empereur Kômei disparaît, sans doute empoisonné. Son fils de 16 ans lui succède :

Mutsuhito. En novembre, les provinces rebelles demandent à Yoshinobu d’abdiquer. Sa position


est

délicate. Il abdique de sa fonction de shogun en novembre, mais conserve dans les faits un grand

pouvoir. Les Daimyos y voient un subterfuge, d’autant que Yoshinobu fait garder le palais

impérial par les troupes shogunales, et souhaite devenir premier ministre du nouveau
gouvernement

qui siègerait à la cour impériale. L’idée d’un nouveau gouvernement de daimyos ne deplait pas à
Satsuma et Choshu, mais il est pour eux impossible qu’il soit dirigé par Yoshinobu. Les provinces

rebelles décident d’intervenir militairement. Tandis que Yoshinobu est à Osaka, les troupes de

l’alliance Satcho pénètrent dans Kyoto et prennent le contrôle du palais impérial. Le 3 janvier
1868,

l’Empereur est officiellement restauré. Selon la tradition, il doit choisir un nom posthume lors

de son accession au trône. Il choisit Meiji, signifiant « gouvernement éclairé ».

Saigo Takamori, du domaine de Satsuma, partisan d’une ligne dure, obtient la confiscation

des terres de Tokugawa Yoshinobu. L’ancien shogun proteste auprès de l’Empereur. Ses partisans,

avec à leur tête le clan Aizu, marchent sur Kyoto. La confrontation est inévitable entre

les forces pro-impériales et pro-shogunales. La guerre civile, dite guerre de Boshin, éclate.

Une bataille de 4 jours s’engage à Toba-Fushimi. Malgré sa supériorité numérique, le

shogun est vaincu par cette coalition mieux entrainée et modernisée. A

la vue de la bannière impériale, Yoshinobu abandonne son armée et fuit à Edo.

Il rappelle son abdication à l’Empereur. Fort de ce succès, les troupes impériales

soumettent les poches de résistances, tandis que les daimyos qui étaient neutres se

rallient à l’Empereur. En mai, elles encerclent Edo. Des négociations s’engagent pour éviter

une sanglante bataille. Elles aboutissent à la reddition inconditionnelle et pacifique des forces

shogunales. Les derniers partisans du shogunat résistent encore un an sur l’île d’Hokkaido.

Ils fondent l’éphémère République d’Ezo, qui est vaincue en mai 1869 lors de la bataille de

la baie d’Hakodate. La guerre civile est close et le gouvernement de Meiji contrôle désormais tous

le territoire japonais. Le nouveau gouvernement impérial est transféré à Edo en 1869, qui change

de nom pour devenir Tokyo, signifiant capitale de l’est. Le drapeau du Japon, représentant

la déesse du soleil, commence à être utilisé. L’ère Meiji débute officiellement en

octobre 1868.
Ouverture : Par cet acte, la restauration de Meiji s’accomplit définitivement dans cette volonté de
rattraper les puissances occidentales. Après sa victoire contre la Russie en 1905, le Japon
renégociera les traités inégaux qui lui furent imposés au milieu du XIXe siècle. Le Japon entrera
alors dans une démarche colonialiste, menant à une nouvelle phase de son histoire.

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