MACROECONOMIE I
Faculté des Sciences Economiques et de
Gestion de Bamako-Mali
Licence 1 – Bac – 2024
Responsable: Pr. Sékou DIAKITE
OBJECTIFS
Connaitre et comprendre la macroéconomie ainsi que son
évolution dans le temps avec les différentes théories.
Comprendre et expliquer les différentes notions de la
macroéconomie et leurs fluctuations ( PIB, Inflation, Chômage,
croissance…)
Connaitre les outils d’analyse de la macroéconomie
(Consommation, Investissement) et leurs importances.
PLAN DU COURS
Module I: Notion de la macroéconomie
I. Introduction générale
II. Brève historique des courants de pensée en
macroéconomie
III. Les concepts macroéconomiques
IV. Le circuit économique
Module II: La fonction de consommation
I. La fonction de consommation keynésienne
II. Les approches néoclassiques de la consommation: la
théorie du chois inter temporel de Irving FISHER
III. La théorie du revenu permanent de Milton
Friedman
IV. L’hypothèse du cycle de vie de F. MODIGLIANI
V. L’hypothèse de la marche aléatoire de R. HALL
Module III: La fonction d’investissement
I. La théorie keynésienne de la demande d’investissement
II. La théorie de l’accélérateur (investissement et capacité
de production)
III. Le multiplicateur
Références bibliographiques
Bailly,J. Caire,[Link], G et Quilès, J. 2006.
« Macroéconomie », 2ème édition, Collection grand amphi,
Bréal.
Ben Zineb. 2017, « Cours de macroéconomie », ISG Tunis.
Blanchard O., Cohen D., Johnson D. 2013 « Macroéconomie
», 6ème édition, Perason.
Costa.D. P. 2021, « Economie : Cours d’introduction à
l’analyse économique » HAL open Science.
Dieudonné, D.2017. « Macroéconomie », De Boeck Supérieur.
Guillaumin. C. 2020 , « Macroéconomie » collection DUNOD.
Krugman, P.2016. « Macroéconomie », 3èmeédition, De Boeck
Supérieur.
Mankiw G. 1999, « Macroéconométrie », 4 ème édition, De
Boeck Université.
Mankiw. G. 2013, « Macroéconomie », 8 ème édition New
York 2013, De Boeck
Montoussé, [Link], I.2018. « Macroéconomie », 3ème
édition, Collection grand amphi, Bréal.
MODULE 1 : NOTION DE LA MACROECONOMIE
I. INTRODUCTION GENERALE
L’économiste doit être « mathématicien, historien, homme
d’Etat, philosophe dans une certaine mesure, au-dessus de la
mêlée et aussi incorruptible qu’un artiste et pourtant, parfois
proche de la réalité qu’un homme politique ». Ces paroles de
John Maynard Keynes qui pourrait être qualifié de « père de la
macroéconomie » résument parfaitement ce que l’on attend d’un
économiste.
Comme le suggèrent ces propos, l’étudiant en
économie doit donc faire appel à des talents multiples.
Ainsi l’économie ne prend vie que lorsqu’elle est
utilisée pour comprendre les événements réels.
En tant qu’acteur de la vie économique et en tant que
citoyen, nous ne pouvons pas nous empêcher de
penser aux problèmes que nous rencontrons
quotidiennement.
[Link]’étudient les macroéconomistes?
Les macroéconomistes tentent de répondre aux questionnements
économiques tels que :
Pourquoi certains pays ont une forte croissance et que d’autres
s’enlisent dans la pauvreté ?
Pourquoi certains pays ont une forte inflation, de chômage, de
récession.... ?
Au regard de ces questions, il en déduit que l’approche
macroéconomique est une approche globale des phénomènes
économiques.
Les chercheurs en macroéconomie s’efforcent d’expliquer le
fonctionnement de l’économie dans son ensemble en collectant des
données sur le revenu, l’emploi, les prix… à des époques et en des
lieux différents pour formuler des théories générales susceptibles
d’expliquer les données ainsi rassemblées.
La macroéconomie est une science à la fois jeune et imparfaite
car, la capacité des macroéconomistes à prévoir l’évolution future
des composantes économiques n’est en rien supérieure à celle des
météorologistes à prédire le temps qu’il fera le mois prochain.
2. LES OBJECTIFS MACROECOMIQUES
Parmi les principaux objectifs de la macroéconomie, il ya entre
autres : la croissance économique ; la stabilité des prix ;
l’efficacité économique ; le plein emploi ; la balance
commerciale équilibrée ; la liberté économique ; la sécurité ; la
distribution équitable des ressources…
Ces objectifs ne sont pas universels et leurs importances peuvent
changer d’un pays à un autre. Ils ne sont pas complémentaires et
peuvent être en conflit les uns avec les autres et parfois s’exclure les
uns les autres.
Résoudre un problème macroéconomique n’exclut pas la naissance
d’un autre et chaque ère à ses propres problèmes économiques.
Prenons l’exemple des USA à des époques différentes sous les
différents présidents :
Dans les années 1970, les présidents NIXON, FORD, CARTER
ont tous lutté en vain contre la hausse du taux d’inflation. Dans les
années 1980, l’inflation a diminué mais les présidents REAGAN et
BUSH ont gouverné avec de vastes déficits budgétaires fédéraux.
Dans les années 1990, avec CLINTON, c’était l’excédent
budgétaire mais à la fin de son mandat l’économie se dirigeait vers
la récession.
En 2001, avec W. BUSH la récession a pris fin grâce à la
réduction des impôts mais avec la réapparition des déficits
budgétaires.
Sous OBAMA, c’était d’abord la crise financière alimentée par
la chute des prix de l’immobilier ; la hausse des faillites
hypothécaires et la faillite de nombreuses institutions
financières, puis une crise généralisée à l’ensemble des secteurs
économiques.
Sous TRUMP, la stabilité économique a d’abord régné entre 2016 et
2019 (taux de croissance autour de 2,3% et un taux de chômage
linéaire) mais avec détérioration des agrégats budgétaires : le déficit
est passé de 4,4% en 2016 à 6,3% en 2019 ; le niveau de pauvreté et
d’inégalités s’est aggravé. Ensuite la crise sanitaire de 2019 a plongé
l’économie toute entière vers une récession.
Cela démontre à quel point la macroéconomie n’est pas une histoire
simple.
3. MACROECONOME/MICROECONOMIE
Pendant que la Microéconomie étudie le comportement de chaque
groupe d’agents économiques (ménages, entreprises; Etat) pris
séparément; la Macroéconomie quant à elle s’intéresse à
l’économie dans son ensemble et se concentre sur la mesure des
principaux agrégats économiques (PIB, Inflation, Chômage,
Emploi…) et leurs relations.
Mais aujourd’hui, les modèles macroéconomiques sont plus
riches et complexes : ils sont micro-fondés, c’est-à-dire
que certains mécanismes macroéconomiques reposent
sur les comportements individuels.
Les variables agrégées sont en définitive la somme des
variables qui décrivent les actions des agents individuels. La
Macro a des fondements micro.
4. Les différentes approches de la macroéconomie
On distingue deux approches que sont:
Economie positive ou descriptive
L’économie positive définit le monde tel qu’il est. Elle a trait aux
explications objectives ou scientifiques du fonctionnement de
l’économie.
Exemple :
- les effets d’une politique économique (augmenter les dépenses
publiques par exemple) ;
- les effets d’une réforme de la fiscalité (une hausse des taux
d’imposition par exemple).
L’économie normative ou politique: L’économie normative
quant à elle définit le monde tel qu’il devrait être. Elle
fournit des prescriptions ou recommandations fondées sur
des jugements de valeurs personnels. L’économie
normative va donc plus loin que l’économie positive.
Exemple : Un conseiller économique d’un ministre peut
dire : «pour résorber le chômage, il faut adopter telle ou
telle mesure». Il s’agit alors de propositions: si l’on
change ceci, il arrivera cela.
II. BREVE HISTORIQUE DES COURANTS DE PENSEE EN
MACROECONOMIE
1. LES CLASSIQUES
(Adam Smith, David Ricardo, Thomas Malthus, John Stuart Mill, Etienne Bonnot
de Condillac, Anna Robert Jacques Turgot, Jean-Baptiste Say, Frédéric Bastiat)
Les hypothèses de l’école classique sont :
Tous les phénomènes économiques sont interdépendants d’où la
croyance à l’existence des lois de l’économie.
La production et l’emploi sont directement reliés par une fonction de
production.
Le progrès technologique est le facteur qui influe, de la manière la
plus déterminante à la fois, sur la demande agrégée et l’offre agrégée.
La valeur de la production est égale au montant des revenus
perçus.
Il ya égalité entre l’épargne et l’investissement.
La neutralité de la monnaie.
L’inflation est un phénomène purement monétaire.
Non intervention de l’Etat.
Il n’y a pas de différence entre court et long terme.
Le chômage est volontaire.
La politique économique (budgétaire et monétaire) n’a pas d’effet
sur la demande agrégée.
2. LES NEOCLASSIQUES
(Léon Walras, William Stanley Jevons, Carl Menger, Vilfredo Pareto…)
Les hypothèses de la théorie néoclassique sont :
Les marchés sont parfaitement concurrentiels et, par conséquent,
la maximisation des profits implique une utilisation maximale des
ressources.
Les agents sont considérés comme rationnels, calculateurs et
maximisateurs.
L’information est parfaite.
Les prix sont parfaitement flexibles.
La monnaie est seulement un instrument des échanges donc
neutre.
3. LES KENYNESIENS
(John Maynard Keynes, Alvin H. Hansen, Evsey D. Domar…)
Les hypothèses de la théorie Keynésienne sont:
La monnaie est intégrée à la détermination du revenu national par
l’intermédiaire du taux d’intérêt.
Le chômage est involontaire.
L’investissement est fonction du taux d’intérêt et non de l’épargne
(classiques).
L’épargne est ce qui reste lorsque l’agent a consommé et non la
consommation est ce qui reste lorsque l’agent a épargné
(néoclassiques).
Les anticipations (les agents économiques peuvent se tromper)
sont le principal facteur qui influe sur la demande agrégée.
Il faut soutenir activement l’économie par des politiques
monétaires et budgétaires.
Le système économique est caractérisé par la rigidité des prix et
des salaires et d’une capacité illimitée de production.
L’intervention de l’Etat dans l’activité économique.
De 1940 à 1970 HICKS (1937) avec la mise en question à
travers le modèle IS-LM des théories de Keynes à
Samuelson, les économistes incorporent l’analyse
keynésienne au corpus néoclassique pour faire une synthèse
appelée synthèse néoclassique. Cette synthèse va durer 40
ans puis s’effondre avec le 1er choc pétrolier notamment avec
l’apparition simultanée d’inflation et de chômage. Cela a mis
en mal les politiques de relance keynésienne.
4. LES POSTS-KEYNESIENS
(Michal Kalechi, Roy Harrod, Joan Robinson, Nicholas Kaldor et bien d’autres)
S’ils ne rejettent pas nécessairement toute forme de
microéconomie, ils fonctionnent sur des bases macroéconomiques.
Les différentes hypothèses sont :
La monnaie est endogène. L’inflation est alors analysée d’un point
de vue de l’augmentation des coûts (inflation par la demande) et
non du point de vue de l’augmentation de la masse monétaire
(théorie quantitative de la monnaie).
Le chômage est interprété comme un déficit de demande effective
de la part des entrepreneurs et non comme une conséquence d’un
coût du travail très élevé.
La croissance n’est jamais sur un sentier de croissance stable et
équilibrée mais un phénomène de déséquilibre.
La demande effective est ce qui détermine la situation économique
à long terme.
La flexibilité des prix à des conséquences négatives.
Ils utilisent des postulats réalistes pour obtenir des résultats
conformes au réel.
5. LES MONETARISTES
(Milton Friedman, Karl Brunner, Allan Meltzer et autres)
Les principales hypothèses :
L’offre de monnaie est exogène (elle est déterminée par la banque
centrale).
Les agents économiques dont la rationalité est réelle
quoiqu’imparfaite procèdent à des anticipations adaptatives, qui
diminuent à long terme l’efficacité des politiques conjoncturelles.
L’inflation est d’origine monétaire.
Il existe un taux de chômage naturel (taux de chômage d’équilibre,
vers lequel l’économie tend sur le long terme).
Le système économique s’ajuste continuellement et
automatiquement à un niveau de plein emploi, pourvu que la
politique monétaire garde le taux de croissance de la monnaie
constante (autorégulation).
L’information circule parfaitement entre les agents économiques.
Contrairement aux keynésiens, les agents économiques ne se
trompent jamais dans leurs anticipations.
- La politique monétaire a des effets sur l’activité à CT, mais à LT
elle n’a d’effet que sur le niveau général des prix.
- L'erreur de prévision future est directement proportionnelle aux
erreurs de prévisions passées: l’hypothèse des anticipations
adaptative.
L’anticipation adaptative est un modèle des opinions plus ou moins
élaborées sur les valeurs futures des variables économiques (le prix
du riz, du mil, le taux d’inflation, etc.)
6. LES NOUVEAUX CLASSIQUES
(Robert Lucas, Finn. E. Kydland, Edward C. Prescott, Robert Barro, Thomas
Sargent, Neil Wallace…)
Les hypothèses sont les suivantes:
Non intervention de l’Etat.
Les agents économiques sont rationnels et cherchent à maximiser
leur utilité.
L’offre globale et la demande globale proviennent de l’agrégation
des offres et des demandes individuelles.
Chaque agent économique ajuste son comportement en fonction du
prix.
Les anticipations sont rationnelles.
Le déséquilibre est impossible car, selon eux, l’économie
possède un équilibre général unique avec plein emploi et pleine
utilisation des capacités de production.
La monnaie est neutre.
Le chômage est volontaire.
Les anticipations rationnelles sont une approche qui fait
l’hypothèse que les agents utilisent de manière optimale toute
l’information disponible y compris sur les politiques actuelles et
prospectives, pour prévoir l’avenir.
Par exemple ils peuvent anticiper une augmentation future
des impôts lorsque l’Etat relance l’économie grâce à un
déficit budgétaire, et se mettent à épargner
immédiatement. La politique de relance n’aura plus aucun
effet même à court terme, puisque les liquidités injectées
ne retournent jamais dans le système productif.
7. LES NOUVEAUX KEYNESIENS
(Joseph Stiglitz, George Akerlof, James Mirrlees et Michael Spence, Janet
Yellen, Gregory Mankiw, Olivier Blanchard et Lawrence Summers).
Les hypothèses sont les suivantes :
La rigidité des prix.
L’information n’est pas parfaite (asymétrie d’information).
Possibilité de déséquilibre.
Le chômage est involontaire.
L’intervention de l’Etat.
Le chômage est involontaire.
La monnaie est active (pas neutre).
D’autres oppositions structurent les courants de pensées : les orthodoxes
(les classiques, les néoclassiques, les keynésiens, les monétaristes…) qui
considèrent que les agents économiques sont des êtres séparés, rationnels
et calculateurs évoluant sur les marchés et les hétérodoxes (l’économie
institutionnelle, marxiste, écologiste…) qui replacent leurs réflexions dans
le cadre des sciences sociales ou de la philosophie politique.
Ces différents courants de pensées permettent de comprendre les réponses
données aux différentes crises : financière, monétaire, économique,
alimentaire, sanitaire, écologique, sécuritaire.
II. Les concepts macroéconomiques
1. Le modèle macroéconomique
En tant qu’une représentation simplifiée de la réalité, il se repose sur
une méthode hypothético-déductive. Son objectif est d’expliquer les
relations entre les différentes variables, puis d’en déduire les valeurs
compatibles avec l’équilibre. Exemples : les Classiques supposent que
les prix sont flexibles ce qui permet l’équilibre entre l’offre et la
demande. Par contre les Keynésiens supposent que les prix sont
rigides, ce qui ne permet pas aux marchés de garantir l’équilibre.
2. Variable exogène et variable endogène
Les variables d’un modèle macroéconomique peuvent être
exogènes, fixées à l’extérieur du modèle et connues « ex ante »,
ou endogènes, déterminées par le modèle et connues « ex post ».
La variable endogène est une variable dont la valeur est
déterminée par les relations établies au sein du modèle dans lequel
elle est incluse donc une variable expliquée, tandis que la variable
exogène est une variable explicative, c’est une variable dont la
valeur est déterminée par des facteurs externes au modèle dans
lequel elle est incluse.
Exemple: C = 50 + 0,80*Yd, C est la variable endogène; Yd
est la variable endogène et (50; 0,8) sont des paramètres.
3. Variable de flux et variable de stock
Une variable de flux est une variable qui se mesure au cours
d’une période définie, c’est-à-dire d’un intervalle de temps.
Par exemple, le revenu des ménages au cours d’un trimestre.
Une variable de stock est au contraire une variable qui se
mesure à un moment précis. Par exemple le stock de devises
détenu par la BCEAO au 31 janvier.
Il existe une relation immédiate entre une variable de flux et une
variable de stock, puisque la variation de stock entre deux dates
correspond à un flux au cours de la période qui s’est écoulée
entre ces deux dates. Par exemple, l’investissement net au cours
d’une période donnée mesure la variation de stock de capital
entre le début et la fin de la période.
4. Les différentes équations en macro
Les équations de comportements
En prenant l’exemple sur la fonction de consommation
keynésienne, on suppose que toute variation du revenu
disponible impacte les décisions de consommation des ménages.
Ceci implique que tout comportement de consommation repose
sur le comportement du revenu : C = cYd + Co
Les équations de descriptions ou comptables
Ce sont des fonctions qui définissent une variable en utilisant
d’autres variables. C’est une équation toujours juste (1 + 1 = 2).
Par exemple en macroéconomie dans une économie fermée sans
gouvernement Yd = C + S.
Les équations d’équilibre
L’équilibre est constaté lorsqu’il y a égalité entre différentes
forces; donc un non équilibre expliquerait un dysfonctionnement
et un changement dans les situations courantes. Exemple en
économie fermée l’équilibre représente l’égalité entre l’offre et
la demande globales Y = C + I.
5. Le produit intérieur brut (PIB)
C’est l’indicateur économique qui permet de quantifier la valeur
totale de la production de richesse annuelle effectuée par les agents
économiques (ménages, entreprises, administrations publiques)
résidant à l'intérieur d'un territoire.
Prenons le cas d’une économie qui produit quatre pommes et trois
oranges. Comment, sur cette base, calculer le PIB ? Si donc, les
pommes valent 0,50 $ pièce, et les oranges 1,00 $ pièce, le PIB
devient : PIB = Prix des pommes*Quantité de pommes + Prix
des oranges*Quantité des oranges = 0,50*4 +1,00*3 = 5,00. Le
PIB est donc égal à 5,00 $.
Il existe trois méthodes fondamentales pour mesurer la
production des entreprises, donnant chacune en théorie le même
résultat. Il s’agit de :
• La méthode des dépenses: Selon cette méthode, on regroupe
tous les achats de biens finals nouvellement produits (ou toutes
les ventes des entreprises portant sur des biens nouvellement
produits) qui sont effectués au cours d’une année.
PIB = C + I + G + (X - M)
• La méthode de la somme des revenus: elle consiste à
additionner tous les revenus des facteurs de production (salaires,
intérêts, bénéfices, etc.) engendrés par la production de biens et
services au cours d’une année. Ces revenus comprennent le
revenu du travail et le revenu de capital.
PIB = RT + RM + EBE + T
avec RT – Rémunérations des travailleurs, RM – Revenus
Mixtes nets des Entreprises, EBE – Excédents Bruts
d’Exploitation, T – Taxes sur les importations ou TVA.
• La méthode de la somme des valeurs ajoutées: elle consiste à
déduire de la valeur de la production de chaque entreprise la valeur
des achats auprès d’autres entreprises.
PIB = Cout Final – Prix des matières premières et des étapes
intermédiaires + Taxes
a- Le PIB nominal (en valeur)
C’est le PIB qui reflète donc la variation des quantités produites
des différents biens et de la variation des prix. Il est calculé de
cette manière :
Pi,t – Le prix d'un bien i au cours de la période t et la quantité de
ce bien i au cours de la période.
b - Le PIB réel ou en volume ou en francs constants
C’est la valeur du PIB en ne tenant pas compte des variations des prix,
c'est-à-dire de l’inflation. C'est la valeur utilisée lorsque l'on mesure la
croissance du PIB.
Le PIB réel est constitué par la valeur des biens demandés au cours de la
période mesurés à prix constants (année de base).
Pᵢ,tₒ est le prix du bien i en année de base to
Qᵢ,t est la quantité du bien i au cours de la période t.
c- Le déflateur du PIB
Le déflateur du PIB ou l’indice implicite des prix du PIB, est le
rapport du PIB nominal au PIB réel. Le déflateur du PIB mesure
le prix de l’unité caractéristique de production par rapport à son prix
au cours de l’année de base.
Déflateur du PIB = PIB nominal/PIB réel
PIB nominal = PIB réel*Déflateur du PIB
Cette équation peut, également, s’écrire de la manière suivante :
PIB réel = PIB nominal/Déflateur du PIB.
Sous cette forme, on voit mieux d’où le déflateur tire son nom : on
utilise pour extraire l’inflation du PIB nominal afin d’obtenir le
PIB réel.
Exemple d’application : Cas d’un bien
Année 1 2 3
Quantité 50 000 55 000 58 000
Prix 100 120 150
Construisons à présent les PIB nominal et réel.
Le PIB nominal est égal à : Qo1, × Po,1 = 50 000 × 100 = 5 000 000,
pour l’année 1
Qo,2 × Po,2 = 55 000 × 120 = 6 600 000, pour l’année 2 ;
Qo,3 × Po,3 = 58 000 × 150 = 8 700 000, pour l’année 3.
Le PIB nominal passe donc de 5 000 000 en année 1 à 6 600 000 en
année 2 puis 8 700 000 en année 3 et le PIB nominal total est 20
300 000. Ceci représente, respectivement, des taux de croissance de
+ 32,0 % entre l’année 1 et l’année 2 et de + 31,8 % entre l’année 2
et l’année 3.
Pour la construction du PIB réel, nous choisissons l’année 1
comme année de référence (de base). Dès lors, le PIB réel se
calcule en multipliant les quantités des années 1, 2 et 3 par le prix
de l’année de référence, ici l’année 1.
Ainsi, le PIB réel est égal à :
Qo,1 × Po,1 = 50 000 × 100 = 5 000 000, pour l’année 1. Nous
remarquons que le PIB réel est égal au PIB nominal ;
Qo,2 × Po,1 = 55 000 × 100 = 5 500 000, pour l’année 2 ;
Qo,3 × Po,1 = 58 000 × 100 = 5 800 000, pour l’année 3.
Le PIB réel passe donc de 5 000 000 en année 1 à 5 500 000
en année 2 puis 5 800 000 en année 3 et le PIB réel total est
16 300 000.
Ceci représente, respectivement, des taux de croissance de
+ 10,0 % entre l’année 1 et l’année 2 et de + 5,5 % entre l’année 2
et l’année 3.
Déflateur = PIB Nominal/ PIB réel = 20 300 000/16 300 000 =
1,245. C’est un indice qui permet d’apprécier l’effet prix sur la
période considérée. Plus l’écart est important entre PIB Nominal et
PIB Réel, plus cela signifie que l’impact des prix sur l’économie
est élevé.
6. La relation Inflation-Chômage : La courbe de Phillips
Un faible niveau d’inflation et de chômage sont parmi les objectifs
essentiels de la politique économique. C’est pourquoi il est
important de connaitre la relation inflation-chômage à travers
l’interprétation de la courbe de Phillips.
L’interprétation de la courbe de Phillips est très simple. Si les prix
augmentent plus rapidement que les salaires nominaux, la hausse
de l’inflation provoque une diminution des salaires réels.
Sur le marché du travail, une telle diminution entraîne une hausse
de la demande de travail des entreprises qui se traduit par une
diminution du chômage. À l’inverse, si les prix progressent moins
rapidement que les salaires nominaux, cela entraine une baisse de
la demande de travail des entreprises, donc une augmentation du
chômage.
Représentation de la courbe de Phillips
7. Loi d’OKUN (Arthur Okun)
Quelle relation pouvons – nous attendre entre chômage et PIB
réel ?
Cette relation s’explique de manière assez simple: une forte
croissance conduit à une augmentation des embauches par les
entreprises pour produire davantage afin de répondre à la demande,
d’où une augmentation de l’emploi et une diminution du chômage.
Ainsi, il existe une relation inverse entre les variations du
chômage et le taux de croissance du PIB.
Cette relation négative entre la croissance du PIB et l’évolution du
taux de chômage est connue sous le terme de loi d’Okun. La loi
d’Okun fut établie par Arthur Okun en 1960 et permet de
déterminer le taux de croissance nécessaire pour que le taux de
chômage se stabilise.
En effet, si le taux de chômage est jugé trop élevé, une période de
croissance relativement « soutenue » et « longue » sera nécessaire
pour le faire baisser.
À l’inverse, si le taux de chômage est jugé « acceptable », c’est-à-
dire proche de son niveau naturel, le taux de croissance du PIB doit
être compatible avec ce taux de chômage. Dès lors, le taux de
chômage est un indicateur de l’état de l’économie et du taux de
croissance « souhaitable ».
Il est possible de quantifier cette relation prédite par la loi d’Okun :
Variation en pourcentage du PIB réel = 3% - 2 x Variation du
taux de chômage.
Il détermine qu'il faut une croissance du PIB supérieur à 3%
en moyenne pour faire baisser le chômage. Ce taux varie
selon les pays, car il dépend de deux facteurs: l'évolution de
la population active et de la productivité du travail.
IV. LE CIRCUIT ECONOMIQUE
Le circuit économique permet une représentation synthétique ou
simplifiée de l’activité économique et des relations entre les agents
économiques. Il décrit l’interaction entre les différents agents.
Etudions les différents cas ci-dessous :
1. Le circuit économique pour une économie fermée sans
intervention de l’Etat
Nous sommes en présence d’une économie réduite à deux agents
économiques :
- d’une part, des entreprises produisant des biens et des
services ;
- d’autre part, les ménages percevant des revenus de la part des
entreprises (salaires, intérêts, profits, etc.) en contrepartie des
facteurs de production qu’ils mettent à la disposition de celles-ci.
En admettant que l’activité économique ne concerne que des biens
de consommation (biens finals), une première image du circuit peut
alors être établie.
Figure 1 : Circuit des flux pour le cas d'une économie fermée à deux
agents économiques sans Etat
NB : Le flux est réel lorsque le vendeur vend un bien à un acheteur
et il est monétaire lorsque l’acheteur achète le bien au vendeur.
2. Equilibre en économie fermée sans intervention de l’Etat
a - Equilibre comptable
Le PIB est la somme des valeurs ajoutées ou les utilisations finales
faites de ce PIB, ces dernières se composant de la consommation
finale des ménages (C), de leur investissement (Im) et de
l’investissement des entreprises (Ie).
Leur somme représente la demande globale (de biens finals).
PIB = C + Im + Ie (1)
On pose Y = PIB et I = Im + Ie, par hypothèse simplificatrice,
Im = O
Alors Y = C + I (2)
En désignant par Y la valeur du revenu global qui se partage entre
consommation (ménages) et épargne (entreprises et ménages).
Soit Y = C + Se + Sm avec S = Se + Sm
Et par hypothèse simplificatrice Se = O
Alors, Y = C + S (3)
L’égalité entre (2) et (3) permet d’écrire I = S et on en déduit que
l’équilibre comptable est réalisé (égalité entre l’offre globale et la
demande globale), l’épargne est égale à l’investissement.
NB : Se Ie se traduit par un besoin de financement
Sm Im se traduit par une capacité de financement
b - Equilibre macro-économique
La demande globale correspond exactement à l’offre globale
(PIB), cela signifie que les anticipations, les prévisions des
entreprises doivent coïncider avec les désirs des utilisateurs finals.
Or, rien ne garantit que ces anticipations seront concordantes et
convergent vers la réalisation de l’équilibre global puisqu’elles
concernent des groupes d’agents économiques (ménages,
entreprises, Etat) ayant des mobiles différents.
Finalement, l’équilibre macro-économique se formulera en termes
de concordances, d’anticipations, de prévisions. On dira qu’il
s’apprécie « ex-anté » (par opposition à l’équilibre comptable
constaté « ex-post »).
3. Le circuit économique pour une économie fermée avec
intervention de l’Etat
Dans l’optique de la production, le PIB peut s’écrire de la manière
suivante : Y = C + I + G emploi de la production. (1)
Alors que dans l’optique de revenu, le PIB est tel que:
Y = C + S + T* (2) avec T* = impôt net des transferts.
La nouvelle condition d’équilibre (1) et (2) sur le marché des biens et
services dans une économie fermée avec secteur public s’écrit alors :
C + I + G = C + S + T* et on en déduit,
I + G = S + T* (3) avec I + G = injections et S + T* = fuites ou
épargne nationale.
Cette égalité (3) peut être réécrite ainsi qu’il suit, l’expression T* - G
représentant le budget de l’état qui peut être excédentaire (T* > G)
ou déficitaire (T* < G)
G-T = S-I
Besoin (capacité) de financement Besoin (capacité) de financement
du secteur public du secteur privé
Figure 2 : Circuit des flux pour le cas d'une économie fermée avec l’Etat
Revenu Marché des Payement aux facteurs
facteurs de
production
Ménages Epargne privée Marché
financier Entreprises
Déficit public
Impôt Etat
Investissement
Dépenses publiques
Marché des
Consommation biens et Revenu des entreprises
services
4. Le circuit économique en économie ouverte
L’économie entretient des échanges commerciaux avec le reste du
monde (Rdm). Cette ouverture au commerce international se
matérialise par les importations (M) et par les exportations (X)
de l’économie qui comprend donc les ménages, les entreprises,
l’état et le reste du monde.
Figure 3 : Diagramme des flux pour le cas d'une économie ouverte
5. Equilibre en économie ouverte
En économie ouverte, la demande globale s’écrit :
Y = C + I + G + (X-M) (1)
Le revenu national R est la contrepartie monétaire de l’offre
globale, c’est-à-dire Y = R (2)
Et Y = R = C + S + T
Il résulte alors de l’égalité entre l’offre globale et la demande
globale que : C + S + T + M = C + I + G + X
Soit: S + T + M = I + G + X (3)
Cette relation (3) s’interprète également comme l’égalité
entre la somme des fuites et la somme des injections et peut
s’écrire également de la façon suivante :
(S – I) + (T – G) = (X – M)
(X – M): solde extérieur
La connaissance de la macroéconomie avec les différents
concepts va nous conduire à explorer les outils d’analyse de
la macro à savoir la fonction de consommation et celle
d’investissement qui constitueront les module 2 et 3.