Lymphomes
• Prolifération clonale, d’origine extramédullaire, de cellules lymphoïdes.
Épidémiologie descriptive:
• Les lymphomes, tous confondus, représentent la pathologie la plus fréquente en
oncohématologie,
• Lorsque chaque type est individualisé, la LLC est plus fréquente, suivie des
lymphomes diffus B a grandes cellules puis des lymphomes folliculaires,
• Incidence:
Lymphome de hodgkin: 2/100 000 par an (femmes); 3/100 000 par an
(hommes)
Lymphomes non hodgkiniens: 10/100 000 par an (femmes); 14/100 000 par
an (Hommes)
Age median pour lymphome de Hodgkin : 25 ans
Les lymphomes non hodgkiniens progressent de 10-20% tous les 5 ans,
Lymphomes
Épidémiologie analytique :
• La majorité des lymphomes n’ont pas d’étiologie retrouvée.
1. Virus
VIH incidence annuelle de lymphome ~0,5%
Epstein Barr virus (EBV) : responsable de la majorité des lymphomes de patients
immunodéprimés (surtt VIH+)
Responsable de lymphome de Burkitt africains
Présent dans 50% de lymphome de Hodgkin
Human T lymphotropic virus (HTLV1) responsable de lymphome / leucénmies aigues
de type T
Human herpès virus type 8 (HHV8) associé à:
Lymphomes des sereuses (surtt patients VIH+)
VHC : associé aux lymphomes de la zone marginale
Autres : Helicobacter pylori, deficits immunitaires (traitrment immunosuppresseur,
transplantation, deficits immunocongenitaux, maladies auto-immunes), radiations
ionisantes
Lymphomes
Diagnostic
Orientation
Clinique :
Syndrome tumoral
o Adénopathies fermes, indolores, mobiles à la palpation, en augmentation progressive
o Splénomegalie
o Hépatomégalie (plus rare)
o 30% sont initialement extra ganglionnaires
Signes généraux: asthénie, fièvre, sueurs nocturnes, perte de poids.
Si lymphome de Hodgkin : prurit, douleur à l’ingestion d’alcool
Paraclinique
Imagerie : échographie ou tomodensitométrie : présence d ’adénopathie ou d’infiltration
d’organes non lymphoïdes. Tous les organes peuvent être atteints.
Biologie: LDH augmenté
Pic monoclonal ou hypogammaglobinémie
Syndrome d’activation macrophagique SAM (cytopénies, hyperferritinémie,
hypertriglycéridémie, hypofibrinogenémie, cholestase et cytolyse, moelle riche avec de
nbreux macrophages, fièvre élevée, splénomégalie) surtt lymphome T;
Lymphomes
Diagnostic de certitude
• Se fait sur biopsie
• L’immunomarquage affine le diagnostic
• Le caryotype, sur ganglion, peut confirmer certaines hypothèses:
− t(11,14)= lymphome du manteau
− t(14,18) = lymphome folliculaire
− t(2,8), t(8,14) et t(8,22) = lymphome de Burkitt
• Biologie moléculaire sur fragment congelé :
− Bcl-2 réarrangé dans t(14,18)
− C-myc réarrangé dans les Burkitt
− Réarrangement clonal des gènes des immunoglobulines si LNH B, du récepteur T
si LNH T.
Lymphomes
Classification
en raison de leur présentation, de leur histologie et de leurs traitements différents, on
distingue:
- Le lymphome de Hodgkin (LH) anciennement appelé maladie de Hodgkin
- Les lymphomes non hodgkiniens (LNH)
Les organes touchés
Ce sont prioritairement les organes lymphoïdes :
• rate
• foie
• moelle osseuse
• nœuds lymphatiques
• thymus
• poumons
Lymphome de Hodgkin
- Le lymphome de Hodgkin : caractérisé par la présence de cellules de Reed-sternberg,
grosses cellules à noyau multilobulaire (parfois difficile à trouver ˂ 5% de l’ensemble
des cellules)
- Une désorganisation de la structure du ganglion
- Une réaction cellulaire,
Cellule de Reed-Sternberg
Lymphome de Hodgkin
La classification traditionnelle comprend 4 types:
Prédominance lymphocytaire (rare) = paragranulome de Poppema
Scléronodualire (de loin le plus fréquent)
Cellularité mixte (~100% des patients immunodéprimés)
Déplétion lymphocytaire (rare)
La classification OMS 1997-2201-2008 sépare des autres présentations les formes à
prédominance lymphocytaire. Il existe donc maintenant:
Les lymphomes Hodgkiniens nodulaires à prédominance lymphocytaire,
Les lymphomes Hodgkiniens classiques (avec les 4 formes citées précédemment).
Lymphome non Hodgkinien
• La classification de OMS : diapo ci-dessous
• Les principales formes à retenir, compte tenu de leur fréquence et/ou de leur pronostic
particulier.
LNH Présentation Cellules Particularités
Folliculaires Indolent Petites CD10+, t(14,18), bcl2+
Lymphocytaires Indolent Petites Cf. LLC
Du Malt Indolent Petites
Du Manteau Intermédiaire Petites T(11,14), cycline D1+
B diffus à grandes cellules Agressif Grandes
T périphériques Agressif Moyennes ou grandes CD3+
Burkitt Très agressif moyennes C-myc réarrangé, t(1,8), t(8,14),
t(8,22),
MALT = Mucosis associated tissue
Manteau = zone enveloppant normalement les ganglions
Classification
Lymphome B Lymphome T
• LLC • LGL =
• LPL-B • LPL-T
• MCL • ATLL
• HCL • SEZARY
• SLVL/MZL
• FL
• WALDENSTRÖM
• DLBCL
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• LAM : leucemie aigue myéloide
• SMD ou MDS: syndrome myélodysplasique
• SMP: syndrome myéloproliferatif
• : PV: plyglobulie de Vaquez
• TE: thrombocytose essentielle
• MF: myélofibrose
• SLP: syndrome lymphoprolifératif
• LAL: leucémie aigue lymphoblastique
• LMC : leucemie myéloide chronique
• LF lymphome folliculaire
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• MCL: lymphome du manteau (chronique)
• DL BCL: Lymphome diffus à grandes cellules B
• LPL B: lymphome promyélocytaire B
• HCL: Leucémie à tricholeucocytes
• SLVL: leucémie à lymphocytes villeux (Lymphome
Splénique à Lymphocytes Villeux)
• LGL: leucémie a lymphocytes granuleux
• LPL-T: leucémie prolymphocytaire T
• ATLL: leucémie lymphocytaire associé au virus HTLV-1
• lymphome de sezary
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Lymphome non Hodgkin - CLASSIFICATION (Ann Arbor)
Stade Localisations
I une aire ganglionnaire
(IE) (un site extraganglionnaire limité)
II >1 aire ganglionnaire
(IIE) (+ atteinte d’un organe par contiguïté)
III adénopathies des deux côtés du diaphragme
(IIIE) (+ atteinte d’un organe par contiguïté)
localisation(s) extraganglionnaire(s)
IV - Une diffuse (ex: moelle)
- Multiples
- Une +adénopathies à distance
La rate est considérée comme une aire ganglionnaire, une aire ganglionnaire est définie par une même aire de
drainage
CLASSIFICATION (Ann Arbor)
A = pas de signe général
B = au moins 1 signe général
. Fièvre
. Perte 10% poids en 6 mois
. Sueurs nocturnes
Bulky (>1/3 du thorax)
Classification clinique: Ann ARBOR
Lymphome de Burkitt
Lymphome de Burkitt
Lymphome de Burkitt
Lymphome de Burkitt au microscope. Coloration de Wright
Lymphome de Burkitt
Lymphome de Burkitt au microscope
Lymphome de Burkitt
• Le Lymphome de Burkitt est leucémie aigüe lymphoblastique B ;
une tumeur (lymphome non-hodgkinien) qui
leucémie aiguë lymphoblastique de type Burkitt ;
provient de l'évolution maligne et de la prolifération
de cellules lymphoïdes de type B. Elle est souvent leucémie aigüe lymphoblastique de type Burkitt ;
d'origine virale. Classiquement, on définit trois
variantes cliniques1 : la forme endémique, la forme leucémie de Burkitt ;
associée à l'immunodéficience et la forme leucémie lymphocytaire aiguë B ;
sporadique.
leucémie lymphocytaire aigüe B ;
• Différentes dénominations décrivent la même
affection : leucémie lymphoïde aiguë à cellules B ;
leucémie lymphoïde aigüe à cellules B ;
LAL à cellules de Burkitt ;
LLA-B ;
LAL-B ;
maladie de Burkitt ;
LAL-L3 ;
tumeur de Burkitt.
LAL3 ;
Lymphome de Burkitt
Causes:
• Le virus Epstein-Barr est associé aux trois formes de lymphome de Burkitt, de
manière constante dans la forme endémique, de manière inconstante dans
les deux autres formes. L'infection précède le développement tumoral, le
mécanisme de la transformation tumorale n'est pas clair. Plusieurs protéines
synthétisées par le génome du virus Epstein-Barr seraient impliquées,
entraînant des altérations au niveau de l'ADN de la cellule contaminée.
Lymphome de Burkitt
Particularités génétiques
• Le lymphome de Burkitt est généralement associé à une translocation du
gène c-myc (le gène MYC fut d'ailleurs découvert pour la première fois
chez des patients atteints du lymphome de Burkitt). Cette translocation est
souvent provoquée par l'oncogène viral EBV.
Emplacements les plus courants dans le génome :
t(8;14)(q24;q32) chromosome 8, région q24 vers chromosome 14, région
q32.
Variantes : du chromosome 8 vers les chromosomes 2 ou
22 t(8;2)(q24;p12); t(8;22)(q24;q11)
Intégration du génome EBV : 100 % en Afrique, 30 % ailleurs.
Lymphome de Burkitt
• Histologiquement, on décrit ce cancer comme présentant une
apparence de "ciel étoilé". Les cellules lymphoïdes, particulièrement
similaires les unes aux autres, s'organisent en couches de cellules
ayant de très forts taux de prolifération et d'apoptose.
• Apparence caractéristique de cellules en cas de lymphome de Burkitt .
Lymphome de Burkitt
• Ces lymphocytes ont un noyau de forme ronde ou ovale, aux
contours réguliers, la chromatine, localisée dans la partie centrale
du noyau, se trouvant réticulée avec plusieurs nucléoles de taille
ordinaire. Le cytoplasme est basophile à l'examen. Chez les
patients immunodéprimés, on peut également découvrir parfois
une importante différenciation du cytoplasme avec un noyau à
nucléole unique.
Lymphome de Burkitt
Symptômes
• On pourra souvent découvrir soit une large lésion ostéolytique
du maxillaire ou de la mandibule soit une masse abdominale en
croissance rapide.
• Il n'existe pas de délimitations cliniques claires entre les trois
formes, la distinction se situant plutôt au niveau épidémiologique.
Lymphome de Burkitt
• Cette pathologie tire son nom de Denis Parsons Burkitt (1911-
1993), le chirurgien militaire qui l'a décrite en 1958 en Ouganda. Il
avait remarqué des tumeurs de la mâchoire jamais décrites et
pourtant courantes chez les enfants de la région. Néanmoins, ce ne
sera que six ans plus tard au Zaïre(aujourd'hui RDC) que seront
effectuées les premières descriptions cliniques de ce lymphome.
• La cause virale a été suspectée en 1964 par Epstein, Barr et Achong
devant la présence de corpuscules viraux dans les échantillons de
lymphomes.
• Il s'agit de la première tumeur découverte associée à un virus et l'une
des premières associées à une translocation chromosomique.