📘 Module 1 : Introduction à la DGTCP (Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité
Publique)
🧾 1. Définition et mission générale
📌 Définition simple :
La DGTCP est un grand service de l’État du Mali chargé de gérer l’argent public : il encaisse
les recettes (ce que l’État gagne) et paie les dépenses (ce que l’État dépense).
👉 En d’autres mots :
C’est comme le caissier de l’État. Quand le Mali reçoit de l’argent (impôts, prêts, dons), la
DGTCP l’encaisse. Et quand le Mali doit payer (salaires, écoles, routes), c’est encore la DGTCP
qui s’en occupe.
🎯 Missions principales :
Encaisser l’argent pour l’État (impôts, taxes, aides, etc.)
Payer les salaires des fonctionnaires, les dépenses de l’État
Tenir la comptabilité de toutes les opérations financières de l’État
Gérer la dette publique (ce que le Mali doit aux banques et aux autres pays)
Surveiller l’équilibre des finances publiques
✅ Exemple concret :
Le ministère de la Santé décide de construire un nouvel hôpital.
1. Le ministère fait un plan et demande de l’argent.
2. Le budget est validé par le ministère des Finances.
3. La DGTCP vérifie que les documents sont bons.
4. La DGTCP paye l’entreprise de construction à chaque étape.
5. Elle note toutes les dépenses dans les comptes de l’État.
🗂 2. Place dans le système financier public malien
La DGTCP fait partie du Ministère de l’Économie et des Finances.
Elle travaille en étroite collaboration avec :
La Direction Générale des Impôts (DGI) qui collecte les impôts.
La Direction Générale des Douanes (DGD) qui collecte les taxes à l’import/export.
La DNCF (Direction Nationale du Contrôle Financier) qui surveille la régularité des
dépenses.
👉 La DGTCP est au centre de toutes les transactions financières de l’État. C’est elle qui tient
les comptes officiels de la République du Mali.
🧭 Rôle dans le système :
Institution Rôle principal Exemple
DGI Collecte les impôts TVA, impôt sur les salaires
DGD Collecte les droits de douane Taxe à l’importation
DGTCP Encaisse et dépense l’argent de l’État Salaires, constructions, emprunts
DNCF Contrôle la régularité des dépenses Vérifie si une dépense est légale
🏢 3. Organigramme simplifié de la DGTCP
Ministre de l'Économie et des Finances
Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique
├── Direction de la Comptabilité Publique
├── Direction de la Trésorerie
├── Direction de la Dette
├── Directions Régionales du Trésor (dans chaque région)
└── Paieries, Recettes et Perceptions (services locaux)
✅ Exemple de services dans une région :
Trésorier régional : Responsable des paiements de la région.
Percepteur communal : Encaisse les taxes des mairies.
Payeur : Gère les salaires des fonctionnaires dans la zone.
⚖️4. Différence entre Trésor, Impôts et Douanes
Service Fonction Exemple d’activité
Trésor Payer les salaires, rembourser la
Gère l'argent public
(DGTCP) dette
Perçoit les impôts sur les revenus, Encaisser l’IR (impôt sur les
Impôts (DGI)
entreprises, TVA revenus)
Douanes Perçoit les taxes sur les produits
Taxer l’importation d’un véhicule
(DGD) importés/exportés
✅ Exemple simple :
1. Un commerçant importe du riz → Il paie une taxe aux Douanes.
2. Il vend le riz au Mali → Il paie de la TVA aux Impôts.
3. L’État collecte ces deux taxes → La DGTCP encaisse l’argent.
4. L’État construit un pont avec cet argent → La DGTCP paie l’entreprise.
✅ Résumé du module 1
Élément Ce qu’il faut retenir
DGTCP Gère l’argent de l’État : encaisse, dépense, note
Place Elle est au cœur des finances publiques
Organisation Plusieurs directions : dette, trésorerie, comptabilité
Différence DGI = impôts, DGD = douanes, DGTCP = caisse centrale
📘 Module 2 : Les missions principales de la DGTCP
🎯 1. Recouvrement des recettes publiques
📌 Définition :
C’est l’opération qui consiste à encaisser tout l’argent que l’État doit recevoir, comme les
impôts, les taxes, les aides, les amendes, etc.
🔎 Rôle de la DGTCP :
Même si ce sont les Impôts ou les Douanes qui collectent les recettes, c’est la DGTCP qui
garde l’argent et enregistre chaque paiement dans les comptes de l’État.
✅ Exemples :
Un citoyen paie sa taxe foncière → l’argent entre dans les caisses du Trésor.
Une entreprise paie la TVA → la DGTCP enregistre le montant.
L’Union Européenne donne une aide budgétaire → la DGTCP la reçoit dans un
compte spécial.
💰 2. Exécution des dépenses de l’État
📌 Définition :
C’est le fait de payer les dépenses prévues dans le budget de l’État, comme les salaires, les
fournitures, les infrastructures (routes, écoles, hôpitaux), etc.
🔎 Rôle de la DGTCP :
La DGTCP vérifie que la dépense est autorisée, puis effectue le paiement au fournisseur, à
l’agent ou au bénéficiaire.
✅ Exemples :
Paiement du salaire d’un enseignant → la DGTCP le vire sur son compte.
Achat de craies pour une école → la DGTCP paie le fournisseur.
Construction d’un pont → elle paie l’entreprise selon les étapes du chantier.
💳 3. Gestion de la trésorerie de l’État
📌 Définition :
La trésorerie, c’est tout l’argent disponible en caisse. Gérer la trésorerie, c’est prévoir
combien d’argent entre et combien sort, pour éviter les manques ou les retards de
paiement.
🔎 Rôle de la DGTCP :
Elle fait des prévisions pour savoir si l’État aura assez d’argent pour ses dépenses. Si ce n’est
pas le cas, elle organise un emprunt temporaire ou reporte des paiements.
✅ Exemples :
Si l’État doit payer les salaires le 25 juin, la DGTCP vérifie si les recettes suffisent à
cette date.
Si ce n’est pas suffisant, elle peut emprunter à court terme auprès des banques ou de
la BCEAO.
🧾 4. Tenue de la comptabilité publique
📌 Définition :
C’est l’action de noter de manière rigoureuse toutes les recettes et dépenses de l’État dans
des livres officiels, comme le fait un comptable pour une entreprise.
🔎 Rôle de la DGTCP :
La DGTCP est le comptable de l’État. Elle tient les comptes officiels, établit les états
financiers de l’État, comme le compte administratif ou le bilan de l’État.
✅ Exemples :
En janvier, le ministère de la Santé dépense 10 millions FCFA → la DGTCP enregistre
cette dépense dans la comptabilité.
Elle peut produire un état de situation financière à la fin de chaque mois ou chaque
trimestre.
🌍 5. Gestion de la dette publique (intérieure et extérieure)
📌 Définition :
La dette publique, c’est l’argent que l’État a emprunté auprès de banques, d’autres pays ou
d’institutions internationales.
Dette intérieure : emprunt au Mali (banques locales, investisseurs maliens).
Dette extérieure : emprunt à l’extérieur (Banque mondiale, FMI, pays amis).
🔎 Rôle de la DGTCP :
La DGTCP suit, gère et rembourse les dettes de l’État. Elle négocie les prêts, suit les
échéances, et planifie les remboursements.
✅ Exemples :
L’État malien emprunte 50 milliards FCFA à la BOAD pour construire des routes → la
DGTCP suit les conditions du prêt et organise le remboursement.
La DGTCP peut aussi organiser une émission de bons du Trésor pour emprunter de
l’argent sur le marché malien.
✅ Résumé du module 2
Mission Ce que fait la DGTCP Exemple
Recouvrement des
Encaisse tous les revenus de l’État TVA, impôts, dons
recettes
Paie les dépenses prévues au
Exécution des dépenses Salaires, travaux publics
budget
Organise les entrées/sorties
Gestion de trésorerie Prévision des paiements
d’argent
Enregistre chaque
Comptabilité publique Note tout dans les livres de l’État
dépense/recette
Gère les emprunts et
Dette publique Prêt FMI ou bon du Trésor
remboursements
📘 Module 3 : L’organisation du Trésor Public (DGTCP)
Avec un langage simple mais professionnel, et des exemples concrets pour une
compréhension rapide et claire.
🧩 1. La Trésorerie Générale
📌 Définition :
La Trésorerie Générale est le cœur du Trésor Public. C’est là que tout est centralisé : les
recettes, les dépenses, la gestion de la dette, etc.
🎯 Rôle :
Superviser tout le système du Trésor à l’échelle nationale.
Gérer les grandes opérations financières de l’État.
Assurer la centralisation de la comptabilité.
✅ Exemple :
Quand l’État doit payer la dette extérieure, c’est la Trésorerie Générale qui s’en
occupe.
Toutes les recettes fiscales collectées dans les régions sont versées à la Trésorerie
Générale.
2. Les Paieries et Recettes
📌 Paieries :
Ce sont des services de paiement de l’État. Elles sont chargées de verser les salaires, de
payer les fournisseurs, ou toute autre dépense publique.
📌 Recettes :
Ce sont les services qui encaissent les revenus (impôts, taxes, droits, etc.).
✅ Exemple :
La Paierie du ministère de la Santé gère les paiements des salaires des agents de
santé.
Une Recette des Douanes encaisse les droits de douane à l’entrée du pays.
🧠 À retenir :
Paierie = paie l'argent de l'État
Recette = reçoit l'argent pour l'État
🧑💼 3. Comptables publics et contrôleurs financiers
📌 Comptable public :
C’est un agent du Trésor responsable de la tenue des comptes, de la sécurité des fonds
publics et de la bonne gestion de l’argent de l’État.
🎯 Rôle :
Encaisse les recettes et paie les dépenses.
Tient la comptabilité publique.
Rend compte de sa gestion (il peut être sanctionné en cas d’erreur).
📌 Contrôleur financier :
Il vérifie les dépenses avant qu’elles ne soient engagées. Il joue un rôle de prévention des
erreurs et de bonne gestion budgétaire.
✅ Exemples :
Le comptable public paie les factures des fournisseurs et enregistre chaque paiement.
Le contrôleur financier vérifie si une dépense prévue respecte le budget autorisé.
4. Directions régionales et trésoreries locales
📌 Définition :
La DGTCP est décentralisée. Cela veut dire qu’il y a des représentations régionales et locales
dans les régions, cercles ou communes.
🎯 Rôle :
Faire le même travail que la DGTCP au niveau national, mais dans les régions.
Rapprocher les services publics des populations.
✅ Exemples :
À Sikasso, il y a une Direction régionale du Trésor qui paie les dépenses locales et
suit les recettes fiscales.
À Kati, il y a une Trésorerie locale qui verse les salaires des agents de l’État travaillant
dans cette zone.
✅ Résumé du Module 3
Éléments Rôle principal Exemple
Trésorerie Générale Centre national du Trésor Paie la dette extérieure
Paieries Services de paiement Paie salaires et factures
Éléments Rôle principal Exemple
Recettes Services d'encaissement Reçoit impôts et taxes
Tient les comptes, exécute les
Comptable public Paie un marché public
paiements
Vérifie les dépenses avant Rejette une dépense non
Contrôleur financier
engagement budgétisée
Directions
Gèrent le Trésor au niveau local Direction régionale de Mopti
régionales
Trésoreries locales Services de proximité Trésorerie communale de Ségou
📘 Module 4 : La chaîne de la dépense publique
Toujours avec un langage simple et professionnel, et des exemples concrets pour
comprendre facilement comment l’État malien dépense son argent.
🧾 1. De l’engagement à l’ordonnancement
🧩 a. L’engagement
C’est la première étape : l’administration prend la décision de dépenser.
📌 Exemple : Le ministère de l’Éducation décide de construire une école. Il s’engage à payer
une entreprise pour cela.
🔑 L’engagement, c’est promettre de dépenser, mais rien n’est encore payé.
🧩 b. L’ordonnancement
C’est la deuxième étape. Ici, le responsable (appelé ordonnateur) donne l’ordre de payer.
📌 Exemple : Après vérification que tout est en règle (contrat signé, entreprise a bien
travaillé), le ministre ordonne au Trésor de payer.
🔑 L’ordonnateur n’a pas l’argent lui-même. Il donne juste l’ordre.
💰 2. Du mandat à la liquidation
🧩 a. La liquidation
C’est l’étape où on calcule exactement combien doit être payé, et pourquoi.
📌 Exemple : Le chantier a coûté 50 millions de FCFA, la liquidation vérifie que ce montant est
conforme au contrat.
🧩 b. Le mandat
C’est le document officiel que l’ordonnateur envoie au Trésor pour autoriser le paiement.
📌 Exemple : Une fois le montant liquidé, un mandat est signé pour dire : "Payez cette
entreprise."
🔑 Mandat = Autorisation officielle de payer
👨💼 3. Rôle du comptable public dans le paiement
Le comptable public intervient après toutes ces étapes. Il est le seul autorisé par la loi à
manipuler l’argent public.
🎯 Il fait :
La vérification finale : il contrôle que toutes les pièces sont justes et complètes.
Le paiement effectif : il fait le virement bancaire ou remet le chèque.
📌 Exemple :
Il vérifie que le mandat est bien signé.
Il vérifie que la prestation est faite.
Il paie l’entreprise via un virement au Trésor.
🔐 Si le comptable public détecte une erreur, il peut refuser de payer.
🧰 4. Outils utilisés
📄 a. Ordre de paiement :
Document envoyé au comptable public pour demander le paiement.
b. Bordereaux :
Feuilles récapitulatives qui listent plusieurs paiements à effectuer (très utile pour les salaires
par exemple).
📎 c. Pièces justificatives :
Ce sont tous les documents qui prouvent la légalité de la dépense :
Contrat
Facture
Attestation de service fait
Rapport de réception
📌 Exemple complet :
Pour payer une entreprise ayant construit une école :
1. Contrat signé entre l’État et l’entreprise ✔️
2. Facture de l’entreprise ✔️
3. Procès-verbal de réception des travaux ✔️
4. Mandat signé ✔️
5. Tous ces documents sont envoyés avec l’ordre de paiement au comptable public ✔️
✅ Résumé du Module 4
Étape Acteur principal Description simple Exemple
Ministère veut acheter du
Engagement Ordonnateur Décide de dépenser
matériel
Ordonnancement Ordonnateur Donne l’ordre de payer Ministre signe le mandat
Liquidation Ordonnateur Calcule ce qu’on doit Confirme que la facture est
Étape Acteur principal Description simple Exemple
vraiment correcte
Mandat Ordonnateur Autorisation de payer Mandat envoyé au Trésor
Comptable
Paiement Exécute le paiement Fait le virement
public
Comptable
Contrôle Vérifie la régularité Refuse s’il manque une pièce
public
📘 Module 5 : La comptabilité publique
Ce module t’explique les bases de la comptabilité publique telle qu’appliquée à la Direction
Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) au Mali. On garde un ton simple
mais professionnel, avec des exemples concrets pour bien comprendre.
🧱 1. Principes fondamentaux de la comptabilité publique
✅ a. Principe d’unicité
Tout l’argent de l’État est dans une seule caisse.
📌 Exemple : Que ce soit les recettes fiscales, les taxes douanières ou les dons extérieurs, tout
passe par le compte unique du Trésor.
✅ b. Principe d’universalité
On enregistre les recettes et dépenses pour leur montant total, sans les mélanger ou les
compenser.
📌 Exemple : Si l’État reçoit 100 millions et dépense 70 millions, on n’écrit pas juste 30
millions de solde. On écrit les 100 millions de recettes et les 70 millions de dépenses
séparément.
✅ c. Principe de séparation des fonctions
L’ordonnateur décide, le comptable paie. Ils ne doivent jamais être la même personne.
📌 Exemple : Le directeur d’un ministère peut signer un mandat, mais ne peut pas payer lui-
même. Seul un comptable du Trésor a ce pouvoir.
🧾 2. Types de comptabilité
📘 a. Comptabilité administrative
Gérée par l’ordonnateur (ex. : le ministère, une mairie)
Elle enregistre :
Les engagements
Les liquidations
Les ordonnancements
📌 Exemple : Le ministère de la Santé suit combien il a engagé pour acheter des ambulances.
📗 b. Comptabilité générale (ou patrimoniale)
Gérée par le comptable public, selon les règles de la comptabilité classique (comme en
entreprise).
Elle enregistre :
Les encaissements réels
Les paiements
Les avoirs de l’État
📌 Exemple : Le comptable public enregistre le paiement réel de 10 millions pour des vaccins.
👨💼 3. Rôle du comptable public
Le comptable :
Reçoit les ordres de payer (mandats)
Vérifie les pièces justificatives
Effectue les paiements
Enregistre toutes les opérations dans ses livres comptables
Est personnellement responsable des erreurs de caisse
📌 Exemple : Si un paiement est fait sans facture valide, le comptable peut être sanctionné
personnellement.
📚 4. Les documents comptables utilisés
📘 a. Journal
Enregistre chaque opération chronologiquement.
📌 Exemple :
1er mars → Recette fiscale 20 000 000 FCFA
2 mars → Paiement salaires 15 000 000 FCFA
📘 b. Grand livre
Classe les écritures par compte (recettes, dépenses, dettes…).
📌 Exemple : Le compte 706 regroupe toutes les recettes fiscales, le compte 641 toutes les
charges de personnel.
📘 c. Balance
Fait le récapitulatif des soldes de tous les comptes.
📌 Exemple :
Compte Débit Crédit Solde
706 (Impôts) 0 50 000 000 +50 000 000
641 (Salaires) 30 000 000 0 -30 000 000
📘 d. Compte administratif
Document final annuel de l’ordonnateur. Il résume toutes les dépenses et recettes qu’il a
ordonnées.
📌 Exemple : Le préfet d’une région présente un compte administratif pour montrer comment
il a utilisé les fonds de l’année.
✅ Résumé du Module 5
Élément Définition simple Exemple
Toutes les recettes vont dans un
Unicité Compte unique du Trésor
seul compte
Pas de compensation entre Écrire les 100M reçus et les 70M
Universalité
recettes et dépenses dépensés séparément
Séparation Ordonnateur ≠ Comptable Ministre signe, comptable paie
Comptabilité
Suivi des décisions de dépense Ministère enregistre les engagements
admin.
Comptabilité
Suivi des paiements réels Trésor enregistre le virement
générale
Journal Liste des opérations par date 1er mars : recette, 2 mars : paiement
Grand livre Opérations par compte Compte 641 = salaires
Balance Solde de tous les comptes Tableau avec + et -
Compte
Bilan annuel de l’ordonnateur Préfet rend compte
administratif
📘 Module 6 : Les types de recettes et leur gestion
Ce module t’explique quels sont les différents types de recettes de l’État malien et
comment elles sont collectées, contrôlées et versées au Trésor. Les termes sont simples, les
exemples nombreux, et le style reste professionnel.
1. Qu’est-ce qu’une recette publique ?
Une recette publique est toute entrée d’argent dans les caisses de l’État.
👉 Elle peut venir :
Des citoyens (impôts, taxes…)
Des entreprises (redevances, amendes…)
D’autres pays ou institutions (dons, prêts…)
📌 Exemple : Si une entreprise paie 500 000 FCFA de TVA, c’est une recette publique.
💰 2. Les grandes catégories de recettes
🔶 a. Recettes fiscales
Ce sont les impôts et taxes perçus par l’État.
📌 Exemples :
Impôt sur les salaires (ITS)
Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
Impôt sur les bénéfices (IS)
Droits de douane
👉 Gérés par la DGI et la DGD
👉 Reversés ensuite au Trésor par bordereaux de versement
🔷 b. Recettes non fiscales
Revenus que l’État gagne hors impôts.
📌 Exemples :
Loyers d’immeubles publics
Amendes de police ou de justice
Droits d’inscription dans les universités publiques
Revenus des services publics (ex : hôpitaux)
👉 Gérés par les ordonnateurs
👉 Le comptable public encaisse et enregistre
🔸 c. Recettes exceptionnelles
Recettes non régulières ou non prévisibles.
📌 Exemples :
Dons internationaux (UE, Banque mondiale…)
Produits de privatisation (vente d’une entreprise publique)
Produits de confiscation (biens saisis par la justice)
🏦 3. Le processus de gestion des recettes
Étape 1 : Prévision
L’État prévoit dans le budget combien il pense encaisser.
📌 Exemple : En 2024, l’État prévoit 400 milliards en recettes fiscales.
Étape 2 : Liquidation
On détermine exactement combien chaque contribuable doit.
📌 Exemple : L’entreprise "SOTRAMA MALI" doit 3 millions de TVA.
Étape 3 : Ordonnancement
L’ordonnateur donne l’ordre d’encaisser.
📌 Exemple : Le directeur des impôts émet un titre de perception.
Étape 4 : Recouvrement
Le comptable du Trésor encaisse l’argent.
📌 Exemple : Le receveur des impôts encaisse les 3 millions en espèces ou par virement, et
remet un reçu.
Étape 5 : Reddition
Le comptable remet un état récapitulatif des recettes encaissées.
📌 Exemple : Chaque semaine, le trésorier régional fait une situation des recettes perçues.
🧾 4. Outils et documents utilisés
Outil Description Exemple
Document émis par l’ordonnateur pour
Titre de perception TVA due par un commerçant
encaisser une somme
Bordereau de Paiement effectué à la
Justifie que l’argent a été remis au Trésor
versement banque du Trésor
Quittance Reçu remis au contribuable Preuve qu’il a payé son impôt
Outil Description Exemple
Journal où le comptable enregistre tous Chaque recette est inscrite
Livre de caisse
les encaissements en détail
📊 5. Exemple complet de recette
🎯 Cas pratique :
Un particulier paie une taxe foncière de 100 000 FCFA :
1. Prévision : la mairie avait prévu 50 millions de taxe foncière
2. Liquidation : le service d’urbanisme calcule que M. Keita doit 100 000 FCFA
3. Ordonnancement : la mairie émet un titre de perception
4. Recouvrement : M. Keita va à la caisse et paie
5. Reddition : Le comptable inscrit l’opération et dépose le bordereau à la trésorerie
locale
✅ Résumé du Module 6
Élément Définition simple Exemple
Recette fiscale Argent des impôts TVA, ITS
Recette non fiscale Revenus hors impôts Amendes, loyers
Recette exceptionnelle Argent non prévu Dons, ventes
Titre de perception Ordre d’encaisser Taxe foncière
Bordereau de versement Preuve de dépôt au Trésor Versement de 3M de TVA
Comptable public Celui qui encaisse Receveur du Trésor
Quittance Reçu de paiement Preuve pour le contribuable
📘 Module 7 : La Gestion de la Trésorerie
Ce module t’explique comment l’État malien gère ses entrées et sorties d’argent au
quotidien, afin de ne jamais manquer de liquidités. Il est écrit en langage simple,
professionnel et concret, avec des exemples précis.
🏦 1. Qu’est-ce que la trésorerie de l’État ?
La trésorerie de l’État, c’est comme le porte-monnaie du pays.
👉 Elle sert à payer les dépenses (salaires, projets…) avec l’argent encaissé (impôts, aides…).
📌 Exemple : Si l’État reçoit 10 milliards de FCFA cette semaine, il doit décider comment et
quand utiliser cet argent sans tout dépenser.
💰 2. Les recettes encaissées
Ce sont tous les revenus réellement entrés dans les comptes du Trésor.
📥 a. Recettes fiscales
TVA payée par les entreprises
ITS sur les salaires
Droits de douane
📌 Ex : La DGD verse 2 milliards au Trésor après collecte des taxes d'importation.
📥 b. Dons et aides
Dons de pays partenaires (ex : France, Chine)
Appuis budgétaires de la Banque Mondiale ou FMI
📌 Ex : Le Mali reçoit 5 milliards du FMI pour la relance post-crise.
📥 c. Emprunts publics
Emprunts sur le marché régional (UMOA)
Avances de la BCEAO
📌 Ex : L’État émet un bon du Trésor de 10 milliards à 6 mois.
💸 3. Les grandes dépenses
Ce sont toutes les sorties d’argent faites par l’État.
📤 a. Salaires
Payés chaque mois aux fonctionnaires
📌 Exemple : 80 milliards de FCFA chaque mois pour l’ensemble de la fonction publique.
📤 b. Dépenses d’investissement
Routes, hôpitaux, écoles, infrastructures
📌 Exemple : 2 milliards pour construire un nouveau pont à Bamako.
📤 c. Dépenses de transfert
Aides sociales, bourses, subventions
📌 Exemple : Subventions pour le carburant ou les engrais agricoles.
⚖️4. La balance de trésorerie
C’est la différence entre les recettes encaissées et les dépenses.
Situation Interprétation
💚 Recettes > Dépenses Excédent → Bonne santé financière
🔴 Recettes < Dépenses Déficit → Besoin d’emprunter ou réduire les dépenses
📌 Exemple :
Le Trésor a encaissé 150 milliards
Il a dépensé 170 milliards
👉 Il a un déficit de 20 milliards
5. Les instruments de régulation
Quand la trésorerie est tendue, l’État utilise des outils pour équilibrer ses finances.
🔹 a. Bons du Trésor
Titres que l’État vend à court terme (3 à 12 mois) pour se financer.
📌 Ex : Le Mali émet des bons de 10 milliards sur 6 mois avec 5 % d’intérêt.
🔹 b. Obligations du Trésor
Titres à long terme (2 à 10 ans)
📌 Ex : Une obligation de 10 milliards sur 5 ans avec 7 % d’intérêt annuel.
🔹 c. Avances de la BCEAO
L’État peut demander à la Banque centrale une avance exceptionnelle, remboursable.
🔹 d. Ajustement des dépenses
L’État peut reporter ou geler certaines dépenses
📌 Ex : Reporter un projet d’infrastructure non urgent.
🎯 6. Objectif de la gestion de trésorerie
L’objectif est de garantir à tout moment :
Le paiement à temps des salaires et dettes
Le financement régulier des services publics
La stabilité budgétaire
📌 C’est comme une bonne gestion domestique : il faut savoir quand dépenser, quand
attendre, et quand emprunter.
✅ Récapitulatif du Module 7
Élément Définition Exemple
Trésorerie Porte-monnaie de l’État 200 milliards à gérer ce mois
Recettes Argent qui entre TVA, ITS, dons
Dépenses Argent qui sort Salaires, projets
Balance Recettes - Dépenses +10M ou -5M
Bon du Trésor Emprunt à court terme 10 milliards sur 6 mois
Avance BCEAO Prêt temporaire de la banque centrale 5 milliards à rembourser
📗 Module 8 : La gestion de la dette publique
Ce module t’explique comment l’État malien emprunte et rembourse l’argent, à qui,
comment, et pourquoi. Il utilise un langage simple, professionnel et illustré pour une
compréhension rapide et complète.
1. Définition de la dette publique
La dette publique, c’est l’ensemble des emprunts contractés par l’État pour financer ses
activités quand les recettes sont insuffisantes.
📌 Exemple : Si l’État doit construire un pont de 100 milliards alors qu’il n’a que 60 milliards, il
emprunte 40 milliards. Cette somme devient une dette.
🧩 2. Les deux types de dette
🔹 a. Dette intérieure
Emprunté à l’intérieur du pays, auprès de :
Banques locales
Entreprises maliennes
Institutions financières nationales
Fournisseurs de l’État (dettes impayées)
📌 Exemple : L’État doit 5 milliards à une entreprise locale de construction ou à une banque
malienne (BNDA, BMS…).
🔹 b. Dette extérieure
Emprunté à l’étranger, auprès de :
FMI (Fonds Monétaire International)
Banque Mondiale
AFD (France)
BAD (Banque Africaine de Développement)
📌 Exemple : Le Mali emprunte 20 milliards à la Banque Mondiale pour construire un réseau
d’électricité en zone rurale.
🧮 3. La gestion de la dette publique
La gestion de la dette est assurée par la Direction Nationale de la Dette Publique, rattachée
à la DGTCP.
🔧 a. Enregistrement des dettes
Toutes les dettes sont inscrites dans une base de données centrale.
Cela permet de suivre chaque emprunt, son échéance, ses intérêts.
📌 Exemple : Un prêt de 10 milliards à rembourser sur 5 ans, avec 2 % d’intérêt annuel.
🔧 b. Prévision des échéances
L’État prépare un échéancier, c’est-à-dire un calendrier de remboursement.
Cela permet d’éviter les retards de paiement.
📌 Exemple : Le Mali doit payer 2 milliards chaque 31 décembre pendant 5 ans.
🔧 c. Paiement du service de la dette
Le service de la dette = remboursement du capital + paiement des intérêts
📌 Exemple :
Montant emprunté : 10 milliards
Intérêt annuel : 2 %
Service annuel de la dette = 10 milliards ÷ 5 + (2 % de 10 milliards)
= 2 milliards + 200 millions = 2,2 milliards par an
💡 4. Les instruments de la dette
📝 a. Titres publics
Bons du Trésor : court terme (3 à 12 mois)
Obligations : long terme (2 à 10 ans)
📌 Exemple : Le Mali émet une obligation de 15 milliards sur 7 ans à 5 %
📆 b. Échéanciers
Outil de planification du remboursement
📌 Exemple :
Année Montant à rembourser
2025 3 milliards
2026 3 milliards
2027 4 milliards
🔄 c. Consolidation
Fusion ou rééchelonnement de plusieurs dettes pour alléger les charges
📌 Exemple : Le Mali regroupe 3 dettes différentes en une seule dette restructurée à payer
sur 10 ans au lieu de 5 ans.
🎯 5. Pourquoi l’État s’endette-t-il ?
Pour financer des investissements importants (routes, hôpitaux)
Pour couvrir un déficit budgétaire
Pour stabiliser la trésorerie en période de crise
🧠 6. Résumé rapide
Élément Définition Exemple
Dette intérieure Emprunt local Dette envers BMS, fournisseurs
Dette extérieure Emprunt international Prêt FMI, BAD
Service de la dette Capital + intérêts 2,2 milliards/an
Échéancier Planning de paiement 3 milliards/an
Titres Outils d’emprunt Bons, obligations
Consolidation Réorganisation des dettes Fusion ou report
📘 Module 9 : Le contrôle et l’audit des opérations du Trésor
Ce module explique comment on vérifie que les opérations financières de l’État sont bien
faites, sans erreurs ni détournements. Il t’aidera à comprendre les mécanismes de contrôle
et d’audit dans le cadre du Trésor Public malien, avec des mots simples mais professionnels,
accompagnés d'exemples.
🎯 1. Objectif du contrôle et de l’audit
Le but est de :
✅ Assurer la régularité des opérations (respect des règles et lois)
💰 Prévenir les fraudes et les détournements
📊 Améliorer la gestion des finances publiques
📂 Garantir la transparence dans l’utilisation de l’argent public
2. Types de contrôle dans le système du Trésor
🔹 a. Contrôle administratif
Effectué avant l’exécution d’une dépense.
📌 Exemple : Avant de payer une facture de construction, le contrôleur vérifie si les pièces
sont complètes (facture, contrat, bon d’exécution…).
Réalisé par : le Contrôle Financier.
🔹 b. Contrôle comptable
Fait après que le comptable a enregistré les opérations dans les livres.
📌 Exemple : On vérifie si les montants inscrits dans le journal comptable correspondent aux
pièces justificatives.
Réalisé par : l’Inspection des Services Comptables ou les vérificateurs internes.
🔹 c. Contrôle de gestion
Analyse l’efficacité de la gestion (si les ressources sont bien utilisées pour atteindre les
résultats).
📌 Exemple : L’État a-t-il réellement construit l’hôpital prévu ? A-t-il utilisé les fonds de
manière efficace ?
Réalisé souvent par : la Cellule d'Évaluation ou l’Inspection Générale.
🔹 d. Contrôle externe
Ce sont des organes indépendants qui contrôlent l’ensemble des opérations de l’État.
📌 Exemple : Le BVG (Bureau du Vérificateur Général) audite les comptes de la DGTCP.
Réalisé par :
BVG
Cour Suprême (Section des Comptes)
Inspections indépendantes internationales (FMI, Banque Mondiale)
🔍 3. L’audit : qu’est-ce que c’est ?
L’audit, c’est une évaluation approfondie, neutre et systématique des opérations financières
pour s’assurer qu’elles sont :
✔️Conformes aux lois
📑 Bien documentées
📈 Efficaces
Sûres
📌 Exemple : Un audit de la paierie du ministère de la Santé va vérifier :
Les salaires sont bien versés aux bons agents
Les pièces justificatives sont présentes
Il n’y a pas de doublons ou d’anomalies
🧪 4. Outils utilisés pour contrôler et auditer
Outil Description Exemple
Documents qui prouvent la réalité des Factures, contrats, bons de
📁 Pièces justificatives
opérations commande
Documents de synthèse des
📊 États financiers Balance, compte administratif
recettes/dépenses
Résumé des anomalies et
📝 Rapports d’audit Audit de la DGTCP 2023
recommandations
🧮 Système
Suivi automatisé ASTER, CID, SIGTAS
informatique
⚖️5. Sanctions possibles
Si le contrôle ou l’audit révèle des irrégularités :
🚫 Suspension de paiement
💸 Remboursement des sommes détournées
⚖️Poursuite judiciaire (corruption, détournement…)
📤 Radiation ou suspension de l’agent fautif
📌 Exemple : Un comptable qui a validé un faux paiement peut être traduit devant la justice
ou relevé de ses fonctions.
📌 6. Acteurs clés du contrôle et de l’audit
Acteur Rôle principal
Contrôleur financier Vérifie les engagements avant paiement
Inspecteur du Trésor Contrôle les comptables et les opérations
Inspecteur général des finances Supervise les services du ministère des finances
BVG Organe indépendant de vérification
Cour Suprême Juge les comptes publics
🧠 Résumé express
Élément Description
Contrôle administratif Avant le paiement
Contrôle comptable Après l’enregistrement
Audit Évaluation complète et indépendante
Outils Pièces, rapports, logiciels
Sanctions Discipline, justice, remboursement
📘 Module 10 : Rapprochements avec les autres institutions
Ce module t’explique comment la DGTCP travaille avec d’autres grandes institutions
financières et budgétaires au Mali, avec des mots simples, un ton professionnel et des
exemples pour mieux comprendre.
🧩 1. Relations avec la DGI, la DGD et la DNCF
La DGTCP ne travaille pas seule. Elle collabore étroitement avec :
🔸 a. Direction Générale des Impôts (DGI)
La DGI collecte les impôts (TVA, IR, IS, etc.).
📌 Exemple : Quand la DGI perçoit la TVA d’une entreprise, elle transmet les recettes à la
DGTCP, qui les enregistre dans les comptes de l’État.
🧠 Lien avec la DGTCP :
Coordination dans le recouvrement
Transmission des bordereaux de recettes
Réconciliation des chiffres à la fin de l’année
🔸 b. Direction Générale des Douanes (DGD)
La DGD collecte les droits de douane à l’importation et à l’exportation.
📌 Exemple : Lorsqu’un container arrive au port de Dakar pour Bamako, la DGD perçoit les
droits, et la DGTCP encaisse et comptabilise ces fonds.
🧠 Lien avec la DGTCP :
Centralisation des recettes douanières
Vérification des versements dans les comptes du Trésor
Rapprochement des données entre DGD et DGTCP
🔸 c. Direction Nationale du Contrôle Financier (DNCF)
Elle contrôle l'engagement des dépenses publiques avant exécution.
📌 Exemple : Le ministère de l’Agriculture veut acheter du matériel. La DNCF contrôle si la
dépense est autorisée. Ensuite, la DGTCP paie.
🧠 Lien avec la DGTCP :
Complémentarité dans la chaîne de dépense
Échange d’informations et vérification croisée
Garantie de bonne exécution des dépenses
🏦 2. Coordination avec la BCEAO et le FMI
🔹 a. BCEAO (Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest)
C’est la banque centrale de l’UEMOA. Elle joue un rôle clé dans la gestion de la trésorerie de
l’État.
📌 Exemple : Lorsque l’État malien émet des bons du Trésor, la BCEAO les diffuse sur le
marché.
🧠 Lien avec la DGTCP :
Ouverture des comptes du Trésor
Gestion des emprunts publics (bons, obligations)
Suivi des disponibilités en caisse
🔹 b. FMI (Fonds Monétaire International)
Il appuie le Mali en cas de crise financière ou de réformes économiques.
📌 Exemple : En période de déficit, le FMI peut prêter au Mali, mais exige une bonne gestion
par la DGTCP.
🧠 Lien avec la DGTCP :
Élaboration des rapports de suivi budgétaire
Réformes de la transparence financière
Appui technique à la gestion de la dette
3. Synergie avec les collectivités territoriales
Depuis la décentralisation, les mairies, cercles et régions ont aussi un budget à gérer.
📌 Exemple : La Trésorerie Régionale de Ségou encaisse les impôts locaux et paie les
dépenses de la mairie.
🧠 Lien avec la DGTCP :
Supervision des comptables des collectivités
Formation et accompagnement des agents
Centralisation des comptes publics locaux
🧠 Récapitulatif visuel
Institution Lien avec la DGTCP Exemples
DGI Collecte des impôts TVA, IS, IR transmis au Trésor
DGD Collecte des droits de douane Droits à l'import enregistrés
DNCF Contrôle des dépenses Engagements vérifiés avant paiement
BCEAO Banque du Trésor Emprunts, comptes publics
FMI Partenaire de gestion Suivi budgétaire, appui
Collectivités Comptabilité locale Paieries régionales, supervision
📘 Exercice 1 : Exécution d’un projet d’aménagement rural
Contexte :
L’État malien lance en 2025 le Projet de Modernisation des Zones Rurales (PMZR) dans 4
régions : Kayes, Sikasso, Ségou, Mopti.
Le budget total du projet est de 60 milliards FCFA, répartis ainsi :
Source de financement Montant (en Mds FCFA)
Budget national 20
Aide BAD 15
Emprunt via bons du Trésor 15
Recettes douanières 10
🎯 Objectifs du projet :
Réhabilitation de 100 forages
Construction de 20 marchés agricoles
Mise en place d’un système de suivi informatisé (SIG)
📊 Informations de l’exécution (1er semestre) :
Dépense Montant engagé (en M FCFA) Montant payé (en M FCFA)
Travaux de forages 12 000 8 000
Construction de marchés 20 000 14 500
Logiciel SIG et équipements 6 000 6 000
Appui logistique aux régions 4 000 3 000
Salaires contractuels 1 800 1 800
Les paiements sont faits par les trésoreries régionales.
Les recettes réelles encaissées à ce jour sont de 39 milliards FCFA.
📂 Tâches demandées :
1. Reconstitue la chaîne de dépense pour chaque nature de dépense, en précisant les
étapes atteintes.
2. Calcule les taux d’exécution par poste et global.
3. Dresse le journal comptable simplifié des dépenses réalisées.
4. Fais une analyse de la trésorerie :
o recettes encaissées
o dépenses payées
o solde disponible
o besoin prévisionnel
5. Rédige un plan d'action pour améliorer l'exécution du projet au second semestre.
6. Identifie les risques de non-conformité ou de blocage (absence de pièces, dette
fournisseurs, dépassement budget...).
📗 Exercice 2 : Gestion d’un programme multisources avec dettes et audits
Contexte :
Tu es comptable principal à la Trésorerie régionale de Koulikoro.
Tu gères le Programme Régional de Développement Local (PRDL), financé par plusieurs
sources :
Financement Montant prévu (en millions FCFA)
Budget État 2 500
Fonds canadien 1 000
Collectivités 300
Emprunt local (BNDA) 2 000
📦 Dépenses prévues :
Routes rurales : 3 200 M FCFA
Électrification rurale : 1 800 M FCFA
Formations et sensibilisation : 500 M FCFA
Suivi-évaluation : 300 M FCFA
🔍 Situation au 31 juillet :
4 marchés ont été attribués, mais 2 fournisseurs n’ont pas fourni l’attestation fiscale
DGI.
Une cargaison d’équipements solaires est bloquée à la Douane (valeur 500 M FCFA) à
cause d’une erreur de dédouanement.
Un audit interne est en cours. On te demande tous les rapprochements avec les
ordonnateurs et la BCEAO.
L’État a remboursé 1 tranche de 400 M FCFA à la BNDA. Le taux d’intérêt est de 4 %.
Une avance exceptionnelle a été accordée par la BCEAO pour 500 M FCFA.
📂 Tâches demandées :
1. Présente la situation budgétaire et comptable du programme.
2. Calcule le coût réel de l’emprunt BNDA remboursé, intérêts inclus.
3. Analyse la situation des recettes et des dépenses, avec calculs de solde.
4. Donne les causes possibles de blocage des paiements et propose des solutions.
5. Liste tous les documents et justificatifs à fournir à l’auditeur.
6. Propose une fiche de régularisation comptable pour les erreurs constatées.
📘 Exercice 3 : Analyse et régulation de trésorerie d’un projet d’urgence
Contexte :
Le Gouvernement a mis en place un Programme Spécial d’Aide Humanitaire (PSAH) suite à
une catastrophe naturelle dans les régions de Mopti et Gao.
La DGTCP, à travers sa Direction de la Trésorerie, gère le suivi des fonds.
📊 Budget prévu pour 6 mois : 45 milliards FCFA, répartis comme suit :
Type de financement Montant (en Mds FCFA)
Budget de l’État 15
Dons internationaux (UE, UNICEF) 20
Bons du Trésor émis 10
📦 Dépenses prévues :
Nature de dépense Montant (M FCFA)
Approvisionnement vivres 15 000
Nature de dépense Montant (M FCFA)
Mobilisation médicale 10 000
Transport et logistique 7 000
Communication et éducation 4 000
Fonctionnement & coordination 3 000
Réserve d’urgence 6 000
🧾 Situation au 31 mars :
Seuls 13 milliards ont été encaissés sur les 20 milliards de dons.
Le paiement des médecins (2 milliards) est bloqué pour absence de justificatif INPS.
La BCEAO annonce un décalage de décaissement de 1 semaine pour le bon du Trésor.
Le Trésor public régional de Mopti a effectué par erreur un double paiement de 250
millions pour les vivres.
📂 Tâches demandées :
1. Calcule le besoin de trésorerie à court terme pour avril.
2. Propose une solution de régulation immédiate (instrument du Trésor à utiliser).
3. Détaille les rôles de la DGTCP, DGI, INPS, BCEAO dans cette situation.
4. Identifie les écritures comptables à passer pour corriger l’erreur de double paiement.
5. Propose un tableau de trésorerie prévisionnel sur les 3 prochains mois.
6. Prépare une note de justification à transmettre à l’Inspection Générale des Finances.
📗 Exercice 4 : Audit de fin d’exercice et compte de gestion
Contexte :
Tu es comptable principal à la Trésorerie Générale. L’année budgétaire est terminée. Tu dois
préparer le compte de gestion de l’année N pour un programme d’appui à l’éducation
financé par :
Source Montant prévu (M FCFA)
État du Mali 6 000
Union européenne (subvention) 3 000
Prêt Banque Mondiale 5 000
📊 Dépenses réalisées :
Construction d’écoles : 7 500 M
Manuels scolaires : 2 000 M
Formation enseignants : 1 000 M
Frais de coordination et audits : 500 M
Paiements fournisseurs en attente : 1 500 M
🔍 Situation comptable :
Recettes encaissées totales = 13 000 M
Trésorerie en compte à la BCEAO = 1 500 M
Mandats émis = 11 500 M
Pièces justificatives manquantes pour 2 mandats (valeur = 400 M)
Aucune opération n’a été enregistrée pour l’amortissement du prêt
Des écarts ont été relevés entre le compte administratif de l’ordonnateur et le
compte de gestion du comptable
📂 Tâches demandées :
1. Rédige un compte de gestion simplifié avec recettes, dépenses, solde.
2. Explique le rôle du comptable public dans la reddition des comptes.
3. Propose une méthode de régularisation pour les mandats non justifiés.
4. Calcule le taux d’exécution budgétaire global.
5. Établis un état de rapprochement entre compte administratif et compte de gestion.
6. Rédige un courrier d’accompagnement du compte de gestion à la Cour des comptes.
📘 Exercice 5 : Gestion complète d’un projet structurant – Cycle budgétaire, dette, audit et
coordination
Contexte :
Le Gouvernement du Mali exécute en 2025 le Programme National d’Extension Énergétique
(PNEE) sur 12 mois, piloté par le Ministère de l’Énergie.
Tu es Responsable des Finances Publiques à la DGTCP, chargé de superviser la gestion
budgétaire, comptable, de trésorerie, des recettes, et de la dette.
📊 Budget global du programme : 120 milliards FCFA, financé comme suit :
Source de financement Montant (Mds FCFA) Modalité
État du Mali 40 budget général
Banque Africaine de Développement (BAD) 35 prêt
Emprunt BCEAO (obligations) 25 dette intérieure
Union Européenne (UE) 20 don budgétisé
📦 Composantes du projet et prévisions :
Composante Prévision (Mds)
Construction de centrales solaires 40
Extension de réseaux MT/BT 30
Achat et installation de transformateurs 15
Formation des agents et personnels locaux 10
Études, suivi, contrôle, audit 5
Réserves de régulation / amortissement 20
🧾 Situation à fin septembre :
80 milliards de recettes déjà encaissées
72 milliards engagés, dont 58 milliards déjà mandatés
TVA sur achats = 3,6 milliards (à reverser à la DGI)
Dettes fournisseurs en cours = 11 milliards
Mandats rejetés : 2,4 milliards (absence certificat DGI ou INPS)
Paiements bloqués : 4,8 milliards (litige douanier sur équipements importés)
BAD demande justification de l’utilisation de ses fonds
La Cour Suprême (Section des comptes) exige un rapport de performance
budgétaire
La BCEAO réclame le remboursement d’une tranche de 12,5 milliards des obligations,
avec intérêt de 5 % à échéance décembre
📂 Tâches demandées :
1. Présente la chaîne d’exécution complète (dépenses et recettes), de l’engagement à la
reddition.
2. Calcule :
a) Le taux d’exécution budgétaire global
b) Le service de la dette intérieure (capital + intérêt)
c) Le reste à payer aux fournisseurs
d) Le besoin de trésorerie prévisionnel pour le dernier trimestre
3. Établis :
a) Un état de rapprochement entre la DGTCP et la BCEAO
b) Un rapport de conformité fiscale et sociale des fournisseurs
c) Une fiche de régularisation pour les mandats rejetés
4. Rédige une note explicative pour la BAD et la Cour suprême sur :
a) L’utilisation des fonds
b) Le suivi de performance
c) Les corrections envisagées
5. Liste tous les documents à produire pour le compte de gestion et le compte
administratif.
6. Propose 3 mesures correctives de gouvernance à appliquer à partir de N+1.
📗 Exercice 6 : Gestion annuelle complète d’un budget régional – Synergies institutionnelles,
patrimoine, audit, trésorerie
Contexte :
Tu es Comptable Public Principal de la Trésorerie Régionale de Sikasso.
Tu gères le budget annuel régional financé par l’État, les impôts collectés localement, les
transferts sociaux (INPS-CANAM), et les recettes douanières sur la zone frontalière.
📊 Budget initial voté pour l’année N :
Ressource Prévision (en M FCFA)
Dotation État central 2 500
Recettes fiscales régionales (DGI) 1 400
Recettes douanières (DGD) 1 000
Subvention INPS pour centres santé 800
Fonds mutualisés CANAM 600
Recettes diverses 300
📦 Dépenses prévues :
Nature de dépense Montant (en M FCFA)
Fonctionnement des services régionaux 2 200
Appui aux hôpitaux 1 000
Construction de routes rurales 1 300
Subventions agricoles 500
Patrimoine : achat de terrains publics 400
📉 Situation au 30 novembre :
Taux de recouvrement DGI : 72 %
Taux de recouvrement DGD : 95 %
2 subventions (INPS et CANAM) partiellement versées
Le paiement d’un terrain est bloqué pour absence d’attestation d’immatriculation
Le dernier rapport d’audit interne relève :
o Retards de mandatement
o Absence de rapprochement comptable trimestriel
o Biens non inscrits au patrimoine de la collectivité
📂 Tâches demandées :
1. Reconstitue les recettes réellement encaissées, avec calculs.
2. Calcule :
a) Le taux de réalisation des recettes
b) Le taux d’exécution des dépenses
c) Le taux de sous-consommation budgétaire
3. Établis un tableau du patrimoine acquis (valeur brute + justification comptable).
4. Rédige :
a) Un état de rapprochement DGI - Trésor
b) Un état de suivi des subventions sociales INPS / CANAM
c) Une fiche d’observation d’audit sur les biens non comptabilisés
5. Prépare un plan de clôture budgétaire régional à exécuter en décembre (dépenses
prioritaires, ordre de mandatement, trésorerie, etc.).
6. Donne 3 propositions d’amélioration du contrôle interne régional.