SécuritéAlimentaire
Thèmes abordés
SécuritéAlimentaire
Thèmes abordés
Analyse de la sécurité
alimentaire et de la
vulnérabilité
(CFSVA)
Décembre, 2005
© Programme alimentaire mondial, Service de l’Analyse et de la cartographie de la
vulnérabilité (ODAV)
Pour de plus amples renseignements sur le projet SENAC, nous contacter à l’adresse
odan_info@[Link]
Toutes les informations sur la division VAM et les rapports en format électroniques sur
[Link]
Ce document a été produit avec le soutien financier de l’Union européenne. Les vues
exprimées ne reflètent en aucun cas l’opinion officielle de l’Union européenne.
3
4
Madagascar: Analyse de la sécurité alimentaire et de la
vulnérabilité (CFSVA) - Collecte et analyse des informations
secondaires
______________________________________________________
Décembre 2005
5
6
Remerciements
L’auteur tient à remercier un grand nombre de personnes présentes sur le terrain, des
représentants d’ONG, le Gouvernement de Madagascar et l’équipe du Programme
alimentaire mondial, qui ont pris la peine de fournir les informations indispensables à la
réalisation de ce rapport.
7
8
TABLE DES MATIERES
RESUME .............................................................................................................. 11
INTRODUCTION.................................................................................................. 13
1 - OBJECTIFS ET METHODES ............................................................................. 14
2 - INVENTAIRE DES RESSOURCES EXISTANTES ................................................ 14
2.1. Systèmes d’information et autres ressources......................................................14
2.1.1 Le recensement national de la population de 1993 ............................................14
2.1.2 Recensement ILO/Cornell University ...............................................................14
2.1.3 Statistiques agricoles ....................................................................................15
2.1.4 Enquête permanente auprès des ménages (EPM) ..............................................15
2.1.5 Enquêtes démographiques et de santé (EDS) ...................................................15
2.1.6 Réseau des observatoires ruraux (ROR)..........................................................15
2.1.7 Système d’alerte précoce (SAP)/SIRSA............................................................16
2.1.8 Système d’information sur l’environnement (SIE)..............................................17
2.1.9 Système d’information sur les risques et les catastrophes (SIRCat) .....................17
2.1.10 OFDA/CRED International Disaster Database/synthèse CNS ..............................18
2.1.11 SEECALINE ................................................................................................18
2.1.12 SICIAV - (Systèmes d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et
la vulnérabilité) ....................................................................................................18
2.1.13 Système d’information sur les marchés (SIM) .................................................18
2.2. Mécanismes de coordination existants ...............................................................19
2.2.1 L’Equipe permanente de pilotage (EPP) du Plan d’action pour le développement rural
(PADR) ...............................................................................................................19
2.2.2. Le groupe thématique sur le développement rural et la sécurité alimentaire.........19
2.2.3 Le Secrétariat multibailleur du Groupe des bailleurs de fonds (SMB/GBF)..............19
2.2.4 Le Conseil national de sécurité .......................................................................20
2.2.5 L’Office national de nutrition (ONN).................................................................20
3. LES LIMITES ................................................................................................... 21
4. ANALYSE ET EXPLOITATION DES DONNEES DISPONIBLES ............................. 22
4.1. Zonage agro-écologique et tendance.................................................................23
4.2. Résultats des stratégies relatives aux moyens d’existence....................................24
4.3. Analyse en composante principale ....................................................................26
5. CONCLUSIONS - RECOMMANDATIONS ............................................................ 31
ACRONYMES ....................................................................................................... 32
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ..................................................................... 33
9
10
RESUME
Madagascar est la quatrième plus grande île du monde avec une population d'environ
15,5 millions1 d’individus. C’est un pays unique par la variété de ses ressources naturelles,
classé parmi les trois premiers hot spots2 écologiques dans le monde eu égard à la
richesse de ses biodiversités endémiques et aux dangers environnementaux qui menacent
ses écorégions. Madagascar est un pays essentiellement rural, où plus des trois quarts des
habitants vivent principalement de l’agriculture. Avec un niveau de revenu par habitant de
258 dollars E.-U. par an,3 elle est classée parmi les pays les plus pauvres du monde.
Malgré les importants atouts du pays tant en ressources agricoles qu’en ressources
halieutiques ou minières, et malgré des taux de croissance élevés de 1997 jusqu’à la crise
de 2002, plus de 77% des ménages ruraux vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Le déficit alimentaire est aussi bien qualitatif que quantitatif; ainsi, 48% des enfants
malgaches de moins de trois ans souffrent d’un retard de croissance dû à la malnutrition
chronique (SEECALINE, 2004).
Madagascar s'est dotée d'une politique et d’une stratégie cohérentes en matière de gestion
des risques et des catastrophes qui s'intègre dans la politique de développement
préconisée dans le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), et les
systèmes d’alerte et d’information sur la sécurité alimentaire sont nombreux. Le pays
dispose également d’un recensement communal effectué en 2001 (recensement
ILO/Cornell University) qui rassemble un nombre impressionnant d’indicateurs relatifs à la
sécurité alimentaire et aux moyens d’existence de la population malgache. Enfin, la
définition et les examens du DSRP ont donné lieu à un grand nombre d’études visant à
mieux comprendre les déterminants de la pauvreté à Madagascar et à en définir les
principaux facteurs.
1
Selon le recensement de la population 1993 et un taux de croissance de 2,8% - chiffre inférieur au
chiffre rapporté par le recensement communal ILO/Cornell University 2001 qui avoisine 20 millions.
2
Un hot-spot est une zone géographique qui présente à la fois une biodiversité et une richesse en
espèces faunistiques et floristiques élevées, et qui encourt des risques d’extinction importants à court
terme. On dénombre actuellement 35 hot-spots à travers le monde.
3
Communiqué de presse FMI 2005.
11
12
INTRODUCTION
13
1 - OBJECTIFS ET METHODES
• identifier les groupes de populations les plus vulnérables dans ces zones, afin de
faciliter le ciblage géographique du PAM;
• confirmer que l’aide alimentaire à un rôle à jouer pour résoudre ces problèmes et
proposer des secteurs d’intervention possibles; et
D’une première réunion tenue avec les différents acteurs du secteur de la sécurité
alimentaire à Madagascar, est ressorti clairement que le pays dispose d’une information
abondante et récente dans le domaine. La question restait cependant posée de savoir si
cette information était suffisante pour répondre aux exigences du PAM. En premier lieu,
notre travail a consisté à dresser l’inventaire de l’information récente sur la disponibilité et
l’utilisation des produits alimentaires, ainsi que sur l’accès à la nourriture. En outre, une
revue des systèmes d’information et d’études diagnostics en place, en particulier en ce qui
concerne les outils de collecte utilisés, a permis de faire une rapide analyse de l’information
réellement disponible. Le travail a consisté ensuite à analyser cette information et à
exploiter les différents indicateurs disponibles pour identifier les lacunes et conclure en
proposant une nouvelle collecte d’information sur la base d’un zonage résultant de
l’exploitation de l’information disponible.
Le présent rapport rend compte de ces trois semaines d’étude. Il expose notre analyse de
l’information existante et ses limites dans le cadre de notre recherche. Il rend compte de
l’exploitation proposée des informations existantes et conclut sur les étapes à suivre.
Ce recensement, organisé par l’INSTAT, rassemble les données classiques d’un recensement
de la population tels que le niveau d’éducation, les classes d’âge, l’accès aux infrastructures,
etc. Ces données ont été collectées sur la base des firaisana, une unité administrative plus
ou moins équivalente à la commune. Les firaisana ont toutefois été abandonnées lors d’une
réorganisation gouvernementale en 1996. Un ajustement est donc nécessaire (technique
SIG) lors de l’utilisation de ces informations. En outre, les données démographiques datent
et le recensement communal ILO/Cornell University de 2001 donne une estimation de la
population très différente des prédictions du recensement de 1993. Il convient en outre de
noter qu’aucun des recensements disponibles ne donne un décompte de la population au
niveau des villages. La plus petite échelle considérée a toujours été la commune ou son
équivalent. ([Link]
14
services publics, transports, marchés, enclavement. Mais, au-delà de ces aspects
descriptifs, certains modules de l’enquête abordent les risques pour la production, les
problèmes d’insécurité, le capital social et le niveau socio-économique de la population.
Ces informations ont été recueillies sur une courte période (septembre-décembre 2001)
auprès d’informateurs privilégiés (instituteurs, maires) ou encore sous forme de groupes de
concertation (focus group) de six à huit personnes rassemblées de façon formelle.
Il est largement reconnu que le recensement ILO/Cornell University fournit une base de
données unique à Madagascar et en Afrique sub-saharienne tant par son niveau de
désagrégation que par le grand nombre de variables pertinentes pour l’analyse de
l’insécurité alimentaire. ([Link]
L’Enquête permanente auprès des ménages s’inscrit dans le cadre d’un programme
permanent d’enquêtes auprès des ménages, confié à l’Institut national de la statistique
(INSTAT) et dont la réalisation a débuté en 1993. L’objectif principal de ce dispositif, qui
repose sur des enquêtes par sondage ayant le ménage comme unité de base, est de mettre
périodiquement à la disposition des autorités malgaches, des décideurs et des utilisateurs,
des informations récentes qui soient représentatives au niveau national, ventilées par
faritany, région et milieu, et permettant notamment de:
Des cartes de pauvreté à l’échelle des districts ont été réalisées sur la base des données de
l’EPM croisées avec les données du recensement communal ILO/Cornell University en
collaboration avec la Banque mondiale et l’INSTAT. ([Link]
Le projet EDS est une entreprise de collecte de données au niveau mondial lancée par
l’USAID. Il consiste à réaliser des enquêtes au niveau des ménages afin de recueillir des
données sur les phénomènes démographiques, la fécondité, la santé et la nutrition, données
qui servent ensuite à élaborer les programmes et les politiques concernant la population.
L’enquête de 2003-2004 est la troisième à avoir été réalisée à Madagascar - la première
ayant eu lieu en 1992 et la deuxième en 1997 - ce qui a permis d’effectuer des analyses
utiles sur les tendances observées. ([Link]
Le Réseau des observatoires ruraux a été mis en place en 1999 dans le cadre du projet
MADIO (Madagascar DIAL INSTAT ORSTOM) pour pallier le manque d’informations
statistiques sur les campagnes malgaches. A l’heure actuelle le Réseau des observatoires
15
ruraux, géré par l’Unité de politique de développement rural (UPDR), permet la collecte des
données dans 15 zones rurales.
L’idée générale qui sous-tend le projet des observatoires ruraux est d’établir un système
statistique capable de capter la diversité des problèmes de l’agriculture malgache. Afin
d’illustrer la variété des zones agro-climatiques malgaches et les conditions de vie
contrastées des ménages ruraux, les enquêtes du ROR reposent sur un échantillonnage
raisonné. Les enquêtes sont homogènes car elles se fondent sur une méthodologie
commune: dans tous les observatoires, les questionnaires de l’enquête sur les ménages
sont identiques; le système d’information est en outre complété par une enquête
communautaire pour chaque site (information sur des structures telles que les écoles, les
centres de santé, les marchés) et des relevés de prix mensuels qui permettent de suivre
l’évolution des prix aux consommateurs (les prix aux producteurs pouvant être estimés
directement à partir des enquêtes sur l’exploitation jointes aux enquêtes sur les ménages).
Le principe d’enquêtes à passages répétés constitue un des atouts majeurs du Réseau des
observatoires ruraux. Ce dispositif est conçu pour suivre dans le temps et sur un espace
restreint un certain nombre d’indicateurs clés permettant d’évaluer les changements. Il
s’articule autour d’un système d’enquêtes à passages répétés sur une base annuelle et sur
un échantillon d’environ 500 ménages par observatoire. Chaque observatoire étudie une
problématique particulière. Les indicateurs fournis par ce dispositif concernent notamment
les facteurs de production agricole, l’offre productive, mais aussi le niveau de vie (revenus)
et les conditions de vie des ménages ruraux. Par ailleurs, les données issues des enquêtes
permettent d’apporter des éléments d’informations sur des aspects plus ponctuels et de
répondre à d’autres questions (impact des interventions des projets, analyse de la pauvreté,
aspects fonciers, production rizicole, etc.).
Il est important de noter que la méthodologie des observatoires ruraux amène à respecter
une certaine prudence dans l’utilisation des données qu’ils produisent et dans leur
extrapolation. En effet, comme chaque observatoire illustre une problématique spécifique,
les résultats des enquêtes, qui ne sont pas faites par sondage, ne ne permettent aucune
extrapolation au niveau régional, ni encore moins national.
Le projet SAP, mis en œuvre par l’Agence européenne pour le développement et la santé
(AEDES), a pour objectif d’aider les autorités malgaches à éviter les crises alimentaires dans
le sud (88 communes au total), zone traditionnellement touchée par la sécheresse. Le SAP
identifie les zones qui risquent de connaître des problèmes alimentaires ou nutritionnels et
recommande des actions à mettre en oeuvre.
Depuis le 1er décembre 2004, le SIRSA a repris les activités et le financement du SAP.
Le SAP couvre la zone sud de Madagascar, soit approximativement les communes situées
au sud de l'axe Tuléar/Fort-Dauphin. Au niveau communal, l'information est recueillie à
l'aide d'un questionnaire mensuel rempli par des observateurs locaux. Le questionnaire
regroupe des données fournies par des informateurs-clés (administrateurs, services
techniques déconcentrés, associations paysannes, etc.) et par des observations directes
(prix sur les marchés). Les données sont le plus souvent qualitatives ou semi-qualitatives et
servent à apprécier l'écart entre la situation de l'année en cours et la situation en "année
normale".
16
L’analyse des données suit trois étapes:
• la formulation d'un diagnostic (D): il a pour but d'établir les niveaux réels de
difficulté des populations au cours de la période de soudure (validation du PD) et de vérifier
si des difficultés alimentaires ont pu être évitées grâce à la mise en œuvre des
recommandations proposées. Le diagnostic est effectué au mois de janvier, à l'aide des
questionnaires de juillet à décembre.
Cette analyse permet de classer les communes selon une échelle de difficulté (5 classes de
risques alimentaires) dans une perspective d’évaluation de la sécurité alimentaire.
([Link]
Mis en place par l’Office national pour l’environnement (ONE), le SIE est un outil
d’aide à la décision permettant l’accès à des informations pertinentes et fiables,
susceptibles d’orienter efficacement les actions et les politiques environnementales
(ressources naturelles, air, terre, eau, mer, conditions de vie de la population, notion de
développement durable, etc.). Ce système, qui nécessite la contribution et la
collaboration d’un grand nombre d’acteurs, permet d’obtenir les produits suivants:
Le SIRCat, élaboré en 2001 par CARE International en collaboration avec le Conseil national
de sécurité (CNS), vise à cartographier la vulnérabilité et les aléas de manière à identifier
les zones à haut risque. Les responsables du SIRCat affirment que les données existantes
sont d’une qualité suffisante pour éclairer, au moins de façon relative, les décisions à
prendre en cas de risque ou de catastrophe effective.
Un Projet national de système d’alerte précoce (SNAP) a été soumis récemment par
CNS/CARE aux bureaux de la présidence. Il vise à développer et à systématiser la collecte
et l’analyse d’une série minimum d’indicateurs plurisectoriels au niveau des communes.
17
2.1.10 OFDA/CRED International Disaster Database/synthèse CNS
Cette base de données accessible sur le web fait l’inventaire de toutes les catastrophes
naturelles ayant affecté le pays. Le CNS dresse un bilan de chacune de ces catastrophes et
met à jour une base de données historique par type de désastre.
([Link]
[Link]
[Link]?country=Madagascar&Submit=Display+Country+Profile)
Entre autres produits de ce projet financé par la Banque mondiale, nous évoquerons
principalement les enquêtes nutritionnelles. L’enquête anthropométrique SEECALINE est une
enquête représentative au niveau national, couvrant les 111 districts de Madagascar et
portant sur un échantillon aléatoire de 10 704 ménages (446 fokontany; 24 ménages par
fokontany). L’enquête a été réalisée par l’INSTAT de Madagascar avec l’assistance technique
et l’aide financière de SEECALINE/Banque mondiale. L’enquête de 1997-1998 comptait
420 grappes (fokontany). L’enquête de 2004 reprend la même base d’échantillonnage que
celle de 1997-1998 en ajoutant trois fivondronana non concernés par l’enquête de base
(1997-1998), à savoir Benenitra, Kandreho et la Commune urbaine d’Antananarivo.
Partiellement analysée, cette base de données offre l’avantage de fournir des informations
au niveau des districts et permet de suivre l’évolution des indicateurs anthropométriques
clefs entre 1997 et 2004.
Le SICIAV vient de publier son rapport qui présente une analyse intégrée de la situation
d’insécurité alimentaire à Madagascar, basée sur les données les plus récentes - aussi bien
qualitatives que quantitatives - provenant de toutes les sources principales d’information
disponibles. Il vise à apporter un maximum d’éléments permettant de répondre aux
questions clés qui conduiront à la prise de décision puis à la mise en œuvre d’interventions
visant à réduire l’insécurité alimentaire, dans un contexte de lutte contre la pauvreté et de
développement rural durable.
Le rapport est conçu comme un atlas des principaux facteurs de vulnérabilité alimentaire à
Madagascar. La principale source de données utilisées par le SICIAV est le recensement
communal ILO/Cornell University. L’analyse est en effet effectuée principalement sur la base
des données primaires issues du recensement des communes de 2001 et de l’enquête
permanente auprès des ménages effectuée la même année. Il s’y ajoutent des informations
issues d’un bon nombre d’études sur des questions liées à l’insécurité alimentaire, ses
manifestations et ses déterminants à Madagascar. Les données ont été collectées au niveau
des fivondronana (111) et des communes (1 391) par l’équipe du programme ILO de
l’université de Cornell, concepteur et maître d’œuvre de ces enquêtes. D’autres données
primaires ont été utilisées pour l’analyse, telles que celles résultant des enquêtes post-crise
de novembre 2002 et des visites effectuées dans les provinces par les consultantes de la
FAO en mars 2003 dans le cadre du projet.
18
hebdomadaire dans les deux principaux marchés de chacune des régions considérées. Le
système se met en place et n’a produit que deux bulletins pour le moment.
2.2.1 L’Equipe permanente de pilotage (EPP) du Plan d’action pour le développement rural (PADR)
Assistée d’un Secrétariat permanent, l’ EPP est composée d’un représentant du Premier
Ministre, chef de gouvernement, des Secrétaires généraux des Départements ministériels
chargés du développement rural, ainsi que de personnes du secteur privé et du secteur
public choisies en raison de leurs compétences particulières. Elle est chargée plus
particulièrement:
Dans le cadre de la définition des actions à mener au titre du PADR, l’EPP a mis en place en
tant que de besoin, aux niveaux central et régional, des groupes de travail et de réflexion
dénommés respectivement groupes thématiques centraux (GTC) et groupes de travail de
développement rural régionaux (GTDR). Le SIRSA s’ancre à ce niveau.
Il a été mis en place pour permettre de réfléchir aux problèmes touchant l’environnement. Il
a étendu ses activités aux actions relatives au développement rural et à la sécurité
alimentaire.
19
2.2.4 Le Conseil national de sécurité
Structure nouvelle qui se met peu à peu en place avec l’appui de l’UNICEF, l’ONN est né de
la révision de la politique sectorielle de nutrition et a entre autres mandats de développer
un système de surveillance alimentaire et nutritionnel. L’ONN est rattaché à la primature.
20
3. LES LIMITES
C’est donc un fait acquis: Madagascar dispose d’un fond de données remarquable par sa
quantité et sa qualité. Pourtant l’exploitation de ces informations/données est limitée par
différents facteurs:
21
4. ANALYSE ET EXPLOITATION DES DONNEES DISPONIBLES
Madagascar est un pays essentiellement rural, où plus des trois quarts des habitants vivent
principalement de l’agriculture. Malgré les importants atouts du pays tant en ressources
agricoles qu’en ressources halieutiques ou minières, et malgré des taux de croissance élevé
de 1997 jusqu’à la crise de 2002, plus de 77% des ménages ruraux vivent en dessous du
seuil de pauvreté (Razafindravonona, J. et al., 2003).
Ces difficultés existent en milieu urbain parmi les couches les plus pauvres de la population,
qui, faute de ressources monétaires, n’ont pas la possibilité de se procurer les aliments
disponibles sur le marché. La ville d’Antananarivo, capitale de Madagascar, a connu une
famine entre 1985 et 1987 à la suite de la libéralisation du marché du riz: la très forte
augmentation des prix de cette céréale de base n’a plus permis aux couches les plus
modestes de s’approvisionner, malgré la disponibilité du produit sur les marchés de la
capitale (Garenne et al., 1999).
Le milieu rural, producteur de denrées vivrières, n’est pas à l’abri des difficultés
alimentaires. Les causes, l’amplitude et la périodicité des déficits varient cependant selon
les régions agro-écologiques et les groupes sociaux. Dans certaines zones, ce sont les
groupes à risque ayant des difficultés d’accès aux ressources qui sont soumis à ces
difficultés de couverture de leurs besoins vitaux: l’accès inégal à la terre, par exemple,
handicape les jeunes paysans ou les femmes chefs de ménage. D’autres régions
productrices de produits d’exportation, comme le café ou la vanille, sont tributaires des
fluctuations des marchés mondiaux: les paysans qui consacrent une partie importante de
leur temps et de leur activité aux cultures de rente, voient leurs revenus monétaires réduits
lors de la chute des cours internationaux et n’ont plus de ressources pour couvrir les achats
complémentaires en produits de base (Droy, Rasolofo, 2001). Enfin, les zones soumises à
d’importants risques climatiques, cyclones ou sécheresses, connaissent des risques
structurels d’insécurité alimentaire, tels l’absence ou de la destruction des récoltes lorsque
le risque se concrétise.
Nous aurions pu nous contenter de la lecture des différents atlas récemment publiés
(SICIAV, Agriculture et pauvreté, de Minten) qui rendent compte de la distribution
géographique d’indicateurs de résultats. Il nous a cependant semblé intéressant de croiser
ces différents indicateurs afin de faire ressortir des tendances géographiques, des classes de
districts.
Nous n’avons pas jugé bon de refaire une description exhaustive des paramètres de base
(cadre politique, économique, social et environnemental de l’insécurité alimentaire
malgache) dont un résumé est donné en annexe.
22
L’analyse présentée ci-après utilise différents jeux de données au niveau des districts (unité
administrative permettant d’agréger le plus grand nombre d’informations) et tente i)
d’apprécier la différence relative en termes de vulnérabilité entre ces districts; ii) de
caractériser les facteurs contribuant à la vulnérabilité observée; et iii) d’établir un ordre de
priorité /de stratifier les districts en vue d’ une future collecte d’informations primaires.
Différentes sources d’informations et techniques ont été utilisées, permettant la vérification
des résultats mais conduisant aussi à une multitude d’interprétations.
Cette partie rend compte des différentes méthodes utilisées pour analyser les informations,
et présente les résultats obtenus et les recommandations qui en découlent.
Madagascar, par la diversité de son relief et de son climat, présente des situations agro-
écologiques très variées. La répartition géographique de la population est aussi très inégale,
ce qui conditionne les systèmes agricoles, plus ou moins intensifs selon les régions.
Les zones considérées ici sont les zones agronomiques, résultats de la combinaison des
facteurs pédologiques, pluviométriques, topographiques, climatiques et culturels. Elles ont
été décrites par Minten et al. dans Agricultural Production, Agricultural Land and Rural
Poverty in Madagascar, 2001. Minten se basait alors sur le dernier recensement agricole
(MPARA, 1988) et deux études régionales (FOFIFA, 1995 et AIRD, 1993). Cette délimitation
est légèrement différente de celle développée dans le PADR et adoptée par les GTDR. Douze
monographies régionales avaient été préparées en 1999 et éditées en 2001 par le Ministère
de l’agriculture pour faciliter la conception des plans de développement régionaux. En 2003,
le Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche a révisé, complété et mis à jour les
anciennes versions, avec le concours de certains projets et départements ministériels ainsi
que des équipes des directions régionales, et avec l’appui de l’UPDR. Suite au nouveau
découpage en vigueur, le nombre de D(I)RA a été porté de 12 à 18.
23
Carte 1 - Zonage agronomique
Légende
A1 Extrême Nord
A2 Nord Est
A1
B1 Est Septentrional
N B2 Centre Est
A2
B3 Sud-Est
D3 C1 Extrême sud
F1
C2 Sud Ouest
D2
E3 D1 Ouest
B1 D2 Centre Ouest
F2 D3 Nord Ouest
B2 Moyen Ouest
E2 E2
D1 CENTRE
Moyen Ouest
F3 E3
Septentrional
E1 Hautes Terres
B3 F1
Septentrionales
C2
Hautes Terres
F2
Centre
C1
F3 Hautes Terres Sud
Nous avons donc tenté avec Lezlie Moriniere, consultante au PAM et familière de l’approche
SIRcat/CARE, de construire un indice composite de vulnérabilité, sur la base de quatre
indicateurs issus de trois sources d’information différentes. Les quatre indicateurs (STUNT,
24
IAC, VUL, CHOC) ont été agrégés au niveau des régions et normalisés, leur somme calculée
et les régions classées par ordre de risque, la somme la plus importante ayant le plus grand
niveau de risque. Ces indicateurs sont:
Cette analyse fait ressortir trois niveaux de priorité et permet de regrouper les régions en
trois classes:
• Priorité 1: Vatovavy Fitovinany, Haute Matsiatra
• Priorité 2: Analamanga, Aloatra, Mangoro, Vakinakaratra, Bongolava, Atsimo
Atsinanana, Amoro’ni Mania
• Priorité 3: Atsinanana, Betsiboka
N Betsiboka
Bongolava
Alaotra Mangoro
Analamanga
Vakinakaratra Atsinanana
Amoron’i Mania
Vatovavy Fitovinany
Haute Matsiatra
Atsimo Atsinanana
25
Tableau 1 - Classement des provinces suivant l’indice composite de vulnérabilité
Cette approche est intéressante à plusieurs titres. Tout d’abord, elle fait ressortir des
régions qui ne sont normalement pas dans la liste des régions considérées comme
vulnérables à Madagascar (priorité traditionnellement donnée aux zones soumises aux
catastrophes naturelles récurrentes). Il est ressorti de la réunion de présentation des
premiers résultats de ce travail et des débats qu’elle a provoquée qu’il règne une certaine
confusion entre insécurité alimentaire et pauvreté. La zone d’Analamanga, par exemple, est
réputée pour sa forte production agricole. Pourtant, il ressort de ce travail que la situation à
Analamanga est préoccupante, en particulier du point de vue de la malnutrition chronique et
de l’insécurité alimentaire chronique. Malheureusement, nous ne disposons pas
d’informations suffisantes sur les habitudes alimentaires, la diversité du régime alimentaire
et la fréquence de consommation des aliments pour parvenir à une conclusion.
Cette démarche pose le problème d’aide à la décision pour une organisation comme le PAM.
Une chose est de s’entendre sur un gradient de vulnérabilité relatif entre région, mais c’en
est une autre d’en comprendre les déterminants et de définir ainsi une stratégie
d’intervention. Cette approche trouve ses limites dans ce qu’elle n’analyse pas les causes
d’une vulnérabilité relative qu’elle réussit pourtant à quantifier.
Variables sélectionnées:
• données socio-économiques
o pluies insuffisantes: INDICE SECHERESSE; Nombre décades (10 jrs, sur 378)
où la pluviométrie est inférieure à 75%, Satellite NOAA, 1982-99
o malnutrition chronique: MALNUTRITION CHRONIQUE; Retard de croissance
(rapport taille/âge), % des enfants < 3 ans (%), SEECALINE (Banque
mondiale/INSTAT), 2004
26
o alphabétisation: ALPHABETISATION; % population sachant lire/écrire en
malagasy (%), recensement national, 1993
o insuffisance pondérale: INSUFFISANCE PONDERALE; Malnutrition modérée,
rapport poids/âge, < 3 ans (%), SEECALINE (Banque mondiale/INSTAT), 2004
o population agricole, % avec agriculture (y compris pêche/chasse) comme
activité économique principale (%), recensement national, 1993
o indice cyclonique chronique: INDICE CHRONIQUE CYCLONES; Points d'impacts
par vitesse, Météo/Ministère des transports, 1961-2000
o nombre de femmes chef de famille, FEMME CHEF DE MENAGE; % ménages
dont le chef de famille est une femme (%), recensement national, 1993
• données spatiales
o relief (GTDPO30)
o durée de la période de croissance (FAO terrastat)
o densité de population (LANDSCAN)
o couverture végétale (IFPRI)
27
Carte 4 – Groupement des districts par variables SIG Parmi les 12 classes
identifiées, trois correspondent
aux centres urbains. Chacune
de ces classes est caractérisée
par la valeur des variables
sélectionnées comparées à la
moyenne:
Ce zonage, qui tient compte à la fois des données du milieu physique et de paramètres socio-
économiques explicatifs de l’insécurité alimentaire, est séduisant car il coïncide assez bien avec les
connaissances empiriques locales. On peut y retrouver les grandes tendances qui prévalent dans le
zonage agronomique. Il rend compte (avec la prise en considération de l’altitude) de l’isolement et
de l’accès physique comme un des facteurs déterminants de la pauvreté; cela est ressorti des
discussions que l’on a pu mener avec les différentes personnes impliquées dans le secteur. Ce
zonage isole aussi les centres urbains et identifie la zone sud comme une zone à part.
Cette démarche n’avait pas pour but d’identifier des gradients de vulnérabilité mais bien de proposer
un zonage moins empirique que le zonage agronomique précédemment présenté afin de faciliter la
collecte d’informations primaires.
28
Carte 5 - Groupement des districts
29
30
5. CONCLUSIONS - RECOMMANDATIONS
Ce travail fait ressortir les limites de la situation à Madagascar où une multitude d’informations est
disponible, sans pour autant permettre de tirer des conclusions et de formuler des recommandations
en matière de sécurité alimentaire. Les différences d’échelle et d’outils d’analyse rendent l’utilisation
et l’analyse des données disponibles souvent complexes. Chaque niveau d’observation apporte des
informations spécifiques et complémentaires, mais, dans une approche de la vulnérabilité
alimentaire, les enquêtes au niveau des ménages offrent une pertinence particulière
malheureusement non disponible à Madagascar, si ce n’est au niveau des ROR dont l’exploitation
(extrapolation à une échelle administrative telle que le district) est impossible. Suivant des
approches différentes, les divers outils développés peuvent conduire à des interprétations parfois
contradictoires. L’aspect multidimensionnel de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire ouvre les
portes à un large éventail d’indicateurs, qui ne sont pas forcément tous corrélés. Un indicateur a
pour objectif de présenter une image simple et précise d’une situation donnée. Mais la sélection des
indicateurs est largement dépendante de degré d’expertise et du jugement de la personne en charge
de l’analyse.
Une étude récente4 a ainsi tenté de montrer les complémentarités et les contradictions entre les
systèmes d’information existants dans la zone sud, en comparant les séries de données couvrant
une période et une zone géographique identique. Cette étude montre qu’au niveau
microéconomique, on peut comparer les structures des capacités des ménages en fonction de leur
degré de vulnérabilité alimentaire. Au niveau méso-économique, les données disponibles permettent
la création d’indicateurs synthétiques: l’un de potentialité socio-économique des communes
(enquête ILO/Cornell University), l’autre de vulnérabilité alimentaire (données du SAP sur cinq ans).
Un indicateur d’insécurité alimentaire, provenant de systèmes d’information différents, a été défini
pour mettre en évidence leur complémentarité ou leurs contradictions et apprécier leur validité. A
titre d’exemple, la comparaison de l’appréciation du bien-être selon l’enquête ILO, le diagnostic du
SAP et l’observatoire rural d’Ambovombe montrent des tendances divergentes. En particulier, les
résultats du SAP et de ILO/Cornell University n’indiquent pas les mêmes tendances et sont mêmes
contradictoires sur plusieurs communes, ce qui pose les limites d’une enquête légère comme celle
sur les communes par rapport au dispositif plus complexe du SAP qui prend en compte une batterie
de variables.
Cette étude permet d’ores et déjà de relativiser la pertinence de certains indicateurs introduits dans
des enquêtes conduites à grande échelle et d’inciter à la prudence quant à leur usage dans la
définition des politiques de développement local.
ll est important aujourd’hui pour Madagascar d’organiser une collecte d’informations à l’échelle
nationale, au niveau des ménages, sur la sécurité alimentaire. Une évaluation plus détaillée de
l’économie locale et familiale des neuf zones décrites précédemment permettra de recommander des
axes d’intervention spécifiques au PAM. Cette enquête, en se fondant sur l’ensemble des hypothèses
de travail issues des différents systèmes d’information et études existantes (notamment les études
découlant de l’analyse des données des ROR et du recensement ILO/Cornell University), devrait
notamment permettre de mettre à jour l’analyse de l’impact des crises récentes (crise politique,
crise du riz), qui diffèrent quelque peu, dans leurs conséquences sur la sécurité alimentaire des
ménages, des catastrophes naturelles désormais familières aux acteurs du secteur de la sécurité
alimentaire à Madagascar.
4
Les approches de la vulnérabilité alimentaire dans le sud de Madagascar, Isabelle Droy et Patrick Rasolofo, Chargée de recherche –
UMR C3ED-IRD-CED –France et Economiste – UPDR Ministère de l’agriculture – Madagascar,IFRED, GRES, Universite de Bordeaux
2004.
31
ACRONYMES
32
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To improve food security assessments, a methodology integrating household surveys, national censuses, and real-time data from monitoring systems should be developed. This involves creating a centralized data platform where diverse data sets are harmonized using standardized indicators. Collaborative forums and platforms for data exchange among government, NGOs, and international organizations enhance the coherence and utility of the assessments .
Rural households' vulnerability to food insecurity is significant due to outdated and unreliable agricultural data, with the last comprehensive agricultural census conducted in 1993/1994. This lack of up-to-date information prevents accurate assessments of agricultural production and food availability, crucial for understanding and addressing the food insecurity affecting these households .
The main challenges include the lack of coordination and collaboration among different partners, leading to inconsistencies. Additionally, differences in scale and the variety of analytical tools make data usage complex. Efforts are hampered by the inadequacy of current coordination mechanisms, which don't efficiently manage information systems, necessitating platforms for stakeholders to exchange information and agree on concepts .
The ILO/Cornell University census contributes substantially to food security analysis by providing detailed data at the commune level. It includes infrastructure information, production risks, and socio-economic conditions, offering a comprehensive view that informs analysis of food security issues. Despite its reliance on qualitative indicators, it remains a vital tool for understanding vulnerabilities and devising appropriate interventions .
The cyclical droughts and repeated locust invasions significantly impact agriculture in the Toliara province by exacerbating food insecurity. Droughts deplete water resources needed for crops, while locusts destroy crops, further reducing agricultural output. These events lead to severe disruptions in food production and availability, necessitating coordinated disaster response measures and long-term agricultural resilience strategies .
A household-level food security survey is necessary because existing tools, developed from diverse approaches, sometimes yield contradictory data interpretations. Household-level surveys can provide specific and complementary information crucial for accurately assessing food vulnerability, especially in light of recent crises such as political unrest and rice supply issues that impact household food security differently than natural disasters do .
Geographic targeting helps in identifying high-risk areas based on studies and forecasts published by food security monitoring organizations. This approach is crucial in directing assistance to regions with chronic food insecurity and deteriorated natural resources, aiding organizations like PAM in focusing efforts on rural communities in isolated areas with compromised infrastructure .
Participatory techniques are effective in socio-economic targeting as they involve communities in identifying vulnerable groups and tailoring interventions to local needs. These techniques consider gender issues, enhancing the relevance and acceptance of aid programs. However, their effectiveness depends on the capacity of facilitators and the willingness of communities to engage meaningfully .
The political crisis has disrupted economic activities and governance, impacting food distribution and access, while the rice crisis directly affects food prices and availability. Both crises differ from natural disasters by primarily affecting urban areas and markets, leading to a need for updated analyses and distinct response strategies to address their specific impacts on household food security .
Current food security indicators in Madagascar are limited by their insufficient focus on local and household levels. Many studies prioritize poverty analysis over specific food security indicators, neglecting structural factors affecting food consumption and utilization. This inadequacy hinders nuanced understanding of food insecurity challenges at granular levels necessary for targeted interventions .