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SécuritéAlimentaire

Le document présente une analyse de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité à Madagascar, soulignant que plus de 77% des ménages ruraux vivent en dessous du seuil de pauvreté malgré les ressources naturelles abondantes. Il met en évidence les défis liés à la collecte et à l'exploitation des données sur la sécurité alimentaire, notamment le manque de coordination entre les partenaires et la complexité des outils d'analyse. Enfin, il appelle à une collecte nationale d'informations pour mieux évaluer l'impact des crises récentes sur la sécurité alimentaire des ménages.

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Thèmes abordés

  • données quantitatives,
  • évaluation des impacts,
  • indicateurs de pauvreté,
  • systèmes d'information sur les…,
  • ONG,
  • données qualitatives,
  • données agricoles,
  • systèmes d'information environ…,
  • PAM,
  • catastrophes naturelles
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SécuritéAlimentaire

Le document présente une analyse de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité à Madagascar, soulignant que plus de 77% des ménages ruraux vivent en dessous du seuil de pauvreté malgré les ressources naturelles abondantes. Il met en évidence les défis liés à la collecte et à l'exploitation des données sur la sécurité alimentaire, notamment le manque de coordination entre les partenaires et la complexité des outils d'analyse. Enfin, il appelle à une collecte nationale d'informations pour mieux évaluer l'impact des crises récentes sur la sécurité alimentaire des ménages.

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  • données agricoles,
  • systèmes d'information environ…,
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  • catastrophes naturelles

Madagascar:

Analyse de la sécurité
alimentaire et de la
vulnérabilité
(CFSVA)

Collecte et analyse des


informations secondaires

Strengthening Emergency Needs Décembre 2005


Assessment Capacity (SENAC)
Madagascar: Analyse de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité (CFSVA)
Collecte et analyse des informations secondaires

Préparé par Sylvie Montembault,


Chargée régionale de l’évaluation des besoins d’urgence
Bureau régional du PAM, Johannesbourg

Décembre, 2005
© Programme alimentaire mondial, Service de l’Analyse et de la cartographie de la
vulnérabilité (ODAV)

Cette étude a été préparée dans le cadre du projet "Renforcement de la capacité


d’évaluation des besoins d’urgence" (Strengthening Emergency Needs Assessment
Capacity - SENAC). Le projet SENAC a pour but de renforcer la capacité du PAM d’évaluer
les besoins humanitaires dans le domaine de l’alimentation au cours des opérations
d’urgence et immédiatement après, grâce à des évaluations précises et impartiales.

Pour de plus amples renseignements sur le projet SENAC, nous contacter à l’adresse
odan_info@[Link]

Programme alimentaire mondial des Nations Unies


Siège social: Via C.G. Viola 68, Parco de’ Medici, 00148, Rome, Italie

Toutes les informations sur la division VAM et les rapports en format électroniques sur
[Link]

Ce document a été produit avec le soutien financier de l’Union européenne. Les vues
exprimées ne reflètent en aucun cas l’opinion officielle de l’Union européenne.

3
4
Madagascar: Analyse de la sécurité alimentaire et de la
vulnérabilité (CFSVA) - Collecte et analyse des informations
secondaires
______________________________________________________
Décembre 2005

5
6
Remerciements
L’auteur tient à remercier un grand nombre de personnes présentes sur le terrain, des
représentants d’ONG, le Gouvernement de Madagascar et l’équipe du Programme
alimentaire mondial, qui ont pris la peine de fournir les informations indispensables à la
réalisation de ce rapport.

Pour de plus amples informations concernant ce rapport, prière de contacter:

Gianluca Ferrera – PAM Madagascar [Link]@[Link]

Eric Kenefick – PAM Johannesbourg Eric Kenefick@[Link]

Sylvie Montembault – PAM Johannesbourg [Link]@[Link]

Jan Delbaere – PAM Rome [Link]@[Link]

7
8
TABLE DES MATIERES
RESUME .............................................................................................................. 11
INTRODUCTION.................................................................................................. 13
1 - OBJECTIFS ET METHODES ............................................................................. 14
2 - INVENTAIRE DES RESSOURCES EXISTANTES ................................................ 14
2.1. Systèmes d’information et autres ressources......................................................14
2.1.1 Le recensement national de la population de 1993 ............................................14
2.1.2 Recensement ILO/Cornell University ...............................................................14
2.1.3 Statistiques agricoles ....................................................................................15
2.1.4 Enquête permanente auprès des ménages (EPM) ..............................................15
2.1.5 Enquêtes démographiques et de santé (EDS) ...................................................15
2.1.6 Réseau des observatoires ruraux (ROR)..........................................................15
2.1.7 Système d’alerte précoce (SAP)/SIRSA............................................................16
2.1.8 Système d’information sur l’environnement (SIE)..............................................17
2.1.9 Système d’information sur les risques et les catastrophes (SIRCat) .....................17
2.1.10 OFDA/CRED International Disaster Database/synthèse CNS ..............................18
2.1.11 SEECALINE ................................................................................................18
2.1.12 SICIAV - (Systèmes d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et
la vulnérabilité) ....................................................................................................18
2.1.13 Système d’information sur les marchés (SIM) .................................................18
2.2. Mécanismes de coordination existants ...............................................................19
2.2.1 L’Equipe permanente de pilotage (EPP) du Plan d’action pour le développement rural
(PADR) ...............................................................................................................19
2.2.2. Le groupe thématique sur le développement rural et la sécurité alimentaire.........19
2.2.3 Le Secrétariat multibailleur du Groupe des bailleurs de fonds (SMB/GBF)..............19
2.2.4 Le Conseil national de sécurité .......................................................................20
2.2.5 L’Office national de nutrition (ONN).................................................................20
3. LES LIMITES ................................................................................................... 21
4. ANALYSE ET EXPLOITATION DES DONNEES DISPONIBLES ............................. 22
4.1. Zonage agro-écologique et tendance.................................................................23
4.2. Résultats des stratégies relatives aux moyens d’existence....................................24
4.3. Analyse en composante principale ....................................................................26
5. CONCLUSIONS - RECOMMANDATIONS ............................................................ 31
ACRONYMES ....................................................................................................... 32
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ..................................................................... 33

Index des représentations graphiques et tableaux


Carte 1 - Zonage agronomique ............................................................................... 24
Carte 2 - Classement des provinces suivant l’indice composite de vulnérabilité .............. 25
Carte 3 - Variables socio-economiques par « cluster » ............................................... 27
Carte 4 – Groupement des districts par variables SIG ................................................ 28
Carte 5 - Groupement des districts.......................................................................... 29

Tableau 1 - Classement des provinces suivant l’indice composite de vulnérabilité........... 26

9
10
RESUME
Madagascar est la quatrième plus grande île du monde avec une population d'environ
15,5 millions1 d’individus. C’est un pays unique par la variété de ses ressources naturelles,
classé parmi les trois premiers hot spots2 écologiques dans le monde eu égard à la
richesse de ses biodiversités endémiques et aux dangers environnementaux qui menacent
ses écorégions. Madagascar est un pays essentiellement rural, où plus des trois quarts des
habitants vivent principalement de l’agriculture. Avec un niveau de revenu par habitant de
258 dollars E.-U. par an,3 elle est classée parmi les pays les plus pauvres du monde.
Malgré les importants atouts du pays tant en ressources agricoles qu’en ressources
halieutiques ou minières, et malgré des taux de croissance élevés de 1997 jusqu’à la crise
de 2002, plus de 77% des ménages ruraux vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Le déficit alimentaire est aussi bien qualitatif que quantitatif; ainsi, 48% des enfants
malgaches de moins de trois ans souffrent d’un retard de croissance dû à la malnutrition
chronique (SEECALINE, 2004).

Madagascar s'est dotée d'une politique et d’une stratégie cohérentes en matière de gestion
des risques et des catastrophes qui s'intègre dans la politique de développement
préconisée dans le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), et les
systèmes d’alerte et d’information sur la sécurité alimentaire sont nombreux. Le pays
dispose également d’un recensement communal effectué en 2001 (recensement
ILO/Cornell University) qui rassemble un nombre impressionnant d’indicateurs relatifs à la
sécurité alimentaire et aux moyens d’existence de la population malgache. Enfin, la
définition et les examens du DSRP ont donné lieu à un grand nombre d’études visant à
mieux comprendre les déterminants de la pauvreté à Madagascar et à en définir les
principaux facteurs.

Cependant, ces données, nombreuses et complémentaires, demeurent souvent


difficilement exploitables. En particulier, le manque de coordination et de collaboration
entre les différents partenaires est à l’origine de nombre d'incohérences. En outre, les
différences d’échelle et la variété des outils d’analyse rendent l’utilisation des données
disponibles souvent complexe. Chaque niveau d’observation apporte des informations
spécifiques et complémentaires, mais, lorsqu’on évalue la vulnérabilité alimentaire, les
enquêtes au niveau des ménages offrent une pertinence particulière. Or, les outils
existants ont été développés suivant des approches différentes qui conduisent parfois à
des interprétations contradictoires des données. Il est aujourd’hui indispensable pour
Madagascar d’organiser à l’échelle nationale une collecte d’informations sur la sécurité
alimentaire aux niveaux des ménages. Cette enquête, en se fondant sur l’ensemble des
hypothèses de travail issues des différents systèmes d’information et études existants,
devrait en outre permettre d’actualiser l’analyse de l’impact des crises récentes (crise
politique, crise du riz), qui diffèrent quelque peu, dans leurs conséquences sur la sécurité
alimentaire des ménages, des catastrophes naturelles devenues désormais familières aux
acteurs du secteur de la sécurité alimentaire à Madagascar.

1
Selon le recensement de la population 1993 et un taux de croissance de 2,8% - chiffre inférieur au
chiffre rapporté par le recensement communal ILO/Cornell University 2001 qui avoisine 20 millions.
2
Un hot-spot est une zone géographique qui présente à la fois une biodiversité et une richesse en
espèces faunistiques et floristiques élevées, et qui encourt des risques d’extinction importants à court
terme. On dénombre actuellement 35 hot-spots à travers le monde.
3
Communiqué de presse FMI 2005.

11
12
INTRODUCTION

Madagascar est régulièrement frappée par des catastrophes naturelles,


notamment: 1) des sécheresses cycliques et des invasions répétées d’acridiens
dans le sud de la province de Toliara; 2) des cyclones (quasiment chaque année)
et les inondations qui en résultent, surtout dans les provinces de Tamatave et
Fianarantsoa.

L’objectif du PAM est d’améliorer la capacité des populations vulnérables


des zones les plus exposées de mieux faire face aux catastrophes, et de
subvenir à leurs besoins alimentaires essentiels. Dans ces zones
caractérisées par une insécurité alimentaire chronique et une dégradation continue
des ressources naturelles, le PAM cible son aide sur les communautés rurales
vivant dans des régions enclavées où les infrastructures de base se sont
détériorées faute de ressources et d’appui technique. Ces zones à risque sont
identifiées grâce aux études et pronostics publiés régulièrement par les divers
organismes de surveillance de la sécurité alimentaire tel que le Système d’alerte
précoce (SAP), le Système d’information rurale et de sécurité alimentaire (SIRSA)
financés par l’Union Européenne, les services techniques du Ministère de
l’agriculture et l’unité ACV mise en place par le PAM. Ce ciblage géographique est
complété par un ciblage socio-économique des groupes vulnérables qui utilise des
techniques participatives tenant également compte de la problématique hommes-
femmes.

La mise en œuvre des interventions se fait en partenariat avec des ONG


spécialisées (telles que CARE, CRS et Action Agro Allemande (AAA)) et vise à
renforcer durablement les capacités des communautés. Le Gouvernement de
Madagascar a inscrit la sécurité alimentaire et l’atténuation des effets des
catastrophes naturelles parmi ses axes prioritaires d’intervention pour lutter contre
la pauvreté.

Ces dernières années, à cause de la succession presque ininterrompue de crises


d’urgence (surtout dues aux catastrophes naturelles), les opérations d’urgence se
sont enchaînées pratiquement l’une derrière l’autre, accompagnées de
prolongations et de révisions budgétaires. En outre, en raison du retard de
certaines contributions financières, il a fallu plusieurs fois prolonger les opérations
d’urgence pour permettre l’utilisation totale des vivres qui, finalement, ont été
distribués aux victimes d’une nouvelle crise.

A une époque où le gouvernement sollicite de plus en plus le PAM pour obtenir sa


contribution à des programmes d’aide sociale (ré-installation des sans-abris
d’Antananarivo par exemple) et où le pays se dote d’un nouveau Plan d’action
national pour la sécurité alimentaire (PANSA), le PAM doit repenser sa stratégie
opérationnelle en termes de volume d’intervention, ciblage des opérations, rôle
attribué à l’aide alimentaire et stratégie de financement. La présente analyse
s’inscrit dans ce cadre.

13
1 - OBJECTIFS ET METHODES

Les objectifs de la présente analyse étaient les suivants:

• recenser et définir les caractéristiques et les niveaux d’insécurité alimentaire


existant à Madagascar;

• identifier les groupes de populations les plus vulnérables dans ces zones, afin de
faciliter le ciblage géographique du PAM;

• confirmer que l’aide alimentaire à un rôle à jouer pour résoudre ces problèmes et
proposer des secteurs d’intervention possibles; et

• recommander les axes d’une collecte d’informations primaires visant à améliorer la


compréhension des problèmes liés à l’insécurité alimentaire dans les zones identifiées et
améliorer ainsi la conception des programmes d’aide alimentaire.

D’une première réunion tenue avec les différents acteurs du secteur de la sécurité
alimentaire à Madagascar, est ressorti clairement que le pays dispose d’une information
abondante et récente dans le domaine. La question restait cependant posée de savoir si
cette information était suffisante pour répondre aux exigences du PAM. En premier lieu,
notre travail a consisté à dresser l’inventaire de l’information récente sur la disponibilité et
l’utilisation des produits alimentaires, ainsi que sur l’accès à la nourriture. En outre, une
revue des systèmes d’information et d’études diagnostics en place, en particulier en ce qui
concerne les outils de collecte utilisés, a permis de faire une rapide analyse de l’information
réellement disponible. Le travail a consisté ensuite à analyser cette information et à
exploiter les différents indicateurs disponibles pour identifier les lacunes et conclure en
proposant une nouvelle collecte d’information sur la base d’un zonage résultant de
l’exploitation de l’information disponible.

Le présent rapport rend compte de ces trois semaines d’étude. Il expose notre analyse de
l’information existante et ses limites dans le cadre de notre recherche. Il rend compte de
l’exploitation proposée des informations existantes et conclut sur les étapes à suivre.

2 - INVENTAIRE DES RESSOURCES EXISTANTES

A Madagascar, un grand nombre de dispositifs et d’institutions produisent des informations


sur de multiples aspects de la sécurité alimentaire. Nous en dressons ci-après l’inventaire:

2.1. Systèmes d’information et autres ressources

2.1.1 Le recensement national de la population de 1993

Ce recensement, organisé par l’INSTAT, rassemble les données classiques d’un recensement
de la population tels que le niveau d’éducation, les classes d’âge, l’accès aux infrastructures,
etc. Ces données ont été collectées sur la base des firaisana, une unité administrative plus
ou moins équivalente à la commune. Les firaisana ont toutefois été abandonnées lors d’une
réorganisation gouvernementale en 1996. Un ajustement est donc nécessaire (technique
SIG) lors de l’utilisation de ces informations. En outre, les données démographiques datent
et le recensement communal ILO/Cornell University de 2001 donne une estimation de la
population très différente des prédictions du recensement de 1993. Il convient en outre de
noter qu’aucun des recensements disponibles ne donne un décompte de la population au
niveau des villages. La plus petite échelle considérée a toujours été la commune ou son
équivalent. ([Link]

2.1.2 Recensement ILO/Cornell University

L’enquête au niveau des communes réalisée en 2001 (programme ILO/Cornell University) a


permis la constitution d’une base de données sur la quasi-totalité des communes du pays
(1 385 sur 1 395). Cette base regroupe les informations sur les infrastructures existantes:

14
services publics, transports, marchés, enclavement. Mais, au-delà de ces aspects
descriptifs, certains modules de l’enquête abordent les risques pour la production, les
problèmes d’insécurité, le capital social et le niveau socio-économique de la population.

Ces informations ont été recueillies sur une courte période (septembre-décembre 2001)
auprès d’informateurs privilégiés (instituteurs, maires) ou encore sous forme de groupes de
concertation (focus group) de six à huit personnes rassemblées de façon formelle.

Cette base de données a été largement exploitée et a permis la réalisation


d’études/analyses poussées. Parmi les plus récentes publications issues de ce recensement,
il convient de citer "Agriculture, pauvreté rurale et politique économique à Madagascar" par
B. Minten et al. mais aussi le récent travail du SICIAV.

Il est largement reconnu que le recensement ILO/Cornell University fournit une base de
données unique à Madagascar et en Afrique sub-saharienne tant par son niveau de
désagrégation que par le grand nombre de variables pertinentes pour l’analyse de
l’insécurité alimentaire. ([Link]

2.1.3 Statistiques agricoles

Madagascar manque de données agricoles actualisées et fiables. Le dernier recensement


national sur l’agriculture a été achevé en 1993/1994. Le système SIRcat mentionné plus
haut utilise largement le rapport annuel agricole de 1993/1994 comme la plus récente
source de données fiables. Un recensement agricole est en cours et devrait donner ses
premiers résultats début 2006. ([Link]

2.1.4 Enquête permanente auprès des ménages (EPM)

L’Enquête permanente auprès des ménages s’inscrit dans le cadre d’un programme
permanent d’enquêtes auprès des ménages, confié à l’Institut national de la statistique
(INSTAT) et dont la réalisation a débuté en 1993. L’objectif principal de ce dispositif, qui
repose sur des enquêtes par sondage ayant le ménage comme unité de base, est de mettre
périodiquement à la disposition des autorités malgaches, des décideurs et des utilisateurs,
des informations récentes qui soient représentatives au niveau national, ventilées par
faritany, région et milieu, et permettant notamment de:

• suivre le niveau de vie des malgaches grâce à l’actualisation des indicateurs de


pauvreté;
• actualiser la Matrice de comptabilité sociale de Madagascar (MACS) et le Modèle
d’équilibre général calculable sur Madagascar;
• actualiser les données sur le secteur informel;
• mettre à jour le panier de la ménagère; et
• prendre en compte les aspects sociaux des politiques économiques.

Des cartes de pauvreté à l’échelle des districts ont été réalisées sur la base des données de
l’EPM croisées avec les données du recensement communal ILO/Cornell University en
collaboration avec la Banque mondiale et l’INSTAT. ([Link]

2.1.5 Enquêtes démographiques et de santé (EDS)

Le projet EDS est une entreprise de collecte de données au niveau mondial lancée par
l’USAID. Il consiste à réaliser des enquêtes au niveau des ménages afin de recueillir des
données sur les phénomènes démographiques, la fécondité, la santé et la nutrition, données
qui servent ensuite à élaborer les programmes et les politiques concernant la population.
L’enquête de 2003-2004 est la troisième à avoir été réalisée à Madagascar - la première
ayant eu lieu en 1992 et la deuxième en 1997 - ce qui a permis d’effectuer des analyses
utiles sur les tendances observées. ([Link]

2.1.6 Réseau des observatoires ruraux (ROR)

Le Réseau des observatoires ruraux a été mis en place en 1999 dans le cadre du projet
MADIO (Madagascar DIAL INSTAT ORSTOM) pour pallier le manque d’informations
statistiques sur les campagnes malgaches. A l’heure actuelle le Réseau des observatoires

15
ruraux, géré par l’Unité de politique de développement rural (UPDR), permet la collecte des
données dans 15 zones rurales.

L’idée générale qui sous-tend le projet des observatoires ruraux est d’établir un système
statistique capable de capter la diversité des problèmes de l’agriculture malgache. Afin
d’illustrer la variété des zones agro-climatiques malgaches et les conditions de vie
contrastées des ménages ruraux, les enquêtes du ROR reposent sur un échantillonnage
raisonné. Les enquêtes sont homogènes car elles se fondent sur une méthodologie
commune: dans tous les observatoires, les questionnaires de l’enquête sur les ménages
sont identiques; le système d’information est en outre complété par une enquête
communautaire pour chaque site (information sur des structures telles que les écoles, les
centres de santé, les marchés) et des relevés de prix mensuels qui permettent de suivre
l’évolution des prix aux consommateurs (les prix aux producteurs pouvant être estimés
directement à partir des enquêtes sur l’exploitation jointes aux enquêtes sur les ménages).

Le principe d’enquêtes à passages répétés constitue un des atouts majeurs du Réseau des
observatoires ruraux. Ce dispositif est conçu pour suivre dans le temps et sur un espace
restreint un certain nombre d’indicateurs clés permettant d’évaluer les changements. Il
s’articule autour d’un système d’enquêtes à passages répétés sur une base annuelle et sur
un échantillon d’environ 500 ménages par observatoire. Chaque observatoire étudie une
problématique particulière. Les indicateurs fournis par ce dispositif concernent notamment
les facteurs de production agricole, l’offre productive, mais aussi le niveau de vie (revenus)
et les conditions de vie des ménages ruraux. Par ailleurs, les données issues des enquêtes
permettent d’apporter des éléments d’informations sur des aspects plus ponctuels et de
répondre à d’autres questions (impact des interventions des projets, analyse de la pauvreté,
aspects fonciers, production rizicole, etc.).

Il est important de noter que la méthodologie des observatoires ruraux amène à respecter
une certaine prudence dans l’utilisation des données qu’ils produisent et dans leur
extrapolation. En effet, comme chaque observatoire illustre une problématique spécifique,
les résultats des enquêtes, qui ne sont pas faites par sondage, ne ne permettent aucune
extrapolation au niveau régional, ni encore moins national.

2.1.7 Système d’alerte précoce (SAP)/SIRSA

Le projet SAP, mis en œuvre par l’Agence européenne pour le développement et la santé
(AEDES), a pour objectif d’aider les autorités malgaches à éviter les crises alimentaires dans
le sud (88 communes au total), zone traditionnellement touchée par la sécheresse. Le SAP
identifie les zones qui risquent de connaître des problèmes alimentaires ou nutritionnels et
recommande des actions à mettre en oeuvre.

Les données multisectorielles concernant la situation alimentaire et nutritionnelle de la


population, collectées de façon permanente, couvrent: la pluviométrie, l’évolution des
cultures, l’élevage, la disponibilité des produits et les prix sur les marchés, la nutrition, les
habitudes alimentaires des populations ainsi que leurs mouvements. Les renseignements
sont recueillis auprès des services administratifs et techniques du gouvernement, des
projets et au sein de la population. Les principales informations traitées sont diffusées sous
forme de bulletins mensuels à l’intention des responsables de la sécurité alimentaire
(autorités nationales, organismes internationaux et bailleurs de fonds) ainsi que des
structures ayant participé à la collecte des informations.

Depuis le 1er décembre 2004, le SIRSA a repris les activités et le financement du SAP.

Le SAP couvre la zone sud de Madagascar, soit approximativement les communes situées
au sud de l'axe Tuléar/Fort-Dauphin. Au niveau communal, l'information est recueillie à
l'aide d'un questionnaire mensuel rempli par des observateurs locaux. Le questionnaire
regroupe des données fournies par des informateurs-clés (administrateurs, services
techniques déconcentrés, associations paysannes, etc.) et par des observations directes
(prix sur les marchés). Les données sont le plus souvent qualitatives ou semi-qualitatives et
servent à apprécier l'écart entre la situation de l'année en cours et la situation en "année
normale".

16
L’analyse des données suit trois étapes:

• la génération d'un pronostic provisoire (PP): il s'agit de prévoir les conditions


dans lesquelles les ménages traverseront la prochaine période de soudure (septembre à
décembre), au vu des premiers résultats de la campagne agricole. Ce pronostic est effectué
au mois d'avril, sur la base des informations des mois de novembre à mars;

• la formulation d'un pronostic définitif (PD): il correspond à une ré-évaluation du


PP à la lumière de données plus précises, telles que les résultats de la contre-saison, les
niveaux de commercialisation des productions, l'importance des activités non-agricoles et
l'évolution des prix sur les marchés. Le PD est effectué au mois de juillet, à l'aide des
questionnaires d’avril à juin; et

• la formulation d'un diagnostic (D): il a pour but d'établir les niveaux réels de
difficulté des populations au cours de la période de soudure (validation du PD) et de vérifier
si des difficultés alimentaires ont pu être évitées grâce à la mise en œuvre des
recommandations proposées. Le diagnostic est effectué au mois de janvier, à l'aide des
questionnaires de juillet à décembre.

Cette analyse permet de classer les communes selon une échelle de difficulté (5 classes de
risques alimentaires) dans une perspective d’évaluation de la sécurité alimentaire.
([Link]

2.1.8 Système d’information sur l’environnement (SIE)

Mis en place par l’Office national pour l’environnement (ONE), le SIE est un outil
d’aide à la décision permettant l’accès à des informations pertinentes et fiables,
susceptibles d’orienter efficacement les actions et les politiques environnementales
(ressources naturelles, air, terre, eau, mer, conditions de vie de la population, notion de
développement durable, etc.). Ce système, qui nécessite la contribution et la
collaboration d’un grand nombre d’acteurs, permet d’obtenir les produits suivants:

- Tableau de bord environnemental: édition annuelle, dernière diffusion en juillet


2001 (suivi de la situation environnementale à Madagascar);
- Bulletin statistique: émis tous les 3 ans (séries statistiques sur l’environnement);
- Rapport sur l’état de l’environnement (analyse et présentation des indicateurs
sur l’état des ressources naturelles, les activités socio-économiques et les interventions
visant à améliorer la qualité des ressources naturelles et à les préserver) – diffusé tous
les quatre ans.

2.1.9 Système d’information sur les risques et les catastrophes (SIRCat)

Le SIRCat, élaboré en 2001 par CARE International en collaboration avec le Conseil national
de sécurité (CNS), vise à cartographier la vulnérabilité et les aléas de manière à identifier
les zones à haut risque. Les responsables du SIRCat affirment que les données existantes
sont d’une qualité suffisante pour éclairer, au moins de façon relative, les décisions à
prendre en cas de risque ou de catastrophe effective.

Le SIRCat dispose d’une compilation de plus de 80 variables couvrant la vulnérabilité des


ménages au niveau des fivondronana (districts). Chaque indicateur est porté sur la carte et
mis à la disposition des utilisateurs intéressés sur CD, sous format interactif. Le CD est
régulièrement actualisé . Des modèles de cyclones et de sécheresse sont en cours
d’élaboration. ([Link]

Un Projet national de système d’alerte précoce (SNAP) a été soumis récemment par
CNS/CARE aux bureaux de la présidence. Il vise à développer et à systématiser la collecte
et l’analyse d’une série minimum d’indicateurs plurisectoriels au niveau des communes.

17
2.1.10 OFDA/CRED International Disaster Database/synthèse CNS

Cette base de données accessible sur le web fait l’inventaire de toutes les catastrophes
naturelles ayant affecté le pays. Le CNS dresse un bilan de chacune de ces catastrophes et
met à jour une base de données historique par type de désastre.
([Link]
[Link]
[Link]?country=Madagascar&Submit=Display+Country+Profile)

2.1.11 SEECALINE - (Surveillance et éducation des écoles et des communautés en matière


d’alimentation et de nutrition élargie)

Entre autres produits de ce projet financé par la Banque mondiale, nous évoquerons
principalement les enquêtes nutritionnelles. L’enquête anthropométrique SEECALINE est une
enquête représentative au niveau national, couvrant les 111 districts de Madagascar et
portant sur un échantillon aléatoire de 10 704 ménages (446 fokontany; 24 ménages par
fokontany). L’enquête a été réalisée par l’INSTAT de Madagascar avec l’assistance technique
et l’aide financière de SEECALINE/Banque mondiale. L’enquête de 1997-1998 comptait
420 grappes (fokontany). L’enquête de 2004 reprend la même base d’échantillonnage que
celle de 1997-1998 en ajoutant trois fivondronana non concernés par l’enquête de base
(1997-1998), à savoir Benenitra, Kandreho et la Commune urbaine d’Antananarivo.
Partiellement analysée, cette base de données offre l’avantage de fournir des informations
au niveau des districts et permet de suivre l’évolution des indicateurs anthropométriques
clefs entre 1997 et 2004.

2.1.12 SICIAV - (Systèmes d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la


vulnérabilité)

Le SICIAV vient de publier son rapport qui présente une analyse intégrée de la situation
d’insécurité alimentaire à Madagascar, basée sur les données les plus récentes - aussi bien
qualitatives que quantitatives - provenant de toutes les sources principales d’information
disponibles. Il vise à apporter un maximum d’éléments permettant de répondre aux
questions clés qui conduiront à la prise de décision puis à la mise en œuvre d’interventions
visant à réduire l’insécurité alimentaire, dans un contexte de lutte contre la pauvreté et de
développement rural durable.

Le rapport est conçu comme un atlas des principaux facteurs de vulnérabilité alimentaire à
Madagascar. La principale source de données utilisées par le SICIAV est le recensement
communal ILO/Cornell University. L’analyse est en effet effectuée principalement sur la base
des données primaires issues du recensement des communes de 2001 et de l’enquête
permanente auprès des ménages effectuée la même année. Il s’y ajoutent des informations
issues d’un bon nombre d’études sur des questions liées à l’insécurité alimentaire, ses
manifestations et ses déterminants à Madagascar. Les données ont été collectées au niveau
des fivondronana (111) et des communes (1 391) par l’équipe du programme ILO de
l’université de Cornell, concepteur et maître d’œuvre de ces enquêtes. D’autres données
primaires ont été utilisées pour l’analyse, telles que celles résultant des enquêtes post-crise
de novembre 2002 et des visites effectuées dans les provinces par les consultantes de la
FAO en mars 2003 dans le cadre du projet.

Plus particulièrement, le rapport accorde une place importante à trois indicateurs


(insécurité alimentaire chronique, temporaire et saisonnière) obtenus sur la base des
déclarations des groupes de concertation organisés à l’échelle des communes et de
leurs perceptions de ces situations. La mesure de ces trois indicateurs clefs étant fondée
sur une perception et non sur une mesure objective, il s’agit donc d’une évaluation
subjective de la sévérité de l’insécurité alimentaire qui peut donner lieu à débats.
([Link]

2.1.13 Système d’information sur les marchés (SIM)

Récemment mis en place par l’unité de suivi/évaluation du Ministère de l’agriculture, ce


système d’information rend compte de l’évolution mensuelle des prix des produits de
première nécessité dans les 22 régions administratives du pays, sur la base d’une collecte

18
hebdomadaire dans les deux principaux marchés de chacune des régions considérées. Le
système se met en place et n’a produit que deux bulletins pour le moment.

En outre, il convient de mentionner un certain nombre d’analyses de la situation alimentaire


et d’études thématiques localisées, informant les questions de sécurité alimentaire à
Madagascar mais répondant en premier lieu aux objectifs de leurs institutions (voir
Bibliographie).

2.2. Mécanismes de coordination existants

Il existe plusieurs mécanismes formels ou informels de coordination des informations


touchant la sécurité alimentaire qui fonctionnent actuellement à des degrés divers. Il
convient de citer en particulier:

2.2.1 L’Equipe permanente de pilotage (EPP) du Plan d’action pour le développement rural (PADR)

Assistée d’un Secrétariat permanent, l’ EPP est composée d’un représentant du Premier
Ministre, chef de gouvernement, des Secrétaires généraux des Départements ministériels
chargés du développement rural, ainsi que de personnes du secteur privé et du secteur
public choisies en raison de leurs compétences particulières. Elle est chargée plus
particulièrement:

• de recenser et examiner les politiques et programmes sectoriels existants;


• d’enregistrer et examiner les propositions émanant du secteur privé, des
organisations non gouvernementales et des différents groupements associatifs paysans;
• d’harmoniser les interventions des différents partenaires dans le domaine du
développement régional ou national;
• ’de faciliter l’intégration des projets d’investissement privé dans le contexte de la
programmation du développement rural;
• de mettre en place une approche participative régionale pour la programmation des
interventions dans le domaine du développement rural.

Dans le cadre de la définition des actions à mener au titre du PADR, l’EPP a mis en place en
tant que de besoin, aux niveaux central et régional, des groupes de travail et de réflexion
dénommés respectivement groupes thématiques centraux (GTC) et groupes de travail de
développement rural régionaux (GTDR). Le SIRSA s’ancre à ce niveau.

2.2.2. Le groupe thématique sur le développement rural et la sécurité alimentaire

Dans le cadre du processus de l’UNDAF, le groupe thématique sur le développement rural et


la sécurité alimentaire qui a été mis en place sous la présidence de la FAO est chargé de
toutes les actions visant l’amélioration des performances de la coopération du système des
Nations Unies dans les domaines du développement rural et de la sécurité alimentaire, selon
les indications contenues dans l’UNDAF. Ce groupe thématique comprend l’équipe de pays,
c’est-à-dire tous les représentants résidents et les directeurs des organismes des Nations
Unies présents sur le terrain. La dynamique de ce groupe dépend largement de la nature
des questions à débattre. Il semble qu’une certaine routine se soit installée et qu’un
renouveau soit souhaitable dans l’animation des discussions, la conduite des débats et la
prise de décision.

2.2.3 Le Secrétariat multibailleur du Groupe des bailleurs de fonds (SMB/GBF)

Il a été mis en place pour permettre de réfléchir aux problèmes touchant l’environnement. Il
a étendu ses activités aux actions relatives au développement rural et à la sécurité
alimentaire.

Le GBF, instance de concertation et de coordination des actions entreprises dans les


domaines du développement rural et de la sécurité alimentaire, s’est fixé comme objectifs
principaux: i) le maintien d’une cohérence générale dans le secteur rural et l’environnement
(politiques, modes d’intervention, budgets, réformes, etc.); ii) la recherche de synergies
opérationnelles pour accroître les investissements; iii) la mise en place d’une coordination
efficace avec le gouvernement central et les régions.

19
2.2.4 Le Conseil national de sécurité

Organe traditionnel de coordination et de mise en œuvre de la politique de gestion des


risques et des catastrophes, le CNS a aussi été choisi par CARE comme partenaire privilégié
pour le développement d’un système national d’alerte précoce. Le statut du CNS est
aujourd’hui remis en cause par la mise en place d’un organe de coordination de la gestion
des risques au niveau de la primature.

2.2.5 L’Office national de nutrition (ONN)

Structure nouvelle qui se met peu à peu en place avec l’appui de l’UNICEF, l’ONN est né de
la révision de la politique sectorielle de nutrition et a entre autres mandats de développer
un système de surveillance alimentaire et nutritionnel. L’ONN est rattaché à la primature.

20
3. LES LIMITES
C’est donc un fait acquis: Madagascar dispose d’un fond de données remarquable par sa
quantité et sa qualité. Pourtant l’exploitation de ces informations/données est limitée par
différents facteurs:

- Absence de statistiques fiables relatives à la production agricole: il existe


différentes sources non concordantes qui produisent des statistiques agricoles et
alimentaires. Chaque ministère a sa propre structure de production statistique sans
toutefois disposer du personnel qualifié nécessaire pour maîtriser les concepts et les
méthodologies appropriés en matière statistique. Il en découle que les données produites
sont divergentes et peu fiables, et donc difficile à utiliser: cela limite l’intérêt qu’elles
présentent pour les décideurs et les utilisateurs. Il en est ainsi par exemple des statistiques
relatives aux rendements et aux superficies de cultures importantes comme le riz, le manioc
ou le maïs, ou encore des statistiques concernant la situation nutritionnelle des enfants.

A ces facteurs s’ajoutent:


- l’insuffisance des moyens financiers, techniques, humains et matériels dont
disposent les structures chargées de la production de statistiques agricoles. Un recensement
agricole est en cours et devrait produire ses conclusions au début de 2006. Par ailleurs un
observatoire du riz est actuellement mis en place sous l’égide de la FAO et du PAM;
- le manque de données pertinentes à l’échelle nationale dans les domaines de
la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité. Les données/informations résultant des travaux
du Système d’alerte précoce (SAP/SIRSA) ne couvrent que les régions sud et sud-est du
pays. Ce manque de couverture nationale limite l’utilité/l’utilisation de ces
données/informations pour la conception et le suivi des actions sur l’ensemble du pays;
- le manque d’intégration des différentes données relatives au secteur rural et à
la sécurité alimentaire. Les données obtenues par les dispositifs ROR et SAP par exemple
peuvent être conçues pour affiner celles résultant de la réalisation des EPM. Il n’en est pas
ainsi. De même, les EPM et les EDS incluent chacune dans leurs travaux une analyse de
l’état nutritionnel. Les données/informations qui en résultent ne sont pas toujours
concordantes ni complémentaires, ce qui pose des problèmes aux décideurs et aux
utilisateurs pour la conception et le suivi des actions en matière de sécurité alimentaire;
- la priorité donnée à la pauvreté: beaucoup d’études récentes ont été motivées
par le DRSP. L’analyse à Madagascar est centrée sur la pauvreté. Il y a une insuffisance
évidente d’indicateurs spécifiques concernant la sécurité alimentaire et l’analyse au niveau
local et au niveau des ménages est également déficiente;
- une très bonne compréhension des risques et de leur gestion, en particulier des
catastrophes naturelles, qui conduit à une analyse de l’insécurité alimentaire dans un
contexte d’aide d’urgence et non en fonction des facteurs structurels qui limitent la
consommation d’aliments et leur utilisation. De même, l’analyse des disponibilités
alimentaires est centrée sur le riz et ne tient pas compte de la possibilité de le substituer
par d’autres produits alimentaires (manioc, patate douce);
- les travaux universitaires (ILO, ROR, etc.) qui répondent à des objectifs
scientifiques et ne sont pas toujours en adéquation avec les contraintes opérationnelles;
- le recensement ILO/Cornell University, qui est la base de la plupart des
analyses actuelles; pourtant il a recours à des indicateurs qualitatifs basés sur l’appréciation
des personnes rencontrées lors des entretiens menés au niveau des communes;
- les mécanismes de coordination actuels: ils n’accordent pas suffisamment
d’importance à une gestion plus efficiente des systèmes d’information favorisant la mise en
place de conditions qui permettraient à l’ensemble des décideurs et des utilisateurs de
travailler "en réseau". Il convient de trouver des plates-formes et autres forums où les
structures gouvernementales et non gouvernementales et les bailleurs de fonds impliqués
dans le développement rural et la sécurité alimentaire pourraient se retrouver, échanger
des informations, s’entendre sur des concepts et s’approprier des résultats d’analyse;
- la tendance à la duplication et à la multiplication des niveaux d’ancrage
institutionnel: elle est tout aussi problématique. Il convient en outre de garder à l’esprit les
divers aspects de la sécurité alimentaire, notamment ceux relatifs à la santé, à la nutrition
et à l’éducation qui ne sont pas tous traités actuellement par les différents ministères
concernés.

21
4. ANALYSE ET EXPLOITATION DES DONNEES DISPONIBLES
Madagascar est un pays essentiellement rural, où plus des trois quarts des habitants vivent
principalement de l’agriculture. Malgré les importants atouts du pays tant en ressources
agricoles qu’en ressources halieutiques ou minières, et malgré des taux de croissance élevé
de 1997 jusqu’à la crise de 2002, plus de 77% des ménages ruraux vivent en dessous du
seuil de pauvreté (Razafindravonona, J. et al., 2003).

L’insécurité et la pénurie alimentaire touchent gravement la population malgache. Le déficit


alimentaire est aussi bien qualitatif que quantitatif; ainsi, 48% des enfants malgaches de
moins de trois ans souffrent d’ un retard de croissance dû à la malnutrition chronique
(SEECALINE, 2004).

Ces difficultés existent en milieu urbain parmi les couches les plus pauvres de la population,
qui, faute de ressources monétaires, n’ont pas la possibilité de se procurer les aliments
disponibles sur le marché. La ville d’Antananarivo, capitale de Madagascar, a connu une
famine entre 1985 et 1987 à la suite de la libéralisation du marché du riz: la très forte
augmentation des prix de cette céréale de base n’a plus permis aux couches les plus
modestes de s’approvisionner, malgré la disponibilité du produit sur les marchés de la
capitale (Garenne et al., 1999).

Le milieu rural, producteur de denrées vivrières, n’est pas à l’abri des difficultés
alimentaires. Les causes, l’amplitude et la périodicité des déficits varient cependant selon
les régions agro-écologiques et les groupes sociaux. Dans certaines zones, ce sont les
groupes à risque ayant des difficultés d’accès aux ressources qui sont soumis à ces
difficultés de couverture de leurs besoins vitaux: l’accès inégal à la terre, par exemple,
handicape les jeunes paysans ou les femmes chefs de ménage. D’autres régions
productrices de produits d’exportation, comme le café ou la vanille, sont tributaires des
fluctuations des marchés mondiaux: les paysans qui consacrent une partie importante de
leur temps et de leur activité aux cultures de rente, voient leurs revenus monétaires réduits
lors de la chute des cours internationaux et n’ont plus de ressources pour couvrir les achats
complémentaires en produits de base (Droy, Rasolofo, 2001). Enfin, les zones soumises à
d’importants risques climatiques, cyclones ou sécheresses, connaissent des risques
structurels d’insécurité alimentaire, tels l’absence ou de la destruction des récoltes lorsque
le risque se concrétise.

La vulnérabilité alimentaire peut être appréhendée de mille façons, souvent


complémentaires. La question est de savoir quelle est la meilleure combinaison
d’informations disponibles dans le contexte malgache. Nous disposons en effet:

- de données anthropométriques permettant de suivre l’état nutritionnel;


- de données économiques qui fournissent des informations sur l’offre et la demande
de produits alimentaires;
- de données agronomiques sur les systèmes de production, la diversité et les
niveaux de production;
- d’information sur les risques et leur occurrence (/fréquence?): déficit
pluviométrique, attaque acridienne, etc.;
- de données sur l’état sanitaire de la population, les comportements alimentaires, y
compris les pratiques de sevrage.

Nous aurions pu nous contenter de la lecture des différents atlas récemment publiés
(SICIAV, Agriculture et pauvreté, de Minten) qui rendent compte de la distribution
géographique d’indicateurs de résultats. Il nous a cependant semblé intéressant de croiser
ces différents indicateurs afin de faire ressortir des tendances géographiques, des classes de
districts.

Nous avons cherché à analyser la somme d’informations disponibles en revenant à des


concepts simples de sécurité alimentaire et avons suivi les recommandations du processus
d’analyse proposées par le Guide ESASU.

Nous n’avons pas jugé bon de refaire une description exhaustive des paramètres de base
(cadre politique, économique, social et environnemental de l’insécurité alimentaire
malgache) dont un résumé est donné en annexe.

22
L’analyse présentée ci-après utilise différents jeux de données au niveau des districts (unité
administrative permettant d’agréger le plus grand nombre d’informations) et tente i)
d’apprécier la différence relative en termes de vulnérabilité entre ces districts; ii) de
caractériser les facteurs contribuant à la vulnérabilité observée; et iii) d’établir un ordre de
priorité /de stratifier les districts en vue d’ une future collecte d’informations primaires.
Différentes sources d’informations et techniques ont été utilisées, permettant la vérification
des résultats mais conduisant aussi à une multitude d’interprétations.

Cette partie rend compte des différentes méthodes utilisées pour analyser les informations,
et présente les résultats obtenus et les recommandations qui en découlent.

4.1. Zonage agro-écologique et tendance

Madagascar, par la diversité de son relief et de son climat, présente des situations agro-
écologiques très variées. La répartition géographique de la population est aussi très inégale,
ce qui conditionne les systèmes agricoles, plus ou moins intensifs selon les régions.

Les zones considérées ici sont les zones agronomiques, résultats de la combinaison des
facteurs pédologiques, pluviométriques, topographiques, climatiques et culturels. Elles ont
été décrites par Minten et al. dans Agricultural Production, Agricultural Land and Rural
Poverty in Madagascar, 2001. Minten se basait alors sur le dernier recensement agricole
(MPARA, 1988) et deux études régionales (FOFIFA, 1995 et AIRD, 1993). Cette délimitation
est légèrement différente de celle développée dans le PADR et adoptée par les GTDR. Douze
monographies régionales avaient été préparées en 1999 et éditées en 2001 par le Ministère
de l’agriculture pour faciliter la conception des plans de développement régionaux. En 2003,
le Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche a révisé, complété et mis à jour les
anciennes versions, avec le concours de certains projets et départements ministériels ainsi
que des équipes des directions régionales, et avec l’appui de l’UPDR. Suite au nouveau
découpage en vigueur, le nombre de D(I)RA a été porté de 12 à 18.

Ainsi, Madagascar est divisé en six régions agro-écologiques (A à F), elles-mêmes


subdivisées en 2 à 4 sous-régions, soit un total de 16 zones pour l’ensemble de
Madagascar.

23
Carte 1 - Zonage agronomique

Légende

A1 Extrême Nord

A2 Nord Est
A1
B1 Est Septentrional

N B2 Centre Est
A2
B3 Sud-Est

D3 C1 Extrême sud
F1
C2 Sud Ouest
D2
E3 D1 Ouest

B1 D2 Centre Ouest

F2 D3 Nord Ouest

E1 Moyen Ouest SUD

B2 Moyen Ouest
E2 E2
D1 CENTRE

Moyen Ouest
F3 E3
Septentrional

E1 Hautes Terres
B3 F1
Septentrionales
C2
Hautes Terres
F2
Centre

C1
F3 Hautes Terres Sud

Source : PAM, 2005.

Ce zonage, très descriptif, a le mérite de faire la synthèse des connaissances "empiriques"


et largement partagées sur les conditions du milieu physique et les caractéristiques
socioculturelles. Il reste cependant qu’en termes de sécurité alimentaire (résultats à moyen
terme), il est difficile de faire apparaître des tendances à l’échelle de ces différentes zones.
Ce zonage agro- écologique, qui multiplie inutilement les cas de figure (16 zones), nous a
semblé trop complexe alors qu’une approche centrée sur les indicateurs de résultats peut
permettre des regroupements plus nombreux et définir une typologie moins lourde.

4.2. Résultats des stratégies relatives aux moyens d’existence

Nous avons donc tenté avec Lezlie Moriniere, consultante au PAM et familière de l’approche
SIRcat/CARE, de construire un indice composite de vulnérabilité, sur la base de quatre
indicateurs issus de trois sources d’information différentes. Les quatre indicateurs (STUNT,

24
IAC, VUL, CHOC) ont été agrégés au niveau des régions et normalisés, leur somme calculée
et les régions classées par ordre de risque, la somme la plus importante ayant le plus grand
niveau de risque. Ces indicateurs sont:

• la malnutrition chronique (données de l’enquête anthropométrique SEECALINE


2004) SEECALINE/Banque mondiale, 2004. Valide au niveau des districts (n=111), Rapport
taille/âge ou (% des enfants < 3 ans avec > -2 e.t.). Nom de l’indicateur: STUNT;
• l’insécurité alimentaire chronique (tel qu’utilisé par le SICIAV, appréciation des
groupes de concertation organisés au niveau des communes, agrégés à l’échelle des
régions), Analyse FAO/SICIAV, Source: RC/ILO, 2001. Valide au niveau des communes
(n=1 385).Nom de l’indicateur: IAC;
• l’indice de vulnérabilité (indice calculé sur un jeu d’indicateurs, résultats de la
base de données SIRcat de CARE). Analyse CNS/CARE "Profil Communal, Analyse de
Risque". Source: RC/ILO 2001. Valide au niveau des communes (n=1385). L’indice
Vulnérabilité comprend: disponibilité/accès, consommation/santé, eau/assainissement,
habitat, éducation, participation communautaire, isolement. Nom de l’indicateur: VUL;
• l’indice de choc (indice calculé sur un jeu d’indicateurs de risques et aléas,
résultats de la base de données SIRcat de CARE). Analyse CNS/CARE "Profil Communal,
Analyse de Risque"". Source: RC/ILO, 2001. Valide au niveau des communes (n=1 385).
L’indice Choc comprend: chocs climatiques et environnementaux (cyclones, sécheresse,
inondation, criquets, déforestation, ensablement, etc.), chocs dûs à l'insécurité (vols de
boeufs, cambriolages, meurtres, etc.), chocs économiques/marché. Nom de l’indicateur:
CHOC;

Cette analyse fait ressortir trois niveaux de priorité et permet de regrouper les régions en
trois classes:
• Priorité 1: Vatovavy Fitovinany, Haute Matsiatra
• Priorité 2: Analamanga, Aloatra, Mangoro, Vakinakaratra, Bongolava, Atsimo
Atsinanana, Amoro’ni Mania
• Priorité 3: Atsinanana, Betsiboka

Carte 2 - Classement des provinces suivant l’indice composite de vulnérabilité

N Betsiboka
Bongolava

Alaotra Mangoro
Analamanga

Vakinakaratra Atsinanana

Amoron’i Mania
Vatovavy Fitovinany

Haute Matsiatra

Atsimo Atsinanana

Source: PAM 2005

25
Tableau 1 - Classement des provinces suivant l’indice composite de vulnérabilité

PROVINCE P REGION % POP STUNT IAC VUL CHOC RISQUE R


Fianarantsoa 2 Vatovavy Fitovinany 8,3% 55,78 19,0 0,23 0,37 4,51 1
Fianarantsoa 2 Haute Matsiatra 5,2% 61,68 8,7 0,14 0,32 2,52 2
Antananarivo 1 Analamanga 13,3% 54,26 10,1 0,04 0,32 1,88 3
Toamasina 3 Alaotra Mangoro 4,7% 50,57 10,2 0,13 0,41 1,65 4
Antananarivo 1 Vakinakaratra 7,6% 57,07 7,8 0,07 0,30 1,64 5
Antananarivo 1 Bongolava 1,9% 55,60 8,2 -0,03 0,42 1,58 6
Fianarantsoa 2 Atsimo Atsinanana 5,1% 48,22 10,5 0,20 0,37 1,47 7
Fianarantsoa 2 Amoron'i Mania 3,5% 53,00 7,8 0,10 0,38 1,28 8
Toamasina 3 Atsinanana 5,4% 49,81 7,6 0,16 0,33 0,85 9
Mahajanga 4 Betsiboka 1,8% 54,80 4,3 0,15 0,45 0,73 10
Antananarivo 1 Itasy 3,2% 56,90 2,9 0,08 0,33 0,46 11
Fianarantsoa 2 Ihorombe 1,0% 47,40 6,9 0,07 0,40 0,38 12
Toliara 5 Menabe 3,6% 37,12 11,1 0,13 0,43 0,31 13
Mahajanga 4 Sofia 6,0% 42,76 8,4 0,09 0,40 0,24 14
Toliara 5 Androy 3,7% 44,25 7,9 0,11 0,34 0,22 15
Toliara 5 Anosy 2,1% 51,07 2,5 0,08 0,33 -0,35 16
Toamasina 3 Analanjirofo 4,7% 50,16 2,7 0,10 0,32 -0,40 17
Toliara 5 Atsimo Andrefana 5,8% 43,83 4,9 0,11 0,35 -0,55 18
Mahajanga 4 Melaky 1,6% 36,20 4,8 0,19 0,45 -1,30 19
Antsiranana 7 Sava 4,8% 41,10 2,2 0,14 0,42 -1,45 20
Mahajanga 4 Boeny 3,7% 33,50 4,7 0,01 0,38 -1,89 21
Antsiranana 7 Diana 3,0% 30,02 0,9 -0,03 0,30 -3,37 22

Cette approche est intéressante à plusieurs titres. Tout d’abord, elle fait ressortir des
régions qui ne sont normalement pas dans la liste des régions considérées comme
vulnérables à Madagascar (priorité traditionnellement donnée aux zones soumises aux
catastrophes naturelles récurrentes). Il est ressorti de la réunion de présentation des
premiers résultats de ce travail et des débats qu’elle a provoquée qu’il règne une certaine
confusion entre insécurité alimentaire et pauvreté. La zone d’Analamanga, par exemple, est
réputée pour sa forte production agricole. Pourtant, il ressort de ce travail que la situation à
Analamanga est préoccupante, en particulier du point de vue de la malnutrition chronique et
de l’insécurité alimentaire chronique. Malheureusement, nous ne disposons pas
d’informations suffisantes sur les habitudes alimentaires, la diversité du régime alimentaire
et la fréquence de consommation des aliments pour parvenir à une conclusion.

Cette démarche pose le problème d’aide à la décision pour une organisation comme le PAM.
Une chose est de s’entendre sur un gradient de vulnérabilité relatif entre région, mais c’en
est une autre d’en comprendre les déterminants et de définir ainsi une stratégie
d’intervention. Cette approche trouve ses limites dans ce qu’elle n’analyse pas les causes
d’une vulnérabilité relative qu’elle réussit pourtant à quantifier.

4.3. Analyse en composante principale

Une dernière approche a consisté à choisir un nombre limité de variables


déterminantes (et disponibles) et d’en faire une analyse en composante principale.
Cette approche a été développée par l’équipe PAM/ACV de Rome: 11 variables ont
été retenues pour réaliser une analyse en composante principale qui a permis à
l’équipe PAM/ACV de Rome de regrouper les 111 districts malgaches en 12 classes.

Variables sélectionnées:
• données socio-économiques
o pluies insuffisantes: INDICE SECHERESSE; Nombre décades (10 jrs, sur 378)
où la pluviométrie est inférieure à 75%, Satellite NOAA, 1982-99
o malnutrition chronique: MALNUTRITION CHRONIQUE; Retard de croissance
(rapport taille/âge), % des enfants < 3 ans (%), SEECALINE (Banque
mondiale/INSTAT), 2004

26
o alphabétisation: ALPHABETISATION; % population sachant lire/écrire en
malagasy (%), recensement national, 1993
o insuffisance pondérale: INSUFFISANCE PONDERALE; Malnutrition modérée,
rapport poids/âge, < 3 ans (%), SEECALINE (Banque mondiale/INSTAT), 2004
o population agricole, % avec agriculture (y compris pêche/chasse) comme
activité économique principale (%), recensement national, 1993
o indice cyclonique chronique: INDICE CHRONIQUE CYCLONES; Points d'impacts
par vitesse, Météo/Ministère des transports, 1961-2000
o nombre de femmes chef de famille, FEMME CHEF DE MENAGE; % ménages
dont le chef de famille est une femme (%), recensement national, 1993
• données spatiales
o relief (GTDPO30)
o durée de la période de croissance (FAO terrastat)
o densité de population (LANDSCAN)
o couverture végétale (IFPRI)

Carte 3 - Variables socio-economiques par « cluster »

27
Carte 4 – Groupement des districts par variables SIG Parmi les 12 classes
identifiées, trois correspondent
aux centres urbains. Chacune
de ces classes est caractérisée
par la valeur des variables
sélectionnées comparées à la
moyenne:

Classe 1: zone de basse


altitude, risque cyclone élevé,
faible densité de population,
période végétative courte
Classe 2: période végétative
courte, forte proportion
d’agriculteurs
Classe 3: altitude élevée,
risque cyclonique très faible
Classe 4: altitude
Classe 5: diversité de la
couverture végétale, superficie
cultivée importante, forte
proportion d’agriculteurs
Classe 6: moyenne pour
l’ensemble des indicateurs
Classe 7: importance des
forêts,
Classe 8: moyenne pour
l’ensemble des indicateurs
Classe 9: risque de
sécheresse élevé, faible taux
d’alphabétisation, nombreuses
femmes chefs de famille
Classe 10 – 12: milieu
urbain, forte densité de
population, altitude, taux
d’alphabétisation plus élevé,
plus de femmes chefs de
famille

Ce zonage, qui tient compte à la fois des données du milieu physique et de paramètres socio-
économiques explicatifs de l’insécurité alimentaire, est séduisant car il coïncide assez bien avec les
connaissances empiriques locales. On peut y retrouver les grandes tendances qui prévalent dans le
zonage agronomique. Il rend compte (avec la prise en considération de l’altitude) de l’isolement et
de l’accès physique comme un des facteurs déterminants de la pauvreté; cela est ressorti des
discussions que l’on a pu mener avec les différentes personnes impliquées dans le secteur. Ce
zonage isole aussi les centres urbains et identifie la zone sud comme une zone à part.

Cette démarche n’avait pas pour but d’identifier des gradients de vulnérabilité mais bien de proposer
un zonage moins empirique que le zonage agronomique précédemment présenté afin de faciliter la
collecte d’informations primaires.

28
Carte 5 - Groupement des districts

29
30
5. CONCLUSIONS - RECOMMANDATIONS

Ce travail fait ressortir les limites de la situation à Madagascar où une multitude d’informations est
disponible, sans pour autant permettre de tirer des conclusions et de formuler des recommandations
en matière de sécurité alimentaire. Les différences d’échelle et d’outils d’analyse rendent l’utilisation
et l’analyse des données disponibles souvent complexes. Chaque niveau d’observation apporte des
informations spécifiques et complémentaires, mais, dans une approche de la vulnérabilité
alimentaire, les enquêtes au niveau des ménages offrent une pertinence particulière
malheureusement non disponible à Madagascar, si ce n’est au niveau des ROR dont l’exploitation
(extrapolation à une échelle administrative telle que le district) est impossible. Suivant des
approches différentes, les divers outils développés peuvent conduire à des interprétations parfois
contradictoires. L’aspect multidimensionnel de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire ouvre les
portes à un large éventail d’indicateurs, qui ne sont pas forcément tous corrélés. Un indicateur a
pour objectif de présenter une image simple et précise d’une situation donnée. Mais la sélection des
indicateurs est largement dépendante de degré d’expertise et du jugement de la personne en charge
de l’analyse.

Une étude récente4 a ainsi tenté de montrer les complémentarités et les contradictions entre les
systèmes d’information existants dans la zone sud, en comparant les séries de données couvrant
une période et une zone géographique identique. Cette étude montre qu’au niveau
microéconomique, on peut comparer les structures des capacités des ménages en fonction de leur
degré de vulnérabilité alimentaire. Au niveau méso-économique, les données disponibles permettent
la création d’indicateurs synthétiques: l’un de potentialité socio-économique des communes
(enquête ILO/Cornell University), l’autre de vulnérabilité alimentaire (données du SAP sur cinq ans).
Un indicateur d’insécurité alimentaire, provenant de systèmes d’information différents, a été défini
pour mettre en évidence leur complémentarité ou leurs contradictions et apprécier leur validité. A
titre d’exemple, la comparaison de l’appréciation du bien-être selon l’enquête ILO, le diagnostic du
SAP et l’observatoire rural d’Ambovombe montrent des tendances divergentes. En particulier, les
résultats du SAP et de ILO/Cornell University n’indiquent pas les mêmes tendances et sont mêmes
contradictoires sur plusieurs communes, ce qui pose les limites d’une enquête légère comme celle
sur les communes par rapport au dispositif plus complexe du SAP qui prend en compte une batterie
de variables.

Cette étude permet d’ores et déjà de relativiser la pertinence de certains indicateurs introduits dans
des enquêtes conduites à grande échelle et d’inciter à la prudence quant à leur usage dans la
définition des politiques de développement local.

ll est important aujourd’hui pour Madagascar d’organiser une collecte d’informations à l’échelle
nationale, au niveau des ménages, sur la sécurité alimentaire. Une évaluation plus détaillée de
l’économie locale et familiale des neuf zones décrites précédemment permettra de recommander des
axes d’intervention spécifiques au PAM. Cette enquête, en se fondant sur l’ensemble des hypothèses
de travail issues des différents systèmes d’information et études existantes (notamment les études
découlant de l’analyse des données des ROR et du recensement ILO/Cornell University), devrait
notamment permettre de mettre à jour l’analyse de l’impact des crises récentes (crise politique,
crise du riz), qui diffèrent quelque peu, dans leurs conséquences sur la sécurité alimentaire des
ménages, des catastrophes naturelles désormais familières aux acteurs du secteur de la sécurité
alimentaire à Madagascar.

4
Les approches de la vulnérabilité alimentaire dans le sud de Madagascar, Isabelle Droy et Patrick Rasolofo, Chargée de recherche –
UMR C3ED-IRD-CED –France et Economiste – UPDR Ministère de l’agriculture – Madagascar,IFRED, GRES, Universite de Bordeaux
2004.

31
ACRONYMES

AAA Action Agro Allemande


AEDES Association européenne pour le développement et la santé
CARE Cooperative for Assistance and Relief Everywhere
CFSVA Analyse de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité
CNS Conseil national de sécurité
CRS Catholic Relief Services (Service de secours catholique)
DSRP Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté
EDS Enquête démographique et de santé
EPM Enquête permanente auprès des ménages
EPP Equipe permanente de pilotage
FAO/OAA Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
FOFIFA Centre national de recherche appliquée au développement rural
GBF Groupe des bailleurs de fonds
GTC Groupes thématiques centraux
GTDR Groupe de travail de développement rural régional
IFPRI Institut international de recherche sur les politiques alimentaires
INSTAT Institut national de la statistique
MACS Matrice de comptabilité sociale
ONE Office national pour l’environnement
ONN Office national de nutrition
ORSTOM Office des Recherches Scientifiques et Technique d’Outre - Mer
PADR Plan d’action pour le développement rural
PANSA Plan d’action national pour la sécurité alimentaire
PD Pronostic définitif
PISAF Projet intégré de sécurité alimentaire dans la région de Farafanganana
PP Pronostic provisoire
ROR Réseau d’observatoires ruraux
SAP Système d’alerte précoce
SEECALINE Surveillance et éducation des écoles et des communautés en matière d’alimentation et de
nutrition élargie
SIC Système d’information communale
SICIAV Système d’information et de cartographie sur l’insécurité alimentaire et la vulnérabilité
SIE Système d’information sur l’environnement
SIG Système d’information géographique
SIM Système d’information sur les marchés
SIRCat Système d’information sur les risques et les catastrophes
SIRSA Système d’information rurale et de sécurité alimentaire
SMB Secrétariat Multi – Bailleurs
UNDAF Plan Cadre des Nations Unies pour l’Aide au Développement
UPDR Unité de politique pour le développement rural
USAID United States Agency for International Development (Agence des Etats Unis pour le
développement international)

32
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Rapport semestriel n°6, Action Agro Allemande, Juin 2002
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- Système d'Information Rurale et de Sécurité Alimentaire - Questionnaire Enquête communale
mensuelle, AEDES/PADR, Mars 2005
- Système d'Information Rurale et de Sécurité Alimentaire - Questionnaire Enquête communale
annuelle, AEDES/PADR, Mars 2005
- Système d'Information Rurale et de Sécurité Alimentaire - Bulletin n°2, AEDES / PADR, Mars 2005
- Système d'Information Rurale et de Sécurité Alimentaire - fascicule de présentation, AEDES/UE,
Jean-François Detry, Novembre 2004
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GRES, Université Bordeaux IV, Claire Gondard-Delcroix, 2005
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2004

33
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- Enquête sur les marchés ruraux 2003, MEFB, INSTAT, Février 2005
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enquête auprès des ménages 2005, MEFB, INSTAT, Mai 2005
- Enquête auprès des ménages 2002, Rapport principal, MEFB, INSTAT, Novembre 2003
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- Saisonnalité de la consommation alimentaire des ménages pauvres à Madagascar, MFE/INSTAT,
Benoit Dostie, Steven Haggblade, Josée Randriamamonjy, Février 2000
- Assistance à la mise en place d’actions pilotes dans le cadre du Programme de promotion du
système d’information et de cartographie sur l’insécurité alimentaire et de la vulnérabilité (SICIAV) -
document de projet, Ministère de l’agriculture, de l’elevage et de la pêche (MAEP)
- Stratégie de Gestion des Risques et de Protection Sociale, Ministère de la population, de la
protection sociale et des loisirs, Mai 2005
- Enquête sur la carence en vitamine A chez les femmes et les enfants et enquête sur l'anémie chez
les écoliers de 6 à 14 ans, MOST/USAID micronutrient Program, Razafiarisoa Berthine, Septembre
2001
- Rapport d’Evaluation rapide de la situation nutritionnelle, Région de l’Androy, MSF, Virginie
Razanatsoa, Philippe Cachet, Avril 2003
- Joint independent assessment and comprehensive food security and vulnerability analysis in
Madagascar, PAM, 2004
- Programme de pays établi pour Madagascar (2005-2009), PAM, 2004
- Sécurité alimentaire, atténuation des effets des catastrophes naturelles et protection de
l’environnement- Madagascar 2005-2009- Activité 2, PAM, 2004
- Opération d’urgence: Assistance aux victimes de la crise politique en zones urbaines du cyclone et
des inondations à Toamasina et de la sécheresse dans le Sud de Madagascar, PAM, 2004
- Mission Report Madagascar - Rapport Interne, PAM, Joyce Luma, Wanja and Selvi Vikan, Décembre
2004
- Compte rendu de la réunion mensuelle des intervenants du 30 janvier 2004, tenue au Sous Bureau
PAM de Fort Dauphin, PAM, Janvier 2004
- Rice Market in Madagascar 2005 - draft report, PAM, John Magnay, Olivier Jenn- Treyer, Juin 2005
- Fiche Analyse/Evaluation: EMOP 10236, PAM, Mars 2004
- Une analyse des pronostics et diagnostics du SAP, PAM - note interne, Marina Raïs, Mars 2003
- Analyse de la vulnérabilité, VAM issues Paper, MADAGASCAR, PAM - VAM, Catherine Chazaly,
Avril 2002
- Evaluation sommaire des besoins d’aide alimentaire- Androy, PAM, Djivadjee Patricia, Mai 2003
- Rapport de l'enquête nutritionnelle dans les fivondronana sinistrés par les cyclones Elita et Gafilo,
PNSAN - MENRES/SDN-MinSan-PF/ASOS/UNICEF,, Juin 2004
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Juillet 2003
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- Réseaux "Observatoires Ruraux" - questionnaire, ROR, 2004
- Réseaux "Observatoires Ruraux" - Fiches signalétiques 2000 à 2004: résultats des enquêtes du
réseau des observatoires ruraux de Madagascar campagne 2004, ROR, 2004
- Les cahiers du ROR, n°5 - Les ménages ruraux durant la campagne 2003, ROR, Décembre 2004
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SAP (base de données), SAP/AEDES, 2001
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- Commune Shocks and Asset Buffers in Madagascar - workshop on Risk and Vulnerability in Africa,
World Bank, Bradford Mills, Carlo del Ninno, and Harivelo Rajemison, 2004
- Les approches de la vulnérabilité alimentaire dans le sud de Madagascar, Isabelle Droy et Patrick
Rasolofo, Chargée de recherche – UMR C3ED-IRD-CED –France et Economiste – UPDR Ministère de
l’agriculture – Madagascar,IFRED, GRES, Universite de Bordeaux 2004

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Common questions

Alimenté par l’IA

To improve food security assessments, a methodology integrating household surveys, national censuses, and real-time data from monitoring systems should be developed. This involves creating a centralized data platform where diverse data sets are harmonized using standardized indicators. Collaborative forums and platforms for data exchange among government, NGOs, and international organizations enhance the coherence and utility of the assessments .

Rural households' vulnerability to food insecurity is significant due to outdated and unreliable agricultural data, with the last comprehensive agricultural census conducted in 1993/1994. This lack of up-to-date information prevents accurate assessments of agricultural production and food availability, crucial for understanding and addressing the food insecurity affecting these households .

The main challenges include the lack of coordination and collaboration among different partners, leading to inconsistencies. Additionally, differences in scale and the variety of analytical tools make data usage complex. Efforts are hampered by the inadequacy of current coordination mechanisms, which don't efficiently manage information systems, necessitating platforms for stakeholders to exchange information and agree on concepts .

The ILO/Cornell University census contributes substantially to food security analysis by providing detailed data at the commune level. It includes infrastructure information, production risks, and socio-economic conditions, offering a comprehensive view that informs analysis of food security issues. Despite its reliance on qualitative indicators, it remains a vital tool for understanding vulnerabilities and devising appropriate interventions .

The cyclical droughts and repeated locust invasions significantly impact agriculture in the Toliara province by exacerbating food insecurity. Droughts deplete water resources needed for crops, while locusts destroy crops, further reducing agricultural output. These events lead to severe disruptions in food production and availability, necessitating coordinated disaster response measures and long-term agricultural resilience strategies .

A household-level food security survey is necessary because existing tools, developed from diverse approaches, sometimes yield contradictory data interpretations. Household-level surveys can provide specific and complementary information crucial for accurately assessing food vulnerability, especially in light of recent crises such as political unrest and rice supply issues that impact household food security differently than natural disasters do .

Geographic targeting helps in identifying high-risk areas based on studies and forecasts published by food security monitoring organizations. This approach is crucial in directing assistance to regions with chronic food insecurity and deteriorated natural resources, aiding organizations like PAM in focusing efforts on rural communities in isolated areas with compromised infrastructure .

Participatory techniques are effective in socio-economic targeting as they involve communities in identifying vulnerable groups and tailoring interventions to local needs. These techniques consider gender issues, enhancing the relevance and acceptance of aid programs. However, their effectiveness depends on the capacity of facilitators and the willingness of communities to engage meaningfully .

The political crisis has disrupted economic activities and governance, impacting food distribution and access, while the rice crisis directly affects food prices and availability. Both crises differ from natural disasters by primarily affecting urban areas and markets, leading to a need for updated analyses and distinct response strategies to address their specific impacts on household food security .

Current food security indicators in Madagascar are limited by their insufficient focus on local and household levels. Many studies prioritize poverty analysis over specific food security indicators, neglecting structural factors affecting food consumption and utilization. This inadequacy hinders nuanced understanding of food insecurity challenges at granular levels necessary for targeted interventions .

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