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Analyse Docs Histoire

Problématique :
→ En quoi cette politique laïque provoque-t-elle des réactions divergentes et des oppositions
fortes dans la société française ?

Plan :
I. Le point de vue républicain : la laïcité comme progrès et émancipation
1. Une vision optimiste et triomphante (doc 1).
2. Un projet cohérent avec l’école laïque et la modernisation.
3. Un rejet de l’influence cléricale, perçue comme un frein à la République.
II. Le point de vue catholique : la laïcité comme menace et injustice
1. Une incompréhension et une opposition profonde (doc 2).
2. Une fidélité à l’Église face à un État jugé intrusif.
3. Une crise violente dans certaines régions très croyantes.

Tout – Prise de notes :


Introduction (Contexte + Problématique + Annonce de plan)
 Contexte historique :
o IIIe République (à partir de 1870) → volonté de construire un État fort,
démocratique, rationnel.
o Idéal républicain : liberté, égalité, laïcité.

o Laïcisation progressive (école avec lois Ferry dès 1881-1882).

o Loi de 1905 = moment clé → séparation définitive de l’Église et de l’État.

 Définition de la laïcité :
o Neutralité de l’État vis-à-vis des religions.

o Fin du financement des cultes.

o Liberté de conscience garantie à tous.

 Problématique :
→ En quoi cette politique laïque provoque-t-elle des réactions divergentes et des
oppositions fortes dans la société française ?
 Plan annoncé
I. Le point de vue des républicains : laïcité = progrès, liberté, modernité
1) Un discours républicain triomphaliste
 Document 1 : carte postale de 1905 → outil de propagande.
o Deux côtés :

 À gauche : “PERSECUTION” → monde ancien, figures religieuses sombres


(curés, évêques tristes, oppressifs).
 À droite : “ESPERANCE” → avenir lumineux, Marianne (symbole de la
République) guide vers la lumière.
o Symbolisme fort : lumière = vérité, liberté.

o Vision binaire → avant = oppression religieuse ; après = progrès républicain.

2) Une étape logique après les réformes scolaires


 Depuis les lois Ferry (1881-1882) :
o École = gratuite, obligatoire, laïque.

o Enseignement retiré des mains de l’Église.

 1905 = continuité logique → neutralité totale de l’État.


 L’objectif n’est pas d’interdire les religions mais d’en séparer la gestion de l’État.
3) Un rejet de l’Église vue comme un obstacle à la République
 L’Église perçue comme :
o Conservatrice, anti-démocratique.

o Hostile aux idées républicaines (ex : soutien des catholiques anti-Dreyfusards


dans l'affaire Dreyfus).
 Les républicains veulent un État souverain, libre de toute autorité religieuse.
 La laïcité est vue comme un moyen d’unifier le peuple sous des valeurs communes
non religieuses.

II. Le point de vue des catholiques : laïcité = menace, injustice, douleur


1) Une réaction de protestation vive et émotive
 Document 2 : Lettre de protestation (mars 1906) des membres de la fabrique de
Souvigny.
o Fabrique = gestion locale des biens de l’Église.

o Contexte : État fait l’inventaire des biens religieux → perçu comme une
intrusion.
o Ton dramatique et solennel :

 Hyperboles : "viol des droits", "condamnons", "refusons toute


participation".
 Solidarité avec le Pape (référence au décret du Vatican).
o Lettre = reflet de l’opposition active des catholiques locaux.

2) Une fidélité inébranlable à l’Église et au Pape


 Les fidèles ne reconnaissent pas la légitimité de l’État pour gérer des questions
religieuses.
 Importance de l’obéissance à l’autorité religieuse → le Pape condamne la loi → ils le
soutiennent.
 Vision de la République comme ennemie de la foi.
 Sentiment de trahison, d’atteinte à la liberté religieuse.
3) Des tensions concrètes dans les régions très croyantes
 L’application de la loi provoque :
o Émeutes, affrontements, résistances → surtout dans l’Ouest et le Sud-Ouest
(régions très catholiques).
o Paroissiens barricadés dans les églises.

o Chocs symboliques violents entre représentants de l’État et fidèles.

 Pour ces catholiques, la République ne garantit pas la liberté → elle l’écrase.

Conclusion (bilan + ouverture)


 Loi de 1905 = moment de tension intense.
o Pour les républicains → victoire idéologique, progrès, liberté de conscience.

o Pour les catholiques → violence symbolique, perte de repères, sentiment de


persécution.
 Deux visions inconciliables à l’époque.
 Aujourd’hui, la laïcité est un pilier de la République, mais elle continue à faire débat
(voile, signes religieux, etc.).
 La confrontation entre liberté individuelle et neutralité de l’espace public reste au
cœur de l’actualité.
Tout – Rédigé :
Introduction
La IIIe République, instaurée en 1870 après la chute du Second Empire, s’inscrit dans une
dynamique de transformation de la société française. L’un des objectifs majeurs des
républicains est de construire un État fort, stable et indépendant de toute influence religieuse.
Cela conduit progressivement à la mise en place d’une politique laïque, c’est-à-dire une
neutralité de l’État face aux religions. Cette laïcisation se traduit notamment par les lois
scolaires de Jules Ferry dans les années 1880, mais culmine avec la loi du 9 décembre 1905
sur la séparation des Églises et de l’État. Cette loi met fin au Concordat napoléonien,
supprime le financement public des cultes et établit une République neutre. Cependant, cette
réforme suscite des débats houleux et divise profondément la société française. Alors que les
républicains y voient une émancipation et un progrès, une partie importante des catholiques
la vit comme une attaque contre leurs croyances. En analysant les documents proposés et en
les confrontant à nos connaissances, nous verrons comment la mise en œuvre de la politique
laïque de la IIIe République suscite des points de vue différents et des oppositions : nous
étudierons d’abord la vision des républicains, avant de nous intéresser à celle des catholiques.

I. Le point de vue républicain : la laïcité comme progrès et émancipation


Tout d’abord, pour les républicains, la laïcité représente un progrès fondamental, une
conquête de la liberté de conscience. Le document 1, une carte postale de 1905, est
particulièrement révélateur de cet état d’esprit. Cette œuvre de propagande républicaine
montre deux scènes opposées : à gauche, le mot "PERSECUTION" est associé à des figures
religieuses sombres et tristes représentant les années passées ; à droite, le mot
"ESPERANCE" rayonne autour de personnages lumineux incarnant les valeurs de 1905. La
figure centrale, une femme en blanc représentant Marianne (la République), conduit les
personnages religieux vers un avenir plus lumineux. Ensuite, cette réforme s’inscrit dans un
processus plus global de construction d’une République laïque. Depuis les lois Ferry (1881-
1882), l’école est devenue gratuite, obligatoire et surtout laïque. Ces lois visaient déjà à
retirer l’instruction des mains du clergé. La loi de 1905 poursuit cette logique : elle ne
s’attaque pas à la foi, mais affirme que l’État n’a plus à gérer ou financer les religions. Enfin,
les républicains considèrent que cette séparation est nécessaire pour libérer l’État de
l’influence de l’Église, jugée conservatrice et hostile à la démocratie. À la suite de l’affaire
Dreyfus, où l’Église a soutenu les antidreyfusards, les tensions sont fortes entre les
républicains et les catholiques. Dans ce contexte, la laïcité devient un rempart contre les
forces jugées anti-républicaines. Ainsi, pour les défenseurs de la loi de 1905, cette politique
laïque est une avancée décisive pour consolider la République, garantir la paix civile, et
assurer la liberté de penser à tous les citoyens.

II. Le point de vue catholique : la laïcité comme menace et injustice


Mais à l’opposé, une grande partie du monde catholique perçoit la loi de 1905 comme une
attaque violente contre sa foi et ses pratiques. D’abord, le document 2 en donne un
témoignage éloquent. Il s’agit d’une lettre de protestation rédigée en 1906 par les membres
d’une fabrique paroissiale (un groupe de fidèles gérant les biens de l’Église locale). Les
auteurs s’opposent à l’inventaire imposé par l’État, c’est-à-dire la liste des biens religieux. Ils
dénoncent une mesure humiliante, écrivent qu’ils "refusent de participer à cet acte" et
emploient un ton dramatique pour souligner la gravité de la situation. Ensuite, cette lettre
montre à quel point les catholiques restent profondément attachés à leur foi et à leur
obéissance au pape. Le texte accuse l’État de vouloir "violer les droits de la fabrique", et
oppose la fidélité à l’Église à ce qu’ils perçoivent comme une usurpation du pouvoir spirituel
par l’État. La phrase « nous vous condamnons avec Lui » (avec le pape) montre une alliance
entre les fidèles et Rome contre la République. Enfin, cette opposition ne se limite pas à des
lettres : dans de nombreuses régions rurales, notamment dans l’Ouest et le Sud-Ouest, les
inventaires tournent à l’émeute. Des paroissiens se barricadent dans les églises, affrontent les
agents de l’État, et des violences éclatent parfois. Pour eux, cette loi n’est pas une neutralité,
mais une hostilité, une manière pour la République de s’imposer par la force et d’effacer leur
identité religieuse. Ainsi, du point de vue des catholiques, la laïcité n’apparaît pas comme une
émancipation, mais comme une forme de persécution déguisée.

Conclusion
En définitive, la mise en œuvre de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État
révèle une France divisée. Les républicains y voient un aboutissement logique des valeurs
républicaines : liberté, égalité, neutralité. Ils célèbrent une réforme pacificatrice, permettant à
chacun de croire ou de ne pas croire, sans pression religieuse. Mais pour de nombreux
catholiques, cette loi est vécue comme une rupture brutale avec leurs traditions, un
affaiblissement de leur foi, et une injustice imposée par un État hostile. L’étude des deux
documents, à travers une carte postale républicaine et une lettre catholique de protestation,
illustre parfaitement cette opposition de points de vue. Aujourd’hui encore, la laïcité reste un
principe fondamental de la République française, mais elle continue de susciter débats et
questionnements sur la place du religieux dans l’espace public.

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