Introduction
Le droit de cuissage et le droit de jambage sont des termes qui évoquent une pratique supposée du
Moyen Âge, où un seigneur aurait eu le droit de passer la première nuit avec la mariée d’un de ses
vassaux. Bien que ces termes soient ancrés dans l’imaginaire collectif, leur existence réelle en tant que
pratiques légales est largement remise en question par les historiens. Dans cet exposé dont le thèmes :
Le droit de cuissage et le droit de jambage, La question centrale est donc : “Le droit de cuissage et le
droit de jambage reflètent-ils une réalité historique ou sont-ils le produit d’une légende tenace ?” Cette
problématique nous invite à explorer non seulement les origines de ces termes mais aussi leur
signification et leur utilisation à travers l’histoire.
Pour répondre à cette question, notre travail se structurera autour de trois axes principaux : le premier,
Les origines et l’évolution des termes où nous examinerons comment les termes de droit de cuissage et
de jambage ont émergé et comment ils ont été interprétés au fil du temps.
Ensuite, le deuxième, La recherche de la vérité historique : Nous analyserons les preuves historiques
disponibles pour déterminer si ces pratiques ont réellement existé. Et enfin le troisième axes les
implications socioculturelles : Nous réfléchirons aux raisons pour lesquelles ces termes ont persisté dans
l’imaginaire collectif et aux messages qu’ils véhiculent sur le pouvoir et la sexualité.
Partie I : Origines et représentations historiques
1- Définition des termes :
1- 1- Le terme “droit de cuissage”
Il fait référence à une légende selon laquelle un seigneur aurait eu le droit d’avoir des relations sexuelles
avec la femme d’un vassal ou d’un serf lors de la première nuit de ses noces.
1-2- Le terme “droit de jambage”
Il est souvent utilisé de manière interchangeable avec le droit de cuissage, bien que certains historiens
suggèrent qu’il pourrait se référer à un droit moins intrusif, tel que le droit de passer une jambe nue
dans le lit de la mariée.
2- Premières mentions et représentations dans les textes anciens :
La première mention mythique d’une pratique similaire remonte à la culture mésopotamienne
archaïque du XVIIIe au XVIIe siècle av. J.-C., dans l’Épopée de Gilgamesh. Gilgamesh, roi divin mais
tyrannique de la cité d’Uruk, s’octroyait le droit de déflorer toute jeune fille de sa cité, un
comportement jugé néfaste par les dieux.
3- Références dans la culture populaire et la littérature :
Dans la culture populaire, le droit de cuissage a été illustré dans des œuvres telles que “Les Noces de
Figaro” de Mozart, adapté de la pièce de Beaumarchais. L’intrigue de ces œuvres tourne autour de
l’évitement du “droit” de cuissage pour dénoncer les inégalités sociales et se moquer des artifices du
droit4. Ces références ont contribué à perpétuer la légende du droit de cuissage dans l’imaginaire
collectif.
II : La réalité historique versus la légende
1- Examen des preuves historiques :
Les preuves historiques indiquent l’absence de documents antérieurs au 18e siècle attestant de
l’existence courante ou de la légalité du droit de cuissage1. Les historiens modernes sont unanimes à
rejeter l’existence de ce “droit” comme une pratique légale en Europe, le considérant plutôt comme un
mythe.
2- Analyse des travaux d’historiens :
Des historiens comme Alain Boureau ont démontré que le droit de cuissage est une fabrication, une
légende utilisée après la Révolution française pour discréditer le régime féodal. Ces travaux mettent en
lumière comment des idées fausses peuvent persister et être utilisées à des fins politiques ou sociales.
3- Confusions avec d’autres droits seigneuriaux :
Il est important de distinguer le droit de cuissage de droits seigneuriaux réels tels que le droit de
cuisson, qui était un droit de cuisson du pain dans un four communal, et le formariage, qui était un droit
payé au seigneur lors du mariage d’un serf avec une personne d’un autre fief567. Ces droits avaient une
existence légale et étaient une source de revenus pour les seigneurs, contrairement à la légende du
droit de cuissage.
III : Implications sociétales et symboliques
1- Utilisation de la légende comme critique : La légende du droit de cuissage a été utilisée après la
Révolution française pour critiquer l’Ancien Régime et la société féodale, la présentant comme barbare
et oppressive. Elle servait d’outil de propagande pour dénoncer les abus de pouvoir et la domination
masculine, symbolisant une tyrannie que la société moderne cherchait à rejeter.
2- Implications symboliques dans les luttes de pouvoir : Le mythe du droit de cuissage reflète les peurs
populaires d’un abus de pouvoir tyrannique, où les puissants exploitent leur position pour opprimer les
plus faibles. Cette légende incarne la lutte contre l’injustice et l’abus de pouvoir, et elle est souvent
interprétée comme une métaphore de la résistance contre l’oppression.
3-Influence sur la perception moderne des droits féodaux et de la subjugation des femmes : La
persistance de cette légende a influencé la perception moderne des droits féodaux, souvent perçus
comme des instruments d’oppression, en particulier envers les femmes. Elle a contribué à façonner une
image négative de la société médiévale et a renforcé la notion de la nécessité de lutter pour les droits
des femmes et contre la domination masculine
exemple
Pour donner le « bon à déposer » aux mémoires de Licence, de Maîtrise, du Master ou la thèse, certains
encadreurs abusent des étudiantes en exigeant d’elles des faveurs sexuelles.
A l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), certaines étudiantes doivent offrir un droit de cuissage pour
pouvoir soutenir leurs mémoires de fin de formation.
IV- EXEMPLES DE LA CÔTE D'IVOIRE.
La légende du droit de cuissage, bien qu’elle soit un mythe européen, trouve des échos dans les
discussions sur le pouvoir et les droits des femmes en Côte d’Ivoire. En effet, la question du pouvoir et
de l’abus de pouvoir est universelle et peut être contextualisée dans le cadre des structures sociales et
politiques ivoiriennes.
1- Critique des structures de pouvoir historiques :
En Côte d’Ivoire, la période post-coloniale a été marquée par des régimes politiques centralisés, où le
pouvoir était souvent concentré entre les mains d’une élite. La légende du droit de cuissage peut être
vue comme une métaphore des abus de pouvoir qui ont pu exister sous différentes formes dans
l’histoire du pays.
2-Influence sur la compréhension des rapports de force :
La légende souligne l’importance de la vigilance face aux abus de pouvoir, un sujet pertinent dans le
contexte ivoirien où la société civile et les organisations féministes luttent pour l’égalité des droits et
contre les violences faites aux femmes.
3- Impact sur les droits des femmes :
La Côte d’Ivoire a fait des progrès significatifs en matière de droits des femmes, avec des lois visant à
réduire la pauvreté, à promouvoir l’éducation et à protéger les femmes contre la violence. Cependant,
des défis persistent, notamment en ce qui concerne l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
dans tous les aspects de la vie sociale et économique.
CONCLUSION
En somme, en réponse à notre problématique, il est clair que le droit de cuissage et le droit de jambage
sont plus le produit d’une légende tenace que d’une réalité historique. Les preuves historiques et les
analyses des historiens ont largement démystifié ces pratiques comme des légendes, et non des faits
avérés. Cependant légende le droit de cuissage a été utilisée pour critiquer les structures de pouvoir
historiques et comment elle continue d’influencer notre compréhension des rapports de force et des
droits des femmes.
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