Chap 3 - Organisation Du Service de La Maintenance
Chap 3 - Organisation Du Service de La Maintenance
Chapitre 3
1 – LE PATRIMOINE DE L’ENTREPRISE
Tous les matériels et biens durables de l’entreprise doivent être inventoriés, classés et co -
difiés afin de constituer une nomenclature. L’apport de l’informatique peut faciliter cette tâche
(voir GMAO). Une telle nomenclature va faciliter l’établissement des budgets de maintenance, la
mise en place de plans de maintenance préventive et plus généralement des méthodes de main -
tenance. En outre, si la maintenance devait être sous-traitée, elle constituerait une bonne base
pour constituer un inventaire de départ.
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1.1 – Définitions
On appelle :
immobilisation, tout bien enregistré en comptabilité,
biens durables ou biens immobilisés, les équipements figurant à l’inventaire de l’en-
treprise,
parc matériel, l’ensemble des biens immobilisés.
Un inventaire met en évidence deux types de biens :
les biens liés à la production, dans lesquels tout arrêt ou dysfonctionnement pro-
voque une perturbation, un ralentissement ou un arrêt et en règle générale une mau-
vaise qualité de la production ; ils concernent la maintenance industrielle proprement
dite ;
les biens indépendants de la production, dans lesquels une défaillance n’a pas d’in-
cidence sur la production ; ils concernent la maintenance dite « immobilière ».
On voit apparaître ici la notion d’arborescence qui permet d’aller du plus général au plus simple.
Cette notion sera reprise par la suite pour tout équipement.
A) Equipements de production
C’est le matériel directement en rapport avec la fabrication et qui donne la valeur ajoutée
au produit ou au service fabriqué. C’est la cible naturelle de la maintenance.
D) Responsabilités
Suivant la structure de l’entreprise, les responsabilités peuvent être partagées :
dans une grande entreprise, la maintenance industrielle et la maintenance immobilière
seront des services distincts,
dans une PME, il n’y aura peut-être qu’un seul service.
Il appartiendra donc à chaque responsable de mettre en place son propre inventaire, fonc -
tion de la topographie de l’entreprise et de son organigramme.
Un exemple d’organigramme est donné figure 3.4. Ce n’est qu’une possibilité, chaque di-
recteur technique étant libre de l’organiser selon sa propre conviction. Il fait apparaître par contre
des fonctions indispensables pour que la fonction Maintenance soit efficace.
3.21 - Rôle
C’est la fonction qui permet la préparation des travaux de maintenance. Elle comprend :
1. l’analyse et/ou les études des travaux à effectuer y compris les améliorations possibles
(plans de graissage, de maintenance préventive, etc..),
2. la synthèse de cette analyse, c’est à dire la préparation des interventions,
3. l’ordonnancement,
4. le contrôle de la réalisation sachant que la réalisation est confiée à une équipe «ter-
rain»,
5. la mise à jour des dossiers techniques et des normes,
6. la gestion économique de l’activité maintenance,
7. l’assistance technique.
L’ordonnancement sera traité dans le paragraphe suivant. La préparation consiste à définir un
découpage de la tâche à accomplir par une décomposition en phases de travail. Chaque phase
de travail prend en compte :
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C’est de diminuer le plus possible les coûts de maintenance tout en maintenant le maxi -
mum de qualité de service :
réduire au minimum les temps d’immobilisation ou d’arrêt de l’outil de production (ré-
duction du coût indirect),
réduire les temps d’intervention (réduction du coût direct),
réduire le stock de pièces nécessaires,
répondre aux besoins des utilisateurs (qualité des prestations),
améliorer les conditions de travail et de sécurité, utiliser au mieux les compétences.
La fonction Ordonnancement, bien que faisant partie des « méthodes maintenance » mé-
rite un paragraphe à part. Elle est souvent négligée, et c’est dommage, car elle permet l’interven -
tion optimale, à l’heure H et avec tous les moyens nécessaires : personnel, outillage, préparation,
dossier technique, consignes de sécurité, moyens spéciaux (appareils de levage, échafaudage,
etc..), pièces de rechange. Elle permet également :
de faire la comparaison entre les besoins et les moyens,
de prendre en compte les délais d’approvisionnement et de mise à disposition (pièces
de rechange, outillages spéciaux, etc..,
de prendre en compte les servitudes (arrêt de fabrication, sécurité, etc..),
de prendre en compte les capacités de charge du personnel de maintenance et donc
de faire appel à la sous-traitance si nécessaire.
La figure 3.5 donne le positionnement de la fonction ordonnancement par rapport aux autres
fonctions.
Moyens pour réaliser l’ordonnancement
répertoire d’enregistrement et de suivi des travaux,
dispositif d’enclenchement et de suivi de la maintenance préventive,
analyse de la charge prévisionnelle (outil de gestion des moyens de maintenance desti -
né à réduire les coûts en optimisant les effectifs en nombre et en spécialité, en définis-
sant la meilleure adéquation besoins - moyens, en prévoyant au besoin la sous-trai-
tance),
fichier stock des pièces de rechange,
dispositif de déclenchement et de suivi des approvisionnements.
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Depuis ces dix dernières années, on remarque, dans les entreprises qu’elles soient de
production ou de service, un important mouvement d’externalisation qui va en s’accélérant dans
beaucoup de domaines :
logistique de distribution (magasinage, gestion des commandes, transport, etc..),
fonctions administratives (paie, facturation, comptabilité, etc..),
informatique de gestion (matériels et logiciels),
et bien sûr la maintenance industrielle.
Domaines En %
Climatisation – Chauffage 69,5
Téléphonie 69,5
Entretien des espaces verts 68,5
Nettoyage des bâtiments 67,4
Electricité bâtiment 61,0
Peinture 57,9
Chaudronnerie – Tuyauterie – Soudage 57,5
Robinetterie – Plomberie 55,8
Electronique 46,7
Mécanique générale 45,6
Electricité industrielle - Electromécanique 42,5
Instrumentation 38,6
Automatismes – Informatique industrielle 36,8
Pneumatique - Hydraulique 27,0
Ce n’est plus un effet de mode, mais une volonté réelle inscrite dans la stratégie des en -
treprises. La pétrochimie s’y est engagée depuis longtemps, mais derrière d’autres suivent. Une
enquête effectuée en 2002 en France par l’ADEPA et portant sur 305 entreprises industrielles, a
permis de cibler les domaines sous-traités par les entreprises industrielles.
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Sur le tableau figure 3.6, on remarque que les entreprises ont répondu massivement sur
les activités et les compétences hors du champ des équipements de production, c'est-à-dire la
maintenance immobilière. La maintenance industrielle reste le périmètre d’intervention que les
entreprises souhaitent maîtriser en interne. Parmi les domaines les moins sous-traités, on notera
la tendance à augmenter la sous-traitance de la mécanique générale qui représente encore au -
jourd’hui une part importante dans la maintenance des industries de process. Les raisons sont la
raréfaction des compétences et les investissements lourds en machines-outils.
Au Sénégal, ce n’est pas tout à fait le même problème. En effet les compétences existent
en interne dans les domaines de la maintenance immobilière, et pour des raisons sociales, on ne
supprimera ces postes de travail qu’au départ en retraite des techniciens. On pourra ensuite ex -
ternaliser cette maintenance. Par contre, les compétences en maintenance industrielle manquent
d’où la nécessité d’externaliser (figure 3.7).
Domaines En %
Parc véhicules 45,5
Mécanique générale 41,9
Chaudronnerie – Tuyauterie – Soudage 38,9
Electricité industrielle - Electromécanique 33,3
Climatisation - Chaudière 32,1
Instrumentation 24,1
Pneumatique - Hydraulique 17,2
Automatismes – Informatique industrielle 13,3
Electronique 4,8
3.5 – Conclusion
La structure d’un service maintenance n’est pas quelque chose de figé. La taille de l’entre-
prise, sa culture, ses habitudes sont des facteurs influents sur cette structure. En fait, encore au-
jourd’hui, on distinguera cinq cas1 de figure.
A – Il n’y a pas de service maintenance identifié
La maintenance est alors assurée par les opérateurs de production à titre secondaire.
C’est le cas dans de nombreuses PMI où la faiblesse des effectifs conduit à ce qu’il n’y ait pas de
service Maintenance. Notons que dans 80% des PMI, il n’y a pas de responsable maintenance
identifié.
B – Service maintenance réduit à une personne
Quelle que soit sa qualification, cette personne assume toutes les tâches (de celles du
responsable maintenance à celles de l’opérateur maintenance). C’est le cas dans les TPE.
C – Petite équipe maintenance
C’est souvent une équipe de trois personnes (un responsable et deux agents de mainte-
nance). Le responsable réalise globalement les mêmes activités que les agents, mais en plus as-
sure la gestion du service.
1
Identifiés par l’AFIM (Association Française des Ingénieurs et responsables de Maintenance)
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Un petit service maintenance comprend environ vingt personnes. Il est dirigé par un res -
ponsable qui n’intervient techniquement que dans les cas exceptionnels. Il supervise trois fonc -
tions :
fonction méthode/ordonnancement (une personne),
le magasin d’outillage et de pièces détachées (une personne),
la fonction réalisation, divisée en deux équipes (électricité et mécanique).
L’usine est divisée en secteurs et chaque secteur a son responsable maintenance. C’est
l’exemple typique des usines de construction automobile (secteur carrosserie, secteur peinture,
etc..). Dans chaque secteur, on retrouve l’organisation précédente : fonctions réalisation, mé-
thodes, ordonnancement. On trouve également un magasin central mais aussi certaines fois un
atelier central pour des opérations délicates de niveau 3 ou 4. Les PME/PMI doivent peut-être ré -
fléchir sur cette forme de structure.
4.1 - Généralités
La revue « Usine Nouvelle » donne un certain nombre d’indications sur les métiers de la
maintenance en règle générale. Le tableau 3.9 donne par exemple le degré d’implication du ser-
vice maintenance selon les branches d’activité.
Activités Pourcentage
Mécanique, Electromécanique 24%
Chimie 16%
Sidérurgie 14%
Electricité, Electronique 7%
Agro-alimentaire 5%
Constructions automobiles 4%
BTP 4%
Notons toutefois que des secteurs comme l’agroalimentaire, la chimie, les télécommunica-
tions sont en pleine mutation. Ces chiffres devraient donc évoluer dans un avenir proche.
Toutes les entreprises cherchant à améliorer leurs performances, les maintenanciers ou
mainteniciens ont leur place partout, tous secteurs d’activités confondus. Les métiers ont beau-
coup évolués depuis quelques années et cette évolution risque d’être encore plus marquée dans
un futur proche. Notons aussi qu’à côté de la maintenance industrielle, il existe aussi la mainte -
nance de parcs d’engins de transport, de l’immobilier, d’infrastructures comme les hôpitaux, qui
représentent un volume d’emplois aussi important que la maintenance industrielle. On peut donc
dire que les techniciens de maintenance ont un bel avenir devant eux.
Il n’est pas question ici de décrire tous les secteurs industriels mais de donner quelques
exemples qui permettent de montrer que la maintenance demande des compétences à tous les
niveaux de formation.
A – Maintenance aéronautique
Dès la phase simulation et maquette, les ingénieurs de maintenance interviennent. Pour
cela, ils sont intégrés aux bureaux d’études et aident à choisir des solutions les mieux adaptées à
la maintenance des matériels (démontages, échanges de pièces, étude de criticité, mise au point
de plans de maintenance préventive, etc..).
B – Maintenance « grand public »
Les sociétés de type « SOS dépannage » ont besoin d’ouvriers qualifiés et de techniciens
capables de remettre en bon état de fonctionnement tout matériel d’équipement, de conservation,
de chauffage, de distribution de fluides, etc.. Une enquête diligentée en 2001 au Sénégal montre
que la situation est même devenue critique, car les entreprises se plaignent de la sous-qualifica-
tion des opérateurs dans ce domaine. En France, on n’hésite pas à dire qu’un bon plombier a
« de l’or dans les mains » s’il sait aussi gérer son travail et sa trésorerie ! Cela signifie qu’un tra-
vail de méthodes s’ajoute naturellement à l’aspect matériel et technologique. La profession étend
également ses débouchés vers les contrats de maintenance (sous-traitance) et vers le secteur
SAV (Service Après Vente).
C – Maintenance des industries automobiles
L’industrie automobile est une industrie en pleine mutation tant du point de vue technolo-
gique que des métiers qui l’accompagnent. La robotique a bouleversé le paysage des emplois et
des formations, et la maintenance y a trouvé sa juste place : de l’opérateur conduisant sa ma-
chine (TPM) à l’ingénieur, en passant par le technicien supérieur responsable de la maintenance
d’une chaîne de production et de toute une équipe d’opérateurs. Le service maintenance est le
partenaire à part égale du service de production, l’idéal étant d’intégrer complètement la mainte -
nance à la production. Des nouveaux métiers y sont nés : méthodes, ordonnancement, gestion
des coûts, etc..
D – Secteur agroalimentaire
Voici un secteur innovant où tout ou presque est encore à faire, car ce secteur est sou -
vent issu de petites entreprises familiales. Une réglementation européenne sur les produits ali -
mentaires très stricte et la nécessité d’être certifié ISO 9000 font que ces industries sont deman -
deuses de compétences en maintenance, métrologie, sécurité alimentaire. Au Sénégal, les entre-
prises de ce secteur (conserveries, etc..) ont du se mettre à niveau il y a quelques années sous
peine de perdre leurs parts du marché européen.
Management de la Maintenance Industrielle – Chapitre 3 – [Link] – Dakar – Juin 2003 51
4.31 - Définitions
En France, les niveaux de formation sont homologués à la fois par l’Education Nationale
et par les conventions collectives (circulaire Education Nationale n°67-300 du 11 juillet 1967, dé -
cision de la Commission Technique d’homologation des titres et diplômes de l’enseignement
technologique du 15 septembre 1987). Ils sont au nombre de 6, du plus haut (niveau I) au plus
bas (niveau VI).
Niveau I : personnel occupant des emplois exigeant normalement une formation de ni-
veau égal ou supérieur à celui de la maîtrise ou des écoles d’ingénieurs.
Niveau II : personnel occupant des emplois exigeant normalement une formation de ni-
veau égal ou supérieur à celui de la licence ou de la maîtrise.
Niveau III : personnel occupant des emplois exigeant normalement une formation de ni-
veau DUT ou BTS et de fin de premier cycle de l’enseignement supérieur.
Niveau IV : personnel occupant des emplois de maîtrise ou possédant une qualification
d’un niveau équivalent à celui d’un baccalauréat technique ou de technicien, et du brevet
de technicien.
Niveau V : personnel occupant des emplois exigeant normalement un niveau de formation
équivalent à celui du BEP ou du CAP.
Niveau V bis : personnel occupant des emplois supposant une formation courte d’une du-
rée maximale d’un an conduisant au certificat d’études professionnelles ou à toute attesta -
tion de même nature.
Niveau VI : personnel occupant des emplois n’exigeant pas de formation allant au delà de
la fin de la scolarité obligatoire.
Il existe une relation directe entre niveaux de formation et qualification. Les qualifications
varient selon le type de convention collective :
ingénieurs et cadres : niveaux I et II,
techniciens supérieurs, agents de maîtrise : niveau III
techniciens : niveau IV,
ouvriers professionnels : niveau V.
La maintenance demandant une technicité de plus en plus importante, il est évident que
l’on demande au minimum un niveau baccalauréat (technologique ou professionnel) chez les
jeunes, donc un niveau IV. Toutefois, les personnels de niveau V ayant acquis de l’expérience,
peuvent, grâce à celle-ci et à l’apport de la formation continue, prétendre au niveau IV. Mais il est
clair que les emplois correspondant à des formations de niveau V sont et seront en diminution à
cause :
du manque de polyvalence de ces diplômés,
de la prise en charge des niveaux de maintenance 1 et 2 par les opérateurs de pro-
duction,
des systèmes d’auto-test des équipements, de la tendance à remplacer des équipe -
ments complets, de l’augmentation de la fiabilité des machines qui diminuent le vo -
lume des opérations de maintenance.
Au cours de sa vie professionnelle, le personnel technique d’une entreprise peut faire vali-
der ses acquis professionnels par un organisme de formation accrédité. Il lui sera donc plus facile
de prétendre à un changement de niveau soit par promotion interne, soit en changeant d’entre-
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prise (mobilité). Enfin, notons qu’il n’existe pas à ce jour de convention collective spécifique à la
maintenance.
Au Sénégal, une enquête diligentée en 2001 a donné la répartition des qualifications de la
figure 3.10. On constatera que la majorité des salariés sont de niveau CAP/BEP ou formés sur le
tas.
Figure 3.10 – Répartition des qualifications dans les entreprises sénégalaises (2001)
Toutefois, l'enquête montre que les services Maintenance vont fortement évoluer dans les
5 années à venir (figure 3.11), d’une part à cause de nombreux départs en retraite, mais aussi en
raison d’embauches supplémentaires (figure 3.12).
Figure 3.12 – Compensation des départs en retraite et embauches dans les 5 ans
Management de la Maintenance Industrielle – Chapitre 3 – [Link] – Dakar – Juin 2003 53
Mieux et même si la composition du service Maintenance reste stable, les départs seront
compensés par des recrutements de niveau minimum bac technique, mais surtout DUT/BTS, les
entreprises précisant qu’elles préfèrent plutôt cette dernière solution (figure 3.13) à cause essen -
tiellement de l’augmentation de la technicité des équipements de production. On constate aussi
le peu de demande en cadres (ingénieurs). Cela signifie donc que les besoins de formation en
Maintenance Industrielle se situent au niveau DUT/BTS.
Les métiers de la maintenance sont présentés le plus souvent sous la forme hiérarchique
suivante :
responsable maintenance,
agent de maîtrise maintenance,
technicien de maintenance,
agent de maintenance.
Le responsable maintenance assure la rentabilité de l’activité qu’il dirige et veille à son
amélioration (ce qui peut conduire à externaliser certaines tâches). Sa responsabilité est entière
(technique, économique, sociale et politique).
L’agent de maîtrise dirige une équipe de techniciens et d’agents de maintenance, dans un
cadre défini de coûts et de délais.
Le technicien de maintenance apporte par ses interventions de terrain des solutions tech-
niques dans un cadre économique défini (coûts et délais) ou propose des améliorations technico-
économique par un travail d’études. Il n’a généralement pas de responsabilité hiérarchique.
L’agent de maintenance réalise des actes techniques et apporte des résolutions tech-
niques dans un délai défini.
Les deux derniers métiers se distinguent par leur niveau de technicité. Le niveau de tech -
nicité du technicien est reconnu plus élevé que celui de l’agent de maintenance ; il peut occuper
une fonction d’étude.
B. Compétences et activités
Le responsable maintenance détient les différentes expertises nécessaires à l’accomplis-
sement de sa mission. C’est un homme polyvalent tant du point de vue technique qu’écono-
mique. Techniquement, il a une connaissance minimale des technologies des matériels à mainte-
nir (électricité, mécanique, hydraulique, automatismes, instrumentation, informatique, etc..). Il
connaît les méthodes et techniques de la maintenance (fiabilité, pathologie des défaillances, mé -
thodes de diagnostic, normes, sécurité, etc..). C’est aussi un manager capable de gérer un bud-
get et des ressources humaines. Il doit donc savoir communiquer.
B1 – Activités organisationnelles
réaliser les états des lieux quantitatif et qualitatif,
établir le programme prévisionnel de maintenance dans le respect du budget,
mettre au point et optimiser les procédures de maintenance et assurer la sécurité
des interventions,
diriger et suivre les travaux d’entretien et de dépannage, intervenir en cas de
panne difficile,
expertiser les défaillances afin de proposer des améliorations,
optimiser la facilité des interventions sur les équipements,
superviser la bonne tenue de la documentation maintenance,
appliquer les prescriptions techniques (normes et réglementations).
B2 – Activités économiques
gérer un budget et sa capacité d’investissement en matériels de maintenance et
d’investigations, mais aussi formation et recrutement,
rédiger des cahiers des charges, négocier des contrats de sous-traitance,
justifier la rentabilité financière de son service en utilisant des indicateurs et ta-
bleaux de bord propres à la maintenance,
effectuer ou superviser les calculs de coût des projets afin de rechercher les solu -
tions les plus rentables.
B3 – Activités relationnelles
animer, diriger et motiver les équipes et les hommes de son service,
sensibiliser et former le personnel à la maintenance des équipements et des ins-
tallations,
veiller au niveau de compétence des équipes,
manifester des qualités d’écoute, de négociation et de diplomatie dans ses rap -
port avec la production ou le client s’il est prestataire,
organiser et accompagner la prise en charge de la maintenance de premier niveau
par les opérateurs de production dans le cas de la mise en place de la TPM.
B4 – Activités décisionnelles
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B. Compétences et activités
L’agent de maîtrise est responsable d’une équipe, soit propre à un site, soit spécialisée.
La taille de l’équipe peut varier, de deux à plusieurs dizaines de personnes. Selon l’organisation
du service, l’agent de maîtrise peut être amener à décider, gérer des relations contractuelles avec
des sous-traitants ou fournisseurs et stimuler ses hommes. S’il encadre des hommes, il sait aussi
« mettre la main à la pâte ». S’il n’est pas un expert technologique, sa polycompétence est cer-
taine. C’est lui-même un intervenant technique de qualité, maîtrisant techniquement les activités
de son équipe et apportant si possible ses compétences personnelles face à des interventions
délicates. De plus en plus, on attend d’un agent de maîtrise en maintenance qu’il allie à ses com -
pétences techniques des qualités de manager et de gestionnaire technico-économique.
B1 – Activités techniques
organiser les interventions de maintenance corrective ou préventive en planifiant et
en fixant les priorités,
gérer la maintenance d’équipements et d’installations,
contrôler en assurant le suivi, le déroulement des opérations du service,
participer aux modifications de machines ou aux installations nouvelles.
B2 – Activités organisationnelles
Management de la Maintenance Industrielle – Chapitre 3 – [Link] – Dakar – Juin 2003 56
B. Compétences et activités
Un technicien peut n’avoir à exercer qu’une partie des activités énoncées ci-dessous, leur
poids pouvant différer d’un poste à l’autre. L’évolution des activités prises en charge peut consti-
tuer un parcours professionnels intéressants pour celui qui aspire à la maîtrise. On distingue deux
grands profils de poste :
poste opérationnel privilégiant les fonctions d’action (fonction réalisation),
poste privilégiant les fonctions d’études et/ou de méthodes (fonction méthodes).
On confie à un technicien la responsabilité d’un équipement ou d’un ensemble d’équipe -
ments. Il doit donc en maîtriser la technologie souvent pluritechnique. Il doit connaître également
Management de la Maintenance Industrielle – Chapitre 3 – [Link] – Dakar – Juin 2003 57
B1 – Activités techniques
Pour un poste opérationnel :
assurer les interventions de maintenance corrective ou préventive des matériels et
installations,
localiser et diagnostiquer les pannes, les anomalies,
réparer par remise en état les pièces, éléments, matériels à partir de référentiels
d’intervention,
contrôler le fonctionnement après intervention,
rendre compte par écrit de l’intervention,
participer à la modification d’équipements,
participer à l’installation, les essais et le démarrage d’équipements nouveaux.
S’il occupe un postes d’études ou de méthodes :
faire des préconisations visant à identifier la cause de défaillances répétitives, à
proposer un remède (modification d’une partie de l’installation), à améliorer la facili -
té d’intervention sur les équipements (maintenabilité), leur sécurité, leur perfor-
mance et à perfectionner les méthodes de maintenance,
rédiger tout ou partie de la documentation technique relative à la maintenance des
équipements (dossier technique d’équipement),
mettre en place les procédures d’intervention à partir de l’étude des historiques
d’intervention (analyse des temps passés, repérage des degrés de risque de dé -
faillance, fréquences d’intervention, etc..),
plus rarement mettre en place des systèmes de télésurveillance en réalisant la
conception, le dessin technique, en définissant le dispositif de contrôle/commande
associé et en réalisant le dossier de fabrication ; il choisira les matériels, sélection-
nera les propositions des fournisseurs, veillera à la réception des composants, à
l’installation/câblage et aux essais.
B2 – Activités administratives et documentaires
Le technicien de maintenance est chargé de la tenue des données documentaires des
équipements dont il assure la responsabilité maintenance :
compte-rendus d’intervention,
mise à jour des historiques, collecte des temps passés et des pièces de rechange
utilisées,
participation à la mise à jour du dossier technique d’équipement.
C. Compétences associées :
maîtrise de l’anglais technique,
connaissances informatiques (tableur, bases de données, traitement de texte).
B. Compétences et activités
La maintenance étant par vocation pluritechnique, il existe plusieurs métiers à l’intérieur
du métier lui-même d’agent de maintenance :
spécialistes des parties opératives (mécaniciens, hydrauliciens, pneumaticiens),
l’agent de maintenance pouvant être très spécialisé ou alors plus ou moins compétent
dans chacune des spécialités,
spécialistes des parties commande des machines (API, asservissements) ayant pour
connaissance initiale l’électricité ; on trouvera donc des électricien, des électrotechni-
ciens (traitement de l’énergie) ou des électromécaniciens (spécialiste des moteurs),
automaticiens ; là aussi, l’agent peut être très spécialisé dans une discipline ou alors
avoir une culture plus large.
Au cours de ces dernières années, la tendance a été d’augmenter le nombre d’électri -
ciens/automaticiens, les parties commande ayant pris beaucoup d’importance. Ceci dit, un bon
agent de maintenance, quelque soit sa spécialité doit être capable d’appréhender autant les pro-
blèmes mécanique qu’électriques et être habilité si besoin est.
B1 – Activités techniques
surveillance et intervention préventive,
dépannage, réparation,
essais et mise en service,
modifications d’équipements sous contrôle d’un technicien eu agent de maîtrise.
C. Compétences associées
aptitude à s’appuyer sur une documentation technique,
Management de la Maintenance Industrielle – Chapitre 3 – [Link] – Dakar – Juin 2003 59
Ils sont préparateurs donc ils n’ont pour seule raison d’exister que l’aide au personnel de
terrain qu’ils sont susceptibles d’apporter, à la fois en préparant certaines interventions mais aus -
si en allant plus loin dans les analyses, indispensables à une maintenance moderne qui doit
tendre vers le zéro panne. Les méthodistes (certains sont aussi appelés fiabilistes) prennent en
charge :
les études de fiabilisation des équipements,
les études de type AMDEC (Analyse des modes de défaillances, leurs effets et leurs
criticités),
les standardisations des composants,
les règles de gestion des pièces de rechange en magasins,
les cahiers des charges de maintenabilité, etc.
Ils ont en charge la partie réflexion de la maintenance moderne. Ils ont souvent recours à la
GMAO (Gestion de Maintenance Assistée par Ordinateur) et s’inspirent de méthodes modernes
de management de la maintenance : TPM (Maintenance productive Totale), MBF (Maintenance
Basée sur la Fiabilité), MCG (Maintenance basée sur le Coût Global), etc..
Le changement des mentalités et des attitudes des personnels est bien le point le plus im -
portant pour mettre en œuvre une maintenance moderne basée sur la réflexion et la gestion. En
effet, il faut tenir compte à la fois du savoir-être, du savoir-faire et du savoir technique.
A - Le savoir-être
Le savoir-être englobe toutes les attitudes d’une personne dans ses relations avec
d’autres individus ou bien face à des problèmes. Elles caractérisent différents types de profils :
le formateur,
l’homme de contacts et d’échanges,
le meneur d’hommes,
l’animateur de groupe, de réunions,
l’organisateur,
le réactif,
l’homme de sécurité,
le fiabiliste.
B - Le savoir-faire
Le savoir-faire est la résultante entre le savoir de base (technique) et l’expérience. Plus
ce savoir-faire est élevé, plus la personne de maintenance sera considérée comme bonne techni-
quement. Le savoir-faire s’applique au :
contrôle,
réglage,
montage,
diagnostic d’intervention,
conduite de chantier,
collecte d’informations,
formulation,
exploitation de l’information,
résolution de problèmes,
planification.
C - Le savoir technique
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C’est le savoir de base qui est inculqué lors des études (formation initiale) et en formation
continue.
Génie Mécanique
connaissance du travail de base des métaux,
connaissance approfondie en techniques de montage, assemblage de précision,
connaissance de base en lubrification,
usinage,
usinage des pièces mécaniques sur machines outils conventionnelles ou/et ma-
chines outils à commande numérique (MOCN).
Génie Electrique
connaissance approfondie des lois de l’électricité industrielle, des règles de prépa -
ration de chantiers, de la maîtrise des modes de raisonnement liés au diagnostic
des incidents électriques ainsi que des règles de sécurité électrique et des procé-
dures de consignations et déconsignations des installations électriques en BT, MT
et HT.
connaissance des règles de séquences d’un automatisme et l’aptitude à la lecture
et à la compréhension de schémas de type GRAFCET ou synoptiques,
connaissance approfondie des mécanismes de régulation et d’asservissement.
Métrologie
connaissance des outils de contrôle dimensionnel,
connaissance des procédés et techniques de contrôle dimensionnel non descriptif.
Processus
Pour assurer un suivi du processus, il faut en avoir la connaissance de base :
dessin industriel et technique,
connaissance des techniques graphiques, maîtrise des plans d’ensemble, calculs
de structure et dessin assisté par ordinateur (DAO).
Autres savoirs
calculs mathématiques,
calculs statistiques,
analyses des coûts,
techniques d’expression (compte rendu d’intervention, rapport, présentation de
projet),
anglais technique.