Dpmilitaire 060549
Dpmilitaire 060549
« UNIGOM »
BP : 204 GOMA
-AGANZE MUDUMBI
-SAFI PILIPILI
Le droit à un procès équitable constitue l’un des piliers de l’État de droit. Parmi les garanties
essentielles qui s’y rattachent figure le droit d’être jugé dans un délai raisonnable.
En RDC, ce principe s’applique aussi devant les juridictions militaires, lesquelles doivent
concilier la spécificité de la justice militaire avec les exigences du procès équitable.
Les juridictions militaires sont régies par le Code pénal militaire (Loi N°024 /2002 du 18
novembre 2002). Ce texte, bien qu’antérieur à la Constitution de 2006, reste en vigueur et
prévoit des règles de procédure. Il ne contient pas une disposition expresse sur le délai
raisonnable, mais ses articles 101 et 102 imposent aux magistrats militaires de se conformer à
la loi et à la Constitution, incluant donc les principes du procès équitable sans exclure les
civils du châtiment en raison de la qualité. 2
L’un des principaux freins à la célérité devant les juridictions militaires en RDC réside dans
l’insuffisance des ressources. Beaucoup de juridictions sont confrontées à un sous-effectif de
magistrats, à l’absence d’infrastructures adéquates et à des difficultés de déplacement sur le
terrain.
1
Art.19 al 2 de la constitution de la RDC du 18 février 2006 telle que modifiée en 2011.
2
Loi N°024 /2002 du 18 novembre 2002 portant code pénal militaire
Plusieurs rapports dénoncent des cas de détention préventive prolongée, notamment dans les
prisons militaires. L’absence de respect des délais de jugement est souvent due à la lenteur des
enquêtes, à l’indisponibilité des juges ou à la négligence procédurale.3
L’article 14, paragraphe 1 du PIDCP, ratifié par la RDC, dispose que toute personne a droit à
ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal compétent,
indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera soit du bien-fondé de toute accusation
en matière pénale dirigée contre elle, soit des contestations sur ses droits et obligations de
caractère civil. Le huis clos peut être prononcé pendant la totalité ou une partie du procès soit
dans l'intérêt des bonnes mœurs, de l'ordre public ou de la sécurité nationale dans une société
démocratique, soit lorsque l'intérêt de la vie privée des parties en cause l'exige, soit encore
dans la mesure où le tribunal l'estimera absolument nécessaire lorsqu'en raison des
circonstances particulières de l'affaire la publicité nuirait aux intérêts de la justice; cependant,
tout jugement rendu en matière pénale ou civile sera public, sauf si l'intérêt de mineurs exige
qu'il en soit autrement ou si le procès porte sur des différends matrimoniaux ou sur la tutelle
des enfants.4.
Ce droit est absolu et ne souffre d’aucune dérogation, même en cas d’état d’urgence. Le
Comité des droits de l’homme des Nations Unies, dans son Observation générale n°32,
précise que le délai raisonnable s’évalue au cas par cas, en fonction de la complexité de
l’affaire, du comportement des parties et de celui des autorités judiciaires. 5
3
Rapport annuel de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC), 2022, p.37-39.
4
Pacte international relatif aux droits civils et politiques, art. 14(1), ratifié par la RDC le 1er novembre
1976.
5
Comité des droits de l’homme, Observation générale n° 32, CCPR/C/GC/32, 2007.
L’article 10 de la DUDH consacre le droit à un procès public et équitable dans un délai
raisonnable. Bien que non contraignante juridiquement, cette Déclaration constitue une norme
de référence en matière de droits fondamentaux.
L’article 7 point G de la Charte africaine garantit le droit à être jugé dans un délai raisonnable.
Ce texte s’applique aussi aux juridictions militaires, comme l’a reconnu la Cour africaine des
droits de l’homme et des peuples, notamment dans l’affaire Ukenye v. Bénin (2020),
soulignant que les justiciables militaires ont droit aux mêmes garanties que les civils. 6
6
Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, Affaire Ukenye v. Bénin, arrêt du 5 juin 2020.
7
Commission africaine des droits de l’homme, Communication 223/98 (Forum of Conscience v.
Sierra Leone), 2000.
CONCLUSION
En conclusion, le droit d’être jugé dans un délai raisonnable constitue une garantie
fondamentale du procès équitable, mais sa mise en œuvre devant les juridictions militaires
congolaises demeure problématique. Comme le souligne Marcel Wetsh’okonda, ces
juridictions oscillent entre deux extrêmes : des procédures expéditives qui compromettent les
droits de la défense, et des procédures excessivement lentes qui prolongent indéfiniment
l’attente du justiciable. Cette dichotomie illustre l’urgence d’une réforme structurelle et
fonctionnelle de la justice militaire en RDC afin d’assurer un équilibre entre efficacité,
diligence et respect des droits fondamentaux.UNIVERSITE DE GOMA
“UNIGOM”
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
“ESU”
B.P 204 GOMA
Présenté par :
1. MURHULA BAKULIKIRA Vianney
2. YOWA WA YOWA Béryl
3. MAHORO MPONGE Abigaël
ANNEE ACADEMIQUE
2023-2024
INTRODUCTION
8
T. KAVUNDJA MANENO, TOME I. Organisation et compétence judiciaires, Droit judiciaire congolais, 2014,
P. 3
Chap.1. LES CAUSES DE L’ABSENCE DE CONTROLE JUDICIAIRE
Section 1er Les causes de l'absence de contrôle judiciaire militaire en droit congolais
En outre, En RDC, il existe des pressions politiques et militaires sur le système judiciaire,
rendant difficile l'indépendance et l’impartialité des juges. Les acteurs politiques peuvent
tenter d'influencer les décisions judiciaires, ce qui contraste avec le modèle français où la
séparation des pouvoirs contribue à une plus grande indépendance judiciaire.
En revanche, Pour remédier à cette situation, plusieurs mécanismes peuvent être envisagés
L'Auditeur militaire est un magistrat militaire, membre du ministère public près les
juridictions militaires. Ses attributions incluent La direction des enquêtes préliminaires, La
décision de poursuivre ou classer une affaire, La saisine des juridictions militaires par
décision de renvoi ou traduction directe10
L'organisation des juridictions militaires repose sur la Constitution du 18 février 2006 aux
articles 153 et 15611, Le Code judiciaire militaire (Loi n°023/2002), La loi organique
n°13/011-B du 11 avril 2013 sur l'organisation des juridictions12.
9
loi n°023/2002 du 18 novembre 2002 portant Code judiciaire militaire.
10
Article 4 de la loi N°023/2002 Op.cit.
11
Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée en ce jour.
12
loi organique n°13/011-B du 11 avril 2013 sur l'organisation des juridictions.
Section 2.les mécanismes liés au droit de recours de décisions de l’auditeur militaire
S’il constate que la juridiction militaire n’est pas compétente, le magistrat instructeur militaire
renvoie la procédure, après avis de l’Auditeur Militaire, au parquet de droit commun
compétent. Le mandat d’arrêt ou d’amener décerné contre l’inculpé conserve sa force
exécutoire jusqu’à la saisine de la juridiction compétente. Toutefois, si, à l’expiration d’un
délai d’un mois, à compter de la date de la décision du magistrat instructeur militaire, aucune
juridiction compétente n’a été saisie, la situation de l’inculpé est réglée conformément aux
dispositions des articles 31 et suivants du Code de Procédure Pénale ordinaire14.
Si le magistrat instructeur militaire estime que le fait visé ne constitue pas une
infraction à la loi pénale, si l’inculpé n’a pu être identifié ou s’il n’existe contre celui-ci des
charges suffisantes, le magistrat instructeur militaire prend une décision déclarant qu’il n’y a
pas lieu à poursuite. Si l’inculpé est détenu, il est mis en liberté 15. Cette décision est
immédiatement communiquée à l’Auditeur Militaire qui la porte à la connaissance du
Commandant d’unité dont dépend l’inculpé. L’inculpé à l’égard duquel le magistrat
instructeur militaire estime qu’il n’y a pas lieu à poursuite ne peut être recherché à l’occasion
du même fait, à moins qu’il ne survienne des charges nouvelles. Dans ce cas, l’Auditeur
Général des Forces Armées peut ordonner la réouverture des poursuites sur charges nouvelles.
Si le magistrat instructeur militaire estime que le fait visé constitue une infraction de la
compétence de la juridiction militaire et que l’inculpation est suffisamment établie, il renvoie
l’inculpé devant cette juridiction16. Le conseil de l’inculpé a droit à la communication du
dossier aussitôt que la juridiction compétente est saisie17.
13
Art. 197 de la loi N°023/2002 Op.cit.
14
31 du Code de Procédure Pénale ordinaire.
15
Art. 199 de la loi N° 023/2002 déjà citée.
16
Art. 200 de la loi N°023/2002 Op.cit.
17
Art.201 de La même loi.
CONCLUSION
Pour clore, nous avons estimé de faire une thèse selon laquelle l'absence de contrôle judiciaire
et de droit au recours et en ce qui concerne les décisions de l'auditeur militaire, soulève des
préoccupations importantes en matière de droits de l'homme et de justice. Les auditeurs
militaires, qui sont des officiers de justice dans le cadre des juridictions militaires, prennent
des décisions qui peuvent avoir des conséquences significatives sur les droits et libertés des
individus, en particulier dans un contexte où des questions de détention, d'arrestation ou de
poursuites peuvent se poser.
Les droits de la défense doivent être respectés tout au long de la procédure de recours,
assurant ainsi un équilibre entre la répression des infractions militaires
UNIVERSITE DE GOMA
« UNIGOM »
Réalisé par :
1.IKUZWE DORCAS
2.CLAUDINE BULONZA
3.DJEDJE OLUMBO JOSEPH
4. IRAGI CHIRHULIRWE
1
INTRODUCTION
Le doit est comme comparativement aux deux fesses dans une même culotte si bien que
nous pouvons observer une certaine souveraineté qui caractérise chaque Etat indépendant.
En outre il s’agit de relativité de droit pénal qui doit bénéficier chaqu’etat.
Le droit pénal comparé dérange nos habitudes. Nous sommes habitués à notre droit,
lequel correspond culture à notre langue. C’est d’ailleurs ie droit que nous avons étudié. La
confrontation de notre droit à d’autres droits étrangers nous dérangent et bouscule ces
bonnes et vieilles habitudes. 18 Parallèlement aux auteurs allemands, des auteurs français, et
Italiens, s’intéressent à des droits étrangers pour en tirer des comparaisons.19 Un enfant qui
ne voyage pas a toujours donné l’impression que sa mère est la meilleurs cuisinière du
monde or en se déplaçant vers les casseroles des autres mamans nous pouvons faire la thèse
ou l’antithèse en son affirmation.
Nos textes qui nous régissent en RDC ; nous donnent l’impressions qu’ils semblent
meilleurs de tous les autres au travers le monde. Ce là étant ainsi ; nous étudiants dans le
cadre de ce travail allons essayer de donner une notion générale sur le sujet (chapitre I ) et
de l’autre côté également nous allons confronter notre droit interne par rapport au droit
canadien ( chapitre II )
18
Jacques B. MBOKANI, droit pénal comparé, université de Goma, 2020 2021 P.4
19
Jean Pradel, droit pénal comparé. 4e Ed DALLOZ 2016 P.50 Ss
2
Dans cette phase nous allons essayer de donner la portée du principe en droit (section I) et
en entretemps nous parlerons également de preuve (section II )
Section 1. PRINCIPE
Section II . LA PREUVE
Prouver c’est convaincre quelqu’un (juge, l’autre partie, …) de la véracité d’un fait. Prouver
son droit c’est en réalité, prouver le fait ou les faits auxquels la loi attache ce droit. Le fait
s’entend au sens large : Acte juridique, fait juridique. Ainsi relèvent GOUBEAUX et BIHR,
en matière judiciaire, le mot preuve est pris dans trois acceptions différentes.
1 Il désigne le fait de proposer au juge des éléments de conviction (actus probandi). C’est en
ce sens qu’on parle généralement de la charge de la preuve.
De prime abord, il faut souligner qu’à cette phase qui est celui ou celle qui doit prouver,
recevoir les preuves et desquelles manière de procédé pour ce faire. C’est autant que le
permet le fait que nous allons faire un sursaut comparatif de la législation congolaise (section
I) et celle canadienne (II)
20
Etienne Vergès, « La notion de principes essentiels en droit judiciaire privé » IRJS éditions, 2024 P 1
21
Nicole VERHEYDE JEANMART, droit de la preuve de la preuve. Maison larcier, bruxel 1991 P6
3
Dans le cadre juridique congolais, il faut noter que, le principe de liberté de preuve est
observable en matière pénale. En outre, le code civil livre III des contrats des obligations
conventionnelles prévoit les modes de preuve qu’il faut citer : La preuve littérale ; preuve
testimoniale, l’aveu de la partie, serment24
Par principe, comme nous l’avons épinglé ci-dessus, la charge de la preuve en matière
pénale incombe à la partie poursuivante. D’ailleurs, l’adage latin « In dubio pro reo » qui
signifie que le doute profite à l’accusé met la personne poursuivie dans un confort
nécessitant la démonstration par la partie poursuivante de son implication dans la
commission de l’infraction à sa charge, faute de quoi le doute lui est profitable. En opposé, il
22
Nicole VERHEYDEN JEANMART, Opcit P 9
23
Malunga N’landu ruth « l’administration de la preuve face aux exigences du principe dispositif en droit civil
congolais » KAS African Law study 2019 P2
24
CCLII :l’article 197 Ss
25
BALABO MOTREMA « la charge de la preuve dans un proces pénal pour les infractions de blanchement des
capitaux et enrichement illicite en droit congolais et comparé » kinshasa université de kinshasa p 4
4
existe ce qu’on appelle présomption de culpabilité qui oblige la partie poursuivie d’apporter
la preuve.26
La Loi sur la preuve au Canada (LPC), adoptée en 1985, est la loi fédérale qui régis les règles
de preuve dans les procédures devant les tribunaux fédéraux (Cour fédérale, Cour
canadienne de l’impôt, etc.) et dans certaines matières fédérales, elle édicte des règles
sures :
• La preuve documentaire
• La preuve électronique27
Chaque province et territoire canadien a ses propres règles de preuve, qui s’appliquent dans
les tribunaux provinciaux et territoriaux pour les matières relevant de leur compétence (ex.
droit civil, droit familial, droit des contrats). Ces règles sont souvent contenues dans :
La Loi sur la preuve au Canada s’applique principalement aux matières fédérales, tandis que
les provinces ont une grande autonomie pour fixer leurs propres règles.
Le système canadien est caractérisé par une grande liberté dans l’admission des preuves,
sous réserve de leur pertinence, de leur fiabilité et de leur légalité. Cela signifie que :
26
Balabo Motema Opcit P6
27
Article ( 1.1) de la loi sur la preuve au canada L.R.C. (1985), ch. C 5 mise à jour 5 mai 2O25
5
• Tout élément de preuve pertinent peut être admis, sauf exceptions légales
(ex. Preuve obtenue illégalement dans certains cas).
Les parties ont le droit de connaître les preuves présentées contre elles et de les contester,
notamment par le contre-interrogatoire des témoins.
CONCLUSION
28
Martin Vaulair et tristan Desjardins, traité général de preuve et de procédure pénale ; 25e éd. Cowansville, Ed.
Yvon blais, 2018 P 1 , 2 Ss
6
Nous voici à l’échéance de notre recherche. Ce présent travail a porté sur une analyse
comparative ; en fait, cette méthode comparative consisté confronté deux législations à
l’occurrence celle congolaise et d’un part de la législation canadienne sur le principe de
recevabilité de preuve. Le droit canadien en matière du procès pénal est régi par le principe
de liberté de preuve, et le ministère doit prouver. La législation canadienne présente une
différence à celle congolaise en ce sens que les provinces et territoire ont des compétences
qui leurs sont dévolues, pour dire ils ont leurs propres règles en matière de l’administration
de preuve alors que notre arsenal juridique congolais les règles sont universel c’est-à-dire les
règles d’administration de preuve s’applique « erga omnes » sur l’ensemble de territoire
congolais.
2024-2025
8
Chapter 1 INTRODUCTION
L’administration de la justice repose en grande partie sur la manière dont les preuves sont
appréciées par la juridiction capable de connaitre l’affaire dépendamment de sa compétence.
La preuve, prise comme élément central du procès, permettrait de convaincre le juge de la
véracité des faits allègues d’autant plus que la charge de la preuve incombe à celui qui
allègue le fait, par conséquent, cela permettra d’assurer une justice équitable. Cependant,
l’appréciation de la preuve varie selon le système juridique de chaque Etat, reflétant des
philosophies et des traditions distinctes. Ainsi, le système de Common Law, caractérisé par
l’importance du procès contradictoire et du rôle actifs des parties, se distingue du système
romano-germanique ou civiliste, dans le quel le juge joue un rôle plus directif dans la
recherche de la vérité.
Cette diversité dans l’appréciation de la preuve soulève des questions fondamentales : quels
sont les principes directeurs qui gouvernent l’appréciation de la preuve dans ces deux
systèmes juridiques ? Quelles sont les différences majeures et les points de convergences ?
En d’autres termes, comment le juge arrive à former sa conviction en fonction des
traductions juridiques auxquelles il appartient ?
Pour ce faire, une partie sera consacrée à l’appréciation de la preuve dans le système
romano-germanique, dans la seconde partie, celle qui prévaut dans le système de Common
Law.
9
1. A. La liberté de la preuve.
En droit romano-germanique, le principe de la liberté de la preuve signifie que les parties
sont libres de produire des preuves de leur choix. La preuve est libre parce qu’elle n’est
soumise à aucune règle restrictive quant à sa forme ou son contenu.
A la différence du procès civil, le procès pénal porte toujours sur le conflit entre la société et
l’individu. Le système de la preuve pénale est donc diffèrent de celui de la preuve civile. Deux
règles traditionnelles de procédure permettent de distinguer la preuve pénale de la preuve
civile : la présomption légale d’innocence et la liberté de preuve. S’agissant de la
présomption légale d’innocence, au civil, comme au pénal, c’est au demandeur de prouver
ses prétentions, mais le fardeau de la preuve est généralement plus lourd en matière pénale,
car le doute profite à l’accusé. La liberté de la preuve repose sur l’admissibilité de tous les
moyens de preuve d’une part et l’absence de hiérarchie entre ces moyens et la liberté
d’appréciation du juge d’autre part.29
29
C. Wang, Encadrement de la liberté de la preuve dans la procédure pénale : étude comparée France-Chine,
thèse de doctorat, Université de bordeaux, 2019, P. 24-25.
10
Certaines restrictions se font voir vis-à-vis de ce principe qu’on trouve des fois dans les lois
écrites ou soit dans les jurisprudences. Prenons la France comme exemple, notons que le
principe de la liberté de la preuve est fondamental de la mais pas absolu car il est encadré
par des règles, notamment pour protéger certains droits comme : la présomption
d’innocence, le respect de la vie privée, ou encore l’interdiction de certaines preuves
obtenues de manière illégale. La France prévoit de manière sporadique des dispositions
relatives au recueil des preuves.
Tout élément de preuve obtenue par des moyens entamant fortement sa fiabilité doit être
déclaré irrecevable. De même être écarté tout élément de preuve de nature à compromettre
la procédure et porter gravement atteinte à son intégrité. L’exclusion automatique de la
preuve obtenue par des moyens illégaux.
La liberté de la preuve est encadrée de plus en plus strictement sous l’influence de la légalité
de la preuve. Cet en encadrement se reflète surtout dans le domaine des procèdes de recueil
des preuves. Il existe les procèdes interdites et d’autre règlementaires. Nous n’avons pas
l’ambition d’examiner exhaustivement tous ces procèdes dans cette partie 30. En matière civil,
le système romano-germanique prévoit des règles plus strictes sur la preuve :
Certaines preuves sont obligatoires : par exemple, pour prouver un contrat au-delà d’un
certain montant, il faut une preuve écrite.
30
Ibid., p.27
11
Les preuves doivent respecter des formes précises (ex : acte authentique, acte sous seing
1. C. la loyauté de la preuve.
La loyauté de la preuve signifie que les preuves doivent être obtenues et utilisées de manière
honnête, respectueuse des règles de procédures et des droits fondamentaux.
31
B de Lamy, « de la loyauté de procédure pénal, Brèves remarque sur l’application des règles de la chevalerie a
la procédure pénale », in melanges Pradel, Cujas 2006, p.98.
12
Inadmissibilité de la pièce,
Ajournement au report de l’affaire,
Condamnation aux dépenses ou à une amande,
Atteinte à la crédibilité de la partie fautive,
B. le droit de réponse.
Le droit de réponse est une conséquence directe du principe du contradictoire, il signifie que
chaque partie dans un procès a le droit de réagir aux arguments, aux demandes et aux
preuves présentées par l’adversaire. Autrement dit, aucune partie ne peut être condamnée
sans avoir eu la possibilité de s’expliquer et de se défendre.
Si une partie n’a pas exercer son droit de réponse, il y’a violation du principe du
contradictoire, ce qui peut entrainer :
c. possibilité de contester.
La possibilité de contester est un droit fondamental des parties en un procès chaque parties
doit avoir la possibilité effective de discuter, de critique ou de réfuter des arguments, de
14
preuves ou de demandes présentées cela garantie un procès équitable et évite une partie
soit condamnées sur la base des éléments qu’elle n’a pas pu discuter.
Comprenons que la Common Law est un système qui fait valoir le principe du contradictoire
qui donne à toutes les parties le privilège au le droit de se défendre, ce système veut que
toute les parties puissent aussi se communiquer les pièces cela dans le but d’assurer
l’équilibre et la clarté du procès qui sera contradictoire cela veut dire que chacune de les
parties disposera du droit de réagir ou même de contester certaines argumentations, pièce,
témoignage et faits.
Chapter 4 CONCLUSION
L’étude de l’administration de la preuve dans les systèmes romano-germanique et de
Common Law relève deux conceptions fondamentales du procès.
15
Dans le système romano-germanique, la preuve est encrée par des règles strictes et
codifiées, dans lequel le juge joue un rôle actif, supervisant la production et l’appréciation
des preuves dans le respect du principe du contradictoire. A l’inverse, dans le système de
Common Law, la preuve est principalement administrée par les parties elle-même, selon un
modèle cruciale donnée aux témoignages oraux et au contre-interrogatoire.
Cette différence reflète des traditions juridiques distinctes mais tendent à converger autour
d’un objectif commun : garantir un procès équitable et la manifestation de la vérité. Quelle
que soit la procédure, la preuve reste un instrument essentiel pour convaincre le juge.
SUJET :
« LA PRÉSOMPTION D'INNOCENCE »
UNIVERSITE DE GOMA
« UNIGOM »
B.P 204 Goma
Promotion : M1
UE : Droit Pénal Comparé
A
17
o INTRODUCTION
Si la présomption d’innocence est un droit subjectif, elle est aussi une règle de forme, qui
permet de savoir sur qui va peser la charge de la preuve. Cela vise la réunion des éléments de
preuve mais également la démonstration de la culpabilité, rôle dévolu au Ministère public.
Telle est la conséquence directe du principe de présomption d’innocence.
32
Le Monnier de Gouville, Pauline, droit pénal special,2020. P28
18
Trouvant son fondement dans la constitution qui est la loi suprême d’un Etat, ce principe doit
être respecté par toutes les autorités de l’Etat et par ceux qui peuvent y porter atteinte, y
compris la presse, ceci pour le bénéfice non seulement de l’accusé, de justiciable mais de tout
individu. Le législateur comme le juge ont l’obligation de s’y conformer.
Toute personne suspectée doit être considérée comme innocente tant que sa culpabilité n’a pas
été établie par un jugement de condamnation définitif, telle est l’idée du principe
constitutionnel sous examen, cependant dans les textes de loi nationaux plus particulièrement
dans le décret du 6 aout 1959 portant code pénal congolais, on y trouve l’expression «
auteur présumé », celle-ci est donc une expression erronée en ce qu’elle laisse entendre que le
suspect serait porteur d’une présomption de culpabilité ce qui est contraire au principe sacro-
saint de la présomption d’innocence.34
L’article 14, §2 du pacte international relatifs aux droits civils et politique, dispose : « toute
personne accusée d’une infraction pénale est présumée innocente jusqu’à ce que sa
culpabilité ait été légalement établie ».35
33
La constitution du 18 février 2006, telle que modifiée par la loi n˚11\002 du 20 janvier 2011, article 17 al.9
34
LUZOLO B. LESSA, Guide de l’action publique pour la lutte contre les violences sexuelles,
35
L’article 14, §2 du pacte international relatifs aux droits civils et politique du 16 novembre 1966.
19
L’article 66.1 du statut de Rome, dispose : « toute personne est présumée innocente jusqu’à
ce que sa culpabilité ait été établie par la cour conformément au droit applicable ».36
L’article 7 de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples dispose : « toute
personne a droit en ce que sa cause soit entendue. Ce droit comprend…
A. Une fiction
La présomption d’innocence s’envisage comme un objectif de l’État de droit, que les
principes directeurs du procès pénal permettent, progressivement, de consolider (1.). La
fiction tient à l’inadéquation de ce principe avec des dispositifs qui, en eux-mêmes, y portent
atteinte (2.).
36
L’article 66.1 du statut de Rome de 1998.
37
L’article 7.b de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples dispose de 1981.
38
La charte des droits fondamentaux de l’Union européenne du 7 décembre 2000.
20
dans la loi des dispositifs visant à renforcer les garanties individuelles 39qu’impliquent,
notamment, la présomption d’innocence. La loi n° 93-2 du 4 janvier 1993 portant réforme de
la procédure pénale supprime, quant à elle, le terme d’« inculpation » pour lui préférer celui
de « mise en examen ». C’est donc un travail sur les mots qui est réalisé puisqu’à cette
évolution sémantique correspond la volonté de décorréler l’existence d’indices graves ou
concordants à l’encontre d’une personne mise en cause de tout pré-jugement sur sa
culpabilité. La loi de 1993 a ensuite introduit un principe de proportionnalité entre les
soupçons pesant sur la personne et la gravité des mesures de contraintes prises à son
encontre : le placement en garde à vue est désormais subordonné à l’existence de soupçons,
rendant impossible une telle mesure à l’encontre d’un simple témoin. Sept ans plus tard, la
loi n° 2000-516 du 15 juin 2000 consacre, en tête du Code de procédure pénale, le principe
de la présomption d’innocence. À la lecture de l’exposé des motifs de la loi, la présomption
d’innocence apparaît comme « un principe cardinal de la procédure pénale dans un État de
droit », dont découlent les autres principes directeurs du droit procédural français.
considèrent ainsi l’infraction comme établie. Par exemple, le risque de renouvellement d’une
infraction n’est réel que si, par définition, il existe une première infraction et que l’on
considère que l’individu l’a effectivement commise. En se fondant ainsi sur les motifs de
détention prévus par la loi, le juge se forge, consciemment ou non, un avis sur la culpabilité
du prévenu. Les mots ont pourtant un sens et c’est d’ailleurs dans cette perspective que le
rapport précité du groupe de travail sur la présomption d’innocence préconise de réaliser un
travail de réflexion autour de la sémantique de la procédure pénale afin de mieux cibler le
vocabulaire et les marqueurs de culpabilité. À titre d’exemple, alors que l’article 144, 6° du
Code de procédure pénale prévoit, au titre, des motifs fondant la mesure de détention
provisoire, la nécessité de « mettre fin à l’infraction ou prévenir son renouvellement », le
groupe de travail suggère de remplacer ladite formule par celle d’une détention provisoire de
nature « à prévenir le risque de commission d’une infraction pénale ».
B. Un défi
« Le mélange de vrai et de faux est énormément plus toxique que le faux pur », selon
l’écrivain Paul Valéry. Libérer les mots, la parole, pose la question du doute, de la véracité. Il
s’agit en effet de libérer la parole, non de la sacraliser. Se pose dès lors la question du poids
des mots et des contours à tracer autour de la liberté d’expression, liberté que l’on justifie au
nom de la cause poursuivie mais qui n’est pas sans incidence sur le respect de la
présomption d’innocence (1.). L’autre défi, ensuite, à relever est celui de la communication
autour de la justice en vue de préserver la présomption d’innocence (2.).
et de la présomption d’innocence. Soit le fait jeté en pâture à la vue du public est exact,
auquel cas l’information poursuit un but préventif visant à protéger de potentielles victimes
de l’individu dénoncé.
Soit le fait n’est pas avéré, et les conséquences peuvent être dramatiques pour la personne
visée, dont l’honneur a été bafoué. Le droit s’empare de ces questions puisque ces
dénonciations peuvent, selon la Cour européenne des droits de l’homme, constituer une
atteinte à la réputation des personnes relevant de leur droit au respect de la vie privée.
Sous un angle pénal, des poursuites sont envisageables, notamment sur le fondement de la
diffamation, et l’analyse de décisions rendues dans différentes affaires – trois en particulier –
permettent de prendre la mesure de la difficulté. La première affaire est emblématique
puisqu’elle concerne la mise en cause, sur le fondement de la diffamation, des propos d’une
femme étant à l’origine du mouvement Balance ton porc. Au mois d’octobre 2017, une
journaliste française publiait en effet sur le réseau social Twitter : balance ton porc ! Toi aussi
raconte en donnant le nom et les détails d’un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton
boulot. Je vous attends ». Quatre heures plus tard, un second message accompagnait le
précédent : « Tu as de gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la
nuit », en dévoilant l’identité de l’homme en question, qui allait être donc « le premier
porc ».
42
Elisabeth GUIGOU, Présomption d’innocence : défi pour l’Etat de droit, Paris, DALLOZ, 2021.
24
En vertu de la Constitution américaine, toute personne est protégée dans ses contacts avec
le système américain de justice pénale. Ce dernier est scindé en deux grandes parties. La
première concerne le système pénal fédéral s’occupant des crimes et délits perpétrés en
infraction au droit fédéral. La seconde est le système pénal des Etats pour les crimes et délits
commis en infraction au droit de chacun des cinquante États. Ces droits constitutionnels,
entérinés de longue date, résultent principalement d’amendements à la Constitution
américaine : les Quatrième, Cinquième, Sixième, et Huitième amendements. Ces
amendements, - qui font partie de ce que nous appelons le Bill of Rights ont été rendus
applicables aux cinquante États et ce, en raison de l’interprétation, par la Cour Suprême du
43
Quatorzième Amendement de la Constitution fédérale
probable cause ») que l'accusé a commis l'infraction. Un des rôles du grand jury est de
protéger l’accusé contre des inculpations publiques mal fondées.
Dans le système fédéral, avec des exceptions, les poursuites judiciaires devant le grand jury
ne peuvent pas être divulguées au public par le ministère public ou les jurés (un témoin peut
divulguer son propre témoignage). Une divulgation volontaire et interdite est punie comme un
délit. « Au cours de la phase de sélection du jury (voir dire), l'accusé a le droit de demander
aux citoyens présents et aspirant à la fonction de juré s'ils acceptent la présomption
d'innocence et s'ils veulent bien considérer que l’accusé est à ce moment même innocent, et
qu'il restera tel tant que le poursuivant n’aura pas apporté une preuve écrasante. Ensuite, au
début de l'audience ("opening statements"), le défenseur explique normalement au jury qu’il
doit considérer l'accusé comme innocent et que ce dernier peut rester silencieux. En outre, à la
fin de l’audience, quand l’avocat résume la preuve ("closing arguments"), il va encore
rappeler la présomption d’innocence en montrant bien que celle-ci subiste à moins que la
preuve apportée par la poursuite ait été si persuasive qu’il ne reste plus aucun doute
raisonnable.44
Enfin, il est donné par le juge aux jurés avant le début de leur délibération des explications sur
le droit ("jury instructions") qui comprennent des indications sur cette présomption. » (Jean
Pradel, Droit pénal comparé, p. 381, Dalloz, 1995.)
Les présomptions de fait et de droit. Souvent les présomptions irréfragables de fait et de droit
0 mandatory presumptions ») qui établissent un élément essentiel de l’infraction vont à
l’encontre de la présomption d’innocence, parce qu’une telle présomption enlève la charge de
la preuve qui devrait incomber au ministère public. La presse. Les codes déontologiques, les
règlements du tribunal et les directives du parquet limitent ce que le procureur et l’avocat de
la défense peuvent dire à la presse pendant un procès pénal. Par exemple, le tribunal fédéral
de la ville de New York exige, parmi plusieurs règles, qu’un procureur ou un avocat ne fasse
pas de déclaration à la presse s’il y a une probabilité raisonnable que cette déclaration
s’immisce dans un procès équitable. Dans les directives pour les procureurs fédéraux, les
communiqués de presse du parquet doivent déclarer qu'une personne chargée d'un délit ou
d'un crime est présumée innocente (USAM 1-7 600). En pratique, le juge peut exiger
d’autres restrictions limitées pour éviter le préjugé contre l’accusé.
Aussi, un juge peut s’assurer pendant la sélection du jury que la presse n'a pas eu une
influence nuisible sur un juré contre l'accusé.
Un juge peut protéger le jury contre l’influence de la presse pendant le procès pénal avec la
mise sous séquestre du jury ou des directives visant à interdire de lire ou d’écouter la presse
pendant le procès pénal. Si la presse menace l’impartialité du procès, le juge peut ajourner le
procès ou envoyer l’affaire à un autre tribunal dans une autre région.
La presse aux Etats-Unis peut jouer un rôle important pour faire avancer dans l'esprit du
public la présomption d'innocence.
Par exemple :
- en suivant les procès pénaux, les commentateurs de la presse, y compris des avocats de la
défense et des anciens procureurs, expliquent la présomption d'innocence au public, donc aux
jurés des futurs procès ;
44
Jean Pradel, Droit pénal comparé, p. 381, Dalloz, 1995.
26
- les procès pénaux qui se terminent par un acquittement par un jury, sur lesquels la presse
fait un reportage, montrent sur un plan pratique le champ d'application de cette présomption ;
- la presse peut assurer un contrôle démocratique sur la procédure, en exigeant l’application
constante de la présomption d’innocence.
Les limites Détention provisoire
Le système fédéral et ceux des Etats envisagent la détention provisoire avant le procès pénal
dans certains cas. Par exemple, dans le système fédéral, un juge peut mettre l’accusé en
détention provisoire si le ministère public montre - après une audience contradictoire -
qu’aucune condition du contrôle judiciaire ne peut assurer soit la présence de l’accusé au
procès pénal, établi par la « supériorité des preuves » {« prépondérance of the évidence »),
soit, dans le cas de certains crimes ou délits sérieux, la sécurité des personnes ou de la
communauté. 45
ce principe s’avère revêtir, une connotation aussi importante en droit positif congolais, car le
constituant congolais de 2006, n’a pas voulu laisser ce principe fondamental à la merci de
n’importe quelle la loi mais dans la loi fondamentale, ainsi donc on peut lire à l’article 17
alinéa 9 de la constitution du 18 février 2006 tel que énoncée ci-haut, ce qui suit : « toute
personne accusée d’une infraction est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été
établie par un jugement définitif ».
La divergence que nous avons remarquée se situe au niveau de la « présomption de
culpabilité » qui n’a pas la même valeur en droit de la Common Law et en droit congolais.
Cette présomption de culpabilité est une entorse en droit congolais en vertu de l’article 17
alinéa 1 et 2 disposant ce qui suit : « la liberté individuelle est garantie. Elle est la règle, la
détention l’exception » 47; cependant, dans le droit de la Common Law où l’on laisse la charge
de la preuve au fait d’être au-delà de tout doute raisonnable, qui veut qu’il ait juste une cause
probable pour arrêter quelqu’un, juste un soupçon pour procéder à la fouille ou à la saisie ;
cette présomption de culpabilité revêt une force.
nous proposons que lorsqu’on parle de la présomption d’innocence en RDC qu’on ait un oïl
sévère sur les médias comme c’est les cas dans bien des pays pour décourager les préjugés
45
G. Brigham,idem.
46
La constitution des Etats-Unis du 4 mars 1789.
47
La constitution de la rdc, id. art.17 al.1 et 2.
27
médiatiques des affaires pendantes, très souvent lorsqu’une affaire est en cours dans les
tribunaux congolais avant que le juge ne se prononce, les médias établissent en amont la
culpabilité ou l’innocence de la personne poursuivie ce qui viole la constitution car aussi
longtemps que le tribunal competent ne se serait prononcé la personne poursuivie est encore
innocente.
Observations finales
o Il faut justifier tout le texte déjà en maîtrise c'est une faute intolérable.
o Vous devez bien présenter les notes de bas des pages.
o Chers étudiants vous faites déjà la maîtrise, il y a des erreurs que nous ne pouvons
plus tolérer. Les travaux pratiques font parties des enseignements et de votre
évaluation et donc vous devez faire preuve de sincérité et d'honnêteté.
Nous avons constaté dans votre premier chapitre que vous avez fait le copier-coller
de l'article de Le Monnier de Gouville, Pauline. Chers étudiants, ce n'est pas mauvais
de vous inspirer de quelqu’un mais il faut paraphraser l'idée et puis référencer c'est
le plus important !
Chapter 1 La numérotation chers amis, essayez de votre second chapitre normalement il
aurait fallu mettre la logique dans vos recherches.
Chapter 2 Le texte doit être uniforme quant à ce qui concerne la taille de police.
Questions
CONCLUSION
Le principe de la présomption d'innocence gouverne a l'heure actuelle tant le droit français,
que les droits anglais et canadien. Est largement rappelé dans les textes internationaux, et
28
Présenté par :
30
2024-2025
INTRODUCTION
La maladie mentale est une problématique complexe qui soulève les enjeux juridiques
majeurs dans différents systèmes juridiques à travers le monde .Deux grandes traditions
juridiques offrent des approches distinctes ; le système romano- germanique basé sur les
codes écrits et une législation précise, et le système Common Law qui repose sur l’évolution
de la jurisprudence et l’adaptation au cas par cas. Ces différences influencent la maniéré dont
les personnes atteintes des troubles mentaux sont protégées, jugées et accompagnées
juridiquement. La République Démocratique du Congo qui suit le système romano –
germanique privilégie une règlementation codifiée garantissant un cadre structuré pour la
reconnaissance et la prise en charge des incapacités mentales mais le pays fait face à des défis
majeurs, notamment un manque d’infrastructures adaptées et une stigmatisation sociale
importante ;les troubles mentaux sont souvent mal compris et l’accès au soins psychiatriques
reste limité avec un nombre insuffisant de professionnels de santé mentale .
L’Afrique du Sud qui repose sur le système de Common Law s’appuient sur la souplesse de
précédents judiciaires pour adapter les décisions aux circonstances individuelles ; pour dire
que la prise en charge dans ce pays repose sur une approche jurisprudentielle ,où les
décisions influences l’évolution des droits des personnes atteintes de troubles mentaux.
Malgré une législation plus avancée, la stigmatisation reste un frein à l’accès aux soins, et une
grande partie de la population ne reçoit pas d’aide appropriée .
Cette étude vise à analyser les différences et similitudes entre ces deux systèmes à travers la
RDC et l’Afrique du Sud afin de mieux comprendre comment chacun traite les questions
31
maladie mentale sont prévus par les articles 298 à 309 du code de la famille et à l’article 23
bis du code pénale congolais .
La question de la maladie mentale en République Démocratique du Congo n’est pas traité
dans un code spécifique, il faut se référer encore aux dispositions légales contenues dans
différentes lois. Cela ne favorise pas souvent la protection de ces personnes qui commettent
aussi des infractions et ont besoin d’être protégées par la législation comme c’est le cas pour
les enfants en conflit avec la loi qui ont, depuis 2009, bénéficié d’une loi portant protection de
l’enfant.
Cependant, Le droit pénal congolais, en tant que cadre juridique régissant les infractions et
les sanctions au sein de la République Démocratique du Congo , protège les personnes
souffrant de troubles mentaux en matière de responsabilité pénale, en les exemptant des
poursuites pénales lorsque leurs actes sont imputables à leur état mental. Cette protection est
conforme aux standards internationaux relatifs aux droits humains des personnes souffrant de
troubles mentaux.
Le droit pénal aborde la question des malades mentaux principalement à travers des
dispositions légale qui reconnaissent l’incapacité de discernement en cas de trouble mentaux.
Les lois congolaises reconnaissent les maladies mentales comme des conditions qui peuvent
affecter la capacité d’une personne à prendre des décisions. Cela a des implications
importantes pour la responsabilité pénale et la capacité juridique des individus par exemple
une personne déclarée mentalement irresponsable peut être soumis à des mesures de
protection ,ce qui peut limiter ces droit civils.
Malgré les dispositions légales, la reconnaissance et la prise en charge des maladies mentales
sont loin d’être optimales. La stigmatisation et les contraintes liées aux ressources limitées des
institutions de santé contribuent à un accès difficile aux soins pour les personnes souffrant de
troubles mentaux.
La stigmatisation suppose que la maladie mentale est souvent perçue comme un problème de
sorcellerie ou de possession maléfique, ce qui conduit à la discrimination, l’exclusion sociale
et pousse certaines familles à recourir aux tradithérapeutes au lieu d’envisager une prise en
charger .
La reconnaissance et la prise en charge des maladies mentales en RDC sont une priorité. Il est
crucial de lutter contre la stigmatisation, de renforcer les infrastructures sanitaires, de faciliter
l’accès aux soins pour tous, et de développer des programmes de soutien psychosocial pour
les personnes souffrant de troubles mentaux.
Le code pénal congolais dispose que la responsabilité pénale est liée à la capacité de
discernement d’un individu au moment de l’infraction .
Selon l’article 23 bis(1) du code pénal congolais ,une personne atteinte de troubles mentaux
au moment de l’acte peut être déclarée irresponsable pénalement, cela signifie qu’elle ne
peut pas être tenue responsable de ses actes si elle ne peut pas comprendre la nature ou la
portée de ses actes en raison de sa condition mentale.
Lorsqu’une personne est reconnue irresponsable, elle ne peut faire l’objet d’une
condamnation pénale. Néanmoins, afin de protéger la société, la loi permet au juge de
prononcer une mesure de sûreté, telle que l’internement dans un hôpital psychiatrique. Cette
mesure n’a pas de caractère punitif mais vise à traiter la personne et à éviter la récidive.
Lorsque l’état mental d’un individu au moment des faits conduit à une déclaration
d’irresponsabilité pénale, cela signifie qu’il ne peut être juridiquement tenu pour auteur d’une
infraction, au sens classique du terme. En d'autres termes, la personne ne pourra être
condamnée à une peine privative de liberté ou à toute autre sanction pénale, car elle est
considérée comme ayant agi sans discernement ou sans conscience de la portée de ses actes.
Cependant, le fait de ne pas prononcer une peine ne signifie pas pour autant que la société
doive rester passive face au danger potentiel que peut représenter cette personne. C’est
pourquoi le droit pénal congolais, à l’instar des systèmes juridiques comparés, prévoit des
mesures de sûreté, qui ont un objectif non répressif mais préventif et thérapeutique. Ces
mesures permettent d’assurer la sécurité publique tout en respectant la condition mentale du
sujet.
La principale mesure de sûreté prononcée dans de tels cas est l’internement psychiatrique, qui
consiste à placer la personne dans un établissement de santé mentale spécialisé. Cette mesure
est ordonnée par décision du juge, sur base d’une expertise psychiatrique confirmant
l’aliénation mentale ou le trouble grave. Contrairement à une peine, l’internement n’a pas de
durée fixe : il dure tant que l’état mental de la personne ne permet pas une réinsertion
sécurisée dans la société. De plus, cette mesure vise également à garantir un suivi médical et
psychologique approprié, dans l’intérêt de la personne internée, tout en protégeant son
entourage et la collectivité. La levée de l’internement dépendra donc d’une évolution positive
de l’état de santé du sujet, attestée par Sune expertise médicale.
35
Ainsi, l’irresponsabilité pénale ne crée pas un vide juridique mais ouvre plutôt la voie à une
prise en charge médico-légale fondée sur un équilibre entre protection de la société, respect
des droits de la personne malade, et prévention de la récidive.
Notons que, bien qu'une personne atteinte des troubles mentaux est exonérée de sa
responsabilité pénale, elle peut toujours être tenue civilement responsable des dommages
qu'elle cause.
Chapter 7 Section 2. Les malade mentales dans le système Common Law : Cas de l’Afrique
du sud
Fondement juridique
En Afrique du Sud, le droit relatif à la maladie mentale est régi par la Constitution et des lois
spécifiques comme la loi sur la santé mentale de 1983, qui protège les droits des personnes
atteintes de troubles mentaux. Cette loi garantit l'accès aux soins, le droit de vivre et de
travailler dans la communauté, et l'interdiction de toute discrimination liée à la maladie
mentale. :
La Constitution de l'Afrique du Sud dispose que toute personne a droit à la santé et à l'accès
aux soins de santé, y compris pour les personnes atteintes de troubles mentaux. Elle garantit
également que personne ne peut être refouée de traitement médical d'urgence.
Loi sur la santé mentale de 1983 précise les droits des personnes atteintes de troubles
mentaux, notamment en matière de soins, de traitement et d'hospitalisation. Elle prévoit un
soutien indépendant pour les patients afin de comprendre leurs droits.
36
D .Impact des conflits et de la pauvreté: Les troubles mentaux sont exacerbés par des
facteurs comme la violence, la précarité et les traumatismes liés aux conflits armés.
E .Initiatives de sensibilisation: Des efforts sont faits pour améliorer la prise en charge,
notamment à travers des campagnes de sensibilisation et des programmes communautaires.
2.Points de différences
A. Cadre juridique :
- En RDC, la prise en charge repose sur des textes législatifs codifiés, mais leur application
reste limitée.
- En Afrique du Sud, la gestion des troubles mentaux est influencée par la jurisprudence ce
qui permet une adaptation plus souple des décisions judiciaires comme par exemple la
décision sur les admissions forcées dans laquelle les tribunaux ont examiné la nécessité d'une
justification solide et d'un processus de décision rigoureux pour les admissions forcées en
établissement psychiatrique, afin de garantir que ces décisions soient conformes aux principes
de respect des droits de l'homme ,mais également la décision sur la mise en œuvre de la
politique nationale de la santé mentale dans laquelle les tribunaux ont exigé au gouvernement
de mettre en œuvre efficacement la politique nationale de santé mentale, en particulier en ce
qui concerne l'accès aux soins pour les personnes en situation d'urgence, ainsi que la
formation et la ressource de professionnels de santé mentale.
B. Accès aux soins psychiatriques :
- En RDC, l’accès aux soins est extrêmement limité, avec très peu de psychiatres et
l'absence d’établissements spécialisés.
- En Afrique du Sud, bien que des défis existent, des programmes communautaires et des
initiatives gouvernementales facilitent l’accès aux soins.
CONCLUSION
En guise de conclusion permettez-nous de nous résumer, nous avons parlé de la République
Démocratique du Congo qui est du système romano –germanique et qui privilégie une
38
UNIVERSITE DE GOMA
UNIGOM
BP 204 GOMA
GROUPE VI
Par :
Mabutwa N’kuba Patrick
Linda Chituli Promesse
Kitenge Azidi Dunia
Kubuya Bashali Delphin
2024-2025
40
INTRODUCTION
La parole de l’accusé passe généralement dans un procès. le procès en common law étant
entendu comme « (…) l'aboutissement du processus pénal, sa phase terminale, c'est-à-dire
l'audience et ses suites. Au contraire, dans les pays romano-germaniques, le terme procès est
le plus souvent entendu de façon bien plus large : il inclut pour certains auteurs tous les actes
procéduraux, depuis ceux qui sont réalisés dès le début de l'enquête jusqu'à l'ultime décision
judiciaire ».48
I. LA PAROLE DE L’ACCUSE
Dans un procès, les déclarations d'un accusé restent toujours une donnée probatoire
essentielle.49 D'où la nécessité de s'assurer de la loyauté des enquêteurs et magistrats : la
loyauté peut être définie comme l'expression d'une éthique judiciaire et policière permettant
d'assurer le respect de la dignité de la justice et de la police. D'où aussi la nécessité de
s'assurer de la véracité, de la fiabilité des déclarations de l'accusé. À cet effet, les législateurs
ont posé des normes, qui sont en réalité des mesures de protection de l'accusé contre des
dérives qui lui seraient préjudiciables.50
En droit congolais, plusieurs mesures de protections de l’accusé sont prises pour un procès
équitable et le respect des droits fondamentaux. Elles sont consacrées par la constitution de la
RDC et les lois éparses. Ainsi, nous allons nous intéresser aux droits de la défense qui accorde
les prérogatives à toute personne de se défendre pour toute incrimination portée contre lui.
a) Droit de la défense
Le droit de la défense est un principe fondamental du système judiciaire congolais. Il vise à
garantir à toute personne accusée d'une infraction la possibilité de se défendre de manière
équitable, que ce soit par elle-même ou par l'assistance d'un avocat ou d’un défenseur de son
choix.
La Constitution du 18 février 2006 à son article 19, alinéa 3 dispose que : « Le droit de la
défense est organisé et garanti». 51 Cela impose à l'État de garantir les moyens de défense à
chaque justiciable.
Ce droit comprend :
- Le droit d'être informé des charges retenues ;
- Le droit de se taire et de ne pas s'auto-incriminer ;
48
Jean Pradel, droit pénal comparé, dalloz, éd., Paris, 2016, p. 228.
49
L. Luparia, Cité par Jean Pradel, droit penal comparé, p.381, in, la confessione dell’imputato nel Sistema
processuale penale, universita degli stude di milano, n 36, Giuffré, 2006.
50
Ibid., supra note 1.
51
Constitution de la République Démocratique du Congo telle que modifiée et complétée par la Loi n° 11/002 du
20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution de la République démocratique du Congo
du 18 février 2006, JORDC, 52ième année, numéro spécial, Kinshasa, 5 février 2011.
41
Le droit nigérian, comme la plupart des systèmes juridiques modernes, accorde à toute
personne accusée d'une infraction le droit à la défense, y compris le droit d'être représenté par
un avocat. La Constitution de la République fédérale du Nigéria (1999) garantit ce droit en
ces termes « toute personne a droit à une audience équitable devant un tribunal compétent et
indépendant, qui peut connaitre de sa cause ».53
Le droit nigérian interdit fermement les aveux obtenus sous contrainte ou par des moyens
illégaux. La Constitution stipule que toute personne arrêtée doit être informée de sa raison et
de son droit de garder le silence. Les aveux obtenus sous pression ou par des méthodes
coercitives sont considérés comme non valables et ne peuvent être utilisés comme preuve en
cour de justice.
Le droit nigérian offre un recours judiciaire pour garantir un procès équitable à l'accusé. Le
Code pénal et le Code de procédure pénale prévoient des procédures claires et transparentes
pour les procès, qui doivent être conduits devant un tribunal compétent et
indépendant. L'accusé a droit à une audience publique et équitable, à se défendre, à présenter
des témoins et à contester les preuves présentées contre lui.
Ainsi en Italie, un décret-loi du 15 janvier 1991, modifié par une loi du 13 février 2001, a
prévu diverses mesures de protection qui s'appliquent pendant le cours même de l'enquête.
Plus importantes en raison de leur application à toutes les infractions et dans tous les droits
sont les mesures excluant les tortures et procédés assimilables, prohibant certains subterfuges
52
Article 74 al 4 et 7 du code de procédure pénale de la RDC.
53
Article 36 de la Constitution de la République fédérale du Nigéria (1999).
42
et assurant les droits de la défense. Le Code italien prévoit qu'aucune méthode ou technique
pouvant influencer la liberté d'autodétermination ou altérer la capacité de se souvenir et
d'apprécier les faits ne pourra être employée même avec le consentement de l'intéressé (art.
188 CPP), ce qui va dans le sens de la jurisprudence espagnole.
Le Code polonais de procédure pénale déclare que « les déclarations données dans des
conditions qui excluent la liberté de parler ne peuvent être reçues en preuve » (art. 157 al. 2
CPP). La loi espagnole exclut toute « pression ou menace » (art. 389 al. 3 LECRIM).
C'est le cas en common law. La jurisprudence anglaise a créé la notion de déclaration « libre
et volontaire » : c’est la déclaration qui a été obtenue ni par violence, ni par crainte d'un
préjudice découlant de menaces, ni par espoir d'un avantage.
Aux États-Unis, la jurisprudence, au lieu de se fonder sur la common law, invoque la due
process clause du 14e Amendement. Dans un grand nombre d'arrêts, la Cour suprême, dans
des procédures d'États, développe l'idée selon laquelle le concept du 14e Amendement impose
l'examen de « toutes les circonstances » ayant entouré l'aveu : il peut s'agir de brutalités ou
menaces, de la durée des interrogatoires, de promesses de clémence par la police ou de
privations (retrait de garde d'enfants, interdictions de téléphoner à la famille), de
l'administration par le médecin de la police d'un calmant à une personne droguée et en état de
manque...
En common law toujour et lorsqu'il y a un jury, est utilisée la procédure du « voir-dire »
décrite; en système romano-germanique et en common law lorsqu'il n'y a pas de jury, le
problème est réglé par voie de confrontation à l'audience entre le policier et l'accusé. Enfin, à
titre plus général, la jurisprudence de la CEDH doit être évoquée. Deux arrêts importants, tous
deux contre l'Allemagne et condamnant celle-ci, défendent une conception rigoriste de la
morale dans la recherche de la preuve. Dans la première affaire, où une personne était
suspectée de transporter de la drogue dans son corps (« mulet »), le ministère public avait fait
poser (par quatre policiers) une sonde nasale et gastrique, puis administré au passeur un
vomitif afin qu'il régurgite les substances illicites ensachées et ingérées. L'intéressé fut
condamné par la justice allemande. Mais par la CEDH, ce fut l'Allemagne qui fut condamnée
pour violation des articles 3 Conv. EDH (interdisant les tortures et les traitements inhumains
ou dégradants) et 6 Conv. EDH (exigeant que la procédure soit équitable). Dans la seconde
affaire, où une personne était suspectée d'enlèvement de l'enfant d'un riche industriel, les
policiers avaient proféré à son encontre des menaces de mauvais traitement s'il ne révélait pas
le lieu où était caché cet enfant (qui était en réalité déjà mort). La CEDH y vit des traitements
inhumains ou dégradants, mais pas des faits de torture. On ne peut, à ce stade, passer sous
silence une troisième affaire, où cette fois c'est la France qui fut condamnée : une personne
gardée à vue pour suspicion de trafic de drogue en récidive avait fait l'objet de la part de
policiers d'actes de violence physique et mentale ayant provoqué des souffrances aiguës, qui
furent qualifiées de torture. La question se dédouble car ces subterfuges consistent le plus
souvent soit en une provocation de la part des policiers, soit en mesures « spéciales »
caractérisant ce qu'on appelle en doctrine « l'enquête proactive », expression même utilisée en
Belgique (art. 28 bis CIC).
43
- La provocation
Il existe un certain nombre d'infractions notamment des infractions commises entre
personnes consentantes comme le trafic de drogue ou le proxénétisme dont la preuve est
malaisée. Aussi les policiers dans de nombreux pays ont-ils pris l'habitude d'observer et de
surveiller des suspects, puis de leur tendre de véritables pièges pour les confondre. Et il y a
deux sortes de pièges : tantôt la police utilise les services d'un tiers qui jouera les agents
provocateurs et qui, bien sûr, sera rémunéré soit en argent soit plus souvent, et s'il est
complice des faits, par une réduction des charges, ce qui est fréquent en Amérique du Nord ;
tantôt la police agit elle-même, utilisant certains de ses personnels spécialisés. Face à de telles
pratiques, la question est posée de savoir si les déclarations de la personne poursuivie
ultérieurement seront retenues comme preuve. La réponse est donnée par les jurisprudences
(plus rarement par la loi) et celles-ci distinguent en général selon les provocations car il faut
concilier une certaine éthique avec les nécessités sociales. On prendra trois exemples.
La jurisprudence américaine, elle est très intéressante en raison du grand développement des
provocations policières, notamment en matière de trafic de drogue. Devant certaines pratiques
excessives, la Cour suprême a développé un moyen de défense pour l'accusé, dont il n'existe
quasiment pas d'équivalent dans d'autres pays : c'est le moyen de défense tiré de la
provocation policière à la commission de l'infraction (entrapment defence). Deux raisons sont
à l'origine de cette création jurisprudentielle : il faut d'abord éviter que des citoyens honnêtes
ne soient entraînés par la police à commettre des infractions que, livrés à eux-mêmes, ils
n'auraient pas commises ; il faut ensuite développer une certaine déontologie policière, même
à l'égard d'individus coupables. Plus juridiquement, cette jurisprudence se fonde sur le célèbre
due process of law énoncé aux 5e et 14e Amendements.
En Belgique, la doctrine et même la jurisprudence sont favorables au droit de se taire. À
propos de déclarations obtenues par un agent du fisc sur la promesse d'une grande indulgence,
la Cour de cassation affirme qu'est illégale la preuve ainsi obtenue « par un acte inconciliable
avec les règles substantielles de la procédure pénale ou avec les principes généraux du droit et
plus particulièrement avec le respect des droits de la défense dont le droit au silence fait partie
». Le droit au silence est également reconnu expressément par la Cour européenne. Du droit
au silence, on peut déduire le droit de mentir54. L'accusé est maître de sa défense et il est libre
d'adopter le moyen le plus propre à assurer sa défense. Il n'en reste pas moins qu'en pratique,
le fait de parler vrai peut entraîner une réduction de peine, tout comme le mensonge une peine
plus sévère.
En Italie, l'article 350 CPP dispose que les policiers « avant de commencer
l'interrogatoire… invitent l'intéressé à choisir un défenseur » ; le texte ajoute que
l'interrogatoire est fait obligatoirement en présence du défenseur et qu'à défaut de défenseur,
les déclarations ne peuvent être « ni répertoriées ni utilisées ». Toutefois, là encore, il existe
des exceptions : si au cours de l'enquête, des raisons exceptionnelles conduisent au maintien
en détention, le juge de l'enquête préliminaire peut, à la demande du parquet, prendre un
décret motivé portant exclusion de l'avocat jusqu'à cinq jours (art. 104-3 CPP) ; en outre « sur
les lieux ou dans l'instant des faits, les officiers de police judiciaire peuvent, même sans la
54
Ibid., supra note 1.
44
présence du défenseur, obtenir de la personne, ainsi que dans les cas où elle est arrêtée en
flagrance, des renseignements ou indications utiles pour la poursuite immédiate de l'affaire »
(art. 350 al. 5 CPP) ; enfin « la police judiciaire peut… recevoir des déclarations spontanées
de la personne, mais leur utilisation n'est pas permise au cours du procès » sauf dans certains
cas particuliers (art. 350 al. 7 CPP). Ces accommodements destinés à permettre d'orienter les
recherches restent tout de même modestes.
Au contraire dans d'autres droits, la présence de l'avocat est moins assurée. En Allemagne,
la question de la présence de l'avocat lors des interrogatoires donne lieu à des solutions
subtiles. Au début du premier interrogatoire, l'agent d'investigation notifie à l'intéressé qu'il
peut consulter un avocat de son choix (il ne peut en prendre plus de trois). Quand l'audition
est menée par un juge, l'avocat peut être présent. Mais si elle est menée par la police, aucun
texte ne prévoit la présence de l'avocat ; cette présence n'est pas considérée comme interdite,
mais elle n'est que tolérée puisque le policier peut s'y opposer et si le policier admet cette
présence, l'avocat n'a aucun droit explicite de participer à la procédure.
Un témoin selon le dictionnaire lexique des termes juridiques est « simple particulier invité à
déposer, dans le cadre d’une enquête ou sous la forme écrite d’une attestation, sur les faits
dont il a eu personnellement connaissance, après avoir prêté serment de dire la vérité.» 57
Un renseignant est toute personne ayant des liens soit d’alliance, soit de parenté ou d’amitié
avec l’une des parties en cause, qui possède des informations susceptibles d’éclairer la
religion du tribunal mais il ne dépose pas sous serment.
En droit congolais cette notion n’est pas abordée, c’est dans la seule hypothèse en matière
d’infraction flagrante que l’opj peut se déporter sur le lieu et astreindre toute personne dont il
estime l’audition nécessaires à déposer.
Par ailleurs, le recours des enquêteurs à des informateurs ou indicateurs est fréquent, surtout
dans les affaires graves. Quelques législations ignorent cette figure procédurale, comme
l'Espagne et la France, même si en pratique les policiers de ces pays font appel aux
indicateurs. Dans les autres droits européens pour ne parler que d'eux l'informateur fait l'objet
d'une réglementation, qui est d'ailleurs très variée, mais proche d'un État à l'autre. Les sources
sont variées. Citons en Italie l'article 203 CPP, au Royaume-Uni la Regulation of
Investigatory Powers Act. 2000, aux Pays-Bas la loi sur la police de 2012 ainsi que l'article
126 CPP interne. Le régime de cette preuve est en revanche proche d'un pays à l'autre et l'on
en résumera les traits essentiels.
1° L'informateur bénéficie de l'anonymat évidemment puisqu'il entretient par hypothèse des
liens avec le milieu criminel et que la levée de celui-ci l'exposerait à des représailles. Aux
Pays-Bas, les unités de renseignement (Teams Criminal Intelligence, TCI) ont recours à un
système de codes, chaque informateur disposant d'un code et tous les codes étant réunis dans
un registre centralisé. Ces renseignements obtenus par les indicateurs donnent lieu à un
rapport de police formel (rapport TIC) qui porte la mention du nombre d'informateurs ainsi
qu'une indication sur le temps de recueil de l'information ; de plus chaque rapport contient une
évaluation par la police sur la fiabilité de l'information obtenue.
2° L'informateur peut bénéficier d'une récompense. Mais il ne bénéficie pas d'un droit à une
récompense. Celle-ci a une forme monétaire, mais peut aussi prendre la forme d'un abandon
de poursuites. C'est le service d'enquête qui apprécie discrétionnairement.
3°Les éléments fournis par l'indicateur ne constituent pas une preuve essentielle car
l'informateur n'apparaît pas à l'audience et ne peut donc pas être contre-interrogé par la
défense. Cependant, aux Pays-Bas, il peut être décidé par les juges, dans des cas
exceptionnels, de faire comparaître un informateur.
4° L'informateur n'a aucun contact avec l'autorité judiciaire, sauf dans le cas rarissime évoqué
à l'instant. L'autorité judiciaire n'exerce aucun droit de regard sur le recrutement des
informateurs. 5° Enfin l'informateur ne saurait commettre une infraction pour obtenir des
informations. Toutefois, au Royaume-Uni la loi sur les services de renseignements
(Intelligence Services Act. 1994 ) exclut toute responsabilité des informateurs pour leur action
s'ils sont munis d'un mandat (warrant) émis par l'un des services et signé par son ministre de
57
Lexique des termes juridiques, dalloz, Paris, 2017-20218 , p.1996.
47
tutelle. En définitive, les renseignements fournis à la police par les informateurs sont utiles à
la justice, sinon comme preuves directes, du moins comme indices permettant aux enquêteurs
d'orienter utilement leurs investigations.
CONCLUSION
En dépit de cératines divergence liées aux deux systèmes dans l’accomplissement de la
règle de droit on peut néanmoins noter aussi quelques traits de convergence. Le point de
convergence entre le droit interne (droit national) et le droit comparé réside dans leur objectif
commun : comprendre et analyser le droit pour mieux le comprendre, le modifier et l'adapter
aux besoins de la société. Le droit interne est le droit spécifique d'un État, tandis que le droit
comparé étudie les similitudes et différences entre les systèmes juridiques nationaux.
UNIVERSITÉ DE GOMA
BP 204 GOMA
49
Membres du groupe :
1. BIENVENU MULENGEZI
2. BAHATI BERNARD
3. BUKENGERE MATABARO
4. CHARLOTTE KITENGE
INTRODUCTION
Pour parler des atteintes au principe la présomption d’innocence, il va falloir au
prélude disséquer les mots clés fars s’y trouva, dont : atteintes, présomption et innocence. Et
au crépuscule, nous dirons ce que veut dire droit de la défense le principe de la présomption
d’innocence. Certes, un focus sera fait avec une approche comparative entre les deux
systèmes juridiques traditionnels qui sont le common law et celui dit romano- germanique.
Ainsi, selon le dictionnaire français, une atteinte. Elle constitue un ensemble des
fautes civiles ou pénales lésant le droit de chaque citoyen au respect de sa personnalité.
Ensuite, les présomptions sont des conséquences que la loi ou le magistrat tirent d’un fait
connu à un fait inconnu.58 Ainsi, on distingue entre présomption réfragable ou juris tantum
(celle qui peut être renversée par la preuve contraire par tout moyen de droit.) et présomption
irréfragable ou présomption légale (celle qui a un caractère absolu. Elle ne peut généralement
être renversée). L'innocence est la qualité de celui qui n'est pas coupable d'une faute
déterminée. Par ailleurs, la présomption d’innocence est un principe selon lequel, en matière
pénale, toute personne poursuivie est considérée comme innocente des faits qui lui sont
reprochés, tant qu’elle n’a pas été déclarée coupable par un jugement irrévocable de la
juridiction compétente.59
Sur ce, ce principe est garanti par l’article 14, §2 du Pacte International relatif aux
Droits Civils et Politiques, l’article 6, §2 de la Convention Européenne des Droits de
l’Homme, l’article 48 §1 de la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne,
l’article 7, 1.b de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, l’article 11 de la
Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de l’ONU et par l’article 17 alinéa 9 de la
Constitution congolaise du 18 février 2006, et bien d’autres instruments juridiques tant
nationaux internationaux en matières des droits de l’homme.
Cependant, ce principe se retrouve handicapé par quelques dispositions légales
et voir même quelques pratiques judiciaires. Sur ce, pour mieux disséquer notre travail, nous
verrons d’un moment à l’autre d’une part, le cas particulier de l'existence de présomptions de
culpabilité ou la charge de la preuve pesant sur l'accusé (premier chapitre) et d’autre part, le
cas général de l'absence de présomptions de culpabilité dans le système accusatoire et le
système inquisitoire (second chapitre).
58
Art. 225 CCLIII.
59
S. GUINCHAR et alii, Lexique des termes juridiques 2017- 2018, Paris, Dalloz, 2017.
51
60
Ordonnance-loi n° 10/002 du 20 aout 2010 portant code des douanes, JORDC, 51e Année Numéro spécial, 26
décembre 2010.
61
Crim. 30 janv. 1989, Bull. crim. nO 33, disposition jugée compatible avec l'article 6 § 2 Conv. EDH., cité par
Jean Pradel, Droit pénal comparé 4 è édition, Paris, Dalloz, 2016.
62
Cour Suprême du Canada, R c. St Onge Lamoureux, (2012), RSC, 187.
52
Charte. Par 5 voix contre 4, la Cour déclara fondée la condamnation, avec les utiles précisions
suivantes :
1. Une présomption légale porte atteinte à la présomption d'innocence si elle fait en
sorte qu'une personne accusée peut être déclarée coupable alors qu'il subsiste un
doute raisonnable dans l'esprit du juge des faits (§ 242) ;
2. La justification d'une présomption légale au regard de la Charte dépend de plusieurs
facteurs, notamment des suivants, l'importance de l'objectif législatif, la difficulté
pour la poursuite de prouver hors de tout doute raisonnable le fait…, la possibilité
pour la personne accusée de repousser la présomption et la facilité avec laquelle elle
peut le faire et, comme le révèle la présente affaire, les progrès scientifiques (§ 31).
Dès lors, la présomption de culpabilité est conforme au droit constitutionnel exprimé
dans la Charte.
D'autres fois, ces présomptions se présentent de façon plus originale dans un pays donné. Le
droit anglais en connaît un certain nombre : le fonctionnaire qui a reçu de l'argent ou un don
doit prouver que cette réception n'a pas pour cause une corruption (Prevention of corruption
Act, 1916) ; le porteur d'une arme dans un lieu public doit justifier d'une autorisation ou d'une
excuse raisonnable (Prevention of crime Act, 1953). Plus généralement dans le cadre de la
procédure du Summary trial , applicable essentiellement aux contraventions, l'article 101 du
Magistrates Court Act de 1980, prévoit que lorsqu'une loi interdit un geste, mais crée une
exception à cette interdiction, c'est à l'accusé de démontrer qu'il se trouve dans le cadre de
l'exception. Le droit français est loin d'ignorer lui aussi ces présomptions et l'on peut citer
l'article L. 121-2 du Code de la route qui présume que le titulaire de la carte grise est coupable
de stationnement illicite de son véhicule sauf à charge pour lui de prouver la véritable identité
du contrevenant ou l'existence d'un cas de force majeure63.
63
Paris 17 mai 1991, JCP 1991-4-403, disposition jugée compatible avec l'article 6-2 Conv. EDH., cité par J.
PRADEL, op. cit.
53
délibérée (dol éventuel) et ajoute qu'il n'y a point de contravention en cas de force majeure :
d'où l'on peut déduire que dans le premier cas, le poursuivant devra prononcer l'une des trois
données psychologiques indiquées à l'instant et, que dans le second (contraventions), au
contraire le prévenu supporte une présomption de culpabilité dont il ne pourra se dégager
qu'en démontrant un cas de force majeure (ou la démence peut-on ajouter par assimilation).
Cette position est comparable aux causes de non-imputabilités prévues en droit congolais,
telle que la contrainte irrésistible (art. 23 bis§3 CP).
En Angleterre, la jurisprudence avait longtemps admis que lorsque la preuve
apportée par l'accusé est équivoque, l'accusation dispose d'une sorte de bénéfice du doute.
Avec l'article 6 § 2 Conv. EDH introduit en droit anglais par le Human Rights Act 2000, la
jurisprudence est beaucoup moins nette comme l'a montré l'exemple de la possession de
drogue par une personne qui prétend ignorer cette possession. Avec la Chambre des Lords, le
Misuse of Drugs Act 1971 est désormais interprété plus favorablement à l'accusé. Dans l'arrêt
Lambert, la Chambre des Lords décide que, en dépit de la prohibition du commerce des
drogues illégales, faire peser le fardeau de la preuve sur le défendeur constitue une réponse
législative disproportionnée et viole donc l'article 62. Voilà un bel effet de l'article 6 § 2 sur le
droit anglais. Cependant une décision plus récente, de la cour d'appel celle-là, entend limiter
le plus possible la portée de l'arrêt Lambert, « pour simplifier la tâche des juges inférieurs ».
Cependant, peu après, la Chambre des Lords décide que « la solution ne saurait être résolue
par routine, mais par examen de tous les faits et circonstances de la disposition particulière
applicable dans le cas particulier ». La doctrine parle de désordre et de loterie. 66
66
D. Hamler. The presumption of innocence and reverse burden: a balancing act. The Cambridge Low Journal,
mars 2007, p. 142 et s., cité par J. PRADEL. Op. cit.
55
67
Chambre des Lords, M'Naghten's Case [1843] 10 CL et F 200., cité par J. Pradel, op.cit.
68
Cour suprême des États-Unis, Davis, 160 US 69, [1895], et Jackson 443 US 307, [1970]. Il existe pourtant aux
USA actuellement une tendance à se montrer plus exigeant pour l'accusé, à la suite de l'acquittement de l'auteur
d'une tentative d'assassinat sur le président Reagan, v. La preuve en procédure pénale comparée, rapport S.J.
Schulhofer, RID pén., 1992, p. 37., cité par J. PRADEL, op. ct.
69
Du moins dans la jurisprudence du fond, Alger 18 déc. 1948, JCP 1949-II-4900. Car la Cour de cassation est
moins nette, Crim. 9 déc. 1949, RSC 1951, 305, cité par J. Pradel. Op. cit.
56
aux États-Unis. De même, en lisant l’article 23 bis du code pénal congolais, on comprendra
que c’est à l’accusé de prouver son inconscience.70
70
Art. 23 bis de la loi n° 15/022 du 31 décembre 2015 modifiant et complétant le Décret du 30 janvier 1940
portant Code pénal, 52e année, no spécial, JORDC, 29 février 2016.
57
71
Dressler et A. Michaels, Criminal Procedure, I, 2013, LexisNexis. Curieusement, la doctrine anglaise parle
peu de ces deux systèmes et les mots accusatoire et inquisitoire n'apparaissent pas dans l'ouvrage de J. Sprack. A
pratical approach to Criminal procedure, 14e éd., 2013, Oxford University Press, cite par J. PRADEL. Op.cit.
58
spécialisé, le juge chargé des investigations, le juge d'instruction étant le symbole du système
inquisitoire.
Dans l'inquisitoire, ce qui importe, c'est la recherche de la vérité objective par un
juge d'instruction ou par le parquet (avant procès) et par le juge d'audience ou président (lors
procès), la vérité objective étant celle qui est produite non par les parties, mais recherchée par
le juge. Dans l'accusatoire, ce sont les parties qui présentent la preuve au juge ou président, le
procès pénal ressemblant au procès civil, où si l'on préfère, à un duel, où à un tournoi eut -on
dit jadis et c'est pourquoi le droit à la confrontation avec l'accusatoire est d'abord apparu en
common law où les parties ont un rôle essentiel. L'accusatoire traduit peut être un relatif
effacement de l'État devant les individus alors que l'inquisitoire met en avant l'État et l'idée de
service public qui en est le bras séculier.
Les juristes de common law et du système romano-germanique se sont naguère
opposés furieusement, les premiers en faveur de l'accusation et les seconds en faveur de
l'inquisition. Les tenants du système accusatoire soutiennent que « la vérité s'obtient de
meilleure façon par de puissantes déclarations des deux côtés ». En somme, c'est de la
confrontation que jaillit la lumière de la vérité. La cross examination du common law – ou
interrogatoire des témoins, voire de l'accusé s'il accepte de parler, par les parties, était aux
yeux du grand pénaliste américain J.-H. Wignore, « le meilleur instrument qui ait jamais été
inventé pour découvrir la vérité… la plus grande et la plus durable contribution du système
juridique angloaméricain à l'amélioration des méthodes de jugement ». 72 La Cour suprême des
États Unis déclare : « Nous avons appris la leçon de l'histoire ancienne et moderne, que
l'application d'un système pénal qui fait dépendre de la confession (et d'autres preuves
obtenues à partir de l'accusé) l'issue du procès sera, à long terme, moins fiable et davantage
sujet à abus qu'un système qui se fonde sur une preuve extérieure indépendamment obtenue
grâce à une habile investigation ». Et s'il y a certes une place pour un juge, c'est à titre de
contrôle de la régularité de l'enquête conduite par le parquet.
D'un autre côté, les défenseurs de l'inquisitoire peuvent noter qu'avant le procès, le
juge est indépendant du parquet et impartial à l'égard de l'accusé, puisqu'il n'est pas auteur de
la poursuite et qu'il est donc plus à l'aise pour agir à charge et à décharge, et qu'au final ce
type de procédure aboutit à une vérité et pas à deux vérités, celle du poursuivant et celle de
l'accusé.73 Ils ajoutent que l'accusé dans le système inquisitoire peut aussi exercer son droit de
72
J.-H. Wigmore, A Treatise on the System of Evidence in Trials at Common Law, Boston, Little Brown and Cie,
1904, vol. II, § 1367, cité par J. Pradel, op .cit.
73
J. L. Sauron, Les vertus de l'inquisitoire ou l'État au service des droits, Pouvoirs, no 55, PUF, 1990, p. 53 et s.
59
ne rien dire de sorte que l'argument anglo-américaine selon lequel l'accusé peut être amené à
témoigner contre lui-même ne semble pas pertinent. Enfin, même si le parquet est
indépendant de l'exécutif, on n'exclut pas les ordres par téléphone et surtout il faut tenir
compte des apparences : il ne suffit pas que le procureur soit indépendant, il faut encore qu'il
apparaisse comme indépendant. Mais dans la réalité la distinction, même si elle garde sa
valeur, est nuancée.
plus souvent, le législateur a prévu des textes propres à la phase préparatoire et à la phase
décisoire. Cependant l'égalité est moins affirmée lors de la phase préparatoire que lors de la
phase décisoire (système accusatoire).
a) La phase préparatoire
Dans le système accusatoire de common law, et selon les droits positifs, la charge
des investigations pèse sur le ministère public, aidé par la police judiciaire. Selon le CPP
italien « les fonctions de la police judiciaire sont exercées sous la direction de l'autorité
judiciaire » (art. 56), c'est-à-dire lors des enquêtes préliminaires par le ministère public » (art.
51).
Dans le système inquisitoire romano-germanique, là où existe encore le juge
d'instruction, les parties et le ministère public peuvent réclamer à celui-ci des actes
probatoires. Un certain formalisme est cependant organisé. Ainsi en France, le demandeur
privé doit faire une demande motivée et une déclaration au greffe et, après avis du parquet, si
le juge refuse d'accéder à la demande, il doit rendre une ordonnance motivée susceptible
d'appel devant la chambre de l'instruction. De même l'article 182 CPP néerlandais permet au
suspect de demander au rechter commissaris d'effectuer certaines investigations : la requête
doit être motivée, écrite et indiquer les actes sollicités. La demande est transmise au parquet
qui donne son avis par écrit. Le rechter commissaris peut entendre le suspect celui-ci étant
assisté par son avocat et le ministère public peut être présent. En cas de refus du rechter
commissaris, l'intéressé peut faire appel. L'article 183 permet au suspect de se joindre à
l'enquête s'il en a fait la demande par écrit et là encore si le rechter commissaris s'y oppose, le
suspect peut faire appel. Enfin, selon l'article 185 CPP, (loi du 1er janvier 2013), le rechter
commissaris peut provoquer une réunion avec le procureur et le suspect pour faire le point sur
l'enquête et conduire le cas échéant d'autres investigations.
Désormais, donc le statut de la personne poursuivie est aligné sur celui du
poursuivant qui a toujours pu demander au juge d'instruction telles mesures d'instruction
jugées par lui nécessaires. Cependant, le fait que les investigations soient conduites par le
ministère public et la police n'empêche pas la personne soupçonnée de réclamer des actes
d'investigations.
Par ailleurs, il sied de rappeler pour la phase en RDC, une phase inquisitoriale
qu’au cours de cette phase, le principe sacro-saint de la présomption d’innocence est mis en
mal car la pratique judiciaire au niveau des juges remet également en question ce principe
puisque les juges, se basant sur le dossier constitué de manière unilatérale par l’OMP, veulent
61
poser au prévenu des questions qui vont toutes inviter celui-ci à démontrer qu’il n’est pas
coupable.
b) La phase décisoire
Alors que la phase préparatoire est encore plus ou moins inquisitoriale, la phase
de jugement est dans beaucoup de législations essentiellement accusatoires de sorte que règne
le principe d'égalité des armes pour la recherche de la preuve (v. art. 6 Conv. EDH) : l'accusé
jouit à égalité avec le poursuivant du droit d'offrir des preuves au tribunal.
Paragraphe 2. Rôle du Juge
Le juge participe lui aussi à la recherche de la preuve encore que son rôle soit
fondamentalement différent dans le système romano-germanique (plutôt inquisitoire) et dans
celui de la common law (nettement accusatoire).
1. Dans le système inquisitoire romano-germanique
a) Lors de la phase préparatoire
Le juge plus précisément, le juge d'instruction, cette figure emblématique du système
inquisitoire a un rôle très actif encore qu'il faille distinguer historiquement et
schématiquement deux phases, correspondant à deux variantes du système inquisitoire.
Enfin, à la fin de la phase préparatoire, il est souvent prévu un juge avec mission de
décider soit l'arrêt de la procédure, soit le renvoi en jugement. Ce juge est le juge
d'instruction.
b) À l'audience
Le juge entend le tribunal ou la Cour, dirige l'instruction et peut procéder à
l'audition d'un témoin, recourir à un expert, voire ordonner un transport sur les lieux et même
décider un supplément général d'information.
Dans certaines législations, existe même au profit du président de la cour d'assises
un pouvoir appelé discrétionnaire, qui lui permet d'ordonner séance tenante toutes
investigations utiles. En Allemagne où l'on parle beaucoup de vérité « matérielle », c'est-à-
dire aussi précise que possible et recherché par le juge, non par les parties, on enseigne que la
recherche de cette vérité est un devoir d'office du tribunal : la preuve repose sur les faits eux-
62
mêmes, sur l'instruction (Ermittlungsgrundsatz ) de sorte que le juge doit d'office rechercher
tous éléments de preuve, indépendamment de toute demande des personnes poursuivies.
Il en résulte que le tribunal après avoir recherché les preuves peut les apprécier
directement, sans intermédiaire : le tribunal doit se prononcer à partir des preuves directement
présentées devant lui, et ce que les juges ont pu, lors des débats entendre peut servir de
fondement à leur décision.
2. Dans le système accusatoire de common law
a) Avant le procès
Dans le principe, le juge ne pratique aucun acte d'investigation, ce domaine étant
réservé au ministère public. Ainsi l'article 9 CPP argentin de 2015 intitulé « Séparation des
fonctions » décide que « les représentants du ministère public ne peuvent réaliser d'actes
juridictionnels et les juges ne peuvent réaliser d'actes d'investigations ou d'actes qui
faciliteraient la poursuite pénale ». Le seul rôle du juge, avant procès, est de décider à la
demande du parquet, la détention provisoire qui n'est pas un acte d'investigation (système
accusatoire). Par la suite, ce juge verra ses pouvoirs étendus à des mesures intrusives comme
les perquisitions et écoutes téléphoniques. Ce juge est appelé juge de l'instruction, juge des
garanties, juge du contrôle selon les Codes, ce qui rappelle un peu le juge des libertés et de la
détention du droit français (système accusatoire). Rappelons enfin que le juge peut procéder,
le cas échéant, à un acte précis d'investigation.
b) A l'audience
Le principe est encore celui de la passivité relative du juge, son incapacité à
investiguer lui-même : comme le précise la jurisprudence anglaise, « le juge qui interroge lui-
même les témoins est considéré comme descendant dans l'arène et est conduit à avoir une
vision obscurcie par la poussière du conflit. Inconsciemment, il se prive lui-même de
l'avantage de l'apaisement et d'une observation dépassionnée ». 75 Pareillement, l'article 498
CPP italien indique que « les questions sont posées directement par le ministère public et par
le défenseur qui a demandé l'interrogatoire du témoin ». L’article 264 CPP argentin dit
exactement la même chose.
Dans le procès avec jury, il existe une particularité : le juge à la fin de l'audience
résume l'affaire et analyse les preuves à l'intention du jury (summing up ) et il peut même
avertir le jury de la fragilité d'un témoin à charge ; il est vrai qu'il doit indiquer au jury qu'il
peut ne pas tenir compte de ses commentaires. Dans tout procès, avec ou sans jury, il a même
un pouvoir qui s'apparente au pouvoir discrétionnaire admis en Europe continentale : devant
75
Lord Green dans l'arrêt Yuill c. Yuill, (1945), 1 AII E.R. 183, CA, 189, cité par J. PRADEL, op.cit.
63
sconduire la procédure en arbitre impartial, il peut refuser que soient posées aux témoins des
questions trop éloignées des faits ou tendant à faire apparaître des éléments dont la preuve est
interdite (comme le casier judiciaire), il peut même interroger un témoin pour lui faire
compléter ses explications, voire en convoquer un ou ordonner la production d'une déclaration
pour assurer ce que le droit criminel canadien appelle au profit du défendeur, une « pleine
réponse et défense ». Et les Anglais ne critiqueraient pas un arrêt de la Cour suprême du
Canada allant jusqu'à juger : « Il est clair que l'on n'exige plus du juge la passivité d'autant :
d'être… un juge sphinx. Mais seulement, acceptons-nous aujourd'hui que le juge intervienne
dans le débat, mais croyons-nous aussi qu'il est parfois essentiel qu'il le fasse pour que justice
soit rendue effectivement. Ainsi un juge peut et parfois doit poser des questions aux témoins,
les interrompre dans leur témoignage et au besoin les rappeler à l'ordre… ».
Il faut noter enfin que, à l'instar du modèle inquisitoire, le modèle accusatoire n'est
pas unique et l'on a pu même écrire que le système italien n'est pas vraiment accusatoire 76 On
tentera de synthétiser comme suit de façon approximative le rôle des organes de justice dans
les deux systèmes, l'inquisitoire et l'accusatoire.
76
C. Mauro, De quelques lieux communs à propos du système italien, in Les procédures accusatoires, sous la
direction de M. Benillouche, PUF, Coll. « Colloques », 2012, p. 85-90.
64
CONCLUSION
Pour clore le présent travail, il importe de rappeler que l’essentiel du présent
travail se trouve dans l’ouvrage de Jean Pradel, intitulé « Droit pénal comparé ». Ainsi, le principe
de la présomption d’innocence est parmi le corollaire du véritable Etat de droit, et par ricochet de
tout procès. Ce principe soutient que toute personne soit considérée par nature « innocente », à
moins que seul par un jugement à l’issu du procès que le Tribunal la déclare coupable. Par
ailleurs, ce principe bien qu’étant consacré par une panoplie des textes juridiques tant interne
qu’international, se heurte malheureusement à des atteintes relevant d’une part de la loi et d’autre
part des pratiques judiciaires comme démontré dans le développement du présent travail. Il
importe de rappeler en outre que ce principe est appréhendé avec quelques particularités, selon
qu’on est dans le système common law ou dans le système romano- germanique.
Cependant, il advient que le texte d'incrimination réfute l'élément matériel
constitué de sorte que c'est à l'accusé de démontrer que la présomption posée par la loi ne
correspond pas à la réalité. De telles présomptions sont fréquentes car elles correspondent à la
réalité et il serait très difficile au poursuivant de le démontrer. C’est le cas en RDC, des
infractions douanières contenues dans le code des douanes.
En plus, nous avons estimé qu’il y a atteinte au principe de la présomption
d’innocence lorsqu’il y a présomption de culpabilité légalement consacré comme indiqué dans la
partie ci-dessus, par exemple pour les infractions douanières où l’accusé est présumé coupable
avant tout procès jusqu’à ce qu’il démontre qu’il est innocent. A défaut de prouver son innocence,
il est condamné comme coupable.
Enfin, il est curieux de constater que le principe de la présomption d’innocence est
éloquemment prévu par des textes juridiques et en même, d’autres textes juridiques ou autres
pratiques judiciaires y portent atteinte.
65
QUESTIONS
Réponse : comme dit dans le travail, il existe des atteintes à la présomption d’innocence
prévues et d’autres qui s’observent dans les pratiques judiciaires. Ainsi, parmi les atteintes au
principe sous examen qui s’observe en droit congolais, il en existe plusieurs mais nous
pouvons citer :
Par ailleurs, il est de principe qu’en matière pénale, la charge de la preuve incombe au
ministère public. C’est aussi constitutionnel que toute personne accusée d’une infraction soit
présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie par un jugement définitif. 77
Néanmoins, pour les infractions douanières, celles de falsification des denrées
alimentaires mais aussi les termes de l’article 23 bis du code pénal dite de 2015, il s’observe
qu’il y ait plutôt présomption de culpabilité car la personne accusée est présumée coupable
d’un part et c’est à l’accusé qu’incombe la charge de la preuve d’autre part. En vrai, ces trois
lois précitées portent atteinte au principe de la présomption d’innocence qui suppose
l’innocence de toute personne avant tout jugement définitif d’une part et il faut que la charge
de la preuve incombe à l’accusation, en l’occurrence le Ministère public 78. En fait, La
présomption d’innocence impose le fardeau de la preuve à l’accusation79
77
Art. 17 in fine de la constitution congolaise.
78
J-M TASOKI MANZELE, procédure pénale congolaise, Paris, L’ Harmattan, 2016, p 276.
79
J-M TASOKI, op.cit, p 413.
66
Question 2. Si vous estimez que la loi douanière contient des dispositions allant dans le sens
de porter atteinte à la présomption d’innocence peut-on en déduire que le législateur a prévu
de manière tacite une présomption de culpabilité ?
Réponse : nous répondons par l’affirmatif que le législateur a prévu tacitement une
présomption de culpabilité et a écarté la présomption d’innocence.
UNIVERSITE DE GOMA
‘‘UNIGOM’’
BP 204 GOMA
FACULTE DE DROIT
80
KAVUNDJA N. MANENO Telesphore, l’indépendance et l’impartialité du juge en droit comparé belge, français
et de l’Afrique francophone, UCLouvain, Louvain, 2005.
68
principe sous examen en citant les causes de récusation des juges en ces mots : « tout juge
peut être récusé pour l’une des causes limitativement énumérées ci-après : … 4. S’il existe des
liens de dépendance étroite a titre domestique, de serviteur ou d’employé entre lui et l’une des
parties ; … »83
§ 2 : la portée du principe de l’indépendance de la justice
Dans le présent paragraphe nous tacherons de distinguer l’indépendance judiciaire et la
démocratie constitutionnelle en deuxième lieu nous distinguerons l’indépendance judiciaire et
l’Etat de droit.
1˚ : Démocratie constitutionnelle et indépendance judiciaire :
De part le monde, les pays en voie de développement s’engagent sur la voie de la démocratie.
L’expérience mondiale montre que les objectifs démocratiques prennent du temps avant de
s’ancrer dans les cultures et pratiques nationales et locales. Un pouvoir judiciaire indépendant
et responsable, le respect des droits de l’homme et libertés publiques, la sécurité des droits de
propriété et contractuels sont des objectifs qui ne peuvent être atteints qu’à long terme. En
l’absence d’un pouvoir judiciaire indépendant, ces principes démocratiques et
constitutionnels, issus du droit international, des constitutions nationales et de la
jurisprudence, ne peuvent être mis en œuvre de manière juste et équitable.
2˚ : Etat de droit et indépendance judiciaire :
L’Etat de droit est l’un des piliers de la démocratie. La mise en place d’un véritable Etat de
droit requiert un pouvoir judiciaire juste, impartial et indépendant mais également
responsable, respecté et soutenu par le public. Par le passé, les réformes judiciaires, tout
comme certaines réformes économiques et politiques, ont souvent été trop techniques et ont
démontré un intérêt disproportionné pour les cercles les plus élevés de la magistrature.
Nombre sont celles de ces réformes qui ont échoué en raison du manque de soutien à moyen
ou long terme, essentiellement dû au fait qu’aucun ou peu d’effort a été consacré à la
promotion d’une participation active de la société civile ou à la prise en compte des conditions
historiques, locales et socioéconomiques dans le cadre de l’élaboration et de la mise en œuvre
d’ambitieux projets de réforme. 84
SECTION II : LES ATTAQUES CONTRE L’INDEPENDANCE DE LA JUSTICE
MILITAIRE EN RDC
Au nombre des défis majeurs auxquels la justice militaire est confrontée, il convient de
mentionner celui de son indépendance. Bien que d’importantes innovations aient été
introduites dans ce domaine, force est de constater qu’il y a encore des efforts à fournir avant
que l’indépendance du pouvoir judiciaire ne connaisse un début d’effectivité dans la
magistrature militaire. Une évolution positive a été notée au cours des dernières années.
Pendant longtemps les tribunaux militaires ont siégé sous la présidence d’un officier nommé
83
La loi organique n˚13\011-B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétences des
juridictions de l’ordre judiciaire.
84
L. Aucoin, indépendance judiciaire : perspective mondiale et leçons émergeantes relatives à la séparation des
pouvoirs dans le cadre d’une démocratie constitutionnelle, 2004. Pp 1,2.
70
par le commandement militaire et n’ayant pas les qualifications pour être magistrat. Le
magistrat de carrière attaché au tribunal siégeait dans le collège des juges comme simple
membre parmi les autres officiers mais ne dirigeait pas les débats du procès. Quant aux
procureurs (auditeurs militaires), ils étaient, en vertu de leur fonction, directement attachés au
commandement et à l’exécutif comme conseillers. Le plus gradé parmi eux, l’auditeur
général, exerçait automatiquement les fonctions de conseiller juridique du ministre de la
Défense en temps de paix ou, en temps de guerre, celui du Président de la République. Par
ailleurs, l’auditeur général était le chef du corps de justice militaire et il avait donc préséance
sur les magistrats du siège. Cette atteinte à l’indépendance du siège à l’égard du parquet était
confirmée par le pouvoir reconnu à l’auditorat militaire de convoquer les audiences des
juridictions militaires. Au fil du temps, certaines de ces atteintes à l’indépendance du pouvoir
judiciaire ont été progressivement supprimées. La Conférence nationale souveraine tenue en
1992 a adopté, parmi ses résolutions, celles préconisant l’abrogation de toutes les dispositions
légales qui portaient atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Dans la suite de ces
résolutions, la présidence des compositions des juridictions militaires a été progressivement
confiée aux magistrats militaires au détriment des officiers n’ayant pas de qualité de
magistrats. Parallèlement, l’indépendance du siège à l’égard du parquet et la préséance des
juges sur les magistrats du parquet ont été rétablies.
Le Code judiciaire militaire promulgué en 2002 et la Constitution entrée en vigueur en 2006
ont supprimé un nombre important d’autres entraves à l’indépendance de la magistrature
militaire. Ainsi, la nomination des magistrats militaires doit désormais obéir aux règles du
statut des magistrats et ne plus se faire par réquisition effectuée par les hauts magistrats. De
même, ces textes ont sensiblement limité l’autorité du ministre de la Défense sur la justice
militaire. Celui-ci ne peut désormais plus émettre que des demandes de poursuites (injonction
positive) et ne peut plus ordonner qu’il soit mis fin aux poursuites déjà enclenchées. Dans les
faits, néanmoins, des attaques ouvertes contre l’indépendance des magistrats militaires sont
menées de façon régulière par les membres de l’exécutif, le commandement des forces armées
et par la hiérarchie judiciaire militaire elle-même. L’ingérence de l’exécutif dans
l’administration de la justice militaire n’est pas un phénomène nouveau. Elle a néanmoins pris
des proportions inquiétantes depuis le début de la transition en 2003. Plusieurs raisons
expliquent l’accroissement des intrusions répétées du pouvoir politique dans le
fonctionnement de la justice militaire. Pendant la guerre, le gouvernement s’est allié à certains
mouvements insurrectionnels au détriment des autres. Entre le gouvernement et certains
mouvements insurrectionnels, il s’est ainsi tissé des liens dont le gouvernement a du mal à se
soustraire et qui le poussent à agir contre l’indépendance de la justice militaire pour protéger
des chefs de groupes armés poursuivis devant elle.
Des pressions politiques sont également exercées sur les magistrats pour les pousser à
abandonner des poursuites déjà commencées contre des anciens alliés parmi les chefs des
mouvements de rébellion ou de résistance. De telles pressions ont été exercées, parmi tant
d’autres cas, dans les poursuites contre Gédéon Kyungu Mutanga, ancien chef May-May du
Nord-Katanga depuis le 12 mai 2006, date de sa reddition à la Monuc et de sa remise par
celle-ci aux autorités congolaises. La protection dont il a bénéficié de la part de ses anciens
alliés du gouvernement de Kinshasa a pris la forme des pressions pour influencer le cours de
71
l’instruction à son égard et de son hébergement, en guise de détention provisoire, au mess des
officiers des FARDC plutôt que dans une cellule de détention. Par ailleurs, les gouvernements
successifs ont fait de l’abandon des poursuites judiciaires contre les chefs de groupes armés
une des pièces centrales de leur politique de la paix ; ils exercent donc des pressions pour
qu’il soit mis fin à des poursuites déjà enclenchées dans certains cas. Dans une des plus
récentes manifestations des pressions politiques contre l’indépendance de la justice, le
gouvernement a interdit aux magistrats militaires de poursuivre les chefs et les combattants
des groupes armés basés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, en particulier ceux du mouvement
rebelle Conseil national pour la défense du peuple (CNDP). Une lettre du ministre de la
Justice du 9 février 2009 a instruit le Procureur général de la République et l’auditeur général
des Forces armées de la République démocratique du Congo « de ne pas engager des
poursuites contre les membres desdits groupes armés et d’arrêter celles déjà initiées. » Les
magistrats militaires subissent également des pressions du commandement des forces armées.
Agissant soit par ignorance, soit délibérément dans le but de miner l’indépendance de la
justice militaire, des officiers s’arrogent le droit soit d’interdire les poursuites à l’encontre des
éléments placés sous leur autorité, soit de soumette lesdites poursuites à leur autorisation
préalable. De telles immixtions prennent parfois la forme ouverte d’écrits, a l’instar de la
justice militaire et le respect de L’Homme cas d’une lettre du 24 juillet 2006 par laquelle le
général Mbuyamba Nsona, commandant des opérations dans l’Ituri faisait savoir à l’auditeur
militaire de garnison de Bunia que toute convocation, tout mandat de comparution ou
d’amener émis par ce dernier devra désormais « être impérativement approuvé par le
Commandant des opérations. » Les magistrats militaires ont parfois payé très cher leurs
tentatives de résistance aux immixtions du commandement. Alors commandant de la
neuvième région militaire, le général Jean-Claude Kifwa « Tango Tango » a ordonné le 28
juillet 2007 que des actes de torture et des mauvais traitements soit infligés à quatre magistrats
de l’auditorat de garnison de Kisangani, auxquels il reprochait d’avoir ignoré son autorisation
avant de déclencher des poursuites. Pour préserver l’indépendance du pouvoir judiciaire,
élément essentiel de la démocratie et du respect des droits de l’homme, il est important que le
gouvernement et les hauts responsables de la justice militaire respectent scrupuleusement les
procédures établies par le statut des magistrats, particulièrement en ce qui concerne la
nomination, la révocation ainsi que la rotation des magistrats. Ils doivent veiller en particulier
à ce qu’il soit immédiatement mis fin à la pratique des mutations intempestives des magistrats
en cours d’instruction. Le Conseil supérieur de la magistrature devrait collaborer avec les
syndicats des magistrats et les organisations des droits de l’homme à l’accompagnement des
magistrats dans leur résistance aux tentatives de violation de leur indépendance, ainsi qu’à
l’amélioration des conditions de vie et de travail des magistrats afin de les mettre à l’abri de la
corruption. La nomination des magistrats militaires dans l’ordre judiciaire par le Président de
la République doit, en vertu de la loi, être proposée par le Conseil supérieur de la magistrature
et échapper complètement au commandement militaire. Elle doit, en outre, être complétée par
une autre nomination dans l’ordre militaire, pour placer les magistrats au grade égal ou
supérieur à celui de l’officier le plus gradé de leur juridiction pour les mettre en position
d’exercer leurs fonctions en toute indépendance.85
85
M. Wetsh’okonda koso, la justice militaire et le respect des droits de l’homme, society institute for southern
africa, 2009, p7. ;
72
Les juges assesseurs militaires jouent un rôle spécifique dans le système judiciaire congolais,
notamment en matière de justice militaire. Leur mission consiste à participer à la formation du
jugement dans les affaires relevant du droit militaire, souvent dans des juridictions
spécialisées telles que les tribunaux militaires. Selon la Constitution et le Code de procédure
militaire congolais, ces juges doivent concilier leur devoir d’impartialité avec leur fonction de
représenter l’autorité militaire. Leur indépendance est donc essentielle pour garantir un procès
équitable, dans le respect des droits de la défense et du principe de la séparation des pouvoirs.
Le droit positif congolais prévoit plusieurs mécanismes visant à assurer l’indépendance des
juges assesseurs militaires. La Constitution de la RDC garantit la séparation des pouvoirs, en
affirmant notamment l’indépendance de la justice. De plus, le Code de procédure militaire
précise que les juges doivent exercer leur fonction en toute impartialité et indépendance, sans
subir d’instructions ou de pressions extérieures.
73
Cependant, ces garanties juridiques restent souvent théoriques si leur application pratique est
insuffisante. La nomination des juges, leur carrière, et leur contrôle disciplinaire peuvent
parfois être influencés par des considérations militaires ou politiques, compromettant ainsi
leur autonomie. La dépendance hiérarchique au sein de l’appareil militaire, notamment en
matière de discipline et de promotion, peut aussi entacher leur indépendance.
§ II. Les défis et enjeux liés à l’indépendance des juges assesseurs militaires
Plusieurs défis entravent réellement l’indépendance des juges assesseurs militaires en RDC.
D’une part, la forte influence de l’autorité militaire sur les institutions judiciaires peut limiter
leur liberté d’action. D’autre part, le contexte sécuritaire et politique du pays, marqué par des
conflits armés et des tensions politiques, accentue la vulnérabilité de la justice militaire face à
des pressions externes.
Pour renforcer l’indépendance des juges assesseurs militaires en RDC, plusieurs mesures
peuvent être envisagées. Il est essentiel de renforcer la législation en matière de protection de
l’indépendance judiciaire, notamment par la mise en place de mécanismes de contrôle et de
surveillance indépendants. La formation continue des juges militaires sur leurs droits et
devoirs en matière d’indépendance est également indispensable.
86
YVES J. MANZANZA LUMINGU, guide pratique d’accès à la justice en RDC, mediaspaul, Kinshasa, 2010, pp 19-
23.
87
ibidem.
74
CONCLUSION
L’indépendance des juges assesseurs militaires en RDC demeure un enjeu crucial pour la
crédibilité et l’effectivité de la justice militaire. Bien que le droit positif congolais prévoit des
garanties juridiques en ce sens, leur application pratique reste souvent limitée par des facteurs
historiques, institutionnels et politiques. La consolidation de leur autonomie passe par une
réforme profonde du système judiciaire militaire, accompagnée d’une volonté politique forte
et d’un engagement constant en faveur des principes fondamentaux de l’État de droit
La question de l’indépendance des juges assesseurs en RDC reste une préoccupation majeure.
Si le cadre juridique garantit théoriquement leur autonomie, la pratique peut encore présenter
des vulnérabilités qu’il faut adresser pour renforcer la crédibilité et la légitimité de la justice
militaire. La perception de partialité ou de dépendance de la justice militaire envers l'autorité
supérieure ou politique.
La nécessité de renforcer les mécanismes pour assurer une véritable indépendance et une
impartialité effective des juges assesseurs.
La formation et le mécanisme de sélection rigoureux peuvent contribuer à améliorer cette
indépendance.
Le droit congolais, notamment le Code de procédure pénale militaire, encadre la désignation,
la fonction et les responsabilités des juges assesseurs, en insistant sur leur indépendance et
leur impartialité. Il est important de vérifier si ces textes garantissent une séparation claire
75
UNIVERSITÉ DE GOMA
BP 204 GOMA
Membres du groupe :
5. BIENVENU MULENGEZI
6. IKUZWE BARIYANGA Dorcas
7. KASEREKA KATSUVA
L’absence de recours aux arrêts rendus par la cour militaire opérationnelle est une
thématique qui a d’intérêt pratique et théorique. Cette thématique a selon notre appréciation
trois mots clés : recours, arrêt, cour militaire opérationnelle.
Parlant du recours, il s’agit en fait du concept voie de recours. Ainsi, les voies de
recours sont entendues comme des Moyens expressément mis à la disposition des plaideurs
pour leur permettre d’obtenir un nouvel examen du procès (ou d’une partie de celui-ci) ou de
faire valoir les irrégularités observées dans le déroulement de la procédure.88
Ensuite, un arrêt est une décision de justice rendue par certaines juridictions cours
d’appel, Cour de cassation, juridictions administratives autres que les tribunaux administratifs,
etc.89
La cour militaire opérationnelle, il s’agit d’une juridiction militaire aux termes de
l’article 1 du code judiciaire militaire.
Sur ce, l’absence de toute voie de recours pour ce qui concerne les arrêts rendus
par la cour militaire opérationnelle, nécessite un approfondissement dans un cadre
scientifique. Voilà pourquoi, au cours du présent travail nous ferons au prélude, une petite
présentation de la cour militaire opérationnelle en tant qu’une des juridictions militaires en
RDC d’une part (chap. 1), et au crépuscule, nous allons faire quelques commentaires quant à
l’absence des voies de recours pour la cour militaire opérationnelle (chap. 2).
88
Serge Guichard et alii, Lexiques des termes juridiques 25e Edition 2017-2018, Paris, Dalloz, 2017.
89
Idem
77
Il est sûr qu’en RDC la justice est dévolue aux cours et tribunaux civiles et
militaires.90 et comme vu précédemment, la justice militaire est rendue en République
Démocratique du Congo par les juridictions militaires qui sont : les Tribunaux Militaires de
Police ; les Tribunaux Militaires de Garnison ; les Cours Militaires et les Cours Militaires
Opérationnelles ; la Haute Cour Militaire.91 Néanmoins, il est sans doute que toutes ces
juridictions appelées à rendre justice sont permanente à l’exception de la CMO. Ainsi, dans le
présent chapitre nous allons démontrer le caractère non permanent de la CMO à la différence
d’autres juridictions (section 1) d’une part, et de son organisation et compétence (section 2)
d’autre part.
90
Art. 149 de la constitution congolaise.
91
Art. 1, CJM.
92
Art 18, CJM.
93
B. MULENGEZI, impact de l’état de siège dans la saisine des juridictions militaires en droit congolais : cas du
Nord-Kivu, mémoire de licence en sciences juridiques, 2023-2024, p 42-43, inédit.
78
94
Art. 20, CJM.
95
J. MAYIZA KALA, Droit judiciaire militaire congolais, Kinshasa, Editions CERJI, Septembre 2021, p. 87
96
Art. 156, in fine de la constitution
97
Art. 246, CJM.
98
Art. 86, CJM.
79
Les Cours Militaires Opérationnelles connaissent des infractions de toutes natures commises par
des justiciables militaires.99
3. Compétence territoriale
Les Cours Militaires Opérationnelles connaissent, sans limite de compétence
territoriale, de toutes les infractions relevant des juridictions militaires qui leur
sont déférées.
99
Art. 86, CJM.
100
Art. 150 al. 1, constitution congolaise
101
Art. 61 de la constitution congolaise
102
NGOTO NGOY, op.cit., p. 209
80
pour la bonne administration de la justice et le déroulement d’un procès équitable. C’est pour
permettre d’éliminer ces erreurs ou ces injustices que la loi a institué des voies de recours. »103
De tout ce qui précède, il est aberrant de constater le rejet expressis verbis fait par le
législateur du code judiciaire militaire en soutenant mordicus que les arrêts rendus par la
CMO ne sont susceptibles d’aucun recours.
Ainsi, le législateur du code judiciaire militaire affirme à l’article 87 que : « Les
arrêts rendus par les Cours Militaires Opérationnelles ne sont susceptibles d’aucun
recours. »
Le même législateur revient pour marteler à sa position à travers l’article 276 en ces termes :
« Excepté les arrêts rendus par les Cours Militaires Opérationnelles, les arrêts et jugements
des Cours et Tribunaux Militaires sont susceptibles d’opposition et d’appel. »
En vrai, les voies de recours sont méconnues devant la Cour militaire
opérationnelle au mépris de la Constitution qui, en ses articles 61 et 156 fait de ce droit au
recours un droit intangible. Cette position législative est systématiquement contraire à
plusieurs textes juridiques hiérarchiquement supérieurs aux quels celui-ci devrait se
conformer. Allusion faite spécialement à la DUDH, au PIDCP, ainsi qu’à la constitution.
De ce fait, le professeur Marcel WATSH’OKONDA KOSO dit que « le droit au
double degré de juridiction est reconnu devant les juridictions militaires. Cette règle souffre
cependant d’une exception : en temps de guerre, les décisions de la Cour militaire
opérationnelle ne sont pas susceptibles d’appel. »104
En revanche, nous estimons que ce n’est pas seulement en temp de guerre que ce
droit fondamental souffre d’atteinte, plutôt même en l’absence d’une guerre car l’implantation
de la CMO du Nord-Kivu en en 2008, était fait sans aucune guerre concrète. Et d’ailleurs dans
l’exposé de motif de l’ordonnance instituant la CMO susdite, aucune circonstance de guerre a
été souligné.
Sur ce, entendu que la justice humaine est sujette des plusieurs imperfections
nonobstant toutes les garanties que la loi a prévues pour la bonne administration de la justice
et le déroulement d’un procès équitable ; voulant permettre d’éliminer ces imperfections et
atteindre l’idéal Etat de droit, la loi a institué des voies de recours afin qu’il ne soit condamné
103
LUZOLO MBAMBI LESSA, manuel de procédure pénale, Kinshasa, PUC, 2011, p 457
104
M. WETSH’OKONDA KOSO, République démocratique du Congo : La justice militaire et le respect des
droits de l’homme, l’urgence du parachèvement de la réforme, Une étude d’AfriMAP et de l’Open Society
Initiative for Southern Africa, 2009, p 86.
81
que les seuls coupables conformément aux infractions dont ils sont reconnus responsable par
un Jugement rendu définitif.
Malgré le caractère définitif des arrêts rendus par la CMO, il est évident que
lesdits arrêts ne manqueraient pas d’imperfection. Voilà pourquoi de lege ferenda, une
révision législative est impérieuse afin que les arrêts rendus par la CMO soient susceptibles de
toute voie de recours. L’inquiétude gémellaire et aussi fondamentale sur cet angle d’idée,
serait de savoir auprès de quelle juridiction se ferait les recours contre les arrêts rendus par la
CMO.
A cet effet, il serait important qu’il y ait abrogation de l’article 87 du code
judiciaire militaire et modification de l’article 276 du code judiciaire militaire. Parlant de la
modification de l’article 276 du Code judiciaire militaire, il serait impérieux que les arrêts
rendus par la CMO soient susceptibles d’appel et d’opposition. Sur ce, l’article 276 qui
prévoit que : « Excepté les arrêts rendus par les Cours Militaires Opérationnelles, les arrêts et
jugements des Cours et Tribunaux Militaires sont susceptibles d’opposition et d’appel. »
Cette disposition après modification sera intitulée : « les arrêts et jugements des Cours et
Tribunaux Militaires sont susceptibles d’opposition et d’appel. »
Ainsi, avec une particularité pour l’appel à la CMO et la Haute Cour Militaire, ces
deux juridictions pourront avoir en leur sein une chambre de première instance et une
chambre d’appel. Pour quelle raison ? En premier lieu, pour la CMO au regard des
circonstances entraînant son implantation, elle doit faire preuve de la célérité. En même
temps, à titre de rappel, la CMO connait des infractions de toute nature commises par tout
justiciable des juridictions militaires en campagne. Voilà que l’état indigent des membres des
Forces armées ne permettrait pas un accès effectif à la HCM, d’où l’intérêt de prévoir pour la
CMO en son sein deux chambres : une de la première instance et l’autre d’appel.
En deuxième lieu, les arrêts rendus par la HCM doivent être susceptibles de recours. La HCM
disposera ainsi de la chambre de première instance et l’autre pour l’appel des seuls arrêts
qu’elle a rendu en première instance.
Par ailleurs, lisant l’article 276, on croirait que les recours inopérants pour les
arrêts rendus par la CMO sont celles ordinaire c’est-à-dire l’opposition et l’appel et que les
recours extraordinaires étaient possibles. Ainsi, avant toute position sur ce point, il conviendra
tout d’abord de donner les voies de recours prévues en droit militaire.
82
Néanmoins, sur le plan fond, le recours en annulation et celui en cassation sont similaire.
Par ailleurs, scientifiquement, l’annulation devant la Haute Cour Militaire s’apparentait à celle
devant la Cour Suprême de Justice siégeant en matière de cassation, car les cas d’ouverture et
la procédure étaient en fait les mêmes conformément aux articles 280 à 301 du Code
Judiciaire Militaire.105 Bien plus, il faut souligner qu’à partir de 2013, le pourvoi en cassation
semble l’emporter sur l’annulation et abroge tacitement le pourvoi en annulation prévu dans le
code judiciaire militaire.
105
J. MAYIZA KALA, op.cit., p. 489
83
La création d’une chambre pénale militaire au niveau de la cassation qui sera chargée
de l’examen des œuvres des juges militaires ;
La conjonction de Hauts Magistrats civils et militaires comme membres de la Cour de
Cassation.
De ce qui précède, il dit, je cite : « mais ayant enlevé à la Haute Cour Militaire tout moyen de
contrôle des décisions des juridictions militaires inferieurs en cas de violation de la loi, l’on
doit s’assurer que la Cour de Cassation exercerait mieux ce contrôle. »
De ce fait, nous pouvons admettre que l’annulation comme voie de recours en
droit militaire n’existe plus car sa ratio legis est pour le moment vide de sens.
Ensuite, Antoine RUBENS dit : « Le droit procédural pénal ayant d'autre part pour mission de
garantir les droits du justiciable, aucune interprétation ne peut être admise qui entamerait les
droits de la défense ou ajouterait quelques rigueurs à l'égard de l'inculpé ; en cas de doute la
loi doit être retenue dans le sens le plus favorable à l'inculpé, au prévenu, au condamné. »106
Par conséquent, revenant aux voies de recours extraordinaires en droit militaire
congolais, précisément à l’article 279 du code judiciaire Militaire il est prévue ce qui suit :
« Excepté les arrêts rendus par les Cours Militaires Opérationnelles, pendant les
circonstances prévues à l’article 18 ci-dessus, les arrêts et jugements rendus par les
juridictions militaires sont susceptibles d’annulation et de révision conformément aux
dispositions du présent Code. »
106
A. RUBENS, le droit judiciaire congolais : l'instruction criminelle et la procédure pénale Tomme III,
Bruxelles, Maison FERD. LARCIER, S.A.1965, p. 52.
84
Sur ce, comparant cette disposition à l’article 153 de la constitution, nous comprendront que
les arrêts et jugements rendus par les juridictions militaires, la Cour militaire opérationnelle
incluse, sont susceptibles de cassation vu que la Cour de cassation connaît des pourvois en
cassation formés contre les arrêts et jugements rendus en dernier ressort par les cours et
tribunaux civils et militaires. Puisqu’il s’agit des arrêts ou jugement rendus en dernier ressort
par les cours et tribunaux civils et militaires, lesquels sont susceptibles de pourvoi en
cassation, il est vrai qu’aux termes du code judiciaire militaire, les arrêts de la CMO ne sont
susceptibles ni d’appel, ni d’opposition, ni de révision ou d’annulation selon les prescrits des
articles 276 et 279. Or, l’article 153 de la constitution s’applique et donne effet à l’application
des deux lois de 2013 énoncées précédemment, pour tous les arrêts et jugements rendus en
derniers ressort par tous les cours et tribunaux civils et militaires. Voilà pourquoi nous
sommes convaincus que les arrêts rendus par la CMO sont en tout état de cause susceptible de
pourvoi en cassation.
Par ailleurs, de lege ferenda, une modification de l’article 279 est nécessaire. La formulation
qu’il doit revêtir est : « les arrêts et jugements rendus par les juridictions militaires sont
susceptibles de cassation et de révision conformément aux procédures particulières pour
chaque cas. »
85
CONCLUSION
Le pouvoir judiciaire est le protecteur par état du respect des droits et libertés
fondamentaux de l’homme. Le recours est perçu comme la solution ultime de protéger la
personne poursuivie contre l’arbitraire du juge et faire de la justice le véritable bouclier de
toute personne contre toute atteinte sur sa personne. D’ailleurs le constituant de 2006, a été
convaincu que le droit de faire recours est un droit qui ne doit être déroger et même lorsqu’il y
a proclamation de guerre ou tout autre état exceptionnel comme l’état de siège ou de guerre.
Cependant, c’est surprenant de voir lire les termes du code judiciaire militaire qui soutient
assidûment que les arrêts rendus par la CMO ne sont susceptible d’aucun recours. Nous
estimons que cette position législative est amplement contraire à la constitution et une
absolution pure et simple des telles dispositions qui font de la CMO, une sainte juridiction qui
ne commet jamais d’erreur, devrait être fait sans condition car la justice humaine a toujours
été imparfaite. Une atténuation de cette imperfection est le recours que le justiciable a
fondamentalement détient comme bouclier contre toute erreur judiciaire.
NECESSITEDE SUPPRESSION DES
Par la suite, de lege ferenda, il est amplement impérieux que le problème anachronique
JURIDICTIONS MILITAIRES EN TEMPS DE PAIX
existant entre le code judiciaire militaire et les lois particulières nouvelles, soit réglé en
actualisant beaucoup plus, le code judiciaire militaire.
UNIVERSITE DE GOMA
‘‘UNIGOM’’
BP 204 GOMA
FACULTE DE DROIT
86
108
S. GUINCHARD (sous-direction), Droit et pratique de la procédure civile, Paris, éd. Dalloz, 2009-2010, n°
10.00-104.62, pp. 2-42.
88
109
Voyez T. KAVUNDJA N. MANENO, L’indépendance et l’impartialité du juge en droit comparé belge,
français et l’Afrique francophone, Thèse de doctorat en Droit, Faculté de Droit, U.C.L., Louvain-la-Neuve,
juin 2005, p. 159-219.
89
avancés est en effet que la vie militaire est complètement différente de la vie civile. Les
soldats vivent dans des conditions particulières. Ces caractéristiques justifient un jugement
émanant d’une Cour Militaire ou martiale où ils seraient jugés par les pairs qui connaissent les
réalités singulières de la vie militaire, plutôt qu’un jugement d’une Cour Civile, étrangère à
ces réalités. Le corollaire est l’argument technique selon lequel la justice militaire serait trop
compliquée pour être confiée à la justice ordinaire. Cet argument n’est pas non plus très
convaincant. Il existe des exemples contraires, comme pour les affaires financières, par
exemple, dont le niveau de technicité est également élevé et qui sont pourtant portées devant
les juridictions ordinaires. En outre, cet argument technique peut être retourné pour dire que
les militaires ne sont pas nécessairement juristes et ne connaissent pas forcément le droit
- La troisième série de justifications est assurément la plus convaincante. Il s’agit des
justifications fonctionnelles. La justice militaire correspondrait à une compétence résiduelle
spécialisée en raison des situations spécifiques qui subsistent. Dans des conditions de conflit,
d’intervention militaire à l’étranger, notamment dans le cadre d’opération de maintien de la
paix ou du même type, une justice adaptée est nécessaire. Dans de nombreux pays de
commonlaw par exemple, les Tribunaux militaires sont souvent les seules Cours compétentes
pour juger les criordinaires n’ont pas de compétence extraterritoriale. Même dans les pays où
les juridictions civiles ont une telle compétence, il leur est plus difficile de juger à l’étranger
alors que les juridictions militaires peuvent être déployées et fonctionner dans le lieu où le
crime a été commis. Ainsi, l’accusé et les victimes sont sur place. Par ailleurs, dans des
situations de crise, il est difficile d’adapter la justice du jour au lendemain. Dans ces cas, c’est
bien si les Tribunaux militaires n’étaient pas compétents pour juger des crimes et délits
commis à l’étranger que ceux-ci resteraient impunis. Il ne faudrait donc pas non plus que le
mieux ne soit l’ennemi du bien. Hors de son territoire, un Etat doit être en mesure de juger ses
ressortissants et de prévenir les violations des droits de l’homme. Ces justifications
fonctionnelles paraissent donc être les plus pertinentes dans la perspective de la lutte contre
l’impunité. Il est ainsi possible de trouver également des justifications en termes de droits de
l’homme à la justice militaire, étant entendu qu’une telle justice doit alors se conformer aux
mêmes garanties que la justice ordinaire. C’est à l’aune de cette analyse qu’une approche
pragmatique et réaliste a été privilégiée dans l’exercice d’élaboration des principes destinées à
assurer la compatibilité des Tribunaux militaires au droit international et aux droits de
l’homme,mes et délits commis à l’étranger dans la mesure où les juridictions
Il conclut qu'aux termes de l’article 153, alinéa 1 de la Constitution Congolaise, il est institué
un ordre judiciaire composé des Cours et Tribunaux Civils et Militaires placés sous le contrôle
de la Cour de Cassation ; leurs organisation, fonctionnement et compétences sont déterminés
par la loi Organique n° 13/011 - B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et
compétences des juridictions de l’Ordre judiciaire et la loi n° 023/2002 du 18 novembre 2002
portant Code Judiciaire Militaire telle que modifiée et complétée à ce jour. Il est dit,
auxtermes de l’article 2 du Code Judiciaire, que le Code d’organisation et compétences
judiciaires s’applique aussi devant les juridictions militaires sauf dérogation expresse émise
par la loi n° 023/2002 susvisée.
2. LES ARGUMENTS TENANT COMPTE DE LA REALITE CONGOLAISE
90
Ici nous allons donner notre point de vue face à cette controverse, de notre coté nous nous
rallions sans hesitation des arguments des auteurs qui pensent que les juridictions militaires
doivent rester meme en temps de paix, parce que selon nous, nous pensons que le fait pour les
juridictions civiles de statuer sur les infractions commises par les militaires exposerait les
juges civils aux militraires car il est bien dit que les militaires doivent jugé leurs semblables.
Fort de ces convictions, en République Démocratique du Congo, la necessité de maintenir les
juridictions militaires en temps de paix est souvent justifiée par la necessité d'assurer la
discipline au sein des forces armées et de traiter les infractions pénales et disciplinaires
commises par les militaires. En plus nous estimons que ces juridictions sont aussi considérées
comme un outil pour lutter contre l'impunité et assurer la résponsabilité au sein des forces
armées.
UNIVERSITÉ DE GOMA
Membre du groupe 8:
MUSIMBWA RAPHAËL
MIRINDi LINDA
91
MUHINDO MUVUNGA
Introduction
La justice militaire en République Démocratique du Congo (RDC) est conçue pour juger les
infractions commises par les militaires ou dans les circonstances prévues par la loi. Dans ce
cadre, les défenseurs militaires agréés jouent un rôle important dans l’assistance juridique
des prévenus devant les juridictions militaires. Toutefois, leur statut soulève des inquiétudes
quant au respect des normes internationales du procès équitable, notamment en ce qui
concerne l’indépendance de la défense.
92
Leur mission découle du principe de garantie des droits de la défense, consacré par l’article
19 de la Constitution de la RDC, qui affirme que toute personne a droit à ce que sa cause soit
entendue équitablement et dans un délai raisonnable par une juridiction compétente,
indépendante et impartiale. Par ailleurs, la loi n° 023/2002 du 18 novembre 2002 portant
93
Code judiciaire militaire, bien qu’ayant été partiellement abrogée, fournit également
certaines précisions pratiques sur l'organisation des rôles et la procédure devant ces
juridictions.
Toutefois, en l’absence d’un statut autonome et clairement codifié pour ces défenseurs
militaires, leur cadre d’action reste flou, et leur position dans la chaîne hiérarchique militaire
soulève des inquiétudes sur leur indépendance réelle. Leur appartenance à la même
institution que les magistrats militaires et les officiers du ministère public renforce ce risque
de confusion entre la fonction de défense et celle de maintien de la discipline militaire, au
détriment du respect strict du contradictoire et de l’impartialité.
110
Art : 19 constitution du 18 / fév /2006
94
#.La possibilité d’assister leur client lors de l’instruction, des audiences, et au cours de toutes
les étapes de la procédure ;
#.L’exercice des voies de recours (appel, opposition, pourvoi) dans l’intérêt du justiciable ;
Toutefois, ces prérogatives sont fortement limitées par leur dépendance à l’institution
militaire. D’une part, leur liberté d’action est restreinte par le devoir d’obéissance à la
hiérarchie militaire, ce qui peut compromettre leur capacité à contester les irrégularités de la
procédure ou à critiquer des actes posés par des officiers supérieurs. D’autre part, ils ne
bénéficient pas des garanties d’indépendance reconnues aux avocats civils, tels que
l'inviolabilité du cabinet, l'autonomie de la profession ou le secret professionnel renforcé.
De plus, leur pouvoir d’intervention est souvent limité aux juridictions militaires, ce qui
empêche leur action dans des procédures civiles ou mixtes. Ils ne sont pas toujours autorisés
à agir dans les affaires impliquant des civils ou des infractions connexes à des actes
terroristes, économiques ou de droit commun, relevant pourtant de la compétence des
juridictions militaires en certaines circonstances.
Enfin, ils ne disposent pas de protection institutionnelle contre les sanctions disciplinaires
militaires, ce qui peut affecter leur impartialité et leur engagement dans les dossiers
sensibles. Le risque de représailles ou d’affectations arbitraires compromet leur capacité à
représenter efficacement un accusé dans des affaires impliquant la hiérarchie militaire ou
des questions de commandement.
Ces limites structurelles appellent à une réforme du cadre d’exercice de la défense militaire
agréée, pour garantir une défense effective, impartiale et conforme aux standards
internationaux du procès équitable.
95
111
L’accès à l’avocat est un élément central du droit à la défense. Tout justiciable doit pouvoir se
faire assister par un conseil librement choisi dès le début de la procédure, notamment lors de
l’instruction préparatoire. En justice militaire, cette exigence se heurte à la pratique de la
désignation d’office de défenseurs militaires agréés, parfois sans que le prévenu ait été
consulté. Cela porte atteinte à la liberté de choisir son défenseur, et fragilise la relation de
confiance indispensable à une défense efficace. En outre, l’accès des avocats civils aux
juridictions militaires reste souvent entravé par des obstacles pratiques et administratifs.
L’impartialité des juridictions est également une condition essentielle du procès équitable.
Elle suppose que les juges ne soient pas soumis à des influences extérieures ou internes
pouvant orienter leur décision. Or, en RDC, les juridictions militaires sont composées
exclusivement de militaires actifs, ce qui crée un risque de partialité, notamment dans les
dossiers sensibles impliquant des membres de la hiérarchie. De plus, le lien organique entre
les juges militaires, les auditeurs (ministère public) et les défenseurs militaires compromet
l’équilibre entre les parties.
Enfin, la publicité des audiences constitue une garantie de transparence judiciaire. Elle
permet au public, aux médias et à la société civile de suivre le déroulement des procès, sauf
exception prévue pour la sécurité nationale ou l’ordre public. En justice militaire congolaise,
cette publicité est souvent restreinte, voire exclue, sous prétexte de secret militaire, alors
même que le justiciable est parfois un civil ou que les faits poursuivis ne relèvent pas
111
Art 14 du ( PIDCP)
96
Ces principes, bien que reconnus en droit, sont donc mis à mal dans leur mise en œuvre
112
effective, appelant à des réformes de fond pour harmoniser la justice militaire congolaise
avec les standards du procès équitable.
Un premier défi majeur est le manque d’indépendance des juridictions militaires. Composées
exclusivement d’officiers des Forces armées, les juridictions militaires sont intégrées dans la
hiérarchie militaire, ce qui crée une confusion entre autorité judiciaire et autorité
administrative. Les juges militaires sont souvent dépendants des mêmes autorités que celles
impliquées dans les poursuites, ce qui compromet leur impartialité réelle, surtout dans les
affaires sensibles touchant à la discipline ou à la hiérarchie.
Un troisième défi réside dans la méconnaissance des standards internationaux du droit par
les acteurs militaires de la justice. De nombreux officiers impliqués dans les fonctions
judiciaires n’ont pas reçu de formation continue sur les droits fondamentaux, les normes
internationales de procédure ou la jurisprudence des instances régionales et internationales
(comme la Cour africaine des droits de l’homme).
À cela s’ajoute le manque de moyens matériels et logistiques, qui affecte tant les juges que
les défenseurs. Les audiences sont souvent tenues dans des conditions précaires, les dossiers
sont mal conservés, et les retards dans la procédure sont fréquents. L’absence de greffes
112
Fredy MUKENI , droit pénal et procédure pénale militaire 2023
4. GARAPO, ANTOINE " procès équitable : entre droit et politique " Revue française de droit
constitutionnel ,2009, n'81 ,pp 435_340
Enfin, la confusion des compétences entre juridictions militaires et civiles, notamment dans
les cas impliquant des civils ou des infractions mixtes, crée une insécurité juridique et viole
parfois le droit du justiciable à être jugé par une juridiction compétente, indépendante et
impartiale.
Face à ces défis, des réformes profondes sont nécessaires, notamment la redéfinition du rôle
des juridictions militaires, la professionnalisation de leurs membres, et l’ouverture effective
de la défense militaire à des mécanismes garantissant l’indépendance et l’équité du procès.
Au plan international, la RDC est partie au Pacte international relatif aux droits civils et
politiques (PIDCP). Son article 14 consacre le droit à un procès équitable, notamment :
l’égalité des armes, l’indépendance du tribunal, le droit à un avocat de son choix, et la
publicité des audiences. Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a d’ailleurs
rappelé que, même en matière militaire, les juridictions doivent se conformer aux principes
fondamentaux d’impartialité et de protection des droits.
En outre, à titre comparatif, la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), bien
que non applicable directement en RDC, fournit un cadre de référence souvent utilisé par les
mécanismes africains de protection des droits humains. La jurisprudence de la Cour
européenne (notamment Findlay c. Royaume-Uni, 1997) considère que des juridictions
composées exclusivement de militaires actifs ne peuvent être considérées comme
impartiales et indépendantes, surtout lorsque les juges, le ministère public et la défense
dépendent de la même chaîne de commandement.
Enfin, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, également ratifiée par la
RDC, garantit le droit à une défense pleine et entière (article 7), ce qui implique la liberté de
98
Conclusion
Les défenseurs militaires agréés comblent une nécessité dans un système judiciaire
spécialisé, mais leur statut actuel en RDC pose problème au regard des standards du procès
équitable. Il est nécessaire de revoir leur cadre juridique afin de garantir leur indépendance,
113
7.Art 7 charte africaine de droit de l'homme
8.Art 6 de la convention européenne de droit de l'homme
99
Mais aussi l'état congolais doit prendre des mesures nécessaires pouvant assurer la
représentation des justiciables , car le sérieux problème ici est que ces gens ne sont pas de
juriste de formation et peuvent commettre plusieurs erreurs qui peuvent préjudiciel les
justiciables.
UNIVERSITE DE GOMA
« UNIGOM »
B.P 204 Goma
Assistant : KIRAULI
INTRODUCTION
Parmi ces droits à un procès équitable, nous avons le droit d’être assisté
par un défenseur de son choix. Ce droit est consacré par l’article 19 de la
constitution congolaise à ces termes: « le droit de la défense est organisé
et garanti. Toute personne a le droit de se défendre elle-même ou de se
faire assister d’un défenseur de son choix et ce, à tous les niveaux de la
procédure pénale, y compris l’enquête policière et l’instruction pré
juridictionnelle. Elle peut se faire assister également devant les services
de sécurité.»115 Également, l’article 61 point 5, a accordé à ces droits un
caractère indélogeable dans toutes les circonstances. 116Dans le même
ordre d’idée, l’article 73 du CPP dispose que chacune des parties peut se
faire assister d’une personne agréée spécialement dans chaque cas par le
tribunal pour prendre la parole en son nom. 117
114
ABDALLAH OLENGA, TFC sur les juridictions militaires a l’aune de droits de la défense : regard sur la
pratique du tribunal militaire de garnison de Goma et de la cour militaire du Nord-Kivu, UCS, 2023, p10.
115
Art.19 de la constitution du 18 février 2006.
116
Art .61 point 5 de la constitution.
117
Art 73 al.1e du décret du 6 août 1959 portant code de procédure pénale, tel que
modifié par la loi n°15/024 du 31 décembre 2015.
102
118
Art .2 al.2 du code judiciaire militaire.
103
Le droit à un avocat implique l’assistance réelle et effective d’un avocat qui doit être présent
aux côtés de la personne accusée pour les différentes consultations et l’exercice des droits de
la défense au cours d’une procédure judiciaire.
Ce droit implique aussi la représentation de la personne poursuivie par un avocat, qui agit en
intermédiaire pour exercer les droits de défense de ladite personne poursuivie au cours d’une
procédure judiciaire.
Ce droit implique encore le libre choix d’un avocat ou la désignation libre de l’avocat par la
personne poursuivie, soit pour se faire assister soit pour se faire représenter conformément à
la loi.120
Ce droit implique enfin le secret des entretiens et des correspondances avec un avocat. En
effet, toute personne poursuivie peut s’entretenir et correspondre avec l’avocat de son choix
dans le secret absolu. Cela nécessite la soumission de l’avocat au secret professionnel,
opposable aux tiers. Aussi lors même que la personne accusée ne dispose pas de ressources
suffisantes pour la consultation d’un avocat, doit-il lui en être commis un d’office. Dans ce
cas, l’avocat commis d’office, autrement appelé pro deo, est rémunéré par l’État dans des
conditions qui lui permettent d’accomplir toutes les prestations nécessaires à la défense. 121
119
Art .19 al.4 de la constitution.
120
Art. 1e, ord-loi n°79-028 du 28 septembre 1979 portant organisation du barreau, du
corps des défenseurs judiciaires et du corps des mandataires de l’état.
121
ABDALLAH OLENGA, op.cit.pp20.
104
D’une part, les avocats étrangers ne sont pas admis à assurer la défense des prévenus
devant les juridictions militaires.122
La plupart des avocats qui comparaissent devant les juridictions militaires font face à trois
autres faiblesses qui entravent l’exercice effectif du droit à l’assistance judiciaire.
D’abord, les avocats ne sont pas toujours familiers du droit pénal et de la procédure pénale
militaires, mais également des droits de l’homme et du droit international pénal. Cette
observation devrait cependant être nuancée parce que, grâce au concours des associations
internationales de défense des droits de l’homme telles
que Avocats sans frontières, la Fondation Konrad Adenauer, RCN Justice et démocratie,
Global Rights, etc., quelques avocats ont bénéficié d’un renforcement des capacités dans
ce domaine. La Cour pénale internationale a également organisé quelques séminaires de
formation à l’attention des avocats. Dans le même ordre d’idées, quelques barreaux,
notamment celui de Kinshasa Gombe, ont pris des initiatives en matière de formation,
particulièrement dans le domaine du
droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
Une centaine d’avocats ont bénéficié d’une formation en matière d’assistance aux
122
Art.61 al.2 du code judiciaire militaire.
123
Marcel WETSH’OKONDA KOSO, République démocratique du Congo : la justice militaire et le respect
des droits de l’homme –l’urgence du parachèvement de la réforme,2009, pp83.
105
victimes et accusés des crimes internationaux organisée par l’association Avocats sans
frontières. C’est cette équipe d’avocats qui interviennent le plus souvent dans les procès
des crimes internationaux, les uns en faveur des prévenus et les autres en faveur des
parties civiles et qui sont à la base
de l’évolution jurisprudentielle que l’on peut observer en matière de lutte contre
l’impunité.124
Il importe cependant de noter qu’il se dégage des entretiens avec plusieurs de ces avocats
que si le Statut de Rome de la Cour pénale internationale a été invoqué, il n’en est pas de
même des autres instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme tout comme la
constitution.125
Enfin, les avocats qui interviennent devant les juridictions militaires ne font pas toujours
preuve de suffisamment de courage pour exercer leur ministère, intimidés qu’ils sont par
les militaires. Intervenant à l’occasion de la journée internationale contre la peine de mort,
le professeur Akele a fait valoir que la justice militaire n’intimide nullement les avocats ;
ceux d’entre eux qui maîtrisent leur matière y exercent leur profession en toute
indépendance.126
124
Marcel WETSH’OKONDA KOSO, op.cit, pp83.
125
Idem.
126
Idem.
106
Nous estimons que les dignes et ayant une maitrise du droit ne peuvent en aucun se voir
intimider par les magistrats militaires, seuls ceux qui ne maitrisent pas seront complexés
devant les juges militaires.
127
Idem, pp84.
107
Conclusion
La particularité du droit judiciaire militaire est que les avocats étrangers ne sont pas admis à
assurer la défense des prévenus devant les juridictions militaires. Également,
WETSH’OKONDA KOSO estime que l’assistance judiciaire gratuite n’est pas organisée
devant les tribunaux militaires. Il en résulte que pour bénéficier d’une assistance judiciaire de
qualité, les prévenus et les parties civiles sont condamnées à payer eux-mêmes les services
des avocats congolais de leur choix.
Eut égard de ce qui précède, nous pensons que l’exclusion des avocats étrangers devant les
juridictions militaires. Celle-ci viole a quelque sorte le droit d’être assisté d’un défenseur de
son choix. Nous recommandons la modification du code judiciaire militaire pour ouvrir la
porte aux avocats étrangers. Quant à l’inorganisation de l’assistance gratuite soulignée par
WETSH’OKONDA KOSO, nous pensons qu’il aurai dit que le code judiciaire
n’organise pas cette gratuite mais le texte sur le barreau qui s’applique
aux juridictions au droit commun comme aux juridictions militaires
organise cette assistance gratuite prévue a l’article 90 de la décision de
1987 portant règlement intérieur cadre des barreaux zaïrois qui prévoit un
bureau des consultations gratuites ou le bâtonnier confie équitablement
les affaires entre tous les avocats. Ce qui n’exclut pas les juridictions
militaires à cette assistance malgré inorganisée par les dispositions du
code judiciaire militaire.
UNIVERSITE DE GOMA
108
BP. 204
Par :
CHARLOTTE KITENGE ;
MABUTWA N’KUBA Patrick ;
KAMBALE MASHAURI Rufin ;
2024-2025
109
Introduction
Le droit au juge naturel est un principe fondamental du système judiciaire congolais. Il
vise à garantir à toute personne accusée d'une infraction la possibilité d’être entendu devant
un tribunal compétant et impartial. Cela ressort des prévisions de la Constitution du 18 février
2006 telle que modifiée et complétée à ce jour, des directives des organes de surveillance des
traités et nombreux autres instruments juridiques internationaux de protection de droit de
l’homme aux quelle est partie la RDC.
Cependant, la législation en vigueur prévoit la prise de mesures particulières pour faire face à
des situations exceptionnelles notamment ceux prévus aux articles 85 et 86 que nous
tacherons d’examiner un peu plus tard, qui entameraient sans nul doute les droits reconnus
aux citoyens. Dès lors, un défi se dresse celui de conformer ce régime d’exception aux
exigences d’un Etat de droit.
Notions définitionnelles
La Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée et complétée à ce jour prévoit en son
article 19 al 1 et 2 que « Nul ne peut être ni soustrait ni distrait contre son gré du juge que la
loi lui assigne. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue dans un délai
raisonnable par le juge compétent ».
Le juge que la loi assigne à un justiciable n’est autre que celui que la doctrine qualifie de juge
naturelle. Pour mieux comprendre la portée de cette disposition il importe de cerner le contour
de quelques concepts.
o Le juge
Le mot "juge" est une désignation générique qui s'applique d'abord aux professionnels dont la
situation est régie par le statut de la Magistrature et qui, à des degrés divers, participent au
fonctionnement du service public de la Justice.128 Il s’agit donc ici des magistrats de siège qui
ont pour tâche de dire la loi et ne se soumettre qu’à celle-ci en vertu de la Constitution qui
prévoit ce qui suit « Les juges ne sont soumis dans l’exercice de leur fonction qu’à l’autorité
de la loi ».129
o Le juge naturel
Le juge naturel est le juge que la loi en vigueur désigne afin de connaître d’un différend ou
litige précis en fonction de la qualité de la personne qui est poursuivie, mais également de la
matière qui est concernée. La compétence du juge naturel repose à la fois sur des critères
matériels mais surtout sur des critères personnels ou subjectifs. la qualité ou le statut de
l’auteur de l’infraction, du prévenu ou de l’accusé, qui détermine le juge naturel prévu à
l’article 19 de la Constitution congolaise de 2006 auquel il a droit et qui est compétent pour le
juger, est celui qui est le sien au moment de la commission de l’infraction (contravention,
128
www.dictionnaire-juridique.com, consulté le 2 juin 2025.
129
Constitution du 18 février 2006 en Article 150 al 2.
110
délit ou crime) qui lui est reprochée. Nul ne peut être soustrait de son juge naturel au risque de
voir son procès être frappé de nullité.130
o Circonstances exceptionnelles
On parle des circonstances graves menacent d’une manière immédiate l’indépendance ou
l’intégrité du territoire national ou qu’elles provoquent l’interruption du fonctionnement
régulier des institutions.
Cependant, pour Goupy, le concept d’état d’exception ne saurait être tenu pour un concept
juridique précis. Bien plutôt, il sert à désigner et analyser des phénomènes très distincts d’un
point de vue juridique : des législations d’exception, des pratiques policières ou militaires
s’exerçant en violation du droit, l’expansion de la surveillance au mépris des droits
fondamentaux, une forte concentration des pouvoirs organisée par des législations tout à fait
ordinaires mais répondant à des situations elles-mêmes qualifiées d’exceptionnelles, etc. En
tant que concept juridico-politique analytique néanmoins, il peut être défini de la manière
suivante : il y a état d’exception lorsque les moyens ordinaires de l’Etat, s’exerçant dans le
cadre fixé par son propre droit, sont jugés insuffisants pour faire face à une situation de crise
grave, et qu’il est décidé alors de suspendre ce cadre ordinaire ou d’y déroger. À ce niveau, le
concept d’état d’exception met en scène un conflit entre le cadre supposément rigide du droit
ou les lenteurs de la délibération législative, et les nécessités de l’agir politique 131
2. Mise en œuvre d’état d’exception en RDC
Le constituant congolais a prévu l’état d’exception aux articles 85, 86 et 143 et suivants qui se
présente sous trois manifestations à savoir ; état d’urgence, état de siège et état de guerre.
L’état de siège est définit par la loi organique portant organisation et fonctionnement des
forces armées comme « régime restrictif des libertés publiques décrété par l’ordonnance du
Président de la République sur tout ou partie du territoire lorsque des circonstances graves
menacent, d’une manière immédiate, l’indépendance ou l’intégrité du territoire national ou
qu’elles provoquent alors l’interruption du fonctionnement régulier des institutions»132
Elle définit aussi l’état d’urgence comme un « régime d’exception décrété par l’ordonnance
du Président de la République pour renforcer le pouvoir de police des autorités civiles lorsque
des circonstances graves menacent, d’une manière immédiate, l’indépendance ou alors
l’intégrité du territoire national soit provoquent l’interruption du fonctionnement régulier des
institutions »133
130
Paulin Ibanda Kabaka, « la question du juge naturel en droit congolais. Introduction à la compétence
judiciaire congolaise », hal, 2021, p. 1.
131
Marie Goupy,
132
Article 2. 14 de la Loi organique n° 11-012 portant organisation et fonctionnement des Forces armées 14 de
11 août 2011.
133
Ibid., article 2.15.
111
La guerre est le recours légal et ultime à tous les moyens militaires ou non militaires de
défense nationale pour mettre un terme à la menace ou à l’agression contre les intérêts
fondamentaux du pays.134
En Rdc, lorsque des circonstances graves menacent d’une manière immédiate l’indépendance
ou l’intégrité du territoire national ou qu’elles provoquent l’interruption du fonctionnement
régulier des institutions, le Président de la République proclame l’état d’urgence ou l’état de
siège après concertation avec le Premier ministre et les Présidents des deux Chambres
conformément aux articles 144 et 145 de la présente Constitution. Les modalités d’application
de l’état d’urgence et de l’état de siège sont déterminées par la loi.135
En cas d’état d’urgence ou d’état de siège, le Président de la République prend, par
ordonnances délibérées en Conseil des ministres, les mesures nécessaires pour faire face à la
situation.136
a. Incidence des états d’exceptions sur les droits de l’homme
Si bien que nous certains auteurs à l’instar de Kakule et autres pensent que l’exercice de droit
dans un régime d’exception doit être strictement subordonné à la rigueur des termes de la loi,
beaucoup d’autres s’inscrivent en faux contre cette approche et pensent tout simplement que
cela consacre la violation de loi.
Etant un Etat de droit tel que libellé à l’article 1 er de sa Constitution : « La République
démocratique du Congo est, dans ses frontières du 30 juin 1960, un Etat de droit… ». Dans un
tel Etat, sous peine de sanction, tant les gouvernés que les gouvernants sont soumis au droit en
général et à la Constitution, loi fondamentale en particulier, y compris à ses dispositions
relatives aux droits de l’homme.137
En effet, toute infraction à la loi pénale fait naitre au profit de l’Etat un droit, voire un devoir
d’en punir l’auteur ou les auteurs. De manière générale, ce droit de punir donne naissance à
une action : l’action publique exercée par le Ministère Public; car, la réaction sociale n’est pas
instinctive, arbitraire et aveugle ; elle est réfléchie, réglementée, et essentiellement
judiciaire.138
De ce fait, la question de la compétence des juridictions militaires est réglée par l’article 156
de la Constitution et les articles 73 à 128 du Code Judiciaire Militaire tel que modifié et
complété à ce jour.
1.1 Exception au principe du droit juge naturel
L’article 156 de la Constitution porte : « les juridictions militaires connaissent des infractions
commises par les membres des Forces Armées et de la Police Nationale. En temps de guerre
134
Ibid., article 2. 16.
135
Article 85 de la Constitution
136
Article 145 de la Constitution
137
Kifwabala Tekilazaya et al, « République démocratique du Congo Le secteur de la justice et l’Etat de droit »,
Une étude d’AfriMAP et de l’Open Society Initiative for Southern Africa, Juillet 2013, p.33.
138
Jonathan MAYIZA KALA, Droit judiciaire militaire congolais
112
ou lorsque l’état de siège ou d’urgence est proclamé, le Président de la République, par une
décision délibérée en Conseil des Ministres, peut suspendre sur tout ou partie de la
République et pour la durée et les infractions qu’il fixe, l’action répressive des Cours et
Tribunaux de droit commun au profit de celle des juridictions militaires. Cependant, le droit
d’appel ne peut être suspendu ».
On dirait que cette disposition est amèrement contraire normes internationales pertinentes
notamment avec le point .L des Directives et des Principes sur le droit à un procès équitable et
à l'assistance judiciaire en Afrique qui porte que : « les Tribunaux militaires ne peuvent en
aucune circonstance juger des civils. De même, les juridictions spéciales ne connaissent pas
des infractions qui ressortissent de la compétence des Tribunaux Ordinaires».139
Dans ce même ordre d’idées, le prof Nyabirungu a émis des critiques à l’endroit de la
législation militaire congolaise : Le droit pénal militaire est, par sa définition, un droit
particulier. Il est né de la nécessité de régler la situation particulière que constitue l’Armée
dans un Etat, et de régir une catégorie particulière des personnes, celle des citoyennes et
citoyens qui servent dans les Forces Armées. La règle fondamentale imposée à ces personnes,
c’est la discipline, en vue d’une défense efficace contre toute agression. Une discipline telle
qu’elle ne saurait être la règle commune de tous les citoyens. Mais voilà que la tendance
dominante de dernières interventions du législateur militaire est de quitter le domaine qui lui
est propre, pour aller à la conquête des domaines qui lui sont tout à fait étrangers, et faire du
Code pénal militaire le siège du droit pénal ordinaire. Beaucoup de dispositions du Code
judiciaire militaire sont devenues incompatibles avec le droit au juge naturel, dont l’article 19
de la Constitution du 18 février 2006, alinéas 1 et 2, constitue l’affirmation du principe, dans
le système juridique congolais : « Nul ne peut être ni soustrait ni distrait contre son gré du
juge que la loi lui assigne. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue dans un délai
raisonnable par le juge compétent». Toutes les dispositions du CJM qui déclarent la
compétence personnelle des juridictions militaires sur les civils, n’auraient jamais dû recevoir
application dans la mesure où cette application avait comme conséquence de soustraire les
civils du bénéfice du principe du juge naturel, principe ayant valeur constitutionnelle, et
auquel les lois et les règlements demeurent soumis.140
1.2 Conciliation
L’état de siège et le droit à un procès équitable des populations civiles constituent deux
ingrédients qui ne font pas bon ménage. Alors que le premier admet la violation de certains
droits humains, y compris le droit à un procès équitable, bien évidemment sous certaines
conditions ; le second sert à repousser les atteintes portées aux droits de l’homme. Dès lors, il
s’avère pratiquement difficile de concilier les deux notions. L’état de siège qui autorise à juger
les civils par les juridictions militaires soulève par ce fait même de sérieux problèmes quant
au respect des exigences du procès équitable. Il s’agit notamment de ceux liés à la difficile
conciliation entre état de siège et droit à un procès équitable, à la suspension du droit au juge
139
Ibid.
140
Raphaël NYABIRUNGU mwene SONGA, « étude sur la compétence judiciaire partagée entre les juridictions
militaires et les juridictions civiles en matière de crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité », Kinshasa, le
08 septembre 2017, p.11-47. Inédite.
113
naturel, à la suspension des immunités et d’autres privilèges des poursuites, aux obstacles
juridiques à la protection du droit à un procès équitable des populations civiles devant faire
face à la justice militaire.
Sur le fondement de cette disposition, le Président de la République a ordonné le transfert
total de la compétence des juridictions civiles vers les juridictions militaires dans les Zones où
il a décrété l’état de siège. Cette mesure est empreinte d’excès dans la mesure où son auteur
ne s’est pas conformé fidèlement ni à la lettre ni à l’esprit de la disposition constitutionnelle
qu’il prétend appliquer, encore moins aux critères du Comité des droits de l’homme
susmentionnés.141
141
Jean de Dieu KAKULE KAUSA, Le droit des populations civiles à un procès équitable à l’épreuve de l’état de
siège dans les Provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu en RD Congo, ANNALES DE LA FACULTE DE DROIT DE L’ULPGL-
GOMA (AFD-ULPGL), REVUE ANNUELLE NUMERO 4 2020-2021, p. 8-12.
114
Conclusion
Il nous semble légitime de dire que les états d’exception sont des régimes qui violent
la constitution et les instruments juridiques aux quels la Rdc est partie et que sa conciliation
demeure difficile sans que celle-ci ne porte atteinte aux droit fondamentaux des citoyens. Les
travaux de la sous-commission des experts des Nations-Unies aux droits de l'homme a élaboré
des principes parmi lesquels, le refus d’une justice au bénéfice de l’appareil militaire, car
remettant en cause le principe du « juge naturel ». Cela implique l’incompétence des
juridictions militaires pour juger des civils, selon le principe n°5 qui s’articule comme suit : «
Les juridictions militaires doivent, par principe, être incompétentes pour juger des civils.
L’Etat veille à ce que les civils accusés d’une infraction pénale, quelle qu’en soit la nature,
soient jugés par les tribunaux civils ».
Le est tel que ces principes ont valeur des résolutions des organes de surveillance et ne
s'imposent donc pas aux Etats.