Butterfly � (1)
Tu connais ce parfum dans le vent, n'est-ce pas ? Cete odeur de fraîcheur et de pluie. J’adore
cete saison même si, à la fois, elle me rappelle des souvenirs que j’aimerais oublier mais qui,
malheureusement, reviennent inlassablement.
Ma concep�on du bonheur a toujours été très vague. Je n’ai jamais réellement essayé de
répondre à cete ques�on. Toujours dans ma bulle, mes écouteurs dans mes oreilles, un
vieux roman traînant dans ma main. J’ai toujours gardé un pe�t écart avec les autres. J’aimais
ma différence et je ne voulais pas la perdre, à aucun prix. Timide et névrosé depuis l’enfance,
je n'ai jamais réellement pu faire face au monde. Je gardais tout pour moi, mes joies et mes
peines, personne ne les comprenait. Les gens autour de moi avaient tellement de mal à
m’ateindre que je finis par ne plus leur montrer le chemin.
Toujours plongé dans une mer de romans, je rêvais d'aventure, de calme et d'idylle. Je rêvais
de croiser une jeune femme à la gare en voulant prendre un train ou à bord d’un bateau qui
ne sombrerait pas.
Mes aspira�ons étaient beaucoup trop éloignées de la réalité, alors je subissais en silence
mes fantasmes irréalistes.
Mon seul ami, contrairement à moi, était le centre du monde. Avec Danny, nous avons grandi
ensemble, dans la même cour d’une maison à louer. Ses parents étaient dans l’appartement
juste en face du nôtre, alors nous traînions souvent ensemble. Il était jovial, débrouillard et
cool.
Même au collège, il s'était déjà démarqué. Il n'avait pas peur d’affronter les autres et
d’imposer ses convic�ons. Mais c'était au football qu'il était le plus apprécié. Son père étant
un grand footballeur, il voulait alors être comme lui et il jouait très bien, mais ne pouvant
plus supporter d'être comparé à son père, il préféra plus tard lancer les balles plutôt que de
taper dedans. C’est ainsi qu'au second cycle, il entra dans l’équipe de basket et y devint
rapidement un membre incontournable.
Il avait un succès incroyable, apprécié de presque tous et le crush de toutes ces filles, "des
groupies", je les appelais. Je les trouvais minables, je n'y comprenais rien surtout.
Moi, depuis la maternelle, j’étais resté l’intello, le rat de bibliothèque, celui qu’on ne voyait
pas dans la salle de classe et qui finissait par être le premier. Celui qu’on regardait de loin,
celui qu’on approchait pour demander des explica�ons et qui disparaissait. Alors, je restais
silencieux dans mon coin, la tête dans les nuages, à rêvasser à ce qu’aurait pu être mon
quo�dien. Après les cours, je me retrouvais souvent avec Danny pour le chemin de la maison.
Il me disait : « Oliver, tu ne croiras pas ce qui m’est arrivé aujourd’hui… ». Il me racontait ses
aventures les plus délirantes dans les couloirs de l’école et moi, je me demandais, où étais-je
?
Acte 1 : Le troisième étage.
Avril a toujours été mon mois préféré. Au Bénin, c’est la période qui marque le début des
pluies et j’adorais la pluie. Elle donne un aspect irréel au monde et aux choses. On a
l’impression de vivre un miracle. Des goutes d’eau qui descendent du ciel, le vent qui fait
danser les arbres, la couleur grisâtre de l’horizon, l’humidité, la moiteur… j’aimais
absolument tout.
Nous é�ons à l’université, en première année dans l’une des écoles les plus pres�gieuses du
pays. J'étudiais la médecine. Mes parents le voulaient et je n'avais pas réellement
d’ambi�ons dans la vie, alors je ne m’y opposais pas. Danny étudiait le commerce. Mais
c’était uniquement parce qu'il le devait, il passait plus son temps dans la salle de sport et sur
le terrain de basket.
À mes heures libres, il me traînait avec lui à la salle de sport et me faisait faire des pompes.
C’était horrible. On ne se voyait presque pas durant la semaine, mais seulement le week-end.
Quand je n'allais pas chez lui, il venait chez moi et me racontait pendant des heures ce qu'il
vivait au quo�dien.
Après avoir lu un livre sur la musique et les grands pianistes, j'ai trouvé par�culièrement
a�rant le personnage de Ludwig van Beethoven, "Ne te contente pas de pra�quer ton art."
disait-il, "Mais fraie-toi un chemin dans ses secrets, il le mérite bien. Car seuls l'art et le
savoir peuvent élever l'homme jusqu'au Divin."
Depuis que j'avais lu cete phrase, je m’évertuais à me donner corps et âme à tout ce que je
faisais. Si fallait faire quelque chose, je le faisais de toute mon âme. Le pianiste me fascinait
tellement que lorsque j’ai fini un de mes modules de cours, disposant ainsi de beaucoup plus
de temps libre le soir, j'ai décidé de prendre des cours de piano.
C’est ainsi qu’un soir, sous un ciel orageux, je rentrai dans cet immeuble à l’opposé de la
pharmacie Rose-ciel, côté sud de Jericho. Le cours de musique se déroulait au dernier étage.
Les marches menant au troisième étage baignaient dans une ambiance sombre et sourde. Il
n’y avait presque pas de son, pas de lumière, sinon une faible lueur quitant le dernier étage.
Je montai aussi en silence.
Les marches étaient en ciment, le mur peint en rose, assombri et lézardé par le temps. Tout
était poussiéreux, comme si c’était un chemin jamais emprunté. En haut, l’ambiance était
totalement différente. J’étais en face d’un couloir, le sol carrelé donnait sur une porte en
verre. Une douce mélodie en émanait. Le son était faible et entraînant. Je marchai
lentement, puis tournai le poignet, poussai la porte et entrai dans la pièce.
La lumière et l’ambiance étaient tamisées. La salle était grande, le plancher en bois, des
instruments étaient disposés un peu partout dans la salle.
Au milieu, un piano. Elle était assise sur la chaise de piano, jouant une mélodie qui m’était
inconnue mais incroyablement magnifique. C’était léger, très léger et doux, presque un
murmure délicatement soufflé à l’oreille.
Quand elle joua la dernière note, j’eus l’impression d’avoir retenu mon souffle tout le long.
Elle se leva et se retourna vers moi.
Ce fut précisément à ce moment que tout dans mon monde s’effondra, ou plutôt que c’était
le début de ma chute. Je ne savais pas si c’était à cause de la musique que je venais
d’entendre ou de l’atmosphère, la fraîcheur dans l’air, les fenêtres donnant sur un ciel
sombre, les lumières brillantes dans la ville en bas, vivant sous nos regards.
Ses yeux étaient brillants, marrons, clairs et envoûtants. Malgré l’obscurité, je les voyais bien.
Son nez fin, et ses lèvres pulpeuses, roses, magnifiquement dessinées par un gloss. Ses
tresses étaient longues, descendant sur ses épaules. J’étais plus grand qu'elle. Elle était de
taille moyenne, une hanche fine, vêtue d’un haut noir et d’un pantalon de survêtement gris.
Elle était magnifique, extrêmement magnifique. C’était la première fois que j’employais ce
mot pour décrire une personne qui n’était pas née d’un de mes romans préférés. Elle donnait
l’impression d’avoir été imaginée par Charlote Brontë ou Danielle Steel.
Ce fut elle qui brisa le silence.
- Vous êtes l’étudiant que j’atendais, je suppose. Personne ne montre généralement au
troisième étage. Je suis votre professeure, Inaya Marques.
Sa voix me ramena à la réalité. Elle parlait avec calme, sourire aux lèvres, elle était éthérée.
- Excusez-moi pour le retard..., arrivai-je à prononcer, alors que je perdais soudain mes
moyens.
Fixant ses lèvres puis ses yeux, je ne pus m’empêcher de dire : « Je m’étais arrêté pour
observer les nuages… »
Un flash jaillit soudain, violet, illuminant la pièce pour quelques secondes. L’éclair zébra
l’horizon, un grondement suivit. C’était un coup de foudre, puis lentement presque avec
hésita�on, des goutes d'eau perlèrent sur les toits, caressant la ville de leur douceur �mide.
Leur danse silencieuse s'amplifia rapidement, éclatant en une symphonie aqueuse qui
enveloppa la ville de son murmure ininterrompu. Les goutes, d'abord discrètes, se
transformèrent en une pluie insistante, comme si le ciel lui-même pleurait un chagrin
millénaire. Les rues devinrent des rivières de lumière é�ncelante, les pavés luisant sous le
doux baiser de l'averse.
Les gens se pressèrent sous les auvents des magasins, cherchant refuge contre le déluge qui
s'abatait avec une force renouvelée. Les parapluies s'ouvrirent comme des fleurs à l'aube,
leurs silhouetes mul�colores ajoutant une touche de grâce à la scène nocturne. Les voitures,
leurs phares illuminant la pluie, avançaient lentement dans les rues détrempées, leurs pneus
éclaboussant des gerbes d'eau argentée.
Je m’étais installé au piano, elle m’apprit les bases, les exercices pour délier les doigts. Je
l’écoutais fasciné, fiévreux et aten�f.
Était-ce parce que je n’avais jamais été aussi proche d’une fille ? Était-ce l’atmosphère ?
Serai-je en train de tomber malade ? Je ne comprenais pas pourquoi je me sentais si gêné et
maladroit.
Le cours finit vers vingt-et-une heure. Je proposai de ranger avec elle mais elle déclina. Je
descendis les marches et sor�s de l’immeuble. La pharmacie était juste en face, de l'autre
côté de la rue, la lumière verte se reflétait sur l’asphalte noir mouillé par la pluie. Le vert se
mélangeait agréablement aux milliers de feux arrière rouges des voitures et motos. La
lumière, le bruit des moteurs, les quelques cris alentour. Tout semblait vibrer en moi avec un
écho surpuissant.
Je me sentais effervescent, comme si je brûlais et que le monde en moi se consumait, la pluie
se glissa dans mes cheveux, à travers ma veste puis lentement sous mon t-shirt. Je marchai le
long du trotoir, puis j’avançai plus les goutes d’eau s’infiltraient à travers mes vêtements. Je
commençais lentement à avoir froid mais je m’en fichais. Je me sentais bien et heureux.
Pour la première fois de ma vie, j’avais l’envie d’aller vers quelqu’un et de la découvrir. Je me
sentais comme si je venais de commencer à vivre.
Acte 2: Hésita�on
Mes journées paraissaient fades jusqu'au jeudi et vendredi soir. J’atendais ces jours comme
l’avènement du Christ. J’avais envie de dormir et me réveiller le jeudi, car ces soirs je voyais
Inaya.
Je découvrais plusieurs facetes de sa personnalité. J’appris qu’elle étudiait la musique et que
son rêve était de devenir violoncelliste, qu’elle avait 22 ans, un de plus que moi. Et que la
musique mise de côté, c’était une grande spor�ve. Ses centres d’intérêts étaient divers et
variés. Je découvrais un aspect tantôt sérieux, tantôt enjoué et tantôt complètement rêveur.
Inaya était une force de la nature, elle vivait ses rêves et ses passions comme elle le voulait.
Elle était rayonnante, calme et extrêmement chao�que à la fois, un mélange de probabilités
contraires. J’avais l’impression d’être devant le plus beau des mélanges, un mélange aimait
lire du Victor Hugo et du Pierre Corneille. Elle aimait la musique classique et par-dessus tout,
elle aimait danser. Comment le sais-je ? Je vais vous raconter.
Un vendredi soir, alors qu’on venait de finir le cours, je rassemblai toutes mes économies en
courage pour oser l’inviter à un resto. Elle déclina, préférant manger chez elle mais accepta
de prendre un verre.
Nous nous rendîmes dans un bar pas loin de l’immeuble. Dans la rue à côté de la pharmacie.
L’endroit était presque vide, il y avait un groupe de mecs complètement au fond du bar
comme s’ils géraient des affaires étranges et un couple assis à une table à l’entrée. Je
suppose que c’était un couple. Arrivés au comptoir, elle commanda une bière et en prit une
pour moi. Je n’en prenais généralement pas mais je ne dis rien. En sa présence, la bière avait
meilleur goût. Plus nous buvions, plus je me sentais capable de parler. Elle me racontait sa
vie quand elle était à l’internat, comment elle fuyait des dortoirs pour aller s’amuser avec ses
amies. Elle était magnifique, fougueusement pleine de vie et de tendresse. J’eus le courage
de lui avouer que je la trouvais magnifique. Elle m’avoua qu’elle aimait l’é�ncelle dans mes
yeux. Que j’avais l’air d’être un fantôme, quelqu’un d’insaisissable et mystérieux, que je
plaisais sûrement à beaucoup de filles. Je lui avouai que je n’avais eu qu’une seule rela�on et
qu’elle remontait au primaire. Elle rit.
Son rire était magnifique, cristallin et angélique. J’étais amoureux.
Sans crier gare, alors qu’une vieille chanson française classique passait, elle m’entraîna.
Si j’étais aux portes de la mort et qu’on me demandait de revivre un instant de ma vie, ce
serait celui-ci.
Le bar était légèrement plus bondé que lorsque nous y sommes entrés. Nous nous
retrouvâmes rapidement au milieu de la pièce et, en me guidant, elle nous fit danser, une
valse que je rendis maladroite à cause de mes mouvements lents et hésitants. Des cris
fusèrent. Certains nous filmaient, moi je ne voyais qu’elle, je ne voyais que les cen�mètres
qui séparaient ses lèvres des miennes, cen�mètres que j’aimerais réduire même s’il fallait
damner mon âme. Je sentais ses bras se glisser sur mes épaules puis lentement, le regard
dans le mien, ils se croisèrent derrière ma nuque. Je sen�s ses doigts s’entrelacer, effleurant
ma peau, j’eus l’impression de me faire électrifier.
C’est affreusement cliché mais j’avais l’impression que le monde s’était arrêté, le chaos
autour de nous n’était plus. Je ne sentais que son souffle chaud, ses paumes, son corps
contre le mien, son sourire magnifique, ses lèvres et ses longues tresses descendant dans
son dos, ses épaules dénudées, ma main sur sa taille. Mon cœur batait comme s’il allait
exploser. Je sen�s ma respira�on s’accélérer lentement… que m’arrivait-il ? Pourquoi je
subissais cela ? Devrais-je lui dire ?
- Inaya ?
- Oui ?
- Je t’…, j’ai… je… j’ai la tête qui tourne…
Elle s’arrêta et me ramena à notre table où je m’assis. Mon cœur se serra, il batait toujours
aussi fort, je me demandais si j’allais avoir un arrêt cardiaque.
Elle s’assit en face de moi, me regarda pendant un moment avant d’éclater de rire.
Je l’aime, c’était sûr, j’étais fou amoureux d’elle mais elle ne me voyait sûrement que comme
un ami, ou juste comme l’étudiant à qui elle donne un coup de piano. Et peut-être, quand on
se séparer, il y à cete personne qui à tout son temps et à qui elle montre ses plus ses plus
beaux sourires. Peut-être que quelqu’un d’autre verra des facetes d’elle que je ne vois pas et
que je ne verrai peut-être jamais.
J’avais envie de lui dire que j’avais du temps à gaspiller et que je passerais l’éternité à boire
près d’elle juste à l’écouter, car elle m’avait ensorcelé.
Un sourire amer se dessina sur mon visage. Je n’avais pas le courage de lui dire, je n’avais pas
la force de lui dire que je l’aimais.
La nuit avait bien pris ses marques dans la rue quand nous quitâmes le bar. Il y avait moins
de voitures sur les routes. Nous marchâmes jusqu’à un arrêt de bus, côte à côte en silence,
chacun dans ses pensées. Je me demandais de qui elle rêvait les nuits, je me demandais s’il y
avait un homme quelque part sur terre qui discutait avec elle toute la nuit. Un homme à qui
elle déclarait son amour. Un homme qui couvrait chaque parcelle de sa peau de baisers…
Son bus arriva, elle entra, me fit un sourire avant de disparaître derrière les nombreux
passagers.
Le klaxon répété des taxis moto finit par m’arracher à ma rêverie. Je quitai l’arrêt de bus et
décidai de rentrer chez moi.
Acte 3: La chute.
Le bruit du ballon de basket rebondissant sur le sol à intervalles réguliers me rendait
extrêmement nerveux. Danny jouait un match important pour son équipe et allait faire un
lancer décisif. C’était un vendredi soir alors je m’impa�entais. Je voulais rejoindre Inaya au
plus vite. Il lança la balle, c’était un panier à trois points, tout le monde se leva en criant pour
l’acclamer quand la balle aterrit en plein dans le filet.
Je sautai presque des gradins pour aller le �rer par le bras alors qu’il fêtait sa victoire. Je
l’embarquai avec moi jusqu’au parking où je le fis monter sur ma moto puis démarrai. Il
voulait à tout prix savoir ce que je faisais de mes soirées, il me trouvait changé et beaucoup
plus vivant que d’habitude. Je ne lui dis pas que j’étais amoureux. Je lui dis juste que
l’appren�ssage du piano me plaisait énormément.
J’avais honte peut-être, je lui avais dit il y a de cela des années que je ne me pensais pas
capable d’aimer une autre personne à ce point alors qu’il enchaînait les rela�ons sans
lendemain. J’aurais dû lui dire, je crois, j’aurais dû lui dire que Inaya me plaisait. Mais je ne l’ai
pas fait…
Cet environnement m’apaisait toujours. La devanture peu bondée de la pharmacie en ce
début de soirée. L’immeuble de trois étages se dressant contre les vents. La porte
légèrement abîmée au poignet de fer rouillé. Les escaliers sombres, la poussière sur les murs.
Le long carrelage donnant sur la porte de la salle de musique, porte qui était de verre mais
ne permetant de voire dans la salle ni de l’extérieur ni de l’intérieur. Danny aussi semblais
pris dans la magie du lieu, fasciné par la symphonie qui émanais de la pièce, nous y entrons.
Inaya arrêta de jouer et se retourna vivement elle me souri.
- Bonsoir, comment ça va ? Tu as amené un ami ?
Danny s’avança, c’est à ce moment là que je réalisai que je n’aurai pas du l’amener, ou moins
lui dire que cete fille n’était pas l’une de celle avec qui il pouvais s’amuser.
Aussi loin que je me souvienne il a toujours été indécis, perdu entre deux femmes, l’une plus
charmante que l’autre. Il lui arrivait de me dire le regard tout noir, qu’elle n’avait pas ce qu’il
fallait donc il a coupé les ponts avec elles. J’étais toujours choqué par la froideur dont il
pouvait faire preuve. Le lendemain il était dans d’autres bras et ainsi de suite.
Inaya lui rendit son sourire.
- Vous êtes vraiment belle, lâche t’il émerveillé. Je veux dire bonsoir.
Il sourit, elle sourit encore plus et moi mon cœur se serra.
Inaya le remercia poliment avant de reprendre la conversa�on sur le cours de piano. Danny
semblait cap�vé par son charme et sa présence, et je me sentais comme un spectateur
impuissant, voyant la scène se dérouler sous mes yeux sans pouvoir intervenir.
Après quelques minutes de discussion, Inaya proposa de jouer un morceau pour nous. Danny
acquiesça avec enthousiasme, tandis que moi, je me sentais de plus en plus mal à l'aise.
J'avais l'impression d'être relégué au second plan, comme si ma présence n'était pas
nécessaire.
Inaya s'installa au piano et commença à jouer une mélodie envoûtante. Ses doigts glissaient
avec grâce sur les touches, produisant des notes qui semblaient emplir la pièce d'une aura
mys�que. Danny et moi é�ons tous les deux subjugués par sa performance.
Alors qu'elle jouait, je sentais une vague de jalousie monter en moi. Danny semblait
tellement a�ré par elle, et j'étais là, à me demander si elle pouvait seulement ressen�r ne
serait-ce qu'une once d'intérêt pour moi. Je me sentais minuscule à côté de sa présence
éclatante.
Quand elle eut fini de jouer, Danny l'applaudit avec enthousiasme, lui lançant des
compliments sur son talent. Je me contentai d'un sourire forcé, essayant de cacher mes
sen�ments tumultueux.
Dès le moment où nous avons franchi la porte de la salle de musique ce jour-là, tout mon
univers s'est écroulé. Aujourd'hui, je réalise que j'aurais dû, que j'aurais vraiment dû lui
avouer mes sen�ments pour cete fille avant qu'il ne tombe également amoureux d'elle.
Écrit par Alex.