Outlines
Chapitre 7 : Dérivées partielles et différentiabilité des
fonctions de plusieurs variables
ANALYSE MATHEMATIQUE 3 (2 CPI)-2020/2021
.
Hamid HADDADOU
1/30 ANALYSE MATHEMATIQUE 3 (2 CPI)-2020/2021.Hamid HADDADOU Chapitre 7 : Dérivées partielles et différentiabilité des fonctions de plus
Outlines
Plan
1 Introduction
2 Dérivées partielles
3 Différentiabilité
4 Lien différentiabilité-continuité-dérivées partielles
5 Les fonctions de classe C k
6 Généralisation de la notion de différentiabilité aux fonctions vectorielles
7 Annexe 1 : Dérivée suivant un vecteur
8 Annexe 2 : Théorème des fonctions implicites
2/30 ANALYSE MATHEMATIQUE 3 (2 CPI)-2020/2021.Hamid HADDADOU Chapitre 7 : Dérivées partielles et différentiabilité des fonctions de plus
Introduction
Introduction
Dans ce chapitre nous allons généraliser la notion de différentiabilité aux
fonctions de plusieurs variables. Rappelons d’abord la définition de la
dérivabilité pour les fonctions à une variable.
Définition
On dit qu’une fonction f : R → R est derivable au point p si
f (x) − f (p)
lim (1)
x→p x −p
existe et est finie, cette limite est notée f 0 (p) et appelée la dérivée de f.
3/30 ANALYSE MATHEMATIQUE 3 (2 CPI)-2020/2021.Hamid HADDADOU Chapitre 7 : Dérivées partielles et différentiabilité des fonctions de plus
Dérivées partielles
Dérivées partielles d’une fonction de plusieurs variables
Définition
Soient D un ouvert de R2 , p = (α, β) ∈ D et la fonction
f : (x, y ) ⊂ R2 7→ f (x, y ) ∈ R.
On dit que f admet une première dérivée partielle par rapport à x en p si
f (t, β) − f (p)
lim existe et finie,
t→α t−α
et cette limite est appelée la première dérivée partielle de f par rapport à x en p.
∂f
Elle est notée par ∂x (p) ou D1 f (p) ou fx0 (p).
On dit que f admet une première dérivée partielle par rapport à y en p si
f (α, t) − f (p)
lim existe et finie,
t→α t−β
et cette limite est appelée la première dérivée partielle de f par rapport à y en p.
∂f
Elle est notée par ∂y (p) ou D2 f (p) ou fy0 (p).
Remarque
De même, on peut généraliser aux fonction f : D ⊆ Rm → R de variables x1 , ..., xm , la
dérivée partielle (d’ordre 1) par rapport à xj en p = (α1 , ..., αm ) est définie par la
∂f . f (α1 , ..., αj−1 , t, αj+1 , ..., αm ) − f (p)
limite (si elle existe et est finie) (p) = lim .
∂xj t→αj t − αj
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Dérivées partielles
Exemple
La fonction f définie par
xy
si (x, y ) 6= (0, 0),
(
x 2 +y 2
f (x, y ) =
0 si (x, y ) = (0, 0).
On a
f (t, 0) − f (0, 0) 0−0 ∂f
lim = lim =0⇒ (0, 0) = 0.
t→0 t −0 t→0 t ∂x
et
f (0, t) − f (0, 0) 0−0 ∂f
lim = lim =0⇒ (0, 0) = 0.
t→0 t −0 t→0 t ∂y
Donc,f possède deux dérivées partielle d’ordre 1 en (0, 0) qui sont nulles.
Remarquons que malgré ça f n’est pas continue en (0, 0).
Donc, en général, l’existence des dérivées partielles en un point p
n’implique pas la continuité en p.
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Dérivées partielles
Remarques et example
Remarque
Règle pratique : Pour déterminer une dérivée partielle d’une fonction f non
partagée, il suffit de dériver f par rapport à la composante considérée, les autres
composantes sont considérées comme des constantes.
∂f ∂f
Le champs de vecteurs défini par ∂x (·), ..., ∂x (·) est appelé le gradient de f
1 m
en et on le note par ∇f (·).
Exemple
xe y si (x, y ) 6= (0, 0),
(
Considérons la fonction f (x, y ) = On a Df = R2 et
0 si (x, y ) = (0, 0).
∂f ∂f
Pour tout (x, y ) ∈ R2 \ (0, 0)}, (x, y ) = e y et (x, y ) = xe y
∂x ∂y
En (0, 0), on a
f (t, 0) − f (0, 0) t−0 ∂f
lim = lim =1⇒ (0, 0) = 1.
t→0 t−0 t→0 t ∂x
et
f (0, t) − f (0, 0) 0−0 ∂f
lim = lim =0⇒ (0, 0) = 0.
t→0 t−0 t→0 t ∂y
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Dérivées partielles
Les dérivées partielles d’ordre > 1
Remarque
On peut définir les dérivées partielles d’ordre supérieur à 1 de la même manière
que du premier ordre.
Exemple
Pour f (x, y ) = x 2 e y définie sur R2 , on a
∇f (x, y ) = (2xe y , x 2 e y ),
∂2f
(x, y ) = 2xe y ,
∂x∂x
∂2f
(x, y ) = 2xe y ,
∂y ∂x
∂2f
(x, y ) = 2e y ,
∂x 2
∂2f
(x, y ) = x 2 e y .
∂y 2
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Dérivées partielles
Permutation de dérivation
Théorème (de Schwartz)
∂2f ∂2f
Si , existent au voisinage de p et sont continues en p, alors,
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
∂2f ∂2f
(p) = (p).
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
Remarque
∂2f
Les dérivées partielles sont appellées les dérivées partielles croisées.
∂xi ∂xj
∂2f ∂2f
Si les deux dérivées croisées (p), (p) existent mais pas égales
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
alors par contraposée du théorème de Schwartz on déduit que elles ne sont
pas continues en p.
8/30 ANALYSE MATHEMATIQUE 3 (2 CPI)-2020/2021.Hamid HADDADOU Chapitre 7 : Dérivées partielles et différentiabilité des fonctions de plus
Différentiabilité
Différentiabilité
Définition
Soient D un ouvert de Rm , p ∈ D et f : D ⊆ Rm → R une fonction. On dit que
f est différentiable au point p si p + h ∈ D et s’il existe une application linéaire
lp : Rm → R vérifiant
f (p + h) − f (p) − lp (h)
lim = 0.
h→0Rm khk
Remarque
la norme k · k peut être la norme euclidienne ou uniforme (ou n’importe
quelle norme sur Rm ! ! !).
L’application lp si elle existe, elle est unique et appelée la différentielle de f
en p et on la note df(p) et on écrit f (p + h) = f (p) + df (a)(h) + khkε(h)
avec lim ε(h) = 0.
h→0Rm
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Différentiabilité
Exemples
Exemple
x2y2
x 2 +y 2
si (x, y ) 6= (0, 0),
La fonction f définie par f (x, y ) = est différentiable en
0 si (x, y ) = (0, 0).
(0, 0) et la différientielle est nulle. En effet, posons p = (0, 0) et h = (x, y ). Alors,
x2
Méthode 1 : puisque x 2 +y 2
≤ 1, il vient
x 2y 2
|f (x, y ) − f (0, 0)| = ≤ y 2.
x2 + y2
p
Mais, y 2 ≤ x 2 + y 2 ⇒ |y | ≤ x 2 + y 2 . Donc,
f (x, y ) − f (0, 0) − 0 y2 h→(0,0)
| p |≤ p ≤ |y | → 0.
2
x +y 2 x + y2
2
Méthode 2 : puisque x 2 y 2 ≤ 2x 2 y 2 ≤ (x 2 + y 2 )2 , il vient
(x 2 + y 2 )2
|f (x, y ) − f (0, 0)| ≤ = x2 + y2
x2 + y2
donc
f (x, y ) − f (0, 0) − 0 p h→(0,0)
| p | ≤ x2 + y2 → 0.
x2 + y2
10/30 ANALYSE MATHEMATIQUE 3 (2 CPI)-2020/2021.Hamid HADDADOU Chapitre 7 : Dérivées partielles et différentiabilité des fonctions de plu
Lien différentiabilité-continuité-dérivées partielles
Lien différentiabilité-continuité-dérivées partielles
Du fait que toute application linéaire définie sur Rm est continue, l(0Rm ) = 0 et
f (p + h) = f (p) + lp (h) + khkε(h), le résultat suivant découle immédiatement :
Proposition
Si f : D ⊆ Rm → Rn est différentiable en p, alors f est continue en p.
On a aussi
Proposition
Si f : D ⊆ Rm → R est différentiable en p, alors f admet des dérivées partielles
d’ordre 1 et
∂f ∂f ∂f
df (p) = (p)dx1 + (p)dx2 + ... + (p)dxm ,
∂x1 ∂x2 ∂xm
où dxj est l’application définie par dxj : (h1 , ..., hm ) ∈ Rm 7→ hj ∈ R.
Remarque
xy
La réciproque est fausse. Contre-exemple : la fonction suivante : f (x, y ) = x 2 +y 2
si
(x, y ) 6= (0, 0) et f (0, 0) = 0.
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Lien différentiabilité-continuité-dérivées partielles
Exemple
La fonction f définie par
xy
si (x, y ) 6= (0, 0),
(
x 2 +y 2
f (x, y ) =
0 si (x, y ) = (0, 0).
La fonction f admet des dérivées partielles d’ordre 1 et
∂f ∂f
(0, 0) = 0 et (0, 0) = 0.
∂x ∂y
Alors, si f est différentiable en (0, 0), alors
∂f ∂f
df (0, 0) = (0, 0)dx + (0, 0)dy ⇒ df (0, 0)(h1 , h2 ) = 0
∂x ∂y
Mais, si on pose p = (0, 0) et h = (x, y )
f (p + h) − f (p) − 0 . xy
lim = lim
khk
p
h→(0,0) h→(0,0) (x 2 + y 2 ) x2 + y2
n’exsite même pas (montrer le en utilisant la technique des chemins).
On en déduit que f n’est pas différentiable en (0, 0)
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Les fonctions de classe C k
Les fonctions de classe C k
Définition
Une fonction f : D ⊆ Rm → R est dite continûment différentiable sur D ou de classe
C 1 sur D si elle est différentiable sur tout D et si l’application
df : D −→ L(Rm , R))
p 7−→ df (p)
est continue (L(Rm , R) désigne l’e.v. des applications linéaire de Rm dans R).
L’étude de la continuité de df demande une certaine maı̂trise de manipulation de
concepts plus au moins abstraits. Pour ceci, en pratique, on utilise la
définition-proposition suivante pour étudier la classe de régularité :
Proposition
Une fonction f : D ⊆ Rm → R est dite de classe C k sur D ssi
toutes ses dérivées partielles d’ordre k existent,
toutes ses dérivées partielles d’ordre k sont continues sur D.
13/30 ANALYSE MATHEMATIQUE 3 (2 CPI)-2020/2021.Hamid HADDADOU Chapitre 7 : Dérivées partielles et différentiabilité des fonctions de plu
Les fonctions de classe C k
Exemples
Exemple
Une fonction polynomiale en (x1 , ..., xm ) est de classe C ∞ sur Rm .
Exemple
La fonction f (x, y ) = sin( yx ) définie sur D = R × R∗+ est de classe C 1 sur D
puisque
∂f
• (x, y ) = y1 cos( yx ) est continue sur D,
∂x
∂f
• (x, y ) = − yx2 cos( yx ) est continue sur D.
∂y
Exemple
p
La fonction f (x, y ) = x 2 + y 2 définie sur D = R2 est de classe C 1 sur D \ {(0, 0)}
car
∂f
• (x, y ) = √ 2x 2 est continue sur D \ {(0, 0)}
∂x x +y
∂f
• (x, y ) = √ 2y 2 sont continues sur D \ {(0, 0)}.
∂y x +y
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Les fonctions de classe C k
Combinaison, produit et rapport de fonctions différentiables
Proposition
Si f et g sont de fonction de classe C 1 sur D ⊆ Rm , alors
(f + g ) ∈ C 1 (D) et on a : d(f + g )(p) = d(f )(p) + d(g )(p).
(f .g ) ∈ C 1 (D) et on a : d(f g )(p) = g (p) df (p) + f (p)dg (p).
Si de plus, g 6= 0 sur D, alors f
g
∈ C 1 sur D et
f 1
d (p) = 2 (g (p) df (p) − f (p) dg (p))) .
g g (p)
15/30 ANALYSE MATHEMATIQUE 3 (2 CPI)-2020/2021.Hamid HADDADOU Chapitre 7 : Dérivées partielles et différentiabilité des fonctions de plu
Les fonctions de classe C k
Formule de Taylor d’ordre 1
Proposition
Soit f une fonction de classe C 1 sur D ⊂ Rm . Pour p = (α1 , ..., αm ) ∈ D fixé, il existe
une fonction ε définie sur D avec lim ε(u) = 0 telle que, ∀u = (u1 , ..., um ) ∈ D, on a
u→p
∂f ∂f
f (u) = f (p) + (u1 − α1 ) (p) + ... + (um − αm ) (p) + ku − pkε(u).
∂x1 ∂xm
Remarque
L’expression(2) peut s’écrire comme
. f (u) = f (p) + df (p)(u − p) + ku − pkε(u)
. f (u) = f (p) + ∇f (p) · (u − p) + ku − pkε(u).
où ”·” designe est le produit scalaire usuel dans Rm .
16/30 ANALYSE MATHEMATIQUE 3 (2 CPI)-2020/2021.Hamid HADDADOU Chapitre 7 : Dérivées partielles et différentiabilité des fonctions de plu
Les fonctions de classe C k
Remarque exemple de développement de Taylor d’ordre 1
Remarque
S’il existe (Aj )j=1,...,m ⊂ R et une fonction ε tendant vers 0 au voisinage de p
t.q. f (u) = f (p) + (u1 − α1 )A1 + ... + (um − αm )Am + ku − pkε(u)
on dit que f possède un développement limité à l’ordre 1 en p.
Ainsi, la proposition précédente montre que toute fonction de classe C 1 sur D
admet un développement limité à l’ordre 1 en tout point de D.
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Les fonctions de classe C k
Formule de Taylor d’ordre 2
Théorème
Soient D un ouvert de Rm et f : Rm → R une fonction de classe C 2 sur D. , Pour
p ∈ D, il existe une fonction ε définie sur D avec lim ε(u) = 0 telle que,Alors,
u→p
∀u = (u1 , ..., um ), on a
X ∂f
f (u) = f (p) + (ui − pi ) (p)
1≤i≤m
∂xi
1 X ∂2f
+ (ui − pi )(uj − pj ) (p) + ku − pk2 ε(u − p).
2 1≤i,j≤m ∂xi ∂xj
Remarque
Cette formule est généralisable à l’ordre k.
Exemple
La formule de Taylor à l’ordre 2 de la fonction f (x, y ) = e x+y au voisinage de (0,0)
est : f (u) = 1 + (u1 + u2 ) + 21 (u12 + 2u1 u1 + u12 ) + kuk2 ε(u).
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Généralisation de la notion de différentiabilité aux fonctions vectorielles
Généralisation de la notion de différentiabilité aux fonctions
vectorielles
Remarque
On peut généraliser la notion de différentiabilité aux fonctions
f : D ⊆ Rm → Rn . Alors, on dit que f est differentiable au point p ∈ Rm s’il
existe une application linéaire lp : Rm → Rn vérifiant
kf (p + h) − f (p) − l(h)k
lim = 0.
h→0Rm khk
C’est à dire f (p + h) = f (p) + lp (h) + khkε(h) avec lim ε(h) = 0.
h→0Rm
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Généralisation de la notion de différentiabilité aux fonctions vectorielles
Matrice jacobienne
Définition
Soit f : D ⊆ Rm → Rn une fonction de variables x1 , ..., xm de classe C 1 . On
appelle matrice jacobienne ou Jacobienne de f au point p ∈ Rm la matrice de
toutes les dérivées partielles d’ordre 1 définie par
∂f1 ∂f1
(p) . . . (p)
∂x1 ∂xm
.. ..
Jp (f ) =
. .
∂f ∂f
n n
(p) . . . (p)
∂x1 ∂xm
Exemple
Soit f (x, y ) = (x 2 + y , 5xy 4 ). On a pour a = (x, y )
2x 1
Ja (f ) = 4 3
5y 20xy
20/30 ANALYSE MATHEMATIQUE 3 (2 CPI)-2020/2021.Hamid HADDADOU Chapitre 7 : Dérivées partielles et différentiabilité des fonctions de plu
Généralisation de la notion de différentiabilité aux fonctions vectorielles
Matrice jacobienne de composition de fonctions
Proposition
Soit g : Rm → Rn une fonction de classe C 1 sur U ⊆ Rm et Soit F : Rn → Rq
une fonction de classe C 1 sur V ⊆ Rn avec g (U) ⊂ V . Alors, pour tout a ∈ U,
Ja (f ◦ g ) = Jg (a) (f )Ja (g )
Exemple
Soient f (x, y ) = (x 2 + y , xy 2 , x + y ) et g (x, y ) = (e xy , sin(y )). Déterminer
Ja (f ◦ g ) où a = (x, y ).
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Généralisation de la notion de différentiabilité aux fonctions vectorielles
Fonction C1 -difféomorphisme
Définition
Soit Ψ : U → V avec U et V deux ouverts de Rm . L’application Ψ est dite un
C1 −difféomorphisme si
Ψ est bijective,
Ψ est de classe C1
Ψ−1 est de classe C1
Remarque
Une fonction vectorielle est Ψ est de classe C1 si toutes ses composantes sont
de classe C1 .
22/30 ANALYSE MATHEMATIQUE 3 (2 CPI)-2020/2021.Hamid HADDADOU Chapitre 7 : Dérivées partielles et différentiabilité des fonctions de plu
Généralisation de la notion de différentiabilité aux fonctions vectorielles
Application aux Equations aux déérivées partielles (EDP)
Exemple
1 Soit la fonction Ψ définie de R2 dans R2 par : Ψ (x, y ) = (3x + y , x + y ).
Montrer que Ψ est un C1 −difféomorphisme
2 Résoudre l’équation aux dérivées partielles :
∂f ∂f
(x, y ) − 3 (x, y ) = 0 où f ∈ C 1 R2 .
∂x ∂y
En utilisant le changement de variables suivant :
u = 3x + y ,
v = x + y,
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Généralisation de la notion de différentiabilité aux fonctions vectorielles
Application aux EDP (suite)
Solution : 1) On a Ψ (x, y ) = (3x + y , x + y ) . Pour montrer que Ψ est
bijective de R2 dans R2 , il suffit de montrer que pour tout (u, v ) ∈ R2 , il existe
un seul (x, y ) ∈ R2
Ψ (x, y ) = (u, v )
c-à-d le système linéaire suivant admet une seule solution
x u 3 1
A = avec A = .
y v 1 1
Et c’est le cas car det(A) 6= 0. Ainsi, Ψ est une bijection et vu qu’elle est
linéaire, alors Ψ, Ψ−1 sont de classe en particulier C1 ce qu’il fallait démontrer.
La fonction Ψ définie bien un changement de variables de (x, y ) en (u, v ).
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Généralisation de la notion de différentiabilité aux fonctions vectorielles
Application aux EDP (suite)
2) Posons F (u, v ) = f ◦ Ψ−1 (u, v ). Alors, F est C1 car composition de
1
fonctions C et
f (x, y ) = (F ◦ Ψ) (x, y ).
D’aprés la régle de dérivation de fonctions composées, il vient
J(x,y ) (f ) = JΨ(x,y ) (F ) J(x,y ) (Ψ)
= J(u,v ) (F ) J(x,y ) (Ψ)
c-à-d :
∂f ∂f
∂F ∂F
3 1
∂x
(x, y ) ∂y
(x, y ) = ∂u
(u, v ) ∂v
(u, v )
1 1
ce qui est équivalent à
∂f
= 3 ∂F + ∂F
∂x ∂u ∂v
,
∂f
∂y
= ∂u + ∂F
∂F
∂v
,
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Généralisation de la notion de différentiabilité aux fonctions vectorielles
Application aux EDP (suite)
En remplacant dans l’EDP, on obtient
∂F ∂F
−2 =0⇔ =0
∂v ∂v
Ainsi, F est indépendante de v , ce qui implique qu’elle peut s’écrire sous la
forme
F (u, v ) = H(u), avec H ∈ C 1 (R)
Ce qui donne les solustions de la forme f (x, y ) = H(3x + y ).
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Annexe 1 : Dérivée suivant un vecteur
Annexe 1 : Dérivée suivant un vecteur
Définition
Étant donné un vecteur v de Rm et une fonction f : D ⊆ Rm → R. La dérivée
en p ∈ D suivant le vecteur v (notée Dv f (p) c’est la dérivée de la fonction
ϕp : t ∈ R 7→ f (p + tv ) en 0.
Remarque (Lien avec la différentielle et les dérivées partielles)
Si f est différentiable en p, on a
∂f
(p) = Dej f (p) (par définition).
∂xj
Dv f (p) = df (p)(v ).
Dv f (p) = ∇f (p) · v .
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Annexe 2 : Théorème des fonctions implicites
Annexe 2 : Théorème des fonctions implicites
Soient k ∈ N∗ ∪ ∞, D ⊂ R2 , f ∈ C k (D; R) et p = (α, β).
Proposition
∂f
Si f (p) = 0 et (p) 6= 0, alors il existe deux intervalles ouverts non vides I et
∂y
J centré autour de α et β respectivement tels que I × J ⊂ D vérifiant la
condition suivante : Il existe une application fonction ϕ ∈ C 1 (I ; J) telle que
∀(x, y ) ∈ I × J, f (x, y ) = 0 ⇔ y = ϕ(x),
∂f
∂y
(x, y ) 6= 0, ∀(x, y ) ∈ I × J,
∂f
(x, ϕ(x))
ϕ0 (x) = − ∂x
∂f
, ∀(x, y ) ∈ I × J.
∂y
(x, ϕ(x))
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Annexe 2 : Théorème des fonctions implicites
Remarque
Ce résultat se généralise aux cas de plusieurs variables > 2. Si k ∈ N∗ ∪ ∞,
D ⊂ Rm , f ∈ C 1 (D; R) et p = (α1 , ..., αm ) ∈ D ⊂ Rm tel que f (p) = 0 et
∂f
(p) 6= 0, alors il existe un voisinage V de (α1 , ..., αm−1 ) et un intervalle
∂xm
réel centré en αm tels que V × J ⊂ D et une application ϕ : V → J vérifiant
∀(x1 , ..., xm ) ∈ V × J, f (x1 , ..., xm ) = 0 ⇔ xm = ϕ(x1 , ..., xm−1 ),
∂f
∂xm
(x1 , ..., xm ) 6= 0, ∀(x1 , ..., xm ) ∈ V × J,
∂f
∂xj
(x1 , ..., xm−1 , ϕ(x1 , ..., xm−1 ))
∂ϕ
∂xj
(x1 , ..., xm−1 ) =− ∂f
,∀j ∈ {1, .., m − 1},
∂xm
(x1 , ..., xm−1 , ϕ(x1 , ..., xm−1 ))
∀(x1 , ..., xm ) ∈ V × J.
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Annexe 2 : Théorème des fonctions implicites
Exemple
2
L’équation z 3 + 2z + e z−x−y = cos(x − y + z) définie z comme fonction
implicite de x et y (ie z = ϕ(x, y )) dans le voisinage de (0, 0, 0) et
∂ϕ 1 ∂ϕ
(0, 0) = et (0, 0) = 0
∂x 3 ∂y
2
car si on pose f (x, y , z) = z 3 + 2z + e z−x−y − cos(x − y + z), f (0, 0, 0) = 0 et
∂f
(0, 0, 0) = 3 6= 0.
∂z
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