Université Mohammed premier OUJDA
École nationale des sciences appliquées OUJDA
Rapport de projet Géotechnique
Calcul de stabilité d’un mur de soutènement
Année Universitaire : 2023-2024
Réalisé par : Encadré par :
ZOUGGAR Ikhlass, OUALI Maryam [Link]
0.1 Introduction
Un projet de géotechnique visant à concevoir un mur de soutènement en béton
armé et à estimer ses charges implique une analyse approfondie de la stabilité des
sols, des contraintes structurelles et des charges qui agiront sur le mur.
Les murs de soutènement sont des structures cruciales pour retenir des terres et
maintenir la stabilité des terrains en différentes conditions géotechniques. Le calcul
et la conception de ces murs requièrent une compréhension précise des caractéris-
tiques du sol, des forces agissant sur la structure et des principes de l’ingénierie
des matériaux, garantissant ainsi la sûreté et la durabilité de l’ouvrage. Dans ce
projet, nous examinerons les paramètres géotechniques, les charges appliquées, les
calculs de stabilité et les considérations de construction pour élaborer un mur de
soutènement en béton armé capable de répondre aux exigences techniques et de
sécurité requises.
1
Chapitre 1
Variante 1 Mur en BA : Mur
cantilever
1.1 Pré-dimensionnement
Il est important de pré-dimensionner de la manière la plus juste possible les
caractéristiques géométriques du mur :
2
Voici les valeurs à prendre pour notre cas :
1.2 Calcul du poids propre du mur
Section1 : Triangle
G1′ = γ1 ∗ V ′
3
Avec :
γ1 Le poids volumique du mur (KN/m3)
V le volume du mur par unité de longueur(m2)
AN :
0.2
G1′ = γ1 ∗ V ′ = 25 ∗ 4.6 ∗ ( ) = 11.5KN/ml
2
Section2 : Rectangle
G1” = γ1 ∗ V ”
Avec :
γ1 le poids volumique du mur (KN/m3)
V le volume du mur par unité de longueur (m2)
AN :
G1” = γ1 ∗ V ” = 25 ∗ 4.6 ∗ 0.2 = 23KN/ml
Poids propre de semelle :
G2 = γ1 ∗ V
Avec :
γ le poids volumique du mur (KN/m3)
V le volume du mur par unité de longeur (m2)
AN :
4
G2 = γ2 ∗ V = 25 ∗ 2.8 ∗ 0.4 = 28KN/ml
Le poids total de mur de soutènement :
Gt = G1′ + G1” + G2 = 11.5 + 23 + 28 = 62.5KN
Poids propre du remblai sableux :
Gs = γsV
Avec :
γs le poids volumique du mur (KN/m3)
et V le volume du mur par unité de longueur (m2)
Gs = γsV = 19 ∗ 4.6 ∗ (2.8 − 0.4 − 0.7) = 148.58Kg/m
Donc :
Gs = 148.58KN/m
Poussée de Terre :
Le mur est de 5 m de hauteur totale avec les données suivantes :
— Cohésion nulle c = 0
— Poids volumique des terres γ= 19 kN/m3
— Angle de frottement interne ϕ= 32° ;
Pour l’écran vertical passant par l’arrière du talon, les tables de Caquot-Kérisel
donnent pour : β = 0 ; δ =β = 0 ; ϕ = 35° ; λ ≈ 0° ;
5
D’où
π ϕ 2
Ka = (tan( − ))
4 2
AN :
π 32 2
Ka = (tan( − )) = 0.3
4 2
L’effort résultant PG des poussées de terre est donnée par :
H2
PG = Ka.γ.
2
52
PG = 0.3 ∗ 19 ∗ = 72.97KN/ml
2
1.3 Vérification de la stabilité du mur de soutè-
nement :
Vérification de la stabilité externe :
a- Vérification de la stabilité au renversement :
On compare la somme des moments des forces qui tendent à renverser le mur
et la somme des moments des forces stabilisantes. Le rapport de ces deux sommes
est le coefficient de stabilisé au renversement. Le mur est stable vis-à-vis du ren-
versement, si ce coefficient de stabilité (sécurité) est supérieur ou égal à 1.
On a :
6
Donc le coefficient de sécurité est :
Ms 316.476
Fs = = = 2.96 > 1.5
Mr 121.86
Donc la stabilité au renversement est vérifiée
b- Vérification de la stabilité au glissement :
La vérification de la stabilité du mur vis-à-vis du glissement consiste à com-
parer la composante T de la résultante R de toutes les actions dans le plan de la
fondation, et de résistance que le terrain est capable d’opposer au glissement :
- Un bilan de force horizontale :
La poussée de terre
P h = 72.97KN/ml
7
- Un bilan de force verticales :
P v = 11.5 + 28 + 23 + 148.58 = 211.08KN/ml
Le coefficient de sécurité vis-à-vis du glissement Fs a pour expression :
P v. tan(δ) + C.B
Fs = > 1.5
Ph
C : cohésion du terrain
B : largeur de la fondation
δ : angle de frottement entre la base du mur et le sol (en général =ϕ).
AN :
211.08. tan(28)
Fs = = 1.538 > 1.5
72.97
D’où la stabilité au glissement est vérifiée
c- Vérification de la stabilité vis-à-vis le poinçonnement :
Pour vérifier la stabilité vis-à-vis de ce type de ruine, on utilise les formules utili-
sées pour le calcul de fondations superficielles, la charge sur le sol est inclinée et
excentrée.
On a :
(qu − q0′ )iδ
q ′ ref ≤ + q0′
γq
— qu′ est la contrainte de rupture du sol sous charge verticale centrée.
— q0 est la pression verticale effective du sol à l’aval de la semelle
— iδ : est un coefficient minorateur tenant compte de l’inclinaison δ sur la
verticale de la résultante des charges sollicitant la fondation.
8
— γq : est le coefficient partiel de sécurité pris généralement égal à 3
On calcul qu′ :
Le sol sous le mur est caractérisé par ϕ=28
Donc on a :
N γ=14.58
Nq=14.71
Nc=25.54
Donc :
qu′ = 0, 5 ∗ 14.58 ∗ 2, 82 ∗ 19 + 19 ∗ 1 ∗ 14.71 = 670.0882KP a
q0′ est généralement négligée pour les soutènements. (q0′ = 0)
Pour iγ : Le sol sous la base de la semelle est un sol cohérent mais avec C=0 KPa,
dans ce cas on a :
δ 2
iγ = (1 − )
90
Avec :
Ph
δ = arctan( ) = 19.07
V
Donc
19.07 2
iγ = (1 − ) = 0.62
90
9
Donc
(qu − q0′ )iδ
+ q0′ = 138.48KP a
γq
On calcul qref ′ On a :
5P v M
qref ′ = ∗ (1 − 1.2 ) = 96.77KP a
2B P v.B
On a donc :
qref ′ = 96.77KP a ≤ 138.48KP a
D’où la condition de non poinçonnement est vérifiée
10
Chapitre 2
Calcul de la deuxième variante :
Mur Poids
2.1 Définition d’un mur poids :
Les murs de soutènement de type « Poids » représentent l’une des formes
les plus anciennes de ce type de structure. Ils sont souvent construits avec des
matériaux rigides tels que la maçonnerie de pierres jointoyées ou du béton non
armé, voire du béton cyclopéen (des blocs de pierre ou des moellons noyés dans du
béton). Ces murs sont généralement étanches et intègrent souvent un système de
drainage, sauf s’ils sont destinés à retenir le niveau d’eau dans les terres soutenues,
ce qui est le cas la plupart du temps.
Ils peuvent également être composés de pierres sèches, de gabions faits de treillis
métalliques voire synthétiques, ou d’éléments préfabriqués en béton armé ou non
(blocs, caissons remplis de terre, poutres, etc.). Dans ce cas, ils tendent à être
moins rigides voire flexibles pour certains types. En règle générale, les murs de
type poids sont principalement employés pour des projets de terrassement sur des
sols terrestres en dehors des zones aquatiques. Pour des raisons économiques prin-
11
cipalement, les murs rigides en maçonnerie ou en béton sont rarement utilisés de
nos jours. Les récentes réalisations concernent principalement des ouvrages en bé-
ton non armé ou cyclopéen, souvent construits en déblai sur des terrains résistants
voire rocheux, particulièrement dans des zones montagneuses.
Figure 2.1 – Mur de soutènement poids
2.2 Prédimensionnement du mur :
Nous utilisons comme base le prédimensionnement en lien avec la hauteur totale
du mur (notée H), similaire à notre approche pour la variante en béton armé.
12
Figure 2.2 – Mur de soutènement poids
Calculs numériques :
Pour le prédimensionnement, nous avons considéré les situations les plus extrêmes
pour le calcul.
— H = 5m
— On prend largeur de la semelle B = 2m (L= 0.4 H)
— Pour la partie supérieure b= 0.3m
13
Figure 2.3 – Mur de soutènement poids
2.3 Inventaire et calcul des charges :
Voici un aperçu des charges agissant sur notre mur :
Figure 2.4 – Mur de soutènement poids
14
— Son poids Propre W
— Les forces de poussée Fu.
— Les forces de butée Fp.
— La réaction du sol sous la base.
NB : Toutes les opérations sont réalisées pour une longueur de mur d’un
mètre.
2.3.1 Calcul du poids propre :
On sait que :
W =m∗g =ρ∗S∗g
AN :
1.7 ∗ 5
24 ∗ (0.3 ∗ 5 + = 138KN/ml
2
2.3.2 Méthode de Rankine :
La méthode de Rankine est une approche pour évaluer la pression exercée et
la force de butée du sol. Elle repose sur l’idée que l’état des contraintes du sol en
contact avec une paroi est comparable à celui d’un sol uniforme et isotrope, avec
une zone de rupture plane.
La méthode de Rankine suppose les conditions suivantes :
— Sol pulvérulent et pesant.
— Ecran verticale et lisse.
— Pas de surcharge.
Hypothèses :
- Sol isotrope :
15
Le mur ne modifie pas la répartition des contraintes normales.
On a pour un sol à surface horizontale
σv = γ ∗ H
- les sols pulvérulents (c = 0), dans le cas d’une surface libre horizontale :
La contrainte de poussée active est
σa = Ka ∗ γ ∗ H
-Calcul de la contrainte de poussée :
π ϕ′
Ka = tan2 ( − )
4 2
AN :
π 32π
Ka = tan2 ( − ) = 0.3
4 180 ∗ 2
→ σv = 95KN/m2
→ σh = Ka ∗ σv = 28.5KN/m2
. La force de poussée est appliquée à 1/3 :
1
Ph = K a ∗ γ ∗ H 2
2
AN :
1 1
Ph = Ka ∗ σh ∗ H = ∗ 28.5 ∗ 4 = 57KN/ml
2 2
La force de poussée résultante est donc Ph = 57KN/ml
16
2.4 Justification de la stabilité :
2.4.1 Vérification au glissement :
La justification est d’éviter que la pièce ne glisse sur le support. Vérifiez que
le rapport traînée/force motrice, est supérieur au facteur de sécurité, qui est gé-
néralement supposé être égal à 1,5. La nature du matériau en contact avec le sol
affecte le glissement en raison de l’angle de frottement entre le sol et le mur.
pour un sol de caractéristiques (c’,ϕ′ ), la vérification de la résistance au glisse-
ment s’écrit :
W ∗ tan(δ) + c ∗ B
F = > 1.5 (2.1)
Ph
Avec :
— δ : angle de frottement sol-mur (pour un mur en béton on prend généralement
δ= 2
3
∗ ϕ′
— B : largeur de la fondation
— W=138 KN/ml
— Ph = 57 KN/ml
— δ= 2
3
∗ 28 = 18.66donc tan(δ) = 0.34
Donc F= 0.82< 1.5
La stabilité au glissement n’est pas vérifiée. Nous allons chercher la sec-
tion de mur poids nécessaire pour respecter cette condition
On cherche le poids adéquat pour assurer la stabilité au glissement.
. On a d’après (1.1) :
1.5 ∗ Ph 1.5 ∗ 57
W > = = 314.33KN/ml
tan(δ 0.34
17
. La section minimale qu’on peut adopté est :
314.33
Sm = = 13.1m2
24
. Donc on doit modifié les dimension de notre mur.
On prend :
b=1.4m et B=3.4m → W = 24 ∗ (2 ∗ 5 + 1.4 ∗ 25 ) = 324KN/ml → F=1.54 > 1.5
Donc la stabilité au glissement est vérifiée
2.4.2 Vérification au renversement :
Cette justification repose sur l’hypothèse selon laquelle une chute à proximité
du bord aval de la fondation peut provoquer la rupture du mur.
La justification vise à garantir que :
M oments − résistants
P
> 1, 5
M oments − moteurs
P
Les moments résistants sont induits par :
→ L’action du poids propre de l’ouvrage
→ L’action de la butée, bien que participant à la résistance au renversement est
négligée par sécurité.
Les moments moteur sont ceux induits par :
→ La poussée des terres.
[Link] Calcul du moment résistant du au poids propre de l’ouvrage :
Calcul de la distance du centre de gravité paraport à l’origine :
S1 ∗ x1 + S2 ∗ x2
dG =
S1 + S2
18
Avec S1 surface du triangle et S2 surface de réctangle
dG = 1m
→ Ms = W ∗ dG = 324 ∗ 1 = 324KN/ml
[Link] Calcul du moment moteur induit par la poussée Ph :
H 4
→ Mr = ∗ Ph = ∗ 57 = 118.75KN.m/ml
3 3
Ms 324
= = 2.72 > 1.5
Mr 118.75
Donc la stabilité au renversement est vérifiée
2.4.3 Vérification au poiçonnement :
La stabilité au poinçonnement implique de s’assurer que l’on reste à une dis-
tance sécuritaire des conditions de rupture du sol de fondation.
Fondamentalement, sa justification repose sur la vérification de la contrainte nor-
male appliquée au sol de fondation, en veillant à ce qu’elle demeure en deçà d’une
fraction de la contrainte maximale de rupture du sol.
Cette justification fait partie du processus de calcul des fondations.
(qu − q0′ )iδ
q ′ ref ≤ + q0′
γq
Avec
— qu La contrainte de rupture du sol sous charge verticale centrée.
— q0′ La pression verticale effective du sol à l’aval de la semelle
19
— iδ :Un coefficient minorateur tenant compte de l’inclinaison δ sur la verticale
de la résultante des charges sollicitant la fondation.
— γq : Le coefficient partiel de sécurité
Calcul de qu
- Le sol sous le mur est caractérisé par ϕ′ =28°
Donc on a
• Nγ , Nq et Nc sont des facteurs de portance donnés dans la fiqure 1.5 qui dé-
pendent uniquement de l’angle de frottement ϕ′ du sol sous la semelle de fondation,
Figure 2.5 – Expressions et valeurs des facteurs de portance
20
Figure 2.6 – Décomposition de la résistance mécanique du sol sous une fondation
superficielle en trois termes.
Pour les murs de soutènement généralement :
q0′ = 0
c′ = 0
→ Nγ = 20.1
Donc
AN :
3.4
qu = 20 ∗ ∗ 20.1 = 683.4KP a
2
Calcul iδ
On a
21
Ph
tan(δ) = = 0.22 → δ = 12.4·
Pv
12.4 2
→ iδ = (1 − ) = 0.74
90
→ γq = 2 + (iδ )2 = 2.54
On a :
M
M =e∗V →e=
V
Avec : V=W=324 KN/ml
H 5
M = Ph ∗ − W ∗ dG = 71.25 ∗ − 324 ∗ 1 = −205.25KN.m/ml
3 3
205.25
→e= = 0.633m
324
V 324 qu ∗ iδ 683.4 ∗ 0.74
q ′ ref = = et = = 199KP a
B − 2e 3.4 − 2 ∗ 0.633 γq 2.54
q ′ ref = 152KP a ≤ 199KP a
Donc la stabilité au poiçonnement est vérifiée
22
2.5 Vérification de la stabilité interne par logicel
EXPERT
On modélise notre mur dans l
Insertion des dimensions du mur :
Dimension du fondation :
23
24
Insertion des caractéristiques du sol :
25
Insertion des charges d’exploitation (dans notre cas, on n’a pas de charge d’ex-
ploitation)
Trouvons les résultats et le ferraillage du mur
Aprés que tous les coefficients sont vérifiés par le logiciel Expert(Pas de case rouge).
On exploite la partie ferraillage :
26
Ferraillage verticale :
— Utilisation des barres d’acier verticales (par exemple, des barres de diamètre
10 mm) à des intervalles réguliers le long de la hauteur du mur centrée.
— L’espacement des barres dépendra des exigences de conception et des charges
appliquées au mur (24cm )
Ferraillage horizontale :
— Utilisation des barres d’acier verticales (par exemple, des barres de diamètre
10 mm) à des intervalles réguliers le long de la hauteur du mur centrée.
— L’espacement des barres dépendra des exigences de conception et des charges
appliquées au mur (19cm )
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2.6 Métré pour mur de soutènement :
Pour mur BA
Pour établir un devis quantitatif d’un mur de soutènement, on doit calculé
les quantités suivantes :
— Surface du décapage
— Mouvements de terres
— Béton de propreté (e=cm)
— Surface de coffrage
— Béton pour semelle et mur
Vue en plan du mur :
Caractéristiques du mur BA :
28
Pour mur poids béton
29
Rmq : Puisque le Mur en poid assure la stabilité contre les différes Mouve-
ments d’instabilité , ainsi une économie de projet bien réduite par rapport
au mur en béton armé–> c’est un choix bien déterminer pour ce cas
30
2.7 Conclusion
Ce projet a constitué une analyse approfondie de la stabilité de deux types
distincts de murs de soutènement : le mur en béton armé et le mur en béton
de type poids. Notre étude a consisté en une évaluation minutieuse de la ré-
action de chaque structure face aux diverses contraintes et forces extérieures,
ainsi qu’à leur état de stabilité respective. En effectuant des calculs précis
des quantités de matériaux nécessaires à leur mise en œuvre, nous avons pu
observer une disparité significative : le mur en béton armé requiert une quan-
tité de matériau nettement supérieure à celle exigée par le mur en béton de
type poids.
Il est intéressant de noter que la construction du mur en béton armé im-
plique non seulement l’utilisation de béton, mais également la nécessité d’un
coffrage pour sa réalisation. Toutefois, un avantage non négligeable du mur
en béton armé réside dans la possibilité de sa fabrication sous forme préfa-
briquée. Cette caractéristique offre des perspectives intéressantes en termes
d’efficacité et de rapidité d’exécution lors de la mise en place de cette struc-
ture.
31