Dynamique des fluides visqueux
Jaques KADIMA KAZAKU, PhD
Cours de mécanique des fluides et hydraulique appliquée
déstiné aux étudiants de Licence (Bachelier) en sciences appliquées
Chapitre 4
Institut Supérieur et Technique de Lubumbashi (Lubumbashi, RD Congo)
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Outline
1 Notion de viscosité
Fluides Newtoniens
Mesure de viscosité
Fluides non newtoniens
2 Dynamique d’un écoulement visqueux
3 Pertes de charge
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Nous avons vu que dans un fluide parfait, la contrainte qui s’exerce sur une
particule de fluide est toujours perpendiculaire aux parois de celle-ci. Dans un
fluide réel en écoulement, la contrainte possède une composante tangentielle
dite contrainte visqueuse.
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Fluides Newtoniens
Expérience de Couette: Considérons un fluide enfermé entre deux cylindres,
l’un mobile, l’autre fixé via un fil de torsion. On constate que lorsque la cavité
cylindrique extérieure est mise en rotation à la vitesse angulaire ω, le cylindre
intérieur tourne d’un angle α par rapport à sa position d’équilibre. Analysons
en détail le phénomène.
Figure: Expérience de Couette.
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Fluides Newtoniens
La torsion du fil conduit à l’existence d’un couple dont les forces de
pression ne peuvent pas être responsables. On est donc obligé d’admettre
l’existence d’efforts tangentiels.
On observe que les particules de fluide adhèrent aux parois. Il existe
donc un gradient de vitesse au sein de l’écoulement.
Pour les fluides simples, l’angle α augmente proportionnellement a ω.
Les efforts tangentiels augmentent donc proportionnellement au gradient
de vitesse.
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Fluides Newtoniens
Interprétation: L’expérience montre que, lors de l’écoulement d’un fluide, la
pression ne suffit pas à expliquer les phénomènes et qu’il convient d’introduire
des forces tangentielles qui s’opposent au mouvement du fluide. Ces forces, de
type frottement, dues aux interactions entre molécules du fluide, sont appelées
forces de viscosité. La contrainte (force par unité de surface) →
−
σ qu’exerce une
couche de fluide supérieure sur un élément de surface d’une couche de fluide
inférieure, s’écrit:
−→
→
− dF →
−
σ 1→2 = = σn →
−
n + σt t avec σn = −p. (1)
dS
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Fluides Newtoniens
Fluide newtonien: Entre deux couches successives de fluide en écoulement
unidimensionnel à la vitesse → −v , il existe des contraintes tangentielles à
l’écoulement qui accélèrent la couche la plus lente et ralentissent la couche la
plus rapide. Par définition d’un fluide newtonien, les forces visqueuses sont
proportionnelles à la différence de vitesse c’est-à-dire au gradient de vitesse.
Figure: Contraintes internes dans le fluide.
∂v
σt = η
= η γ̇, (2)
∂η
où ∂v/∂η désigne le gradient de vitesse dans la direction normale à la surface.
De manière générale, la contrainte visqueuse varie comme la vitesse de
cisaillement γ̇. La constante de proportionnalité η est caractéristique du
fluide et désigne la viscosité dynamique du fluide. Institut Supérieur et Technique de Lubumbashi (
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Mesure de viscosité
L’analyse dimensionnelle de la relation (1) donne:
[F ] L [F ]
[η] = 2
= 2 T.
L [v] L
Ainsi, la viscosité est homogène à une pression×temps. On l’exprime
indifféremment en [Link] (Pa.s) ou en poiseuille (Pℓ) en hommage à
Jean-Louis Marie Poiseuille.
Le viscosimètre est l’appareil de mesure de la viscosité. Différents types de
viscosimètre existent suivant le type de fluide utilisé. Pour les liquides, on
utilise essentiellement le viscosimètre de Couette ou le viscosimètre à tube
capillaire.
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Mesure de viscosité
Ordres de grandeur: Pour les liquides, la viscosité varie fortement avec la
température (elle diminue lorsque la température augmente). Pour des
liquides purs, elle suit une loi du type:
η = eb/T . (3)
Quant aux gaz, leur viscosité est plus difficile à mesurer car beaucoup plus
faible que celle des liquides. Sa détermination peut se faire à l’aide d’une:
mesure de vitesse (viscosimètre à bille roulante, viscosimètre à tube
capillaire);
mesure de fréquence de résonance d’une onde de cisaillement
(viscosimètre à cristal piézo-électrique de torsion).
Elle dépend peu de
√ la pression et augmente légèrement avec la température (à
peu près comme T ).
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Fluides non Newtoniens
Le comportement newtonien (σ = η γ̇) s’observe:
dans tous les gaz;
dans les liquides simples constitués de petites molécules (l’eau par
exemple);
dans les solutions contenant des ions ou molécules à symétrie sphérique.
Cependant la rhéologie montre qu’il existe des fluides pour lesquels la relation
entre contrainte tangentielle et cisaillement est plus complexe. Certains
fluides vérifient la relation:
σt = η(γ̇)γ̇ (4)
où η(γ̇) représente une viscosité apparente. Lorsque η(γ̇) diminue avec γ̇ le
fluide coule d’autant plus facilement qu’il est cisaillé. On parle alors de fluide
rhéofluidifiant (sang, polymère fondu, etc.). Le comportement inverse est
désigné par le terme rhéoépaississant (amidon+eau). Il existe également des
liquides, comme les peintures, qui ne coulent que si la contrainte dépasse un
valeur seuil.
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Fluides non Newtoniens
Figure: Mesures de la viscosité de polysaccharides de différentes masses moléculaires
en solution aqueuse à 3% en masse. Institut Supérieur et Technique de Lubumbashi (
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Fluides non Newtoniens
Comportement visco-élastique: Tout fluide se caractérise par un temps de
relaxation viscoélastique τνe . Lorsque un fluide est soumis à une contrainte,
on distingue trois types de comportement en fonction du temps d’observation
t.
si t ≪ τνe le fluide adopte un comportement élastique (déformation
proportionnelle à la contrainte);
si t ≫ τνe le fluide adopte un comportement visqueux (vitesse de
cisaillement proportionnelle à la contrainte σ = η γ̇).
si t ≃ le comportement est alors plus complexe; il est dit visco-élastique.
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Fluides non Newtoniens
C’est pourquoi, du point de vue mécanique, la distinction entre un solide et un
liquide est artificielle. Ce que l’on appelle communément un liquide est un
fluide de petit temps de relaxation (τνe 1 ns pour l’eau) et ce que l’on appelle
un solide peut être vu comme un fluide de grand temps de relaxation
(τνe = 106 ans pour le manteau de la croûte terrestre). τνe dépend fortement
de la température ce qui confère à certains systèmes un comportement fluide
ou solide suivant la température (bitume par exemple).
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Outline
1 Notion de viscosité
2 Dynamique d’un écoulement visqueux
Bilan de forces
Equation de Navier-Stokes
Nombre de Reynolds
3 Pertes de charge
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Lorsque le fluide est newtonien et incompressible, les équations de Newton
appliquées à chaque particule de fluide prennent la forme des équations de
Navier-Stokes.
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Bilan de forces
Plaçons nous dans un référentiel galiléen et effectuons un bilan des forces sur
une particule de fluide située en M à l’instant t, de masse dm = ρ(M, t)dτ .
En plus des forces de pression et des forces extérieures volumiques, il faut
ajouter la résultante des forces visqueuses:
→
− →
− ext →− →
−
dF = f − ∇p dτ + d F n . (5)
→
−
L’expression de d F η est en général assez compliquée mais elle se simplifie
dans le cas des fluides newtoniens et incompressibles.
Cas d’un écoulement parallèle unidimensionnel: Calculons la résultante
des forces visqueuses dans le cas particulier simple d’un écoulement suivant
(Ox) avec un gradient de vitesse suivant (Oy):
→
−
v = v(y)−
→.
u (6)
x
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Bilan de forces
On remarque ici que div→ −v = 0, l’écoulement est donc bien incompressible.
Dans ce cas, la résultante des forces visqueuses s’exerçant sur une particule de
fluide, s’écrit:
−
→ dv dv 2→
−
→ = η d v dτ.
dFη = η (y + dy) − (y) dxdz −
ux (7)
dy dy dy 2
On voit apparaı̂tre une force volumique qui s’exprime comme le laplacien de
la vitesse. Cette formule obtenue dans un cas particulier se généralise aux
écoulements incompressibles des fluides newtoniens. On admettra que pour
un fluide newtonien incompressible, la résultante des forces visqueuses
s’écrit:
−→
dFη = η∆→−v dτ, (8)
où l’opérateur ∆ est la Laplacien.
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Equation de Navier-Stokes
D’après la seconde loi de Newton appliquée à une particule de fluide, on a:
D→
−
v →
− →
− −
→ −−→
ρdτ = − ∇pdτ + f v,ext dτ + dFη avec dFη = η∆→
−
v dτ. (9)
Dt
En divisant par dτ , on obtient l’équation de Navier-Stokes.
Equation de Navier-Stokes
Pour un fluide incompressible newtonien, la dynamique de l’écoulement
vérifie l’équation:
∂→
−
" #
v →
− − →
− →
−
+ →−
v ·∇ →v = − ∇p + f v,ext + η∆→
−
ρ v. (10)
∂t
Il s’agit donc d’une équation aux dérivées partielles du second ordre et non
linéaire.
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Nombre de Reynolds
La complexité provient essentiellement de la présence, dans l’équation de
Navier-Stokes, d’un terme non linéaire — le terme convectif — et d’un
¡textitterme du second ordre, le terme de viscosité. Dans de nombreux cas, on
peut négliger l’un des deux termes devant l’autre. On définit alors un facteur
sans dimension, qui estime l’importance du terme convectif devant le terme de
viscosité. On peut estimer l’ordre de grandeur du terme convectif et du terme
visqueux à partir de l’échelle caractéristique D du problème, de la vitesse
moyenne d’écoulement v, de la masse volumique ρ du fluide et de sa viscosité
η.
→
− − v2 v
ρ →−
v ·∇ → et ∥η∆→ −
v ≈ρ v ∥ ≈ η 2. (11)
D D
D’où le nombre sans dimension appelé nombre de Reynolds:
terme convectif ρvD
Re = = . (12)
terme visqueux η
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Nombre de Reynolds
Ce nombre joue un rôle très important en mécanique des fluides car il permet
de distinguer deux types d’écoulement.
L’écoulement à petit nombre de Reynolds Re ≪ 1 — L’écoulement est
laminaire et essentiellement gouverné par la viscosité. Le terme d’inertie
est négligeable et l’équation de Navier-Stokes devient:
∂→
−v →
− →
−
ρ = − ∇p + fv + η∆→ −
v, (13)
∂t
équation qui a le bon goût d’être linéaire. Si l’écoulement est permanent,
on obtient le régime de Stokes.
L’écoulement à grand nombre de Reynolds Re ≫ 1 — On montre
dans ce cas que les effets visqueux sont concentrés sur les bords, dans
une fine couche appelée couche limite, et dans le sillage des obstacles.
Hors de ces zones, le terme visqueux est négligeable et l’on retrouve
l’équation d’Euler
∂→−
" #
v
→− →
− → − →
− →
−
ρ + v · ∇ v = − ∇p + fv . (14)
∂t Institut Supérieur et Technique de Lubumbashi (
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Nombre de Reynolds
Écoulement turbulent — La viscosité stabilise et régularise les
écoulements de façon générale. Ainsi, quand le nombre de Reynolds
augmente le régime laminaire devient instable voire turbulent. La
transition entre le régime laminaire et turbulent se produit dans une
certaine gamme de valeur du nombre de Reynolds qui dépend du
problème. On peut retenir qu’en général, lorsque Re > 105 ,
l’écoulement devient turbulent, c’est-à-dire que la vitesse en un point M
varie dans le temps de façon erratique. Dans ce cas, le problème étant
analytiquement insoluble, on utilise souvent des lois phénoménologiques
associées à une analyse dimensionnelle.
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1 Notion de viscosité
2 Dynamique d’un écoulement visqueux
3 Pertes de charge
Loi de Poiseuille
Notion de perte de charge
Théorème de Bernoulli généralisé
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Loi de Poiseuille
Position du problème: On s’intéresse à l’écoulement d’un fluide visqueux
dans un long tube cylindrique de rayon R et de longueur L ≫ R. Le tube est
horizontal (orienté suivant Oz) et l’écoulement est assuré grâce à l’existence
d’une différence de pression ∆p entre l’entrée du tube et la sortie du tube.
Figure: Ecoulement de Poiseuille.
Question: Quelle relation lie la différence de pression ∆p et le débit
volumique du fluide?
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Loi de Poiseuille
Sous les hypothèses suivantes:
∂→−
v →
−
L’écoulement est permanent: = 0;
∂t
L’écoulement est incompressible, par conséquent div→
−
v = 0;
Le nombre de Reynolds est suffisamment petit pour supposer un régime
d’écoulement laminaire;
L’écoulement est parallèle à Oz et invariant par rotation autour de l’axe
Oz: →−v = v(r, z)−
→;
u z
La pésanteur est négligée;
la différence de pression est directement reliée au débit volumique par la
formule:
8ηL
∆p = Qv , Formule de Poiseuille. (15)
πR4
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Notion de perte de charge
Définition
La perte de charge notée ∆pη est la pression supplémentaire qu’il faut imposer
entre les extrémités d’une canalisation pour assurer un écoulement
stationnaire et compenser le frottement visqueux. Deux termes entrent dans le
calcul des pertes de charge:
La perte de charge en ligne dite perte de charge régulière,
La perte de charge singulière.
Théorème de Vaschy-Buckingham
Le théorème Π ou théorème de Vashy-Buckingham est le théorème
fondamental de l’analyse dimensionnelle. Supposons que nous cherchions une
relation entre n grandeurs physiques gi=1···n que l’on considère pertinentes
pour décrire un phénomène. Notons k le nombre de dimensions
fondamentales utilisées par ces grandeurs (k ≤ 7).
Il existe alors (n − k) produits sans dimension notées πi tels que
f (π1 , π2 , · · · , πn−k ) = 0. Institut Supérieur et Technique de Lubumbashi (
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Notion de perte de charge
On a alors l’expression de perte de charge:
1 L
∆pη = λ(Re ) ρv̄ 2 , (16)
2 D
appelée aussi équation de Darcy-Weisbach.
λ est un facteur sans dimension qui désigne le coefficient de perte de charge
régulière et ne dépend que du nombre de Reynolds pour une canalisation lisse.
Dans le cas d’une canalisation rugueuse, un quatrième nombre sans
dimension intervient : la rugosité relative ϵ/D qui mesure le rapport de la
hauteur moyenne des aspérités de la paroi interne de la conduite sur son
diamètre interne.
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Notion de perte de charge
Figure: Diagramme de Moody. Institut Supérieur et Technique de Lubumbashi (
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Notion de perte de charge
Ecoulement laminaire: On remarque sur le diagramme de Moody que pour
Re < 2000, le coefficient de perte de charge suit une loi de puissance (ce qui
donne une droite avec une échelle logarithmique). L’expression de perte de
charge est donnée par:
1 L 64
∆pη = λ ρv̄ 2 , avec λ= . (17)
2 D Re
Ecoulement turbulent: En régime turbulent, λ augmente brutalement et pour
les grands nombres de Reynolds, le coefficient de perte de charge conserve
une valeur constante qui ne dépend que de la rugosité relative de la conduite.
Dans ce cas, les pertes de charge varient comme le carré du débit. En
conclusion, pour diminuer l’ensemble des pertes de charge dans une
canalisation, afin de diminuer les coûts de fonctionnement dus aux pompes, il
faut, quand c’est possible jouer sur certains paramètres.
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Notion de perte de charge
Pertes de charges singulières: De la même manière, on peut exprimer les
pertes de charge singulières comme suit:
1 2
∆ps = ξ ρvinc , (18)
2
où ξ est le coefficient de perte de charge singulière et vinc est la vitesse
moyenne incidente du fluide arrivant sur l’obstacle. Il existe également des
tables donnant ξ en fonction du type d’obstacle.
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Théorème de Bernoulli généralisé
Considérons un fluide en écoulement stationnaire et incompressible dans un
système de conduites où il traverse des machines hydrauliques avec lesquelles
il peut échanger de l’énergie:
des pompes donneront de l’énergie mécanique au fluide;
des turbines recevront de la part du fluide de l’énergie mécanique.
Figure: Ecoulement stationnaire dans un systèmeInstitut
de Supérieur
conduites.
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Théorème de Bernoulli généralisé
Si l’on note P la puissance échangée avec le fluide, on a P > 0 pour les
pompes et P < 0 pour les turbines.
Les machines hydrauliques fournissent une puissance mécanique P de sorte
que le transfert mécanique effectué pendant la durée dt s’écrit:
δWméca = Pdt. (19)
Quant aux forces de pression, leur travail s’exprime par:
δW = −pext dV = (pA − pB ) Qv dt (20)
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Théorème de Bernoulli généralisé
Le fluide est également le siège de forces intérieures. Or, l’écoulement étant
incompressible, les particules de fluide se déforment sans changer de volume
ce qui explique que les forces de pression interne ne travaillent pas. Par
contre, le fluide est le siège d’un travail résistant δWη des forces visqueuses.
Par définition de la perte de charge, on a:
δWη = −Qv ∆pη dt. (21)
Finalement le théorème de l’énergie cinétique donne la relation de Bernoulli
généralisée:
1 2 1 2 P
ρvB + ρgzB + pB = ρvA + ρgzA + pA + − ∆pη . (22)
2 2 Qv
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