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Chap5 Calcul Intégral

Le document traite des contributions de Georg Friedrich Bernhard Riemann à la théorie de l'intégration et à la géométrie, en mettant en avant ses travaux sur les séries trigonométriques et l'hypothèse de Riemann. Il présente également les concepts fondamentaux de l'intégration des fonctions continues et des fonctions positives, ainsi que des théorèmes clés concernant l'intégrabilité. Enfin, il aborde les notions de convergence et d'intégrabilité locale, tout en introduisant des définitions et des propriétés essentielles liées à l'intégrale de Riemann.

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Chap5 Calcul Intégral

Le document traite des contributions de Georg Friedrich Bernhard Riemann à la théorie de l'intégration et à la géométrie, en mettant en avant ses travaux sur les séries trigonométriques et l'hypothèse de Riemann. Il présente également les concepts fondamentaux de l'intégration des fonctions continues et des fonctions positives, ainsi que des théorèmes clés concernant l'intégrabilité. Enfin, il aborde les notions de convergence et d'intégrabilité locale, tout en introduisant des définitions et des propriétés essentielles liées à l'intégrale de Riemann.

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5

CHAPITRE

Calcul intégral

Georg Friedrich Bernhard Riemann, 1826–1866, est le dernier élève de


Gauss, à Göttingen. Ce dernier écrit à propos de ses travaux : La disserta-
tion présentée par Monsieur Riemann démontre de façon convaincante que
celui-ci a effectué des recherches minutieuses et approfondies sur les par-
ties du thème traitées dans la dissertation, qu’il est doué d’un esprit créatif,
véritablement mathématique, et qu’il possède une originalité admirable et
féconde.
Riemann propose une étude des séries trigonométriques, et développe
pour ce faire une théorie de l’intégration : L’incertitude qui règne encore
sur quelques points fondamentaux de la théorie des intégrales définies nous
oblige à placer ici quelques remarques sur la notion de l’intégrale définie, et
sur la généralité dont elle est susceptible. Et d’abord que doit-on entendre
Rb
par a f (x) dx ?
Il reformule la géométrie lors d’un exposé intitulé Sur les hypothèses
sous-jacentes à la géométrie, jetant les bases de la géométrie différentielle
et ouvrant la voie aux géométries non euclidiennes et à la théorie de la
relativité générale.
Ses derniers travaux Sur le nombre de nombres premiers inférieurs à une
taille donnée définissent la fonction ζ et l’amènent à formuler l’hypothèse
de Riemann sur ses zéros non triviaux. Celle-ci fait partie des fameux 23
problèmes de Hilbert ainsi que des 7 problèmes du millénaire.
218 5.1. INTRODUCTION

— Intégration des fonctions continues par morceaux et positives sur un inter-


Z b
valle quelconque. Convergence en une borne. Écriture f = +∞ en cas
a
de divergence.
Z +∞ Critère d’intégrabilité. Nature de l’intégrale de Riemann et
de e −at
dt. Comparaisons : 0 ≤ f ≤ g, f = O (g), f ∼ g. Un calcul
0
aboutissant à un résultat fini vaut preuve de convergence. Cas de nullité de
l’intégrale d’une fonction continue à valeurs positives.
— Intégration sur un intervalle quelconque pour f continue par morceaux à va-
leurs dans K, convergence de l’intégrale. Dérivation en fonction d’une borne
si f est continue. Linéarité, positivité, croissance, relation de Chasles.
Programme — Espace L1 (I, K) des fonctions (continues par morceaux) intégrables d’un in-
tervalle quelconque I dans K. Intégrabilité, convergence absolue. La conver-
gence absolue entraîne la convergence. Inégalité triangulaire. Théorème de
comparaison : f = O (g) et f =∼ g.
— Changement de variable bijectif et de classe C 1 . On applique ce résultat
sans justification dans des cas de changements de variable usuels.
— Intégration par parties sur un intervalle quelconque : l’existence des limites
du produit f g aux bornes de l’intervalle assure que les intégrales de f g 0 et
f 0 g sont de même nature. Notation [f g]ba . On ne demande pas de rappeler
les hypothèses de régularité.
— Intégration des relations de comparaison pour fonctions : domination, négli-
geabilité, équivalence. La fonction de référence est réelle et de signe constant.

Les fonctions sont définies sur I un intervalle quelconque de R (ni fermé, ni borné
a priori), et à valeurs dans K, corps des nombres réels ou des nombres complexes.

1 Introduction

Une idée, a priori naturelle, pour construire l’intégrale d’une fonction continue dé-
finie sur un segment I est de partir de la notion d’aire, notamment pour les rectangles.
L’aire d’un rectangle conduit à définir l’intégrale d’une fonction constante et donc, par
additivité des aires ou relation de Chasles, à celle d’une fonction en escalier.
On dispose alors d’une forme linéaire de l’espace des fonctions en escalier sur I.
L’inégalité de la moyenne montre que cette forme linéaire est lipschitzienne pour la
norme k·k∞ et est donc uniformément continue. Le théorème de prolongement des
applications uniformément continues permet donc de prolonger cette forme linéaire à
l’adhérence de l’espace des fonctions escaliers, à l’intérieur de l’espace des fonctions
bornées sur I, l’adhérence étant considérée pour la norme k·k∞ .
Or le théorème de Heine a pour conséquence que cette adhérence contient l’espace
des fonctions continues sur I, ce qui permet de donner un sens aux intégrales de telles

François Sauvageot - Lycée Clemenceau - Nantes - c b n a - 2022-2023


CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 219

fonctions.

1. Les fonctions en escaliers sont intégrables.


2. Une limite uniforme de fonctions intégrables est intégrable et on peut alors
Propriétés 5 - 1 échanger les signes intégrale et limite.
3. Une fonction (uniformément) continue est intégrable (théorème de Cau-
chy).

Dans cette construction, le fait que l’on puisse considérer l’intégrale de telle ou telle
fonction résulte donc du fait qu’elle est approchable par des fonctions élémentaires, à
savoir les fonctions en escalier. L’intégrabilité, i.e. le fait que l’intégrale existe, n’est
pas une propriété à part entière puisqu’on n’a pas défini ce qu’elle veut dire.
En voici une définition, hors-programme, via les sommes de Darboux (Gaston
Darboux, 1842–1917) .
On se donne une subdivision D de I, i.e. {x0 , · · · , xn } avec n ∈ N∗ et
inf I = x0 < x1 < · · · < xn = sup I .
On note alors, pour f une fonction bornée sur I et i dans J0, n−1K, δi = ∆xi = xi+1 −xi ,
fi = inf f et Fi = sup f et on définit les sommes de Darboux inférieure et
[xi ,xi+1 ] [xi ,xi+1 ]
supérieure par
n−1
X n−1
X
s(D) = s(D, f ) = fi δ i et S(D) = S(D, f ) = Fi δ i .
i=0 i=0

On remarque alors que si D ⊂ D0 , on raffine la construction et on a donc


D ⊂ D0 ⇒ s(D) ≤ s(D0 ) ≤ S(D0 ) ≤ S(D) .
On en déduit, en considérant D et D0 deux subdivisions quelconques et D ∪ D0 , qu’on
a s(D) ≤ s(D ∪ D0 ) ≤ S(D ∪ D0 ) ≤ S(D0 ), de sorte que toute somme de Darboux
inférieure est majorée par toute somme de Darboux supérieure et on peut ainsi définir
le supremum de s(D) pour D variant et, de même, l’infimum de S(D). On appelle ces
quantités les intégrales inférieure et supérieure, ce que l’on note
Z Z
sup s(D, f ) = f≤ f = inf S(D, f ) .
D I D
I

Avec ces définitions, on dit que f est intégrable


Z si ses intégrales inférieure et supérieure
coïncident. On note la valeur commune f.
I
Il est équivalent de dire qu’une fonction est intégrable si pour tout ε dans R+ ∗
,
on peut trouver D tel que 0 ≤ S(D) − s(D) ≤ ε. Il est un peu plus technique de
montrer qu’il revient au même d’affirmer que pour tout ε dans R+ ∗
, on peut trouver
δ tel que pour toute subdivision D de pas inférieur à δ (i.e. maxi δi ≤ δ) on ait
0 ≤ S(D) − s(D) ≤ ε.
En particulier, si f est intégrable (par exemple continue par morceaux), on a conver-
gence des sommes de Riemann vers l’intégrale :


∀ε ∈ R+ , ∃δ ∈ R+

, ∀D, ∀(ξi )0≤i≤n−1 ,

Propriété 5 - 2 Z n−1
X
max δi ≤ δ =⇒ f− f (ξi )δi ≤ ε .
0≤i≤n−1 I i=0

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220 5.2. INTÉGRATION DES FONCTIONS POSITIVES

Un théorème élémentaire montre que toute fonction monotone est intégrable


au−(n+1)
sens précédent. Le contre-exemple donné par f affine sur les intervalles
2 ; 2−n telle que f (2−n ) = 2−2n , lim 1n − f = 2−(2n+1) et f (0) = 0 montre

Aparté 2
qu’une fonction monotone n’est pas nécessairement continue par morceaux, ni a
fortiori intégrable au sens du programme.

Un théorème de Lebesgue montre qu’une fonction bornée sur un segment y


Pour aller plus loin est intégrable au sens de Riemann si et seulement si l’ensemble de ses disconti-
nuités est de mesure nulle.

L’intégrale de Riemann ne concerne dans un premier temps que les fonctions bor-
nées, sur un intervalle borné. Pour définir d’autres intégrales, dites impropres, on passe
par une deuxième définition. Néanmoins le passage à la limite n’est pas complètement
satisfaisant dans cette théorie, et c’est pourquoi on peut lui préférer l’intégrale de
Lebesgue ou celle de Kurzweil-Henstock.

2 Intégration des fonctions positives

Intégrabilité des fonctions positives


Z b
Soit f dans Cmcx
0
(I, R+ ). On dit que f est intégrable sur I si sup f (t) dt
[ a;b ] ⊂I a
Z Z sup I
Définition 5 - 1 est fini. On note alors f cette quantité ou encore f (t) dt.
I inf I
Z Dans le cas contraire, on dit que f n’est pas intégrable sur I et on note
f = +∞.
I

Cette notion
Z n’est pas nouvelle si I est un segment puisque, par croissance
Z de
l’intégrale, f est un majorant et même un maximum des quantités f pour
I J
J segment inclus dans I. La notation est donc cohérente.
Remarques 5 - 1
Si J ⊂ I et si f est intégrable sur I, alors f est intégrable sur J et
Z Z
f≤ f.
J I

Si I est borné, la fonction constante égale à 1 est intégrable sur I et on a


Z
Exemple 5 - 1 1 = `(I) = sup(I) − inf(I) ,
I

où `(I) représente sa longueur.

La caractérisation suivante est importante car elle permet de se ramener à des

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CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 221

suites.

Intervalles exhaustifs
Soit f dans Cmcx 0
(I, R+ ), (In ) est une famille croissante de segments dont la
réunion Z
est I (i.e.
 I = limn∈N ↑ In ), alors f est intégrable sur I si et seulement si
Théorème 5 - 1 la suite f est majorée ou encore si et seulement si elle est convergente.
In n∈N
Dans ce cas on a Z Z Z
f = sup f = lim f.
I n In n In

Démonstration. C’est immédiat en remarquant que, si J est un segment inclus


dans I, alors il existe un entier
Z N à partir
Z duquel J ⊂ In , pour n ≥ N , en utilisant la
croissance de l’intégrale : sup f = sup f. 
J J n In

sin2 (x)
+∞
Z
L’intégrale dx diverge car, pour tout entier naturel n, on a
0 x
Exemple 5 - 2 (n+1)π
sin2 (x) 1
Z
dx ≥
nπ x 2(n + 1)

Exercice Trouver un exemple de fonction intégrable non bornée.

Si f est continue par morceaux et positive sur ] a; b ] et si (an )n∈N est une
suite décroissante de limite a, alors f est intégrable sur ] a; b ] si et seulement si
Exemple 5 - 3 Z b
la limite de f (t) dt existe.
an

Relation de Chasles
Soit f dans Cmcx0
(I, R+ ), c un point intérieur à I, J1 = ] − ∞; c ] ∩ I et
J2 = [ c; +∞ [ ∩ I, alors f est
Z intégrable sur
Z I si et seulement si elle l’est sur J1
Propriété 5 - 3 Z
et sur J2 . Dans ce cas on a f= f+ f.
I J1 J2
Michel Chasles, 1793–1880, portait le prénom Floréal à sa naissance.

Démonstration. Cela résulte directement de la relation de Chasles dans le cas des


segments. 

Intégrabilité locale
On dit que f est intégrable au voisinage d’une des bornes α de I (éventuel-
Définition 5 - 2 lement infinie) si elle est intégrable sur un intervalle J inclus dans I dont l’une
des bornes est α. Par relation de Chasles f est intégrable sur I si et seulement
si elle l’est au voisinage de chacune des bornes de I.

Prolongement par continuité en une borne


Propriété 5 - 4 Soit f dans Cmcx
0
(I, R+ ) et α une borne de I. Si α est fini et si f est continue
ou prolongeable par continuité en α, alors f est intégrable au voisinage de α.

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222 5.2. INTÉGRATION DES FONCTIONS POSITIVES

Démonstration. On note g la fonction prolongée en α. ZPour x dans I, on note J


le segment joignant α à x. Par continuité de g, l’intégrale g existe. D’après ce qui
J Z Z
précède, pour tout segment K inclus dans J et ne contenant pas α, on a g≤ g
Z Z K J

et donc aussi f ≤ g puisque f et g coïncident sur K. Il en résulte que f est


K J
intégrable sur J, et donc localement intégrable au voisinage de α. 

Fonctions de référence
Puisqu’on connaît des primitives des fonctions puissances et exponentielles, la
caractérisation par intervalles exhaustifs permet de conclure
α
— Les fonctions x 7→ |x − b| sont intégrables au voisinage de b si et seulement
Exemples 5 - 4 si α > −1.
— Les fonctions x 7→ xα sont intégrables au voisinage de +∞ si et seulement
si α < −1.
— Les fonctions x 7→ e−ax sont intégrables au voisinage de +∞ si et seulement
si a > 0.

Cône
Soit f et g dans Cmcx
0
(I, R+ ) intégrables sur I et M un réel positif. Alors
f + g et M f sont également intégrables sur I. De plus on a
Propriété 5 - 5
Z Z Z Z Z
(f + g) = f + g et (M f ) = M f .
I I I I I

Démonstration. Cela résulte de la caractérisation par intervalles exhaustifs. 

Croissance
Soit f et g dans Cmcx
0
(I, R+ ) vérifiant ∀x ∈ I 0 ≤ f (x) ≤ g(x). Si g est
intégrable sur I alors f l’est aussi et on a
Propriété 5 - 6
Z Z
0≤ f ≤ g.
I I

Démonstration. En effet dans ce cas, pour tout segment J inclus dans I, on a


0 ≤ J f ≤ I g. Comme le majorant de droite estR indépendant de J, on en conclut
R R

que f est intégrable sur I, d’intégrale majorée par I g. 

Comparaison au voisinage d’une borne


Soit f et g dans Cmcx
0
(I, R+ ), b une des bornes de I.
— Si g est intégrable au voisinage de b et si f = Ob (g) (resp. f = ob (g)),
Propriétés 5 - 7 alors f est intégrable au voisinage de b.
— En particulier si f ∼ g, alors f et g sont simultanément intégrables ou non
b
au voisinage de b.

Démonstration. Si f = Ob (g) alors on dispose d’un voisinage de b et d’un réel


positif M tel que 0 ≤ f ≤ M g. Si g est intégrable au voisinage de b, il en va alors de
même de M g et de f d’après ce qui précède.

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CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 223

Pour la seconde propriété on remarque que f ∼ g entraîne à la fois f = Ob (g) et


b
g = Ob (f ), ce qui permet de conclure avec la première propriété. 

Comparaison à une fonction de référence


α
— Si f (x) = Oa (|x − b| ) et α > −1, alors f est intégrable au voisinage de b.
— Si f (x) = O+∞ (xα ) avec α < −1, ou si f (x) = O+∞ (e−ax ) avec a > 0,
alors f est intégrable au voisinage de +∞.
Exemples 5 - 5
— Si (x − a)f (x) admet une limite (finie ou infinie) en a et que cette limite
est non nulle, alors f n’est pas intégrable au voisinage de a.
— Si xf (x) admet une limite (finie ou infinie) en +∞ et que cette limite est
non nulle, alors f n’est pas intégrable au voisinage de +∞.

Positivité
Soit I un intervalle de bornes a et b et f dans L1 (I, R). Si on a ∀x ∈ I
Z b Z b
Proposition 5 - 1
f (x) ≥ 0, alors on a f (t) dt ≥ 0 et de plus, si f est continue, f (t) dt = 0 si
a a
et seulement si f est nulle sur I.

Démonstration. La première partie de l’assertion R résulte du fait qu’une limite de


termes positifs est positive. Si f est continue et I
f = 0, alors pour tout segment
J inclus dans I, on a J f = 0 et donc f|J = 0 par caractérisation des intégrales de
R

fonctions continues et positives sur un segment. Il en résulte que f est identiquement


nulle sur I. 

3 Intégrales semi-convergentes

On étudie maintenant les intégrales des fonctions à valeurs réelles ou complexes.


Contrairement à ce qui se passe dans le cas des fonctions positives, repartir de la
définition poserait un problème : les limites ne sont pas des bornes supérieures. De plus
on ne peut pas approcher uniformément par une fonction en escalier, les intégrandes ne
sont plus nécessairement bornés, ni les intervalles d’intégration ! Il semble donc naturel
d’utiliser un passage à la limite, i.e.
sin(x) sin(x)
Z +∞ Z X
dx = lim dx .
0 x X→+∞ 0 x

Intégration sur un intervalle quelconque


Soit I un intervalle réel ; une fonction f de I dans K est dite localement
intégrable sur I si f est continue par morceaux sur tout segment inclus dans I.
Si b est une des bornes de I (finie ou infinie), on dit que l’intégrale de f
Z x
converge au voisinage de b (sur I) s’il existe c dans I tel que la limite lim f (t) dt
x→b
Définition 5 - 3 x∈I
c
existe.
Si f est localement intégrable sur I et que son intégrale converge au voisi-
nage de chacune
Z des deux bornes de I, on dit que l’intégrale généralisée (ou
impropre) f (t) dt converge (ou qu’elle est semi-convergente).
I

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224 5.3. INTÉGRALES SEMI-CONVERGENTES

Si I contient une de ses bornes, on peut prendre c égal à celle-ci et l’intégrabi-


lité au voisinage de cette borne est automatique. En particulier sur les segments
Remarques 5 - 2 la notion est identique à celle déjà développée.
Si f est à valeurs positives, l’existence des limites est équivalente au caractère
borné et par relation de Chasles revient à la notion développée dans ce cadre.

L’usage est de noter L1loc (I, K) l’ensemble des fonctions localement intégrables
sur I et à valeurs dans K, mais ce n’est pas une notation au programme.
Aparté Plus généralement une intégrale généralisée peut être définie pour toute fonc-
tion pour laquelle I peut se découper en un nombre fini d’intervalles disjoints sur
lesquels l’intégrale impropre est définie au sens précédent : par exemple R √dx .
R
|x|

Par passage à la limite ou relation de Chasles, les propriétés fondamentales sont


préservées.

Linéarité
Z Soit ZI un intervalle réel, f et g dans Cmcx (I,
Z K) et α et β des scalaires. Si
0

f et g convergent, il en va de même pour (αf + βg) et on a


Propriété 5 - 8 I I I
Z Z Z
(αf + βg)(t) dt = α f (t) dt + β g(t) dt .
I I I

Positivité
Soit I un intervalle réel et f dans Cmcx
0
(I, R+ ). Si l’intégrale
Z sur I converge,
Propriété 5 - 9
cette dernière est positive, de sorte que la forme linéaire f 7→ f est positive.
I

Croissance
Soit I un
Z intervalle réel, f et g dans Cmcx
0
(I,
Z R) telles que f ≤ g. Si les deux
Propriété 5 - 10 Z Z
intégrales f et g convergent, alors on a f ≤ g.
I I I I

Dérivation Z
Soit I un intervalle réel et f continue sur I, telle que f converge. Soit a et
Z b I
Propriété 5 - 11 b les bornes de I avec a < b, alors x 7→ f (t) dt est dérivable sur I, de dérivée
Z x x

−f , et x 7→ f (t) dt est dérivable sur I, de dérivée f .


a

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CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 225

4 Sommabilité

Intégrabilité – Espace L1 (I, K)


Une fonction f définie sur un intervalle I de R continue par morceaux et à
Définition 5 - 4 valeurs dans K est dite intégrable (ou encore sommable) sur I si |f | l’est.
On note L1 (I, K) l’ensemble des fonctions continues par morceaux et inté-
grables sur I.

Restriction
Remarque 5 - 3
La restriction d’une fonction intégrable à un sous-intervalle est intégrable.

Décomposition en fonctions positives


Soit f une fonction continue par morceaux sur un intervalle réel I et à valeurs
complexes. Elle est intégrable sur I si et seulement si Re(f ) et Im(f ) le sont. Si
Proposition 5 - 2
f est à valeurs réelles, elle est intégrable sur I si et seulement si f + et f − le sont,
1 1
en notant f + = (f + |f |) et f − = (|f | − f ).
2 2

Démonstration. En vertu des comparaisons entre fonctions à valeurs positives, cette


proposition résulte de

∀x ∈ I , 0 ≤ |Re(f (x))| , |Im(f (x))| ≤ |f (x)| ≤ |Re(f (x))| + |Im(f (x))|

et
∀x ∈ I , 0 ≤ f + (x), f − (x) ≤ |f (x)| ≤ f + (x) + f − (x) .


Somme d’une fonction intégrable Z Z Z


Soit f dans L1 (I, K). On pose, dans le cas réel, f= f+ − f − et, dans
Définition 5 - 5 Z Z Z I I I

le cas complexe, f = Re(f ) + i Im(f ).


I I I

Si I est un intervalle de R dont les bornes sont a et b, pour f dans L1 (I, K),
Z b Z Z a Z b
Notation
on note f (t) dt = f et f =− f.
a I b a

Suites exhaustives de segments


Soit I un intervalle réel et (In )n∈N une suite croissante de segments de réunion
égale à I (i.e. limn ↑ In = I) ; on a
Propriété 5 - 12
Z Z
∀f ∈ L (I, K)
1
f = lim f.
I n In

Démonstration. Au vu de la définition de la somme en se ramenant au cas positif,


c’est une conséquence de la linéarité de la limite et du même résultat dans ce cas. 

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226 5.4. SOMMABILITÉ

La réciproque est fausse : l’existence des limites ne garantissent pas l’intégra-


Danger bilité ou la sommabilité. C’est la différence principale entre intégrales généralisées
(semi-convergentes) et la notion d’intégrabilité.

Cas positif
Remarque 5 - 4 Soit I un intervalle réel et f dans Cmcx
0
(I, R+ ). Alors f est intégrable sur I
(au sens des fonctions positives) si et seulement si son intégrale sur I converge.

Espace fonctionnel
Propriété 5 - 13
L’ensemble L1 (I, K) est un K-espace vectoriel.

Démonstration. Soit f et g deux fonctions à valeurs dans K continues par morceaux


sur un intervalle I de R, et intégrables sur cet intervalle, et λ et µ des scalaires. On
a |λf + µg| ≤ |λ| |f | + |µ| |g| et donc, par le théorème de comparaison des fonctions à
valeurs positives, on en déduit que L1 (I, K) est un sous-espace vectoriel de celui des
fonctions sur I et à valeurs dans K. 

Linéarité
Proposition 5 - 3 L’application qui à une fonction dans L1 (I, K)) associe son intégrale est li-
néaire.

Démonstration. La linéarité résulte du calcul par suites exhaustives et de la linéarité


de la limite. 

On déduit directement de la positivité de l’intégrale :

Croissance
Soit I un intervalle de bornes a et b et f et g dans L1 (I, R). Si on a ∀x ∈ I
Z b Z b
Corollaire 5 - 1 f (x) ≥ g(x), alors on a f (t) dt ≥ g(t) dt et de plus, si f et g sont continues,
Z b Z b a a

f (t) dt = g(t) dt si et seulement si f = g sur I.


a a

Relation de Chasles
Si I est un intervalle réel et c un point intérieur à I, soit J1 = ] − ∞; c ] ∩ I
Proposition 5 - 4 et J2 = [ c; +∞ [ ∩ I, alors f ∈ L1Z(I, K) Zsi et seulement
Z si f|J1 ∈ L1 (J1 , K) et
f|J2 ∈ L1 (J2 , K). Dans ce cas on a f= f+ f.
I J1 J2

Inégalité triangulaire Z Z
Proposition 5 - 5 Si f ∈ L (I, K), alors
1
f ≤ |f |.
I I

Démonstration. C’est direct par passage à la limite. 

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CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 227

5 Critères de comparaison

Intégration sur un intervalle quelconque


Soit I un intervalle réel ; si b est une des bornes de I (finie ou infinie), on dit
Définition 5 - 6 que f est localement intégrable au voisinage de b (sur I) si |f | l’est.
Par conséquent f est intégrable sur I si et seulement si f est localement
intégrable sur I et au voisinage de chacune des deux bornes de I.

Par application des résultats dans le cas positif, on obtient via l’inégalité triangu-
laire les critères de comparaison.

Comparaison au voisinage d’une borne - cas convergent


Soit f et g dans Cmcx
0
(I, K), b une des bornes de I. On suppose g intégrable
au voisinage de b.
Si f = Ob (g) (resp. f = ob (g)),
! alorsZf est intégrable Zau voisinage ! de b et on
Z b Z b b b
Propriété 5 - 14 a f (t) dt = Ob |g(t)| dt (resp. f (t) dt = ob |g(t)| dt ).
x x x x
Si f ∼ g, alors f est intégrable sur J. Si de plus g est positive, alors
b
Z b Z b
f (t) dt ∼ g(t) dt.
x b x

Sommation des relations de comparaison - cas divergent


Soit f et g dans Cmcx 0
(I, K), b une des bornes de I. On suppose g non-
intégrable au voisinage de b et on se donneZa un point intérieurZ xà I.
x 
Si f = Ob (g) (resp. f = ob (g)), on a f (t) dt = Ob |g(t)| dt (resp.
Z x Z x a a
Propriété 5 - 15

f (t) dt = ob |g(t)| dt ).
a a
Si f ∼ g, alors f n’est pas intégrable en b. Si de plus g est positive, alors
Z x b Z x
f (t) dt ∼ g(t) dt.
a b a

6 Inégalités intégrales

Les seules inégalités intégrales explicitement au programme sont l’inégalité de


Cauchy-Schwarz pour les fonctions continues sur un segment et l’inégalité trian-
gulaire. Toutefois le programme insiste sur la nécessité de savoir majorer et minorer
des intégrales. L’inégalité triangulaire entraîne, par croissance de l’intégrale, l’inégalité
de la moyenne, à savoir dans le cas des segments
Z b
0
∀f ∈ Cmcx ([[ a; b ] , E) f (t) dt ≤ (b − a) kf k∞ .
a

Cette inégalité est encore vraie dans le cas des intervalles quelconques, le second
membre étant a priori à valeurs dans R+ ∪ {+∞} (même si l’intervalle est borné).

François Sauvageot - Lycée Clemenceau - Nantes - c b n a - 2022-2023


228 5.6. INÉGALITÉS INTÉGRALES

Soit I = [ a; b ] et f dans Cmcx


0
(I, R). Par définition des bornes supérieure et in-
férieure, on a la double inégalité inf f ≤ f ≤ sup f sur I et donc, par croissance de
I I
l’intégrale, il vient Z
(b − a) inf f ≤ f ≤ (b − a) sup f .
I I I

Si f est de plus continue, on a d’après le théorème de Weierstrass et par stricte


positivité de b − a,

1
Z
min(f (I)) = inf f ≤ f ≤ sup f = max(f (I)) .
I b−a I I

Comme, d’après le théorème de Bolzano, f (I) est un intervalle, le terme médian


appartient à f (I), i.e.

Théorème de la moyenne – Égalité de la moyenne


Soit f une fonction continue sur le segment [ a; b ] . Alors il existe c dans [ a; b ]
Propriété 5 - 16 tel que
Z b
f (x) dx = (b − a)f (c) .
a

En tenant compte du théorème de Leibniz-Newton, dit théorème fonda-


Remarque 5 - 5 mental du calcul différentiel et intégral, il s’agit tout simplement du théorème de
Lagrange, dit des accroissements finis.

Inégalité de la moyenne
Soit I un intervalle de bornes finies notées a et b, et f dans Cmcx
0
(I, R). Pour
m et M réels, par croissance de l’intégrale, on a
Z
(∀x ∈ I m ≤ f (x) ≤ M ) =⇒ m(b − a) ≤ f ≤ M (b − a) ,
I

et plus généralement si g est une fonction continue par morceaux, de signe


Propriété 5 - 17 constant, intégrable sur I et d’intégrale non nulle, on a
Z
fg
(∀x ∈ I m ≤ f (x) ≤ M ) =⇒ m ≤ ZI ≤M .
g
I

La condition sur g est par exemple remplie si g est continue, non identiquement
nulle, de signe constant et I = [ a; b ] .

La convexité est au cœur de la plupart des inégalités. L’inégalité de Cauchy-


Schwarz, et son cas d’égalité, est valide dans tout espace préhilbertien réel. Le seul
vraiment explicite dans le programme est C 0 ([[ a; b ] , R). On peut la voir comme un
cas particulier de l’inégalité de Hölder, se contenter de l’inégalité en se plaçant dans
un espace vectoriel muni d’une forme bilinéaire symétrique positive, ou l’étendre au
cas des intervalles quelconques. L’inégalité de base pour toutes ces considérations est
l’inégalité de Young, qui résulte de la concavité du logarithme.

François Sauvageot - Lycée Clemenceau - Nantes - c b n a - 2022-2023


CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 229

Inégalité de Young
1 1 1 1
Rappel Pour x, y, p et q dans R+

avec + = 1, on a xy ≤ xp + y q , avec égalité
p q p q
si et seulement si xp = y q .

p q
On en déduit, en traitant tout d’abord le cas où |f | et |g| sont d’intégrale 1 puis
en utilisant l’homogénéité :

Inégalité de Cauchy-Schwarz
Soit I un intervalle, f et g f et g deux fonctions continues par morceaux sur
I, à valeurs complexes et de carré intégrable sur I. Alors f g est intégrable sur I
Propriété 5 - 18 et on a Z Z Z 1/2 Z 1/2
2 2
f g ≤ |f g| ≤ |f | |g| .
I I I I

Inégalité de Hölder
Soit I un intervalle, f et g deux fonctions continues par morceaux sur I à
1 1
valeurs complexes et p et q dans R+ ∗
avec + = 1. Alors si f p et g q sont
p q
Propriété 5 - 19 intégrables sur I, f g l’est aussi et on a
Z Z Z 1/p Z 1/q
p q
fg ≤ |f g| ≤ |f | |g| .
I I I I

Inégalité de Jensen intégrale


Soit I un intervalle réel et f et ω deux fonctions dans Cmcx 0
(I, R) avec ω
strictement positive d’intégrale 1 sur I et telles que l’intégrale de f ω converge.
Propriété 5 - 20 Soit g une fonction convexe définie sur J telle que f (I) ⊂ J et l’intégrale de g ◦f ω
converge. Alors Z  Z
g f (t)ω(t) dt ≤ g ◦ f (t)ω(t) dt .
I I

Z
Démonstration. En posant y = f ω, on considère trois cas.
I
Si y minore J, en particulier il minore f (I) de sorte que (f − y)ω est une fonction
positive d’intégrale nulle et donc f = y sauf au plus en un nombre fini de points car on
a affaire à des fonctions continues par morceaux. On en déduit qu’il y a égalité dans
l’inégalité de Jensen. On raisonne de même si y majore J et il y a à nouveau égalité.
Enfin si y est intérieur à J, g est alors dérivable à gauche et à droite en y par
passage à la limite dans l’inégalité des trois pentes. On peut donc minorer g par une
de ses demi-tangentes en y : g(y) + α(f (t) − y) ≤ g(f (t)). En multipliant par ω(t), qui
est positif, et en intégrant sur I on obtient le résultat. 

Si f ω est intégrable sur I, comme g est minoré par une fonction affine, disons
g(x) ≥ ax + b, on a g ◦ f − ≤ |a| |f | + |b|, de sorte que g ◦ f − ω est intégrable.
Autrement dit en écrivant g ◦ f ω = g ◦ f + ω − g ◦ f − ω et en convenant, par
Remarque 5 - 6
intégrabilité du second terme du second membre, que l’intégrale de g ◦ f ω est
soit convergente, soit +∞, selon que g ◦ f + ω est intégrable ou non, l’inégalité de
Jensen est vraie sans supposer l’intégrabilité de g ◦ f ω dans R ∪ {+∞}.

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230 5.7. CALCUL D’INTÉGRALES

Pour f dans Cmcx


0
([[ a; b ] , R+

), on a
!
1 b
1 b
Z Z
ln(f (t)) dt ≤ ln f (t) dt .
b−a a b−a a
Exemples 5 - 6
Pour f dans Cmcx
0
([[ a; b ] , R), on a, pour p ≥ 1,
! p1
Z b Z b
1 p
|f (t)| dt ≤ (b − a) 1− p
|f (t)| dt .
a a

7 Calcul d’intégrales

Si I est un segment, toute fonction continue par morceaux sur I y est inté-
grable (théorème de Cauchy, sommes de Darboux ou prolongement des formes
linéaires uniformément continues). Plus généralement si I est borné et f est conti-
Remarque 5 - 7
nue par morceaux sur I et prolongeable par continuité aux bornes de I, f est in-
tégrable sur I et son intégrale sur I est celle de son prolongement par continuité
à l’adhérence de I.

Calcul par limite ou somme de série Z


Si f est intégrable sur [ a; b [ , ou plus généralement si f converge, on a
[ a;b [

Z x Z Z b
lim− f (t) dt = f et lim− f (t) dt = 0 ,
Propriété 5 - 21 x→b a [ a;b [ x→b x

et si (bn ) est une suite croissante de limite b et telle que b0 = a, alors


Z +∞ Z
X bn+1
f= f (t) dt .
[ a;b [ n=0 bn

On peut échanger leZrôle de a et b dans ce qui précède et étudier f intégrable


sur ] a; b ] , ou telle que f converge.
]a;b ]
Si on intègre sur un intervalle ne contenant aucune des bornes, il faut le couper
en deux et utiliser
Z la relation de Chasles. Si f est intégrable sur ] a; b [ , ou plus
Remarque 5 - 8 généralement si f converge, et si c, (an ) et (bn ) sont tels que a < c < b,
] a;b [
a0 = b0 = c, (an ) décroit vers a et bn croit vers b, alors on a
Z Z c Z x +∞ Z
X an +∞ Z
X bn+1
f = lim+ f (t) dt+ lim− f (t) dt = f (t) dt+ f (t) dt .
] a;b [ y→a y x→b c an+1 bn
n=0 n=0

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CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 231

Intégrale et primitive
Soit f continue et admettant F comme primitive (i.e. F 0 = f ) sur ] a; b [ . Alors
Z b
F admet des limites en a et b si et seulement si f (t) dt converge, et c’est en
a
Propriété 5 - 22 particulier le cas lorsque f est intégrable sur ] a; b [ . De plus on a alors
Z
f = lim

F − lim
+
F = [F ]ba
] a;b [ b a

cette dernière égalité étant entendue comme une limite.

Intégration par parties


Si f et g sont de classe C 1 sur ] a; b [ , f g y est une primitive de f 0 g + f g 0 de
Z b Z b
sorte que si f g a des limites en a et b, alors f 0 (t)g(t) dt et f (t)g 0 (t) dt sont
a a
de même nature (en temps qu’intégrales semi-convergentes) et, dans le cas
Propriété 5 - 23 convergent, on a
Z b Z b Z b
f (t)g(t) dt = lim
0

f g − lim
+
fg − f (t)g (t) dt =
0
[f g]ba − f (t)g 0 (t) dt
a b a a a

cette dernière égalité étant entendue comme une limite.

La notation [f g]ba est une double limite. Il faut démontrer l’existence à la fois

de limb− f g et de lima+ f g avant de pouvoir écrire [f g]ba !

On peut écrire des intégrales indéfinies sous la forme


Z Z
f (t)g(t) dt = f g − f (t)g 0 (t) dt
0

Notation
puis justifier l’existence de limites en a et b pour f g et de l’intégrale semi-
Z b
convergente f (t)g 0 (t) dt.
a

Une intégration par parties ne conserve pas l’intégrabilité. C’est même un


procédé, semblable au lemme d’Abel pour les séries, qui permet de ramener une
intégrale semi-convergente à une intégrale absolument convergente.
Il ne faut donc pas utiliser l’intégration par parties sans la justifier correcte-
Danger
ment. Comme on ne peut faire appel à l’intégrabilité, il faut revenir à la notion
d’intégrale semi-convergente et donc utiliser des limites. Concrètement on fait une
intégration par parties sur des segments puis on essaye de faire tendre les bornes
vers ce qu’on veut.

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232 5.7. CALCUL D’INTÉGRALES

Intégrabilité et intégration par parties


sin(x)
L’intégrale de Dirichlet est semi-convergente, i.e. x 7→ n’est pas
x
intégrable sur R+ . En effet, pour x dans R+ , on a |sin(x)| ≥ sin (x) et la fonction
∗ ∗ 2

sin2 (x)
positive x 7→ n’est pas intégrable sur R+∗
.
x
Néanmoins on peut se ramener à une fonction intégrable grâce à une intégra-
Exemple 5 - 7
tion par parties :

sin(t) 1 − cos(x) 1 − cos(t)


Z x Z x
∀x ∈ R+ ∗
, dt = + dt
0 t x 0 t2

en prenant une limite vis-à-vis de la borne inférieure. D’après le critère de Rie-


mann l’intégrande dans l’intégrale du membre de droite est intégrable sur R+ ∗
.

Le théorème de changement de variable est souvent incorrectement cité : la question


de savoir s’il est nécessaire ou pas de demander au changement de variable d’être
bijectif, c’est-à-dire strictement monotone, est en effet difficile et subtile.

Changement de variable pour les fonctions continues sur un segment


Soit I et J deux intervalles, f dans C 0 (I, K) et ϕ dans C 1 (J, I). Soit a et b
Théorème 5 - 2 Z b Z ϕ(b)
tels qu’on ait [ a; b ] ⊂ J. Alors f ◦ ϕ(t)ϕ (t) dt =
0
f (t) dt.
a ϕ(a)

Démonstration. On notera que, d’après les théorèmes de Bolzano (valeurs inter-


médiaires) et Weierstrass, l’image du segment [ a; b ] par ϕ est un segment et donc
le théorème résulte du fait que chacun des deux membres est égal à F ◦ ϕ(b) − F ◦ ϕ(a),
où F est une primitive de f sur ϕ([[ a; b ] ). 

Le programme autorise explicitement l’utilisation des changements de variable


classiques sans justification. Par là il faut entendre : changement de variable affine
bijectif x 7→ ax + b avec a 6= 0 ou plus généralement fonction puissance bijective,
Programme
ou encore via l’utilisation de l’exponentielle ou du logarithme.
On prendra garde que l’absence de justification n’est tolérée que s’il est ma-
nifeste que le changement de variable relève des cas précédents.

Toutefois c’est le théorème suivant, avec un peu plus d’hypothèses sur ϕ, qui est
le seul théorème au programme dans le cas des intégrales impropres (le précédent ne

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CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 233

concerne, quant à lui, que les intégrales au sens propre).

Changement de variable bijectif


Soit I et J deux intervalles, f dans Cmcx
0
(I, K) et ϕ dans C 1 (J, I) strictement
monotone ou, ce qui revient au même, bijective de J sur ϕ(J).
1. Soit c et d tels qu’on ait [ c, ; d ] ⊂ I. Alors
Z d Z ϕ−1 (d)
f (t) dt = f ◦ ϕ(t)ϕ0 (t) dt .
c ϕ−1 (c)

Z Z
2. Soit a et b tels qu’on ait [ a; b ] ⊂ J. Alors f ◦ ϕ · |ϕ0 | = f.
[ a;b ] ϕ([[ a;b ] )
Théorème 5 - 3
3. Soit a et b tels qu’on ait ] a; b [ ⊂ J. Alors f est intégrable sur ϕ(]]a; b [ ) si
et seulement si f ◦ ϕ · ϕ0 est intégrable sur ] a; b [ . Et, dans ce cas,
Z Z
f ◦ ϕ · |ϕ | =
0
f.
] a;b [ ϕ( ] a;b [ )

De plus les limites lima+ ϕ et limb− ϕ existent. On les note respectivement


α et β et dans le cas d’intégrabilité, on a
Z b Z β
f ◦ ϕ(t)ϕ0 (t) dt = f (t) dt .
a α

Démonstration. Soit (x0 , · · · , xn ) une subdivision de [ c; d ] adaptée à f , i.e. c =


x0 < x1 < · · · < xn = d, de sorte que f soit prolongeable par continuité sur les
segments [ xi−1 ; xi ] pour 1 ≤ i ≤ n. Alors f ◦ ϕ est continue par morceaux sur
ϕ (x0 ); ϕ−1 (xn ) et une subdivision ϕ−1 (c); ϕ−1 (d) adaptée à f ◦ ϕ · ϕ0 est don-
−1

née par (ϕ−1 (x0 ), · · · , ϕ−1 (xn )). Il en résulte que f ◦ ϕ · ϕ0 est continue par morceaux
sur ϕ−1 (c); ϕ−1 (d) . L’assertion résulte de la relation de Chasles et du théorème de
changement de variable dans le cas continu.
Le seconde point est une simple reformulation. En effet si ϕ est strictement mono-
tone, l’intervalle ϕ([[ a; b ] ) est l’intervalle d’extrémités ϕ(a) et ϕ(b). Si ϕ est croissante,
il s’agit de [ ϕ(a); ϕ(b) ] et |ϕ0 | = ϕ0 . Sinon il s’agit de [ ϕ(b); ϕ(a) ] , de sorte que l’inté-
grale sur ϕ([[ a; b ] ) est l’opposée de l’intégrale de ϕ(a) à ϕ(b). Cette différence de signe
est compensée par le fait qu’on a alors |ϕ0 | = −ϕ0 .
L’existence de α et β résulte du théorème de la limite monotone. Quitte à composer
ϕ par t 7→ a + b − t, on peut supposer ϕ croissante. On a alors ϕ(]]a; b [ ) = ] α; β [ .
Soit ([[ αn ; βn ] )n∈N une suite exhaustive de segments dans ] α; β [ . On note [ an ; bn ]
les pré-images par ϕ, de sorte que ([[ an ; bn ] )n∈N est une suite exhaustive de seg-
ments dans ]! a; b [ . On en déduit que f est intégrable sur ] α; β [ si et seulement si
Z
|f | est bornée. D’après le théorème dans le cas des segments, cette der-
[ αn ;βn ]
Z !
nière condition s’écrit |f | ◦ ϕ · |ϕ0 | bornée, i.e. f ◦ϕ·ϕ0 intégrable sur ] a; b [ .
[ an ;bn ]
Dans le cas intégrable, on a
Z Z Z Z
f = lim f et f ◦ ϕ · ϕ = lim
0
f ◦ ϕ · ϕ0
] α;β [ n [ αn ;βn ] ] a;b [ n [ an ;bn ]

et la dernière assertion se déduit donc du cas des segments. 

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234 5.7. CALCUL D’INTÉGRALES

Dans le raisonnement du point 3., on pourrait travailler avec [ a; b [ ou ] a; b ]


sans problème.
Dans les compléments on montre qu’on peut changer de variable dans une
Remarque 5 - 9
intégrale impropre si f ◦ ϕ · ϕ0 est continue par morceaux et que ϕ admet des
limites (à droite et à gauche) en a et b, mais ce résultat est hors-programme et
très peu connu.

Si on suppose seulement f dans Cmcx0


(I, K) et ϕ dans C 1 (J, I), en général
Danger
f ◦ ϕ n’est pas continue par morceaux.

En effet, prenons pour f la fonction caractéristique du segment [ 0; 1 ] , i.e. une


très gentille fonction continue par morceaux. Soit ϕ une application de classe C 1 d’un
segment [ a; b ] dans R. Alors la fonction f ◦ ϕ est nulle en dehors de ϕ−1 ([[ 0; 1 ] ),
où elle vaut 1. Or l’ensemble ϕ−1 ([[ 0; 1 ] ) n’a aucune raison d’être un intervalle ni
même une réunion finie d’intervalles. Par conséquent f ◦ ϕ n’a pas de raison d’être
continue par morceaux. Un exemple est donné par la fonction ϕ définie sur [ 0; 1 ] par
1
 
ϕ(x) = x3 sin qui est de classe C 1 (en la prolongeant par 0 en 0) et pour laquelle
x
1 1
 
−1 [
ϕ ([ 0; 1 ] ) est la réunion de {0} et des intervalles ; .
(2n + 1)π 2nπ
On peut imaginer des exemples encore plus étranges.

Pour f dans C 0 (I, K) et ϕ dans C 1 (J, I), si on suppose seulement ] a; b [ inclus


dans J, on ne peut pas conclure quant à l’intégrabilité de ϕ0 f ◦ ϕ sur ] a; b [ ni de
Danger
f sur ] ϕ(a); ϕ(b) [ et d’ailleurs ϕ peut très bien ne pas avoir de limites en a et b
(à droite et à gauche respectivement).

En effet l’intégrabilité nécessite une valeur absolue qui n’a aucune raison de bien
Z x au niveau de ϕ . Voici un exemple. On prend J = R+ et ϕ donnée par
se comporter 0

sin(t)
ϕ(x) = dt. Alors ϕ est de classe C 1 et de dérivée donnée par (le prolongement
0 t
sin(x) π
par continuité à R+ de) ϕ0 (x) = . En 0, on a ϕ(0) = 0 et on a lim+∞ ϕ =
x 2
(mais peu importe la valeur exacte, car il suffit de savoir que cette intégrale est semi-
convergente). Prenons donc I = R et f la fonction constante égale à 1. On aimerait
Z +∞ Z π/2
donc savoir si on peut écrire ϕ0 (t) dt = dt en tant qu’égalité d’intégrales de
0 0
fonctions (absolument) intégrables. La seconde étant une intégrale propre, il revient
au même de demander si ϕ0 est intégrable sur R+ et tel n’est pas le cas.

+∞ +∞ b
dt
Z Z Z
2 2 1
Exemple 5 - 8 On a e−x dx = 2 e−x dx et = [arcsin]−1 = π.
(b − t)(t − a)
p
−∞ 0 a

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CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 235

Calcul par intégrations par parties itérées


dt
+∞
Z
Soit In définie par In = .
0 (1 + t3 )n
On remarque que l’intégrande estZ xbien intégrable (pour n dans N ). On étudie

dt
alors, pour x dans R+ , la quantité . On peut effectuer une intégration
0 (1 + t3 )n
par parties et il vient
Exemple 5 - 9 x Z x
dt 3nt3
Z x 
t
= + dt
0 (1 + t ) (1 + t3 )n 0 0 (1 + t )
3 n 3 n+1

et donc, en passant à la limite, In = 3n(In − In+1 ) et on en déduit


√ n−1 
+∞
dt 2π 3 Y 1
Z 
= 1− .
0 (1 + t3 )n 9 3k
k=1

Z +∞
Exercice Calculer, avec les mêmes idées, e−t sin2n (t) dt.
0

On peut également considérer des intégrales indéfinies, i.e. des primitives.


Ainsi on peut écrire

dt 3nt3
Z Z
t
= + dt
(1 + t )
3 n (1 + t )
3 n (1 + t3 )n+1
Remarque 5 - 10
ce qu’il faut interpréter comme une égalité entre ensembles : l’ensemble de toutes
1 t
les primitives de s’obtient en ajoutant la fonction à une fonc-
(1 + t )
3 n (1 + t3 )n
3nt3
tion de l’ensemble des primitives de .
(1 + t3 )n+1

Cette identification entre ensemble et élément d’un ensemble, qu’on peut as-
similer à une synecdoque, est à rapprocher de la notation o (1). Ainsi quand on
écrit ln(2 + o (1)) = ln(2) + o (1), on signifie que l’ensemble des fonctions obte-
Aparté nues comme logarithme d’une fonction tendant vers 2 est égal à l’ensemble des
fonctions obtenues comme la somme de la fonction constante égale à ln(2) et
d’une fonction tendant vers 0. Ce sont des sommes d’ensembles, en assimilant un
élément au singleton constitué par cet élément.

On peut également calculer directement dans R+ ∪ {+∞} puisqu’on a affaire


à des fonctions à valeurs positives.
+∞ Z +∞
+∞
dt 3nt3
Z 
t
Remarque 5 - 11 0≤ = + dt ≤ +∞ .
0 (1 + t3 )n (1 + t3 )n 0 0 (1 + t3 )n+1

Ainsi si l’un des termes de droite est infini, celui de gauche l’est, et réciproque-
ment.

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236 5.7. CALCUL D’INTÉGRALES

Calcul par changement de variable


pet décomposition en éléments simples
Un changement de variable u = tan(t) permet d’écrire (dans R+ ∪ {+∞})
π/2 +∞
2u2 du
Z Z
tan(t) dt =
p
.
0 0 1 + u4

Cette dernière intégrale se calcule par décomposition en éléments simples en écri-


vant
2u2 1
 
u u
=√ √ − √ .
1 + u4 2 u2 − 2u + 1 u2 + 2u + 1
puis √ √
u 1 2u + 2 2
− √ =− √ + √
u + 2u + 1
2 2 u + 2u + 1 ( 2u + 1)2 + 1
2

et √ √
u 1 2u − 2 2
√ = √ + √ ,
Exemple 5 - 10 u − 2u + 1
2 2 u − 2u + 1 ( 2u − 1)2 + 1
2

ce que l’on peut écrire plus synthétiquement


√ √
u 1 2u ± 2 2
∓ √ =∓ √ + √ .
u2 ± 2u + 1 2 u2 ± 2u + 1 ( 2u ± 1)2 + 1

Il vient
 2 √ +∞
+∞
2u2 du 1 u − 2u + 1
Z 
= √ ln √
0 1 + u4 2 2 u2 + 2u + 1 0
1 h √ √ i+∞
+ √ arctan( 2u + 1) + arctan( 2u − 1)
2 0

soit √
π/2
π 2
Z
tan(t) dt =
p
.
0 2

Calcul par décomposition en éléments simples


Pour calculer
+∞
dx
Z
,
−∞ (x2 + a2 )(x2 + b2 )
on passe aussi par une décomposition en éléments simples. On écrit en effet

1 1 1 1/a 1 1/b
 
Exemple 5 - 11
= −
(x2 + a2 )(x2 + b2 ) b2 − a2 a 1 + (x/a)2 b 1 + (x/b)2

et il vient
+∞
dx 1
Z π π π
= − = .
−∞ (x2 + a2 )(x2 + b2 ) b2 2
−a a b ab(a + b)

François Sauvageot - Lycée Clemenceau - Nantes - c b n a - 2022-2023


CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 237

Mais on peut aussi passer par des méthodes plus fines.

Comparaison série-intégrale et polynômes

π/2 n
Exemple 5 - 12
Z   
π X kπ π
ln(sin(t)) dt = lim ln sin = − ln(2) .
0 n 2n 2n 2
k=1

Puisque l’intégrande est continu et monotone, on peut utiliser une comparaison


série-intégrale, i.e. la méthode de Maclaurin :
Z π/2 n   
π X kπ
ln(sin(t)) dt ≤ ln sin
0 2n 2n
k=1

et
Z π/2 Z π/2n n−1   
π X kπ
ln(sin(t)) dt ≥ ln(sin(t)) dt + ln sin .
0 0 2n 2n
k=1

La différence entre le majorant et le minorant donne

π   nπ  Z π/2n Z π/2n
ln sin − ln(sin(t)) dt = − ln(sin(t)) dt = o (1)
2n 2n 0 0

par intégrabilité. En fait, plus précisément on a par sommation des relations de com-
paraisons entre fonctions négatives

ln(n)
Z π/2n Z π/2n  
π π
− ln(sin(t)) dt ∼ − ln(t) dt = (1 − ln( )) = O .
0 0 2n 2n n
 n−1 
kπ Y
Quant au calcul du produit trigonométrique sin , on peut remarquer que les
2n
k=1
exp(2ikπ/2n) décrivent les racines 2ne de l’unité distinctes
Y de ±1 (obtenuesY quant à
elles pour k = 0 et k = n) et qu’on a donc (X − 1)
2
(X − ζ) = (X − ζ) =
ζ∈U2n ζ∈U2n
ζ6=±1
Y n−1
X Y
X 2n − 1 ou encore (X − ζ) = X 2k . En particulier on a (1 − ζ) = n.
ζ∈U2n k=0 ζ∈U2n
ζ6=±1 ζ6=±1
Par ailleurs, pour P = (X − e2iθ )(X − e−2iθ ) on a P = X 2 − 2 cos(θ)X + 1 et donc
P (1) = 2(1 − cos(2θ)) = 4 sin2 (θ). Il vient, en prenant θ = kπ/2n avec 1 ≤ k ≤ n − 1,
n−1  
Y kπ Y
22(n−1) sin2 = (1 − ζ) = n ,
2n
k=1 ζ∈U2n
ζ6=±1

n
1
  
X kπ
d’où ln sin = ln(n) − (n − 1) ln 2 ∼ −n ln(2), ce qui permet de conclure.
2n 2
k=1

m−1  
Y kπ
Démontrer l’identité sin(mx) = 2m−1 sin x + et retrouver le résul-
Exercice m
k=0
tat précédent.

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238 5.8. COMPLÉMENTS

8 Compléments

Théorèmes de changement de variable.

Soit I et J deux intervalles (quelconques) de R, f dans Cmcx 0


(I, K) et ϕ dans
C (J, I). Soit enfin ] a; b [ un intervalle inclus dans J tel que f ◦ ϕ soit continue
1

par morceaux sur ] a; b [ et tel que les limites lima+ ϕ et limb− ϕ existent. On note
Théorème 5 - 4 alors lima+ ϕ = α et limb− ϕ = β.
Z b Z β
Alors les intégrales impropres f (ϕ(t))ϕ0 (t) dt et f (t) dt convergent si-
a α
multanément et, si tel est le cas, sont égales.

On choisit c dans ]a; b [ . Il suffit de démontrer le théorème pour ]a; c ] et [ c; b [ et


quitte à composer ϕ par une fonction affine bijective, le cas [ c; b [ résulte du cas ]a; c ].
On se ramène donc au problème sur [ a; b [ . Et on a donc α = ϕ(a), par continuité de
ϕ.
On note Z b Z β
Ia,b = f (ϕ(t))ϕ0 (t) dt et Iα,β = f (t) dt .
a α

Comme ϕ([[ a; b [ ) est un invervalle et que β lui est adhérent, soit β est une des
bornes de ϕ([[ a; b [ ) et cette borne ne fait pas partie de l’intervalle, soit β ∈ ϕ([[ a; b [ ).
On étudie d’abord le cas où, pour tout x dans [ a; b [ , ϕ(x) < β. Dans ce cas on a
également β = sup(ϕ([[ a; b [ )) par caractérisation de la borne supérieure.
Soit (bn ) une suite à valeurs dans [ a; b [ et tendant vers b, alors (ϕ(bn )) tend vers
β par valeurs inférieures (et est à valeurs dans [ α; β [ à partir d’un certain rang). De
plus, pour tout entier n, on a
Z bn Z ϕ(bn )
f (ϕ(t))ϕ (t) dt =
0
f (t) dt ,
a α

d’après le théorème de changement de variable pour un segment. Il en résulte directe-


ment que si Iα,β converge, alors il en va de même pour Ia,b et ces deux intégrales sont
égales.
On suppose maintenant que Ia,b converge. Soit ε dans R+ ∗
. On dispose alors de α
dans ] 0; b − a [ tel que, pour b − α < x < b, on ait
Z x
f (ϕ(t))ϕ0 (t) dt − Ia,b < ε
a

et aussi, d’après le théorème de changement de variable pour un segment,


Z ϕ(x)
f (t) dt − Ia,b < ε .
α

On remarque tout d’abord qu’on a ϕ(b − α) < β. Soit donc y tel que ϕ(b − α) < y <
β, alors, d’après le théorème de Bolzano (valeurs intermédiaires), il existe x dans
] b − α; b [ tel que y = ϕ(x) et donc
Z y
f (t) dt − Ia,b < ε .
α

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CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 239

Autrement dit à ε dans R+ ∗


on peut associer η dans R+ ∗
, donné par η = β − ϕ(b − α),
Z y
tel que, pour y dans ] b − η; b [ , on ait f (t) dt − Ia,b < ε, i.e. Iα,β converge et est
α
égale à Ia,b .
Mutatis mutandis, cette étude est valable également dans le cas où, pour tout x
dans [ a; b [ , ϕ(x) > β.
Enfin si β ∈ ϕ([[ a; b [ ), on dispose de c dans
Z [ a; b [ tel que ϕ(c) = β et donc Iα,β
est convergente puisque l’intégrale propre f existe. De plus, par le théorème
[ α;β ]
fondamental
Z y du calcul différentiel et intégral (Leibniz-Newton), la fonction y 7→
f (t) dt est continue en β. Soit alors x dans [ a; b [ , d’après le théorème de changement
α
de variable pour un segment, il vient
Z x Z ϕ(x)
f (ϕ(t))ϕ0 (t) dt = f (t) dt .
a α

Or, si x tend vers b par valeurs inférieures, ϕ(x) tend vers β et il en résulte que Iα,β
est convergente et égale à Ia,b .

Le point important est que les formules aient un sens : il faut supposer f ◦ ϕ
Remarque 5 - 12 intégrable donc au minimum continue par morceaux (dans le cadre de ce cours,
mais intégrable au sens général suffirait) et que ϕ a des limites en a et b.

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240 5.9. EXERCICES

Exercices
Intégrales de fonctions positives 5 -5 s FF Fonction Bêta

5 -1 s F a. Démontrer que l’intégrale eulérienne de première


espèce (fonction Bêta), définie par B(p, q) =
Étudier la convergence des intégrales Z 1
2022
dx xp−1 (1 − x)q−1 dx, est bien définie pour p > 0 et
Z
a. √ √
3
x + 2 4 x + x3 0
q > 0. La calculer pour p et q entiers naturels non
Z0 +∞
dx nuls.
b. √
2x + x2 + 1 + 5
3
b. Exprimer l’intégrale Im,n donnée, pour m et n dans
Z1 +∞ N, par
dx
c. √
−1 x2 + 3 x4 + 1 Z π/2
Z 1
dx Im,n = sinm (x) cosn (x) dx
d. √ 0
3
1 − x4
Z0 +∞ à l’aide de la fonction Bêta.
e − (1 + x−1 )x dx

e.
5 -6 FF Fonction Gamma
Z1 +∞
f. ln(th(x)) dx a. Démontrer que l’intégrale eulérienne de seconde
0
espèce (fonction Gamma), définie par Γ(x) =
Z +∞
5 -2 s F
tx−1 e−t dt, est bien définie pour x > 0.
Calculer ou démontrer la divergence des intégrales 0
suivantes : b. Démontrer qu’on a Γ(x + 1) = xΓ(x) et en déduire
Z +∞
dx Γ(n + 1) pour tout entier naturel n.
a.
−∞
x2 + 4x + 9
1/2 5 -7 s X 2018 FFF Médiane et moyenne
dx
Z
b. d’une variable continue
0
x |ln(x)|
Z Soit f dans C (R+ , R+ ) décroissante etZ vérifiant
0
1/2
dx
Z
+∞
c. f = 1. Pour x dans R+ , on pose g(x) = f.
x ln2 (x)
Z0 +∞ R+ x
dx
d. a. Montrer l’égalité dans R+ ∪ {+∞} :
0
x3 + 1
1
dx
Z Z Z
e. xf (x) dx = g.
0
x3 − 5x2 R+ R+
+∞
arctan(x)
Z
f. dx b. Montrer qu’il existe un unique M dans R+ tel que
0
x2 + 1 Z M
1
f= .
5 -3 s F Comparaison série et intégrale 0
2
! Z
n
√ X 1
Démontrer que la suite 2 n − √ est c. Montrer M ≤ xf (x) dx.
k R+
k=1 n∈N
convergente, de limite comprise entre 1 et 2.
Inégalités de convexité
5 -4 s FF Calcul d’intégrale
5 -8 s FF Concavité et convergence d’inté-
+∞
dt
Z
grales
a. Existence, pour n dans N, de In = .
0
(1 + t 2 )n Existence de l’intégrale
b. Obtenir une relation de récurrence entre In et In+1 ,
lorsqu’elles sont définies, et en déduire une expres- +∞
t dt
Z
sion de In . 1 + t6 sin2 (t)
0

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CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 241

On minorera sin par une inégalité de concavité. En dé- c. Soit f une fonction continue sur [ 0; π ] et deux réels
duire l’existence de l’intégrale a et b fixés. Montrer qu’il existe une unique solu-
Z +∞ tion x de classe C 2 vérifiant x(0) = a, x(π) = b et
te−t
6
sin2 (t)
dt . x00 + q(t)x = f (t).
0
5 - 11 s FFF Moyenne de Gauß
5 -9 s FFF Inégalité de Jensen intégrale
On reprend les notations de l’exercice 2 - 43.
a. Soit f une fonction convexe de I, intervalle ouvert, a. Former une relation simple entre les intégrales
dans R et g une fonction continue de [ 0; 1 ] dans I.
+∞
dx
Z
i. On suppose f dérivable sur I. Démontrer I(a, b) = p
∀(x, y) ∈ I 2 , f (x) ≥ f (y) + f 0 (y)(x − y). 0 (x2 + a2 )(x2 + b2 )
ii. On ne suppose plus f dérivable et on note fg0
et √
la dérivée à gauche de f , i.e. la limite à gauche ab
dx
Z
du taux d’accroissement. Démontrer que fg0 est J(a, b) = p
défini sur I et qu’on a ∀(x, y) ∈ I 2 , f (x) ≥ 0 (x2 + a2 )(x2 + b2 )
f (y) + fg0 (y)(x − y). et en déduire que, pour tout entier naturel n,
iii. Démontrer qu’il existe u dans [ 0; 1 ] tel que I(a, b) = I(an , bn ).
Z 1
Indication : on pourra faire le changement de va-
g(u) = g et qu’on a ∀x ∈ [ 0; 1 ] , f (g(x)) ≥ riables donné par 2ux = ab − x2 .
0
f (g(u)) + fg0 (g(u))(g(x) − g(u)). b. Exprimer M (a, b) en fonction de I(a, b).

1 1
c. Calculer M (1, 2) avec 20 décimales. Comparer à
Z Z 
iv. En déduire f ◦g ≥f g . π/ω où ω est le demi-périmètre de la lemniscate, i.e.
0 0 Z 1
b. Soit f continue de [ a; b ] dans R+∗
. Démontrer dx
ω=2 √ .
1 − x4
Z b Z b 
1 1

0
ln ◦f ≤ ln f .
b−a a b−a a
Intégrales
c. Plus généralement, soit f convexe de I dans R,
g continue par morceaux de [ a; b ] dans I et h 5 - 12 F
Z b
de [ a; b ] dans R+ tel que h = 1. Démontrer Soit f une fonction continue sur ] 0; 1 ] , décroissante
Z b  Z b
a
et dont l’intégrale converge sur cet intervalle.
f g(x)h(x) dx ≤ h(x)f ◦ g(x) dx. a. Si f est
 de signe constant, démontrer f (x) =
a a o0+ x1 . On pourra remarquer que f est bornée.
5 - 10 s Centrale MP 2001 FFF Inégalité de b. Aboutir à la même conclusion sans hypothèse sup-
Wirtinger plémentaire sur f . On pourra utiliser la croissance
de l’intégrale.
a. Soit f de classe C 1 de [ 0; π ] dans R telle que
f (0) = f (π) = 0. 5 - 13 F
i. Démontrer que f f 0 cot et f 2 sin−2 sont inté- PourZquelles valeurs des paramètres réels α et β l’in-
grables sur ] 0; π [ . +∞
dx
ii. Démontrer tégrale α (1 + xβ )
est-elle convergente ? La cal-
1
x
π π culer quand α = 1 (on pourra effectuer un changement
Z Z
−2
f (t) sin
2
(t) dt = 2 f (t)f 0 (t) cot(t) dt . de variable).
0 0

iii. Démontrer 5 - 14 F
1
x+1
2 Z
1
Z Z  Z  
f 2
f cot ≤
2 2
f sin
2 −2
. Existence et calcul de arctan
dx. Pour
2 −2
x−2
] 0;π [ ] 0;π [ ] 0;π [
le calcul on pourra faire le changement de variable
π π
t = 1 − x et utiliser les propriétés de l’arctangente.
Z Z
iv. En déduire f2 ≤ (f 0 )2 .
0 0 5 - 15 F
b. Soit une fonction q continue sur [ 0; π ] , à valeurs
1
dans ] − ∞; 1 [ . Montrer que l’unique fonction x de ln(1 − t2 )
Z
Existence et calcul de dt. Pour le cal-
classe C 2 s’annulant en 0 et en π et vérifiant l’équa- 0
t2
tion différentielle x00 +q(t)x = 0 est la fonction nulle. cul on pourra intégrer par parties.

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242 5.9. EXERCICES

+∞
sin(t)
Z
5 - 16 F Séries alternées
b. En déduire que les intégrales dt et
Z +∞ −t 1
t
e +∞
On pose F (x) = dt et Sn (x) =
Z
0
x+t sin(t2 ) dt sont convergentes.
n 1
X 1 +∞
(−1)k−1 .
Z
xk c. Montrer que l’intégrale sin(t3 ) dt converge. On
k=1
1
a. Donner le domaine de définition de F . pourra commencer par effectuer un changement de
variable.
b. Pour x dans ce domaine et n dans N, démontrer que
F (x) est compris entre Sn (x) et Sn+1 (x). 5 - 23 s FF Intégrale de Fresnel
Montrer que Z les intégrales de Fresnel
5 - 17 s INP 2012 F Fraction rationnelle Z +∞ +∞

+∞
sin(x2 ) dx et cos(x2 ) dx convergent. Sont-
1
Z
0 0
Calculer, pour y réel, dx. elles absolument convergentes, i.e. les fonctions x 7→
−∞
(x2 + 1)(x + iy)
sin(x2 ) et x 7→ cos(x2 ) sont-elles intégrables sur R+ ?
5 - 18 s M 2012 F Intégrabilité 5 - 24 s C 2001 FF Quadrature
f0 Soit a, b et c des réels deux à deux distincts, avec
Soit f dans C 1 ([[ 1; +∞ [ , R+

) tel que lim = −∞.
+∞ f a < b.
Montrer que f est intégrable sur [ 1; +∞ [ . a. Montrer qu’il existe un unique triplet (α, β, γ) de
réels tel que pour tout P dans R2 [X] on ait l’iden-
5 - 19 s FF Calculs pratiques tité, notée (1),
Existence et calcul des intégrales suivantes : Z b
P (t)
+∞ dt = αP (a) + βP (b) + γP (c) .
t ln(t)
3
Z p
a. dt a (b − t)(t − a)
0
(1 + t4 )3
p b. Étudier, pour a et b fixés quelconques, l’existence de
0
−x(x + 4)
Z
b. dx c tel que (1) soit vrai pour tout P dans R3 [X].
−2
x c. L’identité (1) est-elle réalisable pour tout P dans
Z +∞
dx R4 [X] ?
c. √ d. Décrire l’ensemble Hn des polynômes P de Rn [X]
−∞ (8x2 − 4x + 5) 1 + x2
qui vérifient (1).
+∞
t+2
Z   
d. 2 + (t + 3) ln dt 5 - 25 s TPE FF Calcul d’intégrale
t+4
Z0 ∞ +∞
e−2t − e−t
Z
t2 + 3t + 3 −t Existence et calcul de dt.
e. e cos(t) dt
0
(t + 1)3 0
t
5 - 26 s FF Uniforme continuité et intégrabilité
5 - 20 s FF Intégrale trigonométrique
π
Soit f uniformément continue de R+ dans R et inté-
1 cos(nx)
Z
Soit an = dx. Calculer a0 , a1 grable sur R+ . Montrer que f admet une limite en +∞
π −π 4 cos(x) − 5 et la préciser.
puis, pour n entier naturel, an + an+2 . En déduire an
pour tout n. 5 - 27 s FF Changements de variable
Soit a dans R+∗
. On cherche à calculer l’intégrale I
Z +∞
s FF Intégrale oscillante
 
5 - 21 a2
donnée par I = exp −x2 − 2 dx.
Existence, pour n dans N, et calcul de l’intégrale
Z +∞ 0
x
a. Montrer que I est bien défini.
tn e−t sin(t) dt
0 b. Montrer qu’on a

a  
a2
Z
a

5 - 22 s CCP FF Intégrales de Dirichlet et I= exp −x2 − 1+ dx .
Fresnel 0
x2 x2
c. Conclure en utilisant la valeur de l’intégrale de
a. Soit M > 0 et u une fonction de classe C 1 sur Gauß.
[ 1; +∞ [ bornée (en valeur absolue) par M . Mon-
Z +∞ 0 5 - 28 s FF Équation différentielle
u (t)
trer que l’intégrale dt converge. Soit E = C(R+ , R), b ∈ R et a > 0.
1
t

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CHAPITRE 5. CALCUL INTÉGRAL 243

a. Montrer que, pour tout f ∈ E, il existe un unique g 5 - 33 s FFF Intégrales de Wallis


dans C 1 (R+ , R) tel que g 0 + ag = f et g(0) = b.
P (−1)n 2n
 
b. Montrer que si f est intégrable sur R , g l’est éga- Convergence et somme de . On
Z ++∞ 22n n
lement. Donner une relation entre f (t) dt et pourra utiliser le calcul de l’intégrale de Wallis (exer-
0 cice 5 - 31).
Z +∞
g(t) dt. 5 - 34 s M FFF Intégrabilité
0
+∞
sin(t)
Z
5 - 29 s FF Équation différentielle Intégrabilité sur ∗
R+ de x 7→ dt ?
x
t
Soit f continu et intégrable sur R. On considère
l’équation différentielle (E) : y 0 − y + f = 0. 5 - 35 s FFF Décomposition d’intégrale oscil-
a. Montrer que (E) admet une unique solution F bor- lante
+∞
née sur R. sin(t) dt
Z
Montrer que l’intégrale √ est semi-
b. Montrer Zque F est intégrable sur R et comparer 0 t + cos(t)
convergente. On écrira l’intégrande comme somme de
Z
F et f. sin(t)
R R deux fonctions de la forme et d’une fonction inté-

grable.
5 - 30 s FF Limites
Soit f une fonction continue sur R et à valeurs 5 - 36 s M 2015 FFF Intégrale oscillante
réelles, admettant des
Z limites en −∞ et en +∞. Mon-
Z +∞
sin(t)
+∞
Existence de √ dt ?
trer que l’intégrale (f (x + 1) − f (x)) dx existe et
p
0 t + t sin(t)
−∞
la calculer.
5 - 37 s FFF Sur un air de Cauchy-Schwarz
5 - 31 s FF Intégrales et formule de Wallis Soit f dans Cmcx
0
(R+∗
, R). On suppose f et xf de
On pose maintenant, pour n dans N, In = carré intégrable, i.e. les fonctions x 7→ f 2 (x) et x 7→
Z π/2 x2 f 2 (x) sont intégrables sur R+ . Montrer que f l’est
sinn (t) dt. aussi et que son intégrale est majorée par
0
a. Donner une formule de récurrence reliant In+2 à In Z +∞ 1/4 Z +∞ 1/4
et en déduire une formule pour I2n et I2n+1 . 2 f 2 (t) dt t2 f 2 (t) dt .
0 0
b. En déduire la formule de Wallis :
π 2.2 4.4 6.6 5 - 38 s FFF Intégrale de Dirichlet ♥
= ···
2 1.3 3.5 5.7 On se propose de calculer l’intégrale de Dirichlet
Z +∞
sin(t)
c. En considérant (n + 1)In In+1 , déduire de la relation donnée par I = dt.
t
π 0
q
de récurrence l’équivalent In ∼ . a. En utilisant une somme trigonométrique, calculer un
2n
John Wallis, 1616–1703, mathématicien, cryptographe donné (pour n entier naturel) par
et théologien anglais, précurseur d’Isaac Newton mais 
1
 
aussi de la phonétique, de l’éducation des sourds et de
Z π sin n+ x
l’orthophonie. un =  2 dx .
x
0 2 sin
2
5 - 32 s FF Formule de Stirling
 n b. Montrer que vn donné (pour n entier naturel) par
n! e
On pose, pour n dans N∗ , un = √ et,
2πn n
 
π
1 − 1 1
  Z   
un vn =    sin n+ x dx
pour n ≥ 2, vn = ln . x x 2
un−1 0 2 sin
2
a. Montrer que (vn )n≥2 est bien défini et que
P
vn
converge. tend vers 0 quand n tend vers l’infini.
b. En déduire que (un ) converge, puis en utilisant les c. Conclure.
intégrales de Wallis (exercice 5 - 31), montrer
lim un = 1.

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