Chap5 Calcul Intégral
Chap5 Calcul Intégral
CHAPITRE
Calcul intégral
Les fonctions sont définies sur I un intervalle quelconque de R (ni fermé, ni borné
a priori), et à valeurs dans K, corps des nombres réels ou des nombres complexes.
1 Introduction
Une idée, a priori naturelle, pour construire l’intégrale d’une fonction continue dé-
finie sur un segment I est de partir de la notion d’aire, notamment pour les rectangles.
L’aire d’un rectangle conduit à définir l’intégrale d’une fonction constante et donc, par
additivité des aires ou relation de Chasles, à celle d’une fonction en escalier.
On dispose alors d’une forme linéaire de l’espace des fonctions en escalier sur I.
L’inégalité de la moyenne montre que cette forme linéaire est lipschitzienne pour la
norme k·k∞ et est donc uniformément continue. Le théorème de prolongement des
applications uniformément continues permet donc de prolonger cette forme linéaire à
l’adhérence de l’espace des fonctions escaliers, à l’intérieur de l’espace des fonctions
bornées sur I, l’adhérence étant considérée pour la norme k·k∞ .
Or le théorème de Heine a pour conséquence que cette adhérence contient l’espace
des fonctions continues sur I, ce qui permet de donner un sens aux intégrales de telles
fonctions.
Dans cette construction, le fait que l’on puisse considérer l’intégrale de telle ou telle
fonction résulte donc du fait qu’elle est approchable par des fonctions élémentaires, à
savoir les fonctions en escalier. L’intégrabilité, i.e. le fait que l’intégrale existe, n’est
pas une propriété à part entière puisqu’on n’a pas défini ce qu’elle veut dire.
En voici une définition, hors-programme, via les sommes de Darboux (Gaston
Darboux, 1842–1917) .
On se donne une subdivision D de I, i.e. {x0 , · · · , xn } avec n ∈ N∗ et
inf I = x0 < x1 < · · · < xn = sup I .
On note alors, pour f une fonction bornée sur I et i dans J0, n−1K, δi = ∆xi = xi+1 −xi ,
fi = inf f et Fi = sup f et on définit les sommes de Darboux inférieure et
[xi ,xi+1 ] [xi ,xi+1 ]
supérieure par
n−1
X n−1
X
s(D) = s(D, f ) = fi δ i et S(D) = S(D, f ) = Fi δ i .
i=0 i=0
∗
∀ε ∈ R+ , ∃δ ∈ R+
∗
, ∀D, ∀(ξi )0≤i≤n−1 ,
Propriété 5 - 2 Z n−1
X
max δi ≤ δ =⇒ f− f (ξi )δi ≤ ε .
0≤i≤n−1 I i=0
L’intégrale de Riemann ne concerne dans un premier temps que les fonctions bor-
nées, sur un intervalle borné. Pour définir d’autres intégrales, dites impropres, on passe
par une deuxième définition. Néanmoins le passage à la limite n’est pas complètement
satisfaisant dans cette théorie, et c’est pourquoi on peut lui préférer l’intégrale de
Lebesgue ou celle de Kurzweil-Henstock.
Cette notion
Z n’est pas nouvelle si I est un segment puisque, par croissance
Z de
l’intégrale, f est un majorant et même un maximum des quantités f pour
I J
J segment inclus dans I. La notation est donc cohérente.
Remarques 5 - 1
Si J ⊂ I et si f est intégrable sur I, alors f est intégrable sur J et
Z Z
f≤ f.
J I
suites.
Intervalles exhaustifs
Soit f dans Cmcx 0
(I, R+ ), (In ) est une famille croissante de segments dont la
réunion Z
est I (i.e.
I = limn∈N ↑ In ), alors f est intégrable sur I si et seulement si
Théorème 5 - 1 la suite f est majorée ou encore si et seulement si elle est convergente.
In n∈N
Dans ce cas on a Z Z Z
f = sup f = lim f.
I n In n In
sin2 (x)
+∞
Z
L’intégrale dx diverge car, pour tout entier naturel n, on a
0 x
Exemple 5 - 2 (n+1)π
sin2 (x) 1
Z
dx ≥
nπ x 2(n + 1)
Si f est continue par morceaux et positive sur ] a; b ] et si (an )n∈N est une
suite décroissante de limite a, alors f est intégrable sur ] a; b ] si et seulement si
Exemple 5 - 3 Z b
la limite de f (t) dt existe.
an
Relation de Chasles
Soit f dans Cmcx0
(I, R+ ), c un point intérieur à I, J1 = ] − ∞; c ] ∩ I et
J2 = [ c; +∞ [ ∩ I, alors f est
Z intégrable sur
Z I si et seulement si elle l’est sur J1
Propriété 5 - 3 Z
et sur J2 . Dans ce cas on a f= f+ f.
I J1 J2
Michel Chasles, 1793–1880, portait le prénom Floréal à sa naissance.
Intégrabilité locale
On dit que f est intégrable au voisinage d’une des bornes α de I (éventuel-
Définition 5 - 2 lement infinie) si elle est intégrable sur un intervalle J inclus dans I dont l’une
des bornes est α. Par relation de Chasles f est intégrable sur I si et seulement
si elle l’est au voisinage de chacune des bornes de I.
Fonctions de référence
Puisqu’on connaît des primitives des fonctions puissances et exponentielles, la
caractérisation par intervalles exhaustifs permet de conclure
α
— Les fonctions x 7→ |x − b| sont intégrables au voisinage de b si et seulement
Exemples 5 - 4 si α > −1.
— Les fonctions x 7→ xα sont intégrables au voisinage de +∞ si et seulement
si α < −1.
— Les fonctions x 7→ e−ax sont intégrables au voisinage de +∞ si et seulement
si a > 0.
Cône
Soit f et g dans Cmcx
0
(I, R+ ) intégrables sur I et M un réel positif. Alors
f + g et M f sont également intégrables sur I. De plus on a
Propriété 5 - 5
Z Z Z Z Z
(f + g) = f + g et (M f ) = M f .
I I I I I
Croissance
Soit f et g dans Cmcx
0
(I, R+ ) vérifiant ∀x ∈ I 0 ≤ f (x) ≤ g(x). Si g est
intégrable sur I alors f l’est aussi et on a
Propriété 5 - 6
Z Z
0≤ f ≤ g.
I I
Positivité
Soit I un intervalle de bornes a et b et f dans L1 (I, R). Si on a ∀x ∈ I
Z b Z b
Proposition 5 - 1
f (x) ≥ 0, alors on a f (t) dt ≥ 0 et de plus, si f est continue, f (t) dt = 0 si
a a
et seulement si f est nulle sur I.
3 Intégrales semi-convergentes
L’usage est de noter L1loc (I, K) l’ensemble des fonctions localement intégrables
sur I et à valeurs dans K, mais ce n’est pas une notation au programme.
Aparté Plus généralement une intégrale généralisée peut être définie pour toute fonc-
tion pour laquelle I peut se découper en un nombre fini d’intervalles disjoints sur
lesquels l’intégrale impropre est définie au sens précédent : par exemple R √dx .
R
|x|
Linéarité
Z Soit ZI un intervalle réel, f et g dans Cmcx (I,
Z K) et α et β des scalaires. Si
0
Positivité
Soit I un intervalle réel et f dans Cmcx
0
(I, R+ ). Si l’intégrale
Z sur I converge,
Propriété 5 - 9
cette dernière est positive, de sorte que la forme linéaire f 7→ f est positive.
I
Croissance
Soit I un
Z intervalle réel, f et g dans Cmcx
0
(I,
Z R) telles que f ≤ g. Si les deux
Propriété 5 - 10 Z Z
intégrales f et g convergent, alors on a f ≤ g.
I I I I
Dérivation Z
Soit I un intervalle réel et f continue sur I, telle que f converge. Soit a et
Z b I
Propriété 5 - 11 b les bornes de I avec a < b, alors x 7→ f (t) dt est dérivable sur I, de dérivée
Z x x
4 Sommabilité
Restriction
Remarque 5 - 3
La restriction d’une fonction intégrable à un sous-intervalle est intégrable.
et
∀x ∈ I , 0 ≤ f + (x), f − (x) ≤ |f (x)| ≤ f + (x) + f − (x) .
Si I est un intervalle de R dont les bornes sont a et b, pour f dans L1 (I, K),
Z b Z Z a Z b
Notation
on note f (t) dt = f et f =− f.
a I b a
Cas positif
Remarque 5 - 4 Soit I un intervalle réel et f dans Cmcx
0
(I, R+ ). Alors f est intégrable sur I
(au sens des fonctions positives) si et seulement si son intégrale sur I converge.
Espace fonctionnel
Propriété 5 - 13
L’ensemble L1 (I, K) est un K-espace vectoriel.
Linéarité
Proposition 5 - 3 L’application qui à une fonction dans L1 (I, K)) associe son intégrale est li-
néaire.
Croissance
Soit I un intervalle de bornes a et b et f et g dans L1 (I, R). Si on a ∀x ∈ I
Z b Z b
Corollaire 5 - 1 f (x) ≥ g(x), alors on a f (t) dt ≥ g(t) dt et de plus, si f et g sont continues,
Z b Z b a a
Relation de Chasles
Si I est un intervalle réel et c un point intérieur à I, soit J1 = ] − ∞; c ] ∩ I
Proposition 5 - 4 et J2 = [ c; +∞ [ ∩ I, alors f ∈ L1Z(I, K) Zsi et seulement
Z si f|J1 ∈ L1 (J1 , K) et
f|J2 ∈ L1 (J2 , K). Dans ce cas on a f= f+ f.
I J1 J2
Inégalité triangulaire Z Z
Proposition 5 - 5 Si f ∈ L (I, K), alors
1
f ≤ |f |.
I I
5 Critères de comparaison
Par application des résultats dans le cas positif, on obtient via l’inégalité triangu-
laire les critères de comparaison.
6 Inégalités intégrales
Cette inégalité est encore vraie dans le cas des intervalles quelconques, le second
membre étant a priori à valeurs dans R+ ∪ {+∞} (même si l’intervalle est borné).
1
Z
min(f (I)) = inf f ≤ f ≤ sup f = max(f (I)) .
I b−a I I
Inégalité de la moyenne
Soit I un intervalle de bornes finies notées a et b, et f dans Cmcx
0
(I, R). Pour
m et M réels, par croissance de l’intégrale, on a
Z
(∀x ∈ I m ≤ f (x) ≤ M ) =⇒ m(b − a) ≤ f ≤ M (b − a) ,
I
La condition sur g est par exemple remplie si g est continue, non identiquement
nulle, de signe constant et I = [ a; b ] .
Inégalité de Young
1 1 1 1
Rappel Pour x, y, p et q dans R+
∗
avec + = 1, on a xy ≤ xp + y q , avec égalité
p q p q
si et seulement si xp = y q .
p q
On en déduit, en traitant tout d’abord le cas où |f | et |g| sont d’intégrale 1 puis
en utilisant l’homogénéité :
Inégalité de Cauchy-Schwarz
Soit I un intervalle, f et g f et g deux fonctions continues par morceaux sur
I, à valeurs complexes et de carré intégrable sur I. Alors f g est intégrable sur I
Propriété 5 - 18 et on a Z Z Z 1/2 Z 1/2
2 2
f g ≤ |f g| ≤ |f | |g| .
I I I I
Inégalité de Hölder
Soit I un intervalle, f et g deux fonctions continues par morceaux sur I à
1 1
valeurs complexes et p et q dans R+ ∗
avec + = 1. Alors si f p et g q sont
p q
Propriété 5 - 19 intégrables sur I, f g l’est aussi et on a
Z Z Z 1/p Z 1/q
p q
fg ≤ |f g| ≤ |f | |g| .
I I I I
Z
Démonstration. En posant y = f ω, on considère trois cas.
I
Si y minore J, en particulier il minore f (I) de sorte que (f − y)ω est une fonction
positive d’intégrale nulle et donc f = y sauf au plus en un nombre fini de points car on
a affaire à des fonctions continues par morceaux. On en déduit qu’il y a égalité dans
l’inégalité de Jensen. On raisonne de même si y majore J et il y a à nouveau égalité.
Enfin si y est intérieur à J, g est alors dérivable à gauche et à droite en y par
passage à la limite dans l’inégalité des trois pentes. On peut donc minorer g par une
de ses demi-tangentes en y : g(y) + α(f (t) − y) ≤ g(f (t)). En multipliant par ω(t), qui
est positif, et en intégrant sur I on obtient le résultat.
Si f ω est intégrable sur I, comme g est minoré par une fonction affine, disons
g(x) ≥ ax + b, on a g ◦ f − ≤ |a| |f | + |b|, de sorte que g ◦ f − ω est intégrable.
Autrement dit en écrivant g ◦ f ω = g ◦ f + ω − g ◦ f − ω et en convenant, par
Remarque 5 - 6
intégrabilité du second terme du second membre, que l’intégrale de g ◦ f ω est
soit convergente, soit +∞, selon que g ◦ f + ω est intégrable ou non, l’inégalité de
Jensen est vraie sans supposer l’intégrabilité de g ◦ f ω dans R ∪ {+∞}.
7 Calcul d’intégrales
Si I est un segment, toute fonction continue par morceaux sur I y est inté-
grable (théorème de Cauchy, sommes de Darboux ou prolongement des formes
linéaires uniformément continues). Plus généralement si I est borné et f est conti-
Remarque 5 - 7
nue par morceaux sur I et prolongeable par continuité aux bornes de I, f est in-
tégrable sur I et son intégrale sur I est celle de son prolongement par continuité
à l’adhérence de I.
Z x Z Z b
lim− f (t) dt = f et lim− f (t) dt = 0 ,
Propriété 5 - 21 x→b a [ a;b [ x→b x
Intégrale et primitive
Soit f continue et admettant F comme primitive (i.e. F 0 = f ) sur ] a; b [ . Alors
Z b
F admet des limites en a et b si et seulement si f (t) dt converge, et c’est en
a
Propriété 5 - 22 particulier le cas lorsque f est intégrable sur ] a; b [ . De plus on a alors
Z
f = lim
−
F − lim
+
F = [F ]ba
] a;b [ b a
La notation [f g]ba est une double limite. Il faut démontrer l’existence à la fois
♥
de limb− f g et de lima+ f g avant de pouvoir écrire [f g]ba !
Notation
puis justifier l’existence de limites en a et b pour f g et de l’intégrale semi-
Z b
convergente f (t)g 0 (t) dt.
a
sin2 (x)
positive x 7→ n’est pas intégrable sur R+∗
.
x
Néanmoins on peut se ramener à une fonction intégrable grâce à une intégra-
Exemple 5 - 7
tion par parties :
Toutefois c’est le théorème suivant, avec un peu plus d’hypothèses sur ϕ, qui est
le seul théorème au programme dans le cas des intégrales impropres (le précédent ne
Z Z
2. Soit a et b tels qu’on ait [ a; b ] ⊂ J. Alors f ◦ ϕ · |ϕ0 | = f.
[ a;b ] ϕ([[ a;b ] )
Théorème 5 - 3
3. Soit a et b tels qu’on ait ] a; b [ ⊂ J. Alors f est intégrable sur ϕ(]]a; b [ ) si
et seulement si f ◦ ϕ · ϕ0 est intégrable sur ] a; b [ . Et, dans ce cas,
Z Z
f ◦ ϕ · |ϕ | =
0
f.
] a;b [ ϕ( ] a;b [ )
née par (ϕ−1 (x0 ), · · · , ϕ−1 (xn )). Il en résulte que f ◦ ϕ · ϕ0 est continue par morceaux
sur ϕ−1 (c); ϕ−1 (d) . L’assertion résulte de la relation de Chasles et du théorème de
changement de variable dans le cas continu.
Le seconde point est une simple reformulation. En effet si ϕ est strictement mono-
tone, l’intervalle ϕ([[ a; b ] ) est l’intervalle d’extrémités ϕ(a) et ϕ(b). Si ϕ est croissante,
il s’agit de [ ϕ(a); ϕ(b) ] et |ϕ0 | = ϕ0 . Sinon il s’agit de [ ϕ(b); ϕ(a) ] , de sorte que l’inté-
grale sur ϕ([[ a; b ] ) est l’opposée de l’intégrale de ϕ(a) à ϕ(b). Cette différence de signe
est compensée par le fait qu’on a alors |ϕ0 | = −ϕ0 .
L’existence de α et β résulte du théorème de la limite monotone. Quitte à composer
ϕ par t 7→ a + b − t, on peut supposer ϕ croissante. On a alors ϕ(]]a; b [ ) = ] α; β [ .
Soit ([[ αn ; βn ] )n∈N une suite exhaustive de segments dans ] α; β [ . On note [ an ; bn ]
les pré-images par ϕ, de sorte que ([[ an ; bn ] )n∈N est une suite exhaustive de seg-
ments dans ]! a; b [ . On en déduit que f est intégrable sur ] α; β [ si et seulement si
Z
|f | est bornée. D’après le théorème dans le cas des segments, cette der-
[ αn ;βn ]
Z !
nière condition s’écrit |f | ◦ ϕ · |ϕ0 | bornée, i.e. f ◦ϕ·ϕ0 intégrable sur ] a; b [ .
[ an ;bn ]
Dans le cas intégrable, on a
Z Z Z Z
f = lim f et f ◦ ϕ · ϕ = lim
0
f ◦ ϕ · ϕ0
] α;β [ n [ αn ;βn ] ] a;b [ n [ an ;bn ]
En effet l’intégrabilité nécessite une valeur absolue qui n’a aucune raison de bien
Z x au niveau de ϕ . Voici un exemple. On prend J = R+ et ϕ donnée par
se comporter 0
sin(t)
ϕ(x) = dt. Alors ϕ est de classe C 1 et de dérivée donnée par (le prolongement
0 t
sin(x) π
par continuité à R+ de) ϕ0 (x) = . En 0, on a ϕ(0) = 0 et on a lim+∞ ϕ =
x 2
(mais peu importe la valeur exacte, car il suffit de savoir que cette intégrale est semi-
convergente). Prenons donc I = R et f la fonction constante égale à 1. On aimerait
Z +∞ Z π/2
donc savoir si on peut écrire ϕ0 (t) dt = dt en tant qu’égalité d’intégrales de
0 0
fonctions (absolument) intégrables. La seconde étant une intégrale propre, il revient
au même de demander si ϕ0 est intégrable sur R+ et tel n’est pas le cas.
+∞ +∞ b
dt
Z Z Z
2 2 1
Exemple 5 - 8 On a e−x dx = 2 e−x dx et = [arcsin]−1 = π.
(b − t)(t − a)
p
−∞ 0 a
dt
alors, pour x dans R+ , la quantité . On peut effectuer une intégration
0 (1 + t3 )n
par parties et il vient
Exemple 5 - 9 x Z x
dt 3nt3
Z x
t
= + dt
0 (1 + t ) (1 + t3 )n 0 0 (1 + t )
3 n 3 n+1
Z +∞
Exercice Calculer, avec les mêmes idées, e−t sin2n (t) dt.
0
dt 3nt3
Z Z
t
= + dt
(1 + t )
3 n (1 + t )
3 n (1 + t3 )n+1
Remarque 5 - 10
ce qu’il faut interpréter comme une égalité entre ensembles : l’ensemble de toutes
1 t
les primitives de s’obtient en ajoutant la fonction à une fonc-
(1 + t )
3 n (1 + t3 )n
3nt3
tion de l’ensemble des primitives de .
(1 + t3 )n+1
Cette identification entre ensemble et élément d’un ensemble, qu’on peut as-
similer à une synecdoque, est à rapprocher de la notation o (1). Ainsi quand on
écrit ln(2 + o (1)) = ln(2) + o (1), on signifie que l’ensemble des fonctions obte-
Aparté nues comme logarithme d’une fonction tendant vers 2 est égal à l’ensemble des
fonctions obtenues comme la somme de la fonction constante égale à ln(2) et
d’une fonction tendant vers 0. Ce sont des sommes d’ensembles, en assimilant un
élément au singleton constitué par cet élément.
Ainsi si l’un des termes de droite est infini, celui de gauche l’est, et réciproque-
ment.
et √ √
u 1 2u − 2 2
√ = √ + √ ,
Exemple 5 - 10 u − 2u + 1
2 2 u − 2u + 1 ( 2u − 1)2 + 1
2
Il vient
2 √ +∞
+∞
2u2 du 1 u − 2u + 1
Z
= √ ln √
0 1 + u4 2 2 u2 + 2u + 1 0
1 h √ √ i+∞
+ √ arctan( 2u + 1) + arctan( 2u − 1)
2 0
soit √
π/2
π 2
Z
tan(t) dt =
p
.
0 2
1 1 1 1/a 1 1/b
Exemple 5 - 11
= −
(x2 + a2 )(x2 + b2 ) b2 − a2 a 1 + (x/a)2 b 1 + (x/b)2
et il vient
+∞
dx 1
Z π π π
= − = .
−∞ (x2 + a2 )(x2 + b2 ) b2 2
−a a b ab(a + b)
π/2 n
Exemple 5 - 12
Z
π X kπ π
ln(sin(t)) dt = lim ln sin = − ln(2) .
0 n 2n 2n 2
k=1
et
Z π/2 Z π/2n n−1
π X kπ
ln(sin(t)) dt ≥ ln(sin(t)) dt + ln sin .
0 0 2n 2n
k=1
π nπ Z π/2n Z π/2n
ln sin − ln(sin(t)) dt = − ln(sin(t)) dt = o (1)
2n 2n 0 0
par intégrabilité. En fait, plus précisément on a par sommation des relations de com-
paraisons entre fonctions négatives
ln(n)
Z π/2n Z π/2n
π π
− ln(sin(t)) dt ∼ − ln(t) dt = (1 − ln( )) = O .
0 0 2n 2n n
n−1
kπ Y
Quant au calcul du produit trigonométrique sin , on peut remarquer que les
2n
k=1
exp(2ikπ/2n) décrivent les racines 2ne de l’unité distinctes
Y de ±1 (obtenuesY quant à
elles pour k = 0 et k = n) et qu’on a donc (X − 1)
2
(X − ζ) = (X − ζ) =
ζ∈U2n ζ∈U2n
ζ6=±1
Y n−1
X Y
X 2n − 1 ou encore (X − ζ) = X 2k . En particulier on a (1 − ζ) = n.
ζ∈U2n k=0 ζ∈U2n
ζ6=±1 ζ6=±1
Par ailleurs, pour P = (X − e2iθ )(X − e−2iθ ) on a P = X 2 − 2 cos(θ)X + 1 et donc
P (1) = 2(1 − cos(2θ)) = 4 sin2 (θ). Il vient, en prenant θ = kπ/2n avec 1 ≤ k ≤ n − 1,
n−1
Y kπ Y
22(n−1) sin2 = (1 − ζ) = n ,
2n
k=1 ζ∈U2n
ζ6=±1
n
1
X kπ
d’où ln sin = ln(n) − (n − 1) ln 2 ∼ −n ln(2), ce qui permet de conclure.
2n 2
k=1
m−1
Y kπ
Démontrer l’identité sin(mx) = 2m−1 sin x + et retrouver le résul-
Exercice m
k=0
tat précédent.
8 Compléments
par morceaux sur ] a; b [ et tel que les limites lima+ ϕ et limb− ϕ existent. On note
Théorème 5 - 4 alors lima+ ϕ = α et limb− ϕ = β.
Z b Z β
Alors les intégrales impropres f (ϕ(t))ϕ0 (t) dt et f (t) dt convergent si-
a α
multanément et, si tel est le cas, sont égales.
Comme ϕ([[ a; b [ ) est un invervalle et que β lui est adhérent, soit β est une des
bornes de ϕ([[ a; b [ ) et cette borne ne fait pas partie de l’intervalle, soit β ∈ ϕ([[ a; b [ ).
On étudie d’abord le cas où, pour tout x dans [ a; b [ , ϕ(x) < β. Dans ce cas on a
également β = sup(ϕ([[ a; b [ )) par caractérisation de la borne supérieure.
Soit (bn ) une suite à valeurs dans [ a; b [ et tendant vers b, alors (ϕ(bn )) tend vers
β par valeurs inférieures (et est à valeurs dans [ α; β [ à partir d’un certain rang). De
plus, pour tout entier n, on a
Z bn Z ϕ(bn )
f (ϕ(t))ϕ (t) dt =
0
f (t) dt ,
a α
On remarque tout d’abord qu’on a ϕ(b − α) < β. Soit donc y tel que ϕ(b − α) < y <
β, alors, d’après le théorème de Bolzano (valeurs intermédiaires), il existe x dans
] b − α; b [ tel que y = ϕ(x) et donc
Z y
f (t) dt − Ia,b < ε .
α
Or, si x tend vers b par valeurs inférieures, ϕ(x) tend vers β et il en résulte que Iα,β
est convergente et égale à Ia,b .
Le point important est que les formules aient un sens : il faut supposer f ◦ ϕ
Remarque 5 - 12 intégrable donc au minimum continue par morceaux (dans le cadre de ce cours,
mais intégrable au sens général suffirait) et que ϕ a des limites en a et b.
Exercices
Intégrales de fonctions positives 5 -5 s FF Fonction Bêta
On minorera sin par une inégalité de concavité. En dé- c. Soit f une fonction continue sur [ 0; π ] et deux réels
duire l’existence de l’intégrale a et b fixés. Montrer qu’il existe une unique solu-
Z +∞ tion x de classe C 2 vérifiant x(0) = a, x(π) = b et
te−t
6
sin2 (t)
dt . x00 + q(t)x = f (t).
0
5 - 11 s FFF Moyenne de Gauß
5 -9 s FFF Inégalité de Jensen intégrale
On reprend les notations de l’exercice 2 - 43.
a. Soit f une fonction convexe de I, intervalle ouvert, a. Former une relation simple entre les intégrales
dans R et g une fonction continue de [ 0; 1 ] dans I.
+∞
dx
Z
i. On suppose f dérivable sur I. Démontrer I(a, b) = p
∀(x, y) ∈ I 2 , f (x) ≥ f (y) + f 0 (y)(x − y). 0 (x2 + a2 )(x2 + b2 )
ii. On ne suppose plus f dérivable et on note fg0
et √
la dérivée à gauche de f , i.e. la limite à gauche ab
dx
Z
du taux d’accroissement. Démontrer que fg0 est J(a, b) = p
défini sur I et qu’on a ∀(x, y) ∈ I 2 , f (x) ≥ 0 (x2 + a2 )(x2 + b2 )
f (y) + fg0 (y)(x − y). et en déduire que, pour tout entier naturel n,
iii. Démontrer qu’il existe u dans [ 0; 1 ] tel que I(a, b) = I(an , bn ).
Z 1
Indication : on pourra faire le changement de va-
g(u) = g et qu’on a ∀x ∈ [ 0; 1 ] , f (g(x)) ≥ riables donné par 2ux = ab − x2 .
0
f (g(u)) + fg0 (g(u))(g(x) − g(u)). b. Exprimer M (a, b) en fonction de I(a, b).
√
1 1
c. Calculer M (1, 2) avec 20 décimales. Comparer à
Z Z
iv. En déduire f ◦g ≥f g . π/ω où ω est le demi-périmètre de la lemniscate, i.e.
0 0 Z 1
b. Soit f continue de [ a; b ] dans R+∗
. Démontrer dx
ω=2 √ .
1 − x4
Z b Z b
1 1
0
ln ◦f ≤ ln f .
b−a a b−a a
Intégrales
c. Plus généralement, soit f convexe de I dans R,
g continue par morceaux de [ a; b ] dans I et h 5 - 12 F
Z b
de [ a; b ] dans R+ tel que h = 1. Démontrer Soit f une fonction continue sur ] 0; 1 ] , décroissante
Z b Z b
a
et dont l’intégrale converge sur cet intervalle.
f g(x)h(x) dx ≤ h(x)f ◦ g(x) dx. a. Si f est
de signe constant, démontrer f (x) =
a a o0+ x1 . On pourra remarquer que f est bornée.
5 - 10 s Centrale MP 2001 FFF Inégalité de b. Aboutir à la même conclusion sans hypothèse sup-
Wirtinger plémentaire sur f . On pourra utiliser la croissance
de l’intégrale.
a. Soit f de classe C 1 de [ 0; π ] dans R telle que
f (0) = f (π) = 0. 5 - 13 F
i. Démontrer que f f 0 cot et f 2 sin−2 sont inté- PourZquelles valeurs des paramètres réels α et β l’in-
grables sur ] 0; π [ . +∞
dx
ii. Démontrer tégrale α (1 + xβ )
est-elle convergente ? La cal-
1
x
π π culer quand α = 1 (on pourra effectuer un changement
Z Z
−2
f (t) sin
2
(t) dt = 2 f (t)f 0 (t) cot(t) dt . de variable).
0 0
iii. Démontrer 5 - 14 F
1
x+1
2 Z
1
Z Z Z
f 2
f cot ≤
2 2
f sin
2 −2
. Existence et calcul de arctan
dx. Pour
2 −2
x−2
] 0;π [ ] 0;π [ ] 0;π [
le calcul on pourra faire le changement de variable
π π
t = 1 − x et utiliser les propriétés de l’arctangente.
Z Z
iv. En déduire f2 ≤ (f 0 )2 .
0 0 5 - 15 F
b. Soit une fonction q continue sur [ 0; π ] , à valeurs
1
dans ] − ∞; 1 [ . Montrer que l’unique fonction x de ln(1 − t2 )
Z
Existence et calcul de dt. Pour le cal-
classe C 2 s’annulant en 0 et en π et vérifiant l’équa- 0
t2
tion différentielle x00 +q(t)x = 0 est la fonction nulle. cul on pourra intégrer par parties.
+∞
sin(t)
Z
5 - 16 F Séries alternées
b. En déduire que les intégrales dt et
Z +∞ −t 1
t
e +∞
On pose F (x) = dt et Sn (x) =
Z
0
x+t sin(t2 ) dt sont convergentes.
n 1
X 1 +∞
(−1)k−1 .
Z
xk c. Montrer que l’intégrale sin(t3 ) dt converge. On
k=1
1
a. Donner le domaine de définition de F . pourra commencer par effectuer un changement de
variable.
b. Pour x dans ce domaine et n dans N, démontrer que
F (x) est compris entre Sn (x) et Sn+1 (x). 5 - 23 s FF Intégrale de Fresnel
Montrer que Z les intégrales de Fresnel
5 - 17 s INP 2012 F Fraction rationnelle Z +∞ +∞
+∞
sin(x2 ) dx et cos(x2 ) dx convergent. Sont-
1
Z
0 0
Calculer, pour y réel, dx. elles absolument convergentes, i.e. les fonctions x 7→
−∞
(x2 + 1)(x + iy)
sin(x2 ) et x 7→ cos(x2 ) sont-elles intégrables sur R+ ?
5 - 18 s M 2012 F Intégrabilité 5 - 24 s C 2001 FF Quadrature
f0 Soit a, b et c des réels deux à deux distincts, avec
Soit f dans C 1 ([[ 1; +∞ [ , R+
∗
) tel que lim = −∞.
+∞ f a < b.
Montrer que f est intégrable sur [ 1; +∞ [ . a. Montrer qu’il existe un unique triplet (α, β, γ) de
réels tel que pour tout P dans R2 [X] on ait l’iden-
5 - 19 s FF Calculs pratiques tité, notée (1),
Existence et calcul des intégrales suivantes : Z b
P (t)
+∞ dt = αP (a) + βP (b) + γP (c) .
t ln(t)
3
Z p
a. dt a (b − t)(t − a)
0
(1 + t4 )3
p b. Étudier, pour a et b fixés quelconques, l’existence de
0
−x(x + 4)
Z
b. dx c tel que (1) soit vrai pour tout P dans R3 [X].
−2
x c. L’identité (1) est-elle réalisable pour tout P dans
Z +∞
dx R4 [X] ?
c. √ d. Décrire l’ensemble Hn des polynômes P de Rn [X]
−∞ (8x2 − 4x + 5) 1 + x2
qui vérifient (1).
+∞
t+2
Z
d. 2 + (t + 3) ln dt 5 - 25 s TPE FF Calcul d’intégrale
t+4
Z0 ∞ +∞
e−2t − e−t
Z
t2 + 3t + 3 −t Existence et calcul de dt.
e. e cos(t) dt
0
(t + 1)3 0
t
5 - 26 s FF Uniforme continuité et intégrabilité
5 - 20 s FF Intégrale trigonométrique
π
Soit f uniformément continue de R+ dans R et inté-
1 cos(nx)
Z
Soit an = dx. Calculer a0 , a1 grable sur R+ . Montrer que f admet une limite en +∞
π −π 4 cos(x) − 5 et la préciser.
puis, pour n entier naturel, an + an+2 . En déduire an
pour tout n. 5 - 27 s FF Changements de variable
Soit a dans R+∗
. On cherche à calculer l’intégrale I
Z +∞
s FF Intégrale oscillante
5 - 21 a2
donnée par I = exp −x2 − 2 dx.
Existence, pour n dans N, et calcul de l’intégrale
Z +∞ 0
x
a. Montrer que I est bien défini.
tn e−t sin(t) dt
0 b. Montrer qu’on a
√
a
a2
Z
a
5 - 22 s CCP FF Intégrales de Dirichlet et I= exp −x2 − 1+ dx .
Fresnel 0
x2 x2
c. Conclure en utilisant la valeur de l’intégrale de
a. Soit M > 0 et u une fonction de classe C 1 sur Gauß.
[ 1; +∞ [ bornée (en valeur absolue) par M . Mon-
Z +∞ 0 5 - 28 s FF Équation différentielle
u (t)
trer que l’intégrale dt converge. Soit E = C(R+ , R), b ∈ R et a > 0.
1
t