18 EspacesVectoriels
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Chapitre 18 PTSI - Lycée de l’Europe
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Remarque
Attention, la multiplication ne concerne qu’un scalaire et un vecteur ! Hormis dans le cadre de la
géométrie de l’espace, on ne multiplie pas les vecteurs entre eux pour avoir un vecteur !
Notation
Pour éviter d’alourdir les notations, on ne fait pas figurer les flèches sur les vecteurs en maths ! On
enlève aussi le point pour la multiplication par scalaire. Les deux dernières lignes se réécrivent par
exemple :
λ(u + v) = λu + λv et (λ + µ)u = λu + µu
Ceci entraı̂nera des confusions au départ ! On rappelle en effet qu’on ne peut multiplier des vecteurs
que par des scalaires, donc faites bien attention à la nature des objets que vous manipulez ! Dans
la mesure du possible, on réservera
— les lettres grecques pour les scalaires,
— les lettres latines pour les vecteurs.
→
−
Exemple 1. Comme vu en préambule, l’ensemble P des vecteurs du plan (muni des opérations vues
→
− →−
précédemment) est un espace vectoriel. En effet, munissons ce plan vectoriel d’une base ( i , j ). Alors un
→
−
vecteur de P est repéré par ses coordonnées dans cette base. On rappelle que les opérations sont définies
comme suit :
— Addition : (x, y) + (x0 , y 0 ) = (x + x0 , y + y 0 ),
— Multiplication : λ(x, y) + (x0 , y 0 ) = (λx0 , λy).
→
−
On montre alors que P muni de ces opérations vérifie les propriétés d’un espace vectoriel.
C’est long et fastidieux. On va voir dans un futur très proche que l’on disposera d’un moyen bien plus
efficace pour montrer qu’un ensemble est un espace vectoriel.
Propriété 1.1
Soit E un K-espace vectoriel.
— Soient u ∈ E et λ ∈ K tels que λu = 0E . Alors λ = 0 ou u = 0E .
— Pour tout u ∈ E, (−1) · u = −u.
Preuve :
— Si λ = 0, c’est fini, sinon, λ 6= 0 et
1 1
u= (λu) = · 0E = 0E
λ λ
u + v = 1 · u + (−1) · u = (1 − 1) · u = 0u = 0E
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En particulier,
— l’ensemble des fonctions réelles définies sur un intervalle I est un R−espace vectoriel,
— KN , l’ensemble des suites à valeurs dans K, est un K−espace vectoriel.
Propriété 1.6 (Produit d’espaces vectoriels)
Soient E et F deux K−espaces vectoriels muni des additions (x, y) 7→ x +E y et (x0 , y 0 ) 7→ x0 +F y 0 et des
multiplications (λ, x) 7→ λ ·E x et (λ, x0 ) 7→ λ ·F x0 . Alors
E × F = {(x, y), x ∈ E, y ∈ F }
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On pourra utiliser sans réserve dans une copie ou une démonstration que ces ensembles sont des espaces
vectoriels (ce sont des espaces vectoriels "classiques"). Tous ces ensembles ont pour point commun d’avoir
une addition "sympathique" (avec un neutre et un inverse) et une multiplication par un scalaire "qui se
distribue bien par rapport à l’addition". L’exemple à garder en tête (à plus forte raison quand on parlera
de bases) est celui des vecteurs du plan ou de l’espace. Ces opérations amènent à la notion de combinaison
linéaire.
Une famille finie de vecteurs dans un espace vectoriel E est une liste (x1 , x2 , · · · , xn ) de vecteurs
de E.
Soit E un espace vectoriel et (x1 , · · · xn ) une famille finie de vecteurs de E. Une combinaison linéaire
de ces vecteurs est un vecteur de la forme :
n
X
x= λk xk = λ1 x1 + λ2 x2 + · · · + λn xn
k=1
avec (λ1 , · · · , λn ) ∈ Kn .
Notation
On note V ect(x1 , · · · xn ) l’ensemble des combinaisons linéaires de la famille (x1 , · · · xn ) (voir plus
bas la notion d’espace engendré par une famille de vecteurs.)
MÉTHODE
Pour montrer qu’un vecteur x est une combinaison linéaire des vecteurs x1 , x2 ... et xn , pour l’instant
on n’a pas d’autre méthode qu’une méthode directe : il faut supposer qu’il existe (λ1 , · · · , λn ) tel
que x = λ1 x1 + · · · + λn xn et trouver ces λk (le plus souvent en résolvant un système linéaire).
Exemple 3. Dans K3 , x = (1, 2, 3) est-il combinaison linéaire de x1 = (1, 1, 1), x2 = (1, −1, 2) et
x3 = (1, −1, −1) ?
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x = λ1 x1 + λ2 x2 + λ3 x3
1 1 1 1
2 = λ1 1 + λ2 −1 + λ3 −1
3 1 2 −1
1 λ1 + λ2 + λ3
2 = λ1 − λ2 − λ3 .
3 λ1 + 2λ2 − λ3
P = λ1 P1 + λ2 P2 + λ3 P3
2 + X = λ1 (1 + X 2 ) + λ2 (X − 2X 2 ) + λ3 (1 + X − X 2 )
= (λ1 + λ3 ) + (λ2 + λ3 )X + (λ1 − 2λ2 − λ3 )X 2
Le système ici est de rang 2... mais ce n’est pas grave car il est compatible (et admet donc une solution !)
Ses solutions sont
{(2 − λ, 1 − λ, λ), λ ∈ R} = (2, 1, 0) + V ect((1, −1, 1)).
Par exemple (λ1 , λ2 λ3 ) = (2, 1, 0) est solution du système linéaire. Ainsi, P = 2P1 + P2 et P est bien
combinaison linéaire de P1 , P2 et P3 .
λ1 + λ3 = 0
2
Inversement, P = X n’est pas combinaison linéaire de ces 3 polynômes car le système : λ2 + λ3 = 0
λ1 − 2λ2 − λ3 = 1
n’admet pas de solution !
2 Sous-espaces vectoriels
On l’a vu dans la partie précédente, vérifier qu’un ensemble vérifie les axiomes d’un espace vectoriel,
c’est long et fastidieux. La notion de sous-espace vectoriel va nous aider grandement à montrer que des
ensembles sont des espaces vectoriels.
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Soit E un K−espace vectoriel et F ⊂ E. On dit que F est un sous-espace vectoriel de E s’il est
lui-même un espace vectoriel (muni de l’addition et de la multiplication induites par celles de E).
Remarque
Autrement dit, il faut vérifier que la somme de deux éléments de F est bien un élément de F puis
que la multiplication d’un vecteur de F par un scalaire λ est bien un élément de F ... puis que F
vérifie les 8 axiomes. Heureusement le théorème suivant va nous permettre de nous passer de cette
vérification !
Preuve : Évident : les propriétés d’associativité, d’inverse et de distributivité restent vrais sur F dès
lors que les résultats des opérations sur F restent dans F .
MÉTHODE
Pour montrer qu’un ensemble est un espace vectoriel, on montrera dans 99.99% des cas que c’est un
sous-espace vectoriel d’un espace vectoriel E "classique" (i.e. indroduit dans la section précédente).
On devra à cet effet :
— Montrer qu’il est non vide (le plus souvent, on montrera qu’il contient le vecteur nul de E)
— Montrer les 2 points suivants en montrant qu’il est stable par combinaison linéaire :
∀(x, y) ∈ F 2 , ∀(λ, µ) ∈ K2 , λx + µy ∈ F.
Exemple 5. — L’ensemble
F = {(x, y, z) ∈ R3 tels que x + 2y − z = 0}
est un R-espace vectoriel. En effet
— F est un sous-ensemble de R3 qui est un R-espace vectoriel,
— F est non vide, puisqu’il contient le triplet (0, 0, 0).
— Si u = (x, y, z) et v = (x0 , y 0 , z 0 ) sont deux vecteurs de F et si (λ, µ) ∈ R2 , alors
λu + µv = λ(x, y, z) + µ(x0 , y 0 , z 0 ) = (λx + µx0 , λy + µy 0 , λz + µz 0 )
et
(λx + µx0 ) + 2(λy + µy 0 ) − (λz + µz 0 ) = λ(x + 2y − z) + µ(x0 + 2y 0 − z 0 ) = 0.
Donc λu + µv ∈ F .
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Donc λP + µQ ∈ Kn [X].
— De même, l’ensemble des polynômes P vérifiant P (1) = 0 est un sous-espace vectoriel.
— L’ensemble C 0 (I, R) des fonctions continues d’un intervalle I dans R est un R−espace vectoriel,
puisque c’est un sous-espace vectoriel de l’ensemble des fonctions de I dans R : la fonction nulle est
bien continue et une combinaison linéaire de fonctions continues est continue.
— Plus généralement, pour k ∈ N (ou k = ∞), l’ensemble C k (I, R) est également un R−espace vectoriel.
— Soient (a, b) ∈ R2 . L’ensemble des solutions l’équation différentielle y 00 + ay 0 + by = 0 est un sous-
espace vectoriel de C 2 (I, R) (qui est bien un espace vectoriel par ce qui précède) et il est non vide
puisque la fonction nulle est solution. En effet, si y et z sont deux solutions de cette équation, et si
λ et µ sont deux scalaires, alors
Remarque
A contrario, on peut montrer qu’un ensemble n’est pas un sous-espace vectoriel en montrant au
choix, qu’il ne contient pas le vecteur nul, ou qu’il n’est pas stable par addition ou par multiplication
par un scalaire.
n’est pas un espace vectoriel car il ne contient pas (0, 0, 0). On peut aussi voir que ce n’est pas un
espace vectoriel car il contient u = (1, 0, 0) mais ne contient pas λu pour λ 6= 1.
— L’ensemble F des suites réelles croissantes n’est pas un espace vectoriel. En effet, la suite définie
par un = n est croissante, mais la suite (vn )n définie par vn = −un = −n n’est pas croissante. Ainsi
u ∈ F mais −u ∈ / F.
Définition 2.2 (S)
it E un K−espace vectoriel.
— Alors E et {0E } sont des sous-espaces vectoriels de E dits triviaux.
— Si u est un vecteur non nul de E, alors l’ensemble
V ect(u) = {λu, λ ∈ K}
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Remarque
Quand on se représente un sous-espace vectoriel, il faut toujours avoir en tête la représentation
d’une droite dans le plan qui passe par l’origine oue d’une droite et/ou d’un plan de l’espace
passant par l’origine.
Remarque
Attention ! En règle générale une union de sous-espaces vectoriels n’est pas un espace vectoriel !
Prenez par exemple la réunion de deux droites distinctes, ce n’est ni une droite, ni un plan. Par
ailleurs, on voit qu’en général, ce genre d’ensemble n’est pas stable par somme.
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Autrement dit :
n
X
u ∈ V ect(x1 , · · · xn ) ⇔ ∃(λ1 , · · · , λn ) ∈ Kn tels que u = λk xk .
k=1
Exemple 8. — V ect(0E ) = {0E } puisque n’importque quelle combinaison linéaire du vecteur nul sera
nul.
— R3 = V ect((1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1)). En effet, si u = (x, y, z) ∈ R3 , alors
Propriété 2.2
Soit E un K−espace vectoriel, F un sous-espace vectoriel et (x1 , · · · , xn ) une famille d’éléments de F
alors V ect(x1 , · · · , xn ) ⊂ F .
Preuve : C’est une simple conséquence du fait que les sous-espaces vectoriels sont stables par combinaison
linéaire.
Remarque
En fait, V ect(u1 , · · · , un ) est le plus petit sous-espace vectoriel contenant (u1 , · · · , un ) (au sens de
l’inclusion).
F = {(−y − z, y, z), (y, z) ∈ R2 } = {y(−1, 1, 0) + z(−1, 0, 1), (y, z) ∈ R2 } = V ect((−1, 1, 0), (−1, 0, 1))
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1 1
Exemple 11. Soit A = et F le sous ensemble de M2 (R) défini par
2 0
Ainsi,
2b − c = 0 −a + b + d = 0 −a + b + d = 0
a + c = a + 2b
b + d = a −a + b + d = 0
2b − c = 0
2b − c = 0
⇔ ⇔ ⇔
2a = c + 2d
2a − c − 2d = 0
2b − c = 0
0=0
2b = c 2b − c = 0 0=0 0=0
Le système linéaire est de rang 2 (il admet donc deux inconnues principales, a et b et deux inconnues
secondaires c et d). Ses solutions sont donc :
n c c o 1 1
1 1
+ d, , c, d , (c, d) ∈ R2 = c , , 1, 0 + d(1, 0, 0, 1), (c, d) ∈ R2 = V ect , , 1, 0 , (1, 0, 0, 1) .
2 2 2 2 2 2
3.1 Définition
Définition 3.1 (Somme de sous-espaces vectoriels)
F + G = {u + v, u ∈ F, v ∈ G}
= {u ∈ E, tel que ∃ (uF , uG ) ∈ F × G tels que u = uF + uG }.
Remarque
— Autrement dit, F + G est l’ensemble de toutes les sommes possibles de vecteurs de F et de
G.
— La décomposition d’un vecteur de F + G n’est pas forcément unique.
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Exemple 12. Dans R2 , soit u1 = (2, 3) et u2 = (−1 − 1). Alors R2 = V ect(u1 ) + V ect(u2 ).
— ⊂ Dans un sens,
V ect(u1 ) + V ect(u2 ) = {u1 + u2 , u ∈ V ect(u1 ), v ∈ V ect(u2 )}
= {λu1 + µu2 , (λ, µ) ∈ R2 } ⊂ R2 .
— ⊃ Inversement, soit u ∈ R2 . Alors, u est de coordonnées u = (a, b). Montrons que u est une
combinaison linéaire de x et y : cherchons (λ, µ) tels que
(
a = 2λ − µ
a 2λ − µ
u = λu1 + µu2 i.e. = i.e.
b 3λ − µ b = 3λ − µ
(
λ=b−a
On obtient que Ainsi,
µ = 3b − 2a
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0 0
λ + λ0 λ + λ = x λ = x − λ
x
On a alors que y = µ + λ0 , i.e. µ + λ0 = y soit µ = y − λ0 Donc en posant par exemple λ0 = 0
z µ0 µ0 = z µ0 = z
(l’inconnue secondaire peut être choisie comme on veut), on obtient que
u = (x, y, 0) + (0, 0, z) ∈ F + G
| {z } | {z }
∈F ∈G
Donc F + G = R3 .
Encore une fois, on a une inconnue secondaire donc la décomposition n’est pas unique ! Si on avait pris
λ0 = x, on aurait obtenu
u = (x, y, 0) + (0, 0, z) = (0, y − x, 0) + (x, x, z)
| {z } | {z } | {z } | {z }
∈F ∈H ∈F ∈H
Exemple 14. Soit l’ensemble des fonctions réelles (qui est un R−espace vectoriel). Soit P le sous-
RR
espace des fonctions paires et I le sous-espace des fonctions impaires. Alors RR = P + I. Raisonnons par
analyse-synthèse :
— Analyse : soit f ∈ RR et supposons qu’il existe g et h tels que
f = g + h i.e. ∀x ∈ R, f (x) = g(x) + h(x) avec g paire et h impaire.
Alors
f (x) + f (−x)
g(x) =
(
f (−x) = g(−x) + h(−x) = g(x) − h(x)
∀x ∈ R, donc ∀x ∈ R, 2
f (x) = g(x) + h(x) h(x) = f (x) − f (−x)
2
— Synthèse : Posons g : x 7→ f (x)+f
2
(−x)
et h : x 7→ f (x)−f
2
(−x)
. Alors un calcul simple montre que g
est une fonction paire et h est une fonction impaire. Par ailleurs, si x ∈ R,
f (x) + f (−x) f (x) − f (−x)
f (x) = + = g(x) + h(x)
2 2
On a bien décomposé toute fonction de RR comme la somme d’une fonction paire et d’une fonction
impaire. Donc RR = P + I (on n’a montré que l’inclusion de la gauche vers la droite, mais la réciproque
est évidente).
Propriété 3.2
Soient (u1 , · · · , un ) et (v1 , · · · , vp ) deux familles de vecteurs de E. On a
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Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de E. On dit que F et G sont en somme directe, (ou que
la somme F +G est directe), ssi pour tout u ∈ F +G, il existe un unique couple (uF , uG ) ∈ F ×G
tel que u = uF + uG . On note alors F ⊕ G la somme F + G.
→
− →
− →
− − →
→ −
Exemple 15. Dans l’exemple précédent, F = V ect( i ) + V ect( j ) et G = V ect( i + j , k ) n’étaient
pas en somme directe, puisque la décomposition d’un vecteur de F + G n’était pas unique. Sur le dessin,
on se rend compte que l’intersection de ces deux plans n’est pas nulle.
La propriété suivante va nous donner un moyen pratique de vérifier que deux espaces sont en somme
directe :
Théorème 3.1 (Caractérisation de la somme directe)
Soient F et G deux sous-espaces vectoriels. Alors les points suivants sont équivalents :
1. F et G sont en somme directe.
2. F ∩ G = {0E }.
3. ∀(u, v) ∈ F × G, (u + v = 0E ) ⇒ (u = 0E et v = 0E ).
0E = 0E + 0E = |{z} −u
u + |{z}
|{z} |{z}
∈F ∈G ∈F ∈G
u = −v et u ∈ F et − v ∈ G. donc u ∈ F ∩ G = {0E }.
Donc u = 0E = v.
3 ⇒ 1 Soit x un élément de F + G. Supposons qu’il existe deux couples (uF , uG ) et (u0F , u0G ) tels que
u = uF + uG = u0F + u0G . Alors
(
0 0 0 0 u0F − uF = 0E
uF + uG = uF + uG donc (uF − uF ) + (uG − uG ) = 0E et donc
| {z } | {z } u0G − uG = 0
=0E =0E
(
u0F = uF
Donc et la somme est directe.
u0G = uG
→
− →
− →
− − →
→ −
Exemple 16. Dans l’exemple précédent : soit F = V ect( i ) + V ect( j ) et G = V ect( i + j , k ) et
u ∈ F ∩ G. Alors
— u ∈ F : ∃(λ, µ) ∈ R2 tels que u = (λ, µ, 0).
— u ∈ G : ∃(λ0 , µ0 ) ∈ R2 tels que u = (λ0 , λ0 , µ0 ).
Par égalité, on obtient que λ = λ0 = µ et µ0 = 0. Ainsi, u = (λ, λ, 0) ∈ V ect(1, 1, 0). Donc F ∩ G =
V ect(1, 1, 0) et on retrouve que F et G ne sont pas en somme directe.
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→
−
Exemple 17. Par contre F et G0 = V ect( k ) sont en somme directe. Soit u ∈ F ∩ G0 . Alors
— u ∈ F : ∃(λ, µ) ∈ R2 tels que u = (λ, µ, 0).
— u ∈ G0 : ∃λ0 ∈ R tels que u = (0, 0, λ0 ).
Par égalité, on obtient que λ = λ0 = µ = 0. Ainsi, u = (0, 0, 0) et F et G0 sont en somme directe.
MÉTHODE
En pratique, on utilise toujours le point 2 pour montrer que deux espaces sont en somme directe.
Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de E. On dit que F et G sont dits supplémentaires dans
E si on a F ⊕ G = E, c’est-à-dire si la somme F + G est directe et égale à E.
Remarque
— Il ne faut pas confondre supplémentaire et complémentaire !
— Un même sous-espace vectoriel F peut admettre plusieurs supplémentaires (et en pratique il
en admet une infinité).
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Donc F ∩ G = {0E }.
Soit maintenant u ∈ R3 . Montrons que
uestla somme de F
d’un élément et d’un élément de G. Tout
1 −2 2
d’abord, on remarque que F = V ect 1 , 0 et G = V ect 1 . Ainsi,
0 1 −2
1 −2 2
F + G = V ect 1 , 0 , 1
0 1 −2
Soit u(x, y, z) ∈ R3 . Montrons que u ∈ F + G, i.e. qu’il existe (λ1 , λ2 , λ3 ) tel que :
x 1 −2 2 λ1 − 2λ2 + 2λ3
u = y = λ1 1 + λ2 0 + λ3 1 = λ1 + λ3
z 0 1 −2 λ2 − 2λ3
On aboutit donc à un système à trois équations et trois inconnues :
x + 2y + 2z
λ − 2λ + 2λ = x
λ1 = x + 2λ2 − 2λ3 =
λ1 − 2λ2 + 2λ3 = x
λ1 − 2λ2 + 2λ3 = x
1 2 3
3
y−x 1 −2x + 2y − z
λ1 + λ3 = y ⇔ 2λ2 − λ3 = y − x ⇔ 2λ 2 − λ 3 = y − x ⇔ λ2 = + λ3 =
3 x − y 2 2 3
λ2 − 2λ3 = z λ2 − 2λ3 = z − λ =z+
−x + y − 2z
3
2 2 λ3 =
3
Ainsi,
1 −2 2
x + 2y + 2z −2x + 2y − z −x + y − 2z
u= 1 + 0 + 1 ∈F +G
3 3 3
0 1 −2
et F + G = R3 .
Au final, F et G sont supplémentaires dans R3 .
Exemple 21. Dans R3 , considérons
P = λ(X 2 + 1) et P (1) = 0.
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P = λ1 (X 2 + 1) + λ2 (X − 1) + λ3 (X 2 − X)
a0 + a1 X + a2 X 2 = (λ1 − λ2 ) + (λ2 − λ3 )X + (λ1 + λ3 )X 2
Remarque
On verra dans le chapitre sur la dimension que la partie fastidieuse (montrer que la somme est
égale à l’espace tout entier) pourra être supprimée juste par des considérations de dimension.
∃λ ∈ K tel que →
−
v = λ→
−
u ou ∃µ ∈ K tel que →
−
u = µ→
−
v.
ce qui nous donne deux conditions... ce qui n’est pas très pratique. Et on ne peut pas se passer de l’une ou
l’autre (que se passe-t-il si →
−
u = 0 ou si →
−
v = 0). Heureusement, on peut se passer du "ou" en regroupant
ces deux égalités.
Propriété 4.1
Soient u et v deux vecteurs d’un espace vectoriel E. u et v sont colinéaires si et seulement si
→
−
∃(λ, µ) ∈ K\{(0, 0)} tel que λ→
−
u + µ→
−
v = 0.
Et inversement,
Propriété 4.2
Soient u et v deux vecteurs d’un espace vectoriel E. u et v ne sont pas sont colinéaires si et seulement si
→
−
∀(λ, µ) ∈ K2 , λ→
−
u + µ→
−
v = 0 ⇒ (λ, µ) = (0, 0).
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it E un K-espace vectoriel et (x1 , · · · xp ) une famille de p vecteurs. Cette famille est dite libre si et
seulement si
X p
∀(λ1 , · · · , λp ) ∈ Kp , λk xk = 0 ⇒ (λ1 , · · · , λp ) = (0, · · · , 0).
k=1
1 1
Exemple 22. — La famille , est libre. En effet, soient (λ, µ) ∈ R2 tels que
0 1
1 1 λ+µ 0
λ +µ = =
0 1 µ 0
Alors µ = λ = 0.
1 1 4
— La famille , , est liée. En effet,
0 1 3
4 1 1 4 1 1 0
= +3 i.e. − + +3 =
3 0 1 3 0 1 0
1 3
Exemple 23. Soient V1 = 0 et V2 = −1 Montrons que la famille (V1 , V2 ) est libre.
2 1
Soient (λ1 , λ2 ) ∈ R2 tels que λ1 V1 + λ2 V2 = 0. Montrons que (λ1 , λ2 ) = (0, 0).
λ1 + 3λ2 = 0
λ1 + 3λ2 = 0
−λ2 = 0 ⇔ λ2 = 0
2λ1 + λ2 = 0 −5λ2 = 0
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MÉTHODE
Pour montrer qu’une famille (x1 , · · · , xp ) est libre, on fait TOUJOURS comme suit : On regarde
les solutions de λ1 x1 + · · · + λp xp = 0 qui sera sous la forme d’un système linéaire.
— Si (λ1 , · · · , λp ) = (0, · · · , 0) est la seule solution, la famille est libre.
— Si le système admet d’autres solutions, la famille est liée.
1 4 2
Exemple 24. Soient V1 = 2, V2 = 5 et V3 = 1. Regardons si la famille (V1 , V2 , V3 ) est libre
3 6 0
ou liée.
Soient (λ1 , λ2 , λ3 ) ∈ R3 tels que λ1 V1 + λ2 V2 + λ3 V3 = 0. Alors
λ1 + 4λ2 + 2λ3 = 0
λ1 + 4λ2 + 2λ3 = 0
λ1 + 4λ2 + 2λ3 = 0
2λ1 + 5λ2 + λ3 = 0 ⇔ −3λ2 − 3λ3 = 0 ⇔ λ2 + λ3 = 0
3λ1 + 6λ2 = 0 −6λ2 − 6λ3 = 0 λ2 + λ3 = 0
Ce systèmeest de rang 2 et amdet donc une infinité de solutions. Ses solutions sont V ect(2, −1, 1) en
λ1 = 2
particulier λ2 = −1 est solution et la fmaille est liée.
λ3 = 1
Remarque
Dire qu’une famille (u1 , · · · , ur ) est liée revient donc à dire qu’il existe (λ1 , · · · , λr ) non tous nuls
n
P
tels que λk uk = 0. On attire l’attention sur le fait que non tous nuls (i.e. au moins un des λk
k=1
est non nul) ne veut pas dire la même chose que tous non nuls (i.e. tous les λk sont nons nuls).
Propriété 4.3
Soit (u1 , · · · ur ) une famille de vecteurs. Alors cette famille est liée si et seulement si au moins l’un des
vecteurs est combinaison linéaire des autres.
Preuve : ⇐ Supposons qu’un des vecteurs soit combinaison linéaire des autres. Par exemple (sans
perdre de généralité) que up soit combinaison linéaire de (u1 , u2 , · · · up−1 ). Alors
p−1
X
up = λ1 u1 + · · · λp−1 up−1 = λk uk i.e. λ1 u1 + · · · λp−1 up−1 − up = 0.
k=1
Au moins un des λk est non nul. Sans perdre de généralité, supposons que ce soit λ1 (on se ramène à ce
cas là en permutant l’ordre des vecteurs uk dans la famille). Alors
r r
X X λk
λ1 u1 + λk uk = 0 i.e. u1 = − uk .
λ1
k=2 k=2
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Propriété 4.4
Une famille de vecteurs contenant le vecteur nul est toujours liée.
Preuve : Supposons que la famille soit de la forme (u1 = 0, u2 , · · · up ), alors en prenant λ1 = 1 et
λ2 = · · · = λp = 0, on obtient que
Xp
λk uk = λ1 u1 = 0
k=1
Remarque
En petite dimension, la notion de famille libre/liée est simple à caractériser :
→
−
— Dans R, une famille de 1 vecteur (→ −u ) est libre si et seulement si → −
u 6= 0 .
— Dans R2 , une famille de 2 vecteurs (→ −
u,→−v ) est libre si et seulement si → −
u et →
−
v ne sont pas
colinéaires.
— Dans R3 , une famille de 3 vecteurs (→−u,→−
v ,→−
w ) est libre si et seulement si → −
u, →
−
v et →
−
w ne sont
pas coplanaires.
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λ 0 P0 + · · · + λ k Pk +
λk+1 k+1 + · · · +
P r = λ0 P0 + · · · + λk Pk = 0
λr
P
Maintenant, si λk 6= 0, alors, on peut refaire le même raisonnement sur les degrés et montrer que
deg(λ0 P0 + · · · + λk Pk ) = deg(Pk ) ce qui est incompatible avec le fait que λ0 P0 + · · · + λk Pk = 0.
Donc (λr , · · · , λk ) = (0, · · · , 0) au final, les λk sont tous nuls.
— Soit A = {k ∈ J0, nK tels que λk 6= 0}. Si A est vide, alors cela signifie que tous les λk sont nuls et
on a fini la preuve.
Sinon, A est non vide et admet donc un plus grand élément k0 , i.e. λk0 6= 0 et pour k > k0 , λk = 0.
Ainsi λ0 P0 + · · · + λk0 Pk0 = 0. Le meme raisonnement qu’au point précédent nous assure alors
que deg(λ0 P0 + · · · + λk0 Pk0 ) = deg(Pk0 ) ce qui est encore une fois incompatible avec le fait que
λ0 P0 + · · · + λk0 Pk0 = 0. Donc λk0 = 0, ce qui est exclus.
Une famille de polynômes (P0 , P1 , · · · , Pr ) tels que deg(P0 ) < deg(P1 ) < · · · < deg(Pr ) est appelée
une famille échelonnée.
Remarque
En particulier (ce sera très souvent le cas en pratique), une famille de polynômes (P0 , P1 , · · · Pp )
telle que deg(Pi ) = i sera toujours libre.
Exemple 27. Soit a ∈ K. La famille de polynômes (1, X − a, (X − a)2 , · · · , (X − a)p ) est libre, puisque
c’est une famille échelonnée (deg((X − a)k = k). Cette famille est donc libre. C’est la base de Taylor en
a de Kp [X] (voir plus loin la définition de base).
Propriété 4.6
— Toute sous-famille d’une famille libre est libre. En particulier, si (u1 , · · · up ) est une famille libre et
si q 6 p, (u1 , · · · uq ) est aussi une famille libre.
— Toute sur-famille d’une famille liée est liée. En particulier, si (u1 , · · · up ) est une famille liée et qu’on
y rajoute des vecteurs : ((u1 , · · · ur ) avec r > p), alors (u1 , · · · ur ) est aussi une famille liée.
— Soit (u1 , · · · up ) une famille libre et up+1 ∈/ V ect(u1 , · · · up ), alors (u1 , · · · up , up+1 ) une famille libre.
Soit E un K−espace vectoriel et (u1 , · · · , up ) une famille de E. Cette famille est dite génératrice si
E = V ect(u1 , · · · up ) i.e.
p
X
∀x ∈ E, ∃(α1 , · · · , αp ) ∈ Kp tels que x = αk xk = α1 u1 + · · · + αp up .
k=1
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1 2
Exemple 28. — Soient u1 = et u2 = . Montrons que la famille (u1 , u2 ) est une famille
1 1
génératrice de R2 .
x 2 x x
Il suffit de montrer que pour tout ∈R , ∈ V ect(u1 , u2 ). Soit donc un vecteur de
y y y
R2 . Montrons qu’il existe (λ, µ) ∈ R2 tels que
( (
x = λ + 2µ λ = −x + 2y
x 1 2 x λ + 2µ
=λ +µ i.e. = i.e. i.e.
y 1 1 y λ+µ y =λ+µ µ=x−y
x
Ainsi, = (−x + 2y)u1 + (x − y)u2 ∈ V ect(u1 , u2 ). Donc la famille (u1 , u2 ) est une famille
y
génératrice de R2 .
1
— Soient u1 et u2 comme précédemment et u3 = . Alors la famille (u1 , u2 , u3 ) est aussi une famille
0
génératrice de R2 . En effet, tout vecteur (x, y) de R2 peut s’écrire sous la forme
x
= (−x + 2y)u1 + (x − y)u2 + 0u3 .
y
2 1 0
— Dans R , la famille formée par les vecteurs u1 = et u2 = n’est pas génératrice. En effet,
0 0
(0, 1) ne peut clairement pas s’écrire comme combinaison linéaire de u1 et u2 .
1 0
3
— Dans R , la famille formée par les vecteurs u1 = 1 et u2 = 1 n’est pas génératrice. En effet,
0 1
3
supposons que u = (x, y, z) ∈ R et essayons d’écrire u comme combinaison linéaire de u1 et u2 :
x=λ
u = λu1 + µu2 ⇔ y = λ + µ
z=µ
0
Il apparaı̂t assez clair que ce système n’admet des solution que si y = x + z. Ainsi, pour u = 1,
0
λ=0
le système devient λ + µ = 1 . Ce système n’admet pas de solution et donc (0, 1, 0) ∈
/ V ect(u1 , u2 ).
µ=0
1
3
— Par contre, toujours dans R , la famille formée par les vecteurs u1 , u2 et u3 = 0 est pas
1
génératrice. En effet, reprenons u = (x, y, z) ∈ R3 et essayons d’écrire u comme combinaison linéaire
de u1 , u2 et u3 :
x+y−z
λ=
x = λ + ν
x=λ+ν
2
y−x+z
u = λu1 + µu2 + νu3 ⇔ y = λ + µ ⇔ y − x = µ − ν ⇔ µ =
2
z =µ+ν z =µ+ν
ν =
x − y+z
2
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Au final,
x+y−z −x + y + z x−y+z
(x, y, z) = u1 + u2 + u3
2 2 2
Exemple 29. — La famille des ei = (0, · · · , 0, 1, 0, · · · , 0) est une famille génératice de Kn .
— La famille (1, X, X 2 , · · · , X n ) est une famille génératice de Kn [X].
— Les matrices élémentaires (Ei,j )16i6n forment une famille génératrice de Mn,p (K) cf. chapitre sur
16j6p
les matrices).
Remarque
Une famille génératrice de V ect(u1 , · · · , up ) est (u1 , · · · , up ).
Propriété 4.7
Toute famille contenant une famille génératrice de E est une famille génératrice de E.
Preuve : En effet, supposons que E soit engendré (on utilise "engendré" plutôt que "généré") par une
famille (u1 , u2 , · · · up ). Soit une famille cotenant strictement la précédente (supposons par exemple qu’elle
soit de la forme (u1 , u2 , · · · up , up+1 , up+2 , · · · uq ). Alors
E ⊂ V ect(u1 , · · · up ) ⊂ V ect(u1 , · · · uq ) ⊂ E.
et la chaı̂ne d’inclusions est en fait une chaı̂ne d’égalités ! Donc V ect(u1 , · · · uq ) = E et (u1 , · · · uq ) engendre
E.
4.3 Bases
Définition 4.4 (Base d’un espace vectoriel)
Soit E un K−espace vectoriel et F = (u1 , · · · , up ) une famille finie de vecteurs de E. On dit que
F est une base de E si F est une famille libre et génératrice de E.
Soit E un K−espace vectoriel et F = (u1 , · · · , up ) une famille finie de vecteurs de E. F est une
base de E si et seulement si
p
X
p
∀u ∈ E, ∃!(λ1 , · · · , λp ) ∈ K tel que u = λk uk = λ1 u1 + · · · + λp up
k=1
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Or, la famille (u1 , · · · up ) est libre. On en déduit que pour tout k ∈ J1, pK, λ0k − λk = 0, i.e. que λk = λ0k
pour tout k. La décomposition est bien unique.
⇐ Supposons que
p
X
∀u ∈ E, ∃!(λ1 , · · · , λp ) ∈ Kp tel que u = λk uk = λ1 u1 + · · · + λp up
k=1
L’existence nous dit donc que pour tout u de E, u ∈ V ect(u1 , · · · up ). Donc (u1 , · · · up ) est une famille
génératrice de E.
Par ailleurs en particulier pour u = 0, il existe un unique (λ1 , · · · , λp ) ∈ Kp tel que λ1 u1 + · · · + λp up = 0
et ce p-uplet ne peut donc être que (0, · · · , 0). La famille (u1 , · · · up ) est donc libre. C’est donc une base
de E.
Avec les notations du théorème ci-dessus, les scalaires λ1 , · · · , λp sont appelés coordonnées du
vecteur u dans la base (u1 , · · · , up ).
Remarque
Une base est donc en un certain sens "une meilleure famille génératrice possible" puisqu’on a
existence et unicité des coordonnées. Le caractère "générateur" nous donne l’existence de ces
coordonnées, le caractère "libre" nous donne l’unicité. On verra dans le chapitre sur la dimension
que les bases d’un espace vectoriel (de dimension finie) ont toutes le même cardinal. Par exemple
dans les exemples suivants, les bases de R2 auront toutes 2 éléments, celles de R3 auront toutes 3
éléments, etc...
Remarque
Certains espaces vectoriels sont munis d’une base "naturelle" liée à leur construction, qu’on appelle
base canonique. Ce n’est pas la seule base possible (tous les K− espaces vectoriels ont une infinité
de bases) mais c’est celle qui découle de la construction.
Exemple 30. — Dans Kn , les vecteurs ei = (0, · · · , 0, 1, 0, · · · , 0) forment une base de cet espace
puisque c’est une famille libre et génératrice.
— La famille de polynômes (1, X, X 2 , · · · , X n ) forme une base de Kn [X].
— Dans Mn,p (K), les matrices élémentaires (Ei,j )16i6n forment une base de Mn,p (K).
16j6p
MÉTHODE
Pour montrer qu’une famille F est une base d’un espace vectoriel E, pour l’instant, on peut au
choix
— revenir à la définition, i.e. montrer que cette famille est libre et génératrice dans E.
— utiliser la caractérisation : montrer que chaque élément de E se décompose de manière
unique comme combinaison linéaire d’éléments de F.
On verra dans le chapitre sur la dimension une méthode beaucoup plus simple basée justement sur
la dimension (et le cardinal de la base) qui nous permettra de nous passer d’une moitié de cette
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méthode.
Exemple 31. — D’après les calculs effectués précédemment, la famille composée de u1 = (2, 1) et
u2 = (1, 1)
est génératrice
de R2 et ces vecteurs ne sont pas colinéaires. Cette famille est donc libre.
2 1
Ainsi, , forme une base de R2 . De plus, un vecteur (x, y) ∈ R2 a pour coordonnées
1 1
(−x + 2y, x − y) dans la base (u1 , u2 ).
— Par contre, les familles ((1, 0), (1, 1), (4, 3)) et ((1, 0), (0, 0)) ne sont pas des bases de R2 . La première
n’est pas libre dans R2 . La seconde n’est pas génératrice.
— D’après les calculs effectués précédemment, dans R3 , la famille composée de u1 = (1, 1, 0), u2 =
(0, 1, 1) et u3 = (1, 0, 1)forme une base de R3 . De plus, un vecteur (x, y, z) ∈ R3 a pour coordonnées
x+y−z −x+y+z x−y+z
2 , 2 , 2 dans la base (u1 , u2 , u3 ).
— Par contre, la famille ((1, 1, 0), (0, 1, 1)) n’est pas une base de R3 puisqu’elle n’est pas génératrice.
Exemple 32. Soit F = {(x, y, z) ∈ R3 tels que x + 2y − z = 0}. Cherchons une base de F .
x x −2 1
y ∈ F ⇔ x = −2y + z ⇔ y = 1 y + 0 z
z z 0 1
−2 1 −2 1
Donc F = V ect 1 , 0. Ainsi, la famille 1 , 0 est génératrice de F et comme les
0 1 0 1
deux vecteurs
qui la
composent
ne sont pas colinéaires, cette famille est libre. Une base de F est donc
−2 1
donnée par 1 , 0.
0 1
Propriété 4.8
Soient F et G deux sous-espaces vectoriels d’un espace E qui sont en somme directe (i.e. tels que F ∩ G =
{0E }). Soit (u1 , · · · , up ) une base de F et (v1 , · · · , vq ) une base de G. Alors (u1 , · · · , up , v1 , · · · , vq ) est
une base de F ⊕ G, dite adaptée à la somme directe F ⊕ G.
Autrement dit, on trouve une base de F ⊕ G en concaténant une base de F et une base de G. Sur la
figure suivante, on a un plan F et une droite G qui sont supplémentaires dans R3 . On trouve une base de
R3 en concaténant une base de F et une base de G :
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Propriété 4.9
Soit F = (u1 , · · · , up , up+1 , · · · , up+q ) une famille libre de E. Les sous-espaces vectoriels F =
V ect(u1 , · · · , up ) et G = V ect(up+1 , · · · , up+q ) sont alors en somme directe. Si de plus, F est une base de
E, alors F et G sont supplémentaires dans E.
1 0 1 1 0
Exemple 33. La famille 1 , 1 , 0 est une base de R3 . F = V ect 1 , 1 est un
0 1 1 0 1
1
plan (d’équation x − y + z = 0) et G = V ect 0 est une droite. La propriété précédente nous dit
1
alors que F et G sont supplémentaires dans R . 3
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