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Anales Musset

Le document analyse les jeux de l'amour entre Camille et Perdican dans 'On ne badine pas avec l'amour', soulignant leur badinage initial qui masque des sentiments profonds et tragiques. Bien que leurs interactions semblent légères, elles révèlent des conceptions opposées de l'amour, conduisant à un dénouement fatal. Finalement, le badinage amoureux se transforme en une mécanique tragique, illustrant la cruauté du destin.

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Anales Musset

Le document analyse les jeux de l'amour entre Camille et Perdican dans 'On ne badine pas avec l'amour', soulignant leur badinage initial qui masque des sentiments profonds et tragiques. Bien que leurs interactions semblent légères, elles révèlent des conceptions opposées de l'amour, conduisant à un dénouement fatal. Finalement, le badinage amoureux se transforme en une mécanique tragique, illustrant la cruauté du destin.

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1.

Selon vous, le titre de la comédie de Marivaux Le Jeu de l'amour et du hasard pourrait-il également convenir
à On ne badine pas avec l'amour?

Introduction rédigée
Au 18e siècle, les comédies de Marivaux mettent en avant le spectacle d'une parole qui avance
masquée pour percer la vérité des cœurs.
Le marivaudage désigne ainsi une habileté galante dans le maniement des mots: les personnages
badinent avec l'amour, tout particulièrement dans Le Jeu de l'amour et du hasard. Nous montrerons que les deux
protagonistes d'On ne badine pas avec l'amour jouent en effet avec l'amour, et que le hasard est source
d'imprévu, avant de mettre en évidence la cruauté du badinage qui rompt avec le genre de la comédie.

Plan détaillé
1. Perdican et Camille se livrent à un jeu avec l'amour, et le hasard semble se jouer d'eux
a. Expliquez pourquoi l'intrigue de la pièce et les personnages secondaires font de Camille et Perdican
des personnages dignes d'une comédie dans les deux premiers actes.
b. Dites en quoi la parole est au centre des jeux avec les sentiments. Montrez comment le badinage
amoureux fait progresser l'action.
c. Relevez les moments où le hasard se manifeste. Analysez la manière inattendue dont il vient
perturber le badinage des deux protagonistes.

II. Un jeu cruel dont les protagonistes ne mesurent pas immédiatement la gravité
a. Déterminez en quoi Camille et Perdican cherchent à se blesser l'un l'autre.
b. Étudiez l'issue de la pièce et dites pourquoi elle est à l'opposé d'un dénouement de comédie.
c. Expliquez en quoi l'on peut dire que ce n'est pas le hasard mais le destin qui guide les personnages.

Conclusion rédigée
Si l'amour et le hasard sont bien au cœur des jeux de Camille et Perdican, qui cherchent chacun à
amener l'autre à dévoiler ses sentiments, force est de constater que, derrière le badinage plaisant, accentué par
la présence de personnages grotesques, une terrible mécanique tragique prend au piège ceux qui s'aiment. Le
jeu n'est pas sans conséquence, et la fatalité conduit Rosette à la mort. Aussi, s'il fallait reprendre le titre de la
pièce de Marivaux, faudrait-il l'adapter ainsi: “Le Jeu cruel de l'amour et du destin”.

2. Dans quelle mesure Camille et Perdican badinent avec l'amour ? Est-ce que leurs jeux de la parole et du
cœur se limitent à un simple badinage ? Ces deux héros romantiques n'ont-ils pas une vision de l'amour plus
élevée que ne le laisse supposer leur apparent badinage ?

Entre 1833 et 1835, Alfred de Musset a vécu une relation amoureuse pour le moins tumultueuse avec
George Sand ! Lorsque celle-ci le quitte, leur correspondance reste intense, et influence directement l'écriture de
ce chef d'œuvre : On ne badine pas avec l'amour.
Cette action de « badiner », amusante dans une comédie, évoque aussi le marivaudage (plus
sophistiqué mais toujours léger)… Ici, il va tourner au drame, voire, à la tragédie. Ce mélange des genres fait
bien de cette pièce, non pas un vaudeville ou un mélodrame, mais bien, un drame romantique…À travers les
deux jeunes premiers, Camille et Perdican, ce sont deux conceptions de l'amour qui s'affrontent. Ces deux
conceptions particulièrement élevées, qui vont s'entredéchirer, constituent le moteur de la pièce. Et ainsi, les jeux
de la parole et du cœur prennent une dimension insoupçonnée.
Dès lors, on peut se demander dans quelle mesure Camille et Perdican badinent avec l'amour ? Est-ce
que leurs jeux de la parole et du cœur se limitent à un simple badinage ? Ces deux héros romantiques n'ont-ils
pas une vision de l'amour plus élevée que ne le laisse supposer leur apparent badinage ?
D'abord, nous avons en effet deux jeunes gens qui badinent avec l'amour, c'est-à-dire qu'ils prennent
l'amour à la légère et ne réalisent pas la profondeur de leurs sentiments. Ils jouent avec les sentiments, mais
négligent la gravité de ces jeux, et ne songent pas aux conséquences. Et pourtant, ces jeux de la parole et ces
stratagèmes apparaissent bientôt en décalage avec les véritables élans du cœur, qui se révèlent à travers leur
dépit et leurs stratagèmes… Pris au piège de leur rôle, nos deux jeunes héros romantiques ne sont plus
eux-mêmes. Finalement, la confrontation de ces deux visions de l'amour si élevées ne peut mener qu'à un
dénouement fatal : symboliquement, les jeux de la parole condamnent l'innocence et la sincérité du cœur. C'est
ce que le théâtre permet de révéler.

(Perdican et Camille prennent l'amour à la légère


1) Ils se redécouvrent mais sous-estiment leur amour)

D'abord, le badinage des deux jeunes gens est léger, ils sous-estiment les sentiments qu'ils éprouvent
l'un pour l'autre. Perdican complimente sa cousine avec une lieu commun « belle comme le jour », et il lui
propose une promenade en barque, comme pour prolonger leurs jeux d'enfants…
PERDICAN. — Te souviens-tu de nos parties sur le bateau ? Viens, nous descendrons jusqu’aux
moulins ; je tiendrai les rames, et toi le gouvernail. Acte I scène 3
Camille refuse, mais lorsqu'ils se retrouvent plus tard, son attitude est ambiguë. Ils prétendent alors tous les deux
s'accommoder d'une relation amicale.
CAMILLE. — Je vous ai refusé un baiser, le voilà. (Elle l'embrasse). [...] Vous ne savez pas la raison
pour laquelle je pars [...] : je vais prendre le voile. [...] Il n’y a rien là dont votre orgueil puisse souffrir.
PERDICAN. — L’orgueil n’est pas mon fait ; je n’en estime ni les joies ni les peines. [...] touche là, et
soyons bons [Link] II scène 5
Ce badinage est original, parce qu'il est en grande partie inconscient : les deux personnages qui jouent ne
réalisent pas encore toute l'étendue de leur amour.

(2) Ils ne s'avouent pas eux-même leurs propres sentiments)

C'est une particularité du badinage que l'on trouve dans cette pièce : les personnages se mentent en
même temps à eux-mêmes. Perdican se dit touché, mais il prétend se consoler :
PERDICAN. — [Ton amour] ne m'est point indifférent, Camille. [Il] m'eût donné la vie, mais ton amitié
m'en consolera. Acte II scène 1
Pourtant, dès qu'il se retrouve seul, on perçoit bien l'ambivalence de ses sentiments. C'est d'ailleurs l'originalité
de ce monologue qui nous montre un personnage qui se ment à lui même, portant un masque même lorsqu'il est
seul :
PERDICAN. — Diable, je l'aime [...] Cela n'empêche qu'elle n'ait des manières trop décidées [...] Il
est clair que je ne l'aime pas. Acte III scène 1
Quand Camille annonce vouloir devenir religieuse, elle teste la constance de Perdican. Mais elle envisage
peut-être aussi très sincèrement de prendre le voile… S'il on en croit sa prière finale !
CAMILLE. — Mon Dieu [...] Quand j’ai refusé de devenir l’épouse d’un autre que vous, j’ai cru parler
sincèrement. Acte III scène 8
Comme ces personnages ne réalisent pas vraiment la force de leurs sentiments, ils ne réalisent pas non plus à
quel point ils se trompent en mettant Rosette entre eux.

3) Ils mettent Rosette entre eux


D'abord, Perdican badine avec Rosette, il la complimente sur sa beauté. Il apprécie d'ailleurs réellement
sa simplicité. Par exemple, il est ému lorsqu'elle parle de la pluie : peut-être parce qu'il réalise la fausseté de sa
propre attitude.
ROSETTE
Vous respectez mon sourire, mais vous ne respectez guère mes lèvres, à ce qu’il me semble.
Regardez donc ; voilà une goutte de pluie qui me tombe sur la main, et cependant le ciel est pur.
PERDICAN
Pardonne-moi.
ROSETTE
Que vous ai-je fait, pour que vous pleuriez ? Acte II scène 3
Le Baron et Maître Bridaine voient Perdican faire des ricochets avec Rosette : cette image représente bien une
certaine forme de badinage, où les déclarations d'amour de Perdican n'atteignent Rosette que par rebond…
Ainsi, le badinage léger de Perdican et de Camille, qui sous-estiment leurs propres sentiments, n'est
plus du tout un badinage à l'égard de Rosette qui se trouve entre les deux.

Lorsque Camille met son cousin au défi d'épouser Rosette, Perdican décide de faire une demande en mariage
publique. Dans ce cas, la parole devient comparable à un acte, c'est un énoncé performatif. Nous ne sommes
plus dans le badinage.
PERDICAN. — Je trouve plaisant qu'on dise que je ne t'aime pas quand je t'épouse. Pardieu ! nous
les ferons bien taire. Acte III scène 7 ​

On ne badine pas avec l'amour : la négation totale dans le titre de la pièce annonce bien une
chose : le badinage amoureux est en réalité sans cesse débordé, par les paroles, par les gestes, par les
actes. Comme si le badinage, appliqué à l'amour, ne pouvait que mener au-delà de ses propres limites…

[Link] sentiments profonds débordent le badinage


1) Orgueil et dépit des deux personnages

D'abord, le badinage provoque des sentiments très violents chez les deux personnages. Camille, qui
vient de rejeter Perdican, semble tout de même touchée par son indifférence, car on devine facilement le ton
ironique de sa réplique :
CAMILLE. — Je suis bien aise que mon refus vous soit indifférent. Acte II scène 1
Perdican, malgré sa désinvolture, est désemparé par ce refus. Mais c'est l'humiliation qui met le feu aux poudres:
PERDICAN. — Moi au désespoir de son refus ? (...) Non, non, Camille, je ne t'aime pas : je ne suis
pas au désespoir. Je n'ai pas le poignard dans le cœur, et je te le prouverai. Acte III scène 2
Du côté de Camille, l'orgueil joue aussi un rôle, puisqu'elle se dit flattée « de t'avoir inspiré quelque amour et de
te laisser quelque regret. » Mais ce qui se cache derrière le badinage de Camille, c'est surtout la peur de
l'inconstance :
CAMILLE. — Que me conseilleriez-vous de faire, le jour où je verrais que vous ne m'aimez plus ?
Acte II scène 5
Nous sommes donc loin d'un badinage ou d'un marivaudage où les amoureux dévoilent leur amour par petites
touches indirectes. Nous assistons à de véritables stratagèmes.

2) Des stratagèmes qui vont plus loin qu'un simple badinage


Pour prouver à Camille qu'il ne l'aime pas, Perdican met en scène une rencontre avec Rosette en s'arrangeant
pour que Camille y assiste, et il s'adresse à Camille indirectement par un effet de double énonciation :
PERDICAN. — Tu veux bien de moi, n'est-ce pas [Rosette] ? On n'a pas (...) infiltré dans ton sang
vermeil les restes d'un sang affadi ? Tu ne veux pas te faire [Link] III scène 3
Mais en réalité, Camille devine l'artifice de Perdican, et comprend qu'il fait cela par dépit. Elle cache alors
Rosette derrière un rideau pour mieux le piéger.
CAMILLE. — Je voudrais qu’on me fit la cour. [...] Vous m’avez proposé [...] de faire une promenade
dans la forêt. Fera-t-il clair de lune, ce soir ?Acte III scène 6
Lorsque Perdican et Camille trouvent Rosette évanouie derrière le rideau, ils pourraient cesser leurs jeux
dangereux, mais au contraire, cela renforce les rôles qu'ils se sont donnés. Camille met Perdican au défi
d'épouser Rosette, ce qu'il va confirmer, pour ne pas passer pour un lâche.

3) Désespoir des deux personnages


Le badinage pousse les personnages au désespoir, parce qu'il touche des sentiments très puissants. Perdican
fait même de l'orgueil un acteur essentiel du drame :
PERDICAN. — Orgueil ! le plus fatal des conseillers humains, qu’es-tu venu faire entre cette fille et
moi ?Acte III scène 8
C'est bien parce que Perdican, aveuglé par le dépit et par l'orgueil, décide d'annoncer publiquement son mariage
avec Rosette, que Camille se désespère à son tour :
CAMILLE. — Que se passe-t-il donc en moi ? Il l’emmène d’un air bien tranquille. Cela est singulier :
il me semble que la tête me tourne. Est-ce qu’il l’épouserait tout de bon ?Acte III scène 7

Dans cette pièce, le badinage est donc pour ainsi dire l'engrenage principal d'un mécanisme tragique
plus grand. Le complément circonstanciel « avec l'amour » indique bien que ce sont des conceptions très
élevées de l'amour qui font déborder ce badinage.

[Link] visions absolues de l'amour


1) Deux conceptions qui s'opposent
Dès le début de la pièce, les jeux du cœur et de la parole s'expriment notamment par les gestes. Les deux
jeunes gens s'opposent physiquement en se tournant le dos :
CAMILLE, regardant un tableau.
Voilà un beau portrait, mon oncle ! [...] c’est ma grand’tante Isabelle. Comme ce costume religieux lui
va bien !
LE BARON
Et toi, Perdican, que fais-tu là devant ce pot de fleurs ?
PERDICAN
Voilà une fleur charmante, mon père. C’est un héliotrope. Acte I scène 1
C'est symbolique. D'un côté, l'aïeule en costume religieux représente l'aspiration de Camille à un amour éternel.
D'un autre côté, l'héliotrope est petite fleur violette qui pousse en direction du soleil. Elle représente l'aspiration
de Perdican pour un amour peut-être éphémère, mais qui sublime chaque instant. Le sublime, c'est le point
commun entre ces deux conceptions pourtant opposées.
Et en même temps, ces deux conceptions s'opposent à celle de la génération précédente, car les
jeunes gens sont aussi le jouet d'une autre parole, celle que leurs parents se sont donnée. Le désespoir du
baron a quelque chose de grotesque en face des jeunes gens, qui touchent au sublime.

2) Deux conceptions également sublimes


Pour Camille, l'amour est sacré, il n'a pas de fin. Voilà pourquoi elle annonce à Perdican qu'elle veut devenir
religieuse. En réalité, on devine qu'elle pourrait changer d'avis si seulement il lui jurait une fidélité éternelle.
CAMILLE. — Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir ; je veux aimer d'un amour immortel, et faire
des serments qui ne se violent pas. Acte I scène 1
Alors que pour Perdican, l'amour n'a pas besoin de durer, parce qu'il met de l'absolu dans l'instant présent. Alors
que tout est vain et instable, l'amour est à ses yeux la seule chose qui vaille la peine d'être vécue :
PERDICAN. — Quand on est sur le bord de sa tombe, (...) on se dit : J'ai souffert souvent, je me suis
trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vé[Link] I scène 1
Ainsi, les dialogues de Camille et Perdican partent du badinage, pour mettre en scène des idées abstraites, si
incompatibles qu'elles ne peuvent que produire un dénouement fatal.

3) Une confrontation révélée par le théâtre


Voilà pourquoi on pourrait enfin interpréter cette pièce comme un espace symbolique, où les personnages
incarnent des conceptions de l'amour opposées. Dans son discours, Perdican généralise ainsi deux principes
masculin et féminin :
PERDICAN. — Tous les hommes sont menteurs, inconstants, hypocrites [...] ; toutes les femmes sont
perfides, artificieuses, vaniteuses [...] ; mais il y a [...] une chose sainte et sublime, c'est l'union de ces
deux êtres si imparfaits. Acte I scène 1
Est-ce que la pièce donne raison à cette tirade ? Le dénouement semble dire que les conceptions de Camille et
Perdican sont toutes les deux aussi artificielles. Elles tuent la spontanéité et le naturel incarnés par Rosette.
C'est ce que révèle la métaphore de la rosée qui sèche au soleil :
PERDICAN. — Sais-tu ce que c’est que l’amour, Rosette ? Écoute ! le vent se tait ; la pluie du matin
roule en perles sur les feuilles séchées que le soleil ranime. Par la lumière du ciel, par le soleil que
voilà, je t’aime ! Acte I scène 1
Dans cette métaphore, le soleil vers lequel il se tourne, comme la fleur héliotrope, réveille les feuilles, mais en
même temps, il sèche les perles de rosées du matin, c'est-à-dire, un amour spontané, innocent, sans
arrières-pensées.

Ainsi, dans cette pièce, Perdican et Camille badinent en effet, d'abord parce qu'ils prennent l'amour à la
légère. Adolescents qui se sont connus enfants, ils se redécouvrent et ne prennent pas tout de suite conscience
de la force de leurs sentiments. Il prétendent s'accommoder d'un lien d'amitié, et précipitent Rosette entre eux.
Mais bientôt, des sentiments variés viennent déborder le simple badinage. Le dépit, l'orgueil, la
vengeance, le désespoir poussent Camille et Perdican à mettre en place des stratagèmes pour piéger l'autre,
pour provoquer la jalousie, peut-être même pour se prouver à eux-même qu'ils ne sont pas amoureux.
Finalement, la pièce nous montre que ce badinage devait fatalement mener à un dénouement
malheureux, parce que, ce qui se joue ici, dans l'unité d'action, c'est la confrontation entre deux conceptions de
l'amour élevées, absolues, qui touchent au sublime. Mais Alfred de Musset s'interroge : ces conceptions ne
sont-elles pas issues d'éducations sophistiquées qui masquent la vérité du cœur ?
Le théâtre, lieu de tous les artifices, est paradoxalement aussi le lieu qui dévoile les vérités les plus
difficiles. Cette scène où Camille découvre Rosette évanouie derrière le rideau rappelle la scène de Shakespeare
où Hamlet tue Polonius caché derrière un rideau, ce qui déclenche la folie d'Ophélie. Ophélie, comme Rosette,
au milieu d'enjeux d'orgueil et de pouvoir est victime des stratagèmes d'une société de faux-semblants.
[Link] parole est-elle uniquement au service de la manipulation dans On ne badine pas avec l’amour? / Peut-on
considérer la parole seulement comme moyen de manipulation dans « On ne badine pas avec l’amour » ?

I.​ La parole comme moyen de manipulation. Les personnages l’utilisent pour séduire ou pour influencer.
Par exemple, lorsque Camille cherche à obtenir de Perdican la révélation de ses sentiments. (Acte III)
II.​ Dans une deuxième partie, évoquer la parole également en tant que moyen de protection du mensonge
et des dangers, notamment lorsque Camille avoue à Rosette la tromperie de Perdican. (Acte III)
III.​ La parole comme révélatrice d’une meilleure connaissance de soi et des sentiments sincères. Au fil de
leurs échanges, Camille et Perdican apprennent à mieux se connaître eux-mêmes et en fin de pièce, à
s’avouer mutuellement leurs sentiments.

4. Dans quelle mesure Camille et Perdican badinent-ils avec l’amour dans la pièce On ne badine pas avec
l’amour? / Est-ce que le jeu de la parole et du cœur chez Camille et Perdican se limite à un simple badinage?

I.​ La légère considération de l’amour chez Camille et Perdican qui les empêche de prendre conscience de
la profondeur de leurs sentiments. Ils jouent avec leurs sentiments sans se préoccuper des
conséquences de leur attitude.
II.​ Les sentiments profonds qui émergent du badinage. Camille et Perdican se retrouvent piégés par leur
rôle et ne sont plus eux-mêmes.
III.​ Les élans du coeur sont condamnés par les jeux de la parole. Dans On ne badine pas avec l’amour, la
parole amoureuse est souvent trompeuse.

5. Comment expliquer l’impossible transparence des cœurs dans On ne badine pas avec l’amour? / Comment
expliquer l’hermétisme des cœurs dans « On ne badine pas avec l’amour »?

I.​ Le mensonge qui est au centre de la pièce. Perdican cite les défauts et les vices des hommes et des
femmes (Acte II, 5). Camille reproche l’infidélité des hommes à la faiblesse humaine. (Acte II, 5)
II.​ L’impact de l’éducation sur la transparence des sentiments. Perdican, par ses études et Camille, par
son éducation au couvent, ont perdu leur innocence à l’opposé de Rosette qui n’a pas d’éducation.
III.​ L’orgueil et la conformité sociale car l’orgueil fait obstacle à la transparence du cœur et contraint les
personnage à se conformer à ce que l’on attend d’eux.

6. Est-ce que l’orgueil de Perdican et de Camille constitue le moteur dans la pièce de Musset ? / Dans quelle
mesure l’orgueil de Perdican et de Camille constitue-t-il le moteur de la tragédie « On ne badine pas avec
l’amour » ?

I.​ ’orgueil et du refus de l’amour. Camille, élevée au couvent, ne veut pas admettre ses sentiments pour
Perdican. Elle préfère se protéger et faire preuve de méfiance en prétextant l’infidélité masculine.
Perdican, blessé par le rejet de Camille, cherche à la punir. Cela conduit à un jeu de la manipulation et
de la séduction.
II.​ L’intrigue élaborée à partir de l’orgueil et des malentendus engendrés. L’orgueil chez les deux
personnages les empêchent de se rendre compte de leurs véritables sentiments. Par exemple, Camille
voit une trahison lorsque Perdican approche Rosette et ne comprend pas sa volonté de la punir de son
rejet. L’accumulation de provocations conduit petit à petit à une issue tragique.
III.​ L’impact de l’orgueil des personnages dans la chute finale qui est le suicide de Rosette, dont les
sentiments envers Perdican étaient sincères. La mort de Rosette est le symbole du pouvoir destructeur
de l’orgueil. Camille et de Perdican se retrouvent quant à eux dans l’isolement.

7. Doit-on voir un drame de l’orgueil dans la pièce On ne badine pas avec l’amour? / Peut-on dès lors qualifier
cette pièce de drame de l’orgueil sans envisager des causes révélatrices plus profondes ?
I.​ L’orgueil comme origine de la perte de Camille et de Perdican. L’orgueil est à l’origine de l’éloignement
des personnages. Au départ comique, il prend progressivement une tournure dramatique.
II.​ Camille et Perdican incriminent souvent des causes extérieures. L’accusation de l’orgueil semble dès
lors illusoire.
III.​ L’orgueil comme symptôme d’un malaise plus profond, c’est-à-dire la vision de l’amour, propre à chaque

Conclusion : Les jeux de la parole et du cœur prennent ainsi une dimension insoupçonnée au cœur de
la pièce On ne badine pas avec l’amour de Musset qui suscite notre réflexion sur les dangers de jouer avec les
sentiments et sur la vulnérabilité de l’amour.

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