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CM10

Le document traite de la politisation des avants-gardes artistiques dans les années 60, en lien avec des événements comme la révolution cubaine et la guerre du Vietnam. Il souligne comment les artistes se sont mobilisés contre l'impérialisme américain et ont développé une nouvelle culture d'opposition, notamment à travers des mouvements artistiques en Amérique latine et aux États-Unis. La période de Mai 68 est également abordée, mettant en lumière l'engagement des artistes dans les luttes sociales et les critiques du système marchand.

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Le document traite de la politisation des avants-gardes artistiques dans les années 60, en lien avec des événements comme la révolution cubaine et la guerre du Vietnam. Il souligne comment les artistes se sont mobilisés contre l'impérialisme américain et ont développé une nouvelle culture d'opposition, notamment à travers des mouvements artistiques en Amérique latine et aux États-Unis. La période de Mai 68 est également abordée, mettant en lumière l'engagement des artistes dans les luttes sociales et les critiques du système marchand.

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CM10 : La fin du début

PARTIEL : 3h (large parce qu’il a prévu 2h), 4 questions de cours. Questions


simples : l’une sur un artiste, une autre sur un mouvement, une autre sur un
évènement et la dernière sur une technique.

Les avants-gardes artistiques se politisent, qui devient une condition sine qua non
pour faire partie de l’avant-garde. Féminisme, minorités, droits des populations
noires, guerre du Vietnam, émancipation sexuelle, etc.

Facteurs artistiques qui poussent à la révolution : le marché devient de plus en plus


vicié, la compétition est rude, les artistes de plus en plus jeunes, etc. Explique leur
politisation accrue.

La politisation peut être un alibi pour certains pour donner du sens à la surenchère
artistique à laquelle on assiste.

I) Contre l’impérialisme américain


A) La révolution cubaine

Intérêt tardif des artistes pour Cuba.


Castro au pouvoir en 59, crise des missiles en 61-62. Peur des américains,
débarquement en 61 (Baie des cochons), et en 62 peur de voir des fusées nucléaires
soviétiques à Cuba, blocus américain.

Cuba devient une référence symbolique révolutionnaire seulement à la fin des 60s.
Réaction tardive des artistes. Jusque là, autre chose retient leur attention (crises à
Berlin, Guerre d’Algérie et décolonisation, très européanocentré).

64 : Ernesto Guevara (28-67) mène une campagne mondialisée contre les USA.
Envoyé comme chef de la délégation cubaine à l’ONU, prend la parole, discours
virulent contre les USA. Tournée en Irlande, France, Chine, Tchécoslovaquie. Il
expose la situation de Cuba mais parle aussi du Vietnam, son discours pousse à
l’émergence de foyers révolutionnaires dans le monde.

En même temps, certains artistes se rapprochent timidement de Cuba, comme les


surréalistes. À Paris, depuis les 50s, diaspora latine, très présent dans la culture.

Capital sympathie, exposition d’art d’Amérique latine à Paris.


1967 : Salon de Mai, existe marginalement depuis 1943. On décide d’envoyer à Cuba
une délégation d’une 20aine de peintres, dont une nouvelle génération comme
Jacques Monory, Bernard Rancillac et Paul Rebeyrolle.

C’est ce qu’on appelle la figuration narrative. On détourne des classiques en y


introduisant la modernité (Rancillac), ou alors on s’inspire de photos d’actualité pour
en faire des tableaux (Monory).
Ils réalisent des toiles pour le musée d’art moderne de la Havane. Travail collectif
pendant 3 jours. Font une œuvre murale, fresque nommée Mural Cuba Colectiva.
Hommage à Fidel Castro, Che Guevara.

Guevara meurt la même année (67), figure christique de martyr, dont les images vont
circuler dans le monde entier. Revue d’art Opus International, célèbre graphisme de
Che Guevara.
On reprend le style Pop art mais plus sobre, moins flagrant.
Revue Tricontinental, façade du communisme, tons verts et jaunes.

On passe par l’efficacité visuelle du graphisme, par des citations, etc. Circulation
autour de l’expérience cubaine, impose une image homogène de l’Amérique Latine,
image + positive que celle de l’URSS, discrédité depuis la déstalinisation, modèle
plus joyeux que la Chine.

B) Ailleurs en Amérique latine

Amérique latine devient un lieu de création artistique, réaction au modèle de Cuba


mais aussi en fonction de ce que l’on vit. Les artistes latins ont la vie dure : on les
accusent de copier les mouvements sans créer qq chose d’original.

Dans certains pays, la politique en place est un problème. Au Brésil, 64, coup d’état
militaire, des artistes quittent le pays.
Argentine : Juin 66, dictature militaire qui décide de ne plus financer les artistes.

Réaction artistique et nouveau discours :

Brésil, Rubens Gerchman, récupère le Pop art d’une manière décalée et parodique,
couleurs ternes, on montre pas des stars mais des inconnus. Gerchman propose aussi
une Joconde des banlieues, naive dans le style mais éloignée du style de Warhol.

Argentine, on imite ce qui triomphe ailleurs, mais on va plus loin dans la critique. On
invente le media art, apparaît en 1966 avec Roberto Jacoby, exposition en 1966 dont
le contenu n’est qu’information, il n’y a rien à voir à part le catalogue de l’expo. Veut
montrer l’absurdité du système, s’en justifie dans son manifeste Un art des moyens
de communication. Il fait le sujet d’un article de presse qu’il a en fait écrit, publié
dans El Mundo, qui est le quotidien le + célèbre d’Argentine. Tout ce qui compte
c’est la médiatisation, il veut en faire un art.
Critiquer ce qui fonctionnait sur le marché.

Autre exemple : Leon Ferrari, La civilisation occidentale et chrétienne, 1965. Christ


crucifié sur un avion américain en piqué vers le sol, réf au Vietnam et l’ingérence des
USA dans les affaires latino-américaines.
66 : Julio Lepark (??) gagne la Biennale de Venise, revanche sur les américains. Paris,
centre de critiques contre les USA. Apparition de revues comme Robho, Opus
International, Chroniques de l’art vivant.

Marcel Duchamp = ennemi n°1 de cette génération.

Donc révolte en amérique latine mais aussi aux USA.

C) Révolte aux Etats-Unis

Aout 1964, le Congrès américain valide l’envoie de troupes aux Vietnam.


Rauschenberg gagne la Biennale de Venise la même année.

State Department et United States Information Agency (USIA), organismes qui font
de la diplomatie culturelle qui se concrétise par des expositions d’artistes américains
dans des ambassades américaines. On montre Jasper Johns et ses drapeaux, Andy
Warhol et son Pop art, etc.

Des artistes commencent à se mobiliser alors que ça fait longtemps que l’État
intervient sur le marché artistique.
Deux groupes :
« Artists and Writers Protest » ; « Artists Protest ».

Le premier, « Artists and Writers Protest », en 1965, publie une pétition dans le NY
Times. En appelle à la paix.
« Artists Protest » publie dans le NY Times une lettre contre l’escalade de la violence,
etc.

Manifestations devant la Maison Blanche.

On va aussi créer, dans un sens protestataire. 66, Sunset Boulevard, on construit une
immense tour, avec le slogan « Artists protests Vietnam war », entouré de tableaux
qui sont vendus pour financer des mouvements.
Qui ? Jeunes marginaux, expressionnistes abstraits, minimalistes, quelques Pop
artistes.

Le lieu devient un lieu de convergence de luttes : contre la ségrégation, libération


sexuelle, etc. Ce sont des artistes marginalisés tandis que les artistes principaux ne
s’expriment pas.
Attaques physiques sur la tour, ça fait réagir des artistes. Ex : Edward Kienholz,
républicain et favorable à la guerre, fait volte face et réalise Portable War Memorial,
parodie de monuments aux morts. S’inspire d’un vraiment monument aux morts,
drapeau posé sur la table d’un fast food.
Contraste entre la société de consommation à bas prix et la machine de guerre
américaine, normalisation de la guerre aux USA (deux personnes mangent sans
regarder les soldats plantant le drapeau).
Mise en évidence de l’amnésie : on oublie les dégats que font les guerres = le devoir
de mémoire ne sert à rien.

Pop artistes aussi : Rosenquist, F-111, 1964. On mélange plein d’images, mais trop
coloré pour que ça soit critique. 28M de long, 23 panneaux que Rosenquist avait
prévu de vendre donc en terme de critique du marché c’est pas ouf.

Donc on produit un contre-discours : Gilles Aillaud, Vietnam-Bataille du riz, 1968.

II) Une nouvelle culture d’opposition


Surgit d’un peu partout. Les critiques d’arts réagissent eux aussi, contre le système
marchand qui tend à les exclure. Ils s’organisent dans l’AICA (association
internationale des critiques d’arts), font des congrès dans des villes différentes.

Japon, Afrique, etc.


On voit une critique militante, idéologisée apparaître, mais surtout dans les marges
artistiques, dans des pays en marge de la scène internationale artistique comme
l’Espagne : artistes pourchassés, parole surveillée, manifs réprimées. On développe
clandestinement une contre culture (???).

Apparition de la figuration narrative, qui devient une expression politique.


Le plus important : Equipo Cronica (collectif d’artistes), se positionne contre le Pop
Art, la peinture abstraite, le régime franquiste. On parodie les Velasquez, types de
tableaux préférés du régime de Franco.

Biennale de Paris, 1963 : Eduardo Arroyo, Les quatre dictateurs. Mussolini, Hitler,
Franco, Salazar. Tableau tellement remarqué qu’on frôle l’incident diplomatique avec
l’ambassade d’Espagne, les 4 tableaux ont été enlevés.
On est loin du Pop art même si c’est parfois confondu.

À force d’etre marginalisés, certains se radicalisent.


Exposition La figuration narrative dans l’art contemporain à Paris en 1965 (??).
Tableaux du collectif de Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo et Antonio Recalcati, Vivre
et laisser mourir ou la Fin tragique de Marcel Duchamp.
= réf à Vivre et laisser mourir, livre de James Bond.

Pourquoi Duchamp ? Pour eux, c’est un agent de la modernité capitaliste, il a promis


la révolution mais n’a rien fait, il a trahi. Donc on le tue dans l’oeuvre, on l’enterre
dans un drapeau américain car il s’est installé aux USA.
Soldats qui l’enterre : Rauschenberg, Warhol, etc. = des traîtres.

Réactions très virulentes : pétitions de surréalistes pour censurer l’oeuvre.

Montre que les figuratifs font mouche, savent taper là où ça fait mal. Lucidité sur le
rôle de l’image.

Autre ex : Equipo Realidad, détourne un tableau du XVIe pour montrer l’enterrement


d’un étudiant abattu par le régime franquiste.

Autre ex : Cildo Meireles, brésilien, a détourné des bouteilles de Coca, a imprimé des
discours politiques dessus et les a remis dans le circuit.

1968 : ça éclate.

III) 1968
A) Mai 68

Colère des jeunes qui est là depuis longtemps, les Stones chantent depuis 62.

Grogne étudiante à Nanterre, manif étudiante, ouvriers bloquent le pays.

27 mai 68 : Accords de Grenelle, discussion avec les ouvriers. Augmentation du


SMIC de 35 %, création de la section syndicale dans les entreprises.

Du côté des artistes, pas mal d’entre eux sont politisés et marxistes, mettent leurs
talents au service du mouvement étudiant.
Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo, Henri Cueco et Gérard Fromanger.

Importance du rouge dans les œuvres.


Installation d’une usine iconographique à la Sorbonne, a produit + de 300 000
affiches.
Le processus de création est intéressant : chaque projet d’affiche est discuté en
assemblée, ce qu’on appelait les ateliers populaires mais n’acceptent pas tout le
monde : les mauvais affichistes, etc.
Lebel : en mai 68, occupe l’Odéon.
Certains ne se sentent même pas concernés.

Mai 68 en Autriche, actionnistes viennois ne se sentent pas concernés.

Qu’est-ce que la transgression ? Est-ce que transgresser c’est pas permettre le


système de continuer, et de temps en temps on fait péter un coup ? Est-ce que
critiquer le système c’est pas le permettre de survivre ?

B) Que faire ?

La dissolution a été imaginé par certains. Option radicale mais basée sur des
principes, c’est celle que choisissent, en 68, des mouvements comme le GRAV ou les
situationnistes, avec Guy Debord qui passe totalement à la politique.

Brochure en 1966 : De la misère en milieu étudiant, faisait état d’un mal-être qui
avait poussé les situationnistes à produire. A poussé les enragés (??) qui ont occupé la
Sorbonne, etc.

Debord voit qu’il fallait passer à autre chose car une nouvelle époque s’ouvre.

Des artistes se sentent directement concernés par les discussions sociales, l’art se met
au service de la révolution et au service des artistes.
On pointe les entraves à l’art contemporain, on critique la législation.
Restany envoie une lettre ouverte pour demander la démission de Malraux et
Peyrefitte (ministre de l’éducation nationale), a menacé d’occuper le musée d’art
moderne.

D’autres ne disent rien, peut-être pour ne pas se compromettre : Tinguely, Niki de


Saint Phalle, etc = installés aux USA.

Pierre Restany, Le Livre rouge de la révolution picturale, défend le réalisme donc


complètement à la ramasse, se fâche avec le mouvement étudiant.

Attaques et occupations de musées à Buenos Aires, à NY, à Bruxelles, on proteste


contre les Biennales car c’est là que s’accroit l’impérialisme américain, on veut
développer du local.

Documenta (??) de Cassel en 68 : on accuse les américains de confisquer les


meilleurs places, de monopoliser l’espace avec des toiles très grandes.
Des artistes se retirent de la Documenta : Julio Le Parc, Martial Raysse.

Biennale de Paris boudée. On se rend compte que l’art est toujours récupéré par le
système marchand. Les affiches de mai 68 ont été vendues et signées par les créateurs
qui critiquaient le système marchand, donc on est déçu.
Révolution dans l’éducation :
Les écoles des Beaux-arts, très sclérosés, s’ouvrent aux avant-gardes. Le milieu
devient concurrentiel : de plus en plus cultivés, ont du réseaux mais de plus en plus
nombreux, donc compétition.

On sent une impasse, qui continue jusqu’à nos jours.

Conclusion :

Pas un cours d’histoire d’art contemporain car c’est les circonstances de la naissance
de l’art contemporain, qu’on confond avec la victoire de l’art américain.
Role des structures, de la géopolitique, des mouvements sociaux, etc. Scène artistique
mouvante depuis 45.

Il s’est passé tellement de choses que le bilan est enthousiasmant et effrayant.

Enthousiasme : multiplicité des réflexions, de nombreux personnages. Y a du


n’importe quoi, mais aussi des choses qui valent le coup.
Effrayant : l’offre est énorme, elle a explosé, explosion qui tient aux allers-retours,
repli et ouverture, nationalisme et internationalisme. C’est les échanges qui ont
permis de créer de nouvelles choses.

Les avants-gardes sont des critiques de leur temps mais aussi des soupapes d’un
système qu’elles condamnaient.

On se marginalise, on cherche le scandale, la médiatisation jusqu’à être récupéré ar le


marché et être attaqué par la génération suivante.

On peut détester l’art contemporain : trouver ça moche, immoral, trouver injuste un


système où l’argent est roi, où ça va toujours plus loin, loi du plus fort.

Malgré ça, l’art contemporain est aussi une tribune pour des gens qui ont des choses
à dire et inaudible sans leur marchandisation et muséification.

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