0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
23 vues7 pages

CM8: New-York/Paris/Venise: I) Économie de L'art Contemporain

Le document analyse l'évolution de l'économie de l'art contemporain, en mettant en lumière la montée en puissance du marché américain et la concurrence avec l'Europe, notamment à travers des événements comme la Biennale de Venise en 1964. Il décrit comment des artistes et des mouvements, tels que le Pop Art, ont été façonnés par des galeries et des collectionneurs à New York, tout en soulignant l'impact de la culture populaire américaine sur l'art. Enfin, il évoque la réaction des artistes européens face à cette américanisation et les tensions qui en découlent.

Transféré par

kylgoat
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats ODT, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
23 vues7 pages

CM8: New-York/Paris/Venise: I) Économie de L'art Contemporain

Le document analyse l'évolution de l'économie de l'art contemporain, en mettant en lumière la montée en puissance du marché américain et la concurrence avec l'Europe, notamment à travers des événements comme la Biennale de Venise en 1964. Il décrit comment des artistes et des mouvements, tels que le Pop Art, ont été façonnés par des galeries et des collectionneurs à New York, tout en soulignant l'impact de la culture populaire américaine sur l'art. Enfin, il évoque la réaction des artistes européens face à cette américanisation et les tensions qui en découlent.

Transféré par

kylgoat
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats ODT, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

CM8 : New-York/Paris/Venise

Implosion de la génération 0 au dernier cm, donc les concurrences ressurgissent.


Arène marchande, considération financière/politique.

Mise en place d’une économie de l’art contemporain qui fabrique des artistes et des
mouvements.
Orienté vers la production, le marketing, etc. économie de l’art associée au marché
américain. A pris racine dans les musées européens (?).

Émulation entre les logiques institutionnelles, qui tourne à des confrontations


nationales et artistiques.
1964 : Biennale de Venise, Rauschenberg rafle le grand prix de peinture = logique
géopolitique au lieu de logiques artistiques.

I) Économie de l’art contemporain


A) Les logiques institutionnelles

ça commence en Europe. Reconnaissance muséale de l’art expérimentale est précoce


en Europe, importance des musées de l’Europe du nord.

Stedelijk Museum d’Amsterdam, voulait faire une expo autour de Guy Debord
(internationale situationniste).

60s : Musée Schloss Morsbroich de Leverkussen, intérêt pour l’avant garde.

Klein et Tinly (??), rétrospective au Museum Hans Lange de Krefeld.

Artistes conviés pour choisir et monter les expos. Ex : Spoiry (???), Tingely (??).

Heinz Mack : quitte l’Allemagne pour les USA, il fait ses Stelen, grandes stèles de
métal qui ressemblent aux grattes ciels.
Autre allemand : Gunther Uecker, New York Dancers, 65. Linceul en cuir avec des
clous.
= deux artistes américanisés.

70 : Bonne monte une expo 0, on invite Mack, Uecker à présenter leurs œuvres.
Évènement national, on présente un mouvement « allemand » (plus trop),
réappropriation, permet à la RFA de s’avancer sur la scène artistique internationale.
Les conservateurs (plutôt appelés curateurs) américains regardent en Europe, et
décident qui sont les nouveaux modernistes.

Compétition entre eux, à qui dénichera la perle original, l’artiste décalé. Compétition
entre musée mais aussi entre marchands et musées. Dès qu’un musée achète quelque
chose, c’est vendable.

Ex : L’art minimal. Commence en 59, MoMA monte l’expo Sixteen Americans, où on


découvre Frank Stella (1936-2024), dont on a jamais vu les toiles. Il vient d’une
famille aisée, études d’arts à Prinston, où il fait du réseau avec des personnalités
importantes. Son travail est remarqué par son entourage qui en parle à des
conservateurs. Ce milieu a le même bagage universitaire, mêmes codes, etc.

Stella vend des oeuvres au MoMA sans passer par des galeries.
Franck Stella, Die Fahne Hoch !, 59. Allusion à la bannière, au nazisme (???), œuvre
géométrique simple, critique de l’histoire et du système marchand.

Stella signe un contrat d’exclusivité avec Castelli.


Vend tellement d’oeuvres qu’il en fait faire par des machines.

Attire des sculpteurs comme Morris, Judd ou Flavin.


Utilisent des matériaux modernes…

Amérique latine : les musées veulent acheter à l’étranger, mais aussi du local. On fait
la promotion d’avant-garde nationale.
Biennale de Sao Paulo : promotion d’artistes brésiliens. Création d’un prix UNESCO,
il faut être un artiste peu connu et situation périphérique.

Argentine :
Fondation Torcuato di Tella. Pour se faire connaître, achète des œuvres connus.

Veulent créer un prix pour exposer en Amérique du nord (???).

But : favoriser l’essor d’un art local à prétentions internationales.

De plus en plus d’oeuvres sans titres.

Mario Pucciarelli et Luis Felipe Noé, nouveaux artistes montants.

B) Le système new-yorkais et la fabrique du Pop art

On a fabriqué un courant, on a fabriqué des arts.


Comment le marché américain s’est imposé au reste du monde.
À NY, se multiplie des galeries en même temps qu’augmente le nombre de
collectionneurs.

En 77, 1 000 collectionneurs sérieux autour de NY.


Qui sont-ils ? Une élite fortunée, fréquente les beaux quartiers dans lesquels on voit
se multiplier les galeries d’art contemporain. Avant, 5 galeries, elles sont 20 en 66.
Valeur symbolique et économique, on comprend que c’est rentable.

On observe le prix de l’art. Les prix suivaient ceux de la bourse.


Or, fin 60s, on a un décrochage, les cotes de l’art s’envolent plus facilement que
celles de l’immobilier. Plus facile de spéculer sur l’art qu’autre chose.

Aidés par l’admin fédérale, par des fondations privées, des grands donateurs
(pétroliers).
Trouve une manière symbolique de s’impliquer + défiscalisation.

Pop art : à l’origine, c’est des galeristes. Ivan Karp, Richard Bellamy. Henry
Geldzahler (historien de l’art).

59 : Castelli invite Karp à rejoindre sa galerie, pour pouvoir dénicher de nouveaux


artistes. Karp connaît des artistes ainsi que des acheteurs, dont un très important,
Robert Scull, patron de la plus grande compagnie de NY.
Scull ouvre une galerie et confie sa gestion à Richard Bellamy. Il apporte aussi son
réseau.

Geldzahler valide une thèse d’histoire de l’art à Harvard, recruté au Metropolitan


Museum (MET), conservateur dans l’âme.
Geldzahler est jeune, fréquente les milieux homos et alternatifs.

61 : Karp rencontre Roy Lichtenstein, prof d’art dans le New Jersey, peint des œuvres
abstraites.
Look Mickey, 61. Il peint beaucoup de personnages de comics.
Ça plait à Karp, qui le montre à Castelli.

Un artiste dit qu’il fait la même chose, c’est Andy Warhol, qui fait pour la pub.
Castelli lui achète quelques œuvres.

Karp rencontre James Rosenquist, affichiste publicitaire, travaille dans la même


veine.

3 artistes inspirés par l’imagerie publicitaire, ils ont un métier en dehors, etc.

Donc c’est assez pour monter un groupe, on monte le Pop Art.

C’est vu comme réponse aux réalistes qui veulent conquérir NY.


Le Pop a été inventé par les anglais, dès 56. Ce qui est original ici c’est que les réfs
iconographiques, culturelles, sont strictement américaines : comics, star
d’Hollywood, bouffe américaine, etc.

Galeristes vont pouvoir toucher une génération + jeune, gavée d’images de pubs,
narratives et colorées, facile à comprendre au contraire d’autres mouvements.

Galerie Pop art : on place des artistes dans les galeries :


Warhol à Stable Gallery
Rosenquist et Claes Oldenburg chez Bellamy
Tom Wesselmann à Tanager Gallery.
Lichtenstein chez Castelli.

= ça c’est en 62.
Matraquage qui fait qu’à la fin de l’année tout le monde connaît le Pop art.

Des artistes qui étaient des salariés, se retrouvent propulsés dans une sorte de star
system artistique.
Exposition New Painting of Common Objects au Pasadena Museum.

Pop Art c’est pas cher donc on se l’arrache.

Même Janis (?) le vendeur d’expressionnisme abstrait s’y met, parce que les abstraits
sont en perte de vitesse.

Sydney Janis a aussi organisé une exposition The New Realists, vouait faire la promo
des parisiens mais on a assisté un triomphe du Pop art.

Autre caractéristique de l’art contemporain : On fait de plus en plus grand, les


formats explosent.

Colloque organisé au MoMA, le Pop art entre à Art News.

Warhol entre au musée Guggenheim, alors le temple de l’expressionnisme abstrait, de


nouveau une bascule.

Pop Art est un produit fabriqué, qui s’appuie sur les institutions, etc.
Mais qualités qui expliquent son succès : très accessible, on peut le comprendre avec
une culture de base. Culture partagée (comics, burger).

Le Pop Art ne porte pas d’histoire, parfait pour une générations de jeunes américains
qui s’en fout de l’histoire. Le Pop Art c’est le refus de l’apprentissage, on flatte les
acquis.
On a des gens qui reconvertissent leurs compétences, ce sont des communicants,
savent mettre en scène.
On fait des produits en série : Lichstenstein, vaisselles en 800 exemplaires.

Autre caractéristique : Tension, c’est des extraits de bandes dessinées : il va se passer


quelque chose mais on sait pas quoi.

Warhol, ouvre une usine, la Factory. Ça devient vite un endroit branché, mythique.

Moyen de distinction sociale. Ex : Robert Scull commande une œuvre à Warhol pour
les 36 ans de sa femme. La commande fait parler dans le monde de l’art. Mise en
scène des acheteurs.
Leon Kraushner, mis en scène dans sa chambre, avec 3 Warhols, et un Lichstenstein.

Ces gens se mettent en scène avec leur collection.


Pop Art pas éternel : Ethel Scull vendra la collection de son mari quelques années
plus tard.

C) L’art du rebut

L’art du rebut marche en Europe, c’est le déchet, l’assemblage.

Explications : art expérimental qui intéresse une clientèle intellectuelle, pétrie


d’histoire, capable de trouver des allusions historiques. On dit que ces artistes sont les
sociologues de leurs contemporains.

Ça marche parce que ça tombe au bon moment : crise financière, technique agressive
des galeries pour vendre, on veut choquer. De plus, on interroge l’histoire, les
accumulations d’Arman construit un raccourci entre la civilisation du tout jetable et
les images d’objets entassés, volés aux juifs dans les camps de concentrations.

On fait de l’assemblage ailleurs : au Japon, on fait de l’art du rebut, moyen de se


montrer et de critiquer le monde occidental. Nationalisme japonais qui inspire les
artistes japonais, mouvement appelé Neo-Dada Organizers, mené par Yoshimura
Masunobu, mouvement très critique vis à vis de la dépendance japonaise aux USA.

Ils rejettent les américains, occidentaux, Gutai, mais font la même chose. Reprennent
les pratiques violentes de Gutai.
Sorte de anti-art, par Kudo Tetsumi.
Destruction de ses propres toiles, par Kudo Tetsumi.
Shinohara Ushio, boxe l’art.
II) 1964, le tournant
A) Paris dépassée

Paris n’est pas adaptée à la manière dont le marché s’établit.

Raison structurelle : système marchand/curateur aux USA, en France on parle pas de


curateur mais conservateur, gère pas que la collection. Formés dans écoles, objectif
de transmettre l’histoire de l’art, leur but c’est pas de faire vivre l’histoire de l’art.

Taxes sur l’art, donc difficile de spéculer. Pareil, on affiche pas son luxe.
Les acheteurs se retirent de la salle parisienne. 1962 : crise économique aux USA
parce qu’il y a une politique de Kennedy qui fait réagir les industriels, qui atteint les
marchés de l’art et collectionneurs. Besoin d’argent donc ils vendent, ça decote les
œuvres. Ça fait chuter les cours dans les œuvres parisiennes. Y a des œuvres qui se
vendent pas.

Des galeries ferment (René Drouin, Daniel Cordier).


« NY pourrait détrôner Paris »

B) L’adoubement de l’art états-unien par le marché européen

NY a d’abord décerné des lauriers aux américains.


Castelli a réussi à consolider son réseau en Europe, intérêt pour l’art international, a
vu la désaffection parisienne. Réseau + stable, fidèle.

Il fait la promotion de ses artistes en Europe et entraver la concurrence française en


Europe, il cherche à s’accaparer la concurrence.

62 : ouverture de la galerie Sonnabend à Paris. Castelli leur donne le droit exclusif de


présenter ses artistes en Europe, et il promet de ne passer que par Sonnabend pour les
artistes européens qui veulent aller aux USA.
Donc ils se partagent le marché.

Sonnabend expose du Pop Art, puis se met en réseau avec des artistes italiens.
Trio Sonnabend, Castelli, …

Ils vendent du néodada, du Pop, à des collectionneurs en Europe.

Des français viennent, des belges, des allemands = tout le monde comprend que le
séjour américain est important et que Castelli est un faiseur de stars.
Certains refusent : Michelangelo Pistoletto.
C) La victoire américaine à Venise

64 : grand prix de la peinture de la biennale est attribué à Rauschenberg. Il a montré


Canyon et Buffalo II.

Coup de massue pour les parisiens qui étaient habitués à gagner, ils boudent. Vexés,
avant même que le jury donne le prix, Alan Solomon a déclaré à la presse « NY a
remplacé Paris au centre du monde de l’art ». Polémique éclate entre avant-garde
américaine et protecteur de la pureté parisienne.

Revues d’art parisiennes se déchaînent.

Les critiques portent sur les marchands américains, qu’on accuse de manipulation.
Les américains ont été soutenus par le gouvernement, c’est l’armée qui a emmené les
œuvres, distribution de tract, etc.

Gros malentendu : les déçus pensent que c’est le Pop Art et les américains ont gagné.
Mais le juré n’a pas récompensé Rauschenberg pour ses tableaux, ce qu’on a reconnu
c’est le travail d’une avant-garde, aux déchets, des choses qu’on fait en Europe. 64,
Rauschenberg est le seul à proposer du rebut. On aurait pu proposer Arman dans le
pavillon français, mais on l’a pas choisi. Ce qui a été primé c’est la génération 0,
primée à la biennale.

Les artistes réagissent :


Gérard Deschamps s’intéressent aux chiffons, parodie Lichstenstein.
Raymond Ince (???) monte une expo nommée « La biennale déchirée par Ince ».

Les américains les prennent par des imbéciles.

Donald Judd dit se ficher de l’art européen et que pour lui « c’est fini ».

L’Europe ne peut rien contre l’américanisation, le Coca cola, Elvis Presley.

Thomas Bayrle, Nürnberg Orgie, 66.

Pop Art c’est un monde d’hommes qui montrent des femmes.

Vous aimerez peut-être aussi