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CM6: Les Néo-Dadas : I) de Nouveaux Horizons

Dans les années 50, une nouvelle génération d'artistes, appelés néodadas, émerge en réaction contre l'art mainstream américain et les conventions établies, en s'inspirant de l'histoire et de l'art européen. Parmi eux, Robert Rauschenberg et Jasper Johns se distinguent par leurs œuvres innovantes qui intègrent des éléments du quotidien et remettent en question les normes artistiques. Ce mouvement, qui inclut des happenings et des expérimentations artistiques, marque une transition vers le pop art et le minimalisme, tout en restant difficile à classifier en tant que mouvement distinct.

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CM6: Les Néo-Dadas : I) de Nouveaux Horizons

Dans les années 50, une nouvelle génération d'artistes, appelés néodadas, émerge en réaction contre l'art mainstream américain et les conventions établies, en s'inspirant de l'histoire et de l'art européen. Parmi eux, Robert Rauschenberg et Jasper Johns se distinguent par leurs œuvres innovantes qui intègrent des éléments du quotidien et remettent en question les normes artistiques. Ce mouvement, qui inclut des happenings et des expérimentations artistiques, marque une transition vers le pop art et le minimalisme, tout en restant difficile à classifier en tant que mouvement distinct.

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CM6 : Les « néo-dadas »

Dans les années 50, on voit apparaître une nouvelle génération d’artistes.
Cette jeune génération est née autour de 1925, ils ont 15 à 20 ans de moins que
Jackson Pollock né en 1902. Parmi eux, il y a des personnalités assez fortes, socio-
culturellement décalé. Ce sont des gens qui refusent de se plier aux conditions du
marché, refusent le jeu de la presse et de se plier dans le discours d’art national
américain.
Ils s’écartent de l’action painting, de l’art mainstream de l'époque. Ils regardent du
côté de l’Europe. Ils regardent l’histoire, le passé négliger avant eux. ils s'éloignent
du modèle héroïque américain. Expression collective, improvisation, début de la
pluri-activités. On se lance dans une expression internationale.

Ils sont appelés néodadas pour mettre en avant les nouveaux dadas. C’est un
mouvement littéraire, artistique, intellectuel, de subversion anti-culturel né en 1916
pendant la Première Guerre mondiale. C’est un mouvement qui prétend remettre en
cause les conventions de l’époque. Tous les modes d’expressions étaient permis
comme les collages, du photo montage, du texte… Tout est bon pour manifester ce
qui est bien.

I) De nouveaux horizons
A) Rauschenberg, un provincial

Les artistes à New York sont nombreux dans les années 50 et nombreux hors de New
York à vouloir s’exprimer. Certains ont dû venir à New York pour se faire remarquer :
Cy Twombly, Jasper Jones et Robert Rauschenberg.

Rauschenberg a gagné la biennale de Venise en 1964.

L’histoire de l’art a fait de ces gens-là des nouveaux héros de l’art américain.

Rauschenberg, né au Texas en 1925, a fait son service militaire pendant la WW2. En


1947, il se forme à l’Art Institut Kansas city, puis en 48 il voyage à Paris. En 49, il va
au Black Mountain College en Caroline du Nord. Il finit par suivre des cours à New
York mais en restant au Black Mountain College.

Il expose dans une galerie de Betty Carson. Il expose des monochromes (White
Painting (1951)).
Il propose quelque chose d’assez nouveau avec des cartes géographiques comme
support qu’il recouvre de monochrome. Mother of God (1951) : On est dans une
représentation symbolique avec la Vierge qui est représenté par le cercle blanc dans
un monde réel représenté par la carte routière. Il ne vend pas, il est provincial, on ne
comprend pas ce qu’il fait et il est homosexuel.

Rauschenberg est marginal et est obligé de faire son service militaire. C’est obligé à
cause de la guerre (Corée, Vietnam), il est obligé pour pouvoir exposer dans les
galeries. Il est confronté à la géopolitique quand les Etats-Unis sont dans un
mouvement de containment contre le communisme.

La solution pour beaucoup d’entre eux n’est pas New York.

B) Black Mountain College

Ce collège, cette école a été fondé en 1933 pendant la grande dépression. Il y a 9


professeurs et une 20aine d’élèves. Ils ambitionnent d’aborder une pédagogie
différente et de le vivre différemment. Ils financent eux-même l’école. Ils vivent
quasiment en autarcie.
Joseph Albers, un allemand qui fuit le nazisme car il faisait du Bauhaus (c’est le nom
d’une école d’architecture). Il insuffle à l’école une organisation démocratique, la
liberté. Très vite, l’école se fait un nom. Plusieurs grands noms y passent pour voir ce
qui s'y passe.

Rauschenberg s’y retrouve en 49. Il rencontre John Cage (1912-1992) musicien qui
est en couple avec Merce Cunningham (1919-2009) danseur.

John Cage méprise les expressionnistes abstraits, il s'oriente vers une esthétique de
l’indifférence, la musique serait un espace capable de recevoir l’empreinte des
événements extérieurs. Ce principe est à la base d’une composition très célèbre.

4’ 33” de John Cage, c’est 4 minutes 33 secondes de vide. Le principe est qu’il n’y a
pas de vide possible. John Cage a visité une pièce insonorisé, sauf qu’il y a toujours
du son parce qu’on s’entend. Il s’est alors dit que le silence n'existait pas. Expérience
inspirée par les White Paintings de Rauschenberg. Tout ça constitue une réflexion sur
le hasard.

Rauschenberg évolue dans un univers comme ça. Il participe aux expérimentations de


John Cage. John Cage prépare aussi la Theater Piece #1. Conception artistique
étrange, laisse beaucoup de place à la liberté. Rauschenberg fait venir certains de ses
amis comme Cy Twombly.
Il se passe des choses ailleurs qu’à New York

C) Entre Chicago, New-York et l’Europe

Il y a des étudiants en 1948 qui monte un studio à l’Art Institute de Chicago. ils
veulent faire du figuratif, montrer leur dégoût de la société occidentale. On les a
nommés les “Monster Roster”.

Un groupe stigmatisé à tel point qu’il est exclu du Chicago and Vicinity Show donc
ils montent une contre-exposition Exhibition Momentum. Ils trouvent une façon de
pourvoir rester au pays, montrer ses toiles à la maison. Beaucoup ont fait la guerre :
George Cohen, Leon Golub, Ted Halkin. Ces artistes ont été traumatisés par la guerre.
Certains vont en Europe et s’y installent. Ils développent une sensibilité différente de
ce qui est montré à New York.

Ils vont en Europe et en Afrique du Nord. Lorsqu’ils reviennent aux Etats-Unis, ils
rencontrent Jasper Jones qui vient de Caroline du Sud, en 49’ il est à New York mais
doit faire son service militaire en Corée. Jasper Jones devient le compagnon de
Rauschenberg. Il a une passion pour l’art brut. Ce que fait Dubuffet est une manière
de rejeter l'expressionnisme abstrait, discours qui plaît à la jeunesse. En 52’ Dubuffet
expose à New York (Ex : Table au flacon cravaté (51)), il est publié dans Art News.

Ça marque les jeunes et c’est à cette époque qu’apparait les blacks paintings. Le
support est du papier journal recouvert de peintures. Utilisation du journal pour
montrer le temps éphémère qui est opposé à l’éternité supposé des tableaux.

Ex : Black Painting with Asheville Citizien, 52. Journal avec ce nom, symbole de
citoyenneté provincial,
certaine liberté, journal consommable. Transparence on devin de publicité, des mots
croisés, choses dans le temps, éphémère qui s’oppose à l’éternité. Démarche
nouvelle.

Rauschenberg change de couleur puis se lance dans les Red Paintings, il y a des
influences européennes comme le travail d’Alberto Burri.

Ces gens là constitue ce qui a été appelé le mouvement dada, ou les happening.
II) Néodada et happening
A) Du pré-pop?

De Kooning est le peintre à la mode, on en parle dans Art News il a le droit à une
rétrospective à 50 ans en 1953. On ne veut pas voir en lui un opposant à
l'expressionnisme abstrait, alors que c’est un contestataire. Il est considéré comme le
rénovateur de l'expressionnisme abstrait, c’est probablement pour ça que
Rauschenberg va s’en prendre à lui.

Rauschenberg crée Erased de Kooning Drawing (1953), c’est s’en prendre au travail
de Kooning, s’en prendre au mouvement artistique. Il s’agit de détruire l'œuvre d’un
peintre concurrent plus âgé.

Kooning ne s’est pas offusqué de l’affaire. Il parait que Rauschenberg a passé 1 mois
à effacer ce dessin fait au fusain et stylo à bille. Cet épisode montre que des choses se
passent aussi à New York avec des jeunes provinciaux qui se prouvent sur place.

Mais les galeries ne s’y intéressent pas. 1954, Rauschenberg introduit des objets réels
dans son travail. Rauschenberg commence à utiliser des collages, des déchets qui
symbolisent la réalité du quotidien que l’art de l’époque cherche à oublier. Il veut
montrer des choses vrais, à l’époque c’est de la provocation.

A l’académie de musique de Brooklyn, il propose un décor. Il appelle ça des


combines, des œuvres qui mêlent la sculpture, peinture, collage, des miroirs… Une
forme de composition nouvelle qui préfigure le pop art.
Son but est de créer un lien entre l’art et la vie quotidienne. Lui-même a définit ce
qu’il appelle combine. On est ailleurs de tout ce qui a été fait à l’époque donc c’est
invendable.

Sa combine la plus célèbre : Monogram, 55-59, une chèvre empaillée, soutenue par
un pneu, sur un tableau de collages.

On raconte qu’en 1954, Jasper Jones a détruit toute ses œuvres pour se lancer dans de
nouvelles œuvres picturales. Il propose Flag (1954-1955). C’est un tableau peint de
manière très minutieuse. Il utilise la peinture à l’encaustique au-dessus de journaux.
C’est une œuvre en 3D. Cela fait appelle à ce que les américains connaissent déjà,
une image toute prête mais recomposer. On joue avec l’image, la culture, la politique.
Cette génération s’intéresse à la culture populaire, de consommation, de kitsch. Prend
le contre pied de l’imagerie proposé.
Cy Twombly s’attaque aux graffiti avec Academy en 1955. Il sort de la peinture pour
aller dans le graphisme et le gribouillage. Ce sont des traces qui surviennent dans les
activités humaines.

Claes Oldenburg est un suédois qui a immigré aux Etats-Unis. Il dessine en 1959
Celine Backwards qui est un écrivain sulfureux accusé d’être collabo.

Intérêt au patrimoine de la peinture français. Rauschenberg propose une sorte


d’hommage à La grande Odaliske quand il représente Odalisk. Il y a de l’irrévérence
et un hommage. On joue avec les images.

Rauschenberg s’intéresse à l’Europe, il vient et montre son travail.

Les relations qu’entretiennent ces jeunes à l’Europe sont tels qu’ils sont mal vu, on
les accusent d’être anti-américains et de moins aimer leurs pays que leur
prédécesseur.

B) Leo Castelli

C’est un galeriste, il fait parti des seuls à s’intéresser aux néodadas.

La publicité faite autour du dessin effacé donne de la publicité à Rauschenberg. Il a le


droit à un article dans le Art News. Un galeriste s’y intéresse : Charles Egan, c’est lui
qui avait pris de Kooning au début de sa carrière. Il faut attendre la fin des années 50
et au moment où la côte des expressionnistes devient si faramineuse que personne ne
peut acheter.

Le principal promoteur est Léo Castelli (1907-1999), nouveau venu sur la scène
New-yorkaise. Il ouvre une galerie dans son appartement, il arpente les ateliers et le
sud de Manhattan pour trouver les jeunes artistes.
Il ouvre sa galerie et expose des œuvres européennes, de l'expressionnisme abstrait,
des choses qui viennent de sa propre collection. En 1958, il ose franchir le pas et
donner sa chance à Jasper Jones, première exposition personnelle appelée Flags,
Targets and Numbers.

Castelli convainc le MoMa d’acheter le Jasper Johns. Il vend un Flag, Green Target,
Target with four faces et White Numbers. Cette vente n’est pas simple. Le Flag est
controversé, on ne sait pas s’ils sont respectueux ou non. Les critiques et musées vont
dire un discours d'œuvre respectable qui représente l'Amérique. Sinon ils cachent ce
qui dérange.
Ambiguïté des œuvres de Jasper Jones. Alors que Rauschenberg n’est pas ambiguë
donc il n’est pas acheté.

C) Les happenings de Kaprow

Il y a une hiérarchie à Manhattan, la 57ème rue a les galeries les plus importantes,
dans le Nord. Dans le sud du East side ce sont des peintres pauvres qui cumulent les
petits boulots. Et il y a le club de la 8eme avenue avec The club des expressionnistes.

Développement dans le sud des galeries coopératives, les artistes cotisent. Exemple :
Hansa Gallery, Reuben Gallery… Des galeries autogérées par les artistes. Les aides
de personnages extérieurs font vivre, pas les ventes.
Certaines galeries deviennent des endroits de réflexion, critiques envers le marché.
Dans la Judson Gallery créée sur la 4eme avenue, cette galerie devient un lieu de
sociabilité, l’underground New-yorkais se retrouve dedans.

Ce sont des enseignants, étudiants qui font de l’expression plus théâtrale. Pas de billet
d’entrée, le maître mot est la liberté. Aucune interférence du marché. Dans les années
50, se trouve les happening les plus importants, les débats les plus importants.

Tout ça tourne autour d’Allan Kaprow (1927-2006), originaire d’Arizona, qui est
enseignant, un provincial un peu peintre, acteur. Il devient professeur d’histoire de
l’art dans le New Jersey en 1953. il a ouvert la Hansa Gallery dans le sud de
Manhattan. Réflexion sur l’art, il est connu car c’est un professeur. On l’invite à faire
une conférence au Club après la mort de Pollock. Le texte de sa conférence a été
publié dans Art News où il fait le bilan de l’art américain.

Il propose un nouveau modèle artistique qui dépasserai le support. Il construit des


structures avec un peu tout ce qu’il trouve. Étudie la musique, la composition avec
John Cage. Ils partagent la même vision des performances.

En 1959, on lui confie la gestion de la Reuben Gallery, il inaugure la galerie. Une


grande fête organisée et marquée par 18 happenings en 6 parties. Le public est invité
à participer.

Happening : littéralement “ce qui est en train d’arriver”. Le happening est plus qu’un
spectacle dans la mesure où, à partir d’une trame donnée, le spectateur peut se mêler
à l’action. Celle-ci est ouverte à l’improvisation.

Le happening n’est possible qu’à ceux qui vendent, ou ceux qui ont des ressources
déjà à côté, exemple Claes Oldenburg qui est un gosse de riche. La précarité est
source de frustration chez ces jeunes. Ils ont fait des études mais sont déclassés. Des
gens pleins d’espoirs qui sont déçus, sentent que le marché est contre eux.

Les galeries qui proposent cela ferme leur porte car il n’y a pas d’acheteurs et dès
qu’un artiste commence à percer, il est capté par les galeries du nord. Claes
Oldenburg achète un hangar avec la fortune de ses parents pour exposer ces œuvres
qu’il ne pouvait pas vendre, The Store.

On se retrouve avec une génération étrange, active sur une quinzaine d’années.
Intermédiaire entre l'expressionnisme abstrait et le pop et minimalisme qui arrive
après.
On parle de happening et ce qui est intéressant est que c’est toujours anecdotique. Il
n’y a pas de catégorie néodada, on ne considère pas ça comme un mouvement à part
entière car c’est un groupe trop difficile à classer et en décalage avec les normes de la
peinture qui sont la peinture contemporaine, la peinture américaine des années 50.

Des profils trop marginaux, des gens éloignés du modèle héroïque dominant mais ils
ont ouvert une brèche dans le nationalisme artistique américain.

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