0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
14 vues4 pages

LC Littérature d&#039 Idées 1

Le document présente plusieurs textes qui abordent la condition des femmes à travers l'histoire, mettant en lumière leur lutte pour l'émancipation et l'éducation. Louise Labé et Choderlos de Laclos soulignent l'importance de l'éducation pour les femmes, tandis que Rousseau et Mme de Staël discutent des rôles traditionnels et des attentes sociétales. Enfin, Simone de Beauvoir et Annie Ernaux illustrent les défis contemporains auxquels les femmes font face dans leur quête d'identité et d'égalité.

Transféré par

AmenAllah Bourassi
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
14 vues4 pages

LC Littérature d&#039 Idées 1

Le document présente plusieurs textes qui abordent la condition des femmes à travers l'histoire, mettant en lumière leur lutte pour l'émancipation et l'éducation. Louise Labé et Choderlos de Laclos soulignent l'importance de l'éducation pour les femmes, tandis que Rousseau et Mme de Staël discutent des rôles traditionnels et des attentes sociétales. Enfin, Simone de Beauvoir et Annie Ernaux illustrent les défis contemporains auxquels les femmes font face dans leur quête d'identité et d'égalité.

Transféré par

AmenAllah Bourassi
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

L C Littérature d’idées ODG La DDFC

Texte 1 :
Louise Labé, Épître dédicatoire à Clémence de Bourges, 1555.
(Cette lettre de Louise Labé dans laquelle elle dédie son œuvre à son amie Clémence de
Bourges et convie celle-ci à reconsidérer la place de l'étude dans la vie des femmes en tant
que moyen d'émancipation et de reconnaissance.)
Étant le temps venu, Mademoiselle, que les sévères lois des hommes n'empêchent plus les
femmes de s'appliquer aux sciences et disciplines, il me semble que celles qui ont la
commodité doivent employer cette honnête liberté que notre sexe a autrefois tant désirée, à
apprendre celles-ci, et montrer aux hommes le tort qu'ils nous faisaient en nous privant du
bien et de l'honneur qui nous en pouvaient venir : et si quelqu'une parvient en tel degré que
de pouvoir mettre ses conceptions par écrit, le faire soigneusement et non dédaigner la
gloire, et s'en parer plutôt que de chaînes, anneaux, et somptueux habits, lesquels ne
pouvons vraiment estimer nôtres, que par usage. Mais l'honneur que la science nous
procurera sera entièrement nôtre, et ne nous pourra être ôté, ni par finesse de larron, ni par
force d'ennemis, ni longueur du temps. Si j'eusse été tant favorisée des Cieux, que d'avoir
l'esprit grand assez pour comprendre ce dont Il a eu envie, je servirais en cet endroit plus
d'exemple que d'admonition. Mais ayant passé partie de ma jeunesse à l'exercice de la
Musique, et ce qui m'a resté de temps l'ayant trouvé trop court pour la rudesse de mon
entendement, et ne pouvant de moi-même satisfaire au bon vouloir que je porte à notre
sexe, de le voir non en beauté seulement, mais en science et vertu passer ou égaler les
hommes, je ne puis faire autre chose que prier les vertueuses Dames d'élever un peu leurs
esprits par-dessus leurs quenouilles et fuseaux, et s'employer à faire entendre au monde
que si nous ne sommes faites pour commander, si ne devons-nous être dédaignées pour
compagnes tant dans les affaires domestiques que publiques de ceux qui gouvernent et se
font obéir.
Texte 2 :
De l'éducation des femmes (1783) Choderlos de Laclos
(1741-1803)
Ô ! Femmes, approchez et venez m'entendre. Que votre curiosité, dirigée une fois sur des
objets utiles, contemple les avantages que vous avait donné la nature et que la société vous
a ravis. Venez apprendre comment, nées compagnes de l'homme, vous êtes devenues son
esclave ; comment, tombées dans cet état abject, vous êtes parvenues à vous y plaire, à le
regarder comme votre état naturel ; comment enfin, dégradées de plus en plus par votre
longue habitude de l'esclavage, vous en avez préféré les vices avilissants, mais commodes,
aux vertus plus pénibles d'un être libre et respectable. Si ce tableau fidèlement tracé vous
laisse de sang-froid, si vous pouvez le considérer sans émotion, retournez à vos occupations
futiles. Le mal est sans remède, les vices se sont changés en mœurs. Mais si au récit de vos
malheurs et de vos pertes, vous rougissez de honte et de colère, si des larmes d'indignation
s'échappent de vos yeux, si vous brûler du noble désir de ressaisir vos avantages, de rentrer
dans la plénitude de votre être, ne vous laissez plus abuser par de trompeuses promesses,
n'attendez point les secours des hommes auteurs de vos maux : ils n'ont ni la volonté, ni la
puissance de les finir, et comment pourraient-ils former des femmes devant lesquelles ils
seraient forcés de rougir ? Apprenez qu'on ne sort de l'esclavage que par une grande
révolution. Cette révolution est-elle possible ? C'est à vous seules à le dire puisqu'elle
dépend de votre courage. Est-elle vraisemblable ? Je me tais sur cette question ; mais
jusqu'à ce qu'elle soit arrivée, et tant que les hommes régleront votre sort, je serai autorisé à
dire, et il me sera facile de prouver qu'il n'est aucun moyen de perfectionner l'éducation des
femmes.
Partout où il y a esclavage, il ne peut y avoir éducation ; dans toute société, les femmes
sont esclaves ; donc la femme sociale n'est pas susceptible d'éducation. Si les principes de
ce syllogisme sont prouvés, on ne pourra nier la conséquence. Or, que partout où il y a
esclavage il ne puisse y avoir éducation, c'est une suite naturelle de la définition de ce mot ;
c'est le propre de l'éducation de développer les facultés, le propre de l'esclavage c'est de les
étouffer ; c'est le propre de l'éducation de diriger les facultés développées vers l'utilité
sociale, le propre de l'esclavage est de rendre l'esclave ennemi de la société.
Emile, V, Jean-Jacques Rousseau (1762)

(Dans le dernier livre de l’Emile dont ce texte est extrait, Rousseau aborde la question de
l’éducation des filles, à travers le personnage de Sophie. La jeune fille, aimable et polie en
société, excellente ménagère, gracieuse, modeste, vertueuse, a été élevée pour former avec
« l’homme nature » qu’incarne Emile, le couple idéal.)
La femme est faite spécialement pour plaire à l’homme ; si l’homme doit lui plaire à son tour,
c’est d’une nécessité moins directe, son mérite est dans sa puissance, il plaît par cela seul
qu’il est fort. Ce n’est pas ici la loi de l’amour, j’en conviens ; mais c’est celle de la nature,
antérieure à l’amour même. Cultiver dans les femmes les qualités de l’homme et négliger
celles qui leur sont propres, c’est donc visiblement travailler à leur préjudice : les rusées le
voient trop bien pour en être les dupes ; en tâchant d’usurper nos avantages elles
n’abandonnent pas les leurs ; mais il arrive de là que, ne pouvant bien ménager les uns et
les autres, parce qu’ils sont incompatibles, elles restent au-dessous de leur portée sans se
mettre à la nôtre, et perdent la moitié de leur prix. Croyez-moi, mère judicieuse, ne faites
point de votre fille un honnête homme, comme pour donner un démenti à la nature ; faites-en
une honnête femme, et soyez sûre qu’elle en vaudra mieux pour elle et pour nous.
|[…]Il résulte de cette contrainte, une docilité dont les femmes ont besoin de toute leur vie,
puisqu’elles ne cessent jamais d’être assujetties ou à un homme ou aux jugements des
hommes, et qu’il ne leur est jamais permis de se mettre au-dessus de ces jugements. La
première et la plus importante qualité d’une femme est la douceur ; faite pour obéir à un être
aussi imparfait que l’homme, souvent si plein de vices, et toujours si plein de défauts, elle
doit apprendre de bonne heure à souffrir même l’injustice, et à supporter les torts d’un mari
sans se plaindre ; ce n’est pas pour lui, c’est pour elle qu’elle doit être douce : l’aigreur et
l’opiniâtreté des femmes ne font jamais qu’augmenter leurs maux et les mauvais procédés
des maris ; ils sentent que ce n’est pas avec ces armes-là qu’elles doivent les vaincre. Le
ciel ne les fit point insinuantes et persuasives pour devenir acariâtres ; il ne les fit point
faibles pour être impérieuses ; il ne leur donna point une voix si douce pour dire des injures ;
il ne leur fit point des traits si délicats pour les défigurer par la colère. Quand elles se fâchent,
elles s’oublient ; elles ont souvent raison de se plaindre, mais elles ont toujours tort de
gronder. Chacun doit garder le ton de son sexe ; un mari trop doux peut rendre une femme
impertinente ; mais, à moins qu’un homme ne soit un monstre, la douceur d’une femme et
triomphe de lui tôt ou tard.

[1] Aux femmes.


[2] Pleines de pudeur, en retrait, elles doivent se comporter selon les règles de la
bienséance.
Texte 3
Mme de Staël De la littérature (1800) (1766-1817)
L'existence des femmes en société est encore incertaine sous beaucoup de rapports. Le
désir de plaire excite leur esprit ; la raison leur conseille l'obscurité ; et tout est arbitraire dans
leur succès comme dans leurs revers.
Il arrivera, je le croîs, une époque où les législateurs philosophes donneront une attention
sérieuse à l'éducation que les femmes doivent recevoir, aux lois civiles qui les protègent, aux
devoirs qu'il faut leur imposer, au bonheur qui peut leur être garanti ; mais, dans l'état actuel,
elles ne sont, pour la plupart, ni dans l'ordre de la nature, ni dans l'ordre de la société. Ce qui
réussît aux unes perd les autres ; les qualités leur nuisent quelquefois, quelquefois les
défauts leur servent ; tantôt elles sont tout, tantôt elles ne sont rien. Leur destinée
ressemble, à quelques égards, à celle des affranchis chez les empereurs : si elles veulent
acquérir de l'ascendant, on leur fait un crime d'un pouvoir que les lois ne leur ont pas donné ;
si elles restent esclaves, on opprime leur destinée.
Certainement il vaut bien mieux, en général, que les femmes se consacrent uniquement
aux vertus domestiques ; mais ce qu'il y a de bizarre dans les jugements des hommes à leur
égard, c'est qu'ils leur pardonnent plutôt de manquer à leurs devoirs que d'attirer les regards
par des talents distingués ; ils tolèrent en elles la dégradation du cœur en faveur de la
médiocrité de l'esprit, tandis que l'honnêteté la plus parfaite a peine à obtenir grâce pour une
supériorité véritable. [...]
Ce n'est pas tout encore : l'opinion semble dégager les hommes de tous les devoirs envers
une femme à laquelle un esprit supérieur serait reconnu : on peut être ingrat, perfide,
méchant envers elle sans que l'opinion se charge de la venger. N'est-elle pas une femme
extraordinaire ? Tout est dît, alors ; on l'abandonne à ses propres forces, on la laisse se
débattre avec la douleur. L'intérêt qu'inspire une femme, la puissance qui garantît un
homme, tout lui manque souvent à la fois : elle promène sa singulière existence, comme les
parias de l'Inde, entre toutes les classes dont elle ne peut être, toutes les classes qui la
considèrent comme devant exister par elle seule : objet de la curiosité, peut-être de l'envie,
et ne méritant, en effet, que la pitié.
Texte 4 :
Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée, 1958
[Les Mémoires d’une jeune fille rangée est le premier volume de l’autobiographie de Simone
de Beauvoir, racontant son enfance et son adolescence. C’est l’occasion de découvrir les
événements qui ont déterminé sa vocation d’écrivain féministe.]
La monotonie de l’existence adulte m’avait toujours apitoyée ; quand je me rendis compte
que, dans un bref délai, elle deviendrait mon lot, l’angoisse me prit. Un après-midi, j’aidais
maman à faire la vaisselle ; elle lavait des assiettes, je les essuyais ; par la fenêtre, je voyais
le mur de la caserne de pompiers, et d’autres cuisines où les femmes frottaient des
casseroles ou épluchaient des légumes. Chaque jour, le déjeuner, le dîner ; chaque jour la
vaisselle ; ces heures indéfiniment recommencées et qui ne mènent nulle part : vivrais-je
ainsi ? Une image se forma dans ma tête, avec une netteté si désolante que je me la
rappelle encore aujourd’hui : une rangée de carrés gris s’étendait jusqu’à l’horizon, diminués
selon les lois de la perspective, mais tous identiques, et plats ; c’étaient les jours et les
semaines, et les années. Moi, depuis ma naissance, je m’étais endormie chaque soir un peu
plus riche que la veille ; je m’élevais de degré en degré ; mais si je ne trouvais là-haut qu’un
morne plateau, sans aucun but vers lequel marcher, à quoi bon ?
Non, me dis-je, tout en rangeant dans le placard une pile d’assiettes ; ma vie à moi conduira
quelque part. Heureusement, je n’étais pas vouée à un destin de ménagère. Mon père n’était
pas féministe ; il admirait la sagesse des romans de Colette Yver1 où l’avocate, la
doctoresse, finissent par sacrifier leur carrière à l’harmonie du foyer ; mais nécessité fait loi :
« Vous, mes petites, vous ne vous marierez pas, répétait-il souvent. Vous n’avez pas de dot,
il faudra travailler. » Je préférais infiniment la perspective d’un métier à celle du mariage ;
elle autorisait des espoirs. Il y avait eu des gens qui avaient fait des choses : j’en ferais. Je
ne prévoyais pas bien lesquelles. L’astronomie, l’archéologie, la paléontologie tour à tour
m’avaient réclamée et je continuais à caresser vaguement le dessein d’écrire. Mais ces
projets manquaient de consistance, je n’y croyais pas assez pour envisager avec confiance
l’avenir. D’avance, je portais le deuil de mon passé.
1. Colette Yver : écrivaine française du début du xxe siècle dont plusieurs romans mettent en
évidence les difficultés de la femme à concilier sa carrière avec une vie de famille.

La femme gelée (1981), Annie Ernaux


(La Femme gelée est une oeuvre en partie autobiographique. La narratrice, étudiante en
Lettres, est mariée à un étudiant en droit. Tous deux sont convaincus par les théories sur
l’égalité entre les sexes. Elle y évoque avec précision et ironie la condition des femmes dans
les années 1965-1970.)
Un mois, trois mois que nous sommes mariés, nous retournons à la fac, je donne des cours
de latin. Le soir descend plus tôt, on travaille ensemble dans la grande salle. Comme nous
sommes sérieux et fragiles, l’image attendrissante du jeune couple moderno-intellectuel. Qui
pourrait encore m’attendrir si je me laissais faire, si je ne voulais pas chercher comment on
s’enlise, doucettement. En y consentant lâchement. D’accord je travaille La Bruyère ou
Verlaine dans la même pièce que lui, à deux mètres l’un de l’autre. La cocotte-minute,
cadeau de mariage si utile vous verrez, chantonne sur le gaz. Unis, pareils. Sonnerie
stridente du compte-minutes, autre cadeau. Finie la ressemblance. L’un des deux se lève,
arrête la flamme sous la cocotte, attend que la toupie folle ralentisse, ouvre la cocotte, passe
le potage et revient à ses bouquins en se demandant où il en était resté. Moi. Elle avait
démarré, la différence.
Par la dînette. Le restau universitaire fermait l’été. Midi et soir je suis seule devant les
casseroles. Je ne savais pas plus que lui préparer un repas, juste les escalopes panées, la
mousse au chocolat, de l’extra, pas du courant. Aucun passé d’aide-culinaire dans les jupes
de maman ni l’un ni l’autre. Pourquoi de nous deux suis-je la seule à me plonger dans un
livre de cuisine, à éplucher des carottes, laver la vaisselle en récompense du dîner, pendant
qu’il bossera son droit constitutionnel.
Au nom de quelle supériorité. Je revoyais mon père dans la cuisine. Il se marre, « non mais
tu m’imagines avec un tablier peut-être ! Le genre de ton père, pas le mien ! ». Je suis
humiliée. Annie Ernaux, La femme gelée.

Question : Quelles visions des femmes ces différents auteurs donnent-ils de la femme de
leur époque ?

Vous aimerez peut-être aussi