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Dip Ajusté

Le document traite de la faillite internationale dans le cadre de l'OHADA, en se concentrant sur l'ouverture et l'exécution des procédures collectives internationales. Il aborde la compétence juridictionnelle et législative, ainsi que les défis posés par la diversité des législations nationales et la fraude des débiteurs. L'étude vise à démontrer l'efficacité des mécanismes mis en place pour gérer ces situations d'insolvabilité internationale.

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Le document traite de la faillite internationale dans le cadre de l'OHADA, en se concentrant sur l'ouverture et l'exécution des procédures collectives internationales. Il aborde la compétence juridictionnelle et législative, ainsi que les défis posés par la diversité des législations nationales et la fraude des débiteurs. L'étude vise à démontrer l'efficacité des mécanismes mis en place pour gérer ces situations d'insolvabilité internationale.

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Université Omar Bongo

Faculté de droit et de sciences économiques et politiques

Département de droit

Année académique 2023-2024

Master 2 droit privé recherche

Groupe : N°5

THEME : LA FAILLITE
INTERNATIONALE

Exposants :

MONDJO Aris Davin


NGUELE NZAMBA Sten B
MPIGA MPIRA Soares Gypsie
N’SSEGUE ALLOGHO Ines
NDONG MBA Gaetan Levy

Chargé de cours : Professeur Thérèse ATAGANA-MALONGUE


PLAN

CHAPITRE I : L’OUVERTURE D’UNE PROCEDURE COLLECTIVE


INTERNATIONALE DANS L’OHADA

SECTION I : LA COMPETENCE JURIDICTIONNELLE

SOUS-SECTION 1 : LA COMPETENCE DIRECTE DU JUGE OHADA

SOUS-SECTION 2 : LA DETERMINATION DE LA COMPETENCE


INTERNATIONALE

SECTION II : LA COMPETENCE LEGISLATIVE

SOUS-SECTION 1 : LA REGLE DE CONFLIT DE LOI

SOUS-SECTION 2 : LA QUESTION DE LA LOI APPLICABLE EN


MATIERE D’INSOLVABILITE

2
CHAPITRE II : L’EXECUTION DES PROCEDURES COLLECTIVES
INTERNATIONALES DANS LA ZONE OHADA

SECTION I- LA RECONNAISSANCE ET L’EXECUTION DES JUGEMENTS


DE PROCEDURE COLLECTIVES INTERNATIONALES

SOUS-SECTION 1 : LES CONDITIONS DE LA RECONNAISSANCE

SOUS-SECTION 2 : L’EXECUTION DES PROCEDURES COLLECTIVES


DANS LES ETATS MEMEBRES

SECTION II- L’EXECUTION DES PROCEDURES COLLECTIVES


ETRANGERES DANS L’OHADA

SOUS-SECTION 1 : LES EFFETS DE LA RECONNAISSANCE DES


DECISIONS EXEQUATUREE

SOUS-SECTION 2 : LA FORCE EXECUTOIRE DES JUGEMENTS


ETRANGERS

3
INTRODUCTION

« La faillite est un carrefour où se croisent et


se rencontrent toutes les composantes du système juridique.
La faillite touche à la condition
des personnes, puisque le failli est empêché d'agir et
se voit comme mis en tutelle.
Elle touche au statut des biens qui sont placés en quelques sortes
sous séquestre. Elle touche à la loi des contrats dans la mesure où les droits
des créanciers sont suspendus, réduits et parfois même supprimés.
Elle touche aux droits
des sûretés, même si les créanciers privilégiés demeurent en principe à l'abri de
ses atteintes. Elle a des incidences sur
le jeu des règles matrimoniales ou successorales. Elle s'appuie sur les règles de
la responsabilité civile et pénale. Elle est
indissociable de l'organisation judiciaire et des règles de procédure ».
Ainsi s'exprime Paul Didier sur la difficulté que pose
la faillite internationale, puisque le fait que la faillite puisse être
très différente d'un pays à un autre suscite des interrogations quant à
la compétence juridictionnelle, ainsi que l'intervention des lois étrangères et
enfin l’exécution des décisions étrangères. La faillite peut être définie comme la
situation d’une personne, d’un commerçant qui ne peut pas payer ses dettes,
tenir ses engagements. De ce fait, puisqu’une faillite
est qualifiée d'internationale lorsqu'elle met en présence un débiteur possédant
des biens ou des créanciers dans plus d'un pays,
des problèmes se posent alors car la perception de la notion
de débiteur varie en fonction du droit des faillites des différents pays.
Résultat des relations économiques internationales, ces
situations internationales d'insolvabilité, encore appelées
faillite internationale ou procédures
collectives internationales dans l’espace OHADA,
surtout depuisl’avenement de l’Acte Uniforme Relatif aux ProcéduresCollectives
d’Apurement du Passif, feront l'objet de notre étude centrée essentiellement sur

4
le cas de l'espace OHADA, qui est l'espace juridique du droit des
affaires dont est soumis notre pays le Gabon.

Historiquement, avant l'entrée en vigueur de l'Acte Uniforme sur


les Procédures Collectives d'Apurement du Passif en 1999, tous les Etats-parties
à l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des
Affaires appliquaient chacun la législation interne en matière de procédures collec
tives internationales. Ces droits internes répondaient à des
situations différentes selon les Etats, car ceux-
ci privilégiaient soit le remboursement des créanciers, soit le sauvetage du débite
ur. Toutefois, avec le développement constant des échanges
internationaux et des investissements dans le monde,
le nombre de faillites internationales ou d'insolvabilitésinternationales a quant
à lui aussi explosé. Prenant ainsi de l'avance sur
les législations nationales qui n'ont su s'adapter. De plus, les règles de droit
internes ne sont souvent ni appropriées, ni uniformes, ce qui pose
la problématique du redressement des débiteurs en difficulté financière. En outre,
la fraude à laquelle se livrent les débiteurs insolvables, particulièrement la
dissimulation des biens ou leurs transferts
dans des espaces juridiques étrangers, devient un problème de plus en plus
grave, tant au niveau de sa récurrence, sa fréquence, que par son ampleur.
Ces pratiques frauduleuses engendrant de véritables difficultés quant à
la résolution des procédures collectives internationales, ont attiré l'attention des
autorités internationales qui ont dans le même temps songé à l'élaboration des
conventions internationales qui viendront pallier les inconvénients et
les lacunes que présentent les législations nationales. Ainsi, tant au niveau mondia
l qu'auniveau africain, des règles uniformes ont été développées sur la
question, d’où l'élaboration de l'AUPCAP qui organise les procédures collectives d'
apurement du passif sur décision et
contrôle judiciaire. Ses règles s'appliquent aussi bien aux commerçants, personnes
physiques et morales, qu’aux personnes morales de
droit privé non commerçantes,
aux entreprises publiques revêtant la forme de personne morale de droit privé.
La résolution de la faillite internationale ou encore,
les procédures collectives internationales, poursuit trois objectifsprincipaux; éviter
la fraude susmentionnée notamment par le jeu de
competence juridictionnelle directe et indirectepermettant au juge communautair
e de se prononcer directement sur
des litiges comportant des éléments étrangersà l’ordre juridique communautaire
ou meme de saisir le juged’un Etat ou se trouve un bien ou un créancier car ceci
signifiant que le litige présente un lien caractérisé avec le
pays dont le juge a été saisi; administrer équitablement et efficacement les procéd
ures d'insolvabilité internationale de manière à
assurer l'égalité de traitement entre les créanciers relevant d'Etats différents,
tout en protégeant les intérêts de toutes les parties intéressées; enfin,
assurer une plus grande certitude juridique dans le commerce et

5
les investissements, toutes choses censées contribuer à la promotion
des investissements étrangers, du commerce international, et
au développement de l'ensemble des Etats. L'intérêt de notre sujet est donc à
la fois théorique dans la mesure où il permet de démontrer et énoncer les mécani
smes développés pour l'atteinte de ces objectifs, mais aussi
pratique, dans la mesure où il démontre l'efficacité de l'application de ces mécanis
mes. Dès lors, la question des procédures collectives internationales ou de
la faillite internationale pose des problèmes de droit
international privé rendus plus complexes du fait des conflits d'intérêts en
présence. L'étude des procédures collectives internationales dans
l'AUPCAP, doit nécessairement montrer la manière dont
elles se déroulent dans l'espace OHADA.
Le déroulementdes procédures collectives internationales dans l'espaceOHADA en
gagé par son ouverture(I) nous indiquera la démarche suivie pour la résolution des
situations de faillitesinternationales. Ensuite, il conviendra de démontrer
comment les décisions de ces procédures trouvent exécution
dans l'espace OHADA(II).

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CHAPITRE I : L'OUVERTURE DES PROCEDURES COLLECTIVES DANS L’ESPACE OHADA

Le législateur OHADA s'est efforcé d'uniformiser aussi bien les règles de compétence
juridictionnelle (S1) que celles de compétence législative (S2).

SECTION I : LA COMPETENCE JURIDICTIONNELLE

La compétence juridictionnelle internationale suit des règles quant à la compétence


directe du juge (S. s2) mais avant tout à la détermination de la compétence
internationale (S. s1).

Sous-section 1 : La compétence directe du juge OHADA

La compétence juridictionnelle directe rassemble des règles qui interviennent lorsqu’un


litige international est soumis au juge, et qui ont pour objet de déterminer s’il est
compétent pour en connaître. Ainsi, avant de résoudre le litige au fond, le juge saisi doit
s’interroger sur sa compétence en tant que juge communautaire en ce qu’il s’agit d’un
litige entre pays membres de l’OHADA ou pays membre(s) de l’OHADA et pays
étranger(s) à l’espace OHADA. On parle de compétence directe par opposition à la
compétence du juge étranger ayant rendu un jugement soumis à reconnaissance ou
à exequatur ; dans ce dernier cas, le juge requis (ou juge de l’exequatur) peut ou doit
vérifier la compétence du juge étranger et on parle de compétence indirecte.
La compétence directe du juge OHADA dans les litiges extracommunautaires, renvoie
aux situations dans lesquelles le juge communautaire est directement appelé à se
prononcer en fait et en droit dans les litiges comportant des éléments étrangers à
l’ordre juridique OHADA. C’est-à-dire que l’affaire soumise au juge présente un point de
contact avec un pays tiers par rapport à l’OHADA. Les situations sont nombreuses, il
peut s’agir du caractère extracommunautaire des parties dans un contrat commercial,
d’un litige entre des sociétés immatriculées à l’étranger et n’ayant que des succursales
dans l’espace OHADA, d’un bail à usage professionnel non écrit entre deux étrangers.
Dans l’arrêt « Pelassa », la Cour de Cassation française a énoncé le « principe qui étend à
l’ordre international des règles internes de compétence » ainsi, chaque règle de
compétence territoriale interne a donc vocation à être érigée en règle de compétence
territoriale, ou à engendrer une telle règle, sous réserve
des adaptations éventuellement rendues nécessaires par le fait que ces règles sont
appelées à jouer lorsque le litige est international. Cette formule a été reprise par

7
l’arrêt Scheffel : « la compétence internationale se détermine par extension des règes
de compétences territoriales internes ». Les règles de compétences territoriales
internes, transposées au plan international, forment le droit commun de la compétence
judiciaire internationale en droit international privé.
Au regard de ce qui précède, voyons à présent comment de manifeste la détermination
de la juridiction internationale.

SOUS-SECTION 2 : La détermination de la compétence internationale

La désignation du juge compétent est prioritaire en droit international des


Procédures collectives car elle conditionne la détermination de la loi applicable à la
procédure et même le traitement de la défaillance transfrontalière de l’entreprise. En
même temps, par cet acte, le législateur vient sonner le glas des conflits de juridiction
qui pourraient en découler du fait de la présence d’un élément d’extranéité. Tandis que
certains droits nationaux tirent leurs solutions de la jurisprudence, d’autres par contre
ont pris le soin de codifier les règles de compétence juridictionnelle sur la question.
Aux termes de l’article 3 alinéa 1 AUPCAP, «la juridiction territorialement
Compétente pour connaître de toutes les procédures visées par le présent Acte
uniforme est celle dans le ressort de laquelle le débiteur personne physique a son
principal établissement sur le territoire national ; ou le débiteur personne morale a son
siège social sur le territoire national. Si le principal établissement ou le siège social est à
l’étranger, la procédure se déroule devant la juridiction dans le ressort de laquelle se
trouve le principal centre d’exploitation du débiteur personne physique ou personne
morale situé sur le territoire national ». On constate qu’il y a en la matière, transposition
manifeste des règles de compétence territoriale sur le plan international qui peut
donner lieu à plusieurs interprétations permettant l’identification des chefs de
compétence.
Sur le plan ratione materiae, le législateur OHADA consacre comme critère de
Compétence les notions de siège social, de principal établissement ou de principal
centre d’exploitation dans un Etat partie. Ensuite, le législateur a édicté une règle de
compétence pour les procédures principales qui prévoit que, le tribunal territorialement
compétent
sera celui de l’Etat partie du ressort duquel, le débiteur personne physique a son
principal établissement ou celui de l’Etat partie du le ressort duquel le débiteur
personne morale a son siège social. En outre, le législateur pose que des procédures
secondaires peuvent être ouvertes dans le ressort de la juridiction de l’Etat partie où se
trouve le principal centre d’exploitation du débiteur personne physique ou morale. Ces
procédures dites
Secondaires sont prévues lorsque « le principal établissement ou le siège social est situé
à l'étranger. Selon l’AUPCAP, le terme étranger désigne « tout Etat non partie au Traité
OHADA.
En dehors de ces chefs de compétence, aucun autre critère n’est admis.
S’agissant de la compétence ratione loci, le législateur a posé une règle de

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Compétence internationale à l’article 3 AUPCAP en estimant que ces procédures (la
conciliation, le règlement préventif, le redressement judiciaire et la liquidation) relèvent
de «la juridiction compétente en matière de procédures collectives ». En d’autres
termes, une fois qu’il existe une compétence générale d’un juge de l’espace OHADA, ce
dernier doit se référer à son organisation judiciaire interne afin d’organiser sa
compétence. A ce sujet, chaque Etat membre bénéficie ainsi du libre choix dans son
organisation judiciaire. Dans ce sillage, l’organisation judiciaire camerounaise attribue
cette compétence au Tribunal de Première Instance ou au Tribunal de Grande Instance
qui ont une compétence générale en fonction du montant de la demande.
Quid de la compétence législative ?

SECTION II : LA COMPETENCE LEGISLATIVE

Si dans leur mise en œuvre les procédures collectives internationales est susceptible de
créer des conflits de juridictions, il faut aussi noter la concurrence de lois qui peut s'y
greffer. Avant de donner ne serait-ce que brièvement un aperçu sur la question des
éventuels conflits de lois pouvant survenir (S. s1), il est intéressant de souligner
l’articulation de la loi applicable en matière d’insolvabilité internationale (S. s2).

SOUS SECTION 1 : la règle de conflit de loi.

En principe, le problème de la loi applicable ne se pose pas parce qu'on estime que la
juridiction compétente va appliquer sa loi nationale : la célèbre "lex fori ", qu'il s’agisse
de procédure principale (du lieu du principal établissement ou lieu du siège) ou
secondaire (du lieu d'un simple établissement). Cette loi concerne notamment les
conditions d'ouverture, de saisine de la juridiction, d'organisation comme de
déroulement de la procédure et en principe s'étend aux conséquences sur la situation
des créanciers et le sort du débiteur. Mais, l'action en justice a une nature mixte :
substantielle et processuelle. Elle comporte, en effet, un aspect substantiel puisqu'elle
assure la protection d'un droit ou d'un intérêt juridique. Elle comporte également un
aspect processuel car le mode de la protection d'un droit s'actualise dans une
procédure. Cette double nature de l'action explique, qu'on doit distinguer ce qui relève
de la substance du droit et ce qui relève de la procédure. Les conditions procédurales
échappent aux conflits de lois et sont soumises, de façon nécessaire, à la lex fori ; les
conditions se rattachant à l'aspect substantiel sont soumises aux conflits de lois et il faut
rechercher la loi applicable.
La notion de conflit de juridictions est inappropriée puisqu'il n'y a pas réellement de
concurrence de juridictions. Mais nous l'employons pour exprimer le sérieux problème
de la détermination de la compétence internationale des juridictions et des effets des
jugements rendus à l'étranger.

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Quid de la loi applicable en matière d’insolvabilité ?

SOUS SECTION 2 : la question de la loi applicable en matière d’insolvabilité


internationale.

Des conflits de lois peuvent survenir au stade de l'ouverture de la procédure surtout si


celle-ci doit étendre ses effets au-delà du territoire national. L'existence d'une « loi de la
faillite » ne saurait signifier que cette loi est susceptible de s'appliquer sans exception à
toutes les opérations de la faillite et à tous ses effets. Il peut arriver que des conflits
surgissent entre, la lex fori, la loi régissant le statut juridique du débiteur, la loi de la
situation des biens, et la loi du contrat dont la faillite entraîne l'annulation. Pour les
modes de saisine des juridictions, la logique voudrait que soit appliquée la loi nationale
de chaque juridiction sans aucune contestation possible. En effet, la territorialité de la
loi applicable se double ici d'un second argument, du fait que les modes de saisine
constituent une question de procédure qui, en tant que telle, doit nécessairement être
soumise à la loi du for. On concevrait mal qu'une juridiction se réfère à une loi étrangère
pour déterminer les modes de sa saisine. L'AUPC en donne une solution en prévoyant
trois modes de saisine.
Quant au conflit entre la lex fori et la loi régissant le statut juridique du débiteur, il ne
surgit évidemment que lorsque ces deux lois ne coïncident pas. C'est le cas notamment
lorsqu'il s'agit d'une faillite locale prononcée par la juridiction du pays de l'établissement
secondaire ou de la succursale. Le conflit entre la lex fori et la lex rei sitae (loi du lieu de
situation des biens), se pose au contraire au cas de faillite prononcée par le tribunal du
domicile du débiteur ou du siège social de la personne morale, car la faillite locale
n'englobant que les éléments du patrimoine situés dans le pays sur le territoire duquel
la faillite est prononcée, la lex rei sitae coïncide alors avec la loi du for. Quant au conflit
entre la lex fori et la loi du contrat, il naît du fait que la faillite entraîne l'annulation ou
l'inopposabilité de certains actes accomplis pendant la période suspecte.
Ici, considérée comme la loi du for : la loi du tribunal qui a retenu sa compétence
internationale pour connaître l’ouverture de la procédure collective internationale.

Certes, il est vrai que la faillite internationale dans l’espace OHADA se justifie bien par
l’ouverture de la procédure qui met en exergue la compétence juridictionnelle avec
notamment la compétence directe du juge et en outre la compétence législative avec la
loi applicable en matière d’insolvabilité internationale, il n’en demeure pas moins vrai
que cette faillite internationale dans l’OHADA s’articule également autour de la

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reconnaissance et de l’exécution des jugements de procédures collectives
internationales dans l’espace OHADA.

CHAPITRE II : LA RECONNAISSANCE ET L’EXECUTION DES JUGEMENTS DE


PROCEDURECOLLECTIVES INTERNATIONALES

Section I : La reconnaissance et l’exécution des jugements rendues dans


les procédures collectives internationales.
Le droit OHADA a établi un équilibre délicat entre l’unicité et la pluralité des procédures
collectives. Lorsqu’une procédure collective est initiée dans un État membre de l’OHADA,
elle ne reste pas isolée. En effet, si le débiteur possède des biens ou des créanciers dans
d’autres États membres, la procédure aura des répercussions au-delà des frontières
nationales. En effet, le droit OHADA assure un plein effet international à la décision
d’ouverture de la procédure collective principale à travers les conditions de la
reconnaissance de plein droits. (S.S. 1) et L'exécution des procédures collectives dans les
États (S.S 2).

Sous-section 1. Les conditions de la reconnaissance de plein droit.

La reconnaissance de plein droit est un principe fondamental dans le droit OHADA qui
facilite l'efficacité des procédures collectives entre États. Elle repose sur l'article 247 de
l'AUPCAP (Acte Uniforme Portant sur les Procédures Collectives d'Apurement du Passif),
qui énonce les conditions sous lesquelles les décisions relatives aux procédures
collectives sont reconnues et exécutées dans tous les États membres de l'OHADA. En
effet, l’article 247 de L’AUPCAP dispose que : <<Lorsqu'elles sont exécutoires, les
décisions d'ouverture et de clôture des procédures collectives, ainsi que celles qui
règlent les contestations ou les différends nés de ces procédures et celles sur lesquelles
les procédures collectives exercent une influence juridique, prononcées dans le territoire
d’un État-partie conformément au présent Acte uniforme ont autorité de la chose jugée
sur le territoire des autres États-parties.>> Cette disposition signifie que les décisions
prises par une juridiction compétente d'un État membre de l'OHADA concernant
l'ouverture ou la clôture d'une procédure collective, ainsi que les décisions liées aux
litiges ou différends issus de ces procédures, sont automatiquement reconnues par les
autres États membres sans nécessité de vérification de leur régularité internationale.

11
Elles prennent effet immédiatement, à condition qu'elles soient exécutoires dans l'État
d'origine.

Le principe de reconnaissance de plein droit repose sur la confiance mutuelle entre les
États membres et vise à simplifier et accélérer les procédures d'insolvabilité
transfrontalières. Cependant, le caractère exécutoire de la décision est crucial car il
garantit que la décision a passé toutes les étapes de recours possibles et est donc
définitive. Pour renforcer l'efficacité de ce système, il est proposé de désigner un syndic
provisoire avant l'ouverture de la procédure collective. Ce praticien de l'insolvabilité
provisoire pourrait demander des mesures conservatoires auprès des juridictions des
autres États membres où le débiteur possède des établissements, afin de protéger les
actifs du débiteur et les intérêts des créanciers pendant la période où la décision n'est
pas encore exécutoire.

En résumé, la reconnaissance de plein droit des décisions relatives aux procédures


d'insolvabilité internationale est un atout majeur pour l'efficacité des procédures
transfrontalières au sein de l'espace OHADA. Elle garantit que les décisions d'ouverture
de procédures collectives sont reconnues et appliquées dans tous les États membres où
le débiteur a des biens et des créanciers, sans formalités supplémentaires. Cette
reconnaissance entraîne des conséquences directes sur la situation des débiteurs, des
créanciers et des tiers, et assure que les activités dans les autres États membres sont
conformes aux restrictions imposées par la procédure collective principale.

Ainsi, en cas d’ouverture d’une procédure collective principale, les activités des
établissements situés dans les autres États membres ne doivent pas aller à l’encontre de
la situation nouvelle, laquelle est constituée par un ensemble des restrictions apportées
aux pouvoirs du débiteur et aux droits des créanciers dans l’État d’ouverture. Ainsi, il est
impérieux que la juridiction d’ouverture de la procédure collective désigne un syndic qui
sera chargé de concrétiser l’extension internationale des effets de la procédure collective
principale aux autres États membres. Ceci est corroboré par l’article 249 de l’AUPCAP aux
termes duquel « le syndic désigné par une juridiction compétente peut exercer sur le
territoire d’un autre État partie tous les pouvoirs qui lui sont reconnus par le présent
acte uniforme aussi longtemps qu’aucune autre procédure collective n’est pas ouverte
dans cet État ». A cet égard, dans le cadre du redressement judiciaire, l’assistance du
débiteur au niveau de l’État membre par le syndic est obligatoire. Dans le même ordre
d’idées, le syndic peut se faire remettre les livres comptables du débiteur entretenus
dans les établissements étrangers en vue de leur examen. Par ailleurs, c’est le syndic qui
est habilité à recevoir les titres constatant les droits sociaux des dirigeants et à exercer
les actions en inopposabilité de la période suspecte.

Il a d’ailleurs été jugé que la compétence du juge ayant ouvert la procédure collective
principale permet au syndic d’exercer sur le territoire d’un autre Etat membre l’action
révocatoire d’un acte juridique d’appauvrissement en vue de la défense de la masse des

12
créanciers. En outre, lorsque la liquidation des biens est prononcée, le syndic procède à
l’établissement de l’état des créances étrangères il se charge de la vente des
marchandises et des meubles du débiteur, du recouvrement de ses créances et du
paiement de ses dettes. S’agissant des « débiteurs » gérant les établissements situés
dans les autres États membres, ils feront automatiquement l’objet d’une assistance ou
d’un dessaisissement selon que la procédure collective principale est un redressement
judiciaire ou une liquidation des biens. Quant aux créanciers étrangers, ils bénéficient
des mêmes droits à l’information et aux dividendes que les créanciers de l’État
d’ouverture et doivent également se soumettre à la discipline collective qui leur autorise
à produire leur créance internationalement et interdit certains actes sous peine
d’inopposabilité ou de nullité. C’est d’ailleurs pourquoi le créancier qui, après l’ouverture
de la procédure collective de redressement judiciaire ou de liquidation des biens par la
juridiction compétente d’un État partie, obtient, par tout moyen règlement partiel ou
total de sa créance sur les biens du débiteur situés sur le territoire d’un autre État partie
doit restituer au syndic ce qu’il a obtenu.

Après avoir abordé les conditions de la reconnaissance de plein droit, voyons à présent
l’exécution des procédures collectives dans les Etats.

Sous-section 2. L'exécution des procédures collectives dans les États.

L’article 247 in fine de l'AUPCAP dispose que : <<Lorsqu'elles sont devenues irrévocables,
les décisions d'ouverture et de clôture des procédures collectives ainsi que celles qui
règlent les contestations nées de ces procédures et celles sur lesquelles les procédures
collectives exercent une influence juridique, prononcées dans le territoire d'un État-
partie ont autorité de la chose jugée sur le territoire des autres États-parties. Les
mesures d'exécution forcée requièrent l'exequatur>>. Cette disposition indique que,
bien que les décisions relatives aux procédures collectives soient automatiquement
reconnues entre les États membres, leur force exécutoire n'est pas implicite et nécessite
l'obtention de l'exequatur. Cela signifie que pour des actions telles que la saisie ou la
vente de biens du débiteur situés dans un autre État membre, le syndic doit
préalablement obtenir l'exequatur de la juridiction compétente de cet État.

L’exequatur est en effet « une autorisation judiciaire d’exécuter, accordée à un acte


juridictionnel ou gracieux de droit privé dépourvu de force exécutoire dans l’ordre
juridique du juge requis, en raison soit de son extranéité (jugement ou acte public

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étranger […] soit de son origine non étatique (sentence arbitrale [...]) ». Il n’est pas
seulement une formalité préalable à l’exécution des décisions de justice étrangères, mais
une procédure judiciaire, un procès. En général, en matière de procédures
d’insolvabilité, cette demande émane du syndic intervenant à l’étranger. Mais n’importe
quelle autre partie intéressée peut le faire, qu’il s’agisse du débiteur, d’un créancier ou
du ministère public. En revanche, elle ne donne pas lieu à une saisine d’office. La
procédure étant contentieuse, il est impérieux que le demandeur se fasse délivrer une
assignation introductive d’instance. Le législateur de l’OHADA n’ayant rien prévu en
matière de circulation des titres exécutoires nationaux obtenus sur le fondement du
droit OHADA, l’exequatur des décisions judiciaires et actes publics des États membres est
régi par les lois de chaque État partie. Au Cameroun par exemple, l’exequatur relève de
la compétence de la juridiction présidentielle du tribunal de première instance, juge
unique de droit commun, quelle que soit la matière civile ou commerciale soumise à la
juridiction étrangère, et quels que soient le caractère de celle-ci et son rang dans la
hiérarchie judiciaire étrangères. Il en ressort que pour obtenir l’exequatur, le jugement
étranger doit subir une vérification sur les points suivants : la compétence judiciaire, la
compétence législative, le respect de l’ordre public, et l’absence de fraude à la loi.

L’exigence de l’exequatur peut ralentir le processus d’insolvabilité et créer une insécurité


juridique, car elle peut entrer en contradiction avec les pouvoirs internationaux attribués
au syndic. En effet, le syndic est habilité à exercer tous ses pouvoirs sur le territoire d’un
autre État membre tant qu’aucune autre procédure collective n’y est ouverte.
Cependant, l’exequatur peut limiter ces pouvoirs, notamment en cas de liquidation des
biens.
La nécessité de l’exequatur dans l’espace OHADA est remise en question, car elle semble
incompatible dans un contexte d’intégration juridique et judiciaire. À titre de
comparaison, l’Union Européenne a supprimé l’exequatur pour certaines décisions
judiciaires, comme le montre le Règlement n° 805/2004 pour les créances incontestées
et le Règlement (UE) n° 1215/2012, Bruxelles I bis, qui permet à une décision exécutoire
dans un État membre d’être exécutée dans les autres États membres sans déclaration
supplémentaire de force exécutoire.
En conclusion, bien que l’exequatur soit actuellement requis pour l’exécution des
procédures collectives dans l’espace OHADA, il existe des arguments en faveur de sa
suppression afin de faciliter une gestion plus rapide et efficace des insolvabilités
transfrontalières, en s’alignant sur des modèles d’intégration juridique plus modernes.

14
SECTION II : L’EXECUTION DES PROCEDURES COLLECTIVES ETRANGERES DANS
L’OHADA

La reconnaissance et l'exequatur des jugements rendus à l'étranger


La seule procédure ouverte valablement dans l'espace OHADA produit des effets
certains : il a été relevé que les décisions devenues irrévocables ont autorité de la chose
jugée sur le territoire des autres Etats-parties (Article 247). Cela nous conduit à
examiner successivement la portée de la reconnaissance de plein droit (S. s1) et la force
exécutoire des jugements étrangers (S. s2)

SOUS-SECTION 1 : Les effets de la reconnaissance des décisions éxéquaturée

Cette reconnaissance est sans doute le problème le plus fondamental.


Lorsqu'une personne cesse d'honorer ses obligations dans un pays où était établi le
centre principal de ses activités, il est inadmissible qu'il lui suffise de quitter ce pays et
d'aller recommencer une autre, voire parfois la même activité dans un autre pays,
même si ce pays est le voisin immédiat de celui où elle se trouve en état d'insolvabilité,
en vue d'échapper à l'emprise des procédures collectives suivies à sa charge. Certes, les
créanciers, s'ils peuvent établir le lieu où leur débiteur s'est réfugié, peuvent, à titre
individuel, le poursuivre sur les biens qu'il y possède. Mais, ces procédures ont pour trait
distinctif de privilégier les créanciers qui disposent des moyens financiers suffisants,
parfois importants. Ces moyens leur permettront d'exercer des poursuites à l'étranger,
et de rompre ainsi l'égalité entre les créanciers, égalité qui doit être un des principes
fondamentaux des procédures collectives.
Pour pallier cette situation qui, il faut bien le dire, est aujourd'hui sinon générale, au
moins très courante, il faut obtenir des Etats qu'ils acceptent, de reconnaître sur leur
territoire les effets des décisions en matière d'insolvabilité ou de faillite qui sont
rendues dans un autre Etat. Tel est l'objet principal de l'AUPC. Aux termes de son article
247, toute décision ouvrant une procédure d'insolvabilité prise par une juridiction d'un
Etat contractant, compétente en vertu de son article 4, est reconnue dans tous les
autres Etats contractants, dès qu'elle produit ses effets dans l'Etat d'ouverture. La
procédure d'insolvabilité internationale, ouverte par une juridiction d'un Etat membre
bénéficie donc d'une reconnaissance de plein droit, sans exequatur, sur le territoire des
autres Etats membres, dès qu'elle produit ses effets dans l'Etat d'ouverture.

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Le fait que l'autorité de chose jugée du jugement étranger soit reconnue de plein droit
ne signifie nullement une reconnaissance sans conditions. En effet, on a observé que les
conditions de fond d'une telle reconnaissance doivent satisfaire à celles posées pour
que le jugement ait force exécutoire (cas du Burkina article 995 du code des personnes
et de la famille). Le contrôle se fait soit, de manière incidente : il s'agira pour l'autorité
saisie, de contrôler simplement la régularité du jugement étranger sans apposer la
formule exécutoire soit, de manière principale (action en opposabilité ou en
inopposabilité). Cette action aura un caractère déclaratoire.
Toutefois, il n'y aura pas de reconnaissance de plein droit, si une procédure contre le
même débiteur est ouverte dans l’Etat ou la reconnaissance est demandée. Aussi, cette
reconnaissance connait une limite à savoir les cas dans lesquels elle serait
manifestement contraire à l’ordre public de l’Etat dans lequel le syndic veut exercer ses
pouvoirs.
Par ailleurs, L’autorité de la chose jugée est reconnue sur le territoire des États aux
décisions suivantes : les décisions d’ouverture ; les décisions de clôture ; celles qui
règlent les contestations nées de la procédure et sur lesquels la procédure exerce une
influence juridique. En conséquence le syndic pourra exercer universellement tous les
pouvoirs que lui reconnaît la loi de l’Etat d’ouverture et se prévaloir du dessaisissement
du débiteur ou de l’état des poursuites individuelles ou de somme en saisissement sur le
territoire des autres États membres liés par le traité. En effet un commerçant ne peut
avoir qu’un seul patrimoine et la faillite procéder de liquidation de ce patrimoine doit
porter sur l’ensemble des biens, des droits et obligations qui le composent.
Quid de la force exécutoire des jugements étrangers ?

SOUS-SECTION 2 : La force exécutoire des jugements étrangers

Les effets des jugements à l’étranger se manifestent aussi, par la faculté reconnue aux
intéressés de solliciter et d’obtenir exéquatur des décisions des jugements rendus à
l’étranger. L’exéquatur sera plus aisé à obtenir si les décisions ont été rendues par la
juridiction universellement compétente. Il peut être demandé par toute personne ayant
intérêt à ce que le jugement soit déclaré exécutoire en particulier le syndic étranger, les
créanciers, éventuellement du débiteur, et aussi le ministère public dans la mesure où le
débiteur pourra être frappé d’incapacité ou de déchéance sur la base des jugements
étrangers. le législateur burkinabé a posé les conditions de la reconnaissance et de
l'exéquatur dont les 996 et suivants du coût des personnes et de la famille ces
conditions sont très largement inspirées de celles posées par l'arrêt Müntzer, avec
toutefois un assouplissement au niveau de la condition de vérification de la compétence
législative Illustration une société immatriculé au registre de commerce de
Ouagadougou et y ayant son siège à bénéficier d'un jugement de liquidation judiciaire
au Togo sur le plan international un tel jugement n'est pas valable , en particulier au
Burkina où il ne pourra obtenir l'exequatur et une procédure internationalement valable
ne pouvait être ouverte qu'au Burkina .De ce fait, par jugement numéro 11 du 11 mars

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76 , Le tribunal de première instance de Ouagadougou a prononcé la faillite de cette
société. Lorsque la reconnaissance de l’exéquatur sont acquises dans les autres États, la
décision y produira ses effets avec au moins d’intensité.

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