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Sédimentologie

Le chapitre aborde les processus sédimentaires, en particulier l'altération et l'érosion des roches, qui sont essentiels à la formation des roches sédimentaires. Il décrit les différents types d'altération, notamment mécanique et chimique, ainsi que les agents et réactions impliqués dans ces processus. Enfin, il souligne l'importance des facteurs climatiques et de la composition minérale dans la résistance à l'altération.

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Sédimentologie

Le chapitre aborde les processus sédimentaires, en particulier l'altération et l'érosion des roches, qui sont essentiels à la formation des roches sédimentaires. Il décrit les différents types d'altération, notamment mécanique et chimique, ainsi que les agents et réactions impliqués dans ces processus. Enfin, il souligne l'importance des facteurs climatiques et de la composition minérale dans la résistance à l'altération.

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Chapitre 1: Les processus sédimentaires

Introduction

Les roches sédimentaires sont des roches exogènes, principalement confinées dans la partie
superficielle de la croute terrestre. Ce sont les roches les plus répandues à la surface de la terre. Leur
âge va du Précambrien à l'actuel. Les premières roches sédimentaires ont été déposées il y a près de
quatre milliards d'années, époque à laquelle la majeure partie de la surface de la Terre était
recouverte de roches volcaniques. Leur proportion relative à la surface de la Terre a augmenté
progressivement avec le temps, car les processus d'altération ont entraîné la décomposition d'autres
types de roches et le dépôt des produits de décomposition pour former des roches sédimentaires.
Elles sont donc le produit d'une succession de processus dits "sédimentaires", comprenant
l'altération, l'érosion, le transport, le dépôt et la diagenèse (Fig.1).

Figure 1: Les différents processus de formation des roches sédimentaires.

I. Erosion et altération des continents

Les processus physiques, chimiques et biologiques qui transforment une roche donnée (ignée,
métamorphique ou sédimentaire) en particules sont appelés altération.

Les processus d'altération aboutissent à la séparation d'une phase soluble dite migratrice, évacuée
par les eaux courantes et d'une phase résiduelle, qui s'accumulant sur place est à l'origine des sols
(Fig.2). L'altération des continents est donc la source principale des matériaux sédimentaires. Les
actions purement mécaniques des agents d'érosion produisent des fragments qui sont à l'origine des
roches détritiques, tandis que les actions chimiques et biochimiques produisent des éléments à
l'origine des roches chimiques et biochimiques (Fig.3). Les processus d'altération à la surface de la
croûte terrestre sont nombreux et peuvent être classés en deux catégories:

 altération mécanique,
 altération chimique, biochimique.

La plupart du temps, ces facteurs d'altération agissent de manière concomitante.


Figure 2: Les produits d'érosion et d'altération des continents.

Figure 3: Classification génétique des roches sédimentaires.

A. Altération mécanique ou érosion

Un massif rocheux est formé d'un ou plusieurs types de minéraux. Il peut également présenter des
discontinuités liées à la sédimentation (joints sédimentaires), aux conditions de refroidissement du
magma (débit en prisme des coulées volcaniques, etc.…), aux conditions métamorphiques (foliation,
plan de schistosité, etc.…), ou à la compaction et à la tectonique (fissures, diaclases, failles, etc.).

Ces plans de discontinuité qui fragilisent la roche sont des lieux préférentiels de circulation des fluides
et de début des processus d'érosion mécanique
Le principal agent de désagrégation physique des roches est représenté par les variations de
température, qui entrainent la dilatation ou la contraction des roches. En effet, lorsque les roches
sont soumises à des variations de volume incessantes, elles se fissurent et éclatent. La fissuration est
importante dans les roches composées de minéraux différents.

La désagrégation mécanique est particulièrement importante dans les régions désertiques où les
variations de température peuvent dépasser 50 °C entre le jour et la nuit. Elle est également
importante en régions humides où la température varie autour de 0 °C (action gel-dégel). Dans ces
dernières régions, les surfaces de discontinuité préexistantes dans les roches permettent le passage
de l'eau, qui en gelant écarte progressivement les fissures ou diaclases. Il en résulte des ruptures et la
désolidarisation des fragments lors du dégel. Les variations de température collaborent donc à la
découpe du massif en différents blocs. L'altération mécanique tend à diminuer l'épaisseur des sols et
des roches en arrachant mécaniquement des particules qui seront transportées par la suite. Elle ne
modifie pas la composition chimique et minéralogique mais facilite le morcellement du matériau
initial.

B. Altération chimique et biochimique

L'altération chimique favorise le développement des sols au détriment de la roche mère en libérant
les éléments chimiques qui seront évacués par le drainage. Elle transforme la composition initiale de
la roche mère par mise en solution ou précipitation d'éléments.

1. Les agents d'altération chimique et biochimique


 Les agents d'altération chimique sont l'eau, l'oxygène, le gaz carbonique, le facteur
thermique, les conditions de drainage et de circulation des eaux.

A ceux-ci, il faut ajouter les agents d'altération biochimique constitués par les plantes, les
microorganismes et l'activité humaine.

 Action de l'eau: l'action de l'eau est de loin la plus importante. Outre son action mécanique
exposée ci-dessus (érosion et gel), l'eau altère par hydrolyse les minéraux constitutifs des
roches magmatiques et métamorphiques. D'autre part, elle altère également les roches
sédimentaires précédemment formées, principalement par hydratation et par dissolution.
 Action de l'oxygène qui provient soit de l'air, soit de la réduction d'oxydes, provoque des
oxydations (en particulier du fer et du manganèse) et transforme les sulfures en sulfates.
 Action du gaz carbonique: le gaz carbonique renforce l'action de l'eau et permet en outre le
départ facile des bases sous forme de carbonates ou de bicarbonates solubles. A cause de
l'activité végétale, sa pression relative dans le sol est 3 à 5 fois plus élevée que dans
l'atmosphère.
 Action des acides: les acides secrétés par les bactéries et par les racines ou provenant de
matières organiques putréfiées, sont les agents de destruction des roches les plus actifs avec
les pluies d'orage, riches en acide nitrique.

 Action des plantes supérieures: les plantes supérieures ont une action destructrice par
l'expansion de leurs racines qui peuvent écarter les fissures de la même manière que le gel.
Cependant, les plantes ont également une action importante de protection des sols contre
l'érosion.
 Action de la température: le facteur thermique lié aux climats est essentiel car la vitesse des
réactions double chaque fois que la température croît de 10°C (loi de Van t'Hoff). En
conséquence, les climats tropicaux humides sont largement plus agressifs que les climats
froids.
 Action de drainage des eaux : Les conditions de drainage et de circulation des eaux jouent
également un rôle prépondérant. Plus la circulation des eaux est importante, plus vite
s'altèrent les roches en raison du lessivage continuel des produits de l'altération.
2. Les réactions d'altération chimique

Cinq grands types de réactions chimiques (hydrolyse, hydratation, dissolution ou mise en solution,
oxydation/réduction, décarbonatation) permettent, soit de dissoudre totalement certains minéraux
(halite ou calcite) et les ions sont évacués en solution, soit de transformer les minéraux de départ en
d'autres minéraux comme les feldspaths et les micas qui sont transformés en argiles (principalement),
soit de réduire la taille granulométrique. La plupart de ces réactions nécessite la présence de l'eau et
de l'air; ainsi, l'altération chimique a lieu essentiellement en climat humide.

a. Hydrolyse

L'hydrolyse est la principale réaction d'altération. C'est la réaction chimique d'un corps qui fixe les
éléments de l'eau et donne de nouveaux composés. Elle entraîne la destruction des minéraux par
l'eau.

CO2 ( gaz ) + H2O → H2CO3 → HCO3- + H+

L'hydrolyse peut être totale ou partielle :

 l'hydrolyse est totale lorsque le minéral est détruit en plus petits composés possibles
(hydroxydes, ions). Par exemple, les olivines, les pyroxènes et les plagioclases se dissolvent
totalement suivant la réaction suivante :

Mg2SiO4 (Forstérite) + 4H+ → 2Mg2+ + H4SiO4

NaAlSi3O8 +8H2O → Al(OH)3 + 3Si(OH)4 + (Na+ + OH-)

 l'hydrolyse est partielle lorsque la dégradation est incomplète et donne directement des
composés silicatés (argiles, par exemple). L'hydrolyse partielle de l'albite peut donner par
exemple de la kaolinite + de l'acide silicique.

2NaAISi3O8 + 14H2O → Si2O5Al2(OH)4 + 4Si(OH)4 + 2(Na+ + OH-)

Eau Kaolinite (argile) Slice Ions en solution

N.B. La complexolyse est une variante de l'hydrolyse qui s'effectue en présence de matière organique.
Les composés organiques de l'humus vont extraire les cations métalliques des réseaux cristallins; les
minéraux sont détruits et les cations sont fixés sur les composés organiques en donnant des
complexes organométalliques. Les cations qui se lient aux grosses molécules organiques de l'humus
sont surtout les ions Al3+, Fe²+ et Fe3+.

b. Hydratation

L'hydratation d'un minéral correspond à un gain de molécules d'eau pour former un minéral hydraté,
la déshydratation correspond au processus inverse (un minéral hydraté donne un autre minéral de
l'eau). Les réactions les plus importantes sont:
Exemples d'hydratation:

CaSO4 Anhydrite + 2H2O → CaSO4 + 2H₂O Gypse

Fe2O3 Hématite + H2O → 2FeOOH Goethite

Exemple de déshydratation

CaSO4 + 2H2O Gypse → CaSO4 Anhydrite + 2H₂O

c. Dissolution ou mise en solution

C'est la réaction la plus simple, faisant intervenir de l'eau, et/ou un acide.

Exemples de dissolution:

Sel gemme et autres évaporites sont fortement solubles:

NaCl (halite) → Na+ + Cl–

Quartz et autres silicates: très faiblement solubles (6 ppm pour le quartz dans les eaux de surface):

SiO2 + 2H2O → Si(OH)4 Silice monomère

d. Oxydation/réduction

L'oxydation est le processus par lequel un ion perd un de ses électrons, la réduction est le processus
inverse. Le meilleur agent oxydant est l'oxygène. Les éléments les plus facilement oxydables sont le
fer et le manganèse. Le mécanisme d'oxydation le plus connu est la transformation d'ions ferreux
( Fe2+ ) de couleur métallique terne en ions ferriques ( Fe3+ ) de couleur rouge brique. Lorsque l'on dit
d'un objet qu'il rouille, en réalité il s'est oxydé. Comme réaction d'oxydation on a:

2FeS2 + O2 → Fe2O3 + 2S (pyrite) (hématite)

(Pyroxènes)

Oxygène Silice

L'oxydation de la matière organique produit de l'eau et du dioxyde de carbone, rappelons que ces
deux éléments sont impliqués dans les processus de dissolution.

C6H12O6 + 6O2 → 6CO2 + 6H2O

e. Décarbonatation

Elle produit la solubilisation des calcaires et des dolomies généralement sous l'action du CO2 dissous
dans l'eau: CaCO3 + CO2 + H2O → Ca (CO3H)2 soluble

3. Les facteurs d'altération chimique


a. Résistance d'un minéral à l'altération

L'énergie de liaison varie selon le type d'ions concernés le K+ est faiblement lié à l'oxygène, le Fe2+ et
le Mg2+ les sont moyennement, tandis que le Si4+ établit des liaisons très fortes. On comprend ainsi
que le quartz, ne comportant que des liaisons fortes entre le silicium et l'oxygène, résiste mieux à
l'altération. L'olivine en revanche, contenant des cations moins liés ( Fe2+ et Mg2+ ) a un réseau
cristallin plus fragile. Goldich (1938) a établi l'ordre de résistance des minéraux à l'altération:

olivine plagioclases Na
augite plagioclases Ca-Na
hornblende plagioclases Na-Ca
biotite plagioclases Ca
feldspaths K
muscovite
Résistant Quartz

On remarque que cet ordre évoque les suites de BOWEN (1928): ce n'est pas un hasard. Dans un
magma, l'olivine cristallise à haute température, elle est donc particulièrement géochimiquement
instable dans les conditions de surface. Le quartz, en revanche est formé à une température moins
élevée, il est géochimiquement plus stable.

b. Mobilité des ions

La mobilité d'un ion dépend de son rayon ionique (r, exprimé en Ångström Å) et de sa charge ionique
(Z ou e). Le rapport Z/r qui détermine le comportement des ions est appelé « potentiel ionique ». La
classification établie par Goldschmidt (Fig.4) distingue 3 groupes d'ions d'après la valeur du potentiel
ionique:

 Z / r ≤ 3 : ce sont les cations solubles, gros ions faiblement chargés (K+, Na+, Ca2+ ,Mg2+ ,Ni2+,
Fe2+, Mn²+); leur potentiel ionique et leur densité de charge de surface sont faibles. Ils n'ont
pas d'action sur la molécule d'eau et restent disperser et très mobiles.
 3 < Z / r < 10 : ce sont les hydrolysats, hydroxydes insolubles; la dissociation de l'eau est
partielle en H+ et OH-, Les cations s'unissent aux OH et forment des hydroxydes insolubles.
Ces ions, qui une fois formés restent sur place, sont très peu migrateurs et forment les
concentrations résiduelles. Ce sont en particulier F e3+ , Mn4+ , Al3+ , Ti4+.
 Z / r ≥ 10 : ce sont les oxyanions solubles, anions complexés avec oxygène (S, C, B, P, N)
formant des sulfates, des carbonates, des borates, des phosphates et des nitrates. Leur
potentiel ionique est grand, leur surface est fortement chargée. Ces ions dissocient les H+ des
molécules d'eau et s'associent avec l'oxygène

Figure 4: Diagramme du potentiel ionique de Goldschmidt


La valeur du potentiel ionique permet donc d'expliquer l'association de certains métaux dans les
minéralisations (par exemple la paragenèse plomb-zinc), le lessivage des cations solubles et des
oxyanions comme le potassium, les sulfates et l'immobilité relative des hydrolysats comme Al(OH)3
(gibbsite).

c. Facteurs climatiques

La destruction des roches se fait: (1) par désagrégation mécanique qui donne des fragments et (2) par
altération chimique qui produit des ions solubles (cations, acide silicique...), par hydratation et
polymérisation des cations comme le fer et l'aluminium avec la matière organique (complexolyse) et
des argiles, constituants fondamentaux du sol. L'ensemble constitue le complexe d'altération (Fig.5).

Figure 5: Evolution des minéraux primaires et formation des argiles

Le complexe d'altération comprend la fraction argileuse héritée, transformée ou néoformée et


d'autres constituants, cryptocristallins ou amorphes, comme les oxyhydroxydes de Fe, Al, Mn, Si,
associés aux argiles et complexés avec l'humus. Les oxyhydroxydes de Fer sont en particulier la
goethite de couleur ocre (Fe OOH) en climat humide, l'hématite rouge (Fe2O3) en sol fersialitique.
L'aluminium est sous forme d'ion Al3+ hydraté responsable de l'acidité du sol. Les formes cristallines
de l'aluminium comme la gibbsite (Al(OH)3) et la Bohémite (Al OOH) sont rares dans les sols des
climats tempérés.

Les nouveaux minéraux formés sont en général des phyllosilicates. Ces minéraux proviennent soit de
la transformation d'un phyllosilicate préexistant, soit d'une néoformation à partir d'un silicate (non en
feuillet) à la suite du réarrangement de la structure cristalline (Fig.6). Les réactions ont lieu surtout
dans le sol. Lorsque les nouveaux minéraux argileux sont formés à partir des micas (muscovites,
biotites et chlorites), le réseau cristallin est plus ou moins conservé, on parle de transformation.
Lorsqu'ils sont formés à partir de silicates qui ne sont pas en feuillets (feldspaths, amphiboles,
olivine...), le réseau cristallin du minéral d'origine est complètement détruit, on parle de
néoformation.
Figure 6: Formation des minéraux secondaires en fonction de la nature de la roche mère.

L'altération demande de l'eau et une température suffisante; elle est moyenne en climat tempéré,
maximale sous climat équatorial. Elle se fait par hydrolyse pour les roches silicatées, par
décarbonatation pour les roches calcaires (solubilisation du carbonate par le CO2 contenu dans l'eau).
La désagrégation mécanique caractérise les climats froids ou désertiques.

 En climat chaud et humide, l'hydrolyse est totale; les silicates sont hydrolysés en gibbsite;
l'acide silicique et les cations solubles sont lessivés, il reste sur place le fer et l'aluminium qui
constituent un sol ferralitique ou latéritique. Les oxydes de fer peuvent se concentrer en
surface et constituer une croûte ferrugineuse, la croûte latéritique. Les latérites en place ou
remobilisées sont susceptibles d'être exploitées comme minerai de fer ou d'aluminium
(bauxite). Les minéraux néoformés à partir des ions libérés sont la kaolinite et les smectites.
Le lessivage, en éliminant les cations, augmente l'acidité du sol.
 En climat chaud et à saisons sèches et humides alternant, le lessivage et le confinement
s'alternent, la matière organique est minéralisée rapidement, des smectites se forment, la
silice reste sur place. Le sol contient l'association Fe, Si et Al, c'est le sol fersialitique des pays
tropicaux et méditerranéens. La concentration en surface des oxydes de fer produit le
phénomène de rubéfaction.
 En climat tempéré, l'hydrolyses est partielle. Les minéraux argileux sont hérités de la roche
mère (chlorites par exemple) ou transformés progressivement. Lorsque l'hydrolyse est à pH
neutre, comme sur roches calcaires, l'illite est dégradée en smectites (K+ remplacée par Ca,
Mg). Pour une hydrolyse à pH acide, sous l'action des acides organiques, l'illite est
transformée plutôt en vermiculite par perte de K⁺; des complexes organométalliques se
forment par complexolyse. Les sols sont bruns.
 Sous climat froid et humide, milieu de formation, des podzols (sol forestier acide), les acides
organiques attaquent les illites et vermiculites et les dégradent en smectites; la kaolinite peut

être néoformée.

Figure 7: Structure des phyllosilicates des argiles

C. Exemple d'altération du granite

L'altération du granite est différente selon qu'elle se produit en climat tempéré ou en climat tropical
(Fig.8).

 En climat tempéré: Au contact de l'hydrosphère, le granite s'altère sur une épaisseur de


quelques mètres, laissant des boules de granite << saines » (Chaos granitique) et des
particules fines à grossières (arènes granitiques): c'est l'arénisation. Les minéraux constitutifs
sont faiblement altérés, seuls les plagioclases subissent une réelle hydrolyse, suivie du départ
des cations Na et Ca qui se fixent dans les chaînes du mica noir, par substitution avec le K. La
perte de cohésion du granite est liée à l'hydratation des feuillets du mica noir qui provoque
leur gonflement
 En climat tropical: Le même type de granite que précédemment

plus en climat tropical: c'est l'altération latéritique. La profondeur peut atteindre plusieurs dizaines de
mètres d'épaisseur. D'un granite sain, on a la formation de plusieurs horizons dont les constituants
proviennent du granite mais sont partiellement ou complètement transformés. On retrouve de bas
en haut:

 le granite sain fracturé


 le granite peu cohérent et relativement peu altéré, proche du faciès arénitique du climat
tempéré
 un horizon à dominance argileuse « litho marge » qui conserve l'architecture originelle du
granite. Les feldspaths, en s'altérant ont donné des argiles du type kaolin
 un horizon à argile rouge caractérisé par l'absence complète de CaO, Na2O et K2O et par une
augmentation importante d'hydroxyde de fer Fe(OH); et d'aluminium Al(OH)3. Cet horizon
est appelé cuirasse latéritique », résultant d'une hydrolyse intense. Il est surmonté d'un sol,

support du couvert végétal, renfermant des concrétions siliceuses

II. Transport & Dépôt des sédiments

La plupart des dépôts sédimentaires sont le résultat du transport des matériaux sous forme de
particules issues des phénomènes d'altération et d'érosion. L'action de la gravité, l'action de l'eau,
l'action du vent (l'air) et celle de la glace sont responsables du déplacement des sédiments depuis les
zones sources jusqu'aux zones de dépôt.

A. Le déplacement par gravité

Ce mode de transport se rencontre dans les régions présentant des différences d'altitude créant des
pentes, où la désagrégation mécanique est forte, c'est à dire essentiellement en montagne et en
régions désertiques. On distingue deux types déplacement gravitaire en l'absence de fluides (gravité
pur) et déplacement gravitaire en présence de fluides.

1. Déplacement par gravité pure

Il s'agit du déplacement en masse de sédiments ou de masses rocheuses par simple gravité en


l'absence de fluides, entrainant les chutes ou avalanches de débris "Rockfalls", et les glissements de
terrain "landslides". Les chutes de roches génèrent des amas de sédiments à la base des pentes,
généralement constitués de débris grossiers qui ne sont pas remaniés par d'autres processus. Elles
affectent des versants rocheux raides où l'instabilité peut être provoquée par la décompression, par
une modification de la pente ou encore par un changement des propriétés mécaniques (saturation en
eau, fonte du permafrost). Les débris sont déplacés sur une faible distance (quelques centaines de
mètres, exceptionnellement quelques km) et s'accumulent en cônes d'éboulis. Ils sont non usés et de
toutes tailles; les plus gros descendent plus loin et forment la frange du cône : un certain
granoclassement horizontal s'établit. Les dépôts d'éboulis sont localisés dans les zones montagneuses
et occasionnellement le long des côtes: ils sont rarement conservés dans l'enregistrement
stratigraphique. Les glissements en masse correspondent au déplacement de matériel par translation
ou rotation le long d'une surface de rupture. Ces phénomènes déplacent des masses considérables
de sols et débris rocheux sur des distances courtes (de l'ordre du km). Leur impact sédimentaire est
pourtant important, car ils mettent les matériaux mobilisés à la disposition du système fluviatile

Figure 9: différences entre glissement de terrain et écoulement de débris.

2. Déplacement par gravité en présence d'eau

Dans ce processus, les particules sédimentaires sont déplacées sous l'effet dominant de la gravité
auquel s'ajoute l'action de l'eau (à la différence d'un écoulement liquide conventionnel). En fonction
de la taille des particules transportées, on distingue: les écoulements de grains ("grain flows"), les
coulées de débris ("débris flows"), les coulées boueuses ("mudflows"), les laves torrentielles ou
écoulements de sédiments fluidisés ("fluidised sediment flows") et les courants de turbidité
("turbidity currents").

Dans un écoulement de grains les particules sont maintenues en mouvement par des forces
dispersives dues aux multiples collisions entre les grains. L'eau n'agit que comme un lubrifiant mais
ne propulse pas les grains. Ce mécanisme est plus courant dans les sables des dunes éoliennes
(régions désertiques) entrainant un bon tri des matériaux mais peut également se produire dans des
matériaux graveleux plus grossiers dans un environnement subaquatique escarpé.

Les mudflows (coulées boueuses) sont des écoulements de boue sous l'action de la gravité à la suite
d'une forte pluie par exemple, et peuvent causer des dégâts considérables. Si cette boue contient de
gros éléments anguleux (galets, blocs), on parle alors de débris flows ("coulées de débris" ou "coulées
de solifluxion") aériennes qui peuvent apparaître dans tout matériel meuble à éléments fins situé sur
une pente et remobilisé par les pluies: sols, cendres volcaniques... Ces écoulements ont l'aspect du
béton frais et se mettent en mouvement lorsque de fortes pluies ont saturé d'eau leur fraction fine
argileuse. Leur vitesse de propagation peut atteindre une centaine de km/h et ils provoquent le
déplacement de blocs de taille parfois considérable. Les débris flows sont mal classés avec
localement un granoclassement inverse à la base. Les plus gros blocs se situent à l'avant de la coulée
et forment des levées sur le côté.

Lorsqu'il y a une très forte concentration de sédiments incorporant une quantité d'eau plus grande,
les coulées sont plus fluides et passent aux "laves torrentielles" (fluidised sediment flows) s'écoulant
dans les lits des torrents au cours d'un orage. Ce type d'écoulement gravitaire est due à un excès de
pression du fluide intergranulaire. Les fluidised sediment flows demeurent en mouvement aussi
longtemps que cet excès de pression sera maintenu.

Les courants de turbidité sont des écoulements gravitaires dans lesquels le sédiment est maintenu en
suspension par la turbulence du fluide interstitiel. Ils se produisent lorsqu'un choc (tremblement de
terre, vague) ébranle une masse de sédiment. Ce mélange d'eau et de sédiment (25 mg/l à 1 kg/l)
possède une densité plus grande que celle de l'eau et se déplace vers le bas sous l'effet de la gravité.
L'effet dominant est la pesanteur, le fluide ne fait que maintenir les particules en suspension
Fig. 10. Lithologie, texture et figures sédimentaires des quatre types d'écoulements gravitaires

B. Transport par le vent

Le vent est à la fois agent d'érosion et vecteur de transport et de sédimentation. Son action se
manifeste surtout dans les régions dénudées désertiques où l'absence d'eau et de végétation rend les
dépôts meubles et facilement mobilisables. Le vent soufflant sur la terre peut ramasser de la
poussière et du sable et les transporter sur de grandes distances, mais la capacité du vent à
transporter des matériaux est limitée par la faible densité de l'air.

Les principaux dépôts éoliens sont les sables, les argiles et les cendres volcaniques. Le vent agit par
son énergie cinétique propre (action de balayage ou déflation) et par l'impact des particules qu'il
transporte (corrasion).

1. Déflation:

En balayant la surface des plateaux, le vent décape la pellicule meuble et laisse apparaitre la dalle
rocheuse dure (hamadas sahariennes). Lorsque le sol comporte des matériaux hétérométriques,
sols alluviaux par exemple, la déflation élimine les éléments les plus fins, laissant sur place un
désert de cailloux ou reg qui occupe plus de trois quarts de la surface du Sahara. Lorsque le sol
est argileux, on observe la formation de longues chenaux métriques (yardangs). La déflation est
responsable de la formation de grandes dépressions désertiques comme les chotts du Sahara ou
les playas (plages) des déserts américains.

2. Corrasion :
Les particules transportées par le vent, en particulier les grains de quartz, agissent comme des
micro-burins façonnant une surface luisante, d'aspect gras (le poli désertique) qui présente au
microscope un aspect dépoli. C'est ainsi que les grains transportés par le vent sont généralement
piquetés et mats, subsphériques. Ils sont appelés <<< ronds-mats >> en morphoscopie, et
présentent, en exoscopie, des croissants et des V de choc. Les grains de quartz transportés par le
vent polissent les cailloux résiduels en façonnant des dreikanters ou des cailloux tétraédriques
(suivant le nombre de faces), caractérisés par des facettes planes réunies par des angles
émoussés.

C. Transport par la glace

La glace peut être considérée comme un fluide car sur de longues périodes, elle se déplace à la
surface de la terre, bien que très lentement. La glace est donc un fluide à viscosité assez élevée qui
est capable de transporter de grandes quantités de débris clastiques. Le mouvement des détritus par
la glace est important dans et autour des calottes polaires glaciaires et dans les zones montagneuses
(glaciers de montagne). Le volume de matériau déplacé par la glace a été très important lors des
périodes de grande glaciation. Sous climat froid et humide, la neige se transforme en glace par
compaction et fusion. La glace s'écoule lentement sous forme d'un fluide visqueux et forme un glacier.
La charge transportée dépend de l'approvisionnement en matériaux.

1. En montagne :

le glacier peut transporter des amas d'éboulis en telle quantité que ces derniers recouvrent et
dissimulent complètement la glace ce sont des moraines. Ces amas de débris rocheux ne sont pas
usés par des séries de chocs entre eux, comme cela se produit dans un transport éolien ou aquatique,
mais ils peuvent être broyés entre eux ou contre les parois de la vallée sous l'effet de la pression de la
glace, jusqu'à former une "farine glaciaire" faite de quartz et autres éléments très fins qui sont une
proie facile pour l'érosion torrentielle ou éolienne.

2. Pour les glaciers des calottes polaires :

la charge est beaucoup plus faible mais leur compétence est grande: certains blocs dépassent
plusieurs mètres. Ils sont abandonnés à la fonte des glaces et constituent des "blocs erratiques"
caractéristiques du passage des glaciers. Les matériaux transportés par la glace sont fortement
hétérométriques et ne montrent pas de classement par taille. La distance de transport est de
quelques dizaines de km pour les glaciers de montagne mais elle peut dépasser la centaine de Km
pour les grands systèmes glaciaires (glaciers du Groenland).

D. Transport par l'eau

Le transport de matières dans l'eau est de loin le plus important de tous les mécanismes de transport.
L'eau s'écoule à la surface du sol dans des chenaux et sous forme d'écoulement de surface. Les
courants dans les mers sont entraînés par le vent, les marées et la circulation océanique. Ces
écoulements peuvent être suffisamment forts pour transporter des matériaux grossiers le long de la
base de l'écoulement et des matières plus fines en suspension. Les matériaux peuvent être
transportés dans l'eau sur des centaines voire des milliers de kilomètres avant d'être déposés. Les
mécanismes par lesquels l'eau déplace ces matériaux sont examinés ci-dessous.

1. Types d'écoulement
Le transport par les fluides dépend de la concentration en particules (charge) et du régime
d'écoulement du fluide. La vitesse de l'agent de transport détermine largement type d'écoulement,
soit laminaire, soit turbulent.

Dans un écoulement laminaire, les filets d'eau restent parallèles entre eux, leur vecteur vitesse est
identique ce régime tranquille est réalisé par exemple pour un écoulement d'eau étalé sur de grandes
surfaces ainsi que pour des fluides visqueux comme les coulées boueuses. La vitesse moyenne est
égale à la vitesse instantanée.

Dans un régime turbulent, les filets d'eau se mélangent, forment des tourbillons et ne restent plus
parallèles entre eux et parallèles au fond. Ceci a une conséquence importante quant à la capacité
d'érosion et de transport du fluide la composante ascendante des tourbillons et filets d'eau
maintiennent les sédiments en suspension ou favorise leur érosion

Fig. 11. Schéma d'un écoulement laminaire (A) et d'un écoulement turbulent (B). Les flèches
représentent les lignes de courant.

La capacité d'un fluide à mobiliser et transporter des sédiments dépend de nombreux facteurs dont
les principaux sont sa masse volumique, sa viscosité et sa vitesse. Le type d'écoulement peut être
quantifier par un paramètre appelé nombre de Reynolds (Re). Il s'agit d'une quantité sans dimension
qui indique dans quelle mesure un écoulement est laminaire ou turbulent. Le nombre de Reynolds
est obtenu en reliant les facteurs suivants: la vitesse d'écoulement du fluide (V), sa masse volumique
(p), sa viscosité (u), le diamètre ou profondeur du chenal dans lequel se fait l'écoulement (r).
L'équation qui définit le nombre de Reynolds s'écrit comme suit:

2���
�� =

Pour des Re de 500 à 2000, l'écoulement est laminaire c'est le cas des glaciers, des coulées de débris
et les coulées de lave, qui ont toutes des viscosités élevées. Au-dessus de 2000, l'écoulement est
turbulent: c'est le cas de la plupart des rivières, des courants de turbidité et du vent.

Lorsqu'une rivière passe d'un régime turbulent à un régime torrentiel, sa vitesse augmente et sa
surface s'abaisse. Les vagues de la surface s'atténuent. L'apparition du régime torrentiel peut être
déterminé par le "nombre de Froude":
� = �/(�. �)1/2
où V est la vitesse du fluide; g l'accélération de la pesanteur et r la profondeur du chenal dans lequel
se fait l'écoulement. Si F est inférieur à 1, le cours d'eau est en régime turbulent. S'il est supérieur à 1,
il est en régime torrentiel.

2. Déplacement des particules dans un fluide

La quantité des éléments transportés par un fluide dépend des caractéristiques du flux (vitesse et
viscosité) et de celles des éléments eux-mêmes (taille, forme, densité)

particules de toute taille peuvent être déplacées dans un fluide par l'un des trois mécanismes (Voir
fig.12):

Roulement : les clastes se déplacent en roulant au fond de l'eau sans perdre le contact avec la surface
du lit.

Saltation: les particules se déplacent en une série de sauts, quittant périodiquement la surface du lit,
et parcourant de courtes distances à l'intérieur du corps du fluide avant de retourner à nouveau dans
le lit. Suspension: la turbulence au sein de l'écoulement produit un mouvement ascendant suffisant

pour maintenir les particules en mouvement plus ou moins continuellement dans le fluide.

Fig. 12: Modes de transport des particules dans un courant

Les particules transportées par roulement et saltation sont appelées charge de fond, et le matériau
en suspension est appelé charge en suspension. A des faibles vitesses de courant dans l'eau, seules
les particules fines (silts et argiles) et les particules de faible densité sont maintenues en suspension
tandis que les particules de la taille du sable se déplacent par roulement et un peu de saltation. À des
débits plus élevés, tous les silts et argiles et des sables fins peuvent être maintenus en suspension
avec des granules, des graviers et des matériaux plus grossiers roulant. Ces processus sont
essentiellement les mêmes dans l'air et dans l'eau, mais dans l'air, des vitesses plus élevées sont
nécessaires pour déplacer des particules d'une taille donnée en raison de la densité et de la viscosité
inférieures de l'air par rapport à l'eau.
3. Taille des particules et vitesse d'écoulement

La granulométrie (taille) des particules sédimentaires a une influence majeure sur leur transport (et
sur leur vitesse de sédimentation). Ces relations sont synthétisées par le diagramme bi logarithmique
de Hjulström, qui comprend trois domaines (fig.13):

Fig. 13. Diagramme de Hjulström

La partie inferieure correspond au domaine de la sédimentation dans lequel le courant n'a pas
l'énergie suffisante pour transporter les particules. La taille des grains des particules dans un
écoulement peut être utilisée comme indicatrice de la vitesse au moment du dépôt du sédiment s'il
est déposé sous forme de particules isolées. La vitesse de sédimentation est donnée par la loi de
Stokes:

� = �. �2
où c est une constante égale à (ρp-ρr).g/18µ

v représente la vitesse de sédimentation, µ la viscosité du fluide, ρr sa masse volumique et ρp celle de


la particule; d est le diamètre de la particule, g la pesanteur.

La partie centrale correspond au domaine du transport. Pour des vitesses fortes, les particules sont
arrachées du fond (érosion) et transportées. Pour des vitesses plus faibles, les petites particules déjà
arrachées sont transportées, les plus grosses restent sur le fond.

La partie supérieure correspond au domaine de l'érosion dans lequel le courant est non seulement
capable de transporter les particules de la taille concernée mais peut, également, les éroder et les
remettre en suspension si elles ont été déposées précédemment.

Pour les particules moyennes à grossières (sable fin à galets), la vitesse du courant nécessaire pour
mobiliser les grains augmente avec leur granulométrie. Pour les particules fines (les argiles), par
contre, la courbe montre une augmentation de la vitesse du courant avec la diminution de la
granulométrie. Ce comportement paradoxal est dû aux propriétés des minéraux argileux qui
dominent la fraction fine dans un dépôt sédimentaire. Les minéraux argileux sont cohésifs et une fois
déposés, ils ont tendance à se coller les uns aux autres, ce qui rend difficile leur entraînement dans
un écoulement. A titre d'exemple, un grain de sable de 0,1 mm est érodé et transporté par un
courant de vitesse supérieure à 20 cm/s; il est encore transporté tant que la vitesse se maintient au-
dessus de 2 cm/s puis se dépose lorsque la vitesse devient plus faible. Un courant de 100 cm/s
transporte les particules inférieures à 0,005 mm déjà en suspension, érode et transporte celles
comprises entre 0,005 et 10mm . On remarque que les très fines particules (inférieures à 0,1 mm)
nécessitent des vitesses de plus en plus fortes en fonction de la diminution de taille pour être
érodées, à cause de leur capacité à former des agrégats.

III. TRANSFORMATION DU SÉDIMENT EN ROCHE COMPАСТЕ <<LA DIAGENÈSE >>>

Après dépôt dans les bassins sédimentaires, les sédiments terrigènes forment des couches meubles
<< gorgées d'eau >> de grande porosité (pouvant aller jusqu'à 90%). La transformation en roches
sédimentaires compactes se fait par un ensemble de processus mécaniques et chimiques regroupés
sous le terme de diagenèse. La diagenèse est l'ensemble des processus qui affectent un dépôt
sédimentaire et le transforment progressivement en roche solide suite à l'enfouissement et à
l'augmentation de la pression lithologique. Elle comprend: la cimentation, la compaction, la
recristallisation, le remplacement.

1. Cimentation

La cimentation est le principal processus responsable du passage d'un sol meuble à une roche et varie
en fonction de la nature du sédiment. De façon générale, l'eau qui circule dans le sédiment peut être
sursaturée par rapport à certains minéraux; cette eau précipite alors dans les pores des sédiments et
soudent les particules les unes aux autres.

Dans le cas des sables, les grains de nature variée, souvent quartzeux, sont le plus souvent cimentés
par de la calcite, de la silice ou des minéraux argileux. L'induration (cimentation) peut se faire très tôt,
avant l'empilement de plusieurs mètres de sédiments (cimentation pré- compaction - voir figure 5),
ou plus tardivement, lorsque la pression sur les particules est grande (cimentation et compaction).
Pour ce dernier cas, la pression aux points de contact entre les particules peut être suffisamment
élevée pour qu'il y ait une dissolution locale du quartz, entraînant une sursaturation du fluide par
rapport à la silice, suivie d'une précipitation de celle-ci sur les parois des particules.

Les boues calcaires qui se déposent sont composées d'aragonite et de calcite fortement magnésienne
(activité des animaux marins). L'aragonite instable et la calcite magnésienne des particules sont
progressivement transformées en calcite. Dans le cas des boues calcaires, l'apport de ciment provient
de la dissolution d'une partie de la boue elle-même. Le fluide se sursature en calcite qui précipite en
un ciment calcique, qui << soudent >> les autres particules.

2. Compaction et évolution

La compaction (parfois nommée consolidation) est due au fait que les sédiments meubles sont
progressivement enfouis sous d'autres apports. Il en résulte alors une augmentation de la contrainte
moyenne qui provoque une expulsion progressive de l'eau et une diminution de la porosité des
sédiments. Les boues argileuses sont les sédiments les plus sujettes au phénomène de compaction,
même sous faible charge. Après dépôt, les particules argileuses sont lâchement enchevêtrées.
L'augmentation progressive de la contrainte amène les paillettes à s'orienter parallèlement les unes
aux autres. Elles sont alors électro-statiquement associées. La diminution de porosité qui résulte de la
compaction des argiles peut être considérable. L'orientation des paillettes argileuses confère à la
roche la faculté de se débiter en feuillets plus ou moins réguliers.
Les boues calcaires et les sables peuvent également être compactés mais la diminution de leur
porosité est beaucoup moins importante que celle des boues argileuses.

3. Recristallisation

La recristallisation est la transformation d'un minéral préexistant en un autre de même composition;


il s'agit souvent d'un changement dans la structure du minéral par exemple, l'aragonite des restes
calcaires d'organismes, se transforme en calcite.

4. Remplacement

Le remplacement est la substitution d'un minéral par un autre sans changement de volume: cas de la
calcite parfois remplacé par du sulfate de fer

CHAPITRE II: STRUCTURES (FIGURES) SEDIMENTAIRES

1. Généralités

Les structures sédimentaires sont des marqueurs préservés dans les couches sédimentaires indiquant
les processus physiques, biologiques et/ou chimiques qui se sont déroulés durant et après le dépôt
des sédiments. Elles constituent d'importants indicateurs des conditions de transport et de dépôt des
sédiments. Elles sont générées par une variété de processus sédimentaires, tels que l'écoulement des
fluides, l'écoulement par gravité des sédiments, la déformation des sédiments mous et l'activité
biogénique. Puisqu'elles reflètent les conditions environnementales qui prévalaient pendant ou peu
de temps après le dépôt, elles présentent donc un intérêt particulier pour les géologues en tant
qu'outils pour interpréter les aspects des environnements sédimentaires anciens tels que :
 les mécanismes de transport des sédiments,
 les directions et sens d'écoulement des paléocourants,
 la profondeur relative de l'eau, et
 la vitesse relative du courant.

Certaines structures sédimentaires peuvent également être utilisées pour identifier le sommet et la
base des couches et ainsi déterminer si les séquences sédimentaires sont dans l'ordre stratigraphique
des dépôts (polarité normale) ou ont été renversées par des forces tectoniques (polarité inverse).

Les structures sédimentaires sont particulièrement abondantes dans les roches sédimentaires
silicoclastiques, mais elles se produisent également dans les roches sédimentaires non silicoclastiques
telles que les calcaires et les évaporites. On distingue deux classes:

 les structures sédimentaires primaires, formées essentiellement en même temps que le


dépôt de sédiments; ces structures sont les plus utiles dans l'analyse environnementale et
peuvent être d'origine organiques ou inorganiques.
 les structures sédimentaires secondaires, formées quelques temps après le dépôt, lors de
l'enfouissement au moment de la diagenèse; elles résultent des processus essentiellement
chimiques.

2. Les structures sédimentaires primaires

Trois principaux groupes peuvent être définis en fonction de leur morphologie et leur moment de
formation (tableau 1).

Groupe Examples Origine

I. Pré dépôt(inter-couche) Chenaux, Érosion-remblai, Principalement erosive


Marques de flûte, Marques de
rainure, Marques d'outil

II. Syndépot (intra-couche) Massive, Litage plan (incluant la Principalement déposée


linéation de séparation), Litage
gradué, Stratification
entrecroisée, Lamination, Cross-
lamination
III. Postdépot (déforme inter- et Glissement, Coulée, Lamination Principalement de deformation
intra-couches) convolutée, Litage convoluté,
Fronts inclinés, Structures de
charge

IV. Divers Traces de pluie, Fissures de


retrait, Pseudomorphoses de sel,

Dykes de sable

Tableau 1. Classification des structures sédimentaires primaires d’origine inorganique

2.1. Les structures présédimentaires

Les structures pré-sédimentaires s'observent à la surface supérieure des bancs. Elles se sont formées
avant le dépôt de la couche sus-jacente. La plupart de ces structures sont d'origine érosive.

2.1.1. Les chenaux Les plus grandes structures inter couches présédimentaires sont les chenaux. Ces
structures peuvent s'étendre sur des kilomètres de large et des centaines de mètres de profondeur
(figure 1). Elles se forment dans divers environnements depuis les plaines alluviales subaériennes aux
marges continentales sous-marines. La chenalisassions est initiée par une érosion linéaire localisée
par un écoulement de fluide aidé par une charge de fond corrosive. Les chenaux sont d'une grande
importance économique pour plusieurs raisons ils peuvent constituer des réservoirs de pétrole et des
aquifères; ils peuvent contenir des gisements de placers et de minerais de remplacement.

2.1.2. Sole marks (Marques de semelle): ce sont des figures d'érosion basales correspondant à un
groupe varié de structures observées et préservées à la surface des couches plus grenues
interstratifiées avec des mudstones (shales). Les figures basales se subdivisent en deux classes: les
structures dues à des affouillements turbulents [scour marks] et celles dues à des objets qui se
déplacent sous l'action de courants [tool marks].

Les Scour marks (Marques d'affouillement): Ce sont des figures d'affouillement causées par des
turbulences érosives. Elles sont présentes à la face supérieure des bancs ou à l'intérieur de ceux-ci. En
plan, ils sont allongés suivant la direction des courants. Typiquement, ces figures tronquent la
lamination du sédiment sous-jacent. Ces cicatrices d'érosion sont habituellement irrégulières, avec un
certain relief, mais peuvent être lissées par les courants.

• Les Tool marks (Empreintes d'objets impactés): Les traces d'outils différents des scour marks en ce
sens qu'elles sont le résultat de l'érosion produite par des objets transportés par les courants et pas
par le courant lui- même. Ce sont des empreintes formées par des objets transportés par les courants
venant épisodiquement en contact avec le fond (objets en saltation). Ces objets peuvent être des
fragments de sédiment ou des tests d'organismes.

. Scour marks Tool marks


2.1.3. Flute Marks (les flûtes): Les flûtes sont des creux en forme de talon, creusés dans les
fonds de boue. Chaque creux est généralement rempli de sable, contigu au lit sus- jacent
(Fig.). Ce sont des figures d'affouillement du fond très répandues, centimétriques à
décimétriques similaires aux marques avec un obstacle et sont préservées soit de
manière isolée soit en groupe. Ils sont reconnaissables par leur forme en V triangulaire
ou allongée dont la pointe profonde indique l'amont et les deux branches indiquent l'aval.
Ils permettent de déterminer le sens du paléocourant. Ces figures sédimentaires
s'observent souvent à la base des turbidités et également dans certains chenaux

fluviatiles.

Flute marks

2.1.4. Groove Marks (Les figures de traction): sont des rainures creusées dans le sédiment sous-
jacent par des objets traînés sur le fond par les courants, voire par des icebergs. Ils se
présentent sous la forme de crêtes rectilignes, étroites et allongées de quelques mm à
plusieurs dizaines de cm, souvent parallèles entre elles (rides allongées à la base des
grès). Ce sont de bons indicateurs de la direction des courants (mais pas de leur sens). Ils
sont également fréquents dans les turbidités, les faciès fluviatiles et les faciès

périglaciaires

2.1.5. Crescent marks (Les figures en croissant): prennent naissance lorsqu'un objet posé sur le
fond provoque une déflexion des lignes de courant. Il en résulte une érosion à l'avant de
l'objet et un dépôt à l'arrière. La forme de la figure est contrôlée par la géométrie de
l'objet. Cette figure est très fréquente en milieu littoral.

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2.1.6. Rides marks (Les marques de ruissellement) sont des figures d'érosion dendritiques mm-
cm formées par un système de chenaux lors du retrait des eaux sur les plages ou lors de
phénomènes de ruissellement subaérien sur des sédiments fins. Elles sont observées sur
les surfaces modernes de sables et de silts mais rarement sur les surfaces des sédiments
anciens. La divergence des ramifications se fait vers l'aval (=dans le sens du ruissellement).

**

2.2. Les structures synsédimentaires

Les structures synsédimentaires sont celles qui se sont formées lors de la sédimentation. Ce sont
donc essentiellement des structures présentes au sein des couches sédimentaires. Les structures
intra-couches synsédimentaires les plus importantes sont litage et lamination (Bedding and
Lamination), granoclassement (Graded bedding), rides (ripples), stratifications entrecroisées
(Cross- bedding), laminations entrecroisées (Cross-lamination).

2.2.1. Litage et lamination

Le litage et la lamination définissent la stratification. Le litage ("bedding") est l'expression de la


stratification à l'échelle du banc (supérieur à 1 cm) tandis que la lamination représente la
stratification à l'échelle du mm et en deçà (inférieur à 1 cm) au sein des bancs. Le litage est
composé de lits; la lamination est composée de lamines. La lamination parallèle (également
appelée planaire ou horizontale) est une structure interne courante des lits. Les lits varient
également dans leur forme et leur définition de sorte que les types planaires, ondulés et courbes
sont reconnus, et ceux-ci peuvent être
parallèles les uns aux autres, non
parallèles ou discontinus.

Différents types de litage ou de lamination Terminologie de l'épaisseur du lit.

Litage et lamination sont produits par des changements plus ou moins périodiques dans la
sédimentation (variations de la granulométrie et de la composition des sédiments). Les contacts
entre lamines successives peuvent être progressifs, nets ou érosifs.

Le litage massif est observé dans des dépôts d'environnement à grains fins et à faible énergie, tels
que les dépôts d'argilites, siltites, marnes, sables très fins, craies et calcilutites. Il est le plus
souvent observé dans les sables très bien triés, où les structures sédimentaires ne peuvent être
délimitées que par des variations texturales.

**

Les laminations planes parallèles caractérisent les dépôts de sables et de grès. Ces laminations
planes sont engendrées par les allées et venues des vagues ("wash and backwash") dans les
environnements de plages exposés. L'arrivée d'une vague s'accompagne d'un apport
sédimentaire qui se dépose lors de son retrait sous forme de lamination à granoclassement
inverse. Si les sédiments sont enrichis en minéraux denses et opaques, le dépôt résultant sera
constitué de couches claires (quartzeuses) alternant avec des couches plus foncées, enrichies en
minéraux denses.

2.2.2. Rythmites

Les rythmites constituent un type de lamination périodiquement cyclique et régulière. Elles


comprennent les dépôts constitués d'alternances de minces lits (mm-cm) de composition,
couleur, texture ou granulométrie différente. Le mécanisme générateur d'une telle rythmicité
réside dans des changements régulièrement répétés dans l'apport et l'accumulation des
matériaux arrivant dans le bassin sédimentaire. La fréquence de ces changements peut être
élevée (marées) ou faible (saisons). On distingue ainsi :

Le litage de marée ("tidal bedding"): les lamines sableuses se déposent pendant la montée ou le
retrait de la mer (courants rapides) et les lamines argileuses pendant les phases calmes (marée haute
ou basse). A noter que la genèse de ce type d'alternance exige non seulement une rythmicité dans les
mécanismes d'accumulation, mais également la disponibilité des différentes classes
granulométriques.

Les rythmites saisonnières sont formées d'alternance de couches de carbonates et de sédiments


détritiques (évaporation et précipitation du carbonate pendant l'été, dépôt des détritiques pendant
les périodes pluvieuses) ; de diatomées et d'argile; de dolomite et d'anhydrite (milieux évaporitiques);
de détritiques fins foncés et plus grossiers clairs (varves lacustres: la lamine claire est mise en place
durant la période estivale, lors de la fonte des glaciers ; cette lamine passe graduellement vers le haut
à la couche de sédiment fin foncée qui se dépose durant l'hiver. Un doublet correspond dans ce cas-ci
à une année).

NB. La continuité latérale des dépôts peut permettre de distinguer rythmites tidales et saisonnières.
Les premières ont une extension de quelques mètres, alors que les secondes sont continués sur de
grandes distances.

**

2.2.3. Granoclassement (Graded Bedding)

Certains grès, surtout dans les séquences interstratifiées de grès et de mudstones, montre des
changements de la taille des grains et des structures sédimentaires particulièrement
caractéristiques d'un processus de dépôt. Le granoclassement correspond à un changement
vertical de la taille des grains. Le granoclassement normal est marqué par une diminution vers le
haut de la taille des grains. Le granoclassement inverse correspond à un accroissement de la taille
des grains vers le haut. Le granoclassement se produit normalement lorsque les sédiments se
déposent pendant la phase décroissante d'un écoulement de turbidité.

Ces bancs se rencontrent dans une large gamme d'environnements de dépôts et concernent des
grès depuis la taille des grains des sables très grossiers ou graviers sableux jusqu'à la taille des
silts. Bien que la partie inférieure du banc soit massive, la partie supérieure peut présenter la
séquence de structures sédimentaires telles que les laminations, les rides: On parle de la
séquence de Bouma

2.2.4. Litages obliques et entrecroisés (Cross bedding)

Les litages obliques et entrecroisés sont des structures sédimentaires internes aux dépôts les plus
courantes et les plus importantes. Ils sont omniprésents dans les dépôts de courant de traction
dans divers environnements. Les premiers sont obliques par rapport au pendage moyen de la
surface de stratification et les seconds sont également obliques et de plus se recoupent
mutuellement. Cette dernière caractéristique permet de les utiliser comme critère de polarité.
Morphologiquement, les litages obliques et entrecroisés consistent en des litages inclinés,
délimités par des surfaces subhorizontales. Chacune de ces unités est appelée un ensemble ou
set. Les ensembles verticalement contigus sont appelés cossets. Les lits ou lamines inclinés sont
appelés foreset. Le foreset s'incline avec un angle d'inclinaison décroissant sur un ensemble
inférieur (Bottom set).

**

Trois types principaux peuvent être définis en fonction de la géométrie du foreset et leurs
surfaces de délimitation:

Les stratifications obliques planaires ou tabulaires (="tabular cross bedding"): Dans le litage
oblique planaire tabulaire, les foresets planaires sont délimités au-dessus et en dessous par des
limites subparallèles subhorizontales. Leur genèse est liée à la migration latérale de formes
sédimentaires avec dépôt de matériel détritique. Citons entre autres: migration de rides,
mégarides et dunes, etc. Les litages obliques tabulaires se forment lorsque les crêtes des rides
sont rectilignes.

Les stratifications entrecroisées en auge ou creux (="trough cross bedding") les foresets concaves vers
le haut se trouvent dans les affouillements d'érosion qui sont allongés parallèlement au flux de
courant. Les stratifications en auge témoignent des crêtes plus sinueuses (migration latérale du
courant de dépôt).

Les stratifications entrecroisées en arêtes de poisson ("herringbone cross bedding"): cette figure fait
référence au litage oblique bipolaire, où les pendages obliques des ensembles adjacents sont orientés
dans des directions opposées. La stratification en arêtes de poisson est produite par des inversions de
courant, provoquant le changement de direction de migration des dunes et des vagues de sable.
Cette structure est également et surtout produite dans les tidal flats par les inversions périodiques
des courants de marée. On observe souvent une surface de réactivation qui entame les lamines
obliques antérieures (cette surface est produite au moment où le courant change de direction).

**

2.2.5. Rides (ripples) et formes des dunes

Les rides sont des formes de dépôt ("bedforms") qui se produisent essentiellement dans les sables
fins soumis à de faibles courants. Ce sont des alternances de crêtes et de creux à petite échelle,
formées à la surface de la couche sédimentaire par le mouvement de l'eau ou du vent. Elles sont
générées dans des conditions de régime de faible débit. Deux grands types de rides (échelle du mm-
cm en coupe transversale) se distinguent : les rides de vagues et les rides de courant. En coupe
transversale, les rides peuvent soit symétriques soit asymétriques.

Les premières sont formées par l'action des vagues sur un sédiment non cohérent, en général dans la
gamme des sables fins. Leur coupe transversale est typiquement symétrique.

**

Ride de vague: écoulement oscillatoire (courant bimodal)

Les secondes sont générées par l'action de courants unidirectionnels (par exemple, dans un chenal de
rivière). L'asymétrie qui les caractérise permet donc de déduire le sens du courant: pente forte en
aval, pente faible en amont.

**

Ride de courant: Courant unidirectionnel

Sur la base de la forme en plan des rides, on parlera de rides à crêtes rectilignes, à crêtes sinueuse, ou
linguoïdes.

On distingue différents types de stratifications des rides (formes des dépôts):

La stratification sigmoïdale, se produit lorsque les lamines entrecroisées de sables contiennent des
traînées de boue, généralement dans les creux des rides (plus de sable que de boue). Ces formes se
présentent généralement dans des environnements à énergie relativement élevée (plats de sable)

La stratification lenticulaire est une structure formée lorsque la boue domine et que les sables à
laminations entrecroisées se présentent sous forme de lentilles (plus de boue que de sable). Ces
formes se présentent généralement dans des environnements à énergie relativement faible.

La stratification ondulée est une structure formée de boues interstratifiées et de sables à laminations
entrecroisées, dans laquelle les ondulations ou les lentilles de sable sont continus à la fois dans la
direction verticale et horizontale. Elle se forme généralement dans des environnements où
s'alternent fréquemment les énergies élevées et faibles.
**

Types de stratifications des rides (formes des dépôts)

NB. Les stratifications sigmoïdales et lenticulaires se forment notamment dans les


environnements littoraux et subtidaux où les conditions de flux de courant ou d'action des vagues
qui provoquent le dépôt de sable alternent avec des conditions d'étales qui déposent la boue

2.3. Les structures post-sédimentaires

Le troisième groupe principal de structures sédimentaires est le résultat de la déformation.


Celles-ci peuvent être qualifiées de post-sédimentaires car, évidemment, elles ne peuvent se
former qu'après le dépôt des sédiments. On distingue des structures de déformations d'origine
inorganique et organique.

2.3.1. Structures de déformation d'origine inorganique

2.3.1.1. Fentes de dessiccation (Dessiccation Cracks)

Les fissures ou fentes de retrait de l'eau sont enregistrées dans les sédiments boueux. Ils sont de
deux types les fentes de dessiccation subaériennes et les fentes de synérèse subaquatique. Les
fentes de dessiccation, également connues sous le nom de fentes solaires, sont des fissures
effilées vers le bas dans la boue, remplies de sable. En vue de dessus, ils sont polygonaux. Les
fissures individuelles mesurent environ un centimètre de large. Les polygones mesurent
généralement environ 0,5 m de diamètre.

**

2.3.1.2. Les pseudonodules ("Ball and pillow structures")

Ces structures s'observent dans des couches sableuses. La base de la couche sableuse est
ondulée, voire même découpée en une série de nodules séparés les uns des autres. La dimension
de ces structures est variable, allant de quelques cm à plusieurs m de longueur. Les
pseudonodules ne sont pas indicatifs d'un environnement particulier, mais plutôt d'une vitesse de
sédimentation relativement rapide.

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2.3.2. Structures de déformation d'origine organique (les bioturbations)

Ce sont des témoins de l'activité organique dont les plus fréquents sont : les traces de racine, les
traces de déplacement et de repos, les traces de logement, les traces de nutrition et les
stromatolites

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3. Structures sédimentaires secondaires

Il s'agit de structures formées par précipitation de substances minérales dans les pores de roches
sédimentaires semi-consolidées ou consolidées ou par des processus de remplacement chimique.
Il s'agit notamment de concrétions, de nodules, de stylolites etc...

3.1. Concrétions: elles sont principalement composées de calcite ou d'autres minéraux (par
exemple, dolomite, hématite, sidérite, chert, pyrite et gypse). Elles se forment par
précipitation de minéraux autour d'un noyau, comme un fragment de coquille, et formant
progressivement une masse globulaire, qui peut ou non présenter une stratification
concentrique. Elles sont particulièrement courantes dans les grès et les schistes, mais
peuvent se produire dans d'autres roches sédimentaires.

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3.2. Nodules: ce sont des corps sphériques ou arrondis irréguliers. Ils n'ont généralement pas de
structure interne à l'exception des restes préservés de la stratification d'origine ou des fossiles.
Les minéraux communs qui composent les nodules comprennent le chert (par exemple les
nodules de chert dans les calcaires), l'apatite (par exemple les nodules de phosphorite),
l'anhydrite, la pyrite et le manganèse (par exemple les nodules de manganèse). Les nodules
semblent se former en remplaçant partiellement ou complètement les minéraux de la roche
encaissantes plutôt que par une simple précipitation de minéraux dans l'espace poreux
disponible.

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3.3. Les stylolites sont des veines d'argile ou d'autres matériaux insolubles ressemblant à des
sutures qui se produisent généralement dans les calcaires en raison de la dissolution sous
pression. Les veines résultent de la pénétration irrégulière et imbriquée de la roche de chaque
côté de la suture. Elles sont généralement marquées par des concentrations de constituants
insolubles tels que des minéraux argileux, des minéraux d'oxyde de fer et de la matière organique
fine

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