Histoire de l’économie sociale et solidaire (ESS), organisée de façon claire
et chronologique pour un exposé ou un devoir.
Histoire de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS)
1. Les origines au XIXe siècle : une réponse à l’industrialisation
L’économie sociale et solidaire naît au XIXe siècle, dans un contexte de
profondes transformations économiques et sociales liées à la Révolution
industrielle. L’industrialisation engendre une forte urbanisation, une
précarisation de la classe ouvrière et de profondes inégalités. En réponse,
de nombreuses initiatives émergent pour améliorer les conditions de vie
des travailleurs. On voit apparaître les premières coopératives de
consommation, comme celles de Rochdale en Angleterre en 1844, qui
serviront de modèle pour le mouvement coopératif mondial.
Parallèlement, des mutuelles se forment pour permettre aux ouvriers de
s’assurer mutuellement en cas de maladie, d’accident ou de décès. Les
associations de bienfaisance se développent également dans les
milieux chrétiens et laïques. Ces initiatives ont en commun une volonté
d’autogestion, d’entraide et de justice sociale. C’est à cette époque
qu’apparaît le terme "économie sociale", désignant un ensemble
d’activités économiques guidées par la solidarité plutôt que par la
recherche du profit.
2. Le développement au XXe siècle : structuration et
reconnaissance
Au cours du XXe siècle, l’économie sociale se structure progressivement.
Après la Seconde Guerre mondiale, les associations et les mutuelles jouent
un rôle majeur dans la reconstruction sociale et sanitaire, en particulier en
France, en Italie, en Belgique et au Québec. Le développement de l’État-
providence dans les années 1950-1970 s’appuie en partie sur ces
structures pour assurer certains services publics, comme la santé,
l’éducation ou l’action sociale.
Durant les années 1970-1980, face à la montée du chômage et à la crise
industrielle, de nouvelles formes d’initiatives solidaires émergent. Ce sont
des entreprises d’insertion, des ateliers protégés et des projets
communautaires visant à redonner du travail à des personnes en difficulté.
On parle alors d’économie solidaire, en insistant sur la dimension
citoyenne, participative et engagée de ces démarches.
3. L’institutionnalisation à partir des années 2000
À partir des années 2000, l’économie sociale et l’économie solidaire
convergent pour former ce qu’on appelle désormais l’économie sociale
et solidaire (ESS). Cette reconnaissance s’accompagne de la mise en
place de politiques publiques de soutien à l’ESS, notamment en Europe. En
France, la loi du 31 juillet 2014 marque un tournant : elle définit
clairement le périmètre de l’ESS, incluant les associations, coopératives,
mutuelles, fondations et entreprises sociales respectant certains principes
(utilité sociale, gouvernance démocratique, gestion désintéressée…).
De nombreuses collectivités territoriales créent alors des pôles ESS, des
appels à projets et des financements dédiés. Des institutions comme la
Chambre Française de l’ESS (ESS France) voient le jour pour
structurer le secteur.
4. L’ESS aujourd’hui : un acteur de la transition sociale et
écologique
Aujourd’hui, l’ESS est un acteur économique majeur : elle représente
environ 10 % de l’emploi en France, avec plus de 2 millions de salariés.
Elle joue un rôle essentiel dans la lutte contre les inégalités, l’insertion
professionnelle, la protection de l’environnement, le développement local,
et l’innovation sociale. Face aux crises successives (économiques,
sanitaires, climatiques), l’ESS propose des modèles alternatifs de
production et de consommation, plus durables et plus humains.
Elle attire aussi une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs et
citoyens en quête de sens et de justice sociale. Des concepts comme
l’économie circulaire, la finance solidaire, ou encore les circuits courts
trouvent dans l’ESS un terrain naturel d’expérimentation.