Insee Supporter Ligue 1
Insee Supporter Ligue 1
à l’incertitude du résultat ?
Are French Football Fans Sensitive to Outcome
Uncertainty?
Résumé – L’hypothèse que l’équilibre compétitif augmente l’utilité des supporters, soit leurs
dépenses et donc les revenus des clubs professionnels, est au cœur de l’économie du sport en
général, du football en particulier. Cette notion d’équilibre compétitif est mise en avant pour
justifier les décisions des ligues professionnelles pour changer les règles des compétitions ou
la distribution des droits TV. Mais comme le montre la littérature empirique, la relation entre
équilibre compétitif et demande des supporters est loin d’être évidente. Dans cet article, nous
nous intéressons à l’équilibre compétitif tel qu’il est perçu par les supporters. Pour la Ligue 1, il
s’explique par une incertitude de moyen et de long terme alors que pour la Ligue des champions,
il s’agit d’un suspense de long terme. L’incertitude du résultat est loin d’être le seul facteur expli‑
catif de la demande de football puisqu’environ 30 % des supporters se déclarent prêts à suivre
les matches même dans le cas où il n’y aurait plus aucun suspense.
Abstract – The idea that competitive balance increases the utility of fans, and therefore their
spending and the revenue of professional clubs, lies at the heart of sports economics in general
and the economics of football in particular. This notion of competitive balance is often invoked
to explain the decisions of professional leagues to change the rules of competitions or the dis-
tribution of TV rights. However, the empirical literature shows that the relationship between
competitive balance and fan demand is far from obvious. In this paper, we examine the idea of
competitive balance as perceived by football fans. In the case of Ligue 1, it is mainly explained
by medium- and long-term uncertainty, while in the case of the Champions League it is more a
matter of long-term suspense. But uncertainty over the outcome is far from being the only factor
Rappel - Les jugements et opinions exprimés par les auteurs n’engagent qu’eux mêmes,
explaining the demand for football since around 30% of fans report that they would always be
willing to attend or watch games even in the hypothetical case that there is no suspense left.
et non les institutions auxquelles ils appartiennent, ni a fortiori l’Insee.
Les compétitions nationales de football en France Viennent ensuite les divisions du football amateur avec
– comme toutes celles en Europe – sont organisées de des clubs à statut associatif et des joueurs non profes‑
manière pyramidale. Une de leurs caractéristiques est sionnels. En France, à partir de la saison 2017‑2018, les
le système de promotions (les montées d’équipes dans divisions nationales amateurs s’appellent dans l’ordre
la division supérieure) et de relégations (les descentes le championnat National 1, le championnat National 2
d’équipes dans la division inférieure). On appelle ces (ancien championnat de France amateur, CFA), et le
compétitions des « ligues ouvertes » par opposition aux championnat National 3 (ancien CFA 2). La plupart des
« ligues fermées » nord‑américaines dans lesquelles le clubs de ces championnats ont le statut amateur. Seuls
système de promotions‑relégations n’existe pas. Il fait les clubs qui descendent de Ligue 2 à National 1 peuvent
place aux systèmes de salary cap (plafond salarial) et garder leur statut professionnel pendant deux ans. Ils
à la draft (incorporer) qui permettent de rééquilibrer les redeviennent des clubs amateurs s’ils ne réussissent
équipes d’une saison sur l’autre. Même si le salary cap pas à remonter en Ligue 2 au bout de deux saisons. En
et la draft ont des règles spécifiques dans les différents deçà du niveau national, les compétitions s’effectuent au
sports, leur but est le suivant : d’une part, que la masse niveau régional, gérées par les ligues de chaque région,
salariale de chaque franchise (équipe) soit équivalente et et au niveau départemental, gérées par les districts
d’autre part choisir les meilleurs joueurs lorsqu’on a fini départementaux. Une réforme de l’organisation s’est
dernier de la compétition. achevée lors de la saison 2018‑2019.
Le nombre de promus et de relégués dans les différents Les compétitions internationales européennes – la Ligue
championnats européens n’est pas identique à chaque des champions et la Ligue Europa – sont réservées aux
niveau de la hiérarchie et a changé de nombreuses équipes des différentes compétitions nationales ayant
fois au cours du temps. En France, dans les deux plus remplies certains critères sportifs : vainqueurs du cham‑
hautes divisions (Ligue 1 et Ligue 2), tous les clubs ont pionnat et des coupes nationales, ainsi que les mieux
un statut professionnel obligatoire : la plupart sont des classés du championnat (le nombre varie en fonction
sociétés anonymes sportives professionnelles (SASP), des pays). Étant donné le nombre important d’équipes,
statut créé à la fin des années 1990 qui permet notam‑ il y a des tours préliminaires avant les phases finales.
ment de distribuer des dividendes. Dans les grands Les phases finales s’organisent en deux temps : d’abord
championnats européens, les premières et deuxièmes un mini championnat dans un groupe de quatre équipes
divisions sont le plus souvent les divisions profession‑ (chaque équipe joue six matchs en aller‑retour) et ensuite
nelles. En Angleterre, les quatre premières divisions sont pour les deux premiers de chaque groupe, des matchs à
professionnelles et la plupart des clubs sont des sociétés élimination directe (en aller‑retour), à partir des 8e ou des
depuis le début du professionnalisme en 1888. 16e de finales.
championnats nord‑américains). Dans les ligues (5) La diffusion des matchs à la télévision : si la
fermées, la proximité d’équipes d’une même ville diffusion peut faire concurrence à la fréquenta‑
dans des ligues concurrentes permet aux consom‑ tion des stades, la demande globale a fortement
mateurs de changer de stade si l’incertitude du augmenté depuis la massification des retransmis‑
résultat diminue. Dans le football européen, la sions des matchs dans les années 1990.
concurrence entre ligues est moins prégnante
car elles sont hiérarchisées (Ligue 1, Ligue 2, Une des caractéristiques de l’ensemble des études
National, etc.). Surtout, les équipes dans les sur l’effet de l’incertitude sur la demande de
mêmes villes en Europe se sont souvent construites football est que l’incertitude est mesurée par des
sur des oppositions de classe ou religieuses, ce données a priori sur les matchs et les équipes et
qui, « moralement », interdit aux supporters de non sur les perceptions des supporters (encadré 2).
« changer » de club (Kuper & Szymanski, 2018). Pour cela, il faut des enquêtes et les informations
La seconde raison est que la demande des fans concernant la « consommation » de football
de football ne se résume pas à un comportement sont longues et difficiles à administrer. Ainsi,
de pur consommateur : ils préfèrent voir leur Pawlowski (2013) a fait passer environ 1 000
équipe favorite gagner (Buraimo & Simmons, entretiens pendant deux mois dans six stades
2008) et voir une équipe de renom même si elle est et quelques bars en Allemagne avec un nombre
beaucoup plus forte (Pawlowski & Anders, 2012). de questions limité. L’incertitude du résultat est
alors mesurée subjectivement, telle qu’elle est
D’une manière générale, en dehors de l’incerti‑ perçue par les fans. Ses résultats montrent que les
tude, la littérature identifie cinq facteurs potentiels supporters sont sensibles à l’incertitude et qu’ils
qui influencent la demande de football (Caruso pensent qu’en Allemagne le championnat de
et al., 2019). football de première division est assez équilibré
pour continuer d’aller au stade ou de regarder les
(1) La performance sportive : plus l’équipe est matchs à la télévision.
performante, plus il y a de monde au stade.
(2) La qualité des matchs : meilleures sont les Pour mieux comprendre les comportements des
deux équipes, plus il y a de spectateurs. Ainsi, supporters de football en France, nous avons
plus on descend dans la hiérarchie sportive et réalisé une enquête originale à la fin de la saison
moins il y a de monde au stade. 2015‑2016. Le questionnaire a été mis en ligne
fin mai sur le site du quotidien sportif L’Équipe
(3) Le confort : plus les stades sont neufs, plus
([Link]) et nous avons enregistré plus de
les supporters se déplacent ; ils sont également
22 000 réponses. À partir des informations collec‑
sensibles aux conditions climatiques et à l’heure
tées dans cette enquête, nous analysons – pour la
programmée des rencontres.
première fois avec des données françaises – ce
(4) Le prix, même si la sensibilité des fans aux qui explique l’équilibre compétitif perçu par
prix des places dépend des équipes qui jouent. les supporters. Cet équilibre compétitif peut
L’équilibre compétitif (EC) et l’hypothèse d’incertitude L’incertitude de court terme est la dimension la plus
du résultat (UOH) sont étroitement liés et sont sou‑ fréquemment examinée. Sa mesure s’appuie sur deux
vent traités comme interchangeables, à quelques dif‑ sources d’information principales : les statistiques sur les
férences près. L’UOH est traitée comme un concept performances relatives des deux équipes avant un match
ex ante tourné vers l’avenir, défini en termes de dis‑ ou les cotes des paris sportifs (voir annexe 1).
tribution de probabilité des résultats possibles. En
revanche, l’évaluation de l’EC repose généralement L’incertitude de moyen terme est le degré d’incertitude
sur des mesures rétrospectives. Mais la principale dif‑ au sein du championnat : la victoire en championnat,
férence entre les deux notions se situe dans le court les qualifications pour les compétitions européennes et
terme : il y a une dimension plus marquée sur l’incer‑ la relégation. Sa mesure s’appuie sur des indicateurs de
titude des matches ainsi que sur l’incertitude au cours concentration comme l’indice de Gini.
de la saison.
L’incertitude de long terme fait référence à la domination à
Comme nous le soulignons dans le texte, différentes long terme d’une équipe ou d’un petit nombre d’équipes.
dimensions temporelles sont pertinentes pour mesu‑ Sa mesure est basée sur des indicateurs comme l’indice
rer l’UOH : le court terme, le moyen terme et le de Herfindhahl‑Hirschman, la variation des indicateurs de
long terme. Gini, etc.
Pour estimer la relation entre la demande des Peel & Thomas (1988, 1992) étudient l’effet de
supporters et l’UOH, de nombreuses études l’incertitude sur l’affluence au stade dans les
mettent en relation la fréquentation des stades quatre divisions professionnelles anglaises en
et des mesures de l’équilibre compétitif basées utilisant pour la première fois la probabilité de
sur des indicateurs d’inégalités appliqués aux gagner a priori de l’équipe qui reçoit, basée sur
classements des championnats. Les premières les paris sportifs. Leurs résultats montrent un lien
analyses ont été faites sur les championnats positif entre la probabilité de gagner et l’affluence
anglais, écossais et allemand alors que les plus au stade, ce qui signifie que ce n’est pas l’incer‑
récentes portent sur d’autres championnats (brési‑ titude mais le fait de voir gagner son équipe qui
lien, portugais, etc.). Falter & Pérignon (2000) et stimule les supporters. Ce sont surtout des buts
Falter et al. (2008) s’intéressent au championnat que les supporters veulent voir. Peel & Thomas
français de première division, même si le cœur (1996) continuent à creuser l’effet de l’incertitude
du sujet n’est pas toujours l’analyse de l’effet de avec les trois premières divisions écossaises. Un
l’incertitude mais plutôt les déterminants de la des intérêts de ces championnats est que, au sein
demande de football. Par exemple, le contexte d’une même saison, les équipes se rencontrent
économique régional en est un élément moteur : plusieurs fois à domicile. Cela permet de rajouter
plus les salaires sont faibles et plus le taux de un contrôle sur les caractéristiques des matchs.
chômage est élevé, plus les individus vont au Leurs résultats confirment les résultats de Peel
stade, traduisant l’engouement populaire pour & Thomas (1992) : la relation entre l’affluence
le football. au stade et la probabilité que l’équipe receveuse
gagne est une courbe en forme de U, les suppor‑
Au départ, les études se concentrent sur l’affluence ters étant surtout motivés par une victoire facile
au stade et ultérieurement, avec l’augmentation ou un exploit. Buraimo & Simmons (2008, 2009)
des retransmissions, sur l’audience télévisée2. analysent respectivement le championnat anglais
Parallèlement, d’autres études essaient d’analyser et espagnol de première division et retombent sur
la possible substitution entre fréquentation du cette relation en forme de U.
stade et retransmission télévisée.
1.1. Les effets de l’incertitude sur l’affluence 2. Jusqu’en 1983 en Angleterre et en 1984 en France, les matchs de
championnat n’étaient pas diffusés en direct à la télévision. Les acteurs
au stade du football avaient peur de la concurrence que la diffusion pourrait engen-
drer sur la fréquentation des stades. Certains matchs de coupes (coupes
d’Europe, coupe du Monde, Euros, coupes nationales, etc.) l’étaient déjà
Hart et al. (1975) analysent l’effet de la diffé‑ depuis 1937, date du premier match diffusé en direct (finale de la coupe
rence de classement sur l’affluence au stade d’Angleterre).
Finalement, il est très difficile de connaître sont sans effet. Buraimo et al. (2006) analysent
la vraie demande de football en raison des les déterminants de l’affluence au stade de la
contraintes de capacité des stades. Czarnitzki & deuxième division anglaise entre 1998 et 2004.
Stadtmann (2002) et Benz et al. (2009), analysent Les auteurs montrent que la diffusion d’un match
le championnat allemand de première division sur une chaîne gratuite réduit de plus de 20 %
en tentant de prendre en compte cette contrainte la fréquentation au stade (5 % sur une chaîne
mais aboutissent au même résultat : pas d’effet de payante). Ils observent également que lorsque des
l’incertitude sur l’affluence au stade. Les études matchs plus « haut de gamme » – soit des matchs
les plus récentes (Anders & Pavlowski, 2012 ; des meilleures équipes de première division ou
Cox, 2015 ; Bedina & Pershakov, 2017) vont des matchs internationaux – ont lieu en même
également dans ce sens. Notons toutefois l’étude temps, les spectateurs se déplacent moins. Allan
de Jang & Lee (2015), qui conclut à l’existence & Roy (2008) décomposent les spectateurs en
d’un effet de l’incertitude dans le championnat trois catégories : les abonnés, les supporters occa‑
sud‑coréen. sionnels de l’équipe qui reçoit et les supporters de
l’équipe visiteuse (qui peuvent être bien entendu
des abonnés au stade de l’équipe visiteuse).
1.2. Les retransmissions télévisées ont-elles Sans surprise, les abonnés ne changent pas leurs
eu un effet sur l’affluence au stade ? habitudes et continuent d’aller au stade même
en cas de retransmission, tout comme les fans
Aujourd’hui, la demande de football ne peut de l’équipe visiteuse, très motivés, alors que la
plus se résumer à la fréquentation des stades. fréquentation du stade des spectateurs occasion‑
Depuis la fin des années 1980, le nombre de nels baisse d’environ 30 %.
matchs de football – mais aussi de nombreuses
autres compétitions – diffusés à la télévision a
explosé. Pour cette raison, les droits de diffusion 1.3. L’incertitude a un effet plus fort
sont devenus la principale source de financement sur l’audience télévisée
du football professionnel, ce qui permet notam‑
ment pour les grands clubs européens d’acheter Si l’effet de l’incertitude sur l’affluence au stade
à prix d’or les meilleurs joueurs et de remplir est rarement significatif, son effet sur l’audience
les stades. télévisée semble légèrement plus important.
Forrest et al. (2005) montrent que l’incertitude
Le fait que tous les matchs de championnat du résultat a un effet positif sur les audiences télé‑
soient diffusés peut avoir un effet négatif sur la visées des matchs de première division anglaise.
fréquentation des stades mais a un effet positif sur Buraimo (2008) ne trouve pas d’effet significatif
la demande globale. Garcia & Rodriguez (2002) de l’incertitude mais un effet positif de la qualité
s’intéressent aux variables qui expliquent l’af‑ des joueurs (les stars) et du nombre de spectateurs
fluence au stade dans le championnat espagnol au stade. Buraimo & Simmons (2015) analysent
de première division entre 1993 et 1996. Leurs les saisons de la décennie 2000 du championnat
résultats montrent que les matchs diffusés à la anglais et montrent que l’incertitude a un effet
télévision et ceux programmés en dehors du positif seulement pour les deux premières saisons,
week‑end sont ceux qui génèrent significati‑ confirmant l’idée que c’est les meilleurs joueurs
vement moins de public. L’effet de la diffusion du monde qui attirent les téléspectateurs. En
est d’autant plus important que les matchs sont revanche, Buraimo & Simmons (2009), pour
diffusés sur une chaîne gratuite. Buraimo & le championnat espagnol, estiment une relation
Simmons (2009) trouvent les mêmes résultats significative entre audience télévisées et incer‑
pour le championnat de première division en titude du résultat. Alavy et al. (2010) analysent
Espagne. Forrest et al. (2004) estiment une minute par minute le comportement des téléspec‑
relation similaire pour la première division tateurs des matchs du championnat anglais. Ces
anglaise entre 1992 et 2001 et montrent que les derniers ont tendance à changer de chaîne lorsque
matchs diffusés le week‑end n’engendrent pas la probabilité d’un match nul se dégage. Schreyer
mécaniquement de baisse de la fréquentation des et al. (2016, 2017) montrent que l’incertitude a
stades ; cela dépend plutôt encore une fois de un effet positif sur l’audience télévisée lors des
la chaîne qui diffuse le match, payante ou non. matchs à enjeu dans les grandes compétitions
Buraimo & Simmons (2008) trouvent l’effet internationales, lors des matchs de championnat,
contraire : pour le même championnat, entre mais n’a pas d’effet significatif lors des matchs
2001 et 2006, les matchs diffusés le week‑end de coupe nationale. Enfin, Caruso et al. (2019)
engendrent une légère baisse de la fréquentation s’intéressent au championnat italien et concluent
des stades, alors que ceux diffusés la semaine que ce qui attirent les supporters, ce sont les stars
%
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25
20
15
10
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Ligue 1 Ligue 2
Note : 0 = « pas de suspense » / 10 = « beaucoup de suspense ». Ligue 1 : 21 283 réponses, 433 valeurs manquantes ; Ligue 2 : 21 045 réponses,
671 valeurs manquantes.
Note de lecture : 18 % des supporters estiment qu’il n’y a aucun suspense dans la Ligue 1.
Source : PSE‑L’Équipe, enquête Quel supporter êtes‑vous ? - 2016.
Figure II – L’équilibre compétitif perçu pour la Ligue des champions et la Ligue Europa
%
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Ligue des champions Ligue Europa
Note : 0 = « pas de suspense » / 10 = « beaucoup de suspense ». Ligue des champions : 21 604 réponses, 112 valeurs manquantes ; Ligue
Europa : 21 513 réponses, 203 valeurs manquantes.
Note de lecture : 25 % des supporters estiment qu’il n’y a beaucoup de suspense (8 sur 10) dans la Ligue des champions.
Source : PSE‑L’Équipe, enquête Quel supporter êtes‑vous ? - 2016.
posé les questions suivantes pour la Ligue 1 et la similitude des courbes pour les différentes
la Ligue des champions, les deux compétitions demandes et les différentes compétitions.
phares que suivent les supporters vivant en Finalement, les intentions de renoncer au foot‑
France : ball ne dépendent ni des compétitions ni de
la manière de consommer. Le second résultat
(1) « À partir de quel niveau minimum de suspense intéressant concerne le manque de lien entre
(sur une échelle de 0 : pas de suspense du tout à l’incertitude perçue et l’intention de consommer.
10 : beaucoup de suspense) seriez‑vous suscep- Alors que le niveau déclaré d’incertitude est
tible de perdre de l’intérêt pour [la compétition totalement différent entre la Ligue 1 et la Ligue
en question] ? » ; des champions (figures I et II), les intentions
de renoncer ont quasiment le même profil.
(2) « À partir de quel niveau minimum de suspense
Cet effet s’inscrit dans la littérature évoquée
(sur une échelle de 0 : pas de suspense du tout à
plus haut concernant le football professionnel,
10 : beaucoup de suspense) seriez‑vous suscep-
dont les résultats sont peu probants sur le lien
tible de ne plus aller au stade ? de [la compétition
entre incertitude du résultat et demande des
en question] » ;
supporters. La demande des fans de football
(3) « À partir de quel niveau minimum de ne se résume pas à un comportement de pur
suspense (sur une échelle de 0 : pas de suspense consommateur : ils préfèrent voir leur équipe
du tout à 10 : beaucoup de suspense) seriez‑vous favorite gagner (Buraimo & Simmons, 2008),
susceptible de ne plus regarder les matchs de [la comme c’est le cas en Ligue 1, et voir une
compétition en question] à la TV ? ». équipe de renom même si elle est beaucoup plus
forte (Pawlowski & Anders, 2012), comme c’est
La première question est relative à la « demande le cas en Ligue des champions. C’est d’ailleurs
globale », la deuxième question à la demande ce que déclarent spontanément les supporters
de « stade » et la troisième question à la qui vont au stade quand on leur demande à quoi
demande de « télévision ». Les figures III‑A ils sont le plus sensibles (figure IV) : l’ambiance
à III‑C indiquent les réponses à ces trois ques‑ (84 %), la victoire (78 %) et la combativité des
tions. Les courbes sont construites comme joueurs (72 %) sont citées le plus souvent, le
une fonction de survie à l’aide de l’estimateur suspense arrivant très loin derrière (21 %).
Kaplan‑Meyer. On classe les réponses par
ordre décroissant et on cumule le nombre de Nous avons également demandé aux enquêtés
réponses. Ensuite, on calcule la proportion de se prononcer sur 17 items relatifs à plusieurs
d’individus qui « survivent » après chaque types d’incertitude en Ligue 1 et en Ligue
niveau de « suspense ». Ainsi, si l’incerti‑ des champions : l’incertitude de court terme,
tude était maximale (valeur 10), aucune des l’incertitude de moyen terme et l’incertitude de
personnes interrogées ne renonceraient à aller long terme. Quatre réponses sont possibles pour
au stade ou à regarder le match à la télévision chaque item : « pas du tout d’accord », « plutôt
(figures III-B et III-C). Autrement dit, pour pas d’accord », « plutôt d’accord » et « tout à
100 % des enquêtés, le niveau minimum de fait d’accord ». Le tableau 2 présente la distri‑
suspense qui les ferait renoncer est inférieur bution des réponses. La plupart se concentrent
à 10. Au contraire, s’il n’y avait aucune incer‑ sur les deux réponses médianes sauf pour
titude (valeur 0 du niveau de suspense), seuls les quelques items suivants. Pour la Ligue 1,
environ 30 % des supporters ne renonceraient 45 % des personnes interrogées sont « tout à
pas à aller au stade (figure III-B). Nous avons fait d’accord » sur le fait que la lutte pour le
tracé en annexe (voir figures A2‑III à A2‑V en maintien en Ligue 1 est intéressante, et près des
annexe) les mêmes courbes en différenciant les trois‑quarts des personnes interrogées (72.1 %)
« jeunes » des « vieux » supporters. Par rapport ne sont « pas du tout d’accord » sur le fait que
aux commentaires précédents, on constate que de nombreuses équipes différentes gagnent le
les plus jeunes apparaissent moins sensibles à championnat de France de Ligue 1. Cela renvoie
l’incertitude des résultats que leurs homologues d’une part à la domination du PSG depuis 2011
plus âgés : de manière générale, 30 à 40 % des et d’autre part au fait que le championnat de
26 ans et moins continueraient à s’intéresser France comptait trois équipes reléguées jusqu’à
aux compétitions même si le suspense en était la saison 2015‑2016.
totalement absent, alors que cette proportion
n’est que de 20 % chez les plus de 26 ans. À la fin de la saisons 2016‑2017, au lieu de trois
relégués de Ligue 1 vers la Ligue 2, le 18e a fait
Deux résultats importants se dégagent de un match de barrage contre le 3e de Ligue 2,
toutes ces figures. Le premier est évidemment donnant une chance supplémentaire de rester au
Note de lecture : 70 % des supporters continueront à s’intéresser à la Ligue 1 et à la Ligue des champions si le niveau de suspense est à 4.
Note de lecture : 66 % des supporters continueront à aller au stade pour la Ligue des champions si le niveau de suspense est à 4.
Note de lecture : 70 % des supporters continueront à regarder un match de la Ligue des champions à la télévision si le niveau de suspense est à 4.
Note : 0 = « pas de suspense » / 10 = « beaucoup de suspense ».
Source : PSE‑L’Équipe, enquête Quel supporter êtes‑vous ? - 2016.
Note de lecture : 21.4 % des supporters qui vont au stade sont sensibles au « suspense » du match.
Source : PSE‑L’Équipe, enquête Quel supporter êtes‑vous ? - 2016.
Tableau 2 – Distribution des réponses aux questions sur l’incertitude perçue par les fans
Pas du tout Plutôt pas Plutôt Tout à fait Valeurs Pas
D'accord
d'accord d'accord d'accord d'accord manquantes d'accord
Court terme (CT)
Avant un match, il est impossible de savoir quelle équipe va gagner
Ligue 1 9.8 42.0 39.8 4.9 3.4 51.8 44.7
Ligue des champions 9.8 39.2 38.1 8.9 4.1 49.0 47.0
Les équipes qui reçoivent ont autant de chances de gagner que les équipes qui se déplacent
Ligue 1 9.7 39.8 40.7 6.2 3.6 49.5 46.9
Ligue des champions 13.8 46.3 29.8 5.6 4.5 60.1 35.4
Il n’y a pas de véritable favori à chaque match
Ligue 1 19.6 49.3 24.9 2.5 3.8 68.9 27.4
Ligue des champions 17.7 51.9 22.0 3.9 4.5 69.6 25.9
Moyen terme (MT)
Ligue 1
La lutte pour les places qualificatives en Ligue
des champions reste un enjeu intéressant 5.8 12.1 46.0 32.7 3.4 17.9 78.7
jusqu'à la fin de la saison
La lutte pour les places qualificatives en Ligue
Europa reste un enjeu intéressant jusqu'à la fin 5.0 13.2 51 27.3 3.5 18.2 78.3
de la saison
La lutte pour le maintien reste un enjeu
3.7 5.9 41.9 45 3.5 9.6 86.9
intéressant jusqu'à la fin de la saison
Ligue des champions
La lutte pour le titre reste un enjeu intéressant
3.7 7.3 38 46.5 4.6 11.0 84.5
jusqu'à la fin de saison
Les phases de poule en Ligue des champions
6.8 19.7 49.6 19.7 4.6 26.5 69.3
restent un enjeu intéressant
Les phases finales en Ligue des champions
2.6 4.2 36.5 52.2 4.5 6.8 88.7
restent un enjeu intéressant
➔
lutte pour le maintien reste un enjeu intéressant L’incertitude de LT est composée du seul item
jusqu’à la fin de la saison ». L’incertitude de « De nombreuses équipes différentes gagnent la
long terme (LT) est composée des quatre items Ligue des champions ». Le score est compris
suivants : « De nombreuses équipes différentes entre 0 et 4. Pour mesurer la cohérence globale
gagnent le championnat », « De nombreuses de l’agrégation des items, nous utilisons la
équipes différentes se qualifient pour la Ligue mesure classique de l’alpha de Cronbach. Les
des champions », « De nombreuses équipes valeurs calculées sont comprises entre 0.69 pour
différentes se qualifient pour la Ligue Europa » l’incertitude de CT de la Ligue 1 et 0.86 pour
et « De nombreuses équipes différentes ont été l’incertitude de MT de la Ligue des champions.
reléguées ». Dans ce cas, le score de l’incertitude En dehors de la première, toutes sont supérieures
de LT est compris entre 0 et 16. Pour la Ligue des à 0.7. On peut donc considérer que les indica‑
champions, l’incertitude de CT est composée des teurs construits représentent bien ces différentes
mêmes trois items que la Ligue 1. L’incertitude notions d’incertitude.
de MT est composée des trois items suivants :
« La lutte pour le titre reste un enjeu intéres- Nous estimons l’équilibre compétitif perçu par
sant jusqu’à la fin de saison », « Les phases de les supporters en Ligue 1 et en Ligue des cham‑
poule en Ligue des champions restent un enjeu pions en fonction des indicateurs d’incertitude
intéressant » et « Les phases finales en Ligue de CT, MT et LT construits et en contrôlant des
des champions restent un enjeu intéressant ». caractéristiques individuelles (tableau 3). Les
estimations sont obtenues par des MCO (deux Les supporters utilisateurs de média valorisent
premières colonnes) et par un Logit ordonné différemment l’incertitude perçue. Si le fait de
(deux dernières colonnes). Étant donné le nombre consulter ou non des sites internet sur le football
élevé de modalités de la variable dépendante ne modifie pas la perception de l’incertitude,
(entre 0 et 10), les résultats sont très proches. les supporters qui lisent la presse tous les jours
Avant d’analyser quel type d’incertitude reflète ou sont abonnés à une revue spécialisée ont
l’équilibre compétitif perçu par les supporters, tendance également à penser qu’il existe une
intéressons‑nous aux caractéristiques indivi‑ forte incertitude tant en Ligue 1 qu’en Ligue
duelles qui influencent le suspense perçu (les des champions. Les résultats pour la variable
variables socio‑démographiques ont été intro‑ « Abonnement à une chaîne payante sportive »
duites à titre de contrôle). révèlent deux comportements distincts. Pour la
Ligue 1, il y a les supporters qui pensent que
Quelle que soit la spécification, un des éléments l’incertitude est faible et qui ont résilié leur
qui conditionne la valorisation du suspense est abonnement (l’effet négatif et significatif devant
le fort intérêt du football en général, et pour la modalité « dans le passé ») et pour la Ligue
la Ligue 1 et pour la Ligue des champions en des champions, il y a les supporters qui pensent
particulier. Toutes choses égales par ailleurs, que l’incertitude est forte et sont abonnés à une
les variables reflétant ce fort intérêt sont posi‑ chaîne payante (l’effet positif et significatif
tives et significatives (« Intéressé par le foot », devant la modalité « oui »).
« Intéressé par la Ligue 1 », « Intéressé par la
Ligue des champions », « Supporter de plusieurs La pratique du football, passée ou présente, et
clubs »). Ce qui signifie que les personnes inté‑ un des parents pratiquant ou ayant pratiqué le
ressées par les compétitions sont conscientes football n’a aucune influence sur la perception
que, même s’il existe un fort déséquilibre entre de l’incertitude en Ligue 1 et en Ligue des cham‑
les équipes, le football reste le sport collectif le pions. En revanche, les individus déclarant avoir
plus aléatoire et que rien n’est perdu d’avance. une culture footballistique élevée ou très élevée
En d’autres termes, l’intérêt du football gomme ont le sentiment qu’il y a moins de suspense
la baisse de l’incertitude perçue, même en cas dans les compétitions (Ligue 1 et Ligue des
de domination forte d’une équipe comme c’est champions).
le cas en Ligue 1 depuis 2011.
À quel type d’incertitude les supporters sont‑ils le
Intéressons‑nous maintenant à deux variables : plus sensibles lorsqu’on leur demande de mesurer
« Abonné » et « Appartenance à un club de le suspense des deux compétitions « phares » : le
supporters ». Les abonnés sont les personnes championnat de Ligue 1 et la Ligue des cham‑
qui en début de saison réservent une place pour pions. Concernant la Ligue 1, c’est l’incertitude
les dix‑neuf matchs de championnat à domicile de MT et de LT qui semble déterminer leur juge‑
– souvent prioritaires pour les autres matchs – et ment, à savoir l’incertitude sur le champion et sur
qui ont donc un lien fort avec leur club. Les la récurrence des titres : il n’est alors pas étonnant
coefficients associés aux estimations sont posi‑ qu’ils placent le degré de suspense assez bas car
tifs et significatifs pour la Ligue 1 et négatifs et depuis 2011, le championnat est dominé par le
significatifs pour la Ligue des champions. Les PSG. Le degré de suspense perçu de la Ligue des
abonnés de l’enquête sont tous abonnés à des champions est déterminé surtout par l’incertitude
équipes françaises. Ainsi, être abonné c’est être de LT liée à la récurrence des trophées : il est vrai
fortement intéressé par son club et son histoire que passé les phases de poule, l’incertitude des
et on retrouve un effet qui gomme la diminution matchs entre les grosses « écuries » européennes
de l’incertitude perçue lorsqu’on estime les effets reste importante.
sur la Ligue 1. En revanche, ces mêmes abonnés
sont plus critiques vis‑à‑vis des « grosses »
équipes européennes – notamment des sommes * *
d’argent en jeu – et pensent que l’incertitude est *
faible car ce sont toujours les mêmes équipes qui
gagnent. Ce qui est à la fois vrai et faux (supra).
L’effet de la variable « Appartenance à un club L’idée que l’équilibre compétitif augmente
de supporters » est négatif et significatif pour l’utilité des supporters, donc leurs dépenses et
les deux compétitions, comme si les supporters donc les revenus des clubs professionnels, est au
de ce type étaient conscients que leur équipe cœur de l’économie du sport en général, et de
n’avait aucune ou inversement beaucoup de l’économie du football en particulier. Budzinski
chance de gagner. & Pawloski (2017) soulignent que la notion
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Benz, Brandes & Franck (2009) Allemagne Division 1 1999‑2004 Affluence au stade Différence de classement, différence de Non (seulement pour les équipes avec
➔
points entre les équipes, paris sportifs une forte affluence)
ANNEXE 1______________________________________________________________________________________________
23
Les supporters français de football sont‑ils sensibles à l’incertitude du résultat ?
24
Saisons Effet de l’incertitude
Auteurs (ordre chronologique) Championnat Variable dépendante Mesure de l’incertitude
analysées (résultat principal)
Buraimo & Simmons (2009) Espagne Division 1 2003‑2007 Affluence au stade / Paris sportifs Non (affluence) / Oui (audience)
Audience télévisée
Madalozzo & Berber Villar (2009) Brésil Division 1 2003‑2006 Affluence au stade Différence de classement Non
Alavy, Gaskell, Leach & Szymanski Angleterre 2002‑2006 Audience télévisée Paris sportifs Oui
(2010)
Anders & Pavlowski (2012) Allemagne Division 1 2005‑2006 Affluence au stade Paris sportifs Non
Pavlowski (2013) Allemagne Division 1 (6 Sept.‑Oct. Intention de consommer Questions sur différentes mesures Oui
matchs) 2011 (enquêtes stades de l’incertitude
et bars)
Jang & Lee (2015) Corée du sud K‑League 1987‑2011 Affluence au stade Parts des victoires et points moyens avant Oui
(ligue fermée) le match
Cox (2015) Angleterre Division 1 2004‑2012 Affluence au stade / Paris sportifs Non (affluence) / Oui (audience)
Audience télévisée
Buraimo & Simmons (2015) Angleterre Division 1 2001-2008 Audience télévisée Paris sportifs Non
Schreyer, Schmidt & Torgler (2018) Allemagne Division 1 2012‑2013 Affluence au stade Paris sportifs Oui (les abonnées arrivent plus tôt
des abonnés dans le stade lorsque l’incertitude
augmente)
Schreyer, Schmidt & Torgler (2018) Allemagne Division 1 et 2011‑2015 Audience télévisée Paris sportifs Oui (championnat) / Non (coupe)
Coupe
Schreyer, Schmidt & Torgler (2017) Coupes du monde et 6 coupes Audience télévisée Différence de classement FIFA Oui sur les matchs avec intérêt
championnats d’Europe du monde,
(Euro), Équipe nationale 5 Euro
Allemande et matchs
amicaux
Scelles (2017) Angleterre Division 1 2013‑2014 Audience télévisée Paris sportifs Non
Caruso, Addesa & Di Domizio (2019) Italie Division 1 2008‑2015 Audience télévisée Différence de classement, différence de Non
points entre les équipes, paris sportifs
Bedina & Pershakov (2017) Russie Division 1 2012‑2014 Affluence au stade Paris sportifs Non
ANNEXE 2______________________________________________________________________________________________
Figure A2-I – L’équilibre compétitif perçu pour la Ligue 1 et la Ligue des champions
20 25
20
15
15
10
10
5 5
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Moins de 26 ans 26 ans et plus
Club Points
1 Paris Saint‑Germain 96
2 Olympique lyonnais 65
3 AS Monaco 65
4 OGC Nice 63
5 Lille OSC 60
6 AS Saint‑Etienne 58
7 SM Caen 54
8 Stade rennais FC 52
9 Angers SCO 50
10 SC Bastia 50
11 Girondins de Bordeaux 50
12 Montpellier HSC 49
13 Olympique de Marseille 48
14 FC Nantes 48
15 FC Lorient 46
16 EA Guingamp 44
17 Toulouse FC 40
18 Stade de Reims 39
19 GFC Ajaccio 37
20 ES Troyes AC 18
%
25
20
15
10
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
PSG Européens « Ventres mous » Relégables
Figure A2-III – Intention de ne pas renoncer en globalité à la Ligue 1 ou la Ligue des champions
Figure A2-IV – Intention de ne pas renoncer à aller au stade pour la Ligue 1 ou la Ligue des champions