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28 - Aplv

L'allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est la première allergie à apparaître chez les nourrissons, touchant 2 à 7 % d'entre eux, avec des manifestations cliniques variées. Le diagnostic repose sur l'élimination de l'allergène et la réapparition des symptômes après réintroduction, avec une prise en charge adaptée incluant un régime d'éviction et un traitement des symptômes aigus. L'évolution est souvent favorable, avec une guérison dans 80 % des cas d'ici l'âge de 3 ans.

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28 - Aplv

L'allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est la première allergie à apparaître chez les nourrissons, touchant 2 à 7 % d'entre eux, avec des manifestations cliniques variées. Le diagnostic repose sur l'élimination de l'allergène et la réapparition des symptômes après réintroduction, avec une prise en charge adaptée incluant un régime d'éviction et un traitement des symptômes aigus. L'évolution est souvent favorable, avec une guérison dans 80 % des cas d'ici l'âge de 3 ans.

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ALLERGIE AUX PROTÉINES DE

LAIT DE VACHE
Pr Ag Raoudha KEBAILI
Service de pédiatrie CHU Farhat Hached
Faculté de médecine de Sousse
PLAN
 Introduction
 Physiopathologie
 Etude clinique
 Exploration
 Prise en charge
 Conclusion
Introduction
 Première allergie à apparaitre chez l’enfant :
 Apparition dans les 6 premiers mois dans 80%
 Touche 2 à 7 % des nourrissons
 Les PLV sont la principale cause d’allergie chez les
nourrissons et les enfants de moins de trois ans,
 Manifestations cliniques très variées
 Diagnostic précoce => prise en charge adaptée
 Évolution: souvent favorable
Physiopathologie
 Le lait de vache contient 3,5g de protéines/ 100 ml
de lait: soit 4 fois plus de protéines que le lait de
femme.
 Il contient plus de 30 protéines, toutes
potentiellement allergisantes
 Les principaux allergènes:
 Caséines(80%)

 Protéinesdu lactosérum :la -lactoglobuline et l’α-


lactalbumine
 Chez le nourrisson, la sensibilisation la plus précoce
est généralement vis-à-vis de la bêta-
lactoglobuline (seule protéine absente du lait
maternel)
Lait de vache

Réactions à médiation Réactions à


médiation non
immunitaire immunitaire

Induite par Non Intolérance au LV


les IgE induite par Mixte intolérance au
les IgE lactose

Urticaire
Angioedème
Eczéma
Anaphylaxie Tr digestifs
Rhinite..
Etude clinique
 Signes cliniques déclenchées par :
• L’ingestion de l’aliment (90% des cas)
• Le contact
• L’inhalation.

 Premier contact : sensibilisation, deuxième contact


(réaction, délai de 2 à 8 semaines entre ces 2 phases)
 Mais manifestations dès premier contact:
=˃sensibilisation in utéro ou via le lait maternel
Etude clinique
 Les manifestations cliniques de l’APLV varient en
fonction de l’âge d’apparition et du mécanisme
immunologique.
 Les symptômes d’APLV surviennent de manière
précoce souvent :
▪ avant l'âge de 6 mois ++
▪ dès le 1er mois de vie (65 à 85% des cas)
 La prévalence de l’APLV diminue avec l’âge.
 Le diagnostic de l’APLV est évoqué chez un
nourrisson allaité qui au sevrage, va présenter
quelques temps après, des manifestations cliniques
variables.
 Les manifestations cliniques de l’APLV sont:
 cutanées dans 50 à 60% des cas
 gastro-intestinales dans 50 à 60% des cas

 respiratoires dans 20 à 30% des cas.

 Le choc anaphylactique représente 4 à 9% des


manifestations cliniques d’APLV.
 Ces manifestations sont rarement isolées et sont
corrélées à la sévérité de l’APLV.

 Dans plus de 90% des cas, les nourrissons


présentent deux ou plusieurs symptômes, soit
d’emblée ou s’associant au fil du temps.
L’APLV IgE médiée
 20% des cas.
 Le tableau est stéréotypé :
 Apparition de manifestations allergiques dans les
deux heures suivant l’ingestion de lait de vache (de
quelques secondes à deux heures).
 Les manifestations cliniques sont variables.
 Manifestations cutanées :

▪ Urticaire
▪ Angio-œdème (visage, lèvres,
langue, voile du palais, larynx,
cordes vocales).

Forme la plus grave :


œdème de
QUINCKE++
 Manifestations ORL et respiratoires :
 rhinite
 conjonctivite
 bronchospasme.

 Manifestations digestives :
 Hypersensibilité gastro-intestinale : Vomissements
immédiats
 Le choc anaphylactique :
 la forme la plus sévère de l’APLV !!
 Anaphylaxie :
 « Réaction d’hypersensibilité systémique, sévère et
potentiellement fatale, survenant brutalement suite
à l’exposition d’un allergène. »

 Atteinte des voies aériennes, de la respiration et/ou


de l’hémodynamique, accompagnée le plus souvent
par une atteinte cutanéo-muqueuse.
 Choc anaphylactique :
 Défini par une atteinte circulatoire (tachycardie,
hypotension), mais doit aussi être évoqué devant
l’atteinte de de 2 organes par la réaction
anaphylactique.
L’APLV non IgE médiée
 Des symptômes qui se développent généralement
plusieurs heures ou plusieurs jours après l'ingestion
de lait de vache

 Diagnostic plus difficile.


 A évoquer devant :

 Signes cutanés : prurit , érythème, dermatite


atopique, eczéma sévère récidivant.
 Signes respiratoires :
 toux chronique
 Dyspnée sifflante

 Signes généraux :
 cassure de la courbe de croissance pondérale,
anémie, troubles du sommeil.
 Signes digestifs
 RGO
 Coliques
 Difficultés d’alimentation
 Diarrhées chroniques, rectorragies, glaire
 Constipation
 Anite, fissure anale
 Formes cliniques de l’atteinte digestive :

▪ l’entéropathie : diarrhée, RC, perte de poids


▪ la rectocolite allergique : selle sanglantes
▪ le syndrome d’entérocolite induite par les protéines
alimentaires (SEIPA) : vomissements répétés, explosifs,
hypotonie, pâleur
▪ l’œsophagite allergique à éosinophiles : RGO,
dysphagie, douleurs Abd, mauvaise prise pondérale
▪ la gastrite à éosinophiles
▪ la gastroentérite éosinophilique .
Explorations
 Aucun examen complémentaire ne permet de poser
le diagnostic positif de l’APLV

 Diagnostic de certitude : le gold standard


 l’élimination de l’allergène
 et la disparition des signes cliniques

 et la réapparition de la symptomatologie après


réintroduction des protéines de lait de vache
DÉMARCHE DIAGNOSTIQUE
 Histoire clinique : enquête alimentaire
 Tests cutanés: prick-tests et patch-tests
 IgE spécifiques
 Régime d’éviction
 Test de provocation
 Le diagnostic de l’APLV, évoqué cliniquement peut
être aidé par le résultat de l’exploration
allergologique, incluant dans la forme IgE
dépendante, les tests cutanés et le dosage des IgE
sériques spécifiques.
 Ces examens complémentaires constituent, la
première étape de l’exploration allergologique.
Leur positivité, traduit une sensibilisation qui devra
être confrontée au contexte clinique
Les pricks tests cutanés
 la lecture est immédiate,
 technique très spécifique, utilisant une goutte de lait
de vache pur (extrait natif) ou une goutte de lait
consommé par le nourrisson.
 Pour tester la caséine, les substrats industriels ou du
beurre sont utilisés.
 Le prick test est considéré comme positif pour un
diamètre d’induration ≥ 3mm par rapport au
témoin négatif
Prick-tests
 Traduisent réaction IgE-médiée
 Mais Positifs dans 25% des

manifestations retardées

 Réalisables dès les 1ers mois de la vie


 Piquer à travers la goutte de lait frais
 Lecture du test après 10 à 15 minutes
 Test positif: diamètre d’induration supérieur à 3 mm
et à 50 % du témoin positif ; le témoin négatif
étant négatif

 Chez le jeune nourrisson suspect d’APLV, des tests


cutanés négatifs excluent dans 97% une allergie
aux APLV
IgE spécifiques
 Le dosage des IgE spécifiques doit être fait par des
méthodes validée, sans limite inferieure d’âge.

 corrélation entre le taux des IgE spécifiques et la


réalité de l’APLV, en fixant une valeur seuil
supérieure à 0.35 KU/L
 Cependant, on ne peut retenir de valeur seuil pour
les IgE spécifiques dans la mesure où leur taux varie
en fonction de l’âge de l’enfant, du moment du
diagnostic et du tableau clinique
 C’est le suivi des concentrations des IgE sériques
spécifiques dans le temps qui est contributif, il est
essentiel pour guider l’âge de la réintroduction
Le Test de provocation orale (TPO)

 Consiste en l’ingestion de doses croissantes de lait dans


le but de reproduire les symptômes cliniques de manière
chronologique et en fonction de la quantité ingérée.

 Le TPO authentifie l’allergie : L’étalon-or du diagnostic

 MAIS : risque d’anaphylaxie !!

 A réaliser après 4 semaines de régime d’éviction


(en milieu hospitalier!)
Le test de réintroduction
 En pratique, le TPO est peu réalisé, il est remplacé
volontiers par le test de réintroduction, qui
démontre la tolérance aux PLV.
 Réalisation: à l’âge d’acquisition de la tolérance,
vers l’âge de 12 mois.
 Quand il est négatif, il y a acquisition de la
tolérance, donc guérison, s’il est positif, il confirme
l’allergie
 en milieu hospitalier
Les patch-tests
 Explorent l’allergie retardée non IgE médiée
 Ils sont effectués sous occlusion par application de
timbre adhésif .
 Une goutte de lait de vache est déposée dans des
cupules de 12 mm de diamètre appliquée en zone
saine, sans eczéma et la lecture est réalisée 49 à
72 heures après, selon des critères standardisés.
 Ce test est efficace dans le diagnostic des formes
non IgE médiées qui sont en cause dans les
manifestations retardées
Prise en charge
[Link] des symptômes aigus

[Link] préventif (régime d’éviction,


éducation, trousse d’urgence, plan d’action)

[Link] étiologique : Immunothérapie orale


[Link] des symptômes aigus

Urticaire, eczéma
Rhinite, conjonctivite
Angioedeme isolé sans signes de
gravité

Antihistaminique
±corticoïdes PO
Crise d’asthme

2mimétiques inhalés
Corticoïdes PO
Choc anaphylactique
Angioedème avec signe de gravité
Malaise
Progression et association rapide
des signes

 Adrénaline IM (0,01mg/kg, maximum 0,5mg)


 ±Antihistaminiques
 ±corticoïdes PO
 ±Bronchodilatateur
 ±Remplissage
2. Traitement préventif

❖ Régime d’éviction

❖ Trousse d’urgence adaptée

❖ Plan d’action écrit en cas de réaction allergique


❖ Régime d’éviction
 Si atopie familiale :
 Allaitement maternel
 Préparation à base d’un hydrolysat partiel de
protéines
 Si APLV avérée :
 Allaitement maternel
 Préparation à base d’un hydrolysat poussé de
protéines

 Hydrolysats de protéines de lait de vache:


 Pepti-junior

 Primalac CMA
 Si APLV sévère / Allergies alimentaires multiples:

 Allaitement maternel
 Préparation à base d’un mélange d’acides aminés
synthétiques:

 Acides aminés de synthèse


 Neocate®

 Camidogen®

 NutramigenAA®
❖ Trousse d’urgence
 antihistaminique
 bronchodilatateur
 corticoïdes PO
 Adrénaline en stylo-auto-injecteur
 En IM, face antéro-externe de la cuisse
 Education+++

 Posologie
 Poids<25kg : 0,15mg
 Poids>25 kg :0,3mg
Evolution des APLV
 L’évolution naturelle de l’APLV se fait le plus souvent
vers la guérison plus ou moins rapide selon :
• Le processus immunologique IGE ou non IGE médiée
• Le type de la protéine lactée incrimin
 Réintroduction après au moins 6 mois de régime
d’éviction
 Contrôle du Bilan allergologique (prick +IgE
spécifique)
 Réintroduction en milieu hospitalier ++ / en
ambulatoire
 Avis spécialisé
Conclusion
 APLV : pathologie fréquente chez le petit nourrisson
 Différents mécanismes physiopathologiques, parfois
intriqués
 Présentations cliniques polymorphes
 Risque vital !
 Prise en charge correcte → évolution le plus souvent
favorable
 Guérison dans 80 % à 3 ans.
Cas clinique 1

- Mariem, 3 mois ATCD personnels


- Exploration d’une mauvaise - Accouchement par voie basse à
prise pondérale découverte terme
lors de sa vaccination - PN=3200g; TN= 50 cm;
- Sous allaitement mixte depuis
la naissance
 ATCDs familiaux: - Bon développement
- Mère: asthmatique sous psychomoteur
traitement de fond
- Pas de consanguinité

- Pas de décès en bas âge


Quelles sont les données anamnestiques et
cliniques à rechercher dans le cadre de l’enquête
étiologique ?
Signes fonctionnels

 Diarrhées liquidiennes: 5-7 selles/j depuis la naissance

 Vomissements: 1-2 /jour

 Pas de rectorragies

 Pas de couches trop mouillées

 Pas de symptômes respiratoires associés

 Pas d'essoufflement lors de la prise des biberons

 Pas d’infection à répétitions


Examen clinique

 Pas de dysmorphie faciale


 Dermatite atopique
 Eupnéique
 ACP= normale
 Abdomen souple et dépressible
 Pas d’HSMG
 Pas d'œdème des membres inférieurs.
 Les OGE normaux de type féminin
Courbe de
croissance

PN=3200g
2 mois=3800g
3 mois: 4100g
(PP=10g/j)
Hypotrophie + Vomissements + Diarrhées
chroniques chez un nourrisson de 3 mois

Quelles hypothèses diagnostiques??


 RGO massif

 Mucoviscidose

 Déficit immunitaire

 Allergie aux protéines lait de vache

 Cardiopathies congénitales

 Tubulopathies, Maladies héréditaires du métabolisme…

 Aberrations chromosomiques…
Bilan de retentissement

 NFS: Hb= 8 g/l; VGM=75; TCHH=24 Rétic=


54000/mm3

GB= 8500 PNN=3200; lym=2300

Plq= 258000

 Iono sanguin, fonction rénale : normaux

 Ferritinémie=14 ng/ml
Bilan étiologique

 Dosage pondéral des immunoglobulines: normal

 Test de la sueur: Chlore sudoral=16 mmol/l

 Echographie cardiaque: normale

 Bilan tubulaire (3 jours de suite): normal

 pH métrie: Pas de reflux pathologique

 IgE spécifique aux protéines de lait de vache: Négatives


Quel diagnostic
??
APLV ?? Terrain d’atopie familial
Dermatite atopique
Allergie aux protéines de lait de vache
probable → épreuve thérapeutique

 Régime d’éviction:
- Allaitement maternel
- Hydrolysats de protéines de lait
de vache
Conclusion
 Hydrolysats de caséine
 Primalac CMA®
 Nutramigen

 Allernova® (Novalac)

 Hydrolysats de protéines du riz


 Modilac riz®
 Novalac Riz

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