Rappel
La grande majorité (90%) des polynucléaires sont neutrophiles. Il existe deux autres
catégories de polynucléaires : Eosinophiles et basophiles, ayant chacun des
fonctions propres.
A.LES EOSINOPHILES:
Les cellules sont dérivées d'un progéniteur spécifique eosinophile qui assure sa
différenciation sous l'effet de l'IL5 (Interleukine 5).
Promyélocyte Eosino :
● Cellule exceptionnelle
● Présence de granulations éosinophiles
Myélocyte Eosino :
● Granulations Eosino
● ME : corps cristallin dans granulations
Polynucléaire Eo :
● 1 à 3% des leucocytes sanguins
● Demi-vie: 4 à 5 h dans le sang
● Puis passent dans les tissus où ils restent 8 à 12 jours
● Noyau bilobé
● Cytoplasme = grains Eosino.
Granulations Eosinophiles:
Activité peroxydasique spécifique (Perox Eo : résistance à inhibiteurs,
méthanol et cyanure).Nombreuses autres enzymes comme dans tout lysosome,
mais aryl-sulfatase 8 fois plus concentrée.Protéine cationique (ERCP) : constitutive
du cristal.
Cristaux de Charcot-Leyden observés dans conditions pathologiques =
lysophospholipase.
Récepteurs membrane :
● Fc des IgG
● IgE
● C3b, C3d et C4
● Histamine
● CD9 reconnaît unique P.Eo.
-Fonctions essentielles à retenir :
● Hypersensibilité
● Chimiotactisme +
● Phagocytose +
● Dégradation Enzymes :
● Relargage Histaminase
● Production prostaglandine E1 et E2
● Microbicidie :
B - GRANULOCYTES BASOPHILES:
Le taux de basophiles dans le sang inférieur à 1%. Ils assurent leur différenciation
par IL3-IL4 (temps de maturation = 7 jours) ;Durée de vie courte : 3 à 4 jours. Ils
sont la principale source d'histamine du sang.
1 - Morphologie
Myeloblaste Basophile, Promyelocyte et Myelocytes Basophiles ne sont observés
dans le sang que dans des conditions pathologiques (syndromes myeloprolifératifs).
Polynucléaires basophiles: les grains basophiles cachent la morphologie du noyau.
2 - Granulations:
Présence de grosses granulations métachromatiques (violet foncé) hétérogènes
recouvrant le noyau.
● granulations basophiles :
● Particules denses de 20nm
● Structure homogène ou variable ou figure myélinique.
● Petites granulations monomorphes contenant
phosphatases acides (= lysosomes).
3 - Activité des granulations baso :
histamine
mucopolysaccarides sulfatés (pH acide).
4 - Rôle des Polys basophiles :
Décharge du contenu granulaire dans l'espace extra-cellulaire
Récepteurs de membrane : Fc IgE (distribution variable capping
possible)
Liaison IgE à récepteur membranaire provoque la dégranulation.
Il se produit un relargage d' HISTAMINE qui déclenche
l'ANAPHYLAXIE.
C.LES POLYNUCLÉAIRES NEUTROPHILES
Le polynucléaire neutrophile, une première ligne de défense
pour l’organisme
Les polynucléaires neutrophiles humains (PN) constituent 50 à 70% des
leucocytes du sang circulant .Ils jouent un rôle pivot dans l’immunité innée .
Ils constituent ainsi un puissant système de défense de l’homme contre les
agents pathogènes .Les PN sont les premières cellules immunitaires à migrer
du sang vers un foyer infectieux ou inflammatoire. Les polynucléaires
neutrophiles représentent la première ligne de défense de l’organisme ; cellules
tueuses et anti-infectieuses par leurs propriétés de phagocytes et par les signaux
qu’elles émettent : cytokines, chimiokines et médiateurs lipidiques, et qui sont
susceptibles de réguler ou d’amplifier la réaction inflammatoire. Des données plus
récentes laissent entrevoir que leurs fonctions seraient plus nuancées, et pourraient
limiter l’intensité et la durée de la réponse inflammatoire. En effet, après leur
activation, les neutrophiles peuvent, par l’activation de voies endogènes, troquer leur
programme génétique pro-inflammatoire contre un programme qui contribuera
spécifiquement à limiter l’inflammation. La découverte de ce mécanisme ouvre des
perspectives thérapeutiques pour les maladies inflammatoires et, en particulier, pour
l’arthrite rhumatoïde.
Les polynucléaires neutrophiles (PN) sont des agents de premier plan de
l’immunité innée, particulièrement lors de la réponse inflammatoire ; ils sont
souvent les premiers leucocytes à migrer en grand nombre vers le site enflammé. La
réaction inflammatoire est le plus souvent protectrice car elle participe à la défense
naturelle de l’organisme et à la réparation des tissus lésés. Si elle est inadaptée ou
mal régulée, l’inflammation peut devenir délétère. Ainsi le neutrophile est mis en
cause dans la pathogenèse de nombreuses maladies inflammatoires chroniques,
comme la polyarthrite rhumatoïde et, en particulier, pour les altérations qu’il cause
aux tissus et la dégradation des articulations qui en résulte.
Les activités microbicides et cytotoxiques des PN dépendent de différents
mécanismes : libération d’enzymes protéolytiques et production massive de formes
réactives de l’oxygène (FRO) par la NADPH oxydase phagocytaire(l’explosion
oxydative des PN). Les fonctions des PN ont longtemps été restreintes à leur rôle de
cellules phagocytaires « tueuses » .Toutefois, à l’heure actuelle, il est reconnu
qu’ils jouent un rôle beaucoup plus complexe, participant à l’engagement et à
la régulation des réponses immunitaires innées et adaptatives ainsi qu’à
l’homéostasie tissulaire. Les fonctions des PN illustrent l’intégration complexe des
différents partenaires de l‘immunité innée et adaptative dans la défense contre les
agents pathogènes. Les PN activés par l’agent pathogène sont donc le plus souvent
bénéfiques à l’organisme en participant à l’élimination de cet agent reconnu comme
étranger au soi. Ces données sont argumentées par la survenue d’infections graves
et/ou répétées dans certains déficits primitifs touchant différentes fonctions du PN. Il
faut toute même signaler qu’une activation excessive des PN ou prolongée ou
encore dans un lieu inapproprié peut conduire à des lésions tissulaires
sévères impliquées dans la physiopathologie de différentes maladies
inflammatoires aiguës ou chroniques.
Les activités tueuses du PN sont, sous la dépendance de l'oxygène ou non.
La synergie entre les deux systèmes est très importante.
1/Systèmes tueurs dépendants de l'oxygène
Il comporte deux étapes essentielles :
A/L’explosion oxydative :
La production de peroxyde d'hydrogène (H2O2) et son utilisation par une enzyme, la
myéloperoxydase, et ce en en présence d'halogénures,
Dans ce contexte, a lieu la production d'anion superoxyde (oxygène réduit de
manière monovalente), d'H2O2, de radical hydroxyle (HO) et singulet d'oxygène (02).
Les mécanismes d'oxydation sont induits par des facteurs extra-granulocytaires de
type particulaire ou moléculaire (bactéries, virus, surfaces ou débris cellulaires,
agrégats moléculaires, etc.).
1 /Le système effecteur de l'oxydation est celui de la NADPH oxydase. Il produit
des anions superoxydes à partir de l'oxygène et du NADPH.
NB :Il n'est actif que si le PN est stimulé.
2/Myéloperoxydase
La deuxième étape de l'explosion oxydative résulte de la transformation en H2O2 de
l'anion superoxyde libéré dans le phagosome ou le milieu extracellulaire. L'H2O2
peut réagir avec un métal et donner naissance à des formes activées très oxydantes
de l'oxygène. Il peut être catalysé en eau par la catalase ou la glutathion peroxydase.
En fait, en présence d'halogénures et de myéloperoxydases, provenant des
granulations azurophiles, il produira de nombreuses substances toxiques : singulets
d'oxygène, acides hypochloriques (ClOH), aldéhydes, chloramines et enfin du chlore
et de l'iode qui vont halogéner des protéines cibles.
B/Activités de dégradation
La dégradation des constituants de l'agent agresseur englobé dans le phagosome ou
au contact de la membrane externe du PN se fait en synergie avec l'activité tueuse.
La dégradation des constituants de l'agent pathogène est le fait d'un certain nombre
d'enzymes. Le lysozyme, ou muramidase, est une aminopolysaccharidase qui
amorce la dégradation de la membrane de l'agent pathogène et ouvre une brèche
qui permet l'attaque par d'autres enzymes. Les phospholipases dégradent les
phospholipides ; la collagénase, les fibrilles de cathepsines, les protéines et les fibres
élastiques. De nombreuses autres enzymes dégradatives, comme la b-glucuronidase
et les phosphatases, ont été isolées à partir des granulations des PN. Dans la
majorité des cas, le processus dégradatif assuré par les PN est incomplet et ce
sont surtout les monocytes et les macrophages qui le mèneront à son terme.
Fonctions du PN
1/Fonctions de base des PN : élimination des agents infectieux
L’action anti-infectieuse du neutrophile repose sur ses capacités de migration
transendothéliale, de phagocytose, « d’explosion oxydative » et de dégranulation
De manière physiologique, les PN transitent dans la circulation sanguine en « roulant » sur
les cellules endothéliales de la paroi vasculaire (processus de rolling). En réponse à la
détection de produits bactériens (peptides formylés, lipopolysaccharides) ou sous l’influence
de molécules attractives [leucotriène (LT)B4, la chimiokine CXCL8 ou IL(interleukine)-8,
fragments du complément, etc.], le PN exprime à sa surface des molécules d’adhérence qui
vont lui permettre de traverser la paroi endothéliale et de migrer vers le site enflammé. Il
reconnaît spécifiquement des motifs présents à la surface des micro-organismes (bactéries,
virus), ce qui déclenche leur phagocytose. La dégradation des pathogènes ainsi ingérés
s’effectue par deux mécanismes concomitants : la production de formes réactives de
l’oxygène (ROS : reactive oxygen species) par la NADPH oxydase et la libération, par les
granules des PN, de protéines enzymatiques (myéloperoxydase, élastases, lysosyme,
gélatinase) et antimicrobiennes (lactoferrine, bactericidal/permeability-increasing
protein (ou BPI), défensines).Récemment, un nouveau mécanisme bactéricide mis en œuvre
par les PN a été décrit : l’expulsion de filaments appelés NET (neutrophil extracellular traps)
ou « filets », fibres composées de chromatine et de protéases qui emprisonnent et tuent des
microbes hors de la cellule. En plus de leurs propriétés antimicrobiennes, ces filets peuvent
servir d’entrave physique, empêchant ainsi la diffusion des microbes. Il a aussi été suggéré
que le neutrophile pourrait participer à l’immunité adaptative en adoptant, en réponse à des
stimulus spécifiques, une fonction de cellule présentatrice d’antigène affectant l’action des
cellules immunitaires
2/Fonctions sécrétoires des PN : amplification de la réponse inflammatoire
Les PN sont la source de nombreux médiateurs de l’inflammation : des cytokines
[IL-1β, TNF-α (tumor necrosis factor-α)], des chimiokines [CXCL8, CCL3 et 4 (MIP-1α
et β)], des facteurs de croissance [G-CSF (granulocyte colony-stimulating factor),
GM-CSF (granulocyte/macrophage colony-stimulating factor)] et des médiateurs
lipidiques [LTB4, thromboxane (TX)A2, prostaglandine (PG)E2]. Ces médiateurs
peuvent agir de manière paracrine ou autocrine). Les PN peuvent ainsi orchestrer la
suite de la réponse immunitaire en influençant les cellules environnantes( comme le
le système Monocyte/macrophage) et en attirant d’autres leucocytes vers ce site.
Cette production de médiateurs inflammatoires est en grande partie influencée
par des agents stimulants, les cytokines et les endotoxines bactériennes (LPS).
Elle peut aussi être réprimée par des cytokines anti-inflammatoires comme
l’IL-10, l’IL-13, ou l’IL-1RA (receptor antagonist)
Le TNF-α et l’IL-1β sont deux des principales cytokines pro-inflammatoires sécrétées
par le neutrophile. Par leur action autocrine ou paracrine, lors qu’elles sont produites
par le système Monocyte/Macrophage, elles amplifient plusieurs fonctions du
neutrophile comme l’adhérence aux cellules endothéliales ou la production de ROS.
Elles agissent aussi sur de nombreux types cellulaires et permettent, entre
autres, le recrutement et l’activation des macrophages et des cellules
dendritiques De fait, elles sont la cible de certains traitements des maladies
inflammatoires auto-immunes qui visent à bloquer leur action.La chimiokine
CXCL8 est sécrétée par les PN en grande quantité mais peut également être
produite par les monocytes, les fibroblastes et les cellules endothéliales,
épithéliales ou synoviales. Toutefois, CXCL8 cible presque exclusivement le
neutrophile et déclenche sa migration dirigée, sa dégranulation, ainsi que
l’explosion oxydative.
Les médiateurs lipidiques produits par le neutrophile sont issus du métabolisme de
l’acide arachidonique provenant des membranes cellulaires. La voie métabolique de
la COX-2 (cyclo-oxygénase inductible) aboutit à la formation de PGE2 et de
TXA2 tandis que celle de la 5-LO (5-lipoxygénase) produit le LTB4, un puissant
chimioattractant et activateur des leucocytes La TXA2 a des effets
pro-inflammatoires : il active les plaquettes et promeut leur agrégation, ainsi que la
production de TNF-α et d’IL-1β par les monocytes. La PGE2 est dotée, selon le
contexte cellulaire, de fonctions pro ou anti-inflammatoires. Elle peut provoquer
fièvre, hyperalgésie, vasodilatation, et favoriser l’extravasation des fluides (œdème)
contribuant ainsi à l’inflammation. En revanche, la PGE2 peut réduire l’activation des
phagocytes (PN et monocytes) en bloquant leur production de TNF-α et d’IL-1β et en
inhibant la plupart de leurs fonctions inflammatoires via une augmentation d’AMP
(adénosine monophosphate) cyclique intracellulaire
3/Polynucléaires neutrophiles et résolution du processus inflammatoire
La régulation et la résolution de la réaction inflammatoire sont essentielles
afin d’éviter des dommages excessifs et de permettre la restauration de
l’intégrité structurale et fonctionnelle des tissus Les PN jouent également un rôle
dans l’arrêt du processus inflammatoire. On considère comme un premier signe
de résolution de l’inflammation le remplacement, au site inflammatoire, des
neutrophiles par des macrophages. Cette modification dépend en partie de la
relève des chimiokines de la famille CXC (CXCL8, CXCL2) par la chimiokine
CCL2 (MCP-1, monocyte chemotactic protein-1) ce qui favorise le recrutement
des monocytes aux dépens de celui des PN. Ce changement implique la formation
du complexe engendré par l’IL-6 et sIL-6R, son récepteur soluble. La transition est
aussi favorisée par l’élimination des neutrophiles via l’apoptose. La reconnaissance
et la phagocytose de leucocytes apoptotiques par les macrophages
provoquent la libération de signaux anti-inflammatoires comme l’IL-10 et le
TGF-β (transforming growth factor). Ces premières étapes du mécanisme d’arrêt
de l’inflammation surviennent 24 à 48 heures après le déclenchement d’une réponse
inflammatoire.
Toutefois, les PN peuvent jouer également un rôle anti-inflammatoire actif et
précoce à travers l’action de l’adénosine.
Adénosine et inflammation
L’adénosine est un nucléoside présent dans toutes les cellules ; elle agit comme
autacoïde (hormone locale) dans de très nombreuses fonctions tissulaires et exerce
un rôle protecteur et inhibiteur dans des systèmes infectieux. L’adénosine est
relarguée par les cellules dans le milieu extracellulaire. Sa concentration dans les
vaisseaux sanguins est faible car elle est rapidement internalisée par les globules
rouges ce qui n’est pas le cas dans les tissus interstitiels. Au site inflammatoire,
l’accumulation d’adénosine peut être importante en raison de la libération
d’ATP (hydrolysé en adénosine par les 5’-nucléotidases) par les cellules
endommagées ou ischémiques et de l’augmentation du nombre de
neutrophiles. L’adénosine peut alors agir sur les quatre sous-types de récepteurs
qui lui sont spécifiques.Les PN sont particulièrement sensibles à l’adénosine :
l’activation du récepteur de type A2A, qu’ils expriment, inhibe leurs principales
fonctions et l’expression de ce récepteur augmente dans les PN en réponse à un
stimulus inflammatoire..
Un changement phénotypique
L’adénosine inhibe l’adhérence des PN à la paroi endothéliale [ainsi que l’explosion
oxydative et la dégranulation]. L’activation du récepteur A2A par ce nucléoside
provoque un changement majeur dans le profil de sécrétion des médiateurs
lipidiques par les PN. Il bloque alors, la libération de l’acide arachidonique de la
membrane plasmique et la translocation de la 5-LO vers la membrane nucléaire,
empêchant ainsi la synthèse de LTB4 .D’autre part, il potentialise l’expression de la
COX-2 (transcrit et protéine), in vitro et in vivo.
Les fortes concentrations d’adénosine provoquent dans le neutrophile une inhibition
de ses fonctions anti-infectieuses, une inhibition de la sécrétion des cytokines
pro-inflammatoires et des leucotriènes (LTB4), mais également une augmentation de
la sécrétion de prostaglandine (PGE2) et d’oncostatine M (OSM) notamment. Ces
neutrophiles présentent alors un profil anti-inflammatoire.
Compte tenu des effets immunomodulateurs de la prostaglandine PGE2 (soit
l’inhibition de la production d’anions superoxydes, la dégranulation, la
synthèse de LTB4 et de cytokines), l’augmentation de l’expression de COX-2
dans le neutrophile devient alors un processus anti-inflammatoire.
Le changement phénotypique déclenché par l’adénosine dans les neutrophiles
lors d’une infection ou d’une lésion serait indicateur de l’engagement d’un
processus anti-inflammatoire régie par l’action essentielle de l’adénosine
Voies intracellulaires influencées par le récepteur A2A,
Les voies intracellulaires relayant les activités anti-inflammatoires du récepteur
A2A ne sont pas encore bien décrites. Un des mécanismes possibles semble mettre
en jeu l’activation de sérines/thréonines phosphatases qui, à leur tour, inactivent des
enzymes importantes dans la cellule .Le récepteur A2A est positivement couplé à
l’adénylate cyclase et donc à une augmentation de l’AMP cyclique intracellulaire;
cela semble constituer l’événement majeur causé par l’adénosine.
En effet, l’augmentation de l’AMP cyclique intracellulaire, indépendamment de
l’activation du récepteur, mime les effets inhibiteurs de l’adénosine, notamment
l’augmentation de l’expression de COX-2.La signalisation enclenchée par l’AMP
cyclique passe en général par l’activation du facteur de transcription CREB
(cAMP responsive element binding protein) via sa phosphorylation par la
protéine kinase A ; CREB pouvant activer directement la transcription de gènes
en se fixant sur leur région promotrice contenant un CRE (cAMP response
element) ou en inhiber indirectement d’autres en bloquant le facteur de
transcription NF-κB (nuclear factor-κB) qui contrôle la transcription de
nombreuses cytokines pro-inflammatoires (TNF-α, par exemple).L’AMP cyclique
active également les enzymes p38, PI3K et ERK1/2 À noter que ces protéines
kinases activent également les voies de signalisation des agonistes
pro-inflammatoires, LPS et fMLP (formyl-Met-Leu-Phe), qui amorcent la synthèse de
COX-2.L’adénosine via l’augmentation de l’AMP cyclique potentialise ces voies pour
augmenter la synthèse de COX-2 et induire alors une synthèse et une sécrétion
accrues de PGE2. La PGE2 libérée provoque à son tour une augmentation d’AMP
cyclique dans le neutrophile ; elle alimente ainsi une boucle que l’on pourrait nommer
la boucle d’inhibition du neutrophile. La PGE2 inhibe non seulement les principales
fonctions du neutrophile mais encore la synthèse de LTB4. Ainsi, cette boucle
favorise la synthèse de PGE2 anti-inflammatoire au détriment de la synthèse de
LTB4 pro-inflammatoire. La Figure 3 résume les mécanismes connus
provoqués par l’augmentation de l’AMP cyclique dans le neutrophile.
Le neutrophile, outre les fonctions pro-inflammatoires bien connues qui lui
sont attribuées, dispose des outils nécessaires pour limiter l’amplitude et la
durée d’une réponse inflammatoire et ainsi enclencher les premières étapes
conduisant à un arrêt de l’inflammation. L’exploitation de ces capacités
anti-inflammatoires est peut-être la clé de nouvelles stratégies pour le
traitement des maladies inflammatoires.