PSYCHOLOGIE
PSYCHOLOGIE
L'infirmier est concerné par la réalisation des soins de prévention, de maintien, d'éducation à la santé et du relationnel pour préserver ou
restaurer la continuité de la vie, le bien-être et l'autonomie de la personne. Pour être à la hauteur de cette tâche, il doit avoir une capacité
à faire le lien entre le médical, le social et le psychologique. Ce cours vise donc à lui permettre de développer des compétences variées
dont les plus importantes sont d'identifier les besoins fondamentaux et apprécier l'état de santé d'une personne ou d'un groupe et adapter
sa réponse, utiliser les règles et les protocoles adaptés lors des soins, communiquer avec les patients et leur entourage dans le cadre
d'une relation d'aide, rechercher, traiter et transmettre les informations pour assurer la continuité des soins, discerner le caractère urgent
d'une situation de soins pour alerter, conseiller les parents sur l'hygiène, l'alimentation, etc...
Le mot psychologie dérive du latin psychologia lui-même formé à partir du grec psukhé (souffle, âme, esprit) et logos (discours, sciences,
étude). C'est l'étude scientifique des faits psychiques et des comportements. Dans un sens plus large, c'est la connaissance empirique
ou intuitive des sentiments, des idées, des comportements d'une personne, des manières de penser, d'agir qui caractérisent un individu
ou un groupe. Divisée en de nombreuses branches d'étude aussi bien théoriques que pratique, elle a des applications thérapeutiques
individuelles ou collectives, sociales et parfois politiques ou morales. Ayant pour objectif l'investigation de la structure et du
fonctionnement du psychisme, elle s'attache à décrire, prédire, comprendre et expliquer les processus mentaux dans leur ensemble, en
prenant en compte les manifestations de la subjectivité.
L'homme au centre des préoccupations majeures du psychologue est un corps avec un cerveau permettant de développer des conduites
très élaborées, une personnalité appuyée sur cet organisme vivant, en rapport avec une société, une subjectivité (consciente et
inconsciente) construite à partir de la personnalité et insérée dans un ensemble de représentations sociales.
Courant gestalthéoricien
Théorie psychologique et philosophique de Köhler qui refuse d'isoler les phénomènes les uns des autres pour les expliquer et qui les
considère comme des ensembles indissociables structurés. Ce courant est caractérisé par le primat de la forme. Dans l'étude de la
perception, c'est la conscience et plus particulièrement les états de conscience, qui sont les éléments les plus importants. Le principe
essentiel est celui de la structuration phénoménale selon lequel et une forme se différencie en un fond tout champ perceptif Dans la
perception d'un objet, il faut distinguer le fond qui correspond au produit d'associations cérébrales de la forme qui serait la résultante de
l'activité du sujet. La forme est structurante et non pas structurée. Avec la Gestaltthéorie, c'est un premier mode de fonctionnement
conscient (intellectuel) qui est mis en évidence. Les mécanismes perceptifs et les traitements d'information effectués par le cerveau
montrent que nous cherchons à donner une cohérence aux phénomènes perçus. Si le béhaviorisme a montré que l'environnement
extérieur pouvait émettre des stimuli à l'égard de l'individu, la Gestaltthéorie a cherché à décrire la façon dont l'information était traitée
par la conscience. Avec ce courant de pensée, l'objectivité a perdu un peu de sa prégnance.
Courant Phénoménologique
Ce courant a été étudié par Husserl, par le biais de la primauté à l'intentionnalité. La phénoménologie,science de l'apparaître, est l'étude
descriptive des phénomènes dans le temps et dans l'espace, sans référence aux lois explicatives du phénomène en lui-même. Il existe
une interaction permanente et réciproque entre la conscience du sujet et le monde. En effet. la conscience permet une compréhension
et une explication du monde ; le monde enrichit et construit la conscience. Le résultat de cette interaction correspond à l'intentionnalité
(mouvement double de transcendance et d'immanence qui permet une meilleure compréhension de la conscience qui reste dans le
monde sans toutefois s'y confondre).
Courant Clinique
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La psychologie clinique à son action au chevet du lit du malade où le clinicien recueille par l'observation directe les manifestations de la
maladie en vue de poser un diagnostic. Cela signifie que le psychoclinicien écoute mais ne donne pas de médicaments comme le
psychiatre. Cette méthode a pour répercussion la compréhension de la maladie mentale mais du point de vue du vécu du malade
(analyse la vie affective), et non du point de vue de la maladie. Cette approche fondée sur la notion de subjectivité, a ouvert la voie à
l'étude de l'inconscient.
Courant Béhaviorisme
La proposition fondamentale du béhaviorisme est que tout comportement est le résultat d'un apprentissage(acquis). Cette conception
cherche à agir sur les comportements jugés pathologiques, à partir d'un nouvel apprentissage constitué de processus de
conditionnements.
Courant Cognitiviste(pensées)
La Psychologie cognitiviste vise la cognition : la connaissance des perceptions, apprentissages, processus attentionnels, mémorisations,
raisonnements qui permettent la prise de décision, la résolution des problèmes, la programmation des pensées et des actes. Elle vise
donc à développer des schémas de pensée positifs (positivisme). Dans cette théorie, il y a une liaison importante entre notre cerveau
(nos pensées) et notre comportement (fonctionnement neuronal). La notion d'intelligence n'est plus le monopole de l'être humain. Des
signes sont donc exprimés par notre pensée,notre langage, et notre culture.
Cognitivisme (conduite)
Le courant cognitiviste est issu des travaux sur la logique et les mathématiques, et surtout du développement de l'informatique. Capacité
virtuelle de raisonner comme un cerveau humain. L'idée est émise d'une représentation mécanique du cerveau. Le cerveau est similaire
à un ordinateur et fonctionne en traitant l'information à l'aide de systèmes ouverts qui peuvent communiquer avec l'environnement, en
manipulant des symboles. Ainsi, la pensée est un système de représentations de l'état du monde, représentations qui sont des
significations sur lesquelles la pensée s'exerce. Et l'humain recueille, modifie, encode, interprète, emmagasine l'information provenant
de l'environnement et en tient compte pour prendre des décisions et orienter sa conduite.
Courant psychanalytique
Sigmund Freud est le fondateur de la psychanalyse. Ce médecin neurologue viennois révolutionne la vision de l'homme en découvrant
que c'est l'inconscient qui gouverne le fonctionnement de la pensée. Il aborde le psychisme selon 3 points de vue :
-Dynamique (c'est l'étude des forces et des conflits psychiques)
-Economique (il y'a une énergie psychique qui circule)
-Topique (le psychisme s'organise en territoires et en systèmes)
Le point de vue dynamique
La pulsion : La pulsion est une tension qui prend sa source dans le corps et qui a pour but un objet apportant une satisfaction. La pulsion
se transforme en une excitation pour le psychisme qui doit la réduire et l'éteindre pour retrouver son équilibre (ex. vérification
obsessionnelle). Les objets de la pulsion sont multiples et ne se limitent pas à la recherche d'un partenaire sexuel.
On distingue les pulsions de vie (Eros) qui visent la conservation de la vie, du plaisir, et les pulsions de mort (Thanatos) qui tentent de
détruire le travail des pulsions de vie. Tournées vers l'intérieur elles visent l'autodestruction (suicide, anorexie), tournées vers l'extérieur
elles visent la destruction et l'agression. Tout le monde possède en soi ces pulsions et l'équilibre de la personnalité va dépendre de
l'équilibre entre les poussées pulsionnelles et la réponse de l'appareil psychique.
Le refoulement : Le refoulement permet d'éviter un conflit entre le Moi et le ça en rejetant dans l'inconscient la pulsion inacceptable.
Car ce qui peut être agréable pour le ça, peut-être source de déplaisir et d'angoisse pour le Moi. Ces éléments refoulés peuvent revenir
sous diverses formes comme les lapsus, les actes manqués, les rêves, mais aussi sous forme de symptômes (angoisses, obsessions...).
C'est alors qu'ils nécessitent d'être analysés en psychothérapie pour que le souvenir dont ils sont issus revienne à la conscience de
manière à ne plus être douloureux pour le sujet.
Le symptôme : En médecine, le symptôme est un signe révélateur de la maladie. Il permet de découvrir ce dont souffre le malade et de
le guérir. En psychanalyse, le symptôme révèle un conflit psychique inconscient. Il ne s'agit donc pas d'éradiquer le symptôme mais d'en
comprendre le sens car il vient parler à la place du sujet. Sous l'effet de l'analyse, le symptôme va se modifier de sorte à ne plus être
source de douleur.
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Certaines psychothérapies non psychanalytiques visent à supprimer rapidement le symptôme (ex. thérapies comportementalistes) mais
l'on s'aperçoit souvent que le symptôme réapparaît ailleurs sous une autre forme (on dit qu'il se déplace) car le conflit psychique sous-
jacent n'a pas été réglé.
Le lapsus : C'est un mot inattendu, qui surgit de la bouche d'un individu tout à fait par surprise. Il n'est pas le mot que consciemment il
avait prévu de dire et trahit le désir inconscient du sujet.
L'acte manqué : C'est un acte ou action inattendus, qui vient contrarier l'acte ou l'action que consciemment l'on avait projeté de faire.
Exemple : rater le train que l'on avait prévu de prendre pour un voyage auquel on tenait beaucoup.
La deuxième topique(1923)
FREUD présente les instances. Ces instances sont le Moi, le ça, et le Surmoi, 3 entités qui rentrent en conflit à l'intérieur du psychisme.
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-Le ça correspond à l'Ics, c'est le lieu des pulsions (de vie, de mort ou pulsions sexuelles), « la partie obscure, impénétrable de notre
personnalité ». Il est régit par les processus primaires et le principe de plaisir, c'est-à-dire qu'il ne connaît pas la logique, ni la contradiction.
ni la négation. Le temps n'existe pas pour lui et il ignore les jugements de valeur, le bien, le mal. Et la morale.
-Le Surmoi se construit à partir des exigences et des valeurs parentales. Il se met en place au moment du complexe d'Œdipe. Il a une
fonction de morale, de censure d'autoconservation et d'Idéal.
-Le Moi doit composer entre les exigences pulsionnelles du ça, les contraintes de la réalité extérieure et les exigences du surmoi. Le
Moi est en quelque sorte le médiateur chargé d'assurer la stabilité et de l'identité de la personne. Il regroupe le Cs et le Pcs (de la
première topique).
NB : Ces 3 points de vue sont étroitement liés, et fonctionnent ensembles
RAPPEL HISTORIQUE
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On peut distinguer schématiquement trois périodes essentielles durant lesquelles l'objet même de la psychologie a changé. Bien que
Son passé soit lié à celui de la philosophie, le terme « psychologique » est introduit pour la première fois par le philosophe allemand
WOLFF (1679-1754) pour désigner la science de l'âme. Elle est par la suite fixée en tant que science en 1879 lorsque WUNDT (1832-
1920) met sur pied le premier laboratoire de psychologie à Leipzig en Allemagne. L'approche de WUNDT a été critiquée et cette critique
a engendré l'émergence de nouvelles écoles en psychologie au 20ème siècle comme le béhaviorisme et la psychologie de la gestalt. Au
milieu du 20ème siècle, la théorie psychanalytique va dominer la pratique de la psychothérapie et exercer une grande influence sur la
psychologie. La psychologie qui résulte de son évolution de 1950 à nos jours est une psychologie à orientation très cognitive. Celle-ci
s'intéresse principalement à l'analyse scientifique des processus mentaux et des structures mentales. L'utilisation depuis 1970 des
méthodes des neurosciences dans le cadre expérimental de la psychologie cognitive donnera naissance à ce qui est actuellement
nommé les neurosciences cognitives
CONDUITE ET COMPORTEMENT
La conduite
La conduite est un ensemble d'actes organisés qui ont un sens et qui poursuivent une finalité. Elle implique une attitude psychologique
consciente ou inconsciente. C'est aussi la réponse à une motivation mettant en jeu des éléments psychologiques, physiologiques et
moteurs. La communication par exemple, est une conduite psychosociale visant à transmettre une information par l'emploi du langage,
des gestes, des attitudes ou des mimiques.
Les caractéristiques d'une conduite sont :
1. L'inconscient c'est à dire que les fins poursuivies par un sujet peuvent être inconsciente dans ce sens que l'homme ne peut pas
toujours dire pourquoi il agit.
2. La signification que l'on donne à une situation quand on voit quelque chose, dépend de notre environnement culturel, social et de
notre histoire personnelle. Cette signification que nous donnons à une situation, conditionne notre manière d'être et de réagir.
3. Ce sont des fonctions (Les conduites sont des tentatives d'adaptation de l'individu à son milieu). Le terme "conduite" tend à être
supplanté par celui de comportement
Le comportement
Le comportement peut être perçu comme la conduite d'un sujet, inscrite dans un contexte environnemental et temporel. Tout
comportement a une motivation visant la satisfaction d'une tension. Il peut s'orienter vers la recherche d'un objet ou la mise en place
d'une certaine situation. Tous les comportements sont adaptatifs et la qualité de l'adaptation est fonction des croyances et capacités
physiques, économiques et intellectuelles du sujet, ainsi que de son expérience. Ce mot au sens large, désigne toute activité signifiante,
directement ou indirectement observable, et il présente trois dimensions : une composante cogniive (perception, souvenir, réflexion, etc.),
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affective (plaisir, souffrance, indifférence) et motrice (action, expression corporelle). Et Au sens strict, il implique une conception
objectiviste (dite Behaviorisme) qui définit la psychologie comme l'étude de ce qui est palpable, chez un être (son comportement), sans
s'intéresser à la conscience.
Pour analyser un comportement, il est nécessaire de tenir compte de six variables :
Les trois dimensions du comportement : cognitions, affects, actions
Le ou les stimuli antécédents
La ou les conséquences anticipées
L'état de l'organisme.
Les différents types de comportements
Comportement innés/acquis : le premier est généré par des stimuli intérieurs et le second par les stimuli environnementaux.
Comportement public : c'est le mouvement d'un organisme qui peut être perçu par un autre organisme.
Comportement privé : il s'agit des comportements qui se déroulent « à l'intérieur de la peau ».
Comportement associatif : l'apprentissage associatif implique des opérations expérimentales dans lesquelles les évènements stimuli
de l'environnement sont soit corrélé entre eux soit avec le comportement. Les deux formes d'apprentissage les plus étudiées sont le
conditionnement opérant et le conditionnement répondant.
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Spécificités de La relation soignant soigné
L'apport du modèle psychanalytique
La théorie psychanalytique a défini le concept de transfert. Il s'agit des réactions affectives conscientes et inconscientes qu'éprouve le
patient à l'égard de son médecin. En effet, dans le cadre de la relation médecin-malade des désirs inconscients sont actualisés et un
certain nombre de désirs insatisfaits du patient vont se projeter sur la personne du médecin en ce qu'il représente inconsciemment un
autre personnage. Le malade peut ainsi répéter des situations conflictuelles qu'il a vécu dans son passé.
La théorie psychanalytique a aussi défini le concept de contre-transfert. Alors que le malade est sujet au transfert, le contre-transfert se
définit comme les réactions affectives conscientes et inconscientes qu'éprouve le médecin vis-à-vis de son patient. Ce contre-transfert
très directement lié à la personnalité et à l'histoire personnelle du médecin. Le plus souvent, le contre-transfert est positif, permettant
une relation médecin-malade de qualité caractérisée par l'empathie du médecin et une action thérapeutique efficace. Une relation
médecin-malade de qualité fait référence au fait que le médecin s'identifie au patient et comprend sa situation tout en étant capable de
garder une certaine distance vis à vis de lui, distance requise par l'objectivité nécessaire à la prise de décisions thérapeutiques. Un
contre-transfert excessivement positif risque de conduire à une identification massive au malade et/ou à une perte d'objectivité dans les
soins. Ailleurs, un contre transfert négatif induisant l'agressivité et des frustrations excessives du malade peut être à l'origine d'échecs
de la relation thérapeutique. Il en est de même pour une absence de contre-transfert qui peut conduire à une froideur excessive.
L'apport de M. Balint
Selon lui, une meilleure maîtrise de la relation interindividuelle doit permettre au médecin d'établir avec son patient un échange affectif
qui aura des vertus curatives.
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La relation coopérative : la coopération décrit un état d'esprit et un mode de comportement où les individus conduisent leurs relations
et leurs échanges d'une manière non conflictuelle ou non concurrentielle, en cherchant les modalités appropriées pour analyser ensemble
et de façon partagée les situations et collaborer dans le même esprit pour parvenir à des fins communes ou acceptables par tous.
La relation d'autorité : le terme autorité à des sens très variés selon le contexte d'idées ou il est pris. C'est un concept qui possède une
charge affective et idéologique particulièrement poussée. De façon générale, on peut la définir comme un pouvoir qui est reconnu,
accepté et respecté. La véritable relation d'autorité suppose un consensus. Une fois établie, l'autorité peut très vite dégrader et devenir
une contrainte et provoquer chez l'autre la pulsivité, le blocage, la révolte...
La relation de dépendance. Le mot dépendance peut signifier une subordination, un assujettissement d'une personne à une autre. Ce
type de relation est éprouvant quand il faut dispenser des soins à un patient devenu invalide ou handicapé par la maladie.
La relation d'acceptation l'effet d'acceptation veut dire approuver, agréer, valider ou recevoir quelque chose de bon gré et sans s'y
opposer. En fort lien avec la psychologie et l'aide personnelle, ce concept fait allusion à ce qu'une personne apprenne à vivre avec ses
erreurs, c'est-à-dire qu'elle accepte son passé. Ainsi elle pourra envisager l'avenir sous une nouvelle perspective et profiter des
opportunités que lui offre la vie. Cette notion est abordée en psychothérapie pour des douleurs et blessures de l'âme (inceste, viol,
trahison, déception...).
La relation de maternage. Le maternage est un ensemble de soins corporels donnés à une personne dans un climat protecteur et
affectif qui évoque le comportement d'une mère à l'égard de son enfant.
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L'Activisme : consiste à gérer des conflits psychiques ou des situations traumatiques par le recours à l'agir à la place de la réflexion ou
du vécu des affects. Exemple : Des soignants confrontés à une fin de vie, intègrent des comportements d'agitation, appelant de nombreux
intervenants, visitant le patient à la moindre sollicitation supposée.
La Fausse Réassurance : maintient un décalage, le médecin va optimiser les résultats et entretenir une sorte d'espoir chez le patient.
La Rationalisation : retrait du médecin derrière un langage technique ou scientifique inaccessible pour le patient.
Le Mensonge : c'est le mécanisme le plus entier, le plus radical et le plus dommageable à l'équilibre psychique -du malade. C'est le
mécanisme de l'urgence et de l'efficacité primaire, en repoussant le temps de la vérité encombrante. Il permet au médecin de figer le
temps en renvoyant sa propre angoisse dans un temps encore à venir. Le mensonge, en annulant le développement progressif de
l'angoisse, provoquera un phénomène de sidération engendré par l'effet de surprise.
L'Esquive : permet d'éluder le sujet en égarant le patient sur une autre voie, le soignant crée ainsi ce décalage qui lui évite de s'exposer
à l'affrontement qui générerait un surcroit d'angoisse.
L'Evitement : s'assimile à un comportement de fuite. La présence du patient est niée, il est considéré comme un objet de soins, réduit
à des informations indirectes et techniques (fièvre, symptômes ...), fuite du regard, « grande visite ». Exemple : le soignant sollicité par
le patient pour parler répond «je passe plus tard » car il est gêné par le type de maladie ou par une suspicion de pronostic vital concernant
le patient. La Dérision : humour « sur » l'autre. Lorsque l'évitement ne fonctionne pas et que les soignants sont contraints à un échange
minimum, certains trouvent refuge dans la dérision, autre comportement de fuite et d'évitement qui désoriente le patient et le réduit au
silence.
La Banalisation : reconnaissance d'une vérité partielle, c'est un mécanisme de distanciation, le soignant va s'enfermer dans un registre
concret (réhydrater, administrer un analgésique). En privilégiant exclusivement la souffrance physique, le soignant va occulter à priori la
souffrance psychique du patient. (Exemple du patient qui sonne sans arrêt, qui désire avant tout que sa plainte soit entendue).
La Fuite en Avant : Le soignant se « débarrasse » auprès d'un autre sujet de l'angoisse qu'il porte en lui. C'est devancer les questions,
accélérer l'allure sans jamais suivre le rythme du patient, se décharger de son fardeau, de son savoir médical sans penser à l'angoisse
qu'elle va engendrer chez le patient.
L'Identification Projective : attribuer à l'autre certains traits de soi-même, le soignant se substitue au malade et transfère sur lui certains
aspects de sa personnalité, ses propres sentiments et réactions, ses propres pensées et émotions. Il pense que lui seul sait ce qui est
bon pour le malade et lui prodigue des conseils. En s'identifiant à l'autre, le soignant s'est immergé dans la souffrance du malade pour
mieux s'en affranchir, pour pouvoir l'annuler. Il se rassure et se convainc de sa capacité à décoder les désirs du patient pour invalider sa
propre angoisse. Le soignant n'est plus à l'écoute de l'autre mais à l'écoute de lui-même. Exemple : parce qu'on est fatigué, trouver que
les patients sont plus apathiques, leur attribuer une douleur que l'on ressent soi-même ce qui a pour effet de ne pas entendre leur réelle
plainte personnelle.
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La sublimation : mécanisme concernant des activités intellectuelles, artistiques ou religieuses. Elle porte sur les pulsions partielles
libidinales qui ne parviennent pas à s'intégrer dans la forme définitive de la génitalité. Il n'y a pas de refoulement (ce n'est donc pas à
proprement parler un mécanisme de défense) mais une conversion de ces pulsions dans un but non sexuel qui revalorise le sujet.
L'inhibition : évitement d'une situation qui révèle en nous des pulsions pénibles.
La typologie de Jung
Il observe (avec A Binet) l'existence de deux caractères dont l'un est subjectif (tourné vers l'intérieur) et l'autre objectif (tourné vers
l'extérieur) ; à ces deux types Jung donne les noms d'introverti et d'extraverti.
Le type introverti se manifeste par une tendance à se détourner du monde de l'extérieur, toujours en retrait, réservé, il cherche la
satisfaction d'un avis extérieur qui est riche et pleine de fantaisie. Ils sont généralement mal à l'aise en société et très souvent taciturnes
et timides.
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Le type extraverti se distingue de l'introverti par son ouverture au monde extérieur. Il est sociable et recherche les contacts humains
Selon Schilder,« l'image de notre corps que nous formons dans notre esprit, est la façon dont notre corps nous apparait à nous-mêmes
». C'est la synthèse des expériences émotionnelles et relationnelles, l'incarnation du sujet désirant (François Dolto).
Formation de l'image du corps
Stade du miroir développement du «JE»
Stade oral tous les échanges se font au niveau de la bouche
Stade anal acquisition de la propreté, maitrise des sphincters
Stade ædipien grande instabilité de l'image du corps. Découverte de l'homme et de la femme
Adolescence bouleversement de l'image du corps, apparition des règles, grossesse, ménopause
Trouble de l'image du corps
Anorexie boulimie obésité
Dépersonnalisation (psychose) l'individu ne vit pas comme personnalité, impression de vide et d'étrangeté
Lien entre les deux concepts.
Il est classique de distinguer le terme de schéma corporel comme relevant de la neurologie et celui d'image du corps relevant de la
psychanalyse et de la psychologie. Néanmoins, toute altération du corps entraine une désintégration du schéma corporel. L'image du
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corps est une réalité psychique en relation avec le vécu dans le temps alors que le schéma corporel relève quant à lui du domaine
neurologique en relation avec l'expérience sensorielle et motrice, et l'espace.
Le schéma corporel précède l'image du corps dont l'élaboration s'achève dans l'expérience du miroir.
Le stade du miroir
C'est la période du développement pendant laquelle le bébé aurait le sentiment de son unité corporelle en percevant sa propre image
dans la glace. Cette acquisition de la totalité corporelle est fondamentale car non seulement elle constitue la base de la conscience de
soi, mais elle devient le modèle de tous les objets. Jusqu'au quatrième mois, l'enfant ignore le miroir qu'on place devant lui. Apres le
sixième mois, il s'y intéresse et semble entrevoir le rapport entre le reflet de la personne et celle-ci. Vers l'Age de un an, il commence à
comprendre que l'image spectaculaire est le reflet de son propre corps. C'est vers deux ans que la notion de totalité est acquise. Pour
lui le monde n'est pas fragmenté
Conséquences de l'expérience du miroir sur le développement de la personnalité
Un rôle structurant (l'enfant accède à une prise de conscience de l'unité individuelle).
Mise en place du processus affectif d'identification (en s'appropriant sa propre image il met en place un « JE » idéal qui servira de
fondement à toutes les autres identifications).
Mise en place de la fonction narcissique. (L'enfant intègre et accepte dans sa totalité l'image de son corps ce qui est fondamental pour
la constitution d'un moi équilibré sinon le moi est morcelé ce qui conduit à la schizophrénie)
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Premier à proposer une théorie du développement de la personne, sa théorie va servir de fondement à celles élaborées par d'autres
théoriciens ultérieurement. Selon Freud,deux forces biologiques internes déterminent l'évolution psychologique de l'enfant : les pulsions
sexuelles et les pulsions d'agression. Le comportement de l'enfant est motivé par la recherche de plaisir en évitant la douleur par ces
forces. Le développement consiste donc à chercher un équilibre entre les plaisirs du monde et la domination de la honte et de la culpabilité.
Au terme de son développement, l'adulte doit avoir une forte conscience qui lui permet d'éprouver du plaisir tout en procédant à une
évaluation objective de la réalité.
STADES DE DÉVELOPPEMENT SELON FREUD
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Réactions circulaires primaires (1- 4 mois)
Il reproduit les actions exécutées par réflexes car elles lui ont procuré du plaisir.
Par exemple, le réflexe de préhension lui permet de saisir un hochet par hasard et le secoue pour la même raison. Par plaisir d'entendre
le bruit du hochet et de l'agiter, il continue volontairement le mouvement.
Réactions circulaires secondaires (4-8 mois)
Il commence à établir des liens en prenant de plus en plus conscience du monde qui l'entoure. Il cherche des yeux l'objet qu'il ne voit
plus, mais aussitôt, il pense qu'il n'existe plus. Il s'excite à la vue du biberon.
Coordination des schèmes secondaires (8 - 12 mois)
Schème de la permanence de l'objet; maintenant, il sait que ce n'est pas parce qu'il ne le voit plus qu'il n'existe plus.
Réactions circulaires tertiaires (12-18 mois)
Âge de la curiosité, il aime explorer et expérimenter et ceci joue un rôle d'importance primordiale dans son développement.
Combinaisons mentales (18 - 24 mois)
Développement important du langage et peut s'imaginer l'objet qu'il ne voit pas.
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Le premier niveau de besoins, à la base de la pyramide, comprend les besoins physiologiques (respirer, boire, manger et éliminer les
déchets).
Le second niveau de la pyramide a trait au besoin de protection et de sécurité (physique et psychologique).
Le troisième niveau concerne le besoin d'amour et d'appartenance. Il comprend l'amitié, les relations sociales et l'intimité.
Le quatrième niveau englobe le besoin d'être estimé et l'estime de soi, impliquant la confiance en soi, le sentiment d'utilité, le souci
d'acquérir une réelle compétence et valeur personnelle.
Le cinquième niveau, qui est le sommet de la pyramide, constitue le besoin de se réaliser. Cee signifie que la personne est capable de
résoudre des problèmes et envisager des défis.
La théorie de Maslow tient une place particulièrement importante lorsque vient le moment de planifier les soins à la personne afin d'établir
les priorités.
b) Virginia Henderson
Virginia Henderson était une infirmière américaine à l'origine du modèle des quatorze besoins fondamentaux. Elle définit les soins
infirmiers en partie comme suit : « Les soins infirmiers consistent principalement à assister l'individu, malade ou bien portant, dans
l'accomplissement des actes qui contribuent au maintien de la santé (ou à une mort paisible) et qu'il accomplirait par lui-même s'il avait
assez de forces, de volonté ou de savoir ». Sa définition des soins infirmiers s'applique à toutes les personnes et à tous les milieux, soit
à l'hôpital, à l'école, à domicile, dans les usines et dans les prisons.
Le modèle de Virginia Henderson classe également les besoins fondamentaux de la personne des priorités. Comme Maslow, selon sa
théorie, un besoin ne peut être atteint que si les besoins avant sont déjà satisfaits. Les besoins primaires sont vitaux (indispensables à
la survie), soit biologiques et physiques. Les besoins secondaires sont d'ordre psychologique, social, spirituel et leur satisfaction n'est
pas indispensable.
Quatorze besoins fondamentaux selon Virginia Henderson
1. Respirer (incluant la capacité d'éliminer les déchets gazeux).
2. Boire et manger (impliquant la capacité de mâcher et de déglutir, d'avoir faim et absorber suffisamment de nutriments pour
produire l'énergie nécessaire à son activité).
3. Éliminer(incluant la capacité d'éliminer l'urine, les matières fécales et la sueur).
4. Se mouvoir, conserver une bonne posture et maintenir une circulation sanguine adéquate.
5. Dormir et se reposer.
6. Se vêtir et se dévêtir (incluant la capacité d'une personne de se procurer des vêtements).
7. Maintenir la température corporelle dans les limites de la normale (incluant la capacité de s'adapter à son environnement et à
reconnaître ses limites).
8. Être propre, soigné et protéger ses téguments.
9. Éviter les dangers (incluant l'aspect physique et mental).
10. Communiquer avec ses semblables.
11. Agir selon ses croyances et ses valeurs.
12. S'occuper en vue de se réaliser (impliquant la capacité de prendre part à des activités ludiques ou créatrices et à des loisirs
contribuant à une autoréalisation et l'estime de soi).
13. Se divertir (incluant la capacité de se détendre et de se cultiver ainsi que d'éprouver une satisfaction personnelle face aux
activités).
14. Apprendre.
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