Cours Partie 2 Elect
Cours Partie 2 Elect
électriques
électriques immobiles
YOUSSEF LACHTIOUI 3
I – Généralités
I.1 – Electrisation
Le phénomène d’électrisation a été découvert lorsqu’on a constaté qu’un bâton
d’ébonite (caoutchouc durci) frotté avec un tissu de laine attire des corps légers.
L’électrisation d’un corps se traduit par l’apparition d’une quantité d’électricité
ou charges électriques sur celui-ci.
Ce phénomène peut être créé soit
1 – Par contact : en mettant en contact un corps chargé avec un corps
initialement neutre.
2 – Par influence : un corps A neutre placé au voisinage d’un corps B chargé
s’électrise. Si on éloigne le corps B (influençant) le corps A (influencé)
revient à l’état neutre.
3 – Par sources d’électricité : en branchant un corps neutre à une batterie, une
pile, une dynamo, etc.
YOUSSEF LACHTIOUI 4
Exemple 1 : Exemple 2 :
Prenons une boule métallique et On approche une tige en verre frottée avec un
suspendons-la par un fil. Ensuite, on tissu en laine de petits morceaux de papier. Ces
approche une tige de verre après l'avoir derniers sont alors attirés par la tige.
frottée préalablement. On remarque que
la tige attire la boule
Les frottements de la tige lui ont fait perdre des électrons. Le verre se trouve alors chargé
positivement.
En approchant la tige des morceaux de papier de charge neutre, des charges négatives se
déplacent dans le papier en face des charges positives de la tige de verre. Cette attraction entre
les deux objets de charges opposées est due à la présence des forces électrostatiques
YOUSSEF LACHTIOUI 5
I.2 – Conducteurs et isolants
Par rapport au phénomène d’électrisation, les matériaux se divisent en deux
types :
- Les isolants qui ne conduisent pas les charges électriques. C’est le cas du
verre, du bois, de l’air sec, du plastique, etc.
- Les conducteurs qui conduisent facilement les charges électriques. C’est le
cas des métaux, de l’air humide, de l’eau, du corps humain, des acides, etc.
YOUSSEF LACHTIOUI 6
I.3 – Propriétés des charges
électriques 5 – La charge électrique est quantifiée
(Millikan 1910) et ne peut varier que par
1 – Il existe deux types de charges multiples entiers d’une charge élémentaire
électriques, l’une qualifiée qe= 1,621 10-19 Coulomb.
positive, l’autre négative. Les
charges de même signe se Alors la charge d’un système s’écrit :
repoussent alors que les charges de Q = ±n qe (n entier positif).
signe contraire s’attirent. La charge de l’électron q = - qe.
2 – La charge électrique d’un La charge du proton q = + qe.
système est égale à la somme
algébrique des charges
élémentaires qui le constituent. L’unité de la charge électrique dans le système
3 – Un corps neutre (non chargé) international (SI) ou MKSA est le Coulomb
contient des charges de signes (C).
contraires en quantités égales. 6 – La charge électrique d’un système est
invariante (sa valeur ne dépend pas du repère
4 – La charge électrique totale dans lequel on la mesure).
d’un système isolé est constante.
YOUSSEF LACHTIOUI 7
I.4– Distribution continue de charges – Densité de charges
La charge électrique Q d’un corps est la somme algébrique de ses charges élémentaires qi
𝑁
𝑄= 𝑞𝑖
𝑖=1
En général N est un nombre très grand, ce qui permet de considérer des valeurs moyennes
et des distributions continues de charges.
I.4.1– Distribution volumique
La charge Q est répartie dans un volume V et par conséquent un volume élémentaire dv contient
une quantité élémentaire de charges dq.
La densité volumique de charge est définie par:
𝛥𝑞 𝑑𝑞
𝜌(𝑀) = lim = (C/m3)
𝛥𝑣→0 𝛥𝑣 𝑑𝑣
𝛥𝑞 𝑑𝑞
𝜎(𝑀) = lim = (C/m2)
𝛥𝑠→0 𝛥𝑠 𝑑𝑠
𝑞1 𝑞2
𝐹= 𝑘 2 (k est une constante)
𝑟
Unités (SI) :
• F en Newton (N),
• q1 et q2 en Coulomb (C), r en mètre (m),
1
• 𝑘= = 9 109 Nm2/C2(cas du vide), 𝜀0 = 8,85 10-12 C2/Nm2(permittivité absolue
4𝜋𝜀0
du vide).
si q1q2 > 0, F est une force de répulsion (F>0).
• L’expression de la force exercée par q2 sur q1 est Alors 𝑭𝟏𝟐 + 𝑭𝟐𝟏 = 𝟎 ce qui
𝑞1 𝑞2 𝑢21 𝑞1 𝑞2 𝑟21
𝐹21 = 2 = 3 .
vérifie le principe de l’action et la
4𝜋𝜀0 𝑟21 4𝜋𝜀0 𝑟21
YOUSSEF LACHTIOUI réaction de la force de Coulomb.
11
Si q1q2 > 0 alors𝐹12 est dirigée de M1 vers M2 (force de répulsion).
Si q1q2 < 0 alors𝐹12 est dirigée de M2 vers M1 (force d’attraction).
YOUSSEF LACHTIOUI 12
II.3 – Application
YOUSSEF LACHTIOUI 13
II.3.1 – Extension aux systèmes de charges ponctuelles
Soient trois charges ponctuelles (q1>0), (q2<0) et (q<0) placées respectivement en M1, M2
et M, figure ci-dessous. Cherchons la force exercée sur la charge q (supposée passive) par
les deux autres.
En choisissant
𝑀𝑖 𝑀 𝑟𝑖
𝑢𝑖 = = , alors
𝑀𝑖 𝑀 𝑟𝑖
𝑞 𝑞𝑖 𝑢𝑖 𝑞 𝑞𝑖 𝑟𝑖
𝐹(𝑀) = 2 = 4𝜋𝜀
4𝜋𝜀0 𝑟𝑖 0 𝑟𝑖3
𝑖 𝑖
YOUSSEF LACHTIOUI 15
II.3.2 – Extension aux distributions continues de charges
• Pour déterminer la force exercée par un volume V chargé,
figure ci-dessous, avec une densité de charge 𝜌 sur une
charge q placée au point M, on divise le volume en éléments
égaux dv.
• Un volume élémentaire au point P contient une charge
élémentaire dq=𝜌(𝑃)dv. Cette charge dq crée une force
élémentaire 𝑑𝐹𝑃𝑀 sur la charge au point M dv
1 𝑞. 𝑑𝑞 𝑃𝑀
𝑑𝐹𝑃𝑀 = 2
𝑢𝑃𝑀 avec 𝑢𝑃𝑀 =
4𝜋𝜀0 𝑃𝑀 𝑃𝑀
𝑞 𝜌(𝑃)𝑑𝑣
𝐹(𝑀) = 𝑢
𝑉 𝑃𝑀 2 𝑃𝑀
4𝜋𝜀0 YOUSSEF LACHTIOUI 16
Dans le cas d’une surface S chargée, figure ci-contre, avec une densité de
charges 𝜎(𝑃), la charge élémentaire dq=𝜎(𝑃)ds et la force résultante 𝐹(𝑀) aura
pour expression
𝑞 𝜎(𝑃)𝑑𝑠
𝐹(𝑀) = 𝑆 2 𝑢𝑃𝑀
4𝜋𝜀0 𝑃𝑀
ds
𝑞 𝜆(𝑃)𝑑𝑙
𝐹(𝑀) = 2
𝑢𝑃𝑀
4𝜋𝜀0 𝐿 𝑃𝑀 dq
P
L
dl
YOUSSEF LACHTIOUI 17
III – Champ électrique
III.1 – Définition
Considérons, dans un espace, un système de charges ponctuelles actives q1, q2, …, qn
et plaçons une charge passive q en un point M (q est suffisamment faible afin de négliger ses
effets). La force de Coulomb totale exercée sur q est donnée par
𝑞 𝑞𝑖 𝑢𝑖
𝐹(𝑀) =
4𝜋𝜀0 𝑟𝑖2
𝑖
En divisant 𝐹(𝑀) par q, on obtient une expression vectorielle qui ne dépend pas de la
charge q subissant la force, mais uniquement des charges qui la créent.
𝐹(𝑀) 1 𝑞𝑖 𝑢𝑖
=
𝑞 4𝜋𝜀0 𝑟𝑖2
𝑖
Cette quantité est appelée vecteur champ électrostatique et notée
1 𝑞𝑖 𝑢𝑖
𝐸(𝑀) =
𝑟𝑖2
4𝜋𝜀0YOUSSEF LACHTIOUI 18
𝑖
Le champ 𝐸(𝑀) traduit la modification des propriétés électriques de l’espace par l’action
des charges qi (sont les sources du champ électrique).
Unité (S.I) : (N/C) ou (V/m).
Remarques :
𝐹(𝑀)
1- Le champ 𝐸(𝑀) = est une grandeur vectorielle ayant la direction de𝐹(𝑀), le sens
𝑞
𝐹(𝑀)
de 𝐹(𝑀) si q>0, le sens opposé si q<0 et pour intensité 𝐸(𝑀) = .
𝑞
𝐹(𝑀) 𝐹𝑖
2 - 𝐸(𝑀) = = = 𝐸𝑖 est une grandeur vectorielle qui vérifie le principe
𝑞 𝑖 𝑞 𝑖
de superposition.
YOUSSEF LACHTIOUI 19
III.2 – Champ créé par une charge ponctuelle
Une charge ponctuelle q crée, en un point M de l’espace à la distance r de la charge, le
champ électrique
𝑞 𝑢 𝑞 𝑟 𝑂𝑀
𝐸(𝑀) = = avec 𝑢=
4𝜋𝜀0 𝑟 2 4𝜋𝜀0 𝑟 3 𝑂𝑀
𝑞 1
𝐸(𝑀) =
4𝜋𝜀0 𝑟 2
YOUSSEF LACHTIOUI 20
E
E
r
(+q) r
(-q)
YOUSSEF LACHTIOUI 21
III.3 – Champ créé par plusieurs charges ponctuelles
Dans un espace, où il y a n charges ponctuelles actives q1, q2, …, qn, le champ
électrique créé en un point M est donné par
𝑛
1 𝑞𝑖 𝑟𝑖
𝐸(𝑀) =
4𝜋𝜀0 𝑟𝑖3
𝑖=1
Le champ n’est pas défini sur les charges qi, si 𝑟𝑖 → 0 ⇒ 𝐸(𝑀) → +∞
Dans le cas de deux charges, l’une positive (+q) et l’autre négative (-q), la représentation du
champ électrique résultant est donnée par les courbes ci-dessous.
YOUSSEF LACHTIOUI 22
III.4 – Lignes et tubes de champ électrique
1 – Les lignes de champ (ou lignes de force) sont définies par les courbes tangentes en chacun
de leurs points au champ électrique, orientées dans le sens de 𝐸(𝑀), figure ci-dessous.
YOUSSEF LACHTIOUI 23
2 – Un tube de champ (ou tube de force) est défini par la surface formée par l’ensemble des
lignes de champ qui s’appuient sur un contour fermé, figure ci-dessous.
Lignes de
champ
Contour fermé
Dans le cas d’un champ uniforme 𝐸(𝑀) = 𝐶𝑡𝑒, les lignes de champ sont des
droites parallèles et le tube de champ est un cylindre, figure ci-dessous.
YOUSSEF LACHTIOUI 24
III.5 – Champ créé par une distribution continue de charges
Le calcul du champ crée par une distribution de dimensions non infinitésimale devra
passer par une phase d’intégration (souvent délicate).
Pour simplifier le calcul, il faut chercher des éléments de symétrie de la distribution de
YOUSSEF LACHTIOUI 26
charge .
YOUSSEF LACHTIOUI 27
YOUSSEF LACHTIOUI 28
YOUSSEF LACHTIOUI 29
YOUSSEF LACHTIOUI 30
YOUSSEF LACHTIOUI 31
YOUSSEF LACHTIOUI 32
YOUSSEF LACHTIOUI 33
+ -
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YOUSSEF LACHTIOUI 38
YOUSSEF LACHTIOUI 39
YOUSSEF LACHTIOUI 40
YOUSSEF LACHTIOUI 41
Chapitre 2
Théorème de Gauss
I – Flux de champ électrique
Le théorème de Gauss est basé sur le calcul du flux du
champ électrique à travers une surface fermée. Dans ce
paragraphe, on va calculer le flux à travers différentes
surfaces.
YOUSSEF LACHTIOUI 42
I.1 – Flux à travers une surface quelconque
Le flux élémentaire du champ électrique 𝐸 à travers une surface S, figure
ci-dessous, est donné par (Chapitre 0 II.3)
𝐝𝚽 = 𝑬. 𝐝𝒔
avec 𝑑 𝑠 = 𝑑𝑠. 𝑛 est le vecteur élément de surface orienté par la normale 𝒏
à la surface (de l’intérieur vers l’extérieur de S) élémentaire ds.
YOUSSEF LACHTIOUI 43
En un point M de cette surface à la distance r de la charge q, le champ a pour
expression.
q
E(M) u
4 0 r 2
𝑂𝑀
r=OM et 𝑢 =
𝑂𝑀
Le flux élémentaire est
q u .ds q cos.ds
d
4 0 r 2 4 0 r 2
q
d d
4 0
Finalement, le flux total de 𝐸 à travers la surface S est exprimé par
q q
S d 4
4 0 0
avec 𝛺est l’angle total sous lequel on voit toute la surface S à partir du point O où se trouve
la charge q. YOUSSEF LACHTIOUI 45
I.2 – Flux à travers une sphère centrée sur une charge ponctuelle
Le flux élémentaire, à travers la surface sphérique fermée S (figure ci-dessous), du champ
électrique 𝐸 créé par une charge ponctuelle q, est donné en fonction de l’angle solide
élémentaire par
q
d d
4 0
En tout point M de la surface de la sphère S de rayon r,
le champ électrique est colinéaire à la normale à cette
surface.
Alors, l’angle solide élémentaire est égal
d 2 2
u .ds ds
r r
YOUSSEF LACHTIOUI 46
L’angle solide 𝛺 sous lequel, on voit toute la surface de la sphère fermée à partir de la
charge q est déterminé par:
2
ds2 sind d cos 0 02 4
sphère r 0 0
q q q
espaced 4 4
4 0 0 0
YOUSSEF LACHTIOUI 48
I.3.2 - Charge sur la surface
Le calcul du flux du champ électrique 𝐸 créé par une charge ponctuelle q placée en un
point O d’une surface fermée S, figure ci-dessous, donne
q cos.ds q
d d
4 0 r 2 4 0
q qq
1 espaced 2
4 0 2 4 0 2 0
YOUSSEF LACHTIOUI 49
I.3.3 – Charge à l’extérieur de la surface
Le calcul du flux du champ électrique𝐸 créé par une charge ponctuelle q placée à
l’extérieur d’une surface fermée S, figure ci-dessous, donne
d E
q
cos .ds
q
d
4 0 r 2 4 0
d E '
q cos 'd s' q
d '
4 0 '2 4 0
r
Or 𝑑𝛺 = −𝑑𝛺′ ce qui donne pour la somme des deux flux élémentaires
pour le même tube de champ
Alors, la somme totale des flux
d d E d E '0
à est nulle. travers toute la
YOUSSEF LACHTIOUI
surface . 50
II – Enoncé du théorème de Gauss
1
E.ds q
S
0
int érieur
YOUSSEF LACHTIOUI 51
II.2 – Cas de distribution continue de charges
Le flux électrostatique sortant d’une surface fermée est égal au rapport de la charge Q
(intérieure à la surface fermée S) à la permittivité du vide.
Q
Eds
S
0
Dans le cas où les charges sont réparties à l’intérieur d’un volume avec
une densité volumique𝜌, la charge est donnée par
𝑄= 𝜌𝑑𝑣
𝑉
le volume V est limité par la surface fermée S sur laquelle on calcule le
flux du champ électrique.
YOUSSEF LACHTIOUI 52
Dans le cas où les charges sont réparties sur une surface avec une densité surfacique σ, la charge
est donnée par
𝑄= 𝑆′
𝜎𝑑𝑠
la surface S' est à l'intérieur de la surface fermée S sur laquelle on calcule le flux du champ
électrique.
- Dans le cas où les charges sont réparties sur une longueur avec une densité linéaire λ, la charge
est donnée par
𝑄= 𝐿
𝜆𝑑𝑙
la longueur L est à l'intérieur de la surface fermée S sur laquelle on calcule le flux du champ
électrique.
YOUSSEF LACHTIOUI 53
YOUSSEF LACHTIOUI 54
YOUSSEF LACHTIOUI 55
𝜃
YOUSSEF LACHTIOUI 56
Théorème de Gauss
𝜃
YOUSSEF LACHTIOUI 58
YOUSSEF LACHTIOUI 59
YOUSSEF LACHTIOUI 60
YOUSSEF LACHTIOUI 61
YOUSSEF LACHTIOUI 62
YOUSSEF LACHTIOUI 63
YOUSSEF LACHTIOUI 64
YOUSSEF LACHTIOUI 65
YOUSSEF LACHTIOUI 66
YOUSSEF LACHTIOUI 67
Chapitre 3
Potentiel électrique
𝑑𝐶 = 𝐸. 𝑑 𝑙
Avec dl M '
M est le vecteur déplacement élémentaire sur la courbe L
orienté de A vers B.
YOUSSEF LACHTIOUI 68
En un point M de cette courbe à la distance r de la charge q, le champ a pour
expression.
q
E(M) 1 u
4 0 r 2
𝑂𝑀
𝑢=
𝑂𝑀
q
3 - Par convention, on considère 𝑽(∞) = 𝒌 = 𝟎 V(M)
et par conséquent YOUSSEF LACHTIOUI
4 0r 70
La circulation du champ le long de la courbe L est donnée par:
q r B dr q 1 1
C AB dC 2 V A V B
4 0 r A r 4 0 rA rB
C AB E.dl V AV B
La circulation du champ électrique 𝐸 ne dépend pas du chemin suivi, mais ne
dépend que des points de départ A et d’arrivée B.
C E i dl E i dl C i
AB i i AB i
qi r iB d r
avec Ci est la circulation du champ E i Ci
i
,créé par la charge qi placée au point Oi, 4 0 r iA r i2
le long de la trajectoire AB.
avec riA=OiA et riB=OiB
YOUSSEF LACHTIOUI 72
d’où la circulation totale
qi 1 1 qi qi
C =VA-VB
i 4 0 riA riB i 4 0 riA i 4 0 r iB
V(M)V i(M)
i
YOUSSEF LACHTIOUI 74
III – Surfaces équipotentielles
Les surfaces équipotentielles sont l’ensemble des points où le potentiel électrique
a partout la même valeur. Elles sont définies par l’équation (cas d’un espace à
trois dimensions)
V(M)=V(x,y,z)=V0=Cte
III.1 – Cas d’une charge ponctuelle
Le potentiel électrique V(M) créé, par une charge ponctuelle q, en un point M de l’espace à la
distance r est :
q
V(M)
4 0r
si V(M)=Cte alors r=Cte, et les surfaces
équipotentielles sont des sphères, figure
ci-dessous, de rayons constants et centrées
sur la position de la charge q (on a une
symétrie sphérique). YOUSSEF LACHTIOUI 75
Remarque : Les lignes de champ (tangentes à 𝑬(𝑴) ) sont des
trajectoires orthogonales aux surfaces équipotentielles.
III.2 – Cas de deux charges ponctuelles
Le potentiel électrique V(M) créé, par deux charges ponctuelles l’une positive
(+q) et l’autre négative (-q), en un point M de l’espace, à la distance r1 de la
charge positive et r2 de la charge négative, est :
V3
q ( q ) q 1 1
V( M )
4 0 r1 4 0 r 2 4 0 r1
V2
r2
V1
si V(M)=Cte alors
1 1 (+q) (-q)
Cte
r1 r2
et les surfaces équipotentielles correspondantes
ont l’allure de la figure ci-dessous
YOUSSEF LACHTIOUI 76
IV – Potentiel créé par une distribution continue de charges
IV.1 – Cas de distribution volumique
V(M)
1 dq
V(M)
4 0 (v) r
r=PM avec r>0
dq
1 (P)dv
V(M)
4 0 (v) r
P (v)
1 dq V(M)
V(M)
4 0 (S) r r=PM avec r>0
dq
(P)ds
V(M) 1 (S)
4 0 r (s) P
YOUSSEF LACHTIOUI 77
IV.3 – Cas de distribution linéaire
1 dq
V(M)
4 0 (L) r
V(M) r=PM avec r>0
1 (P)dl
V(M)
4 0 (L) r
P
dq
(L)
YOUSSEF LACHTIOUI 78
V – Travail de la force électrostatique
Dans une région de l’espace où il existe un champ
électrique 𝐸(𝑀) , une charge ponctuelle q est
soumise à une force électrique, figure ci-dessous,
𝑭(𝑴) = 𝒒𝑬(𝑴) A
𝒅𝑾 = 𝑭. 𝒅𝒍 = 𝒒𝑬. 𝒅𝒍
Le travail total en Joule (J) de la force
électrique pour la trajectoire AB (en
utilisant les résultats de la circulation de W ABdW qAB E.dl qV AV B
YOUSSEF LACHTIOUI 79
𝐸(𝑀)) est donné par
• Le travail de la force électrique ne dépend que de l’état initial A
et de l’état final B de la trajectoire parcourue.
W ABdW qAB E.dl qV AV B
V AV B W
q
, on détermine l’unité de la différence de potentiel ente les points A et B.
• Le Volt est la différence de potentiel entre deux points d’un champ électrique
tel que le déplacement, par la force électrique, d’une charge de 1 Coulomb
entre ces deux points met en jeu un travail de 1 Joule.
YOUSSEF LACHTIOUI 80
VI – Equations caractéristiques du champ et du potentiel électriques
Les propriétés électrostatiques de l’espace peuvent être représentées soit
par le vecteur champ électrique 𝐸(𝑥, 𝑦, 𝑧), soit par la fonction scalaire
potentiel électrique V(x,y,z).
VI.1 – Relation entre champ et potentiel
Dans un espace à trois dimensions, où il y a un champ 𝐸(𝑀) et un potentiel
V(M), on a la relation suivante de la circulation du champ électrique
𝑑𝐶 = 𝐸. 𝑑 𝑙 = −𝑑𝑉
𝜕𝑉 𝜕𝑉 𝜕𝑉
𝑑𝑉 = 𝑑𝑥 + 𝑑𝑦 + 𝑑𝑧 = 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑉. 𝑑 𝑙
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
On déduit alors, que le champ électrique dérive du potentiel électrique
(annexe II.2) par la relation
𝑬(𝑴) = − 𝒈𝒓𝒂𝒅 𝑽(𝑴)
YOUSSEF LACHTIOUI 81
Dans le cas où on travaille dans un système de coordonnées cartésiennes (x,y,z),
on a V
E x x
V
E E y
y
V
Ez
z
YOUSSEF LACHTIOUI 84
VI.3 – Rotationnel du champ électrique
La circulation du champ électrique 𝐸(𝑀), le long d’une trajectoire (L) fermée est nulle
𝑪= 𝑬. 𝒅𝒍 = 𝟎
(𝑳)
En utilisant le théorème de Stokes (chapitr 0 II.3), la relation précédente peut être réécrite
sous la forme
(𝑳)
𝑬. 𝒅𝒍 = (𝑺) 𝒓𝒐𝒕𝑬. 𝒅𝒔 = 𝟎 où (S) une surface s’appuyant sur (L)
C’est la condition nécessaire et suffisante pour que le champ 𝐸(𝑀) dérive d’un potentiel
scalaire.
Conséquence : la condition 𝒓𝒐𝒕 𝑬 = 𝟎 implique que le champ électrique 𝐸(𝑀) n’est pas un
champ tourbillonnaire (vecteur tournant). YOUSSEF LACHTIOUI 85
VI.4 – Equations de Poisson et de Laplace
En utilisant les résultats précédents, on déduit la relation suivante
divE(M)div gradV(M) V(M)
(M)
0
L’équation de Poisson est donnée par
(M)
V(M) 0
0
Si 𝜌(𝑀) = 0, on obtient l’équation de Laplace
𝜟𝑽(𝑴) = 𝟎
YOUSSEF LACHTIOUI 86
Chapitre 4
Conducteurs en équilibre et énergie électrique
I – Equilibre électrostatique d’un conducteur isolé et unique
1 – Dans les conducteurs (exemple les métaux), les électrons extérieurs sont peu liés aux
noyaux des atomes et peuvent se déplacer facilement entre les atomes. Ces électrons sont
des charges libres.
2 – Dans les isolants (exemple les matières plastiques), les électrons sont fortement liés aux
noyaux des atomes et ne peuvent pas se déplacer entre les atomes.
3 – Un conducteur est en équilibre électrostatique lorsque les charges libres qu’il contient
sont au repos. Il y a des mouvements de charges à cause de l’agitation thermique, mais pas
de mouvement d’ensemble.
YOUSSEF LACHTIOUI 87
4 – Sous l’effet d’un champ électrique E ext extérieur
les charges positives et négatives, figure ci-contre,
d’un conducteur se séparent. Il y’a accumulation de
charges des deux côtés du conducteur.
YOUSSEF LACHTIOUI 88
Supposons qu’on dépose une quantité de charges positives sur ce conducteur, elle va
se déplacer et provoquer un déplacement des autres charges. Au bout d’un certain
temps, il s’établit
un nouveau équilibre électrostatique.
Donc, il n’y a plus de force
électrique F q E int 0 et par conséquent E int 0 (puisqu’on a déposé une charge 𝑞 ≠ 0sur
le conducteur) en tout point à l’intérieur du conducteur. On a aussi, d’après les résultats
précédents, int 0div E int 0 ce qui implique que la charge posée est répartie sur la surface du
conducteur
Pour déterminer le potentiel du conducteur, on utilise la relation E int grad V int 0
ce qui donne V int cteV 0 ,en tout point et la surface du conducteur est une équipotentielle
YOUSSEF LACHTIOUI 89
Ces propriétés sont valables aussi pour un conducteur creux, figure ci-dessous.
YOUSSEF LACHTIOUI 90
I.3– Champ électrique au voisinage d’un conducteur chargé
Soit un conducteur chargé avec une densité de charge positive 𝜎. Pour calculer le champ
électrique, en utilisant le théorème de Gauss, au voisinage du conducteur, on choisit une
surface S fermée (figure ci-dessous) cylindrique (S=S1+S2+S3). La surface latérale S2 et la base
S3 doivent être faibles pour que le champ 𝐸 soit normal à cette base.
Le flux du champ à travers cette surface est donné par
E.ds S1 S 2 S 3
(S)
S 10 car le champ à l’intérieur du conducteur est E int 0
S 20 car 𝐸 est perpendiculaire à la normale de S2
S 3 E.ds E.dsE dsE S 3
S3 S3 S3
La charge à l’intérieur de la surface S est
qint S 3 YOUSSEF LACHTIOUI 91
Finalement, à partir de ces résultats et en appliquant le théorème de Gauss
q int
E S 3 S 3
0 0
On déduit le champ électrique au voisinage d’un conducteur chargé (connu aussi sous
l’appellation Théorème de Coulomb)
E Théorème de Coulomb)
0
C’est un champ qui ne dépend que de la densité de charge sur le conducteur, normal à
la surface de ce dernier.
E n
0
où 𝑛 est la normale, sur la surface du conducteur, orientée de l’intérieur vers l’extérieur.92
YOUSSEF LACHTIOUI
I.4 – Pression électrostatique
n
A partir du champ électrique au voisinage d’un conducteur chargé E vois 0 et du champ
à l’intérieur E int 0 , figure ci-contre, on déduit le champ électrique sur la surface par la
relation
E vois E int
E surf
2 2 0
C’est un champ normal à la surface du conducteur
E surf n
2 0
df dq. ds
2
2 0 2 0
En exprimant cette force par unité de surface, on obtient la pression
électrostatique exercée sur le conducteur
p
df
2
ds 2 0
YOUSSEF LACHTIOUI 94
– Equilibre de plusieurs
II
conducteurs
II.1 Eléments correspondants
Soient deux conducteurs A1 chargé
positivement et A2 neutre, placés Calculons le flux du champ 𝐸 à travers la surface
suivant la figure ci-dessous. Soit un fermée S (formée par la surface du tube, la
tube de champ qui découpe dans A1 surface S3 à l’intérieur de A1 et la surface S4 à
la surface dS1 et dans A2 la surface l’intérieur de A2) et appliquons le théorème de
dS2. Supposons que dq est la charge Gauss.
de l’élément de surface dS1.
qint
E.ds S tube S
(S) 3 4 0
S 30 car le champ à l’intérieur de A1 est E int 0
S 40 car le champ à l’intérieur de A2 est E int 0
tube0 car 𝐸 est perpendiculaire à la normale du tube
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Comme le flux totale est nul 𝜑 = 0alors on a qint 0
Or à l’intérieur de la surface S, la charge sur S1 est non nulle 𝑑𝑞 ≠ 0, ce qui impose la
présence d’une charge dq’ opposée sur la surface S4 du conducteur A2.
dq’=-dq
On déduit, finalement,
que les charges portées
par deux éléments
correspondants, dans un
tube, sont opposées.
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III – Influence électrostatique
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Q=(-q)+(+q)=0, la charge totale du conducteur
'
E int E ext E 0
'
E est le champ créé par les charges séparées (+q) et (-q) du conducteur
V=Vint=Cte=V0 car E int grad V int 0 et présence de charges sur le conducteur
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III.1.2- Par un conducteur chargé
Soit un conducteur A2 neutre (𝜎 = 0, Q2=0, V2=0) placé dans un espace où il y a un
conducteur A1 chargé positivement avec la charge Q1, figure ci-dessous. Sous l’influence
du champ électrique de A1 et en respectant les propriétés des éléments correspondants,
les caractéristiques du conducteur A2 deviennent à l’équilibre
• Q2=(-q)+(+q)=0, la charge totale du conducteur
• 𝐸 = 0, le champ est nul à l’intérieur
• V=Vint=Cte=V2 car E int grad V int 0
On déduit que la capacité d’un conducteur isolé et unique est toujours positive C>0.
Pour un conducteur sphérique de rayon R et de charge Q, le potentiel est donné par l’expression
Q
V +
4 0 R Q
R
+
et la capacité est calculée par O +
Q
C 4 0 R
V + +
On déduit que le Farad est une très grande unité, d’où l’utilisation de ses sous-multiples.
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YOUSSEF LACHTIOUI 106
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Capacités et coefficients d’influence de conducteurs en équilibre
Soient n conducteurs A1, A2, …,An aux potentiels V1, V2, …,Vn portant les charges Q1,
Q2, …,Qn en équilibre électrostatique. Cet état peut être obtenu par la superposition de n
états d’équilibre intermédiaires. Pour le ième état, on suppose que tous les potentiels
sont nuls sauf celui du ième conducteur Vi et la charge sur chaque conducteur est
proportionnelle à Vi.
V1 V2 … Vi … Vn Q1 Q2 … Qi … Qn
1erétat 1 0 … 0 … 0 C11V1 C21V1 … Ci1V1 … Cn1V1
2ème état 0 1 … 0 … 0 C12V2 C22V2 … Ci2V2 … Cn2V2
.
.
.
ième état 0 0 … 1 … 0 C1iVi C2iVi … CiiVi … CniVi
. .
. .
. .
nième état 0 0 … 0 … 1 C1nVn C2nVn … CinVn … CnnVn
Les charges produites par la superposition des n états d’équilibre sur chaque conducteur
sont données par
Q1= C11V1+ C12V2+…+ C1nVn
Q2= C21V1+ C22V2+…+ C2nVn
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