PRESENTATION
La carte, familière, quotidienne, indispensable, est pourtant un outil dont les
potentialités sont méconnues par la plupart d'entre-nous.
Des générations d'élèves puis de professionnels assimilent encore la
géographie et indirectement la cartographie à des disciplines
d'inventaires dont le seul but serait de situer les lieux, les faits et
phénomènes.
Cette vision limitée vient du fait que l'école et l'enseignement en général
n'ont pas été préparés à transmettre l'utilité opérationnelle de la géographie
et de la cartographie. Parallèlement, le marché de la carte, sa pratique et son
utilisation médiatique se sont considérablement accrus. La maîtrise de
l'outil cartographique est devenue un enjeu primordial dans tous les
domaines se préoccupant de la connaissance et de la gestion des territoires.
Ce développement prodigieux de la cartographie résulte d'une part d'une
prise de conscience des ses qualités d'aide à la décision et à la gestion, de
support de communication, d'analyse ou encore de simulation et d'autre part
de la montée en puissance de l'informatique. Celle-ci ouvre à la cartographie
de vastes champs d'application et donne théoriquement à tous la possibilité de
concevoir une carte.
Ayant résolu le problème, délicat, de l'acquisition d'un logiciel, l'enjeu est
maintenant pour vous de travailler judicieusement avec les méthodes
cartographiques et d'analyse exploratoire auquel Cartes & Données vous
donne accès.
Toute carte devrait présenter des qualités de rigueur, de clarté et
d'esthétique, e n résumé ne pas ignorer les règles élémentaires de la
graphique. En tant que langage, la cartographie ne s'improvise donc pas
; elle s'apprend et n'est efficace que si elle assure au lecteur le maximum
de clarté et de rapidité de compréhension. Les progrès de l'informatique
et la démocratisation induite ont tendance à le faire oublier et chaque jour, de
trop nombreuses cartes alimentent un sottisier dont on s'abstiendrait
volontiers.
Lorsque l'on conçoit ou que l'on apprend à concevoir une carte, il faut
to ujours garder à l'esprit une des caractéristiques fondamentales de l'outil
cartographique : celui-ci utilise un langage visuel dont les principes, les
règles, les qualités et les limites résultent tous des exigences
physiologiques de l'oeil humain.
I Cartographies. cartes
- généralités -
1) Qu'est ce que la cartographie ?
La cartographie a pour but la représentation de la Terre ou d'une autre
planète sous une forme géométrique et graphique grâce à la conception,
la préparation et la réalisation de cartes. La cartographie est à la fois une
science, un art et une technique.
C'est une science, car ses bases sont mathématiques, notamment en ce
qui concerne la détermination de la forme et des dimensions de la Terre
puis le report de la surface courbe de la Terre sur un plan (la carte) grâce au
système des projections et enfin l'établissement d'un canevas planimétrique
et altimétrique. L'enjeu est la précision et la fiabilité de la carte.
C'est un art, car en tant que mode d'expression graphique, la carte
doit présenter des qualités de forme (esthétique et didactique grâce à la
clarté du trait, à son expressivité et sa lisibilité) afin d'exploiter au mieux les
capacités visuelles du lecteur. Cela exige de la part du concepteur et du
réalisateur des choix dans l a représentation.
C'est enfin une technique, car elle nécessite d'amont en aval, l'emploi
d'instruments dont les progrès ont bouleversé toute la filière cartographique
(photographies aériennes, satellites, ordinateurs, impression et
diffusion, etc.).
La définition de la cartographie suppose que la représentation de la Terre
s'accomplit grâce à un ensemble de techniques et de méthodes. Il en résulte les
deux grandes branches de la cartographie.
Les techniques précèdent les méthodes et engendrent une
cartographie d'amont ou une cartographie « mathématique » ou «
topographique », sachant que ces qualificatifs sont peu satisfaisants. Cette
cartographie a pour finalité majeure d'établir les fonds de carte* nécessaires
à l'élaboration de toute carte. C'est là où s e situent les fondements
mathématiques et géométriques de la cartographie. Grâce à l'astronomie, à la
topographie, à la photogrammétrie*, à la géodésie*, à la topométrie
(ensemble des mesures faites sur le terrain pour la réalisation des cartes
topographiques), à la télédétection* (découverte de la Terre à distance)
entre autres et bien sûr à l'exploration systématique du globe, on a pu donner
de plus en plus précisément au fil du temps, les dimensions, la forme
générale et une représentation à plat de la Terre. La connaissance de notre
planète est à peine terminée et s'enrichit encore aujourd'hui avec les
progrès de l'imagerie satellitaire.
Cette cartographie demande des compétences particulières que possèdent les
topographes ou les géomètres par exemple. Pour le concepteur et
réalisateur de cartes thématiques, les buts à atteindre sont différents puisqu'il
utilise des fonds de cartes
considérer la cartographie comme art d'expression et comme un outil
d'analyse, d'aide à la décision et de communication, d'où le contenu de ce
livre axé essentiellement sur les méthodes de la cartographie.
Les m é t h o d e s de la cartographie, c'est- à-dire la démarche et la
réflexion intellectuelle que supposent l'acte de concevoir, réaliser puis lire
des cartes thématiques (cf. définition plus bas) nécessitent d'autres
compétences. Lire une carte thématique est en soit un acte complexe
qui ne répond à aucune recette
prédéterminée. L'expérience du lecteur dans un domaine quelconque et sa capacité à
décrypter la trame de l'organisation de l'espace géographique sont les
deux
facteurs-clefs de la lecture efficace d'une carte. Il est par contre plus aisé de
cerner les acquis que réclament la conception puis la réalisation d'une carte
thématique puisqu'ils découlent plus ou moins directement d'une logique
dans le choix du langage cartographique. Pour résumer, le respect d'une
série de règles et de méthodes est garant d'une cartographie thématique
efficace et fiable.
.
2) La carte
Objet très ancien, plus ou moins complexe, aux multiples facettes et
utilisations, on ne peut donner une seule définition de la carte. Toutes les cartes
ont néanmoins un point commun, celui de représenter une portion de l'espace
terrestre. Retenons deux définitions de la carte :
o Selon F. Joly, « une carte est une représentation géométrique, plane,
simplifiée et conventionnelle de tout ou partie de la surface terrestre et cela dans un
rapport de similitude convenable qu'on appelle échelle ».
o La carte est un dessin réduit et à plat du Monde ou d'une portion
du Monde. Elle peut être aussi et d'autre part une représentation sur un fond de
carte géographique, d'un phénomène quelconque concret ou abstrait.
Cette représentation est faite sur papier ou sur un autre support tel le verre,
le bois ou un écran d'ordinateur. Une carte est conçue à la main ou par une
machine. Les distances sur la carte sont toujours dans le même rapport que
sur le terrain.
La notion de carte n'est pas à confondre avec celle de plan* qui représente un
espace restreint. On parle de plans de maison, de quartier voire de ville mais
jamais de plan de France ou d'une région.
De ces définitions se dégagent cinq grands principes dont les conséq
uences pratiques guident ou devraient guider le travail de tout cartographe,
professionnel ou non.
o La carte est une représentation, un dessin : la carte est donc
un document visuel. Ceci explique que la conception et la réalisation d'une carte
doivent respecter des règles simples mais rigoureuses, issues des lois de la
perception visuelle.
o La carte est une représentation plane : la carte matérialise le
passage de la sphère terrestre à un plan. Ce passage est réalisé grâce au
procédé des projections. L'obligation de la projection implique
qu'aucune carte n'est fidèle à la forme réelle de la surface terrestre. De
plus, selon la projection retenue, le visage du territoire projeté sera très
différent. Cette contrainte n'est impérieuse que dans le cadre d'une
cartographie de grandes étendues de terrain (travail à petite échelle).
o La carte est une représentation réduite : une carte n'a pas pour objectif de
représenter l'espace en vraie grandeur. Au contraire, le but est d'obtenir
un document maniable sur lequel est représenté le terrain selon un
rapport de
réduction :
l'échelle.
o La carte est une représentation simplifiée : la réduction impose une série
d'opérations graphiques que l'on regroupe sous le nom générique de
généralisation et qui visent à choisir les objets à représenter et à remplacer
leurs formes observées sur le terrain par des figurés conventionnels.
o La carte est une représentation conventionnelle : le cartographe utilise un
langage, le langage cartographique, qui possède sa propre grammaire. Sa
connaissance permet de transmettre au mieux une information géographique.
De même que la définition de la cartographie a laissé entrevoir les deux
grandes branches de cette discipline, celle de la carte différencie deux
grands types de cartes : d'une part les cartes de base (appelées également
cartes générales ou encore cartes classiques) issues de la cartographie
mathématique et d'autre part les cartes spéciales.
Dès le 17ème siècle, l'homme a cartographié la Terre dans un but moins restrictif
que celui de représenter la topographie des pays et de décrire la Terre. Les cartes
sont devenues des instruments de connaissance, de décision, de
prévision et de planification au service des Etats. Sont donc apparues des
cartes spéciales ou cartes spéci al i s ées a u j o u r d ' h u i c o m m u n é m e n t
a p p e l é e s cart es t hém at iques.
Une carte thématique a pour finalité de donner sur un fond de carte une
représentation conventionnelle de faits et de phénomènes présentant un
aspect de distribution dans l'espace et de leurs corrélations, à l 'aide
de symboles qualitatifs ou quantitatifs, géométriques ou figuratifs dont
l'explication se trouve dans une légende.
Les phénomènes à représenter étant illimités, les cartes thématiques et
leurs applications sont innombrables. C'est cette variété même qui fait
certes la complexité mais aussi l'intérêt d'un point de vue professionnel
des cartes thématiques conçues pour décrire, comprendre et interpréter
l'organisation de l'espace afin, le cas échéant, d'agir.
C'est lors de la conception et de la réalisation que se décide une très grande part de
l'effet final du document cartographique.
Le cartographe doit d'abord appréhender la réalité du terrain afin de
répertorier et d'organiser les objets géographiques, bref les données*
quantitatives ou qualitatives qui constituent la base de la carte. C'est le
cartographe qui décide quelles sont les données à conserver ou à escamoter. Cette
sélection est souvent indispensable, car elle garantit la lisibilité du document final.
Elle est souvent liée aussi au thème de la carte et le cas échéant au lectorat de la
carte : un technicien ou un ingénieur sera capable de lire (ou exigera) des cartes
infiniment plus complex
A ce choix des données (pourvu que celles-ci soient fiables et homogènes )
s'ajoutent généralement un traitement de celles-ci. Là encore, le cartograph e
s'affirme comme le seul maître à bord. Par exemple, parmi les méthodes d e
découpage en classes des séries statistiques, il faut savoir choisir, sachant qu e
chaque méthode possède ses propriétés et surtout débouchent sur un résulta t
cartographique exclusif.
Les données étant sélectionnées, le cas échéant vérifiées puis traitées, il faut
maintenant passer à la présentation du fond de carte, une autre prise de décision
importante de la part du cartographe. Quelle projection choisir et surtout quelle échelle
et quel degré de généralisation retenir ? A priori, le nombre de solutions est illimité
mais le jugement du cartographe est encore une fois généralement guidé par
l'objectif final de la carte.
L'esprit d'initiative est encore de mise lors de la phase-clef que constitue le
dessin de la carte. A la fois attendu et redouté, ce passage des données à
l'expression cartographique a été grandement simplifié grâce à l'informatique.
3) L'informatique au service d'une nouvelle cartographie
L'apparition de l'informatique dans le domaine de la cartographie est déjà
ancienne puisque les premières cartes par ordinateur datent du début des
années 60. Néanmoins, à cette époque, la technologie encore balbutiante et
surtout les obstacles financiers empêchaient l'expansion de la cartographie
par ordinateur qui ne concernait qu'un noyau de spécialistes. Depuis, elle
s'est perfectionnée sans cesse si bien qu'aujourd'hui, concevoir une carte
sur ordinateur est en passe de devenir un acte aussi ordinaire qu'utiliser
un traitement de texte. Cette (r)évolution a bouleversé toute la filière
cartographique, d'amont en aval.
Pour le cartographe néophyte, la cartographie par ordinateur soulève un flot
de questions, car celle-ci possède son jargon, ses méthodes et ses
spécialistes.
A noter
Pour qualifier l'élaboration d'une carte avec un ordinateur, on a inventé
une série de termes plus ou moins satisfaisants et spécifiques.
11 Le vocable cartographie assistée par ordinateur a le mérite d'être clair
mais ses initiales (C.A.O.*) étaient déjà utilisées par conception assistée par
ordinateur, discipline qui fait référence aux traitements graphiques en général.
11 L'expression cartographie automatique est souvent utilisée pour qualifier
toute la chaîne de fabrication d'une carte (des levés sur le terrain jusqu'au
dessin et l'impression). On obtient donc au final une carte automatique . Il est
vrai que l'ordinateur entraîne une automatisation de toutes les étapes de la
réalisation d'une carte : tracé du fond de carte, traitement des données,
dessin, légende automatique, impression, etc. Mais cette expression de
cartographie automatique est abusive tant le rôle du cartographe reste
fondamental à tous les stades de l'élaboration de la carte : choix du sujet, des
objectifs, des traitements statistiques, de l'échelle, entrée des données, retouche
d'images, etc. Le jour où l'ordinateur pourra prendre en charge, sans
intervention du cartographe, la création d'une carte est encore loin.
11 On rencontre également les vocables d'infographie qui s'applique plus
généralement aux traitements graphiques de l'information et de
géomatique qui fait référence à 'ensemble des procédures de traitement de
données géographiques par ordinateur dans 'élaboration du cadastre* et de la
carte topographique de base. Ces vocables sont peu employés hors des
milieux professionnels intéressés.
11 Le néologisme cartomatique suggéré par le géographe Roger Brunet est
un compromis entre cartographie assistée par ordinateur et cartographie
automatique. On pourra également utiliser sans crainte la formule de
cartographie par ordinateur.
o Les systèmes d’informations géographiques (S.I.G.)
Le but de ce paragraphe est uniquement et simplement de tirer au clair les
grandes lignes d'un secteur aux multiples ramifications et en perpétuelle
évolution. Le fait que la plupart des personnes extérieures à la problématique
des systèmes
d'informations géographiques et même bon nombre de professionnels assimilent les
S.I.G. à des logiciels de cartographie est révélateur de la confusion qui règne
dans ce domaine dont l'image et le fonctionnement tendent à se brouiller un
peu plus chaque jour, particulièrement aux yeux du cartographe occasionnel.
Définition du S.I.G.
« Un S.I.G. est l'ensemble des structures, des méthodes, des outils et des
données constitué pour rendre compte des phénomènes localisées dans un
espace spécifique et faciliter les décisions à prendre sur cet espace ». (T.
Joliveau).
Contrairement à une idée reçue et tenace, les logiciels de cartographie et
les systèmes informatiques permettant de rassembler stocker, manipuler, traiter,
gérer et analyser les données spatiales ne sont que des éléments d'un
ensemble beaucoup plus vaste, cet ensemble étant le S.I.G. proprement dit.
Cette définition insiste sur le fait essentiel que les S.I.G. sont des systèmes
incluant à côté des outils matériels et logiciels, d'autres composantes tout
aussi fondamentales : les structures, les méthodes et les données.
L'échele
L'échelle d'une carte est l'inverse du rapport d'une distance et de sa
représentation (définition du C.F.C.).
> L'échelle cartographique se présente sous deux formes :
L'échelle graphique : « ligne droite ou abaque matérialisant sur la carte, l'échelle
numérique » (définition du C.F.C.).
L'échelle numérique est le rapport d'une distance mesurée sur la carte et sa valeur
réelle sur le terrain. Une échelle de 1/100 000 signifie que 1 cm sur la carte représente 100 000 cm,
soit 1000
mètres (ou 1 kilomètre) sur le terrain. En d'autres termes, un objet sur la carte sera 100 000 fois plus
grand dans la réalité. Le tableau suivant donne les échelles numériques les plus courantes en France.
115 1 cm sur la carte représente 50 m sur le terrain Plans cadastraux
1110 1 cm sur la carte représente 100 m sur le terrain Plans cadastraux
1125 1 cm sur la carte représente 250 m sur le terrain Ex. : Série Bleue IGN, 1750 cartes
000 topographiques très détaillées pour
couvrir l'algerie
1110 1 cm sur la carte représente km sur le terrain Ex. : Série Verte I . G. N., 74
000 toute la France.
1120 1 cm sur la carte représente km sur le terrain Ex. : carte routière Michelin
000
111 1 cm sur la carte représente10 km sur le terrain Ex. carte d'Atlas détaillée,
000 carte routière I.G.N.
115 1 cm sur la carte représente50 km sur le terrain Ex. : cartes d'atlas*
000
N.B. : la production des cartes au 50 000ème a récemment été arrêtée en France.
La notion d'échelle est très relative. Une
carte à 1/5 000 peut être considérée à
juste titre comme une carte à grande
échelle. Mais elle sera une carte à petite
échelle si on la compare à une carte à
1/500. Pour tenter d'établir une
convention, l'Institut Géographique
National a mis en place une terminologie
afin de classer les cartes selon leurs
échelles. Il en résulte trois catégories :
les cartes à moyenne échelle :
de 1/25 000 à 1/100 000 inclus,
les cartes à petite échelle : de
1/100 000 à 1/500 000 inclus,
les cartes à très petite
échelle : inférieure ou égale au
millionième. La plupart des cartographes
sont confrontés à des cartes à grande
échelle (supérieure au 25
000 ème ) car ils travaillent à l'échelle de
la ville, du quartier, voire de l'îlot. On
parle alors parfois de plans* : plan
cadastral par exemple.
Il conx'ient de dire
• carie fi 1.'x. er non pas carie au 1.'
• échelle dt• 1.'x. er non pas échelle au 1.'
• en ch it tres. on écrira carie au 25 000'"“ er échelle du 25000""“.
• en iomes le rires. on écrira carie au inillionièine er échelle du inillionièine.
Attention à la terminologie petite échelle et grande échelle. I échelle est un rapport
plus le dénominateur sera important et donc le rapport petit, plus I échelle sera petite.
/Lzu n ›/u.s”
€îrxnd dénominateur = “ î'etit dénominateur =
petit rapport - o tit qrand rapport -
Line carte à grande échelle représente une petite surface mais a 'ec beaucoup de détails
tandis qu une carte à petite échelle cou 're une grande surface en sacri fiant au détail de la
représentation. the ce fait, une carte à grande échelle autorise plus de détail et plus de
précision tandis qu un document à petite échelle nécessite une plus grande sélecti 'ité : il \'
sera impossible de représenter les faits par Ieur forme réelle. 4'ela implique la
gènes [Link] du fond de carte et des phénomènes représentés (cf. 4'i-dessous).
[Link] I on réduit ou agrandit une carte. I échelle graphique est réduite ou agrandie
automat iquement, en mème temps que la carte. Par contre. I échelle numérique est
modifié.
Manuel de Cartographie
Localisation - implantation
1) La localisation
Le premier effort du cartographe consiste à
tracer sur sa carte, les objets géographiques.
Une carte constitue un plan de dessin à deux
dimensions. Les objets géographiques y sont
localisés par leurs coordonnées* x et y issues de
leurs coordonnées géographiques sur la sphère
terrestre, respectivement la longitude* et la
latitude*.
L Longi
a localisation
Tout point sur
la Terre est à
Cette phase, consistant à l’intersection
reproduire l'ordre géographique d'un méridien des
et d’un
lieux, est rarement une étape parallèle. Sur
laborieuse, car il existe un nombre considérable de fonds de carte (sous forme papier ou
numérique) : il suffit de chercher et de trouver celui qui conviendra le mieux au trava il cartographique
en question.
Encore faut-il rendre visibles sur le papier
les objets géographiques et, dans le cadre de la cartographie thématique, les
données qui s'y rapportent. Pour cela, le cartographe dispose des trois figures
élémentaires de la géométrie : le point, la ligne et la zone. A chaque figure
correspond une implantation et des figurés symboliques particuliers.
2) L'implantation
L'implantation est la transcription cartographique d'un objet ou d'un
phénomène géographique sur un plan à deux dimensions. Il existe trois
types d'implantation l'implantation ponctuelle pour des phénomènes
peu étendus et localisés
précisément dans l'espace (un point géodésique, une maison sur un plan
cadastral, la position d'un navire par exemple). Cette localisation est centrée dans
le plan de la carte sur un point, sans longueur, ni surface. Le cartographe
rend visible ce point
grâce à un figuré (rond, croix, dessin d'un navire...) qui peut varier de taille,
de valeur, de grain, de couleur, d'orientation et de forme.
L' implantation linéaire pour des phénomènes linéaires ( routes, ri vières,
frontières, oléoducs, par exemple) localisés par une ligne dans le plan de la
carte. Le cartographe rend visible cette ligne grâce à un figuré (une ligne) qui
peut varier de taille (en fait de largeur), de valeur, de grain, de couleur,
d'orientation et de forme.
Les signes élémentaires de l'expression cartographique
Les trois types d'implantations en cartographie et les figurés correspondants
IV Les variables visue le
du langage cartographique
1) l èr e
variable visuelle : la taille
o Principes
On fait varier la longueur, la largeur, la hauteur et par conséquent la
superficie du figuré. Ainsi, la variation de taille consiste en une variation de
surface.
En implantation ponctuelle, le figuré peut être géométrique ou figuratif. Il peut
également être formé de morceaux accolés. En implantation linéaire, c'est
l'épaisseur de la ligne qui varie.
En implantation zonale, rappelons que l'on ne peut modifier la surface de la zone.
Cependant, les figurés internes à la zone (points ou lignes) peuvent varier en taille
ou en nombre
Chaquefiguré possède une forme précise et déte
r m i n é e . Changer la forme du figuré en implantation ponctuelle et en
implantation linéaire consiste à changer son contour. Changer la forme d'un figuré
en implantation zonale signifie modifier sa structure interne.
Les solutions sont illimitées : un figuré géométrique tel qu'un losange
peut devenir un carré qui peut lui-même être transformé en triangle...
Lorsque la structure d'un figuré zonal est construite avec des
éléments graphiques, des symboles ou un ensemble de symboles
figuratifs (ou évocateurs) afin de signifier l'étendue d'un fait, on obtient un
poncif.
o Conseils
11 La multiplication des formes sur la carte nuit à la lecture et à la mémorisation des
figurés et
nécessite un recours trop fréquent à la légende .
11 La variable visuelle forme engendre parfois des effets d'optique : à dimensions égales,
un cercle paraîtra plus petit qu'un carré ou qu'un triangle.
Alors que la variable visuelle forme est utilisée uniquement pour exprimer des différences,
cet effet d'optique peut suggérer une hiérarchie.
3 è me
3) variable visuelle : la valeur
o Principes
La valeur est le rapport entre la quantité de noir et de blanc sur une surface
donnée. On agit donc sur la valeur en ajoutant du blanc ou du noir. Sur du papier blanc,
c'est le noir qui a la plus grande valeur. Même si le fait d'influer sur la valeur est parfois
délicat dans le cadre des travaux cartographiques manuels, cette variable visuelle est la
plus utilisée en cartographie après la couleur.
Les logiciels et les trames vendues dans le commerce mesurent la valeur en
pourcentage : 100 % correspond au noir, 0% au blanc tandis qu'un gris de 40 % équivaut
à 40 % de noir et 60 % de blanc. La variation de valeur est pour des raisons pratiques plus
usitée que la variation de grain, car elle n'impose pas un équilibre entre le noir et le
blanc.
Le cartographe dispose de quatre solutions (qui peuvent être combinées entre elles
ou avec d'autres variables visuelles) pour varier la valeur :
o changer la trame (ou texture). La trame est la structure interne d'un figuré.
o La variation de trame s'obtient en comp osant et en faisant varier des ensembles
d'éléments graphiques simples, ponctuels ou linéaires, répartis de façon parfaitement. La
trame est donc une organisation, un dessin, de type hachures, pointillés, croisillons,
damiers, etc
o Changer la graisse, c'est-à-dire l'épaisseur des figurés.
o Changer l'écartement, c'est-à-dire la distance entre les éléments de la trame des figurés.
o Changer la teinte (ou la saturation)
La teinte est la quantité de blanc et de noir pour une couleur donnée. On agit donc sur
la teinte d'une couleur en y ajoutant du blanc ou du noir. La variation de teinte
s'applique au noir et à toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. La variation de teinte est
monochrome : le passage du blanc au jaune pur est une variation de teinte et non de
couleur.
Variation de teinte (ou de saturation) et donc de la valeur du blanc au noir
Expression cartographique des relations de proportionnalité, d'ordre
et de différence entre les données en noir et blanc - récapitulatif -
Clazærnœt Différenœ
Taux
Tell
e
Etre rigoureux avec la collecte et le traitement des données
Toutes les cartes sont le résultat d'observations et la transcription graphique de
données quantitatives ou qualitatives. Une carte topographique par exemple est
l'aboutissement de travaux de géodésie*, de planimétrie, de topographie, etc. Pour les
cartes thématiques, la transformation de la donnée brute en une représentation
cartographique apparaît moins technique mais nécessite tout autant de rigueur dans le
rassemblement et le traitement des données. Leur forme originelle ainsi que leur
provenance sont variables : statistiques, cartographiques, résultats d'enquêtes,
recensement, levés, études de terrain, etc.
Trop nombreuses pour être directement cartographiées, les données doivent faire l'objet
de traitements (mathématiques, graphiques, statistiques et fréquemment d'une mise
en classes).
Conseils pour garantir la lisibilité d’une carte
11 La présentation graphique doit être soignée.
Ce postulat est celui qui rebute le plus les cartographes amateurs rarement sensibilisés aux
arts graphiques. Avec Cartes & Données , c'est l'ordinateur qui dessine avec tout ce que
cela implique en terme de précision et de rapidité du trait.
11 Il faut travailler à l'économie.
Etrangement, une carte très détaillée donne davantage confiance, même si elle est erronée.
Une carte épurée trouble le lecteur qui met en doute sa fiabilité. Pourtant, les meilleures
cartes ne sont pas celles qui comportent le plus de signes, au contraire. Moins une carte est
surchargée, plus la carte est simple de lecture et plus le message est efficace. Le
cartographe est ainsi amené à éviter les légendes interminables. Lorsque les signes sont
nombreux, les superpositions deviennent inévitables et difficiles à gérer puis à lire. Il
ne faut donc pas utiliser plusieurs signes pour un même fait (un figuré ponctuel et un
figuré zonal par exemple).
11 Les figurés doivent être bien différenciés.
La lisibilité d'une carte passe aussi par une bonne différenciation des figurés. C'est ce
que l'on nomme la séparativité. Deux faits différents seront identifiés sur la carte sans
risque de confusion.
11 Les figurés doivent être hiérarchisés.
Une carte représentant plusieurs phénomènes est lisible et expressive si elle est
hiérarchique.
Si le lecteur n'est pas capable de trier et d'hiérarchiser visuellement les
informations représentées, en d'autres termes si aucune configuration spatiale ne se
dégage de la carte, alors celle-ci n'aura pas atteint son objectif. Pour garantir la
hiérarchisation des faits représentés et donc la hiérarchisation des figurés sur la carte,
le concepteur doit se poser deux questions :
Que faut-il montrer ?
Cela suppose de la part du cartographe, un effort de synthèse : il doit décider
des phénomènes à représenter et à éliminer. Cela aboutit à une simplification de la
réalité.
Que faut-il mettre en valeur ?
En fonction du thème, de la destination de la carte et du public visé, le cartograph e doit
assumer l'initiative d'une mise en relief de certains faits et du retrait d'autres faits. Cette
mise en valeur et son contraire s'accomplissent grâce à toutes les solutions offertes par
le langage cartographique et aux six variables visuelles.
La hiérarchisation prend tout son sens lorsqu'il faut exprimer des différences d'intensité
d'un phénomène grâce à une gradation (en couleur ou en noir et blanc). Dans ce cas, le
choix des couleurs ou des grisés (ou trames) doit être logique : rappelons que les
couleurs se décomposent en couleurs froides : violet, bleu, vert... et en couleurs chaudes
: jaune, orange, rouge.... et qu'aux fortes valeurs correspondra un ton chaud ou bien un
grisé (ou une trame) sombre.
11 La légende doit être ordonnée et présentée clairement.
Graphiquement, la légende doit être claire et présentée avec rigueur et soin. De même
que pour l'introduction d'un texte, la légende joue un rôle fondamental sur le
jugement du lecteur d'une carte.
Quelques représentations de l'orientation
Echelles graphiques
Conseils pour la conception et la réalisation de la légende
11 La légende doit être exhaustive.
La légende doit présenter tous les signes utilisés dans la carte. Certains faits sont
suffisamment clairs et évidents pour que le cartographe omette de les faire figurer dans
la légende (trait bleu sinueux d'une rivière ou d'un fleuve, aplats* bleus pour la mer) mais ces
phénomènes bénéficient d'un symbolisme naturel rarissime en cartographie.
11 La légende doit être ordonnée.
Afin d'assurer la clarté et les qualités d'analyse de la légende, il est souhaitable de
créer des groupements par thèmes (réseau routier, habitat, données socio-
démographiques...). Certes, une telle présentation de la légende ne convient pas à
certaines cartes, par exemple les cartes à un thème, mais est nécessaire pour les
cartes polythématiques.
11 La légende doit être soignée graphiquement.
On a déjà évoqué le fait que la légende gagne beaucoup en clarté si les figurés et les
textes sont alignés.
Un échantillon de chaque figuré zonal doit figurer dans un rectangle
appelé caisson*. A côté de chaque caisson, on indique les valeurs ou les
descriptions correspondantes.
o Pour les valeurs numériques (données quantitatives), les solutions de présentation sont nombreuses
m ais plus ou moins judicieuses.
o Pour les valeurs non numériques (données qualitatives), les commentaires doivent être brefs
et précis :
o Pour les données numériques en implantation ponctuelle, on dessine les figurés
correspondants en ordre
croissant ou décroissant accompagnée des valeurs correspondantes.
11 La mise en page de la légende doit être adaptée à l'agencement de la
carte.
Les règles à respecter pour la construction de la légende
Exhaustive: tous les signes utilisés par la carte sont répertoriés dans la légende.
2Fidèle : les signes répertoriés doivent avoir les même formes, tailles, couleurs que sur
la carte (et vice-versa).
3Claire : les signes et le texte sont alignés, le texte est bien écrit, précis et concis et il ne
faut pas
hésiter à découper la légende en sous-parties.
4 Classée par type de figurés : si possible, on essaye de regrouper les figurés
ponctuels entre-eux, les figurés zonaux avec les figurés zonaux, etc.
5 Classée par type de phénomènes : on créé des groupements en mettant
des titres et des sous-titres.
6 Pour les figurés proportionnels, on les dessine tous si leur nombre sur
la carte est restreint. Sinon, on retient quelques figurés repères.
7 Les progressions de valeur doivent apparaître. On préfère des
valeurs rondes à des valeurs quelconques.
Un t i t re
Egalement obligatoire, le titre expose dans le moins de mots possibles, le
contenu de la carte.
Le titre doit être immédiatement visible : souvent écrit en capitales, on peut aussi
jouer sur la graisse et la taille des lettres.
La tournure du titre est fonction de l'objectif de la carte : il sera séducteur pour les
dépliants touristiques ou publicitaires (« une région aux mille facettes », « un carrefour
de l'Europe ») mais objectif et sans fantaisies pour les cartes d'aide à la décision.
Il doit en tout cas toujours être bref et ne pas se présenter sous la forme d'une
phrase avec sujet, verbe et complément.
Il est inutile d'y faire figurer les mots « localisation » ou « carte de », car par
définition une carte localise et le lecteur est assez sensé pour savoir qu'il lit une carte.
Les coordonnées*
Les coordonnées (latitude et longitude) sont utiles pour les cartes à petite échelle, pour
certains thèmes (les climats par exemple) ou lorsque le territoire présenté est lointain
et/ou peu connu. Dans ce cas, il est intéressant de mentionner en lieu et place, des
coordonnées (souvent en dehors du cadre) voire le nom d'un lieu géographique célèbre situé
à la même latitude ou longitude que le territoire cartographié.
La source
Indispensable pour les cartes statistiques, elle permet de vérifier l'origine de
l'information, sa validité et sa marge de confiance.
La date
Elle est, quel que soit le type de carte, obligatoire. Sans date, on ne peut contrôler le
degré d'ancienneté de l'information, ce qui est capital pour l'information géographique
en perpétuelle évolution.
La nomenclature
La nomenclature est l'ensemble des noms de lieux ou de faits géographiques
écrits sur le fond de carte. Elle est bien sûr nécessaire sur les cartes de localisation
pour lesquelles la liste des noms de lieux constitue une base.
Dans la plupart des cartes d'analyse, de synthèse ou modèles, la nomenclature se fait
discrète voire disparaît. Il est parfois souhaitable de faire figurer au moins quelques noms
de points-clés (place, gare, cathédrale, rivière...) sur les cartes statistiques à grande
échelle. Cela aide le lecteur à se repérer. La nomenclature sera toujours sobre afin de ne
pas nuire au message de la carte.
Pour varier la nomenclature selon l'importance et la nature des objets auxquels
elle se rapporte, le cartographe a le choix de jouer sur la forme, la taille, la valeur et la
couleur des lettres et des mots comme il le ferait avec des figurés ponctuels, linéaires ou
zonaux.