Qu'est-Ce Qu'un Bon Juge Article Bamb
Qu'est-Ce Qu'un Bon Juge Article Bamb
Lexbase Afrique-OHADA > 2023 > janvier 2023 > Edition n°62 du 12/01/2023 > Justice
Résumé : Le droit d’accès à un juge ne suffit pas à garantir une bonne justice au plan
procédural. Il doit s’accompagner des garanties institutionnelles et procédurales. Ces
dernières forment alors un nouveau droit appelé «le droit à un bon juge». La
systématisation de cette prérogative nouvelle en droit processuel invite à s’interroger
sur la notion même de «bon juge» en science juridique. S’interroger dans ce sens contribue
indubitablement à une certaine éthique du droit positif sous le prisme de ses capacités à instituer ses
propres interprétateurs. Rationnellement, la bonté du juge ne pourra être apprécié qu’au regard du
système juridique. Ainsi, comment peut-on reconnaitre un bon juge ? A l’analyse, le bon juge peut l’être
par nature, au regard de son statut, ou par destination, au regard de sa fonction. D’où la nécessité pour
le législateur camerounais d’améliorer les normes institutionnelles et procédurales de la justice afin de
mieux garantir l’effectivité du droit à un bon juge.
Introduction
«La qualité de la justice dépend de la qualité de ses acteurs et de la qualité de leur action. Aussi, faut-il
que tant le procès lui-même que tous ses acteurs, les plaideurs comme le juge, soient assujettis à des
principes et des mécanismes clairs, appropriés et incontournables» (J.-L. Bergel, Théorie générale du
droit, Paris, Dalloz, 2012, p. 350).
Le droit d’accès au juge est un droit fondamental [1] . Il conditionne l’effectivité d’autres droits individuels [2] .
Néanmoins, sa seule consécration en droit positif ne suffit pas à garantir une bonne justice [3] . Aussi, l’accès
effectif à un tribunal, l’accès égal à un tribunal et l’accès successif à plusieurs tribunaux doivent-ils
s’accompagner des garanties institutionnelles et procédurales [4] . Ces dernières forment alors un nouveau droit
appelé «le droit à un bon juge» [5] , complément nécessaire, au plan de la qualité de la justice, du «droit à un
juge» [6] . La systématisation de cette prérogative nouvelle en droit processuel invite à s’interroger sur la notion
même de «bon juge» en science juridique. Existe-t-il des bons juges ? Cette question apparemment étrange [7]
pour un juriste a donné lieu à une grande controverse en théorie du droit. Deux thèses s’affrontent : la thèse
normativiste déniant l’existence des bons juges et la thèse réaliste reconnaissant leur existence.
Pour les normativistes, le droit est avant tout un instrument de régulation sociale ; il n’a pas pour ontologie la
droiture morale. Dans cette conception, la question de savoir ce qu’est un «bon» juge reste ouverte. Elle
implique une hypothétique adhésion des juges à un code de valeurs [8] , à un engagement idéologique ou
politique [9] . Selon Xavier Magnon, «la formule semble sous-entendre qu’il [le juge] doit présenter certaines
qualités morales particulières. En pratique, on voit mal quelles doivent être ces qualités et encore moins
comment il serait possible de garantir que les juges disposeront de ces qualités» [10]. Dans ce doute, l’auteur
considère qu’«il est au mieux naïf, au pire dangereux de croire qu’il est possible de confier à un bon juge le soin
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de garantir une bonne application du droit» [11]. Jacques Vergès pour sa part est péremptoire : « les bons juges,
comme les héros de la presse du cœur, n’existent pas» [12].
C’est dire, en réalité, qu’il ne reviendrait pas à l’ingénieur des normes juridiques d’apprécier le droit en termes de
droiture, de bonté ou de justice [13]. Le normativisme confesse, au fond, ses limites en ce qu’il ne sait comment
garantir l’existence de bons juges [14]. Cette thèse est néanmoins confortée par l’origine jurisprudentielle de la
notion de «bon juge» [15]. Dans l’affaire [16] Louise Ménard du 4 mars 1898, le juge Magnaud avait refusé
d’appliquer la loi et de condamner une dame qui avait dérobé du pain dans une boulangerie. Il décida lui-même
de rembourser le coût du vol au dit boulanger [17]. Cette décision lui a alors valu le qualificatif de «bon juge».
Assurément, cette figure du juge qui fait prévaloir ses pulsions, ses sentiments ou ses conceptions personnelles
dans ses décisions paraît alors intolérable pour les interprètes du droit [18]. En vérité, le triomphe d’un tel juge
impliquerait le développement d’un droit déconnecté de ses sujets et dont les repères de détermination de sa
bonté seraient moraux et éthiques [19]. Le risque de voir sur la sellette des juges guidés essentiellement par des
idéaux idéologiques, politiques ou politico-théologiques est alors grand. De cette dérive, pourraient naître des
juges «de gauche» ou «de droite», des juges «libéraux», «rouges» [20], «catholiques», «républicains»,
«nationalistes», «ethniques» [21], des «pseudo-justiciers, des prétendus devins ou des militants politiques » [22].
Par ailleurs, il pourrait y avoir un détournement de pouvoir et d’abus du droit de juger, une atteinte à la sécurité
juridique élémentaire [23]. Dans ces conditions, il paraît alors impossible de mobiliser les outils de l’analyse
juridique afin d’apprécier la bonté d’une norme ou d’un acteur juridique [24].
Prenant le contrepied de la pensée normativiste, les réalistes soutiennent que le droit n’est pas qu’un instrument
et le juriste n’est pas qu’un technicien [25]. Ils considèrent dans cette logique que «le droit est la dialectique
entre le politique et l’éthique» [26] et «le jugement de valeur est une étape décisive de la réflexion juridique »
[27]. Aussi, soutient-on qu’«il est beaucoup plus important d’avoir de bons juges que de bonnes lois […]. Les
meilleures lois sont vaines si le juge est mauvais, et les plus mauvaises lois peuvent être rectifiées par de bons
juges» [28]. Pour les laudateurs de cette thèse, le juge demeure un « serviteur d’une éthique humaniste» [29] ; il
ne peut donc se dispenser de porter un jugement de valeur sur le droit. Dans cette logique, un juge peut être
bon ou mauvais, en fonction des garanties qu’il offre dans l’exercice de sa fonction [30].
Alors même que la thèse normativiste se fonde sur des multiples arguments, elle n’emporte pas la conviction
car, quoiqu’on dise, la notion de bonté paraît historiquement consubstantielle au droit [31]. Portalis [32] s’en est
servi lorsqu’il mît en évidence les concepts de «bon législateur» [33], de «bon Code» ou de «bonnes lois
civiles». Par le jugement de valeur de ce grand jurisconsulte, la notion de bonté a été légiférée par le Code civil
de 1804. Ainsi, les notions de «bonnes mœurs» [34], de «bon père de famille» [35], de «bonne foi» [36] sont
devenues des critères d’appréciation sinon objectifs, du moins juridiques des institutions prévues par ce Code.
Au sujet de la «bonne foi», Gérard Cornu dira que c’est «la plus juridique des règles » [37]. L’introduction de la
notion de «bonne administration de la justice» [38] dans divers textes législatifs rentre également dans ce cadre.
Ce recours à la notion de bonté en droit a d’ailleurs acquis sa lettre de noblesse dans un article de Gérard Cornu
intitulé «Le bon législateur» [39].
Fondamentalement, il devrait exister une chaîne de bonté juridique entre le «bon législateur», les «bonnes
normes», la «bonne administration de la justice» et le «bon juge». En conséquence, il revient à chaque système
juridique d’instituer des juges dignes de son application [40], c’est-à-dire de mettre en place des «exigences
structurelles garantissant une bonne justice» [41]. Aussi, de la qualité du droit dépend-elle intrinsèquement la
qualité de la justice rendue par «ses» juges. Un système juridique peut ainsi engendrer des juges iniques ou des
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bons juges [42]. Comment ne pas le dire, puisque le droit confie des missions de bienfaisance et de
bienveillance au juge ? Comme l’a écrit Gérard Cornu, «du législateur au juge, viennent des véritables
délégations de bonté» [43]. De plus, «la société attend de ses juges, crucialement, et qu’ils soient justes et qu’ils
soient humains, qu’ils appliquent le droit en l’humanisant» [44]. Dans cette optique, l’existence possible des
bons ou des mauvais juges en fonction de la qualité du système juridique paraît incontestable [45]. C’est le lieu
de souligner qu’aujourd’hui, les garanties d’une bonne justice sont devenues universelles à travers le modèle du
procès équitable. C’est dire que face à ce modèle universel, la spécificité du droit camerounais (dualisme
juridique et judiciaire) cède la place en matière d’appréciation de la qualité de la justice.
Pratiquement, puisque l’acte de juger est le produit de sa double conscience [46] : conscience professionnelle
(conscientia judicialis) [47] et conscience morale ou individuelle ( conscientia humana) [48], le juge est appelé à
être bon ! Dans l’exercice de sa mission de rendre justice, le juge peut donc être bon ou mauvais. Il en est ainsi
parce que la justice demeure «la signature de ceux qui la rendent » [49]. Conscient de cette réalité, les systèmes
juridiques ont construit une déontologie pour les juges afin de les responsabiliser. Une première manière de
responsabiliser les juges a été de sanctionner les mauvais juges. Une deuxième façon de plus en plus pratiquée
aujourd’hui est de distinguer les bons juges à travers le système de récompense des magistrats méritants et de
la formation continue.
Il résulte que l’existence des bons juges ne fait plus l’objet de doute. Reste alors la tâche la plus ardue qui est
celle de leur caractérisation. Une recherche sur les éléments de l’identification du bon juge présente, de ce fait,
plusieurs intérêts. Une telle étude ambitionne d’abord de contribuer philosophiquement à une certaine éthique
juridique [50] car, il s’agit d’interroger les capacités des règles d’un système juridique à instituer ses propres
interprétateurs [51]. Elle tend ensuite à évaluer juridiquement la qualité du droit processuel camerounais en
vérifiant l’effectivité des règles universelles du procès équitable. L’analyse contribue en outre à interroger la
bonne administration de la justice camerounaise et à remodeler le management de la justice, cette justice qui
«ne va pas bien» [52]. Elle tend enfin à améliorer les règles de légitimation des juges [53]. D’où pourrait résulter
la nécessité pour le législateur camerounais d’améliorer les normes institutionnelles et procédurales de la
justice afin de mieux garantir l’effectivité du droit à un bon juge.
Au regard des intérêts affichés, on peut alors s’interroger sur les critères d’identification du bon juge. Ainsi,
comment peut-on reconnaitre un bon juge ? C’est une question délicate en ce qu’elle implique une autre
préoccupation, à savoir la définition du juge. On considère généralement que le juge est «un tiers impartial, qui
n’est pas personnellement intéressé à la situation litigieuse, et qui peut d’autant mieux tracer des limites aux
interventions des parties pour dire lesquelles sont légitimes, et lesquelles ne le sont pas» [54]. C’est donc ce
personnage institué en vue de dire le droit et de trancher les litiges [55] et qui est chargé, en définitive, de fixer
le droit [56]. Les critères de la bonté de ce personnage paraissent néanmoins difficiles à déterminer.
Le postulat de la présente étude est que le bon juge peut être identifié à la fois par son statut et sa fonction.
Rationnellement, la bonté du juge ne pourra être appréciée qu’au regard de la science juridique. D’où le recours
nécessaire aux sources du droit. Mais, il s’impose, dans cette démarche, de prendre, au besoin, le pas sur le
droit positif en le critiquant sur le fond. En projetant d’analyser la bonté du juge sous le prisme du droit positif
camerounais, il est question d’analyser la conformité des règles en vigueur au modèle du procès équitable.
C’est dire que l’étude transcende le dualisme juridique et judiciaire camerounais afin de vérifier les principes
matriciels de garantie d’une bonne justice. A l’évidence, il est nécessaire de recourir à un faisceau d’indices afin
d’identifier le bon juge. Il s’agit alors de s’attacher aux éléments les plus irréductibles, ceux sans lesquels le juge
ne saurait accomplir convenablement sa mission. Un bon juge peut donc l’être «par nature», au regard de son
statut (I), ou «par destination», au regard de sa fonction ( II).
Mais quelles sont donc ces garanties sans lesquelles la fonction de juger se trouverait compromise ? Selon la
doctrine du droit processuel, «l’indépendance et l’impartialité [ … ] sont sans doute les garanties les plus
importantes d’une bonne justice» [61]. Il s’agit là des principes matriciels et invariables permettant de garantir
l’exercice de sa mission au juge. Peu importe le système juridique, pourvu qu’il s’agisse d’une société
démocratique [62], un bon juge est celui qui est à la fois indépendant ( A) et impartial ( B).
A - Un juge indépendant
Composante de la justice naturelle [63], l’indépendance est l’une des garanties les plus sûres d’une bonne
justice [64]. Elle se définie comme la situation d’un organe public auquel son statut assure la possibilité de
prendre ses décisions en toute liberté et à l’abri de toutes instructions et pressions [65]. Il s’agit, selon le juge
Aharon Barak [66], d’un principe qui transcende les systèmes juridiques et conditionne l’effectivité de la fonction
judiciaire. Positivement, cette indépendance exprime l’existence d’un ensemble de conditions que s’impose à
lui-même un Etat de droit pour garantir le juge de toutes les pressions extérieures [67]. Négativement, il s’agit
d’écarter toute ingérence dans l’exercice des fonctions judiciaires [68]. Ainsi comprise, l’indépendance constitue
la clé de voûte de l’administration judiciaire [69]. Qu’elle ne soit pas garantie signifierait simplement absence
d’une bonne justice [70]. Qu’on soit dans un système de Common Law ou de Civil Law, l’indépendance du juge
est généralement appréciée par rapport aux pouvoirs politiques (1) et aux pouvoirs de fait ( 2).
L’indépendance du juge à l’égard des pouvoirs politiques signifie qu’il n’appartient ni au législateur ni au
gouvernement de censurer les décisions émanant de lui, d’adresser à celui-ci des injonctions ou de se substituer
à lui dans le jugement des litiges relevant de sa compétence [71]. Il convient alors d’analyser le droit positif
camerounais afin de savoir si l’indépendance du juge à l’égard des pouvoirs exécutif et législatif est bien
garantie.
A l’égard du pouvoir exécutif, il s’agit de vérifier si réellement le juge n’est pas soumis à la tutelle de l’Etat [72]. A
cet égard, des mécanismes de sa protection devraient être prévus par les normes juridiques en vigueur. C’est
ainsi que l’article 37, alinéa 2 de la Constitution énonce que «les magistrats du siège ne relèvent dans leurs
fonctions juridictionnelles que de la loi et de leur conscience». L’article 5 du statut de la magistrature le reprend
en disposant que «les magistrats du siège ne disposent dans leurs fonctions juridictionnelles, que de la seule loi
et de leur conscience». Pour garantir davantage l’indépendance du juge à l’égard du pouvoir exécutif, l’article
126 (a) du Code pénal prévoit et réprime «de l’emprisonnement de six mois à cinq ans […] le représentant de
l’autorité exécutive qui intime des ordres ou des défenses à des cours ou tribunaux». Mais, toutes ces garanties
formelles ne suffisent pas à apprécier la bonté du juge. De manière générale, et à l’égard du gouvernement, le
bon juge est celui qui est inamovible [73] et dont la gestion de sa carrière échappe à l’exécutif.
S’agissant de l’inamovibilité du juge, elle signifie que le juge ne peut faire l’objet d'une mesure individuelle
quelconque prise en son encontre par le gouvernement (révocation, suspension, déplacement, mise à la retraite
S’agissant de la gestion de la carrière du juge, l’indépendance de ce dernier signifie que sa carrière échappe au
pouvoir exécutif. Sur ce point, l’ingérence (juridique) du pouvoir exécutif camerounais dans la gestion de la
carrière des juges n’est plus à démontrer. Le simple fait que le Conseil supérieur de la magistrature soit présidé
par le Président de la République constitue en soi une atteinte grave à l’indépendance du juge [75]. De plus,
comme le relève le magistrat Ulrich Xavier Ovono Ondoua [76], «le statut de la magistrature recèle des scories
dont l’énigme du passage en grade n’est que l’écho le plus perceptible. Il en est de même du régime
disciplinaire du magistrat, dont l’évanescent caractère pédagogique, fait craindre des relents d’intimidation».
Selon ce même auteur, «comment vouloir des juges pleinement indépendants, au-delà de la simple lettre du
texte, lorsque le passage en grade, les nominations et les promotions sont gérés par la chancellerie ?» [77]. Le
droit camerounais mérite alors une amélioration. La réforme pourrait consister à modifier la composition du
Conseil supérieur de la magistrature [78].
A l’égard du législateur, l’indépendance du juge suscite des débats dans trois cas où le Parlement peut
influencer sur la fonction judiciaire. Il s’agit des hypothèses de vote par le Parlement d’une loi de validation,
d’une loi d’amnistie ou de la composition des juridictions politiques.
En premier lieu, la question se pose de savoir si une loi de validation votée par le Parlement ne porte pas
atteinte à l’indépendance des juges. En effet, une loi de validation est une loi de circonstance votée par le
Parlement afin de mettre un terme à certaines instances judiciaires en cours [79]. L’intervention d’une telle loi ne
porterait pas atteinte à l’indépendance du juge si le législateur n’a pas été instrumentalisé par le gouvernement.
Le législateur se trouverait en effet dans le plein exercice de son pouvoir d’édiction des normes. Dans
l’hypothèse où c’est le pouvoir exécutif qui instrumentalise le législateur afin d’imposer indirectement sa
décision au juge, il y aurait bien atteinte à l’indépendance de ce dernier [80].
En deuxième lieu, les lois d’amnistie font également débat. En effet, une loi d’amnistie est une mesure de
clémence qui peut être prise par le Parlement en vue de retirer rétroactivement à certains faits commis pendant
une certaine période leur caractère délictueux. En droit pénal, il s’agit d’un acte du Pouvoir législatif qui arrête
les poursuites et annule les condamnations relatives à une infraction commise à un moment donné [81]. Le fait
amnistié est alors dépouillé rétroactivement de son caractère infractionnel. L’amnistie émane de la volonté de la
société de pardonner à ceux qui ont commis des infractions pénales. Il s’agit en réalité d’une mesure
exceptionnelle qui ne devrait être prise que lorsque les exigences d’un retour à la paix civile s’avèrent capitales.
Tout comme les lois de validation, les lois d’amnistie ne peuvent porter atteinte à l’indépendance du juge que si
elles sont instrumentalisées par le Pouvoir exécutif [82].
En troisième lieu, il arrive que dans la composition d’une juridiction, un représentant du Parlement puisse en
faire partie. Généralement, c’est l’hypothèse de la composition des juridictions politiques. C’est le cas au
Cameroun du Conseil constitutionnel [83]. Pour que l’indépendance d’un tel juge soit préservée, des
mécanismes doivent être prévus, notamment le mandat dont le renouvellement ne saurait être laissé à
l’appréciation du Parlement. Malheureusement, le droit positif camerounais ne contient plus cette garantie [84] et
mérite donc d’être réformé. L’article 9 du statut des membres du Conseil constitutionnel devrait être restauré
dans sa version de 2004 comme suit : «Les membres du Conseil constitutionnel sont inamovibles. Leur mandat
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ne peut être ni renouvelé, ni révoqué» [85]. Ce qui implique aussi la révision de l’article 51, alinéa 1 er de la
Constitution qui prévoit le renouvellement du mandat des membres du Conseil constitutionnel.
A l’évidence, le juge camerounais paraît davantage dépendant du pouvoir exécutif que du pouvoir législatif.
Etant amovible et donc à la merci du gouvernement, il voit encore sa carrière gérée par le pouvoir exécutif.
Reste alors à savoir si cette dépendance s’étend aux pouvoirs de fait.
Le juge peut n’être soumis à l’autorité d’aucun autre organe ou collectivité, tout en aliénant son indépendance à
des particuliers, à de l’argent, à une pression extérieure qui, pour n’être pas organisée, n’en est pas moins
redoutable [86]. La pression peut ainsi émaner des collègues, des tiers ou des parties.
Il revient en principe au système juridique d’organiser l’indépendance du juge vis-à-vis de ses collègues.
Généralement, plusieurs principes peuvent être posés, notamment l’absence de subordination hiérarchique
dans la prise de décision [87], l’obligation de mobilité dans les fonctions [88], la règle du roulement [89],
l’interdiction pour certaines personnes d’être simultanément membres d’une même juridiction [90], etc. Pour ce
qui est de l’indépendance du juge à l’égard d’une juridiction quelconque, le principe est que le juge ne puisse
jamais être lié par une solution dictée par une autre juridiction. La question peut cependant se poser de savoir si
l’obligation faite aux juges du fond de se conformer à la jurisprudence de la Cour suprême ne remet pas en
cause cette indépendance [91]. La même interrogation peut se poser en cas de navette judiciaire après
cassation. En effet, il est généralement fait obligation à la seconde juridiction de renvoi de se conformer à la
décision rendue par la Cour suprême. A ces inquiétudes, on peut simplement répondre qu’il s’agit là des
mécanismes exceptionnels permettant à la haute juridiction d’exercer convenablement sa fonction dite
«répressive» [92] et qui ne remettent donc pas en cause l’indépendance des juges du fond.
C’est toujours au système juridique qu’il revient d’organiser l’indépendance du juge à l’égard des parties et à
l’égard des tiers au procès. Théoriquement, l’indépendance du juge à l’égard des parties se préserve par le
principe de la gratuité de la justice [93], le principe de l’irresponsabilité du juge et les règles d’incompatibilités
[94]. De même, à l’égard des personnes tierces pouvant intervenir à divers titres au cours d’un procès [95], le
caractère facultatif de leur avis ainsi que la punition de l’outrage aux Cours et tribunaux [96] permettent de
préserver l’indépendance du juge. Pour ce qui est du cas particulier des médias, l’indépendance du juge se
mesure du point de vue de sa capacité à résister aux différentes pressions. Ainsi, il ne doit pas tenir compte de
l’opinion publique généralement orientée par les commentaires des médias. Le Code pénal vient aussi au
secours du juge en punissant les commentaires tendancieux [97].
En somme, si le bon juge est indépendant, les institutions camerounaises devraient être réformées au regard de
la dépendance décriée du juge vis-à-vis de l’exécutif [98]. La responsabilité du juge dans l’acquisition de sa
propre indépendance mérite également d’être soulignée car, c’est aussi une question d’état d’esprit [99]. Faut-il
le relever, «l’indépendance vraie est une conquête quotidienne, et d’abord un effort sur soi-même. Et qu’on
n’oublie surtout pas qu’elle n’est pas une fin en soi, mais un moyen au service de la justice, cet objectif jamais
atteint, cette aspiration toujours vivante, qui, en prêtant son nom à une institution, lui a interdit le repos et la
satisfaction de soi» [100]. Surtout, au-delà de ce critère de protection, la justice doit également être rendue avec
équité. C’est là la fonction d’un autre principe qui permet d’identifier le bon juge : l’impartialité.
B - Un juge impartial
L’impartialité est un autre pilier, le plus sûr de la garantie d’une bonne justice [101]. Elle signifie l’absence de
parti pris, de préjugé, de préférence, d’idée préconçue [102]. Appliquée à la justice, elle constitue une exigence
consubstantielle à la fonction juridictionnelle dont le propre est de départager des adversaires en toute justice et
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équité. Dans ce sens, l’impartialité signifie que le juge accorde l’égalité de traitement aux parties qui se
présentent devant lui ainsi que l’égalité des chances de se faire entendre, et que ce soit visible. Elle signifie
aussi que le juge n’a aucun intérêt personnel quant à l’issue du contentieux. L’impartialité est en effet cruciale
pour le processus judiciaire, d’où l’image du juge aux yeux bandés [103].
L’idée qu’un bon juge soit impartial n’est pas toujours admise par tous. Pour certains, le juge ne peut être bon
que s’il est partial. D’où cet appel d’un magistrat à l’endroit de ses jeunes collègues : «Soyez partiaux. Pour
maintenir la balance entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, qui ne pèsent pas d’un même poids, il faut que
vous la fassiez un peu pencher d’un côté» [104]. Mais, il s’agit d’une conception plutôt idéologique qui ne saurait
emporter la conviction. Juridiquement, l’impartialité s’apprécie tant sous l’angle objectif, au regard des garanties
que le juge peut offrir au citoyen, que sous l’angle subjectif, au regard des convictions et du comportement du
juge. Dans le premier cas, on peut parler d’une impartialité fonctionnelle (1). Dans le second cas, on peut parler
d’une impartialité personnelle (2).
Dans ce premier aspect de l’impartialité, il est question de savoir si la condition objective du juge offre des
garanties suffisantes pour exclure à son égard tout doute légitime. Les choses ne sont pourtant pas simples.
Pour trancher, écrit un auteur [105], «le juge n’est jamais objectif, il doit l’admettre. Il est lui-même le fruit d’un
parcours, d’une éducation, fait de chair, il juge avec ses forces et ses faiblesses, ses bienveillances et ses a
priori. Ses amours et ses haines». Mais, l’objectivité requise ici n’est pas synonyme de neutralité [106]. Il s’agit
alors de chercher à éviter le préjugement car, «qui préjuge ne saurait juger» [107]. Trois hypothèses sont
généralement présentées en vue de l’appréciation de cette impartialité.
En premier lieu, l’impartialité du juge suppose l’absence de l’exercice successif et cumulatif de fonctions
administratives et de fonctions juridictionnelles. Dans cette hypothèse, est présumé partial le juge qui cumule
une fonction de conseil et une fonction juridictionnelle. Dans ce cas, on considère que le juge qui a eu à se
prononcer sur une question, dans le cadre des attributions consultatives du tribunal administratif, ne puisse
ensuite en connaître au contentieux et ne puisse donc siéger dans la même affaire [108]. De même, un juge
administratif, membre d’une collégialité consultée sur un projet, ne peut ensuite être membre de la formation de
jugement du point de droit ayant donné lieu à cette consultation [109]. Dans le même sens, on considère que le
juge qui a participé à une mission de contrôle sur une affaire ne saurait par la suite être membre de la formation
de jugement.
Le problème se pose surtout en matière de jugement des comptes, aussi bien devant une juridiction supérieure
que devant une juridiction inférieure des comptes. Dans tous les cas et au regard de ses missions, la suspicion
de partialité du juge des comptes paraît bien fondée puisqu’en pratique, il peut passer d’un simple contrôle de la
gestion à une procédure contentieuse de gestion de fait contre les personnes dont la gestion a été contrôlée
[110]. Il est ainsi possible sur le plan procédural que la même Chambre des comptes vérifie administrativement
la gestion d’une collectivité locale, puis enchaîne sur une procédure juridictionnelle de gestion de fait lorsqu’elle
a découvert des faits constitutifs de cette faute.
En deuxième lieu, l’impartialité du juge suppose l’absence d’exercice successif et cumulatif, pour la même
affaire, de fonctions judiciaires distinctes au sein de l’organe exerçant la fonction juridictionnelle. L’impartialité
suppose ici que tout juge qui a connu de l’affaire à un titre ou à un autre, soit dans la poursuite, soit dans
l’instruction ne peut pas ensuite participer à la formation de jugement. De même, celui qui exerce les poursuites
ne peut pas instruire dans la même affaire. En droit positif, cette impartialité est nettement garantie en matière
pénale car, le cloisonnement des fonctions de justice répressive est consacré [111]. Reste alors à prévoir les
mécanismes permettant au Ministère public de ne pas influencer négativement le procès, notamment en matière
de fixation de la date d’audience [112], d’ouverture [113], du déroulement et de la clôture des débats [114].
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En revanche, en d’autres matières, le doute subsiste. Il en est ainsi en matière civile où la séparation des
fonctions de justice n’est pas affirmée. La doctrine considère qu’en cette matière, il importe d’introduire un autre
critère d’appréciation de l’impartialité du juge en posant la question suivante : y a-t-il préjugement de la part de
l’un des juges [115] ?
Il en est de même en matière de contentieux administratif où le cumul de fonctions est consacré [116]. En effet,
le procès administratif distingue deux fonctions : la fonction d’instruction et celle de jugement. La fonction
d’instruction, généralement conduite sous la direction du président du tribunal, entraîne incontestablement un
cumul de fonctions par le juge administratif. Statuant donc à différents stades de la procédure, le juge
administratif pourrait avoir des idées préconçues de la phase d’instruction qui pourront influencer son jugement.
Il en est de même des situations d’urgence tels le référé administratif ou le sursis à exécution, très souvent
justifiés par des exigences de célérité. Là encore sa partialité pourrait être soupçonnée, puisque la demande de
sursis, par exemple, peut être formulée en même temps que la demande principale.
En troisième lieu, l’impartialité du juge suppose l’absence de connaissance par le juge des mêmes faits pour les
mêmes parties, mais à des instances différentes, que ces instances soient successives ou parallèles. Pour des
instances qui se succèdent dans le temps, soit successivement (l’exercice des voies de recours ou le renvoi
après cassation), soit en parallèle (à l’instar d’une instance en référé juste avant une instance au fond), il est
posé en principe que le même juge ne puisse pas connaître deux fois de la même affaire, pour les mêmes faits
et pour les mêmes parties [117]. Dans le cas contraire, il y aurait, en effet, préjugement au fond de l’affaire.
L’impartialité personnelle ou subjective désigne une absence de parti pris chez le juge [118]. Elle s’apprécie au
regard des convictions et du comportement du juge et vise à éviter le préjugé. Le soupçon de partialité peut
s’identifier ici à l’existence d’un lien de parenté avec l’une des parties, du comportement du juge ou des fonctions
exercées antérieurement en liaison avec l’une des parties, du fait que le juge a été déjà conseillé ou représenté
une partie dans l’affaire qu’il s’apprête à juger [119]. En droit positif, l’impartialité personnelle du juge est
généralement garantie par deux institutions [120] : la récusation et la collégialité.
S’agissant de la récusation, il s’agit de la procédure par laquelle le plaideur demande que tel juge s’abstienne de
siéger, parce qu’il a des raisons de suspecter sa partialité à son égard, pour des causes déterminées par la loi
[121] : parenté ou alliance, lien de subordination, amitié ou inimitié notoire, conflit d’intérêts… Plus largement,
elle est l’acte par lequel un plaideur refuse d’être jugé par ou en présence d’un magistrat (juge ou, s’il est partie
jointe, membre du ministère public) ou par un arbitre, dont il conteste l’impartialité [122].
En principe, le juge qui, à l’occasion d’une affaire, pour des motifs qui lui sont personnels, craint de se retrouver
influencé dans sa décision au regard d’une des parties, doit, en dehors même de toute initiative prise par une
partie se dessaisir [123]. On parle alors de l’abstention du juge. Celle-ci s’analyse en une garantie déontologique
de l’impartialité [124]. Les dispositifs législatifs ne règlementent pas l’abstention (ou déport), conçue comme un
processus interne à la juridiction laissé à l'appréciation discrétionnaire du juge. On observe que devant toutes
les juridictions, le déport du juge peut être fondé sur des raisons qui constituent soit des causes de récusation,
soit des raisons relevant de sa «conscience», ce qui est à l'évidence beaucoup plus extensif.
Mais, si le juge ne se dessaisit pas de lui-même, le législateur a consacré la procédure de récusation afin de
l’écarter du dossier. Ce mécanisme est prévu tant en matière pénale [125], civile [126] qu’en contentieux
administratif [127], même si dans cette dernière matière, la preuve de la partialité que doit apporter le requérant
relève très souvent d’une équation difficile [128]. La procédure s’applique à tout juge, qu’il soit un juge
d’instruction ou un juge de jugement, qu’il soit un juge étatique ou un arbitre. Elle peut se transformer en renvoi
pour cause de suspicion légitime si le soupçon de partialité ne concerne plus un ou plusieurs juges, mais toute la
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juridiction [129].
S’agissant de la collégialité, elle désigne le système d’organisation judiciaire selon lequel les décisions de
justice sont prises après délibération en commun par plusieurs juges [130]. Elle offre la garantie d’impartialité en
ce qu’elle permet une auto pondération du subjectivisme de chacun et constitue un garde-fou contre
d’éventuelles dérives arbitraires. La collégialité constitue donc une garantie d’une bonne justice [131].
Lorsqu’elle ne constitue pas le principe d’organisation du tribunal, le droit positif permet que la collégialité soit
ordonnée d’office ou à la demande d’une partie au procès [132]. Il s’agit donc d’un mécanisme qui permet de
«chasser» le soupçon d’impartialité d’un juge unique. Ce principe est consacré devant les tribunaux
administratifs [133], le tribunal criminel spécial [134], les Cours d’appel [135], les Cours suprêmes [136] et
devant le Conseil constitutionnel [137]. Et même lorsque c’est le principe du juge unique qui est consacré, la
possibilité d’organiser une collégialité est toujours prévue [138]. C’est dire que le droit positif satisfait bien à cette
exigence de bonne justice.
En somme, le statut du juge constitue un méta-critère d’appréciation de sa qualité. Il en est ainsi parce que
«l’indépendance et l’impartialité du juge sont, en grande partie, liées au statut du juge dans le système juridique
et dans la société» [140]. Il résulte alors que le bon juge, au plan purement statutaire, est celui qui revêt les
qualités d’indépendance et d’impartialité. Il s’agit d’un «bon juge par nature», différent du «bon juge par
destination».
Les garanties statutaires du juge ne suffisent pas toujours à assurer une bonne justice. Le juge doit en outre être
avisé de son office et offrir des garanties matérielles supplémentaires. Certes, le juge a pour mission de trancher
les litiges en application du droit en vigueur. De là résulte ses obligations d’appliquer la règle de droit et de juger
[141] sous peine de déni de justice [142]. Mais, il s’agit ici d’aller au-delà des prescriptions posées au juge pour
interroger les capacités de ce dernier à exercer sa mission, à avoir une déférence envers le droit positif (A) et
une appétence pour la paix juridique (B).
Le droit positif constitue le cadre dans lequel tout juge exerce sa mission, du moins dans un Etat de droit. Le
juge est, en effet, le destinataire privilégié de la règle de droit [143]. Dans cette optique, «la juridiction, dans un
Etat qui rejette l’arbitraire, devra précisément respecter ce cadre. Elle devra suivre des règles de forme, et des
règles de fond, ne pas juger n’importe comment, suivre une procédure connue de tous, et juger selon la loi, ne
pas ajouter d’interdits, veiller absolument aux libertés fondamentales» [144]. Faut-il le rappeler, la science du
juge est de mettre les principes du droit positif en action, par une application sage et raisonnée [145]. Le juge ne
saurait alors mépriser la règle de droit préexistante et objective, au risque de devenir incontrôlable [146]. Qu’il
s’agisse du juge d’un système de droit romano-germanique ou de celui des droits de la Common Law, le respect
du droit en vigueur constitue un signe de sa bonté [147]. Peu importe le contenu du droit en vigueur, l’exigence
de son respect par le juge demeure un critère fondamental. Aussi, cette déférence envers le droit positif
pourrait-elle se traduire dans ses décisions lorsqu’il statue selon le droit positif (1) et lorsqu’il motive
juridiquement celles-ci (2).
La légalité des décisions du juge implique d’abord la connaissance du droit en vigueur par le juge [149]. En effet,
la justice, a-t-on martelé, est un pouvoir fondé sur le savoir [150]. Le juge qui incarne cette justice doit être
détenteur de ce savoir [151]. Mais, il ne s’agit pas de connaître toutes les règles positives en vigueur [152]. On
attend davantage que le juge soit maître du raisonnement juridique et connaisseur de la langue juridique [153].
Le raisonnement juridique [154], a-t-on dit, « permet d’accéder à la solution juridique lorsque, au départ, il n’y en
avait pas» [155]. Quant à la langue technique du droit, elle constitue un instrument précieux entre les mains du
juriste [156] et condition de la maîtrise du droit lui-même [157]. D’ailleurs, dans un système juridique complexe
comme celui du Cameroun, le juge reste un acteur privilégié d’accès au droit [158]. L’exigence de connaissance
de droit par le juge pose plusieurs questions relatives à la détermination du bon juge. En premier lieu, on peut
se demander si un bon juge est toujours un juge professionnel. En deuxième lieu, est-il celui nécessairement
expérimenté ? En troisième lieu, est-il forcément un juge spécialisé ? A toutes ces questions, on peut répondre
qu’un bon juge n’est pas forcément celui qui requiert toutes ces qualités.
La légalité des décisions du juge implique ensuite la diction du droit et sa fixation. Il s’agit alors pour le juge
d’appliquer la règle de droit qu’il connaît [159]. Cet exercice consiste, pour chacune des questions dont il est
régulièrement saisi, à dégager de la loi une solution qui formera le droit applicable à l’espèce relativement à
laquelle cette question s’est posée [160]. La légalité des décisions du juge implique aussi la fixation du droit. En
effet, pour faire œuvre de jurisprudence [161], le juge doit interpréter le droit car «il est admis par tous
aujourd’hui que la juris-dictio ne saurait se bornée à la legis-dictio» [162]. Selon Hans Kelsen [163], si un organe
juridique doit appliquer le droit, il faut nécessairement qu’il établisse le sens des normes qu’il a mission
d’appliquer. Et, pour bien interpréter, le bon juge sera celui qui agit selon sa déontologie. Cette dernière, faut-il
le rappeler, fait partie intégrante du droit positif [164]. C’est par le respect de sa déontologie que le juge peut
faire remporter la victoire du «droit vivant» sur le «droit savant».
En somme, le recours à la règle de droit constitue un critère de la bonté du juge. Il en est ainsi d’abord parce
que la règle de droit est garante d’une certaine impartialité [165]. Il en est ainsi ensuite parce qu’en fondant ses
décisions sur la règle de droit, le juge contribue à une certaine prévisibilité des décisions futures. Enfin, le
recours à la règle de droit participe de l’acceptabilité de la décision par ses destinataires.
La déférence du juge au droit positif implique nécessairement que celui-ci ait l’obligation de justifier ses
décisions selon le droit positif. L’exigence de la motivation se trouve donc être un élément caractéristique de
toute décision juridictionnelle [166] et constitue un des principes généraux de procédure dégagés par la
jurisprudence [167]. Elle a été présentée comme une garantie essentielle pour le justiciable [168], car elle est
destinée à le protéger contre l’arbitraire du juge [169]. De jure, «le juge doit s’expliquer et expliquer pourquoi il
s’est déterminé» [170]. Selon Gérard Cornu, « le juge, à la différence du législateur, n’est pas souverain. Son
jugement n’est justice que s’il est justifié. Sa réponse est dépendante des faits qui lui sont soumis et du droit
qu’il applique» [171]. En cela, la doctrine considère que « la motivation est indispensable à la qualité de la
justice» [172].
En droit positif camerounais, la loi n° 2006/15 du 29 décembre 2006 portant organisation judiciaire consacre
l’obligation générale de motivation des décisions judiciaires. En effet, l’article 7 de ladite loi précise que «toute
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décision judiciaire est motivée en fait et en droit. L’inobservation de la présente disposition entraîne la nullité
d’ordre public de la décision». Une telle consécration ne peut être que saluée, dès lors qu’on sait que la
motivation est une exigence du procès équitable. On comprend aussi pourquoi, s’agissant du Conseil
constitutionnel, l’article 4, alinéa 1er de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 modifiée et complétée par la loi n°
2012/015 du 21 décembre 2012 portant organisation et fonctionnement de cet organe dispose que «les
décisions et avis du Conseil constitutionnel sont motivés». Dans tous les cas, l’absence de motivation entraîne
l’annulation de la décision judiciaire [173].
Plus théoriquement, la motivation dont il s’agit ici est celle juridique. Elle ne doit pas être constituée des
convictions personnelles ou politiques du juge [174]. C’est donc une exigence normale que les décisions du juge
soient toujours motivées car, la motivation permet de freiner quelque peu les enthousiasmes et les élans
justiciers du juge dans son rôle [175].
Au total, un bon juge est celui qui, en tranchant les litiges, rend des décisions en disant le droit et en les motivant
juridiquement [176]. Mais, les décisions du juge ne serviraient à rien si elles ne distillaient pas un certain
apaisement [177]. C’est donc là un autre critère de la bonté du juge.
De manière générale, tout juge est chargé d’un double but [178] à savoir trancher des litiges [179] et garantir
une paix sociale [180]. Et cette double finalité se résume essentiellement en l’apaisement. Selon Camille
Brayelle, «il existe, dans un procès, toutes sortes d'occasions à l'apaisement. L’ultime réside dans le jugement
lui-même et dans la solution juste qu’il doit rendre. Mais bien avant, un apaisement, bien que provisoire et
partiel, doit normalement s’être produit : par une mise à distance des parties ou encore par l’assurance d’une
procédure équitable» [181]. Il résulte que l’apaisement passe par le respect de la procédure ( 1) et des décisions
justes (2).
Le respect de la procédure est une exigence du procès équitable. Si « tous les acteurs du processus judiciaire
sont les esclaves consentants de la procédure» [182], on comprend que le juge qui veut faire œuvre
satisfaisante devrait ainsi se soumettre à cette exigence. Plus fondamentalement, «la juridiction est un lieu
d’échanges, avec ses codes et langages propres. Echanges entre magistrats, échanges avec les avocats. Du
dialogue et de l’écoute naîtront des décisions qui contribueront à sanctionner, parfois, mais surtout à résoudre
et apaiser» [183]. Le respect de la procédure judiciaire constitue donc un facteur d’apaisement. Et le juge
désirant rendre justice devrait respecter au moins le noyau dur de l’équilibre procédural et s’imposer une célérité
procédurale.
En premier lieu, le bon juge est celui qui respecte le «noyau dur» de l’équilibre procédural. Ce «noyau dur» est
constitué de l’ensemble des principes fondamentaux tendant à ce que chaque partie au procès soit en mesure
d’exercer effectivement ses droits et de faire valoir utilement ses arguments, sans que soit abusivement
favorisée l’une d’entre elles [184]. Ainsi comprise, l’exigence d’un procès équilibré implique le respect de deux
principes fondamentaux : le principe de la contradiction [185] et celui de l’égalité des armes [186]. Ces deux
principes sont des «invariants» du procès équitable et leur garantie par le juge permet de concrétiser le principe
d’égalité des justiciables devant la justice [187].
S’agissant d’une part du principe de l’égalité des armes, il implique l’obligation d’offrir à chaque partie une
possibilité raisonnable de présenter sa cause [188], y compris ses preuves dans des conditions qui ne la placent
pas dans une situation de net désavantage par rapport à son adversaire. Ainsi, une différence de traitement des
S’agissant d’autre part du principe de la contradiction, Eric Dupond-Moretti soutient que « les bons juges […]
aiment le contradictoire» [191]. Il implique la possibilité pour chaque partie de discuter de tout ce qu’avance en
fait et en droit son adversaire et de tout ce qu’il produit, pièces et documents, ainsi que la faculté de discuter
avec le juge. Au regard de son utilité dans l’administration d’une bonne justice, la doctrine considère que le
contradictoire est «l’âme du procès» [192]. C’est pourquoi, le respect de ce principe constitue un critère
incontournable permettant de bien juger [193]. Le bon juge est donc celui qui va au-delà des règles formelles
traduisant la contradiction pour garantir, par son arbitrage, cette contradiction. Cette garantie passe par
l’exercice effectif des pouvoirs dont il dispose [194] : pouvoir d’injonction assortie, le cas échéant d’une astreinte
[195], pouvoir d’écarter du débat les pièces qui n’auraient pas été communiquées en temps utile. Cette garantie
passe aussi par la non implication à titre personnel du juge dans l’affaire [196]. Ce qui suppose, du point de vue
de l’effectivité de la contradiction, un doute permanent [197] et une probabilité entre plusieurs solutions [198].
En second lieu, le bon juge est celui qui satisfait à l’exigence de célérité procédurale. En effet, le respect de la
célérité de la procédure constitue un indice d’une bonne administration de la justice. On considère d’ailleurs
qu’«une bonne justice est également une justice rendue en temps utile » [199]. L’exigence de célérité implique le
respect du délai raisonnable [200]. L’appréciation du caractère raisonnable du délai de la procédure se fait
généralement in concreto, en fonction de l’enjeu et de la nature du litige pour l’intéressé [201], de la complexité
de l’affaire [202] et du comportement des parties au procès [203] ainsi que du comportement des autorités
judiciaires. Concernant ce dernier critère, le comportement du juge peut être caractéristique de sa bonté [204].
Le bon juge est alors celui qui, actif à l’instance, surveille le bon déroulement de la procédure en impartissant
des délais aux parties, en ordonnant toutes les mesures nécessaires ; c’est un juge conséquemment diligent
[205].
En somme, au regard du respect de la procédure, le bon juge est celui qui garantit l’effectivité du contradictoire
et de l’égalité des armes ainsi que la célérité du procès. En cela, le juge peut être considéré comme un
«pédagogue institutionnel» en ce qu’il est appelé à faire observer le rituel du procès et à garantir le respect des
règles de procédure. Le respect de la procédure permet au juge d’ajouter au droit une dimension humaine car,
«au-delà des actes, au-delà des textes, devant le juge se trouve une femme, un homme, avec son histoire, son
enfance, ses failles, qui n’excuseront peut-être pas ses fautes, mais permettront de les comprendre, et de juger
justement, avec mesure» [206]. C’est en cela que la décision rendue pourrait remplir sa finalité longue, à savoir
l’apaisement social.
Il peut sembler curieux d’affirmer qu’un juge ait pour mission de garantir la paix sociale [207] tant il est vrai qu’un
tel organe est généralement appelé à trancher un litige opposant deux protagonistes. Ses décisions peuvent
d’ailleurs déplaire aux deux parties en conflit puisque dans tous les cas, le droit aura été toujours dit [208].
Toutefois, les auteurs sont unanimes sur le fait que la fonction de trancher les litiges est étroitement liée à celle
d’apaiser les tensions sociales [209]. La fonction d’apaiser, qualifiée souvent de finalité secondaire ou éthique
[210], parfois de finalité première [211], secrète et longue [212], constitue donc une finalité de toute institution
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juridictionnelle. Selon Simone Rozes, «le juge du troisième millénaire intervient certes pour dire le droit, mais
aussi pour régler concrètement des situations conflictuelles dont les enjeux sont graves et aigus» [213]. Le bon
juge est celui qui garantit à la fois l’apaisement individuelle et l’apaisement collectif par ses décisions.
Sur le plan individuel, le juge est appelé à rétablir, par ses décisions, l’équilibre rompu par le litige et restaurer la
confiance rompue [214]. Il importe, pour que l’harmonie soit rétablie, que soit apprécié le caractère bien ou
mal fondé de la contestation de la présomption en cause [215]. Il en est ainsi parce qu’« il entre dans la
mission du juge de concilier les parties» [216]. Le bon juge est celui dont la décision reconstitue le lien social au
plan individuel [217].
Sur le plan collectif, les décisions du juge comportent indubitablement des enjeux socio-politiques et des enjeux
socio-économiques. Politiquement, l’accès à la justice est l’un des fondements de la démocratie [218]. Dans son
rôle, le juge se trouve ainsi investie d’un pouvoir de «régulateur social» [219]. Economiquement, toute décision
du juge a un coût que la collectivité doit supporter. Les enjeux juridico-économiques qui entourent la garantie de
paix sociale par le juge sont de deux ordres : le budget de fonctionnement des organes juridictionnels et le
budget servant à garantir le paiement des indemnités accordables par ceux-ci.
En somme, le bon juge au plan fonctionnel est donc celui qui respecte le droit positif et qui garantit la paix par
ses décisions. Le premier critère permet de satisfaire le premier maître du juge qu’est la loi et le deuxième
critère vise à satisfaire son second maître qu’est sa conscience.
Conclusion
En définitive, un bon juge est celui qui l’est à la fois au regard de son statut et de sa fonction. Si au plan
statutaire, l’indépendance et l’impartialité sont nécessaires pour caractériser la bonté du juge, ces deux critères
demeureraient insuffisants si la mission n’est finalement pas bien assurée. Une fois indépendant et impartial
formellement, le juge est encore appelé à agir en toute conscience. Il en sera ainsi s’il respecte le droit positif et
garantit la paix sociale par ces décisions. Un système juridique peut donc avoir des bons juges.
Mais, la bonté du juge ne peut être que relative [220]. Il en est ainsi parce que le droit lui-même n’est pas parfait
et ne peut être parfait [221]. C’est pourquoi, le droit qui «choisit» ses juges est appelé à une révision constante
afin de sécréter des interprétateurs de plus en en plus bons. On saisit alors la nécessité pour les pouvoirs
publics d’améliorer les garanties institutionnelles et procédurales afin de mieux organiser une bonne justice.
[1] A.-M. Frison-Roche, Le droit d’accès à la justice et au droit , in Libertés et droits fondamentaux, 12 ème
éd., Sous la Dir. de R. Cabrillac, Paris, Dalloz, 2006, p. 458.
[2] B.-R. Guimdo Dongmo, L’accès aux juridictions administratives dans les Etats d’Afrique noire francophone :
réflexions sur son évolution récente à partir du cas du Cameroun, RADSP, vol. 9, n° 20, 2021, p. 8.
[3] La notion de «bonne justice» renvoie au « bienfait attendu du service de la justice, dette de l’Etat, devise du
juge». Lire G. Cornu (dir.), Vocabulaire juridique, Paris, PUF, 11 ème éd., mise à jour, 2016, v° Bonne justice.
[4] G. Guillaume, Le droit au juge : droit ou slogan ?, [En ligne] sur https://academiesciencesmorales
etpolitiques.fr/2011/10/24/le-droit-au-juge-droit-ou-slogan/.
[5] S. Guinchard et alii, Droit processuel. Droit commun et droit comparé du procès équitable , Paris, Dalloz,
4ème éd., 2007, pp. 654, n° 332.
[6] Ibidem.
[7] P. Amselek, L’étrangeté ontologique du droit, Droits, n° 11, 1990, p. 90.
[8] A. D. Olinga, Qu’est-ce être juriste ? Eléments pour une dogmatique éthique, Yaoundé, éd. Clé, 2013, p. 62.
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[9] B. Melkevik, Philosophie du droit, Tome 2, Canada, PUL, 2014, p. 186. Selon cet auteur, « le point faible du
projet juridique moderne réside, en fait, dans cette question du juge. Par cette porte sont entrés tous les assauts
idéologiques, politiques et politico-théologiques qui ont traversé aussi bien notre modernité [1500-1850] que
notre contemporanéité [1850 jusqu’à nos jours]. Qu’il s’agisse du juge “à l’écoute des pauvres”, ou du juge
“rouge” d’aujourd’hui, ou du juge idéologique, qu’il soit fasciste ou communiste ou, plus près de nous, du juge à
la vertu libérale irréprochable, le modèle institué demeure identique : le droit doit être développé par un “bon
juge”. Or, un juge sera “bon” s’il se conforme aux critères auxquels adhèrent ceux qui, par pouvoir ou par ruse,
le mettent en selle».
[10] X. Magnon, Théorie [s] du droit, Paris, ellipses, 2008, p. 44, n° 71.
[11] Ibidem.
[12] J. Verges, De la stratégie judiciaire, Lonrai (France), Les éditions de minuit, 2015, p. 9.
[13] A. D. Olinga, Qu’est-ce être juriste ? Eléments pour une dogmatique éthique, op. cit., p. 62.
[14] X. Magnon, ibid., p. 126, n° 231.
[15] Yoann Viguier, Penser le bon juge : sociogenèse et usages du Recueil des obligations déontologiques
des magistrats, Mémoire, Institut d’Etudes Politiques de Grenoble Université Pierre Mendès-France, Science
politique, 2013, p. 1, https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01284551.
[16] Le 4 mars 1898, le juge Magnaud relaxe Louise Ménard, une jeune fille-mère qui avait dérobé du pain chez
un boulanger de Charly-sur-Marne parce qu’elle n’avait rien mangé depuis deux jours. Le juge fonde sa
décision, confirmée par la Cour d’appel d’Amiens le 22 avril 1898, sur l’état d’absolue nécessité de la prévenue,
en interprétation des dispositions de l’article 64 du Code pénal. Il rembourse lui-même le coût du vol au dit
boulanger.
[17] Deux ans plus tard, un autre juge, appelé Hawkins, relaxa non seulement un misérable voleur de pain, mais
encore, procéda lui-même à la collecte auprès du public à l’audience au bénéfice de celui-ci et condamna le
boulanger présent à un jour de prison pour avoir enfreint l’interdiction faite aux boulangers de quitter leurs
boutiques dans les temps de disette. Lire dans ce sens M.-A. Frison-Roche, Le modèle du bon juge Magnaud, in
De Code en Code, Mélanges Georges Wiederkher, Paris, Dalloz, 2009, p. 338.
[18] M.-A. Frison-Roche, Le modèle du bon juge Magnaud, in De Code en Code, Mélanges Georges
Wiederkher, Paris, Dalloz, 2009, p. 338.
[19] B. Melkevik, Philosophie du droit, Tome 2, Canada, PUL, 2014, p. 186.
[20] H. Colombani et J.-C. Farcy, Du bon juge aux juges rouges : les juges contestataires, Conférence filmée le
15 novembre 2018 dans le cadre de la deuxième saison du cycle de conférences «Sur la sellette, une histoire
de la justice à Paris» proposé aux Archives de Paris en partenariat avec le Comité d’histoire de la Ville de Paris,
disponible sur https://criminocorpus.org/fr/bibliotheque/video/3126/.
[21] Ibidem.
[22] J.-L. Bergel, Théorie générale du droit, Paris, Dalloz, 2012, p. 350.
[23] Ibidem.
[24] X. Magnon, Théorie [s] du droit, op. cit., n° 231, p. 126.
[25] J. Freund, Droit et politique. Essai de définition du droit , Archives de Philosophie du droit, t. XVI, 1971, p.
17. A. D. Olinga, Qu’est-ce être juriste ? Eléments pour une dogmatique éthique, op. cit., p. 77.
[26] J. Freund, ibid., p. 17.
[27] A. D. Olinga, ibid., p. 77.
[28] V. P. Amselek, L’étrangeté ontologique du droit, Droits, n° 11, 1990, p. 90.
[29] A. D. Olinga, ibid., p. 61.
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[30] Lire dans ce sens, E. Dupond-Moretti, Bête noire «condamné à plaider», Paris, Michel Lafon, 2012, p. 166 ;
Directs du droit, Paris, Michel Lafon, 2017, p. 13 ; Le dictionnaire de ma vie , Paris, Kero, 2018, p. 30.
[31] O. N. Mbaye, L’identité du droit africain , Dakar, L’Harmattan, 2021, p. 139 ; J.-M. Sauve, Bien juger
aujourd’hui, une mission impossible ?, Intervention devant l’Académie de législation de Toulouse, 13 décembre
2013, p. 2.
[32] J.-E.-M. Portalis, Discours préliminaire du premier projet de Code civil, Bordeaux, éd. Confluences, Coll.
Voix de la Cité, Préface de Michel Massenet, 2004, p. 11. Par exemple, il affirme : « Un bon Code civil pouvait-il
naître au milieu des crises politiques qui agitaient la France ? » ou encore « De bonnes lois civiles sont le plus
grand bien que les hommes puissent donner et recevoir […]».
[33] J.-L. Sourioux, Le bon législateur selon Portalis, i n Libres propos sur les sources du droit, Mel. Philippe
Jestaz, Paris, Dalloz, 2006, p. 515.
[34] Par exemple, les articles 6 et 1133 du Code civil.
[35] Par exemple, les articles 450, 601, 1137, 1374, 1728, 1806, 1880, 1962 du Code civil.
[36] Par exemple, les articles 1134 et 1141 du Code civil.
[37] G. Cornu, Le bon législateur, RTDC, avril-juin 1990, p. 283.
[38] Sur cette notion, lire L. Cadiet, Introduction à la notion de bonne administration de la justice en droit privé ,
Justice et Cassation, 2013, p. 14. La terminologie varie quelque peu, plus d’ailleurs en anglais qu’en français.
On trouve ainsi en anglais les termes : «proper administration of justice», «good administration of justice» ou
«better administration of justice» ; en français aussi : «meilleure administration de la justice». Sur cette notion, il
n’existe que très peu de littérature. Pour des aspects historiques mais aussi analytiques, V. surtout R. Bousta,
Essai sur la bonne administration de la justice, L’Harmattan, coll. Logiques juridiques, 2010, p. 233 ; A. Lelarge,
L’émergence d’un principe de bonne administration de la justice internationale dans la jurisprudence antérieure
à 1945, L’Observateur des Nations Unies, vol. 27, 2009, pp. 23 et s. ; J.-J. Jacque, Le droit à une bonne
administration dans la charte des droits fondamentaux de l’union européenne, RDAP, n° 137-138, 2011/1, pp.
79-83 ; B. Faycel, Essai sur la bonne administration de la justice, RDIJ, n° 198/199, avril 2015, p. 10 ; R.
Bousta, Droit des étrangers : mais à quoi sert le droit à une bonne administration ? , RDH, n° 12, 2017, p. 1 ; A.
Sadjo, Secret professionnel et justice répressive, UMA LEX, n° 2018, p. 457.
[39] G. Cornu, La bonté du législateur , op. cit., p. 284.
[40] Ph. Jestaz, Le droit, Paris, Dalloz, coll. Connaissance du droit, 10 ème éd., 2018, p. 19 ; M.-A. Frison-Roche,
Indépendance des juges et sécurité des personnes , D., 2006, p. 2745 ; E. Couture, Le procès comme
institution, RIDC, vol. 2, n° 2, avril-juin 1950, p. 281, disponible sur https://www.persee.fr/doc/ridc_0035-
3337_1950_num _2_2_5636.
[41] J.-M. Sauve, Bien juger aujourd’hui, une mission impossible ?, op. cit., p. 3.
[42] Comme l’a si ardemment exprimé un député français, « dans la magistrature comme partout ailleurs, il y a
des gens qui honorent leurs fonctions, il y a aussi des pervers, des psychopathes, des militants aveuglés par
leur idéologie, des gens auxquels l’ivresse de leur toute-puissance fait perdre tout discernement, [...] au sein
d’un corps dévasté par le syndicalisme et le corporatisme […], des juges politisés […]». Propos d’un député
français nommé Henri Guaino lors de la séance des questions au Gouvernement le 28 octobre 2015, disponible
sur https://www.cairn.info/revue-deliberee-2018-3-page-1.htm.
[43] G. Cornu, Le bon législateur, op. cit., p. 283.
[44] Ibidem.
[45] Lire dans ce sens B. Garnot, Histoire des juges en France , Paris, Nouveau Monde, 2014, p. 2 ; E. Dupond-
Moretti, Bête noir condamné à plaider, Paris, Michel Lafon, 2012, p. 15 ; Directs du droit, Paris, Michel Lafon,
2017, p. 13 ; Le dictionnaire de ma vie , Paris, Kéro, 2018, p. 30. Lire également M. Garçon, Journal, 1939-1945,
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Les Belles Lettres/Fayard ; M. Dobkine, La formation du bon juge, Communication dans le cadre de sa réflexion
sur la justice, l’Académie des sciences morales et politiques a invité Michel Dobkine, Directeur de l’Ecole
nationale de la magistrature, à s’exprimer sur la formation des juges, cette communication est disponible sur
https://www.canalacademie.com/ida888-La-formation-du-bon-juge.html ; Lire aussi A. Barak, L’exercice de la
fonction juridictionnelle vu par un juge : le rôle de la Cour suprême dans une démocratie, RFDC, vol. 2, n° 66, p.
227, disponible sur https://www.cairn.info/revue-francaise-de-droit-constitutionnel-2006-2-page-227.htm ; G.
Guillaume, Le droit au juge : droit ou slogan ?, https://academiesciencesmoraleset politiques.fr/2011/10/24/le-
droit-au-juge-droit-ou-slogan/.
[46] Lire dans ce sens A. Akam Akam, La loi et la conscience dans l’office du juge , Revue de l’ERSUMA, n° 1,
juin 2012, p. 503.
[47] C’est l’application à bien faire son travail ou le soin avec lequel on exerce son métier. C’est de cette
conscience professionnelle dont le juge fait montre dans son activité juridictionnelle en se conformant à la loi et
en respectant les règles de déontologie qui gouvernent son statut.
[48] C’est cette voix intérieure qui, dans sa liberté, fait entendre un impératif autonome et dicte au juge, dans son
for interne, son intime conviction.
[49] E. Dupond-Moretti, Le dictionnaire de ma vie , op. cit., p. 56.
[50] Sur les relations entre le droit et l’éthique, lire J. Commaille, Ethique et droit dans l'exercice de la fonction
de justice, Sociétés contemporaines, n° 7, septembre 1991, Ethique professionnelle, pp. 87-101, disponible sur
http://www.persee.fr/doc/socco_1150-1944_1991_num_7_1_1011.
[51] J. Raibaut, Etre juge et légitime, in J. Krynen et J. Raibaut (dir.), La légitimité des juges, Toulouse, Presses
de l’Université des sciences sociales de Toulouse, 2004, p. 15.
[52] U. X. Ovono Ondoua, Sous le bandeau de Thémis, les larmes. Panser et repenser la justice camerounaise ,
Paris, L’Harmattan, coll. Points de vue, 2019, p. 15 ; A. Akam Akam, Crise[s] de la justice au Cameroun ?
Brèves réflexions sur un pouvoir à la croisée des chemins, in J. C. Mebu Nchimi (dir.), Le droit au pluriel,
Mélanges en hommage au doyen Stanislas Melone, PUA, 2018, p. 915. V. aussi, F. R. Bilong Nkoh, La crise de
crédibilité des normes de procédure pénale, in J. C. Mebu Nchimi (dir.), Le droit au pluriel, Mélanges en
hommage au doyen Stanislas Melone, PUA, 2018, p. 995.
[53] J. Krynen et J. Raibaut (dir.), La légitimité des juges, Toulouse, Presses de l’Université des sciences
sociales de Toulouse, 2004, p. 9.
[54] R. Libchaber, L’ordre juridique et le discours du droit. Essai sur les limites de la connaissance du droit ,
Paris, LGDJ, 2013, p. 233, n° 174.
[55] P. Nkou Mvondo, Le juge camerounais, Yaoundé, PUA, 2022, p. 3, n° 2.
[56] G. Wiederkehr, Qu’est-ce qu’un juge, in Nouveaux juges, nouveaux pouvoirs ? Mél. Roger Perrot, Paris,
Dalloz, 1996, p. 576 ; J.-C. Ngnintedem, Le juge OHADA et l’investissement international , RDAI/IBLJ, n° 1,
2015, p. 98.
[57] Il ne s’agit donc pas du juge qui naît «bon», comme pourrait le suggérer l’expression «par nature».
[58] A. Barak, L’exercice de la fonction juridictionnelle vu par un juge : le rôle de la Cour suprême dans une
démocratie, op. cit., p. 247.
[59] J.-M. Sauve, Bien juger aujourd’hui, une mission impossible ?, op. cit., p. 3.
[60] V. dans ce sens N. Braconnay et M. Delamarre, Institutions juridictionnelles, Paris, Vuibert, 2007, p. 305 ;
G. Wiederkehr, Qu’est-ce qu’un juge ?, op. cit., p. 580.
[61] S. Guinchard et alii, Droit processuel. Droit commun et droit comparé du procès équitable , Paris, Dalloz,
4ème éd., 2007, pp. 654-655, n° 332. Lire dans le même sens V.-E. Bokalli, Préface, in G. Kere Kere, Droit civil
processuel. La pratique judiciaire au Cameroun et devant la Cour commune de justice et d’arbitrage, Yaoundé,
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SOPECAM, 1 ère éd., 2006, p. III. Dans le même sens, lire S. Hennette-Vauchez, Impartialité et indépendance
du juge : une question de genre ?, in Politique de l’indépendance : Formes et usages contemporains d’une
technologie de gouvernement [en ligne]. Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2020, généré
le 29 décembre 2020. Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/septentrion/78021>. ISBN :
9782757430088. DOI : https://doi.org/10. 4000/books.septentrion.78021 ; T. Kavundja Maneno, L'indépendance
et l'impartialité du juge en droit comparé belge, français et de l'Afrique francophone, Prom., Van Compernolle,
Jacques, http://hdl.handle.net/2078.1/158042 ; N. Regis, Juger au nom des droits de l’Homme. L’office du juge,
entre moral, droit et politique, Les cahiers de la justice, vol. 1, n° 1, 2015, p. 106.
[62] S. P. Kouam, L’organisation juridictionnelle camerounaise depuis la mutation constitutionnelle du 18 janvier
1996, Cahiers juridiques et politiques, Revue de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de
Ngaoundéré, 2012, p. 177 ; A. Barak, L’exercice de la fonction juridictionnelle vu par un juge : le rôle de la Cour
suprême dans une démocratie, op. cit., p. 248 ; J. Darby Joseph, Garanties et limites à l'indépendance et à
l'impartialité du juge aux Etats-Unis d'Amérique, RIDC, vol. 55, n° 2, avril-juin 2003, p. 351 ; D. Kandji, Pour une
réconciliation du juge et du justiciable en Afrique francophone, in N. Diouf, M. B. Niang et A. A. Diouf, Le droit
africain à la quête de son identité, Mélanges offerts au professeur Isaac Yankhoba Ndiaye, Dakar, L’Harmattan,
2021, p. 696.
[63] J. D. Gagnon, L’indépendance judiciaire : fondement du principe et son application aux tribunaux
administratifs, La revue du Barreau canadien, vol. 83, 2004, p. 910.
[64] J.-L. Gillet, Leurs indépendances, Les Cahiers de la justice, vol. 2, n° 2, 2012, p. 93.
[65] G. Cornu (dir.), Vocabulaire juridique , op. cit., v° Indépendance. Dans le même sens, lire G. De Leval,
Institutions judiciaires, 2 ème éd., Collection Scientifique de la Faculté de Droit de Liège, 1993, p. 37 ; F. Tulkens
et H. D. Bosly, La notion européenne de tribunal indépendant et impartial. La situation en Belgique , RSC, n° 4,
octobre-décembre 1990, p. 680 ; T. Kavundja Maneno, L'indépendance et l'impartialité du juge en droit comparé
belge, français et de l'Afrique francophone, Thèse, Université catholique de Louvain, 2005, p. 13, disponible en
ligne sur http://hdl.handle.net/2078.1/158042.
[66] A. Barak, L’exercice de la fonction juridictionnelle vu par un juge : le rôle de la Cour suprême dans une
démocratie, op. cit., p. 248.
[67] P.-O. Sakho, Allocutions d’ouverture, in L’indépendance de la justice, op. cit., p. 14 ; V. également Jacques-
Robert, De l’indépendance des juges, RDP, 1988, pp. 5-22.
[68] Dans ce sens M. L. Rassat, Institutions judiciaires, Paris, PUF, 1993, pp. 57-60 ; P. Piqueret, Précis de
procédure pénale suisse, éd. CJR, 1994, p. 116 ; K. Benyekhlef, Les garanties constitutionnelles relatives à
l'indépendance du pouvoir judiciaire au Canada, Cowansville, éd. Yvon Biais Inc, 1988, p. 86 ; F. Ringelheim,
L'indépendance sous scellés , in F. Ringelheim et Ch. Panier (dir.), Les pouvoirs du judiciaire, Bruxelles, éd.
Labor, 1987, pp. 21-22 ; E. Liekendal, La séparation des pouvoirs à l'aube du 3 ème millénaire, Mercuriale,
septembre 1997, JT, 1997, n° 60 et 61, p. 562 ; A. Van Oevelen, L'indépendance et la responsabilité civile des
juges, ainsi que l'indépendance du pouvoir judiciaire et la responsabilité de l'Etat du fait des fautes
professionnelles de juges en droit belge, in Rôle et organisation de magistrats et avocats dans les sociétés
contemporaines, IX ème Congrès mondial de droit judiciaire, éd. Kluwer, 1992, p. 267 ; C. Strecker, Les ciseaux
dans la tête, la menace informelle de l'indépendance malgré les garanties formelles, in Etre juge demain, éd.
Presses universitaires de Lille, 1983, p. 212 ; J. De Figueiredo Dias et M. J. Antunes, La notion européenne de
tribunal indépendant et impartial. Une approche à partir du droit portugais de procédure pénale, RSC, 1990, p.
736.
[69] S. Hennette-Vauchez, Impartialité et indépendance du juge : une question de genre ? préc., p. 1.
[70] Lire dans ce sens R. Perrot, Institutions judiciaires, op. cit., p. 242, n° 305 ; J. Heron, Droit judiciaire privé,
op. cit., p. 246 ; IHEJ, La prudence et l’autorité : l’office du juge au 21 ème siècle, Rapport de mai 2013, p. 15 ; U.
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X. Ovono Ondoua, Sous le bandeau de Thémis, les larmes. Panser et repenser la justice camerounaise , op.
cit., p. 22. Lire également M. Kamto, Les mutations de la justice camerounaise à la lumière des développements
constitutionnels de 1996, RASJ, vol. 1, n° 1, 2000, pp. 9-20 ; A. Sone Ewang, The organisation of the judiciary in
Cameroon : an appraisal, Annales FSJP, Université de Dschang, T. 10, 2006, p. 23.
[71] G. Carcassonne, Rapport introductif, in L’indépendance de la justice , Actes du 2 ème congrès de
l’AHJUCAF, Dakar, 7 et 8 novembre 2007, F. Lapersonne, Cour de cassation, p. 34 ; A.-B. Fall, Les menaces
internes, in L’indépendance de la justice , ibid., p. 53.
[72] Car, dans le cas contraire, il accomplirait une fonction exécutive et non plus judiciaire. Lire dans ce sens R.
Carre de Malberg, Contribution à la théorie générale de l’Etat, 1920-1922, T. 1, p. 731, disponible sur
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k93606.pdf ; I. Verougstraete, Rapport de synthèse, in L’indépendance de la
justice, op. cit., p. 161.
[73] C’est dans ce sens qu’Eric Dupond-Moretti a pu écrire que « l’indépendance de n’importe quel magistrat du
siège repose notamment, d’un point de vue technique, sur son inamovibilité : quoi qu’il décide, il ne peut pas être
viré de son poste, sauf manquement évident à la déontologie ou problème psychiatrique sévère». E. Dupond-
Moretti, Bête noir condamné à plaider, op. cit., p. 151.
[74] U. X. Ovono Ondoua, Sous le bandeau de Thémis, les larmes. Panser et repenser la justice camerounaise ,
op. cit., p. 67. Consulter également dans ce sens les actes du colloque de l’ACCPUF sur l’indépendance des
juges et des juridictions, Bull., n° 7, novembre 2006, p. 81. En effet, la notion d’inamovibilité qui existait dans le
décret n° 82-467 du 4 octobre 1982 portant statut de la magistrature (l’article 5 de ce texte était rédigé ainsi qu’il
suit : «[1] Les magistrats du siège ne relèvent, dans leur fonction juridictionnelle, que de la seule loi et de leur
conscience. [2] Sauf application des règles de l’intérim visées aux articles 66 et 67, les magistrats du siège sont
inamovibles et ne peuvent recevoir, sans acceptation de leur part, une autre affectation») a été supprimée dans
celui du 8 mars 1995 (l’article 5 du décret n° 95/048 du 8 mars 1995 modifié et complété par les décrets n°
2000/310 du 3 novembre 2000, décret n° 2004/080 du 13 avril 2004, décret n° 2012/188 et 189 du 18 avril 2012
portant statut de la magistrature dispose désormais que «les magistrats du siège disposent dans leurs fonctions
juridictionnelles, que de la seule loi et de leur conscience»). Si de manière spécifique, cette inamovibilité a été
consacrée pour le juge constitutionnel par la loi de 2004 (d’après le texte initial de l’article 9 de la loi n° 2004-5
du 21 avril 2004 fixant le statut des membres du Conseil Constitutionnel, «Les membres du Conseil
constitutionnel sont inamovibles. Leur mandat ne peut être ni renouvelé, ni révoqué»), elle est aujourd’hui
réduite à sa plus simple expression au regard de la possibilité de renouvellement du mandat des membres du
Conseil constitutionnel prévue par la loi de 2012 (l’article 9 de la loi n° 2012/016 du 21 décembre 2012 modifiant
et complétant les dispositions de la loi n° 2004-5 du 21 avril 2004 fixant le statut des membres du Conseil
Constitutionnel dispose désormais que «Les membres du Conseil constitutionnel sont inamovibles. Leur mandat
de six [6] ans est éventuellement renouvelable»).
[75] A. Akam Akam, Crise[s] de la justice au Cameroun ? Brèves réflexions sur un pouvoir à la croisée des
chemins, op. cit., p. 915. V. aussi, Ph. Keubou, La procédure pénale au Cameroun, Paris, L’Harmattan, 2021, p.
57.
[76] U. X. Ovono Ondoua, Sous le bandeau de Thémis, les larmes. Panser et repenser la justice camerounaise ,
op. cit., p. 67. Selon l’article 6, al. 1 er du statut de la magistrature, les nominations, mutations promotions,
détachements, admission à un congé de maladie de longue durée, à la disposition ou à la retraite des juges sont
décidés par décret du Président de la République. Cette règle s’applique également au juge du contentieux
administratif. En effet, la loi n° 2006/022 du 26 décembre 2006 portant organisation et fonctionnement des
tribunaux administratifs conforte cette assertion lorsqu’elle énonce que «[…] les membres du tribunal
administratif et ceux du parquet sont des magistrats relevant du statut de la magistrature» (article 8), et que «[…]
le Président et les juges du tribunal administratif sont nommés conformément au texte portant statut de la
magistrature» (article 9). Cette gestion de la carrière des juges par l’exécutif s’étend même au juge
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constitutionnel qui est également nommé par le Président de la République et dont le mandat peut être
éventuellement renouvelé par lui (art. 2 et 9 de la loi n° 2012/016 du 21 décembre 2012 modifiant et complétant
les dispositions de la loi n° 2004-5 du 21 avril 2004 fixant le statut des membres du Conseil Constitutionnel).
[77] Ibidem.
[78] Le Chef de l’Etat devrait cesser d’être Président du Conseil Supérieur de la Magistrature au profit du
Premier Président de la Cour Suprême. Lire dans le même sens, U. X. Ovono Ondoua, Sous le bandeau de
Thémis, les larmes. Panser et repenser la justice camerounaise, op. cit., p. 91.
[79] Lire dans ce sens O. Shrameck, Les validations législatives, Actualité juridique de droit administratif, n° 5,
1996, p. 369 ; C.-A. Fopa Tapon, Les interventions du législateur dans le fonctionnement de la justice
administrative, Mémoire de Master Recherche, Université de Dschang, 2012, p. 18 ; C. Sandras, Les lois de
validation, le procès en cours et l’article 6, §1er de la Convention européenne des Droits de l’Homme, in RTDH,
2002, p. 629 ; B. Mathieu, Les validations législatives devant le juge constitutionnel : bilan d’une jurisprudence
récente, RFDA, n° 11, juillet-août 1995.
[80] V. dans ce sens, P. Nkou Mvondo, Le pouvoir exécutif, Janus de la justice au Cameroun , Yaoundé, PUA,
2022, p. 151, n° 216 ; Ch. Tchoungang, De l’impossible justice au Cameroun, Yaoundé, Les Editions du
Schabel, 2015, p. 60.
[81] L’amnistie est prévue par l’article 73 du Code pénal camerounais.
[82] P. Nkou Mvondo, Le pouvoir exécutif, Janus de la justice au Cameroun , op. cit., p. 153, n° 219.
[83] D’après l’article 51, al. 2 de la Constitution, « les membres du Conseil Constitutionnel sont nommés par le
Président de la République et désignés de la manière suivante : trois, dont le Président du Conseil, par le
Président de la République ; trois, par le Président de l’Assemblée Nationale après avis du Bureau ; trois, par le
Président du Sénat après avis du Bureau ; deux, par le Conseil Supérieur de la Magistrature».
[84] L’article 51 de la Constitution prévoit à son alinéa 1 er (nouveau) que «le Conseil Constitutionnel comprend
onze [11] membres, désignés pour un mandat de six [6] ans éventuellement renouvelable». Lire dans le même
sens, les articles 2 et 9 de la loi n° 2012/016 du 21 décembre 2012 modifiant et complétant les dispositions de la
loi n° 2004-5 du 21 avril 2004 fixant le statut des membres du Conseil Constitutionnel.
[85] L’article 9, dans sa version de 2012 dispose désormais que « Les membres du Conseil constitutionnel sont
inamovibles. Leur mandat de six [6] ans est éventuellement renouvelable» (loi n° 2012/016 du 21 décembre
2012 modifiant et complétant les dispositions de la loi n° 2004-5 du 21 avril 2004 fixant le statut des membres du
Conseil Constitutionnel).
[86] G. Carcassonne, Rapport introductif, in L’indépendance de la justice , op. cit., p. 32 ; V. aussi Th. Perroud,
La fonction contentieuse des autorités de régulation en France et au Royaume-Uni , Thèse, Université Paris 1
Panthéon Sorbonne, 2011, p. 73, disponible sur https://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-01228357.
[87] Ce principe signifie qu’un Président de Tribunal n’a pas le pouvoir légal de dire aux juges inférieurs dans
quel sens ils doivent statuer ou encore qu’un Conseiller de la Cour d’appel ne puisse pas enjoindre un juge
d’instance dans un sens déterminé.
[88] Cette obligation pose la règle de mobilité dans les fonctions (et non géographiquement) et a pour
fondement le fait qu’un juge ne peut pas garder éternellement sa fonction. On craint notamment qu’un tel juge
puisse prendre l’ascendance sur les autres qui exercent la même fonction que lui.
[89] C’est la règle selon laquelle, au sein d’une même juridiction, les juges doivent chaque année changer de
chambre. La règle est posée afin qu’au sein d’une même chambre, un juge puisse prendre ascendance sur une
autre.
[90] C’est l’hypothèse de deux conjoints pouvant appartenir à une même juridiction.
[91] Le non-respect de la jurisprudence de la Cour Suprême ayant statué en Sections Réunies d’une Chambre
ou en Chambres Réunies est un cas d’ouverture en cassation (art. 35, al. 1i de la loi n° 2006/016 du 29
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décembre 2006 modifiée et complétée par la loi n° 2017/014 du 12 juillet 2017 fixant l’organisation et le
fonctionnement de la Cour suprême).
[92] Sur la nature d’une juridiction suprême, lire F. Zénati, La nature de la Cour de cassation , BICC, n° 575, 15
avril 2003, p. 3, disponible sur
https://www.courdecassation.fr/publications_26/bulletin_information_cour_cassation
_27/bulletins_information_2003_1615/n_575_1652/. Selon cet auteur, une juridiction suprême, dans les
systèmes de droit romano-germanique, a une triple fonction : répressive, herméneutique et législative. La
première résulte du fait que la juridiction suprême soit chargée spécialement de sanctionner les décisions des
juridictions de fond. La deuxième renvoie au fait que la juridiction suprême soit chargée d’unifier le droit à
travers l’interprétation des règles juridiques. La troisième est conçue à partir de la fonction créatrice du droit
reconnue de nos jours aux juridictions suprêmes.
[93] Le principe de gratuité de la justice est posé au Cameroun par l’article 8 de la loi n° 2006/015 du 29
décembre 2006 portant organisation judiciaire telle que modifiée en 2011 : «La justice est gratuite, sous la seule
réserve des dispositions fiscales relatives notamment au timbre et à l’enregistrement et de celles concernant la
multiplication des dossiers d’appel et de pourvoi». [2] «Les émoluments statutaires des défenseurs et autres
auxiliaires de justice, les frais d’instruction du procès et d’exécution des décisions de justice sont avancés par la
partie au profit de laquelle ils sont engagés. Ils sont supportés par la partie qui succombe, sauf décision
contraire, motivée par la juridiction».
[94] Sur la nécessaire distance entre le juge et les justiciables, lire J. Fometeu, La distance du juge, chronique
d’humeur à propos d’un dilemme de magistrat, in CJP, revue FSJP, Université de Ngaoundéré, n° spécial : Le
juge et le droit, 2014, p. 115 ; V. Lamanda, Discours prononcé lors de l’audience solennelle de début d’année
judiciaire 2009, in Cour de cassation (française), Rapport annuel 2009, p. 28.
[95] Ainsi, ça peut être un Expert, un Avocat, un Huissier, un Médiateur, etc.
[96] L’article 154 du Code pénal punit l’outrage aux Cours et aux Tribunaux.
[97] Articles 169 et 170 du CP. Lire aussi les articles 154 à 156 du Code de procédure pénale.
[98] U. X. Ovono Ondoua, Sous le bandeau de Thémis, les larmes. Panser et repenser la justice camerounaise ,
op. cit., p. 25 ; P. Nkou Mvondo, Le pouvoir exécutif, Janus de la justice au Cameroun , op. cit., n° 18, p. 17.
[99] U. X. Ovono Ondoua, Sous le bandeau de Thémis, les larmes. Panser et repenser la justice camerounaise ,
op. cit., p. 24.
[100] D. Main, Regard désabusé sur l’acte de juger, Pouvoirs, n° 55, 1990, p. 114 ; Conseil supérieur de la
magistrature du Québec, L’indépendance judiciaire […] contrainte ou gage de liberté, Actes du colloque 2002,
Montréal, Bibliothèque nationale du Québec, 2003, p. 63.
[101] J.-M. Sauve, Bien juger aujourd’hui, une mission impossible ?, op. cit., p. 3.
[102] G. Cornu, Vocabulaire juridique, op. cit., v° impartialité.
[103] A. Barak, L’exercice de la fonction juridictionnelle vu par un juge : le rôle de la Cour suprême dans une
démocratie, op. cit., p. 249.
[104] Syndicat de la magistrature, Juger sans entraves, 50 ans de lutte pour la justice, les droits et les libertés ,
La Découverte, 2018, p. 31, cité par M. Laval, Juges rouges, in E. Pierrat (dir.), Dictionnaire du monde judiciaire,
Paris, Bouquins éditions, 2022.
[105] W. Feugère, Juridiction, i n E. Pierrat (dir.), Dictionnaire du monde judiciaire, Paris, Bouquins éditions,
2022.
[106] Comme l’écrit si justement Pierre Drai, « le juge à qui il est seulement demandé d’être impartial et objectif
et non pas neutre et indifférent, est appelé, plus qu’hier, à tirer de son génie créateur, de son intelligence et de
sa finesse, une conclusion qui, tout en respectant la norme légale, permet de dire : la paix judiciaire est faite».
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Lire dans ce sens, P. Drai, Le délibéré et l’imagination du juge , in Nouveaux juges, nouveaux pouvoirs ? Mél.
Roger Perrot, p. 110.
[107] Lire dans ce sens S. Guinchard et alii, Droit processuel. Droit commun et droit comparé du procès
équitable, op. cit., n° 364, p. 707.
[108] Dans ce sens et à titre de droit comparé, Cour Administrative et d’Appel de Paris , 23 mars 1999,
Procédures, novembre 1999, chron. n° 14, concl. Mireille Heers.
[109] Dans ce sens et à titre de droit comparé, Cour Administrative et d’Appel de Bordeaux , 4 mars 2003,
Procédures, mai 2003, n° 125, obs. Serge Deygas.
[110] A titre de droit comparé, CE, 23 février 2000, Labor metal, Procédures, avril 2000, n° 110, obs. Serge
Deygas.
[111] Le Code camerounais de procédure pénale consacre la séparation des trois fonctions de justice répressive
: la poursuite (articles 59 et s.), l’instruction (articles 142 et s.) et le jugement (articles 228 et s.). Ce principe se
justifie par le souci d’une meilleure protection des libertés individuelles. Ainsi, les magistrats différents
intervenant à chaque phase du procès peuvent mieux se contrôler et le risque de partialité est considérablement
réduit. En ce qui concerne la signification du principe, trois aspects permettent d’en rendre compte. Le premier
est relatif à la séparation de la poursuite et de l’instruction. Deux organes différents assurent ces deux fonctions.
La poursuite appartient au Ministère public et à lui seul. Le juge d’instruction n’a pas le droit de poursuivre et ne
peut se saisir lui-même. Le deuxième est relatif à la séparation de l’instruction et du jugement. La fonction de
juger c’est-à-dire de condamner à une peine, de relaxer ou d’acquitter est différente de la fonction d’instruire
c’est-à-dire de réunir et d’apprécier les preuves. Le dernier aspect est la séparation de la poursuite et du
jugement. Ainsi, les organes de poursuite ne peuvent pas participer au jugement de l’affaire et inversement, les
organes de jugement ne sauraient assurer une quelconque fonction de poursuite.
[112] En effet, en matière pénale, à la suite d’une information judiciaire, le juge de jugement est saisi par
l’ordonnance de renvoi. Dès lors qu’il envisage la tenue de la première audience, l’article 291 du Code de
procédure pénale lui demande de fixer la date de cette audience «de concert» avec le Procureur de la
République. Au niveau de la Cour d’appel et selon l’article 446 du Code de procédure pénale, «dès réception du
dossier d’appel, le greffier […] le transmet au président de la cour qui, après avis du Procureur général, fixe la
date d’audience». De la «concertation» en première instance, on en est à l’«avis» en appel. Dans l’un et l’autre
cas, la loi demande qu’il y ait une communication entre le juge et le Ministère public, question de s’accorder sur
la date d’audience.
[113] Comme le prévoient les articles 128 et 485 du Code de procédure pénale, le juge pénal ne saurait ouvrir
les débats sans la présence du Ministère public. Selon l’article 128 (1) dudit Code, «le Ministère public […] doit,
à peine de nullité de la décision, être présent à toutes les audiences ». L’article 485 (1) (e) du même Code
prévoit comme cas de cassation d’une décision, entre autres, le cas où le Ministère public «[…] n’a pas été
représenté» à l’audience.
[114] V. P. Nkou Mvondo, Le pouvoir exécutif, Janus de la justice au Cameroun , op. cit., pp. 139 et s.
[115] S. Guinchard et alii, Droit processuel. Droit commun et droit comparé du procès équitable , op. cit., n° 367,
p. 717.
[116] Lire dans ce sens S. Batia Ekassi, Regards sur le droit à une justice équitable dans le droit du contentieux
administratif camerounais, RDIDC, 2021, n° 2, p. 282.
[117] S. Guinchard et alii, Droit processuel. Droit commun et droit comparé du procès équitable , op. cit., spéc.,
n° 367 et n° 390, pp. 753 et s.
[118] S. Batia Ekassi, Regards sur le droit à une justice équitable dans le droit du contentieux administratif
camerounais, op. cit., p. 281.
[119] S. Guinchard et alii, ibid., n° 397 et s, p. 773.
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[120] Lire dans ce sens, P. Nkou Mvondo, Le choix du cadre du procès relatif à la commission d’une infraction
pénale, CJP, Revue FSJP, Université de Ngaoundéré, 2009, p. 89.
[121] S. Guinchard et Th. Debard, Lexique des termes juridiques, Paris, 25 ème éd., 2017-2018, p. 1594.
[122] G. Cornu, Vocabulaire juridique, op. cit., v° récusation.
[123] Article 592 du Code de procédure pénale ; article 106 de la loi n° 2006/022 du 26 décembre 2006 portant
organisation et fonctionnement des tribunaux administratifs.
[124] N. Fricero, Récusation et abstention des juges : analyse comparative de l'exigence commune
d'impartialité, Nouveaux cahiers du Conseil constitutionnel, n° 40, juin 2013, p. 4.
[125] Articles 591 et s. du Code de procédure pénale.
[126] Articles 159 et s. du Code de procédure civile et commerciale.
[127] Article 104 de la loi n° 2006/022 du 26 décembre 2006 portant organisation et fonctionnement des
tribunaux administratifs.
[128] S. Batia Ekassi, Regards sur le droit à une justice équitable dans le droit du contentieux administratif
camerounais, op. cit., p. 282.
[129] Article 158 du Code de procédure civile et commerciale.
[130] G. Cornu, Vocabulaire juridique, op. cit., v° collégialité.
[131] G. Wiederkehr, Qu’est-ce qu’un juge, op. cit., p. 584.
[132] V. les articles 14 (2) et 17 (7) de la loi n° 2006/015 du 29 décembre 2006, modifiée et complétée par la loi
n° 2011/027 du 14 décembre 2011 portant organisation judiciaire.
[133] Article 13 de la loi n° 2006/022 du 29 décembre 2006 fixant l’organisation et le fonctionnement des
tribunaux administratifs.
[134] Article 10, al. 2 de la loi n° 2012/011 du 16 juillet 2012, modifiant et complétant la loi n° 2011/028 du 14
décembre 2011 portant création d’un Tribunal criminel spécial.
[135] Article 21 de la loi de 2006, portant organisation judiciaire.
[136] Il en est ainsi aussi bien devant la Cour suprême du Cameroun que devant la Cour commune de justice et
d’arbitrage de l’OHADA.
[137] Article 13 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004, modifiée et complétée par la loi n° 2012/015 du 21
décembre 2012, portant organisation et fonctionnement du Conseil constitutionnel.
[138] V. notamment l’article 14, al. 1 (b) et l’article 16, al. 7 in fine de la loi n° 2006/015 du 29 décembre 2006,
modifiée et complétée par la loi n° 2011/027 du 14 décembre 2011 portant organisation judiciaire.
[139] Proverbe 28, 21.
[140] J.-L. Bergel, Théorie générale du droit, op. cit., p. 351.
[141] F. Terré, Introduction générale au droit, Paris, Dalloz, 9 ème éd., 2012, p. 286 ; J.-D. Bredin, Doute, in L.
Cadiet, Dictionnaire de la justice , Paris, PUF, 1 ère éd., 2004, p. 352 ; CE, 27 mai 1955, Electricité de France , D.,
1956, p. 308, note L’Huillier ; V. également dans ce sens O. Dutheillet De Lamothe, Les juges face au silence du
droit, RDP, n° 4, 2012, p. 1055.
[142] Article 147 du Code pénal ; article 246 du CPCC.
[143] Ph. Jestaz, Le droit, op. cit., p. 24.
[144] W. Feugère, Juridiction, i n E. Pierrat (dir.), Dictionnaire du monde judiciaire, Paris, Bouquins éditions,
2022.
[145] J.-E.-M. Portalis, Discours préliminaire du premier projet de Code civil, op. cit., p. 14.
[146] J.-C. Ngnintedem, Le juge OHADA et l’investissement international, RDAI/IBLJ, n° 1, 2015, p. 97.
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[147] A. Barak, L’exercice de la fonction juridictionnelle vu par un juge : le rôle de la Cour suprême dans une
démocratie, RFDC, vol. 2, n° 66, p. 227, disponible sur https://www.cairn.info/revue-francaise-de-droit-
constitutionnel-2006-2-page-227.htm.
[148] V. dans ce sens les cas d’ouverture à cassation prévus à l’article 35 de la loi n° 2006/016 du 29 décembre
2006 modifiée et complétée par la loi n° 2017/014 du 12 juillet 2017, fixant l’organisation et le fonctionnement de
la Cour suprême.
[149] Deux adages bien connus en science juridique traduisent cette exigence de la connaissance du droit par le
juge. Le premier est «Jura novit curia» qui signifie « la Cour connaît le droit». En vertu de cet adage, le juge est
censé connaître les lois existant au moment où il est saisi d’une situation litigieuse. Le second est «Da mihi
factum, dabo tibi jus» qui signifie littéralement « Donne-moi le fait, je te donnerai le droit ». En vertu de cet
adage, dans le cadre de la procédure, les justiciables sont dispensés d’apporter la preuve de la règle de droit
qu’ils invoquent à l’appui de leurs prétentions. Lire dans ce sens F. Terré, Introduction générale au droit, op. cit.,
p. 597 ; A. Akam Akam, La loi et la conscience dans l’office du juge , op. cit., p. 507, n° 10 et 13.
[150] A. D. Olinga, Qu’est-ce être juriste ? Eléments pour une dogmatique éthique, op. cit., p. 28 ; A. Akam
Akam, La loi et la conscience dans l’office du juge , op. cit., p. 506 ; C. Waquet, Un exercice de style : la
plaidoirie, Justice et cassation, 2013, p. 318 ; H. Farge, Le devoir de compétence, Justice et cassation, 2012, p.
303.
[151] E. Le Roy, Les Africains et l’Institution de la Justice. Entre mimétismes et métissages , Paris, Dalloz, 2004,
n° 74, p. 61.
[152] En effet, le juriste n’est pas « celui que l’on va voir, à qui l’on pose un problème, et qui, tel un distributeur
automatique, va livrer un texte de loi su par cœur, et dans lequel se trouve la solution attendue». Cette précision
est importante car, comme l’a si bien écrit M. Moreau, «dans le droit positif, il n’y a pas de réponse à toutes les
difficultés qui se présentent […]. Dans le monde du droit, il y des zones de vide. Et la mission du juriste est de
les combler». Pour A. D. Olinga, «l’office du juriste ne se réduit pas à une connaissance de nombreuses règles
de droit, règles dont la diversité, les trajectoires et le rythme de production peuvent échapper à sa vigilance ; ce
n’est pas un problème de quantité de connaissances, mais de mode d’appréhension des phénomènes, de
tournure d’esprit». Lire respectivement M. Moreau, La formation de juriste contemporain, op. cit., p. 78 ; A. D.
Olinga, Qu’est-ce être juriste ? Eléments pour une dogmatique éthique, op. cit., p. 25.
[153] M. Moreau, La formation de juriste contemporain, op. cit., p. 78. V. également dans le même sens S. P.
Kouam, La définition du juriste et la redéfinition de la dogmatique juridique (à propos du syncrétisme
méthodologique), Les Cahiers de droit, vol. 55, n° 4, 2014, p. 889.
[154] Sur le raisonnement juridique, lire J.-L. Bergel, Théorie générale du droit, op. cit., p. 179 ; P. Rouvière,
Apologie de la casuistique juridique, D., 2017, p. 118 ; P. Brunet, Le raisonnement juridique dans tous ses états,
Droit et société, n° 83, 2013, p. 193 ; P. Brunet, Le raisonnement juridique : une pratique spécifique ?, RISJ, vol.
26, 2013, p. 767 ; M. Saint-Geniest, Le style judiciaire, Discours prononcé à la rentrée solennelle de la
conférence des Avocats stagiaires, 5 décembre 1954, Imprimerie spéciale de la Gazette des Tribunaux de Midi,
1955, p. 4.
[155] M. Moreau, La formation de juriste contemporain, op. cit., p. 78.
[156] J.-L. Bergel, Théorie générale du droit, op. cit., n° 197, p. 253 ; C. Robin, Langage et langue judiciaires, op.
cit., p. 811.
[157] V. Ph. Malaurie, L’intelligibilité des lois, Pouvoirs, 2005, n° 114, p. 131 ; J.-L. Bergel, ibid., n° 197, p. 255 ;
L. M. Raymondis, La justice pénale et son langage , Déviance et société, 1977, vol. 1, n° 2, p. 171 ; J.-C.
Ngnintedem, La langue du procès pénal : quelques considérations sur les enjeux et les méthodes de la
traduction-interprétation au Cameroun, in J. Fometeu, Ph. Briand et L. Metangmo-Tatou, La langue et le droit,
Paris, L’Harmattan, 2018, p. 591 ; P. Nkou Mvondo, La langue de communication devant les juridictions
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étatiques camerounaises, in J. Fometeu, Ph. Briand et L. Metangmo-Tatou, La langue et le droit, Paris,
L’Harmattan, 2018, p. 519 ; S. Obellianne, Chapitre I. Environnement théorique, in Les sources des obligations
[en ligne], Aix-en-Provence, PUAM, 2009, disponible sur http://books.openedition.org/puam/449.
[158] S. P. Kouam, La simplification du langage législatif au Cameroun , RIDC, n° 1, 2021, p. 10.
[159] J. Moury, De quelques aspects de l’évolution de la juridiction , in Nouveaux juges, nouveaux pouvoirs ?,
Mél. Roger Perrot, Paris, Dalloz, 1996, p. 299 ; J. Pineau, Les pouvoirs du juge et le nouveau Code civil du
Québec, in Nouveaux juges, nouveaux pouvoirs ?, Mél. Roger Perrot, Paris, Dalloz, 1996, p. 365. V. également
V. Bouvier, La notion de juridiction constitutionnelle, Droits, n° 9, 1989, p. 121 ; J.-C. Marin, Le juge est-il
toujours la bouche de la loi ?, op. cit., p. 2540 ; A. Akam Akam, La loi et la conscience dans l’office du juge, op.
cit., n° 16, p. 510 ; I. Boucobza, Un concept erroné, celui de l’existence d’un pouvoir judiciaire, Pouvoirs, n° 143,
2012, p. 81.
[160] R. Carré De Malberg, Contribution à la théorie générale de l’Etat, op. cit., p. 704 ; B. Beignier, Les arrêts
de règlement, Droits, n° 9, 1989, pp. 54-55. V. aussi Jacques-Robert, De l’indépendance des juges, op. cit., pp.
5-22 ; P. Bouretz, Entre la puissance de la loi et l’art de l’interprétation : l’énigmatique légitimité du juge ,
Pouvoirs, n° 74, 1995, p. 79.
[161] Lire N. Foulquier, Revue Jurisdoctoria : présentation du septième numéro consacré à la décision ,
Jurisdoctoria, n° 7, 2011, p. 13 ; R. Colson, La fonction de juger. Etude historique et positive , op. cit., p. 170 ; V.
Lamanda, Discours prononcé lors de l’audience solennelle de début d’année judiciaire , le 9 janvier 2014 in Cour
de cassation, Rapport annuel, 2013, p. 12.
[162] S. Rials, L’office du juge , op. cit., p. 10 ; V. aussi dans ce sens L. Callet, La fonction juridictionnelle à
l’épreuve de la question préjudicielle, Jurisdoctoria, n° 6, 2011, p. 20 ; L. M. Diez-Picazo, La fonction
juridictionnelle, InDret, revista para el analisis del derecho , Barcelona, n° 1, 2009, p. 17, disponible sur
http://www.indret.com/pdf/ 595_fr.pdf ; I. Boucobza, Un concept erroné, celui de l’existence d’un pouvoir
judiciaire, op. cit., p. 85 ; Delmas-Goyon, "Le juge du 21 ème siècle" : un citoyen acteur, une équipe de justice ,
Rapport à Mme la garde des Sceaux, ministre de la justice, Paris, décembre 2013, p. 92 ; J. Foyer, La justice :
histoire d’un pouvoir refusé, Pouvoirs, n° 16, p. 26 ; O. Dutheillet De Lamothe, Les juges face au silence du droit ,
RDP, n° 4, 2012, p. 1055.
[163] H. Kelsen, Théorie pure du droit, Paris, Dalloz, 2 ème éd., 1962, p. 457 ; F. Sudre, L’interprétation
dynamique de la Cour européenne des droits de l’Homme, in Senat, L’office du juge, Actes du colloque du 29 au
30 septembre 2006, p. 224, disponible sur http://www.senat.fr/colloques/office_du_juge/office_du_juge.pdf ; L.
Callet, La fonction juridictionnelle à l’épreuve de la question préjudicielle , Jurisdoctoria, n° 6, 2011, p. 23.
[164] G. Canivet et J. Joly-Hurard, La déontologie des magistrats , Paris, Dalloz, 2 ème éd., 2009, p. 9.
[165] R. Libchaber, L’ordre juridique et le discours du droit. Essai sur les limites de la connaissance du droit ,
Paris, LGDJ, 2013, n° 174, p. 233.
[166] L. Berthier, La qualité de la justic e, op. cit., n° 290, p. 265.
[167] M. Contamine-Raynaud, La commission bancaire, autorité et juridiction , in Nouveaux juges, nouveaux
pouvoirs ? Mél. Roger Perrot, Paris, Dalloz, 1996, p. 417.
[168] J.-C. Magendie, Célérité et qualité de la justice , Rapport au Garde des Sceaux, 15 juin 2004, p. 92 ; A.
Garapon, La question du juge, Pouvoirs, n° 74, p. 26 ; D. Marshall, Les juridictions du 21 ème siècle, Rapport à
Mme la garde des Sceaux, ministre de justice, Paris, décembre 2013, p. 66.
[169] D. Main, Regard désabusé sur l’acte de juger, op. cit., p. 114.
[170] J.-P. Ancel, La rédaction de la décision de justice en France , RIDC, vol. 50, n° 3, 1998, p. 846, disponible
s u r http://www.persee.fr/doc/ridc_0035-3337_1998_num_50_3_984 ; V. également dans ce sens M. Troper,
Fonction juridictionnelle ou pouvoir judiciaire ? , Pouvoirs, n° 16, 1981, pp. 11-12, disponible sur
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http://www.revue-pouvoirs.fr/IMG/pdf/Pouvoirs16_p5-15_pouvoir_judiciaire.pdf.
[171] G. Cornu, Linguistique juridique, Paris, Montchrestien, 3 ème éd., 2005, p. 340 ; V. aussi V. L. Berthier, La
qualité de la justice, op. cit., n° 290, p. 265.
[172] S. Guinchard et alii, Droit processuel. Droit commun et droit comparé du procès équitable , op. cit., p. 842 ;
J. Pineau, Les pouvoirs du juge et le nouveau Code civil du Québec , in Nouveaux juges, nouveaux pouvoirs ?
Mél. Roger Perrot, Paris, Dalloz, 1996, p. 371.
[173] Il en est ainsi parce que le défaut, la contradiction ou l’insuffisance des motifs équivalent à l’absence de
motivation et ouvre droit au pourvoi en cassation. V. Article 35 de la loi n° 2006/016 du 29 décembre 2006,
modifiée et complétée par la loi n° 2017/014 du 12 juillet 2017, fixant l’organisation et le fonctionnement de la
Cour suprême.
[174] En effet, ce juge avait une réputation de fonder ses décisions sur des considérations personnelles de la
situation socio-politique de son époque. Pour justifier une relaxe, de la petite voleuse de pain, Louise Ménard, il
a pu écrire par exemple : «Attendu qu’il est regrettable que, dans une société bien organisée, un des membres
de cette société, surtout une mère de famille, puisse manquer de pain autrement que par sa faute»! Ou encore,
pour justifier la relaxe d’un jeune mendiant, Chiabrando, il estima que «celui qui, poussé par les inéluctables
nécessités de l’existence, demande et obtient un morceau de pain dans le but de s’alimenter, ne commet pas le
délit de mendicité». Cité par A.-D. Houte, Le bon juge Magnaud et l’imaginaire de la magistrature à l’aube du
XXème siècle, Délibérée, vol. 5, n° 3, 2018, pp. 38-42. 10.3917/delib.005.0038. URL :
https://www.cairn.info/revue-deliberee-2018-3-page-38.htm.
[175] J. Pineau, Les pouvoirs du juge et le nouveau Code civil du Québec , op. cit., p. 371.
V. dans ce sens R. Carre De Malberg, Contribution à la théorie générale de l’Etat, op. cit., p. 761 ; V. également
à ce sujet R. Badinter, Une si longue défiance, Pouvoirs, n° 74, 1995, p. 8 ; A. Garapon, La question du juge,
Pouvoirs, n° 74, p. 24 ; N. Dion, Le juge et le désir du juste , D., 1999, p. 195.
[177] E. Ndjere, La justice, la vérité et le bonheur , Yaoundé, PUCAC, 2005, p. 31.
[178] V. par exemple A. F. Ospino Garzon, L’activité contentieuse de l’administration en droit français et
colombien, Thèse, Université Panthéon-Assas, 2012, p. 4. V. aussi dans ce sens Th. Perroud, La fonction
contentieuse des autorités de régulation en France et au Royaume-Uni, op. cit., pp. 54 et s.
[179] P. Sargos, La prise en compte des grands paramètres de la décision judiciaires , in L’office du juge, op. cit.,
p. 318 ; M. Imbert-Quaretta, La vie quotidienne des juges, Pouvoirs, n° 74, 1995, p. 90.
[180] V. dans ce sens D. Lochak, Dissimuler la violence, canaliser la contestation, in L’office du juge, p. 246 ; V.
également dans ce sens J. Foyer, La justice : histoire d’un pouvoir refusé, op. cit., p. 29.
[181] V. dans ce sens C. Broyelle, Le juge et l’évidence, in L’office du juge, op. cit., p. 273.
[182] M. Delmas-Marty, La mise en état des affaires pénales , op. cit., p. 68.
[183] W. Feugère, Juridiction, i n E. Pierrat (dir.), Dictionnaire du monde judiciaire, Paris, Bouquins éditions,
2022.
[184] F. Desportes et L. Lazerges-Cousquer, Traité de procédure pénale, Paris, Economica, 3ème éd., 2013, p.
314 ; H. Henrion, L’article préliminaire du Code de procédure pénale : vers une théorie législative du procès
pénal ?, ACP, 2001, n° 23, p. 19, disponible sur http://www.cairn.info/revue -archives-de-politique-criminelle-
2001-1-page-13. htm ; H. Henrion, La loi du 15 juin 2000 assure-t-elle l’équilibre nécessaire entre les droits et
devoirs de l’Etat, de la personne mise en cause et de la victime ?, APC, 2002, n° 24, p. 81, disponible sur
http://www.cairn.info/revue-archives-de-politique-criminelle-2002-1-page-81.htm ; S. Clément, Les droits de la
défense dans le procès pénal : du principe du contradictoire à l’égalité des armes, Thèse, Université de Nantes,
2007, p. 26.
[185] Sur ce principe, lire E. Daoud, L’effectivité du principe du contradictoire , AJ pénal, 2016, p. 105 ; Ch.
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Galvada-Moulena, Comment renforcer le contradictoire dans le procès pénal français ?, APC, 2007, vol. 1, n°
29, p. 19 ; J. Pradel, La procédure pénale française à l’aube du troisième millénaire , D., 2001, p. 5 ; H. Meli, Le
respect du principe du contradictoire, Conférence de stage organisé par le barreau du Cameroun le 6 juin 2015,
disponible sur http://barreaucameroun.org/fr/index.php/documentation/conference-de-stage/le-respect-
duprincipe-du-contradictoire-expose-par-me-hippolyte-b-t-meli-le-06-juin-2015/670.
[186] Pour une bonne compréhension du contenu et des implications de ce principe, lire J.-P. Dintilhac, L’égalité
des armes dans les enceintes judiciaires, Cour de cassation, Rapport annuel, 2003, p. 129 ; D. Giningapio et
al., L’égalité des armes entre les parties dans le cadre d’un procès pénal équitable , Annales FLSH, JJCR, n°
spécial, 2013, p. 1 ; B. Uwimana, Le droit à l’égalité des armes dans les procès pénaux au Nord-Kivu : regard
sur les pratiques judiciaires et perspectives, Revue de la Faculté de Droit de l'Unigom, n° 1, 2016, p. 118 ; A.
B e m , L’avocat, garant de l’égalité des armes , Village de la justice on line, article disponible sur
https://www.legavox.fr/blog/maitre-anthony-bem/procedure-penale-avocat-garant-egalite-3545.htm.
[187] P. Nkou Mvondo, L’obligation d’information en droit processuel camerounais, RDA, n° 98, 2021, p. 215.
[188] S. Guinchard et alii, Droit processuel. Droit commun et droit comparé du procès équitable , op. cit., p. 854.
[189] F. E. Mani Ayong, L’égalité des parties au procès pénal : fiction ou réalité ?, op. cit., p. 63.
[190] S. Guinchard et alii, Droit processuel. Droit commun et droit comparé du procès équitable , op. cit., p. 852.
[191] E. Dupond-Moretti, Le dictionnaire de ma vie , op. cit., p. 30.
[192] G. Wiederkehr, Qu’est-ce qu’un juge ?, op. cit., p. 583.
[193] V. dans ce sens J.-M. Sauve, Bien juger aujourd’hui, une mission impossible ?, Intervention lors de la
cérémonie de remise des prix de thèse à l’Académie de législation de Toulouse, 13 décembre 2013, p. 2 ; V.
également dans ce sens J. Carbonnier, Droit civil, vol. 1, Introduction, les personnes, la famille, l’enfant, le
couple, Paris, PUF, 1 ère éd., 2004, coll. Quadrige, p. 362.
[194] J.-Ph. Levy, op. cit., p. 680.
[195] Par exemple, lorsque l’avocat constitué ou désigné n’aura pas respecté le délai de dépôt du mémoire
ampliatif dans les 30 jours à compter du jour de l’enregistrement de la requête, l’article 55 de la loi de 2006,
fixant l’organisation et le fonctionnement de la cour suprême autorise la commission à condamner celui-ci à une
amende civile de cinquante mille francs.
[196] J.-Ph. Levy, ibid.
[197] V. dans ce sens A. Garapon et I. Papadopoulos, Juger en Amérique et en France , Paris, Odile Jacob,
2003, p. 158 ; E. Dupond-Moretti, Le dictionnaire de ma vie , op. cit., p. 30 ; N. Dion, Le juge et le désir du juste ,
D., 1999, p. 196 ; V. J.-D. Bredin, Doute, op. cit., pp. 352-357 ; A. Garapon, La question du juge, op. cit., p. 16 ;
J.-P. Ancel, La rédaction de la décision de justice en France , op. cit., p. 842 ; J.-L. Halperin, La preuve judiciaire
et la liberté juge, in Communications, vol. 84, n° 1, consacré aux Figures de la preuve [Numéro dirigé par Rafael
Mandressi], 2009, p. 22 disponible sur http://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_2008_num_84_1_2504 ; J.-
M. Varaux, Erreur judiciaire, in L. Cadiet, Dictionnaire de la justice , op. cit., pp. 431.
[198] J.-P. Ancel, La rédaction de la décision de justice en France , op. cit., p. 842 ; N. Dion, Le juge et le désir
du juste, D., 1999, p. 195.
[199] J.-M. Sauve, Bien juger aujourd’hui, une mission impossible ?, op. cit., p. 3.
[200] Sur la question lire E. Kitio, Les délais en procédure pénale camerounaise : entre célérité et droit à un
procès équitables, Collection Droit pour tous, éd. RSU, Yaoundé, 2016. Lire aussi B. Belbara, Le temps dans le
procès. Contribution à l’étude de la célérité de la procédure pénale en droit camerounais, Thèse, Université de
Ngaoundéré, 2015, n° 18, p. 16 ; L. Ch. Ambassa, Le principe du droit d’être jugé dans un délai raisonnable en
procédure pénale : du clair-obscur vers un encadrement précis dans le temps, RDA, n° 98, 2021, p. 245 ; P.
Nkou Mvondo, Le non-respect des délais de jugement au tribunal criminel spécial au Cameroun , Les cahiers de
Copyright Lexbase p. 26/27
la justice, n° 3, 2021, p. 471.
[201] Ce peut être un enjeu financier, doublé d’un enjeu humain (demande d’indemnisation et espérance de vie
par exemple). Quant à la nature du litige, les litiges relatifs à l’état des personnes ou ceux du droit de travail par
exemple impliquent un respect plus rigoureux des délais.
[202] La complexité peut être relative aux faits de la cause ou au droit applicable.
[203] La conduite de l’instance peut dépendre largement des parties, surtout en matière civile, au regard du
principe dispositif.
[204] S. Guinchard et alii, Droit processuel. Droit commun et droit comparé du procès équitable , op. cit., p. 819.
[205] P. Drai, Le délibéré et l’imagination du juge , op. cit., p. 117.
[206] W. Feugère, Juridiction, i n E. Pierrat (dir.), Dictionnaire du monde judiciaire, Paris, Bouquins éditions,
2022.
[207] V. dans ce sens C. Broyelle, Le juge et l’évidence, in L’office du juge, op. cit., p. 273.
[208] Et, «saisir le juge, c’est bien souvent refuser la voie de la pacification, de l’apaisement, choisir de déclarer
la guerre, donc exacerber le conflit». V. dans ce sens D. Lochak, Dissimuler la violence, canaliser la
contestation, in L’office du juge, op. cit., p. 247.
[209] Lire N. Sarkosy, Discours prononcé lors de l’audience solennelle de début d’année judiciaire 2009 in Cour
de cassation, Rapport, 2008, p. 42.
[210] L. Cadiet, Pour une théorie générale du procès, op. cit., p. 41.
[211] S. Rials, L’office du juge , op. cit., p. 19 ; Cl. Butin, Ne faites jamais confiance à la justice de votre pays ,
Paris, Les 3 Colonnes, 2021, p. 13.
[212] Ph. Pedro, Le processus juridictionnel et droit des personnes : argumentation et délibération , in L’office du
juge, op. cit., p. 284.
[213] S. Rozes, Un profil nouveau pour les juges, in Nouveaux juges, nouveaux pouvoirs ? Mél. Roger Perrot, p.
441.
[214] V. dans ce sens J. Carbonnier, Droit civil, vol. 1, Introduction, les personnes, la famille, l’enfant, le couple ,
Paris, PUF, 1ère éd., 2004, coll. Quadrige, n° 88, p. 153.
[215] P. Labbee, Institutions juridictionnelles, cours, 2009-2010, p. 5.
[216] P. Drai, Le délibéré et l’imagination du juge , op. cit., p. 117.
[217] D. Salas, Procès, in D. Alland et S. Rials, Dictionnaire de la culture juridique , op. cit., p. 1242.
[218] S. Rozes, Un profil nouveau pour les juges, op. cit., p. 440.
[219] L. Chapuis, Argumentation dans le discours judiciaire : analyse linguistique des arrêts de la cour de
cassation, op. cit., p. 195.
[220] L’idée suit ainsi ce conseil de Portalis qui disait de son Discours préliminaire : «il serait absurde de se livrer
à des idées absolues de perfections dans des choses qui ne sont susceptibles que d’une bonté relative».
[221] Ph. Malaurie, Le droit et l’esprit, Commentaire, vol. 3, n° 67, 1994, p. 611.
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