Ndong Mémoire 2020
Ndong Mémoire 2020
Mémoire de Master
Domaine : Sciences et Technologies
Mention : Mathématiques et Applications
Spécialité : Mathématiques Appliquées
Option : Equations aux Dérivées Partielles
Sujet
Résumé 7
Introduction Générale 8
2
II.3.3 Notions de distribution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
II.4 Formulation faible et estimation à priori . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
II.4.1 Formulation faible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
II.4.2 Estimation de l’énergie à priori . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
II.5 Résultat principal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
II.5.1 Théorème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
II.5.2 Preuve . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3 / 66
Table des figures
4
Remerciements et dédicace :
T out d' abor d, je r en d gr â ce à Di eu d e m' avoir d onn é la for ce et le cour a ge
d e surm onter toutes les épr euves qu e j' ai tr aver s ées d epui s le d ébut d e ce tr avail,
surtout la m ort d e m on p èr e suivi e d e celle d e m on gr an d fr èr e, et d e m' a ccor d er
un e bonn e s anté afin d e m en er à bi en m es r ec h er c h es.
Je ti en s à exprim er m a pr ofon d e gr atitu d e à m on Dir ecteur d e m ém oir e D oc-
teur M ou h am a d ou Sam si dy GOUDIABY, M aitr e d e C onfér en ces Titulair e à lU ni-
ver sité As s an e Sec k d e Zi guin c h or, d' avoir a ccepté d e diri ger ce tr avail. Je le sui s
tr ès r econn ai s s ant p our s a di s p onibilité et d e m' avoir, p ar s on ai d e et s es pr é-
ci eux con s eils, am en é à fair e pr euve d' exi gen ce et d e p éd a gogi e s ci entifi qu e. Sa
com p éten ce et s a bonn e hum eur ont contribu é à r en dr e le clim at du tr avail plu s
a gr éable.
Je join s ces r em er ci em ents à M on si eur Salom on SAMBOU, Pr ofes s eur Ti-
tulair e à lU niver sité As s an e Sec k d e Zi guin c h or p our l h onn eur qu'il m' a fait
Je join s au s si ces r em er ci em ents à M on si eur Abd ou SENE Pr ofes s eur Titu-
lair e à lU niver sité Virtu elle du Sén égal et à M on si eur Tim a c k NGOM M aitr e
d e C onfér en ces Titulair e à lU niver sité As s an e Sec k d e Zi guin c h or , m embr es
du jury, p our l h onn eur qu'ils m' ont fait en a cceptant d e fair e p art au Jury et
d' avoir con s a cr é d e leur tem p s p our examin er ce tr avail.
Je ti ent p ar ailleur s à exprim er égalem ent m a gr atitu d e à tou s n os en s ei gn ants
d e la fili èr e M.P.I. (M at h ém ati qu es - P hysi qu e - I nform ati qu e) p our leur s en s ei-
gn em ents d e qu alité qu'ils n ou s ont di s p en s és.
U n gr an d m er ci à m es p ar ents et à tou s les m embr es d e la famille qui ont
r en du p os sible l abouti s s em ent d e ce tr avail.
M es vifs r em er ci em ents vont égalem ent à m on gr an d fr èr e, Jean Pi err e Samba
SENE et à toute s a famille. Gr â ce à vou s j' ai p a s vécu un calvair e i ci à luni-
ver sité.
Je r em er ci e au s si m a tante Jos ep hin e et à toute s a famille Je r em er ci e vivem ent
m a tr ès c h èr e ELISA p our ton s outi ent et p our l attenti on qu e tu p ortes à
5 / 66
Je join s ces r em er ci em ents à m a tr ès c h èr e ami e LALA DIEME et toute s a
famille. M es vifs r em er ci em ents vont au s si égalem ent à tou s m es cam ar a d es d e
Je n e s aur ai s termin er cette p arti e s an s dir e m er ci à toutes ces p er s onn es m er-
veilleu s es qui m' ont ai d er à m' ép an ouir à c h a qu e foi s qu e l occa si on s e pr és ente,
♣ A L ala DIEME ;
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Résumé :
Dans ce document, basé sur les travaux de Ababacar Diagne et Abdou Sene
[4], nous traitons un problème de contrôle des canaux d’irrigation à bathy-
métrie variable. Nous présentons une méthode algébrique pour concevoir un
contrôle rétroactif (Feedback contrôle) linéaire pour réguler le niveau de la
colonne d’eau, le débit d’eau et le niveau du fond (la bathymétrie) dans les
canaux ouverts. Nous traitons un système hyperbolique d’équations aux déri-
vées partielles décrivant le comportement du flux d’eau (à travers les équations
de Saint-Venant) et le transport des sédiments (à travers l’équation d’Exner).
Ce système est linéarisé au tour d’un état d’équilibre. En utilisant des tech-
niques d’estimation a priori et la méthode de Galerkin, nous construisons un
contrôle frontière. Cette loi de contrôle assure une diminution de l’énergie et
de la convergence du système contrôlé. La diminution de l’énergie est basé sur
le choix d’un taux de stabilisation arbitraire pouvant varier en fonction du
temps. Enfin, nous donnons des résultats numériques qui sont en concordance
avec les résultats théoriques obtenus sur le modèle linéaire à travers la méthode
des volumes finis.
Mots clés : Equations de Saint-Venant, équation d’Exner, Feedback contrôle,
la méthode Faedo–Galerkin
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Introduction Générale
8
la gestion des ressources en eau et la performance en termes de rejet des perturbations non
mesurées. Le modèle qu’ils ont utilisé pour concevoir le contrôleur est dérivé des équations de
Saint-Venant discrétisées par le schéma implicite de Preissmann. Litrico et al. ont étudié un
régulateur H∞ pour un canal d’irrigation. Dans le cas du réseau de canaux ouverts, des auteurs
ont conçu une loi de contrôle rétroactif. Tsien [20] a obtenu un résultat présentant une exis-
tence et décomposition des solutions classiques des systèmes hyperboliques et son application
dans les réseaux de canal ouvert. Leugering et Schimidt [21] ont utilisé ce résultat de Tsien
pour prouver la stabilité dans un système de canaux en utilisant la technique des invariants de
Riemann. Cette approche de Riemann a été également utilisée par Ndiaye et Bastin [16]. Ils
ont proposé une loi de commande par amortissement frontière ayant pour objectif de stabiliser
le niveau et le débit d’eau autour d’un équilibre désiré. Ces documents visaient à ne contrôler
que les équations de la dynamique des fluides. Le processus de transport de sédiments consti-
tue un phénomène complexe résultant d’interactions entre de nombreux paramètres dépendant
des propriétés physiques de l’écoulement, du cours d’eau et de son lit. Un des enjeux de la
modélisation repose sur le calage de ces paramètres permettant de corréler les débits liquide et
solide avec les données expérimentales dans les modèles utilisés. Par exemple, on peut citer ceux
établis par Meyer-Peter et Muller [22], Grass [23] et Van Rijin [24]. Avec la méthode Grass, on
examine l’influence des infiltrations sur le mouvement et le transport de sédiment. L’infiltration
à travers l’interface sédiments/fluides a également eu une forte influence sur la croissance des
ondulations de sable, même à des gradients de pression de l’ordre de 0,1. Ces résultats suggèrent
que la dynamique des ondulations dans le littoral peut être affectée par le niveau de la nappe
phréatique et le drainage dans une plage. Par ailleurs la méthode de Van Rijin permet de cal-
culer le transport de la charge de lit comme produit de la hauteur de salaison, de la vitesse des
particules et de la concentration de la charge de lit. Les auteurs de [29] ont présenté plusieurs
modèles de sédiments déterministes et leurs approches numériques. Le modèle STF couplé a été
utilisé dans de nombreux ouvrages de génie côtier. Dans [25], deux approches : une approche
stable et une approche instable, sont discutées et cinq formulations différentes sont dérivées
dans ces cadres. Une version à flux limité du schéma de Roe est utilisée avec les différentes for-
mulations sur un problème de test de canal et les résultats comparés. Dans [31], il est démontré
que des techniques numériques mal formulées conduisent à l’introduction de la diffusion, de la
dispersion et des oscillations d’élévation de lit. Quatre schémas de mise à jour des lits différents
sont ensuite examinés et testés par rapport aux solutions analytiques de référence. Tandis que
les schémas ENO et WENO sont étendus au cas de l’équation unidimensionnelle de transport
des sédiments dans [38], les techniques de Galerkin sont étudiées par Kubatko et al. [32]. Cette
méthode est une méthode robuste qui convient particulièrement bien à ce type d’équation de
transport dominée par l’advection. Il incorpore des flux numériques et des limiteurs de pente
ascendants pour fournir une résolution nette de bathymétrie. Elle possède une propriété de
conservation locale qui conserve la masse sédimentaire au niveau élémentaire. L’aspect de la
simulation numérique de la sédimentation des rivières et de la morphologie sont examinées de
manière exhaustive dans [26].
L’objectif de notre mémoire est, dans un canal ouvert, comment agir en amont et aval pour
qu’en un certain temps suffisamment grand, la hauteur d’eau, la vitesse d’écoulement et la
bathymétrie soient constantes. Nous effectuons la régulation du débit d’eau et du transport des
sédiments, en utilisant le contrôle rétroactif en aval (x = L) comme prévu dans [4]. Dans un
premier temps nous faisons une étude sur les équations de Saint-Venant et sur l’équation de
transport de Sédiment. Puis, nous allons faire quelques rappels sur les espaces de Lebesgue et
de Sobolev et aussi sur la méthode des volumes finis. Dans le deuxième chapitre, on traite le
modèle couplé (Saint-Venant – Exner). On présente ici la loi de contrôle conçue et le résultat
principal. Enfin, le troisième chapitre est consacré à la résolution numérique par un schéma de
type volume fini afin d’illustrer les résultats théoriques obtenues au chapitre 2.
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CHAPITRE I
I.1 INTRODUCTION
Le système de Saint-Venant a été initialement introduit dans sa version unidimensionnelle
par l’ingénieur des Ponts et Chaussées, Adhémar Jean Claude Barré de Saint-Venant en 1871
dans un Compte Rendu de l’Académie des Sciences (voir [2]). Il s’agit d’un système hyperbolique
modélisant généralement, les écoulements à surface libre dits en “eaux peu profondes” —shallow-
water—. En d’autres termes, il s’agit d’une approximation d’ondes longues traduisant le fait que
la dimension verticale caractéristique de l’écoulement soit faible devant la dimension horizontale.
Dans ce chapitre, nous traitons des généralités sur les équations de Saint-venant et sur l’équation
de transport solides. Nous faisons, dans la première section, une étude sur des équations de
Saint-Venant et dans la deuxième section, une étude sur de l’équation de transport de sédiments.
Dans la troisième section, nous présentons le modèle couplé. Et enfin, on termine par donner
quelques rappels qui nous serons utiles.
10
Le modèle de Saint-Venant est constitué de deux lois de conservation : une équation de conserva-
tion de la masse et une équation de conservation de la quantité de mouvement. La conservation
de la masse stipule que la variation de masse de fluide au sein d’un volume élémentaire pen-
dant un temps dt est égale à la différence de la masse entrante et de la masse sortante. Pour
la conservation de la quantité de mouvement, le taux de variation de la quantité de mouve-
ment au sein du volume est égale à la somme des forces extérieures exercées sur ce volume.
Ce système possède une propriété remarquable similaire à celle mise en évidence par Bernard
Riemann pour des équations de la dynamique des gaz. Si v est la vitesse du fluide, h sa hauteur
et g l’accélération due à la gravité, √
l’un des invariants de Riemann correspond à une onde qui
remonte le courant à la vitesse v − gh, tandis que √ l’autre invariant de Riemann correspond à
une onde qui descend le courant à la vitesse v + gh [37].
Ces équations complexes, du fait de leur non linéarité, sont par exemple résolues par simu-
lation numérique à l’aide d’une discrétisation par éléments finis ou volumes finis.
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I.2.1.2 Approche heuristique simple 1D
En 1D, ces équations s’écrivent simplement comme suit :
∂h ∂(hu)
+ = 0,
∂t ∂x
(I.3)
∂u ∂u ∂η τx
+u = −g − + Fx .
∂t ∂x ∂x ρh
où z = f (x) comme étant le fond de la rivière et z = η(x, t), la cote de la surface libre. La
hauteur d’eau est h(x, t) = η(x, t) − f (x).
On peut obtenir ces équations en partant d’une vision simple des écoulements. La manière
simple de présenter les équations est de se donner la Figure I.1 suivante
∂Γ
Γ(x + ∆x, t) = Γ(x, t) + ∆x + ....
∂x
D’où par analogie, le terme h(x + ∆x, t)u(x + ∆x, t) peut s’écrire comme suit :
Par conséquent
−∆x∂x hu = h(x, t)u(x, t) − h(x + ∆x, t)u(x + ∆x, t).
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D’où, on retrouve la relation du flux que l’on a annoncée
∂h ∂(hu)
=− . (I.5)
∂t ∂x
Passons à la quantité de mouvement.
On a une tranche de fluide d’épaisseur ∆x. Il y circule un écoulement de vitesse constante en z
qui est u(x, t) et la surpression p(x, z, t) = ρg(η − z) qui varie du haut vers le bas. La masse est
ρh∆x et l’accélération est donnée par : ∂u ∂t
. La tranche est soumise à des forces de pression que
l’on écrit dans le cadre hydrostatique précédent. Les forces de pression poussent vers la droite
en x soit sur toute la hauteur on a :
Z η Z η
p(x, z, t)dz = ρg(η − z)dz
f f
h (η − z)2 iη
= −ρg
2 f
(η − f )2
= ρg
2
h2
= ρg .
2
Et elles poussent vers la gauche en x + ∆x. Le bilan des forces de pression est donc :
Z η(x,t) Z η(x+∆x,t) Z η(x,t) Z η(x+∆x,t)
p(x, z, t)dz − p(x + ∆x, z, t)dz = ρg(η − z)dz − ρg(η − z)dz
f (x) f (x+∆x) f (x) f (x+∆x)
h(x, t)2 h(x + ∆x, t) 2
= ρg − .
2 2
h(x+∆x,t)2
En appliquant le développement de Taylor à 2
, on obtient :
13 / 66
Pour calculer l’accélération de la tranche il suffit de faire un bilan de la variation de quantité de
mouvement dans la tranche ∆x ∂(ρuh)∂t
compte tenu du flux qui sort à droite, ρu(x + ∆x, t)2 h(x +
∆x), et de celui qui rentre à gauche, ρu(x, t)2 h(x, t). Donc en écrivant le développement de
Taylor, le flux qui sort à droite devient :
h ∂(ρu2 h) i
ρu(x + ∆x, t)2 h(x + ∆x) = ρu(x, t)2 h(x, t) + ∆x + ... .
∂x
P~
Ainsi, d’après le principe fondamental de la dynamique (m~a = Fi ), le bilan de la
∂(ρuh)
quantité de mouvement dans la tranche (∆x) ∂t s’écrit :
∂(ρuh) 2 2 ∂(ρu2 h) h ∂ h2 df i
∆x − ρu(x, t) h(x, t) + ρu(x, t) h(x, t) + ∆x = −∆x ρg + ρgh + τx .
∂t ∂x ∂x 2 dx
Après simplification de part et d’autre, l’équation devient :
∂(ρuh) ∂(ρu2 h) ∂ h2 df
+ = −ρg − ρgh − τx . (I.6)
∂t ∂x ∂x 2 dx
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I.2.2.1 Système de Saint-Venant dans un canal ouvert
Généralement écrit sous forme conservative, le système de Saint-Venant décrit un écoulement
dans un canal rectiligne à fond plat à l’aide de la hauteur d’eau h(t, x) ≥ 0 et de la vitesse
moyennée sur la lame d’eau u(t, x) ∈ R. Le système homogéne s’écrit (voir [2]),
∂t h + ∂x hu = 0,
gh2 (I.8)
∂t hu + ∂x (hu2 + )=0
2
où g correspond toujours à la gravité, b(x, y) désigne la cote du fond du canal, ρw est la masse
volumique de l’eau et τ := (τx , τy ) ∈ R représente la contrainte de frottement au fond. En
pratique, le terme est défini par les lois de frottement empirique telles que les lois de Manning
et Strickler ou de Chézy et de Darcy-Weisbach.
I.2.2.2 La topographie
La topographie b est ici représentée comme une fonction de l’espace. Elle est alors une donné
du problème et occupe une place centrale dans les applications puisque sa variation est souvent
le moteur de l’écoulement, en particulier pour les applications en rivière. Le terme de topogra-
phie intervient aussi dans les états stationnaires caractéristiques du système de Saint-Venant
que nous étudierons plus loin dans ce chapitre. Mais la topographie peut-être également une
fonction du temps. Cette variation peut-être l’effet de contraintes extérieurs, par exemple des
tremblements de terre ou des glissements terrain sous-marins. Mais la variation du fond peut
aussi être la conséquence des contraintes exercées par l’écoulement fluide. Il s’agit alors de
la modélisation des phénomènes de transport sédimentaire, que l’on étudiera aussi plus loin
dans ce chapitre. Dans ce cas, la fonction b devient une inconnue du problème, solution d’une
équation de concervation supplémentaire.
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I.2.2.3 Coefficients de frottements
Le terme de frottement peut être défini par les formules de Chézy ou de Manning-Strickler [2],
τ
= ghJ (I.11)
ρw
où J est la perte de charge.
La perte de charge linéique correspond à la dissipation d’énergie du fluide lors de son écoulement.
Cette dernière résulte de l’action conjointe de la résistance à l’écoulement relative à la viscosité
du fluide, et du frottement entre le fluide et la paroi du canal.
• La loi Chézy : Elle s’applique aux écoulements turbulents rugueux et permet d’exprimer la
perte de charge J d’un écoulement gravitaire en fonction de la vitesse d’écoulement. Elle est
connue sous la forme,
|u|u
J= 2 , (I.12)
C h
où C est le coefficient de Chézy pouvant être défini par différentes formules empiriques. En
particulier, ce dernier dépend de la rugosité du canal et du rayon hydraulique. Une formule très
répandue a été énoncée par Manning.
• La loi de Manning : Elle peut être vue comme une amélioration de la formule de Chézy. En
raison de sa simplicité d’écriture, il s’agit d’une des formules les plus répandues. Elle est définie
à partir d’un coefficient de Chézy dépendant du coefficient de rugosité des parois du canal aussi
appelé coefficient de Manning-Strickler ou simplement de Strickler Ks , et du rayon hydraulique
Rh ∼ h,
C = Ks h1/6 . (I.13)
En tenant compte de ce coefficient, la formule (1.5) donne la formule de Manning,
|u|u
J= . (I.14)
Ks2 h4/3
I.2.3.1 L’hyperbolicité.
En dehors des zones sèches (h = 0), le système de Saint-Venant est un système strictement
hyperbolique de lois de conservation du premier ordre avec termes sources [2]. On introduit la
16 / 66
formulation vectorielle du système de Saint-Venant (I.15),
∂t W + ∂x F (W ) = S(W ), (I.16)
où ! ! !
h hu 0
W = , F (W ) = gh2
, S(W ) = ,
hu hu2 + 2
−gh∂x b
avec W le vecteur des variables conservatives, F(W) et S(W) sont respectivement le flux et le
terme source. En dérivant le terme de flux, il est possible de réécrire l’équation (I.16) sous
forme quasi-linéaire,
∂t W + F 0 (W )∂x W = S(W ). (I.17)
Ainsi la matrice jacobienne du flux F 0 (W ) est définie comme suit,
!
0 1
F 0 (W ) = . (I.18)
gh − u2 2u
En zone mouillée (h > 0), la matrice F 0 (W ) est diagonalisable et ses valeurs propres associées
sont données par,
λ± = u ± c, (I.19)
√
où c := gh désigne la vitesse à laquelle se propage l’information dans l’écoulement (par
exemple, la vitesse du sommet d’une vague) aussi appelée vitesse des ondes de gravité. Ces
valeurs propres sont également connues comme étant les vitesses d’onde ou vitesses caractéris-
tiques du système de Saint-Venant. Si la hauteur d’eau est non nulle, il apparaît clairement que
λ− < λ+ , ce qui démontre bien la stricte hyperbolicité du système.
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I.2.3.3 La stabilité
Nous distinguons trois propriétés assurant que la solution approchée respecte certains principes
physiques de base.
Commençons par la nature conservative du système de Saint-Venant. Elle traduit le fait que la
quantité totale d’eau (ainsi que la quantité de mouvement à l’absence de termes sources) est
constant. Le fait que le système de Saint-Venant soit une loi de conservation assure également
l’existence de bornes de type L1 , au moins pour la hauteur d’eau.
Nous pouvons exhiber une deuxième propriété liée à la décroissance de l’énergie du système.
En effet le système de Saint-Venant admet l’énergie suivante (voir [14])
hu2 gh2
E(t, x) = + + ghb. (I.21)
2 2
Des calculs classiques en une dimension, par exemple la méthode de viscosité (voir [15]),
montrent qu’elle vérifie l’égalité suivante
∂E h gh2 i
+ div E + u = 0,
∂t 2
I.2.3.4 L’équilibre
L’existence d’états stationnaires non triviaux, c’est-à-dire pour lesquels les inconnues ne
sont pas constantes sur le domaine, est une des spécificités du système de Saint-Venant, liée
à la présence des termes sources. En dimension une, en l’absence de frottements et pour des
solutions régulières, ils sont par exemple caractérisés par les relations suivantes
∂hu ∂H
= 0, = 0,
∂x ∂x
2
où H(t, x) = u2 + g(h + b) désigne la charge hydraulique. La préservation numérique de ces
états stationnaires n’a rien d’évident. Ils correspondent en effet à un équilibre entre termes de
flux et termes sources, dont les discrétisations sont habituellement décorrélées.
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I.3.1 Modélisation du transport de sédiments
Deux modes de transport fondamentalement différents sont à distinguer : le transport par
charriage sous l’effet de la tension de frottement moyen au fond, et le transport en suspension
sous l’effet de la turbulence.
C’est le mode de transport, où les granulats restent en contact avec le fond. Le transport
de sédiments par charriage, qsb [m2 /s] dépend pour le cas simplifié de sept paramètres [3] qui
sont :
• ρ et v qui caractérisent le fluide ;
• ρs et d caractérisent les sédiments ;
• Rh (ou h), J et g qui caractérisent l’écoulement.
√
En combinant ces trois derniers paramètres, on trouve u∗ = gRh J, qui paramétre la tension
de frottement appliquée aux granulats du lit ainsi que la turbulence qui maintient les granulats
en suspension.
D’après la théorie de l’analyse dimensionnelle, ces sept paramètres peuvent être réduits à cinq
paramètres adimensionnels. Pour modéliser le transport par charriage, qsb [m2 /s] on prend les
cinq paramètres suivants dont la signification physique est importante :
• Ss = ρs /ρ, est une densité relative ;
qsb
• Φ = qsb∗ = √ : est une intensité adimensionnelle du transport par charriage tel que
(Ss −1)gd3
qsb [m2 /s] représente le débit solide volumique par large unitaire ;
1/3
• d∗ = d γs /γ−1
v2
: est un diamètre adimensionnel des particules, où γ dénote le poids
spécifique du fluide (γ = gρ) et γs dénote le poids spécifique des sédiments (γs = gρs ) ;
ρu2∗
• τ∗ = (γs −γ)d
: est une tension adimensionnelle de frottement ;
• Rh /d ou h/d : une profondeur relative.
La formulation générale du transport de sédiments par charriage est donnée par (voir [3]) :
φ = φ(d∗ , τ∗ , Rh /d, Ss ).
C’est le mode de transport, où les particules restent dans la colonne d’eau (les granulats
n’ont plus qu’occasionnellement contact avec le fond).
Le flux de sédiments transportés en suspension dans la colonne d’eau s’écrit sous la forme :
Z h
qss = cs (z)u(z)dz.
zsb
Si on admet que la répartition de la vitesse u(z) est connue, le problème est ramené à la
détermination du profil de la concentration volumique cs (z) et du niveau de référence, zsb .
La concentration de sédiments en suspension, cs [ ] dépend pour le cas simplifié des 7 mêmes
paramètres que dans le cas de charriage (ρ, v, ρs , d, Rh , J, g).
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Figure I.2 – Modes de transport solide, d’après Graf et Altinakar [18].
Donc par dérivation en temps, le taux d’échange de masse totale sur Ci s’écrit,
Z
∂t b(t, x)dx . (I.22)
Ci
En outre, on introduit les expressions des débits ou flux solides entrants en xi+1/2 et sortant
en xi−1/2 respectivement données par ξqs (h, u)xi−1/2 et ξqs (h, u)xi+1/2 avec ξ := 1/(1 − p) et p
représente la porosité du lit [6]. Ces dernières permettent d’écrire la forme intégrale de l’équation
d’évolution du fond,
Z x
∂t b(t, x)dx + ξ[qs (h, u)]xi+1/2
i−1/2 = 0. (I.23)
Ci
20 / 66
En intégrant l’équation (I.23) en temps sur l’intervalle arbitraire [tn , tn+1 ] et en considérant
que h(t, x) et u(t, x) sont dérivables, il résulte l’équation suivante :
Z tn+1 Z
∂t b(t, x) + ξ∂x qs (h, u)dxdt = 0. (I.24)
tn Ci
Ainsi, puisque les variables d’espace et de temps sont indépendantes et après simplification, on
obtient l’équation d’Exner,
∂t b + ξ∂x qs = 0. (I.25)
L’essentiel de l’équation d’Exner repose sur la définition du flux de sédiment qs .
I.3.3.1 Grass(1981) :
Elle s’avère être une des plus basiques mais bien adaptée à la modélisation pour des maté-
riaux granulaires non cohésifs (absence de force de liaison entre les grains). Elle s’exprime sous
la forme,
qs (h, u) = Ag u|u|mg −1 ,
où Ag et mg sont les constantes empiriquement déterminées. Typiquement, mg est un entier
naturel pris entre 1 et 4. La constante de calibration Ag est liée à la granulométrie et la viscosité
dynamique.
21 / 66
∗
Où τef f correspond à la contrainte de cisaillement effective dépendant du coefficient de Strickler
Ks et de la rugosité des grains Kp ,
K 3/2
∗ s
τef f = τ ∗.
Kp
Et τc∗ est la contrainte critique généralement égale à 0.047. L’opérateur (.)+ correspond à la
fonction max(., 0).
Par ailleurs, en imposant une valeur de contrainte de cisaillement critique nulle, on peut relier
la formule de Meyer-Peter et Muller à celle de Grass en prenant mg = 3 et,
√
8 g
Ag = ,
(ρs /ρw − 1)Ks3 R1/2h
où Rh est le rayon hydraulique correspodant au rapport de la section mouillée S sur le périmètre
mouillé P.
22 / 66
(équation d’Exner). Ce couplage permet de traduire l’influence des sédiments sur l’écoulement.
Ainsi, le modèle couplé, Saint-Venant - Exner, exprime trois principes fondamentaux :
• la conservation de la masse du fluide ;
• la conservation de l’énergie ;
• la conservation de la masse de sédiments.
Le système couplé, (I.9)-(I.25) (Saint-Venant - Exner), en une dimension d’espace se tient
∂t h + ∂x hu = 0
2
∂t hu + ∂x hu2 + gh2 = −gh∂x b − ρτw (I.26)
(1 − p)∂ b + ∂ q = 0.
t x s
Pour rappel, h(t, x), u(t, x) désignent respectivement la hauteur d’eau et la vitesse moyenne
de l’écoulement. Le paramètre g correspond à l’accélération gravitationnelle. Le terme τ /ρw
représente le terme de frottement, ρw caractérise la masse volumique de l’eau. Le paramètre p
est la porosité, b(t, x) indique la cote du fond et qs (t, x) est le débit solide ou flux de sédiments.
Dans la suite, nous allons définir le système objet de notre mémoire. On utilise le système
précédent en remplaçant les variables h, u, qs et b par H, V, Qs et B respectivement.
23 / 66
Figure I.3 – Vue longitudinale du canal.
24 / 66
I.5.2 Logique de contrôle
La logique de contrôle fait référence au type et à l’orientation des liens entre les variables
contrôlées et les variables d’action de contrôle. L’algorithme de contrôle utilise soit le contrôle
de rétroaction (FB, également appelé contrôle en boucle fermée), le contrôle de transmission
(FF, également appelé contrôle en boucle ouverte) soit la combinaison des deux.
25 / 66
les besoins des utilisateurs. Ces besoins doivent être estimés le plus précisément possible.
Le feedforward contrôle est généralement insuffisant en soi, en raison des erreurs de modèle,
des erreurs d’estimation des perturbations et des perturbations inconnues, et doit être combiné
avec le contrôle rétroactif pour compenser ces erreurs
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Définition 3 On définit le support de f et on le note par
n o
supp f = x ∈ Ω / f (x) 6= 0
.
Définition 4 L’espace D(Ω) est l’espace des fonctions φ : Rn → C indéfiniment différentiables
dont le support est un ensemble compact contenu dans Ω.
Définition 5 Soit p une multi-indice,
n
X
n
p = (p1 , p2 , ...., pn ) ∈ N , |p| = pi .
i=1
I.6.2.1 Définitions
Soit (Ω, T , µ) un espace mesuré de mesure positive µ, où T est une tribu sur Ω.
Définition 8 Soit 1 ≤ p < ∞. On note Lp (Ω) = LpK (Ω, T , µ) l’ensemble des fonctions
µ−mesurables à valeurs réelles, qui sont définies p.p. sur Ω et qui vérifient
Z
|f (x)|p dx < +∞.
Ω
Définition 9 Soit p ∈ [1, +∞[. L’espace de Lebesgue Lp (Ω) = LpK (Ω, T , µ) est défini par
n o
Lp (Ω) := [f ] : f ∈ Lp (Ω) ,
où n o
[f ] := h ∈ Lp (Ω) : h = f p.p. sur Ω .
On définit l’espace L∞ comme suit :
n o
L∞ (Ω) := f : f mesurable et ∃ une constante C telle que |f (x)| ≤ C presque partout sur Ω
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Définition 10 Pour 1 ≤ p < ∞, on appelle norme Lp et on note [Link] , l’application définie
par
Z 1/p
p
kf kp = |f (x)| .
Ω
Pour toute fonction, f mesurable, définie p.p sur Ω, on note k.k∞ , l’application définie par
n o
kf k∞ := Inf C > 0, tel que ∀x ∈ Ω, |f (x)| ≤ C presque partout sur Ω ,
Définition 11 Pour tout exposant réel 1 < p < ∞, on appelle exposant conjugué de p l’exposant
réel q tel que
1 1
+ = 1.
p q
Pour tout exposant 1 ≤ p ≤ +∞, l’espace Lp (Ω) est complet c’est-à-dire, c’est un espace de
Banach.
Soit f une fonction mesurable bornée positive d’un ensemble mesurable Ω, de mesure finie
non nulle dans R. Alors Z
f dµ = 0 =⇒ f = 0 pp.
Ω
28 / 66
I.6.3 Les espaces de Sobolev
Un espace de Sobolev est un espace vectoriel de fonctions muni de la norme obtenue par
la combinaison de la norme Lp de la fonction elle-même et de ses dérivées jusqu’à un certain
ordre. Les dérivées sont comprises dans un sens faible, au sens des distributions afin de rendre
l’espace complet. Les espaces de Sobolev sont un outil essentiel pour l’étude des équations aux
dérivées partielles. En effet, les solutions de ces équations appartiennent plus naturellement à
un espace de Sobolev qu’à un espace de fonctions continues partiellement dérivables au sens
classique.
Soit Ω un ouvert de RN et m ∈ N.
Définition 12 L’espace de Sovolev H m (Ω) est formé par l’ensemble des distributions f ∈
D0 (Ω) telle que ∂ α f ∈ L2 (Ω) pour tout α ∈ Nn avec |α| ≤ m c’est-à-dire,
n o
H m (Ω) := f ∈ L2 (Ω) / ∀ α : |α| ≤ m, ∂ α f ∈ L2 (Ω) .
Bien entendu, la dérivation est à comprendre au sens des distributions. En d’autres termes,
une fonction u ∈ L2 (Ω) est dans H 1 (Ω) s’il existe des fonctions v1 , ...., vN dans L2 (Ω) telle
que : Z Z
∂ϕ
u dx = − vi ϕ dx ∀ϕ ∈ D(Ω), ∀i = 1, ..., N.
Ω ∂xi Ω
Définition 14 Soit F un espace pré-hilbertien muni d’un produit scalaire h., .i. Une famille
(ej )j∈J⊂N ⊂ F est un système orthonormé si l’on a
On dit que c’est une base hilbertienne si de plus (ej )j∈J est totale dans F (c’est-à-dire si le sous
espace vectoriel qu’elle engendre est dense dans F).
29 / 66
I.6.3.3 Théorème I.5 [Trace]
Soit Ω un ouvert régulier borné de classe C 1 .
• Pour les fonctions de H 1 (Ω), on définit l’application trace γ0 ,
Cette application se prolonge par continuité en une application linéaire continue de H 1 (Ω)
dans L2 (∂Ω) notée encore γ0 . Il existe c > 0 / kvkL2 (∂Ω) ≤ ckvkH 1 (Ω) .
• Pour les fonctions de H 2 (Ω), on définit γ1 ,
Définition 17 La topologie faible σ(E, E 0 ) sur E est la topologie la moins fine sur E, c’est-à-
dire, avec le minimum d’ensembles ouverts, rendant continus toutes les applications f ∈ E 0 .
Définition 18 On dit qu’une suite (xn )n∈N d’éléments de E converge faiblement vers x ∈ E,
et on note xn * x si :
Définition 19 On dit qu’une suite (fn )n∈N d’éléments de E 0 converge faible-∗ vers f dans E 0 ,
∗
et on note fn * f, si pour tout x ∈ E,
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I.6.4.1 Proposition I.3
∗
Si (fn )n∈N est une suite de E 0 telle que fn * f faiblement dans E, alors fn * f faiblement-∗
dans E 0 .
Remarque 1 Si la suite (xn )n d’éléments de E converge faiblement vers x ∈ E alors x est
appelée la limite faible de (xn ).
I.8.1 Le RARS
Le RARS a été initialement proposé pour la résolution de l’équation hyperbolique homogène
(Roe, 1981). Cette méthode de Roe (1981) permettant d’améliorer le rendement de la méthode
4. Boris Grigorievitch Galerkin est un mathématicien et un ingénieur russe puis soviétique, réputé pour ses
contributions à l’étude des treillis de poutres et des plaques élastiques. Son nom reste lié à une méthode de
résolution approchée des structures élastiques, qui est l’une des bases de la méthode des éléments finis.
31 / 66
de Godunov (moins coûteuse et moins dissipée) consiste à rechercher un problème de Riemann
linéarisé qui peut être résolu exactement à l’aide des données initiales.
Nous développerons cette méthode plus loin dans le Chapitre 3.
5. Un maillage structuré est un maillage à connectivité fixe. Le maillage est alors défini par sa seule liste de
noeuds.
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CHAPITRE II
II.1 Introduction
En milieu naturel, les interactions entre un écoulement et le fond ont tendance à modi-
fier la morphologie du lit. Sachant que le fond influence également l’écoulement, il existe donc
une interdépendance entre les parties fluide et solide. Pour tenir compte du processus de sé-
dimentation, le modèle de Saint-Venant–Exner demeure un des modèles les plus utilisés par
les ingénieurs. La majorité des outils logiciels est basée sur ce modèle. Il constitue un modèle
reconnu et bien adapté à la plupart des études géomorphologiques. Ce chapitre est consacré
à la conception du contrôle rétroactif par estimation à priori du système Saint-Venant–Exner
pour le contrôle des écoulements dans un canal ouvert. Nous présentons le résultat principal
ainsi que sa preuve.
∂H ∂HV
+ =0
∂t ∂x
∂HV ∂HV 2 1 ∂H 2 ∂B
+ + g + gH =0 (II.1)
∂t ∂x 2 ∂x ∂x
∂B ∂ ∂B
(1 − p) Ag HV − ε
+ = 0.
∂t ∂x ∂x
33
Dans la suite, nous remplaçons le terme HV par Q. Ainsi, le système (II.1) peut être réécrit
sous la forme suivante :
∂H ∂Q
+ =0
∂t ∂x
∂ Q2 1 ∂H 2
∂Q ∂B
+ + g + gH =0 (II.2)
∂t ∂x H 2 ∂x ∂x
∂B Ag ∂Q ∂ 2B
+ = ε1 2 .
∂t 1 − p ∂x ∂x
où
ε
ε1 =
1−p
∂t H = ∂t Q = ∂t B = 0. (II.3)
De (II.3), il résulte
∂Q
=0
∂x
2
∂ Q ∂H
∂B (II.4)
+ gH + =0
∂x H ∂x ∂x
∂ 2B
=0
∂x2
II.2.2 Linéarisation
On introduit l’état résiduel (h, q, b) comme la différence entre l’état actuel (H, Q, B) et l’état
d’équilibre (H, Q, B), c’est-à-dire
Ensuite, on suppose que l’état résiduel est très petit par rapport par à l’état d’équilibre,
34 / 66
• Pour la première équation du système (II.2)
∂(h + H) ∂(q + Q)
+ =0
∂t ∂x
D’où
∂h ∂q
+ =0 (II.6)
∂t ∂x
• Pour l’équation deux de (II.2),
∂ ∂ Q2 ∂(h + H) ∂(b + B)
q+Q + + g(h + H) + g(h + H = 0.
∂t ∂x H ∂x ∂x
L’équation devient :
∂ ∂ Q2 ∂h ∂H ∂b ∂B
q+ + gH + gH + gH + gH = 0.
∂t ∂x H ∂x ∂x ∂x ∂x
Ainsi,
∂ ∂ Q2 ∂h ∂b ∂H ∂B
q+ + gH + gH + gH + = 0.
∂t ∂x H ∂x ∂x ∂x ∂x
Posons
Q2
f (H, Q) = .
H
Linéarisons la fonction f :
∂f ∂f
f (H, Q) = f (h + H, q + Q) = f (H, Q) + h (H, Q) + q (H, Q),
∂H ∂Q
or
∂f Q2 ∂f Q
(H, Q) = − 2 et (H, Q) = 2 .
∂H H ∂Q H
Donc
2
∂f Q ∂f Q
(H, Q) = − 2 et (H, Q) = 2 .
∂H H ∂Q H
Ainsi
2 2
Q2 Q Q Q
= − h 2 + 2q .
H H H H
Par conséquent, en dérivant par rapport à x, on obtient :
2
∂ Q2 ∂ Q Q 2 ∂h Q ∂q
= − +2 .
∂x H ∂x H H ∂x H ∂x
35 / 66
Ainsi
∂q Q ∂q Q 2 ∂h ∂h ∂b
+2 − + gH + gH = 0. (II.7)
∂t H ∂x H ∂x ∂x ∂x
• Et enfin, pour la troisième équation de (II.2) :
∂(b + B) ∂(q + Q) ∂ 2b
+ β2 = ε1 2 .
∂t ∂x ∂x
Ainsi,
∂b ∂q ∂ 2b
+ β2 = ε1 2 . (II.8)
∂t ∂x ∂x
De (II.6) à (II.8), le système linéaire obtenu s’écrit :
∂h ∂q
+ =0
∂t ∂x
∂q Q ∂q Q 2 ∂h ∂h ∂b
+2 − + gH + gH =0 . (II.9)
∂t H ∂x H ∂x ∂x ∂x
∂ 2b
∂b ∂q
+ β2 = ε1 2
∂t ∂x ∂x
Posons :
2
Q Ag Q χ
β1 = 2 , β 2 = , γ1 = gH − 2 , χ = gH, χ1 = . (II.10)
H 1−p H β2
Par conséquent
∂h ∂q
+ =0
∂t ∂x
∂q ∂q ∂h ∂b
+ β1 + γ1 +χ =0 (II.11)
∂t ∂x ∂x ∂x
∂b ∂q ∂ 2b
+ β2 = ε1 2
∂t ∂x ∂x
36 / 66
II.3 Espace de fonctions
II.3.1 Définitions
Soit Ω = (0, T ) × (0, L). On dénote l’intervalle (0, L) par J.
Définition 2 On définit l’espace H(div, Ω) par
n o ∂ ∂
H(div, Ω) := V ∈ L2 (Ω)2 ; divV ∈ L2 (Ω) , avec div = , .
∂t ∂x
Le système (II.11) peut-être réécrit comme suit
∂h ∂q
+ =0
∂t ∂x
∂q ∂(β1 q + γ1 h + χb)
+ =0 (II.14)
∂t ∂x
∂b + ∂ (β q − ε ∂b ) = 0
2 1
∂t ∂x ∂x
Nous déduisons la proposition suivante du Théorème II.5.1 dans [34].
suit :
(∂ α u, φ) = (−1)|α| (u, ∂ α φ) ∀φ ∈ Ω.
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II.3.3.1 Théorème II.1 [7]
Soit Θ un ouvert suffisamment régulier de RN .
La trace γn définit par
γn : D(Θ)N −→ H −1/2 (∂Θ)
v 7−→ v.n|∂Θ
peut-être étendue par continuité à une trace linéaire et continue, toujours désignée par γn , de
H(div, Θ) dans H −1/2 (∂Θ).
Preuve
Soient φ ∈ D(Θ) et v ∈ D(Θ)N . La formule de Green’s suivant tient,
Z
(v, gradφ) + (div v, φ) = φv.n ds.
∂Θ
Comme D(Θ) est dense dans H 1 (Θ), cette équation est toujours valable pour φ dans H 1 (Θ) et
v dans D(Θ)N .
Donc Z
| φv.n ds| ≤ k v kH(div,Θ) k φ k1,Θ , ∀φ ∈ H 1 (Θ), v ∈ D(Θ)N .
∂Θ
Soit µ un élément de H 1/2 (∂Θ). Alors il existe un élément φ de H 1 (Θ) tel que φ = µ sur ∂Θ.
Par conséquent l’inégalité ci-dessus implique que
Z
| µv.n ds| ≤ k v kH(div,Θ) k µ k1/2,∂Θ , ∀µ ∈ H 1/2 (∂Θ), v ∈ D(Θ)N .
∂Θ
Ainsi
k v.n k−1/2,∂Θ ≤ k v kH(div,Θ) .
Par conséquent la topographie linéaire γn : v → v.n|∂Θ définie sur D(Θ)N est continue pour la
norme de H(div, Θ).
Puisque D(Θ)N est dense dans H(div, Θ), γn peut être étendue par continuité à une topographie
encore appelée γn ∈ L(H(div, Θ); H −1/2 (∂Θ)) tel que
k γn kL(H(div,Θ);H −1/2 (∂Θ) ≤ 1 .
Par extension, γn v est appelé la composante normale de v sur ∂Θ et est dénoté simplement par
v.n.
38 / 66
II.4 Formulation faible et estimation à priori
II.4.1 Formulation faible
La formulation faible est une autre manière d’énoncer un problème physique régi par des
équations différentielles ou aux dérivées partielles. L’intérêt de cette approche est de pouvoir
disposer de concepts et de propriétés de l’analyse fonctionnelle, en particulier ceux des espaces
de Hilbert et de Sobolev.
Considérons maintenant la formulation faible suivante du système (II.11).
• Pour la conservation de la masse :
Soit ψ ∈ H 1 (0, L). On multiplie la première équation du système (II.11) par γ1 ψ et ensuite
on intègre par rapport x :
Z L Z L
∂h ∂q
γ1 ψ dx + γ1 ψ dx = 0.
0 ∂t 0 ∂x
En intégrant par partie le seconde terme, il résulte :
Z L Z L
∂h ∂
γ1 ψ dx − q (γ1 ψ)dx + γ1 ψ(L)(L)q(t, L) − γ1 ψ(0)q(t, 0) = 0.
0 ∂t 0 ∂x
D’après les conditions aux bords, q(t, 0) = 0.
Ainsi, on a la formulation faible de la conservation de la masse donnée par :
Z L Z L
∂h ∂(ψγ1 )
γ1 ψ dx − q dx + γ1 ψ(L)q(t, L) = 0 (II.15)
0 ∂t 0 ∂x
39 / 66
En multipliant la troisième équation du système (II.11) par χπ et intégrant par rapport à x,
il résulte Z L Z L Z L
∂b ∂q ∂2
χπ dx + β2 χπ dx = ε1 χπ 2 dx
0 ∂t 0 ∂x 0 ∂x
On divise l’équation par β2 et puis on intègre par partie les deux derniers termes :
Z L Z L Z L
∂b ∂(πχ) ∂π ∂b
πχ1 dx − qdx + χπ(L)q(t, L) − χπ(0)q(t, 0) = ε1 χ1 dx
0 ∂t 0 ∂x 0 ∂x ∂x
∂ ∂
+ε1 χ1 π(L) b(t, L) − ε1 χ1 π(0) b(t, 0),
∂x ∂x
où
χ
χ1 = .
β2
∂
D’après les conditions aux bords, on a ∂x b(t, L) = 0. Par définition de l’espace S 0 , π(0) = 0.
Ainsi, la formulation faible de l’équation de conservation des sédiment est donnée par :
Z L Z L Z L
∂b ∂(πχ) ∂π ∂b
πχ1 dx − qdx + ε1 χ 1 dx + BT 3 = 0, (II.17)
0 ∂t 0 ∂x 0 ∂x ∂x
où
BT 3 = χπ(L)q(t, L).
La formulation faible des équations aux dérivées partielles qui s’exprime en termes d’algèbre
linéaire dans le cadre d’un espace de Hilbert est une formulation variationnelle. Cette formu-
lation faible (formulation variationnelle) est donnée en vue de montrer l’existence de solutions
faibles pour le système linéaire (II.11) grâce à la technique de Galerkin
Dans la suite, nous considérons la formulation faible (II.15) – (II.17) du système (II.11).
1 L
Z
E(t) = (γ1 h2 + q 2 + χ1 b2 )dx.
2 0
La décroissance de l’énergie permet de garantir une stabilité autour de l’équilibre. En effet,
cette fonction telle que définie est une fonction de h, q et b. Sa décroissance vers 0 permet
d’assurer la convergence des perturbations h, q et b vers zéro.
où µ(.), le paramètre de contrôle, est une fonction positive tel que µ(.) ∈ L∞ (R+ ).
Cette loi de contrôle est un rétroactif linéaire au bord (en aval). Il permet à la hauteur, le
débit de l’eau et la bathymétrie d’atteindre un état d’équilibre lorsque le temps est suffisamment
grand.
40 / 66
II.4.2.2 L’estimation d’énergie
Pour obtenir une estimation de l’énergie, on remplace (ψ, φ, π) par (h, q, b) dans le système
(II.15)- (II.17)
Ainsi, l’équation (II.15) devient :
Z L Z L
∂h ∂(hγ1 )
γ1 h − q dx + γ1 h(t, L)µ(t)(γ1 h(t, L) + χb(t, L)) = 0,
0 ∂t 0 ∂x
Donc, on a :
Z L Z L
∂h ∂(hγ1 )
γ1 h − q dx + γ1 h(t, L)µ(t)(γ1 h(t, L) + χb(t, L)) = 0.
0 ∂t 0 ∂x
Ainsi, on a :
L L L L
∂q 2
Z Z Z Z
1 ∂(β1 q) ∂(γ1 q) ∂(χq)
dx − q dx − h dx − b dx + β1 q 2 (t, L)
2 0 ∂t 0 ∂x 0 ∂x 0 ∂x
Ainsi,
L L L
∂b2
Z Z Z
1 ∂(χb) ∂b 2
χ1 dx − q dx + ε1 χ1 ( ) dx + χb(t, L)µ(t)(γ1 h(t, L) + χb(t, L)) = 0.
2 0 ∂t 0 ∂x 0 ∂x
41 / 66
Par conséquent, le système devient :
1 L ∂h2
Z Z L
∂(hγ1 )
γ1 − q dx + γ1 h(t, L)µ(t)(γ1 h(t, L) + χb(t, L)) = 0,
2 0 ∂t 0 ∂x
1 L ∂q 2
Z Z L Z L Z L
∂(β1 q) ∂(γ1 q) ∂(χq)
dx − q dx − h dx − b dx
2 0 ∂t 0 ∂x 0 ∂x 0 ∂x
+β1 q 2 (t, L) + q(t, L)(γ1 h(t, L) + χb(t, L) = 0,
L L L
∂b2
Z Z Z
1 ∂(χb) ∂b 2
dx −
χ1 q dx + ε1 χ1 ( ) dx + χb(t, L)µ(t)(γ1 h(t, L) + χb(t, L)) = 0.
2 0 ∂t 0 ∂x 0 ∂x
(II.19)
42 / 66
En somme, l’équation devient :
1 L ∂h2 ∂q 2
Z L h
∂b2
Z
∂(hγ1 ) ∂(β1 q) ∂(χb) i
γ1 + + χ1 dx = q + + dx − β1 q 2 (t, L) − γ1 q(t, L)h(t, L)
2 0 ∂t ∂t ∂t 0 ∂x ∂x ∂x
Z L Z L
∂(γ1 h) ∂(χb)
− χq(t, L)b(t, L)) + γ1 q(t, L)h(t, L) − q dx + χq(t, L)h(t, L) − q dx
0 ∂x 0 ∂x
Z L Z L Z L
2 ∂γ1 h ∂χb ∂b 2
− µ(t)(γ1 h(t, L) + χb(t, L)) − q dx − q dx + ε1 χ1 dx = 0.
0 ∂x 0 ∂x 0 ∂x
En réduisant certains termes, on obtient
1 L ∂h2 ∂q 2
Z L h
∂b2
Z
∂(hγ1 ) ∂(β1 q) ∂(χb) i
γ1 + + χ1 dx = q + + dx − β1 q 2 (t, L)
2 0 ∂t ∂t ∂t 0 ∂x ∂x ∂x
Z L Z L Z L
2 ∂γ1 h ∂χb ∂b 2
− µ(t)(γ1 h(t, L) + χb(t, L)) − q dx − q dx + ε1 χ1 dx = 0,
0 ∂x 0 ∂x 0 ∂x
or Z L
β1 β1 2 β1 ∂q
β1 q (t, L) = 2 ∗ q 2 (t, L) et
2
q (t, L) = q dx.
2 2 0 ∂x
Alors Z L
β1 β1 ∂q
β1 q (t, L) = q 2 (t, L) +
2
q dx.
2 0 ∂x
Par conséquent
1∂ L
Z Z L Z L
2 2 2 ∂q 2 ∂γ1 h
γ1 h + q + χ1 b dx = − q dx − µ(t)(γ1 h(t, L) + χb(t, L)) − q dx
2 ∂t 0 0 ∂t 0 ∂x
Z L Z L Z L
∂χb ∂β1 q β1 ∂b 2
− q dx − q dx − q 2 (t, L) − ε1 χ1 dx.
0 ∂x 0 ∂x 2 0 ∂x
Le terme à gauche est la dérivé de la fonction d’énergie. Donc, on a :
Z L h
dE(t) ∂q ∂γ1 h ∂β1 q ∂χb i β1
=− q + + + dx − q 2 (t, L) − µ(t)(γ1 h(t, L) + χb(t, L))2
dt 0 ∂t ∂x ∂x ∂x 2
Z L ∂b 2
− ε1 χ1 dx
0 ∂x
D’après l’équation de conservation de la quantité de mouvement (l’équation 2 du système
(II.11)),
∂q ∂γ1 h ∂β1 q ∂χb
+ + + = 0.
∂t ∂x ∂x ∂x
43 / 66
Ainsi, la variation d’énergie satisfait :
Z L
dE(t) β1 ∂b 2
= − q 2 (t, L) − µ(t)(γ1 h(t, L) + χb(t, L))2 − ε1 χ1 dx. (II.20)
dt 2 0 ∂x
Posons
Z L
β1 1 ∂b 2
a=− , b=− et c = −ε1 χ1 dx.
2 µ(t) 0 ∂x
dE(t)
= Q(qL ) = dqL2 (t) + c avec d = a + b (II.21)
dt
II.5.1 Théorème
Soit (h0 , q 0 , b0 ) ∈ L2 (0, L)2 × S 0 . Le système (II.11)-(II.12)-(II.13) avec la loi de
contrôle (II.18) a une unique solution (h, q, b) en W. En outre, pour tout x dans (0, L),
(h(t, x), q(t, x), b(t, x)) converge vers zéro quand t tend à ∞.
II.5.2 Preuve
La démonstration du Théorème se fera en deux étapes.
• Etape 1 : Existence et Unicité de la solution
La preuve du Théorème est faite en utilisant la méthode de Faedo-Galerkin.
n o n o
Soit vi ∈ H 1 (0, L), i ∈ N , une base Hilbertienne de L2 (0, L), et wi ∈ S 0 , i ∈ N une
base Hilbertienne de S 0 . Dénotons par Svn et Swn les espaces de dimension finie définis comme
n o n o
Svn = vect vi , 1 ≤ i ≤ n , Swn = vect wi , 1 ≤ i ≤ n
Soit (hn0 (x), q0n (x), bn0 (x)) ⊂ Svn × (Swn )2 une suite qui converge vers les conditions initiales
(h0 , q0 , b0 ) dans L2 (J)2 × S 0 .
Considérons la formulation discrète faible du problème (II.11). Pour tout (ψ, φ, π) ∈ Svn ×(Swn )2 ,
1. Une différence parmi les méthodes de contrôles provient de la façon dont l’énergie est définie et la façon
dont sa variation en temps est exploitée pour obtenir une décroissance exponentielle de l’énergie
44 / 66
on a
Z L Z L
n
γ1 ψ∂t h − γ1 q n ∂x ψdx + γ1 ψ(L)µ(t)(γ1 hn (t, L) + χbn (t, L)) = 0
(II.21.a)
0 0
L L L L
Z Z Z Z
n n n
φ∂t q dx − q ∂x (β1 φ)dx − h ∂x (γ1 φ)dx − bn ∂x (χφ)dx
0 0 0 0
n n n
+β1 φ(L)q (t, L) + γ1 φ(L)h (t, L) + χφ(L)b (t, L) = 0 (II.21.b)
Z L Z L Z L
n n
ε1 χ∂x bn ∂x πdx
χ1 π∂t b dx − q ∂x (χπ)dx +
0 0 0
n n
+χπ(L)µ(t)(γ1 h (t, L) + χb (t, L)) = 0. (II.21.c)
(II.22)
On cherche les solutions "approchées" du problème (II.22) données sous la forme suivante :
n
X n
X n
X
n
h (t, x) = lin (t)vi (x), n
q (t, x) = pni (t)wi (x), n
et b (t, x) = kin (t)wi (x). (II.23)
i= i=1 i=1
n Z
X L
où hvi , ψi1≤i≤n = vi (x)ψ(x)dx
i=1 0
Posons :
n
X
An = hvi , ψi1≤i≤n , Bn = hwi , ∂x ψi1≤i≤n , f1,n (t) = ψ(L) pni (t)wi (x)
i=1
n o
Les vecteurs v1 , v2 , v3 , ..., vn sont linéairement indépendants (ie, det(vi , ψ) 6= 0 ).
D’où, l’équation devient
d n
l (t) − A−1 n −1
n Bn (p (t)) = −An f1,n (t) (II.24)
dt
• Pour la deuxième équation, on a :
d n
p (t)hwi , φi1≤i≤n − pn (t)hwi , ∂x φi1≤i≤n − ln (t)hvi , ∂x φi1≤i≤n − k(n t)hwi , ∂x φi1≤i≤n
dt
X n Xn Xn Xn
n n n
= −β1 φ(L) pi (t)wi (x) − γ1 φ(L) li (t)vi (x) li (t)vi (x) − χφ(L) kin (t)wi (x).
i=1 i= i= i=1
Posons :
45 / 66
D’où l’équation devient :
d n
p (t) − Cn−1 Dn (pn (t)) − Cn−1 Fn (ln (t)) − Cn−1 Dn (k n (t)) = −Cn−1 f2,n (t). (II.25)
dt
• Pour la troisième équation, on a :
d n
k (t)hw, πi1≤i≤n − β2 pn (t)hw, ∂x πi1≤i≤n + εβ2 , χk n (t)h∂x w, ∂x πi1≤i≤n
dt
X n Xn
n
= −χπ(L)µ(t) γ1 li (t)vi (x) + χ kin (t)wi (x) .
i= i=1
Posons
Il en suit
Z T Z L ∂bn 2 Z T Z T
n n β1 n 2
E (T )−E (0) = −ε1 χ1 dxdt− (q (t, L) dt− µ(t)(γ1 hn (t, L)+χbn (t, L))2 dt.
0 0 ∂x 2 0 0
46 / 66
D’où
Z T Z L ∂bn 2 Z T Z T
n β1 n 2
E (T ) + ε1 χ1 + (q (t, L) + µ(t)(γ1 hn (t, L) + χbn (t, L))2 = E n (0),
0 0 ∂x 2 0 0
(II.28)
√ √
où E n (t) =k γ1 hn (t, .) k22,J + k q n (t, .) k22,J + k χ1 bn (t, .) k22,J.
Par conséquent, les suites hn , q n et bn sont bornées respectivement dans L∞ (0, T ; L2 (0, L)),
L∞ (0, T ; L2 (0, L)) et L∞ (0, T ; L2 (0, L))∩L2 (0, T ; H 1 (0, L)). Puisque ces espaces sont de Banach
alors on peut extraire une sous suite de (hn , q n , bn ) qui converge faiblement vers (h, q, h) dans
L∞ (0, T ; L2 (0, L))2 × L∞ (0, T ; L2 (0, L)) ∩ L2 (0, T ; H 1 (0, L)) pour la topologie faible-*.
D’après la Proposition II.1, les vecteurs
h q b
, , et ∂b
q β1 q + γ1 h + χb β2 q − ε1 ∂x
sont bornée dans H(div, Ω). Donc, on déduit de la Proposition II.2 que les suites des condi-
1
tions limites, hnL (t), qLn (t) et bnL (t) appartiennent à H − 2 [0, T ]. En raison de la continuité de
1 1
l’opérateur de la trace dans H − 2 [0, T ], bnL (t) est bornée dans H − 2 [0, T ]. Ainsi, du fait que l’es-
pace L2 est faiblement compact, il existe une sous suite de bnL convergeant faiblement vers bL
1
dans H − 2 [0, T ]. D’autre part, on déduit de (II.28) que
p p p
k β1 q n (., L)k22,(0,T ) + kγ1 µ(.)hn (., L)k22,(0,T ) + kχ1 µ(.)bn (., L)k22,(0,T ) ≤ E n (0)
Ainsi, la suite des conditions limites, (hn (., L), q n (., L), bn (., L)), est bornée dans L2 (0, T )3 .
Par conséquent, on peut extraire une sous-suite qui converge vers (hL , qL , bL ) faiblement dans
L2 (0, T )3 .
Passage à la limite :
Puisque la convergence faible L2 n’implique pas la convergence presque partout, on ne peut pas
passer directement à la limite dans (II.22).
Soit n o
HT1 (0, T ) = g ∈ H 1 (0, T ); g(T ) = 0 .
On pose :
(∂t hn , v)J g(t) − (q n , ∂x v)J g(t) + v(L)g(t)µ(t)(γ1 hn (t, L) + χbn (t, L)) = 0.
47 / 66
On intègre par rapport à t sur 0 à T ,
Z T Z T Z T
n n
(∂t h , v)J g(t)dt − (q , ∂x v)J g(t)dt + v(L) g(t)µ(t)(γ1 hn (t, L) + χbn (t, L))dt = 0.
0 0 0
Z T
+ v(L) g(t)µ(t)(γ1 hnL (t) + χbn (t, L))dt = 0,
0
or g(T ) = 0, donc
Z T Z T
n
− (h , v)J ∂t g(t) dt − (hn0 , v)J g(0) − (q n , ∂x v)J g(t) dt
0 0
Z T
+ v(L) g(t)µ(t)(γ1 hnL (t) + χbn (t, L)) dt = 0.
0
Par conséquent, si on prend (g, v) ∈ D(0, T ) × D(0, L), alors g(0) = v(L) = 0 car les fonctions
tests sont nulles au voisinage du bord.
Ainsi on obtient : Z T Z T
(∂t h, v)J g(t)dt + (∂x q, v)J g(t) dt = 0.
0 0
L’équation devient : Z T
(∂t h + ∂x q, v)J g(t)dt = 0.
0
D’après le Proposition I.1,
Z L
(∂t h + ∂x q)v(x) dx = 0 p.p.
0
∂t h + ∂x q = 0 p.p. (II.33)
48 / 66
Puis, on multiplie à nouveau l’équation (II.33) par ψ ∈ VT ,
∂t hv(x)g(t) + ∂x qv(x)g(t) = 0.
h iT
+ (q(t, x), ∂x v(x))g(t) = 0.
0
+ v(0)(q(., 0), g)H − 12 (0,T ),H 12 (0,T ) + v(L)(q(., L, g)H − 21 (0,T ),H 12 (0,T ) = 0. (II.34)
h(0, .) = h0 ,
49 / 66
En intégrant suivant t de 0 à T, on obtient :
Z T Z T Z T
n n
(∂t b , v)J g(t)dt − (q , β2 ∂x v)J g(t)dt + ε1 (∂x bn , ∂x v)J g(t)dt
0 0 0
Z T
+ β2 v(L) g(t)µ(t)(γ1 hn (t, L) + χbn (t, L))dt = 0.
0
Z T
+ β2 v(L) g(t)µ(t)(γ1 hnL (t) + χbn (t, L))dt = 0.
0
Quand n tend à ∞, on a :
Z T Z T Z T
0
− (b, v)J ∂t gdt − (b , v)J g(0) − (q, ∂x (β2 v))J gdt + ε1 (∂x b, ∂x v)J gdt
0 0 0
Z T
+ β2 v(L) g(t)µ(t)(γ1 hL (t) + χb(t, L))dt = 0. (II.35)
0
Par conséquent, si (g, v) ∈ D(0, L) × D(0, L) alors, g(0) = v(L) = 0, car les fonctions de D(0, L)
sont nulles au voisinage du bord de (0, L).
Donc
Z T
(∂t b, v)J g(t)dt + β2 (∂x q, v)J g(t) − ε1 (∂x2 b, v)J g(t) dt = 0.
0
∂t b + β2 ∂x q = ε1 ∂x22 b. (II.36)
Z T h iT
= −ε1 (∂x b, ∂x v)J g(t)dt + v(x)(∂x b(t, x), g(t)) .
0 0
50 / 66
Ainsi,
Z T Z T
− (b, v)J ∂t g(t)dt − g(0)b(0, .), v)H − 21 (0,L),H 12 (0,L) − (q, ∂x (β2 v))J g(t)dt
0 0
− β2 v(0)(q(., 0), g)H − 12 (0,L),H 12 (0,L) + β2 v(L)(q(., L), g)H − 21 (0,L),H 12 (0,L) (II.37)
Z T
= −ε1 (∂x b, ∂x v)J g(t) dt − v(0)(∂x b(., 0), g)H − 12 (0,L),H 12 (0,L)
0
Z T Z T Z T
n
− (b , ∂x (χv))J g(t)dt + β1 v(L) g(t)qLn (t)dt + v(L) g(t) γ1 hnL (t) + χbn (t, L) = 0.
0 0 0
Z T Z T Z T
− (b, ∂x (χv))J g(t) dt + β1 v(L) g(t)qL (t) dt + v(L) g(t) γ1 hL (t) + χb(t, L) dt = 0.
0 0 0
(II.38)
∂t q + β1 ∂x q + γ1 ∂x h + χ∂x b = 0. (II.39)
51 / 66
Faisons une intégration par partie.
Z T h iT Z T
− (q, v)J ∂t g(t)dt + g(t)(q(t, x), v)H − 12 (0,L),H 12 (0,L) − (q, ∂x (β1 v))J g(t) dt
0 0 0
h iT Z T Z T
+ g(t)(q(t, x), β1 v)H − 21 (0,L),H 12 (0,L) − (b, ∂x (χv))J g(t) − (h, ∂x (γ1 v))J g(t) dt
0 0 0
h iT h iT
+ g(t)(h(t, x), γ1 v)H − 12 (0,L),H 12 (0,L) dt + g(t)(b(t, x), χv)H − 12 (0,L),H 12 (0,L) = 0.
0 0
Z T Z T
− (q, ∂x (β1 v))J g(t) dt − v(0)(q(., 0), g)H − 21 (0,L),H 12 (0,L) − (h, ∂x (γ1 v))J g(t) dt
0 0
Z T
+ γ1 v(L)(h(., L), g)H − 12 (0,L),H 12 (0,L) − γ1 v(0)(h(., 0), g)H − 12 (0,L),H 12 (0,L) − (b, ∂x (χv))J g(t) dt
0
+ χv(L)(b(., L), g)H − 21 (0,L),H 12 (0,L) − χ1 v(0)(b(., 0), g)H − 12 (0,L),H 21 (0,L) = 0.
Ainsi
Z T Z T
− (q, v)J ∂t g(t) − g(0)(q(0, .), v)H − 21 (0,L),H 12 (0,L) − (q, ∂x (β1 v))J g(t)dt
0 0
+ v(L)(q(., L), g)H − 12 (0,L),H 12 (0,L) − v(0)(q(., 0), g)H − 12 (0,L),H 12 (0,L)
Z T Z T
− (h, ∂x (γ1 v))J g(t)dt − (b, ∂x (χv))J g(t) − v(0)(q(., 0), g)H − 21 (0,L),H 12 (0,L) = 0. (II.40)
0 0
h(., L) = hL (.).
52 / 66
Soit 0 < t1 < t2 < ∞. Estimons E(t2 ) − E(t1 ) :
Z t1 Z L 2 Z t1
∂b β1 2 2
E(t1 ) = E(0) − χ1 − q + µ(s)(γ1 h(s, L) + χb(s, L)) ,
0 0 ∂x 0 2 L
et Z t2 Z L ∂b 2 Z t2 β
1 2
E(t2 ) = E(0) − χ1 − qL + µ(s)(γ1 h(s, L) + χb(s, L))2 .
0 0 ∂x 0 2
∂t h + ∂x q = 0,
que h est constant dans (t1 , t2 ) × (0, L) car q = 0. Puisque h(., L) est nul dans (t1 , t2 ) × (0, L)
d’après (II.43), alors h est nul dans (t1 , t2 ) × (0, L).
Donc, on peut conclure que pour un certain temps T, (h, q, b)(T ) = 0, auquel cas nous avons
la contrôlabilité exacte, où E est strictement décroissant. Nous prouvons enfin qu’au cas où il
n’y aurait pas de contrôlabilité exacte, (h, q, b) tend nécessairement à zéro. Ce résultat repose
principalement sur le fait que nous en déduisons de (II.42) que
k b(t, .) kH 1 (0,L) et (h(t, L), q(t, L), b(t, L)) tendent vers 0 quand t −→ ∞. (II.44)
- Montrons que pour tout x ∈ (0, L), (h, q, b) tend vers 0 quand t tend à ∞.
Considérons les deux premières équations du système (II.11),
∂γ1 h ∂γ1 q
+ =0
∂t ∂x
.
∂q ∂q ∂h ∂b
+ β1 + γ1 +χ =0
∂t ∂x ∂x ∂x
53 / 66
On introduit la formulation vectorielle de ce système en posant :
! !
q 0
ξ = (γ1 h, q)tr ; G(ξ) = et F (ξ) = ∂b
β1 q + γ1 h −χ ∂x .
∂ξ ∂G(ξ) ∂ξ ∂G(ξ) ∂ξ
+ = + . = F (ξ).
∂t ∂x ∂t ∂ξ ∂x
Notons par A la matrice jacobienne du flux G par rapport aux variables conservatives. La
matrice A est donnée par : !
∂G 0 γ1
A= =
∂ξ γ1 β1
D’où
∂ξ ∂ξ
+A = F. (II.45)
∂t ∂x
−λ γ1
PA (λ) = = λ2 − β1 λ − γ12 .
γ1 β1 − λ
D’où
β1 − δ ∗ β1 + δ ∗
λ1 = , λ2 = ,
2 2
où q
∗
δ = β12 + 4γ12 .
Les valeurs propres associées au système sont réelles et distinctes, alors le système est hyper-
bolique. Donc A peut s’écrire sous la forme,
A = P ∆P −1 = P ∆P tr ,
λ1 0 !
1 1
où ∆ = 0 λ2 , P = λ1 .
λ2
b γ1 γ1
∂ξ ∂ξ
+ P ∆P tr = F.
∂t ∂x
En multipliant par P tr , elle devient
∂ξ ∂ξ
P tr + P tr P ∆P tr = P tr F.
∂t ∂x
∂P tr ξ ∂P tr ξ
+∆ = P tr F.
∂t ∂x
54 / 66
En posant ξ˜ = P tr ξ et F̃ = P tr F, l’équation devient :
∂ ξ˜ ∂ ξ˜
+∆ = F̃ , (II.46)
∂t ∂x
où
λ1 λ1
! ! !
1 γ1 γ1 h γ1 h + γ1
q
ξ˜ = λ2
= λ2
1 γ1 q γ1 h + γ1
q
!
λ1 0
!
1 λ1 ∂x b
F̃ =
γ1
∂b
= − χ1 .
1 λ2 −χ ∂x γ1 λ2 ∂x b
γ1
L’équation (II.46) est une série d’équations d’advection linéaires et indépendantes, de la forme
suivante
La solution est constante le long des lignes caractéristiques. Donc, on obtient à partir de (II.47)
l’égalité suivante
L−x̃
L − x̃ Z λi
+t̃
ξ˜i (t̃, x̃) = ξ˜i + t̃, L − F̃i (t, x̃ + λi (t − t̃))dt.
λi t̃
L − x̃ λ χ Z L−x̃
λi
+t̃
∂b
˜ ˜ i
ξi (t̃, x̃) = ξi + t̃, L + (t, x̃ + λi (t − t̃))dt.
λi γ1 t̃ ∂x
On a
x − x̃ dx
t= + t̃ =⇒ dt = .
λi λi
L−x̃
Quand t tend vers λi
+ t̃ (respectivement vers t̃), alors x tend vers L (respectivement vers x̃).
Par conséquent,
L − x̃ χ Z L ∂b s − x̃
˜ ˜
ξi (t̃, x̃) = ξi + t̃, L + + t̃, s ds. (II.48)
λi γ1 x̃ ∂x λi
– Montrons maintenant que ξ˜i (t̃, x̃) tend vers 0 pour tout (t̃, x̃) ∈ (0, T ) × (0, L).
De (II.48), en utilisant l’inégalité, 12 (c + d)2 ≤ c2 + d2 pour tout c, d dans R, il résulte :
1˜ L − x̃ 2 χ2 ∂b s − x̃ 2
2 ˜
ξi (t̃, x̃) ≤ ξi + t̃, L + 2 + t̃, s .
2 λi γ1 ∂x λi
55 / 66
Intégrons sur (a, T ) par rapport à t̃ l’inégalité précédente,
T T L − x̃ χ2 T L ∂b s − x̃
Z Z Z Z
1 2 2
ξ˜i (t̃, x̃)2 dt̃ ≤ ˜
ξi + t̃, L dt̃ + 2 + t̃, s ds dt̃
2 a a λi γ1 a x̃ ∂x λi
T L − x̃ χ2 T L ∂b s − x̃
Z 2 Z Z 2
≤ ˜
ξi + t̃, L dt̃ + 2 + t̃, s ds dt̃.
a λi γ1 a 0 ∂x λi
D’où
T T L − x̃ Lχ2 T L ∂b s − x̃
Z Z Z Z
1 2
ξ˜i (t̃, x̃)2 dt̃ ≤ ˜
ξ + t̃, L dt̃ + 2 ( + t̃, s)2 dsdt̃.
2 a a λi γ1 a 0 ∂x λi
T T L − x̃ Lχ2 L a+T ∂b
Z Z Z Z
1 2
ξ˜i (t̃, x̃)2 dt̃ ≤ ˜
ξi + t̃, L dt̃ + 2 (t, s)2 dtds. (II.49)
2 a a λi γ1 0 0 ∂x
D’après (II.44), kb(t, .)kH 1 (0,L) et (h(t, L), q(t, L)) tendent vers 0 quand t tend à +∞.
D’où Z +∞ Z L
˜ L − x̃ 2 ∂b
ξi + t̃, L dt̃ et (t, s)2 dsdt −→ 0.
a λi 0 ∂x
Par conséquent, ξi (t̃, x̃) convergent vers zéro quand t tend à +∞.
On conclut que pour tout x̃ ∈ (0, L), (h(t̃, x̃), q(t̃, x̃)) tend vers 0, quand t̃ tend vers ∞.
D’où le résultat !
56 / 66
CHAPITRE III
Résolution numérique
III.1 Introduction
La recherche des méthodes numériques les plus adaptées à la simulation des problèmes
d’écoulement de l’eau à surface libre est l’un des sujets les plus actifs en mathématiques appli-
quées, mécanique des fluides et hydraulique. En utilisant la simulation et l’analyse numérique
de quelques modèles simplifiés appropriés, les scientifiques obtiennent de nombreuses informa-
tions significatives pour les phénomènes complexes associés aux écoulements à surface libre. Il
existe plusieurs stratégies de résolution numérique des équations aux dérivées partielles, dont
les trois plus utilisées sont :
— la méthode des éléments finis : l’équation originale est intégrée sur un volume de
contrôle, puis la solution numérique est recherchée sous la forme d’une décomposition
dans une base de fonctions choisies pour leurs propriétés ;
— la méthode des différences finies : les termes différentiels sont évalués à l’aide de
différences finies (développement de Taylor) ;
— la méthode des volumes finis : la plupart des équations de la mécanique traduisent la
variation d’une grandeur sous l’effet de flux entrant ou sortant. Il peut être plus avan-
tageux d’écrire l’équation aux dérivées partielles sous une forme intégrée (sur un volume
de contrôle) et de discrétiser l’équation résultante. Le principal avantage par rapport à
la méthode aux différences finies est de pouvoir traiter des solutions qui peuvent devenir
discontinues.
Dans ce chapitre, nous utilisons la méthode des volumes finis pour résoudre numériquement
le problème étudié.
Rappelons-nous que le système de Saint-Venant-Exner linéarisé en une dimension d’espace (cf
chapitre 2) s’écrit,
∂h ∂q
+ =0
∂t ∂x
∂q ∂q ∂h ∂b
+ β1 + γ1 +χ =0 (III.1)
∂t ∂x ∂x ∂x
2
∂b + β ∂q = ε ∂ b ,
2 1
∂t ∂x ∂x2
où
2
Q Ag Q χ
β1 = 2 , β 2 = , γ1 = gH − 2 , χ = gH, χ1 = .
H 1−p H β2
57
Considérons les conditions limites suivantes
∂b
q(t, 0) = 0, q(t, L) = qL (t), b(t, 0) = 0, et (t, L) = 0. (III.2)
∂x
W est le vecteur des variables primitives et F (W ) est le flux. L’équation (III.3) peut également
être réécrit par,
∂t W + A∂x W = B∂x2 W (III.4)
où
0 1 0 0 0 0
A(W ) = DW F (W ) = γ1 β1 χ et B = DW S(W ) 0 0 0 ..
0 β2 0 0 0 χ
A est la matrice jacobienne du flux F par rapport aux variables conservatives. Le polynôme
caractéristique PA (λ) de la matrice A(W ) est donné :
−λ 1 0
PA (λ) = γ1 β1 − λ χ = λ2 (β1 − λ) + χβ2 λ + λγ1 .
0 β2 −λ
PA (λ) = λ[−λ2 + β1 λ + χβ2 + γ1 ].
PA (λ) = 0 ⇔ λ = 0, ou − λ2 + β1 λ + χβ2 + γ1 = 0.
D’où les valeurs propres associées à la matrice jacobienne sont
β1 − δ ∗ β1 + δ ∗
λ1 = 0, λ2 = , et λ3 =
2 2
p
avec δ ∗ = β12 + 4χγ1 β2 .
Les solutions correspondent aux vitesses d’onde du modèle. Elles sont réelles et distinctes, donc
le modèle est hyperbolique.
On définie les matrice suivantes
(λ1 )−
(λ1 )+
+ −
Λ = (λ2 )+ , Λ = (λ2 )− (III.5)
+ −
(λ3 ) (λ3 ) ,
où Λ+ a seulement les valeurs propres positives sur la diagonale, avec les négatives remplacées
par zéro, et inversement pour Λ− . Ainsi, nous définissons
A+ = P Λ+ P −1 et A− = P Λ− P −1 (III.6)
et notons que
A+ + A− = P (Λ+ + Λ− )P −1 = P ΛP −1 = A. (III.7)
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III.3 La méthode des volumes finis avec le modèle linéaire
La méthode des volumes finis consiste à discrétiser le domaine de l’écoulement en une multi-
tude de volumes de contrôle, puis à effectuer des bilans de masse et de quantité de mouvement
sur ces petits volumes. L’intérêt de la méthode des volumes finis réside dans le fait qu’elle
assure la conservation de la masse, propriété importante à respecter par tous les calculs des
écoulements de fluides, et permet de réduire un ordre de dérivées des équations aux dérivées
partielles. Pour ces raisons, on se propose d’utiliser la méthode des volumes finis.
Parmi les modèles de volumes finis existants, qui sont basés sur la résolution des équations
de Saint-Venant, nous utiliserons la technique du solveur de l’approximation Riemann de Roe
(RARS : Roe’s Approximate Riemann Solver).
III.3.1 Maillage
La solution numérique de n’importe quelle équation aux dérivées partielles nécessite la
discrétisation du domaine de telle sorte que l’écoulement physique soit prédit à une précision
souhaitée.
En une dimension d’espace et pour un maillage régulier, l’espace est constitué de segment
Ci := [xi−1/2 , xi+1/2 ] centré autour du point xi := i∆x où ∆x est le pas d’espace ou la taille de
la cellule et l’indice en 1/2 corresponde aux interfaces des cellules. De plus, la suite des instants
(tn )n∈N est définie par la relation tn+1 = tn + ∆t où ∆t désigne le pas de temps entre les instants
tn et tn+1 avec t0 donné. La solution W (tn , x) du système (3.1) est approchée par la solution
moyenne discrète Win , Z
n 1
Wi ≈ W (tn , x)dx. (III.8)
∆x Ci
De plus, le flux numérique défini aux interfaces entre deux cellules Ci et Ci+1 est donné par,
Z tn+1
n 1
Fi+1/2 ≈ F (W (t, xi+1/2 ))dt. (III.9)
∆tn tn
Avec cette notation, le schéma aux volumes finis s’écrit sous forme explicite,
∆tn n
Win+1 − Win + n
(Fi+1/2 − Fi−1/2 ) = ∆tn Sin . (III.10)
∆x
n
L’approximation du flux numérique Fi+1/2 est obtenue à partir de la donnée de Win et Wi+1
n
,
n
Fi+1/2 = F(Win , Wi+1
n
). (III.11)
59 / 66
III.3.2 Le modèle RARS
Le RARS a été initialement proposé pour la résolution de l’équation d’Euler (Roe 1 P.L.,
1981). Bien que le RARS puisse correctement simuler les écoulements discontinus et les chocs,
des oscillations indésirables peuvent cependant se produire si les termes sources sont importants.
Le solveur Roe approximatif de Riemann, est un solveur Riemann 2 approximatif basé sur le
schéma de Godounov et consiste à trouver une estimation pour le flux numérique intercellulaire
ou flux de Godounov F1+ 1 à l’interface entre deux cellules de calcul Wi et Wi+1 .
2
Pour un problème linéaire à coefficient linéaire constant, le flux numérique de la méthode de
Godounov est donné par :
m
X
n p
Fi+1/2 = AWi+1 + (λp )+ Ri+1/2 (III.12)
k=1
p
où Ri+1/2 est une valeur propre de la matrice avec la valeur propre λp .
n
De même, le flux Fi−1/2 est donné par
m
X p
n
Fi−1/2 = AWi + (λp )− Ri−1/2 . (III.13)
k=1
n 1 n 1
Fi−1/2 = (AWi+1 + AWin ) − |A|(Wi+1n
− Win ) (III.16)
2 2
1h n n 1 n
= f (Wi+1 + f (Wi ))] − |A|(Wi+1 − Win ).
2 2
Pour le problème linéaire à coefficient constant, c’est simplement une autre façon de réécrire le
flux Godounov, mais cette forme est souvent vue dans les extensions de problèmes non linéaires
basés sur des solveurs approximatifs de Riemann. Cette forme de flux est souvent appelée
méthode de Roe.
1. Philip L. Roe est professeur de génie aérospatial à l’Université du Michigan à Ann Arbor. Il est connu pour
son travail dans le domaine de la dynamique computationnelle des fluides et de la magnétohydrodynamique.
Roe a apporté une contribution fondamentale au développement de systèmes à haute résolution pour les lois de
conservation hyperboliques. Il a développé le solveur approximatif de Riemann appelé Roe solver pour les flux
compressibles avec des chocs.
2. Un solveur Riemann est une méthode numérique utilisée pour résoudre un problème Riemann. Ils sont
fortement utilisés dans la dynamique computationnelle des fluides et la magnétohydrodynamique computation-
nelle.
60 / 66
L’utilisation du flux (III.16) dans (III.10) donne la mise à jour de la formule suivante de la
méthode de Roe pour un système linéaire ou la méthode fractionnaire à été appliquée (voir
[7]) :
m
1 ∆t 1 ∆t X
Wi∗ = Win − n
A(Wi+1 − Win ) − (|λp |Rpi+1/2 − |λp |Rpi−1/2 ), (III.17)
2 ∆x 2 ∆x p=1
où Rpi+1/2 = αi+1/2
p p
rp , αi+1/2 = P −1 (Wi+1
n
− Win )p ,
où λp est le p ième valeur propre A.
Et rp est le p ième vecteur de P, la matrice des vecteurs propres de A.
Ainsi,
m
1 ∆t 1 ∆t X
Wi∗ = Win − n
A(Wi+1 − Win ) − (|λp |P −1 (Wi+1
n
− 2Win + Wi−1
n
)p rp ). (III.18)
2 ∆x 2 ∆x p=1
∆t
Win+1 = Wi∗ + BWi∗ . (III.19)
∆x2
Remarque 2 La résolution numérique du modèle linéaire peut conduire à des instabilités qui
peut-être dû à l’une des valeurs propres nulle qui n’a pas été prise en compte correctement.
Ainsi, nous considérons les résultats numériques du modèle non linéaire obtenue dans l’article
de Diagne et al. [4], objet de notre mémoire, où les résultats sont basés sur les références [39]
et [7].
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Figure III.3 – L’évolution de l’énergie en
Figure III.2 – L’évolution de l’énergie
fonction de µ.
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Figure III.6 – La vitesse d’écoulement.
Comme prévu, nous voyons clairement que la hauteur de la colonne d’eau et la vitesse se
rapprochent de leur point de consigne H et V au fur et à mesure que t se rapproche de 1000s.
Mais, on peut remarquer aussi que la stabilisation de la bathymétrie est plus lente. Cependant,
les figures à t = 1000s montrent que le système converge vers le point de consigne souhaité
(H, V , B).
La convergence vers le point de consigne souhaité pourrait être accélérée lors de la mo-
dulation du paramètre de contrôle µ.. En effet, il est observé que nous pouvons accélérer la
diminution de E en augmentant le paramètre de contrôle µ. Ceci est illustré par la Fig. III.3.
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Conclusion et perspectives
Dans cet manuscrit, on s’intéresse au problème de contrôle des écoulements dans un canal
ouvert à bathymétrie variable. Notre modèle est obtenu en couplant le système hyperbolique de
Saint-Venant avec l’équation de transport solides. Le rejet de sédiments est obtenu en fusionnant
la formule de Schokltsch et la citation de Kubatko et Al. Nous avons conçu un contrôle rétroactif
en aval en utilisant une version linéaire du modèle couplé pour réguler le niveau de la colonne
d’eau, le débit d’eau et le niveau de la bathymétrie. La mesure du contrôle ne s’applique qu’au
rejet d’eau en aval. De plus, le calcul du contrôle ne nécessite que des mesures du niveau d’eau
et de la bathymétrie en aval.
Dans le Théorème principal, nous donnons le résultat de l’existence de la solution et de
stabilisation du système. En particulier, nous avons une convergence ponctuelle de la solution
obtenue. Nous présentons également quelques résultats numériques qui mettent en évidence
l’efficacité de la loi de contrôle conçue pour stabiliser le modèle autour d’un point de consigne
qui est l’état d’équilibre. Force est de constater ces résultats numériques donnés par les figures
2, 3, 4, 5 et 6 sont directement tirés dans notre article de référence [4].
Ce travail pourrait être étendu au véritable modèle STF non linéaire avec une définition
différente du flux sédimentaire en utilisant d’autres approches citées dans l’introduction et dans
la section I.3.3.
64
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